Latest / Le Café du Sport Business / America’s Cup 2027 : La Roche-Posay prend le large avec le défi français
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- 0:03Le café du sport business. On parle pas des scores du
- 0:06weekend hein ? Non, on parle des enjeux
- 0:07financiers, du marketing, des médias.
- 0:11Euh toute l'arrière boutique économique du sport en fait.
- 0:17Bonjour, bienvenue au café du sport business.
- 0:20Bonjour. Alors imaginez investir des
- 0:22dizaines de 1000000 d'euros. Pas pour avoir le privilège de
- 0:26soulever un trophée sportif, mais vraiment dans un but très
- 0:29précis. Un but de test en fait.
- 0:31Exactement tester la résistance d'une crème solaire et d'un
- 0:34sérum de réparation cellulaire, c'est le changement de paradigme
- 0:38auquel on assiste aujourd'hui. Et c'est un virage fascinant,
- 0:41totalement. Aujourd'hui, on pose nos valises
- 0:43du côté de Naples. La ville qui va accueillir la
- 0:4538e édition de l'America Cup en 2027.
- 0:48Une édition qui s'annonce charnière.
- 0:50Ouais, et notre objectif aujourd'hui ?
- 0:52Bah, c'est de nous concentrer spécifiquement sur la
- 0:54transformation économique, structurelle et stratégique du
- 0:57défi français. Parce que.
- 0:58Historiquement, l'America Cup, c'est surtout une bataille
- 1:01d'ego. C'est ça, des batailles d'ego et
- 1:03des budgets colossaux monopolisés par des géants de la
- 1:06tech ou des mania de l'industrie.
- 1:08Des gens qui s'affrontent à coups de 1000000 dans de
- 1:09l'ingénierie navale pure, quoi. Le modèle classique, c'était
- 1:13juste dépenser sans compter pour être le plus rapide.
- 1:16Voilà, mais la nouvelle campagne française propose une véritable
- 1:19révolution de ce modèle économique.
- 1:20On va décrypter comment le sponsoring sportif ?
- 1:23Bah il est en train de muter. On passe de la simple recherche
- 1:26de visibilité médiatique à autre chose.
- 1:28Fini le classique logo imprimé sur une grande voile.
- 1:30Là, on parle d'un investissement strict et rationnel de R et D et
- 1:34l'incarnation de cette mutation, elle porte un nom.
- 1:36Le Laroche Posay Racing. Team.
- 1:38C'est ça, et pour poser les bases de cette ingénierie
- 1:40financière totalement inédite dans le monde de la voile pro.
- 1:43Ben je suis ravi d'en discuter avec vous aujourd'hui.
- 1:45Je suis ravie d'être là. Décortiquons d'abord ce
- 1:48basculement, si vous le voulez bien, concrètement, comment un
- 1:51bateau de course devient-il sur le plan comptable et
- 1:53stratégique, un laboratoire ? Ben il faut d'abord analyser la
- 1:56nature du relais financier qui vient de s opérer pour vraiment
- 1:59comprendre cette mutation. Ouais, le passage de relais.
- 2:02Exactement. Lors de la précédente campagne,
- 2:05en 2024, le défi français portait les couleurs d'Orient
- 2:09Express. Donc une entité du groupe
- 2:11hôtelier accord, voilà. On était alors dans une logique
- 2:14de visibilité, de prestige quoi, une association d'images entre
- 2:18l'élégance à la française et la vitrine technologique de la
- 2:21compétition. Le modèle d'affaires
- 2:23traditionnel en somme. C'est ça ?
- 2:24Mais désormais, la roche posée, qui est quand même la première
- 2:28marque mondiale de soins dermatologiques, est une
- 2:31propriété du groupe L'Oréal. Bah elle prend le relais en tant
- 2:34que partenaire titre. Alors que L'Oréal connaît déjà
- 2:36la voile, hein ? Sn ?
- 2:37Le groupe y a investi depuis 1995.
- 2:41Oui, mais acquérir le naming de l'équipe, ça change totalement
- 2:44la finalité de l'investissement. La direction de la marque,
- 2:47notamment sa directrice générale internationale.
- 2:50Elle définit formellement ce partenariat non plus comme un
- 2:53contrat de sponsoring, mais comme un laboratoire à ciel
- 2:56ouvert. Un laboratoire à ciel ouvert.
- 2:58D'un point de vue marketing ? La marque transforme la
- 3:01compétition sportive la plus ancienne du monde en un concept
- 3:04redoutable, ce qu'on appelle la preuve produit.
- 3:07Arrêtons nous sur ce terme de preuve produit parce que dans
- 3:10l'industrie des cosmétiques, on a plutôt l'habitude des tests
- 3:13cliniques en laboratoire avec des environnements parfaitement
- 3:16contrôlés. Absolument.
- 3:18Du coup, concrètement, comment on monétise un test grandeur
- 3:22nature sur un voilier volant qui file à 100 km/h ?
- 3:25Ben le calcul économique qui repose sur le coût d'acquisition
- 3:28client est la confiance du consommateur.
- 3:31Faut pas oublier que l'industrie des soins de la peau, elle est
- 3:33complètement saturée. C'est clair, les marques
- 3:36dépensent des fortunes astronomiques en campagne
- 3:38d'affichage ou en marketing d'influence.
- 3:40Juste pour tenter de convaincre le public de l'efficacité de
- 3:43leur formule. Mais ici, l'investissement, il
- 3:45est rationalisé. En fait, il fusionné le budget
- 3:48de communication et le budget de R et D.
- 3:50Ah malin. Très malin.
- 3:52Parce que physiquement, les marins à bord de ces bateaux
- 3:55subissent des conditions d'une agressivité extrême.
- 3:58Ouais, et il y a la réverbération massive des rayons
- 4:00UV sur l'eau. Le sel marin aussi, qui est à a
- 4:02très haute vitesse, agit vraiment comme un micro abrasif
- 4:05sur l'épiderme. Sans parler de la violence du
- 4:07vent apparent qui dessèche instantanément la peau.
- 4:10Donc, en finançant cette équipe, la marque s'achète un accès
- 4:13exclusif à des données physiologiques inestimables.
- 4:16C'est exactement la stratégie, elle déploie des protocoles
- 4:19inédits pour évaluer la protection solaire et la
- 4:21réparation cellulaire en temps réel.
- 4:23Sur des athlètes poussés dans leurs retranchements, quoi.
- 4:25Voilà, et l argumentaire commercial devient alors
- 4:28imparable. Si un produit est certifié
- 4:30capable de protéger la peau de ses marins dans les conditions
- 4:33les plus hostiles de la planète, Bah son efficacité pour le
- 4:35consommateur final au quotidien, elle fait plus aucun doute.
- 4:38La logique est implacable, C'est d'ailleurs le modèle exact qui a
- 4:42fait la fortune de la formule un.
- 4:44Tout à fait. Pendant des décennies, les
- 4:46constructeurs automobiles ont injecté des milliards sur les
- 4:49circuits pour développer des innovations complexes.
- 4:52Comme les systèmes de récupération d'énergie au
- 4:54freinage, ouais. Où l'aérodynamisme.
- 4:57Avec la certitude que ces technologies finiraient par
- 5:00équiper les voitures de Monsieur tout le monde.
- 5:02Transposer cette logique à l'industrie dermatologique,
- 5:05c'est un coup de maître. C'est très innovant, mais si.
- 5:07On se place du côté des directions financières qui nous
- 5:10écoutent. Cette stratégie de preuves
- 5:12produits, elle exige une exposition médiatique prolongée.
- 5:15Oui, pour que la collecte de données soit rentable, il faut
- 5:19rester dans la course. Et justement.
- 5:21Si on regarde froidement le bilan comptable et sportif du
- 5:24défi français lors de l'édition 2024 à Barcelone, c'est un échec
- 5:28cuisant. Qui ont aussi rapide des écrans.
- 5:30C'est un désastre en terme de ROI.
- 5:32C'est le grand risque, oui. Du coup comment la direction
- 5:35justifie-t-elle ce nouveau financement face à un tel
- 5:37passif ? Bah la direction, elle, a
- 5:39parfaitement identifié ce risque.
- 5:41Une stratégie de R et D par le sport n'a de valeur que si la
- 5:45plateforme de test reste opérationnelle longtemps
- 5:48logique. C'est pour ça que le modèle
- 5:50d'investissement dans le capital humain a été entièrement
- 5:52restructuré par les Codirecteurs Stéphane Candelard et Bruno
- 5:55Dubois. Il a fallu changer de méthode.
- 5:57Absolument, la première décision financière d'envergure, ça a été
- 6:01là réorganisation du management sportif avec le recrutement de
- 6:05Philippe Presty au poste de directeur sportif.
- 6:08Un grand monde. Un profil qui est une garantie
- 6:10de structuration. Il a 7 participations à
- 6:13L'america's Cup. 2 victoires avec les Américains d'Oracle.
- 6:17Et il encadrait l'équipe italienne Louna Rossa, récemment
- 6:20finaliste de la dernière édition.
- 6:21Voilà, son mandat est clair, imposer des processus de
- 6:24décision strictes et maximiser le rendement de la masse
- 6:28salariale allouée aux navigants. Pour garantir la pérennité du
- 6:32projet. Le rôle du directeur sportif
- 6:34dans ce type de projet Budgétivore, ça ressemble
- 6:37presque à celui d'un directeur des investissements.
- 6:39C'est très comparable. Parce que la tentation, quand on
- 6:42a le soutien d'un géant mondial des cosmétiques, c'est d'ouvrir
- 6:44le chéquier pour recruter l'équipage le plus cher du
- 6:47marché. De faire un assemblage de
- 6:49superstar. Exactement, en espérant que le
- 6:51talent individuel compense les lacunes technologiques.
- 6:54Quelle est la méthode presty sur ce point ci ?
- 6:56L'approche de Philippe Presty, c'est l'antithèse du recrutement
- 7:00de mercenaires dans la voile de très haut niveau.
- 7:02Acheter une superstar à prix d'or sans s'assurer de sa
- 7:05compatibilité avec le système, c'est une hérésie financière.
- 7:08Ah ouais, ça marche pas comme ça.
- 7:10Non, parce qu'un à C6015 requiert une synchronisation
- 7:12totale. C'est un ballet algorithmique
- 7:14autant que physique. Presty à donc choisi d'investir
- 7:17dans une émulation collective plutôt que dans l ego
- 7:20individuel. Ce qui veut dire qu'il a gardé
- 7:22la base française. Le noyau dur est conservé, oui,
- 7:24on y retrouvé le skipper contin delapierre qui est vraiment le
- 7:28socle de l'équipe. Et des talents très pointus
- 7:30comme Enzo Balanger, récent champion du monde de MOF à Foil.
- 7:33Ces petits dériveurs ultra légers qui exigent des réflexes
- 7:36de vol exceptionnels, voilà. Mais pour faire franchir un cap
- 7:39de rentabilité sportive à ce groupe tricolore, la direction a
- 7:42fait un choix stratégique fort. Porter des compétences
- 7:45étrangères. Exactement des compétences
- 7:47extrêmement spécifiques. Détaillons cette politique de
- 7:50ressources humaines du coup. Quels profils ont été ciblés
- 7:53pour justifier cet apport externe ?
- 7:55Le ciblage est millimétré pour combler les déficits
- 7:58d'expérience de la campagne précédente.
- 8:00L'équipe a intégré le duo Diego Bottin et Florian Trittel.
- 8:04Les récents champions olympiques espagnols.
- 8:06Et surtout les vainqueurs du championnat CLGP, le CLJP, c'est
- 8:10ce circuit international de catamarin volant sur des formats
- 8:13très courts et nerveux. Ça exige une prise de décision
- 8:16tactique en une fraction de 2nde.
- 8:17Et ils apportent cette science de la régate à très haute
- 8:20intensité. Ensuite, le recrutement.
- 8:22S'est tournée vers l'expérience de la victoire dans la Coupe
- 8:24elle même. Avec le Britannique Lee Mike
- 8:26Milan. Vainqueur de la Louis Vuitton,
- 8:28Coapp est finaliste de la dernière édition.
- 8:30Tout à fait. Et enfin, le néo-zélandais Jason
- 8:32Sanders vient renforcer l'expertise du contrôle de vol.
- 8:36Un poste d'une complexité absolue sur ces bateaux.
- 8:39Une complexité technique majeure.
- 8:40Oui, j'entends bien la logique de compétences, C'est d'ailleurs
- 8:43une méthode classique en gestion d'entreprise.
- 8:45Tout à fait. Une multinationale à de bons
- 8:47éléments en interne, mais pour conquérir un marché complexe.
- 8:50Elle embauche des consultants externes d'élite.
- 8:52Pour infuser leur niveau d'exigence et faire monter tout
- 8:54le monde en compétences. C'est très rationnel.
- 8:57En revanche, je me fais un peu l'avocat du diable sur un point
- 9:00purement marketing YA1, paradoxe économique majeur ici, non ?
- 9:04Lequel ? Bah on nous vend le défi
- 9:06français financé par un fleuron de l'industrie française du
- 9:09cosmétique. Importer des marins espagnols,
- 9:12britannique et néo-zélandais, c'est pas un risque de dilution
- 9:15de la marque AG. C'est une question légitime, le.
- 9:18Public, et les partenaires ne risquent ils pas de percevoir ça
- 9:20comme une perte d'identité ? Bah la question du patriotisme
- 9:24économique se heurté ici à la réalité du retour sur
- 9:27investissement pour un sponsor comme la roche posée, le critère
- 9:30numéro un, c'est l'excellence de l'outil.
- 9:32Sa capacité à démontrer la résilience des produits en
- 9:34compétition, quoi ? Exactement, le passeport de
- 9:37celui qui règle les foils, c'est secondaire si son expertise
- 9:40permet au bateau de passer les phases de qualification.
- 9:42Et presty le justifie comment ? Par une loi immuable du sport de
- 9:46haut niveau, conserver le même effectif après une défaite
- 9:49majeure garantie au mieux une progression marginale.
- 9:52Faut du sang 9. L'importation de cette expertise
- 9:55externe est vraiment traitée comme un transfert de
- 9:57technologie et puis le projet reste profondément ancré dans
- 10:01son territoire. Ouais, le pavillon est français,
- 10:03le skipper est français. La marque est française et la
- 10:06base de développement technique est en France.
- 10:08Cette hybridation, c'est une décision de gouvernance
- 10:11pragmatique et indispensable. Surtout pour affronter des
- 10:14structures hégémoniques comme Emirates, Steam, New Zealand qui
- 10:16écrasé tout sur son passage. Il domine financièrement et
- 10:19techniquement, c'est indéniable. Et justement, parlons de
- 10:22l'aspect technologique et matériel, parce que ce budget
- 10:25optimisé, bah il va devoir se plier aux nouvelles exigences de
- 10:28la machine. Les fameuses règles de la Coupe.
- 10:30L'america scope à cette particularité fascinante, c'est
- 10:33le vainqueur de l'édition précédente qui rédige les règles
- 10:36de la compétition suivante. Via le Dead of Gift, oui.
- 10:39Et dans les faits, les néo-zélandais ont imposé un
- 10:41cadre réglementaire très restrictif pour la C10075, ce
- 10:45fameux monocoque volant. L'une de ces contraintes donne
- 10:48carrément le vertige aux ingénieurs.
- 10:50L allégement de la structure. L'obligation d alléger le bateau
- 10:53de 600 kilos. Pour un engin déjà en carbone où
- 10:56chaque gramme est calculé, comment on opère une telle coupe
- 10:58sombre et à quel prix ? Supprimer 600 kilos sur une
- 11:01machine déjà poussée à l'extrême, ça demande de
- 11:04repenser entièrement la conception de la coque et des
- 11:06systèmes embarqués. Financièrement, ça doit
- 11:08chiffrer. Ça se traduit par des milliers
- 11:10d'heures d'ingénierie et de calculs supplémentaires.
- 11:13Et pour maintenir l'intégrité de l'a 775, le règlement autorise
- 11:15en contrepartie une diminution de la taille des voiles.
- 11:19Et une réduction de l'envergure des foils.
- 11:21Ces appendices immergées qui agissent comme des ailes d'avion
- 11:24oui, moins de surface immergée signifient moins de traînée
- 11:28hydrodynamique, donc une vitesse supérieure.
- 11:30D'accord, mais il y a une autre modification radicale du
- 11:33règlement, non ? Oui, celle qui bouleverse la
- 11:35gestion financière et tactique, c'est l'abandon de l'énergie
- 11:38humaine. Lors de la 37e édition, la
- 11:41pression hydraulique pour manœuvrer était générée par
- 11:44l'effort physique des marins. Les fameux cyclores, les
- 11:46cyclistes. Voilà.
- 11:48Pour 2027, le législateur supprime ces postes et les
- 11:51remplace par des moteurs électriques et des batteries.
- 11:53Tout en plafonnant strictement la quantité d'énergie
- 11:56disponible. Ce passage de la physiologie à
- 11:58l'Électrique, Bah ça change absolument tout.
- 12:01On passe d'un problème de gestion de la fatigue humaine à
- 12:04un problème d'algorithmique et d'allocation d'énergie finie.
- 12:07C'est un changement total de paradigme si on.
- 12:10Utilise trop d'énergie électrique pour ajuster
- 12:12l'inclinaison des voiles, on n'en a plus assez pour gérer le
- 12:15vol sur les foils lors d'un virement de bord.
- 12:17C'est comme la gestion de la batterie en endurance
- 12:19automobile. Exactement et cette
- 12:21électrification, ça provoque un transfert massif des centres de
- 12:24coûts ? Comment ça se traduit
- 12:25concrètement dans le budget foil ?
- 12:27Bah le budget alloué au recrutement, à la préparation
- 12:29physique, au suivi médical et à la nutrition des cyclores.
- 12:32Il est intégralement réinvesti dans le génie logiciel.
- 12:35Le. Développement informatique,
- 12:36devient roi. Le système de vol devient le
- 12:38cœur de la performance et pour maîtriser cette gestion de
- 12:41l'énergie sans dépenser des 1000000 sur l'eau.
- 12:43L'outil central, c'est le simulateur.
- 12:45Ah, le travail mené à la base de l'Orient.
- 12:47C'est l'épine dorsale économique de la campagne, Faire naviguer
- 12:50physiquement un à C575 requiert une logistique lourde, équipe
- 12:53sur les quais, grues, bateaux, suiveurs.
- 12:57C'est un gouffre financier au quotidien.
- 12:58Alors que le simulateur permet de tester la viabilité de
- 13:01milliers de lignes de code pour un coût marginal proche de 0,
- 13:04on. Valide la consommation des
- 13:06batteries, on entraîne les réflexes.
- 13:08Voilà. La viabilité financière du défi
- 13:10repose sur la qualité de ces modélisations numériques, bien
- 13:14avant la mise à l'eau de la coque prévue pour le début de
- 13:16l'été. C'est passionnant.
- 13:17Et en parlant de rationalisation des budgets de formation, faut
- 13:20aussi évoquer l'impact des nouvelles régulations sur la
- 13:23diversité. Oui, c'est un point majeur.
- 13:25Le règlement exige désormais l'intégration d'une navigatrice
- 13:28parmi les 5 membres d'équipage de la C6015.
- 13:31Dont la majorité doit posséder la nationalité du défi.
- 13:34rappelons-le. Amélie grassi, bien connue en
- 13:36course au large. A déjà été sélectionné et
- 13:40l'équipe a structuré l'académique et challenge pour
- 13:42trouver le 2nd profil. Un investissement stratégique
- 13:46très intelligent sur le plan de la gestion des talents à long
- 13:48terme. Totalement, ce n'est pas qu'une
- 13:51simple mise en conformité réglementaire du coup.
- 13:53Pas du tout. L'académique et challenge
- 13:55fonctionne comme un véritable incubateur de talents
- 13:58internalisé. Actuellement 9 équipières s'y
- 14:01forment intensivement. Elles alternent simulateur et
- 14:04navigation sur les à C 40, les versions réduites.
- 14:07C'est ça ? Et cet investissement remplit un
- 14:09double objectif économique, assurer un vivier de compétences
- 14:13qualifiées pour l'équipe première, ce qui réduit la
- 14:15dépendance au recrutement externe coûteux.
- 14:17Et de l'autre côté ? Il prépare l'ossature de
- 14:19l'équipe qui concourra pour la Women's American Cup en 2027.
- 14:24C'est la création d'un écosystème de performance
- 14:27durable. Un coup double en fait.
- 14:29Et terminons justement sur ces fameux à C 40.
- 14:32Ils ne sont pas de simples outils de formation.
- 14:34Puisqu'il constitue le support exclusif des reggates.
- 14:39Le calendrier prévoit une confrontation majeure dès la fin
- 14:41du mois de mai à Calliari, en Sardaigne.
- 14:43Du point de vue d'un directeur marketing qui scrute l'avancée
- 14:46de son ROI, ces confrontations, c'est le véritable crash test,
- 14:49non ? Ces régates préliminaires, c'est
- 14:51carrément la clé de voûte de la relation entre l'équipe sportive
- 14:54et ses partenaires. Elles répondent à 2 impératifs
- 14:57absolus, lesquels ? Le premier est d'ordre sportif.
- 15:00L'organisation doit décider combien de points accumulés en
- 15:04AC40 seront comptabilisés pour les Challenger Series
- 15:07officielles. Celles qui détermineront le
- 15:09véritable adversaire des néo-zélandais.
- 15:12Gagner en Italie, c'est donc accumuler un capital point hyper
- 15:14précieux. Voilà et le 2nd impératif, il
- 15:17est purement corporatif, il est impensable de demander à L'Oréal
- 15:21et la Roche posée de patienter jusqu'en 2027 pour valider leur
- 15:25investissement. Calliari, c'est une obligation
- 15:27de résultat intermédiaire. Le défi français doit démontrer
- 15:30publiquement que là réorganisation de son capital
- 15:33humain et ses Paris technologiques portent leurs
- 15:36fruits. Parce qu'une contre performance
- 15:37précoce fragiliserait la narration de la preuve produit
- 15:40bien avant l'événement principal.
- 15:42Exactement, il faut des résultats tangibles très vite.
- 15:45Bon bah si je résumé la mécanique complexe qu'on vient
- 15:47de mettre en lumière. Le défi de 2027 illustré
- 15:50magistralement l'évolution des modèles économiques dans le
- 15:52sport de très haute technologie. Le succès ne repose plus sur la
- 15:56simple injection de capitaux, c'est évident.
- 15:58C'est une gestion hybride du risque, on a une structure qui
- 16:02assume d'importer des cerveaux étrangers pour sécuriser la
- 16:05compétitivité d'un projet français, évitant ainsi un crash
- 16:09financier prématuré. On a un basculement des centres
- 16:12de coûts vers la simulation à l algorithmique.
- 16:14La gestion de l'énergie devient digne de l'aérospatiale et
- 16:17surtout, on assisté à la mutation ultime du sponsoring.
- 16:20Le mécénat classique disparaît au profit d'un centre de
- 16:23recherche et développement délocalisé en pleine mer.
- 16:26C'est une étude de pas majeure pour les professionnels qui nous
- 16:29écoutent. L'attention du consommateur est
- 16:31saturée par les discours traditionnels, la démonstration
- 16:33par la preuve dans des conditions extrêmes impossibles
- 16:36à répliquer en laboratoire. Bah ça devient le vecteur
- 16:38d'authenticité le plus puissant du marché.
- 16:40C'est l'avenir du marketing. Ce qui amène d'ailleurs une
- 16:43réflexion fascinante. Si une marque de Dermo
- 16:45Cosmétique grand public démontre aujourd'hui sa capacité à
- 16:48transformer l'America Cup en banc d'essai, quels seront les
- 16:51prochains environnements extrêmes privatisés par les
- 16:54entreprises edge ? La question est ouverte.
- 16:56Avec la prolifération de l'économie spatiale privée, le
- 16:59New Space verra t on bientôt des marques de textile financier,
- 17:02des vols orbitaux commerciaux dans le seul but de prouver que
- 17:04leurs vestes résistent au vide spatial ?
- 17:07La frontière entre le sponsoring sportif de prestige.
- 17:10La recherche scientifique et la stratégie marketing, elle est en
- 17:13train de disparaître définitivement à très vite pour
- 17:16un nouveau podcast du café du sport business.