Latest / Le Voyage des Initiés / Et si l’évidence guidait nos plus grands virages ? - Conversation avec Marie-Emmanuelle Py
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- 0:04Bonjour Marie-Emmanuel.
- 0:06Bonjour André.
- 0:08Merci,
- 0:08merci,
- 0:08merci d'être là.
- 0:10C'est un épisode que j'attends avec impatience.
- 0:12Et je dois dire que d'emblée,
- 0:15je remercie Nicolas Ngo qui a été le premier invité de ce podcast.
- 0:19Et c'est lui qui nous a mis en relation.
- 0:21et quand j'ai lu ton profil,
- 0:24je me suis dit,
- 0:25waouh,
- 0:25ça m'a mis un peu des étoiles dans les yeux,
- 0:27et je me suis dit,
- 0:27mais j'ai hâte d'échanger avec elle.
- 0:29Donc encore une fois,
- 0:30merci de faire partie de cette aventure.
- 0:34Avec grand plaisir.
- 0:34Les recommandations de Nicolas,
- 0:36j'ai l'impression que c'est de part et d'autre,
- 0:38tu vois.
- 0:40Ton déconseil précieux,
- 0:42je suis absolument confiante.
- 0:44Merci,
- 0:44en tout cas.
- 0:45Écoute,
- 0:46moi,
- 0:47je suis...
- 0:49Vraiment fascinée par ton profil que je trouve autant ancré que relié et c'est vraiment ce qui m'intéresse dans les profils pour le voyage des initiés et jusque dans les transmissions que je donne en coaching individuel et collectif en Inde.
- 1:07J'aimerais que tu nous expliques donc déjà l'année,
- 1:11nous redonner l'année mais qu'est ce qui a poussé la jeune femme que tu étais à entrer dans l'une des premières
- 1:17promotion féminine de l'école navale.
- 1:20Il me semble,
- 1:21en préparant l'interview,
- 1:22que j'ai lu que tu as parlé d'évidence.
- 1:25C'est un mot qui était revenu dans l'entretien avec Nicolas,
- 1:28quand il avait été appelé pour faire son aventure.
- 1:30Donc moi,
- 1:30j'aimerais savoir,
- 1:31de ton point de vue,
- 1:32comment ça s'est matérialisé,
- 1:34cette évidence de ton côté ?
- 1:37Ah,
- 1:37c'est sympa comme question pour commencer.
- 1:39Je ne me souvenais plus que j'avais parlé d'évidence,
- 1:41mais oui,
- 1:42c'est un mélange à la fois d'engagement et de lâcher prise.
- 1:47Peut-être.
- 1:47que ce qui relie mon parcours au récit qu'a ma décrée Nicolas.
- 1:57Je voudrais dire en introduction que c'est très sympa de ta part de dire que c'est un projet fascinant et qu'il y a deux choses par rapport à ça.
- 2:07Je ne pense pas du tout être un objet de fascination.
- 2:10Je pense que la vie est assez surprenante,
- 2:12voire fascinante de temps en temps.
- 2:15et que effectivement la manière de la mettre en récit et la manière dont j'ai pu tirer un film narratif pour le proposer dans mon profil,
- 2:24puisque c'est un profil public,
- 2:25c'est aussi une manière de montrer qu'on a chacun quelque chose qui est assez intrigant,
- 2:31voire peut-être fascinant pour certains,
- 2:33mais à donner,
- 2:34à lire ou à raconter au monde.
- 2:36Si on n'en fait pas,
- 2:38c'est quelqu'un d'intrinsèquement fascinant.
- 2:40En tout cas pas plus que n'importe qui.
- 2:42Mais je suis très intriguée par cette histoire de récit parce que vous avez dit que justement,
- 2:46c'est un autre travail de tiens le mien de relier les personnes à ce qui fait que leur vie vaut d'être vécue et qu'il y a un récit puissant qui s'en dégage.
- 2:58Alors ça,
- 2:58c'était pour ne pas répondre à ta question.
- 3:02Et pour répondre à ta question,
- 3:03j'allais dire que qu'est-ce qui fait que ça a été un évident ?
- 3:07Qu'est-ce qui fait que j'ai fait ce choix-là ?
- 3:11Soit du concret et de l'abstrait.
- 3:13Du concret,
- 3:14c'est que j'ai toujours navigué,
- 3:17entre amis et entre amis,
- 3:19depuis toujours.
- 3:21Mon père nous raconte que c'est dans son endroit où il y a la navigation,
- 3:24on avait un tout petit bateau,
- 3:25un 6,5 m,
- 3:27il y a un nez,
- 3:28et avant qu'on sache même marcher,
- 3:31nous attacher au mât,
- 3:32et comme ça on passait de longues périodes sur la mer.
- 3:37C'est toujours trop lent et trop long.
- 3:41le temps que l'on passe en voilier.
- 3:44Et c'est ainsi que ça m'a permis d'apprécier un autre rythme de vie.
- 3:49Donc,
- 3:49contact avec la mer,
- 3:52contact avec les sciences.
- 3:55Je me suis retrouvée en prépa.
- 3:58Je me suis retrouvée parce qu'en fait,
- 4:00ce n'était pas un choix volontaire que de faire une école d'ingénieurs dans une famille de médecins.
- 4:04Donc,
- 4:05je ne savais pas ce que c'était qu'un ingénieur.
- 4:09Mais force est de constater que j'étais douée en maths et en physique et pour avoir un maximum d'espoir pour quelqu'un qui ne savait pas choisir à l'époque,
- 4:17qui n'avait pas d'idée,
- 4:19on allait en prépa.
- 4:21Avec stupéfaction,
- 4:22voire horreur,
- 4:23je me suis rendue compte que la prépa préparait à être ingénieur.
- 4:27Et quand on m'a expliqué ce que c'était que le métier d'ingénieur,
- 4:29je me suis retrouvée un peu bête en me disant « je n'ai pas l'impression que ça me plaît,
- 4:35que ça soit quelque chose qui soit fait pour moi » .
- 4:37Et il y a une maxime qui ne m'a jamais quittée,
- 4:41qui était celle de Charcot,
- 4:43qui me dit pourquoi pas.
- 4:45Et donc,
- 4:46quand je ne sais pas quoi faire,
- 4:48je me mets dans des conditions qui me permettent d'aller chercher une solution qui n'est pas évidente.
- 4:54Donc j'étais pas mal,
- 4:55moi,
- 4:55dans cette prépa.
- 4:58Je me disais juste que je n'avais aucune idée de là où ça allait mener,
- 5:02j'en avais pas confiance.
- 5:03Et ce qui s'est passé,
- 5:05ça c'est pour le hard,
- 5:07tu vois,
- 5:07ça c'est pour les faits.
- 5:09Et puis ce qui s'est passé,
- 5:10c'est pour la chance,
- 5:11c'est pour la vie,
- 5:14quoi.
- 5:16C'est que cette année-là,
- 5:18un épisode m'a vu,
- 5:19mais il venait faire ce qu'on appelait des infos à l'école.
- 5:23Ça c'était avant Internet,
- 5:24c'était avant tout ça.
- 5:25Il nous présentait son étude.
- 5:27Donc moi je vais vous dire au milieu de mon internat à tout le monde,
- 5:32parfaitement sûr,
- 5:33vous n'avez jamais pensé à être militaire,
- 5:35vous allez dire peut-être,
- 5:36au contraire,
- 5:37vous avez des souhaits militaires dans votre famille,
- 5:40j'ai venu vous expliquer son métier,
- 5:43et en sortant de là,
- 5:45effectivement,
- 5:47en entendant,
- 5:48j'ai entendu cette évidence,
- 5:51conjuguer ma passion pour la navigation,
- 5:54pour une vie intense.
- 5:56pour une vie d'aventure,
- 5:57pour le voyage,
- 5:59pour cette connexion avec l'océan et tout ce que ça fait vivre chez moi.
- 6:06Et puis aussi ma passion pour la structure,
- 6:09pour les sciences,
- 6:10pour la vie en communauté.
- 6:12Et donc,
- 6:14à ce moment-là,
- 6:15je me suis dit,
- 6:15pourquoi pas ?
- 6:16Je me suis allée dire à ce jeune homme,
- 6:19d'ailleurs,
- 6:20qui m'a regardée aussi étonnée que moi quand j'ai compris ce qu'il y avait dans mon vie.
- 6:25des écoles d'ingénieurs et je me suis placée à interlocuter,
- 6:28mais je me suis dit,
- 6:28il n'y a pas de femmes à l'école navale.
- 6:32Là,
- 6:32ce qu'on m'a expliqué est quelque chose que j'ai déjà raconté,
- 6:36mais j'étais très déçue,
- 6:38donc je visais ma déception sur lui.
- 6:42J'ai loupé tous mes concours cette année-là.
- 6:43D'accord.
- 6:47Et puis,
- 6:47l'année suivante,
- 6:48en fait,
- 6:50la chance,
- 6:51la vie,
- 6:51on voit,
- 6:53a fait que l'école navale s'est ouverte aux femmes.
- 6:57C'était écrit.
- 6:57Et c'était écrit.
- 6:58Et que ce jeune homme-là est venu de Brest à
- 7:01Toulouse, donc vous imaginez les huit heures de train,
- 7:06et venu chercher dans mon internat,
- 7:07alors que je n'étais évidemment pas à l'infoye-école.
- 7:10Je ne savais pas s'y aller contre les infoye-écoles.
- 7:12J'ai décidé de faire une école.
- 7:13Je me suis dit que je vais travailler avec l'Océan.
- 7:15Donc,
- 7:16il y avait une école d'ingénieurs qui travaillait sur...
- 7:21Je me souviens même plus,
- 7:22c'était tout ce qui était au scénographie,
- 7:24j'avais aussi envie d'y construire des bateaux,
- 7:25en tout cas,
- 7:26ça m'avait redonné un certain élan,
- 7:28donc il avait déjà fait son essai,
- 7:29mais il est venu me chercher,
- 7:30je n'étais pas à l'infro-école,
- 7:32il est venu,
- 7:34il a demandé aux école,
- 7:35il est venu jusque dans ma piole d'internat,
- 7:38en me donnant cette information-là.
- 7:41Cette année,
- 7:42c'est ouvert,
- 7:42maintenant que ta maligne est violée sur quelqu'un,
- 7:47c'est épreuve.
- 7:48Et donc,
- 7:50là,
- 7:50c'était assez marrant.
- 7:51que je n'étais pas du tout la meilleure,
- 7:54mais je ne savais aucun doute que c'était fait pour moi.
- 7:59Ah ouais ?
- 7:59Oui,
- 8:00c'était vraiment pris comme une évidence.
- 8:03D'accord.
- 8:03Et l'armée,
- 8:03ça représentait quoi pour toi à ce moment-là ?
- 8:10Alors,
- 8:10à ce moment-là,
- 8:11c'était très,
- 8:11très abstrait.
- 8:12À ce moment-là,
- 8:13c'était une structure.
- 8:14J'avais un oncle qui était secrétaire de marine.
- 8:16Mon grand-père aussi était avocé des guerres.
- 8:21Donc l'armée pour moi c'était un coup de vieux,
- 8:25un coup du passé,
- 8:27c'était très abstrait et ça représentait surtout un cadre.
- 8:33Parce que moi ce qui me plaisait aussi et ce dont j'avais vraiment pris conscience c'est que pour naviguer justement dans ce que maintenant on appelle un monde JK,
- 8:48mais pour naviguer...
- 8:50dans un monde complexe,
- 8:53dans un monde imprévisible,
- 8:55dans un monde magnifique,
- 8:57on parle de mystère.
- 9:00Il y a un certain nombre de choses,
- 9:02déjà,
- 9:02qui ne s'enseignent pas en passant un permis,
- 9:05et un permis pour les bateaux à moteur,
- 9:07mais pour la voile,
- 9:08ça n'existe pas encore.
- 9:09Ce sont vraiment des transmissions de savoir-faire et de savoir-être.
- 9:14Donc,
- 9:14il y a toute cette culture à s'approprier,
- 9:18d'une part.
- 9:18Et puis il y a d'autre part un certain nombre de règles à respecter.
- 9:22Une certaine humilité devant la force des éléments et puis devant notre perception individuelle.
- 9:30Et puis en même temps un certain courage,
- 9:35voire une certaine ambition de se dire je m'en fous j'y vais quand même.
- 9:39Si c'était facile tout le monde y serait,
- 9:41j'ai de la chance qu'il n'y a personne parce que c'est peu accessible.
- 9:45Et ça,
- 9:46ça m'a toujours attirée.
- 9:48Et pour moi,
- 9:48l'armée,
- 9:48c'était aussi cette même chose.
- 9:50Tellement d'exigence,
- 9:51tellement d'ambition,
- 9:54une discipline et des règles nécessaires.
- 9:58que finalement,
- 10:01peu de gens y étaient élus.
- 10:02Et ça m'allait de pénétrer un monde inconnu,
- 10:07mais en même temps rassurant,
- 10:09comme ça.
- 10:11À cette époque-là,
- 10:12pour moi,
- 10:12l'armée,
- 10:12ça ne voulait dire que ça.
- 10:13Ça voulait dire défi,
- 10:15aventure,
- 10:16structure.
- 10:17Défi,
- 10:17aventure,
- 10:18structure.
- 10:19Voilà,
- 10:19faire quelque chose de ma vie.
- 10:21Et j'étais persuadée qu'à l'intérieur,
- 10:25j'allais pouvoir avoir un petit...
- 10:27un petit peu de répit pour savoir ce qui est vraiment mon mieux.
- 10:30Et puis,
- 10:32ça perd mon temps.
- 10:33Moi,
- 10:33je n'aurais pas pu aller en fac.
- 10:35J'habillerais beaucoup à l'époque les personnes qui étaient capables d'être assez culturelles et assez volontaires pour aller en fac,
- 10:44alors que c'était un peu la même.
- 10:45J'avais encore besoin...
- 10:46D'un cadre.
- 10:48Ouais,
- 10:48la baguette.
- 10:48Ouais,
- 10:49ouais,
- 10:50ouais.
- 10:51Oh oui,
- 10:51cadre !
- 10:56Du coup tu restes pendant 10 ans je crois ?
- 10:59Je restais 10 ans.
- 11:00C'est ça,
- 11:0110 ans.
- 11:02Donc tu me dis si je me trompe,
- 11:04mais tu prends la tête de la chaufferie nucléaire avant du porte-avions Charles de Gaulle.
- 11:10Oui.
- 11:11J'imagine,
- 11:12est-ce que tu es la première femme qui occupe ce poste ?
- 11:15Oui,
- 11:16mais parce qu'il s'est passé pas mal de choses entre temps.
- 11:20C'était mon deuxième poste.
- 11:21D'abord,
- 11:22j'avais...
- 11:23au système économique,
- 11:24sur une planète en piste marine,
- 11:26et ensuite je me suis spécialisée dans le nucléaire,
- 11:28et ensuite j'ai pris ce passé-là.
- 11:30Alors après,
- 11:31oui,
- 11:31j'étais la première femme,
- 11:32parce que,
- 11:33de fait,
- 11:35tout ce qu'on a fait à partir de cette période-là,
- 11:37c'était la première femme qui faisait ça,
- 11:39la première femme qui faisait ce quoi.
- 11:41Donc ça,
- 11:42entre autres.
- 11:44Et du coup,
- 11:45de ce que tu disais,
- 11:47tracer cette espèce de route...
- 11:49Neuve,
- 11:49c'était très motivant pour toi.
- 11:51Il y avait une question,
- 11:51il y avait un sel de motivation supplémentaire par-dessus ?
- 11:58Je ne sais pas.
- 11:59Je pense que ce n'était pas une source de motivation.
- 12:02C'est quelque chose qui allait avec.
- 12:05Après coup,
- 12:06je me dis que ça a été une source de différenciation et probablement une source d'émulation pour moi.
- 12:12Et si j'avais été la douzième,
- 12:14je pense que ma patiente,
- 12:16je suis sûre même que ma patiente aurait été enceinte.
- 12:18Ce qui était important pour moi,
- 12:19c'était plutôt les frontières personnelles que je passais et ces autorisations que je m'ouvrais à moi-même.
- 12:27Le fait d'avoir été la première,
- 12:30c'est circonstanciel,
- 12:32je ne sais pas comment on dit.
- 12:35Et à l'époque,
- 12:36en tout cas,
- 12:36le fait de conjuguer,
- 12:41le fait d'être la première femme à faire du nucléaire.
- 12:46et à faire du nucléaire embarqué,
- 12:48c'était une conjonction de plein de choses.
- 12:49Portavion,
- 12:50c'était le premier bateau de surface à avoir des chauffeurs nucléaires embarqués.
- 12:55Moi,
- 12:55j'ai été l'une des premières femmes à embarquer dessus,
- 12:57à être mécanicien,
- 12:59parce que j'ai été l'une des premières femmes au système mécanicien qui a fait des études de nucléaire.
- 13:03Donc en fait,
- 13:03tout ça,
- 13:04ça fait une espèce de conjonction.
- 13:05Quand on est arrivés là,
- 13:07il s'est trouvé que,
- 13:08comme tu le dis,
- 13:11j'étais la première femme à utiliser un réacteur nucléaire sur le portavion.
- 13:16mais pour moi c'était pas là ma première fois ma première fois c'était vraiment
- 13:214 ans avant quand j'ai embarqué sur mon premier bateau c'était encore
- 13:266 ou 7 ans avant quand j'ai fait cette petite traversée qui m'élie du Brest à l'environnement où est l'école navale dans un petit transvase en ne cherchant pas ce que c'était l'armée en ne cherchant pas ce que c'était l'école navale en ne cherchant pas
- 13:44que c'était plus des premières fois que ce truc professionnel qui se raconte,
- 13:52mais j'étais déjà dans le flot.
- 13:55Et avec le recul,
- 13:58est-ce que tu dirais que si tu reprends le fil de tous ces événements imbriqués qui finalement créent ton chemin de vie,
- 14:06est-ce que tu dirais que c'était prédestiné ?
- 14:08Est-ce que toi c'est quelque chose auquel tu crois ?
- 14:12Alors j'ai du mal avec la prédestination parce que je suis maudite.
- 14:20Donc la moitié de ma famille est française,
- 14:24très cartésienne.
- 14:25Je suis aussi du même étage que Nicolas.
- 14:28Parce que moi c'est ma mère qui est maudite.
- 14:31Donc je viens d'une famille de Vosgiens très pragmatiques.
- 14:38Et d'une famille d'Asiatiques.
- 14:42de vietnamien.
- 14:43Ma mère était chrétienne,
- 14:45mais mes soeurs qui sont restées
- 14:4815 ans de plus au pays et dont j'ai fait la connaissance,
- 14:51que j'ai découvert effectivement en 1979.
- 14:56avait été éduqué dans une autre culture.
- 15:00C'est vrai que ce mélange de ultra cartésianisme et du monde des esprits,
- 15:07du monde de l'inconnu,
- 15:08de la prédestination,
- 15:10m'a un peu bousculée.
- 15:12J'y suis beaucoup adhérée,
- 15:15en fait,
- 15:16parce que ça avait été...
- 15:18Souvent,
- 15:18on était organisé en étage.
- 15:19C'était l'étage,
- 15:21les parents,
- 15:22la famille,
- 15:22tout ce qui était très...
- 15:25très français,
- 15:26très structuré.
- 15:28Et puis,
- 15:28il y avait l'étage des enfants.
- 15:29Donc,
- 15:29alors là,
- 15:30l'étage des enfants,
- 15:31nous étions cinq,
- 15:32trois métis et deux vietnamiennes.
- 15:35Et cet étage-là,
- 15:36on pouvait se dire à peu près tout et n'importe quoi.
- 15:38Et c'est génial,
- 15:39parce que du coup,
- 15:40j'ai pénétré un monde qui,
- 15:43pour moi,
- 15:45était totalement exotique.
- 15:48Et j'ai adhéré à tout.
- 15:51Et ensuite,
- 15:52j'en ai vu les lillis parce que...
- 15:55Parce que finalement j'ai vu que dans leur chemin de vie,
- 16:00les soeurs notamment,
- 16:01c'était...
- 16:03se tournaient un peu en cou là-dedans.
- 16:06De la même manière que je l'observe que des gens qui sont trop cartésiens,
- 16:09tournent aussi en rond,
- 16:11enfin...
- 16:11C'est peut-être pas en rond,
- 16:12c'est peut-être en carré,
- 16:13tu vois,
- 16:13un truc de vieux.
- 16:14Ils se mettent là-dedans,
- 16:15et donc j'ai l'habitude de passer de l'un à l'autre,
- 16:18un peu en fonction de ce qu'ils ont.
- 16:21Donc après destination...
- 16:24Je suis très près dans le mood de penser que,
- 16:31en fait,
- 16:32j'ai vraiment besoin,
- 16:34ce n'est même pas ma pensée,
- 16:35tu vois,
- 16:36j'ai vraiment besoin de penser que je dispose d'une liberté d'action totalement la plus grande possible.
- 16:47Et je sais que ça ne va pas du tout contre la prédestination,
- 16:50de la même manière que les questions chrétiennes,
- 16:52je sais que ça ne va pas contre ça.
- 16:53notre liberté fondamentale.
- 16:55Mais pour moi,
- 16:57cette liberté d'absence,
- 16:58cette liberté de choix,
- 16:59c'est vraiment ce qui me rend une amie.
- 17:02Et le fait de savoir que tous mes tourments,
- 17:04tous mes hauts,
- 17:05tous mes bas,
- 17:07tout ça me ramène vers quelque chose qui était prévu pour moi,
- 17:10ça me dérange.
- 17:12Même si,
- 17:13bon,
- 17:13je ne suis pas dupe non plus,
- 17:16mais ça me dérange.
- 17:17Donc je ne peux pas me dire ni oui ni non.
- 17:18C'est intéressant.
- 17:19C'est intéressant.
- 17:22Parce que cet entre-deux dont tu parles,
- 17:24que je ne savais pas,
- 17:25et qui pour moi est un sujet passionnant,
- 17:28et pour le coup j'accompagne majoritairement des gens qui sont dans cette espèce d'entre-deux.
- 17:33Moi j'appelle ça un territoire identitaire,
- 17:35et ça peut effectivement aller par rapport à des sujets de poids,
- 17:43de très abstraits ou de très concrets,
- 17:45ou entre deux cultures,
- 17:47entre deux terres,
- 17:47etc.
- 17:48Selon les gens,
- 17:49tout le monde n'a pas la même aisance à naviguer entre ces deux,
- 17:54il y en a qui se trouvent fébriles dans ce territoire d'entre-deux.
- 17:58Toi,
- 17:59tu es comment par rapport à ça ?
- 18:00Aujourd'hui tu es apaisée puisque tu disais qu'il y avait deux choses qui étaient contradictoires et que ce n'est pas toujours aisé de faire cohabiter les sujets contradictoires.
- 18:14Je ne sais pas si c'est contradictoire.
- 18:16Je dirais que c'est en tension,
- 18:17mais ce n'est pas les seules choses qui sont contradictoires.
- 18:19Moi,
- 18:19j'aime bien naviguer entre ces diverses tensions.
- 18:22Je trouve que c'est super intéressant.
- 18:25Donc non,
- 18:25je suis à l'aise.
- 18:26Au contraire,
- 18:27je me réjouis.
- 18:29Je me réjouis parce que j'aime bien choisir et en fonction du mood du jour,
- 18:37je choisis un peu ce qui m'arrange.
- 18:40Je suis en fait guidée par autre chose.
- 18:42Donc il y a ce besoin de liberté suivi par la voix.
- 18:45Et si je choisissais un camp,
- 18:49par exemple notre libre arbitre le plus total,
- 18:55avec que du hasard dans le monde,
- 18:59une posture,
- 19:00une des postures qui en fait tout,
- 19:02si je choisissais l'autre,
- 19:04je me retrouverais malheureuse.
- 19:05Et j'ai besoin de...
- 19:09ma posture fondamentale est celle de dire...
- 19:11que l'on ne sait pas.
- 19:12Donc,
- 19:12en fonction de ce qui m'arrange,
- 19:13en fonction de ce que j'ai envie de faire de ma vie,
- 19:18je choisis l'une ou l'autre de ces postures.
- 19:24Parce que,
- 19:24justement,
- 19:25j'ai le droit,
- 19:26parce que c'est ma liberté.
- 19:27Et donc,
- 19:28de temps en temps,
- 19:29ça m'aide de savoir que des choses,
- 19:32que l'univers s'allie,
- 19:33que des choses nous sont destinées,
- 19:35que des choses consentent,
- 19:37et que le sens est extérieur à moi.
- 19:40et que quand je vais dans le champ du courant,
- 19:44tout devient plus facile et que c'est un film.
- 19:47Et j'en ai besoin et je l'utilise.
- 19:50Et d'autres jours,
- 19:51quand ça ne m'arrange pas,
- 19:53j'ai besoin de savoir que ma frustration,
- 19:56elle est une source.
- 19:58d'affirmations identitaires,
- 20:00et que la manière dont je réponds au monde,
- 20:02ça veut dire quelque chose de moi,
- 20:04et que ce moi-là,
- 20:06ce moi central,
- 20:08il est intéressant,
- 20:09il est utile,
- 20:10et il ne mérite qu'à être mis en récit.
- 20:13Et que c'est moi qui vais choisir,
- 20:15à la fois le film narrateur,
- 20:17à la fois les ingrédients que je vais mettre dans le récit,
- 20:20en oubliant de manière tout à fait consciente le reste,
- 20:24et que ça,
- 20:24ça va me mener dans ma petite histoire.
- 20:26histoire,
- 20:28le temps qu'il faudra.
- 20:30Donc ce mélange de ma petite histoire,
- 20:33je veux malheureusement être plus près de mon parcours ou de mon temps de vie,
- 20:41quelque chose qui fait sens dans ma destinée,
- 20:46ou le fait de temps en temps de me dire,
- 20:47ça m'inscrit dans la marque du monde,
- 20:50je laisse faire,
- 20:52j'accepte,
- 20:53je me laisse connaître par la grâce.
- 20:57Je ne pourrais pas choisir entre les deux.
- 20:59Je trouve que les deux sont hyper intéressants.
- 21:02Et notamment,
- 21:04quand j'accompagne,
- 21:05alors c'est un peu à la marge de mon activité de coach exécutif et d'entreprise,
- 21:10mais pour moi,
- 21:11ça a beaucoup de sens.
- 21:11Ça a beaucoup de sens,
- 21:12y compris dans le mode corporel.
- 21:14Quand j'accompagne des marches dans le désert,
- 21:16ce ne sont pas des traits comme ceux de Nicolas,
- 21:19mais ce sont des marches...
- 21:22lente et longue,
- 21:24pour reproduire ce mouvement de navigation dont on a parlé au début.
- 21:28Il y a vraiment le fait de se laisser pénétrer par ce paysage innuable,
- 21:34cette route étoilée qui se fout royalement de nous,
- 21:38cet océan qui est majestueux,
- 21:42qui existera bien longtemps après nous,
- 21:44ce désert qui vibre d'une manière assez spectaculaire.
- 21:49Donc ça,
- 21:49je pourrais dire...
- 21:52ce qui représente notre place dans l'univers,
- 21:55et puis à la fois,
- 21:58sur fond de réflexion,
- 21:59sur fond de petits cailloux,
- 22:01sur fond de petits croquis,
- 22:06se laisser pénétrer par notre petite histoire à nous.
- 22:08On voit notre histoire dans la grande,
- 22:10où la grande histoire au service de la nôtre.
- 22:13Et enfin,
- 22:13je trouve que,
- 22:14pour reprendre la formulation de ta question,
- 22:16ce ne sont pas des choses qui sont opposées,
- 22:19ce sont des choses qui sont contraires.
- 22:23Ça fait plaisir parce que ça ouvre l'espace.
- 22:25Complètement,
- 22:26ouais.
- 22:27Merci,
- 22:27c'est hyper intéressant comme vision.
- 22:31J'aime bien l'idée de cette liberté de naviguer entre les deux justement.
- 22:35Moi je pense aussi que les choses sont complémentaires et qu'elles ne se confrontent pas,
- 22:40elles ne sont pas en friction.
- 22:41Et du coup je te remercie de nous partager comment toi tu arrives à les piocher en la posture...
- 22:49qui te semble la plus juste en fonction des situations.
- 22:53Cette liberté est très rafraîchissante,
- 22:55je trouve.
- 22:57Merci.
- 22:58Merci à toi de porter ton regard là-dessus.
- 23:00C'est intéressant.
- 23:02Dans le visuel,
- 23:03je me dis souvent,
- 23:05quand on marche,
- 23:06notamment dans ce genre de paysage,
- 23:08qu'on a une posture,
- 23:11tu vois,
- 23:11c'est à l'instar des grands explorateurs,
- 23:14on a cette posture avec le regard loin,
- 23:17avec un horizon infini.
- 23:19et puis en même temps on regarde où on a des pieds.
- 23:21Oui,
- 23:21nos pieds qui avancent.
- 23:22Donc voilà.
- 23:23Mais c'est une très belle image effectivement.
- 23:27C'est ça.
- 23:28On est et l'un et l'autre.
- 23:29On peut voir très loin et en même temps on est au moment présent sur un tout petit espace.
- 23:35C'est tout à fait ça.
- 23:37J'aimerais revenir du coup au moment où tu décides,
- 23:41alors ça peut paraître du extérieur un 180 degrés,
- 23:46tu décides de changer d'orientation professionnelle et de devenir coach,
- 23:52ça arrive à quel moment ?
- 23:54Pourquoi ça se met en place ?
- 23:55Est-ce que c'est quelque chose qui a maturé pendant longtemps ou qui est arrivé à toi,
- 24:01c'était une évidence,
- 24:02et du jour au lendemain,
- 24:03action,
- 24:03réaction ?
- 24:04Comment ça s'est passé en toi ?
- 24:08En t'écoutant,
- 24:09tu me dis que je ne suis pas très bonne à la maturation.
- 24:15Parce qu'on voit là une deuxième évidence et quelque chose qui se fait assez vite.
- 24:18Alors entre-temps,
- 24:20il y a quand même eu
- 24:2215 ans dans le suivi,
- 24:25donc justement dans un métier d'ingénieur pur,
- 24:29pour lequel effectivement quand je suis allée,
- 24:31ça m'arrangeait au niveau logistique parce que j'avais 10 ans et je ne pouvais plus aller à droite ou à gauche et je voulais m'assurer d'être chez moi tous les soirs d'une manière très pragmatique.
- 24:43J'ai donc découvert,
- 24:45alors là c'était un pourquoi pas,
- 24:47dit du bout des lèvres,
- 24:48mais j'ai donc découvert ce monde,
- 24:50alors pur ingénieur pour faire de la contre-expertise en sciences moléculaires,
- 24:54ultra pointu,
- 24:55ultra collaboratif.
- 24:58Et quelque chose de finalement,
- 25:01je suis allée à reculons,
- 25:02mais alors ça a été,
- 25:04je suis restée 17 ans en trou,
- 25:06ça a été 17 ans fantastiques.
- 25:09Au bout de 15 ans,
- 25:10je me repose la question de me remettre moi dans mon flot.
- 25:17Ça a été super,
- 25:18j'ai découvert énormément de choses dans ma première partie carrière sur ce qu'on est capable de faire en équipe.
- 25:24Moi j'avais déjà l'expérience de la famille,
- 25:26de la famille nombreuse,
- 25:27de composés,
- 25:28hétéroclites,
- 25:29d'études culturelles.
- 25:30Je ne peux pas dire que dans tous les deux sœurs vietnamiennes,
- 25:33j'avais aussi deux frères français,
- 25:35qui ont vingt ans de plus que moi,
- 25:36mais deux sœurs vietnamiennes vivent en plus,
- 25:39loups trois métis,
- 25:40tout ça ensemble,
- 25:41dans une double culture.
- 25:43Ça faisait un...
- 25:44c'est un joyeux bordel,
- 25:46et j'adore,
- 25:47j'adore les joyeux bordels.
- 25:49Dans l'armée,
- 25:49ce n'était pas tellement les bordels,
- 25:52mais quand même...
- 25:53au sein de toute sa structure,
- 25:55vraiment à l'intérieur de ça,
- 25:57de voir qu'il se redécouvre.
- 25:59Et au sein de ce cadre-là,
- 26:00ça autorise aussi quelque chose qui est très noyé,
- 26:04très vivatoire.
- 26:05Et qui,
- 26:05de temps en temps,
- 26:06est un peu bordé vite.
- 26:07À partir du moment où ça ne vient pas empiéter sur la mission.
- 26:11Donc,
- 26:12première partie du livre,
- 26:13j'ai lu beaucoup en communauté.
- 26:15Je suis l'aimée,
- 26:16malgré tout,
- 26:16de tout ça.
- 26:17Parce que je suis la première...
- 26:23du couple parental,
- 26:24que mes frères et mes soeurs ont pas mal pour faire et donc c'est moi qui fais le lien avec ces mots.
- 26:28Deuxième partie de carrière,
- 26:30c'est aussi en communauté et je m'aperçois à une autre échelle de tout ce qu'on peut faire quand on est ensemble,
- 26:38quand on se reconnaît,
- 26:40quand on vit ensemble les uns sur les autres 24 heures sur 24,
- 26:44quand on reconnaît sa compétence,
- 26:46quand on reconnaît sa valeur intrinsèque et quand on reconnaît aussi sa faiblesse.
- 26:52Le mot est à la mode,
- 26:53on parle beaucoup de vulnérabilité.
- 26:55Et puis,
- 26:56je me retrouve dans cette entreprise purement d'ingénieurs dans laquelle,
- 26:59finalement,
- 27:00ensemble,
- 27:01on arrive à faire des choses qui sont,
- 27:04moi,
- 27:04je crois,
- 27:04qui sont des produits d'excellence,
- 27:09des produits intellectuels d'excellence.
- 27:11Mais finalement,
- 27:11c'est exactement la même chose.
- 27:13C'est du collaboratif tout de suite,
- 27:15c'est de la confrontation,
- 27:17c'est de l'innovation permanente.
- 27:22Et finalement,
- 27:23on retrouve les mêmes ressorts,
- 27:25respect mutuel,
- 27:26confrontation mutuelle,
- 27:29et puis on va jusqu'à aller chercher les signophiles,
- 27:32les intuitions,
- 27:35tout ce qu'on ne dirait pas d'habitude si on avait une occasion polie.
- 27:40Donc je me retrouve vraiment fascinée par cette dynamique d'études,
- 27:46d'un côté.
- 27:47De l'autre côté,
- 27:48au niveau perso,
- 27:49je vais voir un psychologue.
- 27:51Parce que j'ai du mal,
- 27:53parce que je commence à être énervée,
- 27:54stressée,
- 27:55angoissée.
- 27:56Et j'ai besoin de...
- 27:58Parce que mon médecin généraliste,
- 27:59il me dit spontanément d'avoir un prix parce que j'ai des informations que tu ne devrais pas avoir.
- 28:06Et je ne vois rien sur toi,
- 28:07ton médecin est lancé.
- 28:09Moi,
- 28:09en tant qu'incrédible,
- 28:10je me dis,
- 28:11bon,
- 28:12ok,
- 28:12encore.
- 28:13Je vais voir un prix.
- 28:14Si tu veux.
- 28:18Et puis,
- 28:19je vais voir du...
- 28:19qui me dit alors,
- 28:20c'est pourquoi ?
- 28:22On m'a dit qu'il fallait que je vienne vous voir.
- 28:24Alors je viens vous voir.
- 28:27C'était vraiment ça.
- 28:29La posture très...
- 28:32pas bourrue.
- 28:33C'était pourquoi pas.
- 28:34C'était pourquoi pas aussi.
- 28:37Oui,
- 28:37c'est vrai,
- 28:38c'était pourquoi pas aussi.
- 28:39Mais c'était vraiment comme ça.
- 28:40Quelqu'un en qui je fais confiance me dit,
- 28:42bon,
- 28:42on va voir un petit.
- 28:44Et alors,
- 28:45avec elle,
- 28:46le monde s'est ouvert.
- 28:49Je me suis retrouvée pour la première fois peut-être à fond un peu de recul sur ce qui m'était arrivé,
- 28:57en bien,
- 28:58en pas bien,
- 28:58sur plein de deuils que j'avais passés.
- 29:01Et je me suis retrouvée à finalement faire une espèce de bilan de ce qui m'intéressait et de ce qui me pesait.
- 29:10Et il se trouve qu'à la fin de la session,
- 29:15elle me disait...
- 29:19Vous êtes bien construite,
- 29:21c'est un truc comme ça,
- 29:22vous êtes trop libre.
- 29:24Je dis,
- 29:25c'est toi ?
- 29:26C'est un petit compliment,
- 29:26je prends.
- 29:27Et puis elle m'a dit ça une deuxième fois.
- 29:30Je dis,
- 29:31c'est toi ?
- 29:31C'est un petit compliment.
- 29:32Et puis la troisième fois,
- 29:33je lui ai dit,
- 29:34en fait,
- 29:34il faut vraiment m'expliquer parce que je ne suis pas du tout de votre monde.
- 29:38Donc,
- 29:39qu'est-ce que ça veut dire ?
- 29:40Est-ce que j'ai besoin de...
- 29:42Est-ce que c'est un message ?
- 29:44Est-ce que...
- 29:46Je ne sais pas quoi faire de ce truc-là que vous répétez.
- 29:49à chaque fois à la fin des sessions,
- 29:51et elle m'a dit,
- 29:51mais si non,
- 29:53en fait,
- 29:53vous ne savez pas que je le répétais,
- 29:54c'est pour vous dire que j'ai bien aimé.
- 29:57des bons fondamentaux,
- 29:58que vous étiez assez solides,
- 29:59assez ancrés.
- 30:00C'est ce qu'il a prononcé sur moi-là pour la première fois.
- 30:03Et c'est vrai,
- 30:05qu'est-ce que vous en faites ?
- 30:09Je ne comprends pas votre question.
- 30:10Qu'est-ce que je fais de ça ?
- 30:12Absolument rien.
- 30:12Ça ne rentre pas dans mon mandat.
- 30:17Et finalement,
- 30:19je me suis posé la question.
- 30:21Et c'est là,
- 30:22et en fait,
- 30:23assez rapidement,
- 30:23c'est un peu comme l'invitation de l'école Naval,
- 30:26assez rapidement.
- 30:27C'est un peu coup de poing.
- 30:28C'est venu très rapidement de me dire qu'est-ce que j'en fais ?
- 30:31Rien.
- 30:31Mais en fait,
- 30:32en pratique,
- 30:33ça,
- 30:34ça me fascine.
- 30:35Il y a pas mal de personnes que j'accompagne d'une manière…
- 30:40C'est le coach du dimanche,
- 30:41quoi.
- 30:41Le truc dans lequel je ne suis même pas sûre de faire du bon travail,
- 30:45qui perd des plumes.
- 30:47Je me ramène avec ma cape 2 euros,
- 30:50mes gros sabots.
- 30:51C'est n'importe quoi.
- 30:51Mais déjà,
- 30:52dans ma tête,
- 30:53je m'aperçois que finalement…
- 30:56je n'arrête pas de faire des trucs qui ressemblent à du coaching pour ce que je connais du coaching c'est pareil,
- 31:01c'est comme ingénieur,
- 31:02je n'en connais rien mais que je pourrais en faire quelque chose parce que finalement c'est ça qui m'intéresse moi c'est les dynamiques humaines et que ma lecture que ça soit de l'argent ou que ça soit du monde de l'entreprise ça passait par là donc en fait très rapidement je crois qu'il s'est passé un été très rapidement
- 31:24Non, je...
- 31:25J'ai dit,
- 31:26je prends confiance,
- 31:27je m'inscris à un pilote d'une école de coaching.
- 31:31Je rentre dedans,
- 31:33et pareil,
- 31:34évident,
- 31:34immédiatement,
- 31:35en fait,
- 31:35c'est ça.
- 31:36Je comprends maintenant pourquoi tout ça.
- 31:39J'ai été fascinée,
- 31:43le passage dans l'armée,
- 31:45notamment dans la marine,
- 31:46je ne sais pas si ça aurait été la même chose dans d'autres armées,
- 31:49mais le passage dans la marine m'a donné un socle.
- 31:53Il m'a donné une deuxième éducation qui me renforce dans mes convictions,
- 32:01dans des conditions qui étaient des conditions dans la famille,
- 32:04tout était toujours un peu les îles Corée,
- 32:06là c'était dans des conditions qui ont été beaucoup plus extrêmes.
- 32:11Mon passage dans l'entreprise m'a montré que tout ça avait de la valeur,
- 32:16que c'était valable et que finalement,
- 32:18on se ressemblait tous d'une certaine manière.
- 32:23J'ai l'impression que si j'étais polie avec la technique,
- 32:28je pourrais être beaucoup plus pertinente,
- 32:31beaucoup plus puissante dans ce domaine-là.
- 32:36Donc,
- 32:37j'ai fait,
- 32:38j'ai suivi ça,
- 32:39j'ai commencé à exercer très rapidement.
- 32:41Je n'avais même pas fini mon école,
- 32:42en fait.
- 32:42Ah oui ?
- 32:43J'ai commencé à exercer.
- 32:44On avait le droit.
- 32:46En entreprise,
- 32:47du coup,
- 32:47tu as exercé rapidement ?
- 32:49Ah non,
- 32:49pas en entreprise.
- 32:50En entreprise,
- 32:51en fait,
- 32:51ça ne l'intéressait pas,
- 32:53le coach.
- 32:53J'ai exercé en libéral directement pendant ma formation.
- 32:59J'ai commencé à avoir mes premiers accompagnements.
- 33:01Et puis ensuite,
- 33:04j'ai pris un carton.
- 33:06Et puis j'ai été appelée pour enseigner dans l'école que j'avais faite.
- 33:10Et pour te dire que c'était vraiment cette culture-là,
- 33:12moi,
- 33:13m'y va complètement.
- 33:14Et puis ensuite,
- 33:15j'ai commencé à exercer de plus en et puis j'ai pris un temps et j'ai été lancée en prise parce que...
- 33:22parce que j'ai travaillé des appuis d'équipe.
- 33:23Et puis,
- 33:24je voulais rester en bon terme avec eux.
- 33:26Et puis,
- 33:26surtout qu'ils récupèrent quelqu'un à plein temps à ma place,
- 33:30quelqu'un à ma case.
- 33:31Voilà,
- 33:31donc ça s'est fait assez rapidement.
- 33:33Mais encore une fois,
- 33:34ce passage-là,
- 33:36c'était une évidence.
- 33:40Ça a été une évidence.
- 33:41Tu vois,
- 33:42avant,
- 33:42je ne savais pas du tout.
- 33:44Et puis après,
- 33:44cette conversation avec la psy,
- 33:46c'est devenu comme une évidence très rapidement.
- 33:49Deuxième conversation.
- 33:51C'est vraiment des triggers.
- 33:53C'est pas du tout de la maturation.
- 33:55C'est intéressant.
- 33:57Peut-être que c'était là inconsciemment et que le mot a ouvert la porte.
- 34:02Moi,
- 34:02je crois que j'ai besoin de permission.
- 34:04D'accord.
- 34:06Et peut-être d'un peu d'idées qui sortent des terrains battus.
- 34:11Et que par ce questionnement,
- 34:13la première fois contre ce jeune homme,
- 34:17c'est un peu plus que mon âge.
- 34:20C'est plus jeune.
- 34:21Il est venu me voir.
- 34:24Il m'a donné la permission de rêver à ça.
- 34:26Il m'a donné cette idée de rêver à ça.
- 34:29Et puis d'en faire un projet.
- 34:30Le rêver,
- 34:31c'est bien.
- 34:32Mais le faire,
- 34:33c'est encore mieux.
- 34:35Et cette session de cette optique m'a permis de remonter un peu le cours de quelque chose qui était là.
- 34:45Et puis,
- 34:45il m'a aidé à cristalliser assez rapidement.
- 34:47Et puis après,
- 34:49quand j'ai cristallisé...
- 34:55tes apprentissages dans l'armée et puis ensuite dans l'univers de l'entreprise,
- 35:02est-ce que ce sont des choses qui colorent aujourd'hui tes accompagnements à part entière ou pas ?
- 35:10Ah oui,
- 35:15d'ailleurs je suis en train de réfléchir au contraire,
- 35:19je n'imagine même pas que le contraire soit possible,
- 35:21que je suis accompagnée en faisant…
- 35:25de mes apprentissages et en faisant plus de mes conditions.
- 35:28Alors,
- 35:28j'ai eu la chance,
- 35:30peut-être contrairement à certains coachs,
- 35:31d'avoir une belle expérience dans l'armée et une belle expérience en entreprise.
- 35:38Je ne dis pas que ça a été facile tous les jours,
- 35:40mais je comprends à
- 35:42100% les gens qui s'engagent dans la vie militaire.
- 35:45Et je trouve que c'est une très belle cause.
- 35:47Et je comprends à
- 35:49100% les gens qui montent une entreprise et qui s'engagent dans la vie de l'entreprise.
- 35:53Et je me fais absolument
- 35:54absolument pas partie des coachs qui vont essayer de minimiser cette belle aventure qu'est l'entreprise.
- 36:03Et ça,
- 36:05c'est déjà dans l'état d'esprit.
- 36:07Et puis dans le quotidien,
- 36:08oui,
- 36:08je m'appuie énormément sur mon expérience,
- 36:10sur ce que j'ai vu,
- 36:11de ce que j'ai vécu,
- 36:12de ce que j'ai accompagné.
- 36:13Pour moi,
- 36:14ça a beaucoup plus de valeur que tous les théories.
- 36:18Ça m'a permis de théoriser la pratique,
- 36:20ça m'a permis d'aller plus loin.
- 36:23d'avoir une prise de conscience encore plus grande,
- 36:24mais mon gros apport,
- 36:28il est vraiment là,
- 36:30dans la manière dont,
- 36:31pour le coup,
- 36:32j'ai métabolisé et soufflé d'experiments.
- 36:36J'ai lu aussi que tu étais logothérapeute,
- 36:38je crois.
- 36:39Oui.
- 36:39C'est pareil,
- 36:40c'est quelque chose que tu saupoudres dans tes accompagnements,
- 36:44ou c'est une compétence en plus ?
- 36:50C'est quelque chose,
- 36:51alors que je ne trouve pas,
- 36:52c'est vraiment une graisse qui a pris.
- 36:54Ça fait vraiment partie de la parenté avec vous.
- 36:56Ok,
- 36:56d'accord.
- 36:58La logothérapie,
- 36:59en fait,
- 37:00l'analyse existentielle,
- 37:01moi je le révis comme ça,
- 37:04c'est la philosophie du sens et ses applications cliniques.
- 37:08Donc,
- 37:09j'en ai eu besoin,
- 37:10de la philosophie du sens,
- 37:11parce que mes premiers clients m'ont posé pas mal de questions,
- 37:17ou se posaient pas mal de questions.
- 37:19en me demandant de les accompagner,
- 37:21sur des thématiques pour lesquelles je me sentais tout à fait illégitime,
- 37:27voire bébête,
- 37:29parce que je ne me suis jamais posé ce genre de questions.
- 37:33Tout en ayant développé par ailleurs,
- 37:35justement grâce à mes parents et grâce à mes soeurs,
- 37:38une spiritualité qui était différente,
- 37:41pour moi c'était deux domaines qui étaient complètement éclatés et dont je ne savais pas parler.
- 37:47Parce que je me situais dans cette...
- 37:48entre deux,
- 37:49c'était un peu fou.
- 37:51Donc j'ai eu besoin de me former.
- 37:55J'ai été très académique pendant très longtemps,
- 37:57je me suis toujours un peu mis en poigne.
- 37:59J'ai eu besoin vraiment de me former dans les règles des dollars,
- 38:01à cette philosophie du sens.
- 38:03Qu'est-ce qui sous-tend l'accès au sens ?
- 38:06Quels sont les divers courants qui ont mené vers ces grandes questions existentielles ?
- 38:10Quelles sont les diverses manières de l'aborder ?
- 38:12Et ces applications cliniques.
- 38:14Et finalement,
- 38:15pour moi,
- 38:16la analyse existentielle,
- 38:18c'est...
- 38:19et le coaching,
- 38:20pour ne pas s'y éloigner.
- 38:21Vous allez dire,
- 38:22la vie existentielle,
- 38:24c'est du coaching,
- 38:25un peu dans l'esprit salé.
- 38:28Pourquoi ?
- 38:28Parce qu'on va enquêter sur la manière dont la personne a répondu à l'avis,
- 38:35tel qu'elle lui a été présenté,
- 38:38et on va aller chercher là-dedans des expressions de sa vitalité,
- 38:43de son style,
- 38:44de ses valeurs les plus prégnantes.
- 38:46Et on va les mettre devant elle.
- 38:49au-devant d'elle même,
- 38:50pour l'aider à construire son projet et à se projeter.
- 38:55Et à se projeter non seulement dans un an,
- 38:57deux,
- 38:58trois,
- 38:58dans son projet,
- 38:59mais dans une vie qui fait sens.
- 39:03En ce sens,
- 39:04c'est du coaching.
- 39:05Donc,
- 39:05pour répondre à ta question,
- 39:06je ne saupoudre pas de l'analyse existentielle et du sens dans mes coachings,
- 39:11je les mets vraiment au cœur.
- 39:12Pour moi,
- 39:13c'est concomitant.
- 39:14Et que ça soit pour un particulier.
- 39:19entreprise,
- 39:20que ce soit pour un manager ou que ce soit pour un codire.
- 39:28La logothérapie c'est effectivement ce que tu disais,
- 39:31retrouver du sens dans les situations qui se présentent à nous mais aussi dans les situations douloureuses.
- 39:39Oui.
- 39:40Ça c'est un point important et moi j'aimerais savoir
- 39:46ce que ça t'a révélé sur la manière dont une épreuve peut justement devenir un passage comment tu arrives à transmettre cette notion là
- 40:00à mon sens en tout cas,
- 40:05est primordiale dans l'avancée de notre chemin de vie.
- 40:07Oui,
- 40:07j'aime beaucoup la manière dont tu le formules.
- 40:08Une épreuve est un passage.
- 40:11Je pense que c'est à peu près la même chose pour moi.
- 40:14Dans l'épreuve et dans le passage,
- 40:16il y a cette notion de deuil.
- 40:19On fait le deuil du confort,
- 40:22du domaine connu.
- 40:25au-delà,
- 40:25pour aller un peu plus loin.
- 40:27Et en ça,
- 40:27il y a besoin de laisser quelque chose à cet endroit-là,
- 40:32on ne sera plus exactement la même personne.
- 40:35Donc il y a cette notion de deuil.
- 40:37Et pour aller faire ce deuil,
- 40:39il faut des forces motrices assez puissantes.
- 40:41Donc une force,
- 40:42soit une force de joie,
- 40:45une force d'appel,
- 40:46comme moi j'appelle l'aventure,
- 40:49mais qui nous mène quand même à faire un deuil.
- 40:52et à passer des épreuves,
- 40:54mais ça nous aide à passer ces épreuves-là,
- 40:56soit quelque chose au contraire qui est de l'ordre de l'épreuve et qui contient en elle ce germe d'aventure,
- 41:03donc ce germe de passage.
- 41:05Donc aborder de l'une ou l'autre des manières,
- 41:08ça donne à chaque fois quelque chose qui nous force à faire un deuil.
- 41:12Et faire un deuil,
- 41:13ça veut dire quitter la personne telle qu'on l'était vraiment.
- 41:18Et donc ça...
- 41:21ça relève d'une certaine forme de souffrance qui est nécessaire,
- 41:25donc qui est soit déjà excusée et qui vaut vraiment le coup,
- 41:29et on fait un choix parce qu'on se dit
- 41:31« là, je vois vraiment pourquoi j'y vais » ,
- 41:33soit qui est préexistante parce qu'on n'a pas encore l'accès au temps que ça va avoir.
- 41:41Et donc cette épreuve-là,
- 41:43qui peut être une souffrance,
- 41:45une détresse,
- 41:46cette épreuve-là,
- 41:49c'est une maladie médicale.
- 41:51on la considère comme étant les prémices d'une joie à venir,
- 41:56donc d'un alignement à venir.
- 41:58C'est pour ça qu'on parle d'optimisme tragique.
- 42:00Nous voyons venir à nous des personnes qui,
- 42:04tout à une épreuve,
- 42:06bien dont l'épreuve immédiate est de souffrir,
- 42:10et qui voudraient moins souffrir.
- 42:12Et nous,
- 42:12nous résumons de cette souffrance parce qu'on trouve là-dedans vraiment des germes sur ce que ça veut dire.
- 42:19Si les personnes ne souffraient pas,
- 42:21elles seraient complètement en ligne avec tout la société que leur propose,
- 42:28que leur vie leur propose,
- 42:31que leur chemin de vie leur propose.
- 42:33Et c'est super,
- 42:34mais souvent ça ne dure qu'un temps.
- 42:36Donc il y a toujours des moments dans lesquels on se remet en question,
- 42:39on passe par certaines épreuves pour se reconfigurer.
- 42:42Donc nous on les voit à ce moment-là,
- 42:44et c'est super.
- 42:46Déjà c'est super parce que ça veut dire qu'elles vont se réajuster.
- 42:50C'est quand même bienvenu de temps en temps de se réagisser.
- 42:53Et puis c'est super parce qu'elles sont pas seules pour le faire.
- 42:56Parce qu'elles ont osé en parler à quelqu'un.
- 42:59Plutôt que d'avoir cette double culpabilité de se dire,
- 43:02que je vois souvent,
- 43:03je souffre,
- 43:05mais comme je n'ai pas de raison objective de souffrir,
- 43:07je culpabilise parce que je souffre.
- 43:10Alors là,
- 43:10c'est encore plus.
- 43:11Et cette personne-là,
- 43:14c'est très très seul.
- 43:17C'est une super...
- 43:20J'aime beaucoup la logothérapie parce que justement ça remet,
- 43:24ça déculpabilise la douleur et je trouve qu'elle est source d'optimisme pour la suite,
- 43:30au contraire d'avoir cette lecture des choses et qu'elle est nécessaire pour finalement continuer à évoluer et à s'élever sur ce qui nous attend pour après.
- 43:42Moi j'aime beaucoup ça,
- 43:43ça déculpabilise vraiment la douleur.
- 43:45Oui,
- 43:45je trouve que ça déculpabilise parce que ça vient dire,
- 43:48un peu comme ces émotions de colère,
- 43:51ces étapes d'égoïs,
- 43:52ça vient dire que tu souffres,
- 43:55ça veut dire quelque chose.
- 43:56Ça veut dire que tu es en train de te parler et que quelque chose en toi ne va pas.
- 44:01Youpi !
- 44:02Qu'est-ce que c'est ?
- 44:03Et qu'est-ce que tu veux en faire,
- 44:04justement ?
- 44:05Ça veut dire qu'il y a un sens de la justice,
- 44:07par exemple,
- 44:08chez toi,
- 44:08qui n'est pas assez mis à l'œuvre.
- 44:10Comment est-ce que tu veux le cultiver ?
- 44:13Ça veut dire ?
- 44:14qu'il y a un besoin de proximité ou d'amitié qui n'est pas nourri.
- 44:21Qu'est-ce que ça dit de toi et comment est-ce que tu veux en prendre soin ?
- 44:25Et donc,
- 44:25ça vient prendre quelque chose qui est inachevé pour le projeter et le mettre au sens,
- 44:31au cœur d'un projet.
- 44:33Et c'est justement ça,
- 44:34l'accès au sens,
- 44:35c'est-à-dire,
- 44:37j'ai un deuil,
- 44:38j'ai une épreuve,
- 44:39ça peut être vraiment des épreuves publiques,
- 44:43des accidents.
- 44:44séparation des infirmités,
- 44:47la confiance de la mort qui arrive.
- 44:49J'espère que ce que j'en fais,
- 44:51ça me...
- 44:52Et là,
- 44:52il n'y a pas de réponse plus faible.
- 44:54C'est ça qui est bien,
- 44:54c'est qu'il n'y a pas de réplique.
- 44:58Je reviens sur la notion de passage.
- 45:02Pour ceux qui nous écoutent et qui seraient justement dans cette situation-là,
- 45:07est-ce que tu aurais un conseil à donner ?
- 45:12Comment on peut mieux vivre cette incertitude ?
- 45:16Pour les gens qui sont plus fébriles par rapport à ça,
- 45:19qu'est-ce que tu voudrais leur dire ?
- 45:24J'aimerais leur dire que si ces notions de passage entrent dans leur corps,
- 45:33c'est qu'ils sont perméables.
- 45:34Moi,
- 45:35je ne poserai pas la question.
- 45:37Donc,
- 45:37j'aimerais déjà leur parler de cette notion d'optimisme,
- 45:40de trajet de ce qu'il y a comme message positif qui fait que vous êtes appelé vers quelque chose d'autre.
- 45:47Ou en tout cas,
- 45:49que vous avez envie de sortir de là où vous êtes actuellement.
- 45:53Ça,
- 45:53c'est la première chose.
- 45:54Et j'aimerais leur parler,
- 45:55enfin,
- 45:55leur partager,
- 45:56moi qui m'ai toujours visé cette notion de pourquoi pas,
- 46:02souvent,
- 46:03et c'est normal,
- 46:04que les studios d'autorité,
- 46:06nos parents,
- 46:06la société,
- 46:07nos amis,
- 46:08veulent prendre soin de nous en nous demandant de bien réfléchir et bien choisir et en nous demandant de justifier nos choix un peu bizarres,
- 46:19nos élans.
- 46:21Il faudrait que nos élans aient des raisons.
- 46:23Et il faudrait pouvoir justifier ces élans avant de pouvoir y aller.
- 46:27Et moi,
- 46:28je les invite à regarder de l'autre côté,
- 46:30avec le « pourquoi pas » .
- 46:31Mon élan,
- 46:32il existe et je n'ai pas besoin de justifier.
- 46:35Je peux peut-être l'expliquer,
- 46:37mais je n'ai certainement pas besoin de justifier.
- 46:40En revanche,
- 46:40ce que je peux justifier,
- 46:42pour rassurer tout le monde,
- 46:43c'est
- 46:44« est-ce qu'il y a des raisons pour lesquelles je ne devrais pas y aller ? »
- 46:48Et ça peut être de très bonnes raisons,
- 46:50ça peut être des notions de protection,
- 46:52et à ce moment-là,
- 46:52on n'y va pas.
- 46:53Mais de toute manière,
- 46:54c'est la première chose que fait un coach ou un thérapeute.
- 46:56C'est de regarder les conditions de protection.
- 46:59Mais s'il n'y a aucune raison objective de ne pas y aller,
- 47:03alors pourquoi pas ?
- 47:05Dans les choses les plus...
- 47:07J'aime bien ce mot idiot,
- 47:08ça ne sonne pas,
- 47:09ce n'est pas figuratif dans ma bouche.
- 47:11Mais dans les choses les plus idiotes,
- 47:13les plus enfantines,
- 47:14les plus immédiates,
- 47:14moi je trouve que c'est divin.
- 47:16Donc mon conseil,
- 47:17ce serait de dire quand vous avez une idée comme ça,
- 47:19pourquoi pas ?
- 47:22C'est une bonne idée,
- 47:23je vais me le mettre en souvenir.
- 47:26Merci Marie-Emmanuelle.
- 47:29On est déjà vers la fin de l'épisode,
- 47:32c'était passionnant de discuter avec toi,
- 47:35vraiment,
- 47:35j'ai adoré cet échange.
- 47:37Merci pour les partages,
- 47:39ça passe vite.
- 47:41J'aimerais que tu nous dises juste un petit peu ton actualité du moment,
- 47:45tu navigues sur quelles rives,
- 47:47tu es où,
- 47:48qu'est-ce qui va se passer pour toi dans les prochains mois ?
- 47:52prochains mois peut-être.
- 47:57Je crois qu'il y a quelque chose qui s'appelle le bureau du réel aussi,
- 48:01si tu viens nous en dire quelques mots.
- 48:02Alors dans mon actualité,
- 48:03il y a un fond,
- 48:03c'est pas de l'actualité mais c'est quand même très présent chez les accompagnements,
- 48:07notamment en entreprise,
- 48:08donc accompagner à la fois les directeurs,
- 48:12les managers à vraiment s'approprier ces clés-là.
- 48:15Alors on est parti sur des notions qui pouvaient sembler très existentielles mais je trouve aussi Merci.
- 48:20que dans le métier que font les managers en entreprise tous les jours,
- 48:26il y a de l'existence.
- 48:27C'est un tiers de la vie.
- 48:29On a tendance en France à sous-estimer la valeur de projet.
- 48:33On met beaucoup en avant les notions de lien,
- 48:38d'amitié,
- 48:39des notions d'art aussi,
- 48:42relations à la nature.
- 48:44On a l'impression que tout ça fait noble et puis que le travail,
- 48:48comme c'est un...
- 48:49On gagne plein,
- 48:51c'est moins intéressant.
- 48:53En analyse existentielle,
- 48:54et Frankel était le premier à dire,
- 48:56les valeurs de relation,
- 48:57c'est une famille de valeurs.
- 48:58Notre famille de valeurs,
- 49:00c'est famille de projets.
- 49:01Ce qu'on fait du monde,
- 49:03comment on essaie de faire en sorte qu'il soit un peu plus beau tous les jours.
- 49:07Et ça peut tout à fait passer par un projet professionnel et même par un projet d'entreprise.
- 49:12Même si ce n'est pas nous qui avons donné cette direction-là,
- 49:16moi je travaille avec beaucoup de gens qui font...
- 49:18super engagé en entreprise et qui y croient.
- 49:21Et donc,
- 49:22ce n'est pas mon actus,
- 49:25mais ma baseline,
- 49:27c'est d'accompagner tous ces gens-là qui y croient à bien travailler ensemble en entreprise,
- 49:32à faire en sorte que leur quotidien existant et que malgré ce que certaines personnes en disent,
- 49:40que l'entreprise puisse faire son job,
- 49:43c'est-à-dire entreprendre et constituer cette aventure humaine.
- 49:47Et mon actu par-dessus ça,
- 49:49notamment j'ai appelé aussi Nicolas pour faire ça.
- 49:54en actualité,
- 49:55ma nouvelle entreprise,
- 49:57alors à moi,
- 49:57à nous,
- 50:00c'est de monter une agence de conférenciers alternatifs qu'on a appelée le Bureau du Réel,
- 50:06par opposition au Bureau des Légendes,
- 50:08aussi parce qu'on adore le Bureau des Légendes et parce que cette notion de réalité nous parle beaucoup.
- 50:13Et parce qu'on parle de speakers bureau,
- 50:15donc voilà,
- 50:16le terme est tout à fait vrai.
- 50:20Et de rassembler des personnes qui ont à la fois
- 50:24Une conférence,
- 50:24donc un message à faire passer,
- 50:26qui est utile pour une communauté humaine,
- 50:28donc pour l'entreprise,
- 50:30mais à la fois de leur demander,
- 50:32une fois le message passé,
- 50:33d'être capable de descendre dans l'arène,
- 50:35c'est-à-dire d'être branché plus sur l'impact que sur le message,
- 50:39avec une liste de questions,
- 50:41avec des questions-réponses qu'il faut,
- 50:43avec un atelier de mise en œuvre,
- 50:45avec tout ce qu'il faudra pour s'assurer que le message est passé.
- 50:49Et puis avec un tropisme qui est vraiment centré sur...
- 50:53leur métier,
- 50:54ce qu'ils ont appris sur le terrain.
- 50:57Ça,
- 50:58c'est pour le bureau de conférencier,
- 51:00et on est allé chercher des personnes qui avaient à la fois ce message à faire passer,
- 51:06et en même temps,
- 51:07une intention globale,
- 51:08c'est-à-dire peut-être une petite valeur de sens à faire passer aux personnes qui l'accompagnaient.
- 51:15Et ce qui me plaît,
- 51:17moi,
- 51:17en tout cas,
- 51:18beaucoup là-dedans,
- 51:18quand on demande aux personnes d'aller plus loin,
- 51:21c'est de parler de ce que...
- 51:23c'est déjà,
- 51:23c'est-à-dire l'esprit d'équipage,
- 51:25comment aller traquer la performance ou l'excellence en équipe,
- 51:29comment faire en sorte que le job qu'on fait tous les jours devienne une aventure humaine qui dépasse.
- 51:36C'est ce que j'ai eu la chance de vivre,
- 51:38à la fois dans l'armée,
- 51:39mais aussi dans l'entreprise,
- 51:40que ce qu'on fait ensemble aujourd'hui reste encore présent quand on aura quitté l'entreprise dans 10 ans,
- 51:4720 ans,
- 51:4730 ans.
- 51:49Et puis,
- 51:50c'est assez récent,
- 51:52moi je mets la...
- 51:52ça une réflexion existentielle justement pour accompagner ceux qui veulent des prix aventuriers à se poser la question de savoir comment est-ce que le sens que je donne à mon entreprise peut vraiment aller piocher beaucoup plus loin dans mes tris et
- 52:10comment est-ce que je peux l'assumer.
- 52:14Merci.
- 52:15C'est un beau regard sur comment mêler justement ces sujets importants les uns aux autres.
- 52:23Merci en tout cas.
- 52:24Avec plaisir.
- 52:25Ça,
- 52:25ça m'a été transmis.
- 52:26J'ai eu de la chance aussi.
- 52:27C'est une personne,
- 52:30Vivier Marlier,
- 52:31qui est un conférencier génial et qui est à la tête du Blur.
- 52:35Je te donnerai son profil si vous voulez que je vous le regardez.
- 52:39C'est un petit de manière orale le voyage du héros adapté aux entreprises.
- 52:45C'est un enjeu qui en avait parlé.
- 52:46Il a choisi de me le transmettre.
- 52:50Il y a un an et demi environ.
- 52:52Et il m'a fait ce jour-là un cadeau fantastique en me demandant d'aller le porter plus loin.
- 52:58Et au début,
- 53:00j'ai dit,
- 53:01oui,
- 53:02bon,
- 53:03c'est sympa,
- 53:04mais je ne sais pas si c'est vraiment mon domaine.
- 53:08Et comme fait à exprès,
- 53:11une grosse entreprise me demande une conférence qui était accueillie sur une transformation pas facile.
- 53:18Je leur propose deux angles.
- 53:21dont un était un voyage numéro pur et il me dit,
- 53:23ben non,
- 53:24mêlez les deux.
- 53:27Et du coup,
- 53:28là,
- 53:29je me suis dit,
- 53:29ben pareil,
- 53:30ok,
- 53:31pourquoi pas.
- 53:32Et depuis,
- 53:33ça m'a aidée à faire ce passage-là.
- 53:35Pourquoi pas,
- 53:37et devenu la réalité.
- 53:39Et devenu la réalité,
- 53:40voilà.
- 53:41Super,
- 53:42c'est une belle conclusion en tout cas.
- 53:44On se rappellera du pourquoi pas à chaque nouvelle situation de vie.
- 53:48On voit que c'est un merveilleux élan.
- 53:53Ça peut nous donner,
- 53:53en tout cas.
- 53:54Tu me diras.
- 53:54Moi,
- 53:54j'ai là...
- 53:57En tout cas,
- 53:57il est présent pas toutes les semaines,
- 54:00mais presque.
- 54:02Et c'est vraiment un fil conducteur.
- 54:04Donc oui,
- 54:04si ça se parle,
- 54:05ça sera déjà...
- 54:07Ça sera déjà un super outcome.
- 54:13Merci beaucoup,
- 54:13Marie-Emmanuelle.
- 54:14Avec plaisir.
- 54:15C'était,
- 54:16encore une fois,
- 54:17vraiment...
- 54:18très nourrissant d'échanger avec toi sur ces sujets,
- 54:21donc merci d'avoir répondu présente.
- 54:24Ah génial avec grand plaisir si ça t'a servi et puis je ne dis pas que je te dois le faire tout tout de suite,
- 54:31donc tu m'as dit une photo et un lien vers une équipe quoi,
- 54:36c'est ça ?
- 54:37Exactement