Latest / Déclic / « Si tout disparaissait demain, le feriez-vous encore ? » - Le portrait Déclic de Coraline Deshaies
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- Laure - Déclic: Une règle que tu as décidé de ne plus suivre. Coraline: me contenter du peu. Laure - Déclic: Une réponse que tu as longtemps cru vraie et que tu ne crois plus aujourd'hui. Coraline: qu'on peut pas changer notre vie ! Laure - Déclic: et ta définition d'une vie sans regret. Coraline: d'avoir tout essayé toutes les versions de nous-mêmes. Laure - Déclic: bonjour Coraline et bienvenue sur Déclic. Alors je t'ai demandé de prendre un qui te représentait. Est-ce que tu peux nous partager ce que tu as choisi ? Coraline: Mon livre, c'est un livre qui s'appelle AstroMap, c'est un livre d'astrologie et je dirais que ça a été les prémices de beaucoup de choses, d'une longue recherche, de longues découvertes et c'est toujours un appui aujourd'hui donc j'y reviens assez régulièrement donc voilà c'est un peu... mon livre qui me suit partout et qui m'offre pas mal de réponses, on va dire. Laure - Déclic: est-ce que tu peux nous en dire plus quand tu découvres ce livre ? Qui est Coraline ? Coraline: Découvre ce livre, Coraline, donc on est en 2021. Coraline vient de vivre le Covid de façon assez violente. Elle n'a plus de job, elle s'est séparée et elle ne plus du tout qui elle est. et elle essaye de se rallier à quelque chose de plus grand qu'elle parce que sinon vraiment vivre sur terre c'était très compliqué et donc ouais je cherche une façon de mieux vivre si je peux dire donc je reviens régulièrement chez mes parents et en même temps je suis très dépendante de pour l'instant financièrement je me cherche une voie et j'ai l'impression que toutes les voies sont fermées, bloquées, verrouillées, enfin il se passe rien Vraiment rien à ce moment-là. c'est pour ça que j'ai passé un nombre d'heures assez folles à chercher, explorer, trouver des réponses et avoir la foi, si je peux dire, en quelque chose de plus grand qui va se déverrouiller. Et puis, c'était une forme de confort, finalement. Que ce soit vrai ou non, ça m'apportait une forme de réconfort, des réponses. à beaucoup de choses et ça a redonné aussi une forme d'optimisme parce que si on rentrait dans le détail de l'astrologie on peut lire ce qui se passe dans le passé, maintenant et dans le futur et du coup ça m'a donné beaucoup d'espoir et surtout il avait une forme de logique derrière ça qui du coup me permettait de me dire je suis pas totalement folle. Laure - Déclic: Et donc tu découvres ce livre, tu découvres l'astrologie. Qu'est-ce qui se passe concrètement à ce moment-là ? Est-ce qu'il a déjà un premier déclic qui se fait dans ton quotidien Coraline: Ouais je pense qu'il y avait une forme de déclic qui était... En fait on peut danser j'ai de dire avec les astres, on n'est pas obligé de les subir. Et le premier déclic ça a été parce que quand je me cherchais, il y avait un petit peu le côté genre pourquoi est-ce qu'il m'arrive ça ? Une forme de... comme si je subissais, genre vraiment c'est pas ma faute, c'est... je sais pas ce qui se passe. Et en fait ça a été vraiment une forme de reprise de pouvoir parce que du coup c'est finalement un apprentissage à lire entre les lignes et ça m'a permis de découvrir plein de choses déjà quel était mon fonctionnement naturel. Et en fait ça m'a permis de relier ça avec beaucoup de périodes de ma vie. dit, oui c'est vrai que quand ça se passait bien j'ai tendance à agir de telle façon. oui c'est vrai que ma façon de parler elle est plutôt comme ça. oui c'est vrai que je suis plutôt une personne sociable. Et en fait plein de petites choses. oui c'est vrai que les challenges que je ressens au quotidien c'est ceci. Et en fait tout ça a été écrit. Je me suis dit, c'est fou. Laure - Déclic: j'entends qu'à cette période-là, tu vis quand même pas mal de challenges. c'est quoi que tu vis à ce moment Coraline: Les challenges que je vis à ce moment-là, suis... Avant le Covid, je suis en couple. Du coup, mon ex m'avait rejoint, on vivait tous les deux dans le même appartement. Donc un petit appartement parisien qui à la base était le mien. Et puis, on dire que j'étais très jeune. Il y avait un peu l'amour aveugle où on est tous très contents, etc. Et puis je me laisse peut-être un peu... Je me dissous peut-être aussi dans cette relation sans m'en rendre compte. C'était très... Je m'en rends pas compte parce que je suis très heureuse de partager ma vie, sa vie, sa famille, ses intérêts et plein de choses. en fait, que tout va bien, tant que la machine est en route, tout va bien. Et en fait arrive le Covid et en fait entre temps il y avait eu peut-être six mois déjà de vie commune où finalement je m'étais laissée peut-être aussi un peu influencée par ces croyances qui étaient non mais en fait ce job te convient pas donc qu'est qui se passe je quitte mon job mais moi je serai là pour toi. bon bah tu seras là pour moi bah tant mieux. Et puis il faut se mettre dans l'immobilier. bah on va se mettre dans l'immobilier. Et puis beaucoup finalement je me suis laissée un peu ballotée et puis arrive le Covid et puis là je me retrouve enfermée dans ma chambre à regarder le plafond et à me dire c'est ça ta vie. Pendant que lui continuait finalement ses activités puisque lui rien ne s'est arrêté, juste moi j'étais l'accroche, moi je suivais. Et du coup ça a forcé beaucoup de questions. Et puis en fait il y a eu un moment c'était plus viable et je me rappelle me mettre dit à un mois de mes 25 ans... Non, ça ne pas continuer comme ça. Et en même temps, je vais dire le vide, parce qu'il y avait le risque. Le risque parce que je ne pouvais plus payer mon loyer toute seule, parce que j'étais totalement dépendante. Le risque d'être isolée puisque je m'étais totalement plongée dans sa vie. Le risque de ne plus pouvoir reprendre une vie comme avant puisque il y a eu un avant et un après Covid. Et pour autant, je savais que c'était une décision qu'il fallait... qu'elle soit prise et elle a été prise, alors je ne sais pas avec quelle force, j'ai vraiment la sensation d'avoir été soutenue par toute... tout plein de force, je ne sais pas comment c'est venu parce qu'à ce moment là je pourrais peut-être me... m'identifier à l'équivalent d'une loque, clairement, je regardais mon plafond, je pleurais, il se passait rien et en fait à un moment donné, a quelque chose qui a explosé. Et puis bah là du coup il y eu l'après et l'après c'est la reconstruction. Et du coup c'est vraiment venir chercher beaucoup de réponses qu'on n'a pas. Et c'est venir chercher qu'est-ce qui résonne, qu'est-ce qui résonne plus, quelles sont les habitudes qui ont été les miennes, quelles sont celles que j'ai empruntées, qu'est-ce que je veux, parce qu'apparemment ce que je veux ça marche pas donc il faut peut-être que je trouve une autre voie. Et donc ça a été le début de toutes ces choses-là finalement de redirection de vie et de réapprendre à... Ouais, intérioriser, se reconnecter et en même temps beaucoup de solitude aussi, beaucoup de solitude de se dire mais j'ai plus personne pour me dire quoi faire, j'ai plus personne, enfin j'ai plus le cursus scolaire pour me dire bah voilà c'est ça la prochaine étape, il n'y avait plus rien, il y avait vraiment juste moi et le vide et Laure - Déclic: Ok. Coraline: à un moment donné une façon de de sortir de la survie qui était il a des étapes très concrètes, c'est d'abord il trouver un job alimentaire et puis ensuite il faut payer ses factures et puis ensuite il faut faire ci avant d'arriver à une forme de je vais dire aspirationnelle de ce pourquoi on est vraiment là et qu'est qu'on a vraiment envie de faire. voilà ça a été ça Laure - Déclic: ... Coraline: le passage Laure - Déclic: c'est quoi la première chose qui te permet de dire, j'y vais quoi, j'ai pas le choix, Coraline: le fait de devoir payer mon loyer. En fait, c'est vraiment l'instinct de survie. C'est aujourd'hui, j'ai besoin de me réapproprier mon espace. Et en même temps, aujourd'hui, espace, je ne pas me le permettre. Donc, comment est-ce que je concilie les deux ? Et puis du coup, j'ai fait ce que j'appelle aujourd'hui des petits boulots, mais en réalité, qu'on était hyper salvateurs parce que ça m'a remis en mouvement, ça m'a remis dans la vie, ça m'a reconnecté. Je donnais des cours, je faisais de l'aide au devoir, je faisais des ménages, je faisais même des rôles, des castings, la technique. fait, tout ce qui était bon à prendre et tout ce qui était là, je prenais parce qu'à ce moment-là, je pense que je n'avais pas la capacité... je vais dire l'espace mental, émotionnel de réfléchir. Laure - Déclic: Et comment pendant cette période-là tu gères le regard des autres Coraline: Je n'ai pas souvenir d'avoir subi le regard des autres. C'était plus moi qui effectivement était dans une logique de comparaison, même si on ne l'a jamais vraiment renvoyé. C'était plus, mes amis, en sont là dans leur vie, pour elles il se passe ci, pour elles il se passe ça. Et moi je suis complètement à la ramasse. Laure - Déclic: il a une phrase qui m'interpelle dans ce que tu m'as écrit. C'est aujourd'hui je suis celle que j'ai toujours été. La seule différence est que maintenant je le sais et surtout je l'aime. Coraline: Oui. ça rejoint un petit peu ce que je disais avec le livre d'astrologie. Finalement ça a été une vraie découverte et une rencontre. Rencontre avec moi-même et avec qui j'étais. que en fait j'ai toujours été celle que j'étais. Seulement, il y a des moments peut-être que j'étais dans l'ombre de quelqu'un. Ou l'ombre d'un boulot. Ou l'ombre d'une croyance. Et en fait on est tellement parfois... balader secoué par la vie, on sait plus comment on navigue et on sait plus qu'est-ce qui vrai et qu'est-ce qui est faux. Et du coup quand je dis je suis celle que j'ai toujours été c'est que par un moment je me suis égarée et je ressemblais peut-être plus à cette version là parce que je ne savais pas comment y revenir mais pourtant elle était là elle était quand même au fond et en fait je l'aime cette personne là parce qu'elle me... m'a permis de la retrouver et je sais que c'est elle qui traverse les tempêtes, c'est elle qui traverse les moments de joie, c'est elle qui se relie aux autres, c'est elle qui partage, qui est optimiste Laure - Déclic: Mais comment on sait qu'on est vraiment soi ? Coraline: Je pense que c'est un ressenti. Moi je sais que je suis vraiment moi quand j'ai... Je me sens légère. Je vais dire que je me sens légère parce que je ne pas dans une logique de performance. C'est-à-dire que je n'ai pas besoin de prétendre avoir fait quelque chose, prétendre avoir été telle personne, prétendre avoir été quelque part, prétendre... Il y a une logique de... juste je suis moi-même, c'est très léger parce qu'en fait il y a une continuité, il a un flot qui arrive et il n'y a pas de censure finalement. Laure - Déclic: Est-ce que tu as découvert des choses de toi que tu ne connaissais pas du tout Coraline: c'est que j'ai découvert pas mal de choses. Je dirais en fait ce que j'ai découvert plutôt, c'est des modes de fonctionnement. Des modes de fonctionnement qui sont aussi bien des opportunités comme des travers, qui est peut-être le besoin peut-être de ne pas se sentir assez et ça peut être dangereux mais en même temps c'est un cadeau parce que du coup c'est toujours la recherche finalement de faire mieux Et l'idée c'est un petit peu de trouver l'équilibre j'ai envie de dire entre ben ok est que c'est juste pour moi ou est que c'est juste pour les autres ? Laure - Déclic: Et comment ton entourage a vécu cette période-là Coraline: plutôt bien. Vraiment j'ai un entourage qui très sain. Mes parents ils sont très très soutenants, ils m'ont toujours soutenu je pense que c'est vraiment ce qu'ils ont voulu me transmettre c'est à dire que en fait c'est la liberté de faire tes choix la liberté de te planter la liberté de peu importe Et puis mes amis, pareil, comme je te disais, il n'y avait pas eu de jugement. Laure - Déclic: Tu penses que c'est important dans un cheminement comme ça d'avoir justement un entourage qui soutient Coraline: Ouais, tellement. Oui, je le vois ne serait-ce que par rapport à un événement récent qui m'est arrivé où j'avais une peur d'être seule face à cet événement et en fait je me suis rendu compte que je ne l'étais pas. globalement je trouve que j'ai un environnement, un entourage très sain et ça se ressent dans les périodes qui sont aussi bien difficiles mais que d'autres périodes qui sont aussi porteuses parce que quand finalement on est bien en phase et qu'on se sent pleinement nous-mêmes, qu'on a justement plus ces questionnements, qu'on porte plus son masque, est-ce que ces personnes-là sont aussi là pour t'acclamer, pour te soutenir, pour être vraiment sincèrement heureuse pour toi ? Laure - Déclic: je rencontre beaucoup de personnes qui sont dans des phases de reconversion et qui me disent se sentir seules et ne pas se sentir soutenues par l'entourage. Qu'est-ce que tu leur conseillerais à ces personnes-là ? Coraline: En fait c'est toujours une dualité parce que finalement c'est qui je suis moi quand je suis seule versus qui je suis quand je suis avec les autres. C'est toujours une vraie dualité, c'est l'apprendre j'ai envie dire à vivre ensemble. Ce que je pourrais conseiller à ces personnes d'abord c'est déjà d'apprendre à aimer leur propre compagnie finalement. parce que c'est normal en par moments de se sentir seule et de se sentir perdue parce qu'on change peut-être de prisme, de vie, de personnalité mais en fait c'est un vrai apprentissage que j'ai là sur les deux dernières années mais c'est qui je suis quand je ne suis pas en train de m'occuper soit d'un proche de mes enfants ou de faire les courses, qui je suis finalement quand je n'ai plus besoin d'avoir une image publique, j'ai plus besoin de performer. Et en fait je trouve qu'à partir du moment où on a décrété ça, qu'on sait à qui on est, et ben on n'a plus peur d'être seule parce qu'on est sa propre compagnie Ça peut être très fracassant de se redécouvrir et de se dire, en fait, tout ce que l'autre m'apportait, je peux me l'apporter moi-même. Mais je pense que la première étape, c'est vraiment de se dire qui je suis quand personne ne me regarde. Laure - Déclic: Si tu devais, partager à quelqu'un, qui tu es quand tu n'es plus dans tous ses rôles, qu'est-ce que tu conseillerais vraiment ? Est-ce qu'il des exercices ? Est-ce que c'est des moments seuls avec soi-même ? Coraline: alors une première chose, si vraiment ils en ont l'occasion c'est vraiment aller faire une retraite. Et une retraite pas forcément en groupe, ça peut être quelque chose... Voilà, je m'isole volontairement du monde, je m'isole aussi de mes fonctions et je suis juste avec moi-même. Donc dans un endroit que je ne connais pas. Et avec des personnes que je ne connais pas, et mieux j'ai envie de dire dans un pays où on ne pas la langue. Parce que finalement ce moment où on se retrouve seul avec soi-même, déjà ça nous permet de déceler des ressources qu'on avait insoupçonnées Même ne serait-ce qu'un week-end, je trouve que c'est très révélateur de se dire mais juste quand je sors de chez moi et que je ne pas dans un environnement connu, l'environnement ne peut plus me définir déjà. Donc déjà je trouve que ça émerge. Donc ça, ce serait une première chose. Une deuxième chose, effectivement, ce serait... de se faire accompagner peu importe ce qui va résonner avec la personne, mais ça peut être aussi bien du coaching. Ça peut être peut-être s'offrir une lecture astrologique, numérologique ou que sais-je, Voilà, c'est vraiment se créer ses propres espaces où soi-même on peut émerger en fait. Donc il a une forme de coupure du monde. Et puis, je pense que il y a une étape peut-être juste d'acceptation accepter que on a notre place, on prend notre place et j'ai besoin de me reconnecter toujours et encore à une chose qui me font du bien, pour... bah pour pleinement s'apprécier et reconnaître finalement dans quel endroit est-ce qu'on n'est pas à apprécier notre juste valeur. Et ça c'est c'est pas un travail, j'ai envie de dire, on-off. Bah, bah j'ai fait ça, c'est bon, non. Je pense que c'est le travail de toute une vie et que chacun va... avoir des protocoles différents. Mais en tout cas, je pense que la première phase, c'est se couper du monde et se dire, qui je suis quand personne me regarde, quand je ne suis plus dans mon environnement qui m'a conditionné à être qui je suis au quotidien. Laure - Déclic: j'entends aussi cette notion de sortir de sa zone de confort et d'oser faire des choses. Coraline: Oui. Ouais, ça peut être un voyage et en fait... J'aime beaucoup d'ailleurs, peut-être que ça va parler, mais le film mange Prie Aime. Parce que je trouve qu'il est très parlant, parce que finalement, elle va un peu à la rencontre d'elle-même. Mais la rencontre d'elle-même, passe par différents pays, différentes parties d'elle, différentes rencontres. Et c'est un vrai voyage, j' ai presque envie de dire initiatique, mais qui lui permet de se sortir de sa zone de confort et de se dire « ça j'aime, ça j'aime pas, ça oui, ça non, ça ça résonne, ça ça résonne pas ». Et là, c'est vraiment... Laure - Déclic: Est-ce que justement tu as été inspiré par cette histoire de te retrouver aujourd'hui je pense à Rome ? Coraline: Oui, 100 fois. C'est parce que la première fois que je suis venue à Rome, d'ailleurs, c'était en août 2020. Et c'était un petit peu ma muse. C'était là, à Rome, il faut que j'aille me remplir de pâtes parce que je crois que c'est la seule chose qui me fait du bien aujourd'hui. Et je suis partie un mois effectivement après cette rupture post-Covid. Donc oui, clairement, c'est un mantra. Laure - Déclic: Donc tu es une citadine pendant pas mal d'années et puis là aujourd'hui tu vis en Italie. Tu me disais Coraline: A la Laure - Déclic: dans la Pampa italienne, tout près de Rome. Est-ce que tu peux nous Coraline: Je que clair, moi. Laure - Déclic: partager un peu plus sur ce passage et ces dernières années ? Coraline: là aussi on peut parler de déclic finalement. je vivais donc à Paris pendant presque une décennie et puis l'année dernière, à peu près au mois de février, mars, de nouveau je rencontre des résistances, de nouveau il y a des choses qui sont bloquées. De nouveau, mes relations amoureuses ne sont pas épanouissantes, professionnellement c'est pas la panacée non plus. Il y a un côté très bloquant et un besoin de fraîcheur, de me renouveler ou en tout cas, qu'est-ce que je fais ? Je fais ce que je fais le mieux. Je pars pour me retrouver. Et je pars donc pour rencontrer une amie qui donc, je l'avais rencontrée lors de ses fameux voyages il a 6 ans. Et aujourd'hui elle habite, et moi aussi, dans un petit village à une quarantaine de minutes de Rome. C'est un village avec un château, etc. Et puis fait je suis allée la voir en mode j'ai besoin de me déconnecter, aide-moi. Et en fait je suis arrivée et j'ai été prise en charge. de A à Z. C'était en février, c'était plein hiver à Paris, mais en Italie on percevait le début du printemps, les rayons de soleil et donc, elle son travail c'est de rénover des Airbnb et donc elle rénove des maisons dans ce village médiéval elle vit de l'hospitalité. Et elle m'avait réservé du coup un Airbnb avec une vue absolument splendide sur... sur les collines, parce que le château est jonché sur des collines, avec des oliviers, Et là j'avais la sensation d'être perdue au milieu de nulle part et en même temps soutenue parce que c'était très réconfortant. Et là je me suis dit, c'est exactement ce dont j'avais besoin et je suis rentrée à Paris après une semaine et là j'ai ressenti la lourdeur. Et là je fais... Je peux pas. C'était très dur, j'y arrivais plus. Et puis, l'histoire fait qu'il y a eu d'autres opportunités qui ont commencé à se développer dans ce fameux village. J'avais des compétences qu'elles n'avaient pas, qui pouvaient nous relier. Et on s'est dit, qu'est-ce qu'on fait ? Est-ce qu'on construit quelque chose ensemble ? Et là, let's go, c'est parti. Donc en trois semaines, j'ai planté mon appartement, j'ai tout vendu et je suis partie avec le chat sous le bras habiter dans le village. Donc ça c'était l'année dernière. Et du coup, bah depuis j'habite là. Donc c'est vraiment la Pampa italienne parce que c'est un village de moins de 1000 habitants. C'est des vieilles maisons qu'on rénovent. Internet, Grésil, la connexion est sommaire et en même temps la connexion passe par autre chose. Beaucoup plus de connexion humaine, beaucoup plus d'authenticité parce que c'est vraiment l'esprit village. C'est le côté communauté aussi. C'est des modes de fonctionnement différents, il a l'heure de la sieste, c'est toutes ces choses finalement qui... fais un 180 avec ma vie qui était vivante mais qui était rapide, trop rapide. Il n'y avait plus le temps de savourer et là c'est vraiment une invitation au ralentissement et ce qui m'a motivé surtout à venir là c'était de pouvoir offrir cet espace. la prise de conscience que j'avais eue, donc le déclic, c'était vraiment, on a besoin d'espace, de ralentir, de respirer. Et du coup l'objectif c'est vraiment ça, c'est de se dire comment est-ce que je peux construire des espaces pour venir accueillir toutes ces personnes qui ont besoin de ralentir et d'être prises en charge finalement. Laure - Déclic: c'est ce que tu me disais, ton prochain rêve, c'est de créer ce lieu où l'on vient apprendre, réfléchir, ralentir. Et surtout, tu me disais repartir avec moindre réponse toute faite. Coraline: Ouais. Laure - Déclic: Comment tu imagines les accompagner Coraline: Alors pour le coup c'est très drôle parce que je pas posé de méthode ou de protocole, c'est très intuitif. Laure - Déclic: oui ! Coraline: Mais c'est vrai que j'adore poser des questions, déjà pour commencer, et je me satisfais très rarement d'une réponse. J'aime bien aller creuser sous la surface. Et là j'ai une question qui m'est venue ces derniers jours qui était, et si tout ce pourquoi tu le faisais n'existait plus demain ? Est-ce que tu le ferais encore ? Et ça, c'est une vraie question parce qu'elle peut être assez transcendante. C'est venir s'imaginer qu'aujourd'hui tout ce qu'on fait, tout ce qui nous force à nous lever le matin, est notre moteur, qui nous motive, est-ce que c'est des motivations qui partent du cœur ou est-ce que c'est des obligations morales ? Et je pense que c'est ça que j'aurais envie d'inviter à conscientiser. je le vois beaucoup dans mes accompagnements aussi parce que j'accompagne des... des femmes entrepreneurs à faire grossir leur entreprise. Je le vois finalement, cette charge mentale qui finalement prend le dessus et ça ressemble plus à de la survie, à des obligations qu'à une vraie envie de créer. Et donc finalement quand on revient où en fait on n'a plus besoin de penser à tout ça parce qu'on est prise en charge, on peut se déposer totalement. C'est là où on voit qu'est-ce qui émerge. Et c'est plus ça que j'ai envie de proposer comme espace. J'ai pas de méthodologie parce que je pense que c'est propre à chacun. Laure - Déclic: du coup, je m'imagine que tu vas venir dans ton lieu, quelques jours et vraiment retrouver cette inspiration. Mais par contre, après Coraline: Right. Laure - Déclic: devoir rentrer dans le quotidien où il a quand même ces obligations, parce qu'on a des enfants, parce qu'on a une maison, parce que c'est quand même la réalité. Comment Coraline: Merci. Laure - Déclic: on gère cette transition ? entre, ok, je sais ce qui m'inspire, mais j'ai quand même ces obligations. Coraline: Bien évidemment, l'idée c'est pas d'ignorer la réalité, mais c'est quand même de se dire, voici avec quoi je repars. Je repars soit avec une conscience d'eux, je ne peux plus fonctionner comme avant. Et auquel cas, je vais changer certaines choses. Ou soit je repars avec une décision pour moi-même. Et effectivement c'est une logique de clarté, de se dire en fait c'est des choses que je pensais immuables, que je n'avais jamais questionnées ou remis en perspective et qui en fait conditionnaient peut-être ma façon de vivre et mes choix mais qui en réalité peuvent être questionnées, peuvent être changées. Alors ça se fait encore une fois, c'est pas un bouton on off et ça se fait pas du jour au lendemain. Par contre, je repars avec quelque chose de précieux, soit une décision, soit une prise de conscience, qui est quelque chose à changer. Laure - Déclic: Je voudrais revenir un peu sur la partie de l'astrologie. pourquoi ce sujet est devenu le socle sur lequel tu te bases pour avancer Coraline: de la Alors c'est devenu une référence parce que j'aimais je pense le langage et surtout parce que ça ouvre des possibilités parce que finalement l'astrologie ça veut dire le dialogue des astres déjà et donc pour moi c'est un langage et surtout plus je creuse plus je sais que finalement c'est une science qui aujourd'hui n'est plus considérée comme telle mais qui reste une science interprétative mais qui a quand même le côté concret et en même temps qui laisse aussi à la supposition. justement, ce n'est pas en fermant, je trouve que ça ouvre des champs de possibilités. Et ça a toujours été utilisé aussi bien par... tout long d'une vie finalement pour définir des stratégies, pour les rois, les conquêtes, pour les périodes de récoltes ou d'agriculture. Ça a toujours été quelque chose qui guidait les gens et en fait c'est vraiment comme ça que je le vois et aujourd'hui ça me... effectivement je le partage généreusement au quotidien parce que en fait on se rend compte qu'on peut vachement se relier à ce qui se passe L'idée c'est pas de s'enfermer et de se dire justement je veux pas que ce soit quelque chose qui enferme en disant bah je suis tel signe donc bah je suis comme ça. Non non pas du tout parce qu'en réalité c'est plusieurs clés. On n'est pas qu'une seule chose, il y a une photo du ciel et ensuite les astres ils bougent. Et en fait ça vient activer différentes pièces de la maison en fonction de ce que tu traverses dans la vie. Et parfois ça peut venir mettre justement la lumière sur un sujet, une thématique de vie peu importe. Et en fait on vient dénouer et on vient trouver. finalement les réponses aux questions qu'on se posait. Et c'est comme ça que c'est devenu une référence, Laure - Déclic: Est-ce que tu penses que c'est important d'avoir, une référence dans une période justement de transition et de prise de conscience, Coraline: Ouais, je pense qu'on a besoin de se relier à quelque chose de plus grand que soi. Je pense que c'est un peu notre... Star, c'est vraiment notre étoile, étoile guide, étoile du berger, peu importe la religion, la spiritualité qu'on pratique, peu importe les outils, parce qu'il en existe plein, justement. Mais trouvez le vôtre. Trouvez le vôtre et trouvez votre... votre constante, en fait. Laure - Déclic: J'aime beaucoup cette idée de trouver plus grand que soi. Donc toi, c'est à travers l'astrologie que tu as trouvé ça. Est-ce tu vois d'autres références Coraline: Je pense à la spiritualité au sens large. Alors elle se manifeste de plein de façons mais ce qui est drôle c'est qu'on voit qu'elle se relie les unes avec les autres mais disons que je vais plus parler d'outils finalement parce que l'astrologie est un outil, c'est pas une fin en soi. C'est un outil qui te guide au même titre que tous les autres. Mais c'est pas ça qui te donne la direction pour autant. C'est une boussole, mais c'est toi qui choisis où tu vas. Et c'est plus ça que j'ai envie de remettre en perspective parce que c'est pas une fin en soi encore une fois. Voici parmi tous les outils que j'ai à ma disposition, lequel résonne le plus avec moi. Mais oui, je ne pas comment, entre guillemets, quand on vit des périodes peut-être dures, noires, peu importe, où on a besoin justement d'être soutenu, etc. En fait, on a besoin que quelque chose nous remette du baume au cœur, nous remette de l'espoir, nous vienne rallumer un petit peu, raviver cette flamme et cette volonté de continuer Laure - Déclic: sont les manières pour toi de trouver ça ? Si quelqu'un nous écoute et dit « mais moi je vois pas du tout ce qu'elle veut le dire Coraline: ... Laure - Déclic: par plus grand que moi » Comment on trouve ça ? Coraline: Le plus grand que soi, peut être une conviction en fait. Ça peut être une conviction qui est là depuis toujours et qui demande qu'elle s'exprime et se matérialise. Comment on le trouve, je pense que c'est vraiment propre à chacun. C'est encore une fois, quelle est la caisse de résonance ? En quoi tu crois ? Qu'est-ce qui te motive ? Qu'est-ce qui guide tes choix au quotidien ? Mais ça peut être sa famille, peut être sa carrière, ça peut être plein de choses. Finalement, quand tu vis un échec, c'est ce qui te donne l'espoir et la foi de te relever et de continuer. C'est quoi ? Et ça peut être tellement de choses. Laure - Déclic: on arrive tout doucement à la fin de notre échange. Qu'est-ce que tu aurais envie de poser comme question à une personne qui est dans une période où elle se dit, en fait, oui, je réalise que j'ai peut-être construit une partie de ma vie sur des cases à cocher et il a quelque chose d'autre qui est en train d'émerger. Ce serait quoi la première question que tu lui poserais ? Coraline: La première question que je lui poserais, c'est celle qui m'obsède en ce moment, c'est Et si tout ce pourquoi tu l'avais fait n'existait plus demain ? Tu le ferais encore. » Laure - Déclic: Et justement toi, est-ce que tu sais répondre à cette question là aujourd'hui Coraline: J'avoue que mon monde a été un petit peu mis upside down la semaine dernière, pour le coup c'est pour ça que je me posais encore cette question. J'ai pas la réponse, j'ai pas fait le tour de la question, mais ce qui sûr c'est que la volonté d'avoir un foyer, de m'ancrer quelque part et finalement de construire était aussi beaucoup animée sur le fait de... et moi, le fait qu'elle soit plus là, oui ça vient secouer les certitudes, je ne sais pas la réponse mais je vais continuer à me poser la question pour voir qu'est qui émerge, pour l'instant c'est encore un peu récent mais ce qui sûr c'est que oui je me dis bah il y a certainement des choses qui conditionnaient ma routine et qui conditionnaient mon quotidien et mes choix parce qu'elle était là. Maintenant qu'elle est plus là, qu'est-ce que je fais de cette nouvelle réalité, finalement ? Laure - Déclic: si t'es ok de partager ça, donc tu m'as expliqué que tu as vécu une perte ça a été un épisode très douloureux pour toi. dans ce moment douloureux, qu'est-ce qui t'a aidé, qu'est-ce qui t'aide encore là aujourd'hui Coraline: La foi. La foi que tout arrive pour une raison. Alors ça peut être un vrai piège, parce que du coup on cherche la raison inlassablement. Mais oui, que tout arrive pour une raison et oui ça a été un choc, clairement c'est violent. Ce qui m'a aidé c'est déjà de me connaître. Déjà je sais que je suis une personne optimiste et que... C'est pas le premier drame que je vivrai dans ma vie. Je ne vais pas dire qu'il est moins douloureux, mais ça veut juste dire que je sais comment je m'en remets. Que je suis fondamentalement une personne optimiste et que c'est pas quelque chose qui va s'arrêter du jour au lendemain. Donc ça, m'aide. Le fait que tout arrive pour une raison. Alors même si la raison ne nous plaît pas, ben elle est là, elle est telle qu'elle. Et en l'occurrence, celle que, en tout cas moi, me... Celle que je vois c'est peut-être que c'était une courte période parce que je devais apprendre peut-être telle ou telle de cette relation, de ce lien et que peut-être que c'était accompli. Et surtout j'ai la confiance aussi qu'il y a autre chose que la matière, que finalement... quand on vit une perte, pour moi, les personnes sont toujours là juste sous une autre forme. Ça me permet de me relier différemment. Ça ne pas les choses moins difficiles lors de l'impact, mais disons que ça apporte un peu de baume au coeur Ça permet de continuer à avancer. je pense qu'on peut avoir plusieurs versions de soi et on peut mourir et renaître sous différentes formes. Constamment, toute notre vie. Tout le temps. Et peu importe que ça vienne d'un événement extérieur ou d'un événement intérieur, finalement, partir du moment où on en arrive à un moment où on... soit on étouffe, soit quelque chose, un paramètre change, c'est une invitation à se réinventer et on choisit comment on se réinvente. aussi. Laure - Déclic: Et pour terminer, il y avait une phrase aussi que tu m'as partagée, qui m'a aussi beaucoup interpellée. C'est Celui qui comprend le système n'a plus besoin qu'on lui dise où lancer sa ligne ». Je pense que c'est un beau résumé aussi de tout ce qu'on vient de partager. Est-ce que tu as envie d'ajouter quelque chose par rapport à cette phrase ? Coraline: vient parler de liberté et libre arbitre. qu'il a un peu une logique de... il faut comprendre dans quoi est-ce qu'on s'inscrit. Parce qu'on fait partie d'un tout, d'un écosystème, d'une société, d'un collectif. Mais du coup c'est de comprendre où est-ce qu'on s'inscrit dans le collectif et peut-être qu'on a été conditionné à être qu'à cette partie-là. Le collectif c'est tout ça. Et si tu comprends qu'il a tout ça... À ce moment-là, peux choisir de ne plus être là, mais tu peux être là, tu peux être là, tu peux être là. Et c'est là où, du coup, Pour moi, ça offre une liberté du choix. Laure - Déclic: Un grand merci en tout cas à Coraline et que ça se passe bien alors dans la pampa italienne. Coraline: Merci beaucoup, Laure,