Latest / 7H40 Martin Buxant / Étienne de Callataÿ, économiste
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- 0:00Speaker 2: L'argent est plus que jamais au cœur des préoccupations, ainsi
- 0:02Speaker 2: va l'actualité. Étienne de Calataille, bonjour. Bonjour. Vous êtes économiste
- 0:05Speaker 2: et cofondateur d'Orcadia Asset Management, face à Buxan.
- 0:09Speaker 3: L'invité de LRTL, face
- 0:11Speaker 4: à Buxan. La suite de notre série, budget, qui va payer?
- 0:16Speaker 4: Étienne de Calataille, les familles, on l'a vu à l'instant
- 0:18Speaker 4: avec Benjamin, doivent déjà surveiller chaque dépense. Pourquoi, pour question,
- 0:22Speaker 4: pourquoi l'État doit-il encore trouver des milliards, 10 milliards d'euros
- 0:25Speaker 4: au fédéral, alors qu'on annonce des économies depuis des années
- 0:28Speaker 3: Parce que ce sera encore plus compliqué dans dix ans
- 0:30Speaker 3: ou dans vingt ans et que dans une perspective de
- 0:32Speaker 3: justice intergénérationnelle, on se doit de mettre de l'ordre. En fait,
- 0:36Speaker 3: si la situation économique aujourd'hui était catastrophique et que celle
- 0:39Speaker 3: d'après-demain allait être rose, ce serait stupide de vouloir avoir
- 0:43Speaker 3: un solde budgétaire à l'équilibre. Mais c'est plutôt l'inverse qui
- 0:46Speaker 3: nous attend. Ce qui attend les jeunes, c'est plutôt du
- 0:48Speaker 3: plus compliqué. Donc ne rajoutons pas une couche en leur
- 0:51Speaker 3: transmettant une grosse décision. Donc
- 0:53Speaker 4: c'est ici et maintenant. Et vous avez un mantra, Etienne
- 0:55Speaker 4: de Calataille, vous dites« Effort, efficacité, équité». Oui, les trois E.
- 0:59Speaker 4: Les trois E, pourquoi expliquer
- 1:00Speaker 3: L'effort, je viens de le dire, parce qu'en fait c'est
- 1:02Speaker 3: une question éthique de base, on se doit d'eux. Et
- 1:04Speaker 3: puis par ailleurs, je suis convaincu que nos citoyens, s'ils
- 1:07Speaker 3: avaient perception que l'État agit de manière efficace et juste,
- 1:11Speaker 3: ils accepteraient l'effort, ils se rendraient compte que c'est nécessaire
- 1:14Speaker 3: pour que les choses soient plus justes par rapport aux
- 1:16Speaker 3: générations futures et que ça fonctionne mieux ici. Et en
- 1:19Speaker 3: matière d'efficacité comme d'équité, il y a beaucoup à réformer.
- 1:21Speaker 3: Il y a beaucoup à réformer
- 1:22Speaker 4: on va en parler. Alors hier soir, Marie-Coline Leroy, la
- 1:24Speaker 4: coprésidente des Colos, proposait... 6 milliards d'euros d'investissement pour nous protéger, dit-elle,
- 1:28Speaker 4: du dérèglement climatique et relancer l'économie. La manière dont elle
- 1:32Speaker 4: veut financer cet investissement, vous l'avez comprise, puisque vous avez
- 1:35Speaker 4: regardé
- 1:35Speaker 3: l'émission? Oui et non. En fait, on peut la comprendre,
- 1:39Speaker 3: mais si on vient avec des mesures dont le caractère
- 1:42Speaker 3: implémentable n'était pas aussi contestable que celle auquel elle pense.
- 1:47Speaker 3: Donc la difficulté, c'est, nous le savons, il y a
- 1:49Speaker 3: une certaine mobilité dans les capitaux. Et si vous taxez
- 1:52Speaker 3: davantage ces capitaux, il y a un risque de les
- 1:55Speaker 3: voir partir. On observe déjà ça aujourd'hui, une érosion de l'impôt.
- 1:59Speaker 3: Ce n'est pas qu'on ait diminué votre taux d'imposition ou
- 2:01Speaker 3: le mien, mais les contribuables s'arrangent pour payer moins. Et
- 2:06Speaker 3: donc ça, malheureusement, ça ne semble pas toujours en prendre
- 2:08Speaker 3: compte
- 2:08Speaker 4: On ne va pas parler de cet impôt sur le
- 2:09Speaker 4: patrimoine dans un instant, mais Ecolo a notamment proposé des
- 2:12Speaker 4: transports publics à 1 euro pour compenser la hausse des
- 2:15Speaker 4: prix sur le carburant. Ça vous paraît crédible, ce genre
- 2:18Speaker 4: de proposition de
- 2:19Speaker 3: formule-là,
- 2:20Speaker 4: ou pas
- 2:20Speaker 3: Si l'idée, c'est de lutter contre la cherté du diesel,
- 2:24Speaker 3: absolument pas. Pourquoi? Parce que les études montrent que rendre
- 2:27Speaker 3: les transports en commun gratuits, ça ne réduit pas la
- 2:30Speaker 3: pression automobile. C'est simplement, en fait, ça va... Des tentatives
- 2:35Speaker 3: ont été faites. À Selle, tout un temps, les transports
- 2:37Speaker 3: en commun étaient gratuits.
- 2:37Speaker 2: On n'a pas vu le nombre de voitures.
- 2:38Speaker 3: Ça ne fonctionne pas. Alors, ça peut avoir d'autres vertus,
- 2:41Speaker 3: mais pas celle d'avoir moins de voitures. Donc, il n'y
- 2:43Speaker 3: aura pas moins de consommation de diesel. Or, le prix
- 2:45Speaker 3: du diesel élevé, c'est parce qu'il y a un déséquilibre
- 2:47Speaker 3: entre l'offre et la
- 2:48Speaker 4: demande. Et baisser le poids des taxes, justement, sur ce diesel, ça,
- 2:52Speaker 4: c'est la solution ou
- 2:52Speaker 3: pas? Non, c'est encore plus bête. Parce qu'en fait, ce
- 2:55Speaker 3: qu'il nous faut aujourd'hui, quand il y a trop de
- 2:56Speaker 3: demandes de diesel par rapport à l'offre de diesel, c'est
- 2:58Speaker 3: réduire la demande de diesel. Et ce n'est pas en
- 3:01Speaker 3: diminuant les axes qu'on va réduire la demande de diesel.
- 3:03Speaker 3: Donc
- 3:04Speaker 4: il y a une demande de diesel qui va crescendo.
- 3:06Speaker 4: Alors sur la TVA, Étienne de Calataï, qu'est-ce que vous dites?
- 3:09Speaker 4: Il y a un débat au sein du gouvernement, il
- 3:11Speaker 4: faut une baisse de la TVA ou pas
- 3:15Speaker 3: La TVA est souvent perçue comme un impôt antipathique et
- 3:18Speaker 3: antisocial parce que proportionnellement, les personnes à faible revenu consomment
- 3:21Speaker 3: l'intégralité de leur revenu, donc vont payer une augmentation de
- 3:23Speaker 3: TVA sur tout leur revenu, là où les personnes plus
- 3:25Speaker 3: aisées n'en consomment qu'une partie. Mais il faut avoir une
- 3:28Speaker 3: analyse qui va au-delà de cela. Qu'est-ce que vous faites
- 3:30Speaker 3: des recettes de la TVA? Ou qu'est-ce que vous feriez
- 3:32Speaker 3: à la place si vous n'augmentiez pas la TVA? Et
- 3:34Speaker 3: vous pourriez alors prendre des mesures qui seraient socialement encore
- 3:37Speaker 3: plus dommageables. Donc je pense que la TVA, une augmentation
- 3:39Speaker 3: du taux, par exemple à 22%, c'est une mesure efficace, rapide,
- 3:44Speaker 3: et qui, compte tenu de ce qu'on pourrait faire à
- 3:46Speaker 3: la place, est certainement envisagée. Donc
- 3:48Speaker 4: ce que le gouvernement fédéral devrait considérer, sur l'exemple à suivre,
- 3:51Speaker 4: Étienne de Calataille, en termes de redressement des finances publiques,
- 3:53Speaker 4: à vos collègues économistes? sont en rang dispersé, puisque lundi,
- 3:56Speaker 4: Roland Gillet nous disait l'Espagne, hier, Charlotte de Montpellier citait
- 3:59Speaker 4: l'exemple des Pays-Bas. Vous
- 4:01Speaker 3: dites quoi, vous? Allons encore plus au nord et pensons
- 4:03Speaker 3: aux pays scandinaves, la Suède. La Suède est un pays
- 4:06Speaker 3: qui avait des points de comparaison avec la Belgique, notamment
- 4:10Speaker 3: un État extrêmement présent. Et aujourd'hui, on voit que le
- 4:14Speaker 3: poids des dépenses publiques dans l'économie suédoise a baissé. Donc
- 4:18Speaker 3: il y a moyen d'aller vers un État qui fait moins,
- 4:21Speaker 3: sans que l'état de santé mentale, sans que le bien-être
- 4:24Speaker 3: de la population n'ait trop à en souffrir. Donc un
- 4:26Speaker 3: État qui fait moins et qui est plus efficace, c'est
- 4:28Speaker 3: ça la recette? Oui, imaginez, si vous aviez une fiscalité moindre,
- 4:32Speaker 3: vous passeriez moins de temps à remplir votre déclaration d'impôt,
- 4:34Speaker 3: il y aurait moins besoin de contrôleurs. Pourquoi est-ce que
- 4:37Speaker 3: nous avons autant d'agents au fisc en Belgique qu'aux Pays-Bas,
- 4:39Speaker 3: alors qu'il y a 60% d'habitants en plus aux Pays-Bas?
- 4:41Speaker 3: C'est parce qu'on a une fiscalité, c'est pas qu'ils sont
- 4:43Speaker 3: plus paresseux. Donc on est inefficace, quoi. Oui, on est
- 4:45Speaker 3: inefficace
- 4:46Speaker 4: Etienne de Calatay, l'impôt sur les grandes fortunes, ça va
- 4:49Speaker 4: rapporter ou pas à l'État? Très difficile
- 4:51Speaker 3: C'est-à-dire que
- 4:52Speaker 4: c'est volatile.
- 4:53Speaker 3: Très difficile à dire. Donc là, les économistes sont partagés.
- 4:56Speaker 3: Est-ce que ça va générer un exode de la part
- 4:59Speaker 3: des populations concernées? Certains disent oui, d'autres disent non. On
- 5:03Speaker 3: ne sait pas répondre de manière ferme à cette question.
- 5:06Speaker 3: Donc il y a une incertitude.
- 5:07Speaker 4: Il y a une vraie question, mais c'est quoi une
- 5:09Speaker 4: grande fortune pour vous? Un grand patrimoine? Là aussi, il
- 5:12Speaker 4: y a débat. 500 000
- 5:13Speaker 3: euros
- 5:13Speaker 4: 1 million d'euros,
- 5:14Speaker 3: on entend tout. Le PTB avait cité 5 millions. En
- 5:17Speaker 3: tout cas, ce que je pense devoir être mis dans
- 5:19Speaker 3: la balance, c'est qu'il faudrait tenir compte non seulement de
- 5:22Speaker 3: votre patrimoine en banque, mais aussi en immobilier. Il n'y
- 5:25Speaker 3: a pas de raison d'aller taxer différemment celui qui a
- 5:27Speaker 3: 30 cotes par rapport à celui qui a 1 million
- 5:29Speaker 3: sur un compte en banque. Donc,
- 5:32Speaker 4: là où on mettra la barre, c'est très, très difficile
- 5:34Speaker 4: de répondre. Vous êtes circonspect sur cette question, la taxation
- 5:37Speaker 4: du patrimoine. On vous entend. Le président du MR, Georges Boucher, parle, lui,
- 5:40Speaker 4: des syndicats et des mutualités, comme je le cite, des
- 5:42Speaker 4: vampires de l'argent public. Le président des colonnes n'est pas
- 5:44Speaker 4: d'accord avec lui et dit qu'il n'y a pas d'argent
- 5:46Speaker 4: à récupérer dans ces structures. Votre avis? Il y
- 5:48Speaker 3: a certainement de l'argent à prendre. Je pense que c'est
- 5:50Speaker 3: anecdotique et symbolique. Et donc, je ne pense pas qu'il
- 5:52Speaker 3: faille que le débat porte là-dessus. Et donc, c'est un
- 5:54Speaker 3: petit peu dommage de les pointer ainsi du doigt. Ceci dit,
- 5:56Speaker 3: si on pense aux mutuelles, je pense que les mutuelles, aujourd'hui,
- 5:59Speaker 3: rendent des services qui sont en dehors de ce qu'on
- 6:01Speaker 3: attendrait normalement d'elles. Et par ailleurs, que leur rôle en
- 6:04Speaker 3: matière de contrôle de ceux qui sont malades, ce n'est
- 6:07Speaker 3: pas la bonne répartition des rôles. Donc
- 6:09Speaker 4: recentrer l'action des mutualités, alors. Etienne Dekalata, il a Flandre,
- 6:13Speaker 4: vient de boucler son budget. ils vont taper dans les
- 6:16Speaker 4: allocations familiales. On l'a entendu juste à l'instant avec Benjamin,
- 6:19Speaker 4: ce n'est pas le cas en Wallonie. On y pense. Vous,
- 6:22Speaker 4: votre avis d'économiste?
- 6:23Speaker 3: Il faut y penser. Parce qu'effectivement, les allocations familiales sont
- 6:27Speaker 3: plus élevées chez nous, que la situation budgétaire est encore
- 6:29Speaker 3: plus compliquée chez nous. Et troisième élément, le coût de
- 6:32Speaker 3: la vie est moins élevé en Wallonie qu'en Flandre, en
- 6:33Speaker 3: particulier le logement. Donc en fait, quand vous donnez le
- 6:35Speaker 3: même montant en apparence à un enfant francophone et à
- 6:38Speaker 3: un enfant néerlandophone, des facteurs en termes de pouvoir d'achat
- 6:41Speaker 3: vous donnaient plus. Alors la difficulté, c'est que la situation
- 6:44Speaker 3: des familles est en moyenne plus difficile en Wallonie. On
- 6:47Speaker 4: est plus
- 6:47Speaker 3: pauvre en
- 6:47Speaker 4: Wallonie qu'en
- 6:47Speaker 3: Florent. Mais en fait, on est de haut mur, donc
- 6:49Speaker 3: on va devoir faire des économies, y compris dans ce secteur-là.
- 6:51Speaker 4: Le retour du pointage quotidien pour les chômeurs, les demandeurs d'emploi,
- 6:55Speaker 4: proposition du MR encore une fois, vous êtes pour ou pas?
- 6:57Speaker 4: Je trouve ça
- 6:58Speaker 3: Ça peut rapporter pour les gens qui ont
- 6:59Speaker 4: le travail au noir
- 7:01Speaker 3: Je trouve ça stigmatisant. Il faut lutter contre le travail
- 7:03Speaker 3: au noir, mais autrement. S'il y avait une véritable volonté
- 7:06Speaker 3: de lutter contre le travail au noir dans le restaurant,
- 7:08Speaker 3: on ne vous donnerait pas d'abord un ticket pro-format avant
- 7:10Speaker 3: de vous donner une souche TVA
- 7:12Speaker 4: Si vous deviez proposer demain matin une seule mesure pour
- 7:16Speaker 4: redresser les comptes tout en protégeant les ménages, vous diriez
- 7:18Speaker 4: quoi
- 7:20Speaker 3: Je pense qu'il faut regarder du côté des soins de santé.
- 7:22Speaker 3: C'est aujourd'hui un poste important. Alors c'est difficile à dire
- 7:25Speaker 3: à un moment où on l'a bien vu au moment
- 7:26Speaker 3: de la Covid, la santé est fondamentale. Mais je pense
- 7:28Speaker 3: qu'il y a en matière d'organisation des soins de santé,
- 7:30Speaker 3: moyen de dépenser nettement moins en n'ayant pas un impact
- 7:34Speaker 3: trop négatif sur l'état de santé de la population
- 7:36Speaker 4: Ce soir, je recevrai dans le RTL Info 19h Yvan Vroustrade,
- 7:40Speaker 4: le président des engagés. Quelle question précise vous aimeriez que
- 7:42Speaker 4: je lui pose
- 7:44Speaker 3: En fait, j'ai été très surpris par sa déclaration relative
- 7:47Speaker 3: à la dureté du monde politique. Enfin, pas vraiment surpris,
- 7:50Speaker 3: mais quand il annonce que c'est tellement dur qu'il arrêtera,
- 7:53Speaker 3: je veux dire, qu'est-ce qu'il faudrait entreprendre pour que l'engagement
- 7:57Speaker 3: en politique ne soit pas aussi compliqué et qu'il n'y
- 8:01Speaker 3: ait pas une telle violence dans le débat politique
- 8:06Speaker 2: Je retiens ce matin, vous avez une vertu qui est
- 8:08Speaker 2: la clarté et des convictions très claires. Donc sur les
- 8:10Speaker 2: allocations familiales, oui, il faut y penser à la réforme.
- 8:13Speaker 2: Sur le patrimoine, vous prenez en compte l'immobilier. Les 22%
- 8:16Speaker 2: de TVA, vous aimez. La fiscalité complexe et inefficace, voilà
- 8:20Speaker 2: pourquoi on a autant de contrôleurs en Belgique. Et la
- 8:24Speaker 2: certitude que si on taxe les capitaux, il y a
- 8:26Speaker 2: un risque de voir partir les plus gros revenus ou
- 8:28Speaker 2: les plus gros montants. Vous avez donc des convictions qui
- 8:30Speaker 2: sont claires. Merci d'être resté avec nous, Etienne de Calataille,
- 8:33Speaker 2: et bonne journée.