Latest / ArtEcoVert La voix de la couleur végétale et des plantes tinctoriales / E150 Laboratoire Poulle Rivière - Artisanat scientifique - La couleur végétale dans les savons, cosmétiques, nutraceutique et médicaments
Transcript
- 0:00Bonjour et bienvenue dans le podcast ArtEcovert,
- 0:03le podcast qui vous parle d'art,
- 0:05d'écologie et de verdure.
- 0:07Je suis Pauline Leroux,
- 0:09ingénieure agronome passionnée de plantes,
- 0:11et je vous emmène à la découverte de la couleur végétale et de toutes ses applications.
- 0:16Que ce soit dans le textile,
- 0:18l'ameublement,
- 0:19l'artisanat,
- 0:20la décoration et dans d'autres domaines,
- 0:23chaque jeudi et samedi à 7h30,
- 0:26je vous propose des épisodes riches avec des invités passionnants.
- 0:30pour approfondir le sujet de la couleur végétale sur toute la chaîne de Valais.
- 0:35Mon but,
- 0:36fédérer et démocratiser la couleur végétale dans le monde.
- 0:40Alors c'est parti,
- 0:41bonne écoute !
- 0:44Donc bonjour à tous,
- 0:46je suis ravie d'accueillir sur le podcast ArtEcoVert le laboratoire Poule-Rivière.
- 0:50Bonjour à tous les deux !
- 0:52Bonjour Pauline,
- 0:53merci de nous recevoir.
- 0:55Grand plaisir.
- 0:56Alors pour nos auditeurs,
- 0:58je vais quand même raconter un petit peu de ce qu'on va aborder dans cet épisode.
- 1:03Nous allons parler de médicaments,
- 1:05de plantes tectoriales,
- 1:07de savon,
- 1:08de tisane et de plein d'autres choses hyper passionnantes.
- 1:11On a la chance d'avoir deux garçons,
- 1:13ce qui est très rare sur le podcast,
- 1:14on est ravis,
- 1:15avec des parcours vous allez voir hyper intéressants.
- 1:18Alors,
- 1:18on va commencer par Jean-Marie,
- 1:20si tu veux bien te présenter,
- 1:21nous raconter les grands jalons de ton parcours qui t'ont amené à votre projet commun aujourd'hui.
- 1:27Alors,
- 1:27moi,
- 1:28j'ai fait une reconversion en 2015 dans les plantes médicinales après une rencontre avec une herboriste irakienne qui m'a soigné d'une angine avec de la tisane.
- 1:36Et là,
- 1:36je me suis dit,
- 1:37incroyable,
- 1:38ça m'a passionné et elle avait l'air tellement heureuse dans sa vie et dans ses projets que je me suis dit,
- 1:42incroyable.
- 1:43Donc,
- 1:43en revenant en France,
- 1:44parce que j'étais en Espagne.
- 1:45En revenant en France,
- 1:47je me suis retrouvé face à une problématique que beaucoup ont dans le métier.
- 1:51C'est qu'il n'y a plus de diplôme d'herboriste.
- 1:53Ça a été supprimé en 1941 par M.
- 1:56Pétain.
- 1:57Et de fait,
- 1:59j'ai un peu cherché,
- 2:01j'ai même beaucoup cherché.
- 2:03En rentrant en France,
- 2:07j'ai recherché des formations.
- 2:08Il y avait la possibilité de faire pharmacien ou bien de faire des formations de botanique plus classiques.
- 2:13lors du congrès des herboristes en 2014.
- 2:1515,
- 2:16je me suis dit que c'était plutôt la partie botanique qui m'intéressait,
- 2:19j'ai fait une passesse.
- 2:21Ensuite,
- 2:21j'ai fait l'école des plantes de Paris pendant trois ans.
- 2:24Là,
- 2:24au cours de cette école,
- 2:25lors de la première année,
- 2:26j'étais en distanciel pour la financer,
- 2:28et dans ma biocoop,
- 2:29j'avais une naturopathe,
- 2:30et son approche de l'hygiène de vie m'avait vraiment semblé très intéressante et très complémentaire.
- 2:35Donc,
- 2:35en parallèle de l'école des plantes,
- 2:36j'ai suivi une formation de naturopathe à l'ISUBNAT.
- 2:41En sortant,
- 2:41une fois diplômé,
- 2:42donc il y a déjà
- 2:43quelques années,
- 2:44il doit y avoir 5 ans maintenant,
- 2:45je me suis retrouvé face au Covid.
- 2:49Et là,
- 2:49mon activité de tisanier et de naturopathe,
- 2:51c'était compliqué.
- 2:52Et ce qui me tentait vraiment,
- 2:53ce qui me manquait,
- 2:54c'était vraiment le travail de la plante,
- 2:56la valorisation de la plante dans d'autres domaines que juste la tisane en herbes sèches.
- 3:00Et à ce moment-là,
- 3:01j'avais trois choix.
- 3:02Donc,
- 3:02encore une fois,
- 3:03pharmacien,
- 3:04chimiste ou préparateur.
- 3:06Et ça me tentait bien parce que c'était la dernière année du diplôme de préparateur en pharmacie où vraiment,
- 3:10il y avait l'aspect des préparations galéniques.
- 3:14des préparations officinales,
- 3:16des sérats de galien,
- 3:17des baumes,
- 3:17des ongans,
- 3:18des sirops,
- 3:20toutes les préparations à base de plantes qui me manquaient.
- 3:23J'ai fait cette formation.
- 3:24Je suis resté 4 ans dans la pharmacie dans laquelle j'ai fait mon apprentissage.
- 3:28C'était une expérience géniale.
- 3:30Ça m'a vraiment donné le goût du relationnel en local et ça m'a permis de financer ce projet avec Antoine dont on parlait depuis déjà 7-8 ans.
- 3:41Génial.
- 3:42Alors à toi Antoine,
- 3:43est-ce que tu peux nous raconter un petit peu ton parcours jusqu'au projet ?
- 3:47Bien sûr.
- 3:48Du coup,
- 3:48je suis pharmacien.
- 3:50J'ai fait mes études de pharmacie à l'Université Paris-Saclay.
- 3:54J'ai suivi un parcours classique en pharmacie.
- 3:58Il y a trois filières,
- 3:59officine,
- 4:00internat ou industrie recherche.
- 4:02Je me suis spécialisé pendant les études sur plutôt les aspects de recherche physico-chimique des médicaments.
- 4:12Ensuite,
- 4:12en 6ème année,
- 4:13j'ai fait un master spécialisé en pharmacotechnie et biopharmacie,
- 4:16donc toujours un aspect très physique-chimique des médicaments,
- 4:21de la formulation.
- 4:23Grâce à ça,
- 4:24j'ai pu travailler au CNRS sur deux projets différents,
- 4:27donc sur les tensions de surface pour la formulation et des nanoparticules.
- 4:32Ensuite,
- 4:33après,
- 4:33j'ai tourné sur quelque chose d'assez différent,
- 4:36mais quand même relativement proche,
- 4:39tout ce qui était apps.
- 4:41aspects toxicologiques et pharmacocinétiques des médicaments.
- 4:45J'ai travaillé dans un premier laboratoire en région parisienne sur des produits buccodentaires.
- 4:51Ensuite,
- 4:51j'ai eu l'occasion de devenir manager préclinique dans un laboratoire à Marseille où on travaillait sur le cancer du foie.
- 4:59Et donc là,
- 4:59je faisais pas mal de toxicologie,
- 5:01de pharmacocinétique.
- 5:04Et j'ai quitté le labo pour rejoindre Jean-Marie dans cette aventure.
- 5:11Et aussi,
- 5:11en parallèle de mes premières années de travail,
- 5:16j'avais eu un souci de santé.
- 5:18Et grâce à Jean-Marie,
- 5:19justement,
- 5:19j'avais découvert certaines plantes médicinales.
- 5:21Et donc,
- 5:21j'ai décidé de faire ma thèse sur une plante médicinale qui est le chardon-marie,
- 5:25sous la direction de...
- 5:27de Pierre Champy,
- 5:28qui est professeur de pharmacognosie à l'Université Paris-Saclay,
- 5:31et qui nous a apporté pas mal de connaissances sur l'aspect pharmacologique,
- 5:37clinique,
- 5:37et même réglementaire des plantes médicinales en France et en Europe.
- 5:41C'est quelque chose de particulier,
- 5:41je pense qu'on abordera plus tard.
- 5:44Et donc j'ai rejoint le labo avec JM à temps plein,
- 5:48depuis plus de deux années.
- 5:50Et voilà,
- 5:50on va vous présenter le labo après.
- 5:52Ouais,
- 5:52top !
- 5:53Juste pour les auditeurs,
- 5:54pharmacocinétique,
- 5:55est-ce que tu peux expliquer en quelques mots ce que c'est pour qu'on ne perde pas des gens dès le début ?
- 6:00Oui,
- 6:00la pharmacocinétique,
- 6:01c'est le devenir du médicament dans le corps à partir du moment où on le prend.
- 6:04Ok,
- 6:05c'est hyper clair,
- 6:05super.
- 6:06Alors,
- 6:07je suis hyper contente,
- 6:08moi,
- 6:08de vous avoir tous les deux pour plein de raisons,
- 6:09mais je ne vais pas tout dire maintenant.
- 6:12Est-ce que vous pouvez nous présenter déjà votre projet commun,
- 6:16donc votre laboratoire ?
- 6:18Poule-Rivière,
- 6:18on comprendra,
- 6:19c'est vos deux noms de famille.
- 6:21J'ai mis du temps à le comprendre.
- 6:22Mais bon,
- 6:23c'est votre nom de famille.
- 6:25Est-ce que vous pouvez nous parler,
- 6:25voilà,
- 6:26comment,
- 6:26où vous êtes basé,
- 6:28quand ça a été créé exactement,
- 6:31les produits que vous proposez,
- 6:32les services et puis votre mission à tous les deux,
- 6:36parce que vous en avez une commune et vous avez aussi des aspérités chacun,
- 6:41donc ça,
- 6:41c'est intéressant.
- 6:42Et ensuite,
- 6:43on rentrera dans les petites questions,
- 6:45moi,
- 6:45qui m'intéressent fortement et qui sont en lien avec votre projet.
- 6:48Allez-y sur le laboratoire.
- 6:50Qui veut commencer ?
- 6:53Je vais reprendre la voie.
- 6:55C'est un laboratoire de produits dérivés des plantes.
- 6:58C'est vraiment ça qui nous intéressait.
- 7:00C'est l'idée de souveraineté du médicament qui nous a vraiment marqué.
- 7:07Moi,
- 7:07quand j'avais lu
- 7:08Pablo Servigne sur la dépendance de l'agriculture aux hydrocarbures,
- 7:13immédiatement,
- 7:13j'avais tiqué.
- 7:14Je me suis dit que pour le médicament,
- 7:15c'est pire encore parce que tout est issu ou presque du pétrole et des dérivés pétrochimiques.
- 7:21C'est pour ça qu'on appelle ça la pétrochimie d'ailleurs.
- 7:23Et donc là-dessus,
- 7:24je m'étais dit,
- 7:25il faut qu'on travaille avec les plantes,
- 7:26il faut retrouver cette filière.
- 7:27Et c'était dans cette idée-là qu'on avait envie de repartir des plantes médicinales pour refaire du médicament.
- 7:32On n'a pas la taille,
- 7:33on n'a pas les capacités pour,
- 7:34mais l'idée,
- 7:35c'est de retrouver des brevets,
- 7:36refaire de la fabrication,
- 7:37de l'extraction et de valoriser la production en France ou la cueillette parce que c'est des métiers qui se sont perdus.
- 7:46et Antoine si tu veux compléter sur ce qu'on fait oui
- 7:50Donc dans l'idée,
- 7:51au début on a commencé par des produits assez simples,
- 7:54donc des tisanes de plantes médicinales.
- 7:56Déjà la première grosse mission ça a été de trouver des fournisseurs en France pour tout,
- 8:01parce qu'on pense qu'il n'y a que la matière première mais il y a les packagings,
- 8:04enfin pour vraiment l'ensemble des projets,
- 8:08même pour la construction du laboratoire.
- 8:09Donc avec Jean-Marie on a fait beaucoup de choses nous-mêmes et on a essayé de faire au maximum,
- 8:15de sourcer au maximum les produits en France.
- 8:19Donc on a commencé par les tisanes et également par des savons de saponification,
- 8:24des savons à froid,
- 8:25enfin saponifiés à froid,
- 8:26puisque Jean-Marie a fait une formation aussi,
- 8:28qu'il a oublié de préciser,
- 8:30il est savonnier pour faire des savons à froid.
- 8:36Je remercie d'ailleurs Alain Douniac de la formation
- 8:39Nature et Limousin,
- 8:39qui est un des pères du renouveau de la saponification à froid en France,
- 8:43qui a énormément travaillé pour faire reconnaître le métier et qui a essayé de...
- 8:48de créer un diplôme.
- 8:50Et c'est compliqué parce qu'il n'y a pas encore beaucoup de savonniers,
- 8:52mais la plupart des savonniers de saponification à froid se sont formés au sein de son institut.
- 8:58Et ça,
- 8:58ça peut être sa savonnerie.
- 9:00Et il est basé sur le savon.
- 9:02À savoir que c'est la méthode de saponification ancestrale,
- 9:05en fait.
- 9:06Oui.
- 9:06C'est vraiment...
- 9:07On va revenir dessus.
- 9:08Mais ça,
- 9:08tu m'avais hyper...
- 9:10Personnellement,
- 9:10je ne savais pas,
- 9:11donc c'était hyper intéressant.
- 9:12OK,
- 9:12donc votre démarrage de projet,
- 9:14c'est vraiment ça,
- 9:15c'est cette souveraineté du médicament.
- 9:18les tisanes,
- 9:19donc on a beaucoup d'auditeurs qui travaillent aussi les pâmes les plantes à parfum aromatiques et médicinales dans les agris c'est beaucoup de,
- 9:26comment on va dire des agriculteurs qui travaillent les pâmes et les tinctoriales parce qu'en fait il y a des tinctoriales qui sont dans les pâmes et inversement et comme les tinctoriales enfin les pâmes il me semble que c'est moins d'un pour cent en France de culture vous imaginez les tinctoriales je ne sais même pas le quantifier voilà on est d'accord
- 9:45Mais en tout cas,
- 9:46quand on parle de PAM,
- 9:47les personnes autour du micro sont bien au courant.
- 9:50On a aussi des gens qui travaillent des ongans,
- 9:52des transformations de plantes.
- 9:53Donc,
- 9:54je sais qu'on a les auteurs qui ne sont pas perdus.
- 9:58Donc,
- 9:58vous avez lancé le laboratoire exactement…
- 10:02Depuis combien de temps ?
- 10:03Deux ans,
- 10:03c'est ça,
- 10:03si j'ai bien compris ?
- 10:04Oui,
- 10:04il y a eu des années de fabrication.
- 10:06D'abord,
- 10:07des murs,
- 10:07de l'électricité,
- 10:08les matériaux,
- 10:09tout.
- 10:09En fait,
- 10:09on a quasiment tout fait nous-mêmes,
- 10:11sauf la pose des murs.
- 10:12On est dans une ancienne grange qui servait de bûcher en Normandie,
- 10:16dans l'Orne,
- 10:17pas très loin de Mortagne,
- 10:17au Perche.
- 10:19Donc,
- 10:19on a un cadre qui est magnifique parce qu'on est entouré de verdure.
- 10:24Le laboratoire est très sympa aussi.
- 10:26Et on a commencé l'activité,
- 10:28on a fait énormément de tests.
- 10:29d'abord déjà pour bien travailler sur l'aspect savon la composition des tisanes c'était plus facile parce que forcément j'étais déjà tisanier avant donc j'avais déjà fait des mélanges plus j'ai des amis qui sont du coup paysans herboristes que je salue d'ailleurs au jardin de Bizac avec Emmanuel Raoul grand
- 10:45comment à moi et donc en fait on a fait de la recherche pour faire nos cosmétiques également donc nos crèmes nos sérums qui seront commercialisés prochainement et là on s'est mis vraiment à l'aspect vente à partir
- 10:59février mars ouais de débouchés pour le début d'année une école on est ici d'années les savons parce qu'en fait sont du coup là l'idée c'était de commencer par des produits entre guillemets simple et essentiel parce qu'à priori des savons tout le monde en utilise et est
- 11:14donc par la suite on a développé aussi des crèmes et des sérums donc on a fait la toute la recherche de formulation il nous il nous reste quelques quelques essais réglementaires à réaliser pareil pour ces crèmes donc on utilise uniquement des prospectifs végétaux
- 11:30et un peu de serre d'abeille.
- 11:32Mais globalement,
- 11:33on est sur du végétal pour l'ensemble de nos produits.
- 11:37Et là,
- 11:38récemment,
- 11:39on a enfin pu débuter le projet qui nous tient un peu le plus à cœur avec Jean-Marie.
- 11:43C'est l'extraction de substances actives à partir de plantes médicinales.
- 11:47Donc on réalise nous-mêmes au labo.
- 11:49Et on a trouvé des partenaires en France.
- 11:51Donc c'est chouette,
- 11:51on va travailler avec l'IMBE,
- 11:54qui est une unité du CNRS à Marseille qui est spécialisée sur les plantes médicinales.
- 11:59qui vont nous titrer nos produits pour dans un premier temps en faire des compléments alimentaires.
- 12:03Et l'idée de se développer,
- 12:06c'est ensuite de pouvoir fabriquer des substances actives d'origine végétale pour une utilisation dans des médicaments.
- 12:13On n'en est pas encore là,
- 12:14bien sûr,
- 12:15et donc ça,
- 12:15c'est un peu notre projet.
- 12:18C'est votre graal.
- 12:21Oui,
- 12:21c'est votre graal.
- 12:22C'est hyper intéressant d'enregistrer maintenant et de peut-être suivre.
- 12:27vos aventures,
- 12:27je pense,
- 12:28en fait,
- 12:28parce que j'ai l'impression que ça avance assez vite quand même.
- 12:32Et bon,
- 12:32après,
- 12:33vous êtes dans un domaine où il y a la réglementation.
- 12:35Ça prend du temps de développer,
- 12:36on est bien d'accord,
- 12:37mais ce serait intéressant de suivre l'aventure.
- 12:40Donc,
- 12:41OK,
- 12:41on a bien parlé des produits,
- 12:43on a parlé du labo.
- 12:45Ça bouge beaucoup côté plantes sectoriales en Normandie et aussi à côté en Bretagne.
- 12:50Donc,
- 12:50je pense qu'il y a de quoi faire.
- 12:54est-ce que vous voulez qu'on attaque directement
- 12:57par le lien entre la couleur et les médicaments qui m'a suscité beaucoup d'intérêt ou est-ce que vous voulez qu'on continue sur les produits ?
- 13:04Moi je pense que le lien avec les couleurs ça nous paraît bien
- 13:07Voilà et on développe les produits au fur et à mesure qu'on en parle
- 13:13Antoine quand on avait échangé pour préparer l'épisode donc j'étais hyper contente parce que comme t'es pharmacien j'ai pu poser des questions que je me pose personnellement dans ma quête du lien entre la couleur et les médicaments
- 13:25Je t'ai posé la question toute simple,
- 13:27c'était à quoi sert la couleur des médicaments ?
- 13:30Tu vois,
- 13:31le premier qui me vient en tête,
- 13:32désolé,
- 13:32ce n'est pas pour faire de la pub,
- 13:34mais le Doliprane,
- 13:35tu vois,
- 13:35rouge et jaune,
- 13:36par exemple,
- 13:37cette couleur,
- 13:37elle vient d'où ?
- 13:39Pourquoi elle est là ?
- 13:40Et moi,
- 13:41perso,
- 13:41dans mon intérêt sur la couleur végétale,
- 13:44est-ce qu'il est envisageable de passer à de la couleur végétale ?
- 13:47Je te l'ai posé comme ça,
- 13:48cette question,
- 13:49et est-ce que tu peux nous raconter un petit peu ça pour les auditeurs ?
- 13:52Bien sûr,
- 13:53ouais.
- 13:53Oui.
- 13:53Alors,
- 13:53il y a...
- 13:54Il y a deux buts principaux d'avoir de la couleur dans les médicaments,
- 14:00surtout au niveau des médicaments qui sont administrés par le patient lui-même,
- 14:03donc tout ce qui est par voie orale,
- 14:05comprimés,
- 14:05gélules,
- 14:08etc.
- 14:08Le premier but,
- 14:09ça va être que les patients puissent reconnaître les comprimés ou les gélules.
- 14:15Donc ça,
- 14:16c'est pour améliorer l'observance au traitement.
- 14:19On pense souvent aux patients qui sont polymédicamentés,
- 14:21donc qui prennent beaucoup de médicaments,
- 14:22en particulier les personnes âgées par exemple.
- 14:25Ça peut être le comprimé bleu le matin,
- 14:26le rouge l'après-midi,
- 14:28etc.
- 14:28C'est vraiment pour reconnaître les différents médicaments.
- 14:32Et deuxièmement,
- 14:33le dosage aussi,
- 14:34toujours dans un but de ne pas se tromper.
- 14:37Par exemple,
- 14:37je parlais du Doliprane.
- 14:39Le Doliprane en gélules 500 mg,
- 14:41il est jaune et bleu.
- 14:43Le 1000 mg,
- 14:44il est jaune et rouge.
- 14:45C'est vraiment juste pour faire une distinction entre les produits.
- 14:48et qu'il n'y ait pas de mésusage ou de choses comme ça.
- 14:52D'accord,
- 14:52donc ce n'est pas seulement marketing.
- 14:54Et je pense qu'il y a un but marketing aussi.
- 14:57D'accord.
- 14:59Mais...
- 15:00que moi j'ai pas fait le marketing,
- 15:02donc je ne saurais pas exactement définir.
- 15:05Mais il y a ça.
- 15:05L'intérêt marketing,
- 15:06je pense,
- 15:06c'est plus au niveau du choix des couleurs et des pathologies.
- 15:10Par exemple,
- 15:12il est vrai que des comprimés pour le sommeil ou la détente,
- 15:15des choses comme ça,
- 15:16vont plutôt être de couleur bleue,
- 15:19mauve,
- 15:19des choses comme ça.
- 15:20Et en revanche,
- 15:22des couleurs plutôt vives,
- 15:24ça peut être pour le système cardiovasculaire,
- 15:25des choses comme ça.
- 15:27des études d'ailleurs qui sont intéressantes,
- 15:28qui ont été réalisées avec des placebos.
- 15:31Donc il faut savoir que généralement,
- 15:33on attribue sur une étude clinique le placebo,
- 15:35donc c'est le médicament sans prospectif,
- 15:36qui n'est pas censé être efficace.
- 15:40On retrouve en moyenne sur les placebos 30%
- 15:43d'efficacité quand même.
- 15:45Et en fonction des couleurs,
- 15:46il y a des variations.
- 15:47Et ça,
- 15:47c'est assez intéressant.
- 15:48Je ne le savais pas,
- 15:49du coup je me suis un peu renseigné.
- 15:51Mais justement,
- 15:51c'était par rapport à des comprimés pour l'endormissement,
- 15:54des choses comme ça.
- 15:56on avait une augmentation de l'effet placebo avec des comprimés bleus versus des comprimés rouges,
- 16:01etc.
- 16:02Et pour les comprimés anthalgiques,
- 16:04les comprimés blancs,
- 16:05donc le comprimé classique,
- 16:07puisqu'il n'apportait rien de spécifique,
- 16:09enfin pas d'attente par rapport aux patients.
- 16:11C'était le plus efficace,
- 16:11par exemple,
- 16:12sur des comprimés pour des anthalgiques.
- 16:15C'est assez intéressant.
- 16:16Je ne suis pas expert,
- 16:17pour le coup,
- 16:20sur les études cliniques des placebo et des couleurs.
- 16:22Mais donc oui,
- 16:23il y a un choix marketing aussi qui se fait.
- 16:26pour rendre le produit attrayant.
- 16:27Et en fait,
- 16:27le problème,
- 16:28c'est que ce que l'on va utiliser,
- 16:30ce qui est principalement utilisé pour les comprimés,
- 16:32c'est le dioxyde de titane,
- 16:34qui a été interdit en France en 2020 pour les produits alimentaires,
- 16:38en 2022 dans l'Union européenne,
- 16:40et par contre,
- 16:41qui est toujours autorisé pour les médicaments.
- 16:44Il va avoir plusieurs rôles.
- 16:45Il va avoir un rôle,
- 16:47soit vraiment de colorer de manière très blanche et très neutre les comprimés pour que ce soit joli,
- 16:51uniforme.
- 16:52Donc là,
- 16:52pour le coup,
- 16:53on est sur un...
- 16:54un aspect d'homogénéité qui est plutôt marketing parce qu'une fois que la formulation du comprimé est faite,
- 16:59il n'y aurait pas nécessairement besoin de ces produits-là.
- 17:02Et en fait,
- 17:02il va être aussi une base pour appliquer par-dessus d'autres couleurs.
- 17:06Actuellement,
- 17:07les colorants qui sont utilisés pour les médicaments,
- 17:11ce ne sont pas des plantes sectoriales.
- 17:14Le rouge de Pochni,
- 17:15il y a le Pochni pour le rouge,
- 17:17mais qui n'est pas une plante,
- 17:19qui est un insecte du chêne.
- 17:21Et en plus,
- 17:21je ne suis pas...
- 17:22Pas toléré.
- 17:23les plus utilisés.
- 17:25Sur le rouge,
- 17:25je crois que si,
- 17:26parce que du coup,
- 17:27comme je bossais en officine,
- 17:28il y avait ça pour les comprimés rouges,
- 17:31et en fait,
- 17:31moi j'avais des patients qui ne les toléraient pas,
- 17:33en fait,
- 17:34et qui vérifiaient les colorations quand il y avait du rouge de cochenille,
- 17:39ils nous disaient,
- 17:39non,
- 17:39on ne prend pas le médicament,
- 17:41parce que ça leur provoquait des palpitations et des troubles divers et variés,
- 17:44et c'était vraiment surprenant.
- 17:47Après,
- 17:47c'est un insecte,
- 17:48mais c'est...
- 17:50Et ça ne coûte pas cher,
- 17:50en fait,
- 17:51parce que c'est un parasite Merci.
- 17:53pourtant tu comprends pas avec la noix de galle la noix de galle c'est le parasite la cochnille c'est la petite bah oui c'est un ravageur de la noix de galle mais je veux dire ça coûte nous dans le textile par exemple ou dans d'autres applications ça coûte très cher très très cher mais pour teindre une poudre c'est très efficace en fait c'est une toute petite quantité pour les teindre d'où
- 18:14l'intérêt qui a été utilisé ils en mettent des pointes de couteau dans des batchs et ça sort
- 18:20D'accord,
- 18:21ok.
- 18:21Et donc,
- 18:22je regarderai pour l'histoire de la tolérance,
- 18:24c'est intéressant de creuser,
- 18:25mais donc là,
- 18:26on est sur la couleur,
- 18:27de toute façon,
- 18:27on parle des couleurs du vivant,
- 18:28là,
- 18:28c'est plutôt les insectes,
- 18:29mais sur le végétal,
- 18:31donc il n'y a pas de couleur végétale dans les médicaments.
- 18:35Pour le moment,
- 18:35il ne me semble pas qu'il y en ait,
- 18:36ou alors très peu.
- 18:37Il y a,
- 18:37je crois,
- 18:38certains oranges,
- 18:39mais avec de la carotte,
- 18:40mais c'est rare.
- 18:40C'est très rare.
- 18:42Ouais,
- 18:42c'est pas la...
- 18:43Ouais,
- 18:44je pense que ça coûte trop cher,
- 18:45même,
- 18:45encore,
- 18:45pour extraire.
- 18:46Enfin,
- 18:46C'est moins cher de travailler avec du pétrole pour le moment.
- 18:49Le problème,
- 18:49c'est que du coup,
- 18:51pour ces colorants,
- 18:54on a besoin de ce fameux dioxyde de titane pour que ce soit bien homogène,
- 18:58etc.
- 18:59Et donc,
- 18:59ce dioxyde de titane a été retiré pour des raisons toxicologiques.
- 19:03Entre autres,
- 19:04il y a eu des études sur le rat qui ont montré une augmentation du nombre de cancers colorectales.
- 19:11Après,
- 19:11c'est une étude préclinique sur du rat.
- 19:13Il n'y a pas eu de lien fait avec l'humain,
- 19:17mais par précaution.
- 19:19Et vu qu'on est en train de faire de la recherche sur ce produit-là,
- 19:21il faut du temps pour faire des études de toxe.
- 19:23Par précaution,
- 19:24le MAL,
- 19:26l'Agence européenne du médicament,
- 19:28commence depuis 2022 à dire,
- 19:32on va essayer de trouver d'autres solutions,
- 19:35d'autres alternatives.
- 19:37Et en fait,
- 19:37étant donné que,
- 19:39comme on le disait tout à l'heure,
- 19:40il y a une obligation d'avoir de la couleur dans le médicament pour des raisons d'observance,
- 19:44etc.,
- 19:45il y en aura toujours,
- 19:47et il va falloir trouver une autre solution un jour.
- 19:49Et c'est vrai que les plantes tectoriales peuvent être une solution,
- 19:53parce qu'on a des mordants au niveau des décolorants qui peuvent être très bien tolérés.
- 19:59et il n'y aurait pas de risque dans l'usage.
- 20:01La seule chose,
- 20:02c'est que l'Agence européenne du médicament,
- 20:04elle pousse indirectement à le faire,
- 20:06mais elle n'a donné encore aucune solution.
- 20:08Et la réglementation du médicament est très stricte.
- 20:12Pour ça,
- 20:12il faut que le colorant soit pur,
- 20:14homogène,
- 20:15bien stabilisé,
- 20:15etc.
- 20:17Et ça coûte cher de faire des études de stabilité sur des nouveaux produits.
- 20:20Quand on a un produit qui est utilisé depuis des années,
- 20:22on sait qu'on peut utiliser,
- 20:23qu'on n'a pas de risque.
- 20:24Donc en fait,
- 20:25c'est une question...
- 20:28pécuniaires,
- 20:28malheureusement.
- 20:29Non,
- 20:29mais c'est ça.
- 20:30Donc après,
- 20:31s'il y en a qui se lancent,
- 20:35ça peut se partir,
- 20:36ça peut partir,
- 20:37je pense.
- 20:37Ce seraient les gros groupes,
- 20:38tu veux dire,
- 20:39enfin,
- 20:39vraiment,
- 20:39ce seraient des groupes qui pourraient initier des recherches,
- 20:42parce que globalement,
- 20:43on ne va pas se mentir,
- 20:43ça coûte cher.
- 20:45Il y a eu un désinvestissement dans ces recherches autour des plantes tectoriales versus la synthèse,
- 20:51parce que la synthèse,
- 20:52elle sert dans tous les domaines,
- 20:54il n'y a pas de risque,
- 20:55c'est...
- 20:56c'est toujours la même chose,
- 20:57on n'a pas trop de surprises,
- 20:59mais c'est nocif et pour l'environnement et pour la santé.
- 21:04Du coup,
- 21:05moi,
- 21:05je pense plutôt que ce seraient les gros groupes qui pourraient être à l'initiative ou des tout petits marques qui montreraient le chemin.
- 21:13Et en gros...
- 21:14Il faudrait aider parce que ça coûte très cher,
- 21:16il faudrait des subventions pour le coup.
- 21:17Il faudrait que le gouvernement pousse dessus pour...
- 21:22Oui.
- 21:23Parce qu'un gros labo,
- 21:25aujourd'hui,
- 21:25je pense malheureusement que s'il y a un choléra,
- 21:27il va y avoir plus d'incolorants.
- 21:30D'accord,
- 21:30donc encore des raisons financières avant de penser à la santé potentiellement pour les usagers.
- 21:38Alors,
- 21:38j'avais une autre question.
- 21:39Tu m'avais parlé du pourcentage de médicaments qui venaient des plantes.
- 21:44J'en avais quand même un aperçu,
- 21:45mais je ne pensais pas que c'était autant.
- 21:48Du coup,
- 21:48ce serait encore plus logique de venir mettre de la couleur issue des plantes.
- 21:52sur des médicaments qui ont une grande part d'origine végétale.
- 21:58Alors,
- 21:58au niveau des principes actifs,
- 22:00parce que si on parle des excipients,
- 22:02pour le coup,
- 22:02il y en a d'origine végétale,
- 22:05mais c'est pas...
- 22:07La majorité.
- 22:08Il y en a beaucoup d'origine naturelle,
- 22:09après pas forcément végétale.
- 22:11Souvent,
- 22:12c'est des pierres d'Alain,
- 22:12c'est des argiles ou des choses comme ça,
- 22:15ou après,
- 22:15t'as le stérac de magnésium,
- 22:16c'est pour ça qu'ils sont des lubrifiants.
- 22:19Le stérac de magnésium,
- 22:20c'est utilisé tout le temps pour le comprimer,
- 22:22ouais.
- 22:22Là aussi,
- 22:24pour remplir le comprimé,
- 22:25on va principalement utiliser la cellulose microcrystalline.
- 22:29C'est de la cellulose à la base.
- 22:31Après,
- 22:32je ne connais pas les méthodes de synthèse,
- 22:35si c'est misynthétique ou pas pour la cellulose.
- 22:38Mais pour les excipients,
- 22:39d'une part,
- 22:41on n'est pas forcément sur uniquement la synthèse métrochimique,
- 22:45même si je pense qu'une grande partie.
- 22:47Par contre,
- 22:48c'est sur les principes actifs.
- 22:50Il faut savoir qu'avant tout,
- 22:51venaient des plantes.
- 22:53ou des algues,
- 22:53ou d'animaux,
- 22:54ou des choses comme ça.
- 22:56Et depuis l'avènement de la chimie,
- 23:01à partir du 19e siècle,
- 23:03on a eu vraiment plus des substances actives d'origine pétrochimique,
- 23:08enfin,
- 23:09qui sont faites de manière pétrochimique.
- 23:11Aujourd'hui,
- 23:11je crois que...
- 23:13Alors,
- 23:13j'ai essayé de regarder,
- 23:14mais suivant les sources,
- 23:15c'est pas hyper fiable,
- 23:17mais des médicaments qui ont été mis sur le marché depuis 1981 à 2022...
- 23:23on a 2 à 6%
- 23:24qui sont directement extraits de plantes.
- 23:27C'est le cas de la morphine,
- 23:29qui est connue.
- 23:32La tropine pour les yeux.
- 23:33Oui,
- 23:34la tropine pour les yeux,
- 23:35oui.
- 23:36Mais on n'a pas uniquement des médicaments,
- 23:39entre guillemets,
- 23:40légers.
- 23:41Enfin,
- 23:41la morphine n'est pas du tout léger,
- 23:42d'ailleurs.
- 23:43Non plus,
- 23:43oui.
- 23:44Oui,
- 23:44la tropine non plus.
- 23:45Un autre exemple,
- 23:46c'est le Paclitaxel,
- 23:47qui est issu de l'IF,
- 23:49qui est un anticancéreux.
- 23:51qui va déstabiliser les microtubules des cellules cancéreuses,
- 23:54qui est un anticancéreux entre guillemets hardcore,
- 23:57ça vient d'une plante.
- 23:58Et encore aujourd'hui,
- 23:59d'ailleurs,
- 24:01on l'extrait de plantes.
- 24:02Et après,
- 24:03on va avoir une autre partie de médicaments qui vont être à la base issus de plantes.
- 24:09C'est donc des molécules qu'on va retrouver dans les plantes,
- 24:11mais ça coûte moins cher de les synthétiser.
- 24:14Donc il y a l'aspirine,
- 24:15par exemple.
- 24:18La coumadine,
- 24:19je crois que maintenant,
- 24:20c'est de la synthèse chimique.
- 24:21Et encore,
- 24:22il faudrait vérifier.
- 24:24Je ne sais pas.
- 24:25D'accord.
- 24:26Il y a plein de types de médicaments.
- 24:29Il y a des médicaments pour l'hypertension,
- 24:31pour le cœur,
- 24:32comme le verapamil,
- 24:32qui à la base sont contenus dans des plantes.
- 24:36Mais ça coûte moins cher de les synthétiser que les extraire.
- 24:39Et ensuite,
- 24:39on a une autre partie,
- 24:40qui sont les médicaments,
- 24:41où en fait,
- 24:42on s'est basé sur des molécules de plantes,
- 24:44mais on les a légèrement modifiées.
- 24:46Donc,
- 24:46c'est ce qu'on appelle l'hémisynthèse.
- 24:48C'est donc en fait partir d'une molécule de plante où il y a ce qu'on appelle un pharmacophore.
- 24:53Donc le pharmacophore,
- 24:56c'est ce qui va donner une identité à une famille de molécules.
- 24:58On va se baser dessus et c'est la partie de la molécule,
- 25:01le groupement de la molécule,
- 25:02ou la partie qui va donner la propriété à cette famille de molécules.
- 25:09Et donc souvent,
- 25:10on a utilisé des pharmacophores de plantes,
- 25:13mais on a rajouté des groupements à gauche,
- 25:16à droite,
- 25:16soit pour augmenter la biodisponibilité,
- 25:18ça peut être plein de raisons,
- 25:19pour diminuer les effets indésirables,
- 25:21etc.
- 25:22Et ça,
- 25:22il y a quand même beaucoup de médicaments.
- 25:25Mais si on prend tous ces médicaments qui ont...
- 25:27plus ou moins une origine végétale,
- 25:29on est quand même sur entre 60 et 75%
- 25:33des médicaments.
- 25:35C'est ce qui est lourd,
- 25:35je pense.
- 25:36Parce qu'en fait,
- 25:36l'homme,
- 25:36il est toujours traité avec des plantes.
- 25:39Après,
- 25:39on a quelques médicaments,
- 25:41mais c'est plus rare,
- 25:41qui vont être issus de mollusques marins,
- 25:44le ziconotide,
- 25:45des choses comme ça,
- 25:45mais ça reste des choses assez exceptionnelles,
- 25:47même si on fait de plus en plus de travaux là-dessus,
- 25:49parce qu'on commence à avoir accès aux fonds marins,
- 25:51etc.
- 25:52Et on a aussi des médicaments issus des biotechnologies,
- 25:55où là,
- 25:55ça va souvent être
- 25:57Par exemple,
- 25:58l'insuline.
- 25:59L'insuline,
- 25:59en fait,
- 26:01on va modifier génétiquement des levures ou des bactéries pour qu'elles fabriquent de l'insuline humaine.
- 26:07Donc oui,
- 26:08c'est naturel,
- 26:09ça vient du vivant.
- 26:10Après,
- 26:11enfin,
- 26:11c'est naturel,
- 26:12originellement,
- 26:13mais on a modifié ça.
- 26:15Et depuis quelques années,
- 26:18depuis les années 90,
- 26:19on a de la modélisation moléculaire.
- 26:22Donc là,
- 26:22c'est vraiment des ordinateurs...
- 26:24qui vont calculer par rapport à des récepteurs,
- 26:26enfin le récepteur de la maladie qu'on cherche à cibler.
- 26:32Et donc là,
- 26:34on a vraiment de la synthèse pure.
- 26:36Et on a remarqué quand même que ces médicaments-là,
- 26:38il y en a énormément.
- 26:39Maintenant,
- 26:39c'est la nouvelle mode parce qu'on se dit « Ah,
- 26:41ça va super bien marcher,
- 26:43il fit pile poil dans le récepteur,
- 26:44etc. »
- 26:45In vitro,
- 26:46ça marche un peu.
- 26:47On passe sur l'animal,
- 26:47ça ne marche plus.
- 26:48Et on passe sur l'humain.
- 26:50Il n'y en a pas beaucoup qui passent la phase clinique 3 et qui arrivent sur le marché.
- 26:54Mais bon,
- 26:54a priori,
- 26:55maintenant,
- 26:56avec les nouvelles technologies d'IA,
- 27:00etc.,
- 27:01je ne sais pas si ça peut aider ou pas.
- 27:04On verra.
- 27:05Ça peut être intéressant aussi.
- 27:06Mais là,
- 27:06par contre,
- 27:06on n'est pas du tout sur de la molécule naturelle.
- 27:09On est sur de la molécule complètement scientifique.
- 27:11C'est super.
- 27:12Franchement,
- 27:13merci pour ce tour d'horizon,
- 27:14parce qu'on apprend plein de trucs.
- 27:15On va parler de la biotechnologie sur le podcast,
- 27:17justement,
- 27:18parce qu'il y a eu beaucoup de demandes,
- 27:20parce qu'apparemment,
- 27:20c'est quand même...
- 27:22il y a des avantages et des inconvénients et il y a quand même beaucoup d'auditeurs qui ne sont pas au fait,
- 27:27et moi pareil,
- 27:28j'apprends en même temps,
- 27:30des potentiels avantages et des potentiels freins ou autres.
- 27:35Donc,
- 27:35on va parler de la biotechnologie,
- 27:36donc ça,
- 27:36c'est hyper intéressant.
- 27:38J'ai une question à te poser.
- 27:39Tu m'as parlé,
- 27:40quand on préparait,
- 27:41de cette histoire d'être autonome,
- 27:43d'être souverain sur nos médicaments,
- 27:45et tu m'avais pris l'exemple du Covid ou même d'autres exemples.
- 27:49Si jamais
- 27:51On voit qu'il y a des rachats de grosses boîtes françaises qui partent ailleurs.
- 27:55Comment ça se passe si,
- 27:57point de vue géopolitique ou je ne sais quoi,
- 27:59on a une pandémie ?
- 28:00Est-ce qu'en France,
- 28:02on est autonome pour se soigner ?
- 28:04Ou est-ce qu'il va falloir rattraper en extrême vitesse tout le savoir-faire de nos anciens qui savaient aller se soigner avec la forêt ou la nature ?
- 28:14On en est où,
- 28:15là,
- 28:15sur ça ?
- 28:16Je pense que tout le monde l'a vu depuis le Covid.
- 28:18Non,
- 28:18on n'est pas autonome,
- 28:19clairement.
- 28:20L'Europe,
- 28:21de toute façon,
- 28:21n'est pas autonome,
- 28:23mais la France encore moins,
- 28:24parce que les Allemands vont quand même faire plus de médicaments que nous.
- 28:28Mais depuis 2017,
- 28:31de 2017 à 2022,
- 28:32il y a eu 500 nouvelles AMM,
- 28:34donc autorisation de mise sur le marché,
- 28:35donc 500 nouveaux médicaments en France.
- 28:38Seulement 48 sont fabriqués en France,
- 28:41donc ça fait moins de 10%.
- 28:44Sur l'ensemble des médicaments,
- 28:45je ne sais pas,
- 28:46mais on n'est pas...
- 28:49On a de moins en moins d'usines de production,
- 28:51de toute façon que ce soit pour les médicaments ou plein d'autres problématiques en France.
- 28:55Et surtout,
- 28:56on ne produit pas nos prospectifs.
- 28:59On importe quatre...
- 29:00Donc déjà,
- 29:01on ne produit pas beaucoup de médicaments et même les médicaments qu'on produit,
- 29:04on va importer 80%
- 29:05des prospectifs.
- 29:06La plupart viennent de Chine,
- 29:09d'Inde,
- 29:09du Pakistan pour des raisons économiques.
- 29:12Ah ouais.
- 29:13Simplement.
- 29:15Et c'est vrai que ça pose...
- 29:17ça pose problème en plus,
- 29:17on ne va pas partir dans un débat géopolitique,
- 29:20mais en plus la situation,
- 29:22une nouvelle pandémie avec des crises géopolitiques peuvent être vraiment très très compliquées pour nous en France.
- 29:30Et moi j'avais un de mes patients qui avait dirigé un centre de production de Doliprane à Karachi au Pakistan,
- 29:38de parastamol en l'occurrence,
- 29:39et il nous racontait que ça l'avait surpris parce qu'il foulait le parastamol avec la voûte des pieds.
- 29:47Après,
- 29:47c'est cette histoire de traçabilité,
- 29:49de voir de quoi on...
- 29:50Ce qu'on importe par rapport à quelqu'un.
- 29:52Oui,
- 29:53la probabilité d'utiliser les machines.
- 29:55C'était plus économique,
- 29:56mais après,
- 29:56ils le repurifiaient derrière,
- 29:57mais pour casser,
- 29:58c'était plus simple d'utiliser les pieds.
- 30:00D'accord.
- 30:01Et alors,
- 30:02donc,
- 30:03c'était pas anodin,
- 30:04cette question d'autonomie,
- 30:05je me doutais bien,
- 30:06mais ma question,
- 30:07c'est,
- 30:08qu'est-ce qu'on peut faire aujourd'hui ?
- 30:10Est-ce qu'il y a des entreprises ?
- 30:12Alors,
- 30:12je sais que vous...
- 30:13vous y réfléchissez aussi ça vous avez choqué donc vous êtes acteur sur ça mais est-ce qu'il y a d'autres entreprises aujourd'hui en France qui essayent de se bouger un peu là-dessus pour que on ait de quoi au moins être autonome si s'il y a un souci en
- 30:29tout cas sur les produits de base enfin les médicaments de base ou est-ce que ça va passer par des formations comme je pense là Christophe Dehody du Chemin de la Nature qui reforme
- 30:41les gens à apprendre à se soigner dans la forêt,
- 30:43etc.,
- 30:44des principes de base.
- 30:45Moi,
- 30:45j'ai suivi la formation.
- 30:46Franchement,
- 30:46j'ai appris plein de trucs.
- 30:47Je me dis,
- 30:47bon,
- 30:48au moins,
- 30:48si jamais on n'a plus à manger,
- 30:50je sais ce que je peux aller manger,
- 30:52se soigner.
- 30:52Non,
- 30:52mais sans blaguer,
- 30:53sans vouloir faire peur à tout le monde,
- 30:54je me dis,
- 30:56comment on anticipe ça ?
- 30:57Parce que je suis pas sûre qu'il y ait plein de gens qui savent qu'on est complètement dépendant d'autres pays.
- 31:04L'Allemagne a fait un projet.
- 31:06Quand j'étais à l'officine,
- 31:07j'avais la chance d'être dans un...
- 31:08L'officine était bien placée,
- 31:10donc j'avais une de mes patientes qui était la directrice France d'un laboratoire qui s'appelle Chez Plafarm,
- 31:16Chez Plafarma ou Chez Plafarm,
- 31:18qui est un ancien laboratoire et qui rachète les brevets,
- 31:22les AMM,
- 31:23et qui remonte des usines en Europe.
- 31:25Pour autant,
- 31:26la matière première n'est pas forcément synthétisée en Europe,
- 31:29mais je sais que c'était une volonté allemande de réintroduire de la production en Europe de médicaments,
- 31:35donc ils ont récupéré...
- 31:36récupéré le cortencile,
- 31:36ils ont récupéré d'autres molécules comme ça.
- 31:38Le cortencile,
- 31:39c'est un corticoïde.
- 31:41Et donc,
- 31:41il y a un certain nombre de molécules qui sont en train de racheter des anciens brevets pour pouvoir reproduire en Europe.
- 31:48Après,
- 31:49c'est toujours le problème,
- 31:50qu'en est-il de la matière première,
- 31:51qu'en est-il de la production ?
- 31:54Je sais qu'il y avait eu des soucis d'approvisionnement de parastamol pour plein de raisons,
- 31:59parce que les usinités ne suivaient pas.
- 32:01aussi parce qu'il faut certains résidus,
- 32:04c'est de la pétrochimie,
- 32:05donc il faut certains résidus de certains alambics,
- 32:07ce qu'on appelle des distilleries qui sont des immenses alambics de 50 mètres de haut,
- 32:11et on récupère les essences aromatiques sur les bords des alambics qu'on va traiter ensuite avec des substances,
- 32:17soit de l'acide,
- 32:17soit des bases,
- 32:18pour reconstituer des molécules.
- 32:20Et là-dessus,
- 32:21on n'a pas la matière pétrochimique.
- 32:22C'est ça,
- 32:23pour moi,
- 32:23qui me semble un peu dramatique,
- 32:26c'est qu'on se souvient tous de Rhone-Poulenc pour les plus vieux d'entre nous.
- 32:30qui était la vallée de la chimie française,
- 32:32qui produisait du médicament,
- 32:33qui produisait des principes actifs.
- 32:34Et aujourd'hui,
- 32:36malheureusement,
- 32:36sans hydrocarbures,
- 32:38on va être limité.
- 32:39On va être très limité sur la ressource.
- 32:41Donc en Inde,
- 32:42ils raffinent beaucoup.
- 32:43En Chine également.
- 32:44Au Pakistan,
- 32:44il y en a un petit peu.
- 32:45Mais ça peut être une idée soit de remonter des raffineries,
- 32:48ce qui ne me semble pas forcément le plus pertinent,
- 32:50ou bien de retravailler sur une filière de production à partir de plantes qui demande d'autres compétences.
- 32:55Il y a des possibilités parce qu'en fait...
- 32:58On utilise dans nos cosmétiques du resveratrol.
- 33:02C'est un actif qu'on peut récupérer sur une plante invasive qui s'appelle la renouée du Japon,
- 33:08qu'on récupère dans les racines.
- 33:09Ce sont des choses qui pourraient être mises en avant avec des subventions pour les cueilleurs,
- 33:16pour qu'ils puissent avoir les autorisations de cueillir la renouée qui est envahissante et ensuite de valoriser le déchet.
- 33:23Ça peut être des idées,
- 33:24des initiatives comme ça.
- 33:26Mais pour le moment,
- 33:27on se retrouve,
- 33:27moi j'ai l'impression,
- 33:28après Antoine,
- 33:29tu as peut-être eu d'autres retours,
- 33:30mais j'ai un peu l'impression que c'est très lent,
- 33:33la prise de conscience par rapport à notre dépendance à l'extérieur,
- 33:36et que les projets comme nous,
- 33:38on est petit,
- 33:39donc en fait,
- 33:41on n'a pas la capacité de pouvoir s'inscrire dedans.
- 33:44On essaye,
- 33:45c'est pour ça que nous,
- 33:46on refinance dès que notre objectif,
- 33:50c'est de faire ça.
- 33:50Donc en fait,
- 33:51nos financements vont dans ce projet-là.
- 33:54quand on fait des ventes,
- 33:55ça retourne dans ce projet-là,
- 33:57mais c'est vrai qu'on est trop petit pour pouvoir assurer la demande.
- 34:00Après,
- 34:01il y a quelques dates,
- 34:02mais c'est compliqué.
- 34:03Nous,
- 34:03on est vraiment un tout petit poussé,
- 34:05enfin,
- 34:06c'est même pas comparable,
- 34:07bien sûr.
- 34:08Mais non,
- 34:08malheureusement,
- 34:09je ne crois pas qu'il y ait beaucoup de labos en France qui se respécialisent dans les plantes médicinales.
- 34:14Alors,
- 34:14en fait,
- 34:15on a un autre problème au niveau des plantes médicinales,
- 34:16c'est qu'étant donné que la réglementation pour faire du médicament est assez contraignante,
- 34:23les labos vont plus aller sur du complément alimentaire.
- 34:26Donc ça,
- 34:26pour le coup,
- 34:26il y en a,
- 34:28en veux-tu,
- 34:28en voici,
- 34:28des compléments alimentaires à base de plantes dans les officines ou sur Internet.
- 34:32Le problème des compléments alimentaires,
- 34:34c'est que c'est très mal réglementé au niveau de l'Union européenne.
- 34:38On va retrouver,
- 34:40par exemple,
- 34:40il y a quelques années,
- 34:41il y a eu un problème avec la levure de riz rouge qui était utilisée comme hypocholestérolémien.
- 34:47Donc en fait,
- 34:48dedans,
- 34:48il y avait des statines et c'était plus dosé que certains médicaments pour lutter contre le cholestérol.
- 34:56C'est ce qu'on appelle les statines qui ont plein d'effets indésirables,
- 35:00qui font des douleurs musculaires,
- 35:02des sensations de crampes assez dingues.
- 35:04Et donc en fait,
- 35:05on se retrouvait avec des compléments alimentaires,
- 35:07dans ce cas-là,
- 35:07dangereux parce qu'ils étaient trop dosés.
- 35:11Généralement,
- 35:11c'est plutôt l'inverse.
- 35:12La plupart,
- 35:13voire quasiment tous,
- 35:14sont très peu dosés.
- 35:16Est-ce que c'est plus cher de mettre des actifs ?
- 35:18Et parce qu'en fait,
- 35:18ils ne veulent pas prendre de risques.
- 35:20Et donc,
- 35:20c'est pour ça que j'espère que l'Union européenne va modifier la réglementation pour les compléments alimentaires,
- 35:26pour qu'on puisse avoir des...
- 35:27En fait,
- 35:28dire voilà,
- 35:28on a tant de molécules dans notre extrait,
- 35:32dans notre complément alimentaire,
- 35:33et donc on peut revendiquer telle allégation santé.
- 35:36Parce qu'en fait,
- 35:36aujourd'hui,
- 35:37un complément alimentaire,
- 35:38on va avoir une allégation santé européenne,
- 35:41mais il peut y avoir
- 35:424 mg de la molécule active,
- 35:44comme 300.
- 35:45Ça va être la même allégation,
- 35:46mais l'effet,
- 35:47il va être pareil.
- 35:48Oui.
- 35:50C'est quoi la différence entre un complément alimentaire et la nutraceutique ?
- 35:54La nutraceutique,
- 35:55ça n'a pas de définition réglementaire.
- 35:58Je crois que ça a été créé dans les années 80 aux États-Unis par une chercheuse,
- 36:02ce mot.
- 36:03C'est la contraction de nutrition et pharmaceutique.
- 36:08Donc,
- 36:08il y a cette notion de...
- 36:11Soin pour la nourriture ?
- 36:13ou d'alimentation qui est sain,
- 36:15etc.
- 36:15ou de smart food,
- 36:19des choses comme ça.
- 36:21Mais en fait,
- 36:22un médicament,
- 36:22du coup,
- 36:24ça rentre dans la définition d'un nutraceutique.
- 36:29Par contre,
- 36:30un complément alimentaire aussi,
- 36:32une tisane peut l'être complètement,
- 36:33un cosmétique si on considère que c'est pour la nutrition de la peau,
- 36:36des choses comme ça,
- 36:37ça peut rentrer dans cette notion-là,
- 36:39mais il n'y a pas de notion réglementaire,
- 36:41il n'y a pas de définition réglementaire.
- 36:42Parce que,
- 36:42tu vois,
- 36:43j'allais dire,
- 36:43dans les applications de la couleur végétale,
- 36:45il y a de plus en plus de demandes dans la cosmétique.
- 36:47Ça explose depuis ces six derniers mois.
- 36:50Je vous en avais parlé.
- 36:51L'alimentation,
- 36:52c'est déjà présent.
- 36:53Tous les colorants de synthèse sont en train et ont déjà migré vers le naturel.
- 36:57Et les États-Unis ont accéléré ça.
- 37:03La gouvernance Trump,
- 37:05c'est une des belles actions qui ont été faites.
- 37:07C'est de mettre un gros coup de pied.
- 37:09et donc ils arrêtent les colorants de synthèse dans l'alimentation à partir de 2027.
- 37:14Et donc ils sont en train d'autoriser sur les marchés des plantes,
- 37:17notamment la fleur de poids bleue,
- 37:20comme colorant naturel.
- 37:22Donc ça s'accélère de ce côté-là,
- 37:24alimentaire ça s'accélère,
- 37:25cosmétique ça s'accélère,
- 37:27et dans cette histoire de nutraceutique,
- 37:30on est entre tout ça,
- 37:31c'est-à-dire le médicament,
- 37:33la cosmétique,
- 37:33on a même des marques françaises qui sont des médicaments beauté.
- 37:38pour le collagène,
- 37:40pour tout ça.
- 37:40Et en fait,
- 37:41j'avoue,
- 37:41je trouve que c'est un peu flou entre complément alimentaire,
- 37:44nutraceutique,
- 37:44etc.
- 37:45Je trouve que,
- 37:46comme tu dis,
- 37:46je ne savais pas qu'il n'y avait pas de réglementation,
- 37:48mais du coup,
- 37:49je comprends mieux pourquoi ce n'est pas hyper simple de s'y retrouver.
- 37:53Et donc,
- 37:53du coup,
- 37:54toute cette partie-là,
- 37:55donc,
- 37:56nutraceutique,
- 37:58complément alimentaire,
- 37:59utilise des principes actifs de plantes,
- 38:01mais pas forcément beaucoup.
- 38:06Eux aussi ont des couleurs sur leurs gélules ou sur leurs trucs.
- 38:09Et pareil,
- 38:09là,
- 38:09ça doit être de la synthèse également.
- 38:12Donc,
- 38:12il y a encore un potentiel.
- 38:14Honnêtement,
- 38:14je ne sais pas.
- 38:15Parce que les laboratoires qui fabriquent à façon,
- 38:25ils peuvent très bien faire du...
- 38:26Il y en a qui sont spécialisés en complément alimentaire ou en médicaments.
- 38:29En soi,
- 38:30de faire un comprimé...
- 38:32Le médicament,
- 38:32c'est juste une autre réglementation.
- 38:35C'est plus strict,
- 38:36etc.
- 38:36Mais de faire un comprimé,
- 38:39un médicament ou un comprimé alimentaire,
- 38:41techniquement,
- 38:42c'est littéralement la même chose.
- 38:45Il y a besoin de tel,
- 38:45tel,
- 38:46tel excipient pour améliorer la coulabilité lors de la fabrication,
- 38:51etc.
- 38:52Mais c'est vraiment la même chose.
- 38:54Donc oui,
- 38:55sûrement qu'ils utilisent encore du dioxyde de titane.
- 38:59Sauf que c'est un coup...
- 39:00complémentaire,
- 39:01est-ce que c'est autorisé ?
- 39:04Oui,
- 39:05à creuser.
- 39:06Ok,
- 39:06d'accord.
- 39:08Pour cette partie-là,
- 39:09moi,
- 39:10je te remercie parce que je trouve que ça pose les bases,
- 39:13ça nous explique sur le médicament et le lien à la couleur.
- 39:17Alors,
- 39:17j'avais des questions pour Jean-Marie aussi.
- 39:19Donc toi,
- 39:20on a vu que tu as plusieurs cordes à ton arc,
- 39:22naturopathe,
- 39:24casquette,
- 39:26botaniste,
- 39:27préparateur en pharma,
- 39:28etc.
- 39:28Tu nous as dit dès l'intro que toi,
- 39:31tu avais expérimenté les plantes aromatiques et médicinales avec cette histoire de problèmes que tu as eus en Irak.
- 39:43L'école des plantes à Paris,
- 39:44tu nous en as parlé.
- 39:45Tu as appris quoi là-bas ?
- 39:47Est-ce qu'on parle de plantes tinctoriales ?
- 39:48Est-ce qu'on parle de plantes médicinales dans ces formations-là ?
- 39:53Alors,
- 39:55l'école des plantes de Paris,
- 39:56c'est une école qui est un peu particulière parce que c'est une asso déjà,
- 39:58en fait,
- 39:59qui est tenue par des passionnés.
- 40:01Ça fait 40 ans qu'elle est là.
- 40:02J'ai même été trésorier bénévole à un moment pour donner un coup de main sur une petite année.
- 40:07Globalement,
- 40:08en fait,
- 40:10c'est beaucoup de botanique.
- 40:11Donc,
- 40:12en fait,
- 40:12il y a un tronc commun en botanique.
- 40:14avec différentes formations,
- 40:16parce qu'aujourd'hui,
- 40:17ils font également des formations sur l'écologie et les plantes médicinales.
- 40:20Il y a une partie plantes médicinales.
- 40:22Donc,
- 40:22en fait,
- 40:23il y a un tronc commun qui est vraiment botanique.
- 40:24Après,
- 40:24on choisit ce qu'on veut rajouter,
- 40:27la partie médicinale ou pas.
- 40:29Donc,
- 40:29il y a sur l'écologie,
- 40:31entre guillemets,
- 40:32ce qu'on appelle la pédologie un petit peu,
- 40:33une approche des sols,
- 40:34parce qu'on a eu la chance d'avoir un petit passage d'un personnage que j'adore qui est
- 40:42Marc-André Sélos.
- 40:44Oui,
- 40:44c'est ça.
- 40:44Je cherche toujours l'ordre des prénoms,
- 40:47que moi je trouve absolument génial.
- 40:49Les profs de BOTA,
- 40:51ils ne viennent pas au nom du Muséum d'Histoire Naturelle,
- 40:54mais la plupart en sont issus ou proches.
- 40:56Donc je passe un bonjour à Olivier Scudère et à Simon Lang,
- 41:01directeur de la Fenerogamy,
- 41:02donc de la spécialité des graines du muséum,
- 41:07qui sont des botanistes vraiment passionnés,
- 41:09donc ils ont fait des sorties avec eux,
- 41:11on va reconnaître la plante dans son état naturel.
- 41:13Et après,
- 41:14on apprend les plantes fraîches,
- 41:17où on fait les sorties,
- 41:18on a un herbier à produire,
- 41:20on a un petit mémoire également à faire,
- 41:22plus gros pour la troisième année.
- 41:24Et après,
- 41:25il y a tout l'aspect sur les plantes médicinales qui est donné par d'autres enseignants,
- 41:29donc Claire Bonnet,
- 41:31à l'époque c'était Claire Bonnet et
- 41:32Nathalie Massé,
- 41:33donc Claire Bonnet qui est à l'Institut Ile-de-Gardien également,
- 41:35qui est une passionnée d'Ile-de-Garde-de-Bingen et qui donne des informations avec une approche sur les plantes médicinales plutôt holistique,
- 41:41qui est très intéressant.
- 41:42avec une approche assez sensible et pas du tout pharmaco,
- 41:46ce qui est un peu perturbant,
- 41:47mais qui je trouve très enrichissant d'un point de vue personnel.
- 41:50Et après,
- 41:51on a des initiations par des stages ou par des conférences.
- 41:54Donc nous,
- 41:54on avait fait une initiation au plan de panctorial avec un atelier où on teignait nous-mêmes des bouts de tissu.
- 42:01Et donc c'était génial parce qu'on avait des mordants,
- 42:03on faisait nous-mêmes les bains de couleurs.
- 42:08et avec des pelures d'oignons,
- 42:10avec différentes choses,
- 42:10donc c'était génial,
- 42:11on en a eu sur des épices,
- 42:13après il y avait une partie sur les huiles essentielles plus tard.
- 42:17C'est une formation qui est assez...
- 42:19Alors aujourd'hui elle est beaucoup plus structurée,
- 42:20parce qu'il y a un diplôme universitaire,
- 42:23suite à une demande,
- 42:24ça faisait des années qu'en fait le muséum,
- 42:26du moins l'école des plantes se battait pour que,
- 42:28et les muséums essayaient de protéger la ressource,
- 42:30parce que c'est un peu n'importe quoi au niveau de la cuillette.
- 42:33Heureusement il y a des cueilleurs spécialisés,
- 42:34comme la cicara PAM qui font un excellent travail.
- 42:36Mais sinon,
- 42:37en fait,
- 42:37la plupart des gens ne respectent pas forcément les lieux.
- 42:40Et l'école des plantes,
- 42:42c'est vraiment sur l'approche de la botanique,
- 42:45d'essayer de reconnaître des plantes.
- 42:46Il y a des ateliers de dessin de plantes.
- 42:48Ça,
- 42:48c'est autre chose encore.
- 42:50Ça se fait certaines journées.
- 42:51Et donc,
- 42:52vraiment,
- 42:53c'est de faire découvrir le végétal.
- 42:54En fait,
- 42:54c'est de valoriser le végétal.
- 42:56C'est l'amour du végétal.
- 42:58C'est une formation que moi,
- 42:59j'ai adorée.
- 43:00Les professeurs sont tous salariés,
- 43:02entre guillemets,
- 43:02mais c'est le week-end,
- 43:03ou par correspondance.
- 43:04Et après,
- 43:04il y a des stages.
- 43:06et les stages c'est un moment assez incroyable parce que pendant 10 jours on n'est qu'avec des passionnés de botanique entre nous,
- 43:11on parle en latin parce que forcément les plantes c'est des noms latins et on finit à devenir un peu fou parce que quand on fait des récitations de noms latins de plantes ça donne des situations un peu rigolotes les botanistes aussi
- 43:27étranges que ça puisse être ont un humour très particulier à eux,
- 43:29donc les noms de plantes sont souvent des petites blagues je pense à la bourse à Pasteur,
- 43:33c'est l'inné qui l'a donc le...
- 43:36le grand taxologiste et naturaliste Linet,
- 43:38qui en voyant le fruit de la bourse à pasteurs,
- 43:40donc Capséla Bursa Pastoris,
- 43:42s'est dit que le fruit ressemblait à la bourse des pasteurs,
- 43:46donc des bergers,
- 43:47entre guillemets,
- 43:47parce qu'elle était plate et qu'elle avait l'air d'être vide.
- 43:50Et donc il a fait une blague en disant,
- 43:51tiens,
- 43:51ça c'est un fruit qui a l'air...
- 43:53Donc c'était vraiment son humour à lui.
- 43:55Nous,
- 43:55c'est des petites anecdotes qu'on trouve amusantes entre nous.
- 43:58C'est des très bons souvenirs,
- 43:59c'est des passionnés et c'est des gens qui se donne pour...
- 44:05partager et transmettre justement cette connaissance du végétal dont on aurait besoin pour de la résilience.
- 44:10Et ils ont vraiment une approche d'amoureux de la nature et pas du tout d'exploitation de la nature et c'est ça qui est très agréable.
- 44:16Et alors,
- 44:17je reprends une formule que vous avez faite quand on préparait l'épisode.
- 44:21Vous m'avez parlé que dans vos projets notamment de savon,
- 44:25vous alliez travailler ce que vous appelez l'artisanat scientifique.
- 44:29J'ai trouvé ça génial.
- 44:31Est-ce qu'on pourrait regrouper...
- 44:33tout ce que vous venez de nous aborder de vos deux univers pour parler de vos savons que vous avez sortis.
- 44:38Donc,
- 44:39ils sont sans vouloir dévoiler les secrets aux couleurs naturelles.
- 44:46Je peux dire végétal,
- 44:46quasiment tous.
- 44:49Oui,
- 44:49alors il y en a un qui est avec du charbon végétal,
- 44:51mais bon,
- 44:52ça reste le végétal.
- 44:54C'est tout végétal,
- 44:56oui.
- 44:56Et donc,
- 44:56vous aimez vous dénommer sur l'artisanat scientifique.
- 44:59Je trouve ça génial parce que c'est deux mots qui sont rarement associés,
- 45:05alors que c'est exactement ce que vous faites.
- 45:07Alors,
- 45:08est-ce que vous pouvez parler de vos savons ?
- 45:10les couleurs que vous y avez mis,
- 45:12votre gamme.
- 45:13Et ensuite,
- 45:13on continuera sur la cosmétique et d'autres questions que j'ai à vous poser.
- 45:18Parce que vous avez commencé tisane,
- 45:21savon,
- 45:22et vous vous étendez sur crème,
- 45:24etc.
- 45:25Voir le Graal,
- 45:27les médicaments.
- 45:30Je suis heureuse.
- 45:32Oui,
- 45:32il faut rêver.
- 45:34Il faut rêver.
- 45:35Alors,
- 45:36vos savons,
- 45:36racontez-nous.
- 45:37Donc c'est de la saponification à froid,
- 45:39donc on prend des huiles végétales françaises ou,
- 45:43sauf pour l'olive,
- 45:43parce que pour moi l'huile d'olive française bio,
- 45:46première pression à froid,
- 45:47en fait il faut la manger,
- 45:49et ça me fait mal au cœur de l'appliquer sur la peau,
- 45:51alors c'est génial aussi,
- 45:51mais ça coûterait beaucoup trop cher,
- 45:53donc on a fait tout ça,
- 45:55elle est espagnole,
- 45:56et elle est très très belle,
- 45:57vraiment elle est magnifique,
- 45:58première pression à froid,
- 45:59etc.
- 46:00Et donc en fait,
- 46:01on va faire une lessive de soude,
- 46:03donc ça va être de l'eau et de la soude qu'on va réunir classiquement,
- 46:06Alors,
- 46:07dans un de ces savons,
- 46:09on a une petite surprise,
- 46:11c'est qu'en fait,
- 46:11on le mélange avec de l'eau de chou rouge,
- 46:14et ça nous permet d'avoir un savon qui est parfaitement blanc,
- 46:16parce qu'en fait,
- 46:17on a décidé de ne pas utiliser ni de coco ni de palme,
- 46:19ce qui souvent blanchit les savons et les fait mousser.
- 46:22Et nous,
- 46:22on a décidé que ça ne venait pas de chez nous,
- 46:24et donc on n'allait pas en mettre.
- 46:26C'était un choix un peu audacieux.
- 46:30Du coup,
- 46:30on a utilisé le chou rouge qui est en fait à
- 46:33APH Alcalin,
- 46:34les anthocyanes du chou rouge.
- 46:35donne la couleur blanche au savon.
- 46:36C'est un sort violet,
- 46:38ça transite vers le vert,
- 46:40orange,
- 46:40et quand on en fin de cure,
- 46:42le savon apparaît blanc,
- 46:45ce qui est assez impressionnant.
- 46:46Nous,
- 46:46ce qu'on travaille,
- 46:47c'est vraiment on ne fait pas chauffer notre huile,
- 46:49on attend que la soude redescende la température de l'huile,
- 46:53on les réunit,
- 46:53on a des mixeurs à main,
- 46:55protégés avec des blouses,
- 46:56des lunettes,
- 46:57des gants,
- 46:58et on va faire notre pâte à savon.
- 47:00Et ensuite,
- 47:00on va ajouter les colorants avec les parfums qui sont des huiles essentielles ou
- 47:04ou pas d'huile essentielle d'ailleurs,
- 47:06et on va travailler,
- 47:07il y en a un qui va être avec du paprika,
- 47:08du piment et de la garance,
- 47:10un autre qui va être avec une association,
- 47:12parce qu'on a travaillé avec deux productrices de plantes panctoriales que tu as reçues.
- 47:17Oui,
- 47:18d'abord.
- 47:18Oui,
- 47:18qu'on a adoré.
- 47:19Oui,
- 47:19d'abord,
- 47:19du champ des couleurs,
- 47:20qu'on s'est rencontrés d'ailleurs grâce à elles.
- 47:23Oui,
- 47:23exactement.
- 47:24Qui sont absolument géniales,
- 47:25avec un travail d'exception.
- 47:27Et en fait,
- 47:28l'idée de l'artisanat scientifique,
- 47:29c'est d'utiliser la science moderne.
- 47:32et la technicité des artisans.
- 47:33Parce que souvent,
- 47:33l'artisan,
- 47:36on l'oublie,
- 47:37mais c'est avant tout quelqu'un qui a un savoir-faire et un geste.
- 47:39Et c'était vraiment d'utiliser la science comme protocole de fabrication avec le geste de l'artisan pour avoir le produit le plus beau possible.
- 47:47C'était vraiment ça,
- 47:48notre idée.
- 47:49On est tous les deux férus de science.
- 47:51Et moi,
- 47:51j'ai un amour du geste.
- 47:53Antoine aussi,
- 47:53d'ailleurs.
- 47:54Même si on est deux hommes,
- 47:56on pourrait se dire,
- 47:58c'est deux bourrins,
- 47:58entre guillemets.
- 48:00On est complémentaires justement sur l'aspect scientifique et artisanat et on a des valeurs en commun.
- 48:06On travaille à la main,
- 48:09petit volume,
- 48:10mais qu'il soit suffisamment grand pour que ça soit économiquement viable.
- 48:15On se débrouille pour que le produit ne soit pas trop cher,
- 48:18pour qu'il soit abordable et qu'il soit de la meilleure qualité possible.
- 48:21Et vraiment,
- 48:22là par exemple pour l'emballage des savons,
- 48:24on a choisi du papier ensemencé.
- 48:27Toujours pour rester dans cette idée du lien avec les plantes.
- 48:31Et donc,
- 48:31on va se retrouver avec un papier qui peut se composter ou bien qui peut être mis dans de la terre,
- 48:36arrosé et faire germer des plantes médicinales ou des plantes aromatiques.
- 48:40C'était vraiment ça notre idée.
- 48:41C'est vraiment d'être dans une démarche en France.
- 48:44Il est fabriqué de vallettes chevreuses,
- 48:46là où on a grandi tous les deux avec Jean-Marie.
- 48:48Donc,
- 48:48c'est quelque chose comme ça au hasard.
- 48:50On a essayé de retravailler.
- 48:52Est-ce que vous pouvez expliquer pour les auditeurs la saponification à froid,
- 48:57la différence,
- 48:58et que vous reveniez,
- 48:59Antoine,
- 49:00notamment,
- 49:00sur l'histoire de la glycérine que tu m'as expliquée et j'ai halluciné.
- 49:04Je pense que ça peut intéresser les auditeurs,
- 49:06ceux qui ne travaillent pas le savon.
- 49:07Je pense que c'est une anecdote,
- 49:09plus qu'une anecdote importante.
- 49:11Je vais laisser Jean-Marie présenter.
- 49:13Jean-Marie,
- 49:13oui.
- 49:14C'est l'élu d'Experts Savoniers,
- 49:15quand même.
- 49:16Alors,
- 49:17la glycérine,
- 49:17c'est un produit qui résulte de la fabrication du savon.
- 49:21Il y a plein de méthodes pour fabriquer.
- 49:22Et en fait,
- 49:23la glycérine,
- 49:24c'est plus cher que le savon.
- 49:26C'est beaucoup plus cher parce que l'on s'en sert dans l'alimentaire pour garder l'humidité,
- 49:30par exemple,
- 49:31dans une préparation de pain ou des gâteaux,
- 49:33des choses industrielles.
- 49:34Donc,
- 49:34ça va conserver l'humidité.
- 49:37Ça a des propriétés sur la peau,
- 49:38c'est démollant,
- 49:39ça va adoucir la peau.
- 49:41Et donc,
- 49:41dans nos savons,
- 49:42nous,
- 49:42on va laisser la glycérine.
- 49:43Ce qui fait que nos savons sont sensibles à l'humidité.
- 49:45Le vrai savon glycériné à froid,
- 49:47saponifié à froid avec de la glycérine,
- 49:49est sensible à l'humidité.
- 49:50Mais nous,
- 49:51nos huiles,
- 49:52comme on les fait en surgressage,
- 49:53donc il reste de l'huile dans le savon,
- 49:54donc ça va nourrir la peau.
- 49:56Et la glycérine va ensuite hydrater et éviter que la peau ne s'assèche.
- 50:00Comme on peut avoir,
- 50:00par exemple,
- 50:01avec des savons de Marseille,
- 50:02dont l'objectif premier,
- 50:03à la base,
- 50:04c'était faire du savon.
- 50:05Certes,
- 50:05mais faire de la glycérine.
- 50:07parce que la glycérine ça sert à faire Antoine des cosmétiques
- 50:10Oui,
- 50:11et aussi,
- 50:11à l'époque,
- 50:12c'était la nitroglycérine.
- 50:15Oui,
- 50:15en plus.
- 50:16Pour faire de la dynamite.
- 50:17Et donc,
- 50:17c'est comme ça que,
- 50:18par exemple,
- 50:19je crois que c'est la savonnerie de Marius Fab qui a été bombardée pendant la guerre parce qu'il produisait du savon et de la glycérine.
- 50:25Et d'ailleurs,
- 50:27très belle saponification à chaud,
- 50:29grand procédé,
- 50:30qui n'est pas du tout le même produit que le nôtre,
- 50:32qui est un autre produit de belle qualité également,
- 50:34mais en fait,
- 50:35ça ne va pas être le même usage.
- 50:36C'est-à-dire qu'un savon à chaud...
- 50:38Il ne va pas garder les propriétés de l'huile,
- 50:41un petit peu,
- 50:42mais moyennement.
- 50:43Et surtout,
- 50:43il ne va pas avoir de glycérine.
- 50:44Il ne va pas avoir l'action humectant,
- 50:46enfin la glycérine qui est un humectant sur la peau qui va permettre de l'hydrater.
- 50:49C'est pour ça que je demande un peu la peau sèche parfois.
- 50:51Oui,
- 50:51et puis ça fait des à-coups.
- 50:53Je vois ce que vous voulez dire.
- 50:54Et puis,
- 50:55il faut savoir aussi que pour récupérer la glycérine,
- 50:58il suffit de rincer à l'eau salée.
- 51:00C'est qu'un kilo de savon à chaud,
- 51:02ça va coûter peut-être 3 à 5 euros.
- 51:03un kilo de glycérine,
- 51:05c'est plus 30-40 euros.
- 51:07Donc,
- 51:07c'est plus intéressant forcément de revendre la glycérine à côté.
- 51:11Donc,
- 51:11certains enlèvent la glycérine du savon pour la vendre à côté et vendent un savon qui n'est pas forcément agréable ou hydratant pour la peau des usagers.
- 51:20Mais qui peut être excellent pour faire la lessive.
- 51:22Mais qui peut être excellent pour faire la lessive.
- 51:23Comme détergent,
- 51:24même pour des surfaces.
- 51:25Pour des surfaces ou pour laver le sol.
- 51:27La glycérine a des propriétés qui sont idéales pour la peau,
- 51:30mais on n'en a pas besoin.
- 51:32Après,
- 51:33c'est un autre produit qui peut être très beau également.
- 51:35mais donc...
- 51:36généralement dans le savon de Marseille,
- 51:38c'est fabriqué pour retirer la glycérine.
- 51:39C'était vraiment l'idée de la production.
- 51:41Justement,
- 51:42dans la dynamique du labo,
- 51:43avec Jean-Marie,
- 51:44où on essaye d'acheter le moins de matières premières possible,
- 51:47ou du moins que des plantes,
- 51:48des huiles,
- 51:50de l'eau,
- 51:50de l'éthanol,
- 51:51des choses assez simples.
- 51:53Donc la glycérine,
- 51:53on aimerait,
- 51:55pour le moment,
- 51:55pour les crèmes,
- 51:56on en achète,
- 51:57on aimerait justement faire du détergent.
- 52:00L'idée,
- 52:01ce n'est pas de vendre du détergent,
- 52:02ça peut être intéressant,
- 52:03c'est quelque chose d'essentiel,
- 52:04même nous,
- 52:05pour l'utiliser au labo.
- 52:06et de récupérer la glycérine pour l'incorporer dans les crèmes,
- 52:11les cosmétiques.
- 52:11Et du coup,
- 52:12c'est d'avoir une indépendance la plus totale,
- 52:14en fait.
- 52:15C'est qu'une fois qu'on a notre fournisseur de plantes médicinales,
- 52:18donc il y a la cicara-pam,
- 52:19Jean-Marie,
- 52:19on a,
- 52:19on parlait brièvement,
- 52:21qui sont des cueilleurs,
- 52:22principalement.
- 52:23C'est assez dingue parce que c'est un peu l'un des plus vieux métiers au monde.
- 52:26Et donc,
- 52:27ils vont dans des zones qui sont agréées par des certificateurs bio,
- 52:32récolter des plantes sauvages,
- 52:34donc qui sont encore...
- 52:34plus riches en prospectifs,
- 52:36parce que globalement,
- 52:37les métabolistes secondaires des plantes qui vont être les prospectifs,
- 52:42les plantes sauvages vont être soumises à plus de contraintes,
- 52:45elles vont pas forcément être plus élevées,
- 52:46donc elles vont en produire davantage,
- 52:47donc on va avoir des plantes plus riches,
- 52:50et donc la cicara-pam,
- 52:51qui est notre fournisseur basé en Auvergne,
- 52:53mais qui récolte dans toute la France,
- 52:55vont faire des plantes superbes,
- 52:59et l'idée,
- 53:00nous,
- 53:00c'est justement d'extraire aussi les molécules.
- 53:03C'est d'être vraiment indépendant sur la fabrication de nos produits.
- 53:08Génial.
- 53:10Donc,
- 53:10cette histoire,
- 53:10cette anecdote sur la glycérine,
- 53:11moi,
- 53:12je ne connaissais pas,
- 53:13donc j'étais ravie d'apprendre ça.
- 53:15Sur la réglementation de vous,
- 53:17savonniers artisanaux,
- 53:19vous avez,
- 53:20je l'ai appris,
- 53:21la même réglementation,
- 53:22les mêmes critères d'exigence que l'industrie,
- 53:25alors qu'en fait,
- 53:26vous avez une plus petite structure avec moins de moyens,
- 53:29moins de personnel,
- 53:29etc.
- 53:30Par contre,
- 53:30vous avez le même niveau d'exigence.
- 53:33C'est ça ?
- 53:34Exactement.
- 53:35En fait,
- 53:36la réglementation n'est pas faite pour les artisans.
- 53:39Elle est faite pour les industriels.
- 53:40Et c'est un point sur lequel,
- 53:42moi,
- 53:42je remercie Alain Dounia qui nous a bien formés là-dessus,
- 53:44parce qu'il a fait un travail justement pour accompagner les artisans savonniers afin de pouvoir se mettre en norme par rapport aux demandes de la réglementation des industriels.
- 53:54Et ça,
- 53:56la plupart des savonniers en France peuvent le remercier parce qu'il a vraiment fait un travail de décryptage.
- 54:01et d'explications,
- 54:02pas tout seul,
- 54:03ils étaient 7 ou 8,
- 54:04mais vraiment d'applications et de compréhension et de traduction d'un langage pour industriel avec un certain nombre de normes,
- 54:12des passages,
- 54:13des types de stockage,
- 54:14de méthode,
- 54:15etc.,
- 54:15de nettoyage,
- 54:16et il a permis de le traduire dans des mots très simples pour des artisans.
- 54:20Et ça,
- 54:21c'est ce qui nous permet d'avoir un cahier des charges vraiment très carré,
- 54:26tout en étant sur des plus petites surfaces.
- 54:28Notre labo,
- 54:28il fait 30 mètres carrés,
- 54:30donc c'est Merci.
- 54:31Après,
- 54:31il faut savoir que le savon,
- 54:33c'est un produit cosmétique,
- 54:34donc c'est la même réglementation que les produits cosmétiques.
- 54:37Sauf que,
- 54:38par exemple...
- 54:39Sur les crèmes,
- 54:40on va devoir faire un test qui s'appelle le challenge test,
- 54:42qui est obligatoire,
- 54:43pour voir que notre crème,
- 54:45même si elle est contaminée par des micro-organismes,
- 54:48ils ne vont pas se développer.
- 54:50Et en fait,
- 54:51le savon,
- 54:52étant donné que c'est du savon,
- 54:53et que par définition,
- 54:54normalement,
- 54:54il n'y a pas de micro-organismes qui vont se développer dessus,
- 54:57on n'est pas obligé de faire tous ces tests-là.
- 54:58Mais c'est la même chose pour les industriels.
- 55:01En fait,
- 55:02globalement,
- 55:02les normes sont plus ou moins dictées par les industriels pour les industriels.
- 55:07Donc nous,
- 55:08on subit.
- 55:08après
- 55:09Ça permet aussi,
- 55:09c'est un gage de qualité,
- 55:11de sensibilité,
- 55:12etc.
- 55:13On sait qu'on ne fait pas n'importe quoi.
- 55:15Et voilà,
- 55:16on a des dossiers réglementaires à remplir,
- 55:19etc.
- 55:19De la toxicologie à faire sur les savants,
- 55:21etc.
- 55:22L'avantage,
- 55:23c'est que vu que je suis docteur en pharmacie,
- 55:24je peux faire cette partie du dossier.
- 55:27Et que j'ai fait pendant plus de trois ans,
- 55:30trois ans et demi,
- 55:31de la toxicologie sur du médicament.
- 55:33Donc la toxicologie sur le cosmétique,
- 55:35elle est quand même plus légère.
- 55:37Elle est plus simple.
- 55:39donc c'est faisable d'accord ok donc les mêmes règles que les grands industriels mais vous vraiment cette histoire d'artisanat et de science mais à plus petite échelle avec même une démarche d'éco-conception j'ai l'impression que vous voulez que vos produits ils s'alimentent entre eux moins d'emballage etc.
- 56:00et puis des choses pensées proximité au maximum et
- 56:04Alors,
- 56:04les couleurs dans vos savons,
- 56:06vous en avez plusieurs.
- 56:08Un petit arc-en-ciel.
- 56:08Ah,
- 56:09génial,
- 56:09ils sont derrière.
- 56:10Génial.
- 56:11T'es prêt.
- 56:12C'est top.
- 56:13Et donc,
- 56:14des couleurs différentes.
- 56:16Oui.
- 56:16Alors,
- 56:18là,
- 56:18ça va être un savon qui,
- 56:19alors avec les reflets,
- 56:21ça apparaît mal,
- 56:21mais il est violet.
- 56:23Là,
- 56:23il apparaît légèrement gris.
- 56:24Donc,
- 56:24ça,
- 56:24c'est un savon qu'on a appelé le Provençal parce qu'on a mis de l'huile essentielle de lavande.
- 56:29C'est une association.
- 56:31C'est une laque,
- 56:31je crois,
- 56:31produite par le champ des couleurs.
- 56:33association d'indigo et de garance des teinturiers.
- 56:37On a le basque,
- 56:39on a souhaité que ça sorte plus orange,
- 56:41on a souhaité avoir un travail avec du paprika,
- 56:45du piment d'Espelette,
- 56:47en l'occurrence AOP,
- 56:49et également de la garance des teinturiers.
- 56:52Et la garance,
- 56:52comme on en parlait avec Antoine cet après-midi,
- 56:56peut sortir rose.
- 56:58Rose,
- 56:59c'est trop bien,
- 56:59ça peut sortir de couleur d'hiver.
- 57:01Donc là,
- 57:02ça nous a amusé parce qu'on a eu envie de,
- 57:04alors ça c'est pour une blague entre nous,
- 57:06de faire un savon avec l'idée un peu de Fight Club,
- 57:08je ne sais pas si tu te souviens du film,
- 57:10où ils produisent du savon et leur savon il est rose.
- 57:12Et donc on a trouvé ça génial quand on a fait sortir le savon rose et on s'est dit oh drôle.
- 57:16Ils font du savon pour faire de la nitroglycérine.
- 57:19Oui voilà,
- 57:19faire de la nitroglycérine,
- 57:20ce qui n'est pas notre projet.
- 57:21Non non.
- 57:24C'est vraiment pas dans cette idée là,
- 57:26mais c'est vrai qu'il y a cette possibilité là.
- 57:29on utilise des poudres d'ortie pour obtenir du vert et en fonction de la quantité ça va du marron au vert très sombre donc là on a ajusté parce qu'au début on le faisait vraiment très très sombre et là on commence à l'ajuster pour qu'il soit d'un vert plus raisonnable on en a un,
- 57:45on travaille avec du curcuma et donc c'est drôle parce qu'il sort jaune ocre avec avec exactement,
- 57:55en fait nous c'était un travail de entre guillemets de Merci.
- 57:58d'odeur et de parfum et de couleur liés à des régions.
- 58:04L'occitan,
- 58:04c'est la terre ocre de l'occitan.
- 58:07Et le fameux savon blanc sans huile de palme,
- 58:09sans huile de coco,
- 58:09avec de l'huile d'olive,
- 58:11normalement qui devrait sortir jaune,
- 58:12et qui sort parfaitement blanc.
- 58:14Donc ça,
- 58:16c'était vraiment une bonne surprise.
- 58:19Parce qu'à la base,
- 58:19c'était un échec.
- 58:21Soyons honnêtes,
- 58:21je voulais faire un savon bleu.
- 58:23J'avais oublié que les centotiennes,
- 58:24elles éprouvaient.
- 58:25C'est souvent comme ça.
- 58:27Et alors,
- 58:27oui,
- 58:27c'est ce que j'allais vous demander.
- 58:28Vous en avez un bleu à l'indigo ?
- 58:32On a fait des tests.
- 58:34Vas-y,
- 58:34Antoine.
- 58:36Le problème pour le bleu n'est pas l'indigo.
- 58:37En fait,
- 58:37on a fait des savons.
- 58:38On a fait le basque,
- 58:39l'alsacien,
- 58:40le parisien,
- 58:40le nordiste,
- 58:41le provençal,
- 58:42le corse,
- 58:43etc.
- 58:44Et donc,
- 58:45on a évidemment le normand qu'on fait au labo dans le Normandie.
- 58:49Donc,
- 58:49lui,
- 58:49il n'a pas de pigments,
- 58:50mais il y a du miel et un peu de crème fraîche.
- 58:52Donc,
- 58:52on va avoir une couleur,
- 58:55on va retrouver un petit peu la couleur du miel.
- 58:57Et pour le bleu,
- 58:58on voulait faire le breton.
- 59:00En fait,
- 59:01on a un problème,
- 59:01le breton,
- 59:04on voulait une odeur très iodée,
- 59:06et on voulait travailler avec...
- 59:09La Christe Maritime.
- 59:10La Christe Maritime,
- 59:11merci Jean-Marie.
- 59:12Et c'était hors de prix.
- 59:13C'est juste que l'huile essentielle de Christe Maritime,
- 59:17il faudrait qu'on vende le savon 40 euros.
- 59:19Donc on s'est dit non.
- 59:22Et donc là,
- 59:22on essaye de trouver d'autres solutions,
- 59:24éventuellement avec des algues,
- 59:25pour avoir une odeur iodée.
- 59:27et faire ce savon bleu.
- 59:29Génial.
- 59:29Bon,
- 59:30top.
- 59:32Qu'est-ce que j'allais dire ?
- 59:33On continue,
- 59:33si ça vous va,
- 59:35dans les cosmétiques.
- 59:37Vous avez parlé,
- 59:38après ces savons,
- 59:39de vos crèmes que vous lancez.
- 59:41Ce n'est pas un sujet de mettre de la couleur dans vos crèmes.
- 59:43On en avait échangé.
- 59:44Vous voulez quelque chose qui reste naturel,
- 59:47sans ajout.
- 59:48S'il y a une couleur,
- 59:48vous la gardez,
- 59:49mais ce n'est pas l'objectif.
- 59:51Surtout qu'en fait,
- 59:51elle sort déjà colorée,
- 59:52parce qu'on fabrique des alcoolatures,
- 59:53donc des teintures mères qui ne sont pas appelées de teintures mères parce qu'il y a eu un changement de législation.
- 59:57mais par exemple on met de la vigne rouge pour la micro-circulation et donc ça colore notre crème en orange rosé.
- 1:00:07Ça donne un côté un peu rose.
- 1:00:09Oui,
- 1:00:10on dirait une bébé crème.
- 1:00:12Les extraits hydroalcooliques de vigne rouge,
- 1:00:13on dirait une bouteille de vin.
- 1:00:14Oui,
- 1:00:16c'est assez impressionnant.
- 1:00:18Oui,
- 1:00:18d'un vin rouge.
- 1:00:18Et donc ça donne une couleur un peu de bébé crème qui ne change pas du tout la couleur de la peau.
- 1:00:23Et c'est vrai qu'on a travaillé sur...
- 1:00:26pareil sur des accidents de fabrication et donc on a on fabrique un gel d'avoine qui est assez génial,
- 1:00:35en fait notre idée du cosmétique c'était de se dire bon bah un cosmétique d'application de crème c'est un corps gras,
- 1:00:41un corps aqueux stabilisé avec des tensus actifs et on met des actifs dedans et nous on s'est dit au lieu de mettre de l'eau on va mettre de la tisane très concentrée,
- 1:00:50au lieu de mettre de l'huile on va mettre de l'huile mais on va faire un macérat de plantes médicinales
- 1:00:54pour récupérer les principes actifs qui aiment le gras.
- 1:00:57Et en actif,
- 1:00:58on va remettre des alcoolatures de plantes qu'on va faire un peu chauffer pour faire évaporer une partie de l'alcool,
- 1:01:03mais qu'on va garder pour faire pénétrer plus vite les principes actifs.
- 1:01:06Et ensuite,
- 1:01:06on a la cire d'abeille qui va regraisser la peau parce que c'est de l'alcool assèche.
- 1:01:10Et qui est un potentiel actif aussi,
- 1:01:11qui va perdre...
- 1:01:12Et souvent,
- 1:01:13le problème des alcools dans les crèmes,
- 1:01:16c'est que c'est de l'alcool dénaturé.
- 1:01:17Nous,
- 1:01:17ce n'est pas de l'alcool dénaturé,
- 1:01:19c'est de l'alcool qui pourrait être bu,
- 1:01:20qui est de l'alcool de mou de raisin bio
- 1:01:24pure et dans lequel on extrait des principes actifs de plantes,
- 1:01:27on diminue la concentration d'alcool en les diluant avec un petit peu d'eau pour l'extraction et ensuite on en fait évaporer une partie en chauffant la crème et lorsque l'on réunit le deux il n'y a pas d'effet sec la crème paraît grasse au début mais elle pénètre extrêmement vite et ça on est très content de ce résultat fortuit,
- 1:01:43on ne va pas se le cacher
- 1:01:45Oui, même en nous en retournant se maquiller après l'utilisation de la crème c'était génial,
- 1:01:49on n'avait juste pas préparé
- 1:01:50Je ne peux même pas poursuivre ça.
- 1:01:52Oui,
- 1:01:52on est deux hommes.
- 1:01:53Oui,
- 1:01:53c'est ce que j'allais dire.
- 1:01:55On pourrait,
- 1:01:56mais on ne se maquille pas encore.
- 1:01:57Et c'est vrai que c'est des retours qui nous ont été faits.
- 1:02:00Donc,
- 1:02:00on était contents.
- 1:02:02Et donc,
- 1:02:03la couleur de la crème,
- 1:02:03elle apparaît...
- 1:02:05On a quand même aussi un actif dans la crème qui est très jaune,
- 1:02:07qui sent très fort,
- 1:02:08qui est de l'acide et marine,
- 1:02:09donc les molécules,
- 1:02:11les fameuses bonnes molécules du chardon-marie.
- 1:02:13Et pour le coup,
- 1:02:14en fait,
- 1:02:15la crème,
- 1:02:16on met un parfum.
- 1:02:17On met des huiles essentielles dedans en très légère quantité,
- 1:02:19parce que sinon on a une odeur...
- 1:02:20très herbacé.
- 1:02:22C'est agréable,
- 1:02:23ouais.
- 1:02:24Ça peut changer.
- 1:02:26Au niveau des couleurs,
- 1:02:26on a vraiment choisi de laisser comme ça.
- 1:02:28On a fait une crème solaire aussi,
- 1:02:29donc là,
- 1:02:29il faut qu'on fasse les tests.
- 1:02:31Et la crème solaire,
- 1:02:32je ressors verte.
- 1:02:35Ce serait la première crème solaire.
- 1:02:37Mais on n'a pas...
- 1:02:38Enfin,
- 1:02:38verte,
- 1:02:39jaunâtre,
- 1:02:39verte.
- 1:02:41Un peu plus verte,
- 1:02:41parce qu'en fait,
- 1:02:42on met,
- 1:02:42d'un point de vue réglementaire,
- 1:02:43une crème solaire pour les filtres.
- 1:02:44Il faut un filtre.
- 1:02:45Donc,
- 1:02:45il y a deux natures de filtres qui sont autorisés dans la réglementation.
- 1:02:49c'est
- 1:02:50les dérivés d'octocrylène,
- 1:02:51donc de la famille des substances chimiques,
- 1:02:54celle-là,
- 1:02:54l'octocrylène,
- 1:02:55était interdite parce que ça tue les océans.
- 1:02:57Et maintenant,
- 1:02:58ils passent sur d'autres molécules,
- 1:02:59les coraux en l'occurrence,
- 1:03:00et les poissons à sang froid également,
- 1:03:02donc la plupart des poissons en fait,
- 1:03:04sauf les mammifères.
- 1:03:05Et donc,
- 1:03:07là-dessus,
- 1:03:07il y avait ce problème-là.
- 1:03:08Et sinon,
- 1:03:09il y a les filtres minéraux,
- 1:03:11donc du dioxyde de titane ou du dioxyde de zinc.
- 1:03:13Donc,
- 1:03:13on le retrouve par lui.
- 1:03:16nous paraissait.
- 1:03:17plus intéressant et moins polluant et moins dangereux.
- 1:03:20Polluant même de son extraction minière,
- 1:03:24etc.
- 1:03:24Et en plus,
- 1:03:27on a des propriétés qui sont bien pour la peau.
- 1:03:29Ça enlève les impuretés,
- 1:03:31le zinc.
- 1:03:32Ça a tendance à purifier la peau.
- 1:03:35Et donc,
- 1:03:36on a travaillé là-dessus.
- 1:03:37Et en fait,
- 1:03:37on a une sorte de synergie d'actifs de plantes qui fait un effet booster et qui nous permet de réduire la quantité de zinc.
- 1:03:42Et ça,
- 1:03:44on est en train d'essayer de travailler dessus pour les concentrations.
- 1:03:46pour vraiment en faire une sorte de booster qu'on puisse ensuite proposer aux autres labos de cosmétiques qui achètent soit la recette,
- 1:03:51soit le booster et qui puissent s'intégrer dans leur crème solaire.
- 1:03:54On va aussi la commercialiser.
- 1:03:56Du coup,
- 1:03:57vu qu'on fait plein de projets en même temps et qu'on débute,
- 1:04:00on n'a pas des finances illimitées.
- 1:04:02Donc,
- 1:04:02on est obligé de sélectionner et on a décalé un petit peu la crème solaire plutôt pour l'année prochaine.
- 1:04:06Mais c'est vrai que si on arrive à faire cette crème solaire avec pas beaucoup de zinc,
- 1:04:10plein de plantes,
- 1:04:11c'est une super compo.
- 1:04:13C'est très très très top.
- 1:04:15première crème solaire,
- 1:04:16je pense,
- 1:04:17naturelle.
- 1:04:19Canon,
- 1:04:20franchement,
- 1:04:20canon.
- 1:04:21Alors,
- 1:04:21j'avais une question sur les crèmes solaires,
- 1:04:24on en avait parlé en préparant.
- 1:04:26Est-ce que les plantes tinctoriales peuvent être des boosters d'SPF ?
- 1:04:31Ça,
- 1:04:31c'est la grande question.
- 1:04:32C'est le cartable des teinturiers.
- 1:04:35Justement,
- 1:04:36on aimerait bien travailler avec l'huile de cartable des teinturiers qui a des super propriétés pour la peau pour éviter les érythèmes cutanés suite à une exposition aux UV.
- 1:04:44C'est la cartable des teinturiers.
- 1:04:45C'est une plante qui,
- 1:04:47à la base,
- 1:04:47est utilisée chez l'autre.
- 1:04:50J'en ai mis,
- 1:04:52ça pousse.
- 1:04:54et ça pousse bien c'est quasi invasif il y a des plantes plus difficiles mais là d'accord je ne sais pas si vous savez mais le carton des teinturiers en teinture il faut d'abord enlever rincer beaucoup on
- 1:05:08obtient du jaune et en fait quand on teint on obtient des roses flashy et c'était utilisé chez les amérindiens pour les parures des indiens et je l'ai appris en formation chez Michel Garcia Merci.
- 1:05:22qui est votre voisin en Bretagne.
- 1:05:26Mais oui,
- 1:05:26donc le cartam,
- 1:05:27moi,
- 1:05:27je l'avais mis pour le rose et je ne savais pas qu'il avait ces propriétés.
- 1:05:30Toutes les plantes tectoriales,
- 1:05:32comme tu l'as rappelé,
- 1:05:33c'est des métabolites secondaires pour se défendre des insectes,
- 1:05:35des UV,
- 1:05:36etc.
- 1:05:36Mais je ne savais pas pour le cartam.
- 1:05:38Moi,
- 1:05:38ma question qu'on me pose souvent,
- 1:05:40c'est sur cette histoire de est-ce que les plantes tectoriales peuvent être des alternatives dans les crèmes solaires ?
- 1:05:47Alors,
- 1:05:48comme il y a toujours cette nécessité de filtre,
- 1:05:50ça n'aura pas...
- 1:05:51ça ne remplacera pas le filtre,
- 1:05:53je comprends bien,
- 1:05:54ça peut venir augmenter la protection.
- 1:05:58Ça,
- 1:05:58je comprends bien.
- 1:05:59Exactement,
- 1:05:59mais après,
- 1:05:59ce n'est pas tant la molécule forcément qui va colorer,
- 1:06:02ce n'est pas le fait que ça soit coloré,
- 1:06:04ça va être les molécules qui vont être atopiées.
- 1:06:06Par exemple,
- 1:06:07les bactacarotènes,
- 1:06:08qui permettent de colorer en jaune ou en orange,
- 1:06:10et donc qui ne s'extraient pas dans l'eau,
- 1:06:12qui sont des molécules grasses,
- 1:06:14vont avoir une propriété sur l'augmentation
- 1:06:18Alors,
- 1:06:18les bêta-carotènes,
- 1:06:19c'est une provitamine A et ça va jouer sur notamment la luthéine et la hexaxanthine,
- 1:06:24parmi ces choses-là,
- 1:06:25qui vont jouer en fait sur la production de mélanine et c'est souvent ce qu'on retrouve en neutroacétique sur les préparateurs au soleil.
- 1:06:32Ouais,
- 1:06:32d'accord.
- 1:06:33En foie orale ou en boile au cuivre.
- 1:06:35Ouais,
- 1:06:36exactement.
- 1:06:36Donc ça,
- 1:06:36c'est pour la différence.
- 1:06:38Parce qu'il y a deux natures d'UV,
- 1:06:39il y a les UVA,
- 1:06:40UVB et ça,
- 1:06:40Antoine est vraiment le top spécialiste de ça,
- 1:06:42celui qui fait la recherche chez nous là-dessus.
- 1:06:46Non,
- 1:06:46mais les flavonoïdes qui ont une couleur généralement assez jaunâtre vont être plus pour lutter,
- 1:06:53enfin vont être même pour lutter contre les UVB.
- 1:06:56Mais je ne dirais pas que c'est,
- 1:06:59enfin comme l'a dit Jean-Marie,
- 1:07:00en fait,
- 1:07:00ce ne sont pas forcément des plantes colorées,
- 1:07:02mais généralement,
- 1:07:03les plantes sont quand même assez colorées,
- 1:07:04les extraits de plantes.
- 1:07:05On a pas,
- 1:07:05enfin on fait une dizaine d'extraits de plantes,
- 1:07:07Jean-Marie,
- 1:07:07on n'en a aucun qui est transparent.
- 1:07:09Ils ont tous des couleurs différentes.
- 1:07:11J'ai eu des gens dans l'extraction,
- 1:07:13dans l'éco-extraction,
- 1:07:14des grands industriels et des plus petits,
- 1:07:17et tous m'ont dit,
- 1:07:18nous,
- 1:07:18on enlève la couleur parce que nos acteurs derrière,
- 1:07:22donc les cosmétiques,
- 1:07:23enfin les agents,
- 1:07:24enfin les...
- 1:07:25Je vais y arriver.
- 1:07:26Ceux qui travaillent dans la cosmétique veulent mettre leur propre couleur,
- 1:07:29leur propre fragrance,
- 1:07:30etc.
- 1:07:31Et donc,
- 1:07:32la couleur,
- 1:07:32en gros,
- 1:07:32ça les ennuie dans le sens où elle est là,
- 1:07:35mais on n'en veut pas forcément.
- 1:07:37vous c'est plutôt l'inverse,
- 1:07:38c'est on accueille la couleur qui vient des plantes parce qu'elle est là on la laisse,
- 1:07:42elle est là on part du principe que ça fait partie du produit c'est une sorte de totem,
- 1:07:46c'est un terme qu'on aime bien en herbeau je pense que c'est bien le totem c'est la prise de la plante avec son enternier de molécules en fait l'idée c'est de ne pas restreindre la plante à un actif ou à une molécule c'est de prendre le panel de molécules pour avoir un effet amélioratif alors parfois ça diminue un petit peu,
- 1:08:04parfois ça améliore
- 1:08:05Ça dépend des plantes,
- 1:08:06là c'est du savoir-faire,
- 1:08:07mais qui est sur une grosse base de sciences.
- 1:08:09Encore une fois,
- 1:08:10c'est de l'artisanat scientifique,
- 1:08:12parce qu'en fait,
- 1:08:13on n'est pas des savants fous,
- 1:08:14mais on travaille dans notre coin à essayer différentes méthodes,
- 1:08:17différentes choses.
- 1:08:18Et de fait,
- 1:08:20le totum,
- 1:08:21donc la totalité de la plante,
- 1:08:22la totalité de ce qu'est la plante,
- 1:08:24apporte un plus que simplement l'extrait moléculaire d'une molécule titrée.
- 1:08:28Alors on utilise aussi certaines molécules titrées dans un certain cadre pour avoir
- 1:08:33une allégation pour un autre dosage à nous mais sinon par exemple nos teintures mères il doit y avoir je ne sais pas une vingtaine d'actifs dedans différents et titrer 3-4 beaucoup plus d'accord donc c'est les fénous qu'on appelle en teinture ou dans les autres domaines d'application des plantes teinturelles c'est le cocktail de molécules exactement le totem c'est ça voilà d'accord donc le totem totem c'est mon fameux cocktail de molécules donc il y a des fois des interactions à anticiper etc mais
- 1:09:04C'est un ensemble.
- 1:09:05Oui,
- 1:09:05il y a souvent des bonnes surprises ou parfois des mauvaises,
- 1:09:07mais globalement,
- 1:09:08c'est vraiment un ensemble à prendre en compte.
- 1:09:10Et ça,
- 1:09:10c'est quelque chose qui était important à l'école des plantes,
- 1:09:12c'était vraiment de dire,
- 1:09:12on part sur le totem et ensuite,
- 1:09:14si vous voulez travailler plus sur une finesse d'une chose,
- 1:09:16là,
- 1:09:17ça va être plutôt des pharmaciens qui vont s'y coller parce que ça demande de la grosse machine pour séparer vraiment ce qu'on veut séparer.
- 1:09:25Ça a été compliqué au début pour moi d'accepter ça parce que j'avais vraiment l'image de...
- 1:09:30Ok,
- 1:09:30bon,
- 1:09:30telle molécule,
- 1:09:31tel dosage.
- 1:09:32et en fait c'est vrai que c'est
- 1:09:34C'est carrément mieux.
- 1:09:35Et même,
- 1:09:36on s'en rend compte qu'au niveau de la réglementation européenne,
- 1:09:41pour tout ce qui est par rapport aux extraits de plantes,
- 1:09:46on va souvent dire que c'est tout l'extrait de la plante.
- 1:09:48Ok,
- 1:09:48si vous voulez titrer telle molécule pour la reconnaître,
- 1:09:50il reste quand même des molécules majoritaires.
- 1:09:52On sait que c'est cette molécule-là qui va avoir le plus d'effet.
- 1:09:55Mais c'est quand même conseillé de le prendre avec le reste de la plante,
- 1:09:58de la partie de plante qu'on a extraite.
- 1:10:02Et c'est vrai que c'est assez chouette de dire ça.
- 1:10:04Mais ça fait complètement sens,
- 1:10:06parce que si on prend par exemple la curcumine,
- 1:10:08donc la curcumine qui est une molécule qui est présente dans le curcuma,
- 1:10:13dans les racines du curcuma longa,
- 1:10:16en fait,
- 1:10:17c'est une molécule magique,
- 1:10:18on en parle depuis,
- 1:10:19je ne sais pas,
- 1:10:2070 ans.
- 1:10:20C'est vrai que c'est une molécule qui a plein de propriétés,
- 1:10:22qui est super,
- 1:10:23mais elle a une biodisponibilité,
- 1:10:25donc elle va passer de l'intestin au sang très mal.
- 1:10:30et en plus,
- 1:10:31elle va se faire métaboliser par le foie hyper rapidement.
- 1:10:33Donc,
- 1:10:33elle n'a pas le temps d'agir.
- 1:10:35Si vous prenez...
- 1:10:36Et du coup,
- 1:10:36ce qu'ont fait les gens qui vendent des compléments alimentaires à base de curcuma,
- 1:10:40enfin de curcumine,
- 1:10:41ils ont rajouté du gingembre dedans et du poivre.
- 1:10:44Le poivre,
- 1:10:44parce qu'en fait,
- 1:10:45la piperine,
- 1:10:46la molécule active du poivre,
- 1:10:47va avoir une structure plus ou moins similaire qui va faire que le poivre,
- 1:10:51lui,
- 1:10:51ne va pas rentrer,
- 1:10:53mais la curcumine va pouvoir rentrer,
- 1:10:54en gros.
- 1:10:55Je ne sais pas si...
- 1:10:56et il rajoute du gingembre parce que le gingembre va se faire métaboliser à la place de la curcumine qui,
- 1:11:01elle,
- 1:11:01du coup,
- 1:11:01va pouvoir agir.
- 1:11:03Sauf que tout simplement,
- 1:11:03en fait,
- 1:11:04si vous mangez du curcuma dans la racine,
- 1:11:06il y a de la curcumine,
- 1:11:07il y a des dérivés de curcumine,
- 1:11:08des curcuminoïdes,
- 1:11:09qui,
- 1:11:09eux,
- 1:11:09vont se faire métaboliser à la place.
- 1:11:11Et donc,
- 1:11:11on a voulu extraire un truc pour le remélanger avec quelque chose d'autre.
- 1:11:14Alors forcément,
- 1:11:15c'est moins concentré dans le curcuma,
- 1:11:17mais en fait,
- 1:11:18c'est bête parce qu'il fallait juste prendre la plante telle qu'elle.
- 1:11:22Il y avait déjà les choses.
- 1:11:23Oui,
- 1:11:24il y avait déjà tout quoi.
- 1:11:25Et alors,
- 1:11:26ce que m'a dit l'extracteur,
- 1:11:28il me disait que,
- 1:11:29justement,
- 1:11:30avant d'entamer un ciblage d'une molécule,
- 1:11:34par exemple pour la cosmétique ou etc.,
- 1:11:37il évaluait les coûts parce qu'en fait,
- 1:11:39ça coûte beaucoup plus cher de venir séparer que de prendre dans l'ensemble et,
- 1:11:44comme tu disais,
- 1:11:44le totem qui n'a pas forcément d'impact négatif.
- 1:11:48Donc,
- 1:11:48il fallait expliquer qu'il fallait réfléchir au projet dans sa globalité et pas forcément vouloir être…
- 1:11:55que sur une molécule particulière.
- 1:11:58Ok,
- 1:11:58top.
- 1:12:00Vous vouliez dire quelque chose ?
- 1:12:01Non,
- 1:12:01mais c'est de cette manière-là dont on a réfléchi,
- 1:12:03en fait.
- 1:12:04Jean-Marie avait beaucoup d'expérience avec les plantes.
- 1:12:06Moi,
- 1:12:06j'en avais très peu par rapport à Jean-Marie,
- 1:12:08clairement.
- 1:12:09Et donc,
- 1:12:10il m'a suggéré,
- 1:12:11voilà,
- 1:12:11telle plante fait ça,
- 1:12:12telle plante fait ça.
- 1:12:13Moi,
- 1:12:13de mon côté,
- 1:12:13j'ai fait un peu de bibliographie pour voir au niveau des molécules,
- 1:12:16etc.
- 1:12:17Bon,
- 1:12:17il avait quasiment raison sur tout.
- 1:12:19Même presque tout,
- 1:12:20même tout.
- 1:12:20Bon,
- 1:12:20bref,
- 1:12:21j'étais énervé.
- 1:12:24On n'est pas d'accord sur le chardon-marie.
- 1:12:27Après,
- 1:12:29on a fait les premières crèmes,
- 1:12:30on a testé sur des gens,
- 1:12:32entre autres des amis de la famille.
- 1:12:34On a des super résultats.
- 1:12:35Et là,
- 1:12:35on va pouvoir commencer d'autres études qui seront peut-être plus neutres.
- 1:12:39Après,
- 1:12:39les amis de la famille ne sont pas forcément les gens les plus sympas sur les produits qu'on teste.
- 1:12:44Mais on a eu cette Ausha,
- 1:12:45d'abord scientifique,
- 1:12:47en mode,
- 1:12:47qu'est-ce qu'on va utiliser ?
- 1:12:48Ensuite,
- 1:12:48on l'a travaillé au labo,
- 1:12:49donc artisanalement.
- 1:12:53Et ensuite...
- 1:12:53du coup on construit un peu nos produits de cette manière là et en fait la démarche qui est au centre de tous les produits aussi c'est que on fait quand même assez attention à l'environnement parce qu'on travaille quasiment que avec des produits français on a 27 plantes,
- 1:13:07on travaille avec 27 plantes différentes il y en a 23 qui viennent de France une qui vient d'Allemagne une d'Autriche,
- 1:13:13une d'Egypte et une d'Iran qui est la rose de Damas parce que ça peut se faire en Europe mais globalement on essaie de faire très local,
- 1:13:21même pour nos fournisseurs de...
- 1:13:23d'étiquettes,
- 1:13:24d'emballages,
- 1:13:24tout vient de France.
- 1:13:25Boîte en métal,
- 1:13:26pour notre titane.
- 1:13:27Boîte en métal,
- 1:13:28on a réussi à trouver encore une usine de production de boîte en métal en France,
- 1:13:31ce qui est quand même assez rare et cool.
- 1:13:33Et
- 1:13:34Jean-Marie, toi,
- 1:13:34tu as une devise un peu sur ce qui doit être bon pour vous.
- 1:13:38C'est un motto qui vient d'une période du Japon,
- 1:13:42c'était essayer de dire,
- 1:13:43le commerce est d'or,
- 1:13:45est vertueux,
- 1:13:45lorsqu'il est bon pour le fournisseur,
- 1:13:47que le fournisseur peut en vivre,
- 1:13:49que ça apporte quelque chose que le client n'a pas,
- 1:13:51et que ça respecte l'environnement dans lequel on est.
- 1:13:53Et donc,
- 1:13:53quand les trois règles sont réunies,
- 1:13:55c'est un bon commerce.
- 1:13:56Et c'est vrai que moi,
- 1:13:58je me suis reconverti du commerce un peu par dégoût.
- 1:14:01Et c'est pour ça que j'aimais tant les plantes.
- 1:14:04C'est parce que ça rimait pour moi.
- 1:14:05Et depuis que j'ai adopté cette démarche-là,
- 1:14:07je me dis,
- 1:14:08en fait,
- 1:14:08le commerce peut être vertueux si vraiment on respecte le fournisseur,
- 1:14:11le client et l'environnement.
- 1:14:12Et donc,
- 1:14:12l'idée,
- 1:14:13c'était vraiment pas de déchets le minimum possible,
- 1:14:16l'activité la plus pérenne possible,
- 1:14:17c'est-à-dire qui dure,
- 1:14:18donc que nos fournisseurs puissent vivre décemment et puissent se développer.
- 1:14:21et que nos clients ne soient pas à avoir des difficultés de fin de mois pour acheter nos produits.
- 1:14:26Et donc,
- 1:14:26c'est pour ça que les tisanes et les savons,
- 1:14:27par exemple,
- 1:14:29ils sont dans des prix,
- 1:14:29tout à fait des prix de marché,
- 1:14:30voire un peu bas.
- 1:14:31Mais c'est un choix.
- 1:14:32en fait on a dessiné deux
- 1:14:34de limiter,
- 1:14:35de ne pas faire des marges de fou parce qu'on voulait vraiment que ça soit un commerce d'or qui dure.
- 1:14:41Après,
- 1:14:42tous les fabricants de savon à froid sont très bien.
- 1:14:44Tous les paysans herboristes font des super compositions de fusane.
- 1:14:47Acheter local,
- 1:14:48c'est encore mieux.
- 1:14:49Mais si vous voulez acheter nos produits,
- 1:14:51on sera ravis.
- 1:14:55Top.
- 1:14:55Franchement,
- 1:14:57j'ai l'impression qu'on a quand même balayé...
- 1:14:59tous vos projets.
- 1:15:01Est-ce qu'il y a une question que je ne vous ai pas posée ?
- 1:15:05Ou un sujet sur lequel vous voudriez revenir pour mettre un coup de zoom dessus ?
- 1:15:12Ou est-ce que vous trouvez qu'on a été assez complet ?
- 1:15:15Il y a quelque chose qu'on n'a pas précisé,
- 1:15:16juste.
- 1:15:17On travaille,
- 1:15:18ça me paraît logique,
- 1:15:20mais on travaille uniquement avec des produits issus de l'agriculture biologique.
- 1:15:23On ne dit pas forcément que c'est tout des bio.
- 1:15:26C'était important pour nous.
- 1:15:29Est-ce qu'il y a donc des sujets où vous voulez revenir ?
- 1:15:32Des choses que vous trouvez qu'on a survolées ?
- 1:15:35Ou est-ce que pour vous...
- 1:15:37Non,
- 1:15:37pour moi tout est bon.
- 1:15:38Je ne sais pas pour toi Antoine,
- 1:15:39mais...
- 1:15:40Non,
- 1:15:40non,
- 1:15:40pour moi je crois aussi.
- 1:15:42Top.
- 1:15:43Est-ce que vous pourriez me recommander,
- 1:15:46pour les auditeurs,
- 1:15:48des ouvrages,
- 1:15:49des livres sur les plantes ou sur le lien couleur pharmacie ou un peu ces sujets-là ?
- 1:15:56Est-ce que vous avez des idées de livres à partager ?
- 1:15:59Alors moi,
- 1:15:59pour les plantes,
- 1:16:01c'est un hommage à quelqu'un qui est décédé,
- 1:16:03qui était exceptionnel,
- 1:16:04qui s'appelait Pierre Lyotagui,
- 1:16:06qui a écrit un nombre de livres sur la...
- 1:16:07qui était ethnobotaniste,
- 1:16:10qui a écrit un nombre de livres sur le sujet et qui les aborde d'une manière vulgarisée,
- 1:16:14mais tout est sourcé,
- 1:16:15tout est très bien fait,
- 1:16:17et notamment le livre des bonnes herbes,
- 1:16:20qui est vraiment à dévorer,
- 1:16:22qui est très agréable à lire et qui est absolument génial,
- 1:16:24et après,
- 1:16:25n'importe quelle flore.
- 1:16:25En fait,
- 1:16:26l'idée,
- 1:16:26c'est sortir,
- 1:16:27découvrir la nature,
- 1:16:28émerveillez-vous et donc après prenez des flores si possible de région ou des petites flores de France ou des grandes flores de France les petites flores de France c'est quand même plus simple pour se déplacer donc un sac à dos une louche et
- 1:16:43la flore c'est quand même cette taille-là donc c'est quand même il y a des applications qui existent c'est pas forcément le plus simple on n'a pas forcément de réseau une flore l'avantage c'est qu'on va chercher et qu'on va associer les familles de plantes et essayer de reconnaître.
- 1:16:56Et c'est un plaisir de s'arrêter devant une espèce et de se dire
- 1:16:59« Ah, qu'est-ce que c'est ? »
- 1:17:00Et de juste s'émerveiller de la beauté du monde.
- 1:17:02Moi,
- 1:17:03c'est le mieux que je puisse vous dire de faire.
- 1:17:05Sortez,
- 1:17:06voyez la nature et émerveillez-vous.
- 1:17:08Génial.
- 1:17:09Et toi Antoine,
- 1:17:10est-ce que tu as un livre qui te tient à cœur ?
- 1:17:13Oui,
- 1:17:13c'est un livre que j'utilise beaucoup du coup pour le labo.
- 1:17:16Alors,
- 1:17:17ce n'est pas vraiment un livre à lire parce que ce n'est pas forcément très…
- 1:17:22Accessible.
- 1:17:24En fait,
- 1:17:24ça peut l'être justement,
- 1:17:25ça peut être très intéressant.
- 1:17:26En fait,
- 1:17:27c'est un livre qui s'appelle Pharmacognosie,
- 1:17:28Phytochimie et Plantes Médicinales qui a été écrit par
- 1:17:31Jean-Bruneton et Erwann Poupon,
- 1:17:34un professeur de ma fac,
- 1:17:35de pharmacognosie du coup.
- 1:17:36Et en fait,
- 1:17:38il est génial.
- 1:17:38Alors,
- 1:17:39je pense qu'il demande quand même un minimum de connaissances,
- 1:17:41mais pas tant que ça parce qu'en fait,
- 1:17:42il va présenter une plante.
- 1:17:44Donc,
- 1:17:45on va avoir la description botanique,
- 1:17:46on va avoir les utilisations ancestrales.
- 1:17:49Ensuite,
- 1:17:49on va avoir la toxicologie de la plante.
- 1:17:52on va avoir les composants actifs,
- 1:17:54on va avoir les études cliniques et la réglementation.
- 1:17:56Et en fait,
- 1:17:56c'est super intéressant parce que souvent,
- 1:17:59on pense à certaines plantes médicinales qui font ça,
- 1:18:02ceci ou cela.
- 1:18:02Et en fait,
- 1:18:03ça permet de clarifier,
- 1:18:07de comprendre vraiment.
- 1:18:08En fait,
- 1:18:09moi,
- 1:18:09ce que j'aime beaucoup dans ce bouquin,
- 1:18:10c'est que ça permet de comprendre l'utilisation.
- 1:18:13J'aime bien l'histoire et j'aime bien comprendre souvent les noms des plantes par rapport aux histoires,
- 1:18:18aux utilisations ancestrales et à ce qu'on en fait aujourd'hui.
- 1:18:22Et il y a pas mal d'aspects.
- 1:18:23Enfin,
- 1:18:25en lisant tout sur une plante,
- 1:18:26on arrive à comprendre pourquoi elle est utilisée comme ça,
- 1:18:28pourquoi elle s'appelle comme ça,
- 1:18:29pourquoi les gens pensaient qu'elle faisait ça,
- 1:18:31etc.
- 1:18:32C'est intéressant.
- 1:18:34Génial.
- 1:18:34Eh bien,
- 1:18:34écoutez,
- 1:18:35merci.
- 1:18:36J'ai ma dernière question qui est…
- 1:18:38Enfin,
- 1:18:39on passe le micro entre nous depuis le début du podcast pour continuer à explorer la couleur,
- 1:18:44les plantes,
- 1:18:45etc.
- 1:18:46Est-ce que vous pensez à quelqu'un pour suivre…
- 1:18:50votre épisode,
- 1:18:51quelqu'un à qui vous passeriez le micro.
- 1:18:54Ouais.
- 1:18:57Vas-y,
- 1:18:57on peut aller.
- 1:18:58Après,
- 1:18:58ce n'est pas forcément sur les plans de Tinctorial,
- 1:19:00mais c'est William,
- 1:19:01le président de la Sicarapam,
- 1:19:03qui est un cueilleur et qu'on a eu l'occasion de rencontrer il y a deux semaines,
- 1:19:09et qui est vraiment génial.
- 1:19:11Et en fait,
- 1:19:13c'est quelqu'un qui cueille depuis 20 ans.
- 1:19:16et c'est dingue à quel point il connaît toutes les plantes et en fait même à force de les côtoyer,
- 1:19:20il connaît super bien leurs propriétés,
- 1:19:22c'est assez épatant.
- 1:19:24D'accord,
- 1:19:24ok,
- 1:19:24top.
- 1:19:24Et il travaille aussi avec des plantes tectoriales mine de rien quand même,
- 1:19:27à l'Ascara.
- 1:19:28Oui,
- 1:19:28ils en ont,
- 1:19:29ils travaillent et je crois qu'ils cueillissent plus de 400 plantes,
- 1:19:31donc en fait dans le lot,
- 1:19:32il y a de la tectoriale.
- 1:19:33Oui,
- 1:19:34forcément,
- 1:19:34c'est évident.
- 1:19:36J'ai une grosse quarantaine de cueilleurs,
- 1:19:39je crois 47 si je ne dis pas de bêtises,
- 1:19:40non ils sont 57 et 50 plus.
- 1:19:45Donc ils doivent être 50 cueilleurs et c'est des cueilleurs professionnels alors c'est pas créduce mais ils font un travail d'exception et ils peuvent en vivre et c'est à valoriser.
- 1:19:55Moi c'est quelque chose que j'avais découvert il y a 10 ans à Sikirapam,
- 1:19:58à l'époque on disait que c'était un échec et en fait aujourd'hui c'est une réussite et donc je suis ravi et j'aimerais beaucoup qu'il soit plus connu parce que la plupart des gens qui achètent des plantes medicinales en France en fait ils achètent à des grands groupements
- 1:20:11qui rachètent sur la ticara-pomme leurs plantes.
- 1:20:14On pourrait passer directement avec la ticara-pomme.
- 1:20:17Mais c'est plutôt une dédicace.
- 1:20:20Et après,
- 1:20:21j'ai mon copain Emmanuel Raoul au Jardin de Bizac,
- 1:20:23un ancien journaliste reconverti qui fait des plantes médicinales en culture mixte avec des arbres fruitiers et qui travaille avec une partie de l'INRA,
- 1:20:34mais pas que,
- 1:20:35pour justement voir l'amélioration des plantes médicinales pour la protection des arbres fruitiers,
- 1:20:39pour éviter les traitements.
- 1:20:41Il est fou,
- 1:20:43il est très sympa.
- 1:20:44Je lui avais donné des coups de main.
- 1:20:45C'est sûrement une personne en or.
- 1:20:47Et pour le coup,
- 1:20:50il a un vrai amour du produit.
- 1:20:52Il ne fait pas forcément de tinctorial.
- 1:20:53Lui,
- 1:20:53il est plutôt sur tous les autres aspects.
- 1:20:55Il va faire du sirop.
- 1:20:56Je crois qu'il fait des sirops,
- 1:20:57il fait des alcools,
- 1:20:58il fait des tisanes et des huiles essentielles maintenant depuis deux ans.
- 1:21:01Et il organise,
- 1:21:02donc lui,
- 1:21:02il a fait une sorte de ferme pédagogique où il présente les plantes médicinales dans sa région à Visac,
- 1:21:08donc à côté de Nîmes.
- 1:21:10pas très loin de Calvisson.
- 1:21:11Et donc,
- 1:21:11c'est vraiment une super personne.
- 1:21:12Moi,
- 1:21:12c'est soit William,
- 1:21:14soit
- 1:21:15Emmanuel Raoul.
- 1:21:16Donc,
- 1:21:16les deux sont vraiment des top personnes.
- 1:21:19Bon,
- 1:21:20écoutez,
- 1:21:20super.
- 1:21:21Écoutez,
- 1:21:21messieurs,
- 1:21:21je rappelle aux auditeurs qu'ils peuvent retrouver vos produits,
- 1:21:24vos tisanes,
- 1:21:25vos savons,
- 1:21:25vos crèmes,
- 1:21:26bientôt la crème solaire et tout autre produit sur votre site.
- 1:21:30Je le mettrai en lien sous l'épisode.
- 1:21:34Merci d'avoir exploré des nouveaux sujets pour le podcast et d'avoir...
- 1:21:38travailler la partie médicaments,
- 1:21:40d'avoir raccroché des wagons avec des choses qu'on a vues avec d'autres invités.
- 1:21:44Merci à tous les deux et j'aurai vraiment à cœur de suivre votre projet que vous me racontiez dès qu'il y a des produits qui sortent pour qu'on tienne informés nos auditeurs.
- 1:21:52Merci à tous les deux.
- 1:21:54Merci beaucoup à toi pour surtout nous avoir invités et qu'on ait cette réflexion sur les couleurs qu'on n'avait pas forcément eues.
- 1:22:02Qui étaient naturelles mais qui n'étaient pas réfléchies.
- 1:22:04Il y a toujours quelque chose en plus et puis on essaie de comprendre pourquoi on a fait comme ça.
- 1:22:08Génial,
- 1:22:09c'est cool.
- 1:22:10Quand la couleur rencontre le savon,
- 1:22:12les cosmétiques,
- 1:22:13franchement,
- 1:22:13c'est vraiment top.
- 1:22:14Merci à tous les deux.
- 1:22:15Merci à toi,
- 1:22:16Pauline.
- 1:22:17Je vous invite à me rejoindre sur ma page Instagram ARTECOVERT pour y découvrir le nom des prochains invités.
- 1:22:27Je me permets de vous rappeler que la seule manière de soutenir ce podcast est de le noter et le commenter sur la plateforme d'écoute de votre choix.
- 1:22:35C'est ainsi qu'on arrivera à faire porter la voix de ces passionnés de la couleur végétale.
- 1:22:40Merci à tous ! Savoir si vous allez aimer, les mots clés du podcast ArtEcoVert : teinture végétale plantes tinctoriales indigo garance encre végétale couleur végétale colorants végétaux pigments végétaux coloration capillaire végétale fibres naturelles colorants biosourcés tanins teinture naturelle plantes artecovert couleurs de plantes design végétal couleur jardin agriculture tinctoriale indigo tendance innovation nuances cosmétiques biotechnologies