Latest / À propos / François Hollande et Charles Michel racontent le 22 mars dans les yeux d’un chef d’État - « À propos », le podcast du Soir
Transcript
- 0:00Le soir,
- 0:04repensons notre quotidien.
- 0:09Bonjour, vous écoutez à propos le podcast d'actualité du journal Le Soir.
- 0:13Tous les jours,
- 0:14c'est l'expertise de notre rédaction dans vos oreilles.
- 0:24Le 22 mars 2016,
- 0:25peu avant 8 h
- 0:26à Zaventem,
- 0:26peu après 9 h à Maalbeek,
- 0:28la Belgique était touchée par la folie terroriste.
- 0:31À quelques jours des commémorations,
- 0:32on vous propose
- 0:33un entretien croisé entre celui qui était à l'époque Premier ministre
- 0:37belge et celui qui était alors président de la France.
- 0:40Je m'appelle Pierre Fagnard.
- 0:42À propos,
- 0:43voici l'actualité comme vous l'entendez.
- 0:46Grand angle,
- 0:48comment Charles Michel,
- 0:49alors Premier ministre belge,
- 0:50et François Hollande,
- 0:51à l'époque président français,
- 0:52on appréhendait les attentats terroristes du 22 mars,
- 0:5610 ans après les attaques de Zaventem et de Maalbeek.
- 0:59Le Soir a réuni les 2 anciens chefs d'État pour
- 1:01leur demander quels sont leurs souvenirs de cette journée,
- 1:03puis comment on communique,
- 1:05comment on s'adresse à la nation quand on
- 1:08est le chef d'un État tout juste endeuillé.
- 1:10La rencontre a eu lieu dans le bureau de François Hollande à Paris.
- 1:12Vous entendrez le parquet craquer à plusieurs reprises.
- 1:16Un entretien mené,
- 1:17vous l'entendrez aussi par Joël Meskens,
- 1:19notre envoyée permanente à Paris,
- 1:21et Véronique Lamequin,
- 1:22la chef du pôle ID.
- 1:23La veille au soir,
- 1:24on est,
- 1:25comme c'est souvent le cas en
- 1:26Belgique, en négociation budgétaire
- 1:27nocturne. On était de nouveau dans
- 1:29une séquence
- 1:30politique compliquée où
- 1:32l'opposition, une partie de la presse est convaincue que cette fois,
- 1:34on va vraiment échouer,
- 1:35que cette fois le vent va de nouveau tomber,
- 1:36et cetera,
- 1:37et cetera.
- 1:37Donc on négociait le
- 1:39budget et j'avais passé une bonne partie de la nuit
- 1:41précédente à Bruxelles en négociation
- 1:44budgétaire. J'étais rentré tard.
- 1:46À mon domicile privé à Wavre,
- 1:48et j'étais en train de me mettre en route de
- 1:5007h00 du matin.
- 1:51J'étais en train de me préparer pour me mettre en route
- 1:53pour retourner vers les bureaux à Bruxelles.
- 1:55Et un peu avant 8 h du matin,
- 1:57j'ai 2 appels qui se succèdent,
- 1:59un appel de Jacqueline Gallant et un appel de Yann Yambone.
- 2:02Les 2 qu'on m'a indiqué,
- 2:02on a entendu une explosion.
- 2:04On a entendu une explosion
- 2:06à l'aéroport de Bruxelles.
- 2:08Et donc je
- 2:09y a,
- 2:10je n'ai pas l'ombre d'un
- 2:11d'un doute.
- 2:11Je dirais qu'il
- 2:12y a 99%.
- 2:13Je sais que
- 2:14c'est une attaque terroriste.
- 2:15J'ai l'espoir,
- 2:16y a 1%
- 2:17qui me fait espérer que c'est un accident,
- 2:18c'est une bombonne de gaz,
- 2:19c'est une
- 2:20mais je mais je
- 2:21mon tout mon
- 2:22toute mon intuition me dit
- 2:23c'est un c'est une attaque terroriste.
- 2:25Je vais vers Bruxelles et puis
- 2:26je suis au téléphone
- 2:27dans la voiture pour avoir davantage d'informations.
- 2:30Le centre de crise
- 2:31est activé,
- 2:32donc je vais directement
- 2:33en route vers le centre de crise.
- 2:35Et là,
- 2:36il se passe un
- 2:37quelque chose qui me marque beaucoup,
- 2:39c'est que nous roulons,
- 2:40on s'approche de Malbec en fait,
- 2:42et on roule sur des débris de verre
- 2:45avec la voiture.
- 2:46Donc je dis c'est je suis au téléphone et je dis c'est quoi ces débris ?
- 2:49À ce moment,
- 2:49j'ai pas encore l'information qu'il y a aussi une explosion dans le métro et en
- 2:52fait il y avait des il y avait quelques quelques débris,
- 2:53on passe devant avec la voiture.
- 2:55On arrive au
- 2:56centre de
- 2:57crise où là,
- 2:57les principaux services
- 2:58étaient en train,
- 2:59étaient en train
- 3:00d'arriver. Et là,
- 3:01bon, je prends connaissance
- 3:02de l'ampleur de la situation.
- 3:04Pas immédiatement,
- 3:05les informations arrivent
- 3:06par Brive.
- 3:08Ce qui m'a beaucoup frappé dans ce dans cette matinée et dans cette journée,
- 3:12c'est que
- 3:12on vit ces heures
- 3:15en se
- 3:15disant qu'est ce qui va encore se
- 3:16passer? ?
- 3:17Et donc moi,
- 3:17c'était ça mon ma hantise,
- 3:19c'était de se dire il y a eu 2
- 3:21attaques, ça va pas s'arrêter,
- 3:22quelque chose d'autre
- 3:23va encore arriver,
- 3:24mais il faut bien mesurer.
- 3:25Qu'est ce qui se passe ?
- 3:25On est au centre de crise.
- 3:27Par exemple,
- 3:28qu'à un
- 3:28moment donné,
- 3:29on a une information qui remonte au centre de
- 3:31crise qui nous dit il y a
- 3:33un motard avec
- 3:34un fusil
- 3:35près de la gare centrale et donc
- 3:36on se dit il faut déplacer des forces vers la gare centrale.
- 3:39Il s'avère que c'était un type avec une canne à pêche
- 3:41qui était.
- 3:42Puis on dit il y a des mouvements suspects près du palais Royal.
- 3:45On se dit il faut déplacer des militaires vers
- 3:47le palais Royal pour sécuriser le palais Royal.
- 3:49On a vécu quelque chose qui était
- 3:51avec le recul,
- 3:51on sait ce qui s'est passé,
- 3:52mais sur le moment,
- 3:53on sait pas s'il se passe dans une demi-heure,
- 3:54dans 1 h,
- 3:55dans 2 h.
- 3:55Et alors
- 3:56on devait gérer,
- 3:57je veux dire
- 3:57tenir la communication,
- 4:00rassurer aussi dans la communication,
- 4:02montrer que le pays était tenu et
- 4:04gérer nos contacts internationaux.
- 4:05On s'est parlé au téléphone ce jour-là,
- 4:07bien entendu.
- 4:09Je me souviens que
- 4:10Barack Obama
- 4:11voulait me parler en urgence et j'étais au centre de crise.
- 4:14Et je veux dire à Barack Obama,
- 4:15il faudra attendre un petit peu parce que là on a besoin de moi
- 4:17au centre,
- 4:18au centre de.
- 4:19De crise,
- 4:20donc de
- 4:20rassurer nos
- 4:21nos partenaires,
- 4:22respecter leur marque de leur marque de compassion,
- 4:25d'empathie, et cetera,.
- 4:26mais en même temps,
- 4:26gérer la situation
- 4:28sécuritaire. Monsieur Hollande,
- 4:29d'abord, peut
- 4:30être ce que vient d'évoquer
- 4:32Monsieur Michel avec ce
- 4:33côté, quand est ce que ça va s'arrêter ?
- 4:35Qu'est ce qui va encore nous tomber dessus,
- 4:36entre guillemets ?
- 4:36Et par ailleurs,
- 4:37votre souvenir de
- 4:39du 22 mars,
- 4:39quand vous l'avez appris,
- 4:40qu'est ce que vous êtes dit et
- 4:42comment ça
- 4:43vous avez réagi quand on est dans un
- 4:45processus comme celui-là,
- 4:47une loi,
- 4:47c'était la nuit.
- 4:49Il y avait eu donc les
- 4:51premières bombes
- 4:52qui avaient
- 4:53explosé près du Stade de
- 4:55France, puis ensuite les tirs dans
- 4:58les cafés,
- 4:58sur les terrasses,
- 5:00puis le Bataclan,
- 5:03il était minuit,
- 5:04une heure.
- 5:05Est-ce que c'est
- 5:06vraiment fini ?
- 5:07Est-ce que
- 5:08les terroristes qui n'ont pas été neutralisés
- 5:12sont encore
- 5:13dans le voisinage immédiat ?
- 5:16d'ailleurs tout à fait concrètement,
- 5:17puisque j'allais avec le gouvernement
- 5:20sur les lieux mêmes
- 5:21de l'attentat.
- 5:22Est-ce que c'était bien raisonnable
- 5:24dès lors que nous
- 5:25n'étions pas sûrs que
- 5:27l'équipe qui nous avait attaqué
- 5:29n'avait pas été entièrement détruite ?
- 5:32Le sentiment que ça ne peut
- 5:33jamais s'arrêter,
- 5:34effectivement, pour
- 5:36un chef de gouvernement,
- 5:37un chef d'État,
- 5:38c'est un sentiment terrible.
- 5:40Quand est-ce qu'on peut s'adresser au pays
- 5:43pour dire c'est fini ?
- 5:44Et si
- 5:45on lui dit
- 5:46Il dit c'est fini et que ça recommence.
- 5:48Quelle est la crédibilité de la parole ?
- 5:49Et si
- 5:50on lui dit mais je ne sais pas si ça va
- 5:52continuer, quelle est la capacité
- 5:55qui est la nôtre
- 5:56de rassurer ?
- 5:57Donc l'expression,
- 6:00je pense que Charles Michel a dû
- 6:02vivre le
- 6:03la même
- 6:05interrogation, quand est ce qu'il faut
- 6:07parler ? Et à quelle heure faut-il parler
- 6:11et parler pour
- 6:13donner une information,
- 6:15pour rassurer,
- 6:16pour exprimer une compassion,
- 6:18et parler pour
- 6:20agir, pas simplement
- 6:22être là pour
- 6:23commenter ce que
- 6:25d'ailleurs les
- 6:26chaînes d'information
- 6:28ont déjà fait à notre place.
- 6:30Donc c'est pour ça que
- 6:31la parole est très importante,
- 6:32la parole
- 6:34de du responsable,
- 6:35du chef de gouvernement ou du chef de l'État.
- 6:37sur. mois de mars,
- 6:39moi j'ai
- 6:39tout de suite
- 6:40compris que c'était les mêmes,
- 6:43alors que ce n'étaient pas les mêmes individus,
- 6:44mais que c'était
- 6:45le même réseau,
- 6:46le même que celui déjà de
- 6:48Verviers, c'est-à-dire
- 6:50c'est le
- 6:50même groupe.
- 6:52Et donc,
- 6:54comme nous les
- 6:54ayons pas
- 6:55neutralisés entièrement
- 6:57à Paris,
- 6:57ils n'étaient pas tous
- 6:58venus à Paris.
- 7:00Ils allaient
- 7:02agir en Belgique et agir là où c'est le
- 7:05plus difficile.
- 7:06pour. pour un
- 7:08état de contrecarrer,
- 7:10c'est-à-dire dans des lieux de transport,
- 7:13dans les
- 7:13lieux là où il peut y avoir le plus de dégâts.
- 7:16Parce que ce qu'ils cherchent
- 7:17à faire
- 7:18avec un minimum de moyens,
- 7:20c'est de créer un
- 7:22maximum de terreur,
- 7:23et c'est ce
- 7:24qui s'est produit.
- 7:25Et donc il
- 7:26nous a fallu,
- 7:27là encore,
- 7:28au-delà de la solidarité qu'on s'est
- 7:30portée mutuellement,
- 7:32de toutes les informations
- 7:33dont on pouvait disposer,
- 7:35de pouvoir continuer
- 7:37agir pour lutter contre
- 7:39ce groupe qui était déjà largement
- 7:41amputé mais qui continuait
- 7:43à mener des actions.
- 7:43Et pour
- 7:44Charles Michel,
- 7:45se dire quand est-ce que ça va
- 7:46recommencer, si ça doit recommencer.
- 7:48Quand les attentats se reviennent,
- 7:49vous êtes l'un
- 7:50et l'autre aux responsabilités politiques.
- 7:52Comment est-ce qu'on prend une décision politique dans une telle situation
- 7:55de crise ?
- 7:56Le président Hollande a décrété l'état d'urgence ce soir-là.
- 7:59Vous, Charles Michel,
- 8:00comment est-ce que vous prenez votre décision ?
- 8:02Est-ce qu'elle se
- 8:02prend aussi
- 8:03dans la solitude ?
- 8:03Au moment ces attentats ont lieu à
- 8:05Bruxelles, il faut vraiment
- 8:06En tête
- 8:08que un
- 8:09des kamikazes s'échappe et que il
- 8:11y a pendant plusieurs semaines dans la nature,
- 8:13un des kamikazes dont on a retrouvé
- 8:15la décharge explosive,
- 8:18qui est d'ailleurs plus importante que les 2 qui ont qui ont explosé.
- 8:20Donc on a en plus cette traque
- 8:22qui ajoute encore
- 8:24beaucoup d'inquiétudes et de préoccupations,
- 8:26y compris pour l'opinion,
- 8:27pour les citoyens.
- 8:28Premier point
- 8:282 sur le mode de décision,
- 8:30en fait,
- 8:30on a on je pense que la situation devait être différente,
- 8:33probablement d'un point de vue institutionnel,
- 8:34il y a pas de doute entre la France et la Belgique.
- 8:36Parce qu'on n'a pas
- 8:38la tradition
- 8:39sécuritaire en Belgique de la chaîne de commandement.
- 8:41Et donc
- 8:42on avait un système institutionnel à l'époque qui n'était pas
- 8:45bien équipé en réalité pour une situation telle que celle-là.
- 8:48Donc le Conseil national de sécurité
- 8:50était une avancée.
- 8:51Heureusement qu'on a eu cette intuition,
- 8:53ça permettait d'avoir autour de la même
- 8:54table, dans un même moment,
- 8:56tous ceux qui avaient une information pertinente à partager.
- 9:00Et dans cette dynamique du Conseil de sécurité,
- 9:02j'étais comme Premier ministre,
- 9:03celui qui
- 9:04avait le mot ultime en
- 9:06réalité. Mais
- 9:07le mot ultime,
- 9:08sans qu'il y ait une reconnaissance légale de ce pouvoir,
- 9:10cette compétence,
- 9:11qui a donné lieu à des difficultés.
- 9:12Vous souvenez que quand on a
- 9:14mis en place
- 9:15un certain
- 9:15lockdown sur Bruxelles par
- 9:16exemple, on voulait trouver cet équilibre entre
- 9:20montrer aux terroristes qu'on va continuer à vivre normalement
- 9:22tout en
- 9:23garantissant les efforts de sécurité.
- 9:25Puis on a pris des
- 9:26décisions au niveau fédéral
- 9:28qui ont été rapidement démantelées par
- 9:30des maires,
- 9:31des bourgmestres bruxellois qui chacun
- 9:33a voulu mettre sa couche supplémentaire et ça a donné une
- 9:37de fragmentation et de manque de cohérence dans la décision
- 9:39qui n'était pas bonne pour la perception générale
- 9:42et j'étais conscient de cela,
- 9:43frustré par cette situation-là,
- 9:45mais dans une incapacité institutionnelle
- 9:47d'imposer quelque chose de différent.
- 9:48Il faut fixer un cadre général mais pas
- 9:51dans la précision de la mesure
- 9:53qui était prise.
- 9:54Oui, il y a un sentiment de solitude,
- 9:55bien sûr qu'il y a un sentiment de
- 9:56solitude parce que d'un moment tel que celui-là,
- 9:57on a une très grande conscience de sa responsabilité
- 10:00face à la sécurité dans le pays et
- 10:02il y a beaucoup de choses en même temps,
- 10:03il y a beaucoup de choses que l'on doit
- 10:06que l'on doit
- 10:06traiter en même temps.
- 10:08D'une part,
- 10:08il y a évidemment
- 10:10l'émotion tragique,
- 10:11la douleur
- 10:13indescriptible des
- 10:14victimes, il
- 10:15y a ce sujet-là qui
- 10:16est un sujet absolument essentiel
- 10:18et puis
- 10:19en même temps que l'on doit être attentif à ce sujet-là,
- 10:21on doit aussi continuer à tenir le pays,
- 10:24à faire fonctionner les ministères,
- 10:25à faire fonctionner
- 10:26les services de sécurité,
- 10:27la police fédérale,
- 10:28la police locale,
- 10:29le centre de crise,
- 10:30le CAM,
- 10:31les magistrats.
- 10:32Mais je dois dire aussi que c'est dans des moments comme ça
- 10:34que se révèlent aussi
- 10:35des caractères
- 10:36des tempéraments.
- 10:37J'ai gardé une très grande
- 10:39estime pour le procureur
- 10:41fédéral. On ne se connaissait pas bien
- 10:44avant ce moment-là,
- 10:45mais ça a été l'occasion d'être dans le même bateau,
- 10:47ensemble, avec une très grande confiance réciproque,
- 10:49je pense.
- 10:50Et ça,
- 10:50a aussi un impact,
- 10:51cette dimension humaine,
- 10:52cette dimension personnelle,
- 10:54dans ces moments-là,
- 10:54ça a aussi une certaine valeur.
- 10:56Vous avez aussi vécu cet aspect de solitude
- 10:59et de devoir prendre des décisions extrêmement lourdes
- 11:02et par ailleurs,
- 11:02vous avez évoqué un élément sur lequel je voudrais aussi revenir,
- 11:04c'est la communication.
- 11:06La population elle est en attente d'une parole de l'autorité,
- 11:09donc du chef d'État ou de gouvernement.
- 11:10Mais vous l'avez très bien dit,
- 11:11il faut pas parler ni
- 11:12ni trop tôt ni à mauvais escient.
- 11:15Comment est ce que vous avez intégré ces éléments là ?
- 11:17Et vous aurez la même question après de Monsieur Michel.
- 11:19Bon, vous connaissez le système institutionnel français,
- 11:22différent de
- 11:23la Belgique,
- 11:24mais tout
- 11:26relève du président de la République.
- 11:28Il y a
- 11:29une attente de la parole du président.
- 11:32Le président
- 11:33doit exprimer à la fois
- 11:35la compassion.
- 11:36Lorsqu'il se
- 11:37passe une
- 11:37épreuve comme
- 11:38celle-là, une tragédie
- 11:40et une action,
- 11:42il doit
- 11:43non pas simplement
- 11:45dire les faits,
- 11:46ils sont connus,
- 11:47il doit dire comment la nation peut faire
- 11:50bloc. Dans
- 11:52cette épreuve
- 11:53qui est celle
- 11:54d'un attentat terroriste de grande dimension,
- 11:56qui vient d'ailleurs
- 11:57après d'autres attentats,
- 11:59avec le risque
- 12:00de la division,
- 12:03de la fragmentation,
- 12:04de la confrontation
- 12:06de la violence,
- 12:06comme il a été rappelé par Charles Michel,
- 12:08hélas, nous avons
- 12:09un historique de
- 12:10du terrorisme
- 12:11en France.
- 12:12Donc il y a une
- 12:13chaîne de commandement,
- 12:14il y a un conseil
- 12:15de défense.
- 12:16Donc le président,
- 12:18bien sûr,
- 12:18assume seul la décision,
- 12:20mais n'agit pas.
- 12:21seul. Heureusement,
- 12:22il y a
- 12:23un gouvernement
- 12:24et il y a un
- 12:24certain nombre
- 12:26de fonctionnaires qui font leur travail.
- 12:28Mais c'est
- 12:29lui qui doit prendre,
- 12:30par exemple,
- 12:30une décision.
- 12:31Il y avait une prise d'otage
- 12:35au Bataclan,
- 12:37je devais donner l'ordre
- 12:39de libérer les
- 12:40otages. Il y avait donc le recours à l'état d'urgence.
- 12:45Le recours à l'état d'urgence
- 12:48permettait de faire des perquisitions
- 12:50et de
- 12:51faire des assignations à résidence.
- 12:54Ça nous a permis dans les premiers jours de trouver un certain nombre
- 12:58d'individus qui pouvaient
- 12:59être éventuellement des complices ou en tout cas des soutiens.
- 13:03Mais au-delà de ses propres décisions,
- 13:05il fallait aussi fermer les frontières
- 13:07et donc
- 13:09assurer le
- 13:09fait qu'il ne puisse pas y avoir de
- 13:11fuite. ça
- 13:13n'a pas été
- 13:14total, mais c'était aussi une décision qui relevait du président
- 13:17la République.
- 13:19Et une fois que j'avais pris ces décisions,
- 13:21il était à peu près minuit,
- 13:23minuit et demi,
- 13:25on me pressait d'intervenir,
- 13:26je n'y avais
- 13:28pas cédé,
- 13:30parce qu'il
- 13:31faut parler
- 13:32pour avoir la certitude qu'on est à
- 13:36la fin,
- 13:37au moins
- 13:37le processus,
- 13:38peut-être le début d'un autre,
- 13:39mais qu'il y a
- 13:40là une
- 13:41manière de
- 13:42de dire la réalité
- 13:44et de rassurer.
- 13:45Donc je l'ai fait à une heure peu commune,
- 13:48minuit et demi,
- 13:50c'est surtout l'intervention
- 13:51de ma part qui a été la plus regardée,
- 13:53à une heure la plus.
- 13:55Avec vos
- 13:55fameux mots,
- 13:56c'est une horreur.
- 13:57C'est une horreur.
- 13:57Alors ces mots-là,
- 14:00on ne
- 14:01les écrit pas.
- 14:01Vous l'avez approuvé,
- 14:02c'est vrai ?
- 14:02Oui. Et donc j'ai à la fois donné ce que je
- 14:05pensais être nécessaire,
- 14:08un sentiment,
- 14:09une émotion,
- 14:11ce qui me
- 14:11traversait à ce moment-là,
- 14:13l'esprit par rapport à ce que j'avais vu
- 14:15et compris,
- 14:17et une action.
- 14:19Les deux étaient nécessaires.
- 14:20On ne peut pas être impassible comme si
- 14:24des dizaines de personnes
- 14:26qui avaient été déjà relevées comme victimes et des centaines comme blessés
- 14:30pouvaient nous
- 14:31mettre dans une position
- 14:33disons lointaine.
- 14:34Non, il fallait qualifier ce qui
- 14:37était en train de se
- 14:37produire. Et il fallait
- 14:40rassurer et
- 14:41il fallait
- 14:42unir. Donc c'est ça qui a fait que je me
- 14:44suis exprimé.
- 14:45Ça a duré
- 14:465 à 6 min
- 14:48et c'est sûrement
- 14:49l'intervention la plus importante de
- 14:51mon mandat.
- 14:51Jean-Michel, sur la question de que
- 14:53dire quand ?
- 14:54Et par ailleurs,
- 14:54est-ce que vous étiez aussi sur ce registre
- 14:56qui semble assez incontournable de compassion et action ?
- 14:59Et aussi,
- 15:00comment parler pour
- 15:01maintenir la cohésion d'un pays ?
- 15:03Moi, il y a un point qui m'a beaucoup frappé,
- 15:05qui même
- 15:05après, même 10 ans plus tard,
- 15:07est difficile à exprimer quand on ne l'a pas
- 15:09vécu personnellement,
- 15:11c'est dans ces
- 15:12heures et dans ces jours qui ont suivi.
- 15:14Je sentais bien sûr le poids de la responsabilité
- 15:16sur mes épaules,
- 15:17mais je me sentais aussi un peu,
- 15:19un peu transcendé par cette situation en me disant que
- 15:22je devais absolument garder la tête froide et que
- 15:24je devais être celui dans le pays qui gardait,
- 15:27qui gardait la raison dans cet environnement.
- 15:30contenu la responsabilité qui était la mienne
- 15:31à ce moment-là et ça valait aussi
- 15:33dans ce moment de la communication parce que je mesurais bien qu'à ce moment-là,
- 15:37effectivement, toute la Belgique allait
- 15:38regarder en français,
- 15:39en néerlandais et en allemand
- 15:40quel était le message qui était donné,
- 15:42quels étaient les paramètres qui étaient donnés.
- 15:44Je me souviens que
- 15:45quand on a communiqué,
- 15:47ça devait être dans
- 15:48l'après-midi, dans le courant
- 15:50de l'après-midi,
- 15:50après des réunions du Conseil national de sécurité,
- 15:52je voulais vraiment
- 15:53essayer d'identifier quels étaient les messages principaux que je voulais faire passer.
- 15:57Bien sûr,
- 15:58le premier message,
- 15:59c'était la
- 15:59La compassion,
- 16:00la tristesse,
- 16:01la colère
- 16:02et le respect pour les pour les victimes,
- 16:04ça c'était
- 16:04bien sûr le premier point.
- 16:062. Je souhaitais absolument trouver
- 16:08cet équilibre d'emblée.
- 16:10Dès les premières heures,
- 16:11je savais que c'était important
- 16:12entre ne pas tomber dans la psychose et la panique
- 16:16totale, mais en même temps dire la vérité et donc dire oui,
- 16:19il y a un danger,
- 16:20mais on va faire face et on va pas laisser les terroristes
- 16:23nous dicter notre manière de vivre.
- 16:24On va pas,
- 16:25on va pas céder à la à la terreur.
- 16:27C'était ça le 2e message que je voulais faire.
- 16:30et puis montrer aussi
- 16:31qu'on allait tirer très rapidement
- 16:34un certain nombre d'enseignements,
- 16:35de leçons en termes de dispositifs
- 16:37qui devaient être
- 16:39adaptés et ajustés
- 16:40dans l'avenir.
- 16:42Donc c'était ça les paramètres
- 16:44qui selon moi devaient être
- 16:46communiqués. Mais il y avait un élément supplémentaire
- 16:48et je pense que de la première communication que j'ai faite et puis encore
- 16:51dans la suite,
- 16:52mais j'ai été attentif à cela,
- 16:54c'était de faire attention à la cohésion de la société belge
- 16:57parce que
- 16:58nous sommes une
- 16:59société en Belgique
- 16:59je parlais dans certains quartiers,
- 17:01dans certaines communes en Belgique,
- 17:03avec de très fortes communautés
- 17:06d'origine étrangère
- 17:08et avec une communauté musulmane très importante.
- 17:10Et donc je savais bien qu'il y avait un risque de double radicalisation,
- 17:13de peur
- 17:14mutuelle, de rejet mutuel.
- 17:15Et donc je voulais
- 17:16faire fort apparaître d'emblée,
- 17:18comme Premier ministre,
- 17:20qu'il fallait bien distinguer.
- 17:22Les terroristes,
- 17:23c'est une chose,
- 17:24la liberté
- 17:26de croire ou de ne
- 17:27pas croire,
- 17:28c'est autre chose.
- 17:29Et vous souvenez peut-être que très vite,
- 17:31j'ai mis autour de la table,
- 17:32avec une valeur symbolique importante,
- 17:34je crois,
- 17:35les responsables spirituels,
- 17:37les responsables des comités religieux.
- 17:38Je voulais,
- 17:39comme Premier ministre,
- 17:40donner cette impulsion-là en
- 17:41montrant, je vous demande d'être à nos côtés
- 17:44pour faire des déclarations et qu'il n'y ait pas d'ambiguïté.
- 17:46On est chacun libre de croire ou de ne pas croire.
- 17:49la liberté de l'autre et la
- 17:52loi. Aucune loi religieuse ne peut dominer la loi
- 17:55délibérée par nos
- 17:56institutions démocratiques.
- 17:57Juste un petit détail sur votre intervention,
- 17:59la première.
- 18:00Vous improvisez,
- 18:01vous avez mis quelques petites notes,
- 18:03vous avez consulté des.
- 18:04Je n'ai pas de texte.
- 18:06En plus,
- 18:06on est pris dans un tourbillon,
- 18:09il faut bien imaginer la scène.
- 18:10Il y a effectivement une pression.
- 18:11Tous les attachés de presse vous disent "il faut communiquer,
- 18:13la presse dans tous ces états,
- 18:15etc. Tu ne peux pas rester,
- 18:16tu ne peux pas attendre plus longtemps."
- 18:17C'est vrai qu'on doit aussi résister à cette pression-là
- 18:19ce que François Hollande décrit est
- 18:20exactement le même sentiment.
- 18:22J'avais besoin,
- 18:23moi, d'avoir davantage
- 18:24de stabilité,
- 18:25davantage d'informations
- 18:26pour dire un certain nombre de choses qui ne pouvaient pas être démenties dans les
- 18:29heures qui suivaient,
- 18:30naturellement. Donc il y
- 18:31a cette pression-là,
- 18:32donc on n'est pas dans un moment où on a le temps de,
- 18:35pendant une heure,
- 18:36s'enfermer dans un bureau et rédiger un texte,
- 18:38il y a une certaine spontanéité.
- 18:41Et donc moi,
- 18:41quand je
- 18:42procède, je
- 18:43griffonne sur
- 18:45mon fil conducteur,
- 18:46les 4-5 points clés,
- 18:47les 4-5 messages
- 18:49que Je souhaite pouvoir
- 18:50pouvoir adresser à ce moment-là.
- 18:52Donc c'est pas une communication qui est
- 18:54parfaitement s'isolée,
- 18:56mais c'est une communication qui intègre les 4 ou 5 points qui pour moi
- 18:59sont importants dans ce moment-là,
- 19:01quelques heures après les
- 19:02attentats qui viennent d'être occupés.
- 19:03Monsieur Hollande,
- 19:03on a souvent dit que vous aviez été le président
- 19:06des crises.
- 19:06S'il y en a bien une
- 19:07crise aiguë qui
- 19:09a perduré pendant tout votre mandat,
- 19:11c'est la crise du terrorisme justement.
- 19:13En quoi est-ce que ces attentats,
- 19:15ces différentes attaques vous ont
- 19:17marqué d'un point de vue personnel ?
- 19:19Est-ce qu'elles vous ont,
- 19:20ces attaques,
- 19:21transformées ? Est-ce que vous êtes un autre homme depuis 2015 ?
- 19:24Un autre homme ?
- 19:24Je ne sais pas.
- 19:25J'espère rester
- 19:28le même dans ses fondamentaux et
- 19:31dans ses
- 19:32caractères principaux.
- 19:34Mais c'est vrai qu'on ne sort pas indemne.
- 19:38Souvent, il m'arrive
- 19:39de. distinguer les victimes,
- 19:42celles qui ont survécu
- 19:43et qui viennent
- 19:45demander, et c'est prévu,
- 19:47une reconnaissance.
- 19:49Je rencontre aussi ceux qui ont été pris en otage ou ceux qui ont
- 19:52vécu plus directement encore les attentats terroristes.
- 19:56Et sans que
- 19:57nous puissions comparer notre place respective,
- 20:00nous avons
- 20:02en commun
- 20:03d'avoir traversé
- 20:05cette épreuve
- 20:07et un lien s'est établi.
- 20:10Et c'est sur ce point-là,
- 20:12je oui,
- 20:12je suis
- 20:13transformé par ce qui s'est produit
- 20:17et je ne sais pas comment il faut
- 20:20parfois le prendre.
- 20:21Je pense que chaque président français a
- 20:25connu une crise.
- 20:26Le matin,
- 20:27ça a été la crise
- 20:28financière, la crise
- 20:30climatique. Pour
- 20:31Emmanuel Macron,
- 20:32moi, c'est la crise
- 20:33terroriste. Et quoi que je dise de
- 20:36mon mandat.
- 20:37de. de mes
- 20:39réussites ou quelquefois de mes
- 20:42échecs. L'histoire retiendra que
- 20:47j'ai été le
- 20:49président de la crise terroriste.
- 20:51Alors je peux en tirer
- 20:53finalement une fierté,
- 20:56oui, d'avoir assumé,
- 20:58comme le
- 20:58disait Charles Michel,
- 21:00cette responsabilité-là.
- 21:03Je peux en tirer,
- 21:04d'une certaine façon,
- 21:05Une déception qu'on regarde ce qui a été
- 21:08l'épreuve et pas forcément ce qui a été
- 21:11ce qu'ont été les avancées.
- 21:12Mais c'est ainsi,
- 21:13et je crois que ça crée un lien
- 21:16entre la personne,
- 21:19en l'occurrence la mienne,
- 21:20et le pays.
- 21:21Au-delà du temps,
- 21:22la trace qui
- 21:23est laissée.
- 21:24Et quand je vois
- 21:26des jeunes
- 21:28étudiants qui ont avaient,
- 21:29qui étaient à l'époque des jeunes écoliers,
- 21:32pour eux,
- 21:32je suis
- 21:33leur président.
- 21:34et. Et le fait majeur qu'ils gardent de
- 21:37mon action,
- 21:38c'est que j'ai été le président
- 21:40au moment où il y a eu le terrorisme
- 21:42et qu'ils ont dû être parmi
- 21:44tous ceux qui ont regardé les images
- 21:46et qui se sont dit,
- 21:47mais qu'est-ce qui se passe?
- 21:48? Et
- 21:50il est là.
- 21:52Voilà, je suis encore
- 21:52là. Monsieur Michel,
- 21:54est-ce que
- 21:54les attentats
- 21:55du 22 mars
- 21:57ont changé votre
- 21:58façon de faire de la politique
- 22:00ou votre vie ?
- 22:01Je l'avais déclaré très vite.
- 22:03Il y aura un avant
- 22:04et un après ces attentats.
- 22:05Je pense que c'était vrai,
- 22:06il y a eu un avant
- 22:07et un après ces attentats.
- 22:09Je me retrouve bien,
- 22:09comme ça a été dit par François Hollande,
- 22:10dans la relation
- 22:11aux victimes.
- 22:13Et c'est quelque chose qui est compliqué.
- 22:15Et moi,
- 22:15j'ai vécu ça,
- 22:16et encore maintenant,
- 22:16je vis ça
- 22:17de manière compliquée sur le plan personnel,
- 22:19parce que
- 22:20j'ai le souvenir de plusieurs moments,
- 22:22Interactions avec
- 22:23les victimes et certaines des victimes.
- 22:25J'ai notamment le souvenir
- 22:27d'une réunion qui a duré plusieurs heures au au Lambermont,
- 22:30très rapidement après ces attentats,
- 22:32et où il y a un terrible sentiment
- 22:34d'impuissance, un terrible
- 22:36sentiment d'injustice.
- 22:38Et malgré tout le désir que l'on peut
- 22:40avoir d'apporter un peu de réconfort
- 22:43pour certains ou certaines de ces victimes,
- 22:45nous sommes vus comme ceux qui n'ont pas pu empêcher.
- 22:48Et si quelqu'un pouvait empêcher,
- 22:49c'est le Premier ministre ou c'est le président.
- 22:52Et donc moi,
- 22:52ça m'a beaucoup traversé.
- 22:53C'est Est ce
- 22:53qu'il y avait des choses que
- 22:55j'aurais pu faire dans mes fonctions dans les mois précédents qui pouvaient
- 22:58empêcher ou réduire le
- 23:00je sais pas la réponse définitive par rapport à par rapport à cela,
- 23:03mais cette il y a cette il y a cette fêlure tout de même dans
- 23:06la relation avec la vie.
- 23:07Et puis peut être sur le plan plus personnel,
- 23:08si je veux offendre
- 23:09un peu un peu l'armure,
- 23:10j'ai un tempérament plutôt pudique,
- 23:12plutôt introverti,
- 23:13et donc
- 23:14peut être que
- 23:15j'étais pris à la fois par ces sujets sécuritaires qui m'inquiétaient beaucoup
- 23:19et je
- 23:19et c'était pas simple spontanément pour moi.
- 23:22Cette interaction personnelle avec des
- 23:24avec les victimes,
- 23:25c'était quelque chose qui était qui était compliqué.
- 23:27J'avais cette
- 23:28ce sentiment terrible,
- 23:30mais peut-être du mal à
- 23:33l'exprimer convenablement.
- 23:34Est-ce que je suis différent ?
- 23:35Je suis différent.
- 23:35Sûrement parce
- 23:36que quand on traverse
- 23:38avec son pays une épreuve telle
- 23:40que celle-là,
- 23:41nécessairement il
- 23:42y a des traces pour toujours.
- 23:45Ça nous amène,
- 23:45je pense,
- 23:47à raisonner sur la relation entre la vie et la mort,
- 23:50à raisonner sur.
- 23:52Sur la relation entre la liberté et la société,
- 23:54entre la sécurité et la liberté.
- 23:55Donc bien sûr
- 23:57que ce sont des expériences qui forgent et qui ont un
- 23:59et qui ont un impact,
- 24:00ça sûrement oui,
- 24:01ça aurait pu s'arrêter là.
- 24:02C'est en tout cas la direction qui prenait l'entretien.
- 24:04Et puis,
- 24:05une fois les micros éteints,
- 24:06les 2 hommes se sont souvenus des
- 24:08heures qui précédaient l'arrestation de Salah Abdeslam.
- 24:10On a tout rallumé pour saisir une anecdote,
- 24:14tu m'informes que
- 24:15vous aviez localisé
- 24:17l'individu en question
- 24:19et je
- 24:20dis. nous allons rester à Bruxelles
- 24:23et nous allons attendre
- 24:26la suite des
- 24:27opérations. Et
- 24:29vous n'aviez pas encore la confirmation
- 24:32de la localisation,
- 24:34oui, mais
- 24:35de la présence.
- 24:35J'ai déjà
- 24:36un doute sur cette question.
- 24:37On a eu de
- 24:38grandes présomptions,
- 24:38mais on n'était pas encore certains.
- 24:40Et donc il était à
- 24:41peu près
- 24:4217 h,
- 24:4318 h quand nous
- 24:44avons commencé.
- 24:45la Réunion
- 24:47et je disais
- 24:48les problèmes de communication,
- 24:50ce serait quand même mieux
- 24:51que nous puissions,
- 24:53vous puissiez
- 24:54en tout cas l'appréhender
- 24:56pour les journaux de
- 24:59la soirée.
- 25:01Et en réalité,
- 25:03on n'allait pas quand même
- 25:04précipiter au risque
- 25:06quand même
- 25:06de la vie des
- 25:09forces de police,
- 25:09on n'allait pas précipiter le mouvement
- 25:12et finalement ça s'est passé après les journaux.
- 25:15qu'importe, Abdeslam était
- 25:16arrêté. Je me souviens très bien de cela parce que le président
- 25:19Hollande est arrivé au 16 rue de la Loi
- 25:22où je terminais que les équipes
- 25:23qui supervisaient
- 25:25et suivaient en fait les
- 25:27opérations parce qu'effectivement,
- 25:28on avait repéré
- 25:30l'appartement dans lequel il avait été
- 25:33localisé et on était pratiquement certain que c'était lui,
- 25:35mais pas absolument certain que c'était lui.
- 25:38C'est vrai qu'il y avait
- 25:39que notre
- 25:39service de sécurité voulait prendre de précautions sécuritaires,
- 25:42techniques et chantait d'impatience
- 25:44en 16 de la délégation
- 25:45Je le confirme.
- 25:46Il y
- 25:48a bientôt le 20h
- 25:50et nous,
- 25:50dans notre culture
- 25:51belge, ça nous
- 25:53offusquait qu'on puisse
- 25:54pousser et brusquer les opérations de sécurité.
- 25:57Enfin, finalement,
- 25:58l'opération s'est déroulée.
- 25:59Et j'ai
- 26:01respecté. La
- 26:01souveraineté de la
- 26:02Belgique a été respectée
- 26:04et on a déclenché l'opération quand la sécurité ont
- 26:07considéré que c'était le moment le plus adapté.
- 26:13À propos,
- 26:14c'est fini pour aujourd'hui,
- 26:15mais on revient demain matin.
- 26:16Merci de votre écoute.
- 26:18Si vous
- 26:18en voulez encore,
- 26:19tous nos podcasts sont disponibles dans l'application du soir.
- 26:23Rendez-vous dans le store de votre smartphone
- 26:25ou de votre tablette pour la télécharger.
- 26:27À demain.