Latest / La Bulle Rhétorique 🎙️ Par Jean-Corentin Poisson / QVEMA : Les leçons de l'épisode 1 pour des pitch percutants
Transcript
- 0:00Bonjour à tous et bienvenue dans la Bulle Express,
- 0:02le seul podcast qui débloque une compétence ou un savoir sur la prise de parole en moins de 10 minutes.
- 0:08Moi c'est Jean-Corentin,
- 0:09coach et formateur en pitch et prise de parole.
- 0:11Depuis 2020,
- 0:12j'ai aidé plus de 1300 personnes à faire de la parole une alliée dans leur croissance personnelle et professionnelle,
- 0:18et je vous partage tout dans ces épisodes.
- 0:20Alors que ce soit pour affiner votre leadership,
- 0:22optimiser votre gestion d'équipe ou maîtriser l'art de la persuasion,
- 0:26la Bulle Express,
- 0:27c'est votre accélérateur de succès.
- 0:29Bonne écoute à tous !
- 0:38Qui veut être mon associé vient de reprendre pour une cinquième saison.
- 0:42Et cette émission,
- 0:43c'est l'occasion parfaite d'analyser des pitches,
- 0:46de voir ensemble les leçons qu'on peut tirer en analysant,
- 0:50en observant d'autres pitches.
- 0:51Ces analyses,
- 0:52depuis 3 ans,
- 0:53je les fais en vidéo sur ma chaîne YouTube.
- 0:56Mais vous l'aurez constaté,
- 0:57aujourd'hui,
- 0:58j'ai aussi un podcast.
- 0:59Et donc je trouvais ça dommage de me contenter de la vidéo,
- 1:02d'autant qu'on va pas se mentir,
- 1:04le format audio est un peu plus simple à créer.
- 1:06Donc pour cette année,
- 1:08j'ai décidé de mélanger les deux formats.
- 1:10Sur le podcast,
- 1:10ce que vous êtes en train d'écouter,
- 1:12on va faire des analyses globales.
- 1:14C'est-à-dire qu'on va regarder chaque pitch,
- 1:16mais pas seconde par seconde,
- 1:18minute par minute.
- 1:19On va regarder globalement ce qu'il y a...
- 1:21d'intéressants à retenir de chaque pitch.
- 1:24Alors que sur la chaîne YouTube,
- 1:25on va s'intéresser à un seul pitch,
- 1:28mais l'idée pour le coup,
- 1:29ça va être de l'analyser au fil de l'eau,
- 1:31de la voir en intégralité.
- 1:34Donc c'est deux formats un peu différents,
- 1:36mais très complémentaires.
- 1:37Alors bien entendu,
- 1:38je vous invite à suivre les deux.
- 1:40Pour ce premier épisode,
- 1:41j'ai choisi d'analyser dans le détail le pitch de The Phone,
- 1:45dont vous allez pouvoir retrouver cette analyse détaillée sur YouTube.
- 1:48Je vous mets le lien
- 1:49dans la description de cet épisode du podcast.
- 1:52Et donc,
- 1:52on va voir ce qu'on peut retenir comme le son des autres pitchs de ce premier épisode.
- 1:57Alors,
- 1:57on commence tout de suite avec Cédric et Guillaume de chez Agricolis.
- 2:07Agricolis,
- 2:07c'est une entreprise dont le but est assez simple finalement,
- 2:11mais je trouve ça ultra inventif.
- 2:13C'est tout simplement de proposer à des agriculteurs de servir de point relais.
- 2:17Plein d'avantages à ça pour les agriculteurs,
- 2:19pour les utilisateurs,
- 2:21pour les e-commerce,
- 2:22etc.
- 2:23Donc,
- 2:24super intéressant.
- 2:24Maintenant,
- 2:25sur le pitch en lui-même,
- 2:27premier point que je trouve très bien,
- 2:29c'est leur accroche.
- 2:31Je voulais savoir ce que vous faites vendredi,
- 2:32entre 9h et 17h,
- 2:34car le livreur va venir avec votre nouvelle machine à laver.
- 2:37L'accroche,
- 2:37c'est un moment essentiel dans un pitch parce que c'est là que les investisseurs ou les interlocuteurs,
- 2:42de façon générale,
- 2:43vont décider si oui ou non,
- 2:45ils vont...
- 2:46vous écouter sur la suite de votre présentation.
- 2:48C'est extrêmement important de les capter à ce moment-là.
- 2:51Et ici,
- 2:51Cédric et Guillaume utilisent une technique qui est vieille comme le monde,
- 2:55mais ultra efficace,
- 2:57la question rhétorique.
- 2:59On pose une question qui n'attend pas nécessairement de réponse.
- 3:02L'idée,
- 3:03c'est qu'en faisant ça,
- 3:04on rend le public actif.
- 3:07C'est-à-dire qu'il va malgré tout réfléchir et il va intérieurement donner une réponse à la question que vous posez.
- 3:12Je trouve que c'est une bonne façon de commencer.
- 3:15Très bon point pour eux.
- 3:16Deuxième point que j'aime beaucoup,
- 3:18c'est qu'ils montrent que leur système est scalable.
- 3:21Ça,
- 3:21là encore,
- 3:22point super important pour des investisseurs.
- 3:25La scalabilité,
- 3:26c'est-à-dire qu'on peut facilement déployer ça,
- 3:29augmenter la cadence,
- 3:30augmenter le chiffre d'affaires sans avoir à gérer beaucoup plus de moyens.
- 3:34Chez eux,
- 3:34c'est donc complètement scalable et je trouve qu'ils le présentent très bien.
- 3:38C'est très important.
- 3:39De plus en plus,
- 3:40les investisseurs cherchent des entreprises qui soient rentables.
- 3:44Et donc,
- 3:45bye.
- 3:45Il cherche à montrer qu'on va pouvoir augmenter la croissance,
- 3:48qu'on va pouvoir augmenter la production,
- 3:49la vente,
- 3:50etc.
- 3:50Globalement,
- 3:51c'est donc un bon pitch.
- 3:52Ce n'est pas un pitch exceptionnel,
- 3:54je ne dirais pas jusque-là,
- 3:55mais c'est un bon pitch parce que,
- 3:57tout simplement,
- 3:58on comprend le problème,
- 3:59même les problèmes.
- 4:00On comprend la solution,
- 4:02elle est assez simple.
- 4:03Donc,
- 4:04tout fonctionne.
- 4:05Et on comprend qu'ils arrivent à gagner de l'argent là-dessus.
- 4:09Et in fine,
- 4:09c'est ce que cherche un investisseur.
- 4:11Donc,
- 4:12très bon point,
- 4:13je trouve.
- 4:14pour ce premier pitch.
- 4:16Petite notion intéressante aussi,
- 4:18au moment de la négociation,
- 4:19Eric Larchevêque leur propose la valorisation qu'ils ont demandé,
- 4:23300 000 euros contre
- 4:256%, mais ils demandent en supplément 2%
- 4:28de BSA.
- 4:29Le BSA,
- 4:29si vous faites de la levée de fonds,
- 4:31c'est un moyen qui est intéressant à connaître,
- 4:33c'est une spécificité de la levée de fonds.
- 4:35Pour bien comprendre ce que c'est,
- 4:36je vais utiliser une métaphore assez simple,
- 4:39mettons qu'il y a un jeu vidéo qui va sortir,
- 4:42et vous faites vous acheter
- 4:43l'option,
- 4:44vous achetez un ticket de précommande pour avoir le droit d'acheter ce jeu plus tard à un prix qui est fixé dès maintenant.
- 4:52C'est-à-dire que c'est un petit montant que vous payez pour gagner ce droit.
- 4:55Si le jeu devient un énorme succès,
- 4:57que son prix monte,
- 4:58qu'il prend de la valeur...
- 5:00Vous allez pouvoir l'acheter au prix que vous aviez fixé initialement.
- 5:03Et si le jeu flop,
- 5:04vous aurez perdu un peu d'argent,
- 5:06mais vous n'aurez pas à payer le prix fort.
- 5:09Le BSA,
- 5:10c'est ça.
- 5:10C'est-à-dire qu'on achète l'option d'acheter plus tard les 2%
- 5:15d'actions supplémentaires,
- 5:16en l'occurrence,
- 5:17mais pour un prix qui est fixé actuellement.
- 5:20Là,
- 5:20en l'occurrence,
- 5:21sur la valorisation de 300 000 euros pour 6%,
- 5:24donc 100 000 euros pour 2%.
- 5:26C'est quelque chose qui est...
- 5:27très intéressant,
- 5:28ça permet d'obtenir du capital supplémentaire sans perdre directement des parts de capital.
- 5:33Donc ça,
- 5:33c'est la proposition d'Éric Larchevêque.
- 5:35Il y a également une autre proposition de Julien Jacob,
- 5:38qui est finalement assez similaire pour eux,
- 5:41en tout cas,
- 5:41qui est 300 000 euros contre 6%,
- 5:431%
- 5:44de BSA et 1%
- 5:46de dons à une association.
- 5:47Ça,
- 5:47c'est quelque chose qu'on reverra assez souvent,
- 5:49je pense,
- 5:49de la part de Julien Jacob,
- 5:50qui est très investi auprès des associations.
- 5:53Maintenant,
- 5:54là,
- 5:54j'avoue que...
- 5:55La levée classique,
- 5:56plus le BSA,
- 5:57plus le dans une asso,
- 5:58ça fait beaucoup.
- 6:00D'autant qu'il est forcément moins connu qu'Eric Larchevêque.
- 6:02Et donc finalement,
- 6:04Cédric et Guillaume vont choisir de partir avec Eric Larchevêque.
- 6:08Premier deal de cette saison et très grosse valorisation puisqu'on est déjà sur une valorisation à 5 millions d'euros.
- 6:15Donc bravo à eux.
- 6:17C'est d'ailleurs pour ça que je me suis arrêté un petit peu plus sur ce pitch.
- 6:20Je pense qu'il en valait le coup.
- 6:21On va peut-être passer un peu plus rapidement sur le suivant.
- 6:29Le pitch suivant,
- 6:30c'est le pitch de Jacques de Blockfire.
- 6:33Le produit qu'il propose,
- 6:34le produit qu'il a créé,
- 6:36c'est un produit,
- 6:37un genre de grenade,
- 6:38mais d'extinction.
- 6:39C'est-à-dire qu'au lieu de faire exploser quelque chose,
- 6:41ça va venir éteindre sur toute une zone un feu qui se serait déclenché.
- 6:45Alors globalement,
- 6:46le produit est intéressant.
- 6:48Les investisseurs le voient comme une innovation.
- 6:50Moi,
- 6:51j'avoue que je me semble avoir déjà vu ailleurs,
- 6:52donc moins certain de l'aspect innovation.
- 6:55Le but,
- 6:56c'est de convaincre les investisseurs.
- 6:57Donc si eux,
- 6:58ils voient une innovation,
- 6:59tant mieux.
- 7:00Maintenant sur ce pitch,
- 7:02deux choses.
- 7:03Premier élément,
- 7:04c'est trop rapide.
- 7:05Jacques parle très vite.
- 7:07En fait,
- 7:07on sent qu'il a 1 minute 30,
- 7:09c'est la nouvelle règle de cette saison.
- 7:111 minute 30 pour pitcher.
- 7:13Et il essaye de faire tenir dans cette minute 30 beaucoup trop de choses.
- 7:17Partez toujours du principe que quand vous avez un temps limité,
- 7:20ce n'est pas pour autant qu'il faut chercher à...
- 7:23condensé à faire rentrer dans ce temps limité ce que vous aviez prévu pour un temps plus long.
- 7:29Sinon,
- 7:29on ne va pas retenir les éléments.
- 7:31S'il y a un temps plus court,
- 7:32c'est qu'il faut plus sélectionner et non pas parler plus vite.
- 7:36Après,
- 7:36globalement,
- 7:37sur le fond,
- 7:38le pitch est bien construit.
- 7:40Il pose l'argument d'autorité en disant qu'il a reçu un prix pour ce produit.
- 7:44Il pose beaucoup son étau,
- 7:45son expliquant ce qu'il fait,
- 7:46son parcours.
- 7:47Il fait vivre une expérience aussi à l'auditoire en montrant comment ça fonctionne.
- 7:51On parle du brevet qu'il a déposé,
- 7:52ce qui crée une barrière à l'entrée.
- 7:54Il y a beaucoup de choses très intéressantes.
- 7:55Il y a un problème dans ce pitch et je suis étonné que les investisseurs ne se soient pas arrêtés plus là-dessus.
- 8:02C'est qu'il explique qu'il a déjà distribué
- 8:0446% de son capital dans des précédentes levées de fonds pour
- 8:081,4 million d'euros.
- 8:10Je trouve que c'est déjà un capital très dilué.
- 8:15Donc,
- 8:15pour quelqu'un qui rentre au capital à ce moment-là,
- 8:18il peut y avoir la crainte d'une entreprise qui va être...
- 8:20difficile à gérer avec potentiellement des conflits entre actionnaires et puis surtout la difficulté de lever des fonds plus tard.
- 8:28Parce qu'a priori,
- 8:30si c'est quelque chose qui fonctionne,
- 8:31il faut qu'il y ait encore du capital pour pouvoir le rediluer et faire de nouvelles levées de fonds.
- 8:36Malgré ça,
- 8:37beaucoup de propositions,
- 8:38puisque
- 8:39Julian Jacob lui propose
- 8:41200 000 euros contre
- 8:4320 %, ce qui est beaucoup plus que ce qu'il demandait.
- 8:46Il demandait 200 000 euros contre 7 %.
- 8:49Julian lui demande 20%
- 8:50pour cette somme-là.
- 8:51Et puis ensuite,
- 8:52trois offres similaires qui lui proposent ce qu'il demande.
- 8:55De
- 8:56Alice Labouze,
- 8:57de Kelly Massol et de Anthony Bourbon,
- 8:59chacun lui propose 200 000 euros contre les 7%.
- 9:02Face à ça,
- 9:02Julian Jacob va réduire son offre.
- 9:05Il va passer à 15%
- 9:07plus 2%
- 9:08à une asso pour les grands brûlés.
- 9:09Je vous ai dit,
- 9:10ça va revenir assez souvent,
- 9:11ça.
- 9:11Et finalement,
- 9:12le choix de Jacques se porte sur une union.
- 9:14Il va en fait prendre 200 000 euros contre 7%.
- 9:18Mais ces 7%,
- 9:18ils vont être répartis entre Alice Labouze,
- 9:22Kelly Massol et Anthony Bourbon.
- 9:24Donc un pitch bien réussi qui a convaincu les investisseurs,
- 9:27mais un pitch assez classique.
- 9:34Troisième pitch de ce premier épisode,
- 9:36The Smilist,
- 9:37présenté par François et Yvan.
- 9:39Là,
- 9:40clairement,
- 9:40on part sur un autre style.
- 9:42C'est étonnant,
- 9:43mais pas au sens de la grenade qui est un tout.
- 9:46Là,
- 9:46on est...
- 9:47sur un pitch très vivant,
- 9:48très dynamique,
- 9:49des gens qui viennent du luxe,
- 9:50il y a une bière plus tard,
- 9:52je reviendrai dessus,
- 9:53mais on sent qu'il y a quelque chose de très travaillé sur la forme.
- 9:57Et ça marche,
- 9:58je trouve,
- 9:59que vous m'en êtes pris.
- 10:00Alors moi,
- 10:00je trouve que c'est too much,
- 10:02mais je pense que c'est des personnalités qui sont too much aussi,
- 10:05avec mon opinion.
- 10:06Les personnalités sont très extravagantes et en même temps,
- 10:09si on est extravagant,
- 10:10il ne faut pas non plus masquer sa personnalité.
- 10:13D'ailleurs,
- 10:13qu'on soit extravagant ou pas,
- 10:14quelle que soit notre personnalité,
- 10:16je déconseille de la masquer puisque c'est important que les gens sachent avec qui ils vont travailler.
- 10:21Il y a un point que j'aime beaucoup dans ce pitch,
- 10:25c'est clairement la façon dont ils vont montrer leur expertise.
- 10:29En rhétorique,
- 10:29on parle de l'éthos.
- 10:31L'éthos,
- 10:32c'est la personnalité de celui qui parle.
- 10:34En quoi est-ce que...
- 10:36Ce qu'il montre en quoi ce qu'il est,
- 10:38ce qu'il est,
- 10:39va créer de la confiance et donner de la crédibilité à ce qu'il défend,
- 10:43en l'occurrence à son projet.
- 10:44Et ici,
- 10:45on a une triple expertise.
- 10:46On le voit très bien.
- 10:47On a François,
- 10:48Yvan,
- 10:49je crois que c'est la maman de François qui est dentiste.
- 10:51Et chacun apporte des éléments différents.
- 10:54Et chacun est expert de son domaine.
- 10:57Donc ça,
- 10:57une triple expertise,
- 10:59c'est super intéressant.
- 11:01Parce que ça montre que les profils sont complémentaires.
- 11:04Quand on est investisseur,
- 11:05on n'a pas envie d'une boîte où tout le monde fait la même chose.
- 11:07Dans ce cas,
- 11:08ça veut dire qu'il y en a qui sont en trop.
- 11:10Quand on a des associés,
- 11:11il faut que ça se complète.
- 11:12C'est pour ça d'ailleurs que,
- 11:13par exemple,
- 11:14le type de duo ingénieur-école de commerce,
- 11:18en général,
- 11:18est apprécié des investisseurs parce qu'ils savent que c'est extrêmement complémentaire.
- 11:22Ici,
- 11:22c'est le cas.
- 11:23On a trois experts de trois domaines différents.
- 11:25Super intéressant.
- 11:27D'autant qu'après,
- 11:28ils vont aussi poser leur expertise en...
- 11:31donnant la liste des endroits où François a travaillé.
- 11:34J'ai travaillé pour des grandes marques et des grands groupes de cosmétiques internationaux comme L'Oréal,
- 11:38Chanel,
- 11:39LVMH en marketing développement.
- 11:41On l'entend,
- 11:42il y a beaucoup de marques très connues,
- 11:44donc là encore un gage de qualité.
- 11:47Ça,
- 11:47typiquement,
- 11:48si vous avez bossé dans des marques,
- 11:49dans des entreprises qui sont très réputées,
- 11:52si vous avez bossé chez Google,
- 11:53chez Apple,
- 11:54chez L'Oréal,
- 11:54LVMH,
- 11:55etc.,
- 11:56ça vaut le coup de le préciser.
- 11:57En revanche,
- 11:58attention,
- 11:59puisque ...
- 12:00Je trouve qu'après,
- 12:00sur une réponse,
- 12:01ils vont justement être un peu trop dans la technicité.
- 12:05N'oubliez pas,
- 12:06ce qui nous intéresse le plus dans un pitch,
- 12:08c'est de comprendre son utilité.
- 12:09La technicité,
- 12:10elle est intéressante dans une certaine limite,
- 12:14si elle apporte vraiment une plus-value.
- 12:15Par exemple,
- 12:16une barrière à l'entrée.
- 12:17Et finalement,
- 12:18avec ce pitch,
- 12:19on assiste à une première.
- 12:21C'est la première fois qu'il y a cinq propositions des investisseurs.
- 12:27Il touche
- 12:28100%. 100%.
- 12:29des investisseurs qui sont face à eux.
- 12:31Donc,
- 12:32formidable résultat.
- 12:33Bravo à eux pour ça.
- 12:35Ils ont en face de Jean-Michel Caram,
- 12:36ils ont en face d'Alice Labouze,
- 12:38ils ont en face d'Éric Larchevêque,
- 12:40Anthony Bourbon,
- 12:41Marc Simoncini.
- 12:43Donc,
- 12:43un choix cornélien.
- 12:44Et finalement,
- 12:45ils vont aller vers Jean-Michel Caram qui a plus d'expertise,
- 12:48plus d'expérience dans leur domaine.
- 12:50Je pense que c'est un très bon choix d'aller travailler avec lui.
- 12:53Ça matchera bien.
- 12:54Ils sont dans des domaines qu'ils connaissent tous les quatre.
- 12:56Et là encore il va apporter une nouvelle expertise,
- 12:59donc je me fais pas de soucis pour la suite,
- 13:02longue vie à eux.
- 13:08Et on enchaîne avec un pitch sur lequel je vais passer très rapidement,
- 13:12parce que le passage a été très raccourci,
- 13:14très découpé au montage.
- 13:16Pour précision d'ailleurs,
- 13:17le passage en réalité dure entre
- 13:191h et 1h30.
- 13:20Donc tous les passages sont très raccourcis,
- 13:23et pour le coup celui-ci ça a été vraiment...
- 13:25très rapide dans ce qui a été diffusé,
- 13:26donc j'ai peu de choses à commenter.
- 13:28Et il s'agit du pitch de Flood Frame présenté par Philippe.
- 13:32Alors Flood Frame,
- 13:33c'est en gros un genre de bouée qu'on installe autour de sa maison et qui,
- 13:38en cas d'inondation,
- 13:40va,
- 13:40par ce système de bouée qui en fait est rattaché à un système de bâche,
- 13:43etc.,
- 13:44va permettre de protéger la maison contre l'inondation.
- 13:47Donc c'est un genre de garantie matérielle.
- 13:49Et alors là,
- 13:50sur le plan du pitch,
- 13:51pour moi,
- 13:52il y a un gros problème,
- 13:53c'est la technicité.
- 13:54Dès le début,
- 13:55au lieu de poser le problème,
- 13:57Philippe présente le fonctionnement technique de ce qu'il propose.
- 14:01Mais en fait,
- 14:01ce n'est pas ça qu'on attend.
- 14:02Avant de comprendre comment ça marche,
- 14:04on a besoin de savoir pourquoi c'est intéressant que ça marche.
- 14:08Commencez toujours par poser le problème que vous venez résoudre.
- 14:12Il faut faire comprendre qu'il y a une attente,
- 14:14qu'il y a un besoin et que vous venez répondre à ce besoin.
- 14:17En l'occurrence,
- 14:18il aurait pu parler des inondations qui ont lieu partout,
- 14:21de l'augmentation du nombre d'inondations en France.
- 14:24Des dégâts matériels,
- 14:26des dégâts financiers,
- 14:27etc.
- 14:28Tout ça,
- 14:28ça aurait été intéressant de le préciser et ensuite de préciser comment ça fonctionnait.
- 14:33Mais là,
- 14:34il rentre trop vite dans la technicité.
- 14:36On n'a pas le temps d'être accroché.
- 14:38On n'a pas le temps de ressentir quelque chose.
- 14:40Je sais,
- 14:41ça peut paraître très émotif ce que je vous dis,
- 14:43mais on doit ressentir quelque chose.
- 14:45On doit ressentir qu'on a un besoin pour ensuite y répondre.
- 14:48Ensuite,
- 14:49il y a un autre problème et qui là n'est pas inhérent au pitch,
- 14:51qui dépend de la société pour le coup.
- 14:54c'est qu'en fait en réalité il n'est pas du tout actionnaire majoritaire et ça a été dit après par les investisseurs mais ça ressemble plus à une filiale puisque
- 15:0354% de son capital
- 15:05appartient à Floatframe Danemark,
- 15:07qui est entre guillemets la maison mère.
- 15:10Donc finalement,
- 15:12il ne va avoir aucune proposition,
- 15:15et je n'ai pas grand-chose de plus à dire dessus,
- 15:16si ce n'est que je pense que le produit est très intéressant,
- 15:19qu'il est très bien,
- 15:20mais le fonctionnement de la levée de fonds comme il l'a envisagé là n'était sans doute pas la bonne solution.
- 15:26Juste après lui,
- 15:27c'était Victor et Maïlis qui venaient présenter The Phone,
- 15:30mais ça comme je vous l'ai dit,
- 15:31pour avoir l'analyse détaillée,
- 15:33il va falloir aller sur la chaîne YouTube.
- 15:35Donc nous,
- 15:35on continue tout de suite avec Nicolas de chez SONED.
- 15:44SONED,
- 15:44c'est un système de sécurité pour les personnes âgées.
- 15:48C'est un système qui va entendre éventuellement leurs cris de détresse,
- 15:52leurs appels au secours,
- 15:53ou qui va détecter s'il y a au contraire une absence de bruit,
- 15:56en tout cas qui par l'environnement sonore,
- 15:58va permettre d'envoyer très rapidement une alerte et d'intervenir en cas de besoin.
- 16:03Donc très intéressant.
- 16:05mais vous allez voir qu'il y a quand même des petits soucis dans ce pitch et des éléments qui sont très intéressants,
- 16:10ce qui en fait un pitch intéressant.
- 16:11Globalement,
- 16:12moi,
- 16:12j'aime bien quand il y a des choses à dire de positives et des choses à améliorer.
- 16:15On va commencer par ce qui est bien.
- 16:17D'abord,
- 16:17j'aime beaucoup l'accroche.
- 16:19Il commence par un storytelling,
- 16:20c'est-à-dire qu'il raconte une histoire qui est en l'occurrence son histoire et celle de son grand-père,
- 16:26qui est présent d'ailleurs avec lui sur le plateau.
- 16:28Il sert de cobaye,
- 16:29entre guillemets.
- 16:30J'aime bien ce système-là.
- 16:32Ça permet d'humaniser le problème avant de l'étendre.
- 16:34au marché.
- 16:35Donc très bonne chose.
- 16:36Et d'ailleurs,
- 16:37il profite de ce storytelling pour faire deuxième point très intéressant,
- 16:42c'est qu'il écarte les autres solutions.
- 16:45Dans la foulée de ce storytelling,
- 16:46il va expliquer que oui,
- 16:47son grand-père pourrait faire ça,
- 16:48mais il ne l'aime pas pour telle raison,
- 16:49pour telle raison,
- 16:50etc.
- 16:50Donc ça,
- 16:50c'est une très bonne chose.
- 16:51Ça permet de se positionner directement face à la concurrence.
- 16:55Parce que tout le monde connaît ses concurrents,
- 16:57en tout cas les systèmes,
- 16:58pas forcément les marques,
- 16:59mais les systèmes.
- 17:00Donc il ne peut pas faire comme si ça n'existait pas.
- 17:03très très bien de le faire,
- 17:04de le faire même rapidement,
- 17:05puisque moi c'est le premier truc auquel j'ai pensé,
- 17:08c'est déjà des solutions.
- 17:09En faisant ça,
- 17:10il me fait comprendre que les solutions ne sont pas optimales,
- 17:12et donc il m'accroche pour la suite.
- 17:15Donc très très bien,
- 17:16ne négligez jamais votre concurrence.
- 17:19Et surtout ne négligez pas les deux types de concurrence,
- 17:22la concurrence directe et indirecte.
- 17:24Concurrence directe,
- 17:25les personnes qui font la même chose que vous,
- 17:28avec des petites nuances mais globalement la même chose,
- 17:30et concurrence indirecte.
- 17:32les personnes qui répondent à la même problématique que vous.
- 17:35Typiquement,
- 17:36le concurrent d'Air France en direct,
- 17:39ça va être
- 17:40Royal Air Maroc,
- 17:41British Airways,
- 17:42etc.
- 17:43Et les concurrents indirects,
- 17:45ce sont les autres marques de transport,
- 17:47les autres moyens de transport,
- 17:49BlaBlaCar,
- 17:50SNCF,
- 17:50etc.
- 17:51Parce qu'ils répondent aux besoins de se transporter.
- 17:53Il faut toujours s'intéresser aux deux.
- 17:55Maintenant,
- 17:55il y a deux gros problèmes pour moi dans ce pitch.
- 17:58Le premier,
- 17:59c'est qu'il ne s'intéresse pas à la tendance de la silver economy,
- 18:02il ne le mentionne pas.
- 18:03Ça,
- 18:03je trouve ça très dommage parce qu'il s'inscrit sur un marché qui est très porteur.
- 18:07Heureusement,
- 18:08ça va être souligné par un autre investisseur,
- 18:10mais il aurait,
- 18:11je pense,
- 18:12dû le dire lui-même.
- 18:13Et le deuxième point,
- 18:14c'est qu'il va manquer d'ambition.
- 18:16Alors bien sûr,
- 18:17on n'est pas obligé de dire qu'on va devenir la plus grande multinationale du monde,
- 18:21de vouloir devenir milliardaire,
- 18:23mais un pitch doit nourrir les ambitions,
- 18:26la vision des investisseurs.
- 18:28auquel il s'adresse.
- 18:29Parce que quand on est investisseur,
- 18:31on ne le fait pas juste pour faire une bonne action.
- 18:33Sinon,
- 18:33on donne ses sous à une association et pas à une entreprise contre départ.
- 18:38Donc là,
- 18:39je pense qu'il aurait fallu montrer un peu plus d'ambition.
- 18:41Maintenant,
- 18:42ce que j'aime bien,
- 18:43c'est qu'il a une vision qui est très claire.
- 18:45Et d'ailleurs,
- 18:45ce qui s'est passé est assez intéressant.
- 18:47C'est qu'Anthony Bourbon lui a fait une proposition qui était de 250 000 euros contre 30%
- 18:52de sa société,
- 18:53alors qu'à la base,
- 18:54Nicolas a demandé 250.
- 18:57Donc 1000 euros contre 10%,
- 18:58qui est divisé par 3 la valorisation qu'il demandait à la base.
- 19:02Et Nicolas a décidé de la refuser,
- 19:04mais pas parce que c'est un problème de sous-valorisation de sa proposition,
- 19:10de sa société.
- 19:11Ce qui l'a dérangé,
- 19:13c'est la question de l'inadéquation avec ses propres valeurs.
- 19:17Et je trouve que c'est sans doute une des meilleures raisons de refuser l'argent d'un investisseur.
- 19:23Et je trouve que Kelly Massol a une phrase qui justifie.
- 19:27totalement ça qu'il explique très bien.
- 19:29J'en a pas d'odeur mais il a des valeurs.
- 19:31Et donc finalement,
- 19:32vu que c'était la seule proposition qu'il a reçue,
- 19:34il repart sans levée de fonds,
- 19:36mais je pense qu'il arrivera malgré tout à obtenir quelque chose plus tard dans une levée de fonds plus classique.
- 19:41On termine avec le pitch de Belvéo.
- 19:49Belvéo,
- 19:50ce sont donc des parasols,
- 19:52mais des parasols qui résistent au vent.
- 19:54On connaît tous la galère du cerf-volant qui prend une énorme rafale de vent et dont les baleines vont finir par péter.
- 20:00Avec son système,
- 20:01plus de soucis là-dessus.
- 20:03Et il y a un truc que j'ai vraiment pas compris dans ce pitch.
- 20:07Pourquoi est-ce que les investisseurs n'ont pas investi ?
- 20:10Parce que clairement,
- 20:12on a un des meilleurs pitchs de la soirée.
- 20:14Déjà,
- 20:14super intéressant dans ce pitch,
- 20:16la structure.
- 20:17La structure qu'il utilise,
- 20:19elle est classique,
- 20:20mais c'est ce qui fonctionne.
- 20:21Et ça ne sert à rien de réinventer l'eau chaude.
- 20:24Il commence en donnant la preuve du problème,
- 20:27c'est-à-dire qu'on a cette espèce de générateur de vent qui montre,
- 20:31en gros,
- 20:32des parasols qui tiennent face à des bourrasques.
- 20:34Donc,
- 20:34la preuve par l'action,
- 20:36la preuve par...
- 20:37l'exposition.
- 20:38Donc,
- 20:38on a le problème.
- 20:39Ensuite,
- 20:40il présente la solution.
- 20:42On comprend tout de suite ce que c'est.
- 20:44Il expose les bénéfices.
- 20:45Il donne les chiffres.
- 20:47Il a fait 5 millions d'euros de chiffre d'affaires cette année.
- 20:49Il est rentable au jour 1 sans avoir pris d'investissement.
- 20:52Clairement,
- 20:53tout fonctionne.
- 20:54Et puis,
- 20:54il termine bien sûr avec son appel à l'action,
- 20:57avec sa demande.
- 20:57Il cherche 200 000 euros contre 5 %,
- 21:00donc lui,
- 21:00sa boîte à 4 millions d'euros.
- 21:02Très honnêtement,
- 21:03je trouve que tout ça est super honnête.
- 21:06Le pitch est bon,
- 21:07le produit est bon,
- 21:09tout a l'air de fonctionner.
- 21:10Et puis,
- 21:10les investisseurs lui demandent un peu finalement les next steps.
- 21:13C'est quoi les prochaines étapes ?
- 21:14Il a commencé à parler déjà de sa volonté de créer du nouveau mobilier,
- 21:18de créer d'autres produits.
- 21:20Et ça,
- 21:20pour moi,
- 21:20c'est une super idée.
- 21:22C'est même un des reproches qui est souvent fait dans Qui va être mon associé.
- 21:25C'est des gens qui n'ont qu'un seul produit.
- 21:27Au bout d'un moment,
- 21:28c'est un peu limité.
- 21:29Là,
- 21:29il a un produit qui marche super bien.
- 21:31Et il se dit,
- 21:32je vais continuer avec ce produit,
- 21:34mais je veux avoir quelque chose à vendre en plus.
- 21:36C'est vachement bien.
- 21:36Je ne vois pas du tout où est le problème sur ce truc-là.
- 21:39Je n'ai vraiment pas compris la position des investisseurs.
- 21:42En tout cas,
- 21:43malheureusement,
- 21:44il repart sans investissement,
- 21:47mais il va réfléchir apparemment à sa structure.
- 21:50Ce serait intéressant d'ailleurs de savoir avec un peu plus de recul,
- 21:52parce que là,
- 21:53on voit sa réaction à chaud,
- 21:55de voir un peu comment il a fait évoluer sa réflexion.
- 21:58Est-ce que finalement,
- 21:59il s'oriente vers de l'international ou est-ce qu'il reste sur sa volonté ?
- 22:03Mais ce qui est certain,
- 22:03c'est que sa structure était vachement bien,
- 22:05son produit est solide.
- 22:06Donc pour moi,
- 22:08tout était réuni pour qu'il y ait un bon pitch et pour qu'il y ait un investissement.
- 22:17Prendre les réactions à froid,
- 22:18c'est ce que je vais vous proposer de faire très bientôt.
- 22:21Parce que je vais essayer chaque vendredi de recevoir l'un des candidats de l'émission pour débriefer de son passage quelques mois après.
- 22:28Et donc ça fait un peu plus de 3-4 mois que ça a été tourné.
- 22:30Et je me suis dit que ça serait intéressant d'échanger avec ceux qui sont passés dans chaque épisode pour leur demander où ils en sont quelques mois après.
- 22:37Est-ce que le deal s'est fait ?
- 22:39Qu'est-ce qu'ils pensent de leur pitch ?
- 22:41Donc on va débriefer ça,
- 22:42ça se passera à 11h30.
- 22:43Le premier,
- 22:44ça sera pour la Saint-Valentin,
- 22:46le 14 février.
- 22:47On se retrouvera avec Julien,
- 22:49le CEO de Maju,
- 22:50qui passe dans l'émission de mercredi prochain.
- 22:54Donc rendez-vous le 14 février à 11h30 sur LinkedIn pour un live.
- 22:58Et n'oubliez pas,
- 22:59si vous avez apprécié ce podcast,
- 23:01de vous abonner et de laisser la meilleure note possible sur votre plateforme d'écoute.
- 23:06C'est super important pour le référencement.
- 23:09Alors je compte sur vous et on se retrouve la semaine prochaine pour un nouveau débrief.
- 23:13Allez,
- 23:13ciao !