Latest / Le Café du Sport Business / Les comptes dans le rouge, l'exception lilloise et le gouffre parisien
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- 0:03Le café du sport business on parle pas des scores du weekend
- 0:06hein ? Non, on parle des enjeux
- 0:07financiers, du marketing, des médias.
- 0:11Toute l'arrière boutique économique du sport en fait.
- 0:19Bonjour, bienvenue au café du sport business.
- 0:22Bonjour aujourd'hui. On entamé une exploration
- 0:25approfondie de la santé financière du football européen.
- 0:29L'objectif est de mener une analyse vraiment précise sur ce
- 0:31sujet, avec une focale très stricte sur les clubs français.
- 0:35C'est un sujet très dense. Très dense.
- 0:37Oui, et je me tourne vers vous pour poser le cadre de cette
- 0:39discussion. On s'appuie sur des données de
- 0:41l'u. F à il me semble.
- 0:42C'est ça ? On analyse les données de l'u F
- 0:45à portant sur 2024 et les anticipations de 2025.
- 0:47Ça couvre un panel de 144 clubs répartis dans 37 pays.
- 0:53Donc une vue d'ensemble vraiment complète du continent.
- 0:56Exactement. Et le contexte global, de
- 0:58manière très factuelle, c'est que les revenus globaux
- 1:01atteignent des records vertigineux, on s'attend à
- 1:03dépasser les 30 milliards d'euros en 2025. 30 milliards ?
- 1:08Oui, et cette croissance phénoménale est tirée
- 1:11principalement par 3 moteurs, le sponsoring d'abord, la
- 1:15billetterie ensuite, et bien sûr les retombées des compétitions
- 1:19européennes. Donc une dynamique globale qui
- 1:21est extrêmement positive, mais il YA1 détail crucial à
- 1:23souligner. Une nuance française immédiate.
- 1:27Tout à fait. C'est que les revenus liés aux
- 1:29droits télévisuels augmentent ou se maintiennent partout en
- 1:32Europe, sauf en France. Décortiquons tout cela ?
- 1:36Commençons par la situation européenne globale sur la
- 1:38rentabilité. Bah de manière générale, le
- 1:41contrôle des salaires instauré récemment, combiné à cette
- 1:44hausse des revenus dont on vient de parler, a permis aux clubs
- 1:47européens de générer leurs premiers bénéfices
- 1:49d'exploitation. Depuis la période de la
- 1:51pandémie. C'est un vrai basculement.
- 1:53Oui, les chiffres prévoient un total combiné de 1/2 milliard
- 1:57d'euros de bénéfices d'exploitation pour 2025.
- 2:00Et si on regarde le haut du tableau, des clubs comme le Real
- 2:03Madrid, l'Inter Milan et Manchester United affichent même
- 2:07des bénéfices supérieurs à 50000000 d'euros, donc.
- 2:09On a une Europe qui réussit à rationaliser ses dépenses et à
- 2:13engranger des bénéfices, mais pourquoi la France fait elle
- 2:16figure d'exception négative dans ce paysage sain ?
- 2:19La statistique est assez implacable, si l'on isolé les 4
- 2:22clubs européens qui affichent des pertes d'exploitation de
- 2:25plus de 50000000 d'euros, on constate que 3 d'entre eux sont
- 2:29français. 3 sur les 4 pires bilans d'exploitation, c'est un
- 2:33véritable bonnet d'âne pour la Ligue un.
- 2:35Quels sont ces clubs ? On.
- 2:36Retrouve l'Olympique lyonnais, l'Olympique de Marseille et le
- 2:39Racing Club de Strasbourg Alsace.
- 2:41Et le 4e ? Le seul club non français dans
- 2:44ce groupe, c'est le club anglais de Chelsea.
- 2:47D'accord, concentrons-nous sur la France et prenons le temps de
- 2:50faire une radiographie de cette situation.
- 2:53Que révèlent les chiffres spécifiquement pour l'Olympique
- 2:56de Marseille ? Ce qui est fascinant.
- 2:56Ici, c'est la dynamique d'accumulation, on parle d'une
- 3:00perte avant impôts de 105000000 d'euros pour 2025.
- 3:04C'est un chiffre historique pour le.
- 3:05Club c'est la pire perte de l'histoire du club sur une seule
- 3:08saison, oui. Mais surtout, c'est le 9e
- 3:10exercice consécutif dans le rouge. 9 ans de déficit continu.
- 3:14Exactement et si on fait le bilan de l'ère Frank Mccourt à
- 3:17la tête du club, on arrive à un déficit cumulé qui frôlé les
- 3:20570000000 d'euros. 570000000 ? Voilà, en moyenne, ça représente
- 3:26plus de 60000000 de pertes par saison.
- 3:28C'est un modèle qui brûle structurellement de la valeur.
- 3:31Et si on se tourne vers l'Olympique lyonnais maintenant,
- 3:34que nous disent les données sur ce club historique ?
- 3:38Pour l'o L, le déficit est encore plus prononcé, on observé
- 3:42196000000 d'euros de pertes avant impôts.
- 3:45Oui. Ce qui se traduit par un
- 3:46résultat net de moins 201,2 1000000.
- 3:50Ce sont des montants colossaux. Absolument il faut toutefois
- 3:54contextualiser ce chiffre, c'est l'héritage direct de la fin de
- 3:57l'ère John Textore, enregistré juste avant le vaste plan de
- 4:00sauvetage qui a été mené par Michel Kong.
- 4:02D'accord, donc une année de transition très lourde de
- 4:05comptablement. C'est ça ?
- 4:07À l'échelle européenne, seule Chelsea fait pire avec 407000000
- 4:10de pertes, et on peut aussi citer Tottenham avec 148000000,
- 4:13mais. Comment l'u F à gère t elle ses
- 4:16fluctuations extrêmes dans son évaluation de la santé des clubs
- 4:20parce qu'une seule année de restructuration peut détruire un
- 4:22bilan ? C'est une très bonne question.
- 4:25C'est pour cette raison que la méthodologie de l'u F à ne se
- 4:28base pas sur une seule année. L'évaluation se fait sur une
- 4:32période de 3 ans. Pour lisser l'impact.
- 4:34Voilà, ça permet d atténuer les conséquences d'une mauvaise
- 4:37saison sportive isolée ou d'un marché des transferts atones.
- 4:40L'instance cherche à identifier les problèmes structurels plutôt
- 4:43que les accidents de parcours. Très clair.
- 4:46Et c'est là que ça devient vraiment intéressant.
- 4:47Quand on regarde notre championnat, on voit ses pertes
- 4:51historiques, mais on a aussi l'impression d'une fracture
- 4:53interne énorme en Ligue un. C'est une.
- 4:55Réalité mathématique, l'ultra domination commerciale se
- 4:59renforce au niveau global. Les recette commerciales et de
- 5:03sponsoring vont dépasser les 10 milliards d'euros en 2025.
- 5:07Une manne financière immense. Immense, mais qui profite
- 5:11essentiellement aux marques mondiales.
- 5:13Ça crée un fossé structurel au sein même des championnats
- 5:17nationaux. Comment ?
- 5:17On mesure ça de façon comparative en Europe.
- 5:20On utilise le ratio entre les revenus du premier club d'un
- 5:24pays et ceux du club médian. Par exemple, en Allemagne, le
- 5:28premier club gagne 7 fois plus que le médian. 7 fois, c'est
- 5:31déjà un écart significatif. Oui, en Angleterre et en Italie,
- 5:35le ratio est de 9, aux Pays-Bas, on est à 12, en Turquie, 13.
- 5:39Et pour la France, l'exception française dont on parlait ?
- 5:42À cause du poids économique du Paris Saint Germain, ce ratio
- 5:45explose pour atteindre 29. 29. Le premier club génère 29 fois
- 5:51plus de revenus que le club du milieu de tableau.
- 5:53Exactement par souci d'exhaustivité, il faut préciser
- 5:57que l'Espagne fait encore pire avec un ratio de 36.
- 6:00Dû à son duo pôle historique mais 29.
- 6:01Cela reste une anomalie qui fragilise la Ligue.
- 6:05Face à des déséquilibres financiers aussi extrêmes, l'u
- 6:08EF à AT elle une position officielle.
- 6:10L'u EF à à émis une recommandation très ferme.
- 6:12L'instance rappelle qu'il est impératif pour les instances
- 6:15dirigeantes d'envisager des versements de solidarité
- 6:17beaucoup plus importants. L'objectif est vraiment de
- 6:20réduire ces asymétries qui menacent l'équité des
- 6:22compétitions. On a dressé un portrait assez
- 6:25sévère. Des pertes d'exploitation
- 6:27énormes pour des bastions comme l'o M et l'O L une inégalité
- 6:31record avec le PSG existe-t-il des modèles de réussite en
- 6:34France pour contrebalancer un peu ce tableau ?
- 6:37Oui, il YA1. Excellent exemple, le triomphe
- 6:40du modèle lillois, le. LOSC, le.
- 6:43LOSC est le bon élève absolu, et pas seulement en France mais les
- 6:47chaises de l'Europe entière, l'île Caracole en tête des clubs
- 6:51les plus rentables d'Europe avant impôts.
- 6:54Avec quel niveau de gain ? Un gain de 94000000 d'euros.
- 6:58Devant tous les autres clubs européens.
- 7:00Absolument l'île devancé des clubs anglais soutenus par des
- 7:03droits télés massifs, comme Crystal Palace qui est à
- 7:0568000000. Il devancé aussi la Talenta
- 7:08Bergame à 59000000. Le Celtic Glasgow à 54000000 et
- 7:13l'Inter Milan à 50000000. Donc c'est la preuve qu'une
- 7:16gestion rigoureuse et performante est possible en
- 7:19Ligue un, même dans un contexte de stagnation des droits
- 7:22télévisuels. C'est la démonstration parfaite
- 7:24qu'une politique de valorisation des joueurs bien exécutée peut
- 7:27générer une rentabilité exceptionnelle.
- 7:29Il YA1. Dernier chiffre étonnant que je
- 7:31relève dans ces données. Cela concerne à nouveau
- 7:34l'Olympique de Marseille. Malgré ces déficits abyssaux, il
- 7:38YA1 paradoxe sur leur billetterie.
- 7:40Oui, la puissance de l'hospitalité et de la
- 7:43billetterie à Marseille est phénoménale.
- 7:45Malgré ses pertes record, l'o M figure dans le top 25 européen
- 7:49des revenus de jour de match. Le public répond toujours
- 7:52présent. De manière massive, la
- 7:54billetterie représente 29% du chiffre d'affaires total du
- 7:57club. C'est une part immense.
- 7:58C'est énorme. Pour vous donner un ordre
- 8:00d'idée, la moyenne européenne se situe autour de 20%.
- 8:04Avec ses 29%, l'o M égale le fehner batche et se place juste
- 8:08derrière les 35% du Celtic Glasgow.
- 8:10Donc le club dispose d'une base de revenu physique extrêmement
- 8:14solide mais qui est totalement engloutie par les charges
- 8:17d'exploitation. Qu'est ce que cela signifie
- 8:19concrètement ? La ?
- 8:20Synthèse de tout cela, c'est que la Ligue un évolue à 2 vitesses,
- 8:24voir 3. Elle est écartelée entre
- 8:26l'hégémonie commerciale d'un seul club, les difficultés
- 8:29chroniques de ces bastions historiques.
- 8:32Et la gestion rigoureuse d'exceptions comme l'île.
- 8:34C'est un écosystème très fragmenté et pour notre audience
- 8:37qui suit le football chaque weekend, pourquoi est-il vital
- 8:40de comprendre ces mécanismes comptables ?
- 8:41Parce que la réalité du terrain est indissociable de la réalité
- 8:45financière. La viabilité à long terme d'un
- 8:47club, et par extension ses performances sportives,
- 8:50dépendent directement de la maîtrise de ses finances et de
- 8:52son écosystème commercial. On ne peut plus analyser le
- 8:55sport sans analyser l'entreprise qu'il produit.
- 8:58Le lien vous avez fait direct ? Totalement ?
- 9:01Et d'ailleurs, cela soulève une ultime interrogation, une pensée
- 9:05assez provocatrice sur la structure même de ce sport.
- 9:08Je vous écoute. Si un club qui bénéficie d'un
- 9:11soutien populaire massif, capable de générer autant de
- 9:14revenus de billetterie, peut tout de même accumuler 1/2
- 9:17milliard d'euros de perte en une décennie, on est en droit de se
- 9:21poser une question. Le modèle traditionnel de
- 9:23propriété dans le football ? N'a t.
- 9:25Il pas atteint ses limites structurelles.
- 9:27C'est une excellente question qui mérite d'être longuement
- 9:30méditée. À très vite pour un nouveau
- 9:32podcast du café du sport business.