Latest / True Crime : L'Heure du Crime / Cruelle Duperie : Comment une Manipulation Mentale a Mené au Crime
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- 0:04Speaker 2: Une enseignante en mathématiques est soudain victime de terribles douleurs abdominales.
- 0:08Speaker 2: Sa famille est rongée par l'inquiétude
- 0:11Speaker 2: Certaines
- 0:12Speaker 3: nuits, je m'endormais
- 0:12Speaker 2: en
- 0:12Speaker 3: pleurs parce que je ne pouvais rien faire pour elle
- 0:16Speaker 2: Les violents et terrifiants symptômes ne lui laissent aucun répit.
- 0:20Speaker 2: Ses organes vitaux donnent des signes de défaillance.
- 0:23Speaker 4: J'ai cru qu'elle allait mourir sous nos yeux
- 0:27Speaker 2: Les médecins auront-ils le temps d'identifier le mâle mystérieux avant
- 0:31Speaker 2: qu'il ne soit trop tard? Dans la banlieue de Saint-Louis,
- 1:04Speaker 2: au Missouri, Donna Bollé, professeure de mathématiques dans une classe
- 1:07Speaker 2: de 7e, arrive à l'école comme chaque matin au volant
- 1:10Speaker 2: de sa voiture. Mais soudain, elle est victime d'un malaise
- 1:16Speaker 6: Mes pieds étaient si engourdis que je sentais à
- 1:18Speaker 5: peine les pédales. J'avais très
- 1:24Speaker 6: peur de manquer la pédale de
- 1:27Speaker 5: frein sans le savoir. J'étais paniquée.
- 1:36Speaker 8: Donna
- 1:44Speaker 2: tente de se rendre jusqu'à sa classe, mais son corps
- 1:47Speaker 2: la
- 1:47Speaker 5: trahit.
- 1:54Speaker 6: Mes jambes enflaient au point que mon pantalon commençait à
- 1:56Speaker 6: être trop
- 1:57Speaker 5: serré. Je perdais toute sensation
- 2:02Speaker 6: dans les mains et les
- 2:03Speaker 5: pieds.
- 2:08Speaker 2: Tout au long de la journée, Donna s'efforce de cacher
- 2:11Speaker 2: sa souffrance à ses élèves.
- 2:17Speaker 6: Un des principaux moteurs de Donna, c'est l'amour de son
- 2:20Speaker 6: métier
- 2:22Speaker 6: Elle aime vraiment enseigner
- 2:23Speaker 8: et apprendre
- 2:27Speaker 6: Cela fait partie intégrante d'elle-même
- 2:29Speaker 6: Elle a besoin d'être entourée
- 2:30Speaker 8: d'enfants, d'élèves.
- 2:39Speaker 2: Donna lutte pour ne rien laisser paraître et donner ses
- 2:42Speaker 2: cours comme d'habitude. Et elle n'est pas d'humeur à punir
- 2:45Speaker 2: les élèves
- 2:45Speaker 8: indisciplinés
- 2:53Speaker 2: Soudain, elle est pliée en deux sous l'effet d'une douleur
- 2:56Speaker 2: fulgurante à
- 2:57Speaker 8: l'estomac.
- 3:00Speaker 2: Qu'est-ce qui peut expliquer une crise d'une telle violence?
- 3:05Speaker 8: Comme beaucoup
- 3:06Speaker 2: de mes collègues, j'ai vraiment cru
- 3:08Speaker 6: qu'elle avait
- 3:08Speaker 8: attrapé une maladie.
- 3:12Speaker 6: Au tout début, on pensait qu'elle
- 3:13Speaker 8: avait la grippe
- 3:22Speaker 2: Pendant plusieurs jours, les symptômes apparaissent par éclipse. Mais Donna
- 3:27Speaker 2: ne comprend pas qu'une banale grippe puisse la terrasser à
- 3:30Speaker 2: ce point. Ses douleurs abdominales sont intolérables. et surviennent sans
- 3:34Speaker 5: crier gare.
- 3:37Speaker 2: En arrivant à l'école,
- 3:38Speaker 5: je dois monter un escalier.
- 3:42Speaker 6: Dans l'état où étaient mes jambes, je devais pratiquement gravir
- 3:45Speaker 6: les marches en rampant
- 3:49Speaker 5: En me voyant
- 3:50Speaker 6: le directeur m'a dit« Donna, qu'est-ce que vous faites là?»
- 3:53Speaker 5: J'ai dit«
- 3:54Speaker 6: J'essaie de faire mon travail
- 3:55Speaker 6: Il m'a regardée
- 3:56Speaker 5: et m'a dit« Rentrez chez vous».
- 4:06Speaker 2: Donna a tout juste assez d'énergie pour regagner son domicile.
- 4:11Speaker 2: Elle croit encore qu'elle est victime d'une maladie éprouvante, mais commune.
- 4:16Speaker 2: Elle ignore que ses jours sont en
- 4:18Speaker 5: danger. Je croyais
- 4:22Speaker 6: que c'était une infection des sinus.
- 4:24Speaker 5: Mes
- 4:26Speaker 6: douleurs au ventre
- 4:27Speaker 5: avaient encore empiré.
- 4:30Speaker 6: Je
- 4:30Speaker 5: pensais que c'était une grippe.
- 4:37Speaker 2: Mais Jim, son mari, et Steve, son fils de 16 ans,
- 4:41Speaker 2: se rendent compte qu'elle est bien plus gravement atteinte qu'elle
- 4:43Speaker 2: ne le croit
- 4:49Speaker 3: C'était comme une grippe qui ne voulait pas guérir
- 4:54Speaker 3: Et son état empirait progressivement. Il était évident que ce
- 4:57Speaker 3: n'était pas un
- 4:58Speaker 10: simple rhume.
- 5:06Speaker 2: L'origine des symptômes de Donna serait-elle à chercher du côté
- 5:09Speaker 2: de l'école? Jim, son mari, est extrêmement inquiet pour elle.
- 5:16Speaker 2: Jamais il ne l'a vu aussi malade
- 5:21Speaker 2: À peine quelques semaines auparavant, Jim et Donna sont allés
- 5:24Speaker 2: camper et faire des parties de barbecue avec la famille
- 5:27Speaker 2: de Jim dans la campagne du Missouri. Jim et mon
- 5:33Speaker 2: beau-frère Richard
- 5:34Speaker 6: faisaient des barbecues
- 5:35Speaker 5: à tour de rôle. On
- 5:37Speaker 6: a passé de très
- 5:38Speaker 5: bons moments
- 5:44Speaker 11: Ils étaient heureux d'être ensemble, de rire, de faire des blagues,
- 5:48Speaker 11: d'être en plein air avec les enfants et de profiter
- 5:51Speaker 11: pleinement de ces moments de bonheur.
- 5:59Speaker 2: Mais quelques semaines plus tard, les mystérieux symptômes réapparaissent. La
- 6:06Speaker 2: santé de Donna se dégrade à vue d'œil
- 6:11Speaker 2: Aurait-elle été piquée par un insecte à la campagne? Ses
- 6:14Speaker 2: troubles seraient-ils d'origine alimentaire? Mais si c'est le cas, comment
- 6:20Speaker 2: expliquer que personne d'autre ne soit tombée malade dans sa famille?
- 6:24Speaker 8: Tout
- 6:27Speaker 2: à coup, elle a terriblement
- 6:28Speaker 6: changé physiquement. de façon
- 6:29Speaker 8: spectaculaire.
- 6:32Speaker 6: J'ai pensé qu'elle était peut-être victime d'une
- 6:34Speaker 8: maladie grave
- 6:36Speaker 6: À ce moment-là
- 6:38Speaker 6: plusieurs personnes ont pensé qu'elle devait avoir un
- 6:40Speaker 8: cancer
- 6:42Speaker 6: et qu'elle refusait d'en
- 6:43Speaker 8: parler
- 6:50Speaker 2: Donna se décide enfin à consulter un médecin. Les douleurs abdominales,
- 6:56Speaker 2: les nausées, les vomissements peuvent à la rigueur traduire une
- 6:59Speaker 2: banale grippe. Mais rien n'explique la violence des symptômes, ni
- 7:03Speaker 2: la perte de sensation dans les jambes. Mon médecin ignorait
- 7:05Speaker 2: ce que j'avais. Il m'a
- 7:05Speaker 10: donc envoyée chez un gastro-entérologue. Ça va la réparer?
- 7:19Speaker 2: Donna est réconfortée par la présence de Jim, qui tient
- 7:22Speaker 2: à l'accompagner à tous les rendez-vous chez le
- 7:24Speaker 5: médecin. Jim est
- 7:27Speaker 6: venu avec moi à toutes les consultations.
- 7:30Speaker 5: Il
- 7:30Speaker 6: voulait en savoir aussi long que moi sur ma maladie
- 7:33Speaker 5: et
- 7:33Speaker 6: sur le traitement à
- 7:34Speaker 5: suivre
- 7:38Speaker 2: Le gastro-entérologue énonce son diagnostic
- 7:42Speaker 2: Donna est atteinte d'une maladie appelée le syndrome du côlon irritable.
- 7:50Speaker 6: Les symptômes du syndrome du côlon irritable sont très similaires
- 7:53Speaker 6: pour ce qui est des crampes et des maux d'estomac.
- 7:56Speaker 6: Et il a dit qu'il survenait par intermittence. C'était exactement
- 8:00Speaker 6: mon cas, ça se produisait par éclipse, donc les symptômes
- 8:03Speaker 6: semblaient
- 8:03Speaker 8: correspondre.
- 8:08Speaker 2: En cas de crise aiguë, Donna devra sans doute prendre
- 8:11Speaker 2: des médicaments, mais la maladie n'est pas mortelle.
- 8:17Speaker 6: J'étais soulagée qu'on ait trouvé ce que j'avais
- 8:20Speaker 6: On m'avait prescrit des comprimés
- 8:22Speaker 6: j'allais devoir m'en accommoder de mon mieux pour le restant
- 8:25Speaker 6: de mes jours,
- 8:25Speaker 5: mais j'étais contente
- 8:32Speaker 2: Donna est satisfaite d'avoir enfin une explication à ses symptômes.
- 8:37Speaker 2: Mais son soulagement est de courte durée. Environ un mois
- 8:41Speaker 2: plus tard, ses douleurs reprennent, plus violentes que jamais.
- 8:47Speaker 10: Elle
- 8:48Speaker 3: passait son temps couchée sur le sofa ou à vomir
- 8:50Speaker 3: dans la salle de
- 8:51Speaker 10: bain.
- 8:53Speaker 3: Je l'entendais gémir à l'étage. Certains soirs, je m'endormais en
- 8:56Speaker 3: pleurant parce que je ne pouvais rien faire pour
- 8:59Speaker 10: l'aider.
- 9:01Speaker 3: Je restais tendue dans mon lit à l'écouter
- 9:07Speaker 5: C'est difficile de déterminer avec précision
- 9:09Speaker 6: un mal qui
- 9:10Speaker 5: vous tue. Mais je sentais
- 9:14Speaker 6: que j'étais en train
- 9:15Speaker 5: de mourir.
- 9:21Speaker 2: Les symptômes sont d'une telle violence que Donna ne peut
- 9:23Speaker 2: plus croire à un simple syndrome du côlon irritable. Elle
- 9:27Speaker 2: craint d'être atteinte d'une maladie incurable.
- 9:32Speaker 6: J'ai téléphoné à ma mère
- 9:33Speaker 5: parce que j'avais besoin de parler à quelqu'un
- 9:37Speaker 6: En fait,
- 9:38Speaker 5: je l'appelais pour lui dire adieu.
- 9:43Speaker 11: Quand elle m'a appelée, elle pleurait au téléphone parce qu'elle
- 9:46Speaker 11: se sentait horriblement mal. Et je lui ai dit, Donna,
- 9:49Speaker 11: tu dois aller à l'hôpital
- 9:55Speaker 2: Jim répugne à conduire sa femme à l'hôpital. Il préfère
- 9:58Speaker 2: attendre de voir si le traitement fera effet. Mais sa
- 10:02Speaker 2: femme est si mal en point qu'il n'a pas le choix.
- 10:07Speaker 11: Il
- 10:07Speaker 2: a
- 10:07Speaker 11: rappelé au bout de 10-15 minutes en disant« j'amène Donna
- 10:10Speaker 11: à l'hôpital» et j'ai juste dit«
- 10:13Speaker 10: merci mon
- 10:19Speaker 7: Dieu».
- 10:20Speaker 2: Donna serait-elle affectée par un autre mal qui aurait échappé
- 10:23Speaker 2: au médecin? Quelque chose qui menacerait sa vie? Je ne
- 10:26Speaker 13: comprenais rien
- 10:31Speaker 10: à
- 10:32Speaker 2: ce
- 10:33Speaker 7: qui
- 10:33Speaker 10: lui arrivait.
- 10:38Speaker 11: J'habite à cinq minutes de l'hôpital Saint-Anthony et je priais
- 10:42Speaker 11: le ciel qu'elle soit encore vivante à
- 10:43Speaker 5: mon arrivée
- 10:47Speaker 2: L'organisme de Donna connaît de multiples défaillances. Elle est victime
- 10:51Speaker 2: de violentes convulsions
- 10:55Speaker 14: Elle s'enfonçait très rapidement.
- 10:58Speaker 2: Elle n'arrivait même plus
- 10:59Speaker 14: à respirer. J'ai cru qu'elle allait mourir.
- 11:08Speaker 16: Elle était au plus mal, son état était critique et
- 11:11Speaker 16: à plusieurs reprises on a cru qu'elle ne s'en sortirait
- 11:16Speaker 2: pas. Dans la salle d'urgence, l'ambiance est frénétique.
- 11:22Speaker 11: Elle est passée en code bleu, ce qui signifie qu'elle
- 11:24Speaker 11: était morte
- 11:29Speaker 2: Le pire est arrivé. Le cœur de Donna a cessé
- 11:34Speaker 2: de battre et les médecins déclenchent une alerte de code bleu.
- 11:40Speaker 2: La jeune femme est en train d'agoniser. Les médecins font
- 11:44Speaker 2: l'impossible pour la réanimer, mais ses chances de survie sont minces.
- 11:51Speaker 2: S'ils ne parviennent pas à la sauver, ils risquent de
- 11:53Speaker 2: ne jamais obtenir la réponse à une question lancinante. Quel
- 11:57Speaker 2: mâle sournois est en train de tuer Donna Boulay? Dans
- 12:08Speaker 2: un hôpital de Saint-Louis, Donna Bollé est entre la vie
- 12:11Speaker 2: et la mort. Quelques heures plus tôt, son cœur a
- 12:15Speaker 2: cessé de battre à deux reprises. Et les médecins ont
- 12:18Speaker 2: dû tout mettre en œuvre pour la réanimer. C'était
- 12:21Speaker 10: très frustrant pour
- 12:26Speaker 16: nous. On ne savait pas ce qui l'avait mise dans
- 12:30Speaker 16: un état aussi
- 12:31Speaker 5: grave. Cette fille a été présentée à l'urgence.
- 12:35Speaker 2: Les médecins se seraient-ils trompés en diagnostiquant un syndrome du
- 12:38Speaker 2: côlon irritable? Cette affection relativement bénigne dissimulerait-elle une maladie beaucoup
- 12:45Speaker 2: plus grave? Bouleversé, le mari de Donna ne quitte pas
- 12:54Speaker 2: son chevet et ses fils vivent un cauchemar.
- 13:00Speaker 10: Elle
- 13:02Speaker 3: était branchée à toutes sortes de machines. Elle avait des
- 13:05Speaker 3: tuyaux qui lui sortaient de la bouche et du
- 13:07Speaker 10: nez.
- 13:10Speaker 3: Vous imaginez l'effet que ça peut faire de voir sa
- 13:12Speaker 3: mère dans cet état
- 13:14Speaker 3: Je me sentais totalement
- 13:15Speaker 10: impuissant.
- 13:18Speaker 2: Dans l'espoir de trouver un indice, les médecins passent en
- 13:21Speaker 2: revue le tableau clinique de Donna et la soumettent à
- 13:23Speaker 2: une batterie de tests
- 13:27Speaker 17: On recherchait diverses maladies. On essayait de savoir si elle
- 13:31Speaker 17: n'avait pas un sepsis, c'est-à-dire une infection massive du sang
- 13:35Speaker 17: à partir d'un foyer situé dans l'organisme. Les radios des
- 13:40Speaker 17: poumons présentaient ce qu'on appelle des infiltrats pulmonaires, reflétés par
- 13:44Speaker 17: des zones floues
- 13:48Speaker 2: Mais ces symptômes ne sont hélas d'aucun secours pour établir
- 13:51Speaker 2: un diagnostic.
- 13:54Speaker 17: Nous étions vraiment perplexes face à ce cas. Elle présentait
- 13:58Speaker 17: un éventail de symptômes qui ne permettaient pas de poser
- 14:01Speaker 17: un diagnostic
- 14:04Speaker 7: unique
- 14:08Speaker 2: Même si la cause de son mal demeure inconnue, la
- 14:11Speaker 2: patiente connaît cependant une guérison miraculeuse. À son grand soulagement,
- 14:18Speaker 2: les médecins lui annoncent que ses convulsions et sa défaillance
- 14:21Speaker 2: cardiaque ne devraient pas lui laisser de séquelles. Quelques semaines
- 14:26Speaker 2: après avoir frôlé la mort, elle est autorisée à quitter l'hôpital.
- 14:31Speaker 5: Ils pensaient
- 14:33Speaker 6: que ce serait sans conséquence
- 14:37Speaker 5: À ce stade
- 14:37Speaker 6: ils voulaient seulement que je reprenne des forces pour pouvoir
- 14:40Speaker 6: rentrer chez
- 14:40Speaker 5: moi
- 14:51Speaker 2: Donna ne reprend pas son travail le temps de bien récupérer.
- 14:55Speaker 2: Jim est au petit soin pour
- 14:56Speaker 5: elle. Jim était très inquiet.
- 15:03Speaker 6: Il rentrait à la maison dès la fin des cours
- 15:05Speaker 6: ou après ses réunions et me préparait à
- 15:07Speaker 5: manger. Elle
- 15:12Speaker 11: avait l'air très heureuse que tout se passe bien à
- 15:15Speaker 11: la maison et qu'il se charge de
- 15:17Speaker 10: tous les repas.
- 15:22Speaker 2: Donna est rassurée. Ses terribles symptômes ont disparu
- 15:28Speaker 5: Quand je
- 15:28Speaker 6: suis rentrée chez moi, j'étais encore très
- 15:30Speaker 5: faible, mais je n'avais plus de crampes
- 15:32Speaker 6: d'estomac
- 15:32Speaker 5: ni de vomissements. Je commençais à aller mieux
- 15:43Speaker 2: Plusieurs mois après avoir frôlé la mort et près d'un
- 15:46Speaker 2: an après ses premiers symptômes, Donna reprend son poste de
- 15:50Speaker 2: professeure de
- 15:50Speaker 10: mathématiques.
- 15:52Speaker 2: Mais le stress lié à l'école l'épuise. Elle
- 15:56Speaker 10: a
- 15:59Speaker 3: repris ses
- 15:59Speaker 10: cours.
- 16:01Speaker 3: Mais tous les soirs, elle rentrait littéralement épuisée par sa
- 16:03Speaker 10: journée.
- 16:06Speaker 3: À tel point qu'elle restait couchée sur
- 16:08Speaker 10: le canapé
- 16:13Speaker 2: Donna a repris un peu le dessus. Mais elle supporte
- 16:16Speaker 2: mal le stress de la vie scolaire. Un élève à
- 16:21Speaker 2: problème lui donne du fil
- 16:25Speaker 8: à retordre.
- 16:27Speaker 6: On avait toutes les deux des élèves adolescents et je
- 16:29Speaker 6: sais qu'ils peuvent avoir un comportement très instable.
- 16:32Speaker 8: Un
- 16:33Speaker 6: jour, ils vous en veulent à mort, le lendemain,
- 16:36Speaker 2: ils sont comme des agneaux et vous adorent. Les symptômes
- 16:40Speaker 2: de Donna seraient-ils dus au stress de son
- 16:42Speaker 8: métier?
- 16:46Speaker 2: Elle n'avait plus autant d'énergie.
- 16:47Speaker 8: Elle
- 16:48Speaker 6: était pâle et
- 16:49Speaker 5: semblait très faible. Je mettais ça sur le
- 16:55Speaker 6: compte du stress à l'école
- 16:57Speaker 5: Ça me paraissait
- 16:58Speaker 6: juste pire
- 16:58Speaker 5: qu'avant. J'en ai parlé à ma mère parce que je
- 17:04Speaker 5: sentais que ça recommençait.
- 17:11Speaker 11: Elle avait horriblement mal par le moment. Je lui ai
- 17:14Speaker 11: dit« Où as-tu mal exactement?» Elle a désigné son ventre
- 17:18Speaker 11: et j'ai dit« On dirait que c'est comme avant mon
- 17:21Speaker 5: hystérectomie.»
- 17:25Speaker 6: Elle m'a dit
- 17:25Speaker 5: Va
- 17:26Speaker 6: voir ton gynécologue, il faut peut-être chercher par
- 17:28Speaker 14: là
- 17:32Speaker 2: La mère de Donna se souvient d'avoir ressenti les mêmes
- 17:35Speaker 2: douleurs abdominales avant qu'on ne lui diagnostique des kystes aux ovaires.
- 17:39Speaker 2: Serait-ce une maladie d'origine génétique? La famille espère que le
- 17:43Speaker 2: gynécologue trouvera l'explication de ces symptômes.
- 17:51Speaker 7: Elle
- 17:55Speaker 12: a juste regardé. Elle avait l'air très mal en point,
- 17:59Speaker 12: très
- 18:00Speaker 4: malade,
- 18:01Speaker 12: ce qui m'a beaucoup inquiété.
- 18:04Speaker 4: Je me demandais si elle avait quelque chose de grave
- 18:06Speaker 4: comme un
- 18:06Speaker 12: cancer.
- 18:09Speaker 2: Pour les médecins, Il est désormais exclu que cette patiente
- 18:13Speaker 2: souffre uniquement d'un syndrome du côlon irritable. Mais ils ne
- 18:16Speaker 2: savent absolument pas quelle autre maladie peut l'affecter à ce
- 18:19Speaker 12: point. Généralement, les sujets atteints du
- 18:23Speaker 4: syndrome du côlon irritable sont
- 18:25Speaker 12: pour le reste bien portants. Ils ne paraissent pas épuisés
- 18:27Speaker 12: par une maladie chronique alors qu'elle était au bout du
- 18:30Speaker 12: rouleau
- 18:33Speaker 2: Au bout de quelques jours, le médecin pense avoir trouvé
- 18:36Speaker 2: la réponse.
- 18:38Speaker 5: Ils m'ont découvert un kyste sur un ovaire. Ils ont
- 18:44Speaker 6: décidé de pratiquer une hystérectomie
- 18:50Speaker 12: L'échographie n'a rien révélé de plus. On a donc décidé
- 18:55Speaker 4: d'opérer pour s'assurer qu'elle n'avait rien de
- 18:57Speaker 12: malin.
- 19:03Speaker 2: Les médecins ne sont pas sûrs que le kyste explique
- 19:06Speaker 2: la longue maladie de Donna. Serait-ce une tumeur cancéreuse? Mais
- 19:14Speaker 2: peu avant l'intervention, Donna est transportée d'urgence à l'hôpital en
- 19:18Speaker 2: proie de violente douleur.
- 19:22Speaker 12: Sa tension artérielle avait chuté. Elle
- 19:26Speaker 4: avait une forte fièvre
- 19:29Speaker 4: On a cru à une rupture de quelque chose ou
- 19:31Speaker 4: à une infection.
- 19:34Speaker 14: Elle
- 19:45Speaker 9: a fait beaucoup de convulsions
- 19:49Speaker 9: Elle en a eu au moins huit sur place et
- 19:51Speaker 9: ça a continué à l'étage
- 19:53Speaker 5: inférieur. C'était
- 20:01Speaker 13: beaucoup.
- 20:01Speaker 16: Donna était très malade quand elle est arrivée.
- 20:05Speaker 13: Elle
- 20:05Speaker 16: s'y est entre lucidité et confusion
- 20:09Speaker 13: Parfois, elle
- 20:09Speaker 16: avait l'air de savoir ce qui se passait. À d'autres
- 20:11Speaker 13: moments
- 20:15Speaker 2: non. L'équipe médicale tente de faire tomber la fièvre. À
- 20:20Speaker 2: quelques jours à peine de l'intervention, la maladie de Donna
- 20:24Speaker 2: met de nouveau ses jours en danger.
- 20:27Speaker 17: Son état empirait. et devenait
- 20:35Speaker 8: plus instable.
- 20:35Speaker 2: Quel mal étrange s'attaque à la vie de
- 20:37Speaker 8: Donna.
- 20:39Speaker 2: Les médecins se doivent de résoudre cet énigme avant que
- 20:43Speaker 2: la maladie n'ait raison de leur patiente. Au bout de
- 20:51Speaker 2: deux jours de violente fièvre accompagnée de convulsions, Donna, inconsciente,
- 20:56Speaker 2: est entre la vie et la mort. Son mari est
- 21:00Speaker 2: auprès d'elle lorsqu'elle reprend lentement conscience
- 21:08Speaker 5: Je me suis
- 21:09Speaker 6: réveillée et Jim était là. Je lui ai demandé ce
- 21:12Speaker 6: qui se passait. Je croyais avoir dormi quelques heures. Il
- 21:15Speaker 6: m'a dit« Chérie, on est mercredi
- 21:20Speaker 2: Jim a passé deux jours et deux nuits au chevet
- 21:22Speaker 2: de Donna. Ils
- 21:23Speaker 8: sont avec votre mère.
- 21:27Speaker 6: J'étais reconnaissante à Jim d'être à l'hôpital avec moi
- 21:30Speaker 5: Il y était
- 21:31Speaker 6: resté pendant deux
- 21:32Speaker 5: jours
- 21:38Speaker 2: La jeune femme doit être opérée le
- 21:40Speaker 12: lendemain.
- 21:42Speaker 2: Les médecins lui demandent si elle se sent la force
- 21:45Speaker 2: de supporter l'intervention
- 21:47Speaker 2: Selon eux, son coma de deux jours n'interdit pas d'opérer immédiatement.
- 21:53Speaker 2: Ils
- 21:53Speaker 6: hésitaient à m'opérer et j'ai dit... Allez-y, faites-le et qu'on
- 21:58Speaker 6: en finisse. Je voulais qu'on me retire ce kyste parce
- 22:01Speaker 6: que je pensais que c'était l'origine
- 22:03Speaker 5: du problème.
- 22:06Speaker 2: L'intervention aura donc lieu comme prévu. Si c'est un succès,
- 22:10Speaker 2: le long combat de Donna contre sa mystérieuse maladie sera
- 22:14Speaker 2: enfin terminé. Mais les médecins craignent que ce ne soit
- 22:18Speaker 2: pas si simple
- 22:22Speaker 4: J'avais très peur de découvrir une maladie grave. comme
- 22:26Speaker 12: par exemple un
- 22:27Speaker 4: cancer
- 22:27Speaker 12: des ovaires.
- 22:35Speaker 2: Mais le médecin fait une découverte surprenante.
- 22:40Speaker 12: Elle avait bien un minuscule
- 22:41Speaker 4: kyste sur l'ovaire,
- 22:43Speaker 12: mais bien trop petit pour expliquer ses terribles douleurs.
- 22:51Speaker 2: L'intervention se déroule normalement
- 22:54Speaker 2: Mais brusquement, Donna s'enfonce
- 22:58Speaker 4: Elle s'est mise à avoir des difficultés respiratoires et sa
- 23:01Speaker 4: tension
- 23:02Speaker 13: a chuté.
- 23:05Speaker 2: Ses signes vitaux sont
- 23:06Speaker 13: alarmants
- 23:10Speaker 12: J'ai cru
- 23:10Speaker 4: qu'elle allait mourir sur la table
- 23:13Speaker 12: Je n'avais jamais vu
- 23:14Speaker 4: quelqu'un d'aussi mal en
- 23:15Speaker 12: point. Elle
- 23:17Speaker 4: était à un cheveu de la
- 23:18Speaker 12: mort.
- 23:22Speaker 2: Les médecins parviennent à la stabiliser. Mais il ne s'explique
- 23:25Speaker 2: pas sa brutale défaillance
- 23:31Speaker 12: On réfléchit à toute
- 23:32Speaker 4: vitesse
- 23:34Speaker 12: Y a-t-il une hémorragie, une infection? Pourquoi son état s'est-il
- 23:38Speaker 12: aggravé à ce point lors d'une intervention aussi mineure
- 23:47Speaker 2: On réexamine le dossier médical de Donna. On ne s'explique
- 23:50Speaker 2: toujours pas cette succession de crises.
- 23:55Speaker 12: L'interniste
- 23:57Speaker 4: et moi-même avions été formés ensemble en médecine
- 23:59Speaker 12: interne
- 24:00Speaker 4: par le même médecin qui nous avait appris à repérer
- 24:03Speaker 12: et à scruter la moindre anomalie. C'était sa façon de
- 24:08Speaker 12: travailler et il nous l'avait transmise.
- 24:13Speaker 2: Les médecins passent en revue l'ensemble des symptômes disparates dont
- 24:16Speaker 2: souffrent leurs patientes, comme sa mauvaise santé chronique et l'infection
- 24:20Speaker 2: galopante qui ravage son corps.
- 24:24Speaker 12: Puis, quelque chose a fait tilt dans ma tête
- 24:27Speaker 4: Douleur abdominale,
- 24:28Speaker 12: anémie. Grâce à ma formation, tout ça m'a rappelé ces
- 24:32Speaker 12: cas d'empoisonnement aux métaux lourds commis par des cinglés
- 24:39Speaker 2: Les symptômes de Donna sont analogues à ceux d'un empoisonnement
- 24:42Speaker 2: à l'arsenic. Aurait-elle été empoisonnée? Mais comment?
- 24:53Speaker 13: Les
- 24:53Speaker 15: symptômes d'un empoisonnement à l'arsenic ressemblent énormément à ceux d'une
- 24:56Speaker 15: grippe ou d'une intoxication alimentaire
- 25:02Speaker 15: La plupart des médecins envisagent généralement ces deux infections et
- 25:05Speaker 15: recherchent une origine biologique à ces
- 25:07Speaker 8: symptômes.
- 25:15Speaker 2: Une fois de plus, Donna a vaincu le mal. Miraculeusement,
- 25:19Speaker 2: son état s'améliore. Sa famille est dans la pièce quand
- 25:24Speaker 2: on débranche le
- 25:25Speaker 10: respirateur.
- 25:30Speaker 3: Je me souviens qu'elle était branchée à toutes ces machines
- 25:34Speaker 3: C'était un spectacle extrêmement dur. Je ne savais pas quoi penser,
- 25:38Speaker 3: quoi
- 25:38Speaker 10: faire
- 25:45Speaker 5: où aller.
- 25:45Speaker 6: Ils ont fait entrer mes deux fils
- 25:47Speaker 5: et leur ont
- 25:47Speaker 6: dit,
- 25:48Speaker 5: on
- 25:48Speaker 6: va débrancher votre mère maintenant pour qu'elle respire toute seule.
- 25:56Speaker 6: Ils ont dit que l'anesthésique s'était mélangé à quelque chose
- 25:59Speaker 6: dans mon organisme et avait entraîné sa
- 26:01Speaker 5: défaillance
- 26:21Speaker 2: Le lendemain, Donna reçoit enfin une bonne nouvelle. Son kyste
- 26:27Speaker 2: ovarien est bénin. Je me suis dit
- 26:29Speaker 12: que c'était en bonne voie. Elle n'aurait pas de saignement,
- 26:34Speaker 12: on avait tout retiré. Elle n'aurait plus mal
- 26:40Speaker 2: Par précaution, les médecins veulent analyser son sang pour y
- 26:43Speaker 2: détecter un éventuel empoisonnement aux métaux
- 26:45Speaker 7: lourds.
- 26:48Speaker 2: Ils demandent à Donna si elle se souvient d'avoir été
- 26:50Speaker 2: exposée à un poison quelconque. Elle se rappelle avoir acheté
- 26:56Speaker 2: de la moraura pour le potager de
- 26:58Speaker 5: Jim. Des
- 27:01Speaker 6: écureuils faisaient des radias dans nos plants de tomates et
- 27:04Speaker 6: il m'avait suggéré d'acheter de la moraura pour la disséminer
- 27:07Speaker 6: tout autour
- 27:08Speaker 5: et
- 27:08Speaker 6: faire fuir les
- 27:09Speaker 5: écureuils
- 27:16Speaker 2: Donna aurait-elle ingéré accidentellement de la moraura? On se raccrochait
- 27:22Speaker 12: au moindre indice parce qu'on ne trouvait rien.
- 27:26Speaker 4: On a donc effectué des analyses
- 27:28Speaker 12: de toxicité aux métaux lourds
- 27:30Speaker 4: dans l'hypothèse d'un
- 27:31Speaker 12: empoisonnement ou d'une
- 27:31Speaker 4: intoxication.
- 27:36Speaker 2: Mais les tests ne donnent
- 27:37Speaker 7: rien.
- 27:39Speaker 2: Les résultats sont négatifs. Il n'y a pas de toxines
- 27:42Speaker 2: dans le sang de Donna
- 27:49Speaker 2: Après avoir été à deux doigts de la mort, la
- 27:51Speaker 2: patiente connaît une guérison miraculeuse. Au bout de trois semaines d'hospitalisation,
- 27:59Speaker 2: elle peut enfin rentrer chez elle. Je n'avais
- 28:03Speaker 6: plus de symptômes
- 28:04Speaker 6: Je commençais à me sentir beaucoup
- 28:06Speaker 5: mieux que depuis des années. J'ai
- 28:10Speaker 6: pensé que finalement, c'était grâce à l'hystérectomie
- 28:14Speaker 5: et que j'allais guérir.
- 28:19Speaker 2: La famille organise une petite fête pour son retour.
- 28:25Speaker 8: Donna et
- 28:25Speaker 2: son
- 28:25Speaker 6: mari étaient très tendres. Ils nous ont reçus avec beaucoup
- 28:30Speaker 6: de
- 28:30Speaker 8: gentillesse
- 28:36Speaker 2: Le couple semble même vivre une nouvelle lune de miel
- 28:41Speaker 2: Il est allé s'acheter des sous-vêtements sexy.
- 28:42Speaker 5: J'ai trouvé ça
- 28:45Speaker 6: sympa.
- 28:47Speaker 5: Il le faisait pour moi.
- 28:53Speaker 6: Il n'y a pas un jour où il ne me
- 28:55Speaker 6: disait pas qu'il
- 28:56Speaker 5: m'aimait.
- 28:57Speaker 6: Pas une fois où il partait sans m'embrasser le matin
- 29:00Speaker 6: et l'après-midi à
- 29:01Speaker 5: son retour.
- 29:07Speaker 2: Les Beaulay retrouvent enfin leur vie quotidienne
- 29:12Speaker 3: Papa préparait le petit déjeuner du dimanche matin. C'était lui
- 29:15Speaker 3: qui faisait les repas tous les soirs. Maman s'occupait du linge.
- 29:19Speaker 3: Ça s'était organisé comme ça. Papa faisait la cuisine et
- 29:22Speaker 3: maman s'occupait du reste
- 29:27Speaker 2: Jim est au petit soin pour sa femme. Il tient
- 29:30Speaker 2: à suivre sa guérison pas à pas.
- 29:35Speaker 3: En ouvrant le frigo, j'ai vu un bol de Jell-O
- 29:38Speaker 10: et j'ai dit
- 29:39Speaker 3: Papa, est-ce que je pourrais en avoir?»
- 29:41Speaker 10: Il
- 29:44Speaker 3: m'a répondu, non, je l'ai fait spécialement
- 29:47Speaker 10: pour ta mère
- 30:03Speaker 2: Après quelques mois de convalescence, Donna peut enfin recommencer à
- 30:07Speaker 2: faire ce qu'elle aime tant, enseigner. mais elle semble avoir
- 30:12Speaker 2: du mal à se réadapter à
- 30:13Speaker 5: l'école. Ça a
- 30:18Speaker 6: recommencé.
- 30:19Speaker 5: Les mêmes crampes
- 30:20Speaker 6: les mêmes vomissements, les mêmes symptômes. J'étais anéantie
- 30:25Speaker 5: parce que
- 30:25Speaker 6: je ne savais
- 30:25Speaker 5: plus quoi faire.
- 30:30Speaker 2: Quel est donc le mal sournois qui attaque Donna? Et
- 30:34Speaker 2: pourquoi ces troubles surviennent-ils toujours quand elle reprend
- 30:38Speaker 4: ses cours?
- 30:40Speaker 11: Elle se sentait si mal qu'elle n'avait pas la force
- 30:43Speaker 11: de marcher. Elle était dans un état épouvantable
- 30:53Speaker 6: Finalement, je me suis décidée à retourner chez le docteur
- 30:57Speaker 5: Mon
- 30:57Speaker 6: médecin de famille m'a regardée et m'a dit« pas question
- 30:59Speaker 6: que ça recommence».
- 31:01Speaker 5: Et je me suis retrouvée à l'hôpital.
- 31:06Speaker 2: Le médecin envoie Donna chez un rhumatologue.
- 31:11Speaker 18: Des confrères nous réfèrent parfois des patients quand ils ne
- 31:13Speaker 18: savent pas exactement de quoi ils souffrent, car les maladies
- 31:16Speaker 18: des tissus conjonctifs se présentent parfois sous des formes déconcertantes.
- 31:20Speaker 18: On a donc essayé d'identifier une maladie qui expliquerait tous
- 31:22Speaker 18: ces symptômes
- 31:26Speaker 2: Un nouveau symptôme s'est d'ailleurs ajouté au mot de Donna.
- 31:29Speaker 2: Elle perd ses cheveux. La jeune femme est soumise à
- 31:33Speaker 2: une nouvelle batterie de tests.
- 31:36Speaker 5: Le
- 31:37Speaker 6: Dr Spizer a décidé de pratiquer une ponction
- 31:39Speaker 5: lombaire
- 31:40Speaker 6: et
- 31:40Speaker 5: on m'a fait de nombreuses analyses de sang
- 31:49Speaker 5: Il est
- 31:49Speaker 6: revenu à la fin et
- 31:50Speaker 5: m'a dit
- 31:52Speaker 6: vous n'avez pas les symptômes classiques
- 31:54Speaker 5: mais nous
- 32:00Speaker 15: pensons que vous souffrez
- 32:01Speaker 18: d'un lupus. Le lupus est une
- 32:02Speaker 15: maladie auto-immune
- 32:04Speaker 18: c'est-à-dire que le système immunitaire s'attaque à l'organisme
- 32:07Speaker 15: même du sujet.
- 32:12Speaker 2: Mais la perte des cheveux n'est pas un symptôme habituel
- 32:15Speaker 2: du lupus. Le Dr Spicer doit donc découvrir pourquoi Donna
- 32:20Speaker 2: perd ses cheveux. Il s'est avéré que c'était un
- 32:25Speaker 18: trouble
- 32:26Speaker 2: d'origine familiale, dont elle était affectée chroniquement depuis
- 32:29Speaker 18: longtemps
- 32:33Speaker 2: Les médecins pensent avoir enfin identifié l'origine des symptômes. Ils
- 32:39Speaker 2: autorisent Donna à quitter l'hôpital. Mais quelques jours plus tard,
- 32:44Speaker 2: elle est à nouveau terrassée par des douleurs plus violentes
- 32:47Speaker 2: que jamais. Donna? Si on ne trouve aucune solution, Donna
- 32:57Speaker 2: risque de mourir à brève échéance. Dans un hôpital de Saint-Louis,
- 33:13Speaker 2: Donna Bollé est en proie à une maladie aussi mystérieuse
- 33:17Speaker 12: qu'invalidante.
- 33:20Speaker 2: Cela fait des mois que les médecins cherchent en vain
- 33:23Speaker 2: à identifier le mal qui la ronge, au point de
- 33:25Speaker 2: mettre désormais sa vie en danger.
- 33:28Speaker 17: Elle était dans un état de grande confusion. Au début,
- 33:35Speaker 17: elle
- 33:35Speaker 2: parlait,
- 33:35Speaker 17: mais elle est devenue de plus en plus confuse et
- 33:37Speaker 17: ne savait plus où elle se trouvait. Elle est devenue
- 33:40Speaker 17: toute molle.
- 33:42Speaker 15: Ses extrémités étaient très faibles
- 33:43Speaker 17: Elle ne parvenait pas à les mouvoir facilement. Elle avait
- 33:48Speaker 17: aussi des difficultés à respirer à cause de sa faiblesse musculaire.
- 33:56Speaker 2: Les médecins doivent à tout prix découvrir de quoi souffrent
- 33:59Speaker 2: leurs patientes. Et vite. Elle est si mal en point
- 34:04Speaker 2: qu'elle ne peut même pas marcher jusqu'à la salle d'examen. Habituellement,
- 34:06Speaker 2: nous
- 34:06Speaker 9: n'accompagnons pas les patients, mais là, je l'ai fait car
- 34:10Speaker 9: elle allait très mal
- 34:13Speaker 2: En chemin, l'infirmière s'aperçoit qu'elle a oublié le dossier médical
- 34:16Speaker 2: dans la chambre. Elle revient le chercher. Elle entend alors
- 34:22Speaker 2: des propos qu'il affiche brusquement sur le seuil.
- 34:30Speaker 9: Je me suis appuyée contre le mur pour ne pas
- 34:31Speaker 9: tomber en me disant« Mon Dieu, qu'est-ce que je dois faire?»
- 34:37Speaker 9: Voilà donc ce qui causait ces convulsions
- 34:42Speaker 2: L'infirmière a-t-elle découvert un indice décisif? Elle informe immédiatement l'un
- 34:50Speaker 2: des médecins de ce qu'elle vient d'entendre.
- 34:55Speaker 9: Il m'a dit, vous savez ce que vous risquez? Vous
- 34:59Speaker 9: pourriez être adié et avoir un procès pour erreur médicale
- 35:02Speaker 9: si ce n'est
- 35:02Speaker 5: pas vrai. Je lui
- 35:04Speaker 9: ai répondu, je suis persuadée que
- 35:06Speaker 5: c'est vrai
- 35:10Speaker 2: Sur la foi de ce témoignage, le médecin ordonne des
- 35:13Speaker 2: analyses supplémentaires. Entre-temps, l'état de Donna s'est aggravé. Elle a
- 35:27Speaker 2: l'esprit clair, mais son corps l'a trahi. Elle ne sent
- 35:32Speaker 2: plus ses jambes ni ses mains. Elle est si faible
- 35:37Speaker 2: qu'elle ne parvient même plus à signer un
- 35:39Speaker 15: formulaire.
- 35:44Speaker 2: Les médecins pratiquent d'autres tests pour évaluer l'étendue de la paralysie.
- 35:50Speaker 14: C'était terrifiant de voir une femme aussi jeune, mère de
- 35:54Speaker 14: deux enfants, être paralysée des orteils
- 35:57Speaker 7: au cou,
- 35:58Speaker 14: de sorte qu'il fallait tout faire pour
- 36:00Speaker 7: elle
- 36:05Speaker 2: Les soupçons de l'infirmière Juanita Garrett poussent les médecins à
- 36:09Speaker 2: pratiquer à nouveau une recherche de poison. Non plus à
- 36:13Speaker 2: partir du sang et des urines, mais des cheveux.
- 36:21Speaker 15: L'analyse des cheveux est très efficace pour détecter une exposition
- 36:25Speaker 13: prolongée au poison
- 36:27Speaker 15: Les cheveux poussent d'environ 2 cm par mois. Par conséquent, tout
- 36:30Speaker 15: ce qui est ingéré au cours de cette période se
- 36:32Speaker 15: retrouve dans les
- 36:32Speaker 13: cheveux
- 36:37Speaker 2: Pourquoi les médecins font-ils à nouveau une recherche de poison
- 36:40Speaker 2: chez Donna, puisque les premiers tests se sont avérés négatifs?
- 36:47Speaker 2: En recevant les résultats, l'équipe est sous le choc. Ils
- 36:53Speaker 2: sont positifs. Donna a été empoisonnée à l'arsenic
- 37:03Speaker 15: Les taux d'arsenic dans ses cheveux affichaient une augmentation spectaculaire
- 37:07Speaker 15: au fil des mois, y compris lors de son hospitalisation
- 37:14Speaker 2: En revanche, L'arsenic reste indéfiniment dans les cheveux. Or, les
- 37:19Speaker 2: premiers tests n'avaient porté que sur le sang et non
- 37:21Speaker 2: sur les cheveux
- 37:24Speaker 2: Je n'étais pas soupçonneux
- 37:25Speaker 18: au point de faire pratiquer ce test
- 37:27Speaker 15: Ce n'était que l'une des diverses
- 37:28Speaker 18: explications possibles et certains résultats nous éloignaient d'ailleurs d'un diagnostic
- 37:33Speaker 18: d'empoisonnement aux métaux lourds
- 37:38Speaker 2: Donna sera-t-elle capable de survivre assez longtemps pour permettre d'identifier
- 37:43Speaker 2: l'auteur du crime?
- 37:45Speaker 11: Elle était incapable de s'exprimer verbalement. Elle était consciente, mais
- 37:49Speaker 11: avec son corps paralysé, la communication était très difficile. Elle
- 37:52Speaker 11: ne pouvait pas parler
- 37:59Speaker 2: Les policiers sont alertés. Mais comment interroger Donna dans son état?
- 38:09Speaker 11: On récitait l'alphabet en commençant par la lettre A et
- 38:13Speaker 11: quand on arrivait à la bonne lettre, elle clignait les yeux.
- 38:16Speaker 11: Il
- 38:16Speaker 19: fallait écrire chaque mot. Je lui ai demandé si elle
- 38:21Speaker 19: pensait que le poison se trouvait chez elle.
- 38:23Speaker 12: Elle a
- 38:23Speaker 19: fait signe que non. Chez des amis, elle a fait
- 38:28Speaker 19: signe que non. À l'école où elle travaillait, là, elle
- 38:32Speaker 19: a indiqué, en se servant du tableau alphabétique, que l'année précédente,
- 38:37Speaker 19: Elle avait eu des problèmes avec deux élèves. Ceux-ci étaient
- 38:41Speaker 19: impliqués dans des histoires de drogue
- 38:46Speaker 2: Donna aurait-elle été empoisonnée par un élève? Cela semble d'autant
- 38:51Speaker 2: plus plausible que sa maladie a coïncidé avec l'année scolaire
- 38:56Speaker 12: Je
- 38:57Speaker 19: lui ai dit que j'allais appeler le directeur le soir même,
- 39:00Speaker 19: lui demander l'adresse des deux adolescents et les faire venir
- 39:03Speaker 19: au poste pour les interroger.
- 39:11Speaker 2: Désormais, la police surveille Donna en permanence
- 39:16Speaker 16: Dès qu'on a reçu les résultats qui confirmaient un empoisonnement,
- 39:20Speaker 16: on a transféré Donna à un autre service de soins
- 39:23Speaker 16: intensifs de l'hôpital où on pouvait lui apporter la même
- 39:26Speaker 16: qualité de soins tout en protégeant son identité
- 39:30Speaker 5: Le
- 39:34Speaker 2: lendemain, le détective Grimmel revient voir Donna. Il a interrogé
- 39:39Speaker 2: les élèves et pense qu'ils sont hors de cause
- 39:44Speaker 2: Le policier est surpris par la réaction de la
- 39:46Speaker 19: patiente. Elle
- 39:49Speaker 2: s'est mise à pleurer. Elle était
- 39:51Speaker 19: manifestement bouleversée
- 39:54Speaker 19: Elle m'a demandé de rester
- 39:56Speaker 12: m'a dit qu'elle ne souffrait pas et qu'elle avait
- 39:58Speaker 19: quelque chose à me dire. Elle m'a dit qu'elle craignait
- 40:02Speaker 19: que Jim, son mari, soit impliqué. Vous êtes prêts?
- 40:08Speaker 2: Mais si c'est vraiment Jim, pourquoi ne l'a-t-elle pas accusé
- 40:11Speaker 2: dès le
- 40:11Speaker 19: début?
- 40:15Speaker 2: Je crois qu'au fond, elle savait que
- 40:17Speaker 19: c'était
- 40:18Speaker 12: lui
- 40:18Speaker 19: mais elle ne voulait pas
- 40:19Speaker 12: le
- 40:19Speaker 19: croire. Et au début
- 40:21Speaker 12: elle se refusait à m'orienter sur
- 40:23Speaker 19: cette piste
- 40:29Speaker 2: Donna parvient à expliquer aux policiers pourquoi elle soupçonne son mari.
- 40:35Speaker 19: Elle
- 40:38Speaker 13: m'a dit que quelques jours avant la
- 40:39Speaker 19: rentrée
- 40:40Speaker 13: des classes, Jim lui a tendu un verre de lait.
- 40:43Speaker 13: Et après l'avoir bu, elle a vu un
- 40:45Speaker 19: dépôt rosâtre au fond du verre.
- 40:50Speaker 12: Elle lui en a parlé et il lui a dit
- 40:52Speaker 12: que ça arrivait parfois avec cette marque de
- 40:54Speaker 19: commerce.
- 40:57Speaker 2: Donna fournit également une explication sur la façon dont Jim
- 41:01Speaker 2: a pu se procurer l'arsenic.
- 41:04Speaker 5: Il
- 41:04Speaker 6: avait suggéré qu'on aille au supermarché acheter de la morora
- 41:07Speaker 6: pour éloigner les écureuils de nos
- 41:10Speaker 5: plants de tomates.
- 41:12Speaker 6: Du coup, c'est moi qui ai acheté la première dose
- 41:14Speaker 6: qui a servi à m'empoisonner
- 41:20Speaker 2: Donna pense aussi que Jim a des maîtresses. Quelques semaines
- 41:27Speaker 2: avant sa dernière hospitalisation, elle a surpris une conversation téléphonique
- 41:31Speaker 2: où Jim parlait d'une autre femme. Elle comprend maintenant que
- 41:35Speaker 2: ce n'est pas pour elle qu'il s'est acheté des sous-vêtements neufs.
- 41:37Speaker 2: Il
- 41:38Speaker 5: parlait à quelqu'un. Il disait qu'il
- 41:43Speaker 6: aimait les filles aux cheveux longs, qu'il les trouvait
- 41:49Speaker 5: jolies, tout ça.
- 41:53Speaker 10: Bref, il parlait de cette
- 41:55Speaker 2: fille. Donna ne sait pas qu'au sein de l'hôpital, une
- 41:58Speaker 2: autre personne partage ses soupçons.
- 42:02Speaker 9: Avant d'entrer, j'ai compris qu'il était au téléphone et par discrétion,
- 42:06Speaker 9: j'ai décidé de revenir quand il aurait terminé. C'est alors
- 42:10Speaker 9: que je l'ai entendu se mettre à recouler amoureusement
- 42:14Speaker 9: Et je savais que ce n'était pas avec sa femme.
- 42:17Speaker 9: Puis il a parlé d'arsenic
- 42:22Speaker 2: Se peut-il que ce mari si attentionné, qui n'a pas
- 42:24Speaker 2: quitté le chevet de sa femme tout au long de
- 42:26Speaker 2: sa maladie, ait tenté de l'assassiner? Ce sont les soupçons
- 42:30Speaker 2: de l'infirmière qui ont convaincu les médecins de procéder à
- 42:33Speaker 2: une nouvelle recherche de poison.
- 42:37Speaker 11: Elle a immédiatement alerté le médecin de garde cette nuit-là.
- 42:41Speaker 11: Elle a sauvé la vie
- 42:42Speaker 5: de Donna.
- 42:43Speaker 11: Cette infirmière lui a vraiment
- 42:45Speaker 10: sauvé la vie.
- 42:53Speaker 2: Les policiers vont interroger Jim pendant 12 heures. En
- 42:56Speaker 10: vain
- 43:00Speaker 2: Mais il finit par craquer sous la
- 43:02Speaker 10: pression
- 43:05Speaker 19: Monsieur Bowley
- 43:06Speaker 2: est passé aux
- 43:06Speaker 19: aveux et a reconnu avoir empoisonné sa femme.
- 43:10Speaker 13: À la
- 43:10Speaker 19: suite de quoi, le procureur l'a inculpé d'agressions au premier
- 43:12Speaker 19: degré et de tentatives de meurtre. Ma
- 43:15Speaker 10: mère est venue
- 43:18Speaker 5: me
- 43:20Speaker 6: voir le soir
- 43:22Speaker 5: et
- 43:22Speaker 6: à l'aide du tableau alphabétique, je lui ai demandé où
- 43:24Speaker 6: était
- 43:25Speaker 5: Jim. Elle
- 43:27Speaker 6: s'est approchée de mon lit et...
- 43:28Speaker 5: s'est penchée
- 43:29Speaker 6: sur moi et m'a dit« Chérie
- 43:31Speaker 5: il a été arrêté.»
- 43:35Speaker 8: Il
- 43:36Speaker 5: a avoué.
- 43:40Speaker 2: Donna Bowley s'interroge sur les mobiles de son mari. Selon elle,
- 43:46Speaker 2: c'est la cupidité et le sexe.
- 43:52Speaker 6: Jim voulait une autre vie
- 43:55Speaker 5: Moi,
- 43:55Speaker 6: je croyais qu'on formait un
- 43:57Speaker 5: bon couple, Mais apparemment, je me trompais
- 44:09Speaker 6: Jim voulait
- 44:09Speaker 5: toucher l'argent de l'assurance,
- 44:13Speaker 2: continuer à avoir des maîtresses et poursuivre sa vie sans moi.
- 44:17Speaker 2: En janvier 1994, Jim Bollé est déclaré coupable de voies de
- 44:20Speaker 2: fait et tentative d'assassinat. Il est condamné à purger deux
- 44:24Speaker 2: peines de prison à vie dans un pénitencier d'État. Donna
- 44:30Speaker 2: est toujours victime des effets dévastateurs du poison. Mais elle
- 44:34Speaker 2: ne veut pas laisser le passé gâcher sa vie. Mentalement,
- 44:36Speaker 2: je
- 44:37Speaker 5: vais bien
- 44:42Speaker 6: Je me suis remariée avec un homme extraordinaire. J'ai une
- 44:46Speaker 6: vie
- 44:46Speaker 5: merveilleuse
- 44:48Speaker 6: et j'en apprécie
- 44:49Speaker 5: chaque instant.
- 44:55Speaker 6: Si je n'avais pas été capable de reprendre l'enseignement, et
- 44:59Speaker 6: de refaire ma vie, j'aurais eu le sentiment que Jim
- 45:03Speaker 6: avait gagné sur toute la ligne. Mais j'ai repoussé cette
- 45:06Speaker 6: pensée car je m'y refusais
- 45:10Speaker 6: Il m'avait mise par terre
- 45:12Speaker 6: mais j'étais résolue à me
- 45:13Speaker 5: relever.