Latest / La Bulle Rhétorique 🎙️ Par Jean-Corentin Poisson / Gérer les conflits : Les stratégies de Peter Barrett à la table de discussion | La Bulle des Pros
Transcript
- 0:02Une prise de parole réussie,
- 0:03c'est le fruit d'une multitude de facteurs bien maîtrisés.
- 0:07C'est aussi la garantie d'un bond en avant vers l'atteinte de vos objectifs.
- 0:11Pour vous aider à obtenir ces résultats,
- 0:13j'ai rassemblé les meilleurs experts,
- 0:16les Avengers de la parole.
- 0:18Chaque semaine,
- 0:19ils nous partagent leurs méthodes,
- 0:21leurs techniques et leurs conseils dans leur zone d'excellence.
- 0:24Cette zone,
- 0:25c'est la bulle des pros.
- 0:30Les conflits,
- 0:31on en parle souvent comme d'un problème,
- 0:33alors qu'en réalité,
- 0:34c'est un mécanisme humain.
- 0:36Dès qu'il y a des relations,
- 0:38il y a des tensions.
- 0:39Dès qu'il y a des enjeux,
- 0:40il y a des désaccords.
- 0:41Et dès qu'on met deux personnes autour d'un sujet sensible,
- 0:44il y a forcément un moment où leur vision ne s'aligne plus.
- 0:47Alors la vraie question,
- 0:48c'est pas comment éviter le conflit,
- 0:50c'est plutôt qu'est-ce qu'on fait quand il arrive.
- 0:52Et surtout,
- 0:52comment on en fait un moment qui permet d'avancer au lieu de créer encore plus de dégâts.
- 0:57Il y a quelques semaines,
- 0:58j'ai sorti un premier épisode sur le sujet avec Peter Barrett.
- 1:02On parlait de tout ce qui se passait avant la discussion.
- 1:04Comment ramener les gens à la table et poser un cadre qui permet le dialogue.
- 1:09Aujourd'hui,
- 1:09on passe à la suite,
- 1:11toujours avec Peter.
- 1:12On n'est plus dans l'avant,
- 1:13cette fois-ci,
- 1:14on est dans la pièce,
- 1:15assis face à l'autre,
- 1:17et la conversation commence vraiment.
- 1:19Un moment risqué parce qu'il arrive avec des émotions qui montent,
- 1:22des reproches qu'on n'avait pas vu venir,
- 1:24des interprétations,
- 1:25des phrases.
- 1:26Des moments où on avance,
- 1:27puis on recule avant potentiellement d'avancer à nouveau.
- 1:30Dans cet épisode avec Peter,
- 1:32on va voir très concrètement comment ouvrir la discussion sans mettre de l'huile sur le feu,
- 1:37comment surprendre positivement l'autre dès les premières secondes,
- 1:40comment écouter quand tout en toi a envie de te défendre,
- 1:43comment gérer tes propres émotions sans les faire exploser sur l'autre,
- 1:47et comment réagir quand le conflit se réactive après coup.
- 1:50Si tu n'as pas écouté le premier épisode,
- 1:52tu peux quand même démarrer par celui-ci.
- 1:54Mais je t'inviterai...
- 1:55quand même à l'écouter le premier qui est vraiment complémentaire.
- 1:59Et si l'épisode te plaît,
- 2:00pense à t'abonner au podcast pour ne pas manquer la suite.
- 2:03Mais nous,
- 2:03on ouvre tout de suite la porte de la salle de réunion et on plonge dans cette deuxième partie sur la gestion de conflits avec Peter Barrette.
- 2:11Salut Peter,
- 2:12comment vas-tu ?
- 2:14Ça va,
- 2:14j'ai encore l'intérêt à toi.
- 2:16Ça va très bien,
- 2:16je te remercie.
- 2:18Et surtout,
- 2:18je suis ravi d'enregistrer ce second épisode,
- 2:21la suite,
- 2:22comme je le disais,
- 2:23d'un épisode qu'on a déjà enregistré.
- 2:25Parce que jusque-là,
- 2:26on a parlé de ce sujet de la gestion de conflits dans ce qui précède finalement l'événement ou le moment où on va réellement tenter de résoudre ce conflit.
- 2:35Et maintenant,
- 2:36dans cet épisode aujourd'hui,
- 2:39on va discuter de ce qu'on fait pendant les échanges,
- 2:42quand on discute avec l'autre,
- 2:44quand on est en réunion,
- 2:45ou en tout cas dans ce moment réellement où on tente de trouver une issue et de tout ce qui peut se passer.
- 2:53Déjà...
- 2:54On a parlé de ce qui se passe avant,
- 2:56mais est-ce que tu peux nous dire,
- 2:57au début de cet échange,
- 2:59mettons pour simplifier,
- 3:00qu'on va évoquer une réunion,
- 3:02on va dire,
- 3:03au début de cette réunion,
- 3:05comment est-ce qu'on peut introduire déjà cet échange ?
- 3:09C'est souvent la question qu'on peut se poser,
- 3:12c'est
- 3:13« Ok, je veux bien,
- 3:14sur le principe,
- 3:16à la limite,
- 3:16je suis ouvert à l'exercice,
- 3:19mais je vais lui dire quoi ? »
- 3:20Alors que...
- 3:21À l'intérieur de moi,
- 3:22mon fort intérieur,
- 3:23peut-être je ressens beaucoup de ressentiment,
- 3:26peut-être que j'ai des reproches à formuler,
- 3:28j'ai même peut-être une litanie de raisons qui font que je déteste la personne qui est en face de moi.
- 3:34Et là,
- 3:35ça peut être assez difficile d'envisager la confrontation,
- 3:38le moment d'échange,
- 3:40comme un moment constructif.
- 3:41Ça peut être assez complexe d'envisager ça.
- 3:44Alors du coup,
- 3:45il faut qu'on prépare,
- 3:48évidemment,
- 3:48il faut qu'on prépare avec méthode.
- 3:52notre première approche.
- 3:53Autant il est très difficile de prévoir tout un échange et ce qui va s'y dérouler,
- 3:59autant on peut prévoir le début de l'échange.
- 4:01On peut se dire,
- 4:02ok,
- 4:02je prends les devants,
- 4:03je ne sais pas ce que l'autre va faire,
- 4:05ça se trouve,
- 4:05il fera un magnifique geste en la faveur de notre relation pour qu'on puisse avancer ensemble,
- 4:10mais ça se trouve,
- 4:11il ou elle ne le fera pas.
- 4:13Et donc je prends la responsabilité du premier pas,
- 4:17symbolique,
- 4:18déjà d'être présent,
- 4:19et aussi verbal.
- 4:21dans ce début de discussion.
- 4:24Donc ça,
- 4:25c'est déjà,
- 4:25je prends ma responsabilité,
- 4:26moi.
- 4:27Et ensuite,
- 4:28il y a le comment,
- 4:28comment je prépare.
- 4:30Alors,
- 4:32on avait parlé,
- 4:33dans le dernier épisode,
- 4:33de la troisième histoire.
- 4:35Ça,
- 4:35c'est quelque chose que je peux préparer en amont.
- 4:38J'ai ta perspective,
- 4:39la mienne,
- 4:41et on questionne sur comment est-ce qu'on pourrait résoudre ce décalage de perspective.
- 4:45Donc ça,
- 4:45c'est déjà une première chose que je peux préparer.
- 4:48Une autre chose que je peux préparer...
- 4:51c'est surprendre positivement mon interlocuteur.
- 4:55Je m'explique.
- 4:56Mon interlocuteur,
- 4:57il s'est fait toute une image de moi dans ce conflit.
- 4:59Soit parce que c'est un conflit froid,
- 5:01peut-être qu'il a une image très distante de moi
- 5:03Mon interlocuteur a une image assez négative de moi,
- 5:05du fait de la situation conflictuelle.
- 5:07Et donc,
- 5:08il s'est fait une certaine image,
- 5:09et cette image,
- 5:10elle amène un certain nombre de prédictions sur ce qui va advenir.
- 5:13La personne,
- 5:13elle s'imagine un certain nombre de choses qui pourraient se produire.
- 5:16En général,
- 5:17on catastrophise un petit peu,
- 5:18un petit peu comme nous,
- 5:19on serait peut-être amené à catastrophiser ce que l'autre ferait dans notre discussion.
- 5:23On imagine un certain nombre de comportements qu'on a l'habitude de voir chez l'autre et qui nous énervent,
- 5:26qui nous embêtent.
- 5:28Alors là,
- 5:29imaginez qu'en début de discussion,
- 5:32l'autre...
- 5:32ou vous-même,
- 5:33peu importe,
- 5:33mais que l'un de vous deux fasse exactement le contraire de ce qu'on attend de l'autre.
- 5:37C'est-à-dire,
- 5:39j'attendrai de l'autre qui ne m'écoute pas très bien,
- 5:42qui me fuit du regard,
- 5:43qui me contredise dans mes sentiments.
- 5:48Eh bien,
- 5:49imaginons qu'il fasse exactement l'inverse de ça.
- 5:51Qu'il écoute,
- 5:52qu'il tienne mon regard,
- 5:54qu'il me démontre de la compassion.
- 5:56Qu'est-ce que ça me ferait,
- 5:57moi ?
- 5:58ça me ferait sentir qu'il y a peut-être un truc qui a changé.
- 6:02Peut-être que c'est vraiment différent cette fois-ci.
- 6:05Alors ça,
- 6:06c'est que le début.
- 6:06Après,
- 6:07il faut encore prouver que c'est en effet différent cette fois-ci.
- 6:10Mais je pense que prendre à rebours l'anticipation négative de mon interlocuteur,
- 6:16c'est un très bon moyen de démarrer.
- 6:17Alors ça,
- 6:18ça peut prendre plein de formes différentes.
- 6:20Ça va prendre la forme d'une communication verbale préparée où on dit toute notre vulnérabilité,
- 6:28où on reconnaît aussi toute la vulnérabilité.
- 6:30de l'autre,
- 6:30de ce qui lui est arrivé,
- 6:31de ce qu'il ressent.
- 6:33On lui démarque toute notre compréhension.
- 6:35On peut faire ce qu'on appelle un homme de fer,
- 6:38c'est-à-dire j'essaie d'exprimer la version de ta version de l'histoire de la meilleure manière possible pour que tu vois que je te comprends et que je te reconnais et que je vois ce que tu ressens.
- 6:50Je peux commencer avec ça.
- 6:52Donc ça,
- 6:52c'est plutôt verbal,
- 6:53on va dire.
- 6:54Et puis,
- 6:55je peux aussi imaginer une forme d'action non-verbale ou para-verbale.
- 6:59C'est-à-dire une action qui est symbolique et qui vient peut-être directement par l'action elle-même.
- 7:07Il y a le fameux bouquet de fleurs,
- 7:09connu,
- 7:10presque galvaudé à cause des films américains.
- 7:14On vient et on fait un acte symbolique.
- 7:17Je te donne un autre exemple,
- 7:18peut-être un peu moins galvaudé.
- 7:23Un jeune enfant,
- 7:23un jeune adulte,
- 7:27qui décide de...
- 7:29d'utiliser la voiture de ses parents sans les prévenir.
- 7:33Ses parents s'inquiètent,
- 7:36il finit par revenir,
- 7:37les parents l'engueulent.
- 7:39« Mais qu'est-ce que t'as fait ?
- 7:40T'as pris la voiture,
- 7:40tu nous avais pas prévenu,
- 7:41tu te rends compte de ce qui aurait pu arriver ? »
- 7:44L'adolescent ou le jeune adulte dit « Oh,
- 7:46ça va,
- 7:47vous m'embêtez là,
- 7:48laissez-moi tranquille » ,
- 7:48claque la porte,
- 7:49s'enferme dans sa chambre.
- 7:51Situation assez commune quand on est parent de jeune adulte.
- 7:57Imaginons que ce jeune adulte...
- 7:59Le lendemain,
- 8:02il aille proactivement voir ses parents,
- 8:05il met sur la table les clés de la voiture qu'il avait gardées,
- 8:09ou il met sur la table un mot d'excuse qu'il a écrit,
- 8:13sans rien dire.
- 8:14Il prend ses parents dans ses bras,
- 8:17leur fait un grand câlin.
- 8:20N'importe lequel de ces actes peut,
- 8:24par son simple fait d'exister,
- 8:26sans même lire ce qu'il y a écrit dans la lettre quelque part.
- 8:29sans même voir l'intention derrière.
- 8:31C'est le simple fait que cet acte existe,
- 8:33il peut amener à cette ouverture qui permettrait la réconciliation.
- 8:37Et souvent,
- 8:38il y a un effet magique de ce genre d'acte symbolique,
- 8:41qui est que,
- 8:43parce que je prends ma responsabilité,
- 8:45l'autre,
- 8:45ça le libère d'un poids,
- 8:47de tout ce poids du jugement qu'il a envers nous,
- 8:49et il a envie,
- 8:50spontanément,
- 8:51de nous dire,
- 8:53je te pardonne,
- 8:56moi aussi j'ai ma part de responsabilité.
- 8:58Ou,
- 9:00même s'il ne fait pas ça,
- 9:01et je suis juste là-dessus,
- 9:02même s'il ne fait pas ça,
- 9:03parce qu'il ne faut pas donner trop d'espoir non plus dans la situation de conflit,
- 9:06même s'il ne fait pas ça,
- 9:07il nous questionnera.
- 9:08Mais qu'est-ce qui s'est passé ?
- 9:09Raconte-moi.
- 9:10Et c'est souvent une porte ouverte en début de résolution de conflit.
- 9:15Alors tu nous as donné déjà beaucoup d'éléments dans tout ça.
- 9:18Il y a plusieurs choses sur lesquelles j'ai envie de revenir.
- 9:22D'abord,
- 9:22une première action,
- 9:23c'est quand tu parles de l'idée d'amener des fleurs.
- 9:27Il y a un combattant de MMA qui fait très souvent ça.
- 9:32Ce qui est devenu d'ailleurs une de ses marques de fabrique,
- 9:34c'est que quand il y a les confrontations d'avant-match,
- 9:37c'est-à-dire le moment où ils vont prendre les photos pour les affiches,
- 9:39où ils sont l'un en face de l'autre,
- 9:41généralement c'est le moment où il y a une énorme tension entre les deux combattants.
- 9:46Parfois sans les en main,
- 9:47on ne les sait pas.
- 9:47Et en fait,
- 9:48ce combattant a toujours l'habitude aujourd'hui de venir avec un bouquet de fleurs,
- 9:52avec une boîte de chocolat qu'il offre à son adversaire,
- 9:55avec un truc comme ça.
- 9:56Et ce qui est devenu vraiment sa marque de fabrique,
- 9:58ça a participé à son image,
- 10:00à sa réputation.
- 10:01Et en fait,
- 10:02c'est assez marrant parce que...
- 10:03d'un coup,
- 10:04il y a tout qui redescend.
- 10:05Et c'est vrai qu'on voit le hôte en général qui arrive avec une gueule de combattant,
- 10:09vraiment tout serré,
- 10:10etc.
- 10:11Et d'un coup,
- 10:12le visage sourd,
- 10:14ça apaise tout de suite l'ensemble de la salle,
- 10:17l'ensemble du truc.
- 10:18Et c'est très marrant.
- 10:18En fait,
- 10:19on voit tout de suite ce que peut déclencher ce genre d'attention,
- 10:22même si là,
- 10:23c'est fait de façon un peu décalée.
- 10:24Ça reste,
- 10:25il le fait à chaque fois avec une vraie bonne intention.
- 10:27On voit que ce n'est pas du foutage de gueule.
- 10:29Et c'est vrai que ça participe à apaiser directement des relations tordues.
- 10:34J'adore l'exemple.
- 10:35Très bien décalage comme exemple,
- 10:37j'aime bien.
- 10:38Et je trouve que ce que tu viens de dire,
- 10:39c'est très important aussi.
- 10:41On voit que c'est vrai,
- 10:42que c'est sincère.
- 10:43On voit que ce n'est pas du foutage de gueule.
- 10:44Et ça,
- 10:46c'est délicat parce que ça ne se joue à pas grand-chose.
- 10:48Ça se joue à une intention sincère qu'on a et qu'on arrive à faire transparaître par notre action,
- 10:54par notre façon d'être.
- 10:55Et ça,
- 10:56ça peut parfois ne pas se voir.
- 10:59Ça peut parfois ne pas se ressentir.
- 11:01Et parfois,
- 11:01on ne se rend pas compte,
- 11:02mais...
- 11:03Mais c'est ça qui va faire que l'autre ne réagit pas comme on l'attend.
- 11:06Et donc,
- 11:08se donner les chances de réussir,
- 11:10c'est aussi ne pas porter de jugement sur sa réaction.
- 11:14C'est-à-dire,
- 11:15si l'autre n'a peut-être pas compris le geste,
- 11:17peut-être qu'il n'a pas compris la symbolique du geste,
- 11:20c'est OK.
- 11:21On ne s'est pas compris non plus à ce moment-là.
- 11:23Peut-être qu'il y a tellement d'émotions négatives que c'est dur de s'entendre.
- 11:26Et du coup,
- 11:27je vais refaire un premier pas.
- 11:28Je vais peut-être retenter un autre geste qui sera plus compréhensible.
- 11:32Donc,
- 11:32il ne faut pas perdre espoir,
- 11:33même si ça ne marche pas.
- 11:35Et quand ça marche,
- 11:36c'est génial.
- 11:36Et justement,
- 11:37c'est le deuxième point que je voulais aborder.
- 11:39C'est que quand on fait ce premier pas,
- 11:43même si l'autre a compris que c'était un premier pas,
- 11:45même si c'est un premier pas sincère,
- 11:47même si,
- 11:48etc.
- 11:49Peut-être que l'autre a tellement aussi de rancœur,
- 11:52d'émotions négatives à ce moment-là,
- 11:54qu'il ne va pas accepter.
- 11:57Forcément,
- 11:58ce premier pas,
- 11:58il peut y avoir et dire,
- 11:59ok,
- 12:00enfin...
- 12:00C'est bien gentil de faire ça maintenant,
- 12:02mais il aurait pu le faire plus tôt,
- 12:04etc.
- 12:04Ça arrive trop tard,
- 12:05etc.
- 12:06Est-ce que quelque part,
- 12:07il ne faut quand même pas se préparer aussi à ce que l'autre refuse notre premier pas ?
- 12:11C'est-à-dire,
- 12:12en fait,
- 12:12j'y vais en me disant,
- 12:14je ne sais pas,
- 12:14que ça ne se fasse pas une baguette magique et peut-être que ça ne va pas suffire.
- 12:19Mais comme tu disais,
- 12:19c'est OK.
- 12:20C'est-à-dire,
- 12:21c'est une prise de risque finalement.
- 12:24Ouais,
- 12:25en fait,
- 12:25c'est pour ça que je parle le premier pas.
- 12:27Et j'aime bien dire,
- 12:28il faut faire dix fois le premier pas.
- 12:30On pourrait dire qu'il faut faire 100 fois le premier pas.
- 12:33Et c'est bien,
- 12:34c'est pas un deuxième pas et un troisième pas,
- 12:35c'est bien le premier,
- 12:36c'est-à-dire toujours tendre la main,
- 12:39tendre,
- 12:40donner cette possibilité,
- 12:42cette opportunité de discuter,
- 12:44créer l'opportunité quand elle ne se crée pas d'elle-même,
- 12:46mais après,
- 12:49laisser l'autre venir.
- 12:50Juste une petite aparté,
- 12:51quand on dit qu'il faut faire 100 fois le premier pas,
- 12:53c'est en gestion de conflit.
- 12:54S'il s'agit d'aller draguer une nana,
- 12:56ne faites pas 100 fois le premier pas.
- 12:57Juste une petite aparté.
- 13:00parce qu'elle a dit non normalement ça suffit à peu près déjà t'as raison,
- 13:05c'est vrai que la question du consentement vient vite s'insérer dans le sujet remarque,
- 13:11c'est intéressant comme parallèle parce que je pense que quelque part c'est un bon parallèle c'est à dire que quand moi je dis ça c'est très facilement c'est facile de mal le comprendre c'est facile de comprendre,
- 13:24du coup je vais insister du coup je vais pousser c'est facile de le comprendre comme ça
- 13:29Moi,
- 13:29quand je dis qu'il faut faire 100 fois le premier pas ou faire le premier pas à l'infini,
- 13:33presque,
- 13:34c'est plus une posture d'ouverture.
- 13:36Une posture de tu sais que si tu viens me voir,
- 13:40il n'y a pas de coût associé au fait qu'on discute de la situation.
- 13:46Voir même,
- 13:46il y a un gain associé au fait qu'on en discute.
- 13:49Je ne veux surtout pas que toi,
- 13:50mon interlocuteur,
- 13:51tu aies l'impression que ça va te coûter quelque chose de parler avec moi de la situation délicate dans laquelle nous sommes.
- 13:58Et ça,
- 13:58je peux le faire de façon très proactive,
- 14:00comme je peux le faire d'une manière un peu moins proactive,
- 14:02juste par une attitude de disponibilité ouverte quand l'autre est en contact avec moi.
- 14:08Et du coup,
- 14:09ton parallèle avec le consentement,
- 14:10je trouve qu'il est intéressant parce que ça peut être une mécompréhension.
- 14:14Le premier pas,
- 14:14il n'est pas forcément très actif parce que parfois,
- 14:18l'attitude de disponibilité est une forme de premier pas subtil pour que l'autre fasse ce travail de dire.
- 14:28je consens à ta disponibilité et je m'y rejoins.
- 14:33Et donc,
- 14:34il y a quelque chose de subtil aussi dans cette démarche-là,
- 14:37mais bon,
- 14:37là,
- 14:38on rentre dans des considérations un peu plus délicates.
- 14:41Mais en tout cas,
- 14:41je trouve que j'aime bien qu'on imagine cette situation comme très subtile,
- 14:46très contextuelle et pas caricaturale,
- 14:50tu vois,
- 14:51pas trop caricaturale,
- 14:52du moins.
- 14:53Après,
- 14:54dans ce que tu disais,
- 14:54c'était,
- 14:55si l'autre réagit mal,
- 14:56si l'autre
- 14:57ne rentre pas dans cette démarche avec moi,
- 15:00parce qu'il ne voit pas la sincérité,
- 15:01parce qu'il me reproche trop de choses,
- 15:03parce qu'il a des émotions négatives trop importantes.
- 15:07Comme j'ai fait ce premier pas,
- 15:08je le fais pour quelles raisons ?
- 15:09Je le fais parce que je crois sincèrement qu'il est possible qu'on ait une discussion constructive,
- 15:13qu'il est possible même qu'on se réconcilie,
- 15:15peut-être un minima qu'on clarifie nos désaccords pour être serein avec notre décision commune de ne plus travailler ensemble,
- 15:24de ne plus discuter ensemble,
- 15:25c'est aussi une possibilité,
- 15:26c'est aussi parfois une réalité de la gestion de conflits,
- 15:28c'est un commun accord accepté qu'on ne sera plus...
- 15:34en affaires ensemble,
- 15:35ou qu'on ne sera plus en amour ensemble,
- 15:36ou qu'on ne sera plus amis,
- 15:38et c'est OK.
- 15:40Mais pour faire ce chemin,
- 15:42il faut qu'il y ait de l'engagement.
- 15:44Et donc,
- 15:45si l'autre me répond par un reproche,
- 15:50ou me répond par trop peu,
- 15:52trop tard,
- 15:53ou me répond par un
- 15:54« ouais, je ne te crois pas » ,
- 15:56j'ai envie de dire
- 15:57« c'est de l'engagement » .
- 15:59La discussion a commencé.
- 16:01Donc,
- 16:02peu importe ce qu'il me répond,
- 16:05évidemment ça va m'impacter émotionnellement évidemment ça va me demander de gérer mes émotions et ça on pourra y revenir si tu veux mais c'est déjà une très bonne chose qu'il y ait de l'engagement parce qu'à partir de là on peut faire quelque chose on peut questionner on
- 16:20peut aider à préciser les sentiments les besoins,
- 16:25les vulnérabilités et de là construire une relation plus saine une discussion constructive et alors justement que je...
- 16:33Je vois le truc qui passe et je me dis,
- 16:35je pense qu'on a à peu près la moitié de l'épisode et finalement,
- 16:38on est resté sur ce tout début,
- 16:39cet engagement.
- 16:40Mais je pense que c'est nécessaire parce que c'est l'étape la plus compliquée,
- 16:43je pense,
- 16:44dans ce genre d'échange.
- 16:46C'est de le lancer finalement,
- 16:47savoir comment commencer.
- 16:49Mais admettons que la conversation soit lancée.
- 16:54À quoi il va falloir faire attention pendant les échanges ?
- 16:58C'est un très bon point.
- 17:00C'est-à-dire que déjà,
- 17:02l'attention en elle-même.
- 17:03c'est un point important.
- 17:04Est-ce que je suis pleinement attentif et disponible ?
- 17:07Ça,
- 17:07c'est la première chose que je dois sécuriser.
- 17:10Est-ce que j'ai une attitude de disponibilité ?
- 17:11Est-ce que je suis pleinement présent ?
- 17:13Est-ce que j'ai le temps ?
- 17:15S'il est limité,
- 17:16je le dis dès le début,
- 17:18je l'exprime dès le début pour que ce soit clair,
- 17:19pour qu'il n'y ait pas d'incompréhension à ce sujet.
- 17:22Déjà,
- 17:22ça va m'aider à gérer un petit peu le contexte.
- 17:26Ensuite,
- 17:28cette attitude de disponibilité,
- 17:31elle m'encourage du coup à
- 17:33À être ouvert et à écouter.
- 17:34Avant tout.
- 17:36J'écoute.
- 17:38Tu me dis quelque chose,
- 17:39je ne suis pas d'accord,
- 17:40ce n'est pas grave.
- 17:41J'écoute.
- 17:42Je pose des questions relais,
- 17:44des questions ouvertes,
- 17:45pour essayer de bien comprendre.
- 17:46Pourquoi tu penses ce que tu penses ?
- 17:47Je ne suis pas d'accord avec toi,
- 17:48mais je veux savoir pourquoi tu penses ça.
- 17:51Donc ça,
- 17:52c'est une première attitude.
- 17:55Maintenant,
- 17:55la personne va vous dire des choses qui vous embêtent.
- 17:57Elle va vous dire...
- 17:59Mais de toute façon,
- 17:59tu es un gras,
- 18:01tu ne fais pas ton travail correctement.
- 18:03Et puis de toute façon,
- 18:03je sais très bien qu'en vrai,
- 18:04tu ne m'aimes pas.
- 18:05Tu es fake,
- 18:07tu fais semblant.
- 18:08On va me reprocher des choses.
- 18:10Et ça,
- 18:10ça peut attaquer mon identité.
- 18:13Ça peut me donner l'impression que la personne ne me voit pas comme moi je me vois.
- 18:18Et ça,
- 18:18ça peut me choquer,
- 18:19ça peut m'embêter,
- 18:21cette dissonance.
- 18:22On peut aussi me prêter des intentions.
- 18:24On peut aussi me prêter des actions que je n'ai pas perçues.
- 18:29comme l'autre les a perçus.
- 18:31Et tout ça,
- 18:32ça va m'énerver.
- 18:33Ça va faire monter mes émotions négatives.
- 18:37C'est-à-dire,
- 18:37les émotions négatives,
- 18:38c'est les émotions qui me dérangent,
- 18:39qui moi-même me font souffrir,
- 18:40en fait.
- 18:42Et là,
- 18:42la chose à garder en tête,
- 18:44c'est je suis responsable de mes émotions.
- 18:48Ça ne veut pas dire que je suis coupable de mes émotions,
- 18:50mais je suis responsable de mes émotions.
- 18:52C'est à moi de les gérer,
- 18:53pas à l'autre de les gérer pour moi.
- 18:55Evidemment,
- 18:55ils pourraient m'aider.
- 18:56à mieux le gérer.
- 18:57Il pourrait ne pas m'accuser,
- 18:58il pourrait avoir un ton différent,
- 18:59il pourrait parler différemment,
- 19:01s'intéresser à moi,
- 19:02etc.
- 19:02Il pourrait faire tout ça,
- 19:03mais il ne le fait pas.
- 19:04Et je ne peux pas contrôler ce qu'il fait.
- 19:06Mais moi,
- 19:06je peux me contrôler,
- 19:07au moins peut-être un petit peu plus.
- 19:10Et donc,
- 19:11il y a plusieurs choses à faire.
- 19:13Première chose,
- 19:14si je ressens une émotion de mon thé,
- 19:17j'essaie de pleinement la ressentir,
- 19:18consciemment.
- 19:19Ok,
- 19:20Là,
- 19:20je suis énervé.
- 19:21Deuxième chose,
- 19:23ce qui se passe dans ma tête,
- 19:24c'est...
- 19:25Ok,
- 19:26je ressens l'énervement.
- 19:27Qu'est-ce qui m'a énervé ?
- 19:30Qu'on m'accuse de quelque chose alors que moi,
- 19:33je n'ai pas le sentiment que ça ait eu lieu.
- 19:35Ok.
- 19:36Et ensuite,
- 19:37pourquoi ça me dérange,
- 19:38ça ?
- 19:39Il y a des gens,
- 19:40ils sont accusés de trucs,
- 19:41ils s'en foutent.
- 19:42Pourquoi ça me dérange,
- 19:43là ?
- 19:44Pourquoi ça génère chez moi,
- 19:45cette émotion ?
- 19:47Et là,
- 19:48souvent,
- 19:48c'est un petit moment introspectif qui vaut le coup de se taire et de prendre quelques secondes pour réfléchir.
- 19:54en situation difficile.
- 19:57Et souvent,
- 19:57on va trouver là des choses intéressantes.
- 19:59Par exemple,
- 20:01j'ai envie qu'on me fasse confiance et d'un,
- 20:02on ne me fait pas confiance.
- 20:04J'ai envie...
- 20:05On me voit comme quelqu'un d'honorable,
- 20:07et là,
- 20:07je vois bien que la personne ne me voit pas comme ça.
- 20:10Donc souvent,
- 20:10on ne se sent pas vu,
- 20:11on ne se sent pas entendu,
- 20:12on ne se sent pas compris.
- 20:14Et ça,
- 20:15c'est un besoin que je peux exprimer,
- 20:18avec de l'émotion même d'ailleurs,
- 20:20mais sans accuser l'autre,
- 20:21du coup,
- 20:22en prenant ma responsabilité.
- 20:23J'ai besoin d'être compris,
- 20:25et là,
- 20:25je ne me sens pas compris.
- 20:26Est-ce que je peux t'exprimer ce que je ressens pour que tu vois un peu ce que moi,
- 20:31je perçois de la situation ?
- 20:32je me permets de t'entendre là-dessus,
- 20:34c'est que...
- 20:35Tu parles beaucoup des émotions,
- 20:37et c'est bien normal,
- 20:38mais je me pose une question à ce niveau-là,
- 20:41c'est que,
- 20:42est-ce qu'il vaut mieux commencer par les émotions ou par les faits ?
- 20:45Si on doit diviser les deux,
- 20:46d'ailleurs,
- 20:46je ne sais pas s'il faut vraiment,
- 20:48s'il faut peut-être essayer de tout traiter à la fois,
- 20:50ou se mettre d'accord sur les faits,
- 20:52mais juger des interprétations,
- 20:54enfin tu vois,
- 20:55il y a des choses qui sont souvent assez proches d'ailleurs.
- 20:57Par où commencer sur ces points-là ?
- 20:58Très intéressant.
- 21:00Ça,
- 21:00c'est la plus grande fausse bonne idée de la gestion de conflit.
- 21:06c'est de s'attacher aux faits.
- 21:08Alors,
- 21:08ça va gêner beaucoup de monde,
- 21:09ce que je vais dire.
- 21:10Dans le premier épisode,
- 21:12j'avais lâché une petite phrase comme ça,
- 21:14il me semble.
- 21:16Votre sens de la justice est inversement proportionnel à votre capacité à gérer les situations de conflit.
- 21:22C'est-à-dire,
- 21:24si moi j'ai un sentiment d'injustice très fort,
- 21:26et mon sentiment d'injustice,
- 21:27il est lié aux faits,
- 21:28c'est mon interprétation des faits est très importante pour moi.
- 21:35L'interprétation différente des faits est vécue comme un reniement de la réalité et de mes sentiments.
- 21:45Ça,
- 21:45c'est le sentiment d'injustice.
- 21:48Ça,
- 21:49s'il est fort chez vous,
- 21:51ça va être d'autant plus difficile de gérer la situation conflictuelle.
- 21:54Donc,
- 21:54ce que ça sous-entend,
- 21:56c'est que plus je m'attache aux faits,
- 21:57plus j'ai un attachement émotionnel à ma version,
- 22:00à ma vision de la situation.
- 22:03à ce que moi je vais considérer comme étant factuel,
- 22:06ce qui est souvent un jugement sur une situation plus que la situation elle-même,
- 22:10alors là,
- 22:11je vais me confronter à une situation de conflit que je n'arriverai pas à résoudre plus souvent.
- 22:17Parce que l'autre ne verra jamais la situation comme moi je l'ai vue.
- 22:21Il verra toujours un peu différemment.
- 22:24Et on a beaucoup plus de chances de s'entendre plus tard sur les faits une fois qu'on a abaissé...
- 22:33le niveau d'émotionnalité,
- 22:35qu'on sait se reconnaître,
- 22:38s'entendre et se comprendre.
- 22:41Une fois qu'on a établi toutes ces bases-là,
- 22:43alors parler des faits,
- 22:46c'est beaucoup plus facile.
- 22:48Parce que là,
- 22:48il est beaucoup plus simple,
- 22:49déjà,
- 22:50de détacher l'interprétation du fait,
- 22:52ce qui n'est pas du tout facile,
- 22:54et surtout de reconnaître ces différences d'interprétation qui existent et ces différences...
- 23:02jugement qu'on peut du coup avoir sur les faits.
- 23:05Le faire dès le début,
- 23:08c'est en fait,
- 23:10on rentre dans le cadre légal.
- 23:12Et c'est tout le problème,
- 23:13d'ailleurs,
- 23:14moi,
- 23:14quand je parle à des RH ou quand je parle à des managers,
- 23:17ils me disent,
- 23:17mais Peter,
- 23:17nous,
- 23:18on est guidés par les faits.
- 23:21On nous dit de lister les faits,
- 23:22d'être extrêmement factuels.
- 23:23C'est ce qu'on nous dit de faire.
- 23:26Pour des raisons tout à fait légitimes.
- 23:28Des raisons liées à des risques.
- 23:31légaux pour l'entreprise.
- 23:34Seulement,
- 23:35ce raisonnement,
- 23:36il vaut dans la mesure où on attache plus d'importance au risque légal et à sa gestion,
- 23:48sa prise en compte,
- 23:50plus qu'on attache d'importance à la gestion de la relation.
- 23:55Et ça,
- 23:55c'est un ordre de priorité que seul on peut déterminer en fonction du contexte.
- 24:01et d'à quel point on estime qu'il est possible de le résoudre.
- 24:03Mais en tout cas,
- 24:05si vous voulez vraiment résoudre une situation conflictuelle,
- 24:07oui,
- 24:08commencez par la relation,
- 24:09commencez par la gestion des émotions,
- 24:11commencez par croiser ses regards et essayer de mieux se comprendre,
- 24:16et mieux se reconnaître,
- 24:17et mieux s'écouter.
- 24:18Et ensuite,
- 24:19les faits viendront,
- 24:20et d'ailleurs se résoudront souvent par eux-mêmes.
- 24:25Et ça,
- 24:25ça vient de pas mal d'études en psychologie de la négociation,
- 24:28de la gestion de conflits.
- 24:29La justice procédurale,
- 24:32c'est-à-dire le sentiment de justice que j'ai par rapport au processus de résolution de conflit,
- 24:39détermine énormément ma satisfaction quant à la décision finale.
- 24:44Donc,
- 24:45si le processus en lui-même a été satisfaisant,
- 24:48on m'a écouté,
- 24:48je me suis senti entendu,
- 24:49considéré,
- 24:50et l'autre,
- 24:50je l'ai écouté,
- 24:51je l'ai compris,
- 24:51je l'ai entendu,
- 24:52je l'ai considéré,
- 24:53c'est beaucoup plus probable que j'accepte la réalité,
- 24:56les faits et les conséquences,
- 24:58que...
- 25:00si on les met dès le début.
- 25:03Et là,
- 25:04c'est souvent comme ça que le conflit démarre.
- 25:07Alors justement,
- 25:08tu commençais à aborder un point qui est important,
- 25:11c'est celui de la résolution.
- 25:13C'est-à-dire qu'on a abordé les émotions,
- 25:16on a abordé les interprétations,
- 25:19on a parlé éventuellement des faits,
- 25:21mais il peut arriver à un point où on arrive à se mettre d'accord finalement sur aucun de ces points-là,
- 25:27ou au contraire.
- 25:28Alors j'évacue l'hypothèse où tout se passe bien.
- 25:32C'est comme en droit,
- 25:32on ne prend pas en compte les choses quand elles se passent bien,
- 25:34parce que dans ce cas-là,
- 25:35on n'a pas besoin de les gérer.
- 25:37Mais tant qu'on arrive à une résolution,
- 25:39très bien,
- 25:39tout le monde repart satisfait des deux côtés.
- 25:43Comment est-ce qu'on peut gérer si,
- 25:45au contraire,
- 25:45justement,
- 25:46on n'arrive pas à ce point-là et vraiment on se rend compte que c'est une impasse ?
- 25:50Est-ce que tu as déjà comment est-ce qu'on fait pour se rendre compte de ça ?
- 25:56Et si c'est le cas,
- 25:57est-ce qu'il y a des conseils pour réagir,
- 26:00pour gérer ça ?
- 26:01Dans ce que tu décris comme impasse,
- 26:03moi je vois deux possibilités.
- 26:07Je vois soit l'impasse qui en est vraiment une,
- 26:09c'est-à-dire qu'il y a trop d'intérêts divergents et un non-sens à chercher à les réconcilier,
- 26:17parce que ça serait perdant-perdant,
- 26:20par exemple,
- 26:20de continuer la relation,
- 26:23ou une fausse impasse,
- 26:26qui est qu'on n'arrive pas à se comprendre et à s'entendre sur la situation,
- 26:34les versions de ce qui s'est passé.
- 26:37Et ça,
- 26:37c'est une fausse impasse parce que je pense que si on est dans cette situation-là,
- 26:43si on ne s'entend pas sur les faits,
- 26:44par exemple,
- 26:45si on ne s'entend pas sur les interprétations,
- 26:48c'est que le problème,
- 26:52c'est que l'un ou l'autre ou les deux ne se sentent pas suffisamment pris en considération,
- 26:56pas suffisamment entendus,
- 26:57pas suffisamment impliqués dans la démarche.
- 27:01La solution,
- 27:02elle est plutôt dans ce chemin-là.
- 27:03Il est plutôt,
- 27:04ok,
- 27:05si on n'est pas d'accord sur les faits...
- 27:07C'est qu'il y a un problème d'écoute et de compréhension mutuelle.
- 27:11C'est que quelque part,
- 27:12on n'arrive pas à voir le point de vue de l'autre.
- 27:15Et donc,
- 27:15il faut qu'on continue d'exercer,
- 27:17de tenter de croiser ses visions.
- 27:22Et il y a plein de méthodes qu'on peut faire pour ça.
- 27:24Pour faire ça,
- 27:25on peut le faire de façon très verbale,
- 27:27mais on peut le faire aussi en vivant des expériences,
- 27:29en faisant vivre les choses aux gens.
- 27:31Par exemple,
- 27:32je reprends l'exemple de Sarah Sandman récemment.
- 27:36qui avait fait un film avec Ruffin,
- 27:43sur le travail de certaines personnes,
- 27:45notamment des personnels de ménage et des ouvriers.
- 27:49Et elle n'y croyait pas,
- 27:50elle ne croyait pas à cette difficulté dans le vécu au travail.
- 27:55Et puis quand elle l'a vécu elle-même,
- 27:58elle s'en est bien rendue compte et ça a complètement changé sa perspective.
- 28:02Là,
- 28:02tout d'un coup,
- 28:03l'effet...
- 28:04ils étaient en accord avec son vécu,
- 28:06et donc,
- 28:07elle a pu tout à fait considérer que c'était juste de se plaindre et de chercher à aider les personnes dans ces métiers difficiles.
- 28:18Ça ne veut pas dire qu'elle a pour autant rejoint les parties de gauche,
- 28:23mais elle a pu changer d'avis.
- 28:26Donc parfois,
- 28:27il y a ce chemin-là,
- 28:28qui est un chemin tout tracé lorsqu'on sent que c'est une histoire d'incompréhension.
- 28:33Et ensuite...
- 28:34quand c'est une histoire vraiment d'impossibilité de faire converger les intérêts,
- 28:40ce qui est beau dans ces situations-là,
- 28:42c'est que souvent,
- 28:44ça devient une évidence que la relation doit se terminer.
- 28:48C'est-à-dire que,
- 28:49quelque part,
- 28:50s'il n'y a en effet aucune manière pour les intérêts de converger,
- 28:54qu'on a tout exploré et qu'on est serein avec la réalité qui nous fait face,
- 28:59qui est qu'on n'a aucun intérêt à être ensemble,
- 29:01à travailler ensemble,
- 29:02à être associés ensemble.
- 29:05Eh ben,
- 29:06super !
- 29:06Enfin,
- 29:08tant mieux qu'on s'arrête là.
- 29:12Je peux te considérer comme humain sans pour autant vouloir être en couple avec toi,
- 29:16en affaire avec toi,
- 29:17en amitié avec toi.
- 29:19Parce que nos intérêts ne convergent plus.
- 29:21Et c'est ok.
- 29:23Donc ça,
- 29:23c'est aussi une sortie tout à fait honorable d'une situation conflictuelle.
- 29:28C'est pour ça que quand on est médiateur ou quand on est même négociateur,
- 29:34Il n'y a pas de promesse de résolution positive.
- 29:36Il n'y a pas de promesse de résolution qui consiste à dire vous allez rester ensemble,
- 29:41vous allez rester en affaire,
- 29:43vous allez rester dans l'équipe.
- 29:44C'est absurde.
- 29:46Tout dépend des intérêts et de leur convergence ou non.
- 29:49Oui,
- 29:49en fait,
- 29:49c'est un chemin qui peut amener,
- 29:53on va dire,
- 29:54pour faire simple,
- 29:54que ce soit une relation haute,
- 29:55mais on va dire une séparation.
- 29:57ou à une rénovation de la relation.
- 30:00Mais dans tous les cas,
- 30:02ça amène à une acceptation.
- 30:04En fait,
- 30:04je vois un peu ça comme un genre de phase.
- 30:07On parle toujours des sept phases du deuil.
- 30:09Alors,
- 30:09je ne dis pas qu'il y a forcément les sept phases,
- 30:10mais tu as un peu ça,
- 30:12tu vois,
- 30:12il y a le colère,
- 30:12le déni,
- 30:14la colère,
- 30:14etc.
- 30:15et l'acceptation à la fin.
- 30:16Tout à fait.
- 30:17Finalement,
- 30:17l'acceptation,
- 30:18ça pourrait être à la fois,
- 30:20soit l'acceptation de la solution qui est envisagée,
- 30:23c'est-à-dire que les deux se mettent d'accord,
- 30:25acceptent.
- 30:26accepte une solution commune,
- 30:29soit l'acceptation de la fin de la relation.
- 30:31Et en fait,
- 30:31quoi qu'il arrive,
- 30:33ça reste une issue plus posée et mieux que le maintien du conflit.
- 30:39Tout à fait.
- 30:40Et on peut imaginer des dispositifs qui vont par ailleurs sécuriser d'autres intérêts qui sont impactés.
- 30:47Dans le cas d'un divorce,
- 30:48par exemple,
- 30:50ça ne fait plus sens d'être ensemble,
- 30:52mais le fait qu'on ait une sérénité quant à la décision,
- 30:54ça nous aide.
- 30:55à créer un dispositif pour accompagner les enfants dans la rupture,
- 31:00pour accompagner la division des gains économiques pendant l'existence du mariage.
- 31:08Et ça,
- 31:09c'est beaucoup plus facile à faire quand on a d'abord aidé la relation à réexister,
- 31:19en tout cas sereinement.
- 31:21C'est très,
- 31:21très,
- 31:21très difficile à faire quand la relation est détruite.
- 31:24et qui n'a aucune volonté de réconcilier.
- 31:26C'est ça.
- 31:27Surtout,
- 31:27j'imagine,
- 31:29dans l'hypothèse où il y aurait un seul des partis qui souhaiterait reconstruire ça,
- 31:34qui souhaiterait en tout cas poser une base saine pour une fin honorable,
- 31:37on va dire,
- 31:39si l'autre est dans le refus total de cette fin-là,
- 31:42c'est là aussi où j'imagine où il y a des situations très complexes,
- 31:45où l'une accepte et l'autre pas,
- 31:47et où là,
- 31:47il y a un chemin à faire qui est quasi irréalisable,
- 31:49j'imagine,
- 31:50pour certains.
- 31:51Si tu estimes que la personne qui n'accepte pas
- 31:54Et figé,
- 31:54oui.
- 31:55Moi,
- 31:55je pense que c'est jamais figé.
- 31:56Je pense qu'une personne qui n'accepte pas,
- 31:58elle a ses raisons de ne pas accepter.
- 31:59Et on en revient au premier épisode.
- 32:02Si tu as des raisons de ne pas accepter,
- 32:04il faut que je crée des raisons de t'accepter.
- 32:06Il faut que je te montre que tu as un gain,
- 32:10que tu as quelque chose à gagner à rentrer dans cette discussion.
- 32:13et souvent l'émotionnalité fait qu'on est un peu en mode terre brûlée,
- 32:17on s'en fout,
- 32:18je préfère mourir que discuter avec la personne.
- 32:21Mais au final...
- 32:23On peut très bien se rendre compte des gains potentiels qu'on a à avoir,
- 32:29qu'on peut avoir,
- 32:30qu'on peut imaginer,
- 32:31si on rentre en discussion avec la personne à laquelle on fait miroiter ces gains possibles.
- 32:36Et ça peut être des gains liés à la justice procédurale,
- 32:38c'est-à-dire ça peut être des gains liés au fait d'être reconnu,
- 32:41entendu,
- 32:41écouté,
- 32:42pris en considération,
- 32:43qui sont eux-mêmes des gains très significatifs dans les situations conflictuelles.
- 32:51Eh mais attends,
- 32:52si t'es là,
- 32:53c'est peut-être que t'as identifié un enjeu autour de ta parole.
- 32:56Un pitch à préparer,
- 32:57un leadership à relancer,
- 32:58des mauvaises habitudes à corriger.
- 33:00Alors si tu veux travailler ça comme un pro,
- 33:02j'accompagne chaque mois quelques dirigeants et entrepreneurs.
- 33:06Toutes les infos sont dans le lien en description.
- 33:09On se retrouve là-bas,
- 33:10mais pour l'instant,
- 33:11retour à l'épisode.
- 33:18Et d'ailleurs,
- 33:19je pense que là on a fait un...
- 33:21Déjà un bon tour,
- 33:21c'est difficile de rentrer trop dans les détails,
- 33:23parce que forcément on est limité par le temps,
- 33:25je pense qu'on peut en parler pendant des heures.
- 33:27Mais j'ai une dernière question là-dessus.
- 33:31Comment est-ce qu'on peut faire,
- 33:32imaginons une situation où il y a eu cette réunion,
- 33:34il y a eu cette rencontre,
- 33:36chacun ressort avec quelque chose sur lequel il est d'accord,
- 33:40et pour une raison X ou Y,
- 33:42il y a quelque chose qui réactive le conflit.
- 33:45Soit quelque chose d'extérieur,
- 33:46soit quelque chose d'intérieur.
- 33:47C'est-à-dire quelqu'un qui se dit après coup...
- 33:49Non mais en fait je me suis fait couillonner
- 33:51En fait j'ai dit oui sur ce truc là mais je suis trop con J'aurais dû dire non,
- 33:54j'aurais jamais dû accepter ça Soit parce que c'est une réflexion interne Soit parce que quelqu'un lui dit mais t'es trop con d'avoir accepté ça Comment est-ce qu'on gère le truc ?
- 34:01Est-ce qu'on repart à zéro ?
- 34:02Ouais j'adore ta question Parce qu'elle est
- 34:06D'actualité aussi sur les Enjeux diplomatiques
- 34:10Mais oui c'est
- 34:13C'est ce que j'appelle les sabotages
- 34:15Alors le sabotage C'est très courant en situation conflictuelle
- 34:19C'est pour ça que je parle aussi de 100 fois faire le premier pas.
- 34:24Il faut un peu présumer qu'ils vont arriver,
- 34:26ces moments de sabotage.
- 34:28Comme tu dis,
- 34:28ça peut venir de l'extérieur,
- 34:30des personnes qui vont aller à la rencontre de notre interlocuteur à la suite de la discussion qui s'est bien passée et qui vont la remettre dans les états émotionnels passés parce que ces personnes-là n'ont pas vécu la discussion.
- 34:43Donc,
- 34:43ils ne peuvent pas se rendre compte de ce qui s'est produit.
- 34:46Et du coup,
- 34:47ils vont...
- 34:48Par souci de protection,
- 34:49l'interlocuteur peut-être la remettre dans des états émotionnels qui rendent difficile la considération de la relation.
- 34:56Et comme les émotions dictent souvent notre jugement,
- 34:59Alors là,
- 34:59son jugement va changer.
- 35:01Et donc,
- 35:02notre rôle,
- 35:03on peut tout à fait l'imaginer,
- 35:05c'est de considérer ça comme quelque chose de normal dans une situation de conflit.
- 35:11On fait un pas en avant,
- 35:13deux pas en avant,
- 35:14un pas en arrière,
- 35:15un pas en avant,
- 35:16un pas en arrière,
- 35:17deux pas en arrière,
- 35:18trois pas en avant,
- 35:19voilà,
- 35:19c'est comme ça.
- 35:20Et c'est dur,
- 35:22j'ai envie de dire,
- 35:23un peu comme Albert Camus,
- 35:25Sissif est heureux à pousser...
- 35:29son rocher jusqu'en haut de la colline.
- 35:32C'est un travail sissifiant qui ne s'arrête jamais,
- 35:35mais c'est un travail dans lequel on peut être serein parce qu'on le connaît.
- 35:40Je sais que si ça foire parce qu'il y a eu un sabotage,
- 35:44il faut que j'y retourne et qu'en y retournant,
- 35:48je sais quoi faire parce qu'on l'a déjà fait.
- 35:50Je sais que c'est possible parce que ça a déjà eu lieu et donc j'y retourne sereinement.
- 35:56Ça me rappelle aussi une continue scout.
- 35:58Trois pas en avant,
- 35:59un pas en arrière,
- 36:00deux pas sur le côté,
- 36:01deux pas de l'autre côté et on reprend.
- 36:06Je te ferais plus l'air que des plumes.
- 36:07C'est pas utile aussi.
- 36:09T'as raison.
- 36:09Non,
- 36:09mais t'as raison.
- 36:10C'est vrai qu'on n'a pas trop parlé des pas de côté,
- 36:12de la technique du monter au balcon,
- 36:14qui est en fait une technique de gestion des émotions qui ressemble un petit peu à celle que j'ai proposée tout à l'heure,
- 36:20avec les quatre étapes et cette idée du silence qui est vraiment très importante pour...
- 36:24considérer ses émotions.
- 36:26Mais tout à fait,
- 36:26les pas de côté sont très utiles.
- 36:29Arrêter la discussion quand elle s'enflamme,
- 36:30c'est très utile.
- 36:31Et tout ça,
- 36:32ça va nous permettre toujours de se dire,
- 36:34ok,
- 36:34ça peut avancer.
- 36:35Je sais comment ça avance.
- 36:36Je sais quelles sont les circonstances qui permettent aux choses d'avancer.
- 36:39Et après,
- 36:41moi,
- 36:41je dois gérer mes émotions et je dois aussi garder l'espoir,
- 36:45garder l'optimisme,
- 36:47peu importe ce qui arrive.
- 36:49Parce que si je n'avais pas cet espoir,
- 36:52si je n'avais pas l'optimisme,
- 36:53alors...
- 36:54j'aurai rien.
- 36:56Et ça,
- 36:56c'est une terrible acceptation de la réalité,
- 37:00que les conflits seront partout,
- 37:01tout le temps,
- 37:03et que j'ai une pleine responsabilité dans les relations que je vis au quotidien.
- 37:10Et ça peut à la fois être un magnifique poids,
- 37:15mais aussi une magnifique mission qu'on peut se donner dans notre vie,
- 37:20que de faire en sorte d'avoir autour de nous que des relations saines.
- 37:24est belle,
- 37:25même quand elle se termine.
- 37:26Écoute,
- 37:26Peter,
- 37:27je pense que c'est une très très belle façon de conclure ce podcast,
- 37:31à moins que tu aies quelque chose d'autre que tu voulais absolument nous dire pour conclure,
- 37:36mais je pense que ce dernier message est très fort.
- 37:39Qu'est-ce que tu en penses ?
- 37:40Sympa aussi.
- 37:43Excellent.
- 37:43Écoute,
- 37:44dans ce cas,
- 37:44je te remercie énormément pour ce deuxième épisode,
- 37:48alors troisième qu'on enregistre ensemble,
- 37:49et deuxième de cette série sur la gestion de conflits.
- 37:52Je pense que c'est un sujet même dont on pourra reparler autrement avec d'autres,
- 37:56de nouveaux angles,
- 37:56parce que c'est un sujet passionnant et très complexe en même temps,
- 37:59et en même temps qui est au cœur aussi de nos vies,
- 38:02quels que soient nos milieux professionnels et les milieux dans lesquels on vit.
- 38:07Donc un très très grand merci de nous avoir partagé tout ça.
- 38:10Je sais que tu parles beaucoup de tous ces éléments-là,
- 38:12donc c'est toujours très très riche et passionnant de t'écouter sur ce sujet.
- 38:18Merci beaucoup,
- 38:18j'ai encore hâte de m'avoir invité pour la troisième fois.
- 38:21et un plaisir de continuer de discuter de ces sujets et de pas à pas chercher des chemins pour se réconcilier et avancer ensemble et créer la société qu'on veut créer,
- 38:35qu'elle soit économique ou politique.
- 38:40Parfait mot de la fin.
- 38:41Encore merci Peter et à très bientôt.
- 38:43Merci à toi.
- 38:45Merci d'avoir suivi cet épisode jusqu'au bout.
- 38:47J'espère qu'il vous a plu et surtout qu'il vous sera utile.
- 38:50Si c'est le cas,
- 38:50pensez à lâcher la plus belle note sur votre plateforme d'écoute et à partager ce podcast autour de vous.
- 38:56Je compte sur vous,
- 38:57c'est super important pour moi.
- 38:59Et dans tous les cas,
- 39:00on se retrouve la semaine prochaine pour développer une nouvelle compétence oratoire.
- 39:04Allez,
- 39:04ciao !