Latest / 7H40 Martin Buxant / Eric Snoeck, commissaire général de la police fédérale
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- 0:00Speaker 2: Eric Snouk, bonjour. Vous êtes commissaire général de la police
- 0:03Speaker 2: fédérale face à Buxan.
- 0:09Speaker 3: Pour bien comprendre en introduction, combien de policiers travaillent au
- 0:13Speaker 3: fédéral et combien dans les polices locales, Eric Snow
- 0:15Speaker 4: Alors la police en Belgique, c'est approximativement 50 000 collaborateurs,
- 0:19Speaker 4: policiers et membres du cadre administratif qui les épaulent, dont
- 0:24Speaker 4: 14 000 sont à la police fédérale et le reste
- 0:27Speaker 4: des effectifs principaux en fait sont dans les 174 zones
- 0:31Speaker 4: de police locales.
- 0:32Speaker 3: Et
- 0:32Speaker 4: si vous devez résumer, qui fait quoi en fait? La
- 0:36Speaker 4: zone de police locale, c'est celle qui assume vraiment les
- 0:39Speaker 4: missions de base, qui est au contact du citoyen tous
- 0:41Speaker 4: les jours. Et la police fédérale, c'est une police spécialisée
- 0:44Speaker 4: qui aide la police locale à réaliser ses missions et
- 0:47Speaker 4: qui alors réalise aussi des missions plus propres, plus spécialisées,
- 0:50Speaker 4: qui exigent des moyens particuliers. Alors si vous êtes avec
- 0:53Speaker 3: nous ce matin, c'est notamment parce qu'il y a eu
- 0:55Speaker 3: un drame à Jette, un policier tué. Est-ce que vous
- 0:58Speaker 3: pouvez nous assurer que les policiers sont suffisamment équipés pour
- 1:02Speaker 3: affronter des individus
- 1:03Speaker 4: armés? D'abord, je veux témoigner ici du fait que nous
- 1:06Speaker 4: sommes en deuil aujourd'hui. Voici un peu plus de 48 heures,
- 1:10Speaker 4: un des nôtres, collègue Nordin, n'est pas rentré chez lui
- 1:13Speaker 4: après avoir exécuté sa mission sur le terrain. C'était vraiment
- 1:18Speaker 4: un drame qui touche sa famille, bien sûr, à laquelle
- 1:20Speaker 4: nous pensons beaucoup, qui touche aussi ses collègues, des collègues
- 1:25Speaker 4: qui non seulement sont très affectés, j'imagine, Et ils doivent
- 1:28Speaker 4: aussi retourner sur le terrain dans des circonstances qui sont difficiles.
- 1:31Speaker 4: Donc permettez-moi vraiment d'exprimer à la famille, aux collègues, à
- 1:34Speaker 4: tous les proches, vraiment nos sentiments de compassion par rapport
- 1:39Speaker 4: à ce qu'ils vivent. D'autant que ce n'est pas la
- 1:41Speaker 4: première fois qu'un incident ou un incident
- 1:44Speaker 3: qui... Vous avez des chiffres là-dessus
- 1:45Speaker 4: sur les policiers malheureusement tombés en... Donc depuis la création
- 1:49Speaker 4: de la police intégrée, depuis 25 ans, ce ne sont
- 1:51Speaker 4: pas moins de 36 policiers qui ne sont pas rentrés
- 1:53Speaker 4: chez eux parce que décédés en service, dont une dizaine
- 1:56Speaker 4: dans le cadre de fusillades ou en tout cas blessés
- 1:58Speaker 4: par balle. Donc derrière ces chiffres, c'est à chaque fois
- 2:01Speaker 4: des drames humains, c'est à chaque fois des familles aussi
- 2:03Speaker 4: qui soutiennent nos policiers parce que c'est un métier difficile,
- 2:06Speaker 4: on a besoin d'encadrement hiérarchique, mais certainement aussi émotionnel, donc
- 2:11Speaker 4: ce n'est
- 2:12Speaker 3: pas facile. L'encadrement, Eric Snouk, l'équipement aussi, ils sont suffisamment
- 2:16Speaker 3: équipés vos policiers? Bien
- 2:18Speaker 4: protégé. Alors, évidemment, pour ce qui concerne l'effet de jette,
- 2:22Speaker 4: la justice est occupée à bien faire son travail et
- 2:26Speaker 4: à analyser ce qui s'est exactement produit. Il y a systématiquement,
- 2:30Speaker 4: après un incident comme celui-là, des briefings qui
- 2:32Speaker 2: sont réalisés. On va
- 2:32Speaker 4: voir justement si les modes d'action doivent être vus, si
- 2:35Speaker 4: la formation est en cause, si les équipements de protection...
- 2:39Speaker 4: Le son, c'est quelque chose qui se fait systématiquement. Est-ce
- 2:42Speaker 4: que les violences contre les policiers sont suffisamment sanctionnées? Alors
- 2:46Speaker 4: nous estimons évidemment que des violences à l'égard des policiers
- 2:49Speaker 3: sont
- 2:50Speaker 4: tout à fait inacceptables. D'abord ça l'est sur le plan
- 2:53Speaker 4: tout simplement humain. Un policier c'est un homme, c'est une
- 2:55Speaker 4: femme qui vient faire et qui s'est engagée à la
- 2:57Speaker 4: police pour servir la population et pas pour être le
- 3:00Speaker 4: punching ball quelque part d'un certain nombreux. d'individus. Du reste,
- 3:05Speaker 4: c'est aussi inacceptable institutionnellement. La police, nous sommes en toute
- 3:09Speaker 4: première ligne pour représenter l'État. Nous sommes là pour servir
- 3:12Speaker 4: et faire en sorte que les choses se passent correctement.
- 3:15Speaker 2: Et donc, quand il
- 3:16Speaker 4: y a violence, il y a quelque chose, quelque part,
- 3:18Speaker 4: d'anormal et auquel il ne faut pas se résoudre. Par ailleurs,
- 3:21Speaker 4: on est demandeur, évidemment, de sanctions qui soient à la
- 3:23Speaker 4: hauteur des événements. Plus lourdes, alors? Un policier qui se
- 3:26Speaker 4: fait littéralement abattre, et on a eu des cas malheureux,
- 3:29Speaker 4: notamment en province de Liège, encore aussi. Ça mérite une
- 3:34Speaker 4: sanction qui soit à la hauteur, si je puis dire,
- 3:37Speaker 4: de l'incident. Je sais que la justice est fortement mobilisée,
- 3:40Speaker 4: fait son travail dans ces circonstances-là
- 3:42Speaker 3: Eric Snouk, sur les règles d'usage, d'utilisation des armes, est-ce
- 3:45Speaker 3: qu'il faudrait les revoir pour permettre aux policiers de les
- 3:47Speaker 3: utiliser différemment? C'est quelque chose qui est... Alors d'abord
- 3:51Speaker 4: l'usage d'armes par la police est encadré par la loi.
- 3:56Speaker 4: Il y a notamment la proportionnalité, c'est-à-dire qu'on utilise l'arme
- 3:59Speaker 4: à feu en particulier, vraiment dans les cas où d'autres moyens,
- 4:03Speaker 4: d'abord le dialogue, en passant par d'autres types de contraintes,
- 4:07Speaker 4: n'ont pas fonctionné. Donc tout ça est encadré, nos policiers
- 4:10Speaker 4: sont formés. pour l'utiliser et dispose en effet à la
- 4:13Speaker 4: fois d'armes de poing classiques et parfois pour des événements
- 4:16Speaker 3: particuliers. Donc les règles sont bonnes,
- 4:17Speaker 4: efficaces, il n'y a pas lieu
- 4:18Speaker 3: de revoir? Les
- 4:19Speaker 4: règles sont en tout cas fort contraignantes, sont connues, mais
- 4:22Speaker 4: doivent toujours être appliquées en fonction des circonstances du moment.
- 4:24Speaker 4: Et ce n'est pas évident pour nos policiers de choisir
- 4:28Speaker 4: le bon moyen au bon moment, d'autant plus qu'on analyse
- 4:30Speaker 4: les choses après coup et c'est normal. Sur les incidents
- 4:34Speaker 4: qui
- 4:35Speaker 3: ont eu lieu à Liège il y a quelques jours,
- 4:37Speaker 3: on a l'impression qu'il a fallu un peu de temps
- 4:39Speaker 3: pour contenir les violences? Alors,
- 4:43Speaker 4: on a vécu en effet deux semaines particulièrement difficiles. Vous
- 4:46Speaker 4: avez fait allusion à notre malheureux collègue
- 4:48Speaker 3: Nordin
- 4:49Speaker 4: mais on a vécu aussi des manifestations régulièrement sur Liège
- 4:52Speaker 4: et sur Bruxelles aussi, dont le degré de violence finalement
- 4:56Speaker 4: n'est pas tout à fait nouveau, mais quand même d'une ampleur... inédites.
- 5:00Speaker 4: On a vu des casseurs se mêler à la population
- 5:05Speaker 4: qui manifestait, je dirais, dans le contexte qui était prévu.
- 5:09Speaker 4: On a là aussi des dizaines de policiers qui ont
- 5:11Speaker 4: été blessés parce que, privement, véritablement comme cible par un
- 5:15Speaker 4: certain nombre de casseurs. Donc ça, ça nous interpelle, évidemment. Alors,
- 5:20Speaker 4: vous évoquez notamment la manière dont ces événements ont été
- 5:24Speaker 2: gérés
- 5:25Speaker 4: Je peux vous assurer qu'évidemment, personne ne se réjouit de
- 5:28Speaker 4: ce qui s'est passé. On a vu des commerces mis
- 5:30Speaker 4: à sac, on a vu du mobilier urbain saccagé, on
- 5:33Speaker 4: a vu, je le répète, des policiers pris pour cible.
- 5:35Speaker 4: C'est tout à fait inacceptable. À l'heure où je vous parle,
- 5:38Speaker 4: tous les services sont occupés à Liège, à Bruxelles, nous-mêmes,
- 5:42Speaker 4: à la police fédérale à analyser comment on peut encore
- 5:44Speaker 4: mieux faire face à, quelque part, un phénomène qui est
- 5:47Speaker 4: en partie nouveau. Et ce qu'on fait aussi, c'est d'échanger
- 5:51Speaker 4: de l'information pour savoir ce à quoi on a affaire.
- 5:53Speaker 3: Si je vous pose la question, c'est parce qu'il y
- 5:54Speaker 3: a aussi un petit twist entre le bourgmestre de Liège,
- 5:57Speaker 3: vous dites, de Meillet, et le ministre de l'Intérieur. L'un
- 5:58Speaker 3: disant qu'il y avait eu du retard à l'allumage, l'autre pas.
- 6:01Speaker 3: Vous en pensez quoi, vous, en tant que commissaire? Sans
- 6:03Speaker 3: vous demander d'aller sur la politique, mais bon
- 6:06Speaker 4: Oui, non, mais bon, moi, je considère qu'on doit continuer
- 6:09Speaker 4: à travailler forcément ensemble, le niveau local, le niveau fédéral.
- 6:12Speaker 4: Vous savez que dans le modèle belge, c'est une bonne chose.
- 6:14Speaker 4: La gestion des événements publics et de l'ordre public est
- 6:17Speaker 4: confiée à l'autorité locale. C'est le Bourgmesse
- 6:19Speaker 2: le
- 6:19Speaker 4: chef de corps de police locale. C'est un modèle que
- 6:21Speaker 4: beaucoup de pays en Europe nous envient. Donc
- 6:23Speaker 3: on a un bon
- 6:24Speaker 4: modèle
- 6:24Speaker 2: qui
- 6:24Speaker 4: fonctionne
- 6:25Speaker 2: Oui, qui
- 6:25Speaker 4: dans 99% des cas fonctionne. Nous sommes un des pays
- 6:28Speaker 4: où il y a plus de manifestations au monde. C'est
- 6:31Speaker 4: lié notamment à la position de Bruxelles. C'est dans d'autres
- 6:34Speaker 4: capitales comme Namur par exemple et d'autres grandes villes. Et
- 6:37Speaker 4: le modèle de manière générale fonctionne. Maintenant quand on est
- 6:40Speaker 4: face à de nouvelles manières de protester et de s'exprimer,
- 6:45Speaker 4: on doit revoir les modes d'action, réenvisager les choses. Et
- 6:49Speaker 4: c'est ce qu'on occupe à faire
- 6:50Speaker 3: Un jeune qui dit« on me contrôle toujours à cause
- 6:53Speaker 3: de mon apparence»,
- 6:54Speaker 4: vous lui répondez quoi? Alors, la manière dont sont contrôlées
- 6:58Speaker 4: les personnes sur l'espace public, ça aussi c'est réglementé. Il
- 7:01Speaker 4: y a des raisons qui doivent pousser, ou en tout
- 7:04Speaker 4: cas des conditions dans lesquelles le policier doit être placé,
- 7:07Speaker 4: ou des raisons qui doivent pousser à effectuer un contrôle.
- 7:10Speaker 4: Il y a eu encore assez récemment plus qu'un débat,
- 7:12Speaker 4: mais aussi des directives qui ont été publiées au sein
- 7:15Speaker 4: de la police. Nous formons nos collègues à justement le
- 7:22Speaker 4: faire avec discernement.
- 7:23Speaker 3: Vous dites qu'il y a des
- 7:23Speaker 4: règles qui sont en vigueur
- 7:25Speaker 3: Oui, dans l'ensemble
- 7:26Speaker 4: les choses se passent
- 7:27Speaker 3: bien,
- 7:28Speaker 4: mais c'est évidemment un point de vigilance pour ce qui
- 7:30Speaker 4: nous concerne
- 7:31Speaker 3: Un mot encore sur la menace hybride, cyberattaque, sabotage, drone suspect,
- 7:35Speaker 3: on est prêts? La police, elle
- 7:37Speaker 4: nous protège, oserais-je dire? Alors ce que je constate, c'est
- 7:40Speaker 4: qu'il y a en effet une inflation du nombre de
- 7:42Speaker 4: drones qu'on voit dans notre espace aérien. Il y a
- 7:45Speaker 4: une inflation du nombre de cyberattaques. On nous annonce de
- 7:48Speaker 4: possibles scénarios relativement inquiétants et la police s'y prépare à
- 7:51Speaker 4: un double titre. D'une part, nous devons être prêts le
- 7:54Speaker 4: jour où il faudra compter sur la police pour être
- 7:57Speaker 4: un corps de police qui soit au rendez-vous d'une crise.
- 8:01Speaker 4: on se prépare et surtout on adapte nos modes d'action
- 8:03Speaker 4: pour par exemple la question des drones, pour appréhender cela
- 8:06Speaker 4: de manière professionnelle.
- 8:07Speaker 3: Merci monsieur le commissaire d'être passé dans le studio
- 8:09Speaker 2: Je retiens des statistiques importantes pour les Belges ce matin.
- 8:11Speaker 2: La police c'est 50 000 collaborateurs, 14 000 à la
- 8:14Speaker 2: police fédérale et le reste dans les 174 zones de police.
- 8:18Speaker 2: Vous avez noté qu'en 25 ans, 36 policiers étaient décédés
- 8:21Speaker 2: en service, dont une dizaine blessés par balle. Et à
- 8:24Speaker 2: propos de l'usage d'armes encadrées par la loi, dites-vous, on
- 8:26Speaker 2: utilise l'arme quand d'autres moyens n'ont pas fonctionné. Les règles
- 8:29Speaker 2: sont contraignantes et connues, mais la complexité, c'est qu'on les
- 8:32Speaker 2: analyse après coup. Merci Eric Snook d'être resté sur Bel
- 8:35Speaker 2: Air TL ce matin.