Latest / Africa Fashion Tour / Sidonie Latère, fondatrice du premier incubateur dédié à la mode du Congo Kinshasa (Kobo hub et IRMA)
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- 0:00Ce projet,
- 0:01moi j'aime le dire,
- 0:02c'est un projet de 100 ans.
- 0:03Irma,
- 0:03c'est un projet de 100 ans.
- 0:05Je veux laisser ce projet,
- 0:06je veux mourir,
- 0:06je veux le laisser.
- 0:08L'objectif vraiment,
- 0:08c'est de créer une chaîne de valeur,
- 0:10un écosystème qui va devenir une base qui va permettre à d'autres acteurs de pouvoir se greffer.
- 0:17C'est pour ça que chez nous,
- 0:19chez Irma,
- 0:19qu'est-ce qui se passe ?
- 0:20C'est qu'on va trouver des acteurs culturels et créatifs.
- 0:23On se dit,
- 0:24ces espaces sont les vôtres.
- 0:25Venez,
- 0:26commencez à entreprendre ici,
- 0:28créons des...
- 0:29créant des collaborations qui vont permettre à chacun de se retrouver.
- 0:35Parce que le vrai problème des entrepreneurs en Afrique,
- 0:38et moi j'accompagne les entrepreneurs depuis une dizaine d'années,
- 0:42c'est qu'on est contraints à tout faire.
- 0:46Bienvenue dans ce nouvel épisode du podcast Africa Fashion Tour.
- 0:49Je vous emmène avec moi à la rencontre de créateurs basés sur le continent africain et d'experts qui contribuent au développement d'une économie africaine solide.
- 0:57Je vous invite à voyager à Abidjan,
- 0:59Dakar ou Bamako pour découvrir les parcours de professionnels talentueux,
- 1:03responsables et ambitieux.
- 1:05Au fil des interviews,
- 1:06je me rends compte que chaque entrepreneur veut contribuer au rayonnement des industries culturelles et créatives sur le continent et au-delà.
- 1:14Ce podcast est un moyen de sortir des clichés du boubou et du wax pour promouvoir un éventail de tissus,
- 1:20de savoir-faire et de créativité trop souvent sous-représentés.
- 1:25C'est aussi une opportunité de découvrir des business models made in Africa,
- 1:29éthiques et performants.
- 1:31Je suis Amata Dialo,
- 1:32je suis professeure de marketing dans les écoles de mode parisiennes.
- 1:35Je suis également consultante en marketing et communication.
- 1:38J'accompagne des dirigeants dans leur personal branding sur LinkedIn.
- 1:42En 2017,
- 1:43j'ai assisté à ma première Fashion Week en Afrique.
- 1:46Et depuis,
- 1:47je voyage régulièrement sur le continent pour aller à la rencontre de ceux et celles qui font la mode en Afrique.
- 1:53Au-delà de la mode,
- 1:54je m'intéresse aussi à tout l'écosystème de l'entrepreneuriat africain.
- 1:58Le podcast est le moyen que j'ai trouvé pour partager au plus grand nombre une autre vision du business en Afrique.
- 2:07Aujourd'hui,
- 2:07je suis en compagnie de Sidonie Latter.
- 2:09Sidonie est la fondatrice de Kobo Hub,
- 2:13une association indépendante basée en République démocratique du Congo,
- 2:16dont l'ambition est d'accompagner les entrepreneurs dans le développement d'initiatives qui valorisent les savoir-faire locaux.
- 2:23Je l'ai invitée aujourd'hui pour qu'elle puisse nous parler de son parcours et de Kobo Hub.
- 2:28Bienvenue Sidonie,
- 2:29comment vas-tu ?
- 2:30Bonjour Amata,
- 2:31je vais très bien,
- 2:32merci pour cette belle invitation.
- 2:34Merci à toi d'avoir accepté mon invitation.
- 2:37Je suis ravie qu'on ait l'opportunité d'échanger ensemble dans le cadre du podcast Africa Fashion Tour.
- 2:42On va commencer cette interview comme je le fais toujours,
- 2:45je vais te demander de te présenter.
- 2:48Je suis fondatrice de Kobo Hub,
- 2:51qui est un incubateur accélérateur basé à Kinshasa.
- 2:55Depuis une dizaine d'années,
- 2:56nous accompagnons des entrepreneurs en RDC,
- 3:02mais aussi dans la sous-région Centrafrique.
- 3:04Nous avons un focus dans les industries culturelles et créatives,
- 3:08ainsi que la tech et aussi la formation des entrepreneurs en termes de management de
- 3:17création de modèles économiques de leur business.
- 3:20Nous avons aussi des espaces coworking à Kinshasa.
- 3:23Et depuis deux,
- 3:24trois ans,
- 3:24nous étendons un peu nos activités dans d'autres pays,
- 3:27tels que le Congo,
- 3:28Brazzaville,
- 3:29le Cameroun,
- 3:30le Gabon,
- 3:30la Centrafrique.
- 3:33Et donc voilà,
- 3:33je suis également la fondatrice de l'Institut Régional de la Mode IRMA,
- 3:37basé à Kinshasa,
- 3:38qui a pour objectif d'accompagner les créateurs de mode de la sous-région.
- 3:44Très bien,
- 3:45écoute,
- 3:45merci pour cette belle introduction.
- 3:47Ça présage énormément d'informations intéressantes pendant cette interview.
- 3:51Donc moi,
- 3:52j'aimerais bien,
- 3:53comme je le fais toujours,
- 3:54j'aimerais bien un petit peu revenir sur ton parcours,
- 3:56tes études,
- 3:56comment tu as démarré avant de créer cet incubateur et puis ensuite cet institut régional spécialisé dans la mode.
- 4:04Est-ce que tu peux nous parler un petit peu de tes études et de ta carrière ?
- 4:09Ok,
- 4:09super.
- 4:10Alors moi,
- 4:10à la base,
- 4:12je suis une artiste dans l'âme et j'ai toujours aimé créer.
- 4:18C'est vrai qu'aujourd'hui,
- 4:20dans le positionnement que j'ai de chef d'entreprise,
- 4:23de CEO,
- 4:24les gens ne savent pas forcément mon parcours créatif.
- 4:28Alors j'ai fait des études en art visuel et publicité à Saint-Luc-Liege,
- 4:34en Belgique,
- 4:36et j'ai toujours évolué dans l'univers.
- 4:38un peu créatif,
- 4:40publicité,
- 4:40production,
- 4:42depuis maintenant plus de 15 ans,
- 4:45presque 20 ans maintenant.
- 4:47Et après,
- 4:49à un moment donné,
- 4:52j'ai voulu expérimenter l'Afrique.
- 4:55J'ai commencé à aller à Kinshasa en faisant des allers-retours.
- 5:00Et là,
- 5:00j'ai redécouvert le pays qui m'a vu naître.
- 5:04Et j'ai compris en fait que...
- 5:07que la RDC était un pays dont l'une des plus grosses richesses était vraiment sa créativité.
- 5:14On le voit partout dans les rues de Kinshasa,
- 5:16etc.
- 5:18Mais il y avait un gros problème de création d'écosystèmes en fait.
- 5:21Parce que le talon c'est bien,
- 5:23mais comment transformer ce talon en quelque chose de monétisable ?
- 5:29Et c'est là qu'est née l'idée de mettre en place Kobo Hub,
- 5:34qui est un hub en fait qui a...
- 5:35qui a pour objectif de former,
- 5:40d'accompagner et surtout d'aider les talents à développer un produit,
- 5:46un service et surtout un modèle économique pour eux,
- 5:49pour générer du revenu.
- 5:50Et donc très vite,
- 5:51je suis passée de l'autre côté.
- 5:54J'ai quitté la posture d'artiste,
- 5:58de créatrice à une posture de chef d'entreprise.
- 6:04de coachs,
- 6:04de mentors,
- 6:06pour pouvoir un peu fédérer ce petit écosystème et créer en fait des entrepreneurs culturels qui arrivent à mettre en place un modèle économique et à en vivre.
- 6:16Et au fur et à mesure des années,
- 6:19on a eu des partenaires qui ont commencé à nous accompagner.
- 6:21On a eu un premier partenaire avec le ministère des Affaires étrangères des Pays-Bas qui a financé,
- 6:27je pense,
- 6:28deux ans de nos activités.
- 6:30Et puis nous avons mis en place des co-working,
- 6:34des espaces vraiment de collaboration.
- 6:36Nous avons créé des programmes d'accompagnement.
- 6:38La grosse difficulté,
- 6:39c'est qu'à Kinshasa,
- 6:41on est parmi les premiers incubateurs et il n'y avait pas de modèle pareil à Kinshasa.
- 6:46Donc la plupart des programmes viennent de Paris,
- 6:49de Belgique et tout.
- 6:50Et donc notre gros challenge,
- 6:52c'était de pouvoir mettre en place des programmes qui sont pensés,
- 6:57conçus.
- 6:58pour notre système local.
- 7:01Et après,
- 7:02voilà,
- 7:02ça a bien fonctionné,
- 7:03ça a bien marché,
- 7:04et on a une grosse visibilité de plus en plus de partenaires internationaux qui nous ont accompagnés.
- 7:11Jusqu'au moment où on a signé un partenariat aussi avec le gouvernement français,
- 7:15et on a décidé en fait de devenir très sectoriel,
- 7:18parce qu'un écosystème,
- 7:19avant d'être physique,
- 7:22avant d'être immatériel,
- 7:23il doit être aussi physique.
- 7:25Comme j'aime le dire,
- 7:26c'est un peu le modèle de la Silicon Valley.
- 7:29Où est-ce qu'on trouve les talons ?
- 7:30Où est-ce qu'on trouve le matériel de qualité ?
- 7:34Où est-ce qu'on trouve les formations ?
- 7:35Où est-ce qu'on trouve en fait un écosystème d'investisseurs,
- 7:38etc. ?
- 7:39Nous avons donc décidé nous-mêmes de créer notre propre écosystème par filière,
- 7:45par secteur d'activité.
- 7:47C'est là qu'est née l'idée de mettre en place en fait l'Institut Régional de la Mode,
- 7:51qui est vraiment en partenariat entre...
- 7:53La France et nous,
- 7:55donc l'ambassade de France et nous,
- 7:56nous avons conçu ce projet,
- 7:57ce programme qui a été d'ailleurs annoncé par le président Macron parce qu'il y a plus de
- 8:053 millions de dollars qui a été investi dans ce projet pour faire de Kinshasa vraiment un centre,
- 8:10un pôle concernant la mode en Afrique centrale et même influencer l'Afrique francophone.
- 8:18Et c'est là qu'aujourd'hui on y est.
- 8:21Donc l'Institut Urgenal de la Mode a ouvert ses portes l'année passée.
- 8:25En septembre,
- 8:26nous accompagnons des designers de cinq pays d'Afrique centrale et nous avons un centre de recherche et développement.
- 8:34Nous avons une bibliothèque,
- 8:36nous avons des espaces co-working,
- 8:38des ateliers industriels.
- 8:40Nous avons des espaces aussi pour les événements et nous ouvrons prochainement le 25 septembre.
- 8:47une expo permanente dédiée à la SAP.
- 8:50Très bien,
- 8:50donc c'est très intéressant de voir comment tu es à l'origine en fait de la création d'un véritable écosystème d'accompagnement des entrepreneurs.
- 8:59Et j'aime bien le parallèle que tu fais avec la Silicon Valley.
- 9:02C'est vrai qu'à un moment donné,
- 9:03on a besoin d'un lieu bien spécifique avec,
- 9:07en sachant que les experts d'un certain domaine sont présents dans ce lieu.
- 9:11Et ça devient du coup une référence qui va attirer les experts du monde entier.
- 9:18Quand on parle du hub...
- 9:20Au départ,
- 9:21tu parles d'un programme d'accompagnement d'entrepreneurs.
- 9:24Comment est-ce que tu fais la sélection des entrepreneurs ?
- 9:27Est-ce qu'il y a un jury ?
- 9:29Est-ce qu'il y a une session un peu de pitch comme les nouveaux boss ou comme on peut voir dans les émissions du type qui veut être mon associé ?
- 9:34Est-ce que tu peux nous expliquer le processus de sélection des entrepreneurs ?
- 9:41Il faut savoir que lorsqu'on est un incubateur,
- 9:45la partie la plus sensible et la plus importante,
- 9:48les profils qu'on recrute
- 9:49dans un programme.
- 9:51Parce que la majorité des programmes sont gratuits pour les entrepreneurs parce qu'ils sont subventionnés.
- 9:57C'est le modèle de fonctionnement des incubateurs.
- 10:00C'est le modèle de subvention par des bailleurs ou des corporettes.
- 10:04Donc la partie de recrutement est très très importante.
- 10:09Et voilà pourquoi nous avons mis en place un critérium qui est assez compliqué.
- 10:15Parce qu'on se dit que lorsqu'on accompagne des entrepreneurs,
- 10:18c'est des personnes qui ont une vraie réflexion,
- 10:20qui relèvent les challenges.
- 10:21Donc si déjà lorsqu'on lance un appel à candidature,
- 10:24ils ne sont pas capables de répondre correctement à un appel à candidature,
- 10:28c'est déjà qu'il y a un problème.
- 10:30Donc nous lançons un appel à candidature sur les réseaux sociaux,
- 10:34sur nos sites et c'est un peu du bouche à oreille aussi qui circule.
- 10:39Et là,
- 10:40on a un critérium déjà.
- 10:42en termes de profilage,
- 10:44ils se présentent et tout,
- 10:46et c'est quand même assez long.
- 10:49Et certaines questions sont très détaillées.
- 10:51Donc,
- 10:51généralement,
- 10:5250%,
- 10:53on n'arrive pas à remplir le critérium.
- 10:57Donc,
- 10:57ce qui fait qu'on arrive déjà à épurer pas mal de personnes.
- 11:00Et après ça,
- 11:01en fait,
- 11:02il y a la partie présentation de son projet,
- 11:07de sa structure.
- 11:08Quand les gens se présentent,
- 11:11Là,
- 11:12on a déjà un minimum de contenu et ça reste déjà intéressant pour nous.
- 11:19Et après ça,
- 11:19on a une sorte de vidéo de présentation,
- 11:23comment ils se présentent eux-mêmes.
- 11:24Et après,
- 11:28nous avons une sorte d'interview.
- 11:32Et c'est là que ça nous permet de sélectionner les meilleurs profits.
- 11:37Très bien,
- 11:38c'est important que tu précises ce point d'un incubateur,
- 11:41ça va fonctionner sur la base de subventions et donc l'objectif pour vous,
- 11:44c'est d'avoir les meilleurs profils.
- 11:47Donc,
- 11:47c'est intéressant ce que tu expliques par rapport à ces différents critères qui sont clés pour pouvoir choisir les bons profils.
- 11:55Ensuite,
- 11:55en termes de secteur d'activité,
- 11:57alors tu as évoqué un focus industrie culturelle et créative et ensuite tu as parlé d'IRMA.
- 12:02avant cela
- 12:03Est-ce qu'il y avait en fait des secteurs de prédilection ou est-ce que l'idée c'était justement d'essayer d'avoir
- 12:0910 entrepreneurs qui vont représenter 10 secteurs d'activité différents ?
- 12:13Au départ,
- 12:14c'est ce que nous faisions.
- 12:15C'était vraiment
- 12:1610 entrepreneurs qui vont représenter différents secteurs d'activité.
- 12:20Mais on s'est rendu compte que ce n'était pas forcément efficace.
- 12:24Pourquoi ?
- 12:24Parce que notre Afrique,
- 12:28surtout l'Afrique francophone,
- 12:29est un peu moins développée que l'Afrique anglophone en termes de...
- 12:35de start-up,
- 12:36de nouvelles PME,
- 12:37etc.
- 12:38On s'est rendu compte en fait que le niveau des entrepreneurs qu'on accompagnait était déjà un problème.
- 12:44Donc il fallait plus de temps en termes d'accompagnement.
- 12:47Donc qui dit plus de temps,
- 12:49dit plus de ressources,
- 12:50qui dit plus de ressources,
- 12:52dit plus de besoins financiers.
- 12:56Voilà pourquoi très vite on s'est dit,
- 12:58non,
- 12:58on ne va plus développer ce modèle de programme d'accompagnement,
- 13:02mais on va les...
- 13:02par filière.
- 13:04Parce que lorsqu'on est sectoriel,
- 13:06ça veut dire qu'en interne,
- 13:08on a déjà le personnel qui a les compétences d'accompagner un entrepreneur dans son secteur d'activité.
- 13:15La plupart des incubateurs,
- 13:16qu'est-ce qu'ils font ?
- 13:17Ils sont un peu généralistes.
- 13:19On va accompagner un projet dans la tech,
- 13:22un projet dans la logistique,
- 13:23un projet dans l'agriculture,
- 13:24un projet dans l'énergie,
- 13:26etc.
- 13:27Et vous allez voir que les coaches sont souvent les mêmes.
- 13:30Et qu'est-ce qui se passe en fait à la fin du programme ?
- 13:33Il y a beaucoup de théories,
- 13:34c'est vrai qu'il y a une base en gestion d'entreprise que les entrepreneurs ont pu acquérir,
- 13:41mais réellement sur le marché déployer et développer une entreprise,
- 13:45c'est difficile en fait.
- 13:47Quasi 60,
- 13:4970%
- 13:49d'entre eux...
- 13:50après deux ans disparaissent.
- 13:53Et moi,
- 13:54je ne voulais pas ce modèle-là,
- 13:55parce que notre souci à nous,
- 13:58c'était de créer des pépites qui vont venir standardiser notre écosystème.
- 14:05Voilà pourquoi très vite,
- 14:06on a switché dans un modèle très sectoriel.
- 14:11Ça veut dire que nos accompagnateurs,
- 14:13nos formateurs,
- 14:14nos coachs viennent du secteur ou sont formés à accompagner dans ce secteur-là.
- 14:19Parce qu'à la fin de la journée,
- 14:20en fait,
- 14:21les entrepreneurs doivent pouvoir vivre de leur entreprise.
- 14:24Quand ils sortent d'un programme d'accompagnement,
- 14:26ils se disent,
- 14:26« Ok,
- 14:27j'ai développé un produit ou j'ai amélioré mon produit.
- 14:30Avant le programme d'accompagnement,
- 14:32je faisais 1 dollar par mois et maintenant,
- 14:34je fais 10 dollars par mois. »
- 14:35Donc nous,
- 14:36c'est comme ça que l'on mesure un peu l'accompagnement qu'on offre à nos entrepreneurs.
- 14:42C'est très intéressant que tu précises ce point parce qu'effectivement,
- 14:44il y a eu toute une période...
- 14:46de la,
- 14:46que j'appellerais en tout cas en Europe,
- 14:47la Startup Nation,
- 14:49où il y a énormément de porteurs de projets qui se sont positionnés en potentiels fondateurs de startups.
- 14:57Et derrière,
- 14:58effectivement,
- 14:59comme les statistiques que tu évoquais,
- 15:01après deux ans,
- 15:01il n'y avait pas forcément de suite.
- 15:04Et donc,
- 15:05effectivement,
- 15:06il y avait une forme de remise en question de tous ces incubateurs.
- 15:11et de tous ces prétendus porteurs de projets et de solutions innovantes.
- 15:17Donc c'est intéressant de voir comment toi tu as analysé ces éléments-là et tu as proposé finalement une organisation et un suivi qui permet véritablement d'aller plus loin qu'un simple effet d'annonce.
- 15:34toi aujourd'hui
- 15:35Quelles sont les structures,
- 15:37si tu peux en citer,
- 15:37en tout cas les entrepreneurs accompagnés qui aujourd'hui constituent des belles réussites et vraiment les références de Kobo Hub ?
- 15:46Ok,
- 15:47alors nous on a plusieurs niches d'entrepreneurs.
- 15:55On a eu vraiment ceux qui commençaient avec une idée ou ceux qui avaient déjà une entreprise mise en place qui avait un peu de difficultés ou ceux qui avaient déjà une entreprise.
- 16:04Excusez-moi.
- 16:05qui avaient besoin de repositionner leur modèle économique ou de lancer un nouveau produit,
- 16:10etc.
- 16:10Ou simplement lever les fonds.
- 16:12Il y a des entrepreneurs qui viennent nous trouver parce qu'ils sont dans une étape,
- 16:17ils ont besoin d'une croissance et nous,
- 16:19on leur permet tout simplement de structurer très rapidement leur entreprise et d'aller lever les fonds.
- 16:25On est en contact avec plusieurs fonds d'investissement ou des business angels de manière privée,
- 16:31surtout issus de la diaspora.
- 16:32Donc,
- 16:32c'est aussi un de nos modèles économiques.
- 16:34Donc nous,
- 16:34on a accompagné il y a quelques années une startup qui s'appelle SchoolUp,
- 16:39dans un programme qui s'appelait les pionnières,
- 16:42c'est un programme de l'OIF.
- 16:44Cette startup,
- 16:45après le programme,
- 16:46elle a pu aller à Dubaï,
- 16:47elle a pu rencontrer des investisseurs là-bas,
- 16:51et maintenant leur head office se trouve à Dubaï.
- 16:54Ils ont pu,
- 16:54après tout cela,
- 16:56se développer dans d'autres pays,
- 16:59la Côte d'Ivoire,
- 17:00le Bénin,
- 17:01le Togo,
- 17:01et même le Kenya aujourd'hui.
- 17:03Et ils font maintenant plus de 2 millions de dollars de chiffre d'affaires.
- 17:08Donc ça,
- 17:09c'est vraiment une super réussite pour nous.
- 17:13Ils sont dans l'EDTEC,
- 17:17l'éducation avec un soubassement de l'EDTEC.
- 17:21Et puis on a une boîte qui est dans le design textile qui s'appelle Kilibu Kila.
- 17:26Ils sont basés à Kinshasa.
- 17:28Ils ont pu retravailler le tissu Kuba,
- 17:32parce qu'à la base,
- 17:33le tissu Kuba,
- 17:34c'est un tissu très brut,
- 17:37et ils l'ont adouci.
- 17:39C'est un savoir-faire que possèdent des femmes en RDC qui se transmet de génération en génération.
- 17:49Donc ils ont pu l'adoucir,
- 17:52ils ont même pu transformer ce tissu en velours,
- 17:55qu'on appelle le velours du Kassai.
- 17:58Et en fait,
- 17:59aujourd'hui,
- 18:01ce qui leur permet de pouvoir devenir fournisseurs auprès de designers de mode,
- 18:06ils ont même pu,
- 18:09il y a deux ans,
- 18:10signer avec Monoprix en France.
- 18:13Ils ont vendu en fait certaines de leurs productions parce qu'ils fabriquent avec ce tissu des housses de coussins et des produits dérivés.
- 18:23Ils sont en train de grandir à l'international,
- 18:25ils exportent aux Etats-Unis,
- 18:28en Europe,
- 18:29dans d'autres pays d'Afrique.
- 18:31Et c'est vraiment une belle expérience et surtout une belle réussite en termes de dizaines de textiles en RDC.
- 18:41Ok,
- 18:41c'est super d'avoir de belles réussites comme ça au niveau d'un incubateur.
- 18:46Et c'est vrai que quand on a des belles réussites à mettre en avant,
- 18:48ça donne aussi envie à des entrepreneurs.
- 18:53qui sont qualifiés,
- 18:54compétents,
- 18:54qui ont des belles initiatives,
- 18:56des beaux projets,
- 18:57de venir se présenter au niveau de l'incubateur.
- 19:00En termes d'organisation et de session d'accompagnement,
- 19:05quel est le rythme au niveau de Cobeub ?
- 19:07Est-ce que c'est tous les ans à partir de janvier ?
- 19:10Et quelle est la période d'incubation ?
- 19:12Est-ce que c'est un an ?
- 19:13Est-ce que tu peux nous expliquer un petit peu comment se passe une incubation pour un entrepreneur une fois qu'il a passé les critères et qu'il a été sélectionné ?
- 19:22Ok,
- 19:23alors au niveau des programmes d'incubation,
- 19:25on a en fait deux types de fonctionnement.
- 19:29On a nos programmes chez nous qui sont en interne,
- 19:32qui sont prédéfinis.
- 19:33Et généralement,
- 19:35on a par exemple deux cohortes.
- 19:38Là,
- 19:38je prends par exemple la cohorte au niveau de tout ce qui est mode.
- 19:42Donc on a un programme qui s'appelle Entreprendre dans la mode à impact.
- 19:46C'est un programme de six mois.
- 19:50Et puis on a un programme qui s'appelle Lancer sa marque et là c'est un programme de trois mois.
- 19:56On a d'autres programmes dans d'autres filières qui sont par exemple d'une année ou douze mois.
- 20:01Ces programmes sont des programmes signature chez nous en interne et là on en lance deux par an.
- 20:09Donc on fait un appel à candidature et puis le programme prend son chemin.
- 20:15Après,
- 20:15nous avons le deuxième modèle,
- 20:17c'est un partenaire ou un bailleur de fonds qui vient vers nous,
- 20:20qui nous dit,
- 20:21OK,
- 20:22nous,
- 20:22on aimerait lancer un programme à Kinshasa ou dans trois villes en RDC.
- 20:26Et l'objectif,
- 20:29c'est soit de stimuler l'entreprenariat ou soit de structurer des entrepreneurs existants.
- 20:37Et là,
- 20:37on fait un programme sur mesure.
- 20:39Et donc,
- 20:40ça peut durer trois mois,
- 20:41quatre mois.
- 20:41mois ou six mois.
- 20:42L'année passée,
- 20:42on a fait un programme avec l'AFD.
- 20:46C'est un programme sur 18 mois,
- 20:48par exemple.
- 20:50C'est un peu les modèles que nous avons.
- 20:52Nos programmes signatures et les programmes designés avec un partenaire.
- 20:57Très bien,
- 20:58c'est très clair.
- 20:58En plus,
- 20:59c'est bien de voir la variété des programmes.
- 21:01Ce qu'on comprend,
- 21:02c'est selon le profit de l'entrepreneur et où il en est,
- 21:05il va avoir un programme qui va véritablement être adapté.
- 21:10Maintenant,
- 21:10on va en venir à Irma,
- 21:13puisque l'impression que j'ai,
- 21:15c'est toute l'expérience acquise avec Kobo Hub,
- 21:18à un moment donné,
- 21:18elle a presque naturellement mené à la création d'Irma.
- 21:22Est-ce que tu peux nous expliquer un petit peu la genèse d'Irma et aujourd'hui,
- 21:27quelles sont les principales missions et ambitions de cet institut ?
- 21:32Effectivement,
- 21:35tu l'as bien dit.
- 21:37Tout cet expérience que nous avions eue,
- 21:40nous a permis de comprendre que si on doit dynamiser notre écosystème local ou même la sous-région de l'Afrique centrale,
- 21:48il était important de créer des écosystèmes physiques.
- 21:53Voilà pourquoi on s'est dit,
- 21:54ok,
- 21:57par quoi on peut commencer en fait ?
- 21:59Les industries culturelles et créatives aujourd'hui,
- 22:01beaucoup l'ignorent en Afrique,
- 22:03mais c'est un secteur à fort potentiel qui est sous-exploité en Afrique.
- 22:09Aujourd'hui,
- 22:09l'Occident le dit très bien,
- 22:10c'est un secteur qui a généré le plus de revenus et qui a employé le plus de personnes par rapport à l'industrie,
- 22:18par exemple,
- 22:18automobile.
- 22:19Et l'Afrique a un potentiel énorme parce que son narratif,
- 22:23ses histoires,
- 22:24sa créativité n'est pas encore complètement exploitées.
- 22:29Alors nous avons décidé d'abord de faire une étude de marché,
- 22:32on l'a fait au niveau de la RDC,
- 22:34et on s'est rendu compte en fait qu'un des potentiels
- 22:38énorme,
- 22:40étaient focalisées sur la mode.
- 22:43Parce qu'en fait,
- 22:44chez nous,
- 22:45dans tous les quartiers,
- 22:46il y a un couturier,
- 22:47il y a un tailleur,
- 22:48etc.
- 22:49Et donc,
- 22:49voilà,
- 22:50on s'habille dans les vêtements de nos traditions pour les mariages,
- 22:57pour différentes fêtes,
- 22:59etc.
- 23:00Alors,
- 23:00on s'est dit très rapidement,
- 23:02si nous devons créer un prof of business d'espace physique,
- 23:07qui reposent en tout un écosystème,
- 23:09ce serait la mode.
- 23:10Mais pas simplement la mode,
- 23:11mais la mode avec des connexions,
- 23:14avec d'autres filières.
- 23:15Parce que dans la mode,
- 23:17par exemple,
- 23:17la mode touche aussi le cinéma.
- 23:20Ça touche aussi la musique.
- 23:22Parce que dans les clips vidéo aujourd'hui,
- 23:24les gens s'habillent d'une certaine manière,
- 23:26etc.
- 23:27Ça touche aussi d'autres filières.
- 23:29Donc on a fait très rapidement un lien entre la mode et la musique,
- 23:32parce que nous déjà,
- 23:33la sape et la rumba vont ensemble en fait.
- 23:36Parce que pendant des années,
- 23:40les plus grands ambassadeurs de la SAP,
- 23:43ça a été en fait les musiciens chinois,
- 23:47qui s'habillaient d'une certaine manière pour leurs concerts,
- 23:51soit localement,
- 23:52soit à l'étranger.
- 23:53Donc la SAP,
- 23:54elle a un lien fort.
- 23:55Voilà pourquoi,
- 23:56lorsque vous venez chez Irma,
- 23:58vous avez en fait deux espaces qui sont très distincts.
- 24:01C'est l'espace fashion,
- 24:02mode,
- 24:02et puis au-dessus,
- 24:03nous avons un studio d'enregistrement.
- 24:05Et ça,
- 24:05c'est un partenariat avec Planet Jupiter.
- 24:09Et donc,
- 24:10voilà.
- 24:10Donc,
- 24:10du coup,
- 24:11en créant ce projet,
- 24:14on voulait vraiment remplir tout un écosystème.
- 24:17Parce que vous venez chez Irma,
- 24:18vous avez une bibliothèque,
- 24:21un focus sur l'industrie créative.
- 24:22C'est la première.
- 24:22La première bibliothèque focus avec l'Institut Créatif en Afrique.
- 24:26Nous avons des espaces de coworking,
- 24:28ateliers,
- 24:29on a un Fab Lab textile.
- 24:31Nous avons aussi un espace justement pour les petits événements et tout.
- 24:37Nous avons la partie studio d'enregistrement,
- 24:39salle de répétition aussi avec du matériel de musique.
- 24:42Nous avons aussi un espace podcast,
- 24:44nous avons un espace shooting,
- 24:45photo et vidéo.
- 24:46Nous avons des salles de formation.
- 24:48Et en fait,
- 24:48les entrepreneurs,
- 24:49les acteurs culturels,
- 24:50quand ils viennent chez nous,
- 24:51ils découvrent tout un écosystème.
- 24:53Donc,
- 24:54lorsque généralement quelqu'un vient chez nous pour simplement enregistrer un son,
- 24:59par exemple,
- 25:00il va découvrir en fait qu'il peut se faire habiller,
- 25:04on peut lui créer un vêtement pour son clip.
- 25:06Et puis,
- 25:06son compte,
- 25:07il y a un studio avec du matériel et son clip peut être tourné avec nos équipes.
- 25:12Et en fait,
- 25:13tu peux aussi avoir un shooting photo,
- 25:14etc.
- 25:15Et puis voilà.
- 25:16Et donc c'est tout un écosystème.
- 25:18Donc ce projet,
- 25:18on l'a conçu comme ça,
- 25:19pour que ça soit un petit,
- 25:21un mini écosystème.
- 25:23Et lorsqu'on est en train de construire ce projet,
- 25:25on s'est rendu compte que l'ambassade de France était en train de développer aussi un projet autour de la mode,
- 25:30parce qu'il y avait un potentiel énorme.
- 25:33Et vu qu'on travaille déjà avec l'ambassade de France depuis quelques années,
- 25:37sous d'autres programmes justement dans les industries créatives,
- 25:40on s'est décidé de se mettre ensemble et on a finalisé ce projet.
- 25:45Et on l'a monté à Paris et le gouvernement français l'a accepté.
- 25:50Et donc,
- 25:50lors même du sommet
- 25:53Afrique-France-RDC, il y a deux ans à Paris,
- 25:57lorsque mon président,
- 25:58le président Tshisekedi,
- 26:00va rencontrer le président Macron,
- 26:02le président Macron fait cette annonce-là,
- 26:04que la France va accompagner la création d'un institut régional de la mode en Afrique et qui est en fait ce projet que l'on avait conçu il y a deux ans en fait.
- 26:14Donc voilà un peu la genèse de ce projet.
- 26:16Et pour nous,
- 26:16l'objectif,
- 26:18c'est vraiment de s'étendre au fur et à mesure.
- 26:21Donc là,
- 26:22on est en train d'ouvrir une filière à Nairobi pour pouvoir couvrir l'Afrique de l'Est,
- 26:31mais aussi l'Afrique francophone.
- 26:35Et aussi,
- 26:35un des objectifs le plus important,
- 26:37pas le plus important,
- 26:38mais qui est quand même important,
- 26:40c'est la partie recherche et développement.
- 26:42On l'a adossé vraiment au projet.
- 26:44Actuellement,
- 26:44nous avons six doctorants à Paris qui sont intégrés dans une université pour faire des recherches dans tout ce qui concerne la mode africaine,
- 26:55nos tissus traditionnels,
- 26:57comment les faire évoluer.
- 26:58On a un focus sur le tissu Kuba,
- 27:00par exemple,
- 27:01et aussi la sape,
- 27:02parce qu'aujourd'hui,
- 27:02la sape est un patrimoine annexé à la rumba qui a été reconnue par l'UNESCO.
- 27:09Donc on est en train de travailler sur la création,
- 27:11comment développer tout un écosystème autour de la SAP.
- 27:14C'est quelque chose que nous n'avons pas fait en fait.
- 27:16Donc comment aujourd'hui des sapeurs ou des personnes qui souhaitent entreprendre dans la SAP peuvent développer en fait des entreprises qui deviennent lucratives.
- 27:25Donc c'est toute cette partie un peu recherche scientifique que nous sommes en train de faire et qui est aussi en fait en parallèle justement avec l'inauguration.
- 27:36d'un mini-musée,
- 27:37mais pour le moment on va appeler l'Expo Permanente de la SAP.
- 27:40Et en marge de ça,
- 27:41on est en train de mettre en place un colloque scientifique justement sur les questions de la mode en Afrique.
- 27:45Donc c'est un projet qui est très ambitieux et j'entends dans ce que tu évoques le fait de solliciter des chercheurs,
- 27:52le fait de pouvoir formaliser l'histoire des tendances et notamment l'histoire de la SAP pour se la réapproprier et pour poser des concepts.
- 28:02Est-ce que dès le départ,
- 28:03dans l'association avec l'ambassade de France au Congo,
- 28:07vous aviez cette ambition-là d'aller plus loin que le côté peut-être superficiel de la mode et de se dire on va poser les choses pour pouvoir préserver ses savoir-faire et aussi expliquer d'où ils viennent et expliquer en quoi ils font partie du patrimoine ?
- 28:23Est-ce que ça,
- 28:24dès le départ,
- 28:24c'était inscrit dans la mission d'IRMA ?
- 28:27Oui,
- 28:27clairement,
- 28:28parce qu'aujourd'hui,
- 28:30le positionnement,
- 28:31Irma est un projet qui est adossé dans Kobo Hub.
- 28:39Notre positionnement aujourd'hui,
- 28:40c'est de créer des écosystèmes.
- 28:42Et lorsqu'on parle d'écosystème,
- 28:43c'est-à-dire qu'on a une chaîne de valeur qui est mise en avant.
- 28:47Et donc,
- 28:48quand on a conçu Irma,
- 28:49on a d'abord découpé la chaîne de valeur pour savoir,
- 28:53en fait,
- 28:54Comment la chaîne de valeur aujourd'hui est développée en Afrique et surtout chez nous,
- 28:58dans notre pays ?
- 28:59Et l'objectif est vraiment de créer une industrie.
- 29:02Je sais que beaucoup n'aiment pas le mot industrie créative et culturelle,
- 29:07mais pour moi c'est très pertinent en fait,
- 29:08parce que lorsque les créateurs ou les structures d'accompagnement dans justement le secteur culturel et créatif pensent industrie,
- 29:18ils vont penser chaîne de valeur.
- 29:19ils vont penser process,
- 29:20ils vont penser logistique ils vont penser modèle économique,
- 29:23ils vont penser formation,
- 29:24ils vont penser en fait entreprise,
- 29:29etc formalisation,
- 29:30la partie légale,
- 29:31la partie développement,
- 29:32etc,
- 29:32nous on l'a intégré dès le départ en fait,
- 29:35ce projet moi j'aime le dire,
- 29:37c'est un projet de 100 ans,
- 29:38Irma c'est un projet de 100 ans tu veux laisser ce projet,
- 29:41je veux mourir je veux le laisser,
- 29:42l'objectif vraiment c'est de créer une chaîne de valeur,
- 29:44un écosystème qui va devenir une base non
- 29:49qui va permettre à d'autres acteurs de pouvoir se greffer.
- 29:52C'est pour ça que chez nous,
- 29:53chez IRMA,
- 29:55on va trouver des acteurs culturels et créatifs.
- 29:58On se dit,
- 29:59ces espaces sont les vôtres.
- 30:00Venez,
- 30:01commencez à entreprendre ici,
- 30:03créons des collaborations qui vont permettre à chacun de se retrouver.
- 30:09Parce que le vrai problème des entrepreneurs en Afrique,
- 30:12et moi j'accompagne les entrepreneurs depuis une dizaine d'années,
- 30:17c'est qu'on est contraints à tout faire.
- 30:19Et nous,
- 30:20c'est ce que nous ramenons à notre niveau.
- 30:22Non,
- 30:23lorsque quelqu'un lance sa marque,
- 30:25on va lui dire,
- 30:25OK,
- 30:27c'est très bien,
- 30:28tu es un entrepreneur dans l'univers de la mode,
- 30:32mais tu n'es pas un technicien,
- 30:34tu ne sais pas coudre.
- 30:35Donc,
- 30:36ne perds pas ton temps à les coudre.
- 30:38Associe-toi ou travaille avec un atelier.
- 30:42Donc,
- 30:42on pousse les gens à penser à une chaîne de valeur.
- 30:46pour pouvoir en fait arriver très rapidement à créer un produit,
- 30:50une entreprise qui devient rentable.
- 30:53Donc la partie recherche-développement aussi était très importante,
- 30:57parce qu'aujourd'hui on ne peut pas parler de mode africaine si aujourd'hui on n'arrive pas à exploiter le plus possible nos tissus africains.
- 31:07Donc par exemple le Kuba chez nous,
- 31:10tu le connais,
- 31:10le tissu Kuba il est très brut comme ça,
- 31:13c'est beau,
- 31:14c'est tendance.
- 31:15mais il faut aller plus loin en fait.
- 31:16Et c'est pour ça qu'aujourd'hui,
- 31:17il est important de pouvoir développer,
- 31:22faire grandir nos tissus africains.
- 31:26Et voilà pourquoi le département recherche et développement,
- 31:29pour moi,
- 31:30semble être très,
- 31:30très important et pour l'ambassade aussi.
- 31:34Et ces partenariats avec les universités en France sont très stratégiques pour nous parce que là,
- 31:39je pense qu'on va pouvoir set-up une belle dynamique.
- 31:43qui va permettre en fait à plusieurs experts de s'associer à nous et de pouvoir créer une dynamique au niveau afrique.
- 31:50Parce que même quand on parle de la sape aujourd'hui chez nous,
- 31:53les sapeurs portent des marques étrangères,
- 31:58occidentales,
- 31:59qui ont bien fonctionné,
- 32:00etc.
- 32:01Mais aujourd'hui,
- 32:02notre tendance,
- 32:03on l'appelle même la sape de demain,
- 32:05c'est que nos sapeurs portent des marques locales et surtout valorisent en fait nos tissus africains.
- 32:10Et pour ça,
- 32:11Il faut qu'on travaille sur nos tissus et surtout que l'on pousse des designers locaux à mettre en avant nos designs et nos tissus locaux.
- 32:22Donc voilà.
- 32:23Très intéressant.
- 32:24Et donc ce que tu évoques,
- 32:25c'est la création d'un musée au sein d'Irma,
- 32:30il me semble,
- 32:30et également le fait de poser un colloque.
- 32:33Donc bien souvent,
- 32:34quand on parle de mode,
- 32:36l'un des premiers événements qu'on va mettre en avant,
- 32:38c'est le défilé.
- 32:39C'est vraiment l'idée de réunir un certain nombre de créateurs qui vont défiler.
- 32:43Là,
- 32:44vous faites le choix d'un colloque,
- 32:45vous faites le choix plutôt d'un musée.
- 32:48Est-ce que tu peux expliquer ce choix ?
- 32:50Oui.
- 32:51Alors,
- 32:52en fait,
- 32:53la réflexion pour nous,
- 32:55elle est vraiment 360 degrés.
- 32:58L'objectif pour nous,
- 32:59comme je te l'ai dit,
- 33:01c'est vraiment créer un écosystème autour de la mode.
- 33:06et donc euh
- 33:08La SAP est un patrimoine,
- 33:10tout le monde connaît la SAP,
- 33:12elle a été très valorisée à l'étranger,
- 33:15etc.
- 33:16Voilà pourquoi IRMA aujourd'hui,
- 33:18nous par exemple,
- 33:18les apprenants qui sortent de nos programmes d'accompagnement,
- 33:23ils ont un seul thème,
- 33:24c'est la SAP de demain.
- 33:26Comment faire évoluer cette sape-là ?
- 33:28Parce qu'il ne faut pas qu'elle reste un peu de manière caricaturale,
- 33:32c'est des gens qui mettent des costumes un peu extravagants avec plein de couleurs,
- 33:36etc.
- 33:36Non,
- 33:37c'est toute une philosophie,
- 33:39il y a tout un univers derrière.
- 33:40Aujourd'hui,
- 33:41on dit même que le Congolais a la sape dans l'ADN,
- 33:44etc.
- 33:44Mais comment faire évoluer tout ça ?
- 33:47Donc voilà pourquoi la première démarche pour nous,
- 33:50c'était de mettre en place une expo permanente slash un petit musée
- 33:56parlent de la sable.
- 33:57Parce qu'en fait,
- 33:57en réalité,
- 33:58localement,
- 33:59pour beaucoup,
- 34:00la sable est mal vue.
- 34:01Mais à l'extérieur,
- 34:02c'est quelque chose de formidable.
- 34:04Papa Wemba a fait évoluer la sable.
- 34:06Les grosses marques ont repris un peu le concept de la sable,
- 34:10etc.
- 34:11Donc aujourd'hui,
- 34:11la première des choses,
- 34:12c'est que si on veut faire évoluer notre mode,
- 34:16c'est que notre patrimoine,
- 34:17notre richesse,
- 34:18doit être d'abord adoptée localement.
- 34:21Donc les écosystèmes qui grandissent,
- 34:22qui créent des modèles économiques stables et viables,
- 34:25c'est parce que d'abord,
- 34:26localement,
- 34:27il y a des consommateurs.
- 34:29Et c'est ça aussi une des difficultés du secteur des industries culturelles et créatives en Afrique,
- 34:36c'est que des fois,
- 34:37on produit pour le marché extérieur.
- 34:39On produit,
- 34:41les artistes,
- 34:42les peintres,
- 34:42tout a produit pour les touristes blancs qui vont arriver à Kinshasa,
- 34:46etc.
- 34:47Donc,
- 34:48notre processus,
- 34:48c'est là.
- 34:49Donc,
- 34:49on s'est dit,
- 34:49on attaque la SAP parce que c'est un patrimoine fort.
- 34:53pouvoir créer un modèle économique derrière,
- 34:54valoriser,
- 34:55et que nos enfants trouveront que la SAP,
- 34:59c'est quelque chose d'extraordinaire.
- 35:01Derrière tout ça,
- 35:02il y a une philosophie,
- 35:05il y a un style de vie,
- 35:06etc.,
- 35:06au-delà du vêtement.
- 35:09Et puis l'Ocologue scientifique,
- 35:11c'est vraiment arriver à développer une approche scientifique.
- 35:19et surtout une approche philosophique de la mode africaine.
- 35:26Par rapport à l'Occident,
- 35:27il y a très peu d'écrits sur nos styles africains,
- 35:31etc.
- 35:31Il y en a de plus en plus et on aime énormément ce que vous faites avec ce podcast,
- 35:39etc.
- 35:40Et l'objectif vraiment,
- 35:41c'est de créer plusieurs dynamiques autour de la mode africaine,
- 35:46autour de la SAP,
- 35:47autour de...
- 35:49autour des matières premières,
- 35:52etc.
- 35:53Des difficultés aussi de la mode en Afrique.
- 35:56Donc le colloque veut aussi être cette rencontre qui accueille plusieurs acteurs en Afrique qui vont venir à Kinshasa se réunir et pouvoir travailler,
- 36:11philosopher,
- 36:12théoriser sur la mode en Afrique,
- 36:14les tissus et notamment la sable.
- 36:18Très intéressant et de voir comment effectivement il y a une volonté d'aller se créer une forme de bibliothèque de contenu pour formaliser une histoire de la mode africaine et particulièrement celle du Congo et de la SAP pour
- 36:35se réapproprier finalement un sujet qui est 100%
- 36:38africain mais dont beaucoup ont parlé.
- 36:41mais ceux qui en parlent,
- 36:42ils sont parfois basés en Occident,
- 36:44parfois issus de la diaspora.
- 36:46L'idée,
- 36:46ce qui est intéressant ici,
- 36:47c'est que ça part
- 36:48du continent.
- 36:50Toi,
- 36:50comme tu le disais tout à l'heure,
- 36:51ce que tu veux,
- 36:52c'est un projet sur son temps et c'est un projet qui doit rester bien après toi.
- 36:59La mode,
- 36:59ce n'est pas toujours considéré comme un objet scientifique.
- 37:03Parfois même,
- 37:03on va considérer d'abord la tech,
- 37:06la agriculture,
- 37:07la finance,
- 37:09plein de sujets extrêmement importants et pas forcément la mode.
- 37:14Toi,
- 37:15quand tu rencontres des investisseurs,
- 37:17quand tu es en discussion justement pour essayer de lever les fonds par rapport à ton incubateur ou par rapport à Irma,
- 37:22est-ce que parfois tu t'es retrouvée à devoir expliquer le potentiel de la mode ?
- 37:28Oui,
- 37:29mais tout le temps.
- 37:30Nous,
- 37:30on est un des premiers incubateurs spécialisés.
- 37:34On est le seul incubateur spécialisé dans les industries culturelles et créatives en RDC et même,
- 37:41je pense,
- 37:41en Afrique centrale.
- 37:42second.
- 37:44Et au départ,
- 37:45même localement,
- 37:45les gens me disaient « mais pourquoi ? »
- 37:47Les gens ne comprennent pas en fait.
- 37:50Tout le monde pense qu'il n'y a pas d'argent,
- 37:51il n'y a pas forcément d'avenir dans cet univers-là,
- 37:55et encore moins dans la mode.
- 37:57Mais en fait,
- 37:57on se rend compte aujourd'hui avec l'étude de marché qu'on a pu faire.
- 38:02Et ça,
- 38:03ça nous a permis de pouvoir avoir des arguments auprès de différents partenaires.
- 38:08On s'est rendu compte,
- 38:09on a peut-être sourcé une centaine de tailleurs,
- 38:14de couturiers au niveau de Kinshasa,
- 38:17connaître le revenu minimum qu'ils avaient par an.
- 38:21Et en fait,
- 38:22beaucoup sont étonnés de se dire,
- 38:23ah oui,
- 38:24ok.
- 38:24Donc,
- 38:25en fait,
- 38:26si on arrive à sourcir l'univers de la mode slash des tailleurs,
- 38:31surtout la RDC,
- 38:32mais ça représente par an des centaines et des centaines de milliers de dollars.
- 38:38Donc pour ne dire que ça.
- 38:40Et on se dit voilà,
- 38:41il y a un potentiel en fait,
- 38:42rien qu'au niveau de la mode.
- 38:43Et il ne faut pas penser mode juste habillée,
- 38:46la maman,
- 38:46le papa du quartier,
- 38:48ça va au-delà.
- 38:48La mode se trouve dans le cinéma,
- 38:50la mode se retrouve dans la musique,
- 38:52la mode se retrouve partout en fait.
- 38:54Et lorsqu'on parle de mode,
- 38:55on ne parle pas juste de création pour faire des...
- 39:00des défilés de mode.
- 39:01Il y a aussi simplement,
- 39:03aujourd'hui,
- 39:04par exemple au Congo,
- 39:05la majorité des écoles portent de l'uniforme.
- 39:09Il y a aussi la création de vêtements dans l'industrie et ce genre de choses.
- 39:15Toutes ces déclinaisons-là,
- 39:17en fait,
- 39:17on a construit le projet pour qu'ils comprennent que l'univers du textile et de la mode se retrouve partout.
- 39:24Et voici le potentiel que ça représente.
- 39:27Il faut savoir que la majorité
- 39:31des produits que nous consommons ne sont pas produits chez nous.
- 39:35Donc,
- 39:35qu'est-ce qui arrive si on arrive ne fût-ce qu'à 10%,
- 39:3920%
- 39:40à rediriger en fait cette industrie avec une production locale ?
- 39:45Et la RDC,
- 39:46c'est plus de
- 39:47140 millions d'habitants.
- 39:50Donc,
- 39:50il y a une industrie,
- 39:51par exemple,
- 39:52minière,
- 39:52etc.,
- 39:53qui est énorme,
- 39:54en fait.
- 39:55Donc,
- 39:55en termes de chiffres,
- 39:56le potentiel est juste impressionnant.
- 39:59Et je pense qu'aujourd'hui,
- 40:01cette narration-là,
- 40:03ce narratif-là commence à plaire aux gens.
- 40:06Ils y voient un potentiel.
- 40:07Voilà pourquoi je pense aussi que la France,
- 40:10l'Ombassade de France,
- 40:11a trouvé en cela une opportunité.
- 40:14Mais pour ça,
- 40:14le vrai défi,
- 40:15c'est d'abord former les talents.
- 40:17Parce qu'aujourd'hui,
- 40:18on ne peut pas parler d'industrie si nous n'avons pas des techniciens.
- 40:21Voilà pourquoi au sein de l'Académie,
- 40:24je ne l'ai pas précisé,
- 40:26nous avons une Académie...
- 40:27où en fait,
- 40:28nous ne formons que des techniciens.
- 40:31Parce qu'il y a beaucoup de marques qui veulent exister,
- 40:33mais en fait,
- 40:34le concept est bon,
- 40:35mais dans la finition,
- 40:37c'est des fois très mauvais.
- 40:39Donc l'objectif pour nous aujourd'hui,
- 40:40c'est de former une armée de techniciens.
- 40:43On forme des gens au patronage,
- 40:44on forme des gens juste à la couture basique,
- 40:48aux finitions de qualité,
- 40:51ce genre de choses.
- 40:52On fait aussi du patronage digital,
- 40:55parce qu'on...
- 40:56On apprend à nos techniciens comment ne pas gaspiller le tissu.
- 41:02Et aussi,
- 41:03je l'ai un peu cité rapidement dans un programme,
- 41:05on fait aussi du upcycling.
- 41:07Parce que comme tu le sais,
- 41:09beaucoup d'Africains s'habillent avec des friperies.
- 41:14Comment retransformer le vêtement,
- 41:16etc.
- 41:17Donc pour nous,
- 41:17le potentiel en termes de chiffres,
- 41:19lorsqu'on a fait l'analyse,
- 41:20on a fait le business model,
- 41:22etc.
- 41:23En termes de chiffres,
- 41:23c'est énorme.
- 41:24Mais le travail est immense à faire parce que c'est vraiment parler de subdiviser la chaîne de valeur,
- 41:32mais qui va d'abord commencer par les talents.
- 41:34Comment on forme et on équipe les talents qui,
- 41:37eux,
- 41:38vont produire pour toute cette chaîne de valeur.
- 41:40Très bien.
- 41:41On sent qu'avant même que de parler de valoriser la créativité,
- 41:45toi,
- 41:46tu as un point focus industrie,
- 41:48supply chain,
- 41:49vraiment mettre en place les différentes étapes qui font
- 41:53une industrie de la mode à succès ?
- 41:55Parce que bien souvent,
- 41:56comme tu le disais tout à l'heure quand tu évoquais l'exemple d'un créateur,
- 42:00en disant qu'il ne faut pas qu'il cherche à tout faire,
- 42:02lui,
- 42:02il peut se concentrer sur la créativité et il va faire appel à un tailleur,
- 42:06il va faire appel à un atelier pour pouvoir produire en série,
- 42:10il va en fait s'appuyer sur différentes expertises pour pouvoir construire une entreprise à part entière et finalement ne pas faire de bricolage.
- 42:21Est-ce que c'est ton...
- 42:23background,
- 42:23on va dire,
- 42:25scolaire ?
- 42:25Ou est-ce que c'est à force d'analyser des parcours des différents entrepreneurs ?
- 42:34Comment tu expliques ce focus sur la partie supply chain industrie que tu as dans le développement d'Irma et les différentes initiatives auxquelles tu peux penser par rapport à Kobo Hub également ?
- 42:48Ce focus industrie,
- 42:49ça m'intéresse de savoir toi comment tu l'as initié.
- 42:53Je pense que c'est au fur et à mesure des projets que j'ai initiés qui ont magnifiquement échoué.
- 43:02J'ai toujours voulu savoir pourquoi autour de nous,
- 43:06s'il y a des super projets en Afrique,
- 43:09super concepts,
- 43:09etc.,
- 43:10marchés potentiels,
- 43:11mais qui échouent en fait.
- 43:13Et donc au fur et à mesure,
- 43:14moi personnellement,
- 43:15j'ai voulu comprendre qu'est-ce qui n'allait pas.
- 43:18et j'ai pris pas mal de formations aussi.
- 43:23pendant tout mon parcours,
- 43:25je veux dire,
- 43:26entrepreneurial.
- 43:28Et en fait,
- 43:29c'était simplement s'asseoir et réfléchir et comprendre les écosystèmes ailleurs,
- 43:34comment ils ont réussi.
- 43:35On a un partenariat avec BPI France qui nous accompagne maintenant en Nukogo depuis
- 43:412-3 ans.
- 43:42Donc on a pu,
- 43:44grâce à eux aussi,
- 43:45comprendre l'écosystème des startups,
- 43:49des institutions créatives.
- 43:51en France et nous permettre de comprendre en fait qu'est-ce qui nous manquait localement et c'est sur ça qu'on a travaillé.
- 44:02Et moi j'ai compris une seule chose,
- 44:04aujourd'hui l'Afrique a besoin de deux choses,
- 44:06en tout cas mon écosystème en RDC,
- 44:09les autres pays je ne connais pas forcément,
- 44:11a besoin d'abord de deux choses,
- 44:14c'est une infrastructure physique qui permet aux talons de venir apprendre,
- 44:18s'exprimer etc.
- 44:19et tout.
- 44:20Et puis de deux,
- 44:22pour moi,
- 44:23le vrai challenge n'est pas forcément l'investissement,
- 44:26mais ce sont les compétences et les skills.
- 44:29Donc,
- 44:30on a vu,
- 44:30lorsque un jeune,
- 44:32on lui donnait les compétences et les skills dont l'écosystème avait besoin,
- 44:37il trouvait un job rapidement ou il arrivait à faire développer son entreprise très rapidement.
- 44:42Donc aujourd'hui,
- 44:42pour nous,
- 44:43les deux challenges,
- 44:44c'est de créer vraiment des écosystèmes physiques où les talents trouvent.
- 44:48Un maximum ou un minimum de choses qui leur permettent d'évoluer.
- 44:52Et de deux,
- 44:53c'est de former.
- 44:55L'Afrique aujourd'hui a besoin de techniciens qui arrivent à déployer ou à répondre à des besoins très rapidement.
- 45:04Et c'est vraiment le positionnement que nous aussi on veut avoir au sein de IRMA.
- 45:09Lorsqu'on parle des industries culturelles et créatives,
- 45:11c'est d'abord les techniciens.
- 45:15Il y a des productions aujourd'hui,
- 45:16lorsqu'on parle de la partie par exemple cinéma,
- 45:19il y a des productions qui se font sur le continent africain,
- 45:22qui sont financées par des organismes internationaux ou des corporate.
- 45:27Et vous allez voir que la majorité des personnes qui exécutent ces projets viennent souvent de l'Occident,
- 45:35quelques-uns viennent de l'Afrique.
- 45:37Donc on a toujours un problème de compétence.
- 45:40Voilà pourquoi c'est vraiment un focus.
- 45:42Moi,
- 45:42je le dis même pour ceux qui veulent investir en Afrique,
- 45:45il faut investir dans des centres de formation,
- 45:50mais centres de formation qui donnent directement des compétences dans un secteur,
- 45:54en fait.
- 45:55Et c'est vraiment clé pour l'Afrique.
- 45:57Et c'est le positionnement et c'est notre vision au sein d'IRMA.
- 46:00Très bien.
- 46:01Dans le cadre de la préparation du colloque qui aura lieu en septembre,
- 46:05en fait,
- 46:06il y a un appel.
- 46:08à différents profils afin qu'ils proposent un petit peu leur vision de la mode africaine.
- 46:13Est-ce que tu peux nous parler de cet appel ?
- 46:16Oui,
- 46:16alors,
- 46:19on a lancé un appel à candidature pour des chercheurs,
- 46:23des scientifiques,
- 46:24des professeurs,
- 46:25des acteurs dans les industries culturelles et créatives.
- 46:28Pour ce colloque qui aura lieu le 24 et 25 septembre à Kinshasa.
- 46:33L'objectif,
- 46:34c'est de réunir différents acteurs qui ont une expertise et aussi un savoir-faire qu'ils peuvent partager.
- 46:47Parce que pour nous,
- 46:50la démarche est simple.
- 46:53Structurant un écosystème,
- 46:54nous avons besoin de comprendre les challenges et les défis de l'écosystème.
- 46:58Et surtout,
- 46:58nous avons besoin d'identifier les acteurs.
- 47:01Parce que c'est sur base de ça,
- 47:02en fait,
- 47:03qu'on peut faire des recommandations,
- 47:06c'est sur base de ça qu'on peut faire des programmes,
- 47:09c'est sur base de ça qu'on peut faire des académies,
- 47:11c'est sur base de ça qu'on peut faire des programmes d'incubation,
- 47:15etc.
- 47:16Et le challenge de certains pays,
- 47:19la RDC par rapport au Sénégal ou à la Côte d'Ivoire ou encore à Nairobi est un peu différent.
- 47:27On a une base,
- 47:29on va dire,
- 47:29on a un socle de...
- 47:30de challenges qui sont les mêmes,
- 47:31mais les écosystèmes évoluent un peu différents.
- 47:34L'objectif,
- 47:34c'est de réunir ces différents acteurs pour pouvoir avoir une sorte de vue globale,
- 47:41un cahier des charges de ce que peut être la mode de demain.
- 47:46Et ces recommandations,
- 47:47pour nous,
- 47:48doivent être après étudiées pour savoir comment on arrive à...
- 47:54à fédérer un écosystème au niveau de la mode,
- 47:58mais en Afrique.
- 48:00Parce que si nous n'avons pas l'information,
- 48:04il est très difficile de créer des produits.
- 48:06Et c'est le gros problème de l'Afrique aussi.
- 48:08Je vois beaucoup d'entrepreneurs qui arrivent,
- 48:09qui veulent créer un projet dans tel secteur,
- 48:12etc.
- 48:13Mais ils n'ont pas l'information sur ce secteur-là,
- 48:16même en termes de chiffres,
- 48:17etc.
- 48:18L'objectif,
- 48:19vraiment,
- 48:19c'est à la sortie de ce colloque,
- 48:22c'est faire des recommandations pour nos gouvernements,
- 48:25mais aussi pour les bailleurs de fonds.
- 48:26Et on espère qu'avec le document que nous allons produire,
- 48:33ça pourrait diriger certains acteurs à prendre une certaine direction.
- 48:37Donc c'est un premier essai.
- 48:40On espère que ça va pouvoir créer une dynamique pour la suite.
- 48:45Et est-ce que dans ta démarche,
- 48:48aujourd'hui tu te mets en relation,
- 48:50tu cherches à voir,
- 48:51Je sais que...
- 48:53Omo Yemi Akarele,
- 48:54la fondatrice de la Legos Fashion Week,
- 48:57en collaboration avec d'autres personnalités du secteur de la mode,
- 49:02elle vient de poser un manifeste de la mode africaine et de son impact éthique,
- 49:09notamment dans le cadre du prix qu'elle a récemment gagné.
- 49:17Est-ce que toi,
- 49:18tu es dans une démarche où c'est différent ?
- 49:20Autre personnalité du secteur de la mode qui sont dans les réflexions qui peuvent être similaires aux tiennes,
- 49:26est-ce que tu as une volonté de te rapprocher de ces initiatives-là et de voir comment vous vous fédérez et vous apporter de la force mutuellement ?
- 49:36Est-ce que toi,
- 49:36ça fait partie de ta réflexion aussi de te rapprocher ?
- 49:39Alors,
- 49:39j'ai cité Omo Yemi Akarele,
- 49:41mais ça peut être d'autres profils.
- 49:44Elle,
- 49:45elle est la fondatrice de la Lagos Fashion Week.
- 49:48très influente au Nigeria et dans toute cette région-là.
- 49:52Et elle a travaillé sur le manifeste,
- 49:53notamment avec Adama Pari,
- 49:55la fondatrice de la Dakar Fashion Week.
- 49:57Est-ce que,
- 49:57voilà,
- 49:57toi,
- 49:57ces initiatives-là,
- 49:58tu les regardes et tu te dis,
- 49:59voilà,
- 50:00il y a un moment où,
- 50:01à travers ce colloque,
- 50:03il serait intéressant de réunir différentes parties prenantes.
- 50:06Est-ce que ça fait partie des réflexions que tu peux avoir ?
- 50:09Oui,
- 50:09clairement,
- 50:10c'est même l'objectif du colloque.
- 50:14Maintenant,
- 50:15Irma,
- 50:15c'est déjà un mastodonte que je suis en train de gérer au quotidien.
- 50:21Faire ce colloque avec l'ambassade et même les instituts français,
- 50:25c'était ça l'ambition,
- 50:27c'est de pouvoir attirer différents acteurs.
- 50:31Oui,
- 50:32clairement,
- 50:33on est en besoin.
- 50:34Et on sait que pour dynamiser encore plus de manière globale l'Afrique,
- 50:43avec sa mode,
- 50:44il faut des acteurs comme la fondatrice de l'Ecos Fashion Week,
- 50:50etc.
- 50:51Donc nous,
- 50:51on est vraiment dans cette démarche-là.
- 50:53On est même en demande de partenariat stratégique.
- 50:56Parce que nous,
- 50:56on se positionne vraiment comme étant un acteur local qui est en train de structurer avec des ambitions en Afrique.
- 51:04Et on a besoin d'avoir cette dynamique Afrique et même diaspora africaine qui se trouve en Occident.
- 51:11Clairement,
- 51:11c'est un besoin criant pour nous et ça fait partie de nos stratégies.
- 51:16Donc toute connexion possible et c'est même la raison de ce colloque.
- 51:21Très bien,
- 51:21c'est très clair.
- 51:22On sent qu'il y a énormément d'ambition pour structurer la mode africaine au niveau du Congo et également de l'Afrique centrale et également au-delà.
- 51:32Parce que l'idée,
- 51:32c'est effectivement...
- 51:34La mode africaine,
- 51:36c'est trois mots,
- 51:37mais derrière,
- 51:37il y a 54 pays et il y a d'innombrables savoir-faire.
- 51:41Et c'est important de pouvoir formaliser,
- 51:45raconter,
- 51:45écrire,
- 51:46poser des moments de réflexion qui vont ensuite transformer cette mode en une véritable industrie qui va créer des emplois,
- 51:56qui va créer du chiffre d'affaires et qui va créer de la croissance et de la croissance qui sera générée.
- 52:02sur le territoire et qui pourra en plus être exportée.
- 52:05J'imagine qu'à terme,
- 52:06toi,
- 52:06l'idée,
- 52:07c'est que ça devienne un véritable élément,
- 52:09non pas seulement que de soft power,
- 52:11mais également de pouvoir économique.
- 52:14Oui.
- 52:14Très bien.
- 52:15Écoute,
- 52:15on arrive à la fin de cette interview.
- 52:17Moi,
- 52:17j'ai été ravie qu'on ait pu échanger en détail sur tes différentes initiatives dont l'ambition,
- 52:24c'est vraiment de promouvoir et d'accompagner le développement des industries culturelles et créatives et particulièrement de la mode africaine.
- 52:31On se retrouve,
- 52:32je l'espère,
- 52:32très vite en Afrique ou ailleurs.
- 52:36Et j'ai envie de dire à Kinshasa pour le colloque de septembre.
- 52:41Avec plaisir.
- 52:41En tout cas,
- 52:42on espère que tu seras des nôtres pour ce colloque de septembre.
- 52:45Avec plaisir.
- 52:46Je te dis à très vite en Afrique ou ailleurs.
- 52:49Merci.
- 52:54Merci d'avoir écouté l'épisode jusqu'au bout.
- 52:56Je vous invite à pratiquer quelques petits gestes à impact fort pour m'aider à gagner de la visibilité sur ce podcast.
- 53:02Vous pouvez partager l'épisode à trois de vos amis.
- 53:05Vous pouvez laisser un commentaire sur Apple Podcast ou Spotify.
- 53:09Je vous invite également à cliquer sur les cinq étoiles pour donner de la force.
- 53:13Je vous dis à très vite en Afrique ou ailleurs.