Latest / Entretien avec un dentiste / #57 Dr Marion Mégly, endodontiste 2/2 : Au delà du fauteuil, l'humain derrière le soin 2/2
Transcript
- 0:04Après deux séries à avoir tendu le micro à des patients,
- 0:07Abdelawacheria,
- 0:08victime du centre dentaire Dentexia et cofondateur de l'association La Dents Bleues,
- 0:12puis Sabrina Lebars,
- 0:13patiente partenaire et cofondatrice de l'association Corasso,
- 0:17qui sensibilise au cancer tête et cou,
- 0:19nous allons revenir vers une dentiste,
- 0:20mais qui a la particularité d'être aussi passée de l'autre côté du fauteuil.
- 0:24Marion Melly est chirurgienne dentiste,
- 0:26d'abord omnipraticienne,
- 0:28elle s'est progressivement orientée vers un exercice exclusif en endodontie.
- 0:32Ce choix,
- 0:32elle nous l'a raconté dans l'épisode précédent.
- 0:36Mais ce que je vous expliquais juste avant,
- 0:37c'est que Marion a aussi expérimenté la position inconfortable,
- 0:41parfois traumatisante,
- 0:42que vivent nos patients.
- 0:43A 22 ans,
- 0:44encore étudiante,
- 0:45Marion a été confrontée à une gêne lors de la mastication.
- 0:49Un examen a révélé une importante destruction osseuse au niveau de ses incisives,
- 0:53conséquence d'un traumatisme non traité survenu à l'âge de 12 ans.
- 0:56Après extraction,
- 0:57greffe et pose d'implant,
- 0:59un de ses implants a échoué 10 ans plus tard.
- 1:01Entre tristesse et résignation,
- 1:03Marion a dû affronter son mal-être,
- 1:05un sentiment qu'elle aurait préféré garder pour elle,
- 1:07mais qui est devenu visible aux yeux de tous.
- 1:10Cette expérience a transformé sa vision des soins dentaires,
- 1:13c'est ce que nous allons explorer plus en détail dans cette deuxième partie.
- 1:23Ce que nous explique Marion,
- 1:24c'est qu'il lui a fallu faire avec cette nouvelle image de soi,
- 1:27et avec un sourire qui n'arrête pas de changer.
- 1:29Elle nous explique aussi que ces différentes interventions ont eu un impact à la fois au niveau psychologique bien sûr,
- 1:35mais au niveau organique aussi.
- 1:36Elle a ressenti une forte diminution d'énergie,
- 1:38une perte de vitalité,
- 1:40une dévitalisation comme nous l'expliquait Abdelawacharia dans une des séries précédentes.
- 1:44Ce qu'elle nous raconte aussi,
- 1:45c'est qu'au travers de son vécu,
- 1:47elle est parvenue à mieux comprendre certains comportements de nos patients,
- 1:50qui peuvent parfois nous sembler irrationnels et même nous exaspérer.
- 1:54Et la compréhension de cette dimension émotionnelle a fortement contribué à donner encore plus de sens à sa pratique.
- 2:03Marion fait partie des très belles rencontres qui jalonnent mon aventure dans le podcast.
- 2:07Elle s'est livrée à moi sur un sujet sensible pour elle,
- 2:09et je la remercie pour sa confiance.
- 2:12Elle voulait que je coupe son rire qu'elle trouvait trop présent.
- 2:14Désolée Marion,
- 2:15mais j'ai pas pu.
- 2:16Et Pauline,
- 2:16ma réalisatrice son non plus d'ailleurs.
- 2:18Nous sommes tombés d'accord toutes les deux qu'on ne pouvait pas censurer une telle joie de vivre.
- 2:22Et moi-même,
- 2:23je me trouve d'ailleurs assez exaltée dans cet échange,
- 2:25preuve que le contact est bien passé.
- 2:27J'espère que vous prendrez autant de plaisir à nous écouter que j'en ai eu à discuter avec Marion.
- 2:32Bonne écoute.
- 2:38Maintenant,
- 2:39on va parler un petit peu de l'autre facette,
- 2:42à la fois de ta personnalité,
- 2:43mais aussi d'une autre expérience.
- 2:46Donc en fait,
- 2:47on voit dans l'approche que tu as du métier de dentiste,
- 2:50on sent qu'en fait,
- 2:51il y a une place très importante laissée à l'écoute des patients,
- 2:56là où je trouve que peut-être beaucoup d'entre nous essayons plutôt de nous protéger de la relation.
- 3:03Moi,
- 3:03je me souviens,
- 3:04il y a quelques années,
- 3:07au début de mon exercice,
- 3:09mais ça faisait déjà quelques années que j'exerçais,
- 3:12et je me souviens avoir dit,
- 3:13en fait,
- 3:13ça serait beaucoup plus simple si les patients nous protégeaient.
- 3:16poser leur bouche,
- 3:17qu'ils partaient,
- 3:18et ensuite,
- 3:19ils revenaient la chercher.
- 3:19Donc un peu comme on pose la voiture chez le garagiste.
- 3:22Et je ne pense pas être la seule à avoir dit ça.
- 3:25Qu'est-ce qui fait que finalement,
- 3:27tu as développé cette capacité d'empathie et d'écoute ?
- 3:32Alors...
- 3:35Je pense qu'avec le temps et l'expérience,
- 3:41je me suis rendue compte de toute la symbolique émotionnelle qu'il y avait dans la bouche,
- 3:49à la fois grâce à mes patients et aussi grâce à mon propre vécu.
- 3:56Et ces émotions,
- 3:58on n'est pas formé à les prendre en charge,
- 4:04on dit ça.
- 4:05On va aller gérer,
- 4:07gérer ses émotions.
- 4:08Déjà,
- 4:08gérer ses propres émotions,
- 4:10ce n'est pas simple.
- 4:12Mais alors,
- 4:12quand il faut en plus gérer celles des patients,
- 4:17qui sont parfois complètement,
- 4:21pas forcément rationnelles,
- 4:22une émotion,
- 4:23ça nous submerge,
- 4:24ça vient comme ça,
- 4:25on ne peut pas expliquer pourquoi.
- 4:28C'est compliqué.
- 4:30Je me suis rendue compte qu'il y avait certains patients comme ça,
- 4:34qui étaient beaucoup plus expressifs que d'autres.
- 4:37Et puis,
- 4:39pour moi aussi,
- 4:44cette connexion qu'on peut avoir avec le patient,
- 4:48dans le sens où tout se transmet.
- 4:53Une équipe stressée autour du patient va stresser un patient,
- 4:56un patient stressé va nous stresser,
- 4:59C'est comme si on était dans cette petite bulle autour du fauteuil,
- 5:03comme si tout était un peu décuplé.
- 5:05Moi,
- 5:05je ressens les choses fortement comme ça.
- 5:09Et il fait un bond.
- 5:11On fait tous des bonds.
- 5:13On est tous connectés au corps,
- 5:16par la bouche et par ces émotions-là.
- 5:20Et là,
- 5:20je me suis dit,
- 5:24il faut que je travaille sur moi d'abord pour réussir à...
- 5:29Prendre du recul,
- 5:30lâcher,
- 5:32se dire que tout ça,
- 5:34la réaction du patient,
- 5:35sa colère,
- 5:36son angoisse,
- 5:38c'est pas personnel.
- 5:41Lui laisser son espace,
- 5:43le temps pour qu'il se fasse.
- 5:46Toutes ces choses-là,
- 5:47effectivement,
- 5:49je pense que je n'avais pas conscience forcément que j'avais ces capacités-là au départ.
- 5:57et que aujourd'hui,
- 5:59tout simplement,
- 5:59je les décuple.
- 6:01Oui,
- 6:02mais je te rejoins beaucoup là-dessus parce que je pense que déjà,
- 6:09on démarre les études à un âge où on n'a pas du tout d'expérience ou peu d'expérience pour la plupart d'entre nous.
- 6:19On découvre un métier,
- 6:21on découvre un apprentissage et ce qui nous intéresse au début.
- 6:25Et puis il ne faut pas se mentir non plus.
- 6:27Ce qui nous plaît au départ quand on rentre dans le métier,
- 6:29c'est justement de découvrir la technique,
- 6:32le matériel,
- 6:32de progresser.
- 6:33En fait,
- 6:34le patient,
- 6:35c'est un peu l'argument pour pouvoir mettre nos compétences,
- 6:40en tout cas nos apprentissages et de les tester,
- 6:45cette dimension humaine.
- 6:47Je pense qu'elle est en nous,
- 6:48mais elle n'est pas innée.
- 6:51Elle reste aussi à développer,
- 6:53à travailler.
- 6:54À développer,
- 6:55tout à fait.
- 6:56Elle reste à développer,
- 6:57mais elle passe aussi par son propre développement.
- 7:01Alors des fois,
- 7:02c'est plus facile,
- 7:04on n'ose pas aller travailler ce qu'on a à travailler.
- 7:06Mais pour moi,
- 7:07l'autre,
- 7:08le patient en l'occurrence,
- 7:09il me permet vraiment d'évoluer.
- 7:12Et que ça soit en bien ou en mal,
- 7:15tu vois.
- 7:16J'évoquais l'autre jour cette expérience de ce père agressif qui était venu au cabinet et qui avait un peu choqué toute notre équipe de soins parce qu'il n'en pouvait plus de voir sa fille souffrir.
- 7:29sur laquelle j'avais fait un coiffage pulpaire et qui vraisemblablement ne fonctionnait pas.
- 7:35Sauf que...
- 7:37On n'avait pas pris la mesure de l'ampleur de la souffrance de la jeune fille que j'avais vue la veille.
- 7:42Et je lui avais dit,
- 7:43bon bah effectivement ça semble pas fonctionner,
- 7:45mais on va faire la pulpectomie.
- 7:47Mais voilà,
- 7:48le contexte faisait que je ne pouvais pas la faire tout de suite.
- 7:51Et donc il a déboulé vraiment à furibon,
- 7:54avec des menaces de tout péter dans le cabinet,
- 7:57en criant à la salle d'attente que j'avais fait une erreur médicale,
- 7:59enfin voilà.
- 8:01Et cet épisode-là...
- 8:04Il m'a tétanisée,
- 8:06mais il m'a fait m'ouvrir sur comment je pouvais,
- 8:11moi,
- 8:12mieux gérer mes relations aux autres,
- 8:14comment je pouvais mieux comprendre leur schéma,
- 8:18leur façon d'être.
- 8:20Donc,
- 8:20je me suis formée dans la formation de gestion des conflits en milieu professionnel.
- 8:26Et puis,
- 8:27après tout le volet,
- 8:28un peu,
- 8:29justement,
- 8:29émotion.
- 8:31Et au final,
- 8:32je lui dis merci,
- 8:33quoi.
- 8:33J'ai dit merci parce qu'il m'a renvoyé quelque chose où moi je ne me sentais pas bien,
- 8:39je me sentais vulnérable,
- 8:41mais qui m'a permis de me dépasser.
- 8:42Alors justement,
- 8:44après être revenue sur cet événement et avoir peut-être formé ou avoir essayé de comprendre un petit peu ce qui s'était passé à ce moment-là,
- 8:55comment maintenant tu aurais géré la situation ?
- 9:00C'est une bonne question.
- 9:02Je pense que déjà,
- 9:02j'aurais pris mon courage à deux mains.
- 9:05Ce jour-là,
- 9:06je ne l'ai pas eu.
- 9:08Ce jour-là,
- 9:09j'étais vraiment tétanisée.
- 9:10Le courage par rapport au patient,
- 9:13de lui parler ?
- 9:14Par rapport au patient,
- 9:15parce qu'en fait,
- 9:15au final,
- 9:16ce n'est pas moi qui ai géré la crise.
- 9:20Parce qu'on a plusieurs façons de réagir quand on est en danger.
- 9:24En l'occurrence,
- 9:24ce mois-là,
- 9:25c'était plutôt la fuite.
- 9:26Et par rapport à la jeune fille,
- 9:28je veux dire la situation avant la colère,
- 9:30en fait,
- 9:31avant la colère du patient.
- 9:33Avant la colère,
- 9:34ah oui.
- 9:34Est-ce que...
- 9:35Pourtant,
- 9:36elles sont toujours prévenues que ça peut ne pas fonctionner,
- 9:41et en l'occurrence,
- 9:42elles l'étaient.
- 9:44Après,
- 9:44entre le message qui est reçu,
- 9:47c'est surtout ça en fait que j'ai compris,
- 9:50c'est qu'on a différents canaux sensoriels de prédilection,
- 9:57où on est plus ou moins réceptif,
- 9:59entre l'auditif,
- 10:01le visuel,
- 10:01le kinesthésique,
- 10:02etc.
- 10:03et que quand on arrive à cerner un petit peu le profil du patient,
- 10:09on peut plus facilement adapter son vocabulaire et son discours pour être sûr que le message passe bien.
- 10:17Alors,
- 10:18quand on est rentré de cette formation,
- 10:20on était à fond en train d'essayer de décrypter un petit peu tous les profils de nos patients.
- 10:24Je me suis vite rendu compte que c'était quand même très compliqué,
- 10:27pas si simple.
- 10:28Et au final,
- 10:29ce que j'ai...
- 10:30mis en place derrière,
- 10:32c'est une façon de communiquer qui englobe ces trois canaux.
- 10:38Je me dis,
- 10:38je vais jouer sur les trois canaux,
- 10:41je fais des dessins,
- 10:43je parle,
- 10:43j'emploie tout le vocabulaire,
- 10:45je fais du feedback,
- 10:47je demande à m'expliquer ce qu'ils ont compris,
- 10:51pour être sûre que le message est passé et comment réagir en cas d'urgence.
- 10:59L'ASCIS.
- 10:59Ce qui s'est passé,
- 11:00c'est que malheureusement,
- 11:01ça tombait très très mal parce que c'était un moment où moi je devais me faire opérer de la main,
- 11:04donc je n'étais pas réactive pour pouvoir faire le soin.
- 11:07Heureusement,
- 11:07j'ai une bonne équipe qui a géré et qui a pu soulager ma patiente.
- 11:12Parfois,
- 11:13dans le contexte,
- 11:13ça ne marche pas.
- 11:14Il faut l'accepter aussi.
- 11:18Donc toi,
- 11:18au niveau...
- 11:20Expérience patient,
- 11:23tu peux nous en dire un petit peu plus sur ce que tu as vécu et la façon dont ça s'est passé et ce que tu en as retenu ?
- 11:36Alors,
- 11:37moi ce qui s'est passé en fait c'est que je me suis rendu compte à l'âge de 22-23 ans quand j'étais en études dentaires que j'avais finalement
- 11:50Une gêne quand je mastiquais,
- 11:53quand je viens écraser le bol alimentaire sur ma voûte palatine,
- 11:58pour prendre des termes bien dentaires.
- 12:02Et quand on a fait le bilan,
- 12:04on s'est rendu compte en fait que j'avais une destruction osseuse importante au niveau du prémaxillaire qui intéressait mes deux incisives en transcorticale,
- 12:14bicorticale.
- 12:15Et qui serait d'origine occlusale ?
- 12:17Qui serait d'origine traumatique.
- 12:21Parce qu'après,
- 12:21du coup,
- 12:22j'ai retrouvé une panoramique que j'avais faite à l'âge de 12 ans,
- 12:27où on voyait que j'avais un apex fracturé sur la ronde,
- 12:32et qui,
- 12:32à l'époque,
- 12:34n'avait pas été traité,
- 12:36et surtout n'avait pas été suivi.
- 12:38Parce qu'à l'époque,
- 12:39j'avais eu une petite sensibilité.
- 12:42mais derrière,
- 12:43il n'y a pas eu de suivi plus que ça.
- 12:45Donc,
- 12:46ce qui s'est passé,
- 12:46c'est que,
- 12:48en plus,
- 12:48j'ai eu de l'orthodontie à ce moment-là,
- 12:50pendant quatre ans,
- 12:52et donc j'ai eu oblitération canalaire,
- 12:55résorption des apex et granulomes qui se sont développés.
- 13:00Donc,
- 13:02à l'époque,
- 13:02j'ai été traitée par les enseignants de la fac en endo.
- 13:08C'était un peu les débuts de l'endo de 2000.
- 13:12Deux,
- 13:122003.
- 13:15Donc sous microscope,
- 13:16ça n'a pas été concluant.
- 13:19Et en chirurgie,
- 13:20j'ai eu des curetages,
- 13:22sans obturation à rétro,
- 13:24à l'époque,
- 13:25qui n'ont pas non plus fonctionné.
- 13:26Donc à chaque fois,
- 13:27ça récidivait.
- 13:28Si bien qu'à un moment donné,
- 13:32j'ai eu une fistule.
- 13:34Et que du coup,
- 13:36il a fallu prendre une décision et de se dire que peut-être le problème c'était les dents.
- 13:42Et du coup,
- 13:43on m'a proposé de les enlever et de les remplacer par des implants.
- 13:48Et ce qui se passe aujourd'hui,
- 13:49c'est qu'au final,
- 13:53c'est revenu à nouveau.
- 13:54Une nouvelle inflammation.
- 13:55Au niveau des implants ?
- 13:57Au niveau d'un implant,
- 13:58principalement.
- 13:59Je pensais que je faisais une périimplantite.
- 14:04On l'a enlevée.
- 14:06Il tenait bien,
- 14:07mais je ne voulais pas rester avec cette inflammation.
- 14:12Le fait de l'avoir enlevée,
- 14:15ça n'a rien changé.
- 14:16J'avais toujours cette infection.
- 14:19Finalement,
- 14:21j'ai un terrain.
- 14:25qui n'est pas sain là-dessous.
- 14:28J'avais une nécrose osseuse encore importante et le biomatériau qui n'avait pas pris bio à cette époque.
- 14:36Donc voilà,
- 14:37en fait,
- 14:38s'est posée la question,
- 14:40lors du curetage,
- 14:41de devoir enlever une nouvelle incisive.
- 14:47Et pour le coup,
- 14:48là,
- 14:48c'était juste...
- 14:51impensable pour moi.
- 14:52Là,
- 14:52je me suis dit,
- 14:52non,
- 14:53là,
- 14:53il faut arrêter de m'enlever des dents,
- 14:55parce que,
- 14:56enfin,
- 14:58c'est les dents,
- 14:59effectivement,
- 15:00c'est les incisives,
- 15:01donc déjà,
- 15:01je ne savais pas vraiment comment j'allais repartir.
- 15:04Enfin,
- 15:05voilà,
- 15:05c'était compliqué,
- 15:05ce n'était pas envisageable.
- 15:09Donc aujourd'hui,
- 15:10j'ai une nouvelle greffe,
- 15:13une halogreffe avec Biobank.
- 15:16On fait des choses nouvelles.
- 15:19Et on essaie de voir si on peut reconstruire pour que je puisse avoir des dents et sourire à nouveau.
- 15:28Je suis quelqu'un qui sourit beaucoup.
- 15:31Donc du coup,
- 15:33c'est pas facile.
- 15:34Il faut faire avec cette nouvelle image de soi
- 15:39Ce que je disais quand on m'a enlevé mes incisives,
- 15:43là,
- 15:43il y a 10 ans,
- 15:44et qu'on m'a mis des implants,
- 15:46moi,
- 15:46je ne me reconnaissais pas dans la glace.
- 15:47J'avais vraiment l'impression que ce n'était pas moi,
- 15:49quoi.
- 15:49À chaque fois que je le voyais en train de sourire...
- 15:54je me disais,
- 15:55enfin,
- 15:56voilà,
- 15:56c'était pas moi.
- 15:59Bon là,
- 15:59depuis un an,
- 16:01mon sourire n'arrête pas de changer.
- 16:03Donc maintenant,
- 16:04je ne le regarde plus.
- 16:07Mais c'est vrai que toute cette dimension,
- 16:12toute cette dimension du sourire,
- 16:14pour moi,
- 16:14c'est la relation à l'autre aussi.
- 16:17Et c'est l'image de soi,
- 16:19de ce que ça renvoie.
- 16:20Et je me suis rendue compte de l'impact que ça avait physiquement sur mon corps.
- 16:27Je me suis sentie vraiment en perte d'énergie complète.
- 16:30J'avais l'impression que ça me coupait les ailes.
- 16:33parce que j'avais plein de projets ça fait écho à la série que j'ai enregistrée avec Abdel Awacheria qui a été victime des centres d'antexéla et qui est docteur en biologie donc qui a aussi cette casquette scientifique et puis très
- 16:53proche d'Edgar Morin donc un côté aussi sur la pensée systémique qui lui donne une vision très globale et très intéressante
- 17:03et qui dit en fait quelque chose moi qui m'a vraiment marquée sur le principe de la dévitalisation.
- 17:10Oui,
- 17:11je l'ai entendu ce mot-là,
- 17:12ça m'a fait...
- 17:14Et nous en fait quand on parle de dévitalisation,
- 17:17c'est un mot qui est vraiment du jargon dentaire,
- 17:20dévitalisation,
- 17:21on retire le nerf,
- 17:22on rebouche les canaux,
- 17:23etc.
- 17:24Mais il y a aussi la dimension vitale de l'être en fait,
- 17:30c'est-à-dire on dévitalise.
- 17:32On retire de la vitalité.
- 17:34Je pense que c'est vraiment quelque chose,
- 17:37quand on reçoit des patients,
- 17:38qu'on leur fait des fois des soins lourds,
- 17:41qui durent plusieurs heures,
- 17:42et avec des transitions,
- 17:45où le patient,
- 17:46avec des provisoires,
- 17:48que des fois il ne supporte pas,
- 17:49qu'il ne va pas porter,
- 17:51qu'il va s'adapter plus ou moins,
- 17:53on ne se rend pas compte de cette dimension que ça peut avoir au niveau...
- 17:56Une fois qu'il rentre chez lui,
- 17:58sur ses relations aux autres,
- 18:00sur son travail,
- 18:01sur lui face à lui-même dans le miroir,
- 18:05donc l'estime de soi,
- 18:06c'est quelque chose qu'on ne mesure pas.
- 18:09Et qui est très,
- 18:10très important.
- 18:12À prendre en compte,
- 18:14même dans l'acceptation d'une prothèse par exemple.
- 18:18Souvent on se dit,
- 18:19allez hop,
- 18:19on la pose,
- 18:20c'est bon,
- 18:20ça ne bouge pas,
- 18:21j'ai vérifié mon équilibration,
- 18:22donc il n'y a pas de raison que ça n'aille pas.
- 18:25Sauf qu'en fait derrière,
- 18:26il y a tout ce que ça implique,
- 18:28toute la symbolique.
- 18:30Et puis comment je vais me sentir moi quand je vais mâcher.
- 18:35Voilà,
- 18:36c'est vrai que ce terme-là,
- 18:39il m'a aussi vraiment...
- 18:40Il a résonné en moi quand il l'a prononcé,
- 18:43quand j'ai écouté le podcast.
- 18:44Et je me suis dit,
- 18:45mais c'est ça.
- 18:46Et puis,
- 18:46il y a plein d'expressions,
- 18:49tu sais.
- 18:49On dit avoir du mordant,
- 18:51croquer la vie à pleines dents.
- 18:54Et cette symbolique de perdre un bout de soi qui ne repoussera jamais,
- 18:59finalement.
- 19:01C'est comme être un peu estropié.
- 19:05Oui,
- 19:06il manque un membre.
- 19:07Il y a peut-être un travail,
- 19:09le mot est peut-être fort,
- 19:11mais je n'en trouve pas d'autre,
- 19:12mais il y a aussi quand même peut-être un travail de deuil à faire sur les dents d'avant,
- 19:18le sourire d'avant,
- 19:20l'acceptation finalement.
- 19:22Même si c'est toi,
- 19:23je ne suis pas sûre que pour le coup...
- 19:27Ce que toi,
- 19:27tu as vécu avec les incisives,
- 19:29est-ce que ça a eu un impact sur le regard de ton entourage ?
- 19:33Non.
- 19:36Non,
- 19:36non.
- 19:37Quelques temps après notre enregistrement,
- 19:39j'ai reçu un message de Marion sur WhatsApp dans lequel elle me disait souhaiter compléter une réponse à une question que je lui avais posée parce qu'elle avait l'impression d'avoir répondu à côté ou en tout cas de ne pas avoir répondu complètement.
- 19:50Ça,
- 19:50c'est le côté perfectionniste de l'endodontiste qui ressort.
- 19:53C'est ce que vous allez écouter en suivant et qui explique que le son n'est pas tout à fait le même.
- 19:57À la question
- 19:59Est-ce que tu as l'impression que le regard des autres a changé sur toi ?
- 20:04Je réponds Non
- 20:06Je réponds que je n'ai pas spécialement l'impression qu'ils se rendent compte de l'impact que ça a sur moi.
- 20:15J'ai surtout l'impression que c'est mon propre regard qui a changé sur moi et que c'est mon...
- 20:23C'est pour ça que j'ai commencé un travail pour accepter,
- 20:26finalement,
- 20:28pour faire le deuil de ce sourire,
- 20:31de ces dents.
- 20:35Et en fait,
- 20:36c'est un problème entre moi et moi.
- 20:38Et ce n'est pas toujours facilement compréhensible vu de l'extérieur,
- 20:42parce que ça ne paraît pas grave.
- 20:46Et foncièrement,
- 20:47ça n'allait pas plus que ça.
- 20:49Je veux dire,
- 20:50ce n'est pas une grosse pathologie non plus.
- 20:53Mais moi,
- 20:53je me sens touchée dans mon fort intérieur.
- 20:57Je me sens touchée dans ma chair,
- 21:00comme je disais.
- 21:00Je me sens coupée les ailes.
- 21:02Ça m'a vraiment fait perdre une énergie importante.
- 21:06Et j'ai eu besoin de faire un travail pour me réconcilier avec moi.
- 21:12Et là,
- 21:13ça va faire bientôt un an.
- 21:17Et une fois,
- 21:17il y a une amie qui m'a dit
- 21:19Tu sais Marion,
- 21:22Avec ou sans tes dents,
- 21:24de toute façon,
- 21:24tu continueras à sourire parce que la loi,
- 21:26elle est en toi.
- 21:28Et ça m'a énormément touchée et bouleversée.
- 21:32C'est une phrase qui me revient régulièrement.
- 21:35Et je me dis,
- 21:35mais oui,
- 21:36moi,
- 21:36je suis quelqu'un de joyeuse.
- 21:39Je ne peux pas m'empêcher de rire,
- 21:40je ne peux pas m'empêcher de sourire,
- 21:43même si j'ai deux dents en moins de vent.
- 21:49j'aime trop la vie en fait et à un moment donné je me suis dit mais tu vas t'enfermer combien de temps comme ça dans ta coquille tu vas te brider en fait combien de temps quoi regarde les autres autour de toi ils t'empêchent pas d'avancer en fait ils
- 22:03se rendent même pas compte de ce que tu es et je crois que pour cette nouvelle année qui commence j'ai envie de m'enfuir en fait
- 22:15et de continuer à sourire.
- 22:22Tu sais,
- 22:23on a cette déformation professionnelle.
- 22:25Nous,
- 22:25on ne regarde que les dents des gens,
- 22:26mais la plupart des gens se regardent dans les yeux.
- 22:30Hier,
- 22:30il y avait une maman qui m'a amené son gamin parce que je suis pour un trauma.
- 22:35Il s'était recassé,
- 22:36il s'est tapé la dent que je venais de lui faire.
- 22:40Et il s'est recassé son incisive.
- 22:42Et puis,
- 22:42elle me dit,
- 22:43il a mis deux jours à me le dire.
- 22:45Je lui dis,
- 22:45ça se voit quand même,
- 22:46dès qu'il sourit,
- 22:46ça se voit.
- 22:48Mais elle n'avait pas remarqué.
- 22:50Donc,
- 22:50en fait,
- 22:51les gens ne se...
- 22:52Regarde pas dans les dents !
- 22:54Les gens se regardent dans la globalité,
- 22:57dans les yeux,
- 22:58dans la posture,
- 22:59mais nous on est là en train de se regarder dans les dents.
- 23:03C'est une déformation professionnelle qu'on a.
- 23:06Peut-être,
- 23:07mais il y a quand même une dimension psychologique,
- 23:12sociale,
- 23:13économique depuis longtemps autour des dents.
- 23:17On parle justement de l'expression des sans-dents qui est très déclassante.
- 23:21C'est-à-dire que les personnes qui ne peuvent pas se faire soigner des dents,
- 23:24C'est des gens qui sont pauvres,
- 23:26c'est des gens qui...
- 23:27Et c'est quand même une réalité aussi.
- 23:29Alors tu sais que je me suis dit,
- 23:31ça y est,
- 23:32je suis une sans-dents.
- 23:35Et je suis tombée sur un article en Afrique du Sud.
- 23:43En fait,
- 23:43c'est esthétique là-bas de se faire enlever les incisives.
- 23:46Et ça montre justement qu'on appartient à une classe.
- 23:52Et du coup,
- 23:52je me disais,
- 23:53vraiment,
- 23:53comme quoi ?
- 23:55Finalement,
- 23:56tout est biaisé.
- 23:58Tout est une question de filtre,
- 24:00de façon de comment on voit le monde.
- 24:02De culture.
- 24:03Moi,
- 24:03je serais là-bas,
- 24:04je serais à la mode,
- 24:05quoi.
- 24:08Les ornements aussi,
- 24:09tu vois,
- 24:10les dents en or.
- 24:12Je me souviens d'avoir eu un patient qui était le chef des gitans de la région et qui était super et qui était hyper réglo et qui venait se faire soigner au cabinet et qui voulait des dents en métal devant
- 24:29ou des dents en or,
- 24:29je ne me souviens plus exactement,
- 24:30mais parce que c'était signe de richesse,
- 24:32de puissance.
- 24:33etc.
- 24:34Ça,
- 24:35c'est aussi une dimension culturelle.
- 24:39Après,
- 24:39au-delà de cette dimension de toi,
- 24:45de ce que tu as vécu au niveau de l'image,
- 24:49il y a aussi toute la dimension douleur et la dimension de confier son corps et sa bouche à quelqu'un d'autre.
- 24:59Ça,
- 24:59tu l'as vécu comment ?
- 25:01Alors,
- 25:02plus ça va.
- 25:03Moi,
- 25:03je le vis bien.
- 25:05Je pense qu'il y a une mémoire du corps,
- 25:07enfin,
- 25:08en tout cas,
- 25:08moi,
- 25:09je le constate comme ça.
- 25:11C'est un site où,
- 25:12du coup,
- 25:14j'ai eu,
- 25:14je ne sais pas,
- 25:15j'ai arrêté de compter,
- 25:16mais au moins huit interventions.
- 25:19Et du coup,
- 25:22effectivement,
- 25:22il y a une sorte d'angoisse qui s'installe juste avant.
- 25:30Et même si je suis formée aux techniques hypnotiques,
- 25:35et même si je le fais sur mes patients,
- 25:38quand il s'agit de le faire sur moi,
- 25:42quand je m'allonge,
- 25:42je suis raide comme un bout de bois,
- 25:45j'ai vraiment du mal à me laisser complètement...
- 25:50Allez quoi !
- 25:51Et vraiment,
- 25:53le maxillaire supérieur,
- 25:56parce que je ne sais pas si ça fait pareil à la mandibule,
- 25:58mais le maxillaire supérieur,
- 26:00ça résonne de fou dans toute la tête.
- 26:06Ça,
- 26:06tu vois,
- 26:07même sans l'avoir vécu.
- 26:10C'est quelque chose qu'on pressent,
- 26:11tu vois,
- 26:12quand on intervient sur le maxillaire inférieur ou quand on va intervenir sur le maxillaire supérieur.
- 26:17Moi,
- 26:18je n'ai pas la même appréhension sur le patient,
- 26:20je veux dire.
- 26:22Je le préviens un peu.
- 26:23Alors,
- 26:23c'est vrai que des fois,
- 26:24tu ne vas pas non plus trop en rajouter parce que ce n'est pas la peine de lui faire peur.
- 26:27Mais en tout cas,
- 26:28moi,
- 26:28j'y suis attentive.
- 26:30Est-ce que toi,
- 26:31du coup,
- 26:32quand tu es sur le fauteuil et qu'on est dans une situation qui est particulièrement vulnérable,
- 26:38tu es très attentive à l'attitude,
- 26:42aux gestes,
- 26:44aux détails du praticien qui te soigne.
- 26:48Là,
- 26:48en ce moment,
- 26:49je pense que la praticienne qui m'a prise en charge,
- 26:52je ne suis pas un cadeau pour elle,
- 26:54parce que je pleure,
- 26:55parce que ce n'est pas facile,
- 26:58et que je vois bien qu'elle fait tout ce qu'elle peut pour que ça se passe bien,
- 27:04et je sais qu'elle donne le meilleur d'elle-même,
- 27:06et je me sens en confiance avec elle.
- 27:09Mais c'est moi avec moi,
- 27:11en fait,
- 27:11quand je suis sur le fauteuil.
- 27:13Finalement,
- 27:15La personne qui me soigne autour,
- 27:19j'ai besoin d'être rassurée sur ses intentions,
- 27:23c'est-à-dire qu'on soit d'accord sur ce qu'on va faire.
- 27:29Et d'ailleurs,
- 27:30je l'ai remerciée parce que je pense qu'elle me l'aurait enlevée,
- 27:34cette dent.
- 27:36Elle a entendu que ce n'était pas envisageable pour moi et qu'il fallait me laisser le temps.
- 27:41De me faire à l'idée que peut-être j'allais l'enlever,
- 27:44même si,
- 27:44tu vois,
- 27:44j'ai pas encore fait,
- 27:46j'y suis pas encore.
- 27:48Et d'accepter de me prendre telle que je suis.
- 27:51Et donc,
- 27:53des fois,
- 27:53je pleure,
- 27:54des fois,
- 27:54je bourdonne,
- 27:56des fois,
- 27:57j'ai envie de...
- 27:59Mais elle me laisse faire,
- 28:00quoi.
- 28:01Et juste ça,
- 28:02c'est déjà génial,
- 28:03parce qu'en fait,
- 28:04elle le prend pas pour elle.
- 28:06Et hier,
- 28:08c'était rigolo,
- 28:08parce que j'ai eu une patiente phobie.
- 28:11Et justement,
- 28:12à un moment donné,
- 28:13je commençais à entendre un petit bruit.
- 28:17Je me disais,
- 28:17mais c'est quoi ce bruit sourd que j'entends ?
- 28:20Et j'ai réalisé que c'était la patiente qui bourdonnait.
- 28:23C'est quoi que tu appelles bourdonner ?
- 28:25Comme un enfant,
- 28:25une fois,
- 28:25il m'avait déjà fait ça quand je le soignais.
- 28:27Il faisait là...
- 28:32Et il fait ça.
- 28:34J'ai laissé faire.
- 28:35J'ai intégré dans l'hypnose en me disant que peut-être,
- 28:39autour de l'endroit où elle se trouvait,
- 28:41il y avait des petites abeilles et qu'elle pouvait laisser aller au bourdonnement environnant,
- 28:47etc.
- 28:49Et à la fin,
- 28:50elle m'a dit mais merci Et en fait,
- 28:53j'ai senti que ça l'avait vraiment apaisée de faire ça.
- 28:56Et à la fin,
- 28:57elle m'a dit merci
- 28:58Merci de m'avoir laissé faire.
- 29:01Et je lui ai dit,
- 29:02de toute façon,
- 29:02je n'aurais pas pu vous empêcher de le faire parce que je ressens,
- 29:05moi,
- 29:05le même besoin de faire ça.
- 29:07Et je ne sais pas pourquoi.
- 29:09Peut-être que de vibrer comme ça...
- 29:12Un ronronnement un peu apaisant ?
- 29:17Tu sais,
- 29:18la thérapie avec les animaux,
- 29:19tu poses un chat sur le patient.
- 29:21Oui,
- 29:22mais le yoga fait ça aussi.
- 29:25Le yoga fait vibrer comme ça.
- 29:27Oui,
- 29:28c'est vrai,
- 29:28c'est des vibrations.
- 29:29C'est des vibrations.
- 29:31Moi,
- 29:31je ne l'explique pas du tout.
- 29:32Mais tout ce que je peux dire,
- 29:34c'est que ça permet de déconnecter et de s'emmener.
- 29:38Et quelque part,
- 29:39peu importe en fait quelles sont les ressources que le patient a pour aller bien.
- 29:44Nous,
- 29:44notre but,
- 29:45c'est de le soigner.
- 29:46Si son truc,
- 29:47c'est de chanter,
- 29:48de bourdonner ou de pleurer,
- 29:50de laisser aller.
- 29:53Avant-hier,
- 29:53c'est pareil,
- 29:54j'avais une jeune fille,
- 29:57je sais que le soin se passait bien,
- 30:00et d'un coup les larmes se mettent à pleurer,
- 30:02je lui dis j'accueille,
- 30:04laissez couler ce qui est à sortir,
- 30:06elle avait subi un accident de voiture,
- 30:10et donc c'était suite à un trauma suite à ça,
- 30:13et à la fin de la séance,
- 30:15la mère me dit ça fait un an jour pour jour l'accident de voiture.
- 30:20Et moi,
- 30:20je n'avais pas à réaliser ça.
- 30:22Et donc forcément,
- 30:23quand on va travailler dans la bouche,
- 30:25on ne sait pas où part le patient.
- 30:28Il part surtout dans des soins qui durent une heure,
- 30:32deux heures.
- 30:33Et il faut le laisser faire.
- 30:34Oui,
- 30:34c'est sûr.
- 30:35Et puis j'ai envie de dire,
- 30:36le patient,
- 30:36on lui a tellement bien expliqué que quand on allait voir le dentiste,
- 30:40on n'était pas chez le psy.
- 30:42En fait,
- 30:42tout est bien compartimenté dans notre médecine.
- 30:46Chaque organe a son spécialiste,
- 30:49donc tu vas chez le dentiste,
- 30:51tu laisses quand même un petit peu de côté.
- 30:52Alors il y en a,
- 30:53c'est pas possible parce que ça les submerge tellement.
- 30:56Mais d'un autre côté,
- 30:57empêcher ces émotions,
- 30:59c'est aussi pour nous en tant que praticien,
- 31:01se mettre des freins énormes pour arriver à bien soigner ces gens-là en fait.
- 31:07Oui,
- 31:08je pense.
- 31:08Et puis l'émotion doit sortir.
- 31:10Comme tu disais,
- 31:10c'est un deuil.
- 31:12Et...
- 31:14Le deuil d'une dévitalisée dents,
- 31:16des fois pour certains patients,
- 31:18il y avait un jeune hier qui me disait,
- 31:20mais moi j'ai déjà une agénésie de 8 dents,
- 31:22j'ai pas envie qu'on me dévitalise une dent en plus.
- 31:24Sa dent était déjà nécrosée,
- 31:25donc je lui explique le principe en fait,
- 31:27je lui dis c'est comme si elle était déjà dévitalisée naturellement,
- 31:31donc il faut juste qu'on désinfecte maintenant.
- 31:33Mais pour eux ça a de l'importance les mots,
- 31:39Une fois qu'on est soigné,
- 31:40qu'on ressort,
- 31:41on n'est pas comme avant.
- 31:42Il y a un avant,
- 31:43il y a un après.
- 31:44Et donc,
- 31:46ces émotions,
- 31:47il faut les accepter,
- 31:48il faut les laisser couler.
- 31:49Et en tant que praticien,
- 31:51si on n'a pas...
- 31:53travailler sur soi pour accepter pour mettre la distance qui va bien pour se dire ce n'est pas moi là elle gère son truc elle a son émotion moi tant que je peux faire mon acte technique c'est ok j'ai
- 32:08juste à l'accompagner ce travail d'accompagnement il est
- 32:15Il n'est pas facile à mettre en place,
- 32:16parce qu'il y a deux dimensions dans ce que tu dis.
- 32:19Il peut y avoir le praticien qui se protège et se met à distance des émotions en disant ce n'est pas mon problème en gardant une attitude peut-être haute du sachant,
- 32:31comme plus dans le modèle paternaliste.
- 32:36En tout cas,
- 32:36on peut avoir cette dimension de distance,
- 32:39mais qui n'est pas une distance avec l'empathie.
- 32:42par contre toi ce que tu préconises là c'est un accompagnement par l'hypnose par la parole pour que le patient puisse s'il veut laisser libre cours à ses émotions mais ça ça demande un travail énorme pour le praticien parce que moi qui me suis formée à l'hypnose mais qui ai eu beaucoup de mal à le mettre en pratique et encore aujourd'hui je la pratique pas parce
- 33:05que je trouve ça difficile alors moi je parle beaucoup avec mes patients après et avant le soin
- 33:11Et c'est d'ailleurs un temps qui est presque inclus dans mon temps de travail.
- 33:16Tu vois,
- 33:16j'ai des séances qui sont volontairement un petit peu plus longues que ce dont j'aurais besoin techniquement,
- 33:22parce que je sais que je discute avec mes patients.
- 33:27Alors pas de la puée du beau temps,
- 33:29mais il y a ce temps-là qui est important dans mon activité quotidienne.
- 33:34Mais pour autant,
- 33:35pendant l'acte,
- 33:36j'ai fait quelques séances,
- 33:37alors c'est un manque de pratique,
- 33:39Mais je trouve ça extrêmement difficile d'arriver à la fois à se concentrer sur l'acte technique et à faire ce travail d'accompagnement.
- 33:48Oui,
- 33:50alors moi je fais pas mal d'hypnose conversationnelle,
- 33:54l'hypnose formelle j'en fais quand même peu,
- 33:57mais là c'est juste ne pas juger,
- 34:00tu vois.
- 34:01Ça je pense que tout le monde est capable de faire ça.
- 34:04Juste même prendre un tout petit peu de recul et ne pas juger et laisser faire.
- 34:09Et ça ne va pas durer des plombes en fait.
- 34:11C'est juste qu'on est toujours à regarder sa montre.
- 34:14Et tu as raison de se dire,
- 34:16les patients qui sont un peu phobiques,
- 34:20ils te le disent,
- 34:21naturellement ils te le disent.
- 34:22Moi j'ai très très peur des dentistes,
- 34:24ou d'ailleurs ça se voit dans leur nom verbal,
- 34:26donc tu peux leur poser la question s'ils n'osent pas ouvrir la porte.
- 34:30Mais du coup,
- 34:32ces gens-là,
- 34:33tu vas prendre plus de temps.
- 34:35Moi,
- 34:35mon temps,
- 34:35il est calculé comme toi,
- 34:38par rapport à ça.
- 34:41Et c'est ce que je leur dis justement.
- 34:43Je leur dis,
- 34:44moi j'ai le temps.
- 34:45Je ne suis pas quelqu'un qui ait beaucoup le regard tourné vers le compteur et vers le chiffre d'affaires.
- 34:51Et des fois,
- 34:52ça serait bien que je me penche mieux sur la question d'ailleurs.
- 34:56Mais je ne pense pas en plus que ça ait eu un impact négatif sur justement mon activité.
- 35:03Par contre,
- 35:05quel soulagement en fait pour moi de sortir de cette pression.
- 35:10de la rentabilité permanente et de me dire le patient ne va pas commencer à me raconter sa vie parce que là je n'ai pas le temps je vais lui faire comprendre que je n'ai pas le temps et je vais ouvrir la porte et il va comprendre qu'il faut partir alors quand le patient est en train de te raconter que
- 35:26son fils ou sa fille vient d'avoir un accident grave est dans le coma aujourd'hui même comme avant les gens vivent des choses parfois très difficiles et quand ils te font cette confiance
- 35:39qui est énorme,
- 35:40en fait,
- 35:41de te raconter ça.
- 35:43Moi,
- 35:43j'aime bien savoir que j'ai 5 minutes,
- 35:4510 minutes pour pouvoir le faire.
- 35:47Oui,
- 35:47on ne choisit pas d'être la personne qui va...
- 35:52Enfin,
- 35:52d'être le confident du moment,
- 35:54en fait.
- 35:54Des fois,
- 35:55il y a des choses qui sortent,
- 35:59et ça a besoin de sortir,
- 36:00en fait.
- 36:00Et donc,
- 36:01on est aussi des soignants.
- 36:04Moi,
- 36:04il y a quelqu'un un jour qui m'a dit,
- 36:06mais Marion,
- 36:06en fait,
- 36:07tu peux faire beaucoup plus que sauver des dents.
- 36:09Et c'est vrai qu'aujourd'hui,
- 36:12moi,
- 36:13quand je soigne ces patients-là,
- 36:15j'ai l'impression d'avoir planté une petite graine,
- 36:20en tout cas d'avoir participé à la construction.
- 36:24d'une petite partie de,
- 36:27si on peut dire ça comme ça,
- 36:29d'avoir été un petit maillon qui va peut-être leur ouvrir la porte des possibles,
- 36:34de retrouver la confiance en soi,
- 36:37de ressentir qu'on est capable de faire les choses.
- 36:40Cette patiente phobique,
- 36:41hier,
- 36:42elle pleurait avant même d'avoir qu'on ait commencé,
- 36:46et quand je lui demande de quoi elle a peur,
- 36:48elle me dit,
- 36:49j'ai peur de partir en courant au milieu du soin.
- 36:53Donc je lui dis...
- 36:54Donc finalement,
- 36:55vous êtes en train de me dire que vous avez peur de vous.
- 36:57Donc je lui dis,
- 36:58c'est une bonne nouvelle déjà.
- 36:59Et du coup,
- 37:00en travaillant là-dessus,
- 37:02sur sa capacité à pouvoir balayer un petit peu cette pensée qu'elle n'est pas capable,
- 37:12et bien du coup,
- 37:12à la fin,
- 37:13c'est pareil.
- 37:14Elle m'a dit,
- 37:14mais merci de m'avoir dit que j'étais capable.
- 37:16C'est comme s'ils ne se croient plus capables.
- 37:19Ils ont des croyances qui sont très,
- 37:21très ancrées.
- 37:22Comme une autre qui m'avait dit,
- 37:23je suis insoignable.
- 37:24Je suis insoignable.
- 37:25Personne ne peut me soigner.
- 37:27Je me fais virer de tous les cabinets.
- 37:28Je suis insoignable.
- 37:30Voilà,
- 37:30celle-là,
- 37:31c'est une croyance qu'il faut casser dès la première consultation.
- 37:35Et si elle reste dans sa croyance,
- 37:38oui,
- 37:38elle sera insoignable.
- 37:40Mais si on arrive à ouvrir une petite brèche pour qu'elle puisse avoir un petit espoir que si elle va pouvoir être soignée,
- 37:48là,
- 37:48on a gagné.
- 37:50Et ça,
- 37:50je trouve ça génial,
- 37:51en fait.
- 37:53Oui,
- 37:53c'est génial.
- 37:54Tu rentres vraiment dans la dimension justement du soin,
- 37:59du rôle du soignant qui a énormément de sens en fait.
- 38:06Et c'est ce qui fait que tu es heureux d'aller bosser aussi.
- 38:09Oui.
- 38:10La réussite technique,
- 38:11c'est gratifiant,
- 38:12mais ça gratifie,
- 38:14je trouve,
- 38:15plus l'ego.
- 38:16Oui,
- 38:16tout à fait.
- 38:18Mais là,
- 38:19savoir que tu peux avoir un impact.
- 38:21Et dans ce que tu dis aussi,
- 38:22c'est la dimension de la bouche.
- 38:25qui pour moi
- 38:27par l'histoire peut-être de notre profession,
- 38:30par l'histoire de la médecine et de la classification un peu des spécialités et qui finalement fait que certains organes paraissent mieux classés que d'autres.
- 38:42C'est vrai.
- 38:42Par exemple,
- 38:43le cœur est beaucoup plus noble que la bouche et j'ai l'impression que la bouche,
- 38:49et de part peut-être cette histoire liée à notre profession,
- 38:54a été sacrément déclassée du corps
- 38:57Alors que finalement,
- 38:58mais quel autre organe remplit autant de fonctions ?
- 39:03La fonction sociale,
- 39:05le sourire,
- 39:06l'image de soi,
- 39:07la mastication,
- 39:08la nutrition,
- 39:09la phonation,
- 39:10la respiration.
- 39:11C'est incroyable en fait.
- 39:14C'est rigolo ce que tu dis parce que ça me fait écho à ce que je pensais justement quand j'ai choisi de faire dentaire plutôt que médecine.
- 39:22Ce qui me bloquait pour aller en médecine,
- 39:25c'était la peur de l'échec dramatique et fatal pour un patient.
- 39:33Et je m'étais dit,
- 39:34en dentaire,
- 39:35au pire,
- 39:36c'est qu'une dent.
- 39:38Oui,
- 39:39mais je pense qu'en fait,
- 39:40on est nombreux à avoir eu cette réflexion,
- 39:43mais qui est aussi une façon de nous enlever.
- 39:45On a beaucoup de pression.
- 39:46Alors,
- 39:46je ne dis pas que les autres spécialités de médecine n'ont pas beaucoup de pression,
- 39:49parce que c'est sûr,
- 39:50après,
- 39:50tu as un enjeu vital.
- 39:52Mais nous,
- 39:52on nous dit tout le temps,
- 39:53on ne tue pas les gens.
- 39:55Moi,
- 39:55j'ai même un discours qui est revenu régulièrement pendant nos études.
- 39:59Et après,
- 39:59quand on démarre et qu'on a ce stress,
- 40:01on se dit,
- 40:01bon,
- 40:01au moins,
- 40:02nous,
- 40:03déjà,
- 40:03c'est faux.
- 40:04Il y a eu des cas qui ont montré le contraire.
- 40:07On peut aussi avoir un impact important sur la santé des gens et on peut faire malheureusement des erreurs qui sont fatales.
- 40:15Mais oui,
- 40:15je te rejoins là-dessus.
- 40:17Pour rebondir sur le sécundant,
- 40:20je trouve que pendant longtemps,
- 40:22justement,
- 40:23et c'est Abdel Awacharia qui disait que
- 40:26Pascal Station disait la meilleure dent c'est l'implant
- 40:30On a pensé que l'implant pouvait résolver tous les problèmes et que c'était plus noble qu'une dent.
- 40:38Souvent,
- 40:39j'ai entendu dire mais mettre
- 40:41800 euros pour sauver une dent,
- 40:44franchement,
- 40:44mais mettre 800 euros pour un truc qui n'est pas une dent !
- 40:48Ou 900 euros pour un implant qui n'est pas une dent.
- 40:51Ça,
- 40:51c'est ta dent,
- 40:51ça t'appartient,
- 40:52c'est ton organe.
- 40:53Et toi,
- 40:53tu préfères payer le même prix,
- 40:55même voire plus,
- 40:57pour un truc de synthèse.
- 40:59Pourquoi ça serait plus noble,
- 41:01tu vois ?
- 41:02J'aime bien,
- 41:02tu vois,
- 41:03comparer quand je...
- 41:05On parle beaucoup d'Abdel dans cet épisode,
- 41:08mais Abdel parle des phalanges,
- 41:09et qu'on parle les dents aux phalanges.
- 41:12C'est marrant d'ailleurs,
- 41:13parce que moi c'est aussi une analogie que je fais assez souvent avec mes patients,
- 41:17et je leur dis,
- 41:19une dent c'est un organe,
- 41:20c'est pas un accessoire,
- 41:22c'est pas quelque chose comme ça pour faire joli,
- 41:25c'est un organe.
- 41:26Est-ce que vous auriez la même réaction si je vous disais qu'il fallait vous amputer d'un doigt ?
- 41:34ou d'une phalange,
- 41:34comme le dit Abdel.
- 41:35Mais c'est la même chose.
- 41:37Il faut redonner aussi,
- 41:39quelque part,
- 41:39peut-être,
- 41:40les lettres de noblesse à la bouche et à sa place dans le corps.
- 41:46Tout à fait.
- 41:47C'est beau.
- 41:48C'est beau.
- 41:51Donc,
- 41:51voilà.
- 41:52Après,
- 41:53ça pourrait être le point de départ de beaucoup d'autres sujets qu'on développera peut-être un jour dans le podcast.
- 42:00On verra.
- 42:03Finalement,
- 42:04est-ce que tu pourrais dire,
- 42:06et peut-être que ça sera aussi le mot de la fin,
- 42:09est-ce que tu penses que ce que tu as vécu,
- 42:13cette épreuve,
- 42:15a finalement peut-être aussi donné plus de sens à ton métier ?
- 42:20Oui.
- 42:23En fait,
- 42:23je me suis rendue compte que,
- 42:26de façon un peu inconsciente,
- 42:29je m'étais orientée vers l'endodontie et qu'aujourd'hui,
- 42:33je sauvais les dents des gens que je n'avais pas pu sauver chez moi.
- 42:37Et je crois que ça,
- 42:38ça donne du sens pour moi,
- 42:39oui.
- 42:40Parce que je vois bien à quel point,
- 42:43quand elles ne sont plus là,
- 42:45elles nous manquent.
- 42:46et qu'elles ne sont pas remplaçables.
- 42:50Et donc,
- 42:51c'est comme si elles étaient toujours là,
- 42:53finalement.
- 42:54Et du coup,
- 42:55ça donne vraiment du sens pour moi.
- 42:58J'ai envie de te dire merci,
- 42:59Marion.
- 43:02pour ce partage parce que c'est pas évident de parler de ça c'est plus facile de parler du métier que de parler de soi et de son vécu surtout quand il y a une dimension douloureuse physiquement
- 43:16et psychologiquement donc c'est super courageux de ta part et très enrichissant pour moi cet échange merci à toi j'espère à bientôt merci Florence
- 43:33Souvent très focalisés sur la technique et la gestion des problématiques inhérentes à nos métiers,
- 43:38nous oublions parfois d'écouter ce que nos patients et patientes ont à nous dire.
- 43:42J'espère que ces séries,
- 43:43dont celle-ci avec Marion Mégli,
- 43:45vous apportera une meilleure compréhension de la dimension émotionnelle de ce que peuvent vivre nos patients et vous aidera à prendre la mesure de la richesse de notre métier.
- 43:52Comme vous le savez,
- 43:53nos dents,
- 43:54notre bouche,
- 43:55sont des organes qui participent à de nombreuses fonctions,
- 43:57mais aussi entretiennent un lien étroit avec toutes les dimensions de notre vie,
- 44:01sociale,
- 44:01économique,
- 44:02psychologique,
- 44:02organique,
- 44:03et j'en oublie certainement.
- 44:05On ne rencontre la dimension humaine de notre rôle de dentiste,
- 44:08c'est prendre la mesure de l'impact qu'ont nos actes,
- 44:10nos gestes,
- 44:11nos paroles sur nos patients,
- 44:13et cette prise de conscience passe forcément par l'écoute de ces derniers.
- 44:18Merci d'avoir écouté cette série jusqu'au bout.
- 44:20Si vous n'avez pas écouté les précédentes avec Abdelawachiria,
- 44:23patient victime des centres dentaires d'Antexia,
- 44:25fondateur du collectif Contre-Dantexia et cofondateur de la Dents Bleues,
- 44:29et Sabrina Lebars,
- 44:30patiente partenaire,
- 44:31atteinte d'un cancer ORL rare,
- 44:33cofondatrice de l'association Corasso,
- 44:35qui œuvre pour sensibiliser au cancer tête et cou,
- 44:38je vous encourage à le faire.
- 44:41Suite à ces trois séries,
- 44:42vous allez devoir patienter un peu le temps que je prépare de nouveaux sujets,
- 44:46mais promis,
- 44:47je reviens très vite pour de nouvelles thématiques et de nouvelles rencontres qui vont,
- 44:50je suis sûre,
- 44:51vous passionner.
- 44:53Vous venez d'écouter un épisode d'Entretien avec un dentiste.
- 44:57Si vous avez aimé,
- 44:57vous pouvez m'aider de plusieurs façons.
- 44:59En mettant des étoiles sur Apple Podcasts ou votre application de podcast,
- 45:03c'est ce qui permettra à d'autres de le découvrir.
- 45:05Vous pouvez aussi le partager sur les réseaux sociaux et en parler tout autour de vous.
- 45:09C'est Pauline Bussy du Son Libre qui a réalisé le montage,
- 45:12la musique Django et de Mr Smith.
- 45:15Les portraits et les séries thématiques d'Entretien avec un dentiste sont à retrouver sur toutes les plateformes d'écoute de podcast,
- 45:21Spotify,
- 45:22Deezer,
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- 45:43n'hésitez pas à me laisser un message sur les réseaux sociaux,
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- 45:49je vous lirai et vous répondrai.
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