Latest / ArtEcoVert La voix de la couleur végétale et des plantes tinctoriales / Audrey Millet - Le livre noir de la mode et l'impact de la phase de teinture synthétique
Transcript
- 0:00Bonjour et bienvenue dans le podcast ArtEcoVert,
- 0:03le podcast qui vous parle d'art,
- 0:05d'écologie et de verdure.
- 0:07Je suis Pauline Neuroux,
- 0:09ingénieure agronome passionnée de plantes,
- 0:11et je vous emmène à la découverte de la couleur végétale et de toutes ses applications.
- 0:16Que ce soit dans le textile,
- 0:18l'ameublement,
- 0:19l'artisanat,
- 0:20la décoration et dans d'autres domaines,
- 0:23chaque jeudi et samedi à 7h30,
- 0:26je vous propose des épisodes riches avec des invités passionnants pour approfondir le sujet de la couleur végétale sur toute la chaîne de valeur.
- 0:35Mon but ?
- 0:36fédérer et démocratiser la couleur végétale dans notre vie.
- 0:40Alors,
- 0:40c'est parti !
- 0:41Bonne écoute !
- 0:44Bonjour à tous,
- 0:45je suis ravie d'accueillir aujourd'hui
- 0:47Audrey Millier pour un épisode particulier du podcast Aréco Vert.
- 0:52On va dire que c'est un épisode d'ouverture d'esprit,
- 0:55de déconstruction,
- 0:56de sensibilisation et de réflexion pour la suite,
- 1:01notamment sur l'interrogation de la place et du rôle que peut proposer la couleur végétale comme alternative dans l'industrie textile.
- 1:09Je voulais remercier avant de démarrer Audrey pour votre livre et puis même votre travail de synthèse et d'investigation.
- 1:16Votre livre m'a mis une claque,
- 1:19m'a permis de déconstruire de nombreuses idées reçues que j'avais sur l'industrie textile,
- 1:25sur la filière du coton bio et sur les revers de la mode très clairement.
- 1:31Et donc je suis ravie vraiment de vous accueillir sur le podcast.
- 1:35Est-ce que vous pouvez vous présenter ?
- 1:37et me parler de votre entente.
- 1:39Bonjour Pauline,
- 1:40merci beaucoup pour cette invitation.
- 1:44Je suis historienne,
- 1:45plutôt spécialisée dans l'économie,
- 1:48histoire économique et sociale,
- 1:49et des sciences et des techniques.
- 1:51Et j'ai fait une première formation de styliste,
- 1:53puis ensuite je suis allée en histoire de l'art à l'université,
- 1:57puis en histoire,
- 1:58où j'ai passé mon doctorat.
- 1:59Et je ne voulais pas vraiment travailler sur,
- 2:02même du tout,
- 2:02sur le textile et sur la mode.
- 2:04Et c'est plutôt la mode,
- 2:05le textile,
- 2:06cette industrie qui me court après.
- 2:08Donc je me retrouve maintenant à écrire dessus.
- 2:11Mais j'essaie de ne pas faire d'histoire esthétique,
- 2:15stylistique exclusivement,
- 2:17mais de comprendre les tenants et les aboutissants,
- 2:19et de voir les...
- 2:21la chaîne de production,
- 2:22la chaîne des valeurs,
- 2:23de fabrication,
- 2:24et de m'intéresser aux hommes,
- 2:26aux femmes,
- 2:27et évidemment à l'environnement.
- 2:28Alors,
- 2:29je voulais vous demander comment vous en êtes arrivés à écrire ce livre noir de la mode,
- 2:34et préciser aux auditeurs que tout ce que vous allez dire,
- 2:38on va mettre les sources,
- 2:39donc des recherches,
- 2:41des travaux que vous avez faits,
- 2:42on va les mettre dans le descriptif de l'épisode,
- 2:44et on retrouve toutes les sources dans votre livre,
- 2:46pour que chacun puisse aller creuser les sujets qui l'intéressent.
- 2:49Donc comment vous en êtes arrivés ?
- 2:50arriver à écrire ce livre noir de la mode ?
- 2:52Oui,
- 2:53alors en fait,
- 2:53j'étais en train d'écrire une histoire de la mode,
- 2:57de l'antiquité à nos jours,
- 2:58qui s'appelle Fabriquer le désir
- 3:00et à la fin je me retrouve à travailler sur cette fin de XXe siècle,
- 3:05ce début de XXIe siècle,
- 3:07et je tombe sur ces grandes montagnes de déchets textiles en Afrique,
- 3:12en Amérique du Sud,
- 3:13en Asie,
- 3:14et sur la pollution.
- 3:15Et je me rends compte que cette pollution,
- 3:17elle pollue effectivement tous ces produits,
- 3:20les rivières,
- 3:22les terres,
- 3:23mais qu'en réalité les gens boivent l'eau et qu'ils sont empoisonnés.
- 3:28et j'ai été sans doute indignée.
- 3:33Je pense que la base de mes livres,
- 3:35c'est ça,
- 3:35c'est vraiment une indignation.
- 3:38J'ai un intérêt pour l'être humain,
- 3:40j'aime mon prochain,
- 3:42mais je tiens absolument à garder à chaque fois cette carte d'identité,
- 3:46finalement,
- 3:47victorienne de source,
- 3:49comme vous l'avez dit.
- 3:50C'est-à-dire que ces livres,
- 3:53ce ne sont pas mon opinion.
- 3:56j'essaie d'avoir un regard,
- 3:58je me situe véritablement de l'autre côté de la route.
- 4:01J'essaie de prendre les faits,
- 4:02de prendre les sources,
- 4:03de prendre les chiffres,
- 4:05de les comparer,
- 4:06de ne pas avoir une seule source pour évidemment une idée,
- 4:11d'en avoir deux.
- 4:13Quand j'en ai trois,
- 4:14je suis encore plus heureuse.
- 4:16Ensuite,
- 4:16ce n'est pas mon opinion,
- 4:18mais personne,
- 4:19même un historien,
- 4:20ne peut rester insensible devant les drames qui se jouent évidemment.
- 4:24Alors,
- 4:25on a travaillé toutes les deux,
- 4:27Audrey,
- 4:27sur cet épisode parce qu'on voulait vraiment créer un lien entre le sujet du podcast qui est le rôle de la couleur végétale et les alternatives qu'elle peut proposer.
- 4:38Et en fait,
- 4:39vous m'avez lancé sur vous le travail que vous avez fait contre le lien entre la couleur et la mode.
- 4:46est-ce que vous pouvez nous en dire plus ?
- 4:48Oui,
- 4:48alors la couleur,
- 4:50c'est pour ça que j'aime beaucoup votre podcast,
- 4:51Pauline,
- 4:52c'est très intéressant,
- 4:53parce que finalement,
- 4:54quand on voit un vêtement,
- 4:55la première chose qui nous séduit,
- 4:57ce n'est pas vraiment la forme,
- 4:59parce qu'on a plus cette éducation à la forme,
- 5:02à la silhouette,
- 5:05qu'on avait dans les années 60,
- 5:07encore dans les années 70,
- 5:08on ne l'a plus.
- 5:10Ce n'est pas non plus la texture,
- 5:12le textile,
- 5:13le toucher.
- 5:15On va confondre très facilement de la soie avec un satin polyester.
- 5:19Le satin,
- 5:20c'est seulement une armure,
- 5:21la chaîne et la trame.
- 5:24En fait,
- 5:25c'est la couleur.
- 5:26C'est la couleur qui va nous séduire.
- 5:28Et ça a été un travail de plusieurs siècles,
- 5:30la couleur,
- 5:30pour séduire le consommateur.
- 5:33Les plus riches,
- 5:34au XVIe siècle,
- 5:35par exemple,
- 5:36les médicis,
- 5:37avaient leur propre teinturier en noir parce que le noir était très,
- 5:40très,
- 5:40très difficile à mettre en place.
- 5:42Il dégorgeait,
- 5:44il était laid.
- 5:45Et puis,
- 5:45il se fatiguait,
- 5:46il finissait vite au marron.
- 5:48Et petit à petit,
- 5:50tous ces teinturiers qui faisaient déjà de la recherche et du développement ont mis en place des couleurs.
- 5:55Alors,
- 5:56l'arrivée de la seconde industrialisation avec les produits chimiques a largement aidé à fixer et à inventer d'autres couleurs.
- 6:05Et on ne peut qu'être séduit par les couleurs menthe,
- 6:11les oranges complètement fous qu'on peut voir aujourd'hui,
- 6:15qui n'existaient pas avant.
- 6:17tous ces arcs-en-ciel qui vont véritablement nous habiller peut-être plus que l'habit lui-même.
- 6:23La couleur,
- 6:24c'est la séduction.
- 6:26véritablement avant la pipe et le textile.
- 6:29Ok,
- 6:30et le lien qu'on fait aussi,
- 6:32c'était de se dire qu'au-delà de cette couleur,
- 6:35de cette mode,
- 6:36l'industrie du textile a un impact fort sur l'écologie.
- 6:41Et comme le podcast est tourné vers la teinture végétale,
- 6:45notamment,
- 6:46et la couleur végétale,
- 6:47je voulais qu'on fasse un focus.
- 6:50Donc,
- 6:50on a fait un focus,
- 6:50on a fait un épisode Zoom sur l'industrie textile et son impact.
- 6:53donc j'invite les auditeurs à aller écouter qui dure une quinzaine de minutes et là j'aimerais que vous puissiez avec votre travail d'investigation nous parler plus spécifiquement de la partie teinture synthétique et l'impact qu'il a sur l'environnement et les pistes de progrès que vous avez pu trouver
- 7:10Alors dans la chaîne de production on a plusieurs états et avant la teinture on va préparer déjà le fil,
- 7:16la fibre la matière première,
- 7:19on va la préparer pour qu'elle puisse accueillir la teinture et que la teinture tienne
- 7:23Donc là on a déjà de premiers intrants.
- 7:25Et en fait tout ça jusqu'à la fin,
- 7:27jusqu'à la toute fin du vêtement fabriqué,
- 7:30sur lequel on va encore remettre des intrants.
- 7:34Donc des intrants on en a tout le long.
- 7:36Pour être très très concret,
- 7:37cette étape de la teinture,
- 7:39en fait elle est très longue.
- 7:41Ce n'est pas seulement teindre le fil,
- 7:43teindre le textile,
- 7:45teindre le tissu.
- 7:46C'est véritablement le préparer jusqu'au moment où on va protéger cette teinture.
- 7:52Donc ce n'est pas seulement une étape,
- 7:53c'est tout le long de la chaîne de fabrication.
- 7:57Teindre des vêtements,
- 7:57c'est extrêmement polluant.
- 7:59Il faut en moyenne à peu près 100 à 150 litres d'eau pour teindre du tissu,
- 8:06par litre de tissu teint.
- 8:08Et on utilise de nombreux produits.
- 8:10On considère d'ailleurs que la pollution mondiale des eaux,
- 8:14elle provient à 20% de l'industrie textile.
- 8:18Donc c'est tout à fait énorme.
- 8:19Moi,
- 8:19je voudrais vous proposer un exemple.
- 8:21On va aller en Chine et dans cette région du Zhongshan.
- 8:26Donc on est au sud-est du pays,
- 8:29vraiment juste en face de Hong Kong.
- 8:31Et là,
- 8:32on est juste à côté du delta de la rivière des Perles.
- 8:35La rivière des Perles est polluée à 80%.
- 8:39C'est-à-dire que si vous buvez de l'eau de la rivière des Perles,
- 8:42vous allez certainement avoir une grande diarrhée,
- 8:45mais si vous en buvez toute votre vie,
- 8:47votre vie ne va pas être très très longue.
- 8:49Dans cette région,
- 8:50on a la capitale du Chine.
- 8:53C'est-à-dire qu'on a à peu près 500 000 travailleurs,
- 8:56migrants,
- 8:57qui viennent tous des zones rurales de la Chine.
- 9:00La Chine,
- 9:00ce ne sont pas que des grandes villes,
- 9:02ce sont aussi des zones rurales,
- 9:04qui travaillent dans cette capitale du Chine.
- 9:09Par exemple,
- 9:09en 2008,
- 9:10ils ont confectionné 260 millions de paires de jeans.
- 9:13C'est à peu près 60% de la production de la Chine et 40% des jeans vendus aux États-Unis.
- 9:19Alors,
- 9:20je vous dis quand même dans quelles conditions ils travaillent.
- 9:23On se rend peu compte des heures travaillées.
- 9:27J'insiste dessus parce que souvent,
- 9:30les gens acceptent de dire 12 heures par jour,
- 9:3214 heures avec plus de difficultés.
- 9:35mais là on parle de 18 heures par jour.
- 9:37Donc 18 heures par jour,
- 9:38et ils gagnent un salaire mensuel de 150 euros.
- 9:41Ces gens-là n'ont pas de protection lorsqu'ils peignent les jeans,
- 9:44pas de masque,
- 9:46absolument rien.
- 9:47Ils vont aussi couler le jean avec leurs jambes nues,
- 9:52et là ce sont les premiers cancers qui vont apparaître entre autres.
- 9:56Il y a évidemment des enfants qui travaillent là-dedans et qui vont gagner.
- 9:59En
- 10:000,15 yuan,
- 10:01ça fait à peu près 1,5 centime d'euros par jour.
- 10:04C'est quand même très très peu.
- 10:06et ils vont couper les fils,
- 10:08mais tout ça dans une odeur absolument infecte,
- 10:11que nous on ne supporterait pas,
- 10:13extrêmement toxique,
- 10:16dans les premiers problèmes qui vont leur donner des problèmes pulmonaires.
- 10:19En fait,
- 10:19ils vivent dans les polluants.
- 10:21L'eau est polluée,
- 10:22les terres sont polluées,
- 10:23le lieu de travail est pollué,
- 10:25l'atmosphère est insoutenable également.
- 10:29On va retrouver dans cette atmosphère,
- 10:32par terre,
- 10:33dans l'usine,
- 10:34sur leurs vêtements,
- 10:35sur leur corps.
- 10:36dans les rivières,
- 10:38notamment 5 métaux lourds,
- 10:40du cadmium,
- 10:42du chrome,
- 10:43du mercure,
- 10:45du plomb et du cuivre,
- 10:47dans des quantités bien supérieures à ce qui est autorisé,
- 10:53je vous dirais même en Chine.
- 10:55Ce n'est absolument pas par rapport au seuil européen.
- 10:58Et en cause,
- 11:00ce sont les procédés de teinture.
- 11:03mais qui intègre aussi les procédés de lavage,
- 11:09de blanchiment et d'impression.
- 11:12Donc la teinture,
- 11:13c'est vraiment très très complexe.
- 11:15Pas seulement on jette de la couleur sur un textile,
- 11:22ça nécessite de très très grands volumes d'eau et des métaux lourds.
- 11:26et des produits chimiques.
- 11:28Il y a quand même des solutions qui existent,
- 11:32et notamment les stations d'épuration.
- 11:35On en a en Afrique.
- 11:39Et alors ces stations d'épuration,
- 11:41je lisais dans votre livre que beaucoup d'usines les installent,
- 11:46ont le réseau,
- 11:47ont les systèmes de filtration,
- 11:48etc.
- 11:49et qu'elles n'étaient pas forcément mises en route ou entretenues dans le fonctionnement,
- 11:55mais qu'elles sont présentes sur les sites et pas forcément utilisées.
- 11:59Absolument.
- 12:00Donc ça c'est quand même un problème tout à fait politique.
- 12:04C'est-à-dire que les fabricants,
- 12:07et puis en Chine on est parti clairement,
- 12:10installe ces stations d'épuration pour avoir des accréditations.
- 12:13Elles fonctionnent très bien au début,
- 12:15pas de problème.
- 12:16Sauf que ces stations-là,
- 12:17elles s'entretiennent,
- 12:19et notamment les filles.
- 12:21et en réalité maintenant elles ne filtrent plus rien.
- 12:23On a le cas au Bangladesh,
- 12:24on a aussi des cas en Afrique,
- 12:27alors elles ne filtrent plus rien,
- 12:28ou alors on les éteint.
- 12:30Tant qu'il n'y a pas d'inspection,
- 12:32et donc il faut que des ONG,
- 12:34des témoins,
- 12:35elles sont là aussi nos sources Pauline,
- 12:37des témoins,
- 12:38aillent en Inde,
- 12:40au Bangladesh,
- 12:40en Chine,
- 12:41c'est très compliqué quand même de faire ce type d'investigation,
- 12:44pour vérifier,
- 12:45vous savez,
- 12:46pour prendre ces petites viols,
- 12:47les remplir.
- 12:49et pas seulement les remplir,
- 12:50mais également pour filmer,
- 12:52et c'est très complexe,
- 12:53ces filtres qui ne sont pas allumés.
- 12:56Et les gens sur place vous le disent.
- 12:58Non mais madame,
- 12:59monsieur,
- 13:01on ne l'a jamais vu allumé.
- 13:03Et j'avais aussi lu,
- 13:05je pense,
- 13:05dans votre livre ou dans une autre source,
- 13:08que même certaines stations d'épuration n'arrivaient pas forcément à filtrer,
- 13:15dans les pays plutôt éloignés,
- 13:17pas en France,
- 13:19mais avaient du mal à filtrer certaines particules qui étaient trop fines,
- 13:23notamment je pense que c'était les micro-plastiques ou un certain type de colorant.
- 13:29Et en fait,
- 13:29ça passait également à travers le système de filtration.
- 13:37Et ces produits-là,
- 13:38qui sont quand même des pays du Sud,
- 13:40des pays plutôt pauvres,
- 13:43certains vont dire en voie de développement,
- 13:45ça peut être très compliqué,
- 13:47il faut qu'ils arrivent à suivre les nouvelles technologies.
- 13:52Et il y a cet écart entre le progrès des produits,
- 13:59de la chimie textile,
- 14:01et la capacité technique des stations d'écuration à filtrer.
- 14:06tous les produits nocifs.
- 14:09Et donc là,
- 14:09ça demande des investissements.
- 14:11Qu'eux ne sont pas forcément prêts à faire les commanditaires pour leurs commandes de vêtements,
- 14:16étant donné que,
- 14:17ce que je disais aussi dans votre livre,
- 14:18c'est que l'industrie textile,
- 14:22la première énergie,
- 14:23c'est le coût plus bas pour vendre le plus bas aux consommateurs,
- 14:29on va dire,
- 14:30occidentaux.
- 14:33si j'ai bien tout saisi.
- 14:34C'est ça.
- 14:35On avait vu aussi,
- 14:36donc ça c'est une autre source qu'on avait toutes les deux,
- 14:39c'était,
- 14:40on avait lu sur Pili,
- 14:42qui est une entreprise française,
- 14:43qui expliquait qu'il y avait à peu près 15% des colorants de synthèse qui en fait partaient directement dans l'eau parce qu'ils ne se fixaient pas correctement à la fibre.
- 14:53Donc on voit qu'il y a aussi des...
- 14:56des méthodes ou des procédés qui pourraient être améliorés pour adapter à la juste quantité ce qu'il y a besoin pour la fibre.
- 15:03Au-delà de la consommation d'eau et de la pollution de l'eau,
- 15:07on avait relevé aussi les consommations d'énergie.
- 15:09Est-ce que vous pouvez nous en dire un peu plus ?
- 15:11Oui,
- 15:13les spécialistes de l'ennoblissement et de la teinture textile admettent totalement qu'ils sont dépendants de l'électricité et du gaz.
- 15:21Là,
- 15:22je ne fais pas de topo sur les problèmes d'électricité et de gaz actuels.
- 15:27La géopolitique y est pour quelque chose apparemment.
- 15:30mais en fait ce sont de très grands consommateurs d'électricité et de gaz,
- 15:34parmi les premiers.
- 15:35La situation a été évoquée dès 2022 à Bruxelles,
- 15:40au Parlement européen,
- 15:42car elles sont vraiment gourmandes,
- 15:44très très gourmandes,
- 15:45trop gourmandes.
- 15:46Par exemple,
- 15:47l'électricité représente 50% de la facture énergétique des entreprises textiles françaises.
- 15:55Donc il faut travailler là-dessus,
- 15:5750% c'est énorme.
- 15:59Et la part de consommation énergétique qui est directement liée au procédé,
- 16:06donc dans le procédé on a la peinture,
- 16:08il n'y a pas que la teinture,
- 16:09mais on a la teinture,
- 16:11elle est partout majoritaire et elle peut aller jusqu'à 90% dans certaines activités.
- 16:18Donc les procédés peuvent aller jusqu'à 90% de la part de la consommation énergétique.
- 16:25C'est tout à fait énorme.
- 16:27Alors,
- 16:27cette source vient de l'ADEME.
- 16:29Je préfère le dire parce que le chèque est tellement fou.
- 16:31Après,
- 16:33pour apporter des pistes d'amélioration sur la consommation d'énergie,
- 16:37on voit actuellement en France des startups qui soulèvent des millions d'euros pour proposer des procédés de teinture,
- 16:44notamment à la couleur végétale,
- 16:46avec des procédés de teinture plus court,
- 16:51à température plus raisonnable,
- 16:54enfin,
- 16:54en tout cas.
- 16:55moins chaudes,
- 16:56moins élevées.
- 16:57Donc,
- 16:57on voit qu'il y a beaucoup de services R&D qui se creusent les ménages et de machines aussi textiles,
- 17:05machines de teinture,
- 17:06pardon,
- 17:06qui cherchent aussi à réduire les temps de teinture et réduire l'énergie nécessaire.
- 17:11Donc,
- 17:11on voit que ce sujet-là,
- 17:12en tout cas,
- 17:13pour parler de la France que j'investis en ce moment,
- 17:17c'est un sujet qui est très pris en charge et avec des pistes d'amélioration qui sont déjà en cours.
- 17:25J'avais notamment un point aussi que je voulais voir avec vous.
- 17:28Dans votre livre,
- 17:28vous parlez beaucoup des substances toxiques liées à la partie de la peinture,
- 17:33mais pas seulement,
- 17:34on va dire au process global.
- 17:36Est-ce que vous pouvez nous raconter un petit peu la toxicité de l'industrie textile,
- 17:42en fait,
- 17:42qui démarre dès les champs,
- 17:44dès les champs jusqu'au produit final ?
- 17:47Oui,
- 17:48alors,
- 17:49par exemple,
- 17:50pour cultiver du coton,
- 17:52pour le faire pousser plus rapidement,
- 17:54parce qu'on est dans ce contexte d'hypercroissance,
- 17:58le coton lui aussi doit croître autant que les actions,
- 18:02si vous voyez ce que je veux dire.
- 18:04On va mettre des pesticides,
- 18:05ces pesticides se retrouvent dans l'eau,
- 18:07les enfants du village,
- 18:08tout le monde va boire cette eau.
- 18:10On a des villages qui se dépeuvent,
- 18:13des gens qui sont stériles,
- 18:16qui deviennent infertiles.
- 18:17On est des villages véritablement qui se dépeuplent,
- 18:19c'est-à-dire que l'homme et la femme ne peuvent plus avoir d'enfants.
- 18:22C'est aussi socialement très grave en Inde de ne pas avoir d'enfants,
- 18:28vous êtes mis au banc de la société.
- 18:31Ça a de grandes conséquences.
- 18:33L'ouvrier par exemple qui va fouler avec ses jambes le textile et la lessive,
- 18:38qui est composée de substances chlorées,
- 18:40va d'abord perdre ses cheveux.
- 18:42Puis ensuite,
- 18:43il a de fortes chances de développer un cancer de la peau.
- 18:45Au cours des dix dernières années,
- 18:48on a eu de très belles études scientifiques en Inde,
- 18:53vraiment en Asie du Sud-Est,
- 18:55parce que les chercheurs des universités sont très préoccupés par ces conséquences-là.
- 19:00Et je pense notamment au docteur Vellaman dans le Tamim Nadu,
- 19:04qui est directeur du centre de cancer d'Hérode.
- 19:07C'est vraiment une grande zone industrielle.
- 19:11et qui a remarqué que le nombre de cancers a doublé dans les régions indiennes spécialisées dans la teinture.
- 19:19Ça,
- 19:19c'est très important.
- 19:20Les solvants sont responsables de quel type de cancer ?
- 19:23Osophage,
- 19:24rein,
- 19:26utérus,
- 19:26cancer du sein.
- 19:28Ensuite,
- 19:29on a une augmentation des cas d'autisme.
- 19:34On a eu des études.
- 19:36extrêmement sérieuse sur les niveaux de métaux toxiques sur des échantillons d'enfants.
- 19:45Ils ont comparé ces niveaux avec des enfants autistes et des enfants qui ne sont pas autistes.
- 19:51On a retrouvé dans l'urine de ces enfants autistes du nickel,
- 19:57toutes les métaux.
- 20:00ce qui nous montre le lien entre le niveau moyen des métaux toxiques dans l'urine,
- 20:09qui viennent de cet environnement-là,
- 20:11et la gravité des autisme.
- 20:15On compte,
- 20:16je reviens juste sur les cancers,
- 20:19parce que je pense que les sources,
- 20:20c'est toujours très important,
- 20:21les chiffres aussi,
- 20:22au Malois,
- 20:23donc c'est dans la région du Malois,
- 20:25au Penjab,
- 20:26on est passé en 2001 de
- 20:29800 000 nouveaux cas à
- 20:332016, 1 220 000.
- 20:36Donc c'est effectivement très grave,
- 20:39mais comme vous le disiez Pauline.
- 20:43Il faut analyser tout le process et voir comment on peut effectivement limiter trop de chaleur,
- 20:50regarder quels sont les produits de substitution.
- 20:54Parce qu'on a ces résultats,
- 20:55les scientifiques les ont.
- 20:57Donc on a des éruptions cutanées,
- 20:59bien entendu,
- 21:00des nausées,
- 21:00de la fatigue,
- 21:01des brûlures,
- 21:02des démangeaisons.
- 21:03C'est arrivé à beaucoup de gens.
- 21:05Parce que tout ça,
- 21:05tout le consommateur,
- 21:07bien entendu,
- 21:08lorsque vous vous dites Ah,
- 21:09ça me gratte !
- 21:10ce nouveau produit ou cette nouvelle lessive,
- 21:13posez-vous la question.
- 21:15Vous n'avez pas d'allergie,
- 21:16c'est une réaction à un produit.
- 21:18Ce n'est pas vous qui êtes allergique.
- 21:22Dans les solutions,
- 21:24on en avait parlé toutes les deux,
- 21:25mais il y en a à toutes les étapes de la chaîne.
- 21:27Donc,
- 21:27on va dire dès la culture,
- 21:30les phases de préparation de la fibre,
- 21:32la teinture,
- 21:33on a des alternatives.
- 21:34Et on parlait aussi toutes les deux de la phase des après,
- 21:38donc ce qu'on vient mettre sur les fibres pour qu'elles aient des propriétés supplémentaires.
- 21:43Et on avait vu notamment que certaines entreprises avaient des...
- 21:49des équipes R&D qui cherchent des solutions à base de produits naturels,
- 21:53plutôt type la cire ou d'autres substances naturelles,
- 21:58pour contrer tous ces produits toxiques.
- 22:00Et j'en viens,
- 22:01Audrey,
- 22:02au fait que,
- 22:03pour moi,
- 22:03une des clés notamment de cette réflexion,
- 22:07donc il y a bien sûr des gens sensibles à l'écologie et qui veulent faire des choses,
- 22:12mais il y a également l'arrivée de lois.
- 22:15Et notamment nous,
- 22:16en France,
- 22:16on est assez avancé
- 22:18par rapport à la loi qui va inciter fortement les industries textiles à se mobiliser.
- 22:25Je voulais parler de la loi AJEC,
- 22:26Petit Gaspillage pour une Économie Circulaire.
- 22:29Cette loi AJEC a pointé du doigt,
- 22:32ou en tout cas donne beaucoup de responsabilité aux entreprises de la mode,
- 22:36qu'elles s'améliorent sur les pollutions et l'impact écologique.
- 22:40Est-ce que vous pouvez développer cette partie sur la mode ?
- 22:44Oui,
- 22:44alors la loi AGEC,
- 22:46elle est entrée en vigueur le 1er janvier 2022.
- 22:49C'est une bonne première étape.
- 22:51Déjà,
- 22:51on peut se dire que les choses avancent.
- 22:53Chouette.
- 22:54C'est une loi anti-gaspillage.
- 22:56Elle prend en compte le réemploi,
- 22:58la réutilisation ou le recyclage des produits non alimentaires invendus.
- 23:05Ce qui signifie...
- 23:07que les marques n'ont plus le droit de brûler leurs vêtements.
- 23:11Pourquoi elles les brûlaient ?
- 23:12Parce qu'elles ne voulaient pas,
- 23:12par exemple,
- 23:13quand c'est des marques chiques,
- 23:15connues,
- 23:15un peu luxe,
- 23:17avec cette réputation-là,
- 23:18cette aura-là,
- 23:19ne voulaient pas qu'elles finissent en frites,
- 23:20chez Emmaüs en fait.
- 23:23Donc,
- 23:23elle va imposer une information.
- 23:26Elle impose une information au consommateur.
- 23:29elle pose actuellement une question.
- 23:31Moi,
- 23:32je pense que c'est vraiment une première étape et qu'elle va s'améliorer,
- 23:35cette loi va se transformer.
- 23:36C'est quand même le but des lois,
- 23:38c'est de ne pas en créer des nouvelles à chaque fois.
- 23:40Elle pose une vraie question au niveau du polyester.
- 23:42Parce que le polyester,
- 23:43c'est vraiment,
- 23:44toutes ces matières pétroles sont extrêmement polluantes et surtout,
- 23:48on n'arrive pas,
- 23:49on ne peut pas les recycler 50 fois.
- 23:51Ça ne se recycle pas.
- 23:52C'est-à-dire que vous refaites du polyester.
- 23:57en réalité.
- 23:58Donc ça,
- 23:58ça sera quelque chose à prendre dans les modifications de la loi AGEP plus tard,
- 24:05quand on aura,
- 24:07j'espère,
- 24:08redéveloppé toutes ces filières sans pétrophilie,
- 24:13avec vraiment beaucoup moins.
- 24:15Il y a des mélanges qui ne sont pas faisables.
- 24:18On n'a pas encore toutes les solutions techniques.
- 24:20C'est pour ça que la recherche et le développement,
- 24:22c'est extrêmement important.
- 24:23Ensuite,
- 24:24il y a une limite,
- 24:25mais on pourra en parler pour Rich aussi,
- 24:28c'est le contrôle,
- 24:29Pauline.
- 24:31Comment on contrôle autant de produits ?
- 24:33Comment on contrôle des portes-conteneurs tout à fait énormes,
- 24:39ces villes qui sont sur la Méditerranée,
- 24:41sur les océans,
- 24:43et qui sont remplies de fringues ?
- 24:47Et de fringues notamment...
- 24:48Vous savez qu'on a déposé dans des containers nous,
- 24:51pour qu'elles soient recyclées ou données,
- 24:53et qui en fait vont partir par toute une filière de recyclage très très opaque,
- 24:59qui vont partir jusqu'au Chili et arriver dans le désert d'Atacama.
- 25:04Il y a des ports comme ça dans le monde qui sont des ports francs.
- 25:09Ce sont des ports où il n'y a pas de taxes,
- 25:11ou beaucoup moins.
- 25:12et qui laisse finalement lieu à divers types de mafias.
- 25:18Ces vêtements arrivent,
- 25:20vous,
- 25:20vous les avez donnés,
- 25:21quelques-uns sont partis évidemment pour habiller des gens,
- 25:23mais en fait on donne trop de vêtements.
- 25:26On pourrait habiller tout le monde de suite.
- 25:28et ils finissent dans le désert,
- 25:30ils finissent au Ghana,
- 25:32à chaque fois qu'on découvre une montagne,
- 25:34vous en avez en Côte d'Ivoire,
- 25:35vous en avez partout.
- 25:37Il va falloir également mettre en place,
- 25:39et c'est très important cette question des réglementations,
- 25:42et c'est très positif d'y penser.
- 25:44Il faut réglementer,
- 25:45il faut des contrôles,
- 25:46il faut des inspections,
- 25:47il faut réguler ce commerce international qui nous dépasse,
- 25:51qui nous dépasse totalement.
- 25:53Alors dans le cadre des contrôles,
- 25:55de la réglementation,
- 25:56etc.,
- 25:57la première notion qui nous vient,
- 25:59c'est forcément les labels,
- 26:01vu qu'on en voit partout,
- 26:03qui fleurissent,
- 26:04que ce soit dans l'alimentaire que je connais mieux,
- 26:06ou que ce soit dans le textile que je découvre,
- 26:09où en fait il y en a quand même...
- 26:12Beaucoup.
- 26:13Est-ce que sur les labels du textile,
- 26:16vous pouvez nous faire un petit point de ce qui existe et après on fera deux focus sur les mentions plus particulières.
- 26:27Donc les labels du textile.
- 26:30En fait,
- 26:31les labels,
- 26:31c'est quelque chose de très important puisque un label vous indique,
- 26:35par exemple,
- 26:35les bonnes conditions de travail.
- 26:38vous indique que vous ne participez pas à l'esclavage,
- 26:41vous indique que vous participez à la formation des gens sur place,
- 26:46vous indique qu'il n'y a pas de produits toxiques dans la teinture de ce vêtement,
- 26:50vous indique qu'il n'y a pas de pesticides.
- 26:52C'est très important.
- 26:54Le problème du label aujourd'hui,
- 26:56c'est que ce que je viens de vous citer,
- 26:58ce sont des labels différents.
- 27:00Ce sont des labels différents et je crois que le consommateur travaille toute la semaine à ses propres compétences et capacités dans son travail,
- 27:07dans son job,
- 27:09et il n'a pas le soir à regarder tous les types de labels qui existent.
- 27:13La moitié sont en anglais,
- 27:14déjà,
- 27:15pour la francophonie,
- 27:17ce n'est pas facile quand même.
- 27:18La moitié sont en anglais et puis,
- 27:21si vous avez…
- 27:22Moi, mon problème,
- 27:23c'est que…
- 27:24Donnez-moi un label sans produits toxiques,
- 27:27avec une matière faite sans pesticides et qui respecte les droits humains.
- 27:32C'est un label où il y a tout.
- 27:34Parce que je me retrouvais l'été dernier à fouiller un peu les labels,
- 27:38à aller tout simplement au magasin.
- 27:40Et vous vous retrouvez devant des vêtements où vous avez par exemple un label Il n'y a pas de produits toxiques sur ce jean à gauche.
- 27:49et sur le droit,
- 27:50vous n'avez pas,
- 27:51c'est le même magasin,
- 27:52ils sont juste à côté,
- 27:53vous n'avez pas ce label,
- 27:54mais vous avez un carton où c'est marqué coton BCI
- 27:58Alors quitte à ce que c'est le coton baissé nu,
- 28:03vous devenez une encyclopédie textile,
- 28:05quand vous achetez des vêtements,
- 28:06si vous vous y intéressez,
- 28:07c'est terrible.
- 28:08Donc on a un véritable problème avec les labels et puis avec tous ces petits cartons,
- 28:12toutes ces étiquettes,
- 28:13vous savez,
- 28:14un petit peu cartonnées,
- 28:15beiges,
- 28:16colorièges,
- 28:17avec un petit peu de vert,
- 28:19une fleur,
- 28:20avec des…
- 28:22Vous savez,
- 28:22des phrases de stratégie,
- 28:24éco-friendly,
- 28:26un jean qui vous love dans tous les cas,
- 28:28et qui love tout le monde,
- 28:29et qui en fait sont très trompeurs,
- 28:31parce que vous avez l'impression que c'est un label.
- 28:34Oui,
- 28:34c'est comme dans l'alimentaire,
- 28:36on appelait ça des labels autoproclamés,
- 28:38qui ne sont régis par aucun cadre vérifiable et mesurable.
- 28:44Et donc oui,
- 28:44il y a en fait,
- 28:46il se passe la même chose dans le textile qu'il se passe dans l'alimentaire,
- 28:48c'est qu'il y a une quantité de labels différents sur différents thèmes,
- 28:53et aujourd'hui,
- 28:54il n'y a pas un label qui regroupe toute une démarche sur la chaîne de valeur qui soit vertueuse,
- 28:59si je comprends bien ce que vous dites.
- 29:01C'est exactement ça,
- 29:02et c'est surtout que le…
- 29:03Alors,
- 29:04vous êtes spécialiste de l'alimentaire à la base,
- 29:08mais l'industrie textile est super en retard.
- 29:12On a été les derniers à s'y mettre,
- 29:14parce que c'est le petit plaisir pas cher qui quand même vous réchauffe le cœur.
- 29:18Sans pouvoir être pessimiste,
- 29:21quand j'ai lu votre livre,
- 29:22je me suis dit,
- 29:23je prends conscience que le prochain scandale de la société,
- 29:26ça va être…
- 29:27ça,
- 29:27ça va être le textile en fait parce qu'il y a des gens c'est le prochain scandale sanitaire parce qu'en fait je me dis sur l'alimentaire on a eu notre lot il y a beaucoup d'entreprises qui se mobilisent qui cherchent des solutions et on en a plein des très concrètes sur
- 29:43la cosmétique c'est pareil ça a fortement bougé il y a beaucoup de militants et d'organismes qui font que ça se clean
- 29:53mais alors sur le textile donc à part l'application d'ailleurs j'aimerais bien avoir votre avis sur cette application l'application de Clear Fashion oui que j'ai moi pareil et en fait j'ai épluché tous les les items de cette appli donc on a sur l'environnement,
- 30:09sur l'humain sur la santé et sur les animaux,
- 30:11bien être animal je trouve que c'est le Yuka en fait c'est ça,
- 30:15c'est le Yuka mais pour le textile je trouve que cette application elle permet aussi aux consommateurs de
- 30:22de prendre du recul par rapport aux étiquettes et comme vous disiez,
- 30:25aux messages un peu autoproclamés ou un peu greenwashing de termes qui nous semblent être plus naturels,
- 30:32plus écologiques.
- 30:33Et en fait,
- 30:34je trouve que cette appli,
- 30:35elle permet de remettre bien les choses dans leur contexte et elle aide à la lisibilité d'une étiquette.
- 30:41Oui,
- 30:42et vous,
- 30:42le Bléanêtre animal,
- 30:44c'est vraiment une appli arborescence.
- 30:46Moi,
- 30:46je peux y passer un mois.
- 30:48C'est jour et nuit,
- 30:50c'est très intéressant quand on travaille dessus.
- 30:53Ensuite,
- 30:53on a toujours ce problème,
- 30:55c'est-à-dire que nous,
- 30:56on a ce prisme.
- 30:57on travaille dessus,
- 30:59on a des spécialités,
- 31:01donc c'est normal qu'on puisse y passer jour et nuit.
- 31:04On apprend beaucoup de choses,
- 31:05mais la mère de famille,
- 31:07elle n'a pas à devenir une encyclopédie,
- 31:09elle doit acheter quelque chose qui,
- 31:10voilà,
- 31:11quand elle met son argent,
- 31:12purement gagné,
- 31:13quand elle sacrifie son argent,
- 31:14elle doit acheter quelque chose de plus.
- 31:16Alors,
- 31:16je ne sais pas si on pourra trouver le label qui regroupera toutes les démarches,
- 31:20en tout cas,
- 31:20ce serait intéressant.
- 31:22En attendant,
- 31:22il y a quand même des choses qui bougent et je voulais qu'on revienne sur Rich,
- 31:28J'aimerais bien que vous l'expliquiez pour les auditeurs et on reviendra sur d'autres sujets.
- 31:34Allez-y,
- 31:34je vous écoute au bout.
- 31:37C'est un règlement qui date de 2006 et qui est basé sur une plus grande implication des industriels dans l'évaluation des risques des substances finies.
- 31:50Donc il y a une forme de responsabilisation de l'industriel dans le risque.
- 31:54C'est une norme européenne.
- 31:57En fait,
- 31:57REACH produit des listes,
- 31:58pas que sur le texte.
- 31:59Elle produit des listes de produits interdits et de produits autorisés,
- 32:04mais avec des seuils.
- 32:06Donc,
- 32:07on est ravis.
- 32:08C'est tout à fait excellent.
- 32:09À partir d'études scientifiques,
- 32:10parce que pour faire rentrer un produit dans REACH,
- 32:13ça met du temps,
- 32:14ceci est une norme européenne,
- 32:16qui veut dire qu'elle s'arrête,
- 32:19elle s'applique dans l'application en Europe.
- 32:22Un fabricant en Europe ne peut pas.
- 32:24fabriquer en Europe un produit avec un seuil plus élevé,
- 32:28ok.
- 32:29Le problème de Rich,
- 32:30en fait,
- 32:30ce sont les problèmes qui entrent en Europe.
- 32:34Mais parce qu'il se passe à l'étranger.
- 32:36C'est cette porte-conteneurs dont je vous parlais,
- 32:38c'est une des pires inventions du XXe siècle.
- 32:41Et en fait,
- 32:42quand vous l'ouvrez,
- 32:43il y a des milliers et des milliers de cartons,
- 32:44des milliers et des milliers de vêtements.
- 32:47qui peut contrôler ça.
- 32:48Et vous savez qu'aujourd'hui,
- 32:50le credo officiel,
- 32:52c'est quand même le néolibéralisme et ce libre-échange,
- 32:57cette libre-concurrence,
- 32:59donc cette liberté,
- 33:01puisque la première liberté est donc devenue la liberté d'entreprendre.
- 33:05On ne peut pas faire de la concurrence déloyale.
- 33:08Donc,
- 33:09interdire,
- 33:10c'est ce qu'on a...
- 33:12On va essayer de faire avec le rapport au Parlement européen,
- 33:16qui a été présenté le 30 janvier,
- 33:18commandé par l'eurodéputé
- 33:20Saskia Brickmont.
- 33:23C'était d'expliquer que REACH,
- 33:24c'est une super base,
- 33:26mais qu'il y a des trous dans REACH.
- 33:27Donc,
- 33:28l'entrée des produits,
- 33:29bien entendu.
- 33:31Et lorsque les Européens ont créé REACH,
- 33:33qui est quand même une super idée,
- 33:36les Chinois sont arrivés et ont dit,
- 33:38nous aussi.
- 33:39on veut un riche China et nous avons nos propres seuils.
- 33:42Alors,
- 33:43ce n'est pas les mêmes,
- 33:44je vous le dis de suite.
- 33:45Et l'Inde a fait pareil.
- 33:48Donc,
- 33:49c'est à qui prouvera qu'il a la meilleure législation.
- 33:52Donc,
- 33:53c'est un combat de coq,
- 33:54finalement,
- 33:55pour avoir,
- 33:56pour faire le plus de profit.
- 33:59Mais riche est quand même une excellente base qu'il ne faut pas détruire.
- 34:03Mais il faut,
- 34:03c'est ce problème des douanes,
- 34:05on va mettre quelqu'un derrière chaque carton.
- 34:08Ensuite,
- 34:08on ne peut pas faire interdire telle marque.
- 34:11Ce n'est pas démocratique,
- 34:13tout simplement.
- 34:16Ensuite,
- 34:16il faudrait connaître la traçabilité des produits.
- 34:20C'est-à-dire que vous avez des porte-conteneurs qui arrivent,
- 34:25des cartons,
- 34:25des produits.
- 34:26qui arrivent au Liban,
- 34:28qui en fait viennent de Chine.
- 34:31Quand ils arrivent au Liban,
- 34:32on enlève l'étiquette de Chine,
- 34:34on met l'étiquette du Liban,
- 34:35puisqu'ils se sont arrêtés là.
- 34:37Ils partent par bateau.
- 34:39Et donc quand ils arrivent à Naples,
- 34:42en Espagne,
- 34:44ici en Grèce,
- 34:45selon ce qui s'est déposé en Europe,
- 34:49on peut croire que ce produit en fait vient du Liban,
- 34:53ou que ce produit vient du Maroc.
- 34:57Donc,
- 34:58il y a quand même des…
- 35:00En fait,
- 35:00il faut que les chercheurs,
- 35:01il faut que les législateurs essaient eux-mêmes de contourner dans leur tête les lois pour voir où sont les trous des lois,
- 35:11parce qu'il y a bien quelqu'un qui va essayer de contourner et de trouver le trou de nos lois.
- 35:17C'est une générique intellectuelle.
- 35:20Il n'y avait pas eu… enfin,
- 35:22il n'y a pas eu un sentiment que ça s'est amélioré avec la loi du devoir de vigilance,
- 35:26je crois que c'est la loi…
- 35:27où en fait,
- 35:29on remet la responsabilité aux metteurs sur le marché.
- 35:32Par exemple,
- 35:32une entreprise textile française doit être en capacité de remonter toute sa traçabilité.
- 35:37Pour vous,
- 35:38on va dire,
- 35:39qui est pour moi,
- 35:40dans ce que j'ai lu de la loi AGEC,
- 35:41impliquée parce qu'ils vont devoir noter maintenant sur l'étiquette le made in,
- 35:46donc dans quel pays,
- 35:47par exemple,
- 35:47le produit a été tricoté,
- 35:50cousu,
- 35:51imprimé,
- 35:52etc.
- 35:52Donc,
- 35:53j'ai l'impression quand même qu'en tout cas pour la France,
- 35:56il y a quand même des petites briques qui sont en train de se monter,
- 35:59alors peut-être pas assez vite,
- 36:01peut-être pas au niveau européen,
- 36:05je sais que ce n'est pas encore construit,
- 36:06et donc au niveau mondial c'est encore plus compliqué j'imagine,
- 36:09mais il y a quand même un début de piste.
- 36:12Oui,
- 36:13alors ça c'est,
- 36:15pour nous c'est encore plus intéressant de regarder des étiquettes et de voir que par exemple le tissu,
- 36:21alors ensuite par exemple le tissu il peut être acheté en Italie,
- 36:25Pauline,
- 36:26mais en fait il peut venir de Chine.
- 36:29Vous voyez ?
- 36:30Et puis ensuite,
- 36:31vu que la main-d'œuvre italienne apparemment serait trop chère,
- 36:33on va fabriquer,
- 36:35confectionner les vêtements en Bulgarie.
- 36:38Mais effectivement,
- 36:39ce sont des pas très importants vers plus de traçabilité.
- 36:46Mais les entreprises disent elles-mêmes qu'on a un mal fou à tracer totalement nos produits.
- 36:54Et attention,
- 36:55je pense que les gens qui travaillent sur ce sujet...
- 36:57dans les entreprises font vraiment de leur mieux.
- 37:02Ils y croient.
- 37:03Il ne faut pas...
- 37:05Il y a un contexte économique mondial,
- 37:08mais il y a aussi des gens qui véritablement essaient.
- 37:12Donc ce qui fait qu'au final,
- 37:14on arrive par exemple à savoir,
- 37:16et c'est dramatique,
- 37:18certaines fois 4% des produits d'une entreprise à les tracer totalement.
- 37:24si on doit les tracer,
- 37:25on devrait arriver à les tracer depuis le champ.
- 37:28Alors,
- 37:29pour faire un parallèle avec l'alimentaire,
- 37:30parce que moi je travaillais pour une grande marque de distribution et j'étais au service RSE en charge de justement aider les équipes produites dans la réalisation de la traçabilité,
- 37:43notamment via la loi Sapin 2,
- 37:45je me souviens que c'était un casse-tête et qu'il y avait une volonté des équipes.
- 37:50que ce soit les acheteurs,
- 37:51les chefs de produits et même les premiers rôles,
- 37:55donc les premiers fournisseurs,
- 37:56à creuser.
- 37:57Mais c'était nébuleux et hyper flou.
- 38:01Je sais que comme piste en alimentaire,
- 38:03on avait ce qu'on appelait la blockchain,
- 38:05c'est-à-dire un système dématérialisé où à chaque étape,
- 38:09la personne venait renseigner,
- 38:11donc à chaque étape de fabrication ou du processus de fabrication,
- 38:14venait renseigner des éléments.
- 38:16Sauf qu'au bout d'un moment,
- 38:17en fait,
- 38:18on est conscient du rang 1,
- 38:19du rang 2
- 38:20mais en fait en textile il n'y a pas deux rangs,
- 38:22il y en a peut-être 10,
- 38:2315,
- 38:2320,
- 38:24enfin je n'arriverai même pas à voir le nombre de rangs qu'il peut y avoir,
- 38:28mais je comprends que ce soit extrêmement flou,
- 38:30il y aurait moyen d'utiliser l'avancée du secteur alimentaire pour le secteur textile je pense.
- 38:38Je voulais aussi vous poser la question sur le label
- 38:41GOTS, et notamment le GOTS 6,
- 38:43est-ce que vous pouvez nous expliquer ce qu'est ce label,
- 38:46pourquoi il sert et nous en dire un petit peu plus ?
- 38:49Alors
- 38:50GODS à la base c'est une certification,
- 38:53une certification biologique qui a été créée par un organisme certificateur comme EpoCert.
- 39:02et elle permet,
- 39:04cette certification,
- 39:05d'afficher la mention textile biologique et on l'associe à un logo,
- 39:12GOTS,
- 39:12toujours les logos.
- 39:14Ces produits qui sont commercialisés,
- 39:16qui sont contrôlés par des inspecteurs,
- 39:19par des contrôles,
- 39:19des scientifiques,
- 39:21ils doivent être conformes à un cahier des charges.
- 39:24Ce cahier des charges est un cahier des charges signé GOTS.
- 39:28et qui est un gage de garantie tout au long de la filière pour les consommateurs.
- 39:34Numéro 1,
- 39:35je me suis demandé de parler de la multiplication des labels.
- 39:39Donc ça,
- 39:40c'est une initiative privée.
- 39:42Je pense qu'il nous faut quand même des labels,
- 39:47des certifications.
- 39:48des accréditations,
- 39:50finalement,
- 39:50pour mettre sur le marché public.
- 39:52Et ce cahier des charges,
- 39:54GOTS,
- 39:55il fait état d'un certain nombre de produits.
- 39:59Le problème,
- 39:59c'est qu'en fait,
- 40:00des cahiers des charges comme ça,
- 40:02on en a pas mal,
- 40:03vraiment,
- 40:04un certain nombre.
- 40:05On a REACH,
- 40:06finalement,
- 40:07également,
- 40:08qui en est un.
- 40:09Vous n'utilisez pas tel produit.
- 40:11Donc on se demande pourquoi on doit multiplier les labels.
- 40:16Et on a aussi,
- 40:18on a un DZ également,
- 40:20tout le monde en fait va produire son propre cahier des charges.
- 40:23C'est très problématique,
- 40:24ça nous perd,
- 40:25moi je trouve.
- 40:26Est-ce que ce n'est pas,
- 40:28pour faire encore un parallèle avec l'alimentaire,
- 40:30désolée,
- 40:30mais que je connais,
- 40:32une notion aussi de business,
- 40:34ces labels ?
- 40:35Parce que généralement,
- 40:38les labels,
- 40:39on paye une contribution pour adhérer au système et on a aussi une…
- 40:46comment dire,
- 40:46un financement pour la position du logo.
- 40:49Donc,
- 40:49rien que le visuel,
- 40:50en fait,
- 40:50coûte quelque chose à l'enseigne ou à l'entreprise qui vend les produits.
- 40:56Est-ce que,
- 40:56du coup,
- 40:57il n'y a pas aussi cette histoire de réglementer les labels pour que déjà,
- 41:02un,
- 41:02il y en ait moins,
- 41:04deux,
- 41:05il soit plus complet,
- 41:07c'est-à-dire regrouper plusieurs thématiques plutôt qu'une seule ?
- 41:10Je ne sais pas,
- 41:11c'est une réflexion comme ça.
- 41:12Est-ce que ça,
- 41:12c'est envisageable ?
- 41:14Mais en fait il nous faudrait de vrais labels publics.
- 41:18tout simplement,
- 41:18puisque c'est d'intérêt public.
- 41:20Il n'y a aucun organisme qui arbitre les labels,
- 41:25alors même si on est dans la liberté de...
- 41:27J'ai aucun doute avec ça et j'ai aucun problème avec ça.
- 41:30Il n'y a aucun organisme qui arbitre les labels,
- 41:33pour moins dire,
- 41:33leur donne une certaine légitimité en disant Attention,
- 41:36il y en a un qui est similaire ou proche,
- 41:38est-ce qu'il n'y a pas moyen de vous retrouver ?
- 41:40Il n'y a pas d'organisme.
- 41:42Tout scientifique peut modifier une méthodologie.
- 41:46il n'y a pas de problème,
- 41:47ça ne sera jamais identique.
- 41:48Dans chaque épisode du podcast,
- 41:50on parle d'une fibre de prédilection de l'invité.
- 41:54Donc vous,
- 41:55vous n'êtes pas peinturière au sens propre,
- 41:57vous n'êtes pas dans le textile au sens propre,
- 42:01même si vous êtes en très grande prise de recul.
- 42:05Je voulais qu'on parle ensemble du coton,
- 42:08où là aussi vous m'avez bousculé dans mes croyances.
- 42:12Je voudrais,
- 42:12si vous me le permettez,
- 42:13lire un petit passage de votre livre et qu'on arrive sur le coton.
- 42:18Dans votre livre,
- 42:18vous dites cependant que le coton biologique est débat,
- 42:21qu'il consomme beaucoup plus d'eau,
- 42:23ce qui pousse les populations des pays en développement à choisir entre utiliser de l'eau pour la culture du coton biologique ou pour répondre aux besoins quotidiens de son hydratation et de son hygiène.
- 42:34En outre,
- 42:34la certification biologique ne s'intéresse qu'à l'étape de la culture du coton,
- 42:39ce qui signifie qu'une fois que le coton biologique est récolté,
- 42:42il rejoint souvent les mêmes centres de transformation que les autres textiles conventionnels.
- 42:48subissant les mêmes traitements et des colorations avec des produits contenant des métaux lourds.
- 42:53La teinture,
- 42:54pas biologique,
- 42:55est beaucoup plus polluante que l'utilisation des pesticides.
- 42:58Si les clients sont disposés à payer plus pour du coton biologique,
- 43:02ils ne le sont pas pour des teintures respectueuses de l'environnement.
- 43:06Et là,
- 43:06ça nous ramène carrément au sujet du podcast.
- 43:09Et donc,
- 43:09du coup,
- 43:10je voulais vraiment vous demander,
- 43:12Audrey,
- 43:12de nous raconter l'histoire du coton.
- 43:14et d'arriver sur le coton biologique pour nous expliquer ce qu'on a,
- 43:19en tout cas moi,
- 43:19que je ne connaissais pas du tout.
- 43:21Merci Pauline.
- 43:22Moi aussi,
- 43:22ça m'a un peu traumatisé cette histoire du coton,
- 43:25car depuis que je suis petite,
- 43:27on me dit,
- 43:29prends un t-shirt en coton,
- 43:32tu ne vas pas transpirer de dents.
- 43:34C'est le truc de la super qualité,
- 43:36il fallait que tu aies ton t-shirt en coton.
- 43:38C'était le mieux.
- 43:40et je commence mes recherches sur le coton,
- 43:41et en fait,
- 43:42je me rends compte que le coton,
- 43:44c'est une plante qui pousse très mal.
- 43:47C'est une plante qui ne supporte pas la chaleur trop,
- 43:50qui ne supporte pas la pluie,
- 43:52et quand elle tourne par terre,
- 43:53ça devient une catastrophe.
- 43:55En fait,
- 43:55c'est une plante miracle,
- 43:56qui ne devrait absolument pas finir sur notre corps.
- 43:59Donc,
- 44:00c'est une plante très fragile.
- 44:02Donc,
- 44:02comment ça se fait qu'on est arrivé à transformer une plante très fragile en tifin ?
- 44:07et bien en fait il a fallu beaucoup de main-d'oeuvre et notamment de la main-d'oeuvre servile donc la traite négrière bien entendu ces esclaves qui vont aux états-unis et notamment dans le sud dans les plantations de poton où ils sont esclaves torturés
- 44:24exploités
- 44:26qui va avec,
- 44:27s'ils ne sont pas morts,
- 44:28bien entendu,
- 44:28dans le bateau.
- 44:30Ces gens-là vont ramasser le coton et ça va être de la main-d'œuvre gratuite,
- 44:34en réalité.
- 44:35C'est la raison pour laquelle on a pu avoir du coton.
- 44:38Parce que le coton,
- 44:40c'est tellement fragile,
- 44:42ça tombe tellement vite,
- 44:43il faut ramasser chaque balle à la main.
- 44:46En fait,
- 44:46ça aurait coûté beaucoup plus cher.
- 44:48ça ne devait pas devenir une fibre démocratique,
- 44:52sauf si vous avez de la main-d'œuvre servile.
- 44:54Le problème ensuite qui se pose aux États-Unis et dans le monde,
- 44:57c'est qu'on abolit l'esclavage au XIXe siècle.
- 45:01Et là,
- 45:01vous savez,
- 45:02il y a une guerre civile entre les États du Nord et les États du Sud.
- 45:05Les États du Nord se disent d'ailleurs,
- 45:07je rebondis,
- 45:09Wouk !
- 45:10Ils veulent abolir l'esclavage dans le Sud.
- 45:13Le Nord gagne cette guerre de sécession,
- 45:15cette guerre civile.
- 45:17mais les propriétaires de plantations doivent bien trouver une autre main-d'œuvre.
- 45:22Elle ne peut plus être totalement gratuite.
- 45:24Donc,
- 45:25ils vont instaurer un type de contrat.
- 45:27Là,
- 45:27ils vont prendre des Mexicains et encore des Afro-Américains à qui ils vont faire un contrat absolument médiocre et ils vont fixer la main-d'œuvre pour ne pas que cette main-d'œuvre aille chercher un autre boulot ailleurs.
- 45:40Ils vont la fixer.
- 45:42et par exemple en mettant une école pour leurs enfants,
- 45:45une épicerie,
- 45:46comme ça,
- 45:47bon,
- 45:47ils vivent un peu normalement.
- 45:49Mais vous voyez,
- 45:49c'est à chaque fois de la main d'œuvre servile pour les Afro-Américains,
- 45:53et ensuite les chercheurs veulent appeler ça du travail forcé.
- 45:57Je me demande toujours un peu où est la frontière entre…
- 46:01l'esclavage et le travail forcé,
- 46:04vu que nous,
- 46:05on parle depuis notre chaise et dans notre bureau,
- 46:07alors ce coton,
- 46:08il ne devrait pas exister.
- 46:09Et vous le savez très bien,
- 46:10aujourd'hui,
- 46:12il s'étonne que ce soit des grands internements avec les Ouïgours qui produisent une grande partie du coton mondial,
- 46:22mais ça a toujours été le cas.
- 46:25Le coton est la plante de l'esclavage.
- 46:28Ensuite,
- 46:29c'est dramatique maintenant,
- 46:30quand on verra un t-shirt en coton,
- 46:33ce coton-là,
- 46:35et puis ce sont des conditions de travail terribles,
- 46:38terrible,
- 46:39tout le soleil,
- 46:40terrible.
- 46:41Mais pourquoi j'avais parlé de la couleur ?
- 46:44Parce que j'avais entendu un fabricant bangladais dire non mais moi c'est du coton bio,
- 46:49tout ça,
- 46:50vous les occidentaux vous adorez Il dit mais vous le teignez comment ?
- 46:54Et il dit bah là par exemple j'ai de la teinture bio
- 46:57naturelle.
- 46:58Et là,
- 46:59j'ai de la teinture normale.
- 47:01je dis mais les gens vous commandent quoi il était mort de rire il dit non mais vous les occidentaux vous voulez un t-shirt bio mais la couleur qu'il y a dessus vous voulez la payer moins cher et vous prenez des couleurs synthétiques donc
- 47:17même à chaque fois que vous voyez marqué coton bio en plus vous n'avez pas un label à côté vous voyez c'est cumulatif il y a d'autres plantes mais on nous a mis dans la tête ce coton ce coton il est totalement dans notre tête
- 47:31Et la part du coton bio aujourd'hui,
- 47:32c'est quoi dans le coton en général ?
- 47:37Je sais que c'est 24%,
- 47:40c'est un chiffre de l'ADEME,
- 47:41je crois que c'est 24% des fibres naturelles,
- 47:45enfin des fibres qui font du coton dans le monde.
- 47:48Mais alors le coton bio,
- 47:50c'est vraiment moins d'un pour cent,
- 47:53mais je ne sais plus.
- 47:54Mais je crois que c'est un pour cent.
- 47:576 et 5 de toute façon,
- 47:59ce n'est pas le t-shirt qu'on a sur le dos.
- 48:02Il n'y a pas de chance.
- 48:04Donc,
- 48:05au-delà d'être une culture difficile,
- 48:08il y a des alternatives,
- 48:09notamment des cultures que nous,
- 48:11on connaît bien en France,
- 48:12notamment le lin et le chanvre,
- 48:14qui sont des cultures plus,
- 48:16comment on va dire ?
- 48:18moins exigeante,
- 48:20avec moins besoin d'eau,
- 48:24elle s'adapte sur des sols plus...
- 48:27Je n'ai pas mes mots aujourd'hui.
- 48:29Moins riche.
- 48:30Le coton,
- 48:31malgré tout,
- 48:32j'ai l'impression que ça...
- 48:36ça ne réduit pas du tout.
- 48:37Il y a même l'Afrique,
- 48:40j'ai lu dans votre livre.
- 48:41Comment ça se fait que ça ne s'arrête pas ?
- 48:44Alors,
- 48:44on pourrait supposer,
- 48:45par exemple,
- 48:46qu'il y a de gros lobbies en coton,
- 48:48notamment depuis les États-Unis et le Texas.
- 48:50Je vous explique.
- 48:51Je vais inventer des chiffres,
- 48:53sinon ça ne va pas être...
- 48:55Je préfère vous le dire.
- 48:57Si je suis producteur de coton au Texas,
- 49:00ma production va être achetée à un certain prix.
- 49:04par l'État.
- 49:06Il y a des subventions.
- 49:07L'État m'assure que je vais le vendre à 10 euros.
- 49:10Si cette production n'est pas vendue dans les 4 mois et que le prix du coton est descendu à
- 49:165 euros,
- 49:17je vais quand même la vendre à 10 euros.
- 49:19Parce que je suis américain,
- 49:20parce que j'ai des subventions des États-Unis.
- 49:23Ce n'est pas le cas des Africains.
- 49:25c'est de la concurrence déloyale.
- 49:28Clairement.
- 49:29Il y a des subventions.
- 49:31En fait,
- 49:31je crois que quand même les États-Unis ont tout intérêt à ce que la culture du coton continue.
- 49:35Ensuite,
- 49:35il faut regarder qui va faire,
- 49:37qui s'engage,
- 49:40ce ne sont pas les ouvriers qui sont propriétaires des champs de coton en Afrique,
- 49:44qui s'engagent dans ce type de culture.
- 49:47Pour être à la hauteur,
- 49:49il faut qu'il y ait beaucoup de coton.
- 49:50Vous le savez,
- 49:51pour avoir beaucoup de coton,
- 49:52il faut des super pesticides.
- 49:54On a eu de très gros problèmes en Asie parce que,
- 49:58alors là c'était Monsanto,
- 50:00parce qu'en fait,
- 50:01les ouvriers,
- 50:02on ne leur avait pas expliqué comment mettre les pesticides.
- 50:07Donc ils se sont empoisonnés terriblement,
- 50:10terriblement.
- 50:10Il y en a plein qui sont morts.
- 50:12Et ces pesticides,
- 50:14ils ont d'autres soucis,
- 50:16c'est-à-dire qu'ils fragilisent la plante.
- 50:19Ce qui signifie qu'il va falloir rajouter d'autres produits contre les bestioles qui arrivent.
- 50:24Ces produits,
- 50:24il faut les acheter.
- 50:26Vous voyez,
- 50:26c'est un cercle vicieux,
- 50:27vous achetez toujours à la même multinationale.
- 50:30Ensuite,
- 50:32actuellement quand même,
- 50:34les pays africains souffrent.
- 50:36On a aussi de très...
- 50:37je ne vais pas taper sur tout le monde.
- 50:41Il y a des champs de coton avec pesticides qui sont gérés par des labels,
- 50:48et notamment Fairtrade,
- 50:51qui utilisent des pesticides.
- 50:53mais qui forment les ouvriers,
- 50:55qui les payent correctement.
- 50:58Et déjà,
- 50:58si on pouvait commencer comme ça,
- 51:00je ne suis pas pour…
- 51:02Mais si c'est fait comme ça,
- 51:03parce que les plus gros problèmes de pesticides qu'on a eu,
- 51:06ça a été quand même les empoisonnements d'ouvriers,
- 51:09évidemment ça empoisonne les terres,
- 51:11mais comment voulez-vous que ces pays d'Afrique produisent quelque chose alors qu'en fait le coton texan,
- 51:18il est subventionné ?
- 51:20Concurrence déloyale.
- 51:21Mais le lin,
- 51:22Pauline,
- 51:23moi j'adore le lin.
- 51:24Le lin,
- 51:25c'est extraordinaire.
- 51:26Le lin,
- 51:27c'est thermorégulateur,
- 51:28le lin.
- 51:29C'est-à-dire que vous portez l'été.
- 51:30Et vous pouvez aussi le porter à Oslo,
- 51:32en Norvège,
- 51:33là,
- 51:36où je suis chercheur,
- 51:37sous votre pull,
- 51:39vous avez chaud.
- 51:41Le lin,
- 51:41c'est extraordinaire.
- 51:42Alors bon,
- 51:43tout le monde va dire,
- 51:44le lin,
- 51:44le problème,
- 51:45c'est que ça se repasse.
- 51:46Eh bien,
- 51:46ne le repassez pas,
- 51:47ce n'est pas grave.
- 51:48Étendez-le bien.
- 51:50qu'il y a des faits,
- 51:51et vous les avez dit,
- 51:52et dans votre livre,
- 51:53c'est très clair,
- 51:54et ça fait du bien aussi de se remettre les idées bien en face des trous,
- 51:59enfin les yeux en face des trous,
- 52:00mais il y a aussi beaucoup de pistes,
- 52:03beaucoup d'initiatives,
- 52:04beaucoup de gens qui se mobilisent,
- 52:05et moi,
- 52:05c'est ce que j'ai envie de retenir de ça,
- 52:07c'est qu'il y a des faits et il y a des actions.
- 52:10Vous voulez parler,
- 52:11niveau transmission aussi,
- 52:12c'est quelque chose qui est important dans le podcast,
- 52:14donc vous,
- 52:14Audrey,
- 52:15c'est bien vos livres,
- 52:16donc vous en avez fait...
- 52:18plusieurs,
- 52:18donc là il y a le livre Noir de la mode,
- 52:20c'est celui dont on parle aujourd'hui,
- 52:22il va y avoir le livre
- 52:24Wapwashing le début avril je pense ?
- 52:287 avril est-ce que vous pouvez nous citer
- 52:322-3 livres qui vous ont aidé dans votre parcours dans votre recherche dans votre investigation que vous conseillez aux gens qui ont envie de creuser sur ces sujets ?
- 52:42Oui bien sûr en tout premier lieu
- 52:45Les marchands de doute
- 52:46de
- 52:47Naomi Oreskes et Eric Conway.
- 52:50Conway travaille pour la NASA,
- 52:52Oreskes est professeur de sciences à Harvard.
- 52:56Et ils ont décortiqué,
- 52:58c'est un des plus grands livres scientifiques qui existe certainement,
- 53:02ils ont décortiqué toute l'histoire de la nicotine et des puits acides et pourquoi,
- 53:07en fait,
- 53:08on savait,
- 53:09mais on a mis 30 ans à sortir,
- 53:13à faire quelque chose.
- 53:14Et c'est vraiment un très,
- 53:15très grand livre qui nous explique comment,
- 53:17en fait,
- 53:17les entreprises créent le doute.
- 53:19Ensuite,
- 53:19je pourrais vous citer,
- 53:21évidemment,
- 53:22les travaux de Noam Chomsky,
- 53:24Comprendre le pouvoir Ça,
- 53:25c'est un livre qui rassemble un grand nombre de ses interviews,
- 53:29qui restait un intégral.
- 53:31parce qu'il en a écrit beaucoup,
- 53:32alors on s'est limité.
- 53:34Bon,
- 53:34Chomsky,
- 53:35c'est un dissident,
- 53:37il n'est d'accord avec personne.
- 53:39Donc c'est toujours intéressant,
- 53:41même si même de temps en temps,
- 53:43on lui dit quand même qu'il faut nuancer un petit peu,
- 53:46mais Chomsky est très fort,
- 53:49il comprend toutes les structures.
- 53:51derrière les entreprises,
- 53:54les structures économiques,
- 53:55l'utilisation des médias,
- 53:57qui est loin d'être chez lui une analyse,
- 53:59vous savez,
- 54:00descriptive.
- 54:01Je vous conseillerais quand même de lire un docus,
- 54:06Gomorrah de Saviano,
- 54:07de Roberto Saviano,
- 54:08qui est une enquête sur la mafia napolitaine.
- 54:12Mais on a trois chapitres sur la mode,
- 54:14parce que finalement,
- 54:16vous savez,
- 54:16les contrefaçons ou le…
- 54:19Le t-shirt fait illégalement Pauline,
- 54:22c'est plus facile pour blanchir de l'argent.
- 54:25que de l'héroïne.
- 54:28On a trois chapitres et après,
- 54:31mais sur les couleurs,
- 54:32on a toujours Pastoureau,
- 54:33Dominique Cardon aussi,
- 54:34que vous connaissez.
- 54:37Pastoureau,
- 54:37c'est magnifique pour les représentations.
- 54:40Dominique Cardon,
- 54:41c'est du vrai concret de sciences et techniques.
- 54:43Elle connaît tellement bien la garance,
- 54:45elle en parle tellement bien.
- 54:46J'avais envie de...
- 54:49en parlant de vos projets et notamment du rapport que vous m'avez gentiment partagé,
- 54:57le rapport à l'initiative de l'Eurodiputé verte.
- 55:00Je ne vais pas écorcher son nom,
- 55:02est-ce que vous pouvez le prononcer ?
- 55:03Saskia Bricmont.
- 55:05Voilà,
- 55:05Saskia Bricmont.
- 55:07En fait,
- 55:08vous avez contribué à ce rapport.
- 55:10Est-ce que vous pouvez nous expliquer qui l'a demandé,
- 55:14comment il a été constitué et à quoi il va servir ce rapport,
- 55:16à qui il a été présenté ?
- 55:20C'est un appel d'offre de redéputés des Verts et notamment de Saskia Brickmont qui demandait à quelqu'un,
- 55:28c'est un appel d'offre,
- 55:30de réagir sur la question suivante,
- 55:32quels sont les produits toxiques dans les textiles ?
- 55:34C'est-à-dire pas seulement les vêtements,
- 55:35mais également,
- 55:36vous savez,
- 55:36les textiles ménagers.
- 55:38L'ameublement.
- 55:38Et donc,
- 55:39voilà,
- 55:40l'ameublement aussi.
- 55:41J'ai gagné le rapport.
- 55:42Donc,
- 55:42j'ai construit ce rapport qui raconte tous ces produits toxiques dans les corps et cet empoisonnement de l'Asie du Sud-Est à aujourd'hui.
- 55:50Et donc il a été présenté au Parlement,
- 55:53on a proposé de discuter,
- 55:55de revoir un petit peu Rich,
- 55:56de se demander si on ne pouvait pas discuter avec les syndicats et les fabricants aussi dans les pays.
- 56:04du sud afin de remonter les seuils.
- 56:07Mais il faut discuter,
- 56:08en fait,
- 56:09il faut augmenter les prix,
- 56:10augmenter les salaires,
- 56:11il faut augmenter le coût du vêtement,
- 56:13parce que c'est bien ça,
- 56:15arrêter de le baisser et accepter de l'augmenter.
- 56:17Alors,
- 56:18je sais qu'il y a plein de gens qui n'ont pas énormément d'argent,
- 56:21donc on va quand même parler d'eux,
- 56:23pour augmenter le coût du vêtement.
- 56:26sauf si vous accumulez vos achats,
- 56:28il faut augmenter les salaires,
- 56:30en Europe aussi.
- 56:31Et à ce moment-là,
- 56:32on pourra acquérir un t-shirt clean,
- 56:36avec,
- 56:36vous savez,
- 56:37un label stable,
- 56:38qu'on comprend du premier coup d'œil,
- 56:40ce qu'on a demandé finalement.
- 56:42C'était presque une profession de foi de vous parler aujourd'hui,
- 56:45Pauline.
- 56:46Et donc,
- 56:46je vous présente…
- 56:51C'est ça.
- 56:52On attend les réactions.
- 56:54C'est difficile,
- 56:55c'est difficile parce qu'il y a beaucoup de lobbyistes,
- 56:57parce qu'évidemment,
- 56:58on montre du droit,
- 57:00pas des marques,
- 57:01pas des enseignes,
- 57:02mais des produits.
- 57:03Il y a énormément d'acteurs qui sont concernés.
- 57:05Et là,
- 57:06actuellement,
- 57:06si vous n'avez pas beaucoup d'argent pour des livres,
- 57:09un livre,
- 57:09par exemple,
- 57:09ça vaut 20 euros si ce n'est pas un livre de poche.
- 57:12Donc,
- 57:12vous pouvez acheter 4 euros d'une marque de prêt-à-porter pour 20 euros.
- 57:18Vous savez ?
- 57:19Laisser aussi ces fringues pas chères,
- 57:21même si elles sont empoisonnantes pour les ouvriers et les corps,
- 57:26c'est aussi une manière d'encore satisfaire les citoyens et de taire les revendications sociales.
- 57:33Pour l'instant,
- 57:34les plus pauvres ont tant que pas.
- 57:36les plus pauvres,
- 57:37il y en a qui sont encore plus pauvres,
- 57:38ont encore ça.
- 57:40Votre espoir sur ce texte,
- 57:41c'est qu'il y ait des réactions et que forcément,
- 57:43il y ait des...
- 57:45Je ne sais pas,
- 57:46je ne connais pas très bien ce milieu,
- 57:47mais du coup,
- 57:47des coups de parole,
- 57:48des travaux de groupe,
- 57:50des choses qui fassent bouger les choses,
- 57:51de la réglementation,
- 57:52etc.,
- 57:53qui bougent.
- 57:53Il faut interdire...
- 57:55Le premier truc qu'on a demandé dedans,
- 57:57c'est on interdit les phtalates,
- 57:58c'est fini,
- 57:59c'est trop dangereux.
- 57:59Mais on a les preuves,
- 58:00c'est-à-dire que c'est trop dangereux.
- 58:03Parce que là,
- 58:03en fait,
- 58:03si on ne réagit pas...
- 58:05Je vous parlais d'infertilité,
- 58:06de ce type de choses.
- 58:07Je vous ai dit également dans ce rapport,
- 58:11dans le placenta,
- 58:12on a des placentas colorés qui viennent de la couleur des vêtements.
- 58:16C'est-à-dire que ce sont des bébés qu'on appelle en laboratoire des bébés pré-pollués.
- 58:21On a du microplastique dans le lait maternel qui s'accumule chez le nourrisson.
- 58:28maintenant il faut arrêter parce que dans 20 ans c'est pas dit qu'on puisse tous se reproduire de manière à peu près équivalente et qu'est-ce qu'il faudrait Audrey ?
- 58:38est-ce que vous pourriez en découler ?
- 58:44parce que j'ai des fois peur que ça tombe aux oubliettes et qu'on n'en entend parler que dans 10 ans et bien c'est pour ça que je vous remercie déjà on en parle aujourd'hui c'est chouette
- 58:55parce que c'est difficile d'avoir en plus on est un peu toujours les mauvais génies on arrive et on va dire c'est pas très bienveillant c'est super bienveillant de dire que vous allez être empoisonné et votre bébé est seul non c'est des faits et il faut maintenant tendre
- 59:12la comment dire,
- 59:13il faut que maintenant la balle soit prise au bon de chacun sur ses périnètes qu'est-ce qui peut être apporté,
- 59:18quelles sont les solutions et en fait chacun dans ces différents univers a des choses qui avancent
- 59:24que ce soit des normes,
- 59:25que ce soit des tests,
- 59:26des essais,
- 59:27des machines.
- 59:28Et en fait,
- 59:28c'est l'idée aussi,
- 59:29c'est de dire,
- 59:29voilà,
- 59:30il y a un constat et maintenant,
- 59:31c'est comment on se met en ordre de marche pour que ça bouge.
- 59:34Et je serais très curieuse et j'aimerais vraiment beaucoup que vous nous teniez au courant de ce que vous voudrez.
- 59:42et puis ça se trouve par contre il y a plus envie de le faire dans quelques temps comment ça avance si on a des suites je le fais avec plaisir Colette merci beaucoup super merci Audrey je vous invite à me rejoindre sur ma page Instagram Artecovert
- 59:57A-R-T-E-C-O-V-E-R-T pour y découvrir le nom des prochains invités je me permets de vous rappeler que la seule manière de soutenir ce podcast est de le noter et le commenter sur la plateforme d'écoute de votre choix merci
- 1:00:11C'est ainsi qu'on arrivera à faire porter la voix de ces passionnés de la couleur végétale.
- 1:00:16Merci à tous !Savoir si vous allez aimer, les mots clés du podcast ArtEcoVert : teinture végétale plantes tinctoriales indigo garance encre végétale couleur végétale colorants végétaux pigments végétaux coloration capillaire végétale fibres naturelles colorants biosourcés tanins teinture naturelle plantes artecovert couleurs de plantes design végétal couleur jardin agriculture tinctoriale Savoir si vous allez aimer, les mots clés du podcast ArtEcoVert : teinture végétale plantes tinctoriales indigo garance encre végétale couleur végétale colorants végétaux pigments végétaux coloration capillaire végétale fibres naturelles colorants biosourcés tanins teinture naturelle plantes artecovert couleurs de plantes design végétal couleur jardin agriculture tinctoriale