Latest / L'état d'esprit / Marc Bourreau — Comment capter l’attention dans un monde saturé d’informations ?
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- 0:01Bonjour et bienvenue dans l'état d'esprit.
- 0:04A travers chaque rencontre avec mon invité,
- 0:07nous explorons le pouvoir de la parole.
- 0:10Une parole qui éclaire,
- 0:11qui engage et qui parfois répare.
- 0:15Comment raconter l'actualité autrement dans un monde où nous sommes déjà saturés d'informations ?
- 0:20Dans ce nouvel épisode de l'État d'esprit,
- 0:23je reçois Marc Bourreau.
- 0:24Tous les matins à 7h45,
- 0:26au cœur de la matinale de David Abilker sur Radio Classique,
- 0:30vous proposer un rendez-vous singulier,
- 0:32le journal imprévisible.
- 0:36Radio Classique,
- 0:38le journal imprévisible.
- 0:40Avec Marc Bourreau,
- 0:41bonjour Marc.
- 0:41Bonjour David,
- 0:42bonjour à tous.
- 0:43Eh oui,
- 0:43bien loin de la fascination de Tocqueville,
- 0:45le rêve américain moderne,
- 0:46David,
- 0:46c'est une mythologie qui s'est construite en France il y a 80 ans,
- 0:49lorsque les troupes américaines défilaient dans un large sourire pendant la Libération.
- 0:53Alors avec vous,
- 0:54nous allons parler de la radio,
- 0:55de l'importance de l'écoute,
- 0:56de la force des archives et de la musique,
- 0:59mais aussi d'une question essentielle,
- 1:01comment capter encore la tension quand on peut
- 1:04tout le monde parle en même temps.
- 1:06Bonjour Marc Bourreau.
- 1:08Bonjour Olivier.
- 1:09Bienvenue dans l'état d'esprit.
- 1:11Pour ceux qui ne connaîtraient pas encore le journal imprévisible sur Radio Classique,
- 1:16comment vous le définiriez,
- 1:18on va dire en quelques mots ou quelques phrases ?
- 1:21Ce n'est pas simple,
- 1:22c'est quasiment la chose la plus difficile qu'on puisse me demander parce que généralement je parle d'une chronique décalée avec l'actualité et en fait en y réfléchissant au fur et à mesure,
- 1:31vu qu'on fait de la radio,
- 1:32je fais du son.
- 1:33C'est finalement une bande-son en lien avec l'actualité.
- 1:37Comment on peut mettre une actualité dans un tout sonore,
- 1:40un patchwork sonore ?
- 1:41Je suis un fidèle auditeur à la fois de la matinale de Radio Classique et de votre journal.
- 1:47Comment vous choisissez justement ces archives ?
- 1:50Parce que vous venez de le lire,
- 1:51il y a à la fois des témoignages,
- 1:52il y a à la fois des ambiances,
- 1:54des témoignages,
- 1:56des extraits aussi.
- 1:57Déjà,
- 1:57il faut choisir le sujet.
- 1:59Généralement,
- 2:00ça peut arriver que l'archive décide...
- 2:03Subitement du sujet.
- 2:04C'est quand un son,
- 2:05une archive fait un écho,
- 2:06fait écho avec aujourd'hui,
- 2:08une situation aujourd'hui,
- 2:09une déclaration par exemple,
- 2:10ou qu'est-ce qu'il y a eu,
- 2:13j'avais fait des masculinistes,
- 2:15voilà,
- 2:16c'était une très bonne idée de David Abicaire qui m'avait dit il faut faire quelque chose sur les mâles alpha,
- 2:20c'est quelque chose qui parle à tout le monde je pense,
- 2:22quelles que soient les générations,
- 2:23donc quand on va aller piocher dans les archives,
- 2:25forcément,
- 2:26on va trouver quelque chose qui nous parle un peu de la situation aujourd'hui.
- 2:31Et du coup,
- 2:31ça demande d'être extrêmement réactif,
- 2:33parce que paradoxalement,
- 2:35il faut être réactif à l'actualité,
- 2:37et en même temps,
- 2:38il faut rechercher toutes ces archives.
- 2:41Tout est dans la difficulté première,
- 2:43c'est quand même déjà de trouver le sujet et de suivre l'actualité.
- 2:46Moi,
- 2:46je fais de la veille intense,
- 2:48intensive de l'actualité.
- 2:51Les journaux,
- 2:53je fais plus que prêter une oreille sur ce qui se passe dans l'actualité,
- 2:56c'est-à-dire que je vais vraiment lire les journaux.
- 2:59consulter les dépêches AFP et c'est dans le détail qu'on arrive finalement dans un aspect d'un fait d'actualité qu'on arrive à dégager un angle il y a une chose que j'ai pas réussi à faire mais que je pense qu'aurait vraiment valu le coup c'est un sujet sur les lunettes de soleil avec Emmanuel Macron,
- 3:16ça paraît complètement anecdotique mais ça nous dit beaucoup de choses la lunette de soleil au final parce que on peut l'utiliser,
- 3:22c'est à la fois cinématographique c'est à la fois de la mode
- 3:28ça peut dire beaucoup de choses donc voilà c'est vraiment suivre l'actualité et s'intéresser vers la curiosité pour les petits détails aussi ça c'est quand même assez essentiel je trouve
- 3:37Alors vous êtes journaliste radio depuis de nombreuses années qu'est-ce qui continue j'ai envie de dire de vous émerveiller dans ce média où tout passe uniquement par la voix et le son
- 3:50Bah en fait tous les jours j'apprends des choses c'est quand même formidable quoi parce que bon j'ai l'air
- 3:56peut-être très connaisseur quand je fais ma chronique,
- 3:58mais enfin je pars de zéro la veille quand même.
- 4:01Donc voilà,
- 4:01moi ça me s'est tiré une bobine et puis aller voir jusqu'où ça peut m'emmener.
- 4:06Donc j'apprends plein de choses sur ce chemin-là.
- 4:09Donc c'est le fait de me lever le matin en me disant,
- 4:11ou de passer la journée en me disant,
- 4:13je vais apprendre quelque chose,
- 4:14donc ça,
- 4:14ça me stimule beaucoup.
- 4:15Et de la même manière,
- 4:17ça,
- 4:17ça peut être l'aspect culturel,
- 4:18mais de la même manière pour l'actualité,
- 4:20moi c'est quelque chose de toute façon qui m'intéressait.
- 4:22Et j'ai présenté les journaux d'ailleurs très longtemps avant de passer à ça.
- 4:26Donc j'ai toujours ce tropisme un peu pour l'actualité.
- 4:29Vous présentez le journal imprévisible,
- 4:31vous présentez aussi de temps en temps les matinales.
- 4:36Le direct,
- 4:36c'est quoi ?
- 4:37C'est un stimulant ?
- 4:38C'est stressant ?
- 4:40Ou les deux ?
- 4:41C'est stressant,
- 4:42oui,
- 4:42peut-être au départ.
- 4:44Mais c'est comme tout,
- 4:46il y a du stress qui peut être bénéfique pour le coup.
- 4:49Même du trac,
- 4:50pourquoi pas ?
- 4:50C'est même...
- 4:51plutôt bon signe parce que ça veut dire qu'on va être concentré sur ce qu'on va faire mais oui le direct c'est quand même formidable et le fait de le faire le matin je trouve que c'est la quintessence du direct parce que moi
- 5:06ça fait 10 ans quasiment que je fais le matin donc je me lève à
- 5:103h moins 10 à une autre époque c'était 2h30 du matin mais on a l'impression d'aller au marché finalement d'aller servir les produits frais et c'est quand même incroyable comme
- 5:21comme séquence et de le faire en direct,
- 5:22c'est-à-dire d'imaginer en plus les gens le matin se lever,
- 5:28ça c'est quelque chose qu'il faut prendre en compte aussi,
- 5:31et aller leur parler,
- 5:32les accompagner,
- 5:32c'est quand même quelque chose d'assez formidable.
- 5:36Est-ce que vous avez l'impression de raconter l'actualité ou de faire un travail d'information classique ?
- 5:42De toute façon,
- 5:42on est obligé de la raconter,
- 5:44que ce soit dans la presse écrite ou la télévision ou la radio.
- 5:48Alors ça peut être plus ou moins scénarisé,
- 5:50mais globalement,
- 5:52on donne corps à une actualité qui semble figée au premier abord,
- 5:58mais on la fait vivre cette actualité,
- 5:59donc on est forcément obligé de raconter.
- 6:01On a beaucoup d'informations.
- 6:04On parle beaucoup d'infobésité notamment,
- 6:06comment vous arrivez encore à surprendre l'auditeur en faisant justement ces choix-là qui ne sont pas simples,
- 6:12alors qu'ils sont des choix de journalistes,
- 6:14mais comment on arrive encore à surprendre ?
- 6:16C'est pas mal le journal imprévisible pour ça,
- 6:18parce que j'aime bien faire des contre-pieds ou d'aller toquer sur des choses auxquelles on n'avait pas pensé.
- 6:28Et il y a plein de manières de surprendre.
- 6:31Ça peut être...
- 6:33Moi,
- 6:33je sais que j'étais très content,
- 6:35j'avais fait un sujet sur les résidences secondaires,
- 6:37et très content de m'apercevoir que dans Les Bronzés font du ski,
- 6:41qui est un film que tout le monde connaît finalement,
- 6:44et bien en fait,
- 6:44ça parle aussi des résidences secondaires,
- 6:46et ça parle très bien des résidences secondaires telles qu'elles étaient dans les années 70.
- 6:49Je crois que c'est un logement partagé,
- 6:50enfin voilà,
- 6:51c'est peut-être un détail,
- 6:52et puis peut-être que je vais trop loin.
- 6:54Le top du top,
- 6:54c'est de réussir à surprendre sur quelque chose que tout le monde connaît.
- 6:58Une facette que personne n'avait vue sur cet extrait ultra connu.
- 7:02Alors il y a plus d'un million d'auditeurs de la matinale de Radio Classique,
- 7:05ce qui est quand même énorme.
- 7:06Quand on sait ce chiffre,
- 7:07on est impressionné ou finalement on n'y pense pas ?
- 7:10On n'y pense pas.
- 7:12Et c'est d'ailleurs,
- 7:13il y a deux semaines,
- 7:15on avait eu des stagiaires de 3e qui étaient dans le studio.
- 7:18Je peux vous dire que c'était beaucoup plus stressant de parler devant deux personnes qui vous regardent en jetant un oeil sur votre papier que de parler à...
- 7:29400 000 ou 1 million d'auditeurs,
- 7:31ça dépend des jours,
- 7:32mais en tout cas,
- 7:35c'est plus un accompagnement,
- 7:36un partage,
- 7:37donc il n'y a pas de problème.
- 7:39Tout devrait bien se passer,
- 7:40a priori,
- 7:40si les gens viennent vous écouter.
- 7:43Alors,
- 7:43quand on fait de la radio ou on voit du podcast,
- 7:46est-ce que le silence fait partie du langage de la radio ?
- 7:50Est-ce que le silence en radio veut dire quelque chose ?
- 7:53Le silence,
- 7:53oui.
- 7:54Alors après,
- 7:56sachez qu'en radio,
- 7:57au bout de 5 secondes de silence,
- 7:58il y a une bande de secours qui se lance,
- 7:59donc il ne faut pas non plus insister trop sur le silence.
- 8:03Mais évidemment,
- 8:05le silence et les respirations,
- 8:08mais c'est valable même en dehors de la radio,
- 8:10sur une prise de parole,
- 8:11au théâtre,
- 8:12au cinéma.
- 8:13Quand il y a du silence,
- 8:14on attire beaucoup plus l'attention et il y a quelque chose de plus humain aussi,
- 8:19je trouve.
- 8:20J'ai monté des interviews,
- 8:21des anciennes interviews.
- 8:23Et en fait,
- 8:23c'est vrai qu'au départ,
- 8:24moi quand j'ai débuté,
- 8:26les timings sont très serrés,
- 8:27donc on a tendance à enlever ces respirations,
- 8:29à enlever ces silences qui peuvent en dire beaucoup sur des hésitations par exemple.
- 8:35Et plus ça va,
- 8:36plus j'ai respiré les sons parce qu'en fait c'est peut-être beaucoup plus authentique et on peut apprendre des choses en plus,
- 8:42rien qu'en laissant des silences,
- 8:43c'est assez saisissant.
- 8:45Alors vous faites donc le journal imprévisible,
- 8:47je le disais,
- 8:47vous animez aussi les matinales,
- 8:49donc vous faites des interviews par définition.
- 8:53Pour vous,
- 8:53une interview réussie,
- 8:56c'est quoi exactement ?
- 8:57Une interview réussie,
- 8:58c'est quand on a réussi à tirer quelque chose qu'on ne savait pas,
- 9:03pour moi ou pour l'auditeur.
- 9:07Après,
- 9:07une interview réussie,
- 9:09c'est quand ça marche bien.
- 9:10Ce n'est pas évident de rencontrer quelqu'un dont on ne connaît pas.
- 9:14Il peut arriver,
- 9:14il ne peut pas forcément être en forme,
- 9:16il peut être de mauvaise humeur,
- 9:17il peut être très content,
- 9:18il peut considérer que cette interview,
- 9:20c'est...
- 9:21une parmi tant d'autres et donc la déconsidérer.
- 9:24C'est au moment où il y a cette fois-ci une connexion qui se fait.
- 9:27Quand il y a de l'humain là-dedans,
- 9:29c'est là où je pense que c'est réussi.
- 9:31Les réseaux sociaux imposent beaucoup maintenant des réactions à chaud,
- 9:34des phrases courtes.
- 9:35Est-ce que le métier de journaliste n'a pas évolué et prend parfois le risque,
- 9:42quelque part,
- 9:44de sacrifier la nuance,
- 9:45les silences,
- 9:46au profit de la vitesse,
- 9:48de l'immédiateté et de la...
- 9:50Punchline,
- 9:50comment on dit ?
- 9:51Sur le premier point,
- 9:52sur la rapidité,
- 9:54c'est ça ce que je voulais dire.
- 9:55L'aspect très court,
- 9:58ce sont des contraintes de temps qui sont valables,
- 10:02comme dans un journal qui n'aurait pas trop d'espace pour un article.
- 10:05Il faut aller à l'essentiel.
- 10:08Après,
- 10:08il y a cette partie-là,
- 10:09mais il n'y a pas que ça,
- 10:10je pense,
- 10:11dans la radio et dans l'information.
- 10:12On a des journaux,
- 10:13par exemple,
- 10:15à
- 10:15Radio Classique,
- 10:16et moi j'ai pu en faire l'expérience en les présentant.
- 10:19On peut prendre le temps,
- 10:20on ne peut pas prendre le temps sur tout,
- 10:22mais il y a des choses qui méritent de prendre le temps.
- 10:24Et pour revenir au silence et aux respirations,
- 10:27un témoignage fort,
- 10:28évidemment que vous allez le laisser vivre aussi.
- 10:33Je pense qu'il peut y avoir les deux.
- 10:35C'est de la radio,
- 10:36mais les réseaux sociaux aussi.
- 10:37Instagram,
- 10:38on est sur des formats courts.
- 10:40TikTok,
- 10:41c'est à peu près le même schéma.
- 10:43Moi,
- 10:43ça peut me servir pour ma chronique,
- 10:44par exemple,
- 10:45mais en le contextualisant,
- 10:47c'est peut-être moins évident.
- 10:48Quand c'est décontextualisé,
- 10:49c'est toujours la même chose.
- 10:50Vous travaillez,
- 10:51comme on l'a dit,
- 10:52avec des archives sonores qui sont parfois croustillantes et très agréables à écouter.
- 10:57Est-ce qu'il y a une voix ou des extraits qui vous ont marqué ?
- 11:04ou qui vous disent,
- 11:05tiens,
- 11:06en l'écoutant,
- 11:06celle-là,
- 11:07c'est parfait pour me permettre de replonger dans une époque ?
- 11:12Dernièrement,
- 11:12j'ai retrouvé le témoignage du premier vacciné par Pasteur.
- 11:16Je ne sais pas si vous l'aviez entendu,
- 11:19mais c'est quand même incroyable d'entendre ce personnage.
- 11:22Alors,
- 11:23je ne sais plus quel âge il avait,
- 11:23c'était dans les années 50 ou 40-50 qu'ils ont enregistré ce témoignage.
- 11:28C'est les accents et même...
- 11:32J'ai eu Dreyfus aussi,
- 11:34le son de Dreyfus à sa sortie du tribunal quand il a été innocenté.
- 11:39Vous parliez d'accents,
- 11:40oui.
- 11:42On se replonge dans une époque parce que les gens parlaient aussi complètement différemment.
- 11:46Et ça on le voit aussi dans les années 70,
- 11:4860,
- 11:4870.
- 11:49Et peut-être que nous on a un accent,
- 11:51de toute façon on a tous un accent sans s'en rendre compte.
- 11:54Quand vous écoutez quelqu'un parler lors d'une interview,
- 11:56ou pas que forcément d'ailleurs,
- 11:58mais qu'est-ce qui vous touche le plus ?
- 11:59A la fois la qualité du discours,
- 12:02le fond,
- 12:02ou plutôt la forme,
- 12:04la sincérité qui se cache peut-être derrière tous les mots qu'il emploie,
- 12:08ou qu'il emploie ?
- 12:09Oh ben il y a le fond surtout.
- 12:12Après,
- 12:12qu'il parle vite ou qu'il parle lentement,
- 12:16chacun a sa personnalité.
- 12:18Et au contraire,
- 12:19c'est ce qui fait la différence,
- 12:21la multitude,
- 12:22la richesse de tout ce qu'on peut entendre.
- 12:25Mais non,
- 12:25il y a le fond.
- 12:26Et encore une fois,
- 12:28ça rejoint ce qu'on disait sur le raconter l'information.
- 12:32Quand quelqu'un raconte bien,
- 12:34c'est la même chose,
- 12:36que ce soit en radio ou ailleurs.
- 12:37Quand quelqu'un raconte bien,
- 12:37on entend l'oreille et puis c'est passionnant.
- 12:40Qu'est-ce qui vous plaît le plus dans le média radio ?
- 12:44C'est le son.
- 12:46On a longtemps parlé du silence,
- 12:49on a longtemps parlé des respirations,
- 12:51moi je trouve ça formidable.
- 12:53J'ai un plaisir aussi à passer des extraits de films parce que le grain,
- 13:00la manière de parler,
- 13:01les dialogues,
- 13:03même l'ambiance générale,
- 13:05on peut entendre des oiseaux chanter par exemple derrière ou entendre une vieille voiture derrière.
- 13:11ça déjà,
- 13:13on peut se permettre de fermer les yeux et puis d'imaginer des choses.
- 13:16Moi je sais aussi que j'utilise beaucoup de bruitage maintenant.
- 13:21Plus ça va,
- 13:21plus j'utilise du bruitage.
- 13:23Et donc je trouve que ça contextualise aussi beaucoup.
- 13:27Même de la musique,
- 13:28un accompagnement,
- 13:29un instrumental,
- 13:31permet aussi de créer une sorte de cocon.
- 13:33Moi je construis beaucoup mes chroniques comme ça,
- 13:35sous forme de cocon,
- 13:37de bloc.
- 13:38C'est peut-être pas forcément valorisant,
- 13:42mais en tout cas de plonger dans une ambiance sur un récit différent,
- 13:46comme des paragraphes dans un journal,
- 13:47mais en bélie,
- 13:48on va dire.
- 13:50Justement,
- 13:50le fait d'être sur Radio Classique,
- 13:54ça impose aussi peut-être,
- 13:55ou le verbe imposer est dans le bon sens du terme,
- 14:01d'y avoir une approche un peu plus culturelle,
- 14:03un peu plus de musique,
- 14:04un peu plus de cinéma,
- 14:05un peu plus d'art ?
- 14:06Oui,
- 14:07bien sûr.
- 14:08Et puis l'auditoire est plus défini peut-être que sur une radio ultra généraliste.
- 14:17Il y a des références évidemment sur lesquelles le public sera très exigeant.
- 14:23Je sais que je suis attendu au tournant,
- 14:24il ne faut pas que je raconte n'importe quoi sur la musique classique,
- 14:27mais sur plein de domaines par ailleurs.
- 14:29Non,
- 14:30c'est un auditoire exigeant,
- 14:31donc il faut faire un travail...
- 14:34très sérieux.
- 14:35Après,
- 14:35moi,
- 14:36ce que j'aime bien,
- 14:37c'est au-delà de...
- 14:39Par exemple,
- 14:40on a beaucoup d'avocats,
- 14:43de chefs d'entreprise qui nous écoutent.
- 14:45Mais ces personnes-là qui ont un travail très sérieux,
- 14:49très prenant,
- 14:51peuvent être contentes aussi d'entendre des choses qui leur parlent en dehors.
- 14:55Et c'est pour ça que je ne vais pas hésiter non plus à passer du Christophe ou du William Scheller parce que c'est...
- 15:03ça leur parle aussi,
- 15:04et puis ça permet de s'évader aussi,
- 15:06cette chronique-là.
- 15:08Justement,
- 15:08vous le disiez tout à l'heure,
- 15:09quand vous parlez à la radio,
- 15:10vous ne voyez pas forcément l'auditeur.
- 15:12Est-ce qu'il y a quand même des contacts,
- 15:14des auditeurs qui vous écrivent,
- 15:16qui interagissent avec vous pour vous féliciter,
- 15:20ou au contraire,
- 15:21pour vous reprocher des choses ?
- 15:23Ça peut arriver qu'on me reproche des choses aussi,
- 15:26bien sûr,
- 15:26et puis j'essaie de répondre au maximum,
- 15:29et c'est tout à fait justifié,
- 15:31personne n'est parfait.
- 15:34Mais sur les retours que j'ai,
- 15:35je me rends compte que c'est une chronique qui a un aspect sentimental,
- 15:41mais ça touche aussi les gens dans ce qu'ils sont.
- 15:46Et généralement les réactions que j'ai,
- 15:48je ne sais plus quel sujet j'avais fait,
- 15:51qui parlait d'une capitale,
- 15:53ou alors j'ai dû parler du Canada,
- 15:55et ça a réveillé tout l'auditoire du Canada de Radio Classique.
- 16:00C'est quand même très sympa de pouvoir faire ce clin d'œil à des gens qui nous écoutent à des milliers de kilomètres.
- 16:05Sur l'accent aussi,
- 16:06par exemple,
- 16:07j'ai eu beaucoup de réactions,
- 16:08parce que j'ai fait un journal imprévisible sur l'accent.
- 16:11Et tout le monde est concerné de toute manière,
- 16:13et puis on en parle aussi de manière tellement péjorative que moi j'ai essayé de ne pas le faire justement,
- 16:19et de montrer que de toute façon on a tous un accent,
- 16:22et puis c'est quand même rempli de préjugés aussi de ce qu'on en fait,
- 16:26tes accents.
- 16:28Et ça,
- 16:29c'est des sujets qui touchent beaucoup les gens,
- 16:31je pense.
- 16:34Ce podcast s'appelle l'état d'esprit,
- 16:36qu'est-ce qu'au quotidien,
- 16:39quel état d'esprit vous anime quand on se réveille à 3h du matin ?
- 16:43Comme je vous disais,
- 16:44c'est-à-dire d'aller préparer mon présentoir pour ouvrir mon stand au marché de Radio Classique,
- 16:50de l'actualité,
- 16:53en présentant des produits frais de préférence,
- 16:54et puis c'est vraiment ça,
- 16:57moi je sais que le matin c'est un horaire qui me correspond bien.
- 17:00Après,
- 17:00on le paye le reste de la journée.
- 17:02C'est-à-dire qu'on n'est pas spécialement en forme le reste de la journée.
- 17:05Et si on arrive à dormir le soir,
- 17:08c'est bien.
- 17:10Mais en tout cas,
- 17:10oui,
- 17:11c'est vraiment le direct.
- 17:13C'est un moteur extraordinaire.
- 17:16Merci,
- 17:16Marc Bourreau.
- 17:17Je vous en prie.
- 17:18Pour cet échange.
- 17:20Et je ne peux que vous conseiller d'écouter à la fois votre journal imprévisible et la matinale de Radio Classique.
- 17:27Merci beaucoup,
- 17:27en tout cas.
- 17:28Merci,
- 17:28Olivier.
- 17:30Merci d'avoir écouté l'état d'esprit.
- 17:32Retrouvez prochainement une nouvelle rencontre autour d'une parole qui est claire,
- 17:36qui engage ou qui répare.
- 17:38En attendant,
- 17:39réécoutez sur les bonnes plateformes de podcast d'autres épisodes de l'état d'esprit.