Latest / Africa Fashion Tour / Jacqueline Ngo Mpii, fondatrice de Little Africa
Transcript
- 0:00Pour résumer,
- 0:01comment dire,
- 0:02une vie de l'Africa aujourd'hui,
- 0:04en fait,
- 0:04est le fruit d'un échec.
- 0:09L'échec premier,
- 0:10c'était d'avoir créé mon agence de voyage,
- 0:14parce que j'ai fini par la créer,
- 0:16cette agence de voyage,
- 0:17en 2014,
- 0:20avec vraiment déjà cette vision de diaspora,
- 0:23d'histoire diasporique,
- 0:26de vraiment faire connaître l'histoire de l'Afrique.
- 0:28pas que celle du continent,
- 0:30celle des diasporas parce que j'ai été connectée vraiment aux populations approdécentes à travers le monde,
- 0:35donc je tenais vraiment à trouver quelque chose qui connecte ça.
- 0:39Malheureusement,
- 0:40en France,
- 0:40le secteur du tourisme est très réglementé et notamment en termes de garantie financière qu'on vous demande pour avoir une agence de voyage.
- 0:49Et moi,
- 0:49à l'époque,
- 0:49à 22 ans,
- 0:50j'avais pas les moyens,
- 0:51quoi.
- 0:52Enfin,
- 0:53à 25 ans plutôt.
- 0:56Et c'est un projet que j'ai dû malheureusement et douloureusement abandonner.
- 1:00Et je ne voyais pas d'issue.
- 1:01Et il m'a fallu une autre pause,
- 1:03en fait,
- 1:04pour me dire,
- 1:05OK,
- 1:05il faut que je revoie mon projet d'agence de voyage.
- 1:07Peut-être que ce n'est pas aujourd'hui,
- 1:09mais je vais peut-être juste me focus sur Paris.
- 1:11Et c'est comme ça que Nelly,
- 1:12t'es l'Africain.
- 1:15Bienvenue dans ce nouvel épisode du podcast Africa Fashion Tour.
- 1:18Je vous emmène avec moi à la rencontre de créateurs basés sur le continent africain.
- 1:23Je vous invite à voyager à Abidjan.
- 1:25Dakar ou Bamako pour découvrir les parcours de professionnels talentueux,
- 1:29responsables et ambitieux.
- 1:31Au fil des interviews,
- 1:32je me rends compte que chaque entrepreneur veut contribuer au rayonnement de la créativité africaine sur le continent et au-delà.
- 1:39Ce podcast est un moyen de sortir des clichés du boubou et du wax pour représenter un éventail de tissus,
- 1:45de savoir-faire et de créativité trop souvent sous-représentés.
- 1:50Je suis Ramatha Diallo,
- 1:51je suis professeure de marketing dans des écoles de mode.
- 1:53parisienne et je suis également consultante spécialisée dans l'accompagnement de porteurs de projets qui veulent lancer leur marque de mode.
- 2:00En 2017,
- 2:01j'ai assisté à ma première Fashion Week en Afrique et depuis,
- 2:05je voyage régulièrement sur le continent pour aller à la rencontre de ceux et celles qui font la mode en Afrique.
- 2:11Le podcast est le moyen que j'ai trouvé pour partager au plus grand nombre une autre vision de la mode africaine.
- 2:20Aujourd'hui,
- 2:21je suis en compagnie de Jacqueline Gompi,
- 2:23la fondatrice de l'agence culturelle touristique Little Africa.
- 2:27Sur le site internet de Little Africa,
- 2:29on peut lire
- 2:30« Little Africa aide les particuliers,
- 2:32les institutions et les entreprises à se connecter au meilleur de la culture africaine depuis Paris et ailleurs dans le monde. »
- 2:39J'ai invité Jacqueline aujourd'hui pour qu'elle puisse nous parler de son travail au sein de son agence culturelle et touristique.
- 2:44Bienvenue Jacqueline,
- 2:45comment vas-tu ?
- 2:47Merci Ramatha,
- 2:49écoute je vais très bien,
- 2:50j'espère que tu vas bien aussi.
- 2:52Écoute ça va très bien,
- 2:53je suis ravie de te retrouver pour cette interview.
- 2:56Je suis déjà passée en fait à ce que j'appelais un concept store et du coup tu vas pouvoir nous expliquer,
- 3:02nous dire que c'est plus qu'un concept store Little Africa.
- 3:05En tout cas j'étais allée il y a quelques mois pour une exposition liée à la sortie d'un bouquin qui s'appelait Regards Noirs.
- 3:11J'avais beaucoup apprécié le moment et en fait...
- 3:16et l'exposition qui avait eu lieu.
- 3:19Donc,
- 3:20je m'étais gardée dans un coin de la tête que j'aimerais bien réaliser ton interview pour en savoir plus en fait sur ce que tu fais et comment tu organises les différentes activités liées à ton agence.
- 3:29Bien entendu.
- 3:30C'est l'occasion.
- 3:31Donc,
- 3:32on va commencer en fait,
- 3:33comme je le fais toujours pour les interviews,
- 3:34je vais te demander de te présenter.
- 3:38Alors,
- 3:39me présenter,
- 3:40c'est toujours un exercice.
- 3:42compliqué pour moi parce que parfois j'ai peur d'en dire trop ou de ne pas dire assez,
- 3:46tu vois.
- 3:47Écoute,
- 3:48je suis donc
- 3:50Jacqueline, je suis d'origine cameroonaise.
- 3:53Je suis arrivée à Paris quand j'avais dix ans et depuis,
- 3:57voilà,
- 3:57je suis ici et donc je considère que Paris est vraiment mon terrain de jeu et je me considère comme parisienne.
- 4:04Et ça,
- 4:04c'est très important aussi dans le travail que je fais qui est vraiment très lié à la ville de Paris.
- 4:11Et donc je suis entrepreneur,
- 4:13fondatrice,
- 4:14dirigeante et directrice artistique de
- 4:20Little Africa,
- 4:21qui est mon agence d'ingénierie culturelle que j'ai créée il y a presque dix ans maintenant.
- 4:27Culturelle et touristique qui avait vraiment cette vision et qui est vraiment un projet d'abord personnel qui répond à mes interrogations et mes attentes.
- 4:37Et je suis également...
- 4:39je suis curatrice également et je suis maman de deux petites filles.
- 4:45Voilà.
- 4:46Très bien,
- 4:47en tout cas je te rassure cette interview elle est faite pour toi,
- 4:49tu peux parler autant que tu veux donc ne te dis pas que tu en dis trop.
- 4:53Tu ne me diras jamais trop ici,
- 4:55ce moment est le tien.
- 4:56D'accord,
- 4:57ok,
- 4:57très bien.
- 5:00Alors Little Africa à 10 ans,
- 5:01c'est ce que tu disais,
- 5:02j'aimerais bien que tu parles un petit peu de la genèse en fait de ton idée de départ parce que finalement...
- 5:10Être à la tête d'une agence culturelle et touristique,
- 5:12ce n'est pas forcément un truc,
- 5:13quand on est petit,
- 5:14on se dit,
- 5:15parmi les métiers qu'on peut faire,
- 5:16ce n'est pas forcément quelque chose qui vient comme ça.
- 5:18Moi,
- 5:18j'ai l'impression que tu as créé ton métier.
- 5:20Donc,
- 5:21est-ce que tu peux nous dire un peu quelle a été l'idée première et comment ça s'est concrétisé en aventure entrepreneuriale ?
- 5:29Non,
- 5:29mais c'est vraiment ça.
- 5:30Tu as vraiment dit le mot,
- 5:31j'ai créé mon métier.
- 5:33Alors,
- 5:33ce qui est assez dingue,
- 5:34c'est que moi,
- 5:34je n'ai jamais voulu être entrepreneur.
- 5:36Ça ne faisait pas partie de mes rêves.
- 5:40j'appartiens à une génération dont les parents immigrés en France avaient vraiment pour objectif pour leurs enfants,
- 5:48c'est-à-dire de réussir leurs études et de trouver un bon travail.
- 5:52Donc moi,
- 5:52j'ai été élevée dans ça.
- 5:55Voilà,
- 5:55tu fais des bonnes études,
- 5:56tu travailles bien,
- 5:57tu vas le plus loin possible,
- 5:58ensuite tu trouves un bon taf.
- 6:00Donc j'ai été formatée comme ça,
- 6:02mais mon caractère,
- 6:04qui fait qu'en fait,
- 6:06j'aime pas perdre mon temps en fait dans...
- 6:09Je dirais,
- 6:11dans un effort qui ne me rapporte rien,
- 6:12je n'aime pas perdre mon temps dans ça.
- 6:14Donc en fait,
- 6:14si tu veux,
- 6:16quand j'avais
- 6:1721 ans et où je rentrais d'un séjour du Mexique où j'ai eu beaucoup d'autres expériences à côté,
- 6:27mais je vais revenir dessus,
- 6:29je reviens et j'ai toujours été en contact avec mes professeurs d'école.
- 6:33Moi,
- 6:33j'ai un parcours vraiment touristique.
- 6:36Je suis un pur produit d'individus.
- 6:38de l'industrie touristique avec une licence en chef de projet création d'entreprise touristique.
- 6:46Et en fait,
- 6:48quand je reviens,
- 6:49mon prof me dit « Oh là là,
- 6:50avec le parcours que tu as à l'étranger,
- 6:51tu vas qu'il y a les deux marquettes,
- 6:53tout le monde va vouloir s'arracher ton profil. »
- 6:57Et je me suis dirigée,
- 6:59en fait,
- 6:59j'étais intéressée par le milieu de l'hôtellerie de luxe et aussi des agences de voyage de luxe.
- 7:05Donc en fait,
- 7:06je commence à chercher du boulot,
- 7:08un peu Ausha droite,
- 7:09et j'ai mon profil play très rapidement.
- 7:12J'avais 21 ans à l'époque,
- 7:14j'avais déjà
- 7:155-6 ans d'expérience sur le marché du tourisme.
- 7:19Et j'avais quand même des expériences assez intéressantes,
- 7:23notamment au sein du groupe Nouvelles Frontières,
- 7:26donc TUI,
- 7:27qui appartient aujourd'hui au groupe TUI Travel.
- 7:29et au sein de différents hôtels à travers le monde,
- 7:34comme les Rio Palace,
- 7:36où j'avais été responsable animation à petite enfance.
- 7:42J'avais également travaillé pour une grande agence de voyage,
- 7:49j'avais travaillé à Disney World aux Etats-Unis et également étudié à Orlando.
- 7:53Donc en fait j'avais un profil assez atypique pour le duo de mes 21 ans,
- 7:56et assez expérimenté.
- 7:58Et j'y croyais,
- 7:59en fait.
- 7:59Franchement,
- 7:59j'y ai cru.
- 8:01J'y croyais à mon prof,
- 8:02notamment de l'époque,
- 8:03M.
- 8:03Chassillon,
- 8:04qui m'encouragait et qui me disait « Non,
- 8:06franchement,
- 8:06ça va le faire » .
- 8:07Et on m'appelait.
- 8:08On m'appelait très vite.
- 8:10Je passais des entretiens très rapidement.
- 8:13Mais ensuite,
- 8:14il n'y avait pas de suite.
- 8:15Tout simplement,
- 8:16il y avait vraiment
- 8:17« Ah non,
- 8:17c'est super,
- 8:18vous avez fait ça » .
- 8:19Et puis,
- 8:20au fur et à mesure,
- 8:20en fait,
- 8:21si tu veux,
- 8:21des entretiens,
- 8:22je comprends qu'en France,
- 8:25le fait d'avoir peut-être un peu…
- 8:27D'avoir beaucoup voyagé,
- 8:29d'avoir eu des expériences à l'étranger,
- 8:30c'est bien.
- 8:31Mais en fait,
- 8:32la lecture que les recruteurs faisaient,
- 8:35c'est que j'aime bouger.
- 8:37En gros,
- 8:37une fois,
- 8:37je me souviens,
- 8:38en entretien,
- 8:38on m'a dit « Oui,
- 8:39mais du coup,
- 8:39vous avez fait des destinations,
- 8:41vous avez travaillé à tel endroit,
- 8:44vous n'avez pas peur de vous sédentariser,
- 8:47vous savez ici,
- 8:47on ne voyage pas sur ce poste-là. »
- 8:50Je dis « Ben non,
- 8:50je suis à Paris,
- 8:52je suis revenue,
- 8:52donc en fait,
- 8:54je ne me pose pas la question,
- 8:55je ne suis pas là. »
- 8:57pour ça en fait.
- 8:58Donc ça revenait où parfois c'était mon manque d'expérience.
- 9:03Donc j'ai un peu vécu ce que vivent les expériences éternelles des jeunes,
- 9:08c'est-à-dire que il te faut de l'expérience pour faire de l'expérience mais en même temps,
- 9:12on t'en demande le truc qui signifie pas grand-chose.
- 9:16Donc au bout d'un moment en fait,
- 9:18je tournais en rond j'en avais vraiment marre et le dernier entretien que j'ai passé
- 9:25un patron,
- 9:25une jeune entreprise,
- 9:27une petite entreprise,
- 9:28on va dire.
- 9:30Et ce patron-là était vraiment très transparent avec moi.
- 9:33Il m'a dit,
- 9:34écoutez,
- 9:35franchement,
- 9:35votre parcours,
- 9:36il tue.
- 9:38Il est très bien.
- 9:39Cependant,
- 9:39je ne pense pas que vous ayez besoin d'un job,
- 9:43que vous ayez besoin d'un emploi au sein d'une petite agence de voyage.
- 9:48Il me dit,
- 9:48honnêtement,
- 9:49avec le parcours que vous avez.
- 9:51Moi,
- 9:51je pense que vous devriez vous lancer vous-même.
- 9:55Et moi,
- 9:55à l'époque,
- 9:56ce n'était même pas dans mes projets ou même envisageables.
- 9:59Je me disais,
- 10:00mais pourquoi il me dit ça ?
- 10:01Moi,
- 10:01je suis là pour vingt ans.
- 10:05Et je pars très dessus de ce rendez-vous.
- 10:07Je garde ces mots en tête.
- 10:09Et je me dis,
- 10:09c'est bon,
- 10:10j'arrête.
- 10:11J'arrête,
- 10:11j'en ai marre,
- 10:12je ne cherche plus du boulot.
- 10:15Et à l'époque,
- 10:15j'ai mon prof qui me dit,
- 10:18écoute,
- 10:19peut-être que c'est une question de revaloriser ton parcours.
- 10:22Parcours professionnel pour le marché français.
- 10:25Donc,
- 10:26en fait,
- 10:26je reprends des études en cours du soir.
- 10:30Je reprends ma licence en cours du soir au CNAM.
- 10:33Parce que pour moi,
- 10:34en fait,
- 10:34il était hors de question que je reparte dans un parcours académique à plein temps.
- 10:38Sachant que j'avais vraiment une expérience professionnelle déjà bien fournie.
- 10:42Et les cours du soir au CNAM me convenaient très bien deux fois par semaine.
- 10:46Et le reste du temps,
- 10:47j'étais libre pour pouvoir avoir un job.
- 10:50Donc,
- 10:50ce que j'ai fait,
- 10:51j'ai suivi une licence de deux ans.
- 10:54Je travaillais en même temps à côté,
- 10:55toujours dans le tourisme.
- 10:57Et en fait,
- 10:58en sortant de là,
- 10:59cette licence était très bien.
- 11:00Je me suis dit,
- 11:01OK,
- 11:01je vais me lancer,
- 11:02en fait,
- 11:05pour créer mon taf,
- 11:06en fait,
- 11:07un taf qui me ressemble,
- 11:08c'est-à-dire qui combine vraiment toutes mes passions,
- 11:11toute mon expérience.
- 11:13J'ai fait...
- 11:15Par contre,
- 11:15ce n'était pas évident.
- 11:16J'ai apprécié que...
- 11:18Quand on sort de
- 11:195-6 ans de salariat,
- 11:26de différentes expériences,
- 11:28ce n'était pas évident pour moi de savoir ce que j'allais créer.
- 11:31J'ai dû prendre au moins quasiment 8 à 10 mois pour vraiment me décider sur ce que j'allais faire.
- 11:40Faire des analyses,
- 11:41j'ai dû vraiment poser sur papy,
- 11:43coucher sur papy mon expérience.
- 11:45pour que l'évidence se montre,
- 11:48à savoir être dans le tourisme.
- 11:53Donc,
- 11:53pour résumer,
- 11:55comme on dit,
- 11:56Little Africa aujourd'hui est le fruit d'un échec.
- 12:03L'échec premier,
- 12:04c'était d'avoir créé mon agence de voyage,
- 12:08parce que j'ai fini par la créer,
- 12:10cette agence de voyage,
- 12:10en 2014.
- 12:14avec vraiment déjà cette vision de diaspora,
- 12:17d'histoire diasporique,
- 12:19de vraiment faire connaître l'histoire de l'Afrique,
- 12:22mais pas que celle du continent,
- 12:23celle des diasporas,
- 12:24parce que j'ai été connectée vraiment aux populations approdécentes à travers le monde.
- 12:29Donc je tenais vraiment à créer quelque chose qui connecte ça.
- 12:33Malheureusement,
- 12:34en France,
- 12:34le secteur du tourisme est très réglementé,
- 12:37et notamment en termes de garantie financière qu'on vous demande.
- 12:41pour avoir une agence de voyage.
- 12:43Et moi,
- 12:43à l'époque,
- 12:43c'était à 22 ans,
- 12:44je n'avais pas les moyens,
- 12:45enfin à 25 ans plutôt.
- 12:50Et c'est un projet que j'ai dû malheureusement et douloureusement abandonner.
- 12:54Et je ne voyais pas d'issue.
- 12:55Et il m'a fallu une autre pause,
- 12:57en fait,
- 12:57pour me dire,
- 12:59OK,
- 12:59il faut que je revoie mon projet d'agence de voyage.
- 13:01Peut-être que ce n'est pas aujourd'hui,
- 13:02mais je vais peut-être juste me focus sur Paris.
- 13:05Et c'est comme ça que Nelly,
- 13:06c'est l'Africa.
- 13:07Voilà.
- 13:09Très bien.
- 13:10Écoute,
- 13:10merci beaucoup d'avoir pris le temps de remonter comme ça jusqu'aux prémices de ce qu'elle était l'Africa aujourd'hui.
- 13:18Et puis de parler finalement des difficultés que tu as pu rencontrer.
- 13:22Parce que c'est vrai,
- 13:22quand on regarde le parcours de quelqu'un qui a une agence installée,
- 13:26on a envie de se dire peut-être que tout va bien.
- 13:28Mais en tout cas,
- 13:29on se dit bon,
- 13:30ça a dû se faire de manière...
- 13:32On n'imagine pas les embûches en fait sur le chemin.
- 13:35Et on n'imagine pas non plus,
- 13:36j'aime beaucoup la phrase quand tu dis voilà,
- 13:37c'est né d'un échec,
- 13:38c'est-à-dire que finalement,
- 13:40ça n'a pas été parcours tout tracé.
- 13:42Je fais ces études-là,
- 13:44j'ai ce job-là et ça va naturellement.
- 13:47De l'agence de voyage,
- 13:48je vous explique qu'en fait,
- 13:49concrètement,
- 13:52il y avait des contraintes en fait à la création d'une agence,
- 13:55en plus en solo,
- 13:56parce qu'en général,
- 13:57aujourd'hui,
- 13:57les agences,
- 13:57c'est un peu comme…
- 13:59les banques ou autres,
- 13:59tu vas avoir comme une franchise peut-être,
- 14:02en fait,
- 14:03tu appartiens à un groupe,
- 14:03donc toi,
- 14:04toute seule,
- 14:04te lancer en individuel,
- 14:06effectivement,
- 14:06on peut comprendre que ce soit compliqué.
- 14:10Comment est-ce que tu passes à cette idée de proposer des expériences touristiques et culturelles à Paris ?
- 14:17Comment se fait cette transition ?
- 14:21Alors,
- 14:22je pose déjà cette première question.
- 14:23Tu sauras que j'ai tendance à poser trois questions en une.
- 14:29Je vois ça.
- 14:30C'était un gros problème,
- 14:31mais je vais m'arrêter là.
- 14:32D'abord,
- 14:34comment est-ce que tu fais cette transition-là ?
- 14:36Ce que tu dis,
- 14:37c'est que tu as fait une deuxième pause.
- 14:39Donc,
- 14:39comment ça se passe en fait ?
- 14:40Il faut peut-être que je le raconte.
- 14:42Donc en fait,
- 14:42moi,
- 14:43j'ai commencé à travailler à 16 ans.
- 14:45Moi,
- 14:46j'ai commencé à travailler à 16 ans parce que j'ai passé mon BAFA.
- 14:50Donc à 16 ans,
- 14:51le BAFA,
- 14:53pour traduire,
- 14:53c'est un brevet d'aptitude aux fonctions d'animateur.
- 14:56Donc,
- 14:57Et c'est un petit diplôme qui m'a permis de mettre vraiment un pied dans l'international,
- 15:04puisque c'est ce qui m'a permis d'être recrutée par Nouvelles Frontières au sein de ces hôtels.
- 15:08Donc en fait,
- 15:09moi,
- 15:09j'ai voyagé très tôt.
- 15:11Donc dès mes 18 ans,
- 15:13j'étais en Grèce,
- 15:15j'étais en Espagne,
- 15:16j'étais en Tunisie,
- 15:17j'étais au Maroc.
- 15:19Et ensuite,
- 15:19je me suis retrouvée au Mexique.
- 15:20C'était ma dernière expérience,
- 15:22notamment en tant qu'animatrice en club.
- 15:26Et en fait,
- 15:30j'ai toujours eu cette vision et cette passion pour apprendre des langues et pour apprendre des autres cultures.
- 15:38Donc ça,
- 15:38c'est déjà hyper important.
- 15:40Et ensuite,
- 15:40comment je me retrouve au Mexique ?
- 15:43C'était ma dernière expérience où je décide de partir.
- 15:48Après mon BTS,
- 15:49je fais Disney.
- 15:51Je fais le programme de Disney.
- 15:53Ils ont un programme qui s'appelle...
- 15:55class member program.
- 15:57Et en fait,
- 15:58je suis prise parmi d'autres candidats pour un programme de six mois qui permet d'étudier dans une université américaine et en même temps de travailler dans les parcs Disney.
- 16:08Donc moi,
- 16:09super,
- 16:09premier voyage aux Etats-Unis,
- 16:11ça va permettre de perfectionner mon anglais parce que je serais à dire que comme on l'apprend en France,
- 16:16en fait,
- 16:16les langues,
- 16:17ça ne sert pas à grand-chose en fait.
- 16:18Il faut vraiment pouvoir s'immerger dans un pays.
- 16:23pour pouvoir vraiment mettre en pratique ce qu'on a appris.
- 16:25Donc moi,
- 16:26j'y vais principalement pour ça.
- 16:28Mais je dois dire que ça m'a quand même marqué parce que
- 16:31Disney, aujourd'hui,
- 16:32c'est un modèle pour moi.
- 16:34Mais à l'époque,
- 16:35c'était un peu l'enfer.
- 16:37Franchement,
- 16:38ça a été...
- 16:39C'est quoi en fait cette mentalité américaine,
- 16:43ce marketing,
- 16:44c'est quoi ce brainwashing ?
- 16:46C'était vraiment,
- 16:47pendant les trois premiers mois,
- 16:48c'était dur.
- 16:49C'était très dur.
- 16:51Et puis,
- 16:52une fois que l'adaptation est passée,
- 16:53on commence à apprécier les bons petits points,
- 16:55on commence à voir le management à l'américaine.
- 17:00En fait,
- 17:01tout ça pour dire que j'ai été,
- 17:03malgré moi,
- 17:04de façon inconsciente,
- 17:06j'ai été imprégnée d'un certain savoir-faire,
- 17:08on va dire du divertissement,
- 17:10de l'entertainment à l'américaine sans le savoir.
- 17:13Et je rentre avec ça.
- 17:15Et après Orlando,
- 17:17je bascule au Mexique un an.
- 17:20mais genre ça s'est fait un mois d'intervalle je bascule au Mexique où là-bas en fait il se passe quelque chose ce qui se passe c'est qu'on me prend on est très surpris de me voir donc je parle espagnol aussi en plus de l'anglais on
- 17:36est très surpris de me voir de voir une petite française noire parler espagnol et qui se retrouve au Mexique donc j'étais un peu un ovni on est en 2000
- 17:472010 quoi par là
- 17:492009-2010 et moi je comprends pas en fait et on me dit mais en fait mais qu'est-ce que tu fous là et j'explique en fait ce que je fais là que pour moi c'est un taf comme un autre et je rencontre des Cubains je rencontre des
- 18:05Costa Ricains je rencontre des je contemple pas mal d'Afro-Latino des Colombiens aussi et qu'ils me disent mais en fait tu ressembles j'aurais jamais dit que déjà il y a des Noirs en France euh
- 18:18Je ne savais pas,
- 18:18mais tu ressembles à une fille banale de chez elle.
- 18:21Je dis,
- 18:21ah bon ?
- 18:23Et je me rends compte aussi de mon ignorance,
- 18:25notamment d'y suivre à l'école.
- 18:27Je me dis,
- 18:27mais comment ça se fait que je ne sais pas qu'il y a des Noirs en Colombie,
- 18:31qu'une bonne partie de l'Amérique latine,
- 18:33quand même,
- 18:33est composée de beaucoup d'afro-descendants.
- 18:37Et en fait,
- 18:39même Cuba,
- 18:39en fait.
- 18:40Cuba,
- 18:40principalement.
- 18:41Enfin,
- 18:41la plupart,
- 18:42quand on regarde ce qui nous...
- 18:44l'imagerie de l'Amérique latine qui nous est présentée à travers les télé-novellas et autres,
- 18:49on ne voit très plus d'afro-descendants.
- 18:51En tout cas,
- 18:51à l'époque,
- 18:53on ne voyait qu'un et à chaque fois,
- 18:54c'était le servant ou la servante.
- 18:57Et je me rends compte de mon ignorance et je discute vachement avec eux.
- 19:00On discute vachement.
- 19:02J'ai dit,
- 19:02mais en France,
- 19:03pour moi,
- 19:04c'est normal.
- 19:04En fait,
- 19:05on est beaucoup en France,
- 19:06il y a des nuances.
- 19:07L'histoire fait qu'eux,
- 19:08ils me disent,
- 19:09chez nous,
- 19:10tout le monde est noir.
- 19:11Et je me dis,
- 19:12wow.
- 19:13waouh waouh waouh,
- 19:14il y a un truc qui ne va pas en fait.
- 19:16Et donc moi je rentre de vraiment,
- 19:19et aux États-Unis,
- 19:20l'expérience que j'ai eue c'est pareil,
- 19:25l'étonnement de voir une Noire française,
- 19:30et beaucoup de gens étaient étonnés de savoir qu'il y avait des Noirs.
- 19:32Moi je leur dis mais comment ça se fait que vous ne savez pas ?
- 19:35Puis aux États-Unis il y a ce truc un peu waouh,
- 19:37Paris,
- 19:37French,
- 19:38oh my god.
- 19:39Je leur disais ouais,
- 19:41ok.
- 19:42Mais oui,
- 19:42il y a des Noirs en France.
- 19:44Et donc,
- 19:44je rentre,
- 19:45moi,
- 19:45avec tout ça.
- 19:47Je passe ma licence,
- 19:49tout ça,
- 19:49machin.
- 19:50Au moment où je décide de crier,
- 19:53je te la fiche.
- 19:56L'agence ne se fait pas l'agence de voyage,
- 19:57mais quand je décide de me focaliser sur Paris,
- 20:01j'ai tout ça en moi en fait.
- 20:03Donc j'ai à la fois le désir de me dire que je veux que le monde,
- 20:10en tout cas les voyageurs qui viennent à Paris,
- 20:12sachent qu'il y a des Noirs en France,
- 20:16mais qu'ils le sachent de la bonne façon,
- 20:19pas à travers ce que les documentaires montrent à la télé.
- 20:22J'ai envie que non seulement ils le sachent,
- 20:25mais qu'ils puissent comprendre également cette présence africaine,
- 20:29cette présence noire,
- 20:30ce qu'elle signifie historiquement et de façon contemporaine.
- 20:35Donc ça,
- 20:35c'est la première des choses.
- 20:37Je crée aussi quelque chose qui,
- 20:42moi,
- 20:43me permettait de pouvoir aussi me connecter au continent.
- 20:46Parce que quand on est issu de la diaspora...
- 20:50parfois on peut se dire que tiens quand on est afro-descendant notamment nous qui sommes directement d'origine africaine basée en Europe avec des parents qui viennent de là-bas pour des afro-descendants de l'autre côté de l'Atlantique il y a cet imaginaire de se dire t'es
- 21:08plus proche de tes racines que nous par exemple eux ils ne savent pas souvent aussi qu'il y a ce déracinement aussi qui s'est fait et qu'on n'a pas l'occasion parfois même ...
- 21:18jamais pour certains,
- 21:20de mettre le pied dans le village,
- 21:22dans le pays de nos parents ou de nos grands-parents.
- 21:27Et donc forcément,
- 21:28ça veut dire qu'on n'est pas aussi connecté à cette culture africaine que quelqu'un d'autre.
- 21:34Et donc,
- 21:35de découvrir qu'en France,
- 21:37de par les liens historiques qui existent,
- 21:39il y a énormément de ressources qui sont liées à l'Afrique,
- 21:42donc déjà il y a la population,
- 21:44mais il y a également énormément de ressources culturelles.
- 21:46Et donc il y avait aussi pour moi...
- 21:48un côté de découverte,
- 21:51un peu d'exploration.
- 21:53Et je savais que d'autres comme moi,
- 21:56afro-descendants en France,
- 21:57avaient besoin de cette reconnexion à défaut de ne pas pouvoir être régulièrement sur le continent.
- 22:03Donc je crée vraiment Little Africa avec ces deux,
- 22:07on va dire,
- 22:07ces deux besoins,
- 22:09personnels mais également,
- 22:11on va dire,
- 22:12professionnels.
- 22:14Et l'idée,
- 22:15c'est vraiment de se dire,
- 22:16j'ai commencé avec la plateforme.
- 22:18En me disant,
- 22:19je vais mettre en avant les ressources que je trouve,
- 22:22que ce soit non seulement à Paris,
- 22:24mais aussi ailleurs,
- 22:24puisque j'avais pas mal voyagé.
- 22:26Juste voir si...
- 22:28Déjà,
- 22:28juste partager aux gens,
- 22:29en fait,
- 22:29moi,
- 22:29ce qui m'intéresse.
- 22:30C'est-à-dire d'explorer,
- 22:32en fait,
- 22:32les empreintes africaines,
- 22:33en fait,
- 22:34qu'il y a à travers
- 22:35Paris, à travers la France,
- 22:37à travers le monde,
- 22:38et voir si ça intéresse peut-être d'autres.
- 22:41On verra.
- 22:42Et puis,
- 22:42j'avais immédiatement et tout de suite l'idée de créer des parcours de visite parce que...
- 22:47À l'époque,
- 22:472009-2010,
- 22:49je créais moi ma plateforme en 2014,
- 22:52on était vraiment encore au balucinement d'Internet.
- 22:55C'est-à-dire que,
- 22:56enfin,
- 22:56pas d'Internet,
- 22:57c'est pas ça que j'ai envie de dire,
- 22:58mais en tout cas dans le secteur du tourisme et de la culture,
- 23:01il n'y avait pas énormément de choses et des choses de très bonne qualité,
- 23:06en fait,
- 23:07sur le net.
- 23:08Donc,
- 23:09moi,
- 23:10j'ai tout appris de façon autodidacte,
- 23:13en fait.
- 23:14Et...
- 23:16Pour moi,
- 23:16il était hors de question que ce que j'ai envie de proposer aux gens reste du virtuel.
- 23:21Moi,
- 23:21je suis une nana du terrain.
- 23:22Comme je l'ai dit,
- 23:22j'ai été animatrice.
- 23:25J'ai fait pas mal de choses sur le terrain.
- 23:27Donc,
- 23:27pour moi,
- 23:28ce n'était pas du tout une question d'être sur le digital.
- 23:32Pour moi,
- 23:33c'était important de créer quelque chose que les gens vont retenir toute leur vie,
- 23:37de créer des souvenirs,
- 23:40de vraiment créer de la mémoire.
- 23:42Et donc,
- 23:43immédiatement,
- 23:43j'ai lancé des parcours de visite dans Paris.
- 23:46Avec l'idée de se dire,
- 23:49venez,
- 23:49je vous montre sur le terrain quelle est cette présence,
- 23:54comment est-ce qu'elle se définit,
- 23:56comment est-ce que vous pouvez la regarder de façon contemporaine,
- 24:01de façon positive.
- 24:03Et puis après est venu le city guide,
- 24:06et puis après sont venus les expériences,
- 24:08blablabla.
- 24:09Voilà,
- 24:11est-ce que tu as un peu suivi ?
- 24:12Est-ce que j'ai été assez claire ?
- 24:14Tout à fait clair.
- 24:16Et c'est bien parce que tu prends le temps de raconter les différentes étapes qui t'ont mené à créer ce qu'est l'agence aujourd'hui.
- 24:22Et ce qu'on comprend,
- 24:23c'est que c'est plusieurs pierres qui se sont ajoutées à ton édifice au fur et à mesure,
- 24:29avec des convictions fortes au départ.
- 24:31Mais au départ,
- 24:32il y a eu
- 24:34« je fais depuis Paris ce qui me paraît intéressant à faire »
- 24:37et avec,
- 24:38j'imagine,
- 24:39une vision sur le long terme qui donne ce qu'est Little Africa aujourd'hui.
- 24:43Oui.
- 24:43Donc on comprend bien en tout cas que dès le départ,
- 24:45il y avait...
- 24:46Un côté mission qui a été très fort,
- 24:48en fait.
- 24:49Presque plus qu'un côté businesswoman.
- 24:52Je définis un potentiel de chiffre d'affaires.
- 24:58Je vais faire une licorne avec mon business.
- 25:00C'est plus...
- 25:01Par contre,
- 25:02c'était le cas pour mon agence de voyage.
- 25:04C'est-à-dire que l'agence de voyage,
- 25:05j'ai été une très bonne élève.
- 25:07J'ai fait mon étude de marché.
- 25:09Je me suis formée.
- 25:11J'ai tout fait.
- 25:12Et en fait,
- 25:12quand ça a été un échec,
- 25:15au moment où je pense à l'idée de Little Africa,
- 25:19où je décide de me concentrer,
- 25:20de créer Little Africa,
- 25:21je me souviens à l'époque,
- 25:22j'appelle mon mentor,
- 25:23qui est un ami et mentor jusqu'à aujourd'hui,
- 25:25et je lui dis,
- 25:26écoute,
- 25:27j'ai cette idée-là pour rebasculer un peu mon projet,
- 25:31un peu le revamp,
- 25:32un peu.
- 25:33Par contre,
- 25:33j'ai la flemme de tout refaire,
- 25:34d'études de marché,
- 25:36d'être la bonne élève qu'il faut.
- 25:38Est-ce que je ne peux pas juste me lancer comme ça,
- 25:40en fait ?
- 25:40Parce que là,
- 25:41franchement,
- 25:41je n'ai pas la force.
- 25:42Je me dis,
- 25:42écoute...
- 25:44Aujourd'hui,
- 25:44sur le marché de l'entrepreneuriat,
- 25:45en fait,
- 25:45il y a de tout.
- 25:46Il y a effectivement les bons élèves,
- 25:48mais il y a aussi plein d'idées,
- 25:49plein d'entreprises qui se sont lancées simplement comme ça.
- 25:52Tu vois,
- 25:52donc,
- 25:53il m'a dit,
- 25:53vas-y,
- 25:53si tu sens que tu peux le faire,
- 25:56fais-le.
- 25:57Et depuis,
- 25:57en fait,
- 25:59c'est vraiment,
- 26:01on va dire,
- 26:01je ne sais pas comment je pourrais appeler ça,
- 26:04mais quelque chose que j'ai vraiment,
- 26:06je construis Little Africa,
- 26:07en fait,
- 26:08vraiment au fur et à mesure.
- 26:10Et sur la base,
- 26:11alors le départ,
- 26:12autant le départ.
- 26:13c'est vraiment moi,
- 26:15mes besoins,
- 26:15c'est-à-dire la plateforme,
- 26:17les visites guidées.
- 26:19Mais je n'avais pas vraiment de business model.
- 26:20On va dire que le business model,
- 26:21au départ,
- 26:21je me disais,
- 26:22éventuellement,
- 26:22je peux faire,
- 26:24comment on appelait ça à l'époque,
- 26:26des articles sponsorisés.
- 26:29Je me disais peut-être que je vais développer de l'audience et puis faire de la pub.
- 26:35Et puis sur les visites guidées,
- 26:37là,
- 26:37tu factures,
- 26:38on va dire,
- 26:39one-to-one.
- 26:39Mais ce n'était pas non plus où.
- 26:42Et le reste,
- 26:42par contre ?
- 26:43tout ce qui est venu après,
- 26:45ça c'est des choses que j'ai créées vraiment sur la base de mes clients.
- 26:49C'est-à-dire que ce que est Little Africa aujourd'hui ne faisait absolument pas partie de mes projets quand j'ai démarré en fait.
- 26:57Et demain je ne sais pas non plus ce que ça...
- 26:59Bon,
- 26:59si quand même.
- 27:00Maintenant j'ai une idée quand même aussi claire de ce que j'ai envie de proposer demain.
- 27:04Mais il se peut qu'il y ait aussi des surprises.
- 27:07Voilà,
- 27:08mais c'est vrai qu'aujourd'hui ce que je fais répond à...
- 27:12principalement aussi à des besoins et les besoins de mes clients.
- 27:17Donc,
- 27:17je suis vraiment beaucoup à l'écoute de mes clients.
- 27:21Et jusqu'à maintenant,
- 27:22à chaque fois que j'écris quelque chose,
- 27:25le marché a répondu présent.
- 27:27Et je pense que c'est parce que j'avais détecté un besoin qui était là.
- 27:32Donc,
- 27:34voilà.
- 27:36Très bien.
- 27:38Là,
- 27:38pour le coup,
- 27:39ce que tu évoques,
- 27:39c'est ce côté entrepreneurial où je sonde mon marché,
- 27:42en fait,
- 27:43et je vais chercher à proposer une offre qui va être en adéquation avec ce que le marché peut attendre.
- 27:50Et donc,
- 27:50du coup,
- 27:50il y a une correspondance qui se fait bien.
- 27:53Mais on reste quand même sur une idée au départ originale où on ne peut pas dire que…
- 27:58En fait,
- 27:58parce que parfois,
- 27:59quand on se lance dans l'entreprenariat,
- 28:01on va dire bon,
- 28:03il y a…
- 28:03telle entreprise similaire qui existe aux Etats-Unis,
- 28:06je vais faire la version française.
- 28:08Ou il y a telle franchise qui existe,
- 28:11je vais faire la même chose.
- 28:12Mais toi,
- 28:12on ne peut pas dire qu'il y a un modèle en fait.
- 28:15Non,
- 28:15il n'y a pas de modèle.
- 28:17Alors le modèle aujourd'hui,
- 28:18et ça c'est,
- 28:19je te remercie vraiment de dire ça parce que pendant longtemps,
- 28:23ça a été problématique pour moi de pouvoir,
- 28:25tu sais quand tu fais les parcours,
- 28:28je ne sais pas moi,
- 28:28que tu essaies peut-être de postuler un pitch.
- 28:33pitch,
- 28:34comment dire,
- 28:34session de pitch,
- 28:36les trucs de start-up,
- 28:37les concours,
- 28:41en fait,
- 28:41de faire partie de cet écosystème.
- 28:42Parce que vraiment,
- 28:43quand j'ai démarré,
- 28:43j'étais vraiment dans l'écosystème start-up.
- 28:45On appelait tous les projets start-up.
- 28:48Et donc,
- 28:48tu te présentes et c'est vrai qu'en termes de d'études,
- 28:53moi,
- 28:53je n'avais pas de modèle,
- 28:54en fait.
- 28:54Et c'était problématique et souvent,
- 28:55on me disait,
- 28:56ben,
- 28:56tu n'as pas fait assez de recherches.
- 28:58Ce n'est pas normal.
- 28:59Enfin,
- 28:59ce n'est pas possible.
- 29:00Et surtout,
- 29:01j'ai un modèle,
- 29:02un business model hybride qu'aujourd'hui,
- 29:04le marché,
- 29:04notamment dans la culture,
- 29:05commence de plus en plus à s'adapter à ce modèle-là.
- 29:08Mais à l'époque,
- 29:09c'était vraiment...
- 29:10Franchement,
- 29:11on ne comprend rien.
- 29:11En fait,
- 29:12tu as les tentacules,
- 29:14ton projet est un peu tentaculaire,
- 29:15un peu partout.
- 29:17Il n'y avait pas d'exemple,
- 29:18il n'y avait pas de modèle.
- 29:19Donc,
- 29:20c'était extrêmement dur pour moi d'expliquer.
- 29:22Et à un moment donné,
- 29:22j'ai lâché,
- 29:23j'ai drop the ball.
- 29:23J'ai dit,
- 29:24vas-y,
- 29:24je n'ai plus envie de perdre mon temps à expliquer ce que je fais.
- 29:27Mais aujourd'hui,
- 29:27le modèle le plus proche...
- 29:30pour lequel je peux vraiment m'identifier aujourd'hui,
- 29:32finalement,
- 29:33c'est Disney.
- 29:34Parce que Disney,
- 29:35aujourd'hui,
- 29:37fait énormément de choses,
- 29:39dont parfois on n'est même pas au courant,
- 29:42avec un cœur de métier qui reste le cinéma.
- 29:46une grosse société de production,
- 29:48mais également avec une grosse activité dans l'entertainment.
- 29:50Et dans cet entertainment-là,
- 29:52au-delà des parcs,
- 29:53il y a de l'hôtellerie,
- 29:54il y a de la restauration,
- 29:55il y a du merchandising,
- 29:57il y a du spectacle,
- 29:59il y a du voyage,
- 30:00il y a des croisières.
- 30:01Enfin,
- 30:02c'est big.
- 30:03Alors,
- 30:04je ne serais pas et je n'ambitionne pas d'être aussi big.
- 30:09Mais ça reste pour moi quelque chose qui finalement reste le plus proche,
- 30:14en fait.
- 30:15pour réellement pouvoir,
- 30:17au cas où je peux m'identifier.
- 30:19Parce que finalement,
- 30:20à la fin d'un journée,
- 30:21l'essentiel,
- 30:22c'est de faire vivre une expérience au client.
- 30:26Et c'est ce que Little Africa essaye de faire.
- 30:30Très bien.
- 30:31En tout cas,
- 30:31c'est intéressant de souligner ce côté.
- 30:34C'est vrai que quand on est dans l'écosystème startup,
- 30:37en général,
- 30:38quand on pitch,
- 30:39on essaye de dire,
- 30:40moi,
- 30:41je suis le...
- 30:43voilà,
- 30:43moi j'ai un média sur la mode africaine,
- 30:45je suis de Vogue Africa j'ai un podcast,
- 30:48je suis de Business of Fashion version africaine,
- 30:51enfin,
- 30:52il faut tout parce que ça facilite la compréhension pour mais quand tu arrives à quelque chose de complètement nouveau tu n'as pas de modèle et c'est vrai que parfois les personnes qui te rencontrent elles vont te dire,
- 31:03effectivement c'est que tu n'as pas cherché,
- 31:05mais alors qu'en fait
- 31:07Il y a des sujets qui ne sont pas encore explorés et heureusement qu'il y a des gens qui innovent et qui proposent une autre lecture,
- 31:13qui proposent une autre manière d'aborder les choses.
- 31:16Donc aujourd'hui,
- 31:17on comprend bien comment tout ça finalement s'est façonné et comment aujourd'hui,
- 31:22ce que j'entends,
- 31:23c'est que tu fais preuve de jeu de jambes.
- 31:27C'est-à-dire que oui,
- 31:29aujourd'hui,
- 31:29tu as un socle et une base qui est claire et qui existe,
- 31:31mais au gré de clients,
- 31:36de rencontres.
- 31:36rencontre,
- 31:37tu peux rajouter,
- 31:40créer une nouvelle expérience spécifique par rapport à un client donné en fait.
- 31:45Est-ce que tu peux nous dire aujourd'hui,
- 31:47Little Africa,
- 31:48finalement,
- 31:49quand on vient voir l'agence culturelle et touristique Little Africa,
- 31:52quels sont les différents services que tu proposes aujourd'hui à date ?
- 31:56Alors aujourd'hui,
- 31:59c'est une bonne question.
- 32:00Alors aujourd'hui,
- 32:01Little Africa,
- 32:04comme tu l'as bien souligné,
- 32:05est
- 32:05Il y a vraiment déjà au cœur de l'agence l'ingénierie culturelle.
- 32:10C'est vraiment cette capacité à penser,
- 32:13proposer,
- 32:14organiser,
- 32:17on va dire,
- 32:18un projet culturel tout simplement.
- 32:20Donc,
- 32:22que ce soit en fait,
- 32:23on va dire,
- 32:24un simple dîner ou imaginer des produits dérivés ou organiser un événement tel qu'un festival.
- 32:31Ça,
- 32:31c'est des choses auxquelles on va pouvoir répondre ou bien curater une exposition.
- 32:35à la demande du client.
- 32:37Donc,
- 32:37principalement des clients qui travaillent autour du sujet de l'Afrique,
- 32:42mais vraiment avec moi,
- 32:44ma spécialité,
- 32:44qui va être vraiment la culture,
- 32:47avec un grand C.
- 32:49Et dedans,
- 32:49voilà,
- 32:50on inclut un peu de tout.
- 32:52Donc ça,
- 32:52ça reste vraiment un cœur de métier.
- 32:55C'est vrai qu'il y a quelque chose sur lequel on va être sur des clients très spécifiques qui vont vraiment chercher.
- 33:01et comprendre à travers tout ce qu'ils vont lire que Little Africa est en mesure,
- 33:06comment on appelle ça,
- 33:07d'être un project manager.
- 33:11Pour le reste,
- 33:13on va dire qu'aujourd'hui,
- 33:15depuis trois ans,
- 33:16on a également un cœur d'activité,
- 33:18un gros cœur d'activité quand même,
- 33:21qui est devenu notre retail store.
- 33:23Donc,
- 33:23le Little Africa Village,
- 33:25qui se trouve dans le 18e arrondissement de Paris.
- 33:28et qui propose une expérience shopping,
- 33:31culturelle,
- 33:32événementielle au sein du quartier de la Goupe d'Or et toujours avec une proposition afrodescendante,
- 33:41je dirais,
- 33:42puisque le concept store réunit des créatifs afrodescendants à travers le monde,
- 33:49européens principalement,
- 33:51mais également caribéens,
- 33:53américains,
- 33:53latino-américains.
- 33:55Et puis,
- 33:55bien sûr,
- 33:57des créatifs du continent.
- 34:00Donc ça,
- 34:00c'est le deuxième pôle,
- 34:01en fait,
- 34:01on va dire,
- 34:03de service.
- 34:04Sachant que c'est un espace qu'on peut mettre en location,
- 34:07organiser également des privatisations.
- 34:10On peut également organiser des choses dans cet espace pour des clients.
- 34:14En troisième volet,
- 34:15on a le volet touristique.
- 34:16Donc voilà,
- 34:18ça fait dix ans que j'organise des parcours de visite à Paris.
- 34:23principalement dans le quartier de la Goutte d'Or,
- 34:26mais pas que.
- 34:28Ça m'arrive d'organiser des séjours sur mesure,
- 34:31des parcours sur mesure d'expérience pour des groupes ou des particuliers à travers Paris,
- 34:37mais ça va être toujours autour du thème de l'Afrique.
- 34:41Et puis en dernière activité et service,
- 34:46on est une maison d'édition qui édite ses propres produits,
- 34:51mais qui peut être également amenée à faire du sur-mesure pour un client.
- 34:57Donc voilà à peu près les quatre volets aujourd'hui principaux,
- 35:02sachant que le village en lui-même,
- 35:06donc notre espace physique,
- 35:08réunit aujourd'hui.
- 35:08C'est pour ça que c'était important de...
- 35:10d'avoir un espace physique,
- 35:11parce que l'espace physique,
- 35:13finalement,
- 35:14permet aujourd'hui,
- 35:16en un clin d'œil,
- 35:17en un instant,
- 35:18aux gens,
- 35:19finalement,
- 35:19de comprendre un petit peu la machine de l'Afrique.
- 35:22Ce qui,
- 35:23avant,
- 35:23n'était pas forcément le cas,
- 35:24parce qu'avant,
- 35:24on nous connaissait soit à travers les visites guides.
- 35:27« Ah,
- 35:27vous êtes l'agence qui fait des visites africains à Paris ? »
- 35:31Je disais « Ok,
- 35:31oui. »
- 35:32« Ah,
- 35:32vous êtes l'agence qui avait écrit le City Guide
- 35:35Afrique à Paris ? »
- 35:36« Oui. »
- 35:36Et puis « Ah,
- 35:37c'est vous qui avez organisé tel événement ? »
- 35:39Mais de là à faire une connexion,
- 35:41ce n'était pas toujours évident avant.
- 35:45Très bien.
- 35:46Du coup,
- 35:46ça me fait une transition sur...
- 35:48Moi,
- 35:48je voulais te poser la question justement de l'ouverture du lieu,
- 35:52puisqu'il y a eu vraiment toute une période où tu as développé le business Little Africa avant d'avoir un lieu physique.
- 35:59Et il me semble que l'ouverture du lieu,
- 36:01ça a été l'objet d'une campagne de financement participatif.
- 36:05Est-ce que tu peux expliquer un peu à quel moment tu t'es dit « Non,
- 36:08mais en fait,
- 36:09j'ai besoin d'un lieu,
- 36:11je veux un lieu. »
- 36:12Et puis,
- 36:12comment est-ce que ça s'est concrétisé ?
- 36:14Oui,
- 36:15bien entendu.
- 36:16Alors,
- 36:17tout commence à partir de 2018.
- 36:20Moi,
- 36:21j'avais des bureaux pendant longtemps,
- 36:22en fait,
- 36:23rue Miroménie dans le 8e.
- 36:25Je suis restée très longtemps là-bas,
- 36:27plus de six ans.
- 36:28Et en fait,
- 36:29c'était un bureau.
- 36:30On était en rez-de-chaussée et tout ça.
- 36:34Et il se trouve que j'avais déjà ma Google page business,
- 36:42où je référençais tout simplement le siège finalement de l'Ital-Africa.
- 36:47Donc ce qui fait que tu tapais l'Ital-Africa,
- 36:49tu voyais le Google page qui s'ouvrait automatiquement sur le côté avec l'adresse.
- 36:54Et petit à petit,
- 36:56j'ai commencé à voir des gens se pointer à mon bureau.
- 36:59en pensant qu'on était en fait des gens pensent qu'on était une boutique ou une galerie d'art en fait donc à chaque fois j'avais des gens qui venaient qui sonnaient et j'ouvrais à ce que c'est ici les tol africa est ce que c'est ici jacqueline
- 37:15est ce qu'elle est là à ce que je suis venu acheter mon guide je suis venu acheter mon notebook je suis venu rencontrer jacqueline pour lui présenter des produits enfin c'était un peu devenu ça donc ça a été comme ça beaucoup en 2018
- 37:28Et au bout d'un moment,
- 37:30je commençais à m'arrêter à attendre l'oreille.
- 37:31Et puis un jour,
- 37:32il y avait carrément un groupe de touristes.
- 37:34Et c'est arrivé,
- 37:36je crois,
- 37:36deux fois dans le mois,
- 37:38qui cherchaient,
- 37:39en fait,
- 37:40qui se baladaient dans la rue où on était.
- 37:42J'entendais parler.
- 37:43Une fois je sors,
- 37:44j'entends parler.
- 37:45Je les vois suivre sur le téléphone et tout ça.
- 37:47Et j'entends quelqu'un dire,
- 37:49prononcer Little Africa.
- 37:51Et je sais que je leur parle,
- 37:52je leur dis,
- 37:52mais vous cherchez l'Ital-Africa et tout,
- 37:55l'agence ou le quartier ?
- 37:56Parce qu'il faut savoir que l'Ital-Africa aussi,
- 37:57pour beaucoup de touristes,
- 37:59l'Ital-Africa,
- 37:59c'est le quartier également de la Goutte d'Or.
- 38:01Donc,
- 38:02Château-Rouge-Parbès.
- 38:03Je leur dis,
- 38:04c'est le quartier que vous cherchez ?
- 38:05Ils disent,
- 38:05non,
- 38:05non,
- 38:05non,
- 38:05on cherche,
- 38:06regardez,
- 38:06c'est l'agence.
- 38:07Je dis,
- 38:07ah,
- 38:07ok,
- 38:07je dis,
- 38:08ben,
- 38:08ok,
- 38:08c'est moi.
- 38:10Mais en fait,
- 38:10vous cherchez,
- 38:11vous avez rendez-vous ?
- 38:12Non,
- 38:12non,
- 38:12non,
- 38:13vous venez voir,
- 38:14on voulait acheter notre guide et puis on voulait voir,
- 38:16quoi.
- 38:17Je leur dis,
- 38:17mais en fait,
- 38:17on n'est pas un lieu,
- 38:19en fait.
- 38:21Et là,
- 38:21ça fait tilt,
- 38:21en fait,
- 38:22et je me dis,
- 38:22mais c'est quand même dingue,
- 38:24quoi,
- 38:25qu'on nous prenne pour un espace,
- 38:27que la lecture de ce que les gens font ou de la lecture qu'ils ont de qui on est soit un lieu.
- 38:34Et je me suis dit,
- 38:34ça mérite quand même réflexion de se demander pourquoi est-ce qu'aujourd'hui,
- 38:40on n'aurait pas un lieu,
- 38:41en fait.
- 38:42Et c'est une idée qui a fait beaucoup débat au sein de mon,
- 38:46on va dire,
- 38:47de mon board of directors,
- 38:49direction.
- 38:51parce que la réponse était non,
- 38:55on n'en a pas besoin.
- 38:56Ça,
- 38:57c'était le retour que j'ai eu,
- 38:58c'était non.
- 38:59Un lieu,
- 38:59c'est chiant,
- 39:00c'est chronophage,
- 39:01ça prend énormément d'énergie financièrement.
- 39:06Et eux,
- 39:06ils ne voyaient pas moi ce que je voyais.
- 39:08Et comme dans tout,
- 39:09et là,
- 39:10je suis vraiment business talk,
- 39:13comme dans tout,
- 39:13à un moment donné,
- 39:14il faut faire confiance à son sixième sens et il faut y aller.
- 39:20Je veux dire,
- 39:20quand tu fais confiance à ton sixième sens,
- 39:21ça veut dire que tu vas à contre-courant.
- 39:24Donc,
- 39:24je suis à la contre-courant.
- 39:25Moi,
- 39:25j'ai commencé à faire mes recherches,
- 39:27malgré qu'ils n'étaient pas d'accord.
- 39:29J'ai commencé à faire mes recherches de lieu.
- 39:32Je me suis dit,
- 39:33tiens,
- 39:33moi,
- 39:34je sens le truc.
- 39:35Je sens.
- 39:36qu'il nous faut un espace.
- 39:38Parce que même à un moment donné,
- 39:39je voyais aussi les clients ou les gens que je recevais en rendez-vous dans mon espace finissaient en fait le panier moyen.
- 39:48On va dire que le produit physique qu'on vendait depuis 2016,
- 39:52c'était le City Guide.
- 39:53Et ensuite,
- 39:54à partir de 2017,
- 39:54il y avait une gamme de papeterie qui a suivi.
- 39:57Et qui nous a permis aussi d'avoir une nouvelle clientèle,
- 40:02ce sont les musées,
- 40:03donc les boutiques de musées.
- 40:05et les concept stores.
- 40:05Donc,
- 40:06vraiment de rentrer dans différents lieux.
- 40:08Et bien,
- 40:08le panier moyen,
- 40:09en fait,
- 40:10de quelqu'un qui achetait un livre à 20 euros,
- 40:13il était multiplié par 5,
- 40:14en fait,
- 40:15quand les gens venaient dans notre bureau.
- 40:18Puisque finalement,
- 40:19ils voyaient la diversité de nos produits.
- 40:21Ils disaient,
- 40:22ah,
- 40:22mais je ne savais pas que vous aviez ça aussi.
- 40:23Je ne savais pas que vous aviez ça aussi.
- 40:25Donc,
- 40:25de 20 euros,
- 40:26on sortait avec un panier moyen à
- 40:2890 euros,
- 40:30en moyenne.
- 40:31Et là,
- 40:32je me dis,
- 40:32non,
- 40:32mais il n'y a pas photo,
- 40:33quand même.
- 40:34Ça,
- 40:34on...
- 40:35Il nous faut un espace.
- 40:36Donc,
- 40:36je commence à chercher.
- 40:37Et c'était,
- 40:38pour moi,
- 40:39évident et primordial d'être à la Goutte d'Or.
- 40:42Je me suis dit,
- 40:43je ne peux pas être ailleurs que là-bas.
- 40:45Donc,
- 40:46ici,
- 40:46je suis dans le
- 40:488e. Je pilote mon entreprise et tout ça.
- 40:51Et en même temps,
- 40:51je vais faire mes visites dans le
- 40:5418e à la Goutte d'Or.
- 40:55Où,
- 40:55certes,
- 40:55j'ai développé un petit réseau.
- 41:01une petite communauté de commerçants,
- 41:04notamment où je m'arrête,
- 41:05où j'emmène des touristes il y a plusieurs années maintenant.
- 41:09Donc,
- 41:09on me connaissait à la Gouda.
- 41:10On me connaissait,
- 41:11je travaillais avec quelques institutions basées à la Gouda.
- 41:14Donc,
- 41:15je me sentais un peu à la maison.
- 41:16Et puis,
- 41:16en tant qu'Africaine,
- 41:18on a tous grandi en venant à la Gouda.
- 41:21Donc,
- 41:21pour moi,
- 41:22ça faisait sens d'être ancrée là-bas parce que je me suis dit,
- 41:24mais non,
- 41:24en fait,
- 41:25je ne peux pas ouvrir ailleurs.
- 41:26Je pourrais ouvrir dans un quartier,
- 41:28j'aurais pu me dire,
- 41:28je vais dans un quartier très touristique.
- 41:31ou un quartier,
- 41:31ou de rester dans le huitième.
- 41:33Mais en fait,
- 41:34le concept qui est Little Africa,
- 41:37sachant que j'avais été dans le huitième et sachant comment je vois les quartiers touristiques,
- 41:41je me disais,
- 41:42on ne pourra pas,
- 41:43on va perdre notre substance,
- 41:44en fait,
- 41:45en étant dans ces quartiers-là.
- 41:47Et parce que l'entertainment,
- 41:48en fait,
- 41:50Little Africa est vraiment à l'image et le fruit,
- 41:52en fait,
- 41:52de mes expériences et notamment beaucoup dans l'entertainment.
- 41:56Il y a des boutiques dans plein de quartiers touristiques,
- 41:58il y en a dans le huitième.
- 41:59Mais elle ne propose pas en fait.
- 42:00Elle propose très peu en fait ce que l'Ital-Afrique a fait.
- 42:03Et j'avais besoin de beaucoup d'espace.
- 42:06Je me suis dit,
- 42:07si je cible un autre quartier,
- 42:09je vais certes ouvrir un lieu,
- 42:11mais je vais ouvrir un lieu où soit on va être qu'une boutique et je vais devoir garder un bureau et faire l'aller-retour,
- 42:16ce qui ne va pas être très pratique.
- 42:20Soit on va simplement avoir à peine de l'espace pour être une boutique et un bureau.
- 42:25Or,
- 42:26Little Africa faisait déjà de l'événementiel.
- 42:27Little Africa avait des produits.
- 42:29Little Africa faisait déjà,
- 42:32en fait,
- 42:34de la privatisation.
- 42:36Et du coup,
- 42:36il fallait vraiment un lieu qui réponde à nos besoins.
- 42:38Donc,
- 42:38il me fallait beaucoup d'espace.
- 42:40Et à la Goudor,
- 42:41j'avais déjà repéré deux,
- 42:42trois choses.
- 42:43Pas forcément à la Goudor,
- 42:45mais aux alentours.
- 42:46Et du coup,
- 42:47j'ai commencé à chercher là-bas.
- 42:49Et il se trouve que l'endroit où je suis aujourd'hui...
- 42:51L'espace était vide pendant deux ans.
- 42:53Je passais dessus sans même poser la question de me dire est-ce que je peux être dans cette rue,
- 42:56en fait.
- 42:57Et une fois que les dots se sont connectés,
- 43:01je me suis dit,
- 43:01mais oui,
- 43:02ça fait sens.
- 43:02En plus,
- 43:02c'est la rue où j'ai commencé,
- 43:04quand j'ai créé la visite,
- 43:06Made in Dord,
- 43:08l'histoire de la mode et du design à la Gouda.
- 43:14J'ai commencé dans cette rue,
- 43:15en fait,
- 43:15et je connaissais tous les commerçants de la rue.
- 43:17Je me suis dit,
- 43:17mais Jacqueline,
- 43:19pourquoi tu as perdu autant de temps ?
- 43:21Et donc,
- 43:23je cherche les informations du bailleur et tout ça.
- 43:27Et j'envoie en fait ma candidature avant le Covid.
- 43:32Parce que tout ça s'est passé,
- 43:33je crois que j'ai déposé la veille du...
- 43:37J'ai déposé en février,
- 43:38tout simplement.
- 43:39Nous ne sachons pas ce qu'il y a à l'arrivée après.
- 43:43Donc voilà comment ça s'est passé en fait,
- 43:46ce lieu-là.
- 43:47Et donc,
- 43:47c'était tout de suite...
- 43:49Il y avait cette vision de se dire,
- 43:51je me souviens avoir mis en avant le fait qu'on allait être un lieu vraiment hybride,
- 43:56c'est-à-dire certes un commerce,
- 43:57mais également un lieu événementiel,
- 43:59également un lieu de curation,
- 44:00mais également un lieu entouré de ce qu'on appelle des points d'information touristiques.
- 44:06Donc,
- 44:06idéalement,
- 44:07j'aurais même eu plus d'espace,
- 44:08j'aurais vraiment fait un office de tourisme aussi.
- 44:10Parce qu'il y a un vrai,
- 44:11aujourd'hui,
- 44:12moi à l'époque,
- 44:12quand je démarre Little Africa,
- 44:15je connais déjà le concept de Black Travel,
- 44:17de Black Business.
- 44:19Mais en France,
- 44:19c'est très peu connu.
- 44:20Les gens ne savent pas encore ce que c'est.
- 44:22Donc,
- 44:23j'avais également envie,
- 44:24en vivant qu'il faut que ce lieu aussi serve de point d'information.
- 44:28Pourquoi ?
- 44:28Parce que,
- 44:29quoi qu'il arrive,
- 44:30le fait d'avoir écrit un guide sur l'Afrique à Paris,
- 44:32on est une référence sur quoi faire.
- 44:35Quoi faire en termes d'activité afro ou aller en termes d'activité afro à Paris ?
- 44:40Donc,
- 44:40beaucoup de gens viennent aussi nous voir pour ça.
- 44:42En tout cas,
- 44:42nos clients,
- 44:43même une fois qu'ils ont fini,
- 44:44on va dire,
- 44:45d'acheter un truc,
- 44:47ils vont nous demander où aller manger,
- 44:49quoi faire après,
- 44:50où aller à fait,
- 44:52quoi voir,
- 44:52qu'est-ce qu'il y a en ce moment.
- 44:54Donc,
- 44:55on sert en fait de tout ça.
- 44:56Donc,
- 44:56le lieu est vraiment,
- 44:58sert à tout ça.
- 45:01Très bien,
- 45:01super intéressant.
- 45:03Comme toujours,
- 45:04j'ai plusieurs questions qui me viennent,
- 45:05mais je vais me concentrer.
- 45:08Tu as parlé de ton comité.
- 45:12Quand tu as parlé du lieu,
- 45:13tu as échangé avec un comité que tu n'as pas écouté et tu as bien fait.
- 45:18Maintenant,
- 45:18j'imagine qu'il te remercie.
- 45:21Est-ce que tu peux parler un petit peu justement de ton équipe,
- 45:24en fait,
- 45:25qui sont les personnes avec lesquelles tu travailles et parler un petit peu de ce comité,
- 45:29comment il a été constitué ?
- 45:31Oui,
- 45:32alors après,
- 45:33alors moi,
- 45:33le mot comité,
- 45:34je crois que j'ai mis un nom vraiment dessus en 2020.
- 45:39Parce que 2020,
- 45:39avec le Covid,
- 45:40en fait,
- 45:41m'a permis vraiment de me poser,
- 45:43de faire une pause,
- 45:44en fait,
- 45:45une première dans mon activité.
- 45:48Et c'est vrai que le fait d'avoir fait un...
- 45:53Je suis mentor,
- 45:54mentee d'un programme,
- 45:56en fait,
- 45:57où j'ai été coachée.
- 45:59En fait,
- 46:00en tant que femme entrepreneur,
- 46:02j'ai aussi eu les termes techniques pour appeler quelque chose qui m'accompagnait déjà depuis des années.
- 46:10Donc,
- 46:10j'ai simplement formalisé en appelant ça un comité.
- 46:14Donc,
- 46:15on va dire déjà interne.
- 46:17J'ai à peu près deux personnes qui m'accompagnaient.
- 46:22Donc,
- 46:22il y a mon mentor depuis des années qui est un ancien entrepreneur.
- 46:26Et j'ai également,
- 46:27on va dire,
- 46:27quelqu'un qui est aussi un...
- 46:29profil en business development.
- 46:31On va dire des gens qui ont vraiment été là pour m'accompagner aussi dans l'opérationnel,
- 46:38mais aussi m'accompagner vraiment dans la réflexion et le développement et la mise en place d'outils de pilotage,
- 46:44notamment dans l'entreprise.
- 46:46Donc ça,
- 46:46c'est une première partie,
- 46:47mais à côté de ça,
- 46:48j'ai aussi d'autres personnes un peu en dehors de mon business,
- 46:52dans différents secteurs,
- 46:54avec qui le mentoring s'est fait de façon naturelle.
- 46:58Et eux,
- 46:58ils ne font pas partie vraiment de mon board de direction,
- 47:00mais ce sont des mentors.
- 47:02Donc,
- 47:02on va dire qu'ils font partie un peu de mon advisory board.
- 47:07Pareil que j'ai formalisé,
- 47:08mais que j'ai dû arrêter le pilotage avec le développement du retail et par mon deux temps,
- 47:14parce que je suis devenue maman aussi entre temps,
- 47:16mais ça,
- 47:16on va en parler plus tard.
- 47:19Mais j'ai eu à un moment donné,
- 47:22oui,
- 47:22un advisory board avec des personnes vraiment de différents secteurs,
- 47:26qui sont des personnes...
- 47:27qui ont toujours encouragé mes activités,
- 47:30mais de loin.
- 47:31C'est-à-dire qu'en fait,
- 47:33tu sais,
- 47:33tu as ton projet dans la vie et puis tu as des gens peut-être que tu as rencontrés qui sont des clients ou qui sont des gens avec qui tu as eu à travailler de façon très bève,
- 47:41mais ce sont des gens qui te repèrent et qui voient en toi la force et tes capacités et qui vont te faire sentir que,
- 47:49d'une manière ou d'une autre,
- 47:49si tu as besoin d'eux,
- 47:50n'hésite surtout pas.
- 47:52Et puis,
- 47:52tu vas le faire une fois,
- 47:53tu vas le faire deux fois et puis tu vas te rendre compte que non,
- 47:55c'est vraiment des personnes qui te disent,
- 47:58utilise-moi.
- 47:58Je suis là,
- 47:59en fait,
- 48:00pour toi,
- 48:00n'hésite pas.
- 48:01Et donc,
- 48:03j'ai eu ça et j'ai toujours la chance d'avoir un peu ces personnes-là comme ça qui me conseillent de façon clé,
- 48:09on va dire peut-être deux ou trois fois par an.
- 48:11C'est aussi des personnes dont il ne faut pas abuser non plus.
- 48:15Un advisory board,
- 48:16je veux dire,
- 48:16ce n'est pas aussi formalisé que ça.
- 48:19Par rapport aux États-Unis,
- 48:20c'est vraiment parfois des missions qui sont rémunérées,
- 48:24soit de façon pécuniaire,
- 48:27soit à travers des parts qu'ils ont dans la société.
- 48:30En France,
- 48:30ce n'est pas assez formalisé.
- 48:31Donc,
- 48:31en fait,
- 48:32il faut vraiment le garder de façon,
- 48:35on va dire,
- 48:38cordiale.
- 48:39Donc,
- 48:39on va dire que ce sont des personnes que je vais voir,
- 48:41peut-être certaines deux ou trois fois par an,
- 48:44mais qui vont me donner de leur temps,
- 48:46de leur réseau,
- 48:47de leur énergie,
- 48:48de leur réflexion.
- 48:49vont me permettre d'avancer sur des points clés.
- 48:52Donc voilà à peu près les gens,
- 48:55on va dire,
- 48:55vraiment dans le board de direction qui m'accompagne.
- 49:00Dans l'opérationnel au quotidien,
- 49:02j'ai réduit les effectifs,
- 49:03vraiment.
- 49:05J'ai réduit les effectifs depuis cette année parce que ça aussi,
- 49:10je vais dire,
- 49:10j'ai atteint mes limites l'année dernière où j'ai eu un recrutement,
- 49:15je me suis rendu compte de...
- 49:17du management,
- 49:18de la masse salariale que ça représente,
- 49:20très honnêtement,
- 49:21parce que je dirais qu'en soi,
- 49:23le management est difficile,
- 49:25mais je dirais que quand on voit aussi ce que ça coûte de diriger une équipe financièrement et en temps pour une entreprise,
- 49:33notamment une petite entreprise,
- 49:35je me suis dit non,
- 49:36ça ne vaut pas le coup aujourd'hui.
- 49:37Puis on est dans des dynamiques assez particulières post-Covid,
- 49:41où les aspirations,
- 49:43on va dire,
- 49:43ou les investissements,
- 49:46à mettre en fait dans une entreprise,
- 49:48on est sur d'autres data aujourd'hui qui ne sont pas les mêmes qu'il y a
- 49:546 ou 7 ans.
- 49:55Donc en fait,
- 49:56j'ai vraiment réduit beaucoup les effectifs aujourd'hui qui vont m'emmener aussi certainement à concentrer mes activités.
- 50:06Très bien,
- 50:06quand tu dis réduire les effectifs,
- 50:08du coup,
- 50:09c'est comment dire ?
- 50:10Euh,
- 50:12ça...
- 50:12Oui,
- 50:12concrètement,
- 50:13ça veut dire quoi ?
- 50:13Est-ce que tu es dans une dynamique aussi où plutôt,
- 50:15peut-être,
- 50:16en fonction d'un client et de son besoin,
- 50:17tu vas peut-être faire appel ponctuellement à des freelances plutôt que d'avoir quelqu'un salarié temps plein ?
- 50:22Tu vas plutôt peut-être travailler sur une organisation plus agile ?
- 50:27Oui,
- 50:27oui,
- 50:27oui.
- 50:28Je vais vraiment être agile dans ce sens-là.
- 50:29En fait,
- 50:30moi,
- 50:30pendant longtemps,
- 50:31mon objectif quand j'ai créé ma boîte,
- 50:34pendant très longtemps,
- 50:35c'était vraiment,
- 50:36pour moi,
- 50:38le signe de réussite pour une entreprise,
- 50:40c'était de te dire ton impact.
- 50:42C'est quand tu crées de l'emploi.
- 50:44Et c'était vraiment ça,
- 50:44pendant longtemps,
- 50:45j'ai couru après ça,
- 50:46de me dire,
- 50:47il faut que je crée de l'emploi.
- 50:49Je l'ai fait.
- 50:50Donc,
- 50:50moi,
- 50:51à un moment donné,
- 50:51il y a des fois,
- 50:52tu pouvais arriver dans mon bureau,
- 50:53tu as trouvé 3,
- 50:544,
- 50:545 personnes,
- 50:55certains en alternance,
- 50:56d'autres en stage,
- 50:58et puis des freelances aussi avec qui je bosse.
- 51:02Là,
- 51:02effectivement,
- 51:02quand je dis réduire,
- 51:03c'est effectivement en fonction du client,
- 51:04en fonction du projet.
- 51:06Bien entendu,
- 51:06je vais faire appel à des freelances pour pouvoir m'accompagner.
- 51:10sur ce projet-là.
- 51:11Mais je vais dire en interne même,
- 51:13ce que l'entreprise va devoir supporter.
- 51:16Aujourd'hui,
- 51:16j'ai réduit les effectifs.
- 51:18J'ai réduit,
- 51:19voilà,
- 51:19je bosse avec des freelances quand j'en ai besoin.
- 51:23Même les stages,
- 51:24on va dire,
- 51:24à une époque,
- 51:25je pouvais en prendre deux ou même trois en même temps.
- 51:27Aujourd'hui,
- 51:28j'ai réduit un,
- 51:29voilà,
- 51:30c'est déjà beaucoup.
- 51:33Voilà ce que ça veut dire.
- 51:34Donc,
- 51:34j'essaye d'être plus agile.
- 51:35Puis,
- 51:36ça correspond aussi,
- 51:37aujourd'hui,
- 51:37en fait,
- 51:38ma...
- 51:40ma patience a été éprouvée dans le sens où je suis devenue maman il y a trois ans.
- 51:46Et on va dire qu'en fait,
- 51:47mon temps et donc ma patience aujourd'hui,
- 51:50il y a des limites,
- 51:51il y a des choses que je n'ai plus le luxe d'attendre ou d'être patiente.
- 51:55Voilà,
- 51:56pour être concrète.
- 51:58Ok,
- 51:58très bien,
- 51:58je comprends.
- 52:00Et puis de toute façon,
- 52:01qui dit équipe dit management et finalement quand tu fais du management,
- 52:05tu passes peut-être moins de temps à être au cœur de ton métier,
- 52:08mais plus à manager une équipe et parfois tu perds la saveur de ce qui t'avait amené vers ce job-là au départ.
- 52:19Oui,
- 52:19tu retrouves à gérer de l'humain et pas à faire ce que tu aimes faire en réalité.
- 52:25Et de l'humain qui est devenu…
- 52:28Très complexe,
- 52:29je trouve,
- 52:29post-Covid.
- 52:30C'est-à-dire qu'en fait,
- 52:31aujourd'hui,
- 52:32c'est très compliqué.
- 52:34Je veux dire,
- 52:34avant,
- 52:36je ne sais pas après si c'est une impression personnelle,
- 52:38mais avant,
- 52:39je trouvais que les gens avaient,
- 52:41que ce soit des stagiaires ou même des gens qui cherchaient un emploi,
- 52:45les aspirations étaient claires.
- 52:46Je cherche un job parce que j'ai envie peut-être de faire go.
- 52:50J'ai envie d'avoir une carrière.
- 52:51J'ai envie de gagner en compétences.
- 52:54J'ai envie...
- 52:56d'apprendre quelque chose.
- 52:57J'ai envie demain de...
- 52:58Je cible tel entre...
- 52:59Aujourd'hui,
- 53:01ce n'est plus le cas pour moi.
- 53:02Je trouve que t'es brouillée.
- 53:04Je trouve qu'aujourd'hui,
- 53:06voilà,
- 53:06les gens peuvent vous dire que ouais,
- 53:08en fait,
- 53:08ça,
- 53:08c'est une expérience.
- 53:09Mais demain,
- 53:10en fait,
- 53:11je peux me lancer dans six mois en tant qu'entrepreneur.
- 53:14Et il n'y a plus d'aspiration forcément à une carrière.
- 53:17C'est ça que je veux dire.
- 53:18Et donc,
- 53:18ça devient très compliqué de dessiner vraiment en quoi est-ce que...
- 53:24de prendre en charge,
- 53:25parce qu'on oublie ça beaucoup en France,
- 53:27mais en France,
- 53:28vraiment prendre quelqu'un dans sa team,
- 53:30recruter quelqu'un,
- 53:32c'est le prendre en charge et c'est un énorme investissement.
- 53:35C'est un énorme investissement.
- 53:37Oui,
- 53:37en face,
- 53:37il y a un apport de compétences,
- 53:39mais de l'autre côté,
- 53:40c'est un putain d'investissement pour une entreprise.
- 53:43Donc,
- 53:43en fait,
- 53:45ne plus trop savoir les aspirations ou comment est-ce qu'on peut aider.
- 53:51une personne à gagner en compétence ?
- 53:52Quelles sont ses réelles aspirations ou ses attentes latentes qui sont devenues très floues aujourd'hui ?
- 53:58Ça est devenu même à la limite un peu dangereux même pour des petites entreprises comme nous parce qu'on se retrouve parfois,
- 54:04moi je ne sais plus le nombre de collègues que je veux avoir où on a les mêmes configurations à se retrouver,
- 54:09à avoir peut-être des personnes que ce soit ex-stagiaires,
- 54:11ex-employés qui ont trouvé peut-être qu'on a été abusif.
- 54:15Aujourd'hui,
- 54:15il y a des termes.
- 54:17Enfin,
- 54:17il y a des termes aujourd'hui qui...
- 54:18Enfin,
- 54:19non.
- 54:20C'est devenu trop compliqué.
- 54:21Trop compliqué,
- 54:23Ramata,
- 54:23franchement.
- 54:25Ça donne mal à la tête.
- 54:26Je sais qu'à l'époque,
- 54:27moi,
- 54:27j'ai géré des équipes.
- 54:28J'en ai géré dans mes jobs d'avant.
- 54:31J'en ai géré à l'Hôtel Africa.
- 54:33Mais je trouve que depuis le Covid,
- 54:35c'est devenu trop complexe.
- 54:36Ça donne mal à la tête.
- 54:38J'entends,
- 54:39j'entends.
- 54:40C'est très compliqué de trouver les bonnes personnes,
- 54:43la bonne team,
- 54:44la bonne organisation.
- 54:45Et effectivement,
- 54:46s'il y a trop de mots de tête,
- 54:47à un moment donné,
- 54:49on va aller travailler plutôt avec ponctuellement un freelance qui connaît son job,
- 54:57qui c'est une mission de courte durée.
- 55:00On est efficace,
- 55:01on termine la mission et puis après,
- 55:03on se retrouve plus tard si on a besoin,
- 55:05mais on n'est pas...
- 55:06Tout à fait.
- 55:07On n'est pas sur des structures de long terme.
- 55:09Je comprends tout à fait cette logique-là.
- 55:12Maintenant,
- 55:12je voulais que tu parles un petit peu du profil de tes clients et tu reviennes sur ce que tu évoquais comme le business travel ou black business.
- 55:21Donc,
- 55:21tu as choisi d'être dans le
- 55:2318e, pas très loin de Châteaurouge,
- 55:26du côté de la Goutte d'Or.
- 55:28Donc,
- 55:29est-ce que tu peux nous parler un petit peu de qui sont les clients qui viennent ?
- 55:34jusqu'à Little Africa et comment est-ce qu'ils te trouvent ?
- 55:39Puisque j'imagine qu'il y a des touristes,
- 55:40en fait.
- 55:42Oui,
- 55:43alors en fait,
- 55:44le choix stratégique aussi d'être à la Godor,
- 55:46c'est que j'avais développé le côté vraiment aussi ingénierie culturelle où j'ai pu vraiment accompagner,
- 55:57on va dire,
- 55:58des entreprises,
- 56:00des maisons d'édition,
- 56:02des...
- 56:02des publications.
- 56:05J'ai vraiment travaillé à valoriser aussi la Goutte d'Or.
- 56:09C'était important pour moi aussi à un moment donné.
- 56:11Je savais que j'allais pouvoir capitaliser dessus puisque je travaillais déjà précédemment à valoriser ce quartier à travers la presse,
- 56:19à travers les différentes actions,
- 56:21la vie d'idée,
- 56:22etc.
- 56:23Donc,
- 56:24naturellement,
- 56:25quand j'ouvre,
- 56:26je peux déjà compter sur ça,
- 56:28sur cette base-là de gens.
- 56:30qui ont lu sur la Goutte d'Or un article,
- 56:34une interview sur moi sur la Goutte d'Or,
- 56:36sachant que j'en ai donné beaucoup.
- 56:39Donc,
- 56:40ils se disent que,
- 56:41ah tiens,
- 56:41maintenant,
- 56:42la fille qui parlait de la Goutte d'Or,
- 56:44maintenant,
- 56:44elle est installée dans la Goutte d'Or,
- 56:45avec sa structure.
- 56:47C'est l'occasion d'aller la voir.
- 56:49Donc,
- 56:49il y a énormément,
- 56:50effectivement,
- 56:50de touristes à l'international,
- 56:52beaucoup d'Américains.
- 56:54Ce qu'il faut savoir,
- 56:54c'est que quand je crée mes parcours de visite,
- 56:58à la Goutte d'Or ou même mon premier,
- 57:00c'était à Saint-Germain-des-Prés,
- 57:01mais toujours autour de l'Afrique.
- 57:03Beaucoup de mes premiers touristes internationaux sont américains.
- 57:05Ce sont vraiment les premiers,
- 57:08sans que je n'ai eu à faire une quelconque action,
- 57:12qui vont immédiatement tomber sur mon produit et baillent en fait mon offre.
- 57:18J'ai eu la chance en 2016 d'être repérée quand Airbnb lance ses expériences,
- 57:26d'être repérée.
- 57:27parmi les hosts qui ont été tout de suite sollicités.
- 57:39Moi,
- 57:39Airbnb vient me voir parce qu'Airbnb venait de racheter une plateforme sur laquelle je vendais mon expérience en me disant
- 57:47« on vous veut parmi nos host stars parce que ce que vous représentez est tellement unique » .
- 57:51Airbnb va me permettre aussi de revoir un petit peu ma proposition de tour,
- 57:56de tourner.
- 57:56upgrade aussi ma valeur,
- 58:01mon offre,
- 58:02en fait,
- 58:02de prix.
- 58:03Je pense,
- 58:04à l'époque,
- 58:04j'étais à 35 euros et je passe à 65 euros parce que je rajoute un peu des choses.
- 58:09Et Airbnb va drastiquement m'amener une grosse clientèle américaine aussi,
- 58:13via les tours.
- 58:14Et en fait,
- 58:15c'est ces expériences-là que je faisais à la Goutte d'Or,
- 58:17déjà depuis 2016,
- 58:19avec Airbnb.
- 58:20Donc,
- 58:20on joue,
- 58:21naturellement,
- 58:21en fait,
- 58:21ça continue.
- 58:22Donc,
- 58:23j'ai un vivier de clients qui m'avaient vu.
- 58:25à qui j'avais fait des visites
- 58:282016, 2017,
- 58:292018,
- 58:29toutes ces années-là,
- 58:31en fait,
- 58:31qu'ils viennent.
- 58:31Quand ils voient que j'ouvre,
- 58:32ils viennent.
- 58:34Ils supportent la campagne,
- 58:35ils viennent,
- 58:36etc.
- 58:36de crowdfunding.
- 58:39Donc,
- 58:39j'ai une grosse clientèle américaine qui vient bouche à oreille,
- 58:43presse,
- 58:44recommandations,
- 58:45en s'incliant.
- 58:47Mais pas que.
- 58:48J'ai une clientèle européenne,
- 58:49j'ai une clientèle asiatique.
- 58:52Donc,
- 58:52c'est vraiment un peu de tout.
- 58:56qu'est-ce que je voulais dire par là ?
- 58:57Comment il me trouve,
- 58:57comme je disais,
- 58:58la presse,
- 59:00énormément de presse qui a été écrite sur l'État d'Africa,
- 59:03les différentes activités,
- 59:05les tours.
- 59:06J'ai quand même eu pas mal de publications dans le New York Times,
- 59:09LA Times,
- 59:10CNN,
- 59:11BBC.
- 59:13J'ai eu vraiment...
- 59:13Reuters a fait...
- 59:15Reuters,
- 59:15alors pour le coup,
- 59:17a fait que j'ai eu de la presse jusqu'en Chine,
- 59:19Travel Noir,
- 59:20enfin...
- 59:21J'ai eu vraiment tout.
- 59:22A Finiton Spot,
- 59:24Vogue.
- 59:24Vogue France,
- 59:25Vogue Espagne.
- 59:27Donc,
- 59:27j'ai vraiment eu énormément de presse.
- 59:29Donc,
- 59:29à un moment donné,
- 59:30quand tu arrives sur l'Ital Africa,
- 59:31tu tapes l'Ital Africa Google ou tu tombes sur un article,
- 59:34Google va te suggérer automatiquement...
- 59:37la page business et tu vas voir qu'on a un lieu et qu'on a un espace.
- 59:40Donc,
- 59:40on va dire que les gens nous trouvent vraiment,
- 59:42on a un trafic aujourd'hui qui est vraiment...
- 59:45beaucoup organiques,
- 59:48et via la presse.
- 59:50Voilà,
- 59:50principalement.
- 59:52Il faut savoir que j'ai même essayé de travailler avec une agence de presse,
- 59:56ça ne s'est pas fait.
- 59:56Donc c'est vraiment principalement du bouche à oreille,
- 59:59organique,
- 1:00:01les retombes de presse qu'on a eues par le passé.
- 1:00:04Et puis,
- 1:00:06je ne sais pas si je réponds assez à ta question,
- 1:00:08dans ce sens-là,
- 1:00:09j'ai peut-être oublié une partie,
- 1:00:12mais on en trouve.
- 1:00:12Alors,
- 1:00:13qu'est-ce qui les emmène là ?
- 1:00:14à part le fait qu'ils ont lu sur nous.
- 1:00:16En fait,
- 1:00:17moi,
- 1:00:18j'ai vraiment misé sur le fait que,
- 1:00:20depuis le début,
- 1:00:22en fait,
- 1:00:22la Gouda,
- 1:00:22on n'a rien à envier à d'autres quartiers comme Brooklyn ou Harlem,
- 1:00:25en fait.
- 1:00:26Et j'ai misé toujours très tôt sur le fait que si,
- 1:00:30quand on va à New York,
- 1:00:32on est intéressé pour aller à Harlem ou à Brooklyn,
- 1:00:34eh bien,
- 1:00:34on va être intéressé pour venir à la Gouda.
- 1:00:37Parce que la Gouda présente les mêmes caractéristiques que ces deux quartiers.
- 1:00:40La seule différence,
- 1:00:41c'est que...
- 1:00:42On a d'un côté un pays,
- 1:00:43une ville,
- 1:00:45qui a décidé de marketer sur l'image,
- 1:00:48entre guillemets,
- 1:00:50ghetto de ces quartiers,
- 1:00:51puisque ce sont des quartiers qui sont aujourd'hui célèbres parce qu'il y a eu une diffusion à travers le 7e art,
- 1:00:56qui est le cinéma,
- 1:00:57mais aussi à travers la musique.
- 1:00:59La Goutte d'Or,
- 1:01:00d'un autre côté,
- 1:01:00quand on ouvre les ghettos aussi,
- 1:01:02c'est plus le cas aujourd'hui,
- 1:01:03mais quand on ouvre les parcours de guides,
- 1:01:07des agences,
- 1:01:09c'est plutôt quelque chose qu'on avait envie de cacher.
- 1:01:10on n'a pas trop envie qu'on sache qu'un quartier comme ça existe.
- 1:01:15Moi,
- 1:01:15j'ai misé sur le fait que non,
- 1:01:16il y a des gens qui vont trouver ça intéressant parce qu'il n'y a pas de raison.
- 1:01:21Surtout qu'on a quand même la chance d'être dans un pays où il n'y a pas de port d'armes.
- 1:01:28On peut dire qu'une balade,
- 1:01:29ok,
- 1:01:29c'est un quartier un peu,
- 1:01:31on va dire,
- 1:01:32c'est un quartier urbain,
- 1:01:34c'est un quartier populaire,
- 1:01:35mais de là à dire qu'il est dangereux,
- 1:01:37non.
- 1:01:38Donc,
- 1:01:39j'ai beaucoup misé dessus.
- 1:01:40Et bien,
- 1:01:40ça paye parce qu'une fois qu'on a vu la tour Eiffel et
- 1:01:44100 fois les Champs-Élysées,
- 1:01:46l'Arc de Triomphe,
- 1:01:48le Café des Deux Magots à Saint-Germain,
- 1:01:51qu'on a vu la tour Montparnasse,
- 1:01:53qu'on a fait tout ça,
- 1:01:54c'est bien beau.
- 1:01:55Et bien,
- 1:01:55à un moment donné,
- 1:01:56on a envie de nouveauté.
- 1:01:58Donc,
- 1:01:58il y a beaucoup,
- 1:02:00les gens viennent aussi beaucoup dans l'idée de se dire,
- 1:02:04en arrivant là-bas,
- 1:02:05j'ai également la possibilité de finalement...
- 1:02:08découvrir ce quartier dont j'ai tellement entendu parler et dont je ne sais pas pourquoi je n'y suis jamais allée ou pourquoi personne ne m'en a jamais parlé.
- 1:02:18Voilà.
- 1:02:19Super intéressant comment tu expliques effectivement comment la presse en fait parle de toi.
- 1:02:26À un moment donné,
- 1:02:26tu évoques le fait que tu as travaillé avec une agence de presse et finalement,
- 1:02:30tu as arrêté.
- 1:02:31Tous ces articles que tu as pu avoir,
- 1:02:33donc il y a eu,
- 1:02:34j'imagine,
- 1:02:34effectivement,
- 1:02:35le partenariat avec
- 1:02:36Airbnb qui a été inobène,
- 1:02:38mais toi aussi,
- 1:02:39j'imagine,
- 1:02:40tu as donné ton temps pour faire des interviews et ce genre de choses.
- 1:02:42C'est les gens qui sont venus à toi ou c'est toi qui faisais une action avec une agence RP ou pas ?
- 1:02:48Toi,
- 1:02:48tu envoyais un communiqué de presse,
- 1:02:51tu allais vers les médias ou c'est vraiment les médias qui sont venus vers toi ?
- 1:02:54Oui,
- 1:02:55alors il y a un peu des deux.
- 1:02:56Alors,
- 1:02:56juste pour recorriger une petite chose,
- 1:02:59Je n'ai jamais travaillé avec une agence de presse.
- 1:03:02D'accord.
- 1:03:02J'ai essayé,
- 1:03:03ça ne s'est pas fait.
- 1:03:06Juste dans la prise de contact,
- 1:03:07en fait,
- 1:03:07on va dire.
- 1:03:07Mais je n'ai jamais travaillé avec une agence de presse.
- 1:03:10Et c'est d'ailleurs en ouvrant le concept store que je me suis dit,
- 1:03:12peut-être c'est un nouveau secteur,
- 1:03:13je ne connais pas trop,
- 1:03:15retail et tout,
- 1:03:15il me faut une agence de RP.
- 1:03:16Je n'avais pas les moyens,
- 1:03:18pour être totalement transparent.
- 1:03:20Donc,
- 1:03:20je n'ai jamais eu ça.
- 1:03:22Donc,
- 1:03:22en fait,
- 1:03:23par contre,
- 1:03:24oui,
- 1:03:24j'ai toujours quand même eu des actions,
- 1:03:26à savoir communiquer de presse.
- 1:03:28en voie quand même à une cible de journalistes identifiés en France.
- 1:03:35Maintenant,
- 1:03:35les gros covers qu'on a pu avoir,
- 1:03:40la presse est venue à nous.
- 1:03:42La presse est venue à nous.
- 1:03:44L'un des derniers,
- 1:03:44c'est Ethiopian
- 1:03:46Airlines dans le magazine de SELAMTA,
- 1:03:49le magazine qu'ils ont en ligne.
- 1:03:52C'est la presse qui est venue à nous.
- 1:03:53Donc,
- 1:03:54la presse vient beaucoup à nous parce que finalement,
- 1:03:57On propose autre chose que simplement,
- 1:03:59on n'est pas simplement une boutique.
- 1:04:02Tu vois ce que je veux dire ?
- 1:04:02On n'est pas simplement...
- 1:04:04Alors le guide,
- 1:04:04lui en lui-même,
- 1:04:05nous a emmené,
- 1:04:06je dirais,
- 1:04:06la majorité de la presse parce que le guide a été tellement unique.
- 1:04:10Le fait d'écrire un guide sur l'Afrique à Paris,
- 1:04:12c'était vraiment un ovni en fait.
- 1:04:14Et c'est toujours un ovni aujourd'hui parce que je me souviens à l'époque,
- 1:04:17c'était mais qu'est-ce que cette nana a à nous raconter à part ce qu'il y a à Châteaurouge en fait.
- 1:04:21C'était vraiment ça la réflexion que j'avais à l'époque.
- 1:04:24et de voir que j'ai conduit un livre de 200 pages plus.
- 1:04:28Ah ouais,
- 1:04:28d'accord,
- 1:04:29donc il y a autant de choses,
- 1:04:30elle est en train de nous dire qu'il y a autant de choses à voir à Paris.
- 1:04:33Oui,
- 1:04:33il y a autant de choses à voir à Paris,
- 1:04:35autour de l'Afrique.
- 1:04:36Et ne serait-ce que cette réflexion-là,
- 1:04:38ça intéressait déjà naturellement énormément de journalistes.
- 1:04:41Énormément de journalistes qui voulaient écrire sur autre chose.
- 1:04:47vraiment des personnes qui avaient envie de valoriser autre chose.
- 1:04:51Et en fait,
- 1:04:51il y a beaucoup de substances déjà,
- 1:04:53à travers ne serait-ce que le fait d'avoir un City Guide sur l'Afrique à Paris.
- 1:04:57Et maintenant,
- 1:04:57de savoir qu'il y a une extension,
- 1:04:59puisque finalement aujourd'hui,
- 1:05:02dans l'espace retail Little Africa Village,
- 1:05:04on retrouve différents acteurs qui sont dans le guide,
- 1:05:08que ce soit à travers des produits ou que ce soit à travers des événements.
- 1:05:11Donc c'est vraiment la continuité.
- 1:05:14Donc,
- 1:05:14naturellement,
- 1:05:17ça se rejoint.
- 1:05:18Mais aujourd'hui,
- 1:05:20pour le retail,
- 1:05:21je dirais même que c'est pour le retail pour lequel j'ai eu le moins d'action.
- 1:05:24Je ne sais pas,
- 1:05:24on va y communiquer,
- 1:05:25en fait,
- 1:05:26depuis qu'on a ouvert,
- 1:05:26parce que tout s'est tellement vite enchaîné.
- 1:05:30Mais le fait qu'il y avait quand même un passif assez intéressant,
- 1:05:34en fait,
- 1:05:35automatiquement,
- 1:05:36à un moment donné,
- 1:05:37on nous repère,
- 1:05:39ce qu'on lit sur le site,
- 1:05:40et puis on lit ailleurs,
- 1:05:41et puis on voit qu'il y a un lieu,
- 1:05:42et puis blablabla,
- 1:05:43ça se fait.
- 1:05:45J'ai beaucoup de sollicitations pour la presse,
- 1:05:47c'est même moi qui n'ai pas le temps de répondre à toutes.
- 1:05:52Très bien,
- 1:05:53super.
- 1:05:53C'est intéressant aussi de signaler ça pour éventuellement des porteurs de projets qui écoutent un petit peu ton parcours.
- 1:05:59C'est vrai qu'il y a la question parfois de,
- 1:06:02quand on voit en tout cas toutes les parutions de presse,
- 1:06:04parce qu'effectivement tu as une belle couverture médiatique,
- 1:06:07on pourrait supposer que c'est le fait d'une agence presse.
- 1:06:10Donc c'est important de souligner que ce ne soit pas le cas et que...
- 1:06:13À un moment donné,
- 1:06:13quand tu as un produit singulier,
- 1:06:16un peu un ovni,
- 1:06:19finalement,
- 1:06:19les médias,
- 1:06:20comme tu l'as dit,
- 1:06:22ont besoin aussi de matières nouvelles,
- 1:06:24différentes.
- 1:06:25Et donc,
- 1:06:26ils vont assez naturellement venir vers toi parce que ça leur permet d'alimenter leurs besoins en news un peu différentes.
- 1:06:39Du coup...
- 1:06:40Alors on arrive au bout de cette interview.
- 1:06:43Moi,
- 1:06:44ce que je voulais évoquer un petit peu avec toi,
- 1:06:45c'est cette question de,
- 1:06:49je te parlais tout à l'heure de black travel,
- 1:06:51black business et aussi j'ai envie d'évoquer le point de représentation d'une certaine culture africaine,
- 1:06:58une culture noire.
- 1:07:00Toi,
- 1:07:01aujourd'hui,
- 1:07:01si tu devais un petit peu définir en fait…
- 1:07:06une idée de la culture africaine.
- 1:07:08Comment est-ce que tu le...
- 1:07:10Quels sont les mots que tu mets,
- 1:07:11en fait,
- 1:07:11derrière ça ?
- 1:07:12Et est-ce que tu as envie de parler,
- 1:07:14tu vas te mettre un chapeau comme ça,
- 1:07:15culture africaine ?
- 1:07:17Comment ces termes-là,
- 1:07:19en fait,
- 1:07:19comment tu les appréhendes ?
- 1:07:22Ouais,
- 1:07:23bon,
- 1:07:23culture africaine avec un S,
- 1:07:26je pense que c'est déjà important de pouvoir souligner ça,
- 1:07:30parce que moi,
- 1:07:32qui pour le coup travaille vraiment sur les diasporas,
- 1:07:36et c'est rare que je dise diaspora au sein de l'UE africaine parce qu'il y a vraiment différentes diasporas et différentes cultures africaines à travers le monde.
- 1:07:45Donc je dirais vraiment,
- 1:07:46pour moi,
- 1:07:48c'est vraiment le mot diaspora que je mettrais dessus parce que la culture africaine s'est diffusée via l'esclavage à travers le monde en fait.
- 1:07:59Et elle reste vivante de façon très forte.
- 1:08:04à travers d'autres communautés qui sont donc des diasporas à travers le monde.
- 1:08:09Donc,
- 1:08:09pour moi,
- 1:08:09c'est vraiment ce que je...
- 1:08:14le mot,
- 1:08:15s'il y a un mot à retenir,
- 1:08:16c'est diaspora.
- 1:08:17Très bien.
- 1:08:19Donc,
- 1:08:20je t'invite à rappeler l'adresse de l'État d'Africa,
- 1:08:22même si on a beaucoup dit que c'était dans le 18e.
- 1:08:24Je pense que c'est important de rappeler l'adresse exacte.
- 1:08:28Non,
- 1:08:28c'est important.
- 1:08:29Je vais juste rajouter un peu parce que je sens que ma réponse n'était peut-être pas assez claire.
- 1:08:33Mais juste pour dire que quand on parle d'Afrique,
- 1:08:36c'est important également de parler des diasporas.
- 1:08:39Voilà,
- 1:08:39comme ça,
- 1:08:40le message est clair.
- 1:08:42C'est important parce que souvent,
- 1:08:43on met les diasporas de côté.
- 1:08:44Et ça,
- 1:08:44c'est beaucoup le cas en France.
- 1:08:46Quand on parle du sujet Afrique,
- 1:08:48on est concentré sur parler de ce qui se passe sur le continent.
- 1:08:52Éventuellement,
- 1:08:53depuis ces dernières années,
- 1:08:54on parle maintenant un petit peu plus de ce qui se passe en France,
- 1:08:57puisqu'il y a quand même une reconnaissance de la diaspora africaine avec le président Macron qui a...
- 1:09:02qui nous a tous convoqués et a convoqué différents acteurs.
- 1:09:05Il y a une antenne maintenant qui était censée parler à la diaspora française,
- 1:09:09mais ça c'était vraiment nouveau.
- 1:09:11Pendant longtemps,
- 1:09:11on oublie les diasporas.
- 1:09:13Or,
- 1:09:13les diasporas,
- 1:09:14on parle quand même,
- 1:09:15l'Union africaine parle quand même du...
- 1:09:20Comment on appelle ça ?
- 1:09:21Du cinquième continent.
- 1:09:24Donc c'est pas quelque chose à négliger,
- 1:09:27c'est vraiment une manne qui a quelque chose à porter aussi dans le discours.
- 1:09:32Africains,
- 1:09:33entre guillemets,
- 1:09:34s'il y a un discours africain.
- 1:09:36Fermons la parenthèse.
- 1:09:37Donc,
- 1:09:38le lieu pour avoir ces conversations-là,
- 1:09:40on vient d'avoir un peu épicé là,
- 1:09:43même plus prolongé,
- 1:09:45l'adresse,
- 1:09:46le Little Africa Village se trouve au 6 10.
- 1:09:49rue des Gardes,
- 1:09:51dans le
- 1:09:5218e arrondissement de Paris.
- 1:09:54Voilà.
- 1:09:55Métro Barbès.
- 1:09:57Voilà.
- 1:09:59Château Rouge aussi n'est pas loin.
- 1:10:01Métro Barbès,
- 1:10:01Château Rouge,
- 1:10:02tout à fait,
- 1:10:03n'est pas loin,
- 1:10:04effectivement.
- 1:10:06Écoute,
- 1:10:07j'apprécie bien ton point sur cette notion de la diaspora.
- 1:10:10Après,
- 1:10:10je pense que ça dépend qui parle aussi quand on parle d'Afrique.
- 1:10:16Parce qu'il y a de plus en plus de diaspos qui...
- 1:10:18parlent d'Afrique et qui donc du coup revendiquent leur identité à la fois française et africaine.
- 1:10:26Et donc on sent qu'il y a un lien qui se fait de plus en plus.
- 1:10:28Et je trouve que ça prend de plus en plus de poids cette notion de diaspora,
- 1:10:33parce qu'il y a des diasporas qui prennent la parole en fait pour renforcer les liens avec l'Afrique,
- 1:10:40ce qui était peut-être moins le cas par le passé.
- 1:10:43Parfois,
- 1:10:44on pouvait même supposer qu'il y avait...
- 1:10:46des tensions ou une mésentente ou une difficulté de se rapprocher entre les enfants d'Afrique qui sont en dehors du continent et ceux qui sont sur le continent.
- 1:10:56Mais j'ai l'impression qu'il y a une vraie fraternité qui est en train de se développer.
- 1:11:01Oui,
- 1:11:01tout à fait.
- 1:11:03Écoute,
- 1:11:03on se retrouve très bientôt à Little Africa pour des expériences touristiques et culturelles autour de l'Afrique.
- 1:11:10Je suis ravie d'avoir pu...
- 1:11:11partager ce moment avec toi et d'avoir pu comprendre en profondeur comment est-ce que tu avais créé cette agence culturelle et touristique et comment tu avais...
- 1:11:20Ah,
- 1:11:21il y a une question que je ne t'ai pas posée,
- 1:11:22c'est est-ce qu'il va y avoir d'autres Little Africa ?
- 1:11:26Oh là là !
- 1:11:28Jusqu'à l'année dernière,
- 1:11:29je t'aurais dit oui !
- 1:11:31Je te disais oui parce que c'était mon rêve.
- 1:11:33J'ai même un plan,
- 1:11:34enfin laisse tomber,
- 1:11:35j'ai un plan que j'avais développé.
- 1:11:38Jusqu'à l'année dernière,
- 1:11:38c'était mon rêve.
- 1:11:39Aujourd'hui,
- 1:11:39c'est un rêve que je dois suspendre.
- 1:11:45C'est une ambition que je vais mettre en pause pour l'instant parce que j'ai eu à faire face à des challenges personnels,
- 1:11:52notamment celui de devenir maman et entrepreneur.
- 1:11:57Et il est bien évidemment certain que développer une autre entité ou une autre structure dans un autre pays va demander de l'effort physique.
- 1:12:07et que je ne suis pas du tout dans cette configuration-là d'étanger de maman.
- 1:12:12Mais oui,
- 1:12:13oui,
- 1:12:13oui,
- 1:12:13ce serait une...
- 1:12:16J'adorerais,
- 1:12:17j'adorerais.
- 1:12:18Voilà.
- 1:12:19On lance un appel à l'univers.
- 1:12:20Un truc de ça qu'il ne faut pas faire seul.
- 1:12:22Il faut pouvoir trouver les bons partenaires pour voir comment on peut étendre cette initiative-là.
- 1:12:30Tout à fait,
- 1:12:31tout à fait.
- 1:12:33Je pense que je n'ai plus de questions.
- 1:12:34Et si j'en ai d'autres,
- 1:12:35on refera un autre.
- 1:12:36podcast ou un événement live chez toi à Little Africa.
- 1:12:40Ça marche.
- 1:12:41Avec plaisir,
- 1:12:42Amata.
- 1:12:43Merci beaucoup.
- 1:12:45Écoute,
- 1:12:46pour cette magnifique plateforme que tu as créée,
- 1:12:50on se dit à très bientôt.
- 1:12:51À très bientôt chez Little Africa.
- 1:12:53Ça marche.
- 1:12:54Merci,
- 1:12:54au revoir.
- 1:12:55Merci,
- 1:12:56au revoir.
- 1:12:58Merci d'avoir écouté l'épisode jusqu'au bout.
- 1:13:00Je vous invite à pratiquer quelques petits gestes à impact fort.
- 1:13:04pour m'aider à gagner de la visibilité sur ce podcast.
- 1:13:07Vous pouvez partager l'épisode à trois de vos amis.
- 1:13:09Vous pouvez laisser un commentaire sur Apple Podcasts ou Spotify.
- 1:13:13Je vous invite également à cliquer sur les cinq étoiles pour donner de la force.
- 1:13:18Je vous dis à très vite en Afrique ou ailleurs.