Latest / Québécois et Canadien / Gérard Deltell : 10 ans d'ingérence libérale
Transcript
- 0:00Bonjour et bienvenue au podcast Québécois et
- 0:02Canadien, où on discute des enjeux de notre pays.
- 0:04Aujourd 'hui, on reçoit le député fédéral conservateur
- 0:07Gérard Deltel pour discuter de politique canadienne
- 0:09et de fédéralisme. Bon épisode. Gérard Deltel,
- 0:20merci d 'avoir accepté mon invitation. C 'est
- 0:21moi qui vous remercie pour l 'invitation. Alors,
- 0:23je pense que les gens vous connaissent déjà,
- 0:25mais bon, ex -journaliste, chef de l 'ADQ, député
- 0:29fédéral, conservateur, merci d 'accepter de venir
- 0:32parler de fédéralisme avec nous. La première
- 0:35question que je vous poserais, parce que c 'est
- 0:36souvent quelque chose qui est mis de l 'avant
- 0:38par les souverainistes, puis vous, vous avez
- 0:39eu l 'occasion de constater l 'état de la situation
- 0:42à Québec, puis également à Ottawa, est -ce que
- 0:44le Canada est brisé? Bien, le Canada a des défis,
- 0:48évidemment, en matière de finances publiques
- 0:50et tout ça, puis qu 'il y a des choses à améliorer,
- 0:52tant au Canada qu 'au Québec, aussi partout à
- 0:54travers le monde. Ça sera toujours le rôle des
- 0:56politiciens d 'identifier les problèmes qu 'il
- 0:59y a pour pouvoir les résoudre. Maintenant, est
- 1:01-ce que le Canada, comme pays, comme télés, est
- 1:04brisé? Non. Canada a des défis? Bien, ça, c 'est
- 1:06sûr et certain. Et si on parle de briser, est
- 1:09-ce qu 'on parle de le briser en termes d 'unité
- 1:11nationale? Il faut toujours comprendre que le
- 1:14Canada sera toujours un grand défi en matière
- 1:16d 'unité nationale, d 'abord de par sa dimension.
- 1:20C 'est d 'un océan à l 'autre, c 'est le cas
- 1:21de le dire, pour ne pas dire comme on dit maintenant
- 1:23d 'un océan à l 'autre et à l 'autre, parce qu
- 1:25'on est maintenant très actif avec l 'Arctique
- 1:27et c 'est une bonne chose. On aurait dû même
- 1:29le faire avant, mais les changements climatiques
- 1:31aidant pour entre autres le transport et surtout
- 1:34les présences internationales de plus en plus
- 1:38malaisantes pour nous font en sorte qu 'on doit
- 1:40être présents. Alors oui, pour une... de 40 millions
- 1:43d 'habitants et je dirais égrainés un peu partout
- 1:47comme ça d 'un océan à l 'autre, ça fait qu 'il
- 1:49y aura toujours des tensions qui seront sur l
- 1:52'unité nationale. C 'est dans la nature même
- 1:55de ce pays -là d 'avoir ce type de situation
- 1:57-là et ça dépend comment on y répond. Alors,
- 2:00si on n 'y répond en faisant le moral à chacune
- 2:02des provinces parce qu 'on ne portage pas son
- 2:04point de vue, si on ne se mêle pas de ces affaires
- 2:06parce qu 'on piétine les champs de compétences
- 2:08et on se mêle des enjeux provinciaux alors qu
- 2:11'on est au fédéral, c 'est là que les tensions
- 2:14peuvent naître et c 'est là que les problèmes
- 2:16commencent à prendre forme, sans vouloir être
- 2:19trop partisan. Je pense que tout le monde reconnaît
- 2:21qu 'au cours des dix dernières années, on a eu
- 2:23un gouvernement fédéral qui s 'est émissé dans
- 2:26plusieurs des champs de compétences des provinces.
- 2:29Et c 'est ça. Et c 'est pour ça qu 'il y a eu
- 2:31des problèmes et qu 'on a vu au sein du Canada,
- 2:34particulièrement au Québec, la montée de la souveraineté,
- 2:37que l 'on pensait être un... facteurs qui étaient
- 2:40dans le passé plus que dans l 'avenir, alors
- 2:41qu 'on constate actuellement que c 'est un défi
- 2:44qui se présente au Québec. Et vous avez vu la
- 2:46montée aussi de l 'indépendantisme ou de l 'autonomisme
- 2:49chez nos amis Albertains, qui n 'existait pas
- 2:53avant ou qui était un peu folklorique, alors
- 2:55que maintenant, on est peut -être à la porte
- 2:57d 'un référendum en Alberta. Eh bien ça, c 'est
- 3:00la signature de dix ans d 'un gouvernement fédéral
- 3:03qui ne se mêle pas de ses affaires, qui est en
- 3:05piètre et qui fait la leçon aux provinces. Parce
- 3:07que c 'est sûr que plus qu 'on a un gouvernement
- 3:09centralisateur, plus qu 'on impose des décisions
- 3:12à travers le pays. plus que ces décisions -là
- 3:14peuvent être perçues différemment dans différentes
- 3:16réalités géographiques, créer une certaine frustration.
- 3:19Et c 'est ça qu 'on a vu sous l 'époque de Pierre
- 3:21-Éliott Trudeau, alors que le mouvement souverainiste
- 3:24n 'était vraiment que dans ses belles buciments
- 3:27sous les gides de des Pierre -Bourgots, ou encore
- 3:30des Gilles Grégoire avec le RN, le Rien, et qui
- 3:33a fait naître le MSA, le mouvement de souveraineté
- 3:36association de René Lévesque, et puis où on a
- 3:38acerbé cette confrontation, où on a vu un gouvernement...
- 3:43qui ne se mêlaient pas de ces affaires. Moi,
- 3:45quand j 'étais chef, je m 'en parlais tout à
- 3:47l 'heure, quand j 'étais chef provincial à la
- 3:49DQ, j 'avais défini un peu ma vision de comment
- 3:53le Canada et les provinces devraient fonctionner
- 3:55de façon très, très, très facile. Ce que j 'avais
- 3:58dit, c 'est le mot suivant. Ottawa, mets le toit
- 4:00de tes affaires, puis le mot passe les pieds,
- 4:02puis ça va bien aller. fondamentalement, si on
- 4:05respecte la Constitution, il n 'y a pas de chicanes
- 4:08fédérales provinciales. Il n 'y a que des chicanes
- 4:11et des tensions et des problèmes quand on ne
- 4:14se mêle pas de ces affaires. Et ça va dans les
- 4:16deux sens, que la province dise au fédéral quoi
- 4:19faire ou que le fédéral dise aux provinces quoi
- 4:20faire. Rappelons que le Canada de 1867, c 'est
- 4:24quatre provinces qui se sont donné la main pour
- 4:26créer un État fédéral et non le contraire. Et
- 4:29il faut arrêter d 'avoir la vision fédéraliste
- 4:31centralisatrice de Ottawa knows best. Ottawa
- 4:34sait ce qui va se passer, que ce soit à Regina,
- 4:37que ce soit à Winnipeg, que ce soit en Colombie
- 4:40-Britannique. Non! Si chaque province s 'occupe
- 4:43de ses champs de compétences et que le fédéral
- 4:45s 'occupe de ses problèmes, on va déjà faire
- 4:48un bon pas dans l 'avant pour l 'unité nationale.
- 4:51Oui, parce que nous, on a reçu sur le podcast
- 4:53Olivier Ja, qui est un prof de l 'Université
- 4:55de Montréal, spécialisé en fiscalité. fédéral,
- 5:00puis essentiellement, bien, je pense que ce qu
- 5:02'ils discutaient, ce qui est intéressant, c 'est
- 5:03de dire, quand tu as un déséquilibre fiscal au
- 5:06sein de la fédération, tu as de l 'argent qui
- 5:07se ramasse à Ottawa, la tentation peut être élevée
- 5:10de dire, bien, tu sais, tant qu 'elle a redonné
- 5:12cet argent -là, je vais la dépenser, puis là,
- 5:14dans quoi est -ce qu 'on veut dépenser dans quelque
- 5:15chose qui est électoralement payant? Et souvent,
- 5:18les compétences les plus proches des gens, c
- 5:20'est des compétences provinciales. Absolument,
- 5:22puis c 'est pour ça que... c 'est la pire chose
- 5:24qu 'il puisse faire, que puisse faire un État
- 5:26fédéral, c 'est dire aux États provinciaux, voici
- 5:29comment vous devez gérer votre argent ou l 'argent
- 5:32qu 'on vous emploie. Tout d 'abord, c 'est pas
- 5:33l 'argent d 'Ottawa ni l 'argent des provinces,
- 5:35c 'est l 'argent des contribuables. Ça donne
- 5:37que le contribuable, il paye au municipal, au
- 5:40fédéral et au provincial. Alors lui, que ça vienne
- 5:42de l 'un ou de l 'autre, que ça soit à l 'un
- 5:44ou à l 'autre, l 'important c 'est que son argent
- 5:47qu 'il verse comme taxe ou comme impôt, et comme
- 5:49impôt plutôt, il n 'en a pas un, c 'est l 'un
- 5:51et l 'autre. Eh bien, c 'est là qu 'on est capable
- 5:53d 'avoir pour son argent comme citoyen. Toujours
- 5:56penser que d 'abord et avant tout, on n 'est
- 5:58pas là pour une ville, on n 'est pas là pour
- 6:00une province, on est là pour le citoyen. Et c
- 6:03'est pour ça qu 'il faut agir en fonction de
- 6:04l 'argent des citoyens, non pas en fonction de
- 6:06l 'argent municipal, provincial ou fédéral. Et
- 6:09c 'est quand on commence à tirer la couverte
- 6:12de son bord que les problèmes émergent pour les
- 6:14citoyens, qu 'on est là pour desservir d 'abord
- 6:16et avant tout. Alors oui, la fiscalité est un
- 6:19grand défi. Rappelons -nous que lorsque les conservateurs
- 6:22étaient au pouvoir sur M. Harper, il y avait
- 6:23eu une entente concernant ce que l 'on appelle,
- 6:26à juste titre, dans certains cas, le déséquilibre
- 6:28fiscal. On se souvient également que lorsque
- 6:30M. Harper a été élu en 2006, on était au sommet
- 6:35du scandale de la publicité, du scandale des
- 6:39commandites. où ça avait moussé presque de façon
- 6:43à l 'hélium le mouvement souverainiste. Le mouvement
- 6:46souverainiste était très fort. Le Bloc québécois
- 6:48était très fort. On pensait même chez les souverainistes
- 6:52au milieu provincial d 'appeler un référendum
- 6:55tellement ça avait été monté. Parce qu 'après
- 6:57ce scandale -là, les gens étaient dégoûtés. Bien
- 7:00voilà qu 'un gouvernement conservateur s 'est
- 7:02occupé de ses affaires, n 'a pas empiété dans
- 7:03les champs de compétence, a reconnu le Québec
- 7:05comme nation et a fait une entente. le déséquilibre
- 7:10fiscal est reconnu, entre autres, le Québec,
- 7:13oui comme nation, mais aussi à l 'UNESCO. Donc,
- 7:15on a fait des pas de reconnaissance. sans jamais
- 7:18se mêler dans nos affaires provinciales. Et vous
- 7:20avez vu le bloc québécois qui est tombé à quatre
- 7:22députés de Montenay. Alors, respectons la Constitution.
- 7:26C 'est déjà un très grand pas en avant pour l
- 7:28'Unité nationale. Oui, je pense que ça serait
- 7:30déjà... de respecter le contrat, ça serait un
- 7:32bon début. Puis si on fait un peu un retour sur
- 7:35l 'historique, parce que là, il y a eu Meech,
- 7:37puis je vous ai déjà entendu à l 'entrevue parler
- 7:38justement, bon, d 'initiative de M. Moroney,
- 7:41qui avait, je pense, comme rêve de... faire entrer
- 7:44le Québec dans la Constitution, un peu régler
- 7:46la situation qu 'on a vécue en 1982, cette trahison
- 7:51collective qu 'on a eu à travers ça. Il y a eu
- 7:54une tentative de Meach, il y a eu la tentative
- 7:56de Charlottetown, un échec malheureusement. Par
- 7:58la suite, un référendum. Puis j 'ai l 'impression
- 8:01que le mouvement fédéraliste, par la suite, s
- 8:04'est dit bon, mais peut -être pas trop dérangé.
- 8:07Tout ça, comme vous le disiez un peu, la ferveur
- 8:13souverainiste, c 'est souvent des passions qui
- 8:15découlent d 'actions soit d 'Ottawa ou soit d
- 8:17'un échec collectif qu 'on vit. Fait que si on
- 8:20brasse pas trop la cage, il n 'y aura pas trop
- 8:22de souveraineté, puis on n 'en entendra pas trop
- 8:24parler. J 'ai l 'impression qu 'on a comme laissé
- 8:26ça après sa glace depuis 30 ans. Qu 'est -ce
- 8:30qu 'on fait maintenant si on veut régler peut
- 8:33-être les irritants qui restent et qui sont inachevés
- 8:35de Meach et de Charlottetown? Il faut se souvenir
- 8:37qu 'au lendemain du référendum de 1980, libéraux
- 8:40de M. Trudeau et de Jean Chrétien, qui était
- 8:42le ministre de la Justice des Affaires constitutionnelles,
- 8:45disaient qu 'il y aurait des changements à apporter
- 8:48à ça. D 'entrée de jeu, M. Trudeau voulait rapatrier
- 8:50de façon illatérale la Constitution et ce sont
- 8:53les progressistes conservateurs. de Joe Clark,
- 8:55qui ont mené la bataille au Parlement pour s
- 8:57'opposer à ça. Le NPD était d 'accord pour le
- 8:59rapatriement, puis on s 'en fout des provinces,
- 9:01puis on fait ce qu 'on veut. Déjà là, M. Trudeau
- 9:04faisait face à un progressiste conservateur,
- 9:06Joe Clark, qui voulait respecter les provinces.
- 9:08Et c 'est ça, même si les Québécois avaient tourné
- 9:10le dos de façon dramatique à M. Clark. Un seul
- 9:13député reclassable dans Juliette avait été élu.
- 9:15Mais M. Clark, reconnaissant l 'unité nationale
- 9:18comme étant prioritaire face aux résultats de
- 9:20ce qui est arrivé pour lui au Québec, avait pris
- 9:23lui -même le tour par les... pour dire qu 'il
- 9:24n 'est pas question que la Constitution soit
- 9:26rapatriée. Ce qui a amené la Cour suprême à prendre
- 9:29décision au mois de septembre 1981 pour donner
- 9:32raison à M. Clark en disant, techniquement parlant,
- 9:35oui c 'est vrai que le fédéral peut agir, mais
- 9:37c 'est beaucoup mieux d 'agir avec les provinces.
- 9:39Et c 'est là qu 'est arrivée la conférence de
- 9:41novembre 1981 où on a justement discuté de comment
- 9:45on allait rapatrier la Constitution. On se souviendra
- 9:48que oui, il y a eu, dans la nuit du 4 au 5, une
- 9:51entente avec des provinces anglophones, mais
- 9:55pas la province de Québec. Rappelons -nous que
- 9:59quelques heures auparavant, le 4 novembre à midi,
- 10:02René Lévesque avait dit oui à l 'offre de Pierre
- 10:05-Éliott Trudeau, qui visait à faire un référendum
- 10:07sur la charte des droits et libertés, sans même
- 10:10consulter les autres provinces. qui faisaient
- 10:13partie du Bloc des Huit provinces. Alors résultat,
- 10:16malheureusement, les sept autres se sont arrangés
- 10:18entre elles, peut -être étant vexés parce que
- 10:21M. Lévesque ne les avait pas consultés sur cette
- 10:23proposition -là. Et on a vu la constitution que
- 10:26l 'on a. C 'est triste, c 'est dommage, c 'est
- 10:28pas la façon de faire, mais malheureusement,
- 10:30ça porte la signature du Parti libéral fédéral.
- 10:34Alors ça, il n 'y a pas un Québécois qui a accepté
- 10:37cette situation -là, que ce soit des chefs du
- 10:39Parti libéral d 'opposition officielle ou...
- 10:42Peu importe, personne n 'a accepté la Constitution.
- 10:45Vous avez eu, oui, une démarche exceptionnelle
- 10:47de M. Mulroney avec le fameux discours de cette
- 10:50île où il a dit que le Québec devrait revenir
- 10:52dans l 'honneur et l 'enthousiasme. Et on a eu
- 10:55ces ententes extraordinaires, l 'entente du Lac
- 10:57-Miche, où M. Mulroney avait réussi à faire consensus.
- 11:02Et puis, malheureusement, il y a des gens qui,
- 11:05par instinct, politiques partisans ont littéralement
- 11:08torpillé l 'entente du Lac -Mitch. Et malheureusement,
- 11:13ça porte encore une fois la signature du Parti
- 11:15libéral fédéral. Et ça, je le rappelle toujours
- 11:17à mes amis du libéral fédéral, chez les amis,
- 11:20c 'est à cause de vous autres que ça n 'a pas
- 11:21marché. Oubliez -le jamais, parce que moi, je
- 11:23m 'en souviens pas à peu près à parler de ça.
- 11:25Il y a eu par la suite la proposition de Charlottetown
- 11:28où on prévoyait, entre autres, des avancées majeures
- 11:31pour le Québec, la protection de 25 % des députés
- 11:35à la Chambre des communes. Les Québécois ont
- 11:37décidé de dire non à ça. Il faut respecter la
- 11:39volonté aussi. Vous savez, en démocratie, si
- 11:42on consulte la population, on la respecte. C
- 11:46'est sûr que c 'est dommage et c 'est malheureux.
- 11:48C 'est triste de voir que la constitution du
- 11:5217 avril 1982 n 'a jamais été signée par le Québec.
- 11:56C 'est dommage. Est -ce qu 'on le souhaite un
- 11:58jour? Ça serait vraiment profitable. Mais ça
- 11:59n 'empêche pas non plus le Québec d 'avoir assumé
- 12:02pleinement ses responsabilités, le Canada d 'assumer
- 12:05ses responsabilités et les provinces également.
- 12:08Vous savez, souvent, les gens me disent, ouais,
- 12:10mais moi ça, le Québec veut encore ça. Le Québec
- 12:12veut rien. C 'est pas une question de vouloir
- 12:14quelque chose au Québec, c 'est de respecter
- 12:16les ententes telles qu 'elles sont et les champs
- 12:18de compétences. Évidemment, le Québec, par sa
- 12:20nature même, par le fait que nous sommes une
- 12:23société... distingue, oui, une société, une nation,
- 12:27distingue évidemment dans le Canada, mais surtout
- 12:29une nation qui se distingue par le français.
- 12:31Le français sera toujours sous menace dans un
- 12:35océan anglophone tel que nous avons avec les
- 12:38États -Unis et le Canada, bien entendu. Alors
- 12:41oui, il faut y avoir des approches différentes
- 12:43pour le Québec par rapport à cette unité qui
- 12:45est quand même remarquable et qui est remarquée
- 12:47partout à travers le Canada. Rappelons -nous
- 12:50que M. Hopper commençait toujours ses discours
- 12:53en français. et était toujours fier de dire le
- 12:55Canada tel que nous le connaissons avec les Européens
- 12:58est né le 3 juillet 1908 avec l 'arrivée de Champlain.
- 13:03Et c 'est pourquoi moi quand j 'ai l 'occasion
- 13:05de parler du français, j 'aime bien dire au Canada
- 13:08que c 'est la langue de Champlain. Alors nous
- 13:10avons cette possibilité -là. de le faire à l
- 13:13'intérieur de la Constitution, que malheureusement,
- 13:17le Québec n 'a jamais fait ça, n 'a jamais reconnu
- 13:19ça. Puis moi, le premier, je trouve ça dommage
- 13:21que le Québec n 'ait pas été capable de le reconnaître
- 13:23et de le reconnaître pas plus aujourd 'hui. Je
- 13:25suis pas contre le fait qu 'on le reconnaisse
- 13:27pas. Je constate comme vous, mais je constate
- 13:29aussi que le Québec a quand même pu faire des
- 13:31avancées pour la nation, pour la population,
- 13:34à l 'intérieur de ce cadre fédéral -là. Mais
- 13:36je comprends ce que vous dites au niveau des...
- 13:38C 'est du partage des compétences puis du respect
- 13:41de ces compétences -là, mais est -ce que le Québec
- 13:43devrait poursuivre une démarche quelconque pour
- 13:46essayer par exemple de se faire reconnaître comme
- 13:48société distincte dans la Constitution? Parce
- 13:50que je sais qu 'il y a un travail qui a été fait
- 13:52par les conservateurs au fédéral en 2006, je
- 13:54me rappelle bien. C 'est une motion de la Chambre
- 13:57des communes. Ça a un statut symbolique, mais
- 13:59c 'est pas dans la Constitution elle -même. Est
- 14:01-ce que le Québec devrait... activement chercher
- 14:04à, par exemple, avoir une reconnaissance de société
- 14:06distincte dans la construction? Bien, évidemment,
- 14:08à partir du moment où vous ouvrez la constitution,
- 14:10vous ouvrez LA constitution. pas juste le paragraphe
- 14:14qui fait votre affaire. Et c 'est là que le défi
- 14:16existe. On reconnaît aussi au Québec le droit
- 14:19de bien vouloir faire le débat sur la Constitution
- 14:21et que si d 'aventure le gouvernement le fait
- 14:24adopter et que la Chambre de l 'Assemblée nationale
- 14:26l 'adopte, tant mieux, ça fait partie du champ
- 14:28de compétence dans le niveau provincial. Et c
- 14:32'est très bien ainsi. Je reviens encore à la
- 14:35question de base. Respectons les champs de compétences
- 14:38et enchassons -les dans les constitutions que
- 14:40l 'on souhaite. Si le Québec fait le débat actuellement,
- 14:43tant mieux. Je ne sais pas, à moi, dire si le
- 14:45débat actuel est bon ou mauvais. Qui a un débat,
- 14:47c 'est une bonne chose. Et que oui, à peu près
- 14:50tous les partis sont d 'accord pour avoir une
- 14:51constitution. Qu 'est -ce qu 'on met dedans?
- 14:53Ça fait partie du débat provincial et c 'est
- 14:55très bien ici. On ne réouvre pas la Constitution
- 14:56canadienne, on regarde ça comme ça, on essaie
- 14:58de respecter les compétences. Puis est -ce que...
- 15:01Monsieur Harper avait une promesse à l 'époque.
- 15:03d 'abolir le pouvoir fédéral de dépenser, est
- 15:06-ce que vous pensez que pour enlever cette tentation
- 15:08-là de dépenser dans le champ des compétences,
- 15:11on devrait trouver une façon quelconque de restreindre
- 15:13ou d 'éliminer ce pouvoir -là au fédéral? Bien,
- 15:16c 'est sûr qu 'au fil des années, il y avait
- 15:18eu des avancées, appelons -le comme ça, pour
- 15:22la fin de la discussion, sur des champs de compétences.
- 15:25Prenons uniquement la question de l 'universalité
- 15:27des soins de santé. La santé, ça relève des provinces,
- 15:30mais il y a une province qui a initié les soins
- 15:34de santé universels, ça s 'est passé en Saskatchewan,
- 15:37et à ce moment -là, bien, ça a fait tâche due
- 15:39à travers le Canada, et le fédéral l 'a assumé
- 15:42pour justement que ce soit une politique qui
- 15:45soit... d 'un océan à l 'autre. Et le Québec
- 15:47n 'a pas été le chef de file dans ce dossier
- 15:52-là. C 'est venu en Saskatchewan. Donc, ça veut
- 15:56dire que oui, des provinces peuvent avoir une
- 15:57idée qui peut être reprise ailleurs. Et là, le
- 16:00gouvernement fédéral a fait en sorte que ce soit
- 16:02une politique universelle à travers le pays.
- 16:05Alors, oui, il faut que les provinces s 'assument
- 16:08pleinement, que le fédéral peut avoir un rôle
- 16:11là -dedans, mais à mon point de vue, que le rôle
- 16:13doit être plus... unificateur que dictatorial.
- 16:17C 'est -à -dire, voici ce que vous devez faire.
- 16:19Assumons -nous que d 'un océan à l 'autre, les
- 16:21mêmes politiques ou les mêmes règles de santé,
- 16:24par exemple, s 'appliquent pour la reconnaissance
- 16:26des médicaments, entre autres. Ce serait déjà
- 16:28quelque chose qui pourrait être fort intéressant.
- 16:30Parce que je pense qu 'une maladie, que ce soit
- 16:33en Saskatchewan ou au Québec ou à Terre -Neuve,
- 16:35c 'est à peu près la même maladie. Alors, on
- 16:37devrait être capable. On devrait, comme pays,
- 16:41c 'est quand même extraordinaire de remarquer
- 16:43que le Canada est le pays qui a le plus d 'entente
- 16:46de libre -échange avec les autres pays que partout
- 16:48à travers la planète. Plus d 'une quarantaine
- 16:50et ça grâce entre autres à M. Ed Fass qui a été
- 16:52le ministre des Affaires du Commerce International
- 16:55sous M. Harper. Pourquoi je me souviens très
- 16:57bien de M. Fass? Parce que ça a été mon voisin
- 16:58de banquette quand j 'ai été lui en 2015. Quel
- 17:00privilège d 'avoir un homme de grande qualité,
- 17:02de grande expérience comme lui dans mes premiers
- 17:05pas à Ottawa. Nous sommes le pays qui est le
- 17:09plus fort en matière de libre -échange à travers
- 17:11le monde. Mais on n 'est pas capable de faire
- 17:13du libre -échange à travers nos dix provinces
- 17:14tornieuses. Ça n 'a pas de bon sens. Les événements
- 17:18ont concouru pour qu 'on puisse abattre certaines
- 17:20frontières. Tant mieux, le chemin est tracé.
- 17:23On a fait des avancées, mais bigre de bigre.
- 17:25Quand est -ce qu 'on va être capable de pouvoir
- 17:26faire du vrai libre -échange à travers toutes
- 17:28les provinces et qu 'on arrête d 'avoir des barrières
- 17:31plus symboliques qu 'aux choses, mais qui coûtent
- 17:33cher à mon point de vue à l 'économie canadienne?
- 17:35On devrait graigner davantage. on gagnerait davantage
- 17:38à avoir moins de barrières tarifaires entre les
- 17:40provinces. Faisons une parenthèse là -dessus.
- 17:42Comment est -ce qu 'on enlève des barrières tarifaires
- 17:44entre les provinces? C 'est les provinces elles
- 17:45-mêmes qui doivent s 'entendre, bien entendu.
- 17:48Le fédéral a un rôle à jouer et il est forcé
- 17:50de reconnaître que la plupart des barrières imposées
- 17:53par le fédéral ont été dissoutes au cours des
- 17:56deux dernières années. C 'est une bonne chose.
- 17:57Nous, on est pour les avancer dans ce domaine
- 18:00-là. On invite les provinces à avoir de meilleures
- 18:03ententes, mais les pires ententes, c 'est les
- 18:06ententes qui sont imposées. Alors, continuons
- 18:09d 'avoir cette conversation -là avec les provinces,
- 18:12c 'est une très bonne chose. Puis, vu que vous
- 18:13parlez de commerce, est -ce que le renouvellement,
- 18:18puis on va voir ça va donner quoi là avec ce
- 18:20qui se passe aux États -Unis, mais est -ce que
- 18:22le renouvellement de l 'ALENA... disons qu 'on
- 18:25est capable d 'aller chercher quelque chose qui
- 18:27est équivalent ou tel quel, c 'est quelque chose
- 18:28de souhaitable? Ben, c 'est sûr que le Canada,
- 18:32depuis le libre -échange de M. Mulroney en 1987
- 18:36-1988, tu dis 1987 -1988, parce que les grandes
- 18:38décisions ont été prises en 1987, mais la décision
- 18:42fondamentale a été l 'élection fédérale de 1988.
- 18:46Avec la ligne, là, on va effacer la frontière.
- 18:48Oui, c 'est toute cette bataille -là. Ça faisait
- 18:50partie du débat public et ça prenait ça, justement.
- 18:53Parce que rappelons -nous, qu 'en 1983, lors
- 18:56de la course au leadership du Parti conservateur,
- 18:58alors que, bon, qu 'a élu finalement M. Mulroney.
- 19:01Il y avait le débat, M. John Crosby, qui était
- 19:03un député de Terre -Neuve, avait suggéré d 'avoir
- 19:06une entente de libre -échange entre le Canada
- 19:07et les États -Unis. Il était le seul, dans le
- 19:10débat conservateur pour le leadership, à défendre
- 19:13cette position -là. Il y avait même un candidat
- 19:16qui avait dit à London, ça n 'a pas de bon sens.
- 19:18En ce cas, M. O 'Nellisfort, coucher avec une
- 19:20souris. Pas besoin de vous dire qui serait l
- 19:22'éléphant et qui serait la souris. vous avez
- 19:24peut -être compris que celui qui disait ça, c
- 19:27'était le petit gars de Bekomo, le monsieur Mulroney.
- 19:30Eh bien, voilà que monsieur Mulroney a changé
- 19:32d 'idée. Il était compte du rendez -vous à la
- 19:34chefferie. Il était compte à la chefferie. Mais
- 19:35pourquoi il était pour? Parce qu 'en 1985, il
- 19:38a été élu le 4 septembre 1984, mais en 1985,
- 19:42le rapport McDonald a été publié dans lequel
- 19:44on disait que le Canada serait plus fort avec
- 19:46une économie de libre échange. Les chiffres avaient
- 19:48changé, la situation avait évolué. Et donc, monsieur
- 19:51Mulroney s 'est fait maintenant partisan de ça.
- 19:53C 'est ce qui a conduit à l 'élection de 1988,
- 19:56l 'accord de libre -échange. Le M. Mulroney,
- 19:58l 'accord de libre -échange, c 'est épais comme
- 19:59ça. D 'ailleurs, John Crosby, qui était le ministre
- 20:01du commerce international, avait dit... Non,
- 20:03non, je n 'ai pas lu ça au complet. Crosby, c
- 20:06'était tout un personnage, comme d 'ailleurs
- 20:07tous les politiciens, beaucoup de politiciens
- 20:09éternels, il avait dit... Moi, quand j 'étais
- 20:11étudiant, je vendais des encyclopédies, puis
- 20:12je vous conviens que je ne les ai pas toutes
- 20:14lues. Il disait ça comme ça. Mais Brian, lui,
- 20:16M. Mulroney, pardon, lui, il l 'avait lu. Il
- 20:18avait fait un débat très sévère avec des chefs
- 20:20syndicalistes, des chefs syndicaux. et que M.
- 20:24Mulroney connaissait littéralement le libre -échange
- 20:26sous le bout de ses doigts et qu 'il était capable
- 20:28de cibler, de répondre à chacune des questions.
- 20:29Ce qui a fait que les gens sont dit, ok, le gars
- 20:31il connaît ça, on va voter pour lui. Et juste
- 20:34pour faire une petite parenthèse, ceci a conduit
- 20:36à la TPS, la fameuse TPS. Pourquoi? Parce qu
- 20:39'à l 'époque, avant qu 'arrive la TPS, qui est
- 20:42la taxe sur les produits et services que l 'on
- 20:43paye quand on achète un bien ou un produit, avant
- 20:46c 'était à la production. Alors une entreprise
- 20:49produisait un produit, il y avait une taxe à
- 20:52la production et après ça on le mettait sur le
- 20:54marché. Ça, ça marche. Et voilà, à la production
- 20:57et non pas à l 'achat. Ça, ça marche dans une
- 20:59économie qui est autonome, c 'est -à -dire que
- 21:01vous ne faites pas du libre -échange. Mais si
- 21:02vous faites du libre -échange et vous taxez votre
- 21:04produit à la production, là il devient défavorisé
- 21:07sur le marché international. Et comme on est
- 21:09un marché de libre -échange avec les États -Unis,
- 21:11nos entreprises étaient impactées par ça. Donc
- 21:14c 'est pourquoi qu 'on a eu la création de la
- 21:16TPS. Bon, d 'aucuns vont dire en 88, ce n 'en
- 21:19est pas inventé. En effet, ce n 'en est pas inventé.
- 21:22Mais par la suite, il l 'a fait. Et il a eu le
- 21:24verdict populaire en 93 où seulement deux seuls
- 21:27députés du Parti qu 'on a progressé, ces conservateurs,
- 21:30se sont fait élire. Mais, mais, on se retrouve
- 21:3330 quelques années plus tard, 40 années plus
- 21:35tard et la TPS existe toujours. Fait que c 'était
- 21:37peut -être pas si mauvais que ça, bien qu 'un
- 21:39seul chef politique s 'est engagé à le baisser.
- 21:42Et il l 'a fait de 7 à 6 à 5, soit les conservateurs
- 21:46de M. Hopper. Puis nous, au Québec, on a fait
- 21:48le choix de récupérer cet espace fiscal -là,
- 21:50ce qui est correct, je vous disais, dans le sens
- 21:51que c 'est un peu le principe du fédéralisme
- 21:53fiscal, quand Ottawa se libère d 'une certaine
- 21:58responsabilité fiscale et disait, moi, je prends
- 22:00plus ça, bien là, la province a le choix de décider
- 22:02de récupérer cet espace fiscal -là ou non. Chaque
- 22:04province est maître de ses destinés. Intéressant.
- 22:07Puis j 'aimerais ça vous amener sur un sujet
- 22:09un petit peu différent. Oui. J 'aimerais surtout
- 22:12parler de culture canadienne, parce que... Là,
- 22:16avec ce qui se passe aux États -Unis, bon, il
- 22:18y a eu des menaces qui ont été faites par le
- 22:19gouvernement américain, par le président américain
- 22:23de, bon, le 58e Éméta, tu sais, ces choses -là,
- 22:25puis on dirait que, là, le Canada essaie de se
- 22:28retrouver un peu une personnalité parce que...
- 22:31Je pense que les Canadiens anglais se définissent
- 22:33beaucoup comme pas américains. Mais je ne sais
- 22:37pas à quel point il y a eu beaucoup de réflexion
- 22:38qui a été faite sur c 'est quoi être Canadien.
- 22:40C 'est au Québec, je pense qu 'on a de la culture
- 22:41très très forte. Peu importe on est où dans le
- 22:45monde, on rencontre un Québécois ou dans la même
- 22:46nation, on est capable de connecter immédiatement.
- 22:50Il y a un peu moins ce phénomène -là au Canada.
- 22:52Est -ce que... de votre travail que vous faites
- 22:54à savoir, est -ce que vous percevez qu 'il y
- 22:56aurait peut -être un travail de nation building
- 22:59ou culture building à avoir au Canada? Absolument.
- 23:04C 'est vrai aussi que la culture fait partie
- 23:06de l 'identité d 'une nation, de l 'identité
- 23:08d 'un peuple, de l 'identité d 'un pays. Et ça
- 23:10même si... maintenant qu 'on vit sur la planète
- 23:13et qu 'on habite toujours sur la planète, mais
- 23:16que je veux dire par là, c 'est que les communications
- 23:17sont tellement rapides que ça en est vraiment
- 23:19fascinant de voir comment on peut en découvrir
- 23:22ça. C 'est pas exactement mon registre musical,
- 23:26mais Angine de Poitrine se connaît à un succès
- 23:29planétaire et c 'est assez spectaculaire. J 'aime
- 23:32ça. Pour que moi j 'aime ça, ça veut dire que
- 23:34ça va rejoindre tout le monde. Ça va rejoindre
- 23:36vraiment tout le monde. Et ça, ça vient de chez
- 23:39nous, ça vient du Québec, mais avant tout...
- 23:41remarqué, il n 'y a pas de langue là -dedans.
- 23:43Enfin, il y a une langue étrangère et extraterrestre.
- 23:47Oui, bien entendu, on gagne tous à mieux connaître
- 23:49la culture de l 'un et de l 'autre, que oui,
- 23:51on peut mieux s 'échanger sur le domaine culturel,
- 23:55puis qu 'il n 'y a pas de honte et de gêne à
- 23:57faire connaître les musiques et les chansons
- 23:59et la culture et les écrits, que ce soit que
- 24:01ça vienne de l 'Ontario, de la Saskatchewan ou
- 24:04du Québec ou peu importe. Tant mieux, tant mieux,
- 24:06tant mieux si on est capable de mieux connaître
- 24:08et de mieux apprécier la culture. de nos voisins
- 24:11et de notre propre culture qui est à nous. Je
- 24:14vous parlais tout à l 'heure qu 'on vit toutes
- 24:15sur la terre, oui, bien entendu, mais au moment
- 24:17où on enregistre cet entretien -là, eh bien,
- 24:20voilà que nous avons un Canadien qui est allé...
- 24:23dans l 'orbite autour de la Lune avec la mission
- 24:26Armesis 2. Et cette mission -là montre en lumière
- 24:30que oui, le Canada est une puissance spatiale.
- 24:34On l 'oublie trop souvent, mais nous sommes le
- 24:36troisième pays à avoir eu un satellite. Il y
- 24:38a eu les Russes avec Sputnik, après ça les Américains.
- 24:41Et nous, dès 1962, nous avions un satellite de
- 24:44télécommunication qui s 'appelait Alouette, un
- 24:46nom français. Soyons fiers de ça. Sans oublier,
- 24:49en 1981, le Canadarm, que l 'on a vu dans les
- 24:52manoeuvres. spatiale et que l 'on voit également
- 24:53dans la station internationale. Et aussi, on
- 24:56l 'oublie trop souvent, mais vous savez quand
- 24:58le lème allumit sur la lune en 1969, 70, 71,
- 25:02bien les pattes, le train d 'atterrissage ou
- 25:06d 'allumissage a été fait ici à Longueuil, chez
- 25:09Heroux. C 'est une production québécoise, canadienne,
- 25:12qui a fait en sorte que les Américains ont pu
- 25:13se mettre là -dessus. Alors d 'aucuns vont dire
- 25:15c 'est le Canada en premier qui a mis le pied
- 25:18sur la lune, pas tout à fait, parce que les Américains
- 25:20avaient pris soin de mettre une corde. de qui
- 25:22était un peu témoin pour une sonde, pour s 'assurer
- 25:24que... Ça, c 'est Américains, c 'est ça. Oh non,
- 25:27les scientifiques vont dire, au contraire, il
- 25:28fallait mesurer ça. D 'autres vont dire, bah
- 25:30non, au contraire, c 'est pour permettre aux
- 25:31Américains d 'être le premier à porter les hommes
- 25:33sur la ligne de faire ça. Mais ça, c 'est l 'histoire.
- 25:35Mais ce qu 'on a vu, quoi? Eh bien, on a vu un
- 25:38grand Canadien s 'exprimer dans les deux langues
- 25:40officielles. Et moi, j 'ai été très fier et très
- 25:43heureux de faire remarquer à tout le monde que,
- 25:45pour la première fois, le français était parlé
- 25:47d 'aussi loin. Et ça s 'est fait par un homme
- 25:49de chez nous, par un homme de... par un homme
- 25:52canadien et qui l 'a prononcé des phrases complètes
- 25:55et bien articulées dans un français impeccable,
- 25:59dans la langue de Champlain. C 'est bien. Et
- 26:01puis, est -ce que vous pensez que le gouvernement
- 26:04fédéral a un rôle à faire pour... maintenir,
- 26:08entretenir, développer cette culture canadienne
- 26:10-là ou c 'est quelque chose qui se fait plus
- 26:11de façon organique? C 'est plus dans les, je
- 26:15dirais, le gouvernement ne doit pas se mêler
- 26:17de ça, mais le gouvernement peut épauler, accompagner.
- 26:21Il y a une grande différence entre un gouvernement
- 26:22qui dit quoi faire puis un gouvernement qui accompagne
- 26:24les gens dans leur choix. Et c 'est là la grande
- 26:27différence entre un État centralisateur et un
- 26:29État qui travaille pour les citoyens. on les
- 26:32accompagne dans leur choix. C 'est leur choix
- 26:34parfait. On va vous donner un petit coup de main
- 26:35là -dessus. Comment est -ce qu 'on peut mieux
- 26:37diffuser la culture canadienne, mieux diffuser
- 26:40la culture en français et en anglais et la partager
- 26:44partout à travers le monde, sans oublier l 'extraordinaire
- 26:46découverte que nous faisons, que nous aurions
- 26:48dû faire bien avant sur les cultures des Premières
- 26:51Nations? Et moi, je sais de quoi je parle, parce
- 26:52que la vie a fait en sorte que je suis né à côté
- 26:55d 'une communauté autochtone Wandake, qui est
- 26:58établie évidemment depuis des millénaires, mais
- 27:00établie... de façon plus, je dirais, permanente
- 27:04dans la région de Québec. Moi, je suis un gars
- 27:06de Loretteville, j 'ai grandi d 'un côté. J 'ai
- 27:09été élevé avec des enfants autochtones. Pour
- 27:11moi, ça n 'a jamais été... J 'ai des amis intimes
- 27:13très proches depuis un demi -siècle avec qui
- 27:16j 'ai grandi quand j 'étais enfant. Pour moi,
- 27:18ça n 'a jamais été quelque chose de nouveau,
- 27:21qu 'est -ce qu 'on découvre un petit peu? Non,
- 27:23non, non, ça fait partie de ce que je suis parce
- 27:25que la vie a fait en sorte que je suis né à côté
- 27:27d 'une première nation. Donc, j 'ai grandi avec
- 27:29ça. Mais c 'est à nous tous de mieux connaître
- 27:32et de mieux l 'apprécier aussi. Et on sent que
- 27:34là -dessus, je dois reconnaître et je le reconnais
- 27:36à M. Trudeau, Justin, cette approche qu 'il a
- 27:39eu très positive face aux Premières Nations.
- 27:41Non sans oublier. Non sans oublier les drames
- 27:43qui ont été commis par le Canada face aux Premières
- 27:46Nations, à commencer bien entendu par les écoles
- 27:48résidentielles. Eh bien, souvenons -nous. que
- 27:51le 11 juin 2008, le premier ministre du Canada
- 27:54a offert les excuses pleines et entières et sincères
- 27:57officielles aux Premières Nations pour cet événement
- 28:00que l 'on peut qualifier de crime. Et pour la
- 28:03seule fois dans l 'histoire du Canada, du Parlement,
- 28:05Le chef, le grand chef des Premières Nations
- 28:07du Canada s 'est adressé à la Chambre des communes.
- 28:10Eh bien, ça, ça s 'est fait sur le gouvernement
- 28:11de M. Hopper. Et la première chose que j 'ai
- 28:13fait comme député en 2015, quand j 'ai été élu
- 28:16et que j 'ai ouvert mon bureau dans ma circonscription
- 28:19de Louis Saint -Laurent à Kerouanrac, c 'est
- 28:21de mettre la déclaration du premier ministre
- 28:23de 2008 sur les écoles résidentielles pour qu
- 28:27'on ne l 'oublie jamais. Est -ce que vous parlez
- 28:30du sujet qui est quand même délicat, mais c 'est
- 28:32un... C 'est un work in progress, la réconciliation
- 28:36autochtone. Je pense qu 'il y a eu un rapport
- 28:37qui a été fait, il y avait des recommandations.
- 28:39Tout à fait. Est -ce que vous pensez qu 'on est
- 28:41sur la bonne voie? Oui, c 'est sur la bonne voie.
- 28:43C 'est la bonne voie du respect de la réconciliation.
- 28:46C 'est en 2008, comme je vous l 'ai dit, que
- 28:48le premier ministre du Canada, c 'est le membre
- 28:50Stephen Harper, qui a offert les excuses aux
- 28:52représentations. S 'en est suivi la création
- 28:55de la commission d 'enquête royale sur les écoles
- 29:00résidentielles. des Premières Nations. Et le
- 29:03rapport a été déposé en 2015. Et il y avait six
- 29:08recommandations précises, si mes souvenirs sont
- 29:10bons, 70 à 75, les recommandations, si mes souvenirs
- 29:14sont bons, sur les écoles résidentielles et particulièrement
- 29:18sur les cimetières et les sépultures. Et donc,
- 29:23quand la tragédie des sépultures rejaillit malheureusement
- 29:26dans l 'actualité, d 'aucuns se surprenaient
- 29:31de voir que pourtant, bien des années avant,
- 29:34les recommandations avaient été faites, mais
- 29:35n 'avaient pas encore été appliquées. Alors,
- 29:37c 'est une question de respect d 'abord et avant
- 29:40tout, et de reconnaissance, et de respect positif,
- 29:43et non pas de respect de s 'apitoyer sur le sort,
- 29:47mais bien plutôt d 'apprendre et de comprendre
- 29:49pour après ça agir correctement. C 'est ça la
- 29:52réconciliation réelle. Intéressant, parce que
- 29:54vous pensez qu 'un jour ces premières nations
- 29:57-là seraient... ou devraient faire partie du
- 30:00pacte constitutionnel parce qu 'ils n 'ont pas
- 30:02vraiment été impliqués dans les discussions?
- 30:03Dans les discussions qui avaient cours dans ces
- 30:05années -là, non, mais bien entendu que oui, ça
- 30:08fait partie de toute façon, ça faisait partie
- 30:11des discussions si mes souvenirs sont bons avec
- 30:12Charles Tandre, ce qui était vraiment le premier
- 30:15avancé réel pour les Premières Nations au plan
- 30:17conditionnel, ce qui est la moindre des choses,
- 30:20mais qui commande aussi énormément de respect.
- 30:22J 'aimerais, avant qu 'on parle peut -être de...
- 30:25fédéral -provincial, la relation puis de votre
- 30:28expérience en même temps, parce que vous avez
- 30:29vécu les deux côtés de la clôture. Parler d 'immigration
- 30:32rapidement. Oui. Moi, je me rappelle encore,
- 30:35puis c 'est drôle parce que c 'est la deuxième
- 30:36entrevue que je fais où je le mentionne, mais
- 30:38ça m 'a quand même marqué pas mal. Je pense que
- 30:39ça a marqué beaucoup de Québécois. Je pense que
- 30:42c 'était 2021. Il y avait eu une journaliste,
- 30:46une commentatrice canadienne -anglaise qui avait
- 30:50demandé, si je me rappelle bien, aux chefs du
- 30:52Parti Québécois, Puis le préambule de la question,
- 30:54c 'est qu 'on sait que le Québec a un problème
- 30:56de racisme. We know Québec has a racism problem.
- 31:001921, campagne fédérale. Exact, c 'est ça. Il
- 31:03y avait une perception parce que... Puis vraiment,
- 31:09moi je suis un libéral au provincial, vraiment
- 31:11pas d 'accord avec toute la plateforme de la
- 31:12CAQ, mais il y avait une perception que parce
- 31:14qu 'on avait des discussions sur les seuils d
- 31:16'immigration, sur la laïcité, tout ça, il y avait
- 31:19un problème de racisme au Québec. Et là, l 'immigration,
- 31:23je pense que c 'était quelque chose qui était
- 31:24vu comme positif par tous les partis à Ottawa.
- 31:26Il n 'y a pas vraiment de restrictions, c 'était
- 31:28correct, c 'était une bonne chose. Et là, arrivent
- 31:30les quelques dernières années, une augmentation
- 31:32significative de l 'immigration. Là, il y a des
- 31:35désavantages qui viennent avec ça parce qu 'il
- 31:37y a toujours un trade -off, comme on dit, là,
- 31:40à tous les niveaux. Là, certaines réflexions
- 31:43qui commencent à Ottawa, savoir est -ce qu 'on
- 31:44accueille trop d 'immigrants, est -ce qu 'on
- 31:45devrait réduire les seuils? Même le gouvernement
- 31:47en place va réduire pratiquement les seuils.
- 31:50Est -ce que le Canada est en train de se poser
- 31:52les mêmes questions que le Québec s 'est comme
- 31:53un peu toujours posé? Absolument. Et d 'abord,
- 31:57je vais tout de suite confesser avec fierté et
- 32:00honneur ma situation. Je suis fils d 'immigrant.
- 32:02Mes parents sont arrivés en 1958, exactement
- 32:06le 22 août 1958, à Québec. Ils sortaient de la
- 32:10vie de bateau à Aerostar. C 'était la dernière
- 32:12traversée de l 'Atlantique, soit dit en passant.
- 32:15Bon, tout ça pour vous dire que, oui, je suis
- 32:18en faveur de l 'immigration, j 'en suis la preuve
- 32:20vivante. Quand on fait une immigration, pour
- 32:24faire assurer une immigration réussie, il faut
- 32:28respecter certains critères. Si on ne les respecte
- 32:31pas, ça fait une immigration qui est irresponsable.
- 32:34Et les premières victimes d 'une immigration
- 32:37irresponsable, ce sont les immigrants eux -mêmes.
- 32:41Donc, c 'est bien beau de promettre maire et
- 32:42monde, mais si on n 'est pas capable d 'assumer
- 32:44nos promesses, c 'est mieux de ne pas le faire
- 32:46parce qu 'on va générer que des déceptions. Et
- 32:49comme je le dis, les premières victimes d 'une
- 32:53éigration qui n 'est pas responsable, ce sont
- 32:55les immigrants eux -mêmes. Alors, quelles sont
- 32:57ces barraines que l 'on doit respecter? On doit
- 33:00respecter la capacité d 'accueil, qui repose
- 33:02à mon point de vue sur trois éléments. D 'abord,
- 33:04est -ce que des emplois disponibles? Est -ce
- 33:06qu 'il y a de l 'habitation disponible? Et est
- 33:09-ce que les services sociaux comme les écoles
- 33:11et les hôpitaux sont capables d 'accueillir des
- 33:16nouveaux arrivants? Alors moi, je ne suis pas
- 33:18dans le chiffre le plus élevé, ni dans le chiffre
- 33:21le plus bas, mais dans le chiffre le plus responsable,
- 33:24basé sur ces trois critères -là. Et ça adonne
- 33:26que ces trois critères -là, que l 'on parle de
- 33:28l 'emploi, de l 'habitation ou de la santé et
- 33:31de l 'éducation, ben ça adonne que ces éléments
- 33:33-là, ça relève du provincial essentiellement.
- 33:35Et c 'est pourquoi moi je suis très à l 'aise
- 33:38avec le fait qu 'on puisse accueillir tant de
- 33:40personnes dans telles provinces et tant de personnes
- 33:43dans une autre province. Parce que c 'est toutes
- 33:45les questions de l 'emploi, l 'habitation et
- 33:49les services sociaux qui sont rattachés à ça.
- 33:52Et donc il faut respecter la capacité d 'accueil.
- 33:55Si on ne le respecte pas, c 'est une émigration
- 33:58irresponsable dont les premières victimes sont
- 34:01les immigrants eux -mêmes. Et je reviendrai toujours
- 34:03là -dessus. Malheureusement, on a eu, pendant
- 34:06neuf ans de temps, un premier ministre qui, pour
- 34:08lui, bien, plus il y en a, mieux c 'est, puis
- 34:10on s 'arrangerait de toute façon quand on va
- 34:12être là. On a eu l 'histoire du chemin Roxane,
- 34:15qui était malheureux. C 'était malheureux cette
- 34:17situation -là, où c 'était marqué à l 'entrée
- 34:20que sur le territoire américain, si vous traversez,
- 34:23c 'est illégal de traverser, mais une fois que
- 34:25vous avez traversé, ce n 'est pas la façon de
- 34:32faire. Il y a une différence entre être illégal
- 34:34et après ça, pas la façon de faire. C 'est ça
- 34:36qui est choquant. quand on a une approche idéologique
- 34:39de porte ouverte puis la vie est belle, non.
- 34:41La réalité, c 'est que si on n 'est pas capable
- 34:43d 'accueillir correctement les immigrants, ce
- 34:45sont les immigrants eux -mêmes qui souffrent
- 34:47de cette réalité -là. Et c 'est pour ça qu 'il
- 34:49faut avoir une approche beaucoup plus humanitaire.
- 34:52qui est une approche dogmatique, tout à fait,
- 34:54les yeux ouverts. Humainitaire qui repose sur
- 34:56ces trois critères -là, est -ce qu 'on a des
- 34:58emplois, est -ce qu 'on a de l 'habitation, puis
- 35:00est -ce qu 'on a des services sociaux pour les
- 35:01accueillir correctement? Parce que des histoires
- 35:03à succès, il y en a une puis une autre. Puis
- 35:05on doit célébrer l 'immigration. On est un pays
- 35:07d 'immigrants à partir de 16108, comme le disait
- 35:11si bien M. Hopper. Alors oui, il nous faut avoir
- 35:14cette capacité d 'accueil, mais il faut la respecter
- 35:16aussi pour ne pas créer des problèmes chez les
- 35:19immigrants eux -mêmes. Si on se résume, j 'imagine
- 35:23que dans les prochains mois, dans les prochaines
- 35:25années, ce fameux consensus -là sur l 'immigration
- 35:29risque de changer, puis il risque d 'avoir des
- 35:30discussions sur trop d 'immigrants, pas assez
- 35:33d 'immigrants, ce qui n 'était pas vraiment le
- 35:35cas avant. Oui, c 'est vrai qu 'en effet, avant
- 35:38d 'autres temps, il n 'y avait pas ce type de
- 35:39discussion -là. À nouveau, souvenons -nous, il
- 35:42y a 12, 13, 14, 15 ans. gouvernement qui était
- 35:45en place, c 'était un gouvernement responsable
- 35:47qui ne faisait pas de l 'idéologie absolue par
- 35:49rapport à ça, mais bien au contraire, le Canada
- 35:52devait toujours être une terre d 'accueil, mais
- 35:55une terre d 'accueil qui respecte les gens que
- 35:57l 'on accueille ici. Et quand on ne les respecte
- 36:00pas et qu 'on ouvre la porte grosse de même,
- 36:02les premières victimes, ce sont les gens qui
- 36:03viennent chez nous. Faisons un peu, changeons
- 36:07un peu de registre. Allons provincial, fédéral.
- 36:10Vous avez connu les deux côtés. Bien sûr, vous
- 36:12avez été chef d 'un parti politique provincial
- 36:14aussi. Il y a quand même des fonctions importantes
- 36:16à Ottawa aussi. Comment est -ce que vous trouvez
- 36:19la distinction entre, disons qu 'on regarde juste
- 36:22le rôle de député, représentant... de la population
- 36:26à Québec ou Ottawa, c 'est quoi la différence
- 36:28entre les deux pour vous? 500 kilomètres. Vous
- 36:32êtes un gars de Québec. Le gars de Québec est
- 36:34à 15 minutes du Parlement, puis le gars de Québec
- 36:37est à 5 heures du Parlement. C 'est juste ça
- 36:39différent. Je caricature et je blague, je dis
- 36:42en sourire un coin, mais c 'est vrai. Le travail
- 36:43de député est essentiellement le même. D 'abord
- 36:45et avant tout, être en contact avec ses concitoyens,
- 36:49de rencontrer les gens sur une base quotidienne,
- 36:51que ce soit dans les cafés, que ce soit dans
- 36:53les événements, que ce soit... dans les visites,
- 36:54que ce soit dans les activités communautaires
- 36:56ou caritatives, c 'est d 'être en contact avec
- 36:59sa population et d 'écouter. Le meilleur politien,
- 37:01c 'est pas celui qui rare rare rare rare parle
- 37:03le plus, c 'est celui qui écoute le plus pour
- 37:05après ça mieux parler. C 'est bien beau à théorie,
- 37:08mais des fois, c 'est un peu plus rough que ça.
- 37:10Mais c 'est important d 'être toujours grandis,
- 37:12comme on dit, à l 'écoute de nos citoyens. Et
- 37:15c 'est ça, c 'est essentiel. Donc, le travail
- 37:18de député sur le terrain, la même chose. À la
- 37:20Chambre, c 'est à peu près la même chose aussi.
- 37:22Il y a des différences, mais mineures. Mais fondamentalement,
- 37:24on est là pour demander des comptes au gouvernement
- 37:27sur la gestion des fonds publics. On est là pour
- 37:29débattre des lois que l 'on pense ou qui sont
- 37:31bonnes ou qui ne sont pas bonnes. On est là pour
- 37:33les améliorer dans le travail qui se fait dans
- 37:35les comités parlementaires. mission parlementaire
- 37:37que l 'on dit aux provinciales. Et ça se fait
- 37:40correctement dans la mesure où on respecte aussi
- 37:43les adversaires et on travaille ensemble en équipe
- 37:45et que parfois on peut avoir des désaccords avec
- 37:47nos collègues, mais il faut avoir une forme d
- 37:50'unité plutôt que d 'uniformité. Quand ça veut
- 37:52dire c 'est quoi différent, c 'est qu 'uniformité
- 37:54c 'est qu 'on passe la gratte pour que tout le
- 37:56monde soit pareil. Au contraire, on forme une
- 38:00unité, mais avec parfois des points de vue différents.
- 38:02Et c 'est correct qu 'on travaille comme ça en
- 38:04équipe. Donc, fondamentalement... c 'est la même
- 38:06chose. Les petites différences que je dirais,
- 38:09c 'est qu 'à Ottawa, bon, on travaille en parlement
- 38:12plus longtemps sur une semaine de travail. Attention,
- 38:15quand je dis ça, je veux pas dire qu 'ils travaillent
- 38:17pas, c 'est pas ça. Je pense que c 'est des semaines
- 38:19de trois jours à Québec, cinq, c 'est plus condensé.
- 38:22C 'est plus condensé à Québec. À Ottawa, c 'est
- 38:24un petit peu, c 'est du lundi au vendredi, c
- 38:26'est une trentaine de semaines, à peu près la
- 38:28même chose, les commissions parlementaires et
- 38:29tout. Mais fondamentalement, c 'est le même travail.
- 38:32Moi, ce que j 'aime beaucoup dans le débat...
- 38:35parlementaire à Québec versus à Ottawa, c 'est
- 38:38lorsqu 'à Ottawa, à Québec, lorsqu 'on fait un
- 38:41discours sur un projet de loi par exemple, des
- 38:44députés qui ne sont pas de notre formation politique
- 38:47peuvent se lever et poser des questions. Mais
- 38:49il faut que celui qui est l 'orateur, qui a fait
- 38:50le discours, accepte de recevoir les questions.
- 38:53Alors des fois c 'est non, des fois c 'est oui.
- 38:55Généralement c 'est non. Je disais toujours oui,
- 38:57parce que j 'aimais ça. Mais alors qu 'à Ottawa,
- 39:00une fois que vous faites un discours, vous avez
- 39:02toujours une période de questions et réponses
- 39:03après votre discours. Ça veut dire quoi? Ça veut
- 39:06dire qu 'il faut que tu connaisses ton sujet,
- 39:07pas juste... Systématiquement, ça va te faire
- 39:09des questions. Et généralement, ce ne sont pas
- 39:11les plus faciles qui soient. Eh bien, tant mieux!
- 39:13Ça donne la chance de se préparer en vue de former
- 39:15le gouvernement et de répondre aux questions
- 39:17à tous les jours à la période de questions. Aussi,
- 39:19mathématiquement parlant, la différence entre
- 39:21la période de questions à Ottawa et au Québec,
- 39:23c 'est qu 'à Ottawa, les questions sont très
- 39:25courtes, 35 secondes à peu près. Il y a du plus
- 39:28de gens, c 'est ça. Et voilà, il y avait une
- 39:29quarantaine de questions différentes. Donc, ça
- 39:32vient de partout. D 'ailleurs, je tiens à saluer
- 39:34le premier ministre Trudeau, Justin Trudeau,
- 39:37tous les mercredis, quand il était en chambre,
- 39:39il était là quand même très souvent en chambre,
- 39:40beaucoup plus que l 'actuel premier ministre,
- 39:42tel que démontré par les statistiques récentes.
- 39:44Monsieur Trudeau répondait à toutes les questions
- 39:46le mercredi. Je salue cette contribution. Il
- 39:50n 'a pas eu une asexuelle le fait pas? Non. Quand
- 39:53il est en chambre. Ce qui n 'est pas très souvent,
- 39:56mais c 'est une autre histoire. Alors qu 'à Québec,
- 39:58les questions sont beaucoup plus longues et c
- 40:00'est correct. Les deux, c 'est pas mieux ou c
- 40:02'est pas pire. Moi, je préfère les petites questions
- 40:04courtes avec les réponses courtes et ping -ping
- 40:06-boum! Puis là, on y va tout de suite, c 'est
- 40:07bien ça, parce que t 'as quatre, cinq phrases
- 40:09maximum pour aller directement au point, pour
- 40:11montrer comment le gouvernement devrait améliorer
- 40:13la situation. Et la réponse, évidemment, vient
- 40:16de l 'autre côté, à peu près dans les mêmes temps.
- 40:18Fait que, c 'est comme vous voyez, c 'est des
- 40:21différences, somme toute, très mineures. Et le
- 40:23travail est le même. Ça doit être... Ce qui doit
- 40:24être particulier aussi, c 'est que là, bon, vous
- 40:26essayez à l 'un des culs... Parce que je pense
- 40:29que quand vous avez... Vous avez été un peu à
- 40:31la coalition amnésique. Oui, absolument. J 'étais
- 40:32chef de la DQ. On a fusionné après avoir consulté
- 40:35tous nos membres. De toute façon, pour le mémoire,
- 40:37c 'est à peu près le trois quarts des gens qui
- 40:38étaient en faveur de la fusion avec la CAQ, ce
- 40:40que nous avons fait. Et en 2012, l 'élection
- 40:42sous la CAQ et 2014 également. Fait que vous
- 40:44avez été, bon, dans un... un caucus avec des
- 40:48collègues. Puis là, le collègue, c 'est, je sais
- 40:52pas moi, Montérégie, Mauricie, Montréal, tout
- 40:56ça. Puis là, vous vous retrouvez à Ottawa, puis
- 40:58là, le collègue, c 'est Saskatoon, Nouveau -Brunswick,
- 41:05un peu partout. Ça va être particulier parce
- 41:07que là, c 'est pas pantoute la même équipe. Absolument,
- 41:09absolument. Bon, quand j 'étais chef de la Décu,
- 41:11on était quatre députés. Un caucus de quatre
- 41:17députés, s 'il y en a un qui n 'est pas content,
- 41:18ça ne fait pas mal. J 'en ai trois, deux autres
- 41:21à convaincre. C 'est pas évident non plus. Chaque
- 41:24situation, c 'est des défis. Alors qu 'à Ottawa,
- 41:26actuellement, notre caucus est de 140 députés.
- 41:29Ça, c 'est plus que le nombre de députés à l
- 41:30'Assemblée nationale. Alors, quand j 'expliquais
- 41:32ça à mes collègues qui avaient siégeé avec moi
- 41:35au provincial, j 'ai dit imagine -toi, l 'Assemblée
- 41:37nationale, c 'est ton caucus qui est de tapas
- 41:38ouest. C 'est ça. Puis d 'un océan à l 'autre
- 41:40aussi. Mais en même temps, ça démontre la richesse
- 41:43de ce pays et les différences qu 'il y a. dans
- 41:45ce pays -là, puis les éléments qui nous rassemblent
- 41:48et puis qui nous réunit aussi dans cette arène
- 41:51-là. Et c 'est tout à fait correct. On apprécie
- 41:53ça. Moi, j 'apprécie beaucoup le travail au fédéral.
- 41:57Dans les premières années, je voyageais beaucoup.
- 41:58Avec la COVID, ça ralentit le tout, mais j 'ai
- 42:02eu à me promener partout à travers le Canada
- 42:03quand il était question de revoir le système,
- 42:06le système des, comment on appelle ça, de réformes
- 42:09électorales que M. Trudeau avait promis, qui
- 42:11finalement n 'a pas fait. Je m 'étais promené
- 42:13pas mal à travers... aussi sur la question de
- 42:16ressources naturelles. J 'ai beaucoup voyagé
- 42:19à travers le pays pour promouvoir les richesses
- 42:22naturelles canadiennes. Moi, ça ne me rentrera
- 42:24jamais dans la tête qu 'on est un quatrième réservoir
- 42:26de ressources naturelles dites fossiles, mais
- 42:29on n 'est pas capable de développer ce potentiel
- 42:31-là. Tant et aussi longtemps qu 'on aura besoin
- 42:33du pétrole, moi, je vais me battre pour le pétrole
- 42:35canadien. Je ne peux pas croire que la moitié
- 42:37du pétrole qu 'on consomme, ça vient des États
- 42:38-Unis. S 'il y en a qui ça leur fait plaisir
- 42:40d 'envoyer des milliards de dollars à Donald
- 42:41Trump, c 'est leur décision. je préfère que ça
- 42:44reste ici au Canada. Ça peut payer, entre autres,
- 42:46nos programmes sociaux et puis la péréquation,
- 42:48ça peut être utile. En tout cas, c 'est ça de
- 42:50même. Est -ce que vous parlez de pétrole canadien?
- 42:55Vous voulez dire augmenter l 'utilisation de
- 42:57pétrole canadien au Québec, par exemple? Tant
- 42:59et aussi longtemps qu 'on en aura besoin, moi,
- 43:01je vais frapper pour les énergies et les ressources
- 43:04naturelles canadiennes. Ça sert à rien d 'acheter
- 43:07ailleurs quand on l 'a chez nous. Mais là -dessus,
- 43:09je vais vous conféresser tout de suite mon conflit
- 43:11d 'intérêt. Moi, je roule 100 % électrique depuis
- 43:14deux ans et demi. Ma voiture, c 'est une voiture
- 43:15électrique. Ben, j'disant pour cent, c 'est pas
- 43:16vrai. Parce que j 'ai une voiture antique, la
- 43:18Manic, qui roule à l 'essence. Mais ça, c 'est
- 43:20une autre histoire. Mais de façon générale, j
- 43:22'avais l 'air solide. Mais ça, c 'est une autre
- 43:23histoire. Mais, de façon quotidienne, depuis
- 43:26deux ans et demi, je roule avec ma voiture électrique.
- 43:28Oui, un conservateur roule avec une voiture électrique.
- 43:31Mais attention! Avant que les gens commencent
- 43:32à me lâcher des rôles, j'veux juste vous dire
- 43:34une chose. La voiture que j 'ai achetée, c 'est
- 43:35une voiture usagée. D 'abord, à moitié prix.
- 43:38J 'ai rien de chez Bourg -les -Pas. À moitié
- 43:39prix. Et deuxièmement, pas de subvention. Pas
- 43:42de subvention quand t 'achètes une voiture usagée
- 43:43électrique et pas d 'obligation. Alors oui, on
- 43:46est capable, respectons les gens, mais c 'est
- 43:49un choix que tu fais personnellement et non pas
- 43:52l 'obliger avec des cibles inatteignables comme
- 43:54on a vu sous l 'ère de M. Trudeau et qui sont
- 43:56naturellement, par la plupart des cas, maintenues
- 43:58avec le gouvernement libéral actuel. Laissons
- 44:01les gens choisir, on n 'a pas besoin de faire
- 44:02ça, mais tant il y a aussi longtemps qu 'on aura
- 44:04besoin du gaz naturel ou du pétrole ou d 'autres
- 44:08richesses naturelles de d 'autres minéraux. bien
- 44:11moi je vais me battre pour que ce soit du québécois
- 44:13et du canadien. Comme on fait pour avoir plus
- 44:15de pétrole canadien, je comprends qu 'on peut
- 44:18augmenter la production, disons, dans l 'ouest
- 44:20canadien, mais est -ce que... on construit un
- 44:24nouveau pipeline? Qu 'est -ce qu 'on fait pour
- 44:26alimenter? Si on avait construit le pipeline,
- 44:30qui malheureusement était très mal parti parce
- 44:32que les gestionnaires ont fait de graves erreurs
- 44:34à Énergie Est, je l 'avais condamné d 'ailleurs,
- 44:36j 'aurais dit qu 'ils m 'étaient d 'être grondés,
- 44:38mais que le projet comme tel aurait dû se faire.
- 44:40Eh bien, moi, je pense qu 'on aurait, aujourd
- 44:42'hui, la planète entière nous reconnaiserait
- 44:44et nous remercierait d 'avoir développé notre
- 44:47potentiel des ressources naturelles. plutôt que
- 44:50d 'aller prendre du pétrole ou du gaz naturel
- 44:53dans la Russie pour subventionner Poutine dans
- 44:55sa guerre d 'agression en Ukraine ou encore ce
- 44:58que l 'on voit actuellement dans le Moyen -Orient
- 44:59avec tous les problèmes que l 'on a avec l 'approvisionnement
- 45:03même de ces ressources naturelles dont nous avons
- 45:06besoin, dont tout le monde a besoin. On en a
- 45:08ici au Canada, on en a ici au Québec, pourquoi
- 45:10on serait pas capable de le développer correctement
- 45:12parce qu 'on le fait si bien. Le pipeline, c
- 45:15'est le tuyau qui promène de l 'énergie dite
- 45:19ancienne ou enfin de cette énergie -là, que ce
- 45:23soit le gaz naturel ou le pétrole. Il y en existe
- 45:26déjà des oléoducs au Québec. Il y en a pour 2
- 45:28000 kilomètres. Les pipelines, il y en a pas
- 45:31actuellement en dessous du fleuve Saint -Laurent.
- 45:33Pas un, pas deux, pas trois. Il y en a neuf pipelines
- 45:35actuellement en dessous du fleuve Saint -Laurent.
- 45:38Dans les années 2010, on a affronté, on a construit
- 45:40un pipeline qui fait de Lévis à Montréal. 260
- 45:44kilomètres, 600 terres différentes, 26 cours
- 45:48d 'eau traversées. C 'est tellement bien, c 'est
- 45:50tellement efficace que personne ne le sait, personne
- 45:52n 'en parle. C 'est dans les moyens les plus
- 45:55sécuritaires. Une fois que c 'est fait, c 'est
- 45:57fait. Oui, parce qu 'il y a toujours le risque.
- 46:00L 'alternative, c 'est toujours ça. L 'alternative,
- 46:02c 'est déplacement routier ou déplacement par
- 46:05train. Il y a des risques d 'accident, comme
- 46:07on a déjà vu dans les catastrophes, je pense,
- 46:09migrantiques. Il y a toujours l 'alternative
- 46:12que si on n 'a pas le choix de faire passer le
- 46:15pétrole par ce territoire -là, le train est beaucoup
- 46:17moins sécuritaire qu 'un pipeline qui est stable,
- 46:20qui ne traverse pas de route. Qui a ses défis,
- 46:22bien entendu. Il n 'y a rien qui est parfait,
- 46:24mais c 'est pas mal plus efficace. Et à preuve,
- 46:27le fameux, dont je vous parlais tout à l 'heure,
- 46:29le fameux Péplines -Saint -Laurent, qui va de
- 46:31Lévis à Montréal, personne ne le sait. parce
- 46:34que ça fonctionne bien. Est -ce que vous pensez
- 46:36que le Canada devrait commencer à se positionner
- 46:37comme un joueur dans des énergies propres maintenant
- 46:40que vous avez... Mais il le fait depuis toujours,
- 46:42puis il va continuer à le faire. Quand le feu
- 46:44vert a été donné dans les années 50 pour le grand
- 46:47développement de nos ressources naturelles hydroélectriques
- 46:49ici au Québec, rappelons -nous Manic 5 dont le
- 46:52feu vert a été donné en 1958, que les premiers
- 46:55coups de pelle ont été donnés, rappelons -nous
- 46:57Bersimis, alors qu 'en 1953 et 1956, on a ouvert
- 47:00des barrages à Bersimis en plein milieu de la...
- 47:03à 100 km à l 'intérieur des terres à partir de
- 47:06Forestville, sur la côte nord, où on avait une
- 47:09rivière, la rivière Bersimis qui était là et
- 47:11on a établi dans les années 50 deux barrages
- 47:15majeurs qui ont conduit par la suite à Manixing,
- 47:18qui ont conduit par la suite à la Bay James.
- 47:21Alors oui, on développe cette énergie -là et
- 47:23c 'est tant mieux. Il faut continuer à le faire.
- 47:25L 'un n 'empêche pas l 'autre et l 'un n 'est
- 47:27pas contre l 'autre. Tant et aussi longtemps
- 47:29qu 'on aura besoin des ressources naturelles,
- 47:31des formes d 'énergie, soyons les champions de
- 47:33nos énergies et de nos ressources naturelles
- 47:35canadiennes. Et qu 'on dit, oui, mais dans ce
- 47:38sens, continuons à développer les ressources
- 47:40pétrolières, parce que pour le moment, on en
- 47:42a besoin. Tant qu 'on en a besoin. Continuons
- 47:44la transition énergétique qu 'on a à ce niveau
- 47:46-là. L 'un n 'est pas contre l 'autre. Le problème,
- 47:48c 'est quand des idéologues les mettent l 'un
- 47:50contre l 'autre, puis que si par malheur, on
- 47:52n 'est pas dans cette religion -là de ci ou de
- 47:55ça, de l 'un ou de l 'autre, soit dit en passant,
- 47:58dans les deux cas, vous allez avoir des gens
- 48:00qui sont ultra pour et ultra contre, respectons
- 48:04l 'autre. Puis je pense que ça va bien aller.
- 48:06Parce qu 'ici, au Canada, on a de tout. Alors
- 48:08pas pour la question de fermer quelque chose,
- 48:10fermer le robinet sur l 'électricité verte ou
- 48:13sur les énergies fossiles. On en a besoin, prenons
- 48:17-en chez nous. Je me perds pas parce qu 'on n
- 48:19'a pas dit tout à l 'avant, mais le projet de
- 48:21TGV... Ça revient dans l 'actualité. Je suis
- 48:23curieux. C 'est quoi votre opinion du projet
- 48:25de TG? Alors nous sommes sortis publiquement
- 48:28au moment où on enregistre l 'entretien il y
- 48:30a déjà quelques semaines. Alors nous ne sommes
- 48:31pas en faveur de ça. C 'est un projet qui risque
- 48:34d 'avoir des dépassements de coûts pharaoniques.
- 48:37Malheureusement, on n 'est pas dans l 'état de
- 48:38la situation des finances publiques pour autoriser
- 48:40ça, non sans oublier. que ce qui a été fait jusqu
- 48:42'à maintenant, ça a été fait tout croche. Et
- 48:44je le dis de façon très cinglante à l 'endroit
- 48:46de ceux qui gèrent actuellement le projet Alto.
- 48:49Ils ont fait ça tout croche. D 'abord, pendant
- 48:50trois ans de temps, ils nous ont dit qu 'elle
- 48:52avait travaillé très fort pour un TGF, pour finalement
- 48:54vivre et boire en disant TGV, ce qui n 'est pas
- 48:57exactement la même chose, ce qui ne coûte pas
- 48:58exactement la même chose. Et que la première
- 49:01tronçon qu 'ils ont voulu faire, c 'est de faire
- 49:03des expropriations dans le territoire le plus...
- 49:07victimes des expropriations dans l 'histoire
- 49:09canadienne, c 'est -à -dire le secteur de Mirabel.
- 49:11C 'est incroyable comment ils n 'auraient pas
- 49:14pu faire pire que ça. Les gestionnaires d 'Alto,
- 49:16c 'est une bande de pas bons. Je pèse mes mots
- 49:18parce que, d 'abord pendant trois ans de temps,
- 49:20ils ont fait croire que c 'est un TGF pour finalement
- 49:22virer en TGV. Puis après ça, ils font les premières
- 49:25mesures d 'expropriation là où il y a eu la pire
- 49:28situation d 'expropriation dans l 'histoire canadienne.
- 49:30ils sont vraiment pas, ils sont vraiment partis
- 49:32de coche. Parce que je pense que les gens sous
- 49:34-estiment un peu qu 'est -ce que ça implique
- 49:36un TGV. Les gens comprennent, c 'est correct,
- 49:38là, c 'est pas, ouais, la population connaît
- 49:41tous les détails de ça, mais un TGV, à cause
- 49:44de sa vitesse, ne peut pas traverser une route,
- 49:46en tout cas, moins que ça ait changé, là, ne
- 49:48peut pas traverser une route, ne peut pas traverser
- 49:51n 'importe quelle autre voie de passage, ça veut
- 49:53dire que... Un virage se négocie sur 10 km. Bon,
- 49:55c 'est ça. Ça veut dire que si on a un TGV en
- 49:58Québec... puis Toronto, ça veut dire qu 'il faut
- 50:00soit un tunnel, soit un overpass à toutes les
- 50:04intersections entre Québec et Toronto sur le
- 50:06tracé. Parce que c 'est pas juste, on baisse
- 50:10le passage à niveau avec les lumières qui flashent,
- 50:13l 'attention de TGV arrive à 150. Et moi, je
- 50:15m 'arrive souvent de prendre le train pour aller
- 50:17à Montréal ou pas de Québec pour encore aller
- 50:19à Ottawa. Je comprendrais jamais comment ça se
- 50:21fait avec le train qui est capable de rouler
- 50:23jusqu 'à 146 km. Ça, c 'est le chiffre le plus
- 50:25beau, parce qu 'on a le chiffre, quand on est
- 50:27dans le train, 146 km, puis à un moment donné,
- 50:29pouf, on arrête en plein milieu. On arrête en
- 50:31plein milieu. On est là dans les belles terres
- 50:33de Saint -Apollinaire. Le train, il est là, il
- 50:35arrête. On attend une demi -heure, puis après
- 50:36ça, on repart. Je comprends. Ce matin, quand
- 50:39j 'ai parti de Québec pour venir ici pour faire
- 50:41l 'entrevue dans la région de Montréal, à Montréal
- 50:43même, pardon, sur le chemin, j 'ai vu sur le
- 50:46tour de vent, à ma gauche, le train qui était
- 50:48là arrêté. Plein de passagers. Comment ça? On
- 50:51n 'est pas capable de faire une voie de contournement
- 50:53quelque part pour justement permettre ça, permettre...
- 50:55Non. Mais on va dépenser des dizaines de milliards,
- 50:58on va avoir une centaine de milliards. Non. Et
- 51:02je vais peut -être clair sur une question un
- 51:05peu plus provinciale, parce que vous êtes quand
- 51:07même ancien chef de la DQ. Oui. La CAQ est en
- 51:11chefferie. Quand l 'entrevue va être diffusée,
- 51:13ils vont déjà avoir un nouveau chef, un nouveau
- 51:14premier ministre, qui va être nommé au Québec.
- 51:17Et là, c 'est quand même votre parti que vous
- 51:20avez fusionné à ce parti -là. Est -ce que vous
- 51:22voyez que la coalition Amnir Québec va survivre
- 51:25au départ de M. Legault? La décision est dans
- 51:27les mains des citoyens. Alors, je suis bête comme
- 51:30mes pieds, mais quand, tant et aussi longtemps
- 51:31que je suis en politique active, quand j 'étais
- 51:33au provincial, je ne qualifiais pas ce qui se
- 51:35passe au fédéral, puis au fédéral, je ne qualifie
- 51:37pas ce qui se passe au provincial et au municipal.
- 51:40J 'en ai assez dans mon champ de compétences
- 51:43pour revenir au propos du début de l 'entretien.
- 51:46Et je ne commencerai pas à jouer à Belmer ou
- 51:48au gérant d 'Estatte. J 'ai suivi juste pour
- 51:51vous donner quand même une réflexion, parce qu
- 51:53'on a beaucoup parlé de Simon Gelin Barrette
- 51:56récemment. Moi, je me souviens très bien de ce...
- 51:58jeune homme -là quand en 2012 on a fait la première
- 52:00campagne avec la CAQ et il faisait partie de
- 52:05la tournée B qu 'on appelle le chef de la tournée
- 52:06A. Puis la tournée B, c 'est l 'autre candidat
- 52:09qu 'une certaine réserve. M. Dr. Barrette était
- 52:11là, M. Jacques Ducheneau était là, Christian
- 52:14Dubé était là. Et on débarque dans le comté de
- 52:17Taillon, qui était le comté où se présentait
- 52:19un jeune homme, un jeune avocat de 25 ans du
- 52:22nom de Simon -Jolain Barrette. Je débarque de
- 52:24l 'autobus. Pouf! Je vois ce gars -là qui a une
- 52:26face... «Viens me voir, Monsieur Deltel, bonjour,
- 52:29content de vous voir, pa -pa -pa -plez comment,
- 52:31c 'était ma voie, tu as fait ta devoir, ce gars
- 52:32-là.» Et quand il s 'est fait élire en 2014,
- 52:35en 2012, j 'avais comme saisé le gars, j 'ai
- 52:38dit «OK, je pense qu 'on va le revoir pas mal,
- 52:40ce gailleur -là.» Et comme de fait, en 2014,
- 52:42il s 'est fait élire dans la circonscription
- 52:44de Bordua, un comté qui était piquile, je pense
- 52:46avant même que René Lévesque naisse, évidemment,
- 52:48je caricature un peu, mais quand même. Et voilà
- 52:50que ce gailleur -là s 'est fait élire, ce jeune
- 52:52homme -là s 'est fait élire dans Bordua. Les
- 52:55libéraux, les 2014, venaient me voir après à
- 52:58l 'Assemblée nationale. Jérôme, Jérôme, il est
- 52:59où, le gars qui a battu dans le pontier? Je veux
- 53:01le savoir, c 'est lui! J 'ai vu que tu l 'avais
- 53:03voté, ce gars -là. Et en terminant, sur M. Jolin
- 53:07Barrette, première rencontre qu 'on a de travail,
- 53:10on était avec François Bonnardel, M. Jolin Barrette
- 53:14et moi. Et là, on regarde les points qu 'on va
- 53:16aborder dans une conférence de presse. Puis là,
- 53:17il me dit, oui, mais vous vous pensez à telle
- 53:19affaire? Non? OK, bien là, il faudrait dire que
- 53:21t 'es chaud. OK, on va dire ça aussi. Non, non,
- 53:23si on dit ça, on ne dit pas ça. Trois, quatre
- 53:25affaires comme ça, mon homme. trois, quatre affaires,
- 53:27c 'est mon jeune abarthe, il nous a dit, attention,
- 53:29il nous a soulevé les flags, ils sont les problèmes.
- 53:31Je suis sorti de la rencontre, je regarde mon
- 53:33ami Bonnardel, je dis, ouais, Frankie, je pense
- 53:35que ce gars -là, il va aller loin pas mal. C
- 53:40'est intéressant parce que je pense qu 'à peu
- 53:41près mon âge, là, tu sais, en termes, puis moi,
- 53:43j 'ai toujours l 'intention de faire de la politique,
- 53:44tout ça, puis tu regardes qu 'est -ce qu 'il
- 53:47a fait à son âge, là, je veux dire, pour un gars
- 53:49qui... Je sais même pas si t 'appelles 40 ans
- 53:51encore, là, mais c 'est assez impressionnant.
- 53:53Je pense qu 'il a été... En tout cas, peu importe.
- 53:55On peut être d 'accord au point que c 'est réformé.
- 53:56Mais je pense qu 'on peut définitivement déterminer
- 53:59clairement que c 'est quelqu 'un d 'efficace.
- 54:01La loi 21, la loi 96, qu 'on soit pour, qu 'on
- 54:03soit contre, c 'est poser la question. C 'est
- 54:05ça qu 'on fait partie des legs des huit ans de
- 54:07la Côte -Dame de Québec. et c 'est le ministre
- 54:10responsable de ces deux lois -là fort. Et ça
- 54:13n 'a rien à voir avec est -ce que je suis d 'accord
- 54:15avec lui ou pas d 'accord avec lui. Un talent
- 54:17brut, on le reconnaît, il y en a dans tous les
- 54:19partis politiques. Et d 'ailleurs, la compagne
- 54:21fédérale provinciale pour l 'automne, ça s 'annonce
- 54:23de façon très, très, très, très intéressante.
- 54:26Ça t 'intéresse ça, puis c 'est drôle parce qu
- 54:27'un des premiers invités que j 'ai eu, c 'était
- 54:29Jean -Marc Fournier. Oui! Puis ce que j 'aime,
- 54:33c 'est ce que j 'ai discuté avec M. Fournier,
- 54:34c 'est... Toutes les gouvernements ont, tu sais,
- 54:37la personne qui va au battle tout le temps. Tu
- 54:39sais, la personne qui est, peu importe le dossier,
- 54:41il y a des dossiers compliqués. Cette personne
- 54:44-là, elle s 'enfuit pas des journalistes, elle
- 54:45s 'en va les voir puis elle les raconte, puis
- 54:47je pense que M. Jonathan Barrette, M. Fournier,
- 54:49à l 'époque, il était, mais M. Jonathan Barrette...
- 54:50Ah oui, le LIDA parlementaire a un peu ce rôle
- 54:52-là. J 'ai eu le privilège de le faire à la quête,
- 54:54j 'ai eu le privilège de le faire aussi avec
- 54:56Sue Aaron O'Toole. Disons que la PAC en devait
- 54:59aussi. Il faut savoir de quoi tu parles. C 'est
- 55:01comme tel dossier, qu 'est -ce qui se passe,
- 55:02c 'est quoi ta position. Il faut que tu saches
- 55:04à peu près tous les dossiers sur le bout de tes
- 55:05doigts, pis bonne chance. Pis en terminant, pour
- 55:08quelqu 'un qui a quand même une carrière comme
- 55:10journaliste, fait qu 'il a suivi l 'actualité...
- 55:12politique pendant des années, puis après ça qui
- 55:14a été politicien provincial -fédéral. S 'il y
- 55:17a des jeunes intéressés par la politique qui
- 55:19nous écoutent puis qui se disent, bon, ça vaut
- 55:22-tu la peine de faire tout ça? Quel conseil que
- 55:25vous donneriez à un jeune futur politicien, disons,
- 55:29basé sur votre expérience? Informez -vous et
- 55:31restez vous -même. N 'essayez jamais d 'être
- 55:34comme quelqu 'un. Soyez vous -même, inspirez
- 55:36-vous de ceux qui vous animent le plus. Même
- 55:39si c 'est des adversaires, vous leur trouvez
- 55:40une qualité dans son action politique, inspirez
- 55:44-vous de ça pour l 'appliquer à vous. Mais ne
- 55:45faites pas comme cette personne -là. Inspirez
- 55:48-vous des bonnes pratiques, peu importe le parti,
- 55:51peu importe le politicien ou la politicienne.
- 55:54Écoutez et informez -vous. Informez -vous sur
- 55:57tous les sujets qui vous animent. Informez -vous
- 55:59sur les... N 'ayez pas peur de vous challenger
- 56:01vous -même sur les croyances auxquelles vous
- 56:03avez, sur les principes auxquels vous voulez
- 56:07vous battre. Est -ce que c 'est vraiment la meilleure
- 56:09façon de faire? Quel est le contre -argument
- 56:11que l 'adversaire va amener pour que je puisse
- 56:13avoir moi des meilleurs contre -arguments par
- 56:15rapport à ça? Il ne faut pas avoir peur non plus
- 56:18de changer d 'idée en cours de route. Ça arrive.
- 56:20C 'est arrivé à René Lévesque, qui était un fédéraliste,
- 56:22qui est devenu un souverainiste. pas une maladie
- 56:24vénérienne, cela a changé d 'idée, mais il faut
- 56:26le faire sur les bons principes et sur le bon
- 56:29raisonnement que l 'on a. Donc oui, continuez
- 56:32à faire de l 'informe, à vous l 'informer correctement,
- 56:35à bâtir vos argumentaires, inspirez -vous des
- 56:38meilleures pratiques parmi les meilleurs hommes
- 56:40et femmes politiques que vous estimez inspirants.
- 56:42C 'est vrai pour ceux et celles qui sont là actuellement,
- 56:44mais c 'est vrai aussi pour le passé. Et aussi,
- 56:47ben, restez vous -même, parce qu 'un temps ou
- 56:50tôt ou tard... politique. Quand on joue en rôle,
- 56:52tôt ou tard, le masque va tomber, le maquillage
- 56:55va dégouliner et va apparaître dans toute saladeur
- 56:58le visage de la vérité. Arrangez -vous pour être
- 57:01vous -même quand ça va arriver. Quand vous êtes
- 57:03vous -même, le masque ne tombe jamais, vous êtes
- 57:05vous -même. Sur ces sages paroles, merci beaucoup,
- 57:08M. Delta, d 'avoir été avec nous. C 'est moi
- 57:09qui vous remercie. Merci d 'avoir été avec nous.
- 57:12Si vous avez aimé l 'épisode, abonnez -vous,
- 57:13laissez -nous vos commentaires pour qu 'on puisse
- 57:14s 'améliorer. À la semaine prochaine!