Latest / Chroniques étranges - Histoires d'Horreur & Mystères / Sang pour Sang | On a retrouvé leurs têtes au bord de la forêt (1/2) [THRILLER] (Histoire Audio)
Transcript
- 0:01Chroniques étranges. des écouteurs est fortement
- 0:11conseillé. Il y a des endroits où l'hiver
- 0:18ne finit jamais vraiment, des endroits où l'on ne compte pas
- 0:22les années mais les réserves, là-haut avant l'hiver, on se
- 0:27demande combien de temps on tiendra.
- 0:29Dans ce village perché en haut de cette montagne, une règle que
- 0:32tous les villageois connaissent subsiste depuis quelques années.
- 0:36Il ne faut surtout pas s'approcher de la forêt pour la
- 0:39simple et bonne raison que les derniers à y avoir pénétré se
- 0:42sont fait couper la tête. Nous sommes à une époque qu'on
- 0:50ne date pas et dans un coin qu'on ne situe pas vraiment.
- 0:54Un village de montagne isolée où la neige s'installe tôt et
- 0:58repart tard quand elle repart. Là-haut, les gens se
- 1:02débrouillent comme ils peuvent-ils ne vivent que grâce
- 1:04à 2 choses, ce qu'ils réussissent à faire pousser,
- 1:07c'est à dire pas grand chose et surtout grâce à l'élevage.
- 1:11Et souvent ce sont des moutons, c'est de la viande, de la laine
- 1:15et du troc et parfois la seule façon de tenir jusqu'au
- 1:19printemps. Elliott a 14 ans, il aide déjà
- 1:23son père tous les jours, il nourrit les bêtes, il les
- 1:26rentre, il les surveille, il coupe ce qu'il faut avant
- 1:29l'hiver. Du foin, du maïs, quand ça
- 1:31pousse ici, ce qu'ils arrivent à récolter et à stocker.
- 1:35Puis il le porte jusqu'à l'enclos, il les tond aussi
- 1:38quand c'est le moment et il en prend soin et il ne les abat
- 1:41pas, pas encore, et il redoute le jour où on lui demandera de
- 1:45le faire. Le père d'Elliot est un homme
- 1:48strict, un homme de caractère. Il ne crie pas tout le temps, il
- 1:51n'a pas besoin de ça. Il a cette manière de regarder,
- 1:54de compter, de peser qui fait que tu te sens de trop quand tu
- 1:58ne respectes pas les règles. Il compte tout, le sel, le bois
- 2:03sec, les bocaux et ce que mange Elliott, Eh.
- 2:07T'as pris quoi là ? Elliott ne répond pas tout de
- 2:10suite, il sait qu'une 2nde d'hésitation suffit parfois à
- 2:13déclencher la suite. Je t'ai demandé, t'as pris
- 2:15quoi ? Un morceau ?
- 2:18On grignote pas, si t'as faim, tu le dis et on décide.
- 2:22Tu le sais ce on veut dire lui comme toujours, mais Elliott
- 2:27sait que son père fait ça pour leur bien.
- 2:29Ils n'ont pas vraiment le choix. Chez son père, la survie n'est
- 2:32pas une discussion, c'est une ligne droite et tu marches
- 2:35dedans sans poser de questions. Et il y a une autre règle chez
- 2:39eux, une règle non négociable, le potager Elliott n'y Touche
- 2:43pas. Le père s'en occupe seul, c'est
- 2:46comme ça. Avant, c'était la mère d'elliott
- 2:49qui s'en occupait. Elle savait quoi planter, quand,
- 2:52où et comment garder quelque chose vivant dans cette Terre
- 2:54froide. Elle avait ses habitudes, ses
- 2:57gestes, ses repères. Puis elle est morte il y a 2
- 3:01ans. Depuis, le père a repris le
- 3:03Potager, mais à sa façon, seul, sans aide.
- 3:06Comme si c'était une affaire personnelle, comme si c'était le
- 3:09dernier endroit où il devait garder la main coûte que coûte.
- 3:13Et Elliott respecte cette limite.
- 3:16Tout près du village, il y a la forêt.
- 3:18On dit qu'un homme étrange où ce qui y ressemble iraude.
- 3:23Certains disent même qu'il y vit, mais lui aussi semble
- 3:26respecter des limites. Jamais il n'a franchi le bois en
- 3:29plein jour pour une raison qu'aucun villageois ne connaît.
- 3:32On peut parfois l'apercevoir très loin, entre les troncs,
- 3:36quand la lumière tombe et que les silhouettes se confondent.
- 3:40Un homme gigantesque qui semble poilu, trapu et toujours une
- 3:44hache à la main. Elliott le déteste, il le
- 3:48déteste parce que pour lui, ce n'est pas une rumeur, c'est une
- 3:52histoire vraie, son histoire. Sa mère s'était aventurée dans
- 3:56la forêt une seule fois ce jour-là, le père était cloué au
- 4:00lit, une forte grippe, une fièvre, quelque chose qu'il
- 4:03avait vidé au point de ne plus pouvoir sortir couper du bois.
- 4:06Et s'il ne coupait pas du bois, il passait l'hiver dans le
- 4:09froid. Alors la mère a pris la hache,
- 4:11elle est partie et elle a dit qu'elle reviendrait vite.
- 4:15Elle n'est jamais revenue. Au petit matin, on a retrouvé
- 4:18qu'une seule chose posée à la lisière de la forêt, sa tête.
- 4:25C'est à partir de là que la peur s'est installée pour de bon et
- 4:27que la légende de l'homme à la hache est devenue plus qu'une
- 4:30légende. Ce soir-là, 2 moutons se font
- 4:35vieux, ils ne mangent pour rien. Elliott baisse les yeux sur son
- 4:40assiette vide et il sait ce qu'il vient.
- 4:43Il aime ses bêtes. Demain, c'est.
- 4:45Toi qui t'en. Charges, Elliott se fige, il
- 4:49relève la tête, la gorge serrée. Père, je tu prendras le couteau
- 4:53et tu feras ce qu'il faut. On n'a pas le choix.
- 4:56Tu abattras tes premiers moutons.
- 4:58Tu as 14 ans Elliott, tu es un homme maintenant.
- 5:01Elliott a envie de répondre, de dire non, de dire qu'il ne peut
- 5:04pas, qu'il n'a jamais voulu ça, qu'il les connaît ses bêtes,
- 5:08qu'il les a nourris, qu'il les a soignées, qu'il les aime même à
- 5:11sa manière. Mais il ne dit rien parce qu'il
- 5:14sait déjà ce qu'on lui répondra, qu'ils doivent manger, qu'ils
- 5:18n'ont pas le choix. Et il comprend cela.
- 5:22La nuit tombe et Elliott part se coucher.
- 5:25Il ne dort pas. L'idée du sang sur ses mains le
- 5:28rend malade. Il tourne dans son lit, les yeux
- 5:31grands ouverts dans le noir. Et puis dans son insomnie, il
- 5:36entend un bruit dehors, il se lève, il s'approche de la
- 5:41fenêtre GIVRÉE, il plisse les yeux dans le jardin, une ombre
- 5:45se découpe sur la neige, une silhouette gigantesque, l'homme
- 5:50à la hache, Elliott sans sa gorge se serrer.
- 5:54Ce n'est pas de la peur pure, c'est autre chose, un mélange de
- 5:58haine, de tension et de cette image qui revient toujours la
- 6:02lisière le matin et la tête de sa mère.
- 6:06La Silhouette obscure et gigantesque dans cette nuit
- 6:09noire semble tenir quelque chose dans ses bras.
- 6:12Non, pas quelque chose. On dirait 2 moutons, un dans
- 6:17chaque bras. Comme un enfant soulèverait un
- 6:20simple jouet, l'homme s'enfonce simplement dans la montagne.
- 6:23En direction de la forêt, Elliott est paralysé.
- 6:27Il veut hurler, il veut réveiller son père, mais il
- 6:29regarde la porte fermée de la chambre paternelle et il ne fait
- 6:33rien. La peur du monstre dehors est
- 6:36terrible, mais la peur de la colère de son père est pire, il
- 6:40sait ce qui lui arrivera s'il se trompe.
- 6:42Hébété, Elliott regarde la silhouette de ses bêtes
- 6:44disparaître dans la nuit, emporter vers la montagne, et il
- 6:48retourne se coucher en silence. Au matin, Elliott est réveillée
- 6:56par la lueur du soleil qui traverse la fenêtre.
- 6:58Le père est debout devant l'enclos, il ne bouge pas, il
- 7:02regarde juste le vide là où les bêtes devraient être.
- 7:05Elliott se précipite dehors en le voyant par la fenêtre.
- 7:08Il arrive en courant, le souffle court, la veste mal fermée, il
- 7:13voit l'enclos, les 2 vieux moutons manquent et des traces
- 7:15de pas au moins 2 fois plus grandes qu'un homme normal sont
- 7:17formés dans la neige et il voit le dos de son père.
- 7:20Il ne s'était donc pas trompé, il sait qu'il aurait dû le
- 7:24prévenir. Père.
- 7:26Le père se retourne lentement, son visage est gris comme la
- 7:29Pierre. Ils ne sont.
- 7:31Plus là, Elliott sent la panique montée.
- 7:34Il n'a désormais plus le choix d'expliquer à son père ce qu'il
- 7:36a vu maintenant à la lumière du jour.
- 7:39La terreur de la veille lui semble stupide.
- 7:42Je je l'ai vu, je l'ai vu père. Cette nuit.
- 7:47Le père plisse les yeux et saisit le bras du garçon.
- 7:50Tu l'as vu ? Oui, oui, l'homme de la
- 7:53montagne, il était là, il était immense, il les a pris sous ses
- 7:56bras et tu l'as vu ? Et tu n'as rien fait, tu n'es
- 7:59même pas venu me chercher. Eliott bafouille.
- 8:02J'avais peur. J'avais.
- 8:03Peur que tu. Que je crois que je te gronde.
- 8:05Si tu te trompais, tu n'es plus un enfant.
- 8:08Elliott, ce monstre a déjà assez volé de bêtes.
- 8:10Au village pour qu'on. Reste les bras croisés.
- 8:12J'aurais dû m'en douter. C'est toujours quand on décide
- 8:14de les abattre, qu'ils nous les volent.
- 8:16À croire que ce. Monstre nous observe.
- 8:18Le père le lâche avec dégoût. Elliott recule et manque de
- 8:22tomber. Tu Mens Elliott ou alors tu es
- 8:24un lâche et je ne sais pas ce qui est pire.
- 8:27Tu as regardé notre nourriture partir sans bouger le petit
- 8:30doigt comme ta mère, toujours à regarder et à fuir.
- 8:33La réalité, c'est notre nourriture qui s'est envolée.
- 8:37Le père rentre à la maison. Elliott le suit la tête basse.
- 8:42Le père va vers l'armoire au fusil.
- 8:44Elliott a un espoir, si son père sort le fusil, c'est qu'il va
- 8:47chasser, qu'il va régler le problème.
- 8:50Mais le père ne sort pas la clé de l'armoire, il va dans le coin
- 8:54près de la cheminée, il attrape la vieille hache, selle aux
- 8:57manches usées par des années de coupe, et il l'attend à Elliott.
- 9:00Tiens. Le garçon regarde l'outil, il
- 9:04pèse une tonne dans ses mains d'enfant.
- 9:06Père le fusil. Le fusil, pourquoi faire ?
- 9:10Tu trempes déjà, tu vas gâcher une balle.
- 9:13Les balles, ça coûte de l'argent et tu nous en a déjà assez fait
- 9:15perdre pour aujourd'hui. Le père s'assoit et se sert une
- 9:18boisson chaude calmement. C'est ta faute Elliott, c'est
- 9:22toi qui n'as pas donné l'alarme, c'est toi qui a laissé faire.
- 9:25Alors c'est toi qui répares, tu vas y aller, tu vas suivre les
- 9:28traces et tu vas me ramener mes bêtes ou au moins de la viande.
- 9:32Elliott regarde par la fenêtre la forêt, cette masse noire où
- 9:36sa mère est entrée pour ne jamais revenir entière.
- 9:39Mais tu as dit qu'il ne fallait jamais ?
- 9:41J'ai dit qu'on avait pas le choix.
- 9:43Il tape du poing sur la table. Tu assumes les conséquences,
- 9:47sors d'ici et ne reviens pas les mains vides.
- 9:52Elliott marche, il a mis son gros manteau de laine, mais le
- 9:56froid passe à travers, la hache pèse sur son épaule, il suit les
- 10:00traces, elles sont profondes, énormes, des pas qui ne
- 10:03ressemblent à rien d'humain. Il arrive à la lisière, la
- 10:07limite invisible, le territoire du monstre qui a décapité sa
- 10:10mère devant lui. Les sapins sont si serrés qu'il
- 10:13fait presque nuit en dessous. Il hésite, mais derrière lui, il
- 10:17y a la maison. Et son père, posté là, à la
- 10:20fenêtre, bras croisés, le fixant entre la peur de mourir et la
- 10:25peur de décevoir. Eliot a choisi alors il avance
- 10:30et il marche longtemps. Donc je rentre avant la nuit, je
- 10:33ne risque. Rien se dit il.
- 10:35La forêt est un labyrinthe. Les traces montent, descendent,
- 10:38tournent. Le jeune garçon est épuisé.
- 10:41Il n'a rien mangé depuis la veille au soir.
- 10:43La hache lui sit l'épaule. Il se sent observé.
- 10:47La panique commence à monter, il entend parfois des petits
- 10:50craquements. Trop discret pour être des pas
- 10:53de géant, mais assez fort pour lui paraître être suivi d'assez
- 10:56près. Il accélère alors il ne regarde
- 11:00plus vraiment où il met les pieds.
- 11:02Il veut juste retrouver ses maudits moutons et rentrer.
- 11:05Il court presque maintenant. À un moment, il croit voir de la
- 11:08fumée dépassée de la cime des arbres en avançant la tête,
- 11:12regardant le ciel, son pied se prend dans quelque chose.
- 11:16Il se met à dévaler la pente de la montagne sans ne rien pouvoir
- 11:19faire. La hache lui échappe des mains.
- 11:21Le ciel, les arbres, la neige, tout se mélange.
- 11:25Puis un choc violent contre la tempe.
- 11:32Le réveil n'est pas vraiment brutal, il est plutôt pâteux.
- 11:37Elliott a l'impression d'émerger d'une eau trouble et glacée.
- 11:40La première chose qu'il sent, ce n'est pas la douleur, c'est
- 11:43l'odeur. Ça sent la résine de sapin, la
- 11:46viande fumée et la vieille laine.
- 11:50La douleur arrive ensuite, comme s'il avait reçu un coup de
- 11:52marteau dans le crâne, pile sur la tempe.
- 11:55Il ouvre les yeux, il fait sombre mais chaud, il porte une
- 11:59main à sa tête et il sent un linge humide et froid, de la
- 12:03glace pilée enveloppée dans un chiffon propre.
- 12:06Quelqu'un semble l'avoir soigné, il se redresse brusquement, le
- 12:10cœur battant à tout rompre. Il n'est pas dehors.
- 12:13Il est dans une cabane ou une grotte aménagée.
- 12:17Les murs sont faits de troncs brutes énormes.
- 12:19Le feu craque dans l'âtre de la cheminée sur laquelle est posée
- 12:22une marmite qui doit faire à peu près sa taille.
- 12:25Mais surtout, il n'est pas seul, il entend ça et tout son ventre
- 12:33se retourne dans sa tête. Cet immédiat, la hache, le sang,
- 12:38la légende, puis le son s'arrête.
- 12:43Dans le coin de la pièce, assis sur une souche, il y a une
- 12:46montagne, l'homme des bois. Il est là, en chair et en os.
- 12:52Il est encore plus grand que ce qu'elliott avait imaginé.
- 12:55Même assis, ses épaules semblent toucher les poutres du plafond.
- 12:59Il est couvert de peau de bête, ses cheveux sont une crinière
- 13:02emmêlée et sa barbe semble ne pas avoir été coupée depuis des
- 13:05années. Il ressemble à un ours qui
- 13:08aurait appris à s'asseoir, mais il paraît étonnamment assez
- 13:12jeune. Sous cette touffe de poils, dans
- 13:15ses mains gigantesques, il tient quelque chose.
- 13:18Elliott plisse les yeux, c'est la hache, celle que son père lui
- 13:23a donnée. Entre les doigts du géant, elle
- 13:26ressemble à un cure dent. Elliott se colle contre le mur,
- 13:30terrifié. L'image de sa mère lui revient,
- 13:33la tête tranchée, le sang sur la neige.
- 13:36La colère prend le pas sur la peur, une colère d'enfant
- 13:39blessé. C'est toi l'ordure.
- 13:44L'homme ne bouge pas, il lève lentement les yeux, il est
- 13:47calme. Seul son souffle animal se fait
- 13:50entendre. Il lance ce qu'il a dans son
- 13:53autre main, une laine chaude. L'enfant sursaute et il reprend.
- 13:58T'as tué ma mère ? Eliott hurle presque.
- 14:00Il cherche une arme des yeux. Rien.
- 14:03Juste cette masse immobile en face de lui réponds, Pourquoi tu
- 14:07me ? Tues pas ?
- 14:07Vas y coupe moi la. Tête comme.
- 14:09T'as coupé ? Celle de ma.
- 14:10Mère. Le géant ne répond pas, pourquoi
- 14:14tu m'emmenais ici ? Mangez.
- 14:18L'homme se lève et avance. Elliott se protège le visage
- 14:22avec ses bras, il attend le coup, mais le cou ne vient pas,
- 14:26l'ombre du géant le recouvre, l'odeur de la forêt est plus
- 14:29forte, l'homme tend la main, Elliott recule, Aculé, mais la
- 14:35main ne frappe pas, elle s'ouvre.
- 14:37L'homme pointe un doigt épais vers le visage d'ELIOTT, puis
- 14:41vers la porte. Puis, vers le sol, il ouvre la
- 14:44bouche. On dirait que parler lui demande
- 14:46un effort surhumain, comme soulever un rocher.
- 14:50Sa voix est un véritable grondement de basse qui fait
- 14:52vibrer la poitrine d'Elliott citrouille.
- 14:56Elliott reste figée, la bouche ouverte.
- 14:59Quoi ? L'homme fronce les sourcils,
- 15:01concentré, il insiste, si trouille dessous, ces mots n'ont
- 15:07aucun sens. Le silence retombe et l'homme
- 15:10recule pour se rasseoir sur sa souche.
- 15:13Eliott entend juste le feu qui craque.
- 15:16Il regarde ce géant, il regarde la hache posée sur la souche et
- 15:19il regarde la porte entrouverte qui laisse passer un filet d'air
- 15:23froid. L'instinct de survie reprend le
- 15:25dessus, la confusion est trop forte.
- 15:28Ce n'est pas un sauvetage, c'est un piège, il en est sûr, et on
- 15:33ne dîne pas avec le diable. Il se jette vers la sortie, il
- 15:36s'attend à être agrippé, broyé. Mais personne ne le retient.
- 15:40Il pousse la lourde porte en bois et court.
- 15:43Il ne sent plus sa douleur à la tête, il ne sent plus le froid,
- 15:46tout ce qu'il veut. C'est rentré chez lui, il dévale
- 15:49la pente, trébuche, se relève, mais il ne se retourne pas.
- 15:54Pourtant, au fond de lui, il sait que l'homme n'est pas très
- 15:57loin derrière. S'il s'était retourné, il aurait
- 15:59vu l'homme immense debout sur le seuil de sa cabane.
- 16:04Immobile, il court vers le village, vers la maison.
- 16:08Comme un agneau égaré, le garçon est enfin devant la porte.
- 16:16Il a froid, il a mal à la tête, mais surtout il a peur.
- 16:20Mais ce n'est plus de l'homme dans les bois qu'il redoute.
- 16:23Il n'a pas ramené les moutons et il n'a pas ramené de viande dans
- 16:27l'encadrement. Le père le regarde comme s'il
- 16:30attendait là depuis son départ. Il ne regarde pas son fils
- 16:33blessé, il fixe ses mains vides. Elliott secoue la tête,
- 16:39incapable de parler, le père ne crie pas.
- 16:42Il a ce petit sourire triste et rempli de déception qui fait
- 16:45plus mal qu'une gifle. Je m'en doutais, t'es revenue.
- 16:49Bredouille. Père, j'ai failli.
- 16:52Tu ne rentres pas ? La Voix du père est étouffée par
- 16:55le vent qui s'engouffre par la porte en cour ouverte.
- 16:58Ceux qui ne travaillent pas ne mangent pas.
- 17:00Il est grand temps que tu comprennes certaines choses.
- 17:03Dors avec les bêtes. Si t'as froid, tu n'auras qu'à
- 17:05te serrer contre elle. La faim lui tord l'estomac, mais
- 17:15son esprit est ailleurs. Il repense à la chaleur de la
- 17:18tanière qui l'a fuit, à la couverture qu'il a refusé et à
- 17:22ce mot débile citrouille. Pourquoi il a dit ça ?
- 17:27Elliott s'endort avec cette énigme qui tourne en boucle dans
- 17:29sa tête. Les jours passent et la fin
- 17:33s'installe vraiment. Le père ignore son fils, il fait
- 17:38comme s'il n'existait pas jusqu'à ce matin là.
- 17:41Le père est dans le jardin près de la clôture, il appelle
- 17:45Elliott, viens voir ça. Elliott s'approche dans la
- 17:48neige, juste à la limite du jardin, il YA1 de leurs moutons
- 17:51mort. Il n'a aucune blessure, pas de
- 17:55sang, pas de morsure, il est juste là, posé comme une
- 17:59offrande. Le père sourit, un vrai sourire
- 18:02cette fois. Tu vois ?
- 18:04La chance tourne. Ou alors la bête a eu pitié de
- 18:07nous. Il sort son.
- 18:08Couteau, allez, aide moi à le tirer.
- 18:11On mange de la viande ce soir. Ce soir-là, il mange.
- 18:17Le père se goinfre, rattrapant les jours de privation, la
- 18:21graisse coule sur son menton. Elliott, lui, il mange plus
- 18:24lentement, l'esprit occupé, il regarde par la fenêtre, il voit
- 18:28le potager, les citrouilles couvertes de Givre qui
- 18:30ressemblent à des crânes blancs sous la lune Citrouille.
- 18:37Le père s'essuie la bouche. Qu'est ce que tu as mange, c'est
- 18:41peut être la dernière fois avant.
- 18:43Longtemps, Elliott se lève. J'ai assez mangé.
- 18:46Rassieds, toi, je. Vais je vais vérifier l'enclos,
- 18:49je reviens. Le père hausse les épaules et se
- 18:51resserre, Elliott ne va pas à l'enclos, il va au potager, là
- 18:58où c'est interdit, là où le père passe ses journées à retourner
- 19:01la terre. Il prend une pelle qui traîne
- 19:04contre le mur. Il avance jusqu'à la plus grosse
- 19:06citrouille, celle qui a poussé trop vite et qui est presque
- 19:09trop ronde et trop parfaite pour ce climat.
- 19:12Et il creuse, il creuse, la terre est dure, mais il tape
- 19:16fort. La rage lui donne de la force.
- 19:19Il creuse encore quasiment 1/2 M, mais il n'y a rien, juste des
- 19:24racines. Il est prêt à abandonner.
- 19:26Il se dit qu'il est fou, qu'il a écouté un monstre.
- 19:29Et puis. La pelle tape quelque chose de
- 19:32plus mou, il s'arrête et se met à genoux, il gratte avec ses
- 19:37mains, il enlève la terre, puis il voit un tissu, il en est
- 19:41quasi sûr, il connaît ce tissu, son cœur se met à battre fort, 2
- 19:46fois plus vite, alors il gratte encore frénétiquement, une main
- 19:51apparaît, blanche, gelée, cuisine, épaule.
- 19:55Eliott a le souffle coupé, il dégage alors le reste, c'est sa
- 20:00mère. Elle est là, entière, enfin
- 20:06presque. Le corps est conservé par le
- 20:09froid, on dirait qu'elle dort, mais il manque la tête.
- 20:12Et sur son corps, des traces, pas des traces de griffes ou des
- 20:16traces de dents, des Bleus, des os cassés, des traces de coups,
- 20:20et un bras est tordu dans un angle impossible.
- 20:24Elliot, recul horrifié, le souffle coupé par la nausée.
- 20:27Tout se bouscule dans son esprit, mais des morceaux
- 20:30s'assemblent. La soi-disant grippe du père, le
- 20:33départ forcé de la mère, la légende du monstre bien
- 20:35pratique. Et si ce n'était finalement pas
- 20:38l'homme de la forêt qui avait tué sa mère ?
- 20:41Une ombre s'étend sur le trou et le corps de sa mère.
- 20:45Elliott se retourne lentement. Son père est là, il tient la
- 20:49hache à la main. Il ne sourit plus.
- 20:52Je t'avais dit de ne jamais toucher au potager.
- 20:55Elliott. Je vous donne rendez-vous comme
- 21:01d'habitude dans 2 semaines pour la 2nde partie de cette histoire
- 21:05qui se voudra sanglante. J'espère que ça vous plaira car
- 21:09c'est selon moi le meilleur épisode de la chaîne à ce jour.
- 21:14Je vous dis à bientôt si vous osez revenir chaque.
- 21:19Épisode me demande des dizaines d'heures de travail en dehors de
- 21:21mon activité salariée. Et les revenus ?
- 21:23Publicitaires couvrent à peine les frais.
- 21:25Structurels du Podcast. C'est pourquoi j'ai.
- 21:27Créé un petit abonnement qui vous permettrait de soutenir la
- 21:29chaîne pour moins de 3€ par mois.
- 21:31Il vous permet d'avoir accès à tous les épisodes sans pub, en
- 21:34haute définition et en avant première.
- 21:36La. Veille de leurs sorties.
- 21:38C'est ce qui va permettre aux chroniques étranges.
- 21:39D'exister alors ? Merci infiniment pour votre
- 21:42soutien, abonné ou non.