Latest / ArtEcoVert La voix de la couleur végétale et des plantes tinctoriales / CETI - Maude Vulliet et Pascal Denizart - L'innovation de rupture et durable avec la couleur végétale et l'écodesign des fibres
Transcript
- 0:00Bonjour et bienvenue dans le podcast ArtEcoVert,
- 0:03le podcast qui vous parle d'art,
- 0:05d'écologie et de verdure.
- 0:07Je suis Pauline Leroux,
- 0:09ingénieure agronome passionnée de plantes,
- 0:11et je vous emmène à la découverte de la couleur végétale et de toutes ses applications.
- 0:16Que ce soit dans le textile,
- 0:18l'ameublement,
- 0:19l'artisanat,
- 0:20la décoration et dans d'autres domaines,
- 0:23chaque jeudi et samedi à 7h30,
- 0:26je vous propose des épisodes riches avec des invités passionnants.
- 0:30pour approfondir le sujet de la couleur végétale sur toute la chaîne de valeur.
- 0:35Mon but,
- 0:36fédérer et démocratiser la couleur végétale dans nos vies.
- 0:40Alors c'est parti,
- 0:41bonne écoute !
- 0:45Bonjour à tous,
- 0:46je suis ravie d'accueillir sur le podcast Aréco Vert,
- 0:49Pascal Denizart et Maude Vulliet du CETI.
- 0:53Bonjour à tous les deux.
- 0:54Bonjour
- 0:56Alors du coup,
- 0:57on ne va pas respecter la courtoisie,
- 0:59on va demander à Pascal de se présenter et de présenter surtout le CETI,
- 1:06donc Centre Européen des Textiles Innovants,
- 1:09de nous parler un petit peu de la genèse et des objectifs de ce CETI.
- 1:16Oui,
- 1:16donc bonjour,
- 1:16je suis Pascal Denizart,
- 1:18je dirige le CETI depuis maintenant plus de dix ans,
- 1:21CETI,
- 1:22Centre Européen des Textiles Innovants.
- 1:24Je suis de formation ingénieur textile,
- 1:25je crois que j'ai baigné dans le textile depuis que je suis tout petit,
- 1:29et je suis surtout un passionné d'innovation et d'innovation de rupture.
- 1:34Donc,
- 1:35pourquoi j'ai pris la direction du CETI il y a dix ans ?
- 1:38Parce que le CETI est une plateforme européenne d'innovation,
- 1:41c'est-à-dire c'est la plateforme française qui,
- 1:44aujourd'hui en Europe,
- 1:46est dans un réseau de plateformes européennes,
- 1:49European Technology Platform,
- 1:51et qui va...
- 1:53à se différencier par rapport à nos homologues allemands,
- 1:57d'Europe du Nord,
- 1:59anglais,
- 2:00qui va se différencier par son positionnement,
- 2:03positionnement non pas sur la performance uniquement des textiles,
- 2:07puisque notre ADN est de textiles,
- 2:09notre ADN c'est de prototyper,
- 2:11de l'innovation,
- 2:12mais qui va se différencier par une réponse à un enjeu sociétal.
- 2:18En effet,
- 2:18le CETI depuis 2014,
- 2:20donc depuis…
- 2:21dix ans maintenant,
- 2:23travaillent sur la transformation des textiles au service d'une filière textile élargie.
- 2:32Alors,
- 2:32qu'est-ce qu'on entend par une filière textile élargie ?
- 2:35C'est-à-dire non seulement la filière textile où on met au point des fils,
- 2:40des tissus,
- 2:42de l'habillement,
- 2:43donc la filière qui intègre aussi élargie à la distribution,
- 2:47élargie au luxe,
- 2:48mais une filière aussi qui est au service.
- 2:51des utilisateurs de textile,
- 2:52en particulier des textiles à usage technique.
- 2:55Donc,
- 2:55on s'est mis au service de cette filière textile élargie pour,
- 3:00effectivement,
- 3:01travailler sur la durabilité et donc,
- 3:06depuis l'éco-design,
- 3:07travailler sur les nouvelles fibres à condition,
- 3:10effectivement,
- 3:11qu'elles répondent à notre enjeu environnemental.
- 3:15D'accord.
- 3:16Donc,
- 3:16on va transformer… Je m'excuse,
- 3:18je vais couper.
- 3:18On va transformer…
- 3:19on va transformer les process,
- 3:21les produits,
- 3:22les business models et essayer d'avoir une nouvelle culture d'entreprise autour de ces enjeux liés au développement durable.
- 3:31Ok,
- 3:32top.
- 3:32Donc,
- 3:32un des drivers quand même du CETI,
- 3:35c'est aussi de suivre toute la partie législation qui se durcit surtout là en ce moment et donc du coup d'y répondre,
- 3:42même d'avoir peut-être un coup d'avance.
- 3:44Absolument.
- 3:45On est sur l'innovation de rupture,
- 3:47ça veut dire que...
- 3:48On nous attend pour essayer d'amener une vision sur l'innovation et ce coup d'avance qui est indispensable pour retrouver une compétitivité et une place de l'Europe dans l'innovation textile.
- 4:02L'Europe et donc de la France,
- 4:04puisque nous avons la chance d'être dans un pays qui est reconnu pour son textile,
- 4:09pour sa mode,
- 4:09pour son luxe,
- 4:11et qui donc peut prendre un leadership en Europe par rapport à la feuille de route textile.
- 4:17Donc c'est...
- 4:18C'est tout l'enjeu.
- 4:20Vous parliez de régulation.
- 4:22Nous,
- 4:23on voit l'opportunité de cette régulation parce qu'il faut,
- 4:27à un moment donné,
- 4:28travailler à armes égales et que les règles du jeu soient les mêmes pour tout le monde.
- 4:32Donc,
- 4:33si on veut promouvoir un textile aujourd'hui vertueux et une industrie aussi vertueuse,
- 4:41il faut que les éléments de différenciation qui vont...
- 4:45être derrière cette promesse et les investissements que l'on va faire,
- 4:49donc que la zone de risque qui va être prise par les entreprises,
- 4:55que nous puissions...
- 4:56par rapport à ça,
- 4:57jouer une partie avec des règles du jeu qui soient claires et qui ne soient pas,
- 5:02à un moment donné,
- 5:03mises à mal,
- 5:04notamment par l'ultra-fast fashion.
- 5:06Et alors du coup,
- 5:08Pascal,
- 5:09est-ce qu'il n'y aura pas un Europe contre le reste du monde ?
- 5:12Parce que là,
- 5:13si c'est vraiment les normes européennes,
- 5:15on sait que d'autres pays,
- 5:17les États-Unis,
- 5:18la Chine,
- 5:18etc.,
- 5:19font un peu aussi leurs propres règles,
- 5:23mais presque.
- 5:24On va être tout à fait clair pour notre petite planète,
- 5:28cette régulation n'est pas qu'européenne.
- 5:30Je dirais que l'Europe est en train de rattraper son retard en termes de régulation.
- 5:34Si on regarde les États-Unis,
- 5:36la régulation existe déjà par rapport aux taxes qu'il peut y avoir aussi pour rentrer sur le territoire américain.
- 5:46Donc à un moment donné,
- 5:47les États-Unis,
- 5:48je crois,
- 5:50on a en tête America First.
- 5:53On joue une partie avec des règles qui sont les règles américaines.
- 5:57L'Europe va mettre des règles les plus internationales possibles pour ne pas se priver,
- 6:01notamment aussi du marché américain.
- 6:03D'ailleurs,
- 6:03le CETI travaille pour plus de 10% avec des acteurs américains,
- 6:06des grandes marques américaines.
- 6:09On n'est pas les seuls non plus,
- 6:11puisque j'étais à une conférence mondiale il y a quelques semaines de l'ensemble des producteurs de textile.
- 6:16J'ai retrouvé une similitude dans la position européenne et la position japonaise.
- 6:21Et quand on parle d'Asie...
- 6:23On n'a pas que la Chine et l'Asie du Sud-Est.
- 6:25Le Japon travaille sur les mêmes enjeux aujourd'hui que l'Europe.
- 6:29Donc,
- 6:30on va dire,
- 6:30la régulation,
- 6:31elle est faite pour éviter,
- 6:34on va dire,
- 6:35le maçon d'onde chinois et d'Asie du Sud-Est,
- 6:38qui peut avoir,
- 6:39par sa puissance économique,
- 6:42l'impression de pouvoir jouer la partie et imposer ses règles du jeu,
- 6:46qui ne sont pas forcément les règles du jeu européennes,
- 6:49américaines ou japonaises.
- 6:51Top,
- 6:51ça c'est bien de le préciser,
- 6:52parce que je pense qu'il y a des raccourcis qui sont faits avec l'asile,
- 6:56donc c'est super bien de le dire.
- 6:58Alors du coup,
- 6:59le CETI,
- 7:00on comprend les enjeux,
- 7:02alors vous êtes basé où et combien il y a de personnes au CETI aujourd'hui ?
- 7:09Alors,
- 7:09le CETI est basé à Tourcoing,
- 7:11donc sur la métropole européenne de Lille,
- 7:13parce que Tourcoing est une ville,
- 7:16mais elle est dans une métropole européenne.
- 7:19Vous voyez,
- 7:19on...
- 7:20La région Hauts-de-France est très intégrée dans une euro-région avec notamment la Flandre belge.
- 7:27C'est important de le dire parce que ça veut dire aussi qu'on reconnaît,
- 7:32au-delà du textile,
- 7:34on reconnaît cette appartenance d'être dans une région européenne,
- 7:39fondamentalement européenne.
- 7:40Donc on est basé à Tourcoing,
- 7:45à trois quarts d'heure de Bruxelles.
- 7:48à 1h de Paris et à 1h30 de Londres.
- 7:51On peut nous positionner sur cette Europe.
- 7:55Donc,
- 7:56date de création,
- 7:56on l'a vue,
- 7:57donc 2014.
- 7:592012.
- 8:012012,
- 8:01d'accord.
- 8:01Je ne dirige que depuis 2014.
- 8:03D'accord,
- 8:03ok.
- 8:04Les activités,
- 8:04on les verra avec Maud en détail.
- 8:08Les objectifs,
- 8:08les missions,
- 8:09on les a comprises.
- 8:11Alors,
- 8:11du coup,
- 8:12on va passer à Maud.
- 8:14Maud qui a eu la gentillesse de m'accueillir pour une visite et de répondre à toutes mes questions parce que j'avais l'impression d'être à Euro Disney de tout ce que tu m'as présenté.
- 8:21Franchement,
- 8:22non mais vraiment,
- 8:22pour moi c'était nouveau,
- 8:24j'ai appris plein de choses.
- 8:25Donc Maud,
- 8:26est-ce que tu peux te présenter pour les auditeurs,
- 8:28raconter qui tu es,
- 8:30ton parcours et ton métier parce que je pense que ça peut créer aussi des vocations.
- 8:36Bien sûr.
- 8:37Donc du coup,
- 8:37je m'appelle Maud Vulier,
- 8:38je suis chef de projet R&D dans la business unit Fibre du CETI.
- 8:43et responsable de design de l'innovation.
- 8:46Moi,
- 8:46j'ai un parcours un petit peu atypique.
- 8:48J'ai fait une école d'ingénieur textile de l'ENSISA à Mulhouse et derrière,
- 8:53j'ai fait un double diplôme européen dans le textile qui m'a permis de côtoyer des professeurs spécialisés dans les différents domaines textiles.
- 9:02Suite à ça,
- 9:03j'ai eu la chance de faire mon stage de fin d'études au CETI qui a mené à mon embauche depuis deux ans.
- 9:12Aujourd'hui,
- 9:13pour expliquer un petit peu plus mes missions au CETI,
- 9:17je suis chef de projet R&D,
- 9:19ce qui implique que j'accompagne les clients de la genèse de leur idée,
- 9:25avec la mise en place souvent d'un design de l'innovation,
- 9:28donc voir s'il y a une viabilité derrière sur le marché de cette idée.
- 9:34Une étape de preuve de concept,
- 9:36donc là le CETI est...
- 9:39possède de nombreuses machines à échelle pilote industrielle sur lesquelles on va pouvoir faire des essais divers et variés suivant les demandes et puis derrière on essaye d'aller jusqu'au transfert industriel
- 9:55une grande partie des cas,
- 9:57avec le travail en collaboration avec des partenaires industriels pour dupliquer la solution qui a été vérifiée au CETI et pour des fois l'implémentation chez nos clients de nouvelles machines directement
- 10:12dans leur loco.
- 10:14Ok,
- 10:14top.
- 10:15Alors du coup,
- 10:15pour les auditeurs qui écoutent là,
- 10:19en gros,
- 10:20toi tu les accompagnes,
- 10:21donc comme tu dis,
- 10:22depuis leur idée.
- 10:23Leur idée d'innovation au sein de leur entreprise,
- 10:27est-ce qu'il y a un minimum,
- 10:29est-ce qu'une petite idée peut être travaillée au CETI ou c'est forcément des gros projets en fait ?
- 10:37Alors non,
- 10:38les petites idées peuvent être travaillées au CETI.
- 10:42On va dire plus l'idée est petite,
- 10:44moins le projet derrière est construit,
- 10:45plus on va passer de temps sur cette étape de design de l'innovation qui va nous permettre de cadrer le périmètre.
- 10:52de définir les enjeux,
- 10:53les besoins,
- 10:54et derrière de décider d'une viabilité aussi bien économique,
- 10:59environnementale,
- 11:01de cette idée,
- 11:03de cette innovation.
- 11:05Donc ça c'est,
- 11:06on va dire,
- 11:08une catégorie de clients qu'on peut avoir,
- 11:10et puis à côté de ça,
- 11:11on a des clients qui ont leur idée,
- 11:12qui savent où ils veulent aller,
- 11:14et donc là c'est plus de l'accompagnement,
- 11:15on les épaule.
- 11:17comme Pascal l'a dit,
- 11:18on existe depuis 2012,
- 11:19donc du coup il y a pas mal d'expériences au CETI.
- 11:22Du coup,
- 11:23on met à profit cette expérience pour justement permettre aux entreprises d'aller un petit peu plus vite sur leur démarche R&D et derrière d'avoir une preuve de concept qui pourront facilement dupliquer à échelle industrielle.
- 11:36On essaye vraiment d'appuyer là-dessus,
- 11:37c'est dupliquer facilement à échelle industrielle tout ce qui est mis en place,
- 11:41tout ce qui est prouvé au CETI aujourd'hui.
- 11:44D'accord,
- 11:44ok.
- 11:44Bon,
- 11:44ça,
- 11:44ça répond parfaitement,
- 11:46parce que je sais que les questions,
- 11:47je vais les avoir.
- 11:48Du coup,
- 11:49donc Maud,
- 11:50combien de tas de collègues,
- 11:51combien vous êtes au CETI pour qu'on se représente un petit peu ?
- 11:55Alors au CETI,
- 11:56on est à peu près 25 personnes.
- 11:59On est une équipe qui est pluridisciplinaire.
- 12:03Donc on a des techniciens et des opérateurs qui permettent à ce que les machines fonctionnent correctement et soient optimisées au mieux.
- 12:10On a des ingénieurs.
- 12:13et des docteurs qui,
- 12:15eux,
- 12:15pour la plupart du temps,
- 12:16font le suivi de projets.
- 12:19Et derrière,
- 12:22le CETI est divisé en trois business units.
- 12:25La business unit éco-design et formation,
- 12:28la business unit fibre et la business unit polymère,
- 12:31où on a un responsable pour chaque business unit.
- 12:34Et puis derrière,
- 12:35tout ce qui est direction et d'innovation,
- 12:37et directeur général et les services classiques.
- 12:43Support,
- 12:44exactement.
- 12:45Et alors du coup,
- 12:46je vois ce que vous faites,
- 12:48je vois quel type de client vous accompagnez,
- 12:51que ce soit dans le luxe,
- 12:52dans le prêt-à-porter ou dans les vêtements techniques,
- 12:55du coup ça nous fait quand même une large palette.
- 13:00Je dirais et pas que.
- 13:00Il y a aussi tout ce qui est textile technique.
- 13:04Donc ça peut être l'automobile,
- 13:06ça peut être le bâtiment,
- 13:08ça peut être l'aéronautique,
- 13:09toutes ces choses-là.
- 13:10Vraiment,
- 13:11il faut se dire que le textile est de partout.
- 13:14Et nous,
- 13:15on ne se ferme pas à des clients qui sont spécialement dans le secteur de l'habillement.
- 13:21C'est le secteur textile dans sa généralité.
- 13:24Nous sommes en Europe ceux qui avons le périmètre le plus large,
- 13:27dû justement à notre excellence française,
- 13:30parce que nous avons évidemment un fort passé textile,
- 13:34et en particulier notre région,
- 13:36qui est une région historique textile,
- 13:38donc on va trouver une industrie.
- 13:40parfois résilientes,
- 13:42mais performantes.
- 13:43Et puis,
- 13:43on va trouver en France la cour des grands du luxe,
- 13:48qui fait qu'on est leader mondial au niveau du luxe.
- 13:50On va trouver en mass market et en distribution spécialisée textile la première place européenne.
- 13:57Donc,
- 13:57l'innovation se construit aussi avec ceux qui sont en direct avec le consommateur.
- 14:04Donc,
- 14:04le fait d'aborder l'ensemble du périmètre dans la construction de nos...
- 14:09notre stratégie est un atout différenciant en Europe.
- 14:13Parce qu'on s'appuie à la fois sur nos marques,
- 14:16on s'appuie sur notre industrie,
- 14:18et demain,
- 14:19je ne veux pas dévoiler le sujet Nouvelle Fibre,
- 14:22on s'appuiera aussi sur nos ressources,
- 14:23sur nos sols,
- 14:24sur l'agriculture.
- 14:25Donc ça veut dire qu'on est à la croisée de l'ensemble de ces chemins aujourd'hui.
- 14:31Bon,
- 14:31top.
- 14:32Du coup,
- 14:32je sens qu'on va se régaler dans cet épisode,
- 14:34donc du coup,
- 14:34je rebondis sur quelques épisodes.
- 14:36On a eu Saphilin justement qui nous parlait de l'automobile,
- 14:39des autres secteurs,
- 14:41d'ouvrir vraiment son champ.
- 14:44Le textile,
- 14:44ce n'est pas que les vêtements.
- 14:46Et en fait,
- 14:47c'est hyper intéressant parce que ça ouvre un champ des possibles.
- 14:50Je voulais savoir si vous étiez aussi dans tout ce qui était ameublement.
- 14:54Ou pas trop ?
- 14:55Ou c'est vraiment plutôt…
- 14:56Non, c'est possible ?
- 14:57Oui,
- 14:57oui,
- 14:58tout à fait,
- 14:58puisqu'il y a du textile dans l'immeublement.
- 15:00Et puis,
- 15:00on verra aussi,
- 15:00il y a du recyclage aussi à faire sur ces supports textiles.
- 15:05Donc,
- 15:05nous sommes présents aussi dans l'immeublement.
- 15:08On considère que là,
- 15:09on est sur un textile à usage plus textile,
- 15:13technique,
- 15:13pardon,
- 15:15pour avancer.
- 15:16Bon,
- 15:16d'accord.
- 15:17Donc,
- 15:17je comprends bien les missions,
- 15:19les types de clients.
- 15:21la gestion de projet qui peut être soit complète,
- 15:24soit plus en accompagnement à côté comme soutien,
- 15:27on va dire.
- 15:28Et alors,
- 15:29du coup,
- 15:29on a parlé fibres.
- 15:31Moi,
- 15:31forcément,
- 15:31pour la couleur végétale,
- 15:32je suis plutôt à investiguer,
- 15:34on va dire,
- 15:34les fibres naturelles qui prennent mieux la couleur pour faire un méga raccourci,
- 15:39sachant qu'on sait que le champ des possibles ne fait que s'ouvrir.
- 15:44En termes de fibres,
- 15:45je voulais savoir si vous travaillez du coup tout ce type de fibres et quelles nouvelles fibres ?
- 15:51Vous travaillez,
- 15:51d'ailleurs vous ne dites que ce que vous avez le droit de dire,
- 15:54il n'y a pas de soucis,
- 15:55mais nous ouvrir un petit peu les chakras sur les types de fibres aujourd'hui qui arrivent,
- 15:59qui sont à l'étude,
- 16:01nous partager un peu cette partie-là.
- 16:05Alors,
- 16:05je vais juste faire l'introduction et j'essaierai moi de s'exprimer justement sur les nouvelles fibres.
- 16:10Le CETI a un itinéraire basé sur justement l'éco-design des fibres.
- 16:15Donc cet itinéraire depuis dix ans,
- 16:17il nous a conduit effectivement à aborder...
- 16:21le problème de la ressource,
- 16:23parce que je pense qu'il faut partir aussi d'une ressource fibreuse qui peut être naturelle,
- 16:29qui peut être synthétique,
- 16:30qui peut être artificielle,
- 16:33même si je n'aime pas beaucoup ce mot,
- 16:34parce que ce sont des fibres qui sont issues aussi des sols,
- 16:40mais sur lesquelles on fait une chimie qui permet justement de transformer une ressource en fibre.
- 16:47Bon,
- 16:48on a d'abord...
- 16:49commencé dans cet itinéraire par travailler tout de suite,
- 16:52et c'était notre premier contrat,
- 16:54notamment avec Adidas,
- 16:55qu'on peut citer,
- 16:57à commencer à travailler justement une éco-conception sur une chaussure en biopolyuréthane,
- 17:04donc une fibre synthétique,
- 17:05parce que les fibres synthétiques peuvent se traiter par la chaleur quand on les recycle.
- 17:17ça a été notre entrée dans le monde de l'économie circulaire et du recyclage,
- 17:22avec une grande marque mondiale aujourd'hui,
- 17:25qui pouvait,
- 17:27il y a dix ans,
- 17:27commencer déjà à réfléchir sur l'impact de l'économie circulaire.
- 17:32Donc,
- 17:34dans ce que je voulais vous dire,
- 17:36c'est que pourquoi notre itinéraire est basé sur la recherche de nouvelles fibres,
- 17:43c'est que quand on regarde l'empreinte environnementale,
- 17:46Aujourd'hui,
- 17:4738% de l'empreinte carbone,
- 17:50on va prendre un critère,
- 17:53et on sait qu'on veut décarboner,
- 17:5538% vient en fait de l'extraction de la ressource,
- 18:00qu'elle soit naturelle ou qu'elle soit issue d'une industrie fossile,
- 18:04de pétrole,
- 18:04pour donner des fibres synthétiques.
- 18:06Donc on sait que 38% c'est un enjeu énorme,
- 18:10et que si on rajoute la fabrication d'un fil,
- 18:13on est à 46% de l'empreinte environnementale.
- 18:16Si on intègre,
- 18:20toujours par rapport à cette décarbonation,
- 18:22le fait qu'on a une partie,
- 18:2620% de cette empreinte carbone,
- 18:29qui dépend de notre entretien des textiles,
- 18:32donc de nous consommateurs,
- 18:33mais sur lequel on va être dans un respect des règles pour entretenir les fibres,
- 18:42il nous reste un dernier point.
- 18:44qui est important dans cette décarbonation,
- 18:48c'est justement ce qu'on appelle les wet processes,
- 18:50c'est-à-dire tout ce qui va être teinture,
- 18:52impression,
- 18:53enoblissement.
- 18:54Donc notre idée a été,
- 18:56pendant dix ans,
- 18:57de faire un focus sur comment est-ce qu'on optimise nos ressources et surtout d'éviter et de diminuer la part des fibres pétrosourcées,
- 19:09même si on sait que ça va être compliqué.
- 19:11Et puis...
- 19:12d'essayer derrière d'optimiser les process sur lesquels on peut agir par de l'innovation.
- 19:18Et c'est pour ça qu'on arrive aujourd'hui à cette notion d'ennoblissement et de teinture.
- 19:23Ok,
- 19:23génial.
- 19:23Après,
- 19:23sur les différentes fibres,
- 19:24je vais laisser Maud s'exprimer pour dire comment on a abordé et comment on travaille le sujet.
- 19:29Bien sûr.
- 19:29Super.
- 19:31Donc du coup,
- 19:32le CETI,
- 19:32on travaille tout type de fibres.
- 19:35s'imaginer la pyramide des fibres avec d'un côté les fibres naturelles,
- 19:41d'un côté les fibres synthétiques qui sont la plupart du temps pétrosourcées et les fibres artificielles qui sont aussi appelées mind-made cellulosic fiber ou mind-made polymeric
- 19:55fiber
- 19:58Donc nous au CETI on a vocation et on a toujours tout fait pour travailler l'ensemble de ces fibres pour répondre au plus grand nombre.
- 20:09Donc pour ce faire,
- 20:11au tout début lorsqu'il y a eu les installations de non tissés,
- 20:15donc là on a pu travailler sur l'ensemble des fibres naturelles,
- 20:19synthétiques et artificielles.
- 20:21Et puis suite à ça il y a eu l'ouverture de la plateforme de recyclage.
- 20:26Tout d'abord mécanique,
- 20:28donc la plateforme de recyclage mécanique.
- 20:30L'idée c'est de prendre des textiles usagés,
- 20:33pré-consumers,
- 20:34post-industriels et de les recycler,
- 20:37donc les transformer en fibres recyclées.
- 20:40L'ensemble de ces fibres recyclées,
- 20:42derrière,
- 20:43suivant leur qualité,
- 20:44on a deux voies de valorisation possibles,
- 20:46soit la voie de valorisation par non tissé,
- 20:49voie sèche,
- 20:49soit une valorisation en filature pour en créer de nouveaux textiles,
- 20:53donc des tissus ou des tricots.
- 20:56Donc ça c'est une partie des fibres que le CETI a travaillé et suite à cette success story,
- 21:03le CETI a investi dans le recyclage thermomécanique.
- 21:08Donc le recyclage thermomécanique,
- 21:09là on va se focaliser sur des textiles qui sont thermofusibles,
- 21:15donc comme Pascal l'a dit tout à l'heure,
- 21:16c'est sous l'action de la chaleur,
- 21:18ils vont fondre et on va en refaire des granulats plastiques.
- 21:22Ces granulats plastiques,
- 21:23derrière,
- 21:23comme tout à l'heure,
- 21:24on a deux voies de valorisation.
- 21:26Je dirais même trois,
- 21:27une qui n'est pas au CETI,
- 21:28qui est la plasturgie,
- 21:31et deux autres voies au CETI,
- 21:33qui sont les non-tissées voies fondues,
- 21:35et le filage par voie fondue.
- 21:40Donc du coup,
- 21:41aujourd'hui,
- 21:42on est capable de faire des fibres synthétiques recyclées.
- 21:46Alors certes,
- 21:47les fibres recyclées,
- 21:49enfin les fils et filaments recyclés,
- 21:51ne sont pas...
- 21:53constitué de 100% de fibres recyclées ou de matières recyclées,
- 21:56mais on arrive à aller sur des pourcentages qui sont supérieurs à 60%,
- 22:01ce qui est très intéressant pour l'industrie textile.
- 22:07D'accord.
- 22:08Et pour finir,
- 22:10on va dire,
- 22:10pour finir l'histoire,
- 22:13donc Pascal a fait un petit teasing tout à l'heure,
- 22:16il y a une nouvelle plateforme qui va arriver au CETI.
- 22:21qui consiste à créer des fibres artificielles cellulosiques ou fibres artificielles protéiniques.
- 22:28On entend par protéines,
- 22:30par exemple,
- 22:31la caseïne de lait ou encore la kératine.
- 22:34Et là,
- 22:35le CETI souhaite valoriser des coproduits de l'industrie de l'agriculture.
- 22:43Génial.
- 22:44Il y a un projet qui est soutenu par l'ADEME,
- 22:50sur lequel on peut parler,
- 22:52c'est le projet Osocel,
- 22:54qui a pour objectif de valoriser les coproduits du lin oléagineux.
- 23:00Le lin oléagineux est aujourd'hui utilisé pour faire de l'huile,
- 23:04mais les pailles,
- 23:05les tiges de ce lin oléagineux sont peu valorisées.
- 23:09Pourquoi elles sont peu valorisées ?
- 23:11Parce qu'elles se dégradent très mal.
- 23:12Et donc,
- 23:13elles sont une charge pour l'agriculteur qui n'a plus le droit de les brûler,
- 23:16qui est obligé de les récupérer et de les laisser dans un coin de ses passerelles.
- 23:24Là,
- 23:24on voit bien un passage dans notre réponse.
- 23:27Nous,
- 23:27on répond à un enjeu,
- 23:29à un défi.
- 23:30Notre réponse,
- 23:33cette réponse,
- 23:34on l'a travaillée depuis 2020.
- 23:36Donc,
- 23:36ça fait quatre ans qu'on travaille sur ce sujet.
- 23:40Parce que...
- 23:42Le recyclage,
- 23:44c'est bien,
- 23:46mais ça ne sera pas suffisant pour retrouver aujourd'hui une souveraineté sur les fibres.
- 23:51Donc,
- 23:52notre réflexion,
- 23:53elle est de dire,
- 23:53bien sûr,
- 23:54on va développer toutes les méthodes de recyclage,
- 23:56monter des usines de recyclage,
- 23:58travailler au niveau des collectivités locales pour qu'elles prennent en main leur recyclage et qu'elles valorisent le trésor qu'elles ont avec cet excès d'usagers.
- 24:06Et là,
- 24:08nos démonstrateurs sont là pour accompagner cette industrialisation.
- 24:12Mais de toute façon,
- 24:13face aux enjeux,
- 24:15aux millions de tonnes de fibres dont on a besoin,
- 24:19ça ne suffira pas.
- 24:21Donc,
- 24:22on a deux solutions.
- 24:23Soit continuer à faire ce que l'on fait aujourd'hui,
- 24:26c'est importer massivement du polyester et des fibres synthétiques de l'Asie du Sud-Est.
- 24:30Le polyester,
- 24:31par exemple,
- 24:32aujourd'hui 75% de Chine.
- 24:34Et si je rajoute l'Asie du Sud-Est,
- 24:36le reste de l'Asie,
- 24:38je vais arriver à 93%.
- 24:40Ce qui fait que...
- 24:41Quand aujourd'hui,
- 24:43dans un congrès,
- 24:45un responsable,
- 24:46un entrepreneur indien,
- 24:47pakistanais ou chinois va dire
- 24:50que le polyester est un magique fibre,
- 24:53il résonne uniquement par rapport à son propre modèle de revenu et pas du tout par rapport aux aspirations que peuvent avoir à la fois les consommateurs qui commencent à prendre conscience qu'ils sont couverts de plastique,
- 25:06en fait,
- 25:08avec leurs vêtements,
- 25:09et puis aussi à l'enjeu de souveraineté,
- 25:13de ne pas être dépendant de la ressource fibreuse.
- 25:17Donc on voit bien l'évolution vers...
- 25:21l'enjeu environnemental,
- 25:22d'y adjoindre l'enjeu de souveraineté sur la ressource,
- 25:28et puis aussi l'enjeu sociétal,
- 25:30parce que ce revenu,
- 25:32ce trésor de la biomasse,
- 25:34en fait,
- 25:35il n'est pas aujourd'hui exploité,
- 25:38donc il peut venir en complément du revenu d'un agriculteur.
- 25:42On connaît l'état aujourd'hui de notre agriculture,
- 25:45et les problèmes de revenus sur certains...
- 25:49sur certaines cultures et aussi sur l'élevage.
- 25:53Je pense que réunir à un moment donné le monde de l'agriculture,
- 25:58le monde industriel du textile,
- 26:01les marques de mode qui,
- 26:03quelque part,
- 26:05influencent notre style de vie au quotidien,
- 26:08grâce à l'innovation,
- 26:09je pense qu'on est sur une approche du secteur textile qui est une approche des années
- 26:162030.
- 26:17qui vont arriver très vite et qui nous paraît au CETI tout à fait jouable,
- 26:25à condition évidemment d'une mobilisation autour de ces enjeux.
- 26:30D'accord,
- 26:31donc ce que je comprends,
- 26:32c'est que vous allez vous occuper de trouver,
- 26:35enfin vous trouvez des innovations pour les ressources disponibles pour cette histoire de recyclage de fibres,
- 26:40mais vous n'arrêtez pas là,
- 26:42et donc vous allez même aider les agriculteurs,
- 26:45parce que c'est ça.
- 26:46avoir un revenu complémentaire mais aussi,
- 26:49donc je suis ingénieur agronome donc là on rentre dans le sujet à aussi proposer de l'agriculture régénératrice parce que qui dit nouvelle culture nouvelle manière de travailler,
- 27:00nouveau débouché dit plus d'innovation sur la technique et donc du coup ça va c'est la boucle vertueuse donc j'entends bien du coup ça nous amène quand même tout doucement à la couleur végétale quand même,
- 27:12bah voilà
- 27:13Et donc,
- 27:13en fait,
- 27:15c'est intéressant parce que vous parlez du travail que vous avez fait sur le recyclage.
- 27:19Hyper intéressant.
- 27:20Et merci pour les chiffres parce que du coup,
- 27:22je trouve que ça va donner des points de référence aux auditeurs.
- 27:25Sur les fibres artificielles,
- 27:27donc cellulosiques et protéines,
- 27:29là,
- 27:29ça me parle clairement parce qu'en fait,
- 27:32quand on parle de teinture végétale,
- 27:33pareil,
- 27:34on distingue ces deux types de fibres parce qu'elles n'ont pas du coup le même process de teinture.
- 27:39Et du coup,
- 27:40c'est intéressant d'avoir ces deux aspects-là.
- 27:43Et l'agriculture,
- 27:44c'est ce que je disais,
- 27:45le sujet du podcast,
- 27:46c'est vraiment de partir du sol jusqu'à la couleur finale,
- 27:49donc de la graine à la couleur finale.
- 27:51Du coup,
- 27:51ma question,
- 27:52elle arrive comme ça.
- 27:54Quelle est votre perception de cette teinture végétale dans vos domaines ?
- 28:01Est-ce que c'est un sujet qu'on vous a soumis ?
- 28:04Est-ce que c'est une appétence personnelle ?
- 28:08Est-ce que personne ne vous en a parlé ?
- 28:10Enfin,
- 28:11voilà.
- 28:11Comment ça se passe par rapport au CETI ?
- 28:14Je réponds sur l'appétence et puis après je laisse Maud.
- 28:20La première innovation dans un centre de recherche,
- 28:22c'est le modèle de revenu.
- 28:24Je suis obligé de le dire parce que je défends aussi la recherche française.
- 28:31Et donc,
- 28:31c'est le modèle de revenu.
- 28:33Ça veut dire que nous,
- 28:34nous allons travailler les sujets,
- 28:36non seulement par rapport à des convictions.
- 28:39Donc,
- 28:40le CETI…
- 28:41à des convictions,
- 28:42à des hommes et des femmes de valeur,
- 28:45qui ont des valeurs.
- 28:46Donc on va évidemment bâtir une entité recherche autour de ces valeurs,
- 28:53mais aussi il faut pérenniser cette entité recherche,
- 28:56parce que le pire,
- 28:57ce serait effectivement de ne pas avoir de revenus qui nous permettent de faire de l'innovation.
- 29:02Et la définition d'innovation,
- 29:04c'est justement une invention,
- 29:07une idée qui a trouvé sa place sur le marché.
- 29:11Pour répondre à l'appétence,
- 29:12il faut qu'on fasse fi de nos appétences.
- 29:14On a tous intellectuellement envie d'aller plus vite,
- 29:17on a tous des sujets d'intérêt.
- 29:21Si on aborde ce sujet de la teinture végétale,
- 29:24c'est parce que nous avons détecté des signaux sur le marché qui nous montrent que c'est une véritable innovation en puissance.
- 29:31Que si on allie cette innovation demain,
- 29:35ces recherches,
- 29:36à l'échelle démonstrateur,
- 29:39industrielle sur les nouvelles fibres,
- 29:42on aura une équation résolue et on aura donc une démarche gagnante.
- 29:47Donc,
- 29:47c'est pas...
- 29:48de l'appétence.
- 29:50On s'est tous intéressés intellectuellement un jour à la teinture,
- 29:54puisque c'est notre métier,
- 29:55le textile,
- 29:56et en particulier l'évolution de la teinture végétale.
- 29:59Par contre,
- 30:01aujourd'hui,
- 30:02nous considérons qu'il y a un enjeu sur la teinture végétale,
- 30:05et un enjeu global sur l'ennouissement.
- 30:06Donc,
- 30:07on va travailler ce sujet,
- 30:10on va essayer de passer à l'échelle plus industrielle,
- 30:15pour justement créer une filière qui intègre la teinture végétale.
- 30:19Ça,
- 30:19c'est notre conviction stratégique.
- 30:21Et moi,
- 30:21j'irais même un petit peu plus loin.
- 30:23Je pense que ce n'est pas juste la teinture végétale,
- 30:26mais c'est le végétal dans tous les procédés d'ennoblissement.
- 30:30Donc,
- 30:31il y a la teinture végétale,
- 30:32mais il y a l'impression aussi,
- 30:35avec des pigments végétaux.
- 30:37Il y a aussi l'ennoblissement,
- 30:40le traitement des textiles,
- 30:42avec des produits végétaux plutôt que des produits synthétiques,
- 30:46chimiques.
- 30:47Et puis il y a aussi la teinture des compundes plastiques avec des pigments végétaux.
- 30:57Donc aujourd'hui,
- 30:58nous le CETI,
- 30:59on a identifié ce sujet comme un sujet important pour le CETI,
- 31:04pour la suite.
- 31:05On a des demandes des clients qui arrivent sur justement utiliser de la couleur végétale,
- 31:14comme ça au moment où on n'aura plus de problèmes.
- 31:18Aujourd'hui,
- 31:19notre principale difficulté,
- 31:21c'est de pouvoir accompagner nos clients dans cette transition entre quelque chose qui est encore très artisanal aujourd'hui,
- 31:28vers quelque chose qui serait industrialisable dans le futur.
- 31:34Et pour ça,
- 31:35comme Pascal l'a dit tout à l'heure,
- 31:36le démonstrateur industriel est entre guillemets clé.
- 31:41Pour pouvoir tester l'ensemble des contraintes,
- 31:45définir,
- 31:45parce que suivant les couleurs on n'aura pas les mêmes contraintes et définir tout ce qui est lié à la durabilité de cette couleur donc voilà où est-ce qu'on en est aujourd'hui et nous travaillons sur un démonstrateur industriel en
- 32:05investissement,
- 32:05donc là on avance pas à pas pour qu'il puisse ouvrir en 2026 en sachant que,
- 32:12attention
- 32:13Attention,
- 32:14qui dit travailler sur un projet veut dire travailler sur son financement,
- 32:18sur son retour sur investissement,
- 32:21et puis derrière,
- 32:22sur les expertises,
- 32:23les compétences,
- 32:24l'humain,
- 32:25qui vont être nécessaires pour que ce projet soit un succès.
- 32:30Mais on pourrait imaginer qu'on a plusieurs plateformes au CETI,
- 32:37la plateforme sur la biomasse et nouvelles fibres va être la neuvième plateforme,
- 32:40on pourrait imaginer que la dixième plateforme...
- 32:42soit justement sur cette démonstration sur l'ennoblissement,
- 32:47l'ennoblissement donc avec la teinture,
- 32:49l'impression et la couleur et l'implication du végétal.
- 32:54Donc voilà où on en est,
- 32:56c'est vraiment dans notre stratégie,
- 32:58dans notre plan stratégique 2025-2027.
- 33:02Et donc aujourd'hui,
- 33:04comment on arrive quand même à répondre aux demandes de nos clients ?
- 33:07C'est qu'on a un écosystème de partenaires.
- 33:11et notamment
- 33:12Pile Couleur avec qui on travaille régulièrement sur ces questions-là.
- 33:19Et on peut peut-être parler d'un projet,
- 33:22d'expliquer un petit peu comment on en est venu à la teinture végétale et aux prochains essais qui vont avoir lieu.
- 33:28Donc c'est le projet Chambray,
- 33:31qui consiste à refaire naître le chambray de Cambrai,
- 33:36parce que sa genèse est de Cambray.
- 33:39Pascal,
- 33:39peut-être que tu peux en dire deux mots.
- 33:40Oui,
- 33:41je vais en dire deux mots,
- 33:42parce qu'il faut savoir que la nostalgie peut être source d'innovation et qu'on doit s'inspirer de l'histoire.
- 33:51Il y a quelques années,
- 33:52j'avais travaillé sur l'histoire du Denim,
- 33:55notamment cette toile qui a été créée à Nîmes,
- 33:58où son nom Denim a porté aux États-Unis et qui est aujourd'hui,
- 34:02on va dire,
- 34:02évidemment...
- 34:04une des structures textiles les plus utilisées dans le monde.
- 34:07La question,
- 34:08c'est que les Américains ont importé,
- 34:13quelques années après,
- 34:15une toile plus légère,
- 34:17conçue à Cambrai,
- 34:18qui s'appelait le cambrique à l'époque,
- 34:20qui était très connue,
- 34:24parce qu'il fallait vêtir de façon plus légère,
- 34:27et qui est une toile,
- 34:29effectivement,
- 34:30qui a utilisé...
- 34:33des fils blancs et des fils bleus en particulier,
- 34:39et qui avec la déformation linguistique de Cambrai,
- 34:43Cambrique,
- 34:44Chambrai,
- 34:45on est passé au Chambrai,
- 34:46et à un moment donné,
- 34:48quand on a vu cette histoire,
- 34:49on s'est dit,
- 34:49mais pourquoi ne pas réinventer cet élément du patrimoine ?
- 34:52le réinventer avec les fibres d'aujourd'hui et avec effectivement les couleurs d'aujourd'hui,
- 34:58ce qu'on est capable de faire pour qu'on retrouve finalement une appellation d'origine qui fait partie de notre patrimoine.
- 35:07La ville de Cambrai,
- 35:09l'agglomération du Cambraisie nous a suivi sur cette idée qui au départ n'était qu'une idée et aujourd'hui on va peut-être,
- 35:16enfin sûrement l'année prochaine,
- 35:17présenter une première collection de ce nouveau chambray.
- 35:22Et donc,
- 35:22cette toile dit nécessairement non seulement la structure des fils,
- 35:30des fibres,
- 35:31mais la couleur.
- 35:32Et donc,
- 35:32vous pourriez faire un pastel de cambré,
- 35:35en fait ?
- 35:36Exactement.
- 35:37Exactement.
- 35:37Donc,
- 35:38ça,
- 35:38c'est la troisième étape.
- 35:40Mais pour revenir sur les deux premières étapes,
- 35:42on est parti d'abord sur quelque chose d'écru,
- 35:46donc pas de teinture.
- 35:48Ensuite,
- 35:48on a fait une deuxième étape avec une teinture synthétique pour voir le rendu,
- 35:54voir si ça correspondait aux attentes.
- 35:56Et là,
- 35:57notre prochaine étape,
- 35:59c'est de faire de la teinture végétale.
- 36:02Du coup,
- 36:03teinture végétale sur fil,
- 36:05donc un challenge supplémentaire.
- 36:08Parce que le chambray,
- 36:09c'est une chaîne qui est teintée et la trame qui en est crue.
- 36:13Donc c'est une petite subtilité,
- 36:15d'habitude on a l'habitude d'avoir la chaîne en écrue et la trame teintée,
- 36:18et là on est sur l'inverse.
- 36:20Et là vous allez...
- 36:21Oh pardon,
- 36:22vas-y.
- 36:22Oui,
- 36:23pas de souci.
- 36:24Et donc du coup,
- 36:25là on travaille avec pile couleur pour justement arriver à développer un fil qui est en fibre artificielle cellulosique,
- 36:35donc un fil en lyocel,
- 36:38ce qui est très important là-dessus,
- 36:41et qui va être...
- 36:43teinter avec un pigment végétal.
- 36:46Et alors,
- 36:47est-ce que tu vas essayer de faire de l'isatis tectoria,
- 36:50donc du pastel issu de Cambrai,
- 36:52du coup,
- 36:53et de teindre ce fil avec cet indigo et un indigo qui vient du pastel ?
- 36:58Si on est vraiment dans la tradition et dans le territoire,
- 37:00c'est vraiment...
- 37:02Alors,
- 37:03déjà,
- 37:04on va chercher qui veut bien nous accompagner sur les pigments.
- 37:08Déjà,
- 37:08c'est la première chose.
- 37:11Et ensuite,
- 37:13c'est qui permettra aussi d'avoir un pigment qui est plutôt reproductible dans le temps,
- 37:20car là,
- 37:20on part sur une petite production,
- 37:24un petit démonstrateur,
- 37:25pour faire une petite preuve de concept en collection,
- 37:28mais derrière,
- 37:28ça engendrerait des volumes plus importants.
- 37:34Je voulais compléter par rapport à votre question sur le pastel.
- 37:38Malheureusement,
- 37:39il n'y a plus de pastel dans le Cambrai-Zi.
- 37:40Donc il va falloir jouer la solidarité entre les différentes régions.
- 37:45Oui,
- 37:45il y en a dans la Mienne-Noire.
- 37:47Oui,
- 37:47il y en a dans la Mienne-Noire.
- 37:50Oui,
- 37:50il y en a en Normandie.
- 37:52Oui,
- 37:53disons que ça montre bien,
- 37:54et c'est là-dessus que je voulais rebondir,
- 37:56la collaboration entre les territoires,
- 37:59tant au niveau de main des nouvelles fibres,
- 38:01donc extraite de la biomasse,
- 38:03tant au niveau des couleurs,
- 38:04des process,
- 38:05qu'il faut absolument qu'on ait un mouvement sur l'ensemble des territoires.
- 38:10Alors ça,
- 38:11là-dessus,
- 38:11Pascal,
- 38:12moi,
- 38:12pour être du côté…
- 38:15Je ne sais pas si Maud vous a expliqué,
- 38:16mais depuis deux ans que j'ai lancé ce projet,
- 38:20moi,
- 38:20je suis côté agri,
- 38:22justement,
- 38:22de la couleur végétale.
- 38:24On a des événements où on se rassemble.
- 38:25Il y en a eu un en mars cette année.
- 38:27Pendant 15 jours,
- 38:28on a eu tous les experts de France.
- 38:29Il y a un rebond qui a lieu là du 14 au 18 octobre.
- 38:34L'idée,
- 38:35c'est de voir,
- 38:36c'est de détecter…
- 38:37les agriculteurs de plantes panctoriales,
- 38:39de voir leur capacité d'augmenter leur rendement,
- 38:43de les faire se mettre en réseau,
- 38:45de parler de mécanisation,
- 38:46d'ergonomie,
- 38:48d'agriculture régénératrice,
- 38:49de biodiversité,
- 38:50de...
- 38:51Bref,
- 38:51tout ce que moi j'adore,
- 38:53c'est ma formation et c'est ma passion.
- 38:55Et l'idée,
- 38:56quand vous dites,
- 38:56est-ce qu'on va trouver des gens qui vont nous suivre sur les pigments,
- 38:59j'ai envie de vous dire,
- 39:00mais déjà,
- 39:01je pense que le jour où on lance cet épisode,
- 39:04j'ai 15 000 messages et mon téléphone va sonner.
- 39:07et la collaboration des territoires.
- 39:09Donc,
- 39:09moi,
- 39:10je travaille avec tous les agriculteurs,
- 39:11France,
- 39:12mais Europe.
- 39:12C'est-à-dire que j'ai des Suisses,
- 39:14j'ai des Belges,
- 39:15j'ai des Espagnols,
- 39:16j'en ai sur les îles,
- 39:17j'en ai en Écosse.
- 39:18Tout le monde n'attend que ça,
- 39:20en fait.
- 39:21En fait,
- 39:21ils sont prêts,
- 39:23motivés,
- 39:25ils sont conscients du chemin qui reste à mener.
- 39:28Mais ils sont OK d'être accompagnés.
- 39:29Donc,
- 39:30quand je leur parle de mécanisation,
- 39:31ce n'est pas un gros mot.
- 39:33Ils sont bien conscients qu'il faut...
- 39:36En fait,
- 39:36il faut pouvoir être en mesure de ne pas rivaliser avec le synthétique parce que pour moi,
- 39:41ce n'est pas un combat.
- 39:42C'est vraiment une solution qu'on vient importer en plus.
- 39:45Mais il faut avoir quand même des quantités.
- 39:47Et un truc hyper important que vous avez dit,
- 39:49c'est un pigment qui peut être le plus constant possible,
- 39:53sachant qu'on travaille avec.
- 39:54avec du végétal,
- 39:55et du coup,
- 39:56on parle d'un intermédiaire,
- 39:57c'est-à-dire d'un labo,
- 39:59moi j'appelle ça un labo,
- 40:00mais je pense que le terme est mal choisi,
- 40:03qui viendrait assurer la conformité des lots et la régularité de ces pigments.
- 40:09Mais en tout cas,
- 40:10là,
- 40:11en termes de volume et de pigments disponibles,
- 40:15je sais très bien que vous allez trouver,
- 40:17ça c'est plus que ça.
- 40:18Oui,
- 40:19c'est-à-dire que ça sera une...
- 40:22part importante à un moment donné dans le succès.
- 40:24C'est-à-dire qu'il faudra qu'effectivement,
- 40:25une mobilisation aussi au niveau des gens qui travaillent sur les plantes tanctoriales et sur les pigments.
- 40:33C'est évident.
- 40:34Il faut que nous,
- 40:35on soit prêts sur la fibre,
- 40:36il faut qu'on soit prêts sur le process,
- 40:38sur le scale-up industriel supérieur,
- 40:41pour voir aussi le modèle économique,
- 40:43parce que ça ne marchera que s'il y a un modèle économique et avoir ensuite l'énergie de travailler avec ceux qui ont la ressource pigmentaire,
- 40:51évidemment.
- 40:52Et alors,
- 40:52du coup,
- 40:53ces agris sont prêts,
- 40:55se spécialisent certains,
- 40:57améliorent leur procédé d'extraction.
- 40:59Parce qu'il y a ça aussi,
- 41:00il y a la culture,
- 41:01mais il y a aussi comment mieux extraire le pigment pour en avoir plus et de meilleure qualité.
- 41:06Et donc là,
- 41:07on passe un peu au facteur agronomique,
- 41:09c'est-à-dire à quel moment je viens récolter mon isatis,
- 41:12donc mon pastel,
- 41:13à quel moment il y aura le plus gros taux de colorant.
- 41:15Et donc,
- 41:16toutes ces choses-là,
- 41:17c'est des choses que moi,
- 41:18j'anime,
- 41:19j'invite des invités,
- 41:20je cherche des...
- 41:21parce qu'il y a des choses qui sont parues dans d'autres pays,
- 41:23mais alors pour collecter toutes ces infos,
- 41:25venir les vérifier,
- 41:27c'est un travail incroyable.
- 41:30Et en fait,
- 41:30ce que je voulais dire,
- 41:31c'est que le problème avec l'agriculture tinctoriale,
- 41:34c'est qu'il y a tellement eu un désinvestissement sur les pigments d'origine végétale depuis des années,
- 41:41au profit du synthétique,
- 41:43parce que l'innovation,
- 41:44tout ça,
- 41:44que si on ne mettait qu'un seul budget sur ces pigments en végétal,
- 41:48mais...
- 41:49les surprises et les bons géants qu'on ferait,
- 41:51c'est ça qui est le plus impressionnant pour moi,
- 41:53c'est de voir toutes les pistes de progrès,
- 41:56il y en a plein,
- 41:57et je ne les vois rien que sur le champ.
- 42:00Bref,
- 42:01sur l'agriculture,
- 42:02il y a plein de choses,
- 42:02mais en tout cas,
- 42:03ça avance,
- 42:04ça,
- 42:04on s'en rend bien compte.
- 42:06Vous avez parlé d'un truc qui me passionne aussi,
- 42:08c'est,
- 42:09pour moi,
- 42:09l'agriculture,
- 42:10c'est une solution pour obtenir du pigment,
- 42:12enfin,
- 42:13une source sectorielle.
- 42:14Il y en a plein d'autres,
- 42:15en fait.
- 42:17Donc,
- 42:17je pense que je vais renommer le podcast parce qu'en fait,
- 42:19ça s'ouvre vraiment largement.
- 42:21Mais pour rester dans le domaine du végétal,
- 42:23il y a tous ces coproduits,
- 42:25sous-produits,
- 42:26ça dépend les noms qu'on leur donne,
- 42:27d'agriculture qui en fait donnent de la couleur et qu'on sous-exploite complètement aujourd'hui.
- 42:33Je pense notamment donc pour parler un peu des Hauts-de-France parce qu'on va faire un petit peu les chauvins,
- 42:39il y a à l'IUT de Béthune,
- 42:41Patrick Martin.
- 42:43qui travaille sur la pelure d'oignon pour la quercétine pour un jaune obtenu.
- 42:48On a aussi,
- 42:50donc ce n'est pas trop une culture de nos régions,
- 42:52mais on sait qu'il y a des travaux sur la feuille d'artichaut qui ne sert complètement à rien,
- 42:57qui n'est pas valorisé aujourd'hui,
- 42:59qui donne un jaune magnifique et solide.
- 43:01Donc ça,
- 43:01c'est plutôt Normandie-Bretagne.
- 43:03Et en fait,
- 43:03toutes les régions sont en train de se trouver des coproduits à valoriser en fonction de leur territoire qui sont des sources tinctoriales grandins
- 43:12J'aime pas ce mot-là parce que ça fait un peu,
- 43:14on se replonge dans les traités de teinturiers,
- 43:16mais c'est ça,
- 43:16des plantes solides,
- 43:18des couleurs solides,
- 43:18stables,
- 43:19qui tiennent dans le temps.
- 43:20Et dans ces coproduits,
- 43:22en fait,
- 43:23on se rend compte que,
- 43:24pareil,
- 43:24il n'y a pas eu beaucoup de recherche.
- 43:26Nous,
- 43:26dans les Hauts-de-France,
- 43:27c'est beaucoup la pomme de terre,
- 43:28la betterave,
- 43:29etc.
- 43:30Et en fait,
- 43:31je pense que si on creusait un petit peu,
- 43:33je pense qu'avec chaque territoire,
- 43:34on pourrait trouver des ressources agricoles.
- 43:38Ça,
- 43:38c'est certain.
- 43:41Juste pour dire,
- 43:44le seul point de bémol sur ces coproduits,
- 43:46c'est que ça nécessite une collecte.
- 43:49Et cette collecte implique une logistique,
- 43:52et on voit déjà sur le recyclage des textiles,
- 43:57la collecte des textiles rendre cette collecte la plus organisée possible pour justement arriver à massifier du gisement.
- 44:11Et il y aura la même discussion autour de la valorisation des coproduits,
- 44:15comment massifier ce coproduit et faire en sorte qu'il ne se dégrade pas avant de l'utiliser,
- 44:24le transformer.
- 44:26Je pense que ça,
- 44:27c'est des questions aussi que vous aurez et que vous poserez sur la valorisation des coûts de produit dans la teinture végétale.
- 44:33On a déjà.
- 44:35On sait déjà que la partie collecte,
- 44:38logistique,
- 44:38que ce soit pour récupérer les différents pigments des fermes en agriculture tinctoriale,
- 44:43on le sait que ça,
- 44:44ça va être le nerf de la guerre,
- 44:45c'est comment les collecter,
- 44:47les amener au point de,
- 44:49on va dire,
- 44:49pas de contrôle,
- 44:50mais d'harmonisation,
- 44:53de critères qualité,
- 44:54etc.
- 44:54Parce que...
- 44:55Il y a le domaine du textile,
- 44:56mais si vous écoutez le podcast,
- 44:58il y a franchement énormément de domaines d'application.
- 45:01C'est-à-dire qu'il va falloir que ces pigments ou cette matière colorante soient adaptés en fonction des différents domaines d'application qu'on va vouloir utiliser.
- 45:10Mais dans tous les cas,
- 45:11ce que vous vous demandez,
- 45:12c'est une demande de tous les domaines,
- 45:13c'est-à-dire un pigment qui soit le plus régulier possible,
- 45:17une couleur qui soit la plus régulière possible,
- 45:19sachant qu'on est sur du végétal et qu'un...
- 45:22qu'une molécule colorante végétale,
- 45:24c'est un cocktail de molécules,
- 45:25il y en a plein dedans.
- 45:27Donc,
- 45:27soit on fait,
- 45:28on isole,
- 45:29c'est des choses qu'on entend,
- 45:31ils ne viennent chercher qu'une molécule particulière pour être sûr de la stabilité dans le temps,
- 45:36soit on est OK de travailler avec ce cocktail qui donnera un aspect,
- 45:40ce qu'on aime sur la couleur végétale,
- 45:42une flamboyance,
- 45:43c'est le mot qui est tout le temps employé,
- 45:45je ne sais pas si on a trouvé d'autres mots.
- 45:48Un éclat.
- 45:48Un éclat,
- 45:49mais en fait,
- 45:49on peut faire ce qu'on veut.
- 45:51Ça dépend l'investissement qu'on met.
- 45:52Mais la logistique,
- 45:53c'est le nerf de la guerre.
- 45:54Ça,
- 45:54c'est sûr.
- 45:55Ça,
- 45:55c'est sûr et certain.
- 45:56Ça va être un des sujets hyper importants.
- 45:59Et je voulais vous parler d'un autre gisement.
- 46:02C'est le gisement,
- 46:04donc pour avoir travaillé dans l'agroalimentaire,
- 46:06c'est le gisement des industries agroalimentaires.
- 46:08C'est-à-dire qu'il y a énormément de déchets.
- 46:11Le mot déchet ne devrait plus exister aujourd'hui,
- 46:13mais il y a énormément de coproduits dans nos industries.
- 46:17Donc moi,
- 46:17si je regarde juste les Hauts-de-France,
- 46:19je me dis qu'il y a moyen.
- 46:21de trouver des gisements qui sont disponibles là en énorme quantité.
- 46:26Il faut travailler avec des chimistes pour voir comment isoler les molécules colorantes,
- 46:30les stabiliser,
- 46:31etc.
- 46:32Mais je veux dire,
- 46:32en fait,
- 46:32on a un terrain de jeu incroyable.
- 46:35Et donc,
- 46:36la ressource sectorielle,
- 46:37elle est un peu partout.
- 46:39C'est seulement où on investit pour que,
- 46:41comme vous dites,
- 46:42il faut que ce soit rentable,
- 46:44massifié,
- 46:45etc.
- 46:45Donc,
- 46:45en fait,
- 46:46il y a plein de solutions.
- 46:47Je pense qu'elles vont avancer toutes globalement en même temps.
- 46:51mais il y aura toujours,
- 46:53pour moi la ressource sectoriale elle est présente sur le territoire et ça s'inclut dans tout ce qu'ils appellent la bioéconomie on est complètement dedans c'est à dire que on est vraiment dans ce sujet là donc passionnant c'est
- 47:08vraiment des sujets qui m'animent donc c'est génial et alors du coup donc ce test que vous êtes en train de faire,
- 47:15il va avoir lieu quand du coup ce test du chambray ?
- 47:19Il y a déjà des essais qui ont été faits et on va dire que la dernière phase va se dérouler sur 2025.
- 47:25Donc on devrait avoir des résultats,
- 47:28on l'espère,
- 47:29avant la fin du deuxième trimestre 2025.
- 47:33C'est ça.
- 47:33L'objectif était de présenter dans la deuxième première vision,
- 47:41en fait celui d'automne,
- 47:42cette collection,
- 47:43pour montrer un résultat concret que les gens peuvent visualiser.
- 47:47toucher,
- 47:48etc.
- 47:48Donc,
- 47:50pour l'instant,
- 47:50on est dans ce schéma directeur,
- 47:54pas de cailloux sur la route.
- 47:56Et ce que j'allais dire,
- 47:58c'est que sur tout ce qui est teinture,
- 48:03en parallèle,
- 48:04on a aussi un deuxième,
- 48:07on va dire,
- 48:07projet,
- 48:08mais qui,
- 48:08lui,
- 48:09ne fait pas intervenir de végétal,
- 48:11mais c'est pour vous montrer à quel point la couleur,
- 48:13pour nous,
- 48:13est importante et le travail qu'on en fait.
- 48:16c'est qu'aujourd'hui les fibres recyclées qu'on a suite au recyclage mécanique,
- 48:21les vêtements sont déjà teints,
- 48:23donc il y a déjà des couleurs pour chaque vêtement.
- 48:26Et du coup,
- 48:26si on passe un petit peu plus de temps sur l'étape de tri,
- 48:29et qu'on arrive à trier les vêtements par couleur primaire,
- 48:33aujourd'hui au CETI,
- 48:35on a travaillé sur un logiciel qui nous permet de connaître la part de jaune,
- 48:41rouge,
- 48:42bleu à incorporer dans notre mélange.
- 48:45pour obtenir une nouvelle couleur.
- 48:48Génial.
- 48:49Sans faire de teinture.
- 48:50Sans faire de surteinture,
- 48:51exactement.
- 48:52C'est très important parce qu'on va souvent,
- 48:55en ce moment,
- 48:56il y a une petite musique sur la rentabilité du recyclage par rapport aux fibres vierges,
- 49:01vu les coûts des matières premières.
- 49:04Si on raisonne,
- 49:05effectivement,
- 49:05et qu'on s'arrête,
- 49:08on va dire,
- 49:08sur le surplus lié à la collecte des textiles usagés,
- 49:13lié à leur...
- 49:14le traitement,
- 49:14le tri,
- 49:15le démantèlement,
- 49:16les filochages.
- 49:18C'est un surcoût par rapport à une matière vierge qu'on va récolter directement.
- 49:22Par contre,
- 49:23si on regarde l'ensemble du process et si on peut faire abstraction de la teinture ou une semi-abstraction en restant sur une surteinture,
- 49:31là,
- 49:32on revient dans une pure économie qui fait sens.
- 49:37Donc,
- 49:37c'est pour ça qu'on a beaucoup travaillé ça.
- 49:38Ça a été long,
- 49:40c'est plus de deux années de recherche pour arriver à faire un petit peu comme font les teinturiers leur triangle de lambert avec les couleurs.
- 49:47les couleurs primaires,
- 49:48le faire finalement avec des fibres recyclées.
- 49:51Mais pour permettre,
- 49:52quand un gisement arrive,
- 49:53tout de suite,
- 49:54par la spectrophotométrie,
- 49:57arriver à le caractériser et être capable,
- 49:59en fonction des différents gisements,
- 50:00de recomposer des couleurs.
- 50:02Donc,
- 50:04c'était déjà notre quête,
- 50:07dès qu'on a travaillé la matière recyclée.
- 50:10Parce qu'on ne peut pas imaginer un textile sans couleur.
- 50:13Donc,
- 50:13on va essayer de travailler à chaque fois cet aspect.
- 50:16en innovant pour montrer que cette innovation permet de changer,
- 50:22on va dire,
- 50:24changer un petit peu le cours de l'histoire sur le synthétique,
- 50:27qu'on soit au niveau fibreux ou qu'on soit au niveau pigment colorant.
- 50:32Et comme tu l'as dit tout à l'heure,
- 50:33Pauline,
- 50:34en fait,
- 50:34on ne cherche pas à remplacer la teinture synthétique,
- 50:39on cherche à apporter des solutions qui vont servir dans certains secteurs pour certaines applications et qui…
- 50:46doivent et qui peuvent trouver surtout leur place dans l'industrie textile.
- 50:50Et donc l'idée ça serait d'avoir entre guillemets pour certains articles de la teinture synthétique parce qu'on sait qu'il n'y a pas d'autres possibilités mais on pourrait penser à du dyeing free d'un côté et puis des pigments végétaux ça
- 51:06peut être aussi bien la teinture,
- 51:07l'impression ou que sais-je orienté sur du végétal et tout le monde doit pouvoir cohabiter ensemble.
- 51:14et trouver leur place dans l'industrie textile.
- 51:19Alors,
- 51:20c'est passionnant parce que c'est un peu le…
- 51:23Je suis à une bifurcation dans le podcast,
- 51:25c'est-à-dire que je commence à être vraiment au taquet sur la couleur végétale,
- 51:30vraiment à fond les ballons,
- 51:32mais j'ouvre à d'autres sources tinctoriales qui sont surprenantes,
- 51:38notamment les bactéries,
- 51:40les champignons.
- 51:41J'ai reçu des invités sur des trucs improbables,
- 51:44genre les oursins au Japon.
- 51:46Donc en fait,
- 51:46on s'inspire d'un problème.
- 51:48C'est exactement ce que vous faites en fait.
- 51:50On fait d'une contrainte une opportunité.
- 51:52Donc eux,
- 51:53la contrainte par exemple au Japon,
- 51:54c'était ces coquilles d'oursins qui s'amassent parce que eux,
- 51:57c'est quelque chose qu'ils mangent.
- 51:59Qu'est-ce qu'on en fait ?
- 52:00Il y a eu des recherches,
- 52:01on en obtient un violet magnifique qui tient,
- 52:04qui est utilisable dans plein de domaines d'application.
- 52:06Cette histoire,
- 52:07elle existe dans,
- 52:09je suis certaine,
- 52:1012 millions de domaines,
- 52:11plein d'histoires dans plein de pays,
- 52:13et je sais qu'en France on en aura des histoires comme ça,
- 52:15c'est sûr,
- 52:16si on investit un peu plus de temps.
- 52:18Mais ce que je veux dire,
- 52:19c'est que du coup,
- 52:19il y a la source tinctoriale végétale issue de l'agriculture,
- 52:24il y a celle issue des coproduits agricoles,
- 52:26il y a celle issue de l'agroalimentaire,
- 52:29et ensuite,
- 52:30il y a tout le reste,
- 52:31les bactéries.
- 52:32Bactéries,
- 52:33ce qui est génial,
- 52:33c'est que leur cycle de,
- 52:35je crois que c'est le cycle de fermentation qui est hyper rapide,
- 52:38fait que ça procure de la couleur
- 52:40très rapidement.
- 52:41On voit plein d'études en ce moment qui sortent là-dessus.
- 52:43Donc ça,
- 52:44c'est un truc que je suis en train de creuser,
- 52:45je suis en train de chercher des invités,
- 52:47j'ai des petites touches,
- 52:48on va voir.
- 52:49Les champignons,
- 52:50pareil,
- 52:50un cycle court,
- 52:52une production qui peut se faire presque même dans le noir,
- 52:55dans des endroits où franchement,
- 52:56en fait,
- 52:57ça ne prendrait pas sur l'alimentaire pur,
- 53:00mais ça pourrait être une solution.
- 53:02Et en fait,
- 53:02je me dis,
- 53:04si on cherche de la couleur,
- 53:05parce que je suis d'accord avec vous,
- 53:07un vêtement sans couleur,
- 53:08C'est triste,
- 53:09en fait.
- 53:09Ce n'est pas ce qu'on cherche.
- 53:11Si on cherche des sources tinctoriales,
- 53:13il y en a,
- 53:13mais vraiment plein.
- 53:14Donc,
- 53:15en fait,
- 53:15je pense qu'on n'est qu'au début de toutes ces sources.
- 53:19Absolument.
- 53:19Voilà.
- 53:20Et en fait,
- 53:20le truc qui est pour moi hyper important et ce que j'essaye de mettre en avant de plus en plus,
- 53:25c'est que j'essaye de comparer et je cherche quelqu'un qui l'a fait ou qui souhaite la faire,
- 53:33une analyse de cycle de vie sur une couleur synthétique versus une couleur
- 53:38de sources,
- 53:39et on les a toutes citées,
- 53:40mais ce qui serait vraiment top,
- 53:41c'est de le faire pour chaque type de source,
- 53:43et de voir effectivement ce qui est le moins impactant pour l'environnement,
- 53:49et cette histoire de rentabilité,
- 53:51parce qu'on ne va pas se mentir,
- 53:52on n'est pas dans un monde de bisounours,
- 53:54il faut que si on monte une filière,
- 53:56elle soit rentable pour les acteurs,
- 53:57que tout le monde s'y retrouve,
- 53:58et que les marques aient envie d'utiliser cette couleur,
- 54:00parce qu'elle rentre dans leur cahier des charges et dans leur critère.
- 54:07Et en fait,
- 54:08ce travail-là,
- 54:09là,
- 54:09on en parle pour le textile,
- 54:10mais en fait,
- 54:11ce travail-là,
- 54:12il peut servir pour…
- 54:13tous les domaines d'application qui sont couverts par le podcast.
- 54:16J'ai plein d'invités qui n'attendent que ça,
- 54:19en fait,
- 54:19que ce travail soit initié ou,
- 54:22en fait,
- 54:22j'ai l'impression que c'est un peu lequel va sortir le premier du bois avec l'analyse de cycle de vie,
- 54:28les informations.
- 54:28Je ne sais pas si vous avez un peu ce sentiment-là,
- 54:31que c'est un peu...
- 54:32Alors,
- 54:32qui est le premier qui va y aller ?
- 54:34Va faire la preuve ?
- 54:35À un moment donné,
- 54:36il faut objectiver la démarche et que l'analyse de cycle de vie,
- 54:41c'est indispensable.
- 54:43pour démontrer.
- 54:45D'ailleurs,
- 54:46on le voit dans d'autres domaines.
- 54:48Nous qui avons travaillé sur le prototypage physique et le prototypage virtuel,
- 54:53démontrer qu'à un moment donné,
- 54:54le prototypage virtuel a une meilleure analyse de cycle de vie,
- 54:57parce que dans la phase de développement produit,
- 55:01parce qu'on évite de faire,
- 55:05de prototyper plusieurs fois en physique,
- 55:08ça a été une grosse avancée pour nous permettre...
- 55:12de travailler sur la virtualisation et sur les modèles numériques et sur les jumeaux numériques.
- 55:18Là,
- 55:18sur la couleur,
- 55:19on est face,
- 55:20et ça n'a été fait que tout à fait récemment,
- 55:23je crois qu'on a publié notre analyse de cycle de vie il y a 18 mois.
- 55:26Donc,
- 55:27sur la couleur,
- 55:28vous avez tout à fait raison,
- 55:29c'est exactement ce qu'il faut faire.
- 55:30C'est-à-dire,
- 55:30à un moment donné,
- 55:32plutôt que de travailler uniquement sur la faisabilité du process à stabilité,
- 55:39orienter le débat sur deux éléments.
- 55:43objectivement quelle est l'empreinte environnementale comparée et ça c'est quantifié c'est scientifique et deuxièmement travailler sur la désirabilité parce que le marché est capable d'accepter mais
- 55:58il faut une désirabilité et la désirabilité de cette couleur en en parlant en ayant un storytelling qui fasse que l'on voit l'intérêt de la couleur végétale par rapport à une couleur synthétique c'est un élément plus marketing ce sont ces deux éléments
- 56:12la science et le marketing.
- 56:14Carrément d'accord.
- 56:15Et en fait,
- 56:16pour rebondir là-dessus,
- 56:17Pascal,
- 56:18la première vocation du podcast,
- 56:21au-delà de trouver toutes les applications possibles à la couleur végétale,
- 56:24parce que franchement,
- 56:25on en découvre encore,
- 56:26il y a des invités qui sont encore,
- 56:27etc.,
- 56:28beaucoup dans la médecine,
- 56:30c'était vraiment un domaine que j'aurais jamais pensé.
- 56:33Donc,
- 56:34au-delà de trouver les différents types d'applications de la couleur végétale,
- 56:37c'était de lever les préjugés par euh...
- 56:42des témoignages d'experts.
- 56:43Donc ça,
- 56:44ça a été toute une vocation que j'ai eue sur le podcast de recevoir les bons experts.
- 56:48Et en fait,
- 56:48malgré ça,
- 56:50malgré ça,
- 56:51il y a encore des gens qui sont sceptiques,
- 56:54même quand on leur parle de couleurs végétales qui ont plus de 5000 ans,
- 56:58qui sont toujours rouges,
- 56:59de garance.
- 57:00Il y a encore des gens qui sont sceptiques.
- 57:01Donc,
- 57:02par quoi on déceptive,
- 57:04je ne sais pas comment on dit,
- 57:05mais par quoi on convainc les gens,
- 57:07c'est par des preuves scientifiques,
- 57:08des analyses noir sur blanc.
- 57:10Et donc,
- 57:10c'est ça l'objectif là.
- 57:12Oui,
- 57:12tout à fait,
- 57:13et en faisant référence aussi à l'histoire,
- 57:15comme vous venez de le faire là,
- 57:16je pense qu'il faut la preuve scientifique et montrer que cette preuve scientifique est étayée par une histoire et par les données objectives.
- 57:25On revient donc toujours à cette démarche scientifique,
- 57:28c'est sûr.
- 57:29Bon,
- 57:30à un moment donné,
- 57:32c'est vrai que travailler à tâture végétale va sortir certains acteurs de leur confort.
- 57:38C'est sûr.
- 57:38C'est-à-dire que vous pouvez déconsommer en zone d'inconfort parce que…
- 57:41parce qu'il y a encore de la recherche à faire,
- 57:42parce qu'il y a encore à un moment donné un travail sur les pigments,
- 57:46etc.,
- 57:46sur des nouvelles fibres,
- 57:48on va être dans une zone de rupture,
- 57:51mais justement dans une zone de construction.
- 57:54Et c'est ça qui est important.
- 57:56Je pense qu'au fur et à mesure,
- 58:00ces réticences vont se lever,
- 58:02franchement.
- 58:03Parce que le résultat sur le produit,
- 58:05n'oublions pas que le textile est un produit qui correspond à...
- 58:08un sociostyle qui correspond donc à un enjeu aussi société,
- 58:14je pense que ces réticences vont se lever et que les professionnels vont prendre le train au moment où il va démarrer,
- 58:24où on marche.
- 58:25Oui,
- 58:25carrément.
- 58:26Et alors du coup,
- 58:26l'histoire,
- 58:27c'est… Pour moi,
- 58:28on est complètement raccord sur les étapes clés pour ouvrir les chakras,
- 58:34on va dire,
- 58:34de tout le monde et prouver que ça fonctionne.
- 58:37et environnementalement,
- 58:38être désirables.
- 58:40Et donc,
- 58:40tous ces préjugés,
- 58:41l'idée,
- 58:42c'est de les lever un par un.
- 58:43Et un des plus,
- 58:45comment on va dire,
- 58:46un des plus coriaces,
- 58:47c'est cette histoire de prix entre un colorant de synthèse et un colorant végétal.
- 58:52Et là,
- 58:53pareil,
- 58:53comme je vous dis,
- 58:54il y a des pas de géants à faire par rapport,
- 58:57déjà,
- 58:57aux agriculteurs qui s'installent.
- 58:59Donc,
- 58:59pendant la quinzaine de l'agriculture tinctoriale,
- 59:01on va avoir,
- 59:03je pense,
- 59:03presque cinq invités,
- 59:04enfin,
- 59:05cinq agris qui viennent de se lancer sur la...
- 59:07l'exploitation territorial,
- 59:08donc un peu partout en France et aussi en Belgique et pays frontaliers.
- 59:13Et donc,
- 59:15Le fait qu'il y ait de plus en plus d'agri qui se lancent,
- 59:18le fait qu'il y ait des pas de géants à faire,
- 59:20etc.
- 59:21Donc,
- 59:22une meilleure extraction,
- 59:23plus de quantité,
- 59:24une filière qui se structure,
- 59:26etc.
- 59:27Forcément,
- 59:27les coûts...
- 59:28ils vont être beaucoup moindres que ce qu'ils sont aujourd'hui.
- 59:31Parce qu'aujourd'hui,
- 59:32effectivement,
- 59:33on avait fait le calcul,
- 59:34donc justement avec Pile Couleur,
- 59:35qui s'était prêté à cet exercice.
- 59:37Donc super épisode avec Pile Couleur,
- 59:39je le mettrai en lien en bas.
- 59:41Et l'exercice,
- 59:42c'était flagrant.
- 59:43C'est-à-dire qu'on ne peut pas demander à une marque de venir mettre un prix exorbitant dans ses colorants,
- 59:49sauf si c'est vraiment quelque chose qui est dans la volonté de la marque et dans l'essence de la marque.
- 59:55Donc nous,
- 59:56on sait ce qu'on a à faire de notre côté.
- 59:59et on comprend les attentes en tout cas ça va être ça le mix moi je me rends compte que ce que je vais avoir entre guillemets à ma mission je me donne c'est de faire correspondre ces deux mondes de les faire parler entre eux et en fait ce qui est génial c'est que les deux sont hyper prêts et motivés en fait donc
- 1:00:18maintenant il n'y a plus qu'à entre guillemets exactement et effectivement de ne pas rester scotché sur les résultats économiques
- 1:00:28Petite série,
- 1:00:29petit volume,
- 1:00:30mais de faire un scale-up économico-industriel qui fait que derrière,
- 1:00:35on voit tout de suite l'intérêt que ça peut avoir.
- 1:00:39Et l'intérêt,
- 1:00:39il n'est pas uniquement sur l'économique,
- 1:00:44il est aussi sur l'enjeu environnemental qui va rentrer demain dans la matrice économique aussi.
- 1:00:50Complètement.
- 1:00:51Puis sur l'enjeu sociétal aussi et d'autonomie dans la ressource.
- 1:00:54Donc je pense que ces éléments sont des éléments…
- 1:00:57qui peuvent infléchir,
- 1:00:58surtout que si l'on prend un vêtement que vous consommateurs allez acheter,
- 1:01:04quelle est la part de la ceinture dans le prix de vente de l'article in fine ?
- 1:01:09Vous allez être sur quelques pourcents,
- 1:01:12à peine.
- 1:01:12Donc on est en train aussi de dire,
- 1:01:16attention,
- 1:01:16est-ce qu'on peut sur quelques pourcents,
- 1:01:191 à 2 pourcents,
- 1:01:20accepter un surcoût de
- 1:01:2220%, mais 20% sur 1%.
- 1:01:23Oui.
- 1:01:24Donc,
- 1:01:25vous voyez,
- 1:01:26je pense que l'effort sur le pricing prix de revient,
- 1:01:32il se trouve très vite par rapport,
- 1:01:35on va dire,
- 1:01:36à la désirabilité de l'article in fine avec sa marge globale par rapport au consommateur.
- 1:01:44La marge n'est pas si importante.
- 1:01:47Et puis en plus de ça,
- 1:01:48je pense qu'il va y avoir aussi le consommateur qui va pousser.
- 1:01:51C'est sûr.
- 1:01:52pour avoir dans sa garde-robe des produits qui sont plus durables et plus responsables.
- 1:01:59Moins de produits,
- 1:02:00moins de produits,
- 1:02:01un peu de frugalité ne fait pas de mal,
- 1:02:03et c'est une tendance que l'on voit.
- 1:02:05Moi je vois dans nos interventions,
- 1:02:08avant même d'aller sur le sujet de comment on peut rendre notre monde textile plus vertueux,
- 1:02:14on commence aussi par dire,
- 1:02:16attention,
- 1:02:17peut-être que la frugalité d'éviter les articles
- 1:02:21qui ne servent pas,
- 1:02:22qu'on ne va pas porter et qui vont rester dans nos armoires.
- 1:02:26Un peu de frugalité,
- 1:02:27par contre,
- 1:02:28à voir.
- 1:02:28Effectivement,
- 1:02:30c'est comme la nourriture,
- 1:02:31c'est pareil.
- 1:02:31Peut-être avoir,
- 1:02:32à un moment donné,
- 1:02:33la qualité au rendez-vous avec un article qui fait sens en termes de consommation.
- 1:02:40Et alors,
- 1:02:40au-delà de cette histoire d'impact sur l'environnement,
- 1:02:45il y a un impact non négligeable de la couleur végétale que j'explore fortement en ce moment.
- 1:02:50c'est les raisons de conversion des domaines d'application entre le synthétique et la couleur végétale.
- 1:02:56Et en fait,
- 1:02:57quasiment la première qui arrive,
- 1:02:59c'est la santé.
- 1:03:00Donc en fait,
- 1:03:01énormément,
- 1:03:02par exemple dans la coloration capillaire,
- 1:03:04énormément de coiffeurs ou d'entreprises fabricantes se sont complètement orientés vers le végétal parce qu'il y avait des développements de maladies,
- 1:03:13d'allergies cutanées.
- 1:03:15C'est incroyable.
- 1:03:16Donc,
- 1:03:18globalement,
- 1:03:19la couleur,
- 1:03:19elle est...
- 1:03:20beaucoup en lien avec notre peau.
- 1:03:22Dans le make-up,
- 1:03:23dans la coloration capillaire,
- 1:03:24la savonnerie et donc le textile qui est tout le temps à même notre peau,
- 1:03:28il y a eu énormément d'allergies,
- 1:03:30de signalements de maladies.
- 1:03:31Il y a un super livre dont vous avez dû entendre parler,
- 1:03:36c'est le livre noir de la mode d'Audrey Millier qu'on a reçu sur le podcast.
- 1:03:40Là,
- 1:03:41j'ai pris conscience qu'en plus d'apporter une solution parmi d'autres à une proposition de couleur,
- 1:03:48Il y avait aussi cette histoire d'être bon pour la planète,
- 1:03:52parce qu'on va avoir la triple comptabilité dans les entreprises,
- 1:03:55on va avoir des crédits à payer pour le carbone,
- 1:03:58etc.
- 1:03:59J'ai connu ça quand j'étais chez Auchan en RSE.
- 1:04:01Mais on va pouvoir faire des gains en termes de santé,
- 1:04:06d'éviter des allergies,
- 1:04:07des psoriasis,
- 1:04:08des maladies de la peau,
- 1:04:09du cuir chevelu ou autre.
- 1:04:11Et ça,
- 1:04:12je pense qu'il ne faut pas le négliger non plus.
- 1:04:14Par contre,
- 1:04:14il va falloir avoir des preuves.
- 1:04:16Et là encore,
- 1:04:16un énorme boulot qui nous attend.
- 1:04:18Et cet enjeu de santé,
- 1:04:22je fais référence à une étude de l'IFM d'il y a...
- 1:04:25trois,
- 1:04:25quatre ans,
- 1:04:27vient en numéro un des préoccupations des Français.
- 1:04:30C'est-à-dire qu'on parle de l'environnement,
- 1:04:33le Français en fait il va mettre en numéro un la santé,
- 1:04:35en deux l'environnement,
- 1:04:38en trois le sociétal,
- 1:04:39parce qu'on est une nation qui est toujours sensible à ce qui se passe au niveau du travail et au niveau du travail des autres pays.
- 1:04:48Donc ces trois éléments conjugués vont militer pour justement…
- 1:04:56sur des matières,
- 1:04:59sur des colorants,
- 1:05:00des pigments,
- 1:05:02parce qu'elles sont sur le corps.
- 1:05:0385% de notre corps est recouvert de textiles.
- 1:05:06Donc,
- 1:05:08pour respecter cet enjeu,
- 1:05:09cette aspiration à la santé,
- 1:05:11à une meilleure santé.
- 1:05:12Et puis en plus,
- 1:05:13si du coup,
- 1:05:15le domaine de la santé,
- 1:05:17cette régulation au niveau de la santé est prouvée,
- 1:05:20forcément dans le textile une des régulations les plus importantes c'est la régulation riche et elle pourra appuyer largement l'essor de la teinture végétale si on arrive justement à montrer que pour la santé passer
- 1:05:36sur quelque chose de végétal des pigments végétaux on a une amélioration considérable alors sur le sur le sur riche je vous
- 1:05:46comment de deux épisodes qu'on a enregistrés avec Greening qui justement parlaient de ça le fait qu'ils ne favorisent pas encore aujourd'hui beaucoup la teinture végétale et je pense que effectivement c'est parce qu'il y a un manque de preuves bien sûr,
- 1:06:00bien sûr mais je pense que ça c'est aussi dû au fait que ça fait quelques années que tous les pigments végétaux reprennent on va dire de l'importance
- 1:06:12c'est que tout le monde commence à se réintéresser à ces pigments végétaux,
- 1:06:18pour la teinture en particulier.
- 1:06:20Donc,
- 1:06:20c'est aussi normal que
- 1:06:22Rich, pour l'instant,
- 1:06:23n'ait pas modifié ces régulations,
- 1:06:27sachant qu'on n'a pas encore de preuves bien établies,
- 1:06:30on va dire.
- 1:06:31Oui.
- 1:06:32Et alors,
- 1:06:32pour vous faire un petit retour,
- 1:06:33moi,
- 1:06:33de mon aspect global,
- 1:06:35parce que ce que je tiens à garder,
- 1:06:36c'est cette vision large de tous les domaines d'application de la couleur végétale.
- 1:06:41c'est qu'en fait,
- 1:06:41ce que vous vivez là,
- 1:06:43dans le domaine du textile,
- 1:06:44c'est des choses qui sont à différents stades dans les autres domaines d'application,
- 1:06:49mais globalement,
- 1:06:50c'est les mêmes quêtes de preuves,
- 1:06:53d'avoir des organismes certificateurs qui appuient cette démarche,
- 1:06:58etc.
- 1:06:59Donc,
- 1:06:59en fait,
- 1:07:00s'il y a un des domaines d'application qui prend le lead sur ces sujets-là,
- 1:07:05je pense qu'il montrera aussi la voie.
- 1:07:08aux autres domaines d'application de la couleur végétale.
- 1:07:10Et n'oublions pas un truc hyper important,
- 1:07:12c'est que je pense que 80% des plantes tinctoriales sont utilisées dans tous les domaines.
- 1:07:18Donc,
- 1:07:19qui dit ça,
- 1:07:21dit massification encore plus poussée,
- 1:07:25aide à la logistique parce que tous les domaines ne sont pas,
- 1:07:27on va dire,
- 1:07:28dans les mêmes conditions de revenus.
- 1:07:29Il y a des domaines un peu plus fortunés qui pourraient contribuer davantage.
- 1:07:34Et donc,
- 1:07:34en fait,
- 1:07:34tout ce travail-là va servir à toute cette filière tinctoriale.
- 1:07:39C'est hyper enthousiasmant,
- 1:07:40franchement,
- 1:07:41moi,
- 1:07:41ça me fait hyper plaisir.
- 1:07:42Bon,
- 1:07:42bref.
- 1:07:43Donc,
- 1:07:44de nombreux épisodes en cours après.
- 1:07:46Oui,
- 1:07:46c'est ça,
- 1:07:46ce que j'allais dire.
- 1:07:48Est-ce qu'il y a une question que je ne vous ai pas posée,
- 1:07:50Maud,
- 1:07:50Pascal,
- 1:07:51une question ou un sujet que vous aimeriez poser,
- 1:07:55qu'on n'a pas abordé,
- 1:07:57qui est important pour vous,
- 1:07:58que vous voudriez mentionner avant qu'on ne se quitte ?
- 1:08:02Oui,
- 1:08:02il y a un point,
- 1:08:02mais à moins qu'il y ait un point technique à rajouter.
- 1:08:07Il y a un point important,
- 1:08:08il ne devrait pas qu'on sous-estime l'enjeu politique de cette démarche.
- 1:08:12Là,
- 1:08:12on parle avec une expertise,
- 1:08:14on parle en tant que centre de recherche,
- 1:08:20l'enjeu politique,
- 1:08:20et je discutais justement avec mon homologue allemand,
- 1:08:24Thomas Gris,
- 1:08:24qui dirige l'ITA à Aix-la-Chapelle,
- 1:08:29qui me disait qu'aujourd'hui,
- 1:08:31dans son rôle de dirigeant,
- 1:08:33le lobbying politique avait pris une importance forte.
- 1:08:36Pourquoi ?
- 1:08:37Parce qu'à un moment donné,
- 1:08:39il faut aller au-delà des mots,
- 1:08:41il faut aller au-delà des,
- 1:08:43on va dire,
- 1:08:44de quelques sujets qui vont retenir l'attention du public.
- 1:08:49Je vais prendre l'exemple de l'ultra-fast fashion,
- 1:08:51par exemple,
- 1:08:52sur lequel il y a aujourd'hui une action française,
- 1:08:56une action européenne qui se traduit par une régulation qui va…
- 1:09:00Parce que là,
- 1:09:01on est vraiment à l'envers de tout ce qu'on vient de dire en termes de…
- 1:09:06de valeur et en termes de dessus.
- 1:09:09Mais il faut aller jusqu'au bout.
- 1:09:12Et le message que je veux faire passer,
- 1:09:13c'est que dans le plan industrie verte,
- 1:09:16le textile n'est pas dans ce plan industrie verte.
- 1:09:19Donc il faut aller à un moment donné,
- 1:09:21non pas uniquement dans la culpabilisation du consommateur,
- 1:09:25nous,
- 1:09:26donc,
- 1:09:27mais aller aussi sur la mise en place de moyens nécessaires.
- 1:09:30Et donc,
- 1:09:31il faut que le textile absolument trouve une place,
- 1:09:33et j'espère qu'il y aura dans les futurs décrets,
- 1:09:35dans ce plan français d'industrie verte,
- 1:09:38dans cette feuille de route d'excellence nationale que l'on souhaite,
- 1:09:42elle existe en Europe,
- 1:09:43on la souhaite au niveau de la France,
- 1:09:45et donc qu'on puisse travailler toutes les nouvelles fibres,
- 1:09:50tous les nouveaux pigments,
- 1:09:52en ayant les moyens qui sont nécessaires à leur développement.
- 1:09:55Voilà,
- 1:09:55c'était le dernier message que je voulais faire passer.
- 1:09:58Qui est très important.
- 1:09:59Parce qu'en fait,
- 1:10:00peu importe le domaine dans lequel on parle de couleur végétale,
- 1:10:03en face,
- 1:10:03il y a,
- 1:10:04ce qui est souvent ressorti,
- 1:10:05des lobbies qui ont des millions.
- 1:10:08On parle,
- 1:10:09par exemple,
- 1:10:09pour la coloration capillaire,
- 1:10:10en face,
- 1:10:10ils ont des géants.
- 1:10:13Quand on parle des beaux-arts,
- 1:10:14pareil,
- 1:10:15on a un développement de pigments végétaux dans les beaux-arts incroyables,
- 1:10:19reconnus par les meilleurs,
- 1:10:20mais en face,
- 1:10:20ils ont encore des plus gros groupes.
- 1:10:22Dans le textile,
- 1:10:23c'est pareil.
- 1:10:24Dans plein de domaines d'application,
- 1:10:25en face,
- 1:10:26il y a du monde qui a de l'influence du pouvoir et de l'argent.
- 1:10:31Et c'est vrai que ça peut refroidir et on aura besoin d'aide.
- 1:10:37Exactement,
- 1:10:38d'aide,
- 1:10:38de support et d'aller au-delà des mots,
- 1:10:40aller dans le faire.
- 1:10:42Et ça,
- 1:10:42c'est notre métier à nous en tant que centre de recherche.
- 1:10:47C'est le message que je voulais faire passer pour les personnes qui regarderont ce...
- 1:10:52ce podcast.
- 1:10:54Est-ce que Maud,
- 1:10:54il y a quelque chose qui te tient à cœur que tu voudrais ajouter ?
- 1:11:00Non,
- 1:11:00rien de particulier.
- 1:11:01Juste pour conclure par rapport à ce que Pascal a dit,
- 1:11:05l'innovation,
- 1:11:06c'est notre cœur de métier,
- 1:11:07mais cette innovation,
- 1:11:08elle ne tient pas sans tout l'écosystème aussi bien politique que industriel qui nous entoure.
- 1:11:17Et donc,
- 1:11:18c'est pour ça que le CETI,
- 1:11:20on essaye au maximum
- 1:11:22de rester en relation avec les politiques et avec les industriels pour ne pas s'éloigner de cette réalité qui est sur le terrain.
- 1:11:33Génial.
- 1:11:34Écoutez,
- 1:11:34franchement,
- 1:11:35c'est un épisode qui m'a mis en joie,
- 1:11:38en énergie.
- 1:11:39Je trouve que c'est hyper enthousiasmant.
- 1:11:45Écoutez,
- 1:11:45je vous remercie tous les deux.
- 1:11:48Donc moi je vais couper là,
- 1:11:50mais si ça ne vous dérange pas on reste ensemble,
- 1:11:52je coupe l'enregistrement ici.
- 1:11:54Je vous invite à me rejoindre sur ma page Instagram ArtEcoVert,
- 1:11:58A-R-T-E-C-O-V-E-R-T,
- 1:12:01pour y découvrir le nom des prochains invités.
- 1:12:04Je me permets de vous rappeler que la seule manière de soutenir ce podcast est de le noter et le commenter sur la plateforme d'écoute de votre choix.
- 1:12:12C'est ainsi qu'on arrivera à faire porter la voix.
- 1:12:15de ces passionnés de la couleur végétale.
- 1:12:17Merci à tous ! Savoir si vous allez aimer, les mots clés du podcast ArtEcoVert : teinture végétale plantes tinctoriales indigo garance encre végétale couleur végétale colorants végétaux pigments végétaux coloration capillaire végétale fibres naturelles colorants biosourcés tanins teinture naturelle plantes artecovert couleurs de plantes design végétal couleur jardin agriculture tinctoriale