Latest / À propos / Keytruda, l’anticancer qui pèse lourd sur le budget belge - « À propos », le podcast du Soir
Transcript
- 0:00Le soir,
- 0:04repensons notre quotidien.
- 0:09Bonjour, vous écoutez à propos le podcast d'actualité du journal Le Soir.
- 0:14Tous les jours,
- 0:14c'est l'expertise de notre rédaction dans vos
- 0:17oreilles. Le Kytruda,
- 0:25un médicament anti-cancer,
- 0:26est au cœur d'une large enquête d'investigation.
- 0:28Un médicament efficace mais qui pèse lourd sur les finances de l'État.
- 0:32On va voir dans un instant comment son
- 0:34fabricant a tenté de maintenir son prix élevé.
- 0:36Je m'appelle Pierre Fagnard.
- 0:38À propos,
- 0:39voici l'actualité comme vous l'entendez.
- 0:44Le Kytruda,
- 0:45c'est un médicament anti-cancer utilisé en
- 0:47immunothérapie qui peut littéralement changer la trajectoire de certains patients.
- 0:52Son efficacité est reconnue,
- 0:53il est de plus en plus utilisé et son coût
- 0:56élevé pèse de plus en plus sur les finances de l'État.
- 1:00Une enquête menée notamment par la ICIJ,
- 1:02le consortium international des journalistes d'investigation,
- 1:05révèle que le fabricant du médicament
- 1:07Merck MSDA
- 1:08maintenu ce prix élevé tout en dissuadant la concurrence.
- 1:12On en parle avec Anne Sophie Leurkin,
- 1:14spécialiste santé au pôle société,
- 1:16et Joël Matrich
- 1:17du pôle enquête.
- 1:18Bonjour Anne Sophie.
- 1:19Bonjour Pierre,
- 1:20bonjour Joël,
- 1:20bonjour. On est donc au 2e jour de l enquête Cancer Calculus,
- 1:23une enquête autour d'un médicament à succès contre le cancer,
- 1:26le Kytruda.
- 1:27On va revenir sur les coulisses de ce projet dans
- 1:29un instant.
- 1:30Mais pour bien comprendre,
- 1:31Anne Sophie,
- 1:32c'est quoi le Kytruda et dans quel cas est ce qu'il est utilisé?
- 1:34? Alors,
- 1:35Kytruda, c'est le nom commercial d'une molécule qui s'appelle Pembrolizumab.
- 1:41Quand ça se finit par A,
- 1:42Ben en général,
- 1:43ça veut dire que c'est un
- 1:44anticorps monoclonal.
- 1:45C'est un médicament qui est développé par
- 1:47la firme
- 1:48Merck, MSD en
- 1:50Europe, donc Merck aux États-Unis,
- 1:52MSD dans le reste du monde,
- 1:54et qui est un médicament d'immunothérapie contre
- 1:59certains cancers,
- 2:00dont le cancer.
- 2:02Du poumon ou le mélanome,
- 2:03le cancer de la peau.
- 2:04Donc l'immunothérapie,
- 2:05c'est vraiment devenu depuis 2010
- 2:07un des piliers,
- 2:08un des 5 piliers de l'oncologie.
- 2:10Donc on connaît
- 2:11la chimiothérapie,
- 2:13qui est
- 2:13un médicament qui détruit les cellules cancéreuses.
- 2:15On connaît la chirurgie qui consiste à enlever
- 2:18le tissu tumoral et tout autour aussi pour être bien sûr.
- 2:22On connaît aussi
- 2:24la radiothérapie,
- 2:25donc des rayons qui sont envoyés
- 2:27pour aussi détruire
- 2:29les cellules cancéreuses
- 2:30et les thérapies ciblées.
- 2:31Ici, l'immunothérapie,
- 2:33elle utilise
- 2:35une arme qu'on a entre
- 2:36en nous,
- 2:37c'est le système immunitaire,
- 2:39plus spécifiquement les lymphocytes T.
- 2:42Qui vont recevoir,
- 2:44grâce à ce médicament,
- 2:45le signal d'attaquer
- 2:46des cellules cancéreuses
- 2:48qui font semblant.
- 2:50Les petites rusées,
- 2:51elles ont trouvé une tactique.
- 2:53Dans les articles,
- 2:54on parle d'une cape
- 2:56d'invisibilité. En gros,
- 2:58le système immunitaire et les lymphocytes T,
- 3:01ils sont,
- 3:04c'est leur job quoi,
- 3:05de tuer les
- 3:05intrus. Et donc les cellules cancéreuses,
- 3:08elles se cachent,
- 3:08elles disent non,
- 3:09non, mais nous,
- 3:09on n'a pas.
- 3:10On n'est pas des intrus.
- 3:12On n'a pas ce marqueur-là sur notre surface.
- 3:14Et donc
- 3:15l'immunothérapie lève ce
- 3:17frein, si vous voulez,
- 3:19qui donc empêche le système immunitaire de tuer
- 3:23les cellules.
- 3:24Donc si je résume,
- 3:24le médicament,
- 3:25il va permettre d'identifier,
- 3:27donc à terme de détruire le cancer.
- 3:29Est-ce que c'est un médicament qui marche,
- 3:30qui fonctionne bien ?
- 3:32Alors ça marche,
- 3:32comme on l'a dit,
- 3:34que pour certains cancers,
- 3:35donc 19
- 3:38en tout,
- 3:38d'après la firme qui le produit,
- 3:41dans certaines indications.
- 3:43Et ça ne marche pas non plus à tous les coups.
- 3:46Et on ne comprend pas toujours très bien pourquoi.
- 3:48Il y a
- 3:50un chercheur du Centre fédéral d'expertise des soins de
- 3:53santé qui nous a parlé de 30 à
- 3:5540% de
- 3:55réussite. Mais voilà,
- 3:59en moyenne,
- 3:59et ça donc parfois c'est révolutionnaire,
- 4:02parfois les patients sont en rémission et on en a rencontré,
- 4:05et parfois ça n'a pas d'effet et on cherche à comprendre pourquoi.
- 4:08Donc c'est un médicament qui a aussi un coût.
- 4:10Joël, combien coûte une dose de Kytruda et quel
- 4:13est l'impact sur le budget de la sécurité sociale ?
- 4:16C'est un médicament qui a un coût,
- 4:17une dose.
- 4:19donc pour.
- 4:20Ça pourrait être traité une fois
- 4:22et normalement c'est une fois toutes les 3 semaines
- 4:24pendant 2 ans.
- 4:26Ça dépend un petit peu du cancer,
- 4:27ça dépend du patient,
- 4:28et cetera.
- 4:29Donc une dose coûte
- 4:302800€ pour 100 mg.
- 4:33Donc on a calculé une dose coûte enfin
- 4:35le 1
- 4:36g coûte l'équivalent grosso modo d'une voiture,
- 4:40ce qui est cher.
- 4:42Mais le problème n'est pas là.
- 4:44Y a des médicaments qui sont beaucoup plus chers,
- 4:46des traitements plus pointus,
- 4:47notamment en thérapie génique,
- 4:49là où on travaille au niveau
- 4:51des gènes,
- 4:51qui coûtent
- 4:522000002 1000000 pour une injection unique.
- 4:56donc. Je vais pas dire qu'on est bon marché,
- 4:58mais ce n'est pas c'est de
- 4:59ce n'est pas le plus cher,
- 5:00loin de là.
- 5:01Ce qui revient cher,
- 5:02c'est qu'il y a de plus en plus de
- 5:04cancers à cause du vieillissement de la population.
- 5:06Donc il y a beaucoup de personnes qui sont traitées.
- 5:09Comme Anne Sophie l'a dit,
- 5:10beaucoup de personnes se sont traitées,
- 5:12mais ça ne marche pas chez elle
- 5:15et donc c'est le nombre qui fait que ça coûte cher.
- 5:17Et depuis la mise sur le marché
- 5:19en Belgique
- 5:20du Kytruda.
- 5:22On a calculé que ça a coûté grosso modo 2 milliards 600000000 d'euros.
- 5:26Là, j'assiste,
- 5:27c'est le prix brut,
- 5:28donc c'est
- 5:29un prix
- 5:31un peu comme quand vous achetez une voiture,
- 5:32il y a le prix qui est affiché et ce
- 5:34n'est pas nécessairement le prix que vous payez avant d'emporter
- 5:37votre nouveau véhicule.
- 5:38Mais c'est ça vaut quand même la peine qu'on s'y attarde.
- 5:40C'est quoi ces conventions confidentielles qui peuvent être passées
- 5:43avec des producteurs de médicaments ?
- 5:44C'est des accords pour,
- 5:45au final,
- 5:46payer les médicaments un petit peu moins cher.
- 5:48Oui, un petit peu ou beaucoup moins cher.
- 5:51Donc ce qui se passe,
- 5:52il y a tout un processus.
- 5:53Mais pour certains médicaments qui sont souvent innovants,
- 5:55qui coûtent cher,
- 5:57il y a des discussions avec
- 5:59la commission de remboursement,
- 6:01donc des médicaments,
- 6:02qui fait partie de Dynami.
- 6:04Y a donc y a beaucoup de personnes qui font partie de cette commission,
- 6:07des représentants du fabricant,
- 6:08des représentants de Pharma.be,
- 6:10donc l'association
- 6:11des pharmas,
- 6:12y a des représentants des patients,
- 6:14et cetera.
- 6:14Donc y a pas y a beaucoup de monde,
- 6:16ils discutent avec le fabricant
- 6:17et ils arrivent à des ristournes.
- 6:20Donc ça veut dire que le prix plein est payé.
- 6:22Le prix,
- 6:22donc, est de 1800€
- 6:24pour une dose,
- 6:25pour une perfusion.
- 6:26Et puis il y a un remboursement du fabricant vers Dynami
- 6:30et ça fait partie de conventions.
- 6:32Les conventions sont publiques,
- 6:33mais l'annexe qui fixe le taux de ristourne,
- 6:36elle est secrète.
- 6:37Pourquoi est ce qu'elle est secrète?
- 6:38? C'est notamment parce que
- 6:40le fabricant ne voudrait pas que les
- 6:42autres pays puissent dire
- 6:44"Ah mais non,
- 6:44la Belgique paye,
- 6:45j'invente totalement,
- 6:46mais 1600€ pour une dose.
- 6:47Nous, on veut pas plus cher,
- 6:48on veut peut-être même moins cher."
- 6:51Et donc ces conventions restent,
- 6:52restent secrètes et donc le
- 6:54prix final
- 6:56reste lui
- 6:56aussi secret.
- 6:57Donc 2 milliards 600000000
- 6:59d'euros, c'est un
- 7:00chiffre officiel,
- 7:01mais on ne connaît pas le chiffre exact.
- 7:03Ça, c'est pour une bonne partie des informations qui étaient révélées dans
- 7:06sur nos différents supports à partir de
- 7:08ce lundi.
- 7:09Anne Sophie,
- 7:10ce mardi matin,
- 7:10vous revenez sur un autre point,
- 7:12l'attitude de la société Merck MSD,
- 7:14ceux qui développent donc le kit Ruda.
- 7:16Et ce
- 7:16qui leur est reproché ici,
- 7:18c'est le fait de
- 7:18garder certaines données,
- 7:19de ne pas les partager avec le monde.
- 7:21On va essayer d'expliquer ça avec un exemple
- 7:24facile, celui des TIL,
- 7:26les lymphocytes qui infiltrent la tumeur.
- 7:28Oui, alors donc quand
- 7:30on a fait nos
- 7:31petites recherches,
- 7:31enfin je voudrais d'abord
- 7:32peut être faire une précision,
- 7:33c'est de dire effectivement parfois ça ne marche pas,
- 7:35mais donc on l'a dit,
- 7:37parfois ça marche.
- 7:37Et donc même si c'est un médicament qui coûte très cher.
- 7:40Comme l'a dit Joël,
- 7:41faire société,
- 7:42c'est aussi
- 7:43ensemble guérir des malades.
- 7:46Et donc c'est pas ça qu'on attaque
- 7:48et permettre à certains d'en bénéficier,
- 7:49c'est très
- 7:50important de rappeler ça.
- 7:51Mais alors après,
- 7:52c'est vrai qu'il y
- 7:53a comment rationaliser ?
- 7:54L'administration de ce traitement et donc essayer de voir à l'avance
- 7:58chez qui ça marche et chez qui ça marche pas.
- 8:00Et donc la communauté scientifique
- 8:02cherche ça.
- 8:03Et donc
- 8:04on a une très belle communauté scientifique
- 8:07en Belgique.
- 8:08Et en fait,
- 8:08en gros,
- 8:09il a suffi
- 8:09que je prenne un train
- 8:11pour aller jusqu'à Anvers,
- 8:14au ZAS d'Anvers,
- 8:16rencontrer. Alors le mot est barbare,
- 8:19c'est anatomopathologiste.
- 8:21Dans le jargon,
- 8:22ils disent anapath,
- 8:23c'est plus court.
- 8:24Concrètement, ça veut dire quoi ?
- 8:25Concrètement, c'est des personnes qui examinent
- 8:27au microscope ou à l'ordinateur des tissus vivants pour voir ce qui se passe.
- 8:32Donc, en fait,
- 8:32ils emprisonnent
- 8:33un prélèvement
- 8:35sur une lame de verre.
- 8:37Je vous passe tous les détails.
- 8:38Et après,
- 8:38ils l'insèrent dans leur microscope ou leur ordinateur
- 8:41et ils peuvent voir ce
- 8:42qui se passe.
- 8:43Et donc là,
- 8:43ce monsieur,
- 8:44il s'appelle Roberto Salgado
- 8:47et il a
- 8:48collaboré. Ça fait dix ans en fait
- 8:51qu'il se dit,
- 8:52tiens, peut-être que justement,
- 8:55On peut prédire la réponse
- 8:58dans le cas.
- 8:59Donc eux,
- 8:59ils ont travaillé dans le cas du cancer du sein triple négatif,
- 9:02qui est une forme rare
- 9:04mais agressive du cancer du sein
- 9:05du sein.
- 9:06Peut-être qu'en fait,
- 9:07on peut prédire
- 9:09si ça va marcher ou pas
- 9:11pour un peu,
- 9:11pas l'administrer pour rien.
- 9:12Parce qu'en fait,
- 9:12ce qu'on a vu aussi,
- 9:13c'est qu'il y a des effets secondaires.
- 9:15Qui peuvent
- 9:16être quand même
- 9:16vraiment désagréables
- 9:19et, dans certains cas,
- 9:20déclencher une réponse
- 9:22auto-immune ou inflammatoire grave qui peut conduire au décès.
- 9:27D'après l'Agence fédérale
- 9:29pour les médicaments
- 9:30et les produits santé,
- 9:31donc la FMPS,
- 9:32il y a eu
- 9:34depuis 10
- 9:34ans que le kit Ruda est
- 9:36administré, donc depuis 2016,
- 9:395 décès.
- 9:40Mais donc revenons
- 9:42à notre Roberto Salgado d'Uzas
- 9:44Anvers. Lui,
- 9:47il a vu donc que
- 9:49plus il y a de lymphocytes T,
- 9:51plus la réponse
- 9:54immunitaire peut être forte.
- 9:55Et donc il cherche
- 9:57à quantifier ça.
- 9:59Il a travaillé pour
- 10:01Merck MSD.
- 10:02Et puis en fait,
- 10:04plusieurs personnes du monde académique
- 10:06qui ont signé d'ailleurs un appel
- 10:08dans une revue scientifique.
- 10:10s'appelle le JAMA,
- 10:11en décembre dernier,
- 10:13dont plusieurs Belges,
- 10:14le professeur Martine
- 10:15Picard aussi de
- 10:16Bordet a signé cet
- 10:18appel, demandant à Merck de rendre
- 10:20les données publiques.
- 10:22Et donc,
- 10:22parce que peut-être qu'en fait,
- 10:24on pourrait le donner.
- 10:27Donc, l'étude clinique prévoit qu'on le donne dans le
- 10:29cadre du cancer du sein pendant un an.
- 10:31Donc, avant la chirurgie,
- 10:33où en
- 10:34fait, on va vraiment,
- 10:36comment dire,
- 10:37Presque exciter
- 10:39le système immunitaire en disant comment on lâcherait des
- 10:43chiens. Allez,
- 10:44prends tout ce que tu trouves comme cellules cancéreuses et détruis-les.
- 10:47Puis après,
- 10:48il y a la chirurgie qui vient encore un peu tout nettoyer
- 10:51et après,
- 10:52il y a encore dans le protocole.
- 10:54Une partie où les patientes continuent de prendre ce traitement par immunothérapie en dépit
- 10:59d'effets secondaires
- 11:01invalidants. Et donc
- 11:04plusieurs cas,
- 11:05et donc notamment le cas d'une patiente
- 11:07américaine qui a contacté
- 11:09ce monsieur Salgado.
- 11:11Elle a pris seulement le traitement avant la chirurgie.
- 11:14Elle a vu,
- 11:15parce qu'elle était elle-même médecin,
- 11:16patiente et médecin,
- 11:17elle a vu qu'en fait sa tumeur avait complètement disparu.
- 11:20Elle a
- 11:21eu ce qu'on appelle une réponse pathologique complète.
- 11:24Qui était
- 11:24en rémission totale.
- 11:26Et donc,
- 11:27pourquoi est ce qu'on lui donnait encore un traitement invalidant et coûteux après,
- 11:31qui est par ailleurs à toute une série d'effets secondaires comme vous l expliquez.
- 11:35Donc ces
- 11:37lymphocytes infiltrant la tumeur seraient ce qu'on appelle
- 11:41un. Un biomarqueur
- 11:44permettant de
- 11:46déterminer à l'avance si le traitement va
- 11:49plus ou moins bien marcher.
- 11:50Et quoi là,
- 11:50l'idée, c'est de se dire que
- 11:52avec l'ensemble des études qu'ils
- 11:54ont pu faire,
- 11:54la société Merck MSD,
- 11:56elle pourrait être capable de dire à partir de
- 11:59autant de lymphocytes,
- 12:00ça peut marcher,
- 12:01ça ne peut pas marcher.
- 12:02Et si elle ne
- 12:02rend pas ces données publiques,
- 12:04bah le monde médical ne peut pas s'en emparer,
- 12:06donc ne peut pas définir que
- 12:09Madame X avec moins de lymphocytes,
- 12:11autant ne pas vous administrer ce traitement.
- 12:13Et donc vous évitez les effets secondaires puisqu'il y
- 12:15a une forte chance que ça ne marche pas.
- 12:16Exactement. C'est
- 12:17ce que le monde
- 12:19académique déplore.
- 12:20Et Merck MSD qu'on a contacté,
- 12:22bien sûr,
- 12:23s'en défend par contre.
- 12:24la fréquence à laquelle
- 12:25on administre ce médicament et la quantité qui est contenue dans les doses.
- 12:29Il y a des gens au sein du personnel médical qui
- 12:31se demandent si on ne pourrait pas faire aussi bien avec
- 12:35moins de principes actifs.
- 12:36Oui, c'est ça.
- 12:37Donc de nouveau,
- 12:37les protocoles tels qu'ils ont été étudiés par la firme,
- 12:41puis soumis aux
- 12:41instances régulatrices,
- 12:43donc la FDA aux États-Unis et l'Agence européenne du médicament,
- 12:47ici en Europe,
- 12:49puis examinés aussi en Belgique,
- 12:51voilà, déterminent une certaine durée du traitement.
- 12:54Et comme on l'a vu avec la patiente américaine dont
- 12:57on parlait,
- 12:58qui est médecin,
- 12:58peut-être que
- 12:59juste une partie du,
- 13:01peut-être la moitié
- 13:03suffirait. En fait,
- 13:04elle est déjà guérie,
- 13:05donc pourquoi continuer de le
- 13:06Et puis après,
- 13:08par rapport au poids,
- 13:10donc de nouveau,
- 13:11la firme a étudié ça sur un certain type de poids.
- 13:14Mais qu'on fasse 50 kilos ou 120 kilos,
- 13:16on donne la même
- 13:17chose. Et donc
- 13:19il faut,
- 13:20en fait,
- 13:20c'est ça qu'il y a de dramatique,
- 13:21c'est que
- 13:22ce sont les pouvoirs publics maintenant
- 13:24et le monde
- 13:24académique qui refinancent des études pour comprendre comment faire ça
- 13:29mieux. Et donc ça coûte.
- 13:32Comme le disait
- 13:33un un de
- 13:34nos intervenants,
- 13:34ça coûte en énergie,
- 13:35ça coûte en temps,
- 13:36c'est vraiment du gaspillage.
- 13:37quoi. Le problème est criant
- 13:39ici en Belgique parce que on ne peut,
- 13:42comme l'a dit aussi un de nos intervenants,
- 13:43on ne peut dépenser chaque euro qu'une fois,
- 13:46mais il est encore plus criant dans d'autres pays.
- 13:49Où ces médicaments anti-cancer sont
- 13:52financièrement inaccessibles.
- 13:54Donc faire baisser le coût d'un traitement par Kytruda
- 13:57ou d'une autre ou par une autre molécule,
- 13:58peu importe,
- 13:59c'est encore plus important évidemment qu'en Belgique.
- 14:02D'où l'importance,
- 14:03comme disait
- 14:04Anne-Sophie, de
- 14:05rationaliser les doses.
- 14:08Pour essayer d'augmenter le
- 14:09nombre de gens qui pourraient en profiter.
- 14:12Joël, pour la précision et le contexte
- 14:14général, les papiers que vous sortez là,
- 14:16c'est le fruit d'une enquête collaborative menée
- 14:18avec plusieurs dizaines de journalistes.
- 14:20avec Donc
- 14:21en Belgique,
- 14:22là, on va leur
- 14:24rendre hommage,
- 14:24c'est avec nos.
- 14:25confrères de
- 14:26Knac et du Tade.
- 14:28Et donc tout ça s'inscrit dans le cadre d'une enquête collaborative.
- 14:31On en a déjà,
- 14:32on en a déjà
- 14:34fait plusieurs au soir.
- 14:34Enquête collaborative qui est coordonnée par l'ICG,
- 14:36qui est un
- 14:37consortium de journalistes d'investigation qui est basé à Washington,
- 14:40qui travaille à plusieurs médias.
- 14:41Et donc pour répondre à la question,
- 14:42oui, il
- 14:42y a 124
- 14:44124 journalistes,
- 14:45je pense,
- 14:46dans 48 médias,
- 14:47une trentaine de pays.
- 14:48Merci Joël,
- 14:49merci beaucoup Pierre,
- 14:50merci Anne-Sophie,
- 14:50merci Pierre.
- 14:55À propos,
- 14:56c'est fini pour aujourd'hui,
- 14:57mais on revient demain matin.
- 14:58Merci de votre écoute.
- 15:00Si vous en voulez encore,
- 15:01tous nos podcasts sont disponibles dans l'application du soir.
- 15:04Rendez-vous dans le store de votre smartphone
- 15:07ou de votre tablette pour la télécharger.
- 15:09À demain.