Latest / ArtEcoVert La voix de la couleur végétale et des plantes tinctoriales / E1 - Michel Garcia - De la naissance d'une passion pour la couleur végétale à la transmission
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- 0:00Bonjour et bienvenue dans le podcast ArtEcoVert,
- 0:03le podcast qui vous parle d'art,
- 0:05d'écologie et de verdure.
- 0:07Je suis Pauline Leroux,
- 0:09ingénieure agronome passionnée de plantes,
- 0:11et je vous emmène à la découverte de la couleur végétale et de toutes ses applications.
- 0:16Que ce soit dans le textile,
- 0:18l'ameublement,
- 0:19l'artisanat,
- 0:20la décoration et dans d'autres domaines,
- 0:23chaque jeudi et samedi à 7h30,
- 0:26je vous propose des épisodes riches avec des invités passionnants
- 0:30pour approfondir le sujet de la couleur végétale sur toute la chaîne de valeur.
- 0:35Mon but,
- 0:36fédérer et démocratiser la couleur végétale dans nos vies.
- 0:40Alors c'est parti,
- 0:41bonne écoute !
- 0:44Aujourd'hui,
- 0:44je partage avec vous les échanges que j'ai pu avoir avec Michel Garcia durant ma formation teinture végétale en Bretagne.
- 0:52Je lui demande de faire l'exercice compliqué,
- 0:54de retracer les 50 dernières années qui l'ont amené à cette passion et d'en tirer ses trois grandes fiertés.
- 1:01Avant tout,
- 1:01je voulais m'excuser pour la qualité de l'audio de ce premier épisode.
- 1:05Le message délivré en reste toutefois hyper intéressant et vous verrez que...
- 1:10A la suite,
- 1:10les prochains épisodes sont de meilleure qualité audio.
- 1:13Merci de votre compréhension et bonne écoute.
- 1:16Est-ce que Michel,
- 1:17tu peux nous raconter ton parcours jusqu'à cette première journée de formation que tu nous as dispensé aujourd'hui ?
- 1:23Alors aussi loin que je puisse me souvenir,
- 1:25j'ai eu une vie jalonnée par le monde des plantes et le monde des couleurs.
- 1:32C'est assez curieux à dire,
- 1:34mais j'ai des souvenirs de petits garçons.
- 1:37On allait chez un oncle qui revenait du Maroc et qui avait une collection de tapis anciens.
- 1:44Et comme on était toute une équipe,
- 1:46c'était un regroupement familial,
- 1:48il y avait les cousins,
- 1:49il m'avait dit l'oncle,
- 1:50attention,
- 1:51ces tapis sont de véritables trésors,
- 1:54il ne faut pas y toucher,
- 1:55il ne faut pas mettre les mains dessus parce que c'est justement très précieux
- 2:00Le mot trésor je ne sais pas,
- 2:02j'avais peut-être sept ans,
- 2:04je ne savais pas trop ce que c'était qu'un trésor.
- 2:06Pour moi,
- 2:06un trésor,
- 2:07c'était un coffre rempli de pièces d'or,
- 2:10en gros.
- 2:11Et le trésor,
- 2:12c'est à cause des couleurs.
- 2:14et ça m'était resté que les couleurs puissent être un trésor.
- 2:18J'allais en vacances chez un autre oncle et je m'ennuyais,
- 2:22je dévorais tout ce qui était lisible chez lui,
- 2:25peut-être à huit ans,
- 2:26comme ça,
- 2:26tout ce que j'arrivais à lire,
- 2:28à ma portée.
- 2:30Il avait l'encyclopédie de tout l'univers,
- 2:32chose qu'on n'avait pas chez lui,
- 2:33ce qui est extraordinaire pour un gamin.
- 2:36Et puis vous voyez que je m'ennuyais,
- 2:38alors il m'avait dit...
- 2:41Pourquoi tu ne ferais pas un herbier ?
- 2:42Tu es tout le temps au jardin quand on regardait les plantes.
- 2:46Tu n'as qu'à les mettre.
- 2:48Je vais te montrer comment on fait.
- 2:49Il m'avait fabriqué quelque chose.
- 2:52Alors,
- 2:52fabriquer quelque chose,
- 2:53pour moi,
- 2:54c'était incroyable.
- 2:54Mon père n'était pas bricoleur.
- 2:56Et cet oncle avait pris deux plaques de contreplaqué.
- 2:59Il les avait percées.
- 3:00Il avait mis des vis papillon.
- 3:03Et il avait fait une presse pour faire un herbier.
- 3:05Et j'avais commencé à ramasser tout ce que je pouvais pour les presser dans mon herbier.
- 3:08Et voilà.
- 3:10c'était mon premier herbier et j'avais l'impression que du coup je pouvais quelque part thésauriser d'une certaine manière tout un tas de choses au cas du monde des plantes et bien plus tard encore un autre souvenir du même oncle cette fois-ci où
- 3:26il m'avait dit mais
- 3:29qu'est-ce que tu deviens,
- 3:30qu'est-ce que tu fais ?
- 3:31J'ai dit,
- 3:32je m'intéresse à la photo,
- 3:33peut-être presque 14 ans,
- 3:35et au lycée,
- 3:36il y avait des collègues qui avaient un grandisseur,
- 3:40alors j'avais pu y aller voir,
- 3:42et puis elles ont trouvé,
- 3:43éventuellement,
- 3:44acheter des petits pots de révélateurs,
- 3:46de fixateurs,
- 3:48et puis donc faire les bas,
- 3:51et donc je me suis dit,
- 3:53voilà,
- 3:53j'aimerais bien avoir 4 sous pour acheter ça,
- 3:57et puis il m'avait dit oui.
- 3:59On va pas acheter ces choses là,
- 4:01on va les fabriquer.
- 4:02Alors fabriquer,
- 4:03moi j'étais fabriqué de révélateurs photo,
- 4:06de fixateurs,
- 4:07des bains d'arrêt,
- 4:08des bains de tirage.
- 4:10Et il était revenu,
- 4:11en fait il était plus ou moins un magasinier à la chaîne Pétrole à Rouen,
- 4:15à Petit-Courol,
- 4:16il était revenu avec une liasse de photocopies,
- 4:19qui pour l'époque était une chose qui coutait une petite fortune pour nous,
- 4:22mais il avait photocopié toutes sortes de bouquins sur la fabrication de ces produits là.
- 4:28C'était quand même un des grands outils dont ils avaient envie de faire connaître ça.
- 4:32Et ils m'avaient dit,
- 4:33en tout cas,
- 4:34ce qui t'intéresse,
- 4:35c'est qu'on va acheter des produits et puis tu pourras fabriquer des trucs.
- 4:39Alors j'ai eu 25 fois cette photocopie,
- 4:42alors évidemment c'est des souvenirs ineffaçables parce que j'avais scotché l'hydroquinone,
- 4:48le sulfide de sodium hydrogénol,
- 4:51le truc pour faire tous mes bains,
- 4:54et il m'avait emmené dans une droguerie,
- 4:57une droguerie d'un autre monde.
- 4:59parce qu'il y avait tous les...
- 5:02Je pense qu'on était...
- 5:03Il devait être assez connu.
- 5:04En tout cas,
- 5:05il avait une telle assurance.
- 5:06C'était un colosse un peu très...
- 5:08Il devait connaître le magasinier puisqu'on avait pu aller derrière le magasin où il y avait ses étagères avec tous les produits.
- 5:17et j'ai donné ma liste au magasinier,
- 5:19j'ai tremblé en moitié,
- 5:20je ne savais pas du tout ce qui m'arrivait en quelque sorte,
- 5:24et puis il m'a dit,
- 5:26à un moment donné,
- 5:26il m'a dit vasotrie à zol,
- 5:28c'est une petite lance anti-voile,
- 5:30quand les oréga ont une sorte de voile,
- 5:32ça supprime le voile
- 5:38Et puis,
- 5:39au fil des ans,
- 5:41à chaque fois,
- 5:44j'étais sensible à un événement qui faisait correspondance,
- 5:58à la curiosité de tous les temps.
- 6:02ou la curiosité pour la chimie,
- 6:04ou pour le bricoleur,
- 6:05pour les savoir-faire manuels,
- 6:08artisanaux en quelque sorte.
- 6:10Et ces trois pôles finalement ont construit la vie d'une certaine manière.
- 6:14Jusqu'au moment où c'était comme un plan de convergence.
- 6:17A 17 ans,
- 6:17je faisais du stock sur le bord d'une roue.
- 6:20Quelqu'un s'arrête,
- 6:21il était tard,
- 6:21il me dit qu'il allait dormir là.
- 6:24J'ai donné un rôpé.
- 6:26Et dès le lendemain matin,
- 6:27je m'aperçois qu'il construisait des métiers à tisser.
- 6:31Et la fille de la maison,
- 6:32elle essayait,
- 6:33évidement,
- 6:34de faire des couleurs végétales.
- 6:36Mais elle ne savait pas comment s'y prendre.
- 6:38Alors je suis parti comme une fusée dans la forêt et là on a sauté.
- 6:41J'ai trouvé des choses,
- 6:45sérieusement,
- 6:47avec zéro bagage intellectuel sur le sujet.
- 6:51Voilà,
- 6:51c'était mon premier contact,
- 6:52en quelque sorte.
- 6:54Après ma première paie d'ouvriers agricoles,
- 6:56j'ai acheté des piles de bouquins sur les plantes.
- 6:59Et là,
- 6:59non seulement j'abrognais sur les plantes et les savoir-faire,
- 7:03mais dans ces vieilles flores,
- 7:04il y avait toujours ces notions,
- 7:05telle plante est territoriale.
- 7:08J'ai cultivé un jardin sur le sol,
- 7:09je me suis trouvé à l'étier.
- 7:11Dans le bâtiment,
- 7:12parce qu'à l'époque dans le sud,
- 7:14il y avait une grosse demande pour les ouvriers du bâtiment,
- 7:17pour qu'elle gagne sa vie,
- 7:18et dès que j'avais un moment,
- 7:20je pensais à la campagne et j'ai regardé les fleurs.
- 7:22J'ai cultivé ces armes d'art secrètes en très long terme,
- 7:26jusqu'au moment où la métier du parti,
- 7:28vous savez,
- 7:29je les bricolais dans ma maison,
- 7:30je faisais des couleurs,
- 7:32à un moment j'ai commencé à faire les peintures,
- 7:34et le jour,
- 7:36j'avais vu...
- 8:04On m'a demandé d'en parler,
- 8:06je me suis découvert éloquent,
- 8:07alors je n'avais jamais mis trois mots sur le sujet,
- 8:10mais à force de rire,
- 8:12je me suis trouvé éloquent et du coup capable de raconter.
- 8:15Alors c'était un café évolué en quelque sorte.
- 8:18Et puis les années passant,
- 8:20on est venu me chercher pour me proposer de faire un book en public,
- 8:24découvert,
- 8:25à l'époque il ne s'agissait pas de recettes.
- 8:27Je me souviens de dire que M.
- 8:28Chauderelle était le fondateur des éditions du Sud.
- 8:35et puis je crois que,
- 8:39des petits gens d'intelligence,
- 8:42des babacos,
- 8:43des recettes,
- 8:43des feuilles plutôt genre herbier,
- 8:46découvertes,
- 8:47bon,
- 8:47c'était mon temps médical,
- 8:50mais finalement,
- 8:52J'ai monté une association parce qu'à force de discuter avec des collègues,
- 8:57on s'était fait comme une sorte de petit réseau d'amitié.
- 9:00À l'époque,
- 9:00on écrivait encore avec des stylobines sur des feuilles de papier qu'on mettait dans des enveloppes avec un timbre.
- 9:06Ça,
- 9:06c'était le début en fait.
- 9:08J'avais changé mon entreprise à la Chambre des Métiers en 88.
- 9:13C'était plâtre et couleur.
- 9:17Et puis j'étais retourné à la chambre des métiers pour changer de lettre,
- 9:20j'avais fait plantes et couleurs.
- 9:22Parce que du coup je faisais de moins en moins de plâtre et puis j'avais de plus en plus de curieuses idées de gens qui me demandaient d'intervenir.
- 9:31Et après il m'a dit voilà la mairie a ses terrains là,
- 9:35le site du château de l'Orly,
- 9:36si tu veux installer un jardin là.
- 9:39On avait un minuscule jardin à deux trois copains,
- 9:42un jardin privé.
- 9:44Et puis finalement,
- 9:45ils nous proposaient d'en faire un jardin public.
- 9:47Et du coup,
- 9:47mon jardin secret était de plus en plus plébiscité et converti en jardin public.
- 9:56Et c'est devenu une grosse association subventionnée.
- 9:58J'ai réussi tous les dossiers parce que je me suis découvert finalement,
- 10:02et encore une pertinence,
- 10:04c'est-à-dire,
- 10:05c'était l'époque où le ministère de l'aménagement du territoire avait découvert qu'aménagement du territoire est dévorement durable.
- 10:14J'ai eu l'opportunité de mettre Lionel Jospin qui donnait son aval à mon projet de jardin.
- 10:20Aujourd'hui,
- 10:23c'est déjà un ancien Lionel Jospin,
- 10:25mais c'était important pour l'époque.
- 10:28Ce jardin est sorti comme un champignon parce que c'était le bon moment.
- 10:32Il y avait une pertinence.
- 10:33Et ça,
- 10:33c'était en quelle année,
- 10:35la validation du projet ?
- 10:362002.
- 10:382002,
- 10:38validation du projet des jardins de Lauris.
- 10:40Oui.
- 10:41Et c'est là que je me suis rendu compte que finalement,
- 10:42on est ce qu'on a toujours été.
- 10:45La vie nous offre des occasions de rebondance,
- 10:48de la profondité,
- 10:49d'expérience,
- 10:50de comédie.
- 10:52Et toujours,
- 10:52finalement...
- 11:24Et donc effectivement,
- 11:26à chaque fois que je reviens vers la plante,
- 11:28à chaque fois que je reviens,
- 11:30de plus en plus,
- 11:31de toute façon,
- 11:31c'est comme des rendez-vous où je vais en savoir un peu plus,
- 11:36où je vais comprendre un peu plus.
- 11:39J'ai découvert finalement cette curiosité en...
- 11:44Donc cherchant à m'en sortir en quelque sorte,
- 11:46parce que quand on est tiré vers un tourbillon comme ça,
- 11:49on est littéralement harcelé des questions qu'on n'avait pas anticipées.
- 11:53Et est-ce que je me tiens comme s'il était un de là,
- 11:55par exemple ?
- 11:56Et j'en sais rien,
- 11:57bien sûr.
- 11:58Alors j'ai bouquiné,
- 11:58j'ai bouquiné,
- 12:00j'ai découvert des quantités de choses.
- 12:03Je prenais le cas,
- 12:04je n'avais même pas encore le permis.
- 12:06J'allais à la bibliothèque des gens,
- 12:08à la Cine-Provence,
- 12:10et j'ai bouquiné pendant des heures et des heures,
- 12:12et je pense que le soir...
- 12:14Je me mets dans la tête de tout ça.
- 12:16À l'époque,
- 12:17c'était pas la carrière,
- 12:18c'était moi qui étais le guideur.
- 12:20Parce que là,
- 12:20il fallait mémoriser.
- 12:22Il fallait apprendre à lire de façon à restituer son obéissance.
- 12:26C'est une façon d'apprendre à lire qui est un peu particulière.
- 12:30Parce que c'est comme si on avait une certaine pression que vous devez rencontrer à un tiers ce que vous avez lu.
- 12:40Est-ce qu'il y a eu des gens vers qui vous vous êtes tournés pour en savoir un peu plus ?
- 12:54Oui,
- 12:54alors il y a eu des gens inspirants,
- 12:57il y a des gens qui m'ont aidé.
- 12:59À un moment donné,
- 13:00j'avais été contacté par un prof de la faculté de pharmacie de Montpellier,
- 13:05qui s'intéressait au couloir végétal,
- 13:07et qui avait entendu parler de ce qui venait vers moi.
- 13:11Et un jour,
- 13:11il m'a téléphoné,
- 13:12il m'a dit,
- 13:13j'ai des collègues avec qui je travaille,
- 13:17qui seraient intéressés pour te rencontrer.
- 13:20Ah,
- 13:20d'accord.
- 13:22Aujourd'hui j'ai un atelier assez vaste pour accueillir le groupe,
- 13:27mais à l'époque c'était encombré,
- 13:29tout un bazar de planches et de choses,
- 13:33et ce n'était pas du tout fait pour accueillir le monde,
- 13:36donc je me soucie assez peu de la capacité d'accueil.
- 13:43Et puis arrivent deux messieurs très bien,
- 13:46avec mon collègue Franck,
- 13:48et puis le groupe qui se présente,
- 13:49ils bossaient pour un DMH tocheur.
- 13:52Et puis,
- 13:53j'en regardais tout et puis je rentrais dans la caverne de l'Albeba,
- 13:57j'en regardais tout comme s'ils nous arrivaient dans une planète quoi.
- 14:03Et puis à un moment donné,
- 14:04il y a un d'entre eux qui s'arrête devant un petit dispositif que j'avais fait pour...
- 14:10On m'avait donné quelques éprouvettes,
- 14:12j'avais très peu de matériel,
- 14:13mais j'avais des éprouvettes,
- 14:15j'avais des bouchons.
- 14:17C'était des éprouvettes,
- 14:18en tout cas,
- 14:18on n'en a pas beaucoup,
- 14:20mais du coup...
- 14:21Je n'ai fait qu'un porte-écouvettes pour contreplaquer en faisant non pas des trous de sabloutons mais en faisant des genres de bonnerons c'est-à-dire en faisant des sinusités qui permettait de les tenir.
- 14:36J'ai bien regardé ce truc-là comme si...
- 14:39Lui il était halluciné,
- 14:41ils avaient des budgets énormes pour acheter une maladie,
- 14:44une maladie laboratoire et moi je fabriquais mon matériel.
- 14:58J'ai trouvé que c'était très astucieux de faire avec son allée,
- 15:04de bricoler avec ce dont on disposait de ses côtés,
- 15:07leur appui.
- 15:09J'ai travaillé pendant des années avec eux.
- 15:12Combien de temps environ ?
- 15:13Je ne sais pas,
- 15:14peut-être 7-8 ans.
- 15:16J'ai développé trois brevets de dimension internationale qui sont lignes maintenant.
- 15:22C'est du succès.
- 15:23Vous entrez dans le domaine public ?
- 15:24Oui,
- 15:24bien sûr.
- 15:26Je ne suis jamais arrivé à...
- 15:30en tout cas pour ton inventivité parce que franchement tu t'étaches dans le système quoi,
- 15:37tu l'écroulibres un peu et ça ne sert pas et puis un jour il m'avait dit écoute
- 15:43On a quand même un souci avec les rapports,
- 15:45c'est un peu la route où on est présent à la direction,
- 15:47parce que toi tu es toujours dans la stéréotype de tout temps,
- 15:52les peuples laborieux,
- 15:53les centaines de centaines d'héros,
- 15:58et il se passe un défi,
- 16:00il faut des analyses,
- 16:02il faut des prises de mesures,
- 16:03et c'est d'ici que l'on est au-dessus de la chromatographie.
- 16:09Et puis,
- 16:09à moins de montrer,
- 16:10tu n'es pas...
- 16:13il me dit il me faudrait une formation je lui ai dit,
- 16:16ça va,
- 16:17aucun problème aucun problème il me dit,
- 16:21on va prendre un rendez-vous,
- 16:22tu vas venir on va te détacher un ingénieur j'étais formé j'étais si mêlé de voir avec quelle facilité ça c'est une chance très meilleure et donc cette dame qui ne s'est pas beaucoup mise à m'importer elle m'a dit,
- 16:39je vais te faire un rendez-vous
- 16:40la vulgarisation,
- 16:41ils m'ont remis tous les mots techniques à la tête et là-bas j'avais vu un bouquin cité un bouquin de Wagner,
- 16:49enfin c'était un chimiste américain signé à la chromatographie,
- 16:55je fonce à je vais voir mon collègue de Montpellier,
- 17:00il y avait une grande librairie de Soran,
- 17:04une des plus grandes librairies de France,
- 17:06je commande le bouquin il avait un parcours de l'évolution
- 17:10C'était pas empruntable,
- 17:12mais de toute façon,
- 17:13c'était même pas visible.
- 17:15Et j'ai eu ce mot de caractère.
- 17:17Page après page,
- 17:18mais pendant des heures,
- 17:19je remisais 30,
- 17:2040 fois la même page.
- 17:22Parce qu'il n'y avait pas un mot de ce que j'ai dit.
- 17:23En plus,
- 17:24c'était en anglais.
- 17:26Donc,
- 17:26je me suis retrouvé,
- 17:27du coup,
- 17:28à me familiariser avec le vocabulaire,
- 17:30la petite,
- 17:31le sublime,
- 17:31vous voyez.
- 17:32Ce qui a été une chance incroyable,
- 17:34parce que du coup,
- 17:35je peux lire les articles.
- 17:36C'est un peu suite maintenant.
- 17:37J'écoute le vocabulaire,
- 17:39mais en autodidacte.
- 17:40C'est des heures,
- 17:41des heures,
- 17:42un soir.
- 17:42Et du coup,
- 17:43j'ai eu beaucoup de jeunesse,
- 17:45dans le sens de venir tout à l'heure.
- 17:47Parce que j'ai passé une soirée à l'île,
- 17:50au lieu de se déchirer la tête avec un peu d'apport.
- 17:53Ce qui n'est pas mal,
- 17:54plutôt pas.
- 17:56Mais du coup,
- 17:57je suis rentré dans les mondes comme ça.
- 18:00Et après,
- 18:00j'ai fait des rapports avec les chromatomes,
- 18:02j'ai fait...
- 18:02voilà,
- 18:03les brevets ont été déposés.
- 18:05Du coup,
- 18:05il y a eu quelques années pendant lesquelles les budgets de recherche avaient eu les brevets,
- 18:09mais il y a eu aussi d'autres dossiers de recherche.
- 18:12Vous avez besoin de quelqu'un qui leur fasse des bibliographies un peu spéciales.
- 18:17Et ça m'a permis de gagner ma vie à hauteur suffisante pour conserver l'entreprise en vie et dégager un temps au monde pour m'aider à se soucier.
- 18:28Parce que tout ça c'est un mode de bénévoleur.
- 18:31J'ai un président fondateur et donc j'ai passé beaucoup de temps à réunir une collection.
- 18:39Collection de plantes du coup ?
- 18:40Oui,
- 18:40collection de plantes pour le jardin.
- 18:45Il y avait combien d'espèces ?
- 18:50Et dont des exotiques,
- 18:51c'est ce que vous disiez tout à l'heure.
- 19:35Mais c'était très intéressant,
- 19:37c'était en anglais,
- 19:38j'avais beaucoup de mal à suivre quand on est un peu chez soi,
- 19:41mais je m'accrochais vraiment.
- 19:43Et puis un jour je me suis proposé,
- 19:44comme tous les membres autour de Rôles,
- 19:46j'organisais l'édition,
- 19:48je me suis proposé mon jardin,
- 19:50j'ai organisé un décollage.
- 19:54Et puis du coup,
- 19:55ça a pris ses raisons internationales.
- 19:59Et ça reste,
- 20:00tous les ans il y a une...
- 20:01Il y a un événement à Lauris sur la teinture qui est connu mondialement,
- 20:06c'est un peu grâce à ça ?
- 20:08Je suppose que c'est le même colloque.
- 20:10Oui,
- 20:10je pense que c'est ça.
- 20:11Là-bas,
- 20:11j'ai créé une boutique,
- 20:13une séminaltech,
- 20:14donc je vends tous les produits pour la teinture,
- 20:18je vends de graines,
- 20:19le marché de la couleur végétale et de la couleur.
- 20:23Le deuxième jour c'était la journée des artisans,
- 20:26il y avait des conférences beaucoup plus ouvertes,
- 20:29et des gens qui venaient sur le marché.
- 20:32Le troisième jour c'était le marché,
- 20:34mais c'était tout dédié.
- 20:36Et donc il y avait des animations,
- 20:37et ce genre,
- 20:38il y en avait pour tout.
- 20:38Et on m'avait dit,
- 20:40on ne mélange pas les professionnels,
- 20:41les entreprises et les artisans,
- 20:44les entreprises,
- 20:46les artisans c'est les bricolos sur les marchés,
- 20:48les entreprises c'est du moment,
- 20:50ça a lieu.
- 20:51qui brassent l'expert industriel et tout.
- 20:54Et en fait,
- 20:54ça a très bien marché.
- 20:56Parce que bien sûr,
- 20:57ce que veulent les industriels,
- 20:58c'est quoi ?
- 20:59D'avoir l'avis des clients.
- 21:00Oui,
- 21:01mais c'est un boulot parmi...
- 21:03Parce que mettre un ingénieur sur un dossier,
- 21:05ils n'y comprennent rien.
- 21:08La direction de ça,
- 21:09ils n'ont pas les bases.
- 21:11Alors qu'ils sont trop contents de trouver des petits plats,
- 21:15des artisans valants qui vont leur faire des dossiers.
- 21:17Des passionnés.
- 21:18Etc.
- 21:18J'ai dit exactement ce que je voulais faire.
- 21:21J'ai l'impression qu'à plusieurs reprises pendant des années,
- 21:26je tenais ma place.
- 21:29Et aujourd'hui quand je rencontre des gens qui viennent se former,
- 21:32je vois que c'est un peu comme un grand ami.
- 21:33tout que vous veniez,
- 21:35trouvez ce point de convergence qui fait que vous êtes ce que vous avez toujours été et que la couleur végétale habite votre monde au point qu'elle a du sens parce que du coup les gens reconnaîtront en vous cette flamme et du coup vous en vivrez mais
- 21:50vous en vivrez au bon sens plénière,
- 21:54pas seulement au niveau économique
- 21:56vous serez là où vous êtes attendu de toute façon vu le est-ce qu'aujourd'hui justement je rebondis sur la question où vous en vivrez est-ce qu'aujourd'hui on peut vivre de la teinture végétale et pourquoi du coup les industriels n'y reviennent pas alors que c'est ancestral c'est
- 22:13une alternative à tous ces pigments pétrochimiques qui polluent nos eaux etc,
- 22:17pourquoi on n'y revient pas ?
- 22:18il y a beaucoup de gens qui reviennent à la couleur végétale et il y a des secteurs qui sont obligés
- 22:25de concéder des choses à ce sujet.
- 22:29Par exemple,
- 22:31je me souviens,
- 22:31il y a quelques décennies,
- 22:33les quelques-uns qui revenaient du Maroc...
- 22:37ou de l'Inde avec des cheveux hauts et nez,
- 22:41bon c'était un peu des marginaux,
- 22:43puis de toute façon quand on parlait de coloration naturelle pour le chou,
- 22:46c'était habitué,
- 22:47ça ne se trouvait pas,
- 22:48on trouvait pas à filmer,
- 22:50que ça ne pouvait pas pénétrer dans le cheveu,
- 22:53voilà,
- 22:53et donc c'était fantaisie.
- 22:56Aujourd'hui il y a eu tellement d'allergies,
- 22:58il y a eu même des morts avec les édèles de printes,
- 23:02avec la parapéminine,
- 23:02la lindianine,
- 23:03des choses comme ça,
- 23:04du coup...
- 23:06C'est trop risqué pour les coiffeuses d'être à 100% naturel.
- 23:14Voilà,
- 23:14le monde change.
- 23:15Et aujourd'hui,
- 23:16par exemple,
- 23:17dans le monde des cosmétiques,
- 23:19on s'intéresse beaucoup aux couleurs végétales.
- 23:22D'ailleurs,
- 23:23je suis sollicité parfois par des maisons qui s'intéressent à ça.
- 23:29Et puis...
- 23:31Les colorants alimentaires,
- 23:32bien entendu,
- 23:33c'était une espèce de rigolade il y a quelques années.
- 23:36Aujourd'hui,
- 23:37la plupart des colorants alimentaires sont de l'origine végétale ou biotechnologiques,
- 23:41c'est-à-dire sont des bactéries.
- 23:43Il y a quand même beaucoup de choses végétales.
- 23:45Des très grosses maisons qui font des rouges de paprika,
- 23:48qui font des...
- 23:49Voilà,
- 23:49c'est pas pour le rire,
- 23:51on parle de tonnages incroyables.
- 23:53Les plus gros marchés actuellement pour la couleur végétale,
- 23:57c'est bien entendu l'alimentaire.
- 23:59Le textile,
- 24:00il y a une certaine valeur ajoutée.
- 24:03On va dire tout simplement qu'aujourd'hui,
- 24:05le textile est délocalisé dans le Grand Sud et dans le Grand Est.
- 24:10C'est-à-dire le Maroc,
- 24:12la Tunisie,
- 24:14etc.
- 24:14produisent des grandes marques,
- 24:17la textile aussi.
- 24:19Et pour des plus petites marques,
- 24:20en Chine,
- 24:21en Inde,
- 24:22au Bangladesh,
- 24:23etc.
- 24:24Et donc pourquoi ?
- 24:25Pour des raisons de prix de revient.
- 24:27Le consumérisme a absolument changé.
- 24:30Oui,
- 24:31trois collections par mois.
- 24:33Et donc,
- 24:34c'est un gaspillage incroyable.
- 24:36Le modèle industriel ne le fait pas rêver.
- 24:38Et donc,
- 24:39du coup,
- 24:39c'est ce que vous disiez ce matin en introduction,
- 24:41entre l'industriel et l'artisanat,
- 24:44est-ce qu'aujourd'hui,
- 24:44on arrive à trouver un modèle où les gens qui se lancent dans la teinture végétale,
- 24:48notamment sur le textile,
- 24:49peuvent en vivre et que ça se démocratise un peu plus ?
- 24:52Oui,
- 24:52bien sûr.
- 24:54C'est une filière qui reste à construire,
- 24:56une filière qui se cherche un peu.
- 24:59Il y a beaucoup de micro-filières,
- 25:00mais pour l'instant c'est de l'artisanat d'art.
- 25:03Aujourd'hui les couturières peinent à faire le pas pour être aussi sur un cheval entre teinture et couture.
- 25:12C'est un peu difficile parce que pourvis en tant que couturière c'est déjà pas évident.
- 25:17Se rajouter une activité qui n'a rien à voir,
- 25:20alors j'en connais qui travaillent dur et qui font des belles choses.
- 25:24Aujourd'hui c'est quoi ?
- 25:25C'est le design,
- 25:26l'ameublement.
- 25:27Il y a quelques filières qui apparaissent.
- 25:29Vous savez par exemple que dans le monde du spectacle...
- 25:32il faut avoir un certain quota d'activités qui relèvent du développement durable.
- 25:37Et par exemple,
- 25:39le costume,
- 25:39c'est un sujet tout indiqué.
- 25:41Parmi les gens que j'ai formés,
- 25:44il y en a au moins deux qu'il faut connaître.
- 25:47Il y a Clément Mottier qui maintenant est costumier pour le cinéma.
- 25:53C'est extraordinaire,
- 25:54il a fait 7 ou 8 films déjà.
- 25:55Et des films où tout le monde est en couleur végétale.
- 25:58ça c'est vraiment intéressant d'abord parce que c'est des pratiques vertueuses bien sûr les gens qui regardent le sauront au tard parce qu'il y a de la communication etc et puis ça va se savoir que c'est faisable et que finalement il y a des harmonies de couleurs,
- 26:14il y a des choses extraordinaires à un moment donné ils ont tourné
- 26:18Astérix en Chine donc Clément on est un peu de la même veine
- 26:23s'est mis à potasser le film se passe il y a à peu près 2000 ans c'est l'époque des royaumes combattants c'est un peu les samouraïs de la Chine donc ils sont dans des couleurs austères ils sont dans des grilles de fer on a des textes anciens qui disent avec quoi c'était fait ça
- 26:40contraste avec des peaux en décadent ils sont dans des soirées à motifs polychromes et tout et donc lui il a dû imprimer en sérigraphie des motifs polychromes en couleur végétale
- 26:54et il a dû faire aussi tous ses costumes austères,
- 26:57etc.
- 26:58Je l'ai vu arriver de temps en temps,
- 27:00il passe en totalité,
- 27:01mais aussi pour se former sur des petits quelque chose sur lesquels il n'est pas très sûr.
- 27:07Il m'a très bien réussi.
- 27:10Il y a beaucoup d'autres exemples,
- 27:11mais dans le théâtre aussi.
- 27:13Il y a des pièces entières.
- 27:15Je me souviens,
- 27:16la première pièce qui était sortie,
- 27:18c'était au théâtre de...
- 27:21Un petit théâtre parisien très ancien au
- 27:2618ème, c'était la pièce de Lacme qui était sortie,
- 27:29tout le monde en couleur végétale.
- 27:33Mais c'était il y a déjà 10 ans ça.
- 27:35Donc non,
- 27:35les choses avancent,
- 27:36mais elles n'avancent pas chez le gros qui va faire du t-shirt à 2 balles le palox pour qu'on puisse faire du jetable avec une petite visite dessus.
- 27:47Faire savoir qu'il y a de la valeur humaine à jeter.
- 27:50Un produit plus proche des gens,
- 27:51un produit plus proche de la réalité,
- 27:53des préoccupations du temps.
- 27:55Voilà ce que doit être la couleur du jetable aujourd'hui.
- 27:58Un produit de consommation,
- 27:59l'industrie ne s'y intéresse pas,
- 28:00quelle chance !
- 28:02Parce que quand ils vont raser la moitié de la forêt du Paouet pour mettre des immenses champs de garances avec des énormes usines qui fument,
- 28:10des humains noirs pour faire des extraits à la tonne parce qu'on a des marques immenses qui veulent la couleur véritable.
- 28:17Moi,
- 28:18ça ne va pas me faire rêver,
- 28:19ça,
- 28:19les grosses usines qui fument tout noir à la place de la belle forêt du
- 28:24Paouet. Voilà.
- 28:26En fait non,
- 28:27la démesure je pense que c'est pas une solution.
- 28:30Et en fait on a qu'une seule chose à soutenir pour moi,
- 28:33c'est justement l'artisanat.
- 28:35Voilà,
- 28:36les gens qui veulent faire des choses à l'échelle humaine.
- 28:39Aujourd'hui on fait 30 clics sur internet,
- 28:41on a des quantités de choses,
- 28:42la difficulté c'est de choisir,
- 28:44donc il y a beaucoup beaucoup d'autodidactes.
- 28:47Après il y a des réseaux,
- 28:48les réseaux c'est un phénomène relativement récent,
- 28:51on regarde l'histoire,
- 28:52mais un réseau comme Frésil.
- 28:54Si vous tapez un plan végétal,
- 28:58vous allez tomber sur des groupes qui ont 5000,
- 29:016000,
- 29:018000 adhérents.
- 29:03Alors c'est peut-être du secteur du loisir métaphysique,
- 29:05il y a beaucoup de petits apprisesurs qui font les marchés,
- 29:08qui font les salons,
- 29:09qui font...
- 29:11Ça fait des dizaines de milliers de gens tout ça,
- 29:13donc ça existe quand même.
- 29:16Les gens qui ont réussi,
- 29:17c'est de la réussite personnelle,
- 29:19on ne va pas parler de réussite économique,
- 29:21ils s'achètent le dernier à avoir,
- 29:24quand ça devient un mode de vie,
- 29:26quand la couleur végétale est au cœur de vos préoccupations,
- 29:31on connaît le futur,
- 29:32on croit en sciences humaines,
- 29:35en sciences exactes,
- 29:36en savoir-faire,
- 29:38on est au carrefour de tout ce qu'il faut faire.
- 29:40l'être humain en fait,
- 29:41qui peut être manuel,
- 29:43intellectuel ou relationnel.
- 29:45Et donc on peut être tout ça à la fois finalement,
- 29:47avec un sujet transversal comme ça.
- 29:50C'est pas un métier la couleur végétale,
- 29:53c'est pas comme pour on dit aux christiens.
- 29:55Ça habite toutes sortes de choses,
- 29:58de différents métiers,
- 29:59mais on n'a pas besoin de la couleur végétale,
- 30:01c'est pas comme la...
- 30:04et on n'est pas non plus dans un normé,
- 30:07c'est justement l'important travailler vers un parcours dont on est un personnage un peu comme ça.
- 30:20Voilà,
- 30:20oui,
- 30:21quelque part,
- 30:21c'est une apologie de l'autodidactisme.
- 30:24On crée son cheminement.
- 30:26En fait,
- 30:26qu'on le veuille ou non,
- 30:28on se retrouve dans une communauté comme une ancienne communauté de métiers,
- 30:32des corporations,
- 30:33etc.
- 30:34Et donc,
- 30:37c'est un mode de vie très intéressant parce que finalement,
- 30:41l'industrie,
- 30:42le mondialisme...
- 30:44Tout ça fait qu'on tombe dans une espèce d'anonymat où le chiffre est au cœur de tout,
- 30:50on ne regarde que son porte-monnaie,
- 30:52comme le disaient des gens simples.
- 30:54Aujourd'hui,
- 30:55c'est difficile de rentrer dans un marché de consommation.
- 30:58Aujourd'hui,
- 30:58c'est encore marrant.
- 31:00Ça peut le rester longtemps.
- 31:01les gens à qui vous avez passé le flambeau,
- 31:03il y en a quelques-uns qui vous marquent,
- 31:05qui pourraient être des gens que j'irais voir aussi avec le micro et qui transmettent encore un autre message,
- 31:12une autre voix,
- 31:12etc.
- 31:12Est-ce qu'il y en a qui vous ont marqué,
- 31:14s'il y en avait trois à citer ?
- 31:18Oui,
- 31:18alors il y a Aurélien Volk,
- 31:20que je trouve extraordinaire,
- 31:22de simplicité,
- 31:23de gentillesse,
- 31:24d'ouverture,
- 31:25elle a l'audace,
- 31:26elle se limite pas a priori.
- 31:30C'est une grande aventurière de la couleur végétale.
- 31:36Laura et Amandine,
- 31:37jeunes agricultrices des Bouches-du-Rhône,
- 31:39qui cultivent la persil caramigo,
- 31:41qui font un agrigo magnifique,
- 31:43de belle qualité,
- 31:45et qui ont cultivé d'autres plantes,
- 31:46bien sûr,
- 31:47et qui ont tenté l'aventure agricole,
- 31:50mais vraiment,
- 31:51c'est une fête à démonter,
- 31:53par exemple,
- 31:54par une paysanne des couleurs.
- 31:57Il a 30 minutes de vie à la minute,
- 31:59c'est un animateur,
- 32:00c'est un animateur qui n'est que d'expérimenter son truc.
- 32:07Donc c'est,
- 32:08on expérimente et on observe,
- 32:09on observe,
- 32:11voilà,
- 32:11il a peur de revenir à zéro,
- 32:13les gens qui ne savent rien,
- 32:15pour les conduire vers un petit quelque chose.
- 32:27Au niveau professionnel,
- 32:29il y a beaucoup de gens qui vivent de la couleur végétale aujourd'hui,
- 32:34souvent parce qu'ils ont plusieurs casquettes,
- 32:35mais c'est le lot de l'artisan.
- 32:39En général,
- 32:39le boulanger ne vit pas en faisant du pain,
- 32:41il vit en faisant des gâteaux,
- 32:43et puis des accessoires,
- 32:45les petits pains fantaisie,
- 32:46etc.
- 32:47Mais finalement,
- 32:49l'artisan,
- 32:50c'est celui qui...
- 32:53qui a multiples présentations de son sujet.
- 32:59Alors en couleur végétale,
- 33:00peut-être encore plus qu'ailleurs,
- 33:02on vit de la couleur végétale à travers un statut de designer,
- 33:07d'artiste,
- 33:08de costumier.
- 33:11Il y a des gens qui font de la couleur en façon,
- 33:13il y a des gens qui font de l'événementiel,
- 33:14de l'art.
- 33:15Il y a beaucoup,
- 33:16beaucoup de monde.
- 33:18et c'est toujours difficile de faire un choix.
- 33:20J'ai parlé de Clément Mottier,
- 33:22qui est costumier de cinéma,
- 33:24Sandrine Rosier,
- 33:25qui a fondé le Greta de teinture végétale à Paris.
- 33:31C'est quand même un très beau travail.
- 33:33Moi,
- 33:34dans mes rêves,
- 33:36je rêvais qu'un jour,
- 33:37la couleur végétale serait au programme de l'éducation nationale,
- 33:41et j'estimais que j'aurais atteint mes objectifs.
- 33:45C'est déjà le cas.
- 33:47Puisque,
- 33:48bien sûr,
- 33:49avec le projet Couleur Garant,
- 33:51j'avais l'espoir de faire une sorte d'école de la couleur végétale.
- 33:56Sandrine Rosier a pu créer ce Greta,
- 34:00donc ça dépend de l'école Boulle,
- 34:02c'est métier du spectacle,
- 34:04design métier du spectacle.
- 34:06Et du coup,
- 34:07tous les ans,
- 34:07il y a des sessions où se forment des gens qui ont bien sûr un projet professionnel.
- 34:12Il y a très rarement,
- 34:13le prix est élevé et donc la plupart ont des...
- 34:17des prises en charge de formation continue ou autre.
- 34:22Et donc,
- 34:23il y a beaucoup de monde.
- 34:25Et Sandrine elle-même,
- 34:26elle a monté des spectacles.
- 34:28Enfin,
- 34:28elle a fait tous les costumes pour différents spectacles au fil de ces dernières années.
- 34:34Donc,
- 34:34ça,
- 34:34c'est pour le costume,
- 34:35le vêtement,
- 34:36le spectacle théâtre-cinéma.
- 34:39Trendy,
- 34:39alors trendy,
- 34:40c'est de la décoration d'intérieur.
- 34:42C'est un peu maison et objet,
- 34:44quoi.
- 34:45et donc il y a beaucoup de choses toutes en couleur végétale sur de la belle fibre et puis après c'est difficile parce que ça va de l'agriculture à l'histoire,
- 34:58au patrimoine bon voilà il y a quand même un
- 35:03un volant extrêmement large.
- 35:05Donc,
- 35:05on s'aime,
- 35:07mais on ne sait pas ce qui va germer,
- 35:09ce qui va pousser et où.
- 35:11Et donc,
- 35:12finalement,
- 35:13c'est assez satisfaisant pour un formateur de dire je donne tout,
- 35:17et de toute façon,
- 35:17je ne peux pas faire mieux.
- 35:18Après,
- 35:19c'est utile,
- 35:20tant mieux.
- 35:20Si ça ne l'est pas,
- 35:21peut-être la prochaine fois.
- 35:23Parce qu'il y a des gens qui arrivent,
- 35:24ils vont tout casser,
- 35:26ils ont des projets géants qui ne décollent jamais,
- 35:29trop ambitieux parfois,
- 35:30ou trop rêveurs.
- 35:32et d'autres timides,
- 35:33tranquilles dans leur coin,
- 35:34où vous découvrez quelques années après qu'ils ont fait un beau truc finalement,
- 35:39alors que ce n'était pas forcément les plus exubérants.
- 35:42Même dans un groupe comme aujourd'hui,
- 35:46on ne sait absolument pas qui fera quoi.
- 35:49Il y en a pour autant qui en feront quelque chose.
- 35:54La répartition,
- 35:55il faut que les gens soient rejoints par cette vocation,
- 35:58par cette curiosité,
- 36:00cet intérêt.
- 36:01Ce n'est pas un créneau très porteur pour l'instant.
- 36:04Les pionniers n'ont jamais été favorisés.
- 36:08On crie un peu dans le désert.
- 36:10Et puis il y a des échos,
- 36:12mais on ne s'en rend pas toujours compte.
- 36:13Mais il faut continuer.
- 36:14Il y a une seule école,
- 36:17une seule formation de Breton ?
- 36:19Pour des gens qui aimeraient se lancer ?
- 36:21Il y a les arts d'écho à Paris,
- 36:24l'ENSAD,
- 36:24l'École nationale supérieure des arts décoratifs.
- 36:27J'ai formé un certain nombre de personnes,
- 36:30mais notamment
- 36:33Isabelle Rodier,
- 36:34qui est prof de sérigraphie et d'impression textile.
- 36:38Et donc maintenant,
- 36:39elle fait ses sérigraphies en couleur végétale.
- 36:41Et donc,
- 36:42tous les ans,
- 36:42il y a une vingtaine d'élèves qui passent par chez elle quand même.
- 36:45Et c'est une haute école.
- 36:47Mais toutes les écoles de costumes comme
- 36:49Olivier Dessert,
- 36:51Dupéret,
- 36:52toutes ces écoles-là ont aussi des profs maintenant qui enseignent la couleur végétale.
- 36:58Donc c'est quand même déjà assez académique,
- 37:02c'est assez intéressant.
- 37:03Alors le Greta,
- 37:04il y a eu des sessions,
- 37:05moi je me souviens d'avoir participé à une session à Aix,
- 37:08une session à Montpellier,
- 37:10et puis le plus c'est Paris quoi.
- 37:12Il y a des locaux intéressants,
- 37:15ça se passe souvent dans des lycées du textile,
- 37:17de la mode,
- 37:19donc ils ont déjà des ateliers équipés,
- 37:21des labos,
- 37:21ça compte beaucoup quand on enseigne.
- 37:24Et le mot de la fin ?
- 37:25La relève est assurée,
- 37:26pour moi la relève est assurée à plus d'un titre.
- 37:30Merci Michel pour avoir retracé ton parcours et d'avoir eu un mot pour tes élèves et pour tes pères.
- 37:38Je voulais m'excuser pour la qualité audio ainsi que les nombreuses coupures durant l'enregistrement.
- 37:43Nous avons eu des problèmes de bruit et des problèmes de micro.
- 37:46En tout cas,
- 37:47je vous donne rendez-vous pour le prochain épisode qui s'intitule La transmission d'un savoir ancestral toujours avec Michel Garcia où il revient sur ses trois grandes fiertés
- 37:59et ses apports pour la teinture végétale en France.
- 38:03Je vous invite à me rejoindre sur ma page Instagram
- 38:06ARTECOVERT pour y découvrir le nom des prochains invités.
- 38:13Je me permets de vous rappeler que la seule manière de soutenir ce podcast est de le noter et le commenter sur la plateforme d'écoute de votre choix.
- 38:21C'est ainsi qu'on arrivera à faire porter la voix de ces passionnés de la couleur végétale.
- 38:26Merci à tous !