Latest / Québécois et Canadien / Stéphane Dion : Les conditions d'Ottawa pour négocier la sécession du Québec
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- 0:00Bonjour et bienvenue au podcast québécois et
- 0:02canadien où on discute des enjeux de notre pays.
- 0:04Aujourd 'hui, on reçoit Stéphane Dion, ancien
- 0:06ministre fédéral et diplomate à résidence à l
- 0:08'Université de Montréal. On a discuté notamment
- 0:10de la loi sur la clarté référendaire et des étapes
- 0:12qui suivraient un référendum positif sur la souveraineté.
- 0:15Bon épisode. Alors, M. Dion, merci d 'avoir accepté
- 0:25l 'invitation. Merci, Alexandre. Merci de l 'invitation.
- 0:28Alors, j 'aimerais ça commencer. Pour ceux qui
- 0:30sont peut -être un peu moins familiers avec cette
- 0:32loi -là, parce qu 'elle revient dans l 'actualité
- 0:34maintenant, qu 'on parle peut -être d 'un gouvernement
- 0:36éventuel du Parti québécois qui promet un référendum
- 0:39et du mouvement cessationniste en Alberta, c
- 0:42'est quoi la loi sur la clarté? Eh bien, elle
- 0:45a été mise en œuvre parce que l 'avis de la Cour
- 0:49suprême qu 'on avait sollicité sous le leadership
- 0:53de M. Jean Chrétien en 1980... En 1996, on a
- 0:59commencé à la solliciter, puis elle a rendu sa
- 1:01décision en 1998. Et la Cour suprême disait qu
- 1:05'il n 'y a pas de droit à la sécession unilatérale
- 1:09pour une province au Canada. Par contre, il y
- 1:12a le droit que le gouverneur d 'une province
- 1:15demande une négociation constitutionnelle en
- 1:18vue de changer son statut de province en pays
- 1:22indépendant. Pour que cette négociation constitutionnelle
- 1:25soit obligatoire, il faut que le gouvernement
- 1:27de la province prouve que la population veut
- 1:31vraiment se séparer. Donc, il y a une question
- 1:33claire sur la séparation, sur la sécession, ainsi
- 1:37qu 'une majorité claire. Et sur cette base, il
- 1:40y a une obligation d 'entrer en négociation.
- 1:42Il n 'y a pas forcément une obligation de résultat,
- 1:43mais il y a une obligation d 'entrer en négociation
- 1:46sérieusement. pour voir comment on pourrait avoir
- 1:48un accord de séparation qui éteindrait les droits
- 1:51des habitants de la province sur le Canada et
- 1:54les droits des Canadiens, qui sont constitutionnels,
- 1:57d 'être dans leur pays, dans la province en question.
- 2:00Alors ça, c 'est ce que la Cour suprême a décidé.
- 2:04conforme à ce que je proposais comme ministre.
- 2:07Ma première déclaration en 1996, c 'était vraiment
- 2:11une préfiguration de l 'avis de la Cour qui avait
- 2:13dit, j 'avais dit, en cas d 'appui clair pour
- 2:16la sécession, le reste du pays aura l 'obligation
- 2:21de négocier le partage du territoire. On peut
- 2:25retrouver ça, c 'est ce que j 'avais dit et c
- 2:28'est ce que j 'avais défendu jusqu 'en 1998.
- 2:30Et la Cour arrive avec cette décision qui, donc,
- 2:32nous satisfaisait pleinement. Cependant, le gouvernement
- 2:35M. Bouchard, le gouvernement donc du Québec de
- 2:38l 'époque, n 'a pas accepté la décision dans
- 2:43son entièreté et l 'interprétait d 'une façon
- 2:46très parcellaire. Il disait « Ah, ils seront
- 2:48obligés de négocier ». Il ne disait pas... dans
- 2:52la clarté des résultats et de la question et
- 2:55avec l 'obligation d 'une modification constitutionnelle
- 2:59qui doit être négociée. Alors, il ne disait pas
- 3:02ça. Il continuait à prétendre qu 'il avait un
- 3:04droit à la sécession unilatérale, ce qui était
- 3:06contraire à l 'avis de la Cour. Alors, puisqu
- 3:08'il ne voulait pas accepter l 'avis de la Cour,
- 3:11on a suivi la loi sur la clarté qui indique les
- 3:15conditions dans lesquelles le gouvernement du
- 3:17Canada accepterait d 'entrer en négociation.
- 3:21d 'entrer en négociation pour qu 'une province
- 3:24devienne indépendante et cesse de faire partie
- 3:26du Canada. Et c 'est ce que dit la loi sur la
- 3:29clarté. Elle dit essentiellement trois choses.
- 3:30La question doit être claire, doit porter sur
- 3:33la sécession et ne pas être mêlée à d 'autres
- 3:34considérations. Le contexte doit être clair.
- 3:39Deuxièmement, la majorité doit être claire. Il
- 3:42n 'y a pas de seuil décidé à l 'avance. Ça sera
- 3:45pour les élus du moment. d 'établir si la majorité
- 3:50est claire. Le premier qui doit faire cette évaluation,
- 3:53c 'est le gouvernement de la province qui dit,
- 3:55voilà, j 'ai plus de oui que de non pour l 'indépendance.
- 3:58Est -ce que ça me donne une force suffisante
- 4:01pour entreprendre une négociation très difficile
- 4:04avec le gouvernement du Canada et les autres
- 4:08partenaires de la fédération en vue que je devienne
- 4:11un pays indépendant? Et la troisième chose que
- 4:14la loi sur la clarté dit, c 'est que le Parlement,
- 4:20la Chambre des communes, doit autoriser le gouvernement
- 4:23du Canada à entrer en négociation et doit, une
- 4:27fois que la négociation est complétée, se prononcer
- 4:30sur l 'accord de séparation. Est -ce que la Chambre
- 4:34des communes du Canada est d 'accord avec...
- 4:36l 'accord de séparation qui a été négocié. Alors,
- 4:38voilà trois choses qui sont essentielles qui
- 4:41permettraient une sécession légale au Canada.
- 4:44C 'est parce que je pense qu 'on parle beaucoup
- 4:47du référendum et de la séparation. Je pense que
- 4:49les souverainistes ont tendance à simplifier
- 4:52le processus en disant, bon, tu sais, on a un
- 4:53référendum du jour où on a 50 % plus 1, on est
- 4:56un pays souverain. Dans les faits, le Québec
- 4:58fait partie du Canada et assujettit à des règles
- 5:02constitutionnelles. Et là, la Cour s 'est prononcée
- 5:05sur qu 'est -ce que ça prendrait pour que le
- 5:07Québec quitte. Le gouvernement fédéral a fait
- 5:09une loi en lien avec la décision de la Cour suprême
- 5:12sur ces obligations -là. J 'aimerais ça qu 'on
- 5:14passe un peu à travers les différents critères
- 5:16parce que je pense que tous les partis politiques...
- 5:21pratiquement tout, à ma connaissance, à l 'Assemblée
- 5:23nationale, ont toujours dit que le Québec peut
- 5:26faire essentiellement ce qu 'il veut. C 'est
- 5:2950 % plus 1. Le fédéral n 'a pas son mot à dire
- 5:31là -dedans. Mais il y a quand même une raison
- 5:32pourquoi il y a ces critères -là. On regarde
- 5:34les différents critères. Le premier étant de
- 5:36la question claire. Je pense que ça, c 'est en
- 5:38réponse, puis vous me corrigerez, à une question
- 5:41qui pourrait laisser sous -entendre une association
- 5:43avec le Canada. Alors, une question claire serait,
- 5:45par exemple, est -ce que vous voulez vous séparer
- 5:47du Canada puis être un pays indépendant? Mais
- 5:50une question pas claire pourrait dire, est -ce
- 5:51que vous voulez qu 'on négocie, par exemple,
- 5:53avec le Canada pour essayer de trouver une autre
- 5:55situation et, dans un cas extrême, se séparer?
- 6:00À ce moment -là, c 'est là qu 'il pourrait y
- 6:02avoir un débat sur la question. Est -ce que le
- 6:03peuple a vraiment exprimé son intention de se
- 6:05séparer? La Cour suprême parle de la volonté
- 6:08de cesser de faire partie du Canada. Donc, la
- 6:10question doit poser la question. Vous ne pouvez
- 6:12pas savoir si les gens veulent se séparer si
- 6:15vous ne le leur demandez pas. Donc, on ne négocie
- 6:17pas. une sécession pour découvrir si par hasard
- 6:20on la veut. C 'est parce qu 'on la veut qu 'on
- 6:22la négocie. Et on ne peut pas savoir si les gens
- 6:24la veulent si on ne leur demande pas. Alors,
- 6:26le libellé exact recommandé par la loi sur la
- 6:31clarté, mais c 'est une recommandation, on n
- 6:32'a jamais prétendu que c 'était la seule façon,
- 6:34c 'était, je dis de mémoire, voulez -vous que
- 6:38le... Bon, dans ce cas -ci, ce serait le Québec.
- 6:41Voulez -vous que votre province, donc le Québec,
- 6:42cesse de faire partie du Canada pour devenir
- 6:45un pays indépendant? Alors, on voit ce qu 'on
- 6:48perd, on voit ce qu 'on gagne, si on peut appeler
- 6:50ça un gain, pour ceux qui considèrent que c 'est
- 6:52un gain, et c 'est clair. Maintenant, il peut
- 6:55y en avoir d 'autres moutures, mais ça, ça serait
- 6:57une question claire. Les questions de 80 et de
- 7:0095 étaient vraiment pas claires. Celles de 95
- 7:04étaient vraiment, j 'essaie de trouver un terme
- 7:08diplomatique, étaient vraiment pensées pour gonfler
- 7:12artificiellement l 'appui pour le oui. Ils s
- 7:14'en vendent, d 'ailleurs. Dans les documentaires,
- 7:17il y en a eu un récent encore qui s 'appelait
- 7:19« L 'espoir et la trahison », quelque chose comme
- 7:23ça. Donc, c 'était très machiavélien comme titre.
- 7:27Et ce qu 'ils disaient, les gens qu 'on interviewait,
- 7:31c 'est « Bon, le mot pays nous fait perdre des
- 7:33points, donc on enlève le mot pays ». Ils ont,
- 7:36dans leur bunker, à coup de focus group, conçu
- 7:41une question gagnante, autant que possible. qui
- 7:45gonflaient artificiellement l 'appui pour le
- 7:46oui. Et les sondages à l 'époque, en 1995, montraient
- 7:49que de 20 à 30 % des électeurs du oui pensaient
- 7:53que M. Bouchard ou M. Parizeau, ils allaient
- 7:55négocier quelque chose dans le Canada. Ils pensaient
- 7:59que le partenariat était conditionnel à l 'indépendance.
- 8:02En fait, les chefs indépendantistes eux -mêmes
- 8:05n 'ont pas compris leur question. Parce que quand
- 8:08M. Parizeau, deux ans plus tard, fait une déclaration...
- 8:14ou un écrit, dans lequel il dit « Moi, j 'aurais
- 8:16fait la cessation unilatérale le plus rapidement
- 8:19possible. » Alors, ils ont tous déchiré leur
- 8:21chemise. Et M. Duceppe avait même dit « Je ne
- 8:24veux plus être vu en tribune avec M. Parizeau.
- 8:27» Mais il y avait raison, M. Parizeau. Tous prétendaient
- 8:30« Non, non, non. » La question, c 'était « Ça
- 8:32prenait un an de négociation. » Mais vous alliez
- 8:34voir le projet de loi que M. Parizeau avait concocté,
- 8:38et c 'était écrit je dis ça de mémoire, un an
- 8:43maximum. Ou jusqu 'à un an. Jusqu 'à un an. Donc,
- 8:49à tout moment, il pouvait dire la négociation
- 8:52va nulle part, ce partenariat, on ne l 'aura
- 8:54jamais, ce qui était très probable d 'ailleurs.
- 8:56Et donc, moi, je déclare le Québec comme un pays
- 9:00indépendant et l 'Assemblée nationale va enteriner
- 9:03cela. Il ne voulait pas trop traîner parce qu
- 9:06'il savait que sa majorité était très flageolante.
- 9:10gonflé artificiellement et que face aux difficultés
- 9:13de la négociation, à l 'incertitude économique
- 9:15qui s 'en venait, les Québécois pouvaient changer
- 9:18d 'avis. Mais ils voulaient les mettre dans une
- 9:20cage à homards. C 'était son expression, M. Parizeau.
- 9:23Dans une cage à homards, une fois que tu as voté
- 9:25oui, c 'est fini, c 'est ça. Donc, il fallait
- 9:27déclarer le oui le plus rapidement possible.
- 9:30Et c 'est ce que lui avait dit M. Giscard d 'Estaing
- 9:32en France. M. Parizeau a révélé ça. M. Giscard
- 9:35d 'Estaing a dit « tant que vous n 'avez pas
- 9:36déclaré votre indépendance, je ne peux pas vous
- 9:38reconnaître ». Donc, il fallait qu 'il la déclare
- 9:41le plus rapidement possible. Et M. Duceppe, M.
- 9:43Bouchard, M. Dubon, ils n 'avaient pas compris
- 9:45ça, eux, M. Landry. Ils ont été déjoués par la
- 9:48propre complexité de leurs questions. Alors ça,
- 9:50ce n 'est pas possible. Ça, ce n 'est vraiment
- 9:52pas possible. On ne veut pas essentiellement
- 9:57induire les Québécois qui ont un attachement
- 10:00envers le Canada en erreur, en posant une question,
- 10:04qui laissent sous -entendre qu 'ils vont pouvoir
- 10:05maintenir cet attachement. Ils vont garder le
- 10:06Canada par la porte d 'en arrière. Ça, c 'est
- 10:09des stratégies qui ne sont pas souhaitables dans
- 10:12une démocratie qui vise à la clarté. Je choisis
- 10:17mes mots. Mais je trouve qu 'ils sont toujours
- 10:19très pronds à parler de référendum volé, puis
- 10:22d 'entourloupette. La pire entourloupette, c
- 10:24'était la question. C 'est dans l 'intérêt de
- 10:28tout le monde de s 'assurer que si on tente quelque
- 10:31chose d 'aussi complexe que la brisure d 'un
- 10:33État moderne, qui n 'a jamais été fait, ça n
- 10:35'a jamais été fait. Il n 'y a jamais eu de sécession
- 10:39d 'un État démocratique, une démocratie bien
- 10:41établie et qui est moderne, avec 40 ou 45 % du
- 10:46PIB, de la richesse collective, dans les services
- 10:49publics, qu 'il faudra se séparer. Ça va demander
- 10:53une négociation et une mise en œuvre qui va exiger
- 10:57que le gouvernement du Canada y contribue. Il
- 11:01ne contribuera pas s 'il ne croit pas que les
- 11:02gens veulent se séparer. M. Chrétien, il faut
- 11:05se mettre à sa place. S 'il n 'a pas l 'assurance
- 11:08que les gens veulent se séparer, est -ce qu 'il
- 11:10va entreprendre la perte du Canada pour cette
- 11:13population qui représentait près du quart la
- 11:15population canadienne? Il faut que le gouvernement
- 11:20de la province livre le résultat avec une certitude,
- 11:25autant qu 'on peut être certain sur cette planète
- 11:27de quelque chose, qu 'en effet, les gens sont
- 11:30déterminés. Ils pensent qu 'ils seraient plus
- 11:31heureux s 'ils n 'étaient pas canadiens. Puis
- 11:34ça va un peu dans le même sens pour le deuxième
- 11:36critère au niveau de la majorité, je ne me souviens
- 11:40plus exactement de le phraser, mais significative
- 11:43ou claire, majorité claire. La vie de la Cour.
- 11:46La vie de la Cour demande majorité claire, dont
- 11:48l 'évaluation se fait au vu du résultat du référendum.
- 11:52La Cour suprême ne nous encourage pas à établir
- 11:55un seuil à l 'avance. D 'ailleurs, le problème
- 11:57du seuil à l 'avance, c 'est que vous déplacez
- 11:59la zone où vous êtes en recontat judiciaire.
- 12:02Je pense que personne de raisonnable dira qu
- 12:05'on va faire une césation sur un recomptage judiciaire.
- 12:09On fait des recomptages judiciaires parce que
- 12:10ça nous prend bien un député dans le comté pour
- 12:12les quatre prochaines années. On n 'a pas le
- 12:13choix. On n 'a pas le choix. Puis on se dit,
- 12:15bien, on va compter le mieux qu 'on peut. On
- 12:17n 'est pas sûr. Quand c 'est serré la dernière
- 12:19fois, c 'était où? À Terrebonne. À Terrebonne,
- 12:24où ils avaient une fois de différence. Alors
- 12:26là, on n 'est vraiment pas sûr. On est dans l
- 12:27'incertitude totale. Mais ça nous prend un député.
- 12:31Donc, on fait un recontage judiciaire. Mais personne,
- 12:34je pense, de raisonnable va dire qu 'on va faire
- 12:36une sécession sur un recontage judiciaire. Mais
- 12:38si vous donnez le seuil à 55, 60, 65, vous retrouvez
- 12:41la zone de recontage judiciaire à un seuil différent.
- 12:45Donc, au Canada, un référendum est une consultation
- 12:48qui peut avoir un poids politique compte tenu
- 12:51du résultat et de l 'enjeu. Il faut se rappeler,
- 12:56les gens ne le savent pas, mais qu 'on a eu un
- 12:58référendum en 1898, je crois, qui portait...
- 13:04Le premier ministre, c 'était Wilfrid Laurier.
- 13:07Il trouve sur son bureau le résultat d 'un référendum
- 13:10qui dit qu 'à 51 %, quelque chose comme ça, les
- 13:15Canadiens veulent la prohibition de l 'alcool.
- 13:18Qu 'est -ce qu 'il a fait, M. Laurier? Vous voyez
- 13:21interdire l 'alcool quand près de la moitié de
- 13:24la population... veut quand même acheter de l
- 13:26'alcool. Comment je ferais ça? Puis mettre le
- 13:29droit criminel là -dedans. Alors, il dit, je
- 13:32ne le ferais pas. Si les provinces veulent le
- 13:34faire, qu 'elles le fassent, mais on ne mettra
- 13:35pas le droit criminel là -dedans. Et c 'est comme
- 13:37ça qu 'on a échappé à la prohibition de l 'alcool.
- 13:40Il ne s 'est pas senti obligé, là, 50 % plus
- 13:431, c 'est obligé de faire quelque chose d 'infaisable.
- 13:45Donc, c 'est comme ça qu 'on raisonne au Canada.
- 13:47Donc, le premier qui ferait cette évaluation,
- 13:49est -ce que je peux vraiment engager... ma province
- 13:56et tout le pays dans un processus de démantèlement,
- 13:59de sécession, c 'est le gouvernement de la province.
- 14:03Il faut tenir compte du fait que c 'est une décision
- 14:05grave et probablement irréversible, même quand
- 14:09on la regrette et très difficile de défaire ce
- 14:11qu 'on a fait. Regardez au Royaume -Uni. Il est
- 14:15clair que la population du Royaume -Uni regrette
- 14:17le Brexit, mais il n 'y a pas vraiment de volonté
- 14:20de recommencer tout ce processus. C 'est trop
- 14:23compliqué. Donc, le Brexit est fait. Donc, c
- 14:26'est probablement quelque chose d 'irréversible.
- 14:29Alors, les décisions irréversibles et graves,
- 14:32on ne les prend pas sur les majorités de circonstances
- 14:34qui auraient pu être le contraire le jour ou
- 14:36le lendemain. Je pense que c 'est une chose qu
- 14:38'on devrait... Et d 'ailleurs, les gens, quand
- 14:40on les interroge, ils le disent, que ce n 'est
- 14:43pas raisonnable. La deuxième considération qui
- 14:46exige qu 'on soit prudent quand on veut engager
- 14:50une population coupée en son milieu dans un enjeu
- 14:54aussi grave, c 'est que c 'est une négociation
- 14:56qui va être longue et difficile. Et qu 'on doit
- 14:59s 'assurer que, malgré toutes ces difficultés,
- 15:02l 'appui demeure. Ils ne fondent pas face aux
- 15:06difficultés parce que rien ne serait plus compliqué
- 15:09pour les négociateurs que de se demander est
- 15:12-ce qu 'on continue alors que la population nous
- 15:14demande d 'arrêter. Il ne faut pas se mettre
- 15:16dans cette situation -là. Et c 'est pourquoi
- 15:18il est important, il me semble qu 'on devrait
- 15:21reconnaître cela, de commencer avec une... population
- 15:25fermement décidée à se séparer, à devenir indépendante
- 15:29du Canada et que ce n 'est pas flagellant, que
- 15:32ça ne risque pas de fondre face aux difficultés,
- 15:35qu 'on ne leur fasse pas croire qu 'il n 'y aura
- 15:36pas de difficultés, qu 'ils s 'en vont vers ça,
- 15:39mais ils tiennent à ne plus être canadiens, ils
- 15:41seront plus heureux si on n 'est plus canadiens,
- 15:43si on est un pays indépendant. Devant une volonté
- 15:46ferme comme ça, on peut s 'engager. Maintenant,
- 15:49le gouvernement de la province fera son évaluation
- 15:51et il... Donc, invitera les autres partenaires
- 15:55à entreprendre cette négociation. Et ce sera
- 15:58pour eux à décider. La loi sur la clarté dit
- 16:02que la Chambre des communes du Canada, après
- 16:04avoir consulté tout le monde, y compris évidemment
- 16:05le gouvernement, la province sécessionniste,
- 16:08prendra sa décision. Est -ce que c 'est un appui
- 16:11clair suffisant? Parce que je pense, puis vous
- 16:14me corrigerez, en Angleterre, c 'est ce qui est
- 16:15arrivé. Le Brexit est passé, puis après ça, il
- 16:17y a eu une baisse. de l 'appui au projet de séparation.
- 16:21Je pense même que le gouvernement qui a fait
- 16:23le référendum s 'est fait mettre dehors. Il y
- 16:25a un gouvernement pro -Europe qui a été élu essentiellement,
- 16:28qui était tenu de continuer à négocier cet accord
- 16:31de sortie -là. Et l 'appui envers le Brexit,
- 16:35je pense, n 'a jamais été aussi bas. Et ce n
- 16:37'était pas une sécession. C 'était la fin d 'une
- 16:41entente internationale. Donc, ce n 'était pas...
- 16:45la sécession à l 'intérieur du Royaume -Uni.
- 16:48Donc, c 'était moins grave. Et malgré tout, vous
- 16:50avez eu ces difficultés, des gouvernements qui
- 16:52ont changé, des premiers ministres qui ont démissionné.
- 16:54Ça a pris quelques années. Et il est arrivé un
- 16:57problème que personne n 'avait prévu. Donc, le
- 17:00problème avec les référendums, c 'est qu 'on
- 17:01n 'anticipe pas toujours quelles seront les difficultés
- 17:04quand on devra les mettre en œuvre. Et dans ce
- 17:06cas -là, c 'était le cas de l 'Irlande. Ils restaient
- 17:09européens, mais là, il y avait besoin de l 'accès
- 17:12au groupe. L 'Irlande reste européenne, mais
- 17:14elle a une frontière avec l 'Irlande du Nord,
- 17:15qui est dans le Royaume -Uni. Et là, il fallait
- 17:18négocier avec l 'Union européenne le contrôle
- 17:20de cette frontière. Ça a été extrêmement compliqué
- 17:25et anticipé. Ça n 'a pas été débattu durant le
- 17:28référendum. On avait oublié de penser à ça. Donc,
- 17:32c 'est très difficile d 'anticiper toutes les
- 17:34difficultés que représentera la cassure d 'un
- 17:39pays moderne. Ça va être très, très compliqué
- 17:42à anticiper. Et c 'est pourquoi il est fortement
- 17:45recommandé d 'y aller avec une population qui
- 17:48veut vraiment se séparer, c 'est clair. Et puis,
- 17:51elle y va fermement, puis avec un bon coussin
- 17:53au départ, au cas où ça s 'enfondrait un peu
- 17:56durant les négociations difficiles, même avec...
- 17:58toute la bonne volonté du monde. Vous apportez
- 18:01un point que je trouve très intéressant. S 'il
- 18:05y a une chose que je reproche au mouvement souverainiste,
- 18:07on peut être d 'accord ou pas avec le projet
- 18:09de souveraineté du Québec. Il y a différentes
- 18:11raisons pour lesquelles on voudrait être un pays
- 18:13indépendant. D 'autres raisons pour lesquelles
- 18:14on voudrait rester au Canada. C 'est un débat
- 18:16qu 'on peut avoir entre personnes civilisées.
- 18:18Mais ce que je reproche au mouvement souverainiste,
- 18:19c 'est le manque de transparence sur justement
- 18:21la complexité et la difficulté qu 'il va y avoir.
- 18:24Je pense que la souveraineté est à la fois, pour
- 18:28les souverainistes, une solution magique à tous
- 18:30les problèmes, que ce soit financier, d 'infrastructure.
- 18:33On n 'a pas de médecin, de famille, c 'est à
- 18:35cause du fédéral. Et en même temps, la solution
- 18:39de séparer le pays puis de se retrouver indépendant
- 18:42est présentée comme quelque chose d 'extrêmement
- 18:44simple devant un processus de négociation dans
- 18:49lequel il n 'y aura aucune émotion, dans lequel
- 18:51Ottawa va volontiers garder une portion astronomique
- 18:54de la dette et déléguer aucune responsabilité
- 18:57financière à Québec. Puis en même temps, tant
- 18:59qu 'à ça, donner son armée et tout ça. Je pense
- 19:01que la complexité dont vous faites mention d
- 19:05'un processus... constitutionnelle où il y a
- 19:08peut -être des provinces qui sont fâchées contre
- 19:09le Québec de se séparer. Il y a des élus fédéraux
- 19:12qui voient leur pays être divisé. Après ça, qui
- 19:16paye quoi? C 'est comme un divorce essentiellement.
- 19:19et de faire tout ce processus -là, comme vous
- 19:21le dites, avec une personne qui est pour le projet
- 19:24de plus que ceux qui ne le sont pas, qui vont
- 19:28enfin constater toutes les difficultés en lien
- 19:32avec cette négociation -là. C 'est un mauvais
- 19:35plan, en particulier, même comme souverainiste,
- 19:37ce n 'est pas un bon plan. Moi, je crois que
- 19:38si on avait tenté une telle chose avec quelques...
- 19:42Bon, inversons le résultat de 1995. Pardon. Ça
- 19:47n 'aurait pas été la sécession du Québec. Ça
- 19:50aurait été des graves perturbations partout au
- 19:54Canada et probablement à Montréal, le chaos.
- 19:57Et la tentative de M. Parizeau était illégale.
- 20:01Il n 'avait pas le droit d 'enlever le Canada
- 20:04aux Québécois qui voulaient le garder. Il n 'avait
- 20:06pas ce droit -là et M. Saint -Pierre Plamondon
- 20:08ne l 'a pas non plus. C 'est dangereux de s 'inventer
- 20:10des droits qu 'on n 'a pas. Il croit, je crois,
- 20:14bon, je pense que c 'est son point de vue, qu
- 20:16'après un oui, il peut se déclarer indépendant.
- 20:18Je suis le président d 'une république. Mais
- 20:20non. Et il y a une raison fondamentale pour ça.
- 20:23C 'est qu 'à l 'heure actuelle, les Plamondons,
- 20:26les Dion, les Alexandres, les gens qui nous écoutent,
- 20:30on est pleinement canadiens. On a des droits.
- 20:33sur le territoire canadien, sur chaque centimètre
- 20:35carré de ce territoire. C 'est notre pays. Et
- 20:38au -delà du Canada, grâce au passeport, qui est
- 20:43reconnu dans le monde entier, nous donne des
- 20:45droits. Et les autres Canadiens, quand ils viennent
- 20:48au Québec, eh bien, ils sont dans leur pays.
- 20:50C 'est des droits. Et ces droits sont écrits
- 20:52où? Dans la Constitution. Donc, les politiciens
- 20:56ne peuvent pas, par des déclarations, éteindre
- 21:00ces droits. La seule façon par laquelle ça peut
- 21:02être fait, c 'est de modifier la Constitution
- 21:04et d 'enlever toute référence à la province de
- 21:08Québec dans la Constitution, et donc de négocier
- 21:11la perte du Canada pour les Québécois et la perte
- 21:14du Québec pour les autres Canadiens, parce que
- 21:17les Québécois voudraient devenir un pays indépendant.
- 21:20Et on ne conteste pas la légitimité de cela.
- 21:24La Cour suprême ne le fait pas, et moi, je ne
- 21:25l 'ai jamais fait. contester la pertinence, en
- 21:30quoi ça serait bien pour nous de faire une chose
- 21:32pareille, en quoi ça serait profitable, etc.
- 21:35Mais je comprends que c 'est légitime. Mais ce
- 21:38qui ne serait pas légitime, c 'est d 'enlever
- 21:40des droits aux gens en dehors du droit. Et il
- 21:45n 'y arriverait pas parce que personne ne serait
- 21:47en obligation de se soumettre à sa déclaration.
- 21:51Il n 'y aurait pas de droit, ce serait contre
- 21:54le droit canadien. Et les pays à l 'international,
- 21:57j 'espère que maintenant tout le monde réalise
- 21:59là, quand on voit par exemple le cas de la Catalogne,
- 22:03ils n 'ont pas envie de reconnaître les sécessions
- 22:05illatérales. Passer par -dessus la tête de Madrid
- 22:07pour reconnaître Barcelone ou par -dessus la
- 22:10tête d 'Ottawa pour reconnaître la ville de Québec
- 22:12comme le centre d 'un nouveau pays, ils ne feront
- 22:16pas ça. Et contrairement au mythe, M. Chirac
- 22:19n 'avait pas... Il ne s 'était pas engagé à reconnaître
- 22:22le Québec indépendant. Il avait dit, je reconnaîtrai
- 22:25le fait. Bon, bien oui, on connaît le fait. Mais
- 22:28quelques années plus tard, la question lui a
- 22:30été posée, qu 'est -ce que vous vouliez dire
- 22:31par là? Je ne voulais pas dire par là que je
- 22:33reconnaîtrais un nouvel État, puisqu 'il y avait
- 22:36une négociation qui devait avoir lieu avec l
- 22:38'État existant, l 'État canadien. Donc, la France
- 22:41parlera pour elle -même et tous les pays parleront
- 22:43pour eux -mêmes. Mais on peut anticiper. qu 'on
- 22:46ne traiterait pas le Canada avec aussi peu de
- 22:48considération alors qu 'aucun pays actuellement
- 22:52à l 'ONU n 'est entré contre l 'avis de l 'État
- 22:54prédécesseur. Alors, pourquoi est -ce qu 'on
- 22:57ferait une exception pour le Canada? Donc, en
- 22:59revanche, nous sommes la tête. La seule façon
- 23:02par laquelle l 'indépendance peut se faire, c
- 23:04'est qu 'on la veuille vraiment et que sur cette
- 23:06base, on entre en négociation avec le reste du
- 23:10pays pour éteindre nos droits sur le Canada,
- 23:12éteindre leurs droits sur le Québec. Et je pense
- 23:16que même pour un souverainiste, disons aujourd
- 23:19'hui, si j 'étais souverainiste, je pense que
- 23:23mon nouveau pays, je voudrais qu 'il parte sur
- 23:25des bonnes bases. Et je pense que d 'avoir une
- 23:28majorité claire de gens qui veulent ce pays -là,
- 23:30une entente de divorce avec le Canada qui se
- 23:33passe bien, qui est civilisée, qui permet de
- 23:36maintenir... certains accords commerciaux qui
- 23:39permettent de maintenir certaines ententes de
- 23:41collaboration sur la défense, par exemple, qui
- 23:43seraient inévitables dans un contexte nord -américain.
- 23:46Mais tout ça nécessite qu 'on fasse nos devoirs
- 23:48comme il faut, puis qu 'on respecte certaines
- 23:50règles, puis qu 'on fasse ça. justement d 'une
- 23:53façon civilisée, pour qu 'après ça, le Québec
- 23:55puisse partir sur des bonnes bases. Et je ne
- 23:58pense pas effectivement qu 'un référendum à une
- 24:02personne, après ça, déclarer unilatéralement
- 24:04qu 'on se sépare, après ça, refuser de négocier
- 24:07avec Ottawa ou être... Parce qu 'une négociation
- 24:10ne serait pas possible sur la base de M. Plamondon,
- 24:13président d 'une république autoproclamée. Si
- 24:17on veut... Et on aura la nécessité de l 'avoir,
- 24:20la coopération pleine et entière du gouvernement
- 24:22fédéral canadien pour rester dans le droit. Et
- 24:26donc, on lui dirait, M. Plamondon, vous êtes
- 24:28encore le premier ministre d 'une province. Vous
- 24:30aspirez à devenir le président d 'une république
- 24:32indépendante, on comprend très bien, mais négocions
- 24:36sur la base d 'une majorité claire. On ne peut
- 24:39pas décemment s 'engager à négocier si on n 'est
- 24:42pas assuré que votre population veut se séparer.
- 24:45Donc, prouvez -nous, il faut que vous nous le
- 24:47prouviez. Et pour cela, c 'est pourquoi on avait
- 24:49insisté sur une question claire et une majorité
- 24:51qui ne risque pas de fondre parce qu 'elle n
- 24:54'est pas suffisamment claire. Donc, ça, je pense
- 24:57qu 'il faut accepter cela. Il faut parler, il
- 25:01faut agir en toute transparence. Alors, il y
- 25:04a toutes sortes d 'accusations qui ont été lancées
- 25:06contre le camp du non en 1995. Je ne vais pas
- 25:09vous revenir là -dessus. Mais regardons du côté
- 25:12du oui. Il y a eu ce documentaire dont on parle,
- 25:16l 'espoir et la trahison. C 'est bien fait, mais
- 25:24la thèse, c 'est que M. Parizeau avait tout prévu,
- 25:28que c 'était bien engagé. Mais non, ce n 'était
- 25:32pas bien engagé. Sur le plan du droit, ça aurait
- 25:35causé d 'énormes problèmes. causer le chaos,
- 25:38parce qu 'il n 'y a rien de plus dangereux en
- 25:39démocratie qu 'un gouvernement qui sort du droit
- 25:41mais qui demande à tout le monde de se soumettre
- 25:43à ses lois, qui nous dit que c 'est une question
- 25:46politique et non juridique, mais par contre,
- 25:48vous êtes tenus en droit de faire ce que je vous
- 25:51demande. Ça ne pouvait pas fonctionner. Une majorité
- 25:55gonflée à l 'hélium de façon artificielle, ça
- 25:58n 'aurait pas fonctionné. Mme Chantal Hébert
- 26:00avait sorti un livre qui montrait que M. Bouchard
- 26:03et M. Dumont étaient déjà en désaccord avec M.
- 26:06Parizeau. Et M. Parizeau qui voulait foncer vers
- 26:08une sécession unilatérale quand ses partenaires
- 26:10croyaient que ça prenait un an. Et puis, ce plan
- 26:14O, pourquoi tout le monde a l 'air de dire «
- 26:17Ah, Parizeau, il a tout prévu, il a prévu le
- 26:20plan O ». Ça, c 'est le plan O, les gens ne savent
- 26:22peut -être pas, c 'est le plan obligation. Alors,
- 26:24on allait, pour essayer de calmer les marchés,
- 26:27utiliser, je pense que c 'est 25 milliards de
- 26:31nos impôts. Nous, les Québécois, et de nos épargnes,
- 26:35on sollicitait même les caisses populaires pour
- 26:38essayer de calmer les marchés. Donc, faire une
- 26:40spéculation sur la spéculation. Ça n 'aurait
- 26:44peut -être pas fonctionné. Nos 25 milliards auraient
- 26:46peut -être été partis en fumée. Mais ce qui est
- 26:48grave, Alexandre, c 'est qu 'on ne nous en a
- 26:50jamais parlé. On ne nous en a jamais parlé durant
- 26:53le référendum. Vous savez, on a un plan pour
- 26:55utiliser vos épargnes pour calmer les marchés.
- 26:57Non, il ne fallait pas le dire parce qu 'à ce
- 26:59moment -là, les marchés auraient anticipé, etc.
- 27:01Oui, mais nous, on est les dédons de la farce
- 27:03là -dedans. Je suis le premier à vous le dire.
- 27:05Je n 'ai vu personne trouver ça scandaleux qu
- 27:11'on ait fait un tel plan. Ça, ça ne sera pas
- 27:13possible la prochaine fois. Je pense que tout
- 27:14le monde va vouloir demander à M. Plamondon,
- 27:16si jamais il y a une prochaine fois, bien sûr,
- 27:18c 'est quoi votre plan pour utiliser nos épargnes
- 27:21et nos impôts pour calmer les marchés? Qu 'on
- 27:24ne se refasse pas le coup du plan haut. On ne
- 27:26veut pas de ça. Donc, vous voyez, j 'espère qu
- 27:30'on ne fera pas un troisième référendum, mais
- 27:31si on le fait, ça ne sera pas sur les bases confuses
- 27:34et illégales des deux premiers. Surtout du deuxième.
- 27:38Dans le premier, c 'était un référendum pour
- 27:41demander si on voulait un deuxième référendum.
- 27:44Alors, c 'était un peu plus complexe. Mais le
- 27:46deuxième est une tentative de sécession unilatérale
- 27:49qui n 'avait pas de base légale. Maintenant,
- 27:51si vous me permettez, j 'aimerais expliquer pourquoi
- 27:53fondamentalement... les sécessions unilatérales
- 27:57ne sont pas permises en démocratie. Pourquoi
- 27:59il n 'y a pas un État au monde, si démocratique
- 28:01soit -il, qui autorise une sécession unilatérale
- 28:04? C 'est une bonne question. Oui. On peut dire
- 28:06qu 'il y a des questions de sécurité de l 'État,
- 28:09d 'instabilité. Oui, ça joue. Mais fondamentalement,
- 28:13c 'est le droit de citoyenneté. C 'est -à -dire,
- 28:15c 'est ce que j 'expliquais tout à l 'heure,
- 28:17un Québécois a droit à tout le Canada. Un Catalan
- 28:22a droit à toute l 'Espagne. Un Espagnol d 'une
- 28:24autre région a droit à être chez lui en Catalogne.
- 28:27Les autres Canadiens sont dans leur pays quand
- 28:29ils viennent au Québec. Avec tous les droits
- 28:31qui sont alliés à ça, tu n 'as pas besoin d 'un
- 28:33passeport pour aller dans la province en question.
- 28:37Tu peux t 'y installer, etc. Nos droits de santé
- 28:42sont transférables. Tous ces droits -là, les
- 28:45droits de pension sont transférables. Tous ces
- 28:48droits existent. Donc, les autres pays... dans
- 28:53leur grande majorité, les autres pays démocratiques,
- 28:56les autres fédérations, disent qu 'il n 'y aura
- 28:59pas de sécession puisque un groupe de citoyens
- 29:02ne peut pas enlever ses droits à d 'autres citoyens.
- 29:04Et donc, ils n 'autorisent pas la sécession.
- 29:06Ça, c 'est les États -Unis, c 'est la France,
- 29:08c 'est l 'Allemagne, c 'est la Suisse, c 'est
- 29:12l 'Australie, etc. Il y a très peu de pays qui
- 29:16l 'autorisent. Aucun de façon unilatérale. Parce
- 29:21que... Puisque ces droits sont constitutionnels,
- 29:23il faut changer la constitution pour les établir.
- 29:25Parce que la séparation du Québec a un impact
- 29:27sur le droit de l 'Ontarien de déménager au Québec.
- 29:31Et du Québécois d 'aller en Ontario. C 'est pas
- 29:33juste une question québécoise. Vous remarquerez,
- 29:36les indépendants québécois, et on voit ça dans
- 29:39les projets de M. Plamondon et du Parti québécois,
- 29:43c 'est de dire, non, vous garderez le Canada,
- 29:46le passeport canadien, nous garderons ça. Mais
- 29:50les autres Canadiens, là, les millions d 'autres
- 29:52Canadiens ne viendront pas voter chez nous pour
- 29:54noyer notre vote. Ils ont raison. Si le Québec
- 29:56devient indépendant, on ne peut pas permettre
- 29:58à tous les autres Canadiens de continuer à voter
- 29:59au Québec, à venir au Québec puis voter, voyons.
- 30:03Alors, donc, il faut éteindre les droits des
- 30:06autres, mais pas les nôtres, parce que le gouvernement
- 30:08du Canada n 'a pas de loi pour ça. À l 'heure
- 30:10actuelle, M. Alexandre Michaud, il ne peut pas...
- 30:15Il ne peut pas cesser d 'être Canadien. Le gouvernement
- 30:17du Canada, le Parlement canadien n 'a pas le
- 30:19droit de t 'enlever de ta citoyenneté canadienne.
- 30:22Le seul cas où ça peut se faire, c 'est si, en
- 30:24tant qu 'immigrant, tu as menti sur ton passé.
- 30:27On peut rétroactivement dire que tu es rentré
- 30:30sous de fausses prétentions, donc on t 'enlève
- 30:33de ta citoyenneté. Mais sinon, non. On est tous
- 30:35citoyens canadiens et il n 'y a aucune base légale
- 30:38pour nous enlever ce droit et le droit de naissance
- 30:41de nos enfants à l 'être, à la naissance. Alors
- 30:44là, ils disent qu 'ils ne pourront pas l 'enlever.
- 30:46Mais ils ne peuvent pas l 'enlever non plus pour
- 30:48les autres Canadiens par rapport au Québec. Ils
- 30:50ne peuvent pas consentir à ça. La seule façon
- 30:52d 'y arriver, c 'est de changer la constitution.
- 30:54Tant pour le gouvernement du Québec que pour
- 30:56le gouvernement du Canada et les autres gouvernements
- 30:58des autres provinces, on ne peut pas attaquer
- 31:00nos droits de citoyenneté tant qu 'ils sont dans
- 31:02la constitution. Il faut les enlever de la constitution.
- 31:04Et ça, ça demande une négociation. Je pense qu
- 31:07'ils n 'ont pas compris. Ça va dans les deux
- 31:08sens. Oui, c 'est ça, c 'est particulier, parce
- 31:10que là, il y a des répercussions sur les Québécois,
- 31:13mais également sur les Canadiens. Et c 'est pour
- 31:14ça que les autres démocraties se disent indivisibles.
- 31:18Parce qu 'aucun groupe de citoyens, même si c
- 31:21'est au proclame peuple ou nation, ne peut enlever
- 31:24ses droits de citoyenneté aux autres. Et à moins
- 31:27de voir une modification constitutionnelle qui
- 31:30soit négociée, et c 'est à moins d 'avoir une
- 31:32négociation constitutionnelle qui soit négociée,
- 31:34n 'est reconnue que dans quelques pays. Le Royaume
- 31:38-Uni, le Canada et quelques autres, très peu.
- 31:40Dans les autres pays, on dit, il n 'y a même
- 31:42pas d 'amoins. On est citoyen et personne ne
- 31:45peut nous enlever ça. Donc, le pays est indivisible.
- 31:47Et d 'ailleurs, les indépendantistes québécois...
- 31:50Ils veulent faire du Québec quoi, sinon un pays
- 31:52indivisible? On va en parler tout de suite après
- 31:56la partition. Ils veulent faire du Québec un
- 31:58pays indivisible où la citoyenneté québécoise
- 32:00ne peut pas être enlevée parce que certains groupes
- 32:02de citoyens diraient « Ma région, on va se séparer
- 32:04du Québec. » Non, non, non, on est tous Québécois.
- 32:06Vous ne pouvez pas nous enlever ces droits -là.
- 32:08Mais le Canada est un pays. Ils nous disent que
- 32:12c 'est un pays artificiel, c 'est leur décision.
- 32:13Ils peuvent croire ça, mais pour beaucoup, au
- 32:17contraire, c 'est un des meilleurs pays du monde.
- 32:19Sans aller jusqu 'à M. Chrétien, c 'était le
- 32:21meilleur. Mais on sait très bien que c 'est probablement
- 32:25dans le milliard d 'êtres humains qui rêvent
- 32:27d 'être canadiens. Que quand on demande aux autres
- 32:29êtres humains sur quel... Dans quel pays vous
- 32:32voudriez vivre si ce n 'était le vôtre? Le Canada
- 32:34est sur le podium ou jamais loin. Donc, c 'est
- 32:37un pays qui est admiré dans le monde. Que tant
- 32:39de millions de Canadiens au Québec ou en Alberta
- 32:41souhaitent cesser d 'être canadiens, je trouve
- 32:44ça un peu triste, mais c 'est certainement contraire
- 32:46au sentiment général. Donc, le Canada est un
- 32:48pays. Et ce pays, il a autant de droits à protéger
- 32:52sa citoyenneté que d 'autres pays. On accepte
- 32:55la sécession non pas parce qu 'on n 'est pas
- 32:56un pays, mais parce que c 'est dans notre culture
- 32:58politique. Ce n 'est pas parce que le droit international
- 33:00nous y oblige, aucunement. C 'est que dans notre
- 33:03culture politique, on voit mal comment le Canada
- 33:05pourrait fonctionner dans un contexte où, clairement,
- 33:07une population voudrait cesser d 'être canadienne
- 33:09dans la province en question. Faisons un petit
- 33:12croche de droit international, justement. Je
- 33:15ne me trompe pas dans la décision de la Cour
- 33:18suprême sur la sécession du Québec. C 'est clairement
- 33:21indiqué que le Québec, les Québécois n 'ont pas
- 33:24le droit en vertu du droit international. En
- 33:25tout cas, c 'est l 'avis de la Cour que les Québécois...
- 33:28Ils ne sont pas dans un contexte de colonialisme
- 33:30où, par exemple, certains peuples peuvent demander
- 33:33à s 'affranchir du colonisateur. Et je me suis
- 33:37longtemps demandé pourquoi, justement, le Parti
- 33:40québécois parlait du colonialisme canadien. C
- 33:43'est quelque chose qui revient beaucoup, puis
- 33:45je ne comprenais pas vraiment la logique derrière
- 33:46ça, mais je pense qu 'il essaie de mettre la
- 33:50cause devant nous qui, essentiellement... On
- 33:52est comme un peuple vassal du Canada, puis que
- 33:55le Canada, c 'est notre colonisateur pour essayer
- 33:57de se trouver un droit international. La logique
- 34:00qui fait qu 'il n 'y a pas de droit à la sécession
- 34:02unilatérale en démocratie, c 'est le droit de
- 34:04citoyenneté. Mais si un État ne respecte pas
- 34:08une groupe dans le pays, une population dans
- 34:12le pays, en ne le reconnaissant pas, ce droit
- 34:14de citoyenneté, ou en le reconnaissant de façon
- 34:17factice, c 'est clair qu 'ils ne sont pas citoyens.
- 34:20À ce moment -là, ces citoyens -là ont le droit
- 34:22de tenter de cesser de faire partie de cet État
- 34:26oppresseur. Mais ce n 'est pas le cas au Canada.
- 34:30Nous, les Québécois, on est pleinement canadiens.
- 34:33On peut être premier ministre du Canada. On peut
- 34:36tout faire dans ce pays. Il y a beaucoup de Québécois
- 34:38qui sont installés au Yukon. d 'établir une population
- 34:43francophone assez intéressante là -bas. C 'est
- 34:45notre droit. Il n 'y a rien qui nous en empêche.
- 34:48Et donc, on a le passeport canadien. On a tous
- 34:52les droits de citoyenneté. Donc, il n 'y a pas
- 34:54de situation où une population serait, en effet,
- 34:57sous la puissance d 'un État sans en être citoyenne.
- 35:01Quand on était une colonie française, par exemple,
- 35:03on était ici, on n 'est pas... Bien là, c 'est
- 35:05une monarchie. Les Canadiens, au départ, c 'est
- 35:08-à -dire les colons français, étaient en situation
- 35:12coloniale par rapport à la France et ensuite
- 35:14par rapport à la Couronne britannique. Il a fallu
- 35:18obtenir le gouvernement responsable, qu 'on a
- 35:20obtenu parmi les premiers dans le monde. bien
- 35:23avant les Français, d 'ailleurs, qui, eux, ont
- 35:25eu besoin de révolutions sanglantes pour y parvenir.
- 35:29Et nous, on a eu quelques grabuges, quelques
- 35:32situations difficiles avec la révolte, la rébellion
- 35:38des patriotes et même chose en Ontario. Mais
- 35:43en termes de morts, ce n 'est pas des millions
- 35:45de morts comme on a eu en France. C 'était beaucoup
- 35:48moins violent. Une histoire beaucoup plus douce
- 35:52qu 'on a eue au Canada qu 'ailleurs. Mais donc,
- 35:53le passage du statut de sujet au statut de citoyen,
- 35:57c 'est l 'histoire du 19e et du 20e siècle. Ça
- 36:00s 'est mieux passé au Canada qu 'ailleurs. Et
- 36:02aujourd 'hui, on est des citoyens. Ça doit être
- 36:06très clairement reconnu. Donc, M. Saint -Pierre
- 36:08Plamondon, quand il dit, et j 'ai écouté un balado
- 36:11qu 'il a fait avec M. Arcand, où il dit, nous
- 36:15sommes en situation coloniale face au Canada,
- 36:17qui n 'est pas un État de droit. Non. Il faut
- 36:21lui dire qu 'être en situation de coloniser,
- 36:24c 'est de ne pas avoir des droits de citoyenneté
- 36:26face à un gouvernement qui a autorité sur nous.
- 36:31Mais ce n 'est pas le cas des Québécois. Ça n
- 36:33'empêche pas d 'être minoritaire. On est minoritaire,
- 36:36mais alors s 'il fallait que toutes les minorités
- 36:38du monde fassent leur propre état, on fait exploser
- 36:40la planète. Nous, les Québécois francophones,
- 36:43sommes minoritaires. par rapport à un pays qui
- 36:47est majoritairement anglophone. Mais on peut
- 36:50très bien vivre dans ce pays en se disant qu
- 36:53'on va défendre nos droits comme francophones.
- 36:56On ne cessera pas de faire, mais on va bâtir
- 36:58de grandes choses avec les autres Canadiens.
- 37:01Bon, disons que toutes les conditions sont respectées
- 37:04dans la Loi sur la clarté. Il y a un mandat clair,
- 37:06il y a une négociation qui débute. La question
- 37:10qui se pose aussi, parce que là, c 'est facile
- 37:12de dire que le Québec est indivisible, mais disons
- 37:15qu 'il y a une partie significative, je ne sais
- 37:17pas moi, 40 % des Québécois qui ne veulent pas
- 37:19se séparer, qui veulent rester canadiens, principalement
- 37:22concentrés, par exemple, dans l 'ouest du Québec,
- 37:25et que Montréal, une partie de l 'Outaouais,
- 37:28les rives nord, rives sud, bon... Une partie
- 37:31de la population significative décide qu 'elle
- 37:33désire rester canadienne. Concrètement, qu 'est
- 37:37-ce qui arriverait? Ça serait partie de la négociation.
- 37:40La Cour suprême a dit que le partage du territoire
- 37:42est un enjeu de la négociation. Quand on dit
- 37:45que la négociation serait difficile, c 'est le
- 37:49cas. Est -ce que ça a du sens de créer des enclaves?
- 37:53Comment ça pourrait fonctionner? Peut -être qu
- 37:56'on se dirait qu 'il faut éviter cela. Donc,
- 37:59ça serait des choses à négocier pour essayer
- 38:02de trouver la meilleure solution pour tout le
- 38:03monde. Ce serait très complexe. Mais il y a un
- 38:06élément important qu 'il faut garder en tête.
- 38:09C 'est qu 'au référendum de 1980, ainsi qu 'au
- 38:13référendum de 1995, les populations autochtones
- 38:17du nord du Québec ont tenu leur propre référendum.
- 38:21et à des majorités 95 %, tout à fait indisputables,
- 38:24ont dit, nous, on reste dans le Canada. Ils ne
- 38:27demandaient pas de faire une séparation. Ils
- 38:29demandaient de ne pas participer à une sécession.
- 38:32Et que ces référendums ont été complètement ignorés.
- 38:35Personne n 'a voulu en parler. M. Parizeau a
- 38:37dit une fois, ils sont illégaux. Ils n 'ont pas
- 38:40été comptabilisés. Ils n 'ont pas été pris en
- 38:43compte. C 'est comme s 'ils n 'avaient pas eu
- 38:45lieu. Et avec la complicité de la classe politico
- 38:48-médiatique. Je ne suis pas intéressé à ça du
- 38:50tout. Bien, ce n 'est plus possible, ça. D 'abord
- 38:53parce que l 'exercice de clarification a fait
- 38:56en sorte que la Cour suprême et la loi sur la
- 38:58clarté qui lui donne effet reconnaît que transplanter
- 39:02des peuples d 'un pays à un autre sans même leur
- 39:06demander leur avis n 'est pas quelque chose qu
- 39:08'on peut concevoir facilement. Donc, ces questions
- 39:11-là, les droits des peuples autochtones, seraient
- 39:14sur la table de négociation. Ça, c 'est bien
- 39:17reconnu dans l 'avis de la Cour, ainsi que dans
- 39:19la loi sur la clarté. Et aussi, la question des
- 39:26droits des peuples autochtones a beaucoup progressé
- 39:28depuis 1995. Donc, on doit anticiper que s 'il
- 39:33y a des volontés de ce côté -là, s 'il n 'y en
- 39:35a pas, ça fait un problème de moins, mais s 'il
- 39:37y a des volontés de ce côté -là, de populations
- 39:39qui disent, avec nos territoires, nous, on veut
- 39:41rester au Canada, on ne pourra pas ignorer ces
- 39:43demandes. Puis de juste faire comme s 'il n 'y
- 39:45avait pas de droits ancestraux. Juste faire comme
- 39:47s 'ils n 'existaient pas. Comme on l 'a prétendu
- 39:50pouvoir le faire en 80 -95, mais en 95, je suis
- 39:52sûr que ça aurait mal tourné. Ça tourne très
- 39:55mal quand on se donne des droits et on les nie
- 39:58aux autres. C 'est jamais une situation saine.
- 40:01en démocratie. Donc, moi, je peux me séparer,
- 40:04mais toi, tu ne peux pas rester dans le Canada.
- 40:06Tu viens avec moi, même si tu n 'es pas d 'accord.
- 40:07Ça risque de causer des problèmes. Oui, bien,
- 40:09c 'est ça. Parce que si, disons, ils voulaient
- 40:10rester canadiens puis on leur enlevait leur territoire,
- 40:12ça voudrait dire qu 'il faudrait les relocaliser,
- 40:14puis on se retrouverait à faire de la déportation
- 40:15essentiellement. Je ne sais pas. Je ne vais pas
- 40:17commencer à spéculer sur ce qu 'il faudrait faire.
- 40:18Mais je sais que transplanter un peuple d 'un
- 40:21pays à un autre sans lui demander son avis n
- 40:23'est pas quelque chose qui serait constitutionnel
- 40:25au Canada. Alors, bon, c 'est ça. Puis là, on
- 40:27le voit un peu en Alberta. Puis là, on va peut
- 40:31-être débattre qu 'il y a des traités là -bas
- 40:32qui n 'ont pas ici, mais il y aurait minimalement
- 40:34un processus de consultation des Autochtones
- 40:37dans le cadre même du processus référentiel.
- 40:39Là, on parle, je ne sais pas quand notre entrevue
- 40:42sera rendue publique, mais on parle au lendemain,
- 40:45donc on est le 14 mai, et au 13 mai, il y a une
- 40:51juge de la Cour du banc de la Reine, comme ça
- 40:54que ça s 'appelle, donc la Cour supérieure de
- 40:56l 'Alberta. qui a décidé qu 'avant de tenir un
- 41:01référendum, il faut consulter les peuples autochtones
- 41:05de l 'Alberta. Et cette consultation n 'ayant
- 41:09pas eu lieu, le processus est gelé. C 'est ce
- 41:11qu 'elle a décidé. Ça va aller en appel. Je ne
- 41:13sais pas trop comment ça va tourner. Et ce qui
- 41:16n 'est pas clair pour le moment, c 'est est -ce
- 41:17que c 'est sur la base d 'un principe constitutionnel
- 41:19qui s 'applique sur tout le Canada ou de la...
- 41:23La particularité des traités en Alberta et des
- 41:25deux lois des référendums, il y a une loi sur
- 41:28les référendums en Alberta, puis une loi sur
- 41:30les consultations à la demande populaire, sur
- 41:36pétition. Alors, peut -être qu 'il y a quelque
- 41:38chose qui est lié au processus albertain qui
- 41:40ne s 'applique pas ailleurs, mais peut -être
- 41:42que non. Je ne peux pas établir ça clairement.
- 41:46Mais pour parler dans le cas de l 'Alberta, quelque
- 41:49chose que je voudrais dire. Tant les activistes
- 41:53albertains, M. Sylvestre et les autres, que le
- 41:57gouvernement de l 'Alberta, avec la première
- 41:59ministre, Mme Smith, reconnaissent la loi sur
- 42:01la clarté. Le mouvement indépendantiste albertain
- 42:07a choisi la question qui est un calque de ce
- 42:12qu 'on retrouve dans la loi sur la clarté. Voulez
- 42:14-vous que l 'Alberta, en ce cas -là, cesse de
- 42:17faire partie du Canada pour devenir un État indépendant?
- 42:22Et c 'est la question qu 'ils proposent. Alors
- 42:24ça, c 'est bien. Ça serait mieux qu 'il n 'y
- 42:26ait pas de référendum du tout en Alberta, mais
- 42:28il faut qu 'il y en ait un, au moins que ça soit
- 42:29sur cette base -là. Là où il faudrait que la
- 42:33première ministre et ses activistes albertains,
- 42:37je pense, revoient un peu leur plan, c 'est que
- 42:41ça ne peut pas être clair si c 'est mêlé à d
- 42:43'autres questions référendaires. Il y a 9 ou
- 42:4510 questions qui vont... Ils veulent poser 9
- 42:47questions, plus éventuellement une question sur
- 42:49l 'indépendance. La même journée, pour sauver
- 42:52de l 'argent. Je comprends que c 'est important
- 42:53de sauver de l 'argent des contribuables, mais
- 42:55quand on arrive à un enjeu aussi grave qu 'une
- 42:58sécession, on ne peut pas tenir ça avec d 'autres
- 43:00questions. Est -ce que vous trouvez qu 'il y
- 43:01a trop d 'immigrants? Je ne sais pas, il y a
- 43:03toutes sortes de questions là -dessus. Il faut
- 43:06que la campagne référendaire ne porte que sur
- 43:10ça. Je pense qu 'ils doivent en convenir. Donc,
- 43:14il y a neuf questions en même temps sur un sujet
- 43:17et que la sécession soit un autre référendum
- 43:20avec un autre laps de temps juste pour ça. C
- 43:24'est trop grave. On ne peut pas. Il n 'y a aucun
- 43:25pays au monde qui accepterait ça. Bon, on pose
- 43:28différentes questions. Et by the way, à propos...
- 43:30Est -ce qu 'on fait des taxes municipales, les
- 43:33lois sur les piscines, c 'est ça? Oui, ou des
- 43:35changements de zonage. Il y en a un un peu plus
- 43:37gros que les autres. Est -ce que vous voulez
- 43:39changer de pays? Non, non. Je pense qu 'ils doivent
- 43:41en convenir. Parce que s 'ils n 'en conviennent
- 43:43pas, je ne vois pas la Chambre des communes du
- 43:46Canada accepter ça. Parce qu 'oubliez pas, dans
- 43:48la loi sur la clarté, il y a différents critères
- 43:50qui sont nommés, puis il y a toute autre considération.
- 43:53qui pourraient subvenir. Je pense que c 'était
- 43:56sage de notre part comme législateur d 'avoir
- 43:58ça, parce qu 'on ne peut pas anticiper tout.
- 44:01Regardez le Brexit, on ne devait pas anticiper
- 44:02l 'Irlande. Là, je n 'avais pas du tout anticipé
- 44:05en 1995, je dois admettre, en 1998, en 2000,
- 44:09quand la loi sur la clarté, on l 'a écrite, moi
- 44:12et les autres, M. Chrétien, M. Rock, tout le
- 44:15monde, on n 'avait pas anticipé qu 'on arriverait
- 44:18dans un contexte où il n 'y a même pas un seul...
- 44:20élus séparatistes dans l 'Assemblée législative
- 44:23de la province. Le gouvernement n 'est pas indépendantiste,
- 44:26mais comme ils font des référendums à initiatives
- 44:30populaires, qu 'elle a baissé la barre sans aucun
- 44:34mandat électoral pour le faire d 'ailleurs, ce
- 44:36qui n 'est pas très démocratique, on se retrouve
- 44:38avec une pétition pour qu 'il y ait un référendum
- 44:40dont la grande majorité des Albertains ne veulent
- 44:42pas. Ce n 'est vraiment pas un scénario qu 'on
- 44:46avait anticipé, mais alors si ça doit avoir lieu...
- 44:50Oui, la question doit être... Le bélier doit
- 44:52être clair, mais il faut avoir une campagne rien
- 44:55que là -dessus, s 'il vous plaît. C 'est pour
- 44:57respecter la loi sur la clarté, mais au -delà
- 44:59de ça, c 'est pour respecter le gros bon sens.
- 45:01Common sense, come on! Voyons. Alors, j 'espère
- 45:05que tout le monde va en convenir de ça, mais
- 45:07je suis heureux de le dire sur tes ondes. J 'aimerais,
- 45:09merci pour cette clarification -là, j 'aimerais
- 45:12revenir un peu sur la situation du Québec dans
- 45:14le Canada. On est une province où à peu près
- 45:18en tout temps, il y a à peu près 20 % des gens
- 45:20qui sont souverainistes. Rajoutons à ça à peu
- 45:22près une dizaine de pourcents de gens qui voteraient
- 45:24oui à un éventuel référendum selon les chiffres
- 45:26qu 'on a actuellement, puis c 'est assez stable
- 45:28dans le temps. Je pense qu 'il y a une certaine
- 45:32frustration d 'une partie des Québécois par rapport
- 45:34au Canada, une insatisfaction par rapport au
- 45:36régime canadien. On a tenté dans le passé de
- 45:40régler ces insatisfactions -là, notamment à travers
- 45:43Meach, Charlottetown, qui n 'ont pas fonctionné,
- 45:46puis qui ont peut -être tiré une certaine ferveur
- 45:48souverainiste qui a mené au référendum de 1995.
- 45:51C 'est quoi, d 'après vous, l 'avenir au niveau
- 45:54constitutionnel? Est -ce qu 'on est condamné
- 45:57à garder la Constitution telle qu 'elle est là,
- 46:00ou est -ce qu 'il y a un potentiel pour une résolution,
- 46:03disons, de 1982 pour le Québec? – Tu utilises
- 46:06le terme « condamné ». C 'est un contexte que
- 46:08nous en vit le monde entier. C 'est un des pays...
- 46:11– Je veux dire, le fait qu 'on n 'ait pas signé
- 46:14la Constitution... – Non, non, mais... Bon, c
- 46:17'est pas idéal comme situation que l 'Assemblée
- 46:20nationale ait pas accepté la Constitution de
- 46:231982. Mais ce n 'est pas unique au Canada. Vous
- 46:29avez deux cantons suisses qui n 'ont jamais accepté
- 46:32la constitution suisse. Puis vous avez la Bavière
- 46:36qui n 'a jamais ratifié la loi fondamentale en
- 46:40Allemagne. Et l 'Allemagne, la Suisse et le Canada
- 46:42sont des pays admirables, que tout le monde admire.
- 46:46Donc, ce n 'est pas une situation idéale, mais
- 46:48ça ne nous empêche pas de réussir malgré tout.
- 46:51Mais il ne faut pas non plus... Reposer sur nos
- 46:54lauriers. Il faut toujours essayer d 'améliorer
- 46:56notre pays et éviter les dégradations, comme
- 47:00on voit dans nos infrastructures au Québec ou
- 47:03ailleurs, la qualité des services publics. Donc,
- 47:06il faut agir fermement là -dessus. Est -ce que
- 47:09c 'est nécessairement par les modifications constitutionnelles
- 47:14qu 'on y arrivera? Moi, j 'en doute. Je pense
- 47:17qu 'au contraire, il y a plein de... Moi, j 'ai
- 47:19plein d 'idées pour améliorer mon pays, le Canada,
- 47:21et ça ne demande pas un changement, pas une ligne
- 47:23dans la Constitution canadienne, que ce soit
- 47:25le mode de scrutin qu 'on pourrait tellement
- 47:26améliorer. J 'ai des idées là -dessus. La façon
- 47:29dont on surveille nos partis politiques, pour
- 47:32qu 'il n 'y ait de prêtres, non. À cause des
- 47:35problèmes inutiles, on pourrait s 'y prendre
- 47:37autrement. Bon, j 'ai des idées là -dessus. Je
- 47:39ne vois pas de nécessité. pour améliorer notre
- 47:42pays, de modifier la constitution, même dans
- 47:44le partage des pouvoirs. Je pense que M. Carney
- 47:47a une approche différente de M. Trudeau sur bien
- 47:49des enjeux. Et on peut avoir des ententes qui
- 47:53ne demandent pas un changement constitutionnel.
- 47:55Le problème qu 'ont les indépendantistes québécois,
- 47:59c 'est qu 'ils se font dire, par M. Plamondon
- 48:03et ses prédécesseurs, je ne vais pas singulariser,
- 48:06que la raison pour laquelle... beaucoup de Québécois
- 48:12ne veulent pas de leur projet, c 'est qu 'ils
- 48:14ont peur. La théorie de la peur. D 'ailleurs,
- 48:19à chaque fois qu 'on leur tient un argument contraire
- 48:21à ce qu 'ils voudraient entendre, ils s 'accusent
- 48:24de faire une campagne de peur, d 'être des marchands
- 48:25de peur. Et que si les Québécois n 'avaient pas
- 48:28peur, ils seraient tous indépendantistes. Ce
- 48:30qui nous retient d 'être indépendantistes, c
- 48:33'est qu 'on est des peu heureux. Donc, il faut
- 48:35nous donner la volonté de s 'essayer de secouer
- 48:38cette peur. Donc, il ne revient pas à l 'idée
- 48:40qu 'il y aurait peut -être, dans ce qu 'on a
- 48:43bâti avec les autres Canadiens, un idéal. Un
- 48:46idéal qui est admiré dans le monde. Un idéal
- 48:49qu 'on doit préserver et protéger pour nous -mêmes
- 48:51et pour cette planète où vous avez des milliers
- 48:55de groupes humains qui se déclarent nation ou
- 48:58peuple et il n 'y a pas 200 États ou Nations
- 49:00unies. Donc, la plupart des États doivent regrouper
- 49:03des gens qui ont différentes identités. L 'identité
- 49:07plurielle, ce n 'est pas une blague à la... Comment
- 49:10elle s 'appelait? Ce personnage caricaturé qu
- 49:15'on a tout le temps. J 'ai oublié son nom. Ça
- 49:18va me revenir. Au Québec, les films de M. Falardeau.
- 49:24Elvis Graton. C 'est une caricature, ça. Mais
- 49:30c 'est bon, les identités plurielles. d 'être
- 49:33Québécois et Canadiens, c 'est rien de loufoque.
- 49:36C 'est une chance inouïe sur Terre. Si vraiment
- 49:39l 'arrivée sur Terre est une loterie et que vous
- 49:41êtes dans les limbes et qu 'on vient vous chercher
- 49:43et qu 'on vous dit que vous êtes Québécois et
- 49:45Canadiens, vous avez le gros lot, vous avez le
- 49:48jackpot. Alors non, non, c 'est quelque chose
- 49:50de formidable. Mais pourquoi eux ne peuvent pas
- 49:53concevoir cela? Ce qui amène beaucoup de Québécois
- 49:56à vouloir rester dans le Canada, c 'est des valeurs
- 49:58positives. Ce n 'est pas qu 'on est peureux.
- 50:00Un attachement. Oui, un attachement tout à fait
- 50:02rationnel et émotif et qui a du sens, autant
- 50:07que le leur, autant que leur projet. Pourquoi
- 50:09ils ne sont pas capables d 'accepter ça? Pourquoi
- 50:11ils insultent continuellement le Canada et ceux
- 50:15qui veulent y rester? Quand le chef du Bloc avait
- 50:17déclaré « les fédéralistes québécois ne sont
- 50:20pas québécois », je suis obligé de prendre la
- 50:22plume. C 'est une grossièreté, là. On ne doit
- 50:25pas aller là. De toute façon, pour des gens qui
- 50:29veulent faire une sécession apaisée, ce n 'est
- 50:31pas recommandé d 'avoir cette façon échevelée
- 50:35de caler votre adversaire. En partant, si tu
- 50:40as besoin de fermenter la haine envers le Canada
- 50:43pour être capable de convaincre 51 % des gens
- 50:47de voter pour ton projet, ce n 'est peut -être
- 50:49pas le bon projet. D 'engager une population
- 50:55coupée en deux dans un processus comme celui
- 50:57-là, ce n 'est pas bien pour cette population.
- 51:01Ce n 'est pas lui faire du bien. Et donc, dans
- 51:04l 'intérêt des Québécois, ça serait bon qu 'eux
- 51:06aussi admettent le gros bon sens, qu 'ils doivent
- 51:09convaincre les Québécois. En fait, moi, je n
- 51:11'ai aucune influence au sein du Parti québécois,
- 51:13mais voici la suggestion que je leur ferais.
- 51:17Il serait tout à fait légitime que M. Plamondon
- 51:19revoie son... Je sais que les libéraux du Québec
- 51:22ne seront pas contents avec ce qu 'il vient de
- 51:24dire, mais il serait tout à fait légitime pour
- 51:26lui de dire oui, je me suis engagé à tenir un
- 51:28référendum, mais là, j 'y ai pensé mieux et ce
- 51:31n 'est pas une bonne idée. Je pense que ce serait
- 51:33légitime, surtout avec les appuis qui sont...
- 51:35Ça l 'aiderait à se faire élire, mais ça ne serait
- 51:37pas forcément, contrairement à ce qu 'il pense,
- 51:39montrer de l 'opportunisme. Ce serait de montrer
- 51:42du gros bon sens. Voici ce que je vous propose,
- 51:45Québécois. Si vous étiez chef du PQ, c 'est ça?
- 51:49Je dirais, élisez -nous. Si vous nous élisez,
- 51:54il n 'y aura pas de référendum au premier mandat,
- 51:56mais on va dépenser les fonds publics, comme
- 52:00M. Parizeau l 'a fait, mais sans le dire, mais
- 52:02nous, on vous le dit. On va dépenser beaucoup
- 52:04de fonds publics pour vous en convaincre. pour
- 52:08faire une campagne sur la substance du projet
- 52:12et vous expliquer pourquoi ça serait mieux. Oui,
- 52:15on fera tout. On fera des commissions, on fera
- 52:19des études, on ira vous voir. Et au bout de quatre
- 52:22ans, on est très confiants qu 'on aurait été
- 52:25un bon gouvernement. Et en plus, on vous aura
- 52:27convaincus. Et sur cette base, on verra que les
- 52:30sondages montrent qu 'en effet, nous, les Québécois,
- 52:33on est prêts à se séparer. On a l 'appui des
- 52:36groupes communautaires, on a l 'appui partout.
- 52:38Il y a même des partis qui seraient liés à nous.
- 52:41Et donc, à notre deuxième mandat, si vous ne
- 52:45réalisez un deuxième mandat, là, on aura un mandat
- 52:48pour tenir un référendum qui confirmera le consensus
- 52:52qu 'on aura créé. On ne vous mettra pas dans
- 52:54une situation où vous êtes... diviser 50 -50,
- 52:57puis on va essayer à coup de focus group dans
- 53:01le bunker de confler ça jusqu 'à 50 % des poussières
- 53:04pour le oui. Non, non, on ne grappillera pas
- 53:06les votes de cette façon. On ira, franchement,
- 53:09avec un consensus québécois, pour faire du Québec
- 53:12un pays indépendant, qui aura des relations avec
- 53:14ses voisins aussi positives que possible. Bon,
- 53:17c 'est ça que je dirais. Je pense que ce serait
- 53:19une bonne approche. Même moi, comme fédéraliste,
- 53:21je travaille avec ça. Je sais que mes amis...
- 53:23du Parti libéral du Québec ne seraient pas contents
- 53:26parce qu 'ils perdraient un argument. Avec Plamondon,
- 53:29c 'est le référendum. Mais avec Plamondon, ça
- 53:31serait des grosses dépenses pour nous préparer
- 53:36à appuyer l 'indépendance. Des dépenses avec
- 53:38nos impôts. on aura voté pour lui, il aura le
- 53:41droit de le faire. Personnellement, je ne pense
- 53:45pas que gagner un gouvernement simplement parce
- 53:47que tu es contre le projet de référendum, c 'est
- 53:49le meilleur gage de succès. Je suis bien d 'accord
- 53:51avec toi. Je pense que beaucoup de gens qui sont
- 53:54pour le Canada ont été assez paresseux et se
- 53:56sont contentés de dire qu 'on ne veut pas de
- 53:58référendum. Le référendum est la première digue,
- 54:00mais après... C 'est quoi tes arguments pour
- 54:02le Canada? On a perdu un peu les réflexes d 'expliquer
- 54:08notre propre projet aux Québécois et de leur
- 54:11dire que c 'est un idéal, ça aussi. À notre avis,
- 54:14c 'est un meilleur idéal. Au -delà de toutes
- 54:16les difficultés de la sécession, il y a aussi
- 54:19un projet canadien à poursuivre. Et j 'aimerais
- 54:22vous entendre sur la notion de société distincte
- 54:25qui était dans Meech. Est -ce que, selon vous,
- 54:28ça aurait eu des applications pratiques ou c
- 54:31'était plus théorique qu 'une question de principe?
- 54:33C 'est quoi votre vision de la société? C 'était
- 54:35une clause interprétative. Mais la Cour suprême,
- 54:39depuis, a dit qu 'elle tenait compte de la distinction
- 54:41du Québec, que dans ses décisions, elle prenait
- 54:45cela en compte. Et donc, ça ne changerait pas
- 54:48grand -chose. À mon avis, c 'est pourquoi j 'étais
- 54:50pro -Mitch. Non pas parce que je pensais que
- 54:52c 'était un grand changement qui rendait le Canada
- 54:54acceptable. Je pense que le Canada est acceptable
- 54:56tel qu 'il est. Mais ça m 'apparaissait un ajustement
- 54:58que M. Mulroney et M. Bourassa voulaient faire.
- 55:02Alors, il y a eu un désaccord avec les libéraux
- 55:05fédéraux à l 'époque, mais c 'était mon point
- 55:07de vue. Mais ce n 'est pas parce que ça n 'a
- 55:10pas eu lieu que le Canada n 'est pas acceptable.
- 55:11C 'est encore une des fédérations les plus décentralisées
- 55:14au monde. Et le Québec a une quantité de pouvoirs
- 55:18qui lui sont propres, soit par la Constitution,
- 55:20soit parce que les autres provinces ne sont pas
- 55:22montrées intéressées et que le gouvernement de
- 55:24Québec, lui, s 'est montré intéressé. Une des
- 55:26demandes de Mme Smith, c 'est d 'essayer de prendre
- 55:29certaines initiatives qui ont déjà été prises
- 55:31au Québec. Mme Smith de l 'Alberta. Maintenant
- 55:35que vous n 'êtes plus politicien actif, je peux
- 55:38vous demander la question suivante. Si vous aviez
- 55:40un conseil à donner au gouvernement fédéral pour
- 55:42maintenir l 'unité canadienne dans les 5, 10,
- 55:4515 prochaines années, considérant qu 'il y a
- 55:48quand même un mouvement cessationniste en Alberta,
- 55:50il y a des risques au Québec, ce serait quoi,
- 55:52disons, un conseil que vous donneriez pour promouvoir
- 55:55l 'unité canadienne? Je pense que M. Carney parle
- 55:58bien du Canada. Il montre... Il le démontre aussi
- 56:02qu 'on est un pays important. On n 'est pas une
- 56:05superpuissance, mais quand les Européens nous
- 56:08invitent, ils sont entre eux. Ils diront, on
- 56:10veut les Canadiens, le pays le plus européen
- 56:14des pays non européens. Ça montre ça. Et que
- 56:19les Québécois le perçoivent. Il y a deux choses
- 56:23difficiles à faire qui doivent être faites en
- 56:26plus de ça. La première, je pense, c 'est...
- 56:30de ne pas avoir peur de discuter de ce qu 'on
- 56:33vient de discuter. Il y a toujours le réflexe
- 56:35de dire tant que le référendum n 'a pas eu lieu,
- 56:37on n 'en parle pas, on met ça sous le boisseau.
- 56:41Ça, c 'est embêtant parce que des arguments peuvent
- 56:44être compris dans le calme, mais dans l 'ébullition
- 56:46d 'une campagne référendaire, les gens écoutent
- 56:48beaucoup moins des nouveaux arguments s 'ils
- 56:50n 'ont pas été préparés à les entendre. Toute
- 56:53cette discussion qu 'on vient d 'avoir sur le
- 56:55droit de citoyenneté. comme principe fondamental
- 56:58démocratique, qui explique pourquoi les autres
- 57:00démocraties sont dans leur grande majorité indivisible.
- 57:04Eh bien, il faut l 'expliquer. On le fait calmement
- 57:06tous les deux, avec les gens qui nous écoutent.
- 57:08Ça serait beaucoup plus difficile si on avait
- 57:10à voter pour un référendum dans deux semaines.
- 57:12C 'est une campagne de 30 jours. Alors ça, c
- 57:14'est une recommandation de ne pas retarder les
- 57:19discussions difficiles qu 'on doit avoir. La
- 57:22deuxième chose, c 'est... Si on a des projets
- 57:25pour améliorer le Canada et que ça peut convaincre
- 57:28les gens d 'une province de rester dans le Canada,
- 57:31tant mieux. Mais on ne doit pas faire ça uniquement
- 57:33pour ça, pour calmer les séparatistes. Donc,
- 57:36si M. Carney pense qu 'un deuxième pipeline,
- 57:38même si le premier nous a coûté les yeux de la
- 57:40tête, il en veut un deuxième. S 'il pense que
- 57:43c 'est bon parce que ça va nous aider à exporter
- 57:45des hydrocarbures en Asie et qu 'on va créer
- 57:49beaucoup d 'emplois au Canada pour ça, s 'il
- 57:52le croit... Et puis, ça peut en même temps calmer
- 57:55le jour en Alberta, pourquoi pas. Mais le faire
- 57:56seulement pour acheter le vote des séparatistes
- 58:00albertains, ça, ça ne marchera pas. Ça sera perçu
- 58:03comme, ah, le chantage à la séparation paye.
- 58:07Donc, on va continuer. On va continuer à faire
- 58:09du chantage à la séparation. Ça a payé. Donc,
- 58:12arriver à faire en sorte qu 'il soit clair que
- 58:15les initiatives que le gouvernement du Canada
- 58:17prend et que le premier ministre, M. Carney,
- 58:19prend... Ce sont des initiatives qu 'ils trouvent
- 58:21bonnes pour l 'ensemble du pays. Si ça va dans
- 58:24le sens de demandes de la province en question,
- 58:28et dans ce cas -ci l 'Alberta, pourquoi pas,
- 58:30mais ce n 'est pas pour ça qu 'on le fait. C
- 58:31'est parce qu 'on sait que ce n 'est pas pour
- 58:34calmer les séparatistes, mais parce que c 'est
- 58:36bon pour le Canada. C 'est ça ma deuxième recommandation.
- 58:39Ne pas faire le jeu du chantage à la séparation.
- 58:42Merci beaucoup, M. Dion, pour votre temps. C
- 58:44'était apprécié. Merci. Merci d 'avoir été avec
- 58:46nous. Si vous avez aimé l 'épisode, abonnez -vous
- 58:48et laissez -nous vos commentaires pour qu 'on
- 58:49puisse s 'améliorer. À la semaine prochaine.