Latest / ArtEcoVert La voix de la couleur végétale et des plantes tinctoriales / E76 Christine D'Ingrando - Erubescence - la passion de la garance pour un pigment multiusages
Transcript
- 0:00Bonjour et bienvenue dans le podcast ArtEcoVert,
- 0:03le podcast qui vous parle d'art,
- 0:05d'écologie et de verdure.
- 0:07Je suis Pauline Leroux,
- 0:09ingénieure agronome passionnée de plantes,
- 0:11et je vous emmène à la découverte de la couleur végétale et de toutes ses applications.
- 0:16Que ce soit dans le textile,
- 0:18l'ameublement,
- 0:19l'artisanat,
- 0:20la décoration et dans d'autres domaines,
- 0:23chaque jeudi et samedi à 7h30,
- 0:26je vous propose des épisodes riches avec des invités passionnants pour approfondir le sujet de la couleur végétale sur toute la chaîne de Valeur.
- 0:35Mon but,
- 0:36fédérer et démocratiser la couleur végétale dans le monde.
- 0:40Alors c'est parti,
- 0:41bonne écoute !
- 0:45Bonjour à tous,
- 0:46je suis ravie d'accueillir sur le podcast Aréco Vert
- 0:48Christine D'Ingrandeau.
- 0:50Bonjour Christine.
- 0:51Bonjour.
- 0:53Alors,
- 0:54on va être en transparence avec les auditeurs.
- 0:58C'est un épisode qu'on fait vraiment au pied levé,
- 1:02en improvisation toutes les deux,
- 1:04parce que grâce à
- 1:06Alizarine Teinture,
- 1:08vous m'avez été présentée,
- 1:10et en fait,
- 1:10on trouvait ça vraiment hyper intéressant d'avoir votre témoignage.
- 1:13Donc,
- 1:13je vous remercie de vous prêter à cet exercice.
- 1:16d'ultra spontanéité.
- 1:18Donc,
- 1:18la première question que je voudrais vous poser,
- 1:20c'est est-ce que vous pouvez vous présenter votre parcours et comment vous en êtes arrivée à la couleur végétale ?
- 1:28Alors,
- 1:29mon parcours,
- 1:31il est un peu surprenant puisque au départ,
- 1:34je suis un contrôleur aérien.
- 1:36J'ai travaillé plus de dix ans en tant que contrôleur aérien.
- 1:41Et je suis arrivée par des concours de circonstances dans une commune où il y a eu beaucoup de travail sur la garance.
- 1:51Et dans ma reconversion,
- 1:54il y a eu un intérêt sur le sujet industriel,
- 1:58puisque c'était dans le Vaucluse,
- 2:00il était quand même à une échelle industrielle,
- 2:02la teinture naturelle.
- 2:05Et j'ai commencé à écrire un projet.
- 2:09sur les colorants naturels,
- 2:11il y a un peu plus de 10 ans maintenant.
- 2:14et le sujet me semblait quand même complexe à mener seul,
- 2:20parce que l'idée pour moi,
- 2:21c'était de réintroduire,
- 2:23il y a plus de dix ans,
- 2:23le colorant,
- 2:24c'était une évidence pour moi,
- 2:25on devait tendre vers la naturalité,
- 2:28et là je me suis dit,
- 2:29seul,
- 2:30tu ne vas pas y arriver,
- 2:31et donc,
- 2:32concours de circonstances ou pas,
- 2:34trois jours après la fin,
- 2:35le point final de mon projet,
- 2:39il y a eu un article de presse,
- 2:40à l'occasion des journées de la recherche à l'Université d'Avignon,
- 2:45où on présentait un jeune doctorant et une directrice de recherche qui travaillaient sur la garance.
- 2:51Donc,
- 2:51je suis allée me présenter.
- 2:55Et là,
- 2:57le contact a été immédiat et super entre la directrice de recherche.
- 3:04Et ensuite,
- 3:06elle m'a proposé de présenter ça au président de l'université qui m'a écoutée,
- 3:11qui a validé la totalité du principe.
- 3:15que j'exposais.
- 3:16Et comme ça,
- 3:17c'est enchaîné toutes les rencontres avec la maison de la recherche,
- 3:21les différents directeurs de recherche,
- 3:24différents départements de l'université.
- 3:26Et j'ai pu commencer à déposer le premier programme de recherche.
- 3:33Voilà,
- 3:33c'est comme ça que je suis arrivée à débuter mon projet sur la garance,
- 3:39puisque...
- 3:41en l'occurrence c'était vraiment la garance qui était le sujet phare du Vaucluse d'accord ok et alors est-ce que du coup vous pouvez nous présenter maintenant votre entreprise Erubescence,
- 3:52nous expliquer quand est-ce qu'elle a été créée combien vous êtes à travailler,
- 3:56où elle est située son projet,
- 3:59ses produits et services s'il y en a pour qu'on resitue bien le cadre voilà
- 4:05Alors,
- 4:06le projet a débuté,
- 4:08comme je vous l'ai dit,
- 4:08il y a plus de dix ans.
- 4:10Et on a débuté pas mal de programmes de recherche parce que,
- 4:14dès le départ,
- 4:16on m'a permis d'avoir un atelier avec des entreprises différentes qui s'intéressaient déjà à ce moment-là à la coloration naturelle.
- 4:26Et donc,
- 4:26je les ai écoutées.
- 4:27J'ai dit,
- 4:27voilà,
- 4:27moi,
- 4:28j'ai le souhait de proposer un colorant naturel.
- 4:33et eux m'ont dit quelles étaient leurs contraintes.
- 4:35Alors l'intérêt,
- 4:36c'est qu'ils étaient de différents secteurs,
- 4:37ils m'ont tous parlé de ce qu'ils attendaient d'un colorant,
- 4:44quel qu'il soit,
- 4:45naturel ou pas,
- 4:46comment eux travaillaient,
- 4:48et ce qui m'a permis dans ma réflexion de partir en fait des contraintes et du produit fini en me disant pour y arriver,
- 4:56qu'est-ce que je dois faire ?
- 4:57Et en fait,
- 4:58en partant comme ça à l'inverse,
- 5:00ça m'a permis de déposer tous les programmes de recherche en gardant à l'esprit que je partais sur le principe que j'allais travailler pour un produit industriel qui resterait en B2B,
- 5:10donc jamais sur le particulier.
- 5:12Et donc,
- 5:13il fallait une performance et surtout,
- 5:16tout de suite,
- 5:17ils m'ont parlé de la répétabilité de la couleur dans la production.
- 5:21Et là,
- 5:21effectivement,
- 5:22ça m'a permis de commencer à travailler sur la plante,
- 5:25sur les possibilités de transformation.
- 5:28et l'entreprise a été créée à l'issue de ça puisque là j'ai vu qu'il y avait vraiment une possibilité réelle d'industrialiser le colorant,
- 5:37l'entreprise a été créée en 2015,
- 5:39elle est devenue une jeune entreprise innovante il y a eu un brevet déposé et là on a continué parce qu'en fait ce qu'il faut comprendre c'est qu'industrialiser une plante c'est possible,
- 5:53surtout avec la performance de certaines
- 5:56mais il faut toujours garder à l'esprit la manière dont on va le faire pourquoi on le fait et quel est l'objectif il faut vraiment garder ça à l'esprit il y a une contrainte importante dès le départ et
- 6:11sur ces contraintes là techniques,
- 6:14moi j'ai rajouté le parcours développement durable et la soutenabilité de la production parce qu'il me paraissait évident que je ne pouvais pas présenter un produit naturel si dans mon propre parcours
- 6:26de transformation,
- 6:27je n'étais pas le plus naturel possible.
- 6:30Il y avait pour moi une légitimité,
- 6:31une évidence.
- 6:32Donc effectivement,
- 6:33ça a complexifié tout le travail et l'approche du colorant et la transformation pour avoir une proposition d'un colorant de haut niveau.
- 6:42Voilà.
- 6:44D'accord.
- 6:44Alors,
- 6:45du coup,
- 6:45Christine,
- 6:46j'ai plusieurs questions.
- 6:49Est-ce que vous pouvez expliquer comment on dépose un programme de recherche ?
- 6:53Parce que d'habitude,
- 6:54quand on parle de programme de recherche,
- 6:55c'est des gens qui sont chercheurs,
- 6:57dont c'est le métier.
- 6:59Ça veut dire qu'en fait,
- 7:00il faut trouver un partenaire et on peut proposer un programme de recherche,
- 7:04c'est ça ?
- 7:05Oui,
- 7:06alors il faut un partenaire.
- 7:07Moi,
- 7:07je me suis adressée au laboratoire public,
- 7:10puisque du coup,
- 7:10le président de l'université d'Avignon avait cette volonté de m'accompagner.
- 7:17Et ils ont pu me mettre à disposition,
- 7:19avec l'accord d'un maison de la recherche,
- 7:22et tous les chercheurs,
- 7:23me mettre à disposition,
- 7:25les directeurs de recherche et le travail qu'ils faisaient dans différents domaines.
- 7:31je me suis appuyée souvent sur les laboratoires publics et j'ai été aussi dans mon parcours accompagnée par le CEA,
- 7:36Marc-Hulk Adarach,
- 7:38qui m'a mis à disposition aussi les laboratoires pour la recherche.
- 7:42Donc,
- 7:44quand on approche les laboratoires,
- 7:46eux ont effectivement la connaissance,
- 7:48la technique,
- 7:49l'expérience.
- 7:51En revanche,
- 7:52ce qu'ils n'ont pas,
- 7:52c'est quel est le but,
- 7:54l'objectif de la recherche.
- 7:56Et quand on construit un programme de recherche,
- 7:57il faut vraiment qu'il soit bien défini,
- 8:00qu'est-ce qu'on veut y mettre et vers où on veut tendre.
- 8:03Et en fait,
- 8:04il y a une logique imparable dans le programme de recherche qui va permettre aux laboratoires,
- 8:10aux chercheurs de commencer à travailler.
- 8:12Mais le but final,
- 8:14l'objectif,
- 8:15c'est quand même,
- 8:16moi en tant que chef d'entreprise,
- 8:17qu'il est toujours fixé.
- 8:19Et je savais pourquoi j'allais faire ce programme à ce moment,
- 8:22parce que ça me permettait d'avancer et de consolider les intentions que j'avais dans la transformation du colorant.
- 8:30Ok,
- 8:31très bien.
- 8:31Alors,
- 8:32j'ai encore envie de vous demander,
- 8:34dans votre recherche,
- 8:35donc de monter en,
- 8:37on va dire,
- 8:37d'industrialiser la garance du Vaucluse,
- 8:41est-ce que vous avez,
- 8:42dans les entreprises que vous avez rencontrées,
- 8:44vous pouvez nous citer les applications de la couleur végétale ?
- 8:47Parce qu'en fait,
- 8:48ça,
- 8:48c'est l'objectif du podcast à Recover,
- 8:50c'est de couvrir les différentes applications de la couleur végétale.
- 8:54On en a trouvé plein,
- 8:55plus que prévu initialement,
- 8:57c'est pour ça que je vous propose…
- 8:59Enfin,
- 9:00je voudrais qu'on précise ensemble quels sont les types d'entreprises que vous avez rencontrées,
- 9:03comme ça on voit un petit peu les sujets qu'on va pouvoir aborder.
- 9:09Alors,
- 9:09dans la production,
- 9:12dans le process que j'ai mis en place,
- 9:14l'idée c'était,
- 9:15je n'ai pas eu au départ un secteur ciblé en particulier.
- 9:18Par exemple,
- 9:19je n'ai pas travaillé pour le textile,
- 9:21absolument que le textile.
- 9:23j'ai travaillé un colorant.
- 9:25J'ai travaillé un colorant qui devait correspondre à une industrialisation.
- 9:30Donc c'est un état d'esprit différent.
- 9:32Je ne vais pas vers un secteur.
- 9:34Je vais proposer un colorant qui peut s'adapter à différentes techniques,
- 9:37parce que même au niveau textile ou dans d'autres secteurs,
- 9:41chacun a son procès,
- 9:42chacun a ses méthodes.
- 9:43Et donc pour moi,
- 9:44il ne fallait pas qu'il y ait un frein technologique derrière.
- 9:47Donc je ne me suis pas mise de barrière sectorielle en disant que ce sera un colorant textile.
- 9:54J'ai travaillé pour offrir un éventail large de possibilités.
- 9:58Et là,
- 9:58à l'heure actuelle,
- 9:59le colorant,
- 10:03ça concerne,
- 10:05intéresse autant le secteur textile,
- 10:07cosmétique,
- 10:08que le cuir,
- 10:09les encres,
- 10:10les peintures.
- 10:12Les peintures,
- 10:13même les restaurateurs d'art sont très intéressés parce que la garance a un parcours un peu particulier.
- 10:24On peut dire que maintenant,
- 10:25l'irubescence propose un colorant qui est micronisé,
- 10:30qui peut aller dans différents bains,
- 10:32quelles que soient les technologies ou les secteurs,
- 10:34et qui est assez polyvalent pour répondre à toutes les attentes.
- 10:38d'accord ok bon c'est déjà plus clair pour moi pour vous poser les questions et du coup j'avais j'apprécie votre travail d'être partie de la contrainte des entreprises pour travailler votre colorant parce que je trouve ça hyper intéressant j'ai changé avec un invité qui passera sur le podcast donc du coup après vous sur
- 10:57comment ça se fait que la couleur végétale n'est pas plus employée au niveau industriel ou en tout cas dans la tête des acteurs et en fait ce qu'il m'expliquait c'est que il y a trop de
- 11:07de préjugés.
- 11:08Donc ça,
- 11:08c'est aussi le but du podcast,
- 11:09de les lever un par un,
- 11:11avec les invités,
- 11:11les experts qu'il faut.
- 11:13Mais il dit aussi,
- 11:14on ne part pas des contraintes des entreprises pour adapter le produit.
- 11:17Donc ce que j'aimerais voir avec vous,
- 11:19c'est quelles sont les contraintes qui vous ont été remontées,
- 11:22pour savoir si on a couvert tous les préjugés de la couleur végétale.
- 11:26J'aimerais vraiment avoir votre retour d'expérience.
- 11:30Alors,
- 11:30le premier préjugé,
- 11:32vous le connaissez tous,
- 11:32on nous dit que c'est un colorant qui aime bien moins que le colorant synthétique.
- 11:37ce qui est faux.
- 11:39Ce qui est faux parce que quand on expose un colorant synthétique à la lumière,
- 11:44je mets au défi quiconque de me dire qu'un pantalon noir va rester noir en étant aux UV en permanence.
- 11:50On sait très bien que les bains réciviels,
- 11:52on sait très bien que la lumière a un impact sur le colorant synthétique.
- 11:55Donc le colorant naturel n'est pas plus ou moins que le colorant synthétique.
- 12:00La bonne preuve,
- 12:00c'est que si on prend le cas de la garance,
- 12:03la garance est connue comme un colorant naturel depuis plus de 4000 ans.
- 12:08Il a été historiquement chez nous en France classé grandin par Colbert,
- 12:14quand il a eu la volonté d'industrialiser la France.
- 12:18Donc je pense que les prérequis,
- 12:20même à ce moment-là,
- 12:22étaient quand même la tenue de la couleur dans le temps.
- 12:26Donc ça a fait ses preuves et on retrouve historiquement…
- 12:30des objets,
- 12:31par exemple la ceinture qu'il y avait dans le sarcophage de Toutankhamon,
- 12:35qui était teintée en garance,
- 12:38la tunique dite du Christ qui est exposée à Argenteuil,
- 12:44qui a été décrochée,
- 12:45et si je ne me trompe pas,
- 12:46c'est bien de la garance contemporaine de cette époque-là.
- 12:50Donc c'est un peu le colorant de l'humanité pour moi,
- 12:52c'est un colorant qui a accompagné l'homme sur toutes ses intentions de teindre des textiles.
- 12:59et si on le retrouve d'un point de vue archéologique et historique encore rouge c'est qu'effectivement il y a une tenue donc ça c'était le premier point et je me bats contre ça après la difficulté de la plante ou du colorant naturel c'est
- 13:14que les plantes s'affairent à beaucoup de choses mais elles ne le font pas en grande quantité c'est à l'inverse de la chimie de synthèse qui est une molécule répétable à souhait et à bas coût
- 13:25Là,
- 13:26on est dans des produits à valeur ajoutée,
- 13:29de haute intensité,
- 13:30mais qui demandent aussi une précaution d'approche,
- 13:33une compréhension de son cycle végétal pour bien travailler avec elle.
- 13:37Donc,
- 13:38c'est vrai qu'il y a une complexité,
- 13:40mais il faut…
- 13:41Alors, je dirais,
- 13:42moi,
- 13:42je suis partie… C'est un choix,
- 13:44je suis partie de la contrainte pour comprendre comment j'allais travailler et qu'est-ce que j'allais pouvoir donner.
- 13:49Et est-ce qu'elle pouvait répondre à des intents industriels ?
- 13:54Donc,
- 13:54il a fallu que je… j'ai beaucoup,
- 13:57beaucoup d'observations,
- 13:59je travaille énormément,
- 14:00j'ai fait de nombreux tests pour comprendre si à un moment donné c'était une utopie d'industrialiser une plante naturelle.
- 14:07ou alors il y avait une possibilité vraiment de dire que le colorant pouvait petit à petit prendre sa place,
- 14:13alors peut-être pas se substituer à tous les marchés de la teinture,
- 14:17mais en revanche,
- 14:19par rapport aux entreprises qui ont des démarches comme moi je l'ai dans le principe,
- 14:24c'est-à-dire la durabilité d'un process industriel,
- 14:28là on peut effectivement retravailler,
- 14:30mais ça veut dire que c'est,
- 14:33en fait j'ai toujours tendance à dire que c'est la plante.
- 14:36qui va donner le chemin à suivre,
- 14:39et non nous qui allons forcer la plante.
- 14:42On a toujours été comme ça,
- 14:44c'est-à-dire que quel que soit le domaine,
- 14:45la teinture ou autre chose,
- 14:47on a une tendance à penser être supérieur à la nature,
- 14:51à la maîtriser complètement,
- 14:53or on ne fait que l'imiter.
- 14:55et on l'imite,
- 14:57on l'a imité pendant des décennies,
- 14:59mais on l'a tellement mal imité qu'on est arrivé à certaines catastrophes.
- 15:02Là,
- 15:02non,
- 15:02il faut respecter ce qu'elle est,
- 15:04il faut l'entendre et la comprendre,
- 15:06et ensuite travailler en se disant comment je peux travailler avec ce qu'elle donne pour en faire un produit industriel.
- 15:15Ok,
- 15:15donc deuxième préjugé,
- 15:17en gros,
- 15:17c'est la complexité du végétal,
- 15:21si on résume ce deuxième préjugé.
- 15:23Tout à fait,
- 15:24tout à fait.
- 15:26Est-ce qu'il y avait d'autres préjugés qui vous ont été remontés par rapport aux entreprises que vous avez rencontrées ?
- 15:37Alors,
- 15:38elle,
- 15:38c'était la répétabilité,
- 15:40parce qu'on est sur du naturel,
- 15:41c'est-à-dire qu'il peut y avoir une zone de tolérance de teinte,
- 15:45de nuance,
- 15:46mais pas un écart important.
- 15:48C'est-à-dire,
- 15:48comment…
- 15:50Alors, ce qu'ils m'ont expliqué,
- 15:51c'est que nous,
- 15:52par exemple,
- 15:52dans le textile,
- 15:54s'ils font un pull rouge,
- 15:55le bain d'après doit être à peu près le même.
- 15:59Alors ça,
- 16:00c'était un des points bloquants.
- 16:02et là on est sur du naturel c'est-à-dire qu'on ne maîtrise pas l'évolution climatique,
- 16:06on ne sait pas ce qui se passe dans le champ,
- 16:08on ne sait pas comment la plante va évoluer dans son cycle donc effectivement il va falloir intégrer dans sa transformation tout ce qu'elle peut subir au préalable et qui pourrait être qui pourrait amoindrir la qualité donc ça c'est un travail qu'il faut aussi faire de
- 16:25compréhension de la plante et de travail au moment de la transformation
- 16:30Donc voilà,
- 16:31ça,
- 16:31ça a été un des points sur la répétabilité,
- 16:34c'est-à-dire comment arriver à avoir un bain moyen en permanence,
- 16:38une couleur,
- 16:38une teinte qu'on va pouvoir redonner en permanence.
- 16:44D'accord,
- 16:44donc trois préjugés en gros,
- 16:47c'est ça,
- 16:47trois gros préjugés.
- 16:50Du coup,
- 16:50ça m'amène à la question,
- 16:51Christine,
- 16:52de l'agronomie,
- 16:53tout simplement,
- 16:54de la culture de la garance,
- 16:57parce que quand vous dites qu'il y a la tenue dans le temps,
- 17:01donc c'est comment la plante exprime,
- 17:04on va dire,
- 17:05ses molécules colorantes,
- 17:07on sait que la garance,
- 17:08du coup,
- 17:08c'est par sa racine,
- 17:09mais qu'il y a un temps.
- 17:13on en a échangé avec
- 17:15Laura Roussier du Champ des couleurs qui cultivait la garance,
- 17:18on sait qu'il y a un temps spécifique à attendre et que des fois ça ne sert à rien de laisser une garance trop longtemps dans le sol parce qu'elle ne va pas produire forcément plus de molécules.
- 17:28Est-ce que vous,
- 17:28vous pouvez nous raconter comment vous avez appréhendé cette partie agronomique ?
- 17:33Qui sont vos partenaires ?
- 17:34Comment vous faites vos tests ?
- 17:35Comment ça se passe ?
- 17:39Alors,
- 17:40sur la partie agronomique,
- 17:41j'ai eu l'occasion et la chance de pouvoir déposer une thèse doctorale avec les laboratoires de l'Université d'Avignon,
- 17:49où il y avait une double entrée,
- 17:50une entrée agronomique et une entrée chimique.
- 17:53Et donc,
- 17:54le jeune doctorant a super bien travaillé sur ces deux principes,
- 17:58parce que l'un ne va pas sans l'autre,
- 18:00évidemment,
- 18:00puisqu'on est dans la chimie du vivant.
- 18:04et qu'effectivement les plantes s'adaptent à leur environnement.
- 18:09Il y a tout un environnement pédoclimatique qui fait que la plante va donner le meilleur ou le pire.
- 18:15C'est un peu comme le vin,
- 18:16c'est-à-dire qu'il y a un effet terroir sur les plantes qui est important et ça il faut l'intégrer aussi.
- 18:22on ne plante pas n'importe quelle plante,
- 18:23n'importe où.
- 18:25Alors déjà,
- 18:26parce que c'est une hérésie environnementale,
- 18:28ça veut dire qu'on va forcer la plante,
- 18:30et que là,
- 18:30il est hors de question qu'on force la plante que je vais traiter ensuite,
- 18:33parce que je veux un travail correct dans le champ,
- 18:37pour que derrière,
- 18:37je puisse travailler dans les meilleures conditions.
- 18:40Mais la soutenabilité pour moi,
- 18:42c'est-à-dire que vraiment la question de la plante,
- 18:43de son cycle,
- 18:44de sa vie,
- 18:45de sa chimie,
- 18:47commence dès la graine et finit au moment où je propose.
- 18:50propose le produit au client.
- 18:53Donc il y a une logique et il y a une manière d'appréhender le monde du vivant qui pour moi est très important.
- 19:02Et je pense qu'on arrive à un niveau de performance quand on intègre un peu ce principe.
- 19:07C'est un peu le principe des parfumeurs,
- 19:10qui eux savent exactement à quel moment de la journée il faut cueillir la fleur pour pouvoir ensuite la transformer et avoir les extraits.
- 19:20On m'avait dit,
- 19:21il y a un invité qui m'a dit que la
- 19:24France était le premier producteur mondial de garances au XVIIIe siècle.
- 19:30C'est ça ou je me suis embrouillée ?
- 19:32Non,
- 19:33c'est bien ça ?
- 19:34Alors,
- 19:36c'est bien ça.
- 19:37Dans le Vaucluse,
- 19:38on a eu,
- 19:39jusqu'à la fin du XIXe,
- 19:4214 000 hectares de garances.
- 19:45Et à ce moment-là,
- 19:46l'Eau Vaucluse exportait 60% du rouge mondial,
- 19:49avec des qualités remarquables sur ce rouge.
- 19:52Donc ce n'était pas une petite anecdote économique.
- 19:56pour la France.
- 19:59Et ça s'est effondré pour deux raisons.
- 20:02La première raison qui est connue pour beaucoup,
- 20:05c'est l'arrivée de la molécule de synthèse et qui a évincé le naturel parce qu'on sortait une molécule à bas coût,
- 20:15alors que la garance,
- 20:16il y a quand même des transformations et une approche,
- 20:18il y a beaucoup de main-d'œuvre,
- 20:20donc effectivement on ne peut pas sortir la garance au naturel au coût du pétrole.
- 20:26La deuxième,
- 20:27c'est qu'il y a eu une ouverture à l'import de produits asiatiques en grande quantité,
- 20:34avec des coûts moindres,
- 20:35donc à bas coût,
- 20:36mais de qualité moindre aussi.
- 20:40Là aussi,
- 20:40il y a une répétabilité économique malheureuse pour nous,
- 20:43c'est-à-dire qu'on importe des produits à bas coût,
- 20:48mais qui ne tiennent pas.
- 20:49Et donc je pense que dans le principe même de ce qu'on peut retirer de ces leçons-là historiques,
- 20:56c'est que tout ce qui est fast,
- 20:59fast fashion,
- 21:00fast food,
- 21:00etc.,
- 21:02c'est qu'on n'a pas respecté,
- 21:04on a voulu spéculer sur des plantes,
- 21:07et on n'est pas allé au-dessous des principes,
- 21:10mais on n'a pas respecté ce qu'on avait sous la main,
- 21:12et on n'a pas élevé le niveau,
- 21:14on l'a plutôt baissé.
- 21:15et au bout d'un moment on se prend notre propre piège puisque là on voit qu'effectivement je pense qu'on est arrivé au bout du principe de la chimie de synthèse et que la chimie du naturel va devoir rejouer un rôle important dans un monde qui est en transition
- 21:32On est complètement d'accord là-dessus
- 21:35J'avais des questions pour cibler la garance,
- 21:38c'est la garance des teinturiers que vous travaillez ou aussi la garance voyageuse ?
- 21:43Alors c'est la garance des teinturiers parce que c'est celle qui a été plantée dans le Vaucluse.
- 21:48Et que pour l'un,
- 21:49pour le coup,
- 21:49je suis partie sur un patrimoine végétal.
- 21:52En fait,
- 21:52je suis partie sur le principe du patrimoine.
- 21:55Comment faire du passé,
- 21:56une histoire d'avenir ?
- 21:57C'était un peu le propos que j'ai tenu à l'université,
- 22:00en se disant qu'elle a existé,
- 22:02il n'y a pas de hasard dans la vie,
- 22:03si elle a existé ici,
- 22:04c'est qu'elle doit exister.
- 22:05Et du coup,
- 22:06en Vaucluse,
- 22:06on a le patrimoine végétal qui est là,
- 22:09le patrimoine naturel,
- 22:10on a le patrimoine bâti,
- 22:12puisqu'on a encore des fours à garance ou des moulins à garance.
- 22:18Et après,
- 22:18il y a ce patrimoine immatériel,
- 22:20puisque un des grands faiseurs et des grands chercheurs sur la garance était Jean-Henri Fabre.
- 22:26qui a déposé énormément de brevets sur la garance et qui croyait déjà à son époque à l'industrialisation,
- 22:32accompagné d'un autre grand chimiste qui lui a eu la chance d'être connu avec une autre plante qui était l'anis étoilé puisque c'était M.
- 22:40Pernaut et qui,
- 22:42quand il a quitté la garance,
- 22:43est allé faire cet alcool anisé qu'on connaît tous.
- 22:47d'accord et ça me fait penser ce que vous me racontez ça me fait penser au livre je crois que c'est
- 22:53Gustave Eusé ou quelque chose comme ça qui parle des plantes industrielles des territoires des terroirs à respecter etc ça vous parle ou pas ce je crois que c'était lui qui parle je ne l'ai pas lu mais en tout cas je partage complètement ce principe c'est-à-dire c'est une plante pour un territoire en
- 23:12fait la plante elle sait où elle est bien
- 23:15il faut respecter le choix de la plante je dirais à la limite alors c'est vrai qu'on a tendance à toujours forcer la dose mais si on force ça veut dire qu'on va faire entrer certains principes qui sont peut-être un préjudice sur la qualité moi je ne veux absolument pas rogner sur la qualité
- 23:32du produit donc je entre guillemets j'écouterai plutôt ma plante je suivrai ce qu'elle va me dire
- 23:41et à partir de là je vais établir un principe c'est plutôt elle qui me dicte la manière de faire et là je reconnais toute mon humilité devant la plante parce qu'elle m'impressionne énormément sur la capacité qu'elle a et la complexité qu'elle a
- 24:01J'ai une petite question,
- 24:02c'est un petit paradoxe.
- 24:04On m'a dit une fois qu'une plante tinctoriale exprimait plus de molécules,
- 24:09je vous la fais méga courte,
- 24:11mais exprimait plus de molécules quand elle était en souffrance.
- 24:15Et en gros,
- 24:15on m'avait parlé d'un stress par la sécheresse ou certaines plantes qui donnent le bleu par un stress hydrique donnaient plus de molécules de couleur.
- 24:26Est-ce que ça,
- 24:26ça se retrouve sur la garance ?
- 24:30Alors ça se retrouve sur la guérance Mais dans tout le monde végétal C'est-à-dire qu'une plante ne fait jamais rien pour rien
- 24:37Tout ce qu'elle donne Est une réponse à quelque chose
- 24:40Et ce qui est remarquable
- 24:41C'est que
- 24:44Le monde végétal Ne génère aucun déchet
- 24:47Et ça c'est aussi important pour moi de regarder
- 24:49Comment l'évolution
- 24:52Des plantes
- 24:54Chaque chose est étudiée Il y a une ingénierie
- 24:57Sur la plante qui est extraordinaire
- 24:59quel que soit le type de plante,
- 25:01la plante va faire quelque chose ou va venir,
- 25:04va produire quelque chose,
- 25:05elle va exprimer effectivement soit une réponse à un stress,
- 25:09soit quelque chose par rapport à un stress hydrique,
- 25:13une attaque de...
- 25:16d'insectes,
- 25:17quelque chose.
- 25:18Mais en fait,
- 25:18la plante dans son monde,
- 25:20dès qu'on la change,
- 25:21elle est adaptée à son monde.
- 25:23Je prends,
- 25:23pour exemple,
- 25:24une...
- 25:25Alors,
- 25:25ça n'a rien à voir avec les plantes territoriales,
- 25:27mais c'est très significatif.
- 25:29J'ai rencontré un chercheur de l'INRA qui travaillait sur la vanille et qui me dit que la vanille est originaire d'Amérique du Sud.
- 25:36Et nous,
- 25:37on a en France la vanille Bourbon qui vient de la Réunion.
- 25:41en fait c'est parce que on a transporté la vanille d'Amérique du Sud à la Réunion et qu'on a fait cette vanille bourbon or on sait qu'on pollinise la vanille à la main pour qu'elle puisse donner la
- 25:55gousse or en Amérique du Sud il y a un insecte il y a une mouche qui pollinise la vanille toute seule donc on est parti avec les plants mais sans l'insecte et là on a fait une rupture de chaîne
- 26:10et on est obligé d'intervenir.
- 26:12Donc,
- 26:12vous voyez que la nature a tout pensé à tout moment.
- 26:15Et donc,
- 26:15quand la plante n'est pas dans tout ce qu'il lui faut,
- 26:18elle va évoluer,
- 26:19mais peut-être pas de manière idéale.
- 26:21Et la garance,
- 26:21c'est pareil.
- 26:22Quand elle est dans son domaine,
- 26:23elle évolue de manière idéale.
- 26:25Elle va donner les réponses qu'il faut.
- 26:26Elle ne fait rien pour rien.
- 26:28Si on la met dans un autre domaine,
- 26:29elle donnera une autre réponse.
- 26:32Ah génial,
- 26:34j'adore votre exemple sur la vanille,
- 26:36ça me parle,
- 26:38bref c'est génial,
- 26:39ça illustre bien le propos que vous avez.
- 26:42Du coup si on retourne dans le champ,
- 26:44vous travaillez avec des partenaires agriculteurs ?
- 26:50c'est quoi ?
- 26:51c'est plusieurs partenaires qui ont plusieurs surfaces c'est une grande surface c'est une coopérative comment ça s'organise pour votre colorant de garance ?
- 27:05alors là on est parti sur on fait un premier hectare expérimental parce que il y a des agriculteurs qui sont très intéressés que je commence à organiser
- 27:15en poules agricoles.
- 27:18Mais là,
- 27:19il y a quand même pour moi un raisonnement à avoir,
- 27:21étant donné les aléas climatiques qu'on rencontre en ce moment.
- 27:26c'est-à-dire comment la plante,
- 27:28alors les plantes s'adaptent,
- 27:29nous on s'adapte beaucoup plus lentement,
- 27:31voire des fois pas du tout,
- 27:32mais en fait elles vont donner évidemment une réponse,
- 27:35et c'est là la question précédente,
- 27:36on va voir comment elle évolue en ce moment,
- 27:38dans ces périodes de réchauffement climatique,
- 27:42mais où tous les événements,
- 27:44que ce soit pluvieux ou grande chaleur,
- 27:50vont avoir un impact dans le champ.
- 27:52Donc là on a un nectar qui est à l'étude pour l'instant,
- 27:57et je vais voir quelle réponse elle va donner qu'est-ce qu'elle va faire on l'a vu elle décale un petit peu son cycle en ce moment de végétalisation parce que comme tous les végétaux ils savent se mettre en sommeil et repartir ensuite parce
- 28:12qu'ils s'adaptent et je voudrais voir comment elle s'adapte donc là effectivement c'est un travail qui va être fait en collaboration avec des agriculteurs qui soient
- 28:22bien ouvert sur l'expérimentation,
- 28:24qu'il soit bien conscient que dans le champ,
- 28:26on ne va pas faire n'importe quoi,
- 28:27parce que pour moi,
- 28:28il y a une exigence aussi du champ.
- 28:31Je ne veux aucun produit chimique sur le champ.
- 28:34Et comment on va travailler de manière à ce qu'elle puisse s'épanouir dans les meilleures conditions,
- 28:40tout en ayant ce cadre très contraignant du réchauffement climatique.
- 28:47D'accord,
- 28:47et là vous avez une parcelle d'agronomie expérimentale pour voir l'adaptabilité de la garance aux aléas climatiques,
- 28:55donc ça je comprends bien,
- 28:57et les parcelles qui vous procurent la garance qui est dans votre produit que vous commercialisez depuis 2015 ?
- 29:08Alors on va voir.
- 29:11Non,
- 29:11non,
- 29:11le colorant maintenant.
- 29:13En fait,
- 29:13industrialiser un colorant,
- 29:15c'est comme tout produit industriel,
- 29:16ça demande au moins 10 ans de travail avant de mettre le premier tram sur le marché.
- 29:21Donc là,
- 29:21on arrive.
- 29:23D'accord,
- 29:23OK.
- 29:24Je suis retournée à la paillasse il n'y a pas très longtemps.
- 29:26Donc,
- 29:26c'est un perpétuel retour à la paillasse parce qu'elle l'impose aussi.
- 29:33et donc là des fois vous savez on dérange tout pour mieux ranger c'est à dire qu'elle nous oblige à repenser complètement le process en se disant peut-être qu'on n'est pas allé au bout du principe
- 29:42il va falloir accepter qu'on n'était peut-être pas si bon tout en croyant être performant.
- 29:50En fait,
- 29:51la plante,
- 29:52c'est pour ça que je vous dis,
- 29:53systématiquement,
- 29:53elle vous renvoie à ce que vous faites et elle vous demande de travailler différemment.
- 29:57Il faut en accepter l'augure et se dire,
- 29:59il y a peut-être autre chose à faire et à apporter.
- 30:02Donc là,
- 30:02on est en phase de développement commercial avec un produit qui est un concentré de rouge qui est complètement naturel.
- 30:10et qui est polyvalent et qui va correspondre,
- 30:13je pense,
- 30:13d'après les premiers tests qu'ils font,
- 30:15à ces différents secteurs.
- 30:17Donc,
- 30:18évidemment,
- 30:19on prend du retard.
- 30:19Mais un produit industriel,
- 30:20on ne le trouve pas en 6 mois.
- 30:22Ce n'est pas possible.
- 30:24parce qu'on a les changements d'échelle.
- 30:26Non,
- 30:26non,
- 30:26c'était juste pour savoir.
- 30:29Chaque changement d'échelle vous fait reprendre la copie à zéro,
- 30:31entre guillemets,
- 30:32ou presque à zéro,
- 30:33c'est ça ?
- 30:34Automatiquement,
- 30:34parce que même si la plante semble morte,
- 30:39elle ne l'est pas,
- 30:40ces molécules sont juste inertées pendant un moment,
- 30:43et dans les bains,
- 30:44et dans le changement d'échelle,
- 30:47elles vont se comporter de manière différente.
- 30:49et donc chaque changement d'échelle est une prise de risque jusqu'au moment où effectivement on paramètre complètement le changement d'échelle et là on a le process écrit et validé dans la quantité de production et là on arrive à normer à
- 31:04peu près si on peut dire ça à normer le produit,
- 31:07à se dire voilà maintenant on sait qu'exactement on part avec tant de kilos on va avoir tant,
- 31:11on va produire tant,
- 31:11ça va prendre tant de temps on va faire tel pain,
- 31:13etc.
- 31:14Donc c'est effectivement le changement d'échelle qui est compliqué
- 31:17et qui,
- 31:17entre chaque changement d'échelle,
- 31:19demande un retour à la paillasse pour comprendre ce qui s'est passé,
- 31:23pourquoi ça a fonctionné,
- 31:24pourquoi elle a donné autre chose qu'on n'attendait pas du tout,
- 31:26parce que c'est elle qui donne.
- 31:28Elles sont chargées en molécules.
- 31:30Il n'y a pas que les molécules territoriales,
- 31:32il y a tout le reste qui est dans la plante et qui,
- 31:34à un moment donné,
- 31:36peut gêner le process.
- 31:40Oui,
- 31:40complètement.
- 31:41Je voulais du coup vous demander,
- 31:43donc on a eu plusieurs acteurs sur la garance,
- 31:46bon pas spécifiquement que sur la garance,
- 31:48mais on a eu plusieurs agricultrices d'ailleurs,
- 31:50donc le champ des couleurs,
- 31:52donc c'est l'épisode 29 pour ceux qui sont intéressés,
- 31:54et on a eu Livaden en Bretagne,
- 31:56c'est l'épisode 33 il me semble,
- 31:58et dans la culture de la garance,
- 32:00il y avait deux gros défis,
- 32:05on va dire,
- 32:06la récolte,
- 32:07parce que comme on n'utilise que la racine,
- 32:12c'est quand même fastidieux de sortir les racines,
- 32:16d'en oublier le moins possible,
- 32:18etc.
- 32:18Donc il y avait la première réflexion qui était...
- 32:22quel engin agricole serait le plus pertinent pour la récolte mécanisée de la garance ?
- 32:31Est-ce que vous,
- 32:32vous êtes une structure sur votre hectare,
- 32:34vous êtes sur de la mécanisation ou vous êtes tout à la main ?
- 32:39Alors,
- 32:41pour aborder le monde agricole,
- 32:42on est quand même obligé à l'heure actuelle de penser mécanisation du début à la fin,
- 32:47parce qu'autrement,
- 32:48eux n'ont plus le temps.
- 32:50et on serait sur des surcoûts importants sur la récolte en revanche je pense que là c'est pareil,
- 32:59quand on débute des principes comme ça il faut être simple
- 33:03Ici en Vaucluse,
- 33:05manuellement,
- 33:07pratiquement toutes les vieilles familles paysannes ont cette fameuse fourche à garance qui faisait 14 kilos et qui devait aller chercher le plus profondément possible les racines.
- 33:18Et c'était deux ouvriers agricoles pour relever la fourche à chaque fois qu'ils la mettaient dans le sol.
- 33:24Donc elles sont là,
- 33:25elles sont énormes,
- 33:26c'est 14 kilos,
- 33:27vous imaginez ce que ça peut être à vos bras.
- 33:29donc là on peut mécaniser mais je pense qu'au départ alors d'une part on a des outils comme tous les outils qui récoltent les tubercules ou les grands rhizomes ça je pense qu'on peut s'appuyer sur ça après je pense que moi dans mes partenaires et même
- 33:45dans le niveau agricole tous les gens qui travaillent avec moi savent que j'aime bien avoir leur avis d'expert parce que pour moi l'expert de la terre ce n'est pas moi ça va être le paysan lui connait bien son sol
- 33:58il sait très bien le travailler et il sait à un moment donné peut-être apporter une petite nuance sur ce qu'il va travailler et peut-être que l'outil ne sera pas universel il sera adapté à un territoire,
- 34:07à un sol donc là c'est eux et je pense qu'ils prennent aussi beaucoup de plaisir à intervenir sur la technique en se disant peut-être que si je fais ça dans mon sol ça va correspondre là aussi on ne peut pas avoir un propos universel
- 34:23on n'est pas en train de faire un légume ou du maraîchage où là tout est tellement standardisé qu'on peut se permettre des très grandes superficies avec un standard de technologie ou
- 34:37même de la manière de conduire le champ.
- 34:41là c'est pas du tout le cas on est sur une plante qui va comme vous le disiez tout à l'heure qui va se construire chimiquement en fonction des réponses à donner et donc même dans le champ la manière dont elle va évoluer on va le voir,
- 34:53elle peut avoir des rhizomes qui seront très profonds parce qu'elle va aller chercher l'eau peut-être profondément pour d'autres non,
- 34:59une nappe beaucoup plus près où elle va aller moins plonger ou d'autres où elle sera simplement traçante et pivotante mais pratiquement à la surface donc la réponse la réponse mécanique
- 35:10c'est surtout le paysan avec qui je vais discuter,
- 35:13parce qu'on est vraiment partenaires,
- 35:15et je suis avec eux sur le champ du début à la fin,
- 35:17on est vraiment ensemble,
- 35:19et on a besoin de se parler pour comprendre.
- 35:21On ne monte pas une filière agro-industrielle si chaque segment de la filière n'a pas ses experts et ne s'écoute pas.
- 35:29En tout cas,
- 35:30moi je prends le temps d'être avec eux et de les écouter tout le temps,
- 35:33parce qu'ils ont cette expertise de la terre,
- 35:35au moins de leur terre,
- 35:37que moi je n'ai pas.
- 35:39D'accord,
- 35:39donc ça c'était le premier point qu'on avait nous relevé,
- 35:42et le deuxième c'était la station de transformation,
- 35:47c'est-à-dire la garance une fois qu'elle est récoltée,
- 35:52elle est nettoyée,
- 35:53séchée,
- 35:54puis transformée.
- 35:55Donc,
- 35:56généralement,
- 35:57sur les personnes que j'ai eues,
- 35:58c'était sur site.
- 36:00Là,
- 36:00ça sera la même chose,
- 36:01c'est-à-dire que ce sera sur place,
- 36:03la station de transformation,
- 36:05pour la garance,
- 36:06ou ça sera par laboratoire ?
- 36:09Oui.
- 36:12Ah non,
- 36:12une fois qu'ils ont récolté les racines,
- 36:15c'est moi qui les récupère,
- 36:16et c'est moi qui transforme l'unité de transformation,
- 36:18c'est moi.
- 36:20Donc eux…
- 36:20D'accord.
- 36:22Voilà, c'est eux qui vont me dire,
- 36:24il y en a qui se sentent d'aller jusqu'au broyage,
- 36:27pourquoi pas.
- 36:28Ça sera la première transformation sur site.
- 36:31d'autres qui me disent non je récolte et je vous donne les racines voilà ça c'est pareil il y a un côté respect,
- 36:41c'est à dire que je respecte le paysan ce qu'il veut faire ou il se sent de le faire je ne veux pas forcer qui que ce soit à faire quelque chose qu'il n'a pas envie de faire moi je sais qu'à un moment donné je peux broyer l'unité
- 36:57de transformation c'est moi qui l'ai merci
- 36:59eux ce que je leur demande c'est vraiment d'être les meilleurs et les plus performants pour que la plante puisse me donner le meilleur jus possible d'accord ok et alors mon autre question c'était comment face au végétal qui est comme
- 37:14on l'a dit qui adapte ses réponses en fonction des aléas etc comment vous vous assurez que votre garance,
- 37:21que la qualité de votre garance elle soit constante,
- 37:23vous faites des tests en labo je suppose,
- 37:25est-ce que vous pouvez nous en parler un petit peu plus
- 37:28Alors déjà,
- 37:31il y a la vigilance sur le champ,
- 37:33évidemment,
- 37:34parce que là,
- 37:35c'est le premier critère.
- 37:36C'est l'œil de l'agriculteur qui sera là en permanence,
- 37:39qui regarde le champ,
- 37:39qui est capable de me dire,
- 37:41parce qu'évidemment,
- 37:42les terres sont un peu dispersées,
- 37:44et qui peut me dire là,
- 37:45il se passe ça ou autre chose.
- 37:47Après,
- 37:48moi,
- 37:48il y a un suivi,
- 37:50il y a un suivi analyse de la plante pour savoir si elle est à terre ou pas.
- 37:55Et si on peut,
- 37:56un peu comme,
- 37:57en fait,
- 37:57vous savez,
- 37:58c'est un peu comme le verre,
- 37:59c'est-à-dire qu'à un moment donné,
- 38:00on déclenche la vendange quand on sait que le raisin est arrivé à maturité.
- 38:06Là,
- 38:06c'est un peu pareil pour moi,
- 38:08c'est-à-dire que je vais essayer de pallier les difficultés qu'on peut avoir,
- 38:12surtout dans notre région où on a des épisodes de stress hydrique très,
- 38:15très,
- 38:15très importants,
- 38:17de savoir à quel moment on peut aller à la récolte de la racine ou s'il faut attendre encore un petit peu.
- 38:25Mais là aussi,
- 38:26c'est pareil,
- 38:27c'est un respect de la plante,
- 38:29parce qu'elle a peut-être eu des difficultés.
- 38:31C'est aussi l'écoute que j'aurai d'agriculteurs qui,
- 38:36lui,
- 38:36à force d'appréhender la plante,
- 38:38va me dire,
- 38:40Là,
- 38:40on va décaler ou ce n'est peut-être pas encore le bon moment.
- 38:44On est tous en train de se poser des questions sur ce réchauffement climatique et il faut savoir aussi adapter notre réponse.
- 38:49Si on va avoir une performance industrielle derrière,
- 38:52le premier c'est le respect de la graine et de la terre il faut commencer par là et peut-être adapter une réponse alors s'il faut décaler de 6 mois pour x raisons on décalera de 6 mois je ne peux pas présumer de ce qui se passe sur la plante sachant
- 39:07que chaque année on a une évolution climatique au moins dans notre région plus rien n'est linéaire donc il y a beaucoup de questions qui vont se poser maintenant sur la plante si on veut
- 39:21évidemment,
- 39:22avoir toujours cet objectif d'industrialisation.
- 39:28ok alors du coup je pense qu'on a bien fait le tour du projet je pense que vous pouvez pas en dire plus sur je sais pas l'aspect qu'aura ce concentré est-ce qu'il sera liquide est-ce que ce sera un extrait poudre est-ce que ce sera une
- 39:44pâte est-ce que bon bref ça vous pouvez en parler ou c'est dans votre brevet donc c'est c'est inabordable non non
- 39:54Non,
- 39:54non,
- 39:54non.
- 39:55Là,
- 39:55le produit que je propose,
- 39:56c'est un produit,
- 39:59c'est une poudre stabilisée.
- 40:03et micronisée pour qu'elle puisse passer dans toutes les machines,
- 40:07qu'elle ne bloque pas,
- 40:08qu'elle soit,
- 40:10par exemple,
- 40:10dans le textile,
- 40:11qui a un bon unisson,
- 40:14qui a des bains assez homogènes pour pouvoir être dispersée.
- 40:17Donc non,
- 40:18elle est sous forme de poudre parce que pour moi,
- 40:19elle est stabilisée.
- 40:21Elle n'est plus sensible.
- 40:23Il n'y a surtout plus de risque de contamination bactérienne.
- 40:27et du coup le fait de la proposer sous forme de poudre,
- 40:32elle peut être utilisée dans n'importe quel secteur,
- 40:34puisque après la dispersion se fait assez bien.
- 40:38d'accord j'ai un invité qui m'a parlé de ce serait intéressant d'avoir en fait il m'expliquait que pour les machines les imprimantes moi je me dis bah vraiment on sait faire des encres végétales pourquoi c'est pas plus employé
- 40:52et il me disait attention le comment ça s'appelle le le produit s'il est trop dense trop granuleux ou trop ceci trop cela ça bouche les têtes d'impression et c'était ça la problématique pour les encres
- 41:07Est-ce que le fait d'utiliser une poudre stabilisée micronisée,
- 41:10ça pourrait être une solution à l'impression textile d'encre végétale ?
- 41:17Écoutez-moi,
- 41:18les tests qui ont été faits,
- 41:19même en peinture,
- 41:21c'est peut-être le domaine le plus proche de l'encre.
- 41:27La dispersion s'est bien faite.
- 41:28Il y a eu une bonne homogénéité dans la dispersion et il n'y a pas eu de problème à ce niveau-là.
- 41:37ok donc c'est c'est potentiellement une porte vers des encres végétales à plus grande échelle d'accord ok super alors Christine je voulais vous poser deux questions puisque on a vraiment bien parlé du projet c'était hyper intéressant rapidement
- 41:56qu'est-ce que vous faites pour transmettre votre savoir tout ce que vous avez fait depuis 10 ans comment vous faites pour le assurer une certaine transmission et
- 42:06aux plus jeunes générations ou autour de vous ?
- 42:11Alors déjà,
- 42:12dès le début,
- 42:12j'ai toujours fait appel à des étudiants,
- 42:16quel que soit le domaine,
- 42:18pour partager l'expérience.
- 42:19Et en fait,
- 42:20j'ai souvent des apprentis qui sont là,
- 42:24souvent avec différents secteurs,
- 42:26que ce soit agricole,
- 42:27chimie ou économie.
- 42:30Tout est possible.
- 42:32et je parle avec eux et je regarde la manière dont ils vont se comporter dans le principe en règle générale j'ai la chance d'avoir des étudiants quand ils repartent soit ils repartent avec regret et ils essayent de revenir en deuxième année parce
- 42:49que ça leur plaît mais à ce moment là je les associe à tout tout ce que je fais
- 42:57aussi bien des réunions administratives ou après dans le champ,
- 43:01ils sont partout.
- 43:03Alors,
- 43:03quelle que soit leur spécialité,
- 43:05s'ils sont dans l'agriculture ou s'ils sont dans la chimie,
- 43:07ils sont autant dans le champ qu'au process,
- 43:09qu'au labo,
- 43:10ils sont partout avec moi,
- 43:11je les amène vraiment partout.
- 43:13Et on a vraiment des discussions,
- 43:14puisque moi ce qui me tient surtout à cœur,
- 43:16c'est la soutenabilité de l'industrialisation,
- 43:19et la possibilité de faire du naturel une alternative forte à tout ce qu'on a subi avec le pétrole.
- 43:28et en fait je parle avec eux et je leur donne les premiers arguments et je suis souvent heureuse de voir qu'eux vont m'écrire la suite en me disant on a compris Christine,
- 43:39effectivement là on ne l'avait pas appréhendé de cette manière-là,
- 43:43ça nous ouvre des horizons même pour ce qu'ils font après,
- 43:46c'est-à-dire qu'il y en a certains qui partent travailler ailleurs,
- 43:49mais en fait ils comprennent ma logique assez globale ou voire transversale
- 43:56Quand je parle d'une filière agro-industrielle,
- 43:58en fait c'est un partage de valeurs que je veux avoir avec eux.
- 44:01Je leur dis,
- 44:02vous êtes certainement la génération charnière en ce moment.
- 44:05Il y a eu beaucoup d'erreurs commises avant.
- 44:08Il va falloir qu'on tente vers un nouveau monde.
- 44:11Vous serez certainement ceux,
- 44:12les professionnels de la transition et du monde de demain.
- 44:15Moi j'ai une volonté de vous amener un argument,
- 44:18de vous faire une démonstration de ce qu'on peut faire et ce qu'on peut être.
- 44:22mais en revanche à un moment donné il va falloir tout respecter et apprendre à respecter ce qu'on fait et la manière dont on le fait et se recentrer sur les objectifs à quoi sert la couleur pourquoi on fait de la couleur qu'est-ce qu'une plante qu'est-ce qu'est notre environnement et
- 44:38je leur apprends surtout l'humilité l'humilité par rapport à l'environnement à la nature on n'est qu'une chaîne dans cette nature et on a été un peu trop prédateur et on a fait beaucoup de dégâts
- 44:51et donc c'est un discours qu'ils entendent et souvent ils me disent Christine avec vous on apprend l'éthique du métier et on sait à quoi on va servir et c'est surtout ce que je veux leur transmettre au delà de
- 45:07l'aspect technique du savoir faire,
- 45:10du process ou de ce qu'ils peuvent avoir en production
- 45:13C'est un partage de valeurs et de se dire si vous avez compris ça,
- 45:16vous pouvez partir.
- 45:19La garance a donné le mot garantie puisqu'elle était sûre.
- 45:24donc ils partent avec la garantie d'avoir bien compris ce que devait être le monde de demain déjà en étant souvent je leur dis c'est un peu l'effet colibri vous amenez votre petite pierre à l'édifice mais pour
- 45:38moi le changement viendra du bas et pas du haut donc soyez la petite pierre qui va continuer à pousser l'autre petite pierre et tout ce qu'on se dit il va falloir le dispenser derrière donc c'est comment eux vont continuer la transition
- 45:52super j'ai une avant-dernière question Christine c'est quoi la suite pour vous est-ce que c'est donc déjà c'est commercialiser votre votre colorant de garance enfin votre pour te restabiliser microniser
- 46:07Est-ce que la suite,
- 46:09c'est continuer dans la garance et proposer d'autres applications ?
- 46:13Est-ce que c'est de se lancer sur la commercialisation d'un autre grand teint ?
- 46:18J'en sais rien,
- 46:20le pastel,
- 46:20le Reseda,
- 46:21etc.
- 46:22C'est quoi pour vous votre vision d'après ?
- 46:27Alors,
- 46:28je vous dirais les deux.
- 46:30Les deux.
- 46:34parce que la garance,
- 46:36elle ne se laisse pas attraper facilement.
- 46:38C'est peut-être pour ça que les gens y vont un petit peu avec difficulté.
- 46:43Je crois qu'il faut la mériter.
- 46:45Elle demande beaucoup de sacrifice,
- 46:46beaucoup de temps.
- 46:48Qu'elle a des choses à dire encore,
- 46:51j'en suis persuadée.
- 46:52J'ai d'autres idées sur cette plante et la manière dont on peut travailler avec elle.
- 46:59que ce soit sur le colorant ou sur d'autres choses,
- 47:01parce qu'elle est assez multiple.
- 47:04Et bien évidemment,
- 47:05recommencer,
- 47:06parce que maintenant je commence bien à maîtriser le modèle d'industrialisation de la plante sectoriale et faire le choix d'autres plantes.
- 47:16dans un deuxième temps,
- 47:17arriver assez rapidement sur une autre plante et modéliser ce qu'elle aussi va me dire.
- 47:24Et je pense que je ne referai pas l'erreur que j'ai faite au début avec les premiers temps,
- 47:29avec la garance.
- 47:30en lui imposant des acquis,
- 47:35en lui disant de toute façon,
- 47:36ça passera par là,
- 47:37la transformation.
- 47:39Et l'expérience a montré que c'est elle qui me montrait la transformation et la manière de faire.
- 47:44Donc,
- 47:45je pense que là,
- 47:45je ne referai pas,
- 47:46je n'arriverai pas avec des certitudes en disant cette plante,
- 47:49elle va correspondre à ça et on va faire ça.
- 47:52Là,
- 47:52je vais prendre le temps d'observation et je me dirai,
- 47:54la plante me dit de faire ça.
- 47:58Ok,
- 47:59très bien.
- 47:59Est-ce que,
- 48:01traditionnellement,
- 48:02à la fin de l'épisode du podcast,
- 48:04l'invité passe le micro à quelqu'un pour continuer d'explorer le sujet abordé ?
- 48:11Est-ce que vous pensez à quelqu'un que vous aimeriez que je rencontre pour qu'on continue à creuser le sujet de la garance,
- 48:18le sujet de l'industrialisation des colorants végétaux ?
- 48:22alors vous êtes en plus comme on prend le sujet vous n'avez pas eu le temps de réfléchir vu que on a vraiment enregistré comme ça est-ce que vous pensez à quelqu'un qui vous vient en tête ou est-ce que vous me ferez un petit mail par la suite avec un contact que vous souhaitez
- 48:40Je vais essayer d'y réfléchir parce que là,
- 48:41j'avoue que je n'ai pas vraiment d'idée.
- 48:44En tout cas,
- 48:46la seule chose que je voudrais à la limite interpeller,
- 48:49ce sont les industriels,
- 48:50admettons du textile,
- 48:51puisque c'était aussi le sujet de départ,
- 48:55dans la notion de fast fashion.
- 48:58Et alors que maintenant,
- 48:59on revient sur la slow fashion.
- 49:01Et dire à ces industriels-là…
- 49:06d'abord si la teinte a une petite évolution sur le tissu c'est très bien,
- 49:11ça veut dire qu'on est vraiment dans le naturel on n'est pas sur une prise agressive d'une molécule pétrolière qui bloque tout et qui donne cette opacité,
- 49:21cet aplat avec aucune notion de nuance que peut apporter le colorant naturel et de leur dire,
- 49:28même si le colorant reste un peu cher évidemment parce qu'il y a du travail derrière,
- 49:32il y a de la recherche
- 49:34il y a des investissements humains et en machine.
- 49:39Ça va peut-être aussi freiner cette notion de fast fashion,
- 49:43où tout était facile,
- 49:45où tout allait rapidement.
- 49:46Là,
- 49:47moi,
- 49:47j'ai pris le temps,
- 49:47j'ai pris dix ans pour faire un colorant.
- 49:50je pense que le coût va devenir un frein,
- 49:54pas un frein à l'exploitation,
- 49:56mais un frein à une production qui n'a plus de sens.
- 49:58On se retrouve avec des tonnes de vêtements dont on ne sait même plus quoi faire.
- 50:02Et donc,
- 50:03là aussi,
- 50:04la plante,
- 50:05parce qu'elle a peu de principes actifs,
- 50:06une plante donne un petit peu de ce qu'elle a de meilleur.
- 50:10Et donc,
- 50:10en fait,
- 50:11en tirer les leçons,
- 50:12dire à ces industriels,
- 50:13regardez cette plante,
- 50:14elle vous donne...
- 50:16un principe actif de très très haut niveau en très petite quantité ce qui fait qu'elle a un coût évidemment un petit peu difficile à accepter au départ mais en même temps elle vous dit de reconsidérer votre modèle et de vous dire il vaut mieux produire peu mais
- 50:31bien que de produire beaucoup pas bien et de tout gaspiller que ce soit l'eau,
- 50:36il faut tout économiser maintenant,
- 50:37il faut retravailler de manière différente,
- 50:40donc à la limite si je devais passer le relais ça serait plutôt un industriel textile en disant
- 50:44qu'est-ce que vous voulez maintenant ?
- 50:45qu'est-ce que vous attendez ?
- 50:46qu'est-ce que vous allez nous apprendre après avoir fait la fast fashion ?
- 50:49est-ce que dans la slow fashion vous vous y inscrivez ou pas ?
- 50:55super Christine je vous remercie vraiment beaucoup pour l'humilité que vous avez face au végétal et j'ai vraiment hâte d'avoir des nouvelles de votre projet et de votre aventure ça me plairait vraiment que vous reveniez sur le podcast nous raconter la
- 51:11suite justement parce que vous avez une approche particulière
- 51:15on n'a rien préparé du tout et c'est sorti spontanément c'était hyper agréable pour moi de faire cet épisode complètement improbable,
- 51:23vous n'aviez pas la liste de questions on a vraiment pu parler de tout c'était vraiment génial est-ce que vous avez une question que je ne vous ai pas posée que vous aimeriez que vous auriez aimé que je vous pose un sujet qu'on n'a pas abordé que vous voulez aborder avant
- 51:39qu'on ne se quitte écoutez moi ce que je me dis
- 51:46Ce que j'aimerais,
- 51:47c'est qu'à un moment donné,
- 51:50est-ce que les gens sont prêts à la transition ?
- 51:54C'est surtout ça,
- 51:55parce que je me dis,
- 51:56nous,
- 51:56on œuvre,
- 51:57on est convaincus,
- 51:59mais jusqu'où ils sont convaincus de la transition,
- 52:02est-ce que tous les acteurs de la notion du végétal sont prêts à se dire…
- 52:07C'est un challenge qu'on doit relever ensemble.
- 52:12Je suis plus dans ce qu'ils appellent la notion de coopétition,
- 52:16puisqu'on a la concurrence dans la coopération.
- 52:22C'est un terme qu'on entend souvent maintenant,
- 52:24la coopétition,
- 52:25c'est-à-dire comment tous les acteurs d'une même filière ou d'une même volonté peuvent travailler ensemble pour,
- 52:31à un moment donné,
- 52:32faire que la France soit vraiment le pays de la transition.
- 52:36et que dans la chaîne textile,
- 52:39puisque là,
- 52:40on est avec des teinturiers textiles,
- 52:42on puisse faire la preuve du concept qu'on est en industrie,
- 52:45qu'on est performant,
- 52:46qu'on est bon et qu'on a la volonté en France de montrer qu'il y a une autre industrie qui est textile qui se met en place.
- 52:54Écoutez,
- 52:54Christine,
- 52:55c'était un très beau mot de la fin.
- 52:57Je vous remercie encore une fois d'être venue sur le podcast à Récovert.
- 53:03Merci de m'avoir consacré ce temps
- 53:06Merci de l'improvisation parce qu'elle était de votre côté mais de mon côté et je pense que j'ai eu beaucoup de plaisir à échanger avec vous et vous avez de belles questions
- 53:15Merci
- 53:17Je vous invite à me rejoindre sur ma page Instagram
- 53:20ARTECOVERT pour y découvrir le nom des prochains invités
- 53:27Je me permets de vous rappeler que la seule manière de soutenir ce podcast est de le noter et le commenter sur la plateforme d'écoute de votre choix
- 53:35C'est ainsi qu'on arrivera à faire porter la voix de ces passionnés de la couleur végétale
- 53:40Merci à tous Savoir si vous allez aimer, les mots clés du podcast ArtEcoVert : teinture végétale plantes tinctoriales indigo garance encre végétale couleur végétale colorants végétaux pigments végétaux coloration capillaire végétale fibres naturelles colorants biosourcés tanins teinture naturelle plantes artecovert couleurs de plantes design végétal couleur jardin agriculture tinctoriale