Latest / Entretien avec un dentiste / L'humain à l' ADF : épisode 3 repenser le consentement dans le soin
Transcript
- 0:05L'humain à l'ADF,
- 0:06une nouvelle série d'entretiens avec un dentiste.
- 0:12Épisode 3,
- 0:14repenser le consentement dans le soin.
- 0:21Au départ il y a le congrès annuel de l'ADF,
- 0:23carrefour incontournable pour les chirurgiens dentistes,
- 0:26où se croisent idées,
- 0:27pratiques et réflexions sur l'avenir de la profession.
- 0:30Les personnages,
- 0:31une présidente de séance,
- 0:32moi,
- 0:32Florence Echeverry,
- 0:33chirurgienne dentiste et productrice du podcast Enquretien avec un dentiste,
- 0:36engagée dans les questions éthiques et humaines de la pratique.
- 0:39Quatre intervenants au parcours complémentaire.
- 0:42Pauline Chardron-Mazière,
- 0:43chirurgienne dentiste spécialisée en médecine buccodentaire,
- 0:46avec une pratique dédiée aux soins spécifiques pour jeunes enfants,
- 0:49personnes en situation de handicap et approche multiculturelle.
- 0:53Vous avez pu l'entendre dans la série Mon voyage à travers l'argent en dentisterie,
- 0:56où elle partageait son expérience de déconventionnement.
- 0:59puis de reconventionnement.
- 1:00Guillaume Savard,
- 1:01chirurgien dentiste,
- 1:02maître de conférences associé à la faculté de dentologie de Tours,
- 1:06expert en éthique médicale et en sciences de l'éducation.
- 1:09Abdel Awacharia,
- 1:10chercheur en biologie au CNRS,
- 1:12vice-président de l'association d'usagers du dentaire La Dents Bleues.
- 1:15Abdel avait également participé à une série en quatre épisodes où il relatait l'affaire Dentexia depuis l'explosion du scandale jusqu'à la création de l'association La Dents Bleues.
- 1:24Ava Alorane,
- 1:25membre de l'association La Dents Bleues.
- 1:27Un public attentif et engagé,
- 1:29venu chercher les clés pour améliorer leur pratique au quotidien.
- 1:32Puis le décor,
- 1:33vendredi 30 novembre 2024,
- 1:3514h-15h30,
- 1:36Amphithéâtre Havane.
- 1:38Le titre de la séance,
- 1:39savoir recueillir le consentement du patient.
- 1:41Et enfin le thème,
- 1:42le consentement,
- 1:43plus qu'une obligation légale,
- 1:45une pierre angulaire de la relation de soins où se croisent éthique,
- 1:48empathie et responsabilité.
- 1:52Avant d'entrer en scène,
- 1:53nous nous sommes retrouvés avec mes quatre intervenants pour un échange informel autour d'une question.
- 1:58Pourquoi le sujet du consentement ?
- 2:05Docteur Guillaume Savard,
- 2:06je suis sorti de la fac en 2002.
- 2:09Je me suis intéressé notamment à l'époque à l'éthique médicale,
- 2:13aux sciences d'éducation.
- 2:14Et là,
- 2:14je suis maître de conférence à mi-temps sur le nouveau site universitaire de Tours.
- 2:20La question du consentement,
- 2:23elle a beaucoup d'écho dans ma pratique,
- 2:25puisque quand on a un certain nombre d'années de pratique,
- 2:28on se retrouve assez souvent avec des patients qu'on suit de longue date,
- 2:32et ils ont une confiance.
- 2:35qui fait que parfois les explications sont très rapides,
- 2:39très précises et que l'accord pour le traitement engagé se fait en toute confiance.
- 2:47Ce qui pose la question de savoir jusqu'où je vais les manipuler ou pas,
- 2:55dans quelle mesure on a reposé les informations et dans quelle mesure ils savent vraiment de quoi on parle après tant d'années.
- 3:03D'autres,
- 3:03au contraire,
- 3:04sont très friands de la capacité que,
- 3:07comme d'autres praticiens,
- 3:07j'ai à beaucoup parler ou à beaucoup vouloir expliquer.
- 3:11Et c'est important aussi parce que dans d'autres cas,
- 3:14je me suis parfois retrouvé à avoir des conversations,
- 3:16des consultations pendant trois mois,
- 3:18quatre mois,
- 3:18avant d'aboutir à la bonne discussion.
- 3:20Et souvent,
- 3:20quand je ne sais pas,
- 3:21quand je suis en situation d'incertitude sur ce qui serait la meilleure option pour la personne,
- 3:26puisqu'il y a la meilleure option du livre,
- 3:28mais la meilleure option pour la personne,
- 3:29c'est autre chose,
- 3:30il peut m'arriver de multiplier les consultations.
- 3:32et de raisonner à voix haute avec le patient.
- 3:34Je trouve que parfois,
- 3:35c'est une bonne façon de trouver une solution en commun et de ne pas chercher la réponse idéale dans le livre qui n'est pas nécessairement celle qui va correspondre à la situation clinique et à la situation de la personne.
- 3:53Je suis Abdel Awacharia,
- 3:54je suis chercheur au CNRS,
- 3:56mais je n'interviens pas aujourd'hui avec cette casquette-là.
- 3:58Je suis tombé dans la marmite du dentaire en 2016,
- 4:01en fondant le collectif Contre-Dentexia,
- 4:04et j'ai co-fondé en 2019 l'association La Dents Bleues,
- 4:07qui a pour prérogative...
- 4:09de s'intéresser aux dentaires mais en adoptant le point de vue de la patientèle.
- 4:14Alors la question du consentement c'est un objet qui est plutôt multiforme.
- 4:18Quand je regarde l'expérience de ces huit années,
- 4:21je dirais que j'ai été frappé par deux exemples en particulier.
- 4:24Le premier date de 2016.
- 4:26Un document qui m'avait beaucoup frappé c'était un contrat bancaire d'emprunt qui avait été signé par une personne très âgée et en fait les centres d'entexia faisaient signer dans l'enceinte.
- 4:38des cabinets,
- 4:38des contrats de crédit,
- 4:39et cette personne avait signé son contrat avec une croix.
- 4:43Et ça m'avait beaucoup choqué.
- 4:44Je m'étais dit qu'est-ce qui fait qu'une personne,
- 4:47peut-être un alphabète,
- 4:48se retrouve en situation de faire une croix sur un papier et à s'endetter à un âge où normalement on ne contracte pas d'emprunt.
- 4:54Ça c'est un premier point.
- 4:55Et il y a un deuxième point que j'ai voulu choisir comme étant le plus récent,
- 4:59que j'ai reçu le 16 novembre 2024.
- 5:03Et dans ce mail,
- 5:04donc je ne vais pas vous le lire en entier,
- 5:05mais c'est une certaine lila qui nous écrit à la dent bleue.
- 5:07J'aurais voulu partager avec l'association ma réflexion.
- 5:10Après d'horribles expériences passées auprès de certains praticiens,
- 5:13et donc elle détaille ces expériences,
- 5:15et la phrase que je voulais vous lire,
- 5:17c'était qu'elle commentait en fait les rôles respectifs d'une assistante et d'une praticienne,
- 5:22en disant à deux,
- 5:23ils sont plus forts pour arriver à soutirer des sous aux patients,
- 5:26surtout quand on est allongé la bouche ouverte en position de faiblesse.
- 5:29C'est un peu ce qu'on reçoit sur une base régulière de la part des patients.
- 5:32Donc c'est stigmate de la violence telle qu'elle peut être vécue par les usagers,
- 5:37parfois.
- 5:44Je m'appelle Ava Loran et je suis membre de la dent bleue depuis cette année.
- 5:52Et en parallèle,
- 5:53j'ai eu une pratique en tant qu'intervenante psychosociale pendant environ 15 ans en Suisse.
- 6:01Et une pratique aujourd'hui plus artistique et culturelle puisque je travaille...
- 6:06dans une bibliothèque dans le département Société.
- 6:09Et mon inscription au sein de l'association La Dente Bleue vient d'une sensibilité à une lutte que je trouve extrêmement importante aujourd'hui et qui a,
- 6:23je pense,
- 6:23un caractère urgent.
- 6:25Ce n'est pas uniquement une affaire dans le domaine de la dentisterie,
- 6:29mais une affaire,
- 6:30j'ai envie de dire,
- 6:31presque de tous les jours.
- 6:33Que ce soit...
- 6:34par un voie numérique où on nous demande de consentir sans arrêt pour adhérer à CS1 au point où il y a une éventuelle perte du sens de la signature.
- 6:47On ne peut pas ignorer aussi par rapport à l'affaire MeToo qui est à l'origine en 2007 mais qui s'est manifestée en 2017.
- 6:56En tant que femme et citoyenne,
- 6:58c'est sûr que je n'ignore pas cet événement extrêmement important.
- 7:03Et j'ai donné des cours aussi sur le consentement auprès d'étudiants dans une autre ville,
- 7:08à Londres.
- 7:09Donc,
- 7:10étant donné,
- 7:11pour revenir au contexte d'aujourd'hui de la DF et de la Damblue,
- 7:15c'est que je pense qu'il est extrêmement important de visibiliser l'invisible.
- 7:21Donc,
- 7:22donner une voix aux personnes qui,
- 7:24souvent,
- 7:25ont été amenées à se taire et de vraiment porter une écoute active là-dessus.
- 7:38Alors moi je suis
- 7:39Pauline Chardron-Mazière,
- 7:41j'ai un exercice limité à l'onontologie pédiatrique depuis plus de 20 ans.
- 7:46Et ce qui m'intéresse dans le métier et dans la vie en général,
- 7:51c'est la question du lien.
- 7:53Donc j'ai commencé à travailler pendant 10 ans dans un centre de santé ancienne formule.
- 7:58J'avais beaucoup de patients,
- 8:00donc d'enfants.
- 8:02en situation de migration récente.
- 8:04Donc là,
- 8:05ce qui m'a intéressée,
- 8:06c'est comment est-ce qu'entre cultures différentes,
- 8:09on arrive à créer un lien.
- 8:11Et depuis un peu plus de dix ans maintenant,
- 8:14j'ai une activité de médecine buccodentaire dédiée à l'enfant malade ou en situation de handicap,
- 8:19ou l'enfant très jeune.
- 8:21Quand je dis très jeune,
- 8:21c'est que je reçois les enfants à partir de J3.
- 8:24Donc là,
- 8:25la question se pose sur comment recueillir le consentement d'un bébé.
- 8:30Sachant que légalement,
- 8:32l'enfant n'a pas forcément ce mot à dire,
- 8:34mais moralement,
- 8:36comment est-ce qu'on peut recueillir le consentement d'un enfant tout petit,
- 8:40d'un enfant non-verbal en situation de polyhandicap ou avec autisme qui ne s'exprime pas avec mon langage ?
- 8:48Et puis,
- 8:48comment est-ce que,
- 8:49aussi,
- 8:50dans l'odontologie pédiatrique,
- 8:51on arrive à formuler un lien entre le patient,
- 8:56enfant,
- 8:57moi ?
- 8:58praticienne et le parent,
- 8:59puisque l'enfant est indissociable de son parent.
- 9:02Donc ça crée une relation à trois et la formulation d'un consentement à trois,
- 9:07puisque je pense que quand on passe beaucoup de temps avec un patient,
- 9:12alors moi je les vois sur peu d'années,
- 9:13mais quand même,
- 9:15c'est important qu'on soit tous d'accord sur la façon dont on va travailler.
- 9:19Et donc c'est là où se situe le consentement,
- 9:21c'est comment est-ce qu'on fait,
- 9:23comment est-ce qu'on est d'accord sur le travail.
- 9:25Et comment est-ce qu'on fait lien pendant le temps qui nous est donné de faire lien ensemble ?
- 9:35Moi,
- 9:35ce que j'aimerais que les congrétistes retiennent de cette séance,
- 9:41c'est cette histoire justement de conversation et d'échange.
- 9:47Je n'aimerais pas que les praticiens se disent on va repartir avec une recette de cuisine en trois points.
- 9:57J'aimerais plutôt qu'ils se disent tiens,
- 9:59ce groupe-là de praticiens et de patients,
- 10:03communiquant bien ensemble,
- 10:04en échangeant,
- 10:06balance un petit caillou dans la flotte,
- 10:08il y a des petites vagues d'eau qui arrivent jusqu'à moi et ces petites vagues d'eau,
- 10:13peut-être qu'elles vont faire que...
- 10:15Lundi,
- 10:16je vais réfléchir un petit peu plus et je vais prendre un petit peu plus de temps.
- 10:20Tant qu'on n'ouvrira pas le dialogue,
- 10:22les choses ne pourront pas avancer.
- 10:25Je pense que c'est important de se poser la question en tant qu'individu,
- 10:31qu'est-ce que c'est la santé,
- 10:33de ne pas perdre le cœur du métier,
- 10:38de soigner des personnes.
- 10:41Donc c'est très important,
- 10:43je pense,
- 10:44de...
- 10:45De pouvoir se reposer,
- 10:47revisiter peut-être certaines questions qui sont en lien avec le consentement et le rapport justement de cet entre-deux,
- 10:57c'est-à-dire cet espace,
- 10:59cette zone qui va se définir entre la patientelle et les praticiens.
- 11:04Donc c'est un dialogue permanent en fait et c'est bidirectionnel.
- 11:09L'exercice serait tellement plus doux,
- 11:12même dans les moments difficiles.
- 11:13Si on travaillait en consensus ou de concert avec les patients,
- 11:18parce que même quand ça se passe mal,
- 11:20même quand on a des suites opératoires,
- 11:22ou quand le traitement ne marche pas,
- 11:24ou si on a encore confiance dans son praticien,
- 11:26on pourra trouver les solutions.
- 11:27Si on a le sentiment en tant que patient que ça nous a été imposé,
- 11:31c'est-à-dire que finalement,
- 11:33si j'avais su,
- 11:34je n'aurais pas choisi cette option-là,
- 11:36voire si j'avais su,
- 11:37je n'aurais pas été voir ce praticien parce qu'il m'a imposé cette option-là,
- 11:40là,
- 11:40s'il y a ce regret-là,
- 11:41on est dans le conflit.
- 11:42Ce n'est pas comme ça qu'on vit un exercice serein et pour rester sur la focale praticien,
- 11:47où effectivement nous-mêmes on est patients autrement,
- 11:50en tant que citoyens dans la société.
- 11:51Je pense qu'il sera extrêmement difficile de trouver des moyens de rogner la symétrie entre des patientes et des patients qui sont intrinsèquement vulnérables physiquement,
- 12:01socialement,
- 12:01économiquement,
- 12:02et des praticiennes et des praticiens qui le sont moins par définition et qui sont détenteurs-détentrices d'un savoir à la fois théorique et technique.
- 12:11Cette asymétrie,
- 12:12on ne peut pas la rogner.
- 12:13Fondamentalement,
- 12:14ça n'empêche pas de réfléchir à comment rééquilibrer les choses,
- 12:17le rapport d'une part.
- 12:19Et pour ça,
- 12:20il faut pouvoir accorder du soin au soin.
- 12:23Repenser peut-être pourquoi on en parle autant et pourquoi c'est aussi important.
- 12:28Il y a un beau dialogue à ouvrir qui renvoie aussi à comment on s'imagine la santé.
- 12:36On est encore éduqués,
- 12:37nous,
- 12:38sur un mode technicien,
- 12:39sur un mode...
- 12:40où on ne traite pas la santé,
- 12:42en fait,
- 12:42on traite la maladie.
- 12:43Et on ne voit la santé que comme l'absence de maladie.
- 12:46Ce ne sont pas mes mots,
- 12:47dans ce Georges Canguilhem.
- 12:49Et voilà,
- 12:49la santé,
- 12:50c'est autre chose de bien plus propulsif,
- 12:52de bien plus normatif,
- 12:53de bien plus ouvert sur la vie des individus.
- 12:54Et si on revient sur ce qui paraît le plus scientifique de la médecine,
- 12:59l'evidence-based medicine,
- 13:00la médecine fondée sur les preuves,
- 13:01la médecine factuelle,
- 13:03on est resté sur le côté du triangle,
- 13:05les meilleurs faits scientifiques,
- 13:06les meilleures études,
- 13:07alors que tout ça est fragile.
- 13:09On oublie que la base du triangle,
- 13:10c'est l'expérience du praticien et les préférences du patient.
- 13:13Je crois que si on fait la vraie médecine fondée sur les preuves,
- 13:17tout d'un coup le patient prend autant de place que les deux autres pôles.
- 13:20Je sens que c'est dans ce dialogue-là qu'on peut trouver un exercice serein et des solutions thérapeutiques qui ne seront peut-être pas celles que le praticien imaginait réaliser pour la gloire de son compte Instagram,
- 13:30mais qui seront peut-être celles qui satisferont et le patient et la société.
- 13:34Et j'aimerais qu'on puisse faire germer l'idée.
- 13:38que c'est un sujet très riche,
- 13:42très questionnant et qu'on a toute une carrière professionnelle pour y réfléchir et que c'est super chouette.
- 13:54Le consentement,
- 13:55c'est l'accord du patient envers le praticien pour un traitement qu'on a élaboré ensemble en fin de compte.
- 14:02C'est recueillir une...
- 14:04de parole pour pouvoir rentrer dans une optique de soins.
- 14:08Moi,
- 14:09je suis expert auprès d'une cour d'appel et je rencontre de nombreux problèmes liés à un non consentement éclairé des patients vis-à-vis des devis ou des propositions de traitement.
- 14:19Je trouve que c'est une très bonne chose qu'il n'y ait pas que des sujets vraiment très techniques et qu'on pense aussi à l'éthique du soin.
- 14:24C'est indispensable.
- 14:26On a considérablement oublié.
- 14:27le côté humain par rapport au côté technologique,
- 14:30ce qui n'est pas enseigné non plus dans les facultés.
- 14:32Je trouve que c'est une bonne chose d'avoir plusieurs points de vue et de mélanger justement les points de vue des praticiens et des patients afin que chacun puisse être conscient des problèmes de l'autre.
- 14:39Je pense que c'est bien parce que plus on a d'avis,
- 14:41plus on s'informe et plus on peut se former.
- 14:44C'est indispensable d'avoir leur avis et puis qu'ils racontent leur histoire et qu'on en tire les conclusions pour éviter tous les conflits et les désagréments provoqués par un manque d'information et de consentement éclairé du patient.
- 14:57déjà bonjour merci à tous et à toutes pour votre présence je suis florence et chévéry je suis dentiste et je suis aussi créatrice d'un podcast qui s'appelle entretien avec un dentiste et
- 15:10qui veut en fait apporter un petit peu d'humain en tout cas explorer la dimension humaine de notre métier
- 15:25Pourquoi le sujet du consentement ?
- 15:27Peut-être parce que c'est à la mode.
- 15:29C'est un sujet dont on entend beaucoup parler depuis le mouvement MeToo.
- 15:33Mais peut-être que si on en parle autant,
- 15:35c'est aussi que c'est un sujet qui est difficile à cerner.
- 15:40Peut-être que c'est des questionnements aussi de notre société et pas que du dentaire.
- 15:46Et donc c'est ce qu'on va essayer un petit peu de faire aujourd'hui,
- 15:50d'en discuter ensemble et d'en définir un petit peu les contours.
- 15:56Pour ça,
- 15:56je voulais souligner que j'étais particulièrement heureuse aujourd'hui qu'il y ait parmi nous deux usagers du dentaire,
- 16:03parce que ça me paraissait complètement inconcevable de parler de ce sujet sans les principaux intéressés qui sont quand même nos patients.
- 16:11Donc merci à eux.
- 16:13Maintenant que j'ai dit tout ça,
- 16:15je vais aller les rejoindre et je vais vous les présenter.
- 16:23Nous avons
- 16:24Pauline Chardron-Mazière,
- 16:25Guillaume Savard.
- 16:26À droite de moi,
- 16:27vous avez
- 16:28Ava Alorane.
- 16:29Et enfin,
- 16:29nous avons Abdel Awacheria.
- 16:36Donc on va commencer avec Guillaume.
- 16:39Merci Florence.
- 16:40Bonjour à toutes et à tous.
- 16:43La question du consentement,
- 16:44Florence l'évoquait en introduction,
- 16:46elle a une vraie actualité qui soulève des...
- 16:51des sujets de société,
- 16:52des débats,
- 16:52des débats qui sont toujours vifs.
- 16:56Et ces débats ont forcément une répercussion également dans notre exercice,
- 17:00qui est un exercice médical.
- 17:02Je repensais à cette phrase de Georges Canguilhem,
- 17:05cette grande figure de la philosophie des sciences françaises du siècle dernier.
- 17:10Georges Canguilhem disait qu'aucune guérison n'était un retour à l'innocence biologique,
- 17:16à avant.
- 17:16être malade.
- 17:17Et là,
- 17:18il y a vraiment quelque chose qui doit être compris dans tout ça.
- 17:21Et ce qui doit être compris va rentrer en fait en écho avec notre savoir,
- 17:25et quand on sait et quand on évalue une situation,
- 17:28quand on pose un diagnostic,
- 17:29quand on imagine des pistes thérapeutiques,
- 17:30à un moment donné,
- 17:31il va falloir décider.
- 17:32Et là où s'introduit le consentement,
- 17:33c'est qu'on décide,
- 17:34mais pour l'autre,
- 17:35on décide sur et avec le corps de l'autre.
- 17:38Et ça,
- 17:38ça ne peut pas se faire sans l'acceptation,
- 17:39sans l'accord et sans l'engagement.
- 17:42de l'autre.
- 17:42Et c'est là que se pose la question du consentement de manière bien plus large que est-ce que votre devis est bien signé,
- 17:48demande la répression des fraudes,
- 17:50est-ce que le dossier est bien rempli,
- 17:51bien sûr qu'il doit être bien rempli.
- 17:53Le consentement a différentes...
- 17:55voilà,
- 17:56qu'est-ce que c'est ?
- 17:56Comme on peut le comprendre,
- 17:57il a différentes définitions.
- 17:59Il peut avoir une définition juridique.
- 18:01Je cède mon cabinet dentaire pour telle somme,
- 18:04oui j'y consens.
- 18:05Et vous devenez propriétaire d'un cabinet dentaire.
- 18:07Il y a une définition intellectuelle,
- 18:09c'est l'acceptation d'une valeur qui est reconnue comme vraie ou comme universelle.
- 18:13C'est quelque chose de très intellectuel.
- 18:14Je consens à ce que la théorie du Big Bang soit particulièrement bien étoffée et la meilleure théorie explicative actuellement de l'évolution de l'univers.
- 18:24Il y a une définition qui est morale,
- 18:26c'est l'acte libre de la pensée par lequel on s'engage à accepter ou à faire quelque chose.
- 18:32Le plan juridique est important chez nous,
- 18:34le plan intellectuel est important pour nous.
- 18:37C'est la définition morale qui est en jeu dans ce qui est en train de se passer dans la relation thérapeutique.
- 18:43Si on revient à l'étymologie,
- 18:45consentir,
- 18:45sentir ensemble,
- 18:46ça vient du latin,
- 18:48c'est sentir,
- 18:49c'est l'acquiescement,
- 18:50c'est aussi la concordance des opinions.
- 18:53La concordance des opinions.
- 18:55C'est pas l'adhésion à une opinion.
- 18:59C'est la concordance des opinions et ça je pense que c'est quelque chose qu'on risque de retrouver en pointillé là-dedans.
- 19:07L'inscription du consentement,
- 19:08elle a été très longue en fait à venir.
- 19:10Il a fallu plus de 20 ans avant qu'on arrive aux lois Uriès et Ruscla en 1988.
- 19:15Donc vous imaginez le chemin parcouru qui définit le consentement dans le cadre de la recherche biomédicale et uniquement dans le cadre de la recherche biomédicale.
- 19:23Il faut attendre 2000.
- 19:25et les lois dites Kouchner sur la démocratie sanitaire pour avoir cette inscription du consentement pour tout le monde.
- 19:32Ce qui est un peu curieux quand on discute du consentement,
- 19:35c'est qu'on a l'impression qu'il peut poser problème et qu'il doit se fonder sur l'information,
- 19:40alors qu'à l'inverse,
- 19:41quand la loi se fait,
- 19:42en tout cas quand le législateur travaille,
- 19:43il travaille pour que le consentement soit de redonner confiance dans le médecin.
- 19:48Vous voyez,
- 19:49il y a cette espèce de drôle d'échange entre...
- 19:51Il faut donner de l'information et finalement c'est fait pour redonner confiance.
- 19:54Ce qui a un sens.
- 19:55Mais ce n'est pas si simple que ça en pratique.
- 19:59Le consentement,
- 19:59c'est un acte intellectuel,
- 20:00mais ce n'est pas seulement.
- 20:01C'est aussi un acte émotionnel.
- 20:03Le consentement,
- 20:03c'est l'objet d'une réflexion,
- 20:05d'une réflexion interne que l'on a aussi.
- 20:07Suis-je prêt ?
- 20:08Est-ce que j'accepte les risques ?
- 20:09Est-ce que je veux faire ce traitement ?
- 20:10Quel est mon besoin ?
- 20:12Le consentement,
- 20:12c'est aussi être sûr de sa propre volonté.
- 20:14On me propose un implant plutôt Cambridge.
- 20:17Oui,
- 20:17d'accord,
- 20:18oui.
- 20:18Est-ce que je suis sûr que c'est ce que je veux vraiment ?
- 20:21Le consentement,
- 20:21il doit être exprimé,
- 20:23il doit être aussi reçu par nous.
- 20:26Et ce n'est pas toujours simple.
- 20:27Et puis on vit dans un contexte compliqué,
- 20:28on vit dans un contexte avec une incertitude qui est énorme.
- 20:32Il y a beaucoup de complexité.
- 20:35On est aussi,
- 20:35et ça c'est terrible,
- 20:36en pénurie de temps.
- 20:37Donc on va vite,
- 20:37on a un papier signé,
- 20:39on accélère,
- 20:40et puis je vous dirais ce que les gens retiennent de ces papiers qu'ils signent.
- 20:43Et on a des grandes asymétries,
- 20:44on a trois grandes asymétries.
- 20:45On a une asymétrie d'information.
- 20:47On n'a pas le même savoir et nous-mêmes,
- 20:49quand on se retrouve en position de patient,
- 20:50on ne sait pas ce que le médecin,
- 20:52ou même en situation chez un garagiste devant un problème de voiture,
- 20:56on n'a pas le cursus du garagiste.
- 20:59On a cette asymétrie d'information,
- 21:00on a une asymétrie de pouvoir.
- 21:01On n'est pas du tout assis à la même table d'emblée avec le patient parce qu'on n'a pas le même pouvoir d'action sur la réalité.
- 21:08La troisième asymétrie,
- 21:09c'est une asymétrie d'enjeu.
- 21:10Au pire,
- 21:12on est interdit d'exercice.
- 21:13Pour le patient,
- 21:14au pire,
- 21:15c'est la mort.
- 21:16L'enjeu n'est pas du tout le même si on pousse les choses et la réflexion à l'extrême.
- 21:20Donc ça nous place à un contexte particulièrement complexe et particulièrement intéressant.
- 21:25Et quand c'est complexe et que c'est intéressant,
- 21:27ça intéresse le philosophe.
- 21:29Et vous savez,
- 21:30la philosophie,
- 21:30ce n'est pas dédicter des vérités.
- 21:32La philosophie,
- 21:32c'est un chemin.
- 21:33Le premier des philosophes qui écrit,
- 21:36si on excepte les présocratiques,
- 21:38c'est Platon.
- 21:39Il écrit les dialogues que mène Socrate.
- 21:42Et Socrate,
- 21:43il nous dit qu'en fait,
- 21:44la philosophie,
- 21:44c'est ce chemin dans le dialogue.
- 21:46Donc,
- 21:47j'espère que tout ce qu'on va vous donner va vous aider à être dans ce chemin du dialogue qui va vous aider à trouver la sagesse,
- 21:52pendant que le but du dialogue,
- 21:54de la philosophie,
- 21:55est de trouver la vérité.
- 21:56L'intérêt,
- 21:56c'est le chemin qu'on fait nous-mêmes vers cette connaissance et vers cette sagesse.
- 22:01Une position qui est très intéressante,
- 22:02une question qui est très intéressante,
- 22:03c'est celle de l'autonomie.
- 22:04Parce que le consentement,
- 22:05il doit être libre et éclairé.
- 22:06On est libre si on est autonome.
- 22:08Et là,
- 22:08il y a un débat.
- 22:09Dans le monde occidental ?
- 22:10Si on prend la philosophie continentale,
- 22:12la philosophie européenne,
- 22:14on est sur Rousseau,
- 22:15le contrat social,
- 22:16sur le consentement et sur l'autonomie,
- 22:18on est chez Kant,
- 22:19c'est la faculté de se donner à soi-même les lois de son action.
- 22:22Donc en fait,
- 22:23nous-mêmes,
- 22:24l'autonomie,
- 22:24au sens kantien,
- 22:26c'est qu'on est capable de se donner les lois de sa bonne action.
- 22:28On est tous capables de faire ça et ces lois,
- 22:30elles doivent être universalisables.
- 22:32Ces lois,
- 22:32elles doivent pouvoir s'appliquer à tout le monde.
- 22:34En gros,
- 22:35c'est de ne pas faire autre chose que vous ne voudrez pas qu'on en fasse.
- 22:37Ça fait des lois et ces lois,
- 22:38elles font société.
- 22:45Merci Florence.
- 22:46Déjà,
- 22:46je vous remercie d'être très nombreux parce que c'est très très chouette de parler devant un public aussi nombreux sur ce sujet-là.
- 22:54Moi,
- 22:54je vois l'autonomie et la notion de consentement via le concept du lien.
- 22:59Donc la notion du lien,
- 23:01pour moi,
- 23:01elle est fondamentale et c'est ce qui guide mon action.
- 23:04Et on peut établir un lien avec une personne qui ne parle pas,
- 23:09qui n'a pas la même culture que soi,
- 23:12simplement avec...
- 23:15Une intention,
- 23:16alors c'est philosophique,
- 23:17mystique,
- 23:18mais c'est l'intention de faire du bien et surtout l'intention de passer un temps ensemble.
- 23:24Dans ce qu'a dit Guillaume,
- 23:25la notion du ensemble est hyper importante parce que dans votre parcours professionnel,
- 23:31le fait que vous soyez amené à travailler très très longtemps,
- 23:35il faut que vous aussi vous puissiez prendre du bon temps à travailler.
- 23:40Or,
- 23:40on ne travaille pas bien avec quelqu'un avec qui...
- 23:42on ne s'entend pas ou du moins avec qui on n'est pas d'accord.
- 23:45Donc si vous ne créez pas de lien avec votre patient,
- 23:48ça va être un peu compliqué et pour lui et pour vous.
- 23:51Donc moi,
- 23:52je pars du principe que c'est agréable d'avoir un lien et d'adopter la juste place.
- 23:58Et la juste place,
- 23:59la juste distance,
- 24:00pour continuer dans les références philosophiques,
- 24:03c'est
- 24:04Schopenhauer et son porc épique.
- 24:06Alors je vous la fais courte,
- 24:08c'est une fable de Schopenhauer qui dit qu'un groupe de porcs épiques...
- 24:12dans le froid de l'hiver,
- 24:14voulaient se réchauffer.
- 24:15Donc ils se sont dit,
- 24:16tiens,
- 24:16si on se met tous ensemble,
- 24:18et si on se rapproche,
- 24:19si on se fait un gros câlin,
- 24:21on va avoir plus chaud.
- 24:22Sauf qu'avec les pics du porc-épic,
- 24:25ils se sont fait mal à être trop proches.
- 24:28Donc ils se sont éloignés,
- 24:30et d'un coup,
- 24:30ils ont eu froid de nouveau.
- 24:33Et finalement,
- 24:34entre le rapprochement et la distanciation,
- 24:37ils ont trouvé le juste positionnement de l'un avec l'autre pour créer un lien.
- 24:42qui soient agréables et qui puissent les faire passer l'hiver.
- 24:45Concernant les enfants,
- 24:47la première chose peut-être hyper importante,
- 24:49c'est qu'un enfant a toujours un parent.
- 24:52Alors,
- 24:52ou un parent ou un tuteur,
- 24:54je ne développe pas,
- 24:54mais l'enfant tout seul,
- 24:56il n'existe pas.
- 24:57Il existe forcément avec un adulte référent.
- 25:00La loi dit que c'est cet adulte référent qui doit prendre la décision.
- 25:04Mais cet enfant,
- 25:05humainement,
- 25:06il a aussi besoin de consentir aux soins.
- 25:09Et il faut toujours à ce moment-là se dire,
- 25:12tiens,
- 25:12je vais me rappeler de moi quand j'étais petit.
- 25:15Est-ce que j'aimais qu'on me donne des ordres comme ça,
- 25:19très froid ?
- 25:20Est-ce que j'aimais qu'on me force à faire quelque chose sans m'expliquer,
- 25:25même si je ne comprenais pas ?
- 25:27Est-ce que j'étais à l'aise dans un monde d'adultes pas très sympa ?
- 25:31Je pense qu'on a tous été enfants ici,
- 25:33et que personne ici n'a aimé qu'on nous parle de façon brutale.
- 25:37Donc je vous donne un petit truc.
- 25:39Un enfant,
- 25:41il adore être beau.
- 25:43Il adore qu'on lui dise qu'il est beau et il adore être rassuré par une voix douce.
- 25:49Donc,
- 25:50le consentement de l'enfant,
- 25:51vous ne pouvez pas le recueillir de façon verbale,
- 25:54mais si déjà vous parlez doucement et que vous lui dites
- 25:57« mais que tu es beau,
- 25:58montre-moi tes jolis dents »
- 26:00et que vous y allez doucement,
- 26:01je vous prends le pari que,
- 26:03même tout petit,
- 26:04il commence déjà à ouvrir la bouche.
- 26:06Tout simplement parce qu'il est content d'être beau.
- 26:09Quand ils sont un petit peu plus grands...
- 26:11À partir de 7-8 ans,
- 26:12ils peuvent aussi comprendre ce qui se passe,
- 26:15de façon pas forcément très conceptuelle,
- 26:18mais ils peuvent comprendre les sensations,
- 26:20ils peuvent comprendre l'intérêt d'être soigné.
- 26:23Et donc,
- 26:23une fois qu'on a questionné le parent et qu'on a reçu le consentement du parent,
- 26:29on peut aussi formuler la même chose avec des mots d'enfant et faire accepter à l'enfant le fait d'être soigné tranquillement avec des mots simples.
- 26:39Et c'est là où...
- 26:40On peut avoir une difficulté avec le parent si on pense que le parent n'est que parent de l'enfant.
- 26:45Vous êtes dans un système familial,
- 26:48culturel,
- 26:49social qui est assez complexe.
- 26:53Et toute cette complexité-là,
- 26:55il va falloir...
- 26:56en prendre conscience pour se dire ok,
- 26:59le parent là ne prend pas la bonne décision que je voudrais qu'il prenne,
- 27:03ou il refuse mon plan de traitement alors que moi je sais que c'est un très bon plan de traitement et bien toujours essayer de se dézoomer en disant mais peut-être que dans sa vie il a vécu cette histoire il vit actuellement une période x ou y et qui fait que on
- 27:18ne peut pas pour l'instant
- 27:20être sur la même longueur d'onde.
- 27:21Donc on va essayer,
- 27:23par le dialogue,
- 27:24de trouver ce lien d'entente avec le parent dans ses conceptions éducatives.
- 27:30vis-à-vis de l'enfant pour que l'enfant puisse se faire soigner.
- 27:33Parce qu'au final,
- 27:35la finalité de nos actions,
- 27:37c'est quand même le soin de l'enfant.
- 27:40Donc ce partenaire parent,
- 27:42on va essayer de l'analyser à travers son histoire à lui et sa vie à lui.
- 27:48Ce qui n'est pas évident.
- 27:50Ce qui m'amène au troisième point qui est le fait d'avoir une pensée citoyenne,
- 27:54une pensée d'ouverture au monde.
- 27:57Et quand on fonctionne...
- 27:58avec une pensée citoyenne d'ouverture au monde,
- 28:01ça nous permet aussi de rencontrer l'autre quand il est d'une culture très différente.
- 28:05Et en même temps,
- 28:07de rencontrer l'autre de cultures différentes sans l'essentialiser.
- 28:11C'est-à-dire que vous pouvez avoir des personnes qui vont venir vous voir avec une langue qui est ce qu'elle est,
- 28:16avec une couleur de peau qui est ce qu'elle est,
- 28:18avec une religion qui est ce qu'elle est.
- 28:21Instinctivement,
- 28:22vous allez commencer à faire fonctionner vos a priori parce qu'on est tous comme ça.
- 28:27Et cette personne-là,
- 28:28finalement,
- 28:29dans son mode de pensée,
- 28:31ne répond absolument pas à ces critères extérieurs que vous-même avez préjugés comme étant de telle culture ou de telle religion.
- 28:40Et dans la relation transculturelle à l'autre,
- 28:44être très dans l'écoute des pratiques traditionnelles,
- 28:49des modes de culture qui ont été...
- 28:53Celles qu'elles étaient dans le pays d'origine,
- 28:56qui ont traversé la mer pour venir dans ce pays,
- 29:00et comment en France elles se sont mixées avec éventuellement l'arrivée des enfants,
- 29:06tout ça est beaucoup plus complexe qu'ils ne parlent pas ma langue.
- 29:11Je vais avoir du mal à discuter avec lui.
- 29:14Très souvent,
- 29:15face à une personne qui est étrangère,
- 29:17on parle plus fort.
- 29:18Ou on parle un peu avec un rythme de voix qui est un peu bizarre.
- 29:22Genre,
- 29:23vous comprenez ?
- 29:24Et en fait,
- 29:25ça,
- 29:25ça casse le lien.
- 29:27Ça n'a rien à faire dans une discussion.
- 29:30Ça,
- 29:31je vous incite à vous interroger là-dessus et à vous dire,
- 29:35tiens,
- 29:35je vais peut-être,
- 29:36moi,
- 29:37essayer de changer un petit peu mon vocabulaire ou ma façon de parler pour discuter avec les gens d'autres cultures.
- 29:44Peut-être que si vous prenez deux petites minutes avant la consultation pour vous dire,
- 29:48tiens,
- 29:48je vais allumer cette petite lumière dans ma tête pour essayer de me mettre en connexion et en lien avec l'autre personne,
- 29:56ça sera beaucoup plus facile de pouvoir discuter.
- 30:00Ensuite,
- 30:01d'aboutir,
- 30:01je ne suis pas sûre que ce soit le bon mot d'ailleurs,
- 30:03d'aboutir,
- 30:04enfin en tout cas d'essayer de vivre un temps thérapeutique ensemble et qui soit satisfaisant pour tout le monde.
- 30:16Je me tourne maintenant vers Ava.
- 30:19Des fois,
- 30:19il y a un gap entre ce qui est dit.
- 30:22par le praticien ou la praticienne,
- 30:26et ce qui est compris par le patient ou la patiente.
- 30:29Selon toi,
- 30:30comment le praticien ou la praticienne peut-il s'assurer que le patient ait réellement compris les informations importantes,
- 30:41surtout quand des termes techniques sont utilisés ?
- 30:45Merci pour la question et merci aussi pour l'invitation.
- 30:48Alors je vais...
- 30:50décortiquée en trois temps.
- 30:52Donc pour commencer,
- 30:54juste par rapport au terme consentement,
- 30:56parce que c'est bien de ça qu'il s'agit par rapport à ce qui est dit,
- 30:59à ce qui est compris,
- 31:01je vais juste placer à quoi ce mot me fait penser,
- 31:06parce que c'est relativement chargé d'histoire,
- 31:08au sens d'une écriture plurielle et singulière,
- 31:12dans le sens où chargé d'histoire,
- 31:15du storytelling,
- 31:17mais souvent tragique.
- 31:19violente et triste.
- 31:21Je pense que c'est essentiel de donner la voix aux personnes qui ont été victimes des rapports de pouvoir.
- 31:30En termes de communication,
- 31:31c'est déjà entendre,
- 31:33écouter toutes ces histoires parce qu'elles sont fortes,
- 31:36elles sont courageuses et elles sont pleines de sens.
- 31:40Et histoire au sens singulier parce que ça renvoie à l'historique,
- 31:46à l'histoire qui change.
- 31:48au fil du temps,
- 31:49au fil des contextes.
- 31:50Le consentement,
- 31:50ce n'est pas un terme universel de pensée sur ce terme.
- 31:55Et aussi parce que l'histoire par rapport au consentement est souvent liée à des luttes.
- 32:00Et moi,
- 32:00ces luttes m'intéressent.
- 32:02Je pense que la dent bleue,
- 32:03là aujourd'hui,
- 32:04elle s'inscrit dans une forme de lutte.
- 32:07Donc voilà,
- 32:08je ne sais pas dire que tout ce qui mène à une émancipation et qui peut être libérée en tout cas d'une quelconque...
- 32:17oppression patriarcale est absolument fondamentale.
- 32:20Donc ça,
- 32:21c'est juste pour contextualiser la question du consentement en termes de communication.
- 32:28Maintenant,
- 32:29ce qui est dit et ce qui est compris,
- 32:31je pense qu'il manque un bout.
- 32:34Donc il y a ce qui est dit,
- 32:35ce qui est compris et ce qui est entendu,
- 32:38ce qui est écouté.
- 32:40Et ces trois actions créent un mouvement qui permet la création d'une zone différente.
- 32:47entre deux personnes,
- 32:49donc la patientelle et les praticiens,
- 32:54et qu'on peut qualifier de complexe.
- 32:56Ce n'est pas un oui ou un non,
- 32:59le consentement,
- 33:00c'est une ouverture de dialogue et de discussion,
- 33:04voire potentiellement une conversation.
- 33:07Converser,
- 33:07ça veut dire tourner avec,
- 33:08donc il y a du mouvement.
- 33:10Donc à partir du moment,
- 33:12cette zone,
- 33:14cet espace entre deux,
- 33:16elle est ouverte,
- 33:17il y a un certain nombre de choses qui existent à l'intérieur de cette zone,
- 33:22qu'on peut appeler nébuleuses,
- 33:24opaques,
- 33:25grises.
- 33:27Donc à l'intérieur de cet espace,
- 33:30j'insiste beaucoup sur la notion de l'écoute.
- 33:34Entendre n'est pas égal à écouter,
- 33:37puisque entendre,
- 33:39il s'agit d'un phénomène biologique,
- 33:41on peut tous entendre.
- 33:43Voilà,
- 33:44le son d'une voix ou d'un oiseau,
- 33:46par contre,
- 33:46l'écouter,
- 33:47c'est très différent.
- 33:49Je pense que c'est dans le phénomène psychologique lié à l'écoute que s'opèrent un certain nombre d'actions qui permettent d'arriver potentiellement à un consentement.
- 34:02C'est une écoute active,
- 34:04et moi j'aime beaucoup un terme en anglais qui s'appelle « careful listening » .
- 34:09Donc « listening » ,
- 34:10c'est écouter.
- 34:12Et
- 34:13« careful » , c'est une écoute pleine de soins.
- 34:19Donc,
- 34:20à l'intérieur de ce « careful listening » ,
- 34:23je pense qu'il est important qu'on se dise
- 34:27« qui c'est qui écrit ? »
- 34:29C'est le praticien.
- 34:30« Qui c'est qui parle ? »
- 34:31« Qui c'est qui dit ? »
- 34:32C'est le praticien,
- 34:33qui peut expliquer.
- 34:35« Qui c'est qui écoute ? »
- 34:36C'est le praticien.
- 34:38Alors,
- 34:38ça fait un drôle de déséquilibre.
- 34:42Si on parle de consentement,
- 34:43ce n'est pas du tout équilibré.
- 34:45Donc,
- 34:45à un moment donné,
- 34:47pour qu'il y ait une discussion,
- 34:50une ouverture,
- 34:52il faut un déplacement de l'être,
- 34:54de soi.
- 34:55Est-ce qu'on peut se déplacer de sa posture,
- 34:59de sa disposition,
- 35:00de sa chambre ?
- 35:01C'est le déplacement de l'être dans une posture d'ouverture qui est d'accepter,
- 35:09d'aller vers l'inconnu,
- 35:10l'incertitude.
- 35:12d'être ok avec le doute,
- 35:15tout en étant très bien dans sa posture de praticien.
- 35:20Parce qu'il faut éclairer cette zone opaque.
- 35:24À l'intérieur de cet espace,
- 35:26il y a le langage qui est très important,
- 35:28la temporalité,
- 35:30l'écoute dont je viens de parler,
- 35:31et l'environnement.
- 35:33Le langage,
- 35:34je pense,
- 35:34joue un rôle absolument fondamental.
- 35:37Dans un cabinet,
- 35:38il ne faut pas perdre de vue pourquoi on soigne les gens.
- 35:41C'est un cabinet dentaire,
- 35:43on n'est pas là pour infantiliser,
- 35:45éduquer.
- 35:47Pourquoi est-ce qu'on ne peut pas expliquer un terme technique à quelqu'un ?
- 35:51À ce moment-là,
- 35:51il faut peut-être se pencher un petit peu plus et trouver des solutions,
- 35:57quelque chose qui permette de traduire dans un langage accessible et reformulé.
- 36:04Demander à la personne,
- 36:06avoir comme une conscience du langage qui est utilisée dans le domaine du soin.
- 36:11Ça fait toujours beaucoup de bien de sortir d'un cabinet,
- 36:15quel que soit le domaine du soin,
- 36:16on s'entend bien d'être soigné,
- 36:19mais on peut se sentir bien.
- 36:21Ça fait juste du bien,
- 36:22en fait.
- 36:27Donc Abdel,
- 36:28toi qui milites pour une meilleure prise en compte des usagers du dentaire,
- 36:34je voulais savoir à ton avis comment est-ce qu'on pourrait sortir un petit peu de cette impasse et aller au-delà du consentement réduit à un simple formulaire signé en fait ?
- 36:49Je vais essayer de porter la voix d'un nous,
- 36:51qui est celui des usagers,
- 36:52mais je n'ai pas l'impression de parler forcément uniquement à un parterre de praticiens,
- 36:58puisque les praticiens sont aussi des patients quand ils tombent malades.
- 37:02Donc nous sommes tous,
- 37:04ici,
- 37:04toutes et tous,
- 37:05des usagers.
- 37:06Je vais juste essayer de résumer toute la richesse de ce qui a pu être dit par les différentes personnes qui m'ont précédé.
- 37:13Et pour ce faire,
- 37:15on a convenu avec Capucine,
- 37:16qui est notre...
- 37:17notre illustratrice qui synthétise un peu le contenu de la séance,
- 37:21qu'on allait essayer de le faire sous la forme d'un mot,
- 37:24d'un acronyme,
- 37:25que je vais écrire sur chacune de mes phalanges,
- 37:27et je vais essayer de commenter chacune des lettres.
- 37:29Je vais commencer par un I.
- 37:31On a beaucoup parlé de la nécessité d'une information.
- 37:34Il fallait un langage,
- 37:36il fallait que cette information soit entendue,
- 37:38soit comprise.
- 37:38Et puis Ava,
- 37:39tout à l'heure,
- 37:39a insisté ou a prononcé un terme,
- 37:41sur lequel je voudrais revenir,
- 37:43qui est celui de la reformulation.
- 37:45Il ne suffit pas de considérer cette information,
- 37:47qui vient éclairer le consentement comme étant une obligation forcément légale,
- 37:53qui vient fournir un périmètre à l'interaction,
- 37:56c'est une information qui doit être comprise.
- 37:57Donc ça avale à bien expliciter.
- 37:59Et pour s'assurer,
- 38:01du côté praticien,
- 38:02que cette information soit comprise,
- 38:04il est nécessaire,
- 38:05à notre avis,
- 38:05en tout cas on milite à la dent bleue pour que ça soit le cas,
- 38:08qu'il y ait des protocoles de reformulation.
- 38:11Alors la deuxième lettre,
- 38:13c'est un C.
- 38:13Alors ce C,
- 38:15je vais le décomposer.
- 38:17en trois temps,
- 38:18c'est la confiance,
- 38:19la coopération et le consensus.
- 38:22La confiance,
- 38:23c'est ce que va donner le patient quand les choses se passent bien.
- 38:28Dans cette relation qu'est le consentement éclairé,
- 38:31le patient donne sa confiance.
- 38:33Et le praticien,
- 38:34lui,
- 38:34obtient quelque chose,
- 38:35obtient la coopération du patient qui est quand même extrêmement importante pour le bon déroulé du parcours de soins.
- 38:41et consensus.
- 38:42Donc la racine au plan étymologique de ce mot de consentement rejoint celle du mot consensus.
- 38:47Il s'agit de faire émerger un sens commun.
- 38:51On retrouve encore un C d'ailleurs avec ce commun.
- 38:53Donc voilà pour le C.
- 38:55On a ensuite un O.
- 38:57Cette lettre O,
- 38:58elle nous évoque l'ouverture.
- 39:02Je vais employer aussi un terme en anglais,
- 39:04le terme « downgoing » ,
- 39:06le fait que le consentement ne doit pas être compris,
- 39:08selon nous en tout cas,
- 39:10comme un exercice ponctuel,
- 39:12un acte légal qui consisterait à obtenir à un instant T la signature de la part d'un patient d'un document.
- 39:19Il s'agit d'un processus continu qui commence au premier contact,
- 39:22même visuel,
- 39:23entre le patient et son praticien.
- 39:25Ce premier contact est une rencontre bipartite.
- 39:29Chaque patient est une rencontre,
- 39:30chaque soignant est une rencontre.
- 39:32Donc le consentement commence là et se termine non pas avec le recueil d'une signature qui prendrait la forme d'une sorte de décharge de responsabilité dans le pire des cas que signerait le patient à l'endroit de son praticien.
- 39:46Donc un acte purement...
- 39:48bureaucratiques,
- 39:49le consentement se déroule et y compris en aval de ce recueil de signatures.
- 39:55Le consentement peut être retiré,
- 39:56on ne l'a pas assez dit,
- 39:58il faut aussi l'avoir en tête et le mentionner.
- 40:00Mais ce consentement se termine à la fin du parcours de soins qui dans le meilleur des cas peut être une guérison.
- 40:05En matière dentaire,
- 40:06vous êtes mieux placé que moi pour savoir que c'est compliqué la guérison.
- 40:09Mais au moins la fin d'un parcours,
- 40:11le moment de tourner la page d'une série de soins.
- 40:13Donc un processus ouvert et continu.
- 40:16On a ensuite le N.
- 40:18Le N,
- 40:18c'est l'idée,
- 40:19et ça a déjà été dit,
- 40:20que le recueil du consentement est une nécessité,
- 40:23c'est une obligation légale en vertu du droit des malades et qui,
- 40:28réciproquement,
- 40:28est un devoir pour le praticien.
- 40:31Donc ça,
- 40:31c'est important de le mentionner.
- 40:32On a ensuite le S.
- 40:34Alors là,
- 40:34je vais changer de main.
- 40:36Ce
- 40:36S, c'est une lettre qui est particulièrement importante puisqu'on va essayer de la traduire par souveraineté.
- 40:42Et dans souveraineté,
- 40:44on a cette idée d'essayer de...
- 40:47de filer un petit peu la métaphore ou la piste de l'autonomie qu'a beaucoup mentionné Guillaume.
- 40:52Donc dans cette autonomie,
- 40:54il y a plusieurs aspects complémentaires.
- 40:55Le premier,
- 40:57c'est qu'il ne faut pas voir l'autonomie comme étant une autonomie absolue.
- 41:01C'est-à-dire que le patient n'est pas en train de vouloir essentialiser le praticien comme un ingénieur,
- 41:07détenteur d'un savoir technique,
- 41:08ou un prestataire de service avec lequel il fait un contrat dans une logique un peu consumériste.
- 41:13Le patient n'est pas un consommateur.
- 41:15quand on parle d'autonomie.
- 41:17L'autonomie,
- 41:18par ailleurs,
- 41:18ce n'est pas de considérer que le patient voudra toujours,
- 41:22ou tous les patients en tout cas,
- 41:24endosser toute la responsabilité de la décision.
- 41:27Dans le panel des patients,
- 41:29on a certains patients qui sont heureux quand ils sont des patients acteurs,
- 41:33d'autres sont heureux quand ils sont des patients auteurs,
- 41:36c'est-à-dire qu'ils participent activement à la définition de leurs préférences.
- 41:40Et c'est là où je voudrais en venir,
- 41:42c'est-à-dire que dans la souveraineté,
- 41:43dans l'autonomie du patient,
- 41:45vient s'immiscer un rôle particulier du praticien qui est celui non pas de distordre l'avis du patient,
- 41:53non pas d'être un conseiller,
- 41:55mais d'essayer de faire émerger les préférences du patient.
- 41:59Comme l'encapacitation,
- 42:01donc c'est la lettre qui vient après.
- 42:03L'encapacitation,
- 42:04c'est un petit peu ce que je viens de dire,
- 42:05c'est-à-dire c'est l'idée que le praticien est là pour faire émerger ce porte-garant.
- 42:09Il est aussi un médiateur,
- 42:11mais il est aussi un maïoticien qui...
- 42:13par le biais d'une parole socratique fait émerger quelque chose de neuf et de pertinent dans le regard du patient.
- 42:20Ensuite,
- 42:21on a le N,
- 42:22c'est l'idée que dans la relation patient-soignant,
- 42:26on a quelque chose de non standard qui vient occuper cette relation.
- 42:31On n'a pas la possibilité d'un protocole qui soit le même pour toutes les personnes,
- 42:35en tout temps,
- 42:35en tout lieu.
- 42:36C'est juste impossible.
- 42:37On a l'idée que le processus de consentement est un processus inclusif.
- 42:42qui vient interroger à la fois le multiculturalisme,
- 42:45le genre,
- 42:46etc.
- 42:47Et le dernier point qui nous tient particulièrement à cœur et qui a beaucoup été mis en avant par Ava,
- 42:53c'est celui du temps.
- 42:55Il faut laisser du temps pour le recueil d'un consentement.
- 42:57Et ce n'est pas juste le temps légal d'une dizaine de jours ou des quinze jours.
- 43:01C'est un temps qui permet vraiment cette transition à la fois du patient vers ce rôle.
- 43:06d'auteur ou d'acteur qu'il voudra endosser mais du côté du soignant également il faut du temps pour savoir si le message a été bien reçu et si il y a un accord du côté du soignant pour endosser cette responsabilité au sens où la définissait lévina c'est à dire de se dire qu'on est on
- 43:22se porte garant de l'autre pour voir son bien
- 43:30Vous avez deux personnes qui sont présentes et qui vont pouvoir vous tendre les micros pour les personnes qui auraient des questions à poser aux intervenants.
- 43:38Bonjour,
- 43:40alors je m'appelle Catherine Lion et j'exerce depuis 1989 dans une région qui est à Nans-Saint-Bensaminier,
- 43:47désindustrialisée où on ne peut pas dire que les gens soient très riches.
- 43:51Alors,
- 43:51je voulais juste faire une première remarque,
- 43:53c'est par rapport à ce qu'avait dit Madame Ava.
- 43:55Ce n'est pas difficile de soigner une dent infectée.
- 43:58en 2024 en France.
- 44:01Il n'y a pas de raison à ne pas traiter une infection dentaire.
- 44:05Je suis désolée,
- 44:06en France,
- 44:06c'est tout à fait possible,
- 44:08quelle que soit la situation du patient.
- 44:10Et ça,
- 44:10je pense qu'on ne peut pas le laisser dire.
- 44:13Ça,
- 44:13ça m'a un peu fâchée.
- 44:14Sinon,
- 44:15pour le reste,
- 44:15c'est la première fois que j'assiste à ce genre de formation.
- 44:19Je vous remercie parce que ça permet de voir un autre aspect.
- 44:23Et là,
- 44:24franchement,
- 44:25j'ai été un petit peu stupéfaite.
- 44:27Alors,
- 44:28je pense que votre exposé doit être aussi biaisé que nous,
- 44:34notre perception qu'on a de votre exposé,
- 44:37parce que j'ai eu le sentiment pendant toute votre présentation qu'on était vraiment les...
- 44:42pas gentil dentiste.
- 44:44Du temps,
- 44:44on en donne.
- 44:45Par contre,
- 44:46moi,
- 44:46je leur donne pas 15 jours pour décider s'il faut enlever la dent.
- 44:49Je vais vous dire une petite anecdote.
- 44:51Je sais bien qu'on est considéré comme les sachants qu'on doit appliquer.
- 44:55On a aussi une obligation,
- 44:56quelquefois,
- 44:56de résultat et d'assistance à personne en danger.
- 44:59Alors moi,
- 44:59je vous explique,
- 45:00il y a 20 ans,
- 45:0110 ans,
- 45:02une patiente qui se présente entre Noël et Nouvel An.
- 45:04Cette dame avait vu trois dentistes différents pour une infection sur une canine pour lesquelles elle avait eu une prescription.
- 45:11où un rendez-vous probablement d'extraction avait été fixé,
- 45:14et elle avait décidé que comme elle avait plus mal puisqu'elle avait pris les antibios,
- 45:17elle n'y est pas allée.
- 45:18Elle est arrivée chez moi,
- 45:19j'ai juste pu inciser pour enlever l'infection,
- 45:22j'ai appelé le SAMU,
- 45:23elle était en train de faire une thrombophlébite du sinus caverneux.
- 45:26Elle était enceinte,
- 45:27elle a perdu le bébé.
- 45:28Alors la co-décision,
- 45:29je veux bien,
- 45:30mais il y a des limites.
- 45:32Je crois que Guillaume avait envie de répondre.
- 45:37Moi,
- 45:37je vous suis parce que je suis praticien et je comprends votre réaction.
- 45:44Pour avoir eu l'occasion dans la préparation de découvrir mes partenaires de scène,
- 45:49je vous assure qu'il n'y a aucune agressivité,
- 45:51mais il est tout à fait compréhensible qu'on puisse ressentir ça quand on est dans la salle.
- 45:56Et merci pour votre témoignage.
- 45:59Malheureusement,
- 45:59il reflète beaucoup d'événements qu'on rencontre au quotidien.
- 46:04Il y a des complexités.
- 46:05Sur le plan légal,
- 46:07la loi prévoit quand même clairement qu'en situation d'urgence,
- 46:10on doit apporter les soins.
- 46:12Les situations que vous avez rencontrées,
- 46:14elles se rapprocheraient d'une situation où le SAMU intervient,
- 46:17il faut sauver la personne.
- 46:18On ne lui demande pas si on lui fait le massage cardiaque.
- 46:20Elle est en arrêt cardiaque,
- 46:21on lui fait le massage cardiaque.
- 46:23Donc on est dans le vrai quand il y a une situation d'urgence et qu'il faut y aller.
- 46:27Ce que ça révèle en fait,
- 46:29c'est le terme de littératie en santé.
- 46:31C'est-à-dire...
- 46:31Qu'est-ce que les gens sont capables de lire,
- 46:33de comprendre et de savoir en santé ?
- 46:35On est toujours choqué et on se dit,
- 46:37mais pourtant,
- 46:38avec le restage charge zéro,
- 46:40avec les systèmes de soins,
- 46:41pourquoi il a laissé traîner l'infection ?
- 46:42Et après,
- 46:43il ne faut pas oublier les priorités aussi qu'on peut avoir et que certaines catégories sociales ont.
- 46:48Parfois,
- 46:49quand l'argent du salaire tombe ou l'argent des aides sociales tombe,
- 46:52elle va aux priorités de vie.
- 46:55Et si la dent peut nous laisser encore un peu tranquille ?
- 46:57malheureusement de notre point de vue il y a ces comportements là mais si on fait un peu de sociologie ces comportements ils ont leur propre logique la question c'est comment collectivement on peut sortir de ça
- 47:06Merci pour votre intervention,
- 47:09votre remarque je trouve que c'est aussi fâcheux et j'entends ce que vous dites que là aujourd'hui personne devrait vivre avec une infection sans être traité quelle que soit sa situation financière
- 47:24Après,
- 47:25je pense qu'il y a des régions en France,
- 47:28il y a des situations de vie qui ne sont pas tous pareilles.
- 47:34Et notamment au niveau de la communication sur ce qui existe en tant qu'aide.
- 47:39On a bien vu dernièrement,
- 47:41par exemple,
- 47:42MTDent.
- 47:43C'est surtout utilisé par des classes plutôt favorisées que défavorisées.
- 47:47Merci pour votre réaction,
- 47:49pour le coup.
- 47:51Je trouvais un petit peu la salle consensuelle et nous aussi sur les discours un petit peu lisses.
- 47:56Je suis ravi que finalement ça a été perçu avec quelques remous.
- 47:59Après,
- 48:00moi non plus,
- 48:00je ne peux pas vous laisser dire qu'en France,
- 48:02il y a 20 000 solutions pour soigner des pulpites aigus.
- 48:04Je vous invite à lire l'excellent livre d'Olivier Siran.
- 48:07Vous pourrez comprendre qu'il y a parfois des problématiques quand on s'intéresse aux cas limites.
- 48:12C'est ce que vous avez fait avec le jour de l'an,
- 48:14quelqu'un qui est au bout de sa vie et qui doit se faire soigner.
- 48:17Évidemment,
- 48:17on ne parle pas de ça quand on...
- 48:19On discours sur le consentement en général,
- 48:21on n'est pas en train de parler des cas limites même s'il faut les considérer.
- 48:24Là où je voulais en venir c'était qu'il y a quand même,
- 48:27je pense en France,
- 48:28un manque de compréhension de ce qu'on peut appeler le déficit culturel ou symbolique au sens de bourdieu du terme.
- 48:34Il ne faut pas perdre de vue que des personnes auront beaucoup de difficultés à franchir la porte des cabinets pour aller faire une séance de prévention mais aussi pour se soigner.
- 48:44Et ce qui les fait franchir la porte du cabinet parfois,
- 48:46c'est l'ultime souffrance.
- 48:49Et ça,
- 48:49il faut juste l'entendre.
- 48:51L'immense majorité des courriels qu'on reçoit à l'association,
- 48:54et je suis navré de le dire,
- 48:55sont des refus de soins de la part des praticiens.
- 48:58On se retrouve avec des personnes,
- 48:59des patientes et des patients qui sont en errance.
- 49:01Et il y a quand même une question à se poser autour de ce qui fait que ces personnes ne franchissent pas la porte des cabinets au bon moment.
- 49:15Merci beaucoup pour votre intervention.
- 49:17On va passer peut-être à une question suivante.
- 49:20Bonjour,
- 49:21merci.
- 49:23J'avais une question pour continuer ce que je viens d'entendre.
- 49:29En fait,
- 49:29c'est intéressant d'entendre qu'il y a de la souffrance de la part des patients.
- 49:35Puisque nous a exprimé madame,
- 49:38je l'ai ressenti comme une forme de souffrance aussi,
- 49:40de devoir voir une patiente qui perd un bébé,
- 49:44ou de voir des enfants comme ça,
- 49:46peut-être multicariés,
- 49:48qui ne viennent pas,
- 49:49qui ne profitent pas de ce qu'on met en place.
- 49:50place avec le
- 49:51MT dans et tout ça.
- 49:52Et d'abord,
- 49:53c'est intéressant de voir que quand il y a de la souffrance,
- 49:55du coup,
- 49:56on a tendance à se taper entre nous.
- 49:59Et moi,
- 49:59ce qui m'intéresse,
- 50:00c'est de voir comment on peut faire autrement que de se taper entre nous,
- 50:03parce qu'en fait,
- 50:04bien souvent,
- 50:05cette souffrance,
- 50:06on ne l'a pas choisie.
- 50:08Je pense qu'il n'y a pas grand monde qui a décidé qu'il allait avoir une pulpite dans sa vie ou il n'y a pas grand monde ici qui est super content de voir des patients qui ne reviennent pas à leur rendez-vous ou on a l'impression qu'ils ne prennent pas leur part de responsabilité.
- 50:21Mais on a tendance aussi à oublier toute la part de responsabilité systémique.
- 50:25Et la question,
- 50:26en fait,
- 50:26c'était qu'est-ce que vous aimeriez ou qu'est-ce que vous imagineriez pour que toute la responsabilité des dysfonctionnements systémiques qui font que madame doit gérer des migrants qui viennent à cause de guerre ou je ne sais quoi,
- 50:40ou qui font qu'il y a des pulpites parce qu'on laisse des industriels mettre de plus en plus de sucre dans des aliments où ça ne devrait pas être.
- 50:48Qu'est-ce qu'on peut faire,
- 50:49nous,
- 50:49en tant que patients,
- 50:52soignants,
- 50:52je ne sais quoi,
- 50:53pour agir à des niveaux autres que nos niveaux individuels ?
- 50:57Merci beaucoup pour cette excellente question.
- 51:00C'est dur de répondre à une question de systémique comme ça avec une recette.
- 51:06On est tous les acteurs d'un système qui est très large et qui a sa logique et qui commence depuis notre éducation.
- 51:13On est tous contraints par le mode de financement.
- 51:17de notre activité et on est tous contraints derrière par les concepts qui dirigent tout ça.
- 51:24On est dans un système qui est un ministère de la santé,
- 51:28qui devrait promouvoir la santé et on devrait être à des stades de prévention particulièrement développés et on a de disponibles que si on doit grignoter quelque chose en journée,
- 51:37trouver un repas,
- 51:38des choses sucrées.
- 51:39Et pour l'instant,
- 51:40notre activité est encore vue majoritairement,
- 51:44le concept de santé,
- 51:45ça reste l'absence de maladie.
- 51:47C'est-à-dire qu'on nous finance des choses où s'il n'y a plus le bobo,
- 51:49vous êtes en bonne santé.
- 51:50Ce qui n'a rien à voir avec ce qu'est la santé.
- 51:53Probablement qu'une piste serait de changer la façon dont on conçoit les choses et donc de changer complètement l'orientation du système.
- 51:59La question que ça nous pose nous,
- 52:01collectivement,
- 52:02c'est quelle transformation de notre activité ça imposerait,
- 52:06quel nouveau métier ça pourrait éventuellement créer,
- 52:09et est-ce qu'on est prêt,
- 52:10dans certains cas,
- 52:11à être par exemple financé à la capitation et non pas à être financé à l'acte.
- 52:16Il est bon des fois de s'extraire de son cabinet pour réfléchir macroscopiquement à la France en général.
- 52:25Et de ce fait-là,
- 52:26peut-être avoir des actions de vote ou des actions de militantisme autres que dentaire qui peuvent améliorer un petit peu les choses.
- 52:36Et puis,
- 52:36c'est également de faire pour le coup de l'anti-Instagram,
- 52:41c'est-à-dire de laisser tomber son égo.
- 52:43Simplement de répondre.
- 52:45un besoin,
- 52:46ça nous permettra d'être plus tranquille pour envisager les difficultés que d'être toujours dans la confrontation.
- 53:00Merci,
- 53:00j'ai le micro,
- 53:01alors je vais la poser.
- 53:02Merci pour vos interventions.
- 53:04En termes de consentement,
- 53:06on a tourné autour du but de la conférence,
- 53:09le consentement individuel.
- 53:11Si on envisage le consentement à l'échelle collective,
- 53:14j'aimerais connaître les actualités des derniers mois ou des récentes années sur l'implication des usagers dans le consentement au programme de santé publique,
- 53:23au programme de recherche,
- 53:24on en est où dans le monde dentaire sur la participation ?
- 53:27des patients que l'on pourrait envisager comme une forme de consentement collectif.
- 53:31Ce que je dirais,
- 53:32c'est que l'essentiel des membres,
- 53:34par exemple de la Dents Bleues,
- 53:35qu'on représente,
- 53:36sont des personnes qui s'intéressent à des problématiques individuelles.
- 53:40La plupart des personnes sont des victimes et elles cherchent à solutionner leurs cas individuels.
- 53:44A partir de là,
- 53:45certaines de ces victimes entament un processus de dépassement et commencent à réfléchir à quelque chose de plus méta,
- 53:50de plus englobant,
- 53:52de plus collectif,
- 53:53mais ce n'est absolument pas le cas général.
- 53:55Donc nous,
- 53:55on rencontre cette difficulté d'essayer de réfléchir ensemble à des questions
- 54:00qui peuvent paraître,
- 54:01au moment où on les pose,
- 54:02déplacées à des personnes qui,
- 54:03pour le coup,
- 54:04sont en souffrance parce qu'elles ont des pulpites ou qu'elles sont en litige avec leurs praticiens.
- 54:08Donc ça,
- 54:09c'est une vraie difficulté.
- 54:11Ce qui nous fait dire qu'en fait,
- 54:12c'est des processus de réflexion et de lutte qui s'inscrivent dans la durée.
- 54:17C'est quelque chose qui prend beaucoup de temps,
- 54:18mais il faut initier des mouvements.
- 54:20Je suis persuadé que ce qu'on a initié,
- 54:22ça ne va pas forcément porter tous ses fruits avant
- 54:2525 ans.
- 54:26Mais peu importe,
- 54:27il faut initier.
- 54:28Les choses,
- 54:28on a la même chose pour la maltraitance animale.
- 54:31Combien d'années en fait il a fallu pour que des expérimentations brutales faites par des industries cosmétiques s'arrêtent ?
- 54:37Il a fallu
- 54:3730 à 40 ans.
- 54:38Donc à chaque fois qu'une lutte est entamée,
- 54:40il faut pouvoir se dire qu'elle s'inscrit dans le temps long.
- 54:43Nous on a un proverbe entre nous à la dent bleue,
- 54:46je fais un clin d'œil à Christine,
- 54:48notre présidente,
- 54:49c'est un proverbe qu'on utilise souvent,
- 54:51c'est de dire qu'il vaut mieux boiter dans la bonne direction que de courir dans la mauvaise.
- 54:55C'est pour ça qu'on est là aujourd'hui.
- 54:56On essaye de s'inscrire dans une démarche.
- 54:59Moi,
- 54:59je suis convaincu qu'elle va porter ses fruits.
- 55:08Merci beaucoup.
- 55:09Déjà,
- 55:09je voulais vous remercier pour toutes ces interventions que j'ai trouvées super.
- 55:13Je pense qu'on a abordé des bases théoriques qui sont fondamentales dans notre métier.
- 55:17Et avoir une réflexion humaniste,
- 55:19ça fait qui on est en tant que professionnel de santé.
- 55:22Moi je suis très jeune dentiste,
- 55:24j'ai seulement cinq mois d'exercice donc je suis vraiment un bébé dans la profession dentaire.
- 55:30Alors je me dis que peut-être j'ai pas encore assez pratiqué pour être aigri,
- 55:36mais en tout cas je voulais vous spécifier que je me suis jamais sentie visée dans votre présentation,
- 55:41ni menacée,
- 55:42ni dérangée.
- 55:43Et est-ce que vous auriez des tips concrets en parlant de consentement,
- 55:48que ce soit par exemple des phrases que vous appliquez au cabinet dentaire ?
- 55:51des comportements verbaux ou non-verbaux,
- 55:54des choses faciles à faire au quotidien et qui ont pu vous aider,
- 55:58vous ou vos patients,
- 55:59dans vos carrières.
- 56:00Moi,
- 56:01quand je suis face à une complexité,
- 56:03parfois,
- 56:03j'estime que c'est bien de jouer carte sur table,
- 56:05de dire aux patients,
- 56:05écoutez,
- 56:06là,
- 56:06j'ai l'impression que je n'arrive plus à vous expliquer.
- 56:08Est-ce qu'il y a quelque chose d'autre qui bloque que je n'ai pas compris ?
- 56:10C'est aussi parfois le raisonnement explicite.
- 56:12Et quand les patients vous voient réfléchir à voix haute...
- 56:15À la fois,
- 56:16ils voient que vous vous comportez avec une certaine éthique,
- 56:18une certaine forme de transparence.
- 56:20Même émotionnellement,
- 56:20ils vont se dire,
- 56:21tiens,
- 56:21ils me montrent les choses,
- 56:22je comprends vaguement quelque chose au processus.
- 56:25Et ça m'est arrivé,
- 56:26moi,
- 56:26de mettre trois mois et quatre ou cinq consultations à ce qu'on tombe d'accord,
- 56:30en fait.
- 56:30Il nous reste zéro minute.
- 56:33Ok.
- 56:35Bienvenue au cabinet.
- 56:36Viens voir.
- 56:38Viens passer un petit temps.
- 56:39Et comme ça,
- 56:40je te présenterai comment je fais pour les enfants et les personnes handicapées.
- 56:43Voilà.
- 56:54Je suis assez bouleversée pour tout vous dire.
- 56:58Je ne pensais pas que ça serait aussi intéressant,
- 57:01riche en informations et surtout émouvant.
- 57:05Moi-même en tant que jeune femme,
- 57:07en tant qu'assistante dentaire,
- 57:09en tant que patiente,
- 57:10j'essaye de me mettre un peu à la place de tout le monde.
- 57:14J'ai pu entendre certaines choses qui m'ont pas mal contrarié.
- 57:17Je suis venu justement parce que j'étais très intéressé.
- 57:19Alors moi,
- 57:19je fais de l'humanitaire et donc on va dans des pays où le consentement pose un problème parce qu'on voit des personnes où il y a à la fois une barrière de la langue et parfois une ignorance de ce qu'on peut faire.
- 57:32Et donc là,
- 57:33le consentement est parfois un petit peu imposé.
- 57:37Et justement,
- 57:37c'est intéressant de savoir un peu quelle voie on peut utiliser pour faire comprendre.
- 57:43pour expliquer ce qu'on va faire aux patients sans que ça soit vraiment imposé.
- 57:48J'ai pensé de cette conférence qu'elle était intéressante en plusieurs points et notamment dans la tentative de réconcilier patients et praticiens.
- 57:57Tentative qui,
- 57:58à mes yeux,
- 57:58a été réussie dans cette conférence puisque chacun a pu exprimer ses souffrances et on a pu observer que ces souffrances sont surtout d'origine structurelle et que donc l'intérêt du consentement...
- 58:12Il est important à l'échelle individuelle,
- 58:13mais cette conférence a permis de nous projeter sur des échelles collectives.
- 58:18Moi,
- 58:18ce que je retiendrais,
- 58:19c'est vraiment être à l'écoute des patients.
- 58:22Et notamment la représentante qui parlait des enfants ou des personnes handicapées,
- 58:26parce que je pense que c'est vraiment l'extrême.
- 58:29Je pense qu'il faut être bienveillant à ce niveau-là.
- 58:32Je rejoins ce que disaient tout à l'heure les praticiens.
- 58:35J'ai pu travailler dans différentes structures,
- 58:37dans des centres et des cabinets.
- 58:39Et malheureusement,
- 58:41ça n'en fait pas une généralité,
- 58:42mais j'ai pu voir que certains praticiens couraient après le temps et après l'argent.
- 58:47Et ce que pense le patient,
- 58:49ce que ressent le patient,
- 58:50on s'en fiche un peu.
- 58:52Ça me mettait dans des états de colère pas possibles,
- 58:55surtout quand je voyais que les patients n'avaient pas la possibilité de s'exprimer correctement.
- 59:00Et...
- 59:00ont leur enlevé ce droit-là ?
- 59:02Pour moi,
- 59:03c'est une nécessité sociétale que les patients puissent exprimer leur point de vue dans les différentes instances,
- 59:10dans les différentes questions sur la recherche,
- 59:14la santé publique,
- 59:15et dans les organismes de formation continue.
- 59:18Et donc,
- 59:19que ça se traduise par la présence de patients à l'ADF est une excellente nouvelle pour la profession.
- 59:24Est-ce que vous avez une idée à retenir ?
- 59:26Eh bien,
- 59:26que le consentement dépasse largement
- 59:30la signature et que le consentement c'est un processus en fait.
- 59:34Et le consentement peut se retirer,
- 59:36donc c'est quelque chose de dynamique qui doit s'entretenir au fur et à mesure d'un épisode de soins.
- 59:47À travers cette série spéciale,
- 59:48réalisée lors du congrès annuel de l'ADF en 2024,
- 59:51nous avons plongé au cœur des enjeux qui façonnent la pratique dentaire d'aujourd'hui.
- 59:55De l'épuisement professionnel au consentement éclairé,
- 59:57en passant par les compétences relationnelles.
- 59:59Chaque épisode a mis en lumière des dimensions souvent invisibles,
- 1:00:02mais pourtant fondamentales de notre métier.
- 1:00:05Ces thématiques nous rappellent que la dentisterie ne se limite pas à des techniques ou à des soins.
- 1:00:09C'est une profession profondément humaine où les relations et les émotions occupent une place centrale.
- 1:00:15Cette série a également été l'occasion de retrouver des visages familiers.
- 1:00:18Tous les liens de ces épisodes se trouvent dans le descriptif.
- 1:00:22Leur perspective,
- 1:00:22enrichie par ces nouvelles interventions,
- 1:00:24montre à quel point ces sujets continuent de raisonner et d'évoluer.
- 1:00:29Ce que l'on peut retenir,
- 1:00:31c'est que l'épuisant professionnel n'est pas une fatalité,
- 1:00:33mais un signal d'alarme pour transformer nos environnements de travail.
- 1:00:37Les compétences relationnelles ne sont pas innées,
- 1:00:39elles s'apprennent,
- 1:00:40se cultivent et sont essentielles pour mieux interagir avec nos patients et nos équipes.
- 1:00:44Le consentement du patient,
- 1:00:45au-delà d'une obligation légale,
- 1:00:47est une véritable opportunité de renforcer la confiance et l'engagement mutuel.
- 1:00:59En guise de conclusion,
- 1:01:00cette série est une invitation à poursuivre ses réflexions et à agir.
- 1:01:03Chaque praticien,
- 1:01:04chaque praticienne,
- 1:01:05chaque équipe,
- 1:01:06chaque organisation a un rôle à jouer pour faire de la dentisterie une discipline où la technique et l'humain se conjuguent harmonieusement.
- 1:01:12Un immense merci à toutes celles et ceux qui ont rendu cette série possible,
- 1:01:16à l'ADF pour son accueil et son soutien précieux,
- 1:01:18et tout particulièrement à Julien Lopi,
- 1:01:20Denis von Hammer,
- 1:01:21Nicolas Lehmann,
- 1:01:22Arnaud Rindel,
- 1:01:23Laurent Gineste,
- 1:01:23Guillaume,
- 1:01:24Nina,
- 1:01:25et toutes les personnes qui ont contribué de près ou de loin à la réussite de ce projet.
- 1:01:29Merci à Pauline Bussy d'avoir été à mes côtés à l'ADF et dans toutes les étapes de ce projet.
- 1:01:33Merci à Maxime Moitieu pour la composition musicale sur mesure,
- 1:01:37à Jade Piolle pour les trois magnifiques illustrations,
- 1:01:39à Capucine Malhomme pour l'illustration réalisée lors de la séance sur le consentement,
- 1:01:43que vous pouvez retrouver également dans le descriptif ou sur le site internet d'Entretien Macadentiste.
- 1:01:48Et à tous les intervenants,
- 1:01:49intervenantes des séances,
- 1:01:50de vous être rendus disponibles pour répondre à mes questions.
- 1:01:55Merci d'avoir suivi cette série et rendez-vous dans quelques semaines.
- 1:01:58pour une nouvelle série dans laquelle je vous raconterai ma mission humanitaire à Malayaskar.