Latest / Chroniques étranges - Histoires d'Horreur & Mystères / Le Toutou | La plus ancienne creepypasta [HORREUR]
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- 0:01Chroniques étranges. Le port.
- 0:10Des écouteurs est. Fortement conseillé.
- 0:14J'ai une question pour vous, quand vous êtes dans le noir,
- 0:17vous faites confiance à quoi pour vous rassurer ?
- 0:20Un bruit familier, une présence que vous connaissez ou un petit
- 0:24geste habituel. Peut être parce que l'histoire
- 0:27que je m'apprête à vous raconter commence comme ça.
- 0:32Marie a 30 ans, elle est graphiste freelance.
- 0:35Elle travaille de chez elle, dans une maison de 4 pièces en
- 0:38bordure de Lyon, assez proche de la ville pour ne pas se sentir
- 0:41isolée, assez loin pour avoir un bout de jardin et du silence le
- 0:44matin. La porte d'entrée avait ce
- 0:46claque sec qu'on prend pour un verrou.
- 0:48Sauf que si on ne tourne pas, la clé, ce n'est qu'un bruit.
- 0:52C'est une femme rationnelle, organisée et autonome, le genre
- 0:56à avoir un planning sur le frigo et des listes de courses rangées
- 0:58par rayon. Elle vit seule avec Paco Paco,
- 1:02c'est un beagle de 5 ans, 12 kilos de poils Roux et blancs et
- 1:05un talent tout particulier pour voler les chaussettes.
- 1:08Il dort sous le lit depuis qu'il est tout petit.
- 1:11Marie a essayé de l'en dissuader pendant un an, mais elle a fini
- 1:14par abandonner, c'est son endroit à lui.
- 1:17Vous savez ce qu'on dit, telle maîtresse, tel chien ?
- 1:20Et bien pour Paco, c'est totalement faux, cette boule de
- 1:24poils n'a rien d'autonome ni d'indépendant, il colle sa
- 1:27maîtresse partout. Il suffit que Marie se lève de
- 1:29sa chaise pour entendre les petites griffes de Paco sur le
- 1:31plancher. Quand sa maîtresse va se
- 1:33coucher, il ne tarde jamais à la suivre.
- 1:36Il vient poser son museau froid sur le bord du matelas pour
- 1:38vérifier que Marie est là, puis il disparaît dessous.
- 1:43Ce soir-là, Marie est d'humeur légère, elle a un date, demain
- 1:47un premier rendez-vous avec un homme rencontré sur une
- 1:50application de rencontre une semaine plus tôt.
- 1:52Elle n'est pas du genre à se faire des films, elle a connu
- 1:54trop de premiers rendez-vous décevants pour ça.
- 1:57Mais celui-là, il est drôle, il écrit bien et surtout elle le
- 2:00trouve mignon et il répond vite sans être envahissant pour
- 2:03autant. Il s'appelle Thomas.
- 2:06Les premiers échanges avaient été assez classiques, banals
- 2:09même. Vous voyez le genre, qu'est ce
- 2:11que tu fais dans la vie, tu as des frères et sœurs, tu lis ou
- 2:13pas ? Les questions passent partout
- 2:15qu'on pose quand on ne sait pas encore très bien qui est
- 2:17l'autre. Puis, au fur et à mesure, elle a
- 2:20pris l'habitude de lui parler tous les jours, au point où
- 2:22lorsqu'il ne parlait pas, ça lui manquait.
- 2:25Il avait quelque chose de naturel et rassurant,
- 2:27contrairement à ses anciens dates qui misaient tout sur le
- 2:29paraître, leurs échanges ressemblaient à des choses
- 2:32comme. T'as un animal ?
- 2:34Oui, un chien, un beagle. Il s'appelle comment ?
- 2:39Elle avait souri en tapant la réponse, les gens qui posent des
- 2:42questions sur les animaux, c'est bon signe en général.
- 2:45Paco. Il avait répondu à un emoji qui
- 2:47rit, puis. T'es souvent chez toi la
- 2:50journée ? Elle avait trouvé ça un peu
- 2:52direct, mais elle avait répondu que oui.
- 2:54Elle travaillait chez elle. Il avait dit que c'était bien et
- 2:57qu'il enviait ça. Puis la conversation était vite
- 2:59passée à autre chose. Elle n'y avait pas repensé
- 3:02jusqu'au lendemain soir, l'avant veille du rendez-vous, quand il
- 3:05avait écrit on se retrouve. Où je peux venir te chercher si
- 3:09tu veux ? Elle avait hésité une 2nde parce
- 3:12que non, quand même, on ne donne pas son adresse à quelqu'un
- 3:14qu'on n'a jamais vu, c'est sympa.
- 3:15Mais on se retrouve directement au bar, c'est plus simple, il
- 3:19YA1 endroit sympa près du centre.
- 3:23Quel bar ? Je connais pas trop le coin.
- 3:26Elle lui avait envoyé le nom et l'adresse, il avait répondu.
- 3:30OK cool, t'es vers quel quartier toi ?
- 3:32Histoire que je calcule l'itinéraire pour qu'on arrive à
- 3:34peu près en même temps. Elle avait regardé le message
- 3:37quelques secondes. Ce n'était pas une question
- 3:39bizarre en soi, mais elle est du genre prudente.
- 3:41Il demande juste ça pour savoir si c'est loin, pour prévoir son
- 3:44trajet. C'est normal.
- 3:46Elle lui avait donné son quartier.
- 3:48Marie était fatiguée. Ça avait été une journée
- 3:51éreintante. Alors, comme tous les soirs,
- 3:53elle avait bu la moitié d'un grand verre d'eau qu'elle posa
- 3:55sur sa table de nuit, était allée se brosser les dents.
- 3:59Elle avait posé son téléphone et attendu que Paco la rejoigne.
- 4:03Les griffes sur le parquet du couloir n'ont pas tardé à se
- 4:06faire entendre. Puis le petit soupir de l'animal
- 4:09qui s'étire et le museau froid sur le bord du matelas, elle
- 4:12éteignit la lampe de chevet. Et puis dans le noir, quelque
- 4:17chose effleura son pied. Tu me chatouilles, pas quoi,
- 4:21arrête. J'ai pris ma douche, ne me lèche
- 4:24pas gros dégueu. Elle rentra son pied sous la
- 4:26couverture. Chut tais toi Paco.
- 4:31Elle s'était endormie. Le lendemain matin, Marie se
- 4:41réveilla avec 1 h de retard. Le réveil sonnait visiblement
- 4:44depuis plus d'une heure, mais ça ne l'avait même pas réveillé.
- 4:48Ah merde. Elle avait un client à rappeler
- 4:50à 09h00 et son téléphone affichait déjà 9 h moins 10.
- 4:52Elle attrapa une chaussette de la veille au sol qui lui
- 4:55semblait encore humide. Enfila ses vêtements pris au
- 4:57hasard à la va vite dans l'armoire en face du lit, tout
- 5:00en se brossant les dents en marchant et traversa le couloir
- 5:02jusqu'à son bureau en coup de vent.
- 5:05Dans sa tête, elle avait une vraie liste.
- 5:07Le dossier a envoyé la pelle et ce soir, le rendez-vous avec
- 5:11Thomas. Elle n'avait même pas décidé de
- 5:12ce qu'elle allait mettre dans la précipitation.
- 5:15Elle n'avait pas fait attention à l'absence du bruit des griffes
- 5:17sur le carrelage. La journée avait été longue,
- 5:22l'appel s'était étirée et le client avait changé d'avis 3
- 5:25fois. Et le rendez-vous avec Thomas
- 5:27avait été décalé d'une heure parce qu'il avait eu un imprévu,
- 5:29ce qui lui avait au moins donné le temps de se changer.
- 5:32Il était 22 h passées quand elle rentra.
- 5:37Paco, coucou toi. Rien.
- 5:42C'est étrange. Lorsqu'elle s'absente, son chien
- 5:45ne manque pas de lui faire la fête en rentrant.
- 5:47Enfin, quand il ne dort pas, elle posa son sac et alluma le
- 5:50couloir. Paco.
- 5:54Le silence d'un appartement vide a quelque chose de particulier,
- 5:58celui-là était différent. D'habitude.
- 6:00Paco ramène un peu de vie dans la demeure, il doit être sous le
- 6:03lit, c'est tout. Il y disparaissait parfois des
- 6:06heures, surtout quand il avait été seul toute la journée, et là
- 6:10il avait été seul toute la journée.
- 6:12Elle s'en convaincu, elle se servit un verre de vin d'une
- 6:15bouteille qu'on lui avait offert, le seul truc qu'elle
- 6:17avait envie de faire ce soir-là. Elle mangea ensuite rapidement
- 6:20debout au-dessus de l'évier et alla prendre sa douche.
- 6:23En ressortant de la salle de bain, elle passa la tête dans la
- 6:26Chambre. Tes croquettes sont prêtes,
- 6:27Paco, je vais me coucher. Elle attendit une 2nde 2, aucun
- 6:34mouvement sous le lit, pas le moindre froissement.
- 6:37Elle haussa les épaules, il boudait, c'était son truc.
- 6:40Quand elle rentrait tard, il faisait la gueule pendant 20 Min
- 6:42et finissait par venir quand même se coller à elle.
- 6:45Elle éteignit la lumière. Marie se redressa d'un coup, le
- 6:51bruit venait de devant elle. Son cœur cognait, elle fixait
- 6:55l'armoire en face du lit, dans le noir, sans bouger, les yeux
- 6:58grands ouverts, les mains crispées sur la couverture,
- 7:01comme si ouvrir les yeux plus grands lui permettrait de voir à
- 7:04travers l'obscurité totale de la pièce.
- 7:07Bah quoi merde, tu t'es enfermé dans l'armoire ce matin ?
- 7:10Silence. Elle ralluma la lumière,
- 7:14traversa la Chambre et saisit la poignée.
- 7:17Elle ouvrit ses vêtements. Ses boîtes à chaussures et un
- 7:21pull qui avait glissé de son cintre s'était affaissé sur le
- 7:24sol. Rien d'autre.
- 7:26Elle referma lentement, souffla, c'était le pull, le pull qui
- 7:31tombe, ça doit faire ce bruit là.
- 7:34Elle éteignit de nouveau, rentra ses pieds sous la couverture et
- 7:37se recoucha. Elle finit par s'endormir,
- 7:41rassurée en entendant la respiration de son chien sous le
- 7:44lit. Il était 3 h du matin quand
- 7:49Marie ouvrit les yeux. Un bruit sourd avait traversé le
- 7:52silence. Elle ne savait pas encore si
- 7:54elle l'avait vraiment entendue ou si c'était les dernières
- 7:57secondes d'un rêve qui se dissipait.
- 7:59Elle fixa le plafond, la gorge sèche.
- 8:02Ses pieds étaient moites, une sensation froide et collante
- 8:05dans le bas du drap, sûrement à cause du stress.
- 8:08Elle les bougea machinalement. Cette fois, elle se redressa
- 8:12d'un coup. Pas quoi ?
- 8:15Rien, pas de froissements sous le lit, pas de griffes sur le
- 8:18parquet. Pas le moindre soupir, elle
- 8:21commença à cogiter. Paco, t'es là ?
- 8:24Elle tendit la main vers sa lampe de chevet.
- 8:26Elle hésita. L'obscurité lui semblait
- 8:29soudainement plus épaisse dû à ce sentiment qu'on connaît tous.
- 8:33Comme si allumer la lumière risquait de confirmer quelque
- 8:36chose qu'elle ne préférait pas savoir.
- 8:38Elle l'alluma quand même. La Chambre était vide.
- 8:42Elle se mit à respirer un peu plus lentement, mais son cœur
- 8:45lui battait de plus en plus fort.
- 8:48L'armoire était toujours fermée. Une idée qui ne plaisait pas lui
- 8:51traversa l'esprit. Elle se pencha lentement sur le
- 8:54bord du matelas, baissa la tête et souleva le bas du drap, et
- 8:59elle regarda sous le lit vide. Il n'y avait rien.
- 9:05Elle resta comme ça quelques secondes, penchée dans le vide,
- 9:07les yeux qui balayaient sous le lit, ses chaussures, une boîte
- 9:11et de la poussière dans le coin, rien d'autre.
- 9:14Elle souffla, Paco avait dû changer de pièce cette nuit.
- 9:17Ça lui arrivait et le bruit, c'était encore fichu pull.
- 9:21Ou plutôt autre chose, vu le bruit.
- 9:23Elle se redressa, traversa la Chambre, posa la main sur la
- 9:27poignée de l'armoire et l'ouvrit encore.
- 9:32Quelque chose lui tomba dessus, quelque chose d'à peine encore
- 9:35chaud. Ses mains le reconnurent avant
- 9:38que son cerveau ait eu le temps de suivre.
- 9:40Les oreilles tombantes, le pelage court, la truffe froide
- 9:43contre sa joue, c'était Paco. Elle allait crier, mais elle
- 9:49sentit le souffle dans son cou chaud, lent, absolument
- 9:54immobile. Quelqu'un se tenait à moins d'un
- 9:57mètre derrière elle, quelqu'un qui avait attendu dans le noir
- 10:01sous le lit pendant des heures. Le cri resta encore coincé
- 10:06quelque part entre sa gorge et sa bouche.
- 10:09Tes pieds sont délicieux. Marie ne pensa à rien, c'est
- 10:15peut être ce qui lui sauva la vie.
- 10:16Ne pas penser, ne pas se retourner, ne pas chercher à
- 10:19voir, juste courir. Elle traversa le couloir,
- 10:24déboucha dans la cuisine, ouvrit le premier tiroir et sortit le
- 10:26couteau le plus long qu'elle trouva.
- 10:28Elle se retourna dos contre l'évier, le bras tendu devant
- 10:31elles. La cuisine était vide, le
- 10:34couloir devant elle était sombre, mais pas entièrement.
- 10:37La veilleuse de la salle de bain projetait un rectangle de
- 10:39lumière orange sur le sol et dans ce rectangle, une ombre
- 10:43apparut lentement, un bord d'épaule.
- 10:46Et un côté de visage qui ne bougeait pas.
- 10:49Bordel t'es qui toi ? Qu'est ce que tu veux ?
- 10:52L'ombre ne répondit pas tout de suite, puis, très lentement, la
- 10:57tête dépassa le coin du mur, juste la tête inclinée sur le
- 11:02côté, comme un animal qui entend quelque chose qu'il ne comprend
- 11:05pas encore, laissant dépasser des yeux vitreux faiblement
- 11:09brillants dans l'obscurité. Je veux être ton toutou, Marie
- 11:14débrancha son cerveau. Se laissant guider par son
- 11:16instinct de survie et se jeta vers la porte d'entrée en
- 11:19prenant ses clés de voiture au passage, arracha le verrou et
- 11:22courut. Sa voiture était garée à 20 M
- 11:25plus loin dans la rue. Elle s'y jeta et verrouilla les
- 11:284 portières. Elle fixa la maison, mais ne vit
- 11:31rien. Une pensée lui traversa encore
- 11:34l'esprit très lentement. Elle se retourna, elle regarda
- 11:38la banquette arrière, rien. Elle se retourna à nouveau vers
- 11:44la maison. La porte d'entrée était encore
- 11:46grande ouverte dans l'encadrement, la Silhouette
- 11:50immobile, trop grande, la tête toujours inclinée du même côté.
- 11:55Puis il courut vers elle, pas comme un homme qui court, on
- 11:58aurait dit une marionnette désarticulée, les bras trop
- 12:00rapides, le buste trop en avant, une démarche cassée et trop
- 12:03rapide à la fois. Marie n'attendit pas, elle
- 12:06démarra et écrasa la pédale de droite.
- 12:13Elle s'arrêta 2 rues plus loin. Sortit son téléphone et zooma au
- 12:16maximum sur les fenêtres de sa maison.
- 12:18La lumière du salon venait de s'allumer à travers la baie
- 12:22vitrée. 2 yeux parfaitement ronds et fixes qui regardaient
- 12:26droit dans l'objectif, comme s'il savait exactement où elle
- 12:30s'était garée, et un sourire trop large, trop haut sur le
- 12:34visage pour être humain. Puis il leva la main, le poing
- 12:38serré. Paco pendant par la queue, elle
- 12:42appela le 17. Ce qu'elle ne savait pas encore,
- 12:45c'est qu'il n'était pas entré cette nuit-là.
- 12:47Il était entré bien avant. Les policiers étaient arrivés en
- 12:52moins de 10 Min. Marie les attendait au bout de
- 12:54sa rue, assise sur le capot de sa voiture, les bras croisés sur
- 12:57elle même, les yeux rivés sur sa maison.
- 13:00Elle ne l'avait pas quittée des yeux.
- 13:02Ils avaient fouillé la maison pendant près de 02h00, pièce par
- 13:05pièce, placard par placard. Ils avaient pris des photos,
- 13:09posé des questions et pris des notes.
- 13:12Le résultat était sans appel, rien, pas de trace d'effraction,
- 13:17pas d'empreinte exploitable. Paco, lui, avait bien été
- 13:21étouffé. Mais comment et par quoi ?
- 13:24C'était impossible à dire avec certitude pour le moment.
- 13:27L'un des agents avait ramassé le verre posé dans le salon, celui
- 13:31dans lequel Marie avait bu ce soir-là et l'avait glissé dans
- 13:33un sachet, sans faire de commentaire.
- 13:35Ce n'est que 2 jours plus tard qu'on lui annonça ce qu'il
- 13:38contenait, des résidus de somnifères.
- 13:41La dose était faible mais suffisante pour assommer le
- 13:44sommeil sans que ça se voit, suffisante pour que rien ne
- 13:48puisse la réveiller hormis peut être un gros bruit sourd.
- 13:53Les policiers lui avaient conseillé de changer ses
- 13:55serrures, de porter plainte contre X et de rester seul dans
- 13:57la maison le temps de l'enquête. Ils avaient dit tout ça avec un
- 14:00ton de gens qui ont l'habitude de refermer des dossiers, comme
- 14:03s'ils voulaient en finir assez rapidement.
- 14:05Sans trop s'attarder sur le sujet.
- 14:07Elle n'avait pas insisté. Elle avait appelé Lucie, sa
- 14:09meilleure amie depuis le lycée. Qui avait décroché à la 2e
- 14:12sonnerie et dit. T'arrives quand tu veux.
- 14:14Sans lui demander de tout expliquer.
- 14:16De toute façon, elle lui avait déjà quasiment tout raconté par
- 14:19message vocal. Elle avait passé 4 jours chez
- 14:22elle et on peut la comprendre, il était inenvisageable de
- 14:26retourner dans sa maison. À ce stade, elle avait
- 14:28l'impression qu'on lui avait violé son intimité en plus
- 14:31d'avoir tué son meilleur ami. C'est pendant ces 4 jours que
- 14:34Thomas avait rappelé. Elle avait fixé son prénom sur
- 14:41l'écran un long moment avant de décrocher.
- 14:43Pas de méfiance particulière, juste cette fatigue de devoir
- 14:46encore tout raconter et de trouver les mots pour décrire
- 14:48quelque chose qui lui semblait déjà irréelle à elle même.
- 14:51Mais il n'avait pas attendu qu'elle explique quoi que ce
- 14:53soit. Il avait dit qu'il avait vu
- 14:55qu'elle n'allait pas bien, qu'il ne voulait pas la brusquer et
- 14:57qu'il était là si elle avait besoin.
- 14:59C'est lui qui avait parlé le moins et ça, ça lui avait fait
- 15:03du bien. La maison était en vente depuis
- 15:06le lendemain matin. Marie avait trouvé un
- 15:08appartement dans un autre quartier de Lyon, plus grand,
- 15:11mieux exposé, dans une rue qu'elle ne connaissait pas
- 15:13encore. La vente s'était conclue en 3
- 15:16semaines, le prix avait été revu, mais elle s'en fichait.
- 15:19Elle voulait juste que ce soit fini et recommencer à 0.
- 15:22Ça y est-il ne restait plus qu'une étape, les cartons.
- 15:25Lucy avait proposé de l'accompagner pour la première
- 15:27journée, un couteau à la main, en rigolant mais avec une pointe
- 15:30de sérieux dans les yeux. Elles avaient fait le tour des
- 15:33pièces ensemble, méthodiquement, avant de commencer quoi que ce
- 15:36soit. Chaque placard, chaque recoin,
- 15:39chaque espace assez grand pour contenir quelqu'un.
- 15:41Elle n'avait rien trouvé. La maison était vide, vraiment
- 15:45vide cette fois. Salut.
- 15:52Ah salut, qu'est ce que tu fais là ?
- 15:54Je suis venu te donner un coup de main, t'as besoin de te
- 15:56reposer. Oh bah c'est trop gentil.
- 15:59Merci Thomas. Vas y rentre.
- 16:01Oh waouh. T'es bien ?
- 16:02Ici, ça paraît plus grand que ton ancien chez toi.
- 16:06Oui. Il faut que je m'y habitue, mais
- 16:09c'est pas mal. Thomas était passé le 2e jour
- 16:12avec sa camionnette et sans qu'elle le lui demande vraiment.
- 16:15Il avait chargé les meubles lourds et les derniers cartons
- 16:18en assurant à Marie qu'il s'occupait de tout, qu'il avait
- 16:20l'habitude des déménagements. Elle ne savait pas trop ce
- 16:23qu'elle ressentait pour lui à ce stade de la gratitude,
- 16:25certainement, ou peut être autre chose, quelque chose de prudent.
- 16:30Elle voulait prendre son temps le soir, une fois les derniers
- 16:34cartons déposés dans le nouvel appartement.
- 16:36Elle avait commandé une pizza, s'était assise par terre au
- 16:38milieu de tout ce désordre et avait mangé en silence.
- 16:41C'était le premier repas depuis des jours où elle n'avait pas le
- 16:43ventre noué. Elle déballa les cartons
- 16:45maintenant, installa ses meubles, prit ses marques.
- 16:48Le parquet craquait différemment, le chauffe eau
- 16:50faisait un bruit bizarre le matin, les voisins du dessus se
- 16:53couchaient tard tous ces petits détails qu'on apprend d'un
- 16:56endroit quand on commence enfin vraiment à l'habiter et qui lui
- 16:59faisait presque regretter sa vie d'avant.
- 17:01Mais elle arrivait à dormir plus sereinement, c'est ce qui
- 17:04comptait. Thomas passait de temps en temps
- 17:07pour dîner ou même pour rien, juste pour être là.
- 17:11Les choses avançaient doucement entre eux.
- 17:13Pas de déclaration, pas de précipitation, juste de
- 17:15personnes qui prenaient leur temps.
- 17:19Un soir, il vient l'aider à installer le dernier meuble, le
- 17:23buffet de son grand-père. C'était un monstre de chêne
- 17:26sombre, profond, grinçant, avec des portes qui fermaient mal.
- 17:31Son grand-père détestait les voir entrouvertes.
- 17:33Il allait toujours les repousser du bout des doigts.
- 17:35Sans un mot, Thomas tourna autour et posa une main sur le
- 17:39bois. Il est énorme ce truc, mais ça
- 17:42va ramener quelque chose de plus dans cet appart, tu veux le
- 17:44mettre où ? Marie avait pensé au salon.
- 17:47Thomas Secoua la tête, non dans le couloir.
- 17:50Là, près de ta chambre. Ils le portèrent à 2 cm par
- 17:54centimètre pile poil, tu vois, il était fait pour être là quand
- 17:59Marie revint de la cuisine avec des verres d'eau.
- 18:02L'une des portes du Buffet baillait d'un doigt.
- 18:05Thomas la Repoussa presque machinalement.
- 18:09Ce soir-là, Thomas était rentré chez lui et Marie s'était
- 18:12couchée tôt. Elle bu son verre, elle éteignit
- 18:15la lumière, rentra ses pieds sous la couverture et ferma les
- 18:20yeux. Tu m'avais manqué ?
- 18:35Avant de vous parler de l'origine de cette histoire, je
- 18:37voulais faire une petite parenthèse.
- 18:40J'enregistre ça après l'épisode, j'ai le nez un peu bouché.
- 18:42Je suis navré, j'espère que ça ne s'entendra pas trop.
- 18:45Je sais que certains et certaines d'entre vous, et je le
- 18:48lis souvent dans les commentaires, sont parfois
- 18:50frustrés par les fins des histoires parce qu'elles sont
- 18:52ouvertes et que vous n'avez toujours pas toutes les
- 18:54réponses. Elles laissent des zones
- 18:56d'ombre, des questions sans réponses et parfois même un goût
- 18:58de OK. Et après et.
- 19:00Je peux le comprendre, cette histoire en fait partie, mais ce
- 19:03que je n'ai jamais vraiment dit. C'est que c'est rarement, voire
- 19:06jamais un hasard. Je les ai pensées comme ça dès
- 19:09le départ parce que pour moi, le mystère, ça fait partie du jeu.
- 19:12Le mystère et l'horreur vont de pair.
- 19:14C'est la vision que j'en ai. Du moins, je construis mes
- 19:17histoires selon Ce que j'aime et que j'aimerais écouter.
- 19:20Une histoire basée sur l'horreur ?
- 19:21Oui. Mais qui fait passer par
- 19:23toutes ? Sortes d'émotions avec un plug
- 19:24Twist. Une histoire travaillée qui se
- 19:26veut cohérente et qui se base aussi sur ce que vous aimez vous
- 19:29selon ce que je vois en commentaire et avec sa part de
- 19:32mystère. Et j'irais même plus loin.
- 19:34Certaines histoires ont été écrites avec une suite en tête,
- 19:37d'autres avec un préquel ou des origines expliquées.
- 19:40Et certaines de ces suites, elles existent déjà mais
- 19:43n'étaient jusque là pas assez peaufinées pour justifier et
- 19:46d'en faire un épisode et faire une histoire juste pour en
- 19:50expliquer une autre. J'en vois pas trop l'intérêt
- 19:52mais je les peaufine en parallèle.
- 19:54Elles sont écrites ou en cours de rédaction et elles dorment
- 19:57dans un coin de mon disque dur depuis un bon moment.
- 20:00D'ailleurs, pour cette. Histoire, précisément, j'avais
- 20:02écrit une. Suite ou.
- 20:03Plutôt une explication des origines de la menace.
- 20:06J'ai décidé de ne pas la sortir, du moins pas maintenant, parce
- 20:10que je travaille en ce moment sur quelque chose de plus grand,
- 20:13un projet qui me tient à cœur depuis longtemps et sur lequel
- 20:16je travaille depuis des mois. Il aura notamment pour but de
- 20:20donner à ses fins ouvertes tous leurs sens.
- 20:23Ce projet sera l'aboutissement de ce que je fais depuis bientôt
- 20:262 ans. Je ne peux pas vous en dire plus
- 20:29pour l'instant. Mais c'est en cours et c'est
- 20:31sûrement le truc le plus ambitieux que j'ai fait depuis
- 20:33que chroniques étranges existent.
- 20:35J'y ai mis tellement d'énergie. Il y a tellement de temps que
- 20:37j'espère qu'il sera bien accueilli.
- 20:39Et pour ceux qui ne veulent pas attendre trop longtemps, sachez
- 20:42que les abonnés supercast auront la réponse bien avant les autres
- 20:46et j'en profite pour les remercier au passage.
- 20:48Ils sont très peu, mais ils comptent beaucoup.
- 20:51D'ici quelques mois, le projet verra le jour.
- 20:54Bon, je referme la parenthèse avant qu'elle devienne un
- 20:56épisode. À part voilà.
- 20:58Fin de la parenthèse ? L'histoire que vous venez
- 21:04d'entendre s'inspire d'une légende urbaine que vous
- 21:06connaissez peut être déjà, même sans le savoir.
- 21:09Elle s'appelle the Lickth End ou Human's can lick to.
- 21:12Selon les versions, le principe est assez simple, une personne
- 21:15seule, un chien sous le lit et une main tendue dans le noir
- 21:19pour se rassurer. Sauf que le lendemain matin,
- 21:21elle découvre que son chien était enfermé ailleurs et que ce
- 21:25qui lui léchait la main, c'était autre chose.
- 21:28Ou plutôt. Quelqu'un.
- 21:30Ce qui est fascinant avec cette légende, c'est que contrairement
- 21:33à ce qu'on pense, elle ne vient pas d'internet.
- 21:36Elle circulait bien avant les forums et les crivipostas.
- 21:40Certaines sources la font même remonter à la fin du 19e siècle.
- 21:43Un article de fact checking consacré aux variantes de ce
- 21:46récit explique même que le motif du léchage rassurant apparaît
- 21:50dans une anecdote aparté dans un journal intime daté de 1871.
- 21:56Elle a survécu parce qu'elle repose sur quelque chose de très
- 21:58simple et très primitif, le réconfort qu'on cherche dans le
- 22:02noir et la possibilité que ce réconfort ne vienne pas d'où on
- 22:06croit. Un auditeur que je tiens à
- 22:08remercier m'a écrit Evan pour me parler de cette histoire.
- 22:12Il m'a raconté qu'enfant il avait.
- 22:14Inventé sa propre. Version pour faire peur à ses
- 22:16amis sans avoir jamais entendu parler de cette histoire
- 22:19auparavant et des années plus tard en tombant dessus dans une
- 22:23vidéo de squeezie. Il a eu l'impression de
- 22:25retrouver quelque chose qu'il avait créé lui même.
- 22:28Ses amis lui ont même demandé s'il l'avait posté quelque part,
- 22:31ce qui n'était pas le cas. C'est ça la force de ce genre de
- 22:35légende. Elle donne l'impression qu'on
- 22:37les a toujours connues car elles exploitent des peurs
- 22:40universelles. Moi, j'ai juste voulu la
- 22:42remettre dans un contexte qu'on connaît tous plus moderne et
- 22:46contribuer à la faire vivre encore maintenant, c'est à votre
- 22:49tour, n'oubliez pas. Ce soir, avant de vous coucher,
- 22:54pensez à regarder sous votre lit, je vous dis à bientôt si
- 23:00vous osez revenir.