Latest / Vies et Voix | Les Interviews de Lila / Clémence : le déni de vocation !
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- Clémence : le déni de vocation ! Introduction sur fond musical : Lila : Se plaire dans son activité professionnelle, à la fois y trouver du plaisir et aussi se sentir valorisé par ce que l'on fait ! Une quête pour la plupart d’entre nous qui occasionne bien souvent des changements. Bienvenue dans ce podcast « Vies et Voix, les interviews de Lila » pour parler de ses choix pros. Je suis Lila. Pour chaque épisode, j’inviterai un témoin proche de vous, de moi pour nous raconter son parcours. Nos témoins ont un point commun. Ils se sont fait confiance pour se donner des chances. Ils ont choisi de penser que rien n’était joué ! Pour cet épisode, notre invitée étudie le violon classique jusqu’au bac. Pour autant, il ne s’agit pas d’en faire un métier. Attirée par le soin, elle termine une formation de sage-femme et exerce en clinique. En guise de hobby, elle découvre la contrebasse qui va prendre de plus en plus de place et 10 ans plus tard, elle est intermittente du spectacle et enseignante en conservatoire Par égard pour son 1er métier dans lequel elle a pris l’habitude d’une réserve professionnelle, Clémence préfère ne pas donner son nom. Quels sont les chemins que Clémence a suivis ? Comment a-t-elle fait ses choix ? Sur qui, sur quoi s'est-elle appuyée ? L’agenda de Clémence est mouvant. Nous attendrons pour confirmer la date de notre rencontre. Lila : Bonjour Clémence Clémence : bonjour Lila. Lila : Merci d'avoir accepté de prendre ce temps pour nous raconter votre expérience. Je vous propose de commencer par nous dire qui vous êtes enfant et ce qui vous intéresse. Clémence : Merci beaucoup pour l'invitation déjà. Alors petite, j'ai tout de suite baigné dans un univers de musique, non pas parce que mes parents étaient musiciens, mais parce qu'ils étaient mélomanes. Et surtout que j'avais deux grands frères qui sont allés au conservatoire prendre des cours d'instruments. Donc j'avais commencé le violon en fait vers 5 ou 6 ans. Tous les copains, copines étaient liés à ça. Ça prenait une belle place. Néanmoins, j'ai toujours entendu dans la famille qu’on n'en faisait pas son métier, la musique. Après les horaires aménagés au collège, je suis allée vers un bac scientifique et ensuite je suis allée en médecine parce que vu que mes parents venaient de là, je ne voyais un petit peu que ça à l'époque. Et à la fin de cette première année, je me suis aperçu qu'en fait c'était plutôt infirmière que je voulais faire. Mais j'ai quand même passé le concours et j'ai eu une place en sage-femme et puis vu que c'était à la fois dans le soin et à la fois dans les décisions médicales, je me suis dit "Allez, on y va ». C'est là que j'ai arrêté le violon parce que quand on a fait du violon classique exclusivement en conservatoire, le niveau quand on arrête de travailler plusieurs heures par jour, baisse d'un coup. J'étais arrivée l'année de la médaille de conservatoire mais je ne l'ai pas passée. Je me suis mise à écouter d'autres styles de musique vraiment beaucoup plus actuels et c'est ça qui m'a donné envie l'année du diplôme, donc 5 ans plus tard, d'aller m'acheter une guitare électrique. En arrivant dans le magasin, j'ai trouvé une belle basse électrique qui fait des sons beaucoup plus graves et j'ai acheté ça. C'est un moment complètement clé de ma vie mais qu'on ne voit pas venir comme ça. Pendant quelques mois, je ne savais pas trop quoi en faire. Et puis c'est une fois que j'ai été diplômée seulement que j'en ai parlé un petit peu à une collègue qui m'a dit "Dans la ville où tu habites, tu pourras aller à l'école de jazz. Je n'en avais jamais fait. Je ne connaissais pas les écritures, la théorie, tout ça. Je me suis dit "Ah bah c'est une bonne idée parce que c'est là que la basse a toute sa place en fait, dans le jazz. C'est là que ça a commencé. J'ai fait 1 an dans cette école là et l'année d'après, je suis rentrée au conservatoire en basse et j'ai très rapidement bifurqué vers la contrebasse. Intermède musical Lila : Donc après cette formation de sage-femme, quel a été votre parcours ? Clémence : Je suis allée directement dans une maternité dans laquelle je suis restée quasiment 10 ans. D'abord, c'était des contrats de remplacement de congé maternité ou de remplacement d'été. Et puis en fait, j'étais tout le temps à temps plein et j'ai été titularisée. Voilà, c'était une maternité très familiale, très agréable à travailler. Ce métier-là m'a vraiment beaucoup plu. C'est vraiment pour moi ce qui m'a formée à être comme je suis. Je pense que je serais beaucoup plus dans la lune si je n'avais pas fait ce travail- là. Et ça, je dois à mes collègues de l'époque qui tout gentiment, tout doucement me enfin … je sentais qu'elles me prenaient par la main, parce que j'étais toute jeune et elles m'ont accompagnée. Et puis voilà ce rapport avec les patients c'est quelque chose. On doit être là vraiment là, c'est plus qu'une expérience. C'est vraiment ce qui m'a formé et ce qui aujourd'hui fait que je suis qui je suis en tant que personne par rapport à mon contact avec les autres notamment. En parallèle, j'étais donc rentrée au conservatoire comme un loisir en contrebasse, en jazz puis en classique, les deux en même temps. Puis ça a pris de plus en plus de place. C'était là tout le temps. J'avais la chance que mes plannings soient faits en fonction de mes jours de cours. Donc j'ai réussi à tout faire en même temps. Ça s'est fait facilement le fait de passer du classique au jazz. Quand j'ai recommencé le conservatoire, j'avais donc changé d'instrument et surtout ça ne faisait pas longtemps du tout que j'en faisais. Donc j'ai dû apprendre et un nouvel instrument et un nouveau style, c'est-à-dire le jazz d'un coup. Donc le début n’a pas été facile. Après moi je faisais ça comme un loisir. Néanmoins un loisir qui était sérieux. Mon cerveau était programmé en musique classique. Je trouve que ça a mis du temps à se mettre en place et que plus c'est allé, plus c'est allé vite et puis que les dernières années ont été le moment vraiment de s'envoler où on est dans des considérations beaucoup plus lointaines de savoir quel est notre univers et plus seulement apprendre un langage quoi. Intermède musical Lila : Et donc qu'est-ce qui vous amène à changer d'activité ? Clémence : J'ai pris un mi-temps. Au bout de 7 ans, dès que j'ai été titularisée en fait, j'ai pu rentrer en cycle professionnel en conservatoire, je me suis dit "Allez, je passe à mi-temps." Il n’y avait pas trop de risque. Quand on est fonctionnaire, on peut reprendre à temps plein quand on veut. Les revenus baissent mais en même temps, c'est ce que je veux faire. J'avais besoin de plus me ressourcer pour quand je retournais à l'hôpital en fait, entre toutes les gardes et puis les groupes un peu par-ci par là. Le mi-temps m'a bien convenu pendant 2 ans. Je retournais rechargée pour accompagner mes patientes. Ça a été la première étape. Et puis j'ai eu mon diplôme de jazz. Je me suis dit que j'allais essayer de faire une année de disponibilité. Je commençais à avoir malgré le mi-temps un petit peu de mal à me ressourcer pour retourner travailler en tant que sage-femme. L'endroit où j'étais bien, c'était quand même à faire de la musique. Je n'en gagnais pas ma vie. Je ne voyais même pas ça comme un métier, mais je me suis dit là ça commence à être difficile. J'avais évoqué le fait de changer de métier dans ma tête. J'avais pensé aller voir du côté d'ostéo, du côté de dentaire, mais je n'arrivais pas à quitter ce métier-là avant. Et quand le cap des presque 10 ans est passé, je me suis dit bon, peut-être tu peux t'autoriser à essayer d'aller voir autre chose. J'ai eu un événement un peu plus difficile au travail. Je me suis dit "Allez, je prends ma dispo." J'attendais un peu un prétexte. J'ai pris ma dispo mais vraiment sans savoir, sans m'autoriser à penser que la musique pouvait prendre de la place à ce point. Je m'étais même posé la question d'aller faire un peu de libéral, mais je ne savais pas. Je voulais juste me donner un an pour voir. Je sentais que j'avais vraiment besoin de, encore plus, me ressourcer. J'ai compté les sous. Je me suis dit je peux faire un an sans travailler et en vivant chichement. Ça va marcher. J'ai eu cette chance là en fait de de pouvoir avoir mis de côté grâce à ce métier-là et pouvoir me dire "Bon, j'y vais sans me forcer à aller travailler." Le fait de prendre une dispo quand on est fonctionnaire fait qu'on a vraiment zéro revenu. Il n’y avait pas de chômage ou je n'ai pas eu la patience d'attendre de voir si je pouvais avoir un congé formation. J'ai arrêté et les premiers mois, j'ai quasiment rien eu comme travail parce que je n'avais pas pu tuiler suffisamment mon ancien travail de sage-femme que je ne mettais pas en ancien d'ailleurs, c'était juste une pause à l'époque, m'avait empêché il fallait voilà je ne pouvais pas faire des projets à cause de ces gardes qui arrivaient un peu tout le temps et c'est là par contre que je me suis rendue disponible et que en fait les choses sont arrivées parce que j'étais complètement ouverte à ça. Et les trois premiers mois Ils ont été calmes et ensuite on m'a proposé de donner des cours de musique. Je ne me suis pas vu faire que ça à temps plein mais j'ai vraiment aimé ça. Et en fait ça m'a permis de rencontrer d'autres musiciens et qu'ensuite ça m'a paru évident que depuis le début c'était cette vocation-là qui était cachée depuis toujours que j'ai vraiment mis du temps à comprendre quoi. Donc là j'avais 32 ans quand même. Lila : Du coup, après les projets que vous avez pu avoir se sont présentés facilement. Clémence : Une fois qu'il y a eu ces cours et ces contacts, ça a explosé d'un coup. J'ai rencontré des gens avec qui j'ai fait un groupe qui a très bien marché, qui continue encore actuellement et puis forcément, il y a quand même des moments de découragement. En tout cas, il y a quelque chose quand même, c'est je pense qui doit être commun aux personnes qui arrêtent un métier, qui ne vont pas tout de suite vers un autre, c'est que on se met la pression. Et moi, je me suis mis la pression pour trouver des contrats et en fait souvent on a l'impression que c'est des coûts de pagaie dans l'air quoi. Je ne saurai pas dire si ça ne sert à rien de faire ça, mais d'essayer au maximum de bien vivre ces moments-là où on n’a pas encore de travail parce qu'on ne peut pas aller plus vite que la musique. Le moment où ça viendra, ça viendra. De là à dire que ça ne sert à rien, de brasser du vent, non. Mais ce moment-là où on se met la pression, paradoxalement, n'est pas celui qui est le plus productif. Lila : Qu'est-ce qui vous a motivé pour passer ces diplômes que ce soit en jazz ou après en classique ? Clémence : Ce qui m'a amené à aller jusqu'au diplôme, c'est juste qu'on commence, on y va, on fait ça sérieusement. et le fait d'être de plus en plus entouré par des copains qui étaient dans les mêmes niveaux que moi qui faisaient que ça comme étude et puis petit à petit on avance et puis on voit des gens qui vraiment font leur métier et on est entouré de personnes pour qui c'est possible en fait. On n’a pas fait le conservatoire national supérieur de Paris en musique classique et on est quand même professionnel. En fait je n'avais aucune connaissance de la façon de gagner sa vie avec la musique dans la famille c'était un stress en fait pour mes parents même encore quand j'avais 32 ans de me voir faire ça, ça a été un stress pour eux, ils ne connaissaient pas et j'en suis arrivée à passer mes diplômes parce que ça marchait et qu’il n’y avait pas de raison d'arrêter et je n'avais vraiment pas prévu de faire que ça ni même d'enseigner. Lila : Votre dispo, elle a duré combien de temps en fait ? Clémence : Ma dispo, elle a duré au final 3 ans. Lila : Et à quel moment vous avez pris la décision par rapport aux 3 ans ? Clémence : En fait, les 3 ans, c'est quand l'intermittence a été acceptée. Je me suis dit, vu que je ne peux pas transformer ma titularisation dans une autre titularisation territoriale, pour l'instant la disponibilité, elle complique mon intermittence. Voilà. Naïvement, je me suis dit : je démissionne. Si jamais il y a des gens qui sont dans cette situation d'intermittence, de disponibilité de fonctionnaires et qui ont besoin de conseils, qu’ils n'hésitent pas à vous contacter pour que vous me contactiez, c'est quelque chose où il y a beaucoup de pièges. Moi, je pensais que quand on était en disponibilité, on ne pouvait pas être intermittent. C'est pour ça que j'ai compté que au bout de quasiment 2 ans. Je me suis dit "Bah, en fait, j'ai beaucoup travaillé, je peux l'être." Et c'est là que j'ai fait la demande et que ça a été un peu compliqué mais j'ai bien fait. Intermède musical Lila : Et donc quelle est votre activité actuellement ? Clémence : Actuellement je suis donc intermittente où je suis dans plusieurs projets qui sont soit à mon initiative, soit où je suis en side comme on dit. Ça peut être des projets dans le jazz, ça peut être parfois des orchestres classiques, ça peut être du ciné-concert, ça peut être des musiques étrangères comme cubaines ou la musique de la Réunion. Pour l'instant là, je suis vraiment exactement à l'heure où on se parle, dans une création toute récente. Donc ma tête est vraiment là-dedans avec toujours les autres projets qui continuent et plus tard dans quelques semaines ou quelques mois de voir pour faire encore autre chose mais il y a déjà pas mal de choses qui se passent. Je compose aussi pas mal pour les groupes dans lesquels je joue et puis j'enseigne. J'enseigne une fois par semaine. Lila : Side ça veut dire quoi ? Clémence : Side, ça veut dire qu'on est derrière qu'on n'est pas le leader. On a été choisi par une personne qui a monté le projet. Lila : Est-ce que c'est un métier aujourd'hui duquel vous vivez ? Clémence : Oui, aujourd'hui je vis de l'intermittence et un petit peu des cours. Je vis complètement de la musique. Lila : Vous avez une visibilité à combien de votre activité à venir ? Clémence : Je dirais qu'à 6 mois, je peux voir ce que je vais faire et qu'après c'est un peu le désert et après ça se complète et voilà. En espérant que le désert se recomplète à chaque fois. Mais c'est plus dur maintenant. Il y a beaucoup de restrictions budgétaires, beaucoup de gens frileux d'entamer des choses. J'ai la chance d'avoir des gens qui me font confiance, tant les musiciens que des institutions ou des festivals. Lila : Aujourd'hui, donc vous vous voyez continuer votre activité professionnelle comme cela. Clémence : J'aimerais bien être titularisée sur mon travail d'enseignement parce que maintenant je suis passée en CDI que ça fait 8 ans que j'y suis et que je sais que j'ai pas du tout, du tout envie de le quitter. Voilà, je préférerais faire partie de la maison à 100 %. Lila : Comment vous vous faites connaître auprès de ces différents groupes ? Comment est-ce qu'ils savent que vous existez ? Clémence : Bah c'est du petit à petit. C'est des connaissances. On va là, on sort là, on fait un concert là. Quelqu'un vient écouter, il a entendu parler, on a un réseau professionnel qui se fait. Des fois, on s'entend très bien mais on ne fait pas la même musique et puis des fois on s'entend très bien et puis ah , je ferai bien ça avec toi. Donc c'est comme ça en bougeant, en allant voir des gens. Vraiment le mot que j'ai, c'est réseau. Il y a aussi un peu les réseaux sociaux quand même. Intermède musical Lila : Que retenez-vous Clémence de votre parcours ? Clémence : Ma vraie vocation, elle a toujours été là, sans que du tout je la vois. Moi, je crois vraiment je ne voulais pas la voir et même si c'est mon éducation qui a fait que j'ai mis du temps à ouvrir les yeux, c'est quand même aussi mon éducation qui m'a donné tout le bagage. Ma mère a été là tous les jours à chaque cours pour m'aider à travailler et je n'aurais jamais eu ce niveau-là si elle n’avait pas été derrière moi. Mais il ne fallait pas en faire son métier. En fait, c'est eux qui ont mis la petite graine de la chose qui leur faisait le plus peur à l'époque. Maintenant, ils sont contents. Heureusement ! Quand on grandit quelque part, il ne faut vraiment, vraiment, pas oublier qu'on grandit avec ce qu'on nous a donné. Moi, ce qu'on m'avait donné, il y avait plein de super trucs et il n’y avait pas cette notion que ce métier-là peut exister. Donc, je ne pouvais pas le voir. Quand j'étais au bloc opératoire une fois avec des collègues qui m'ont dit "Non mais toi, tu en feras ton métier, ça faisait 4 ans peut-être que je faisais de la musique, je leur ai dit « n'importe quoi »." Quand j'avais dit n'importe quoi, c'était vraiment il y a deux vérités ! C'est je n'en ferai pas mon métier et le père Noël n'existe pas. C'était impossible en fait. C'était là et même quand j'ai pris ma dispo, je ne pensais pas que ça prendrait cette place-là. C'était là mais je ne l'ai pas vu. Et pour faire un parallèle avec mon métier, c'était comme un déni de grossesse. Il y a des femmes qui sont enceintes et qui vraiment ne le savent pas. Ce n'est pas qu'elles se mentent à elles-mêmes. Ce n'est pas concevable pour elles. Pour moi, c'était ça. Il me fallait le temps pour ouvrir les yeux et comprendre. Et je suis très contente que l'accouchement a été difficile mais qu'il ait eu lieu quand même. Lila : Qu'est-ce que vous aimeriez qu'on retienne ? Clémence : Au début, je pensais qu’il fallait juste le vouloir pour que ça marche, mais je me suis quand même ravisée là-dessus parce que j'ai quand même eu la chance finalement de faire ce métier-là, même si mon regret c'est de ne pas avoir fait de la musique tout de suite, mais j'ai quand même eu la chance de faire sage-femme qui m'a permis d'être autonome financièrement, totalement autonome pour pouvoir prendre cette disponibilité. Néanmoins, ce que j'ai envie de dire, c'est d'avoir peut-être moins peur avec l'argent. Alors, depuis le coût de la vie a augmenté. Je pense que 2 ans avant, j'étais plus stressée par l'argent comme n'importe qui, en fait. Quand on a un salaire, on ne peut pas envisager le diviser par deux et on ne peut pas envisager de piocher dans ses économies pour vivre. J'ai aussi réussi à me débarrasser de cette peur-là de l'argent. Et le conseil que je donnerai, c'est de s'entourer de gens qui aiment faire ce que nous on aime faire, même si c'est un loisir, parce que c'est vers là qu'on peut trouver peut-être une reconversion quand on en a marre dans notre métier. Lila : Est-ce que vous avez eu des gens qui vous ont soutenu pendant votre changement de vie professionnelle ou à l'inverse qui vous ont découragé ? Clémence : Depuis toujours, j'ai plutôt eu l'impression que quand les gens veulent donner des conseils, c'est toujours des conseils négatifs. Quand j'ai voulu être sage-femme, on m'a dit "Oh, ce métier-là, je ne le sens pas trop. Ce que j'ai retenu et l'habitude que j'ai prise, c'est de pas écouter ça." Jamais écouter les autres quand ils disent que ce n'est pas une bonne idée. Jamais. Mais c'est des choix quand on choisit un métier, il y a du bon, il y a du mauvais. Moi, c'est des choix qu'on accepte en fait. Lila : On fait des compromis finalement. Clémence : Oui, compromis mais qui ne pèsent pas temps parce que c'est notre choix. Lila : Si vous aviez quelque chose à refaire, est-ce que vous referiez de la même façon ou différemment ? Clémence : Quand même mon parcours, j'aurais beaucoup aimé savoir ça plutôt commencer le jazz. J'ai failli commencer le jazz à 13 ans, mais bon, peut-être que les choses auraient été différentes et comme je disais tout à l'heure, je n'aurais pas eu peut-être cette assurance là, ce rapport aux autres-là. Si je n'avais pas été sagefemme peut-être. Donc je pense la meilleure façon d'avancer, c'est de ne pas regretter ces choses-là. C'est fait. Et bon, il faut aussi dire que je dois être vraiment contente de ce que j'ai actuellement. Donc ça va servir à rien d'aller voir les choses autrement. Lila : Merci beaucoup Clémence pour votre confiance et votre écoute. Vous nous montrez comment s’opère la bascule, pour vous, d’un hobby à un métier : • Vous vous engagez crescendo dans un travail exigeant vis-à-vis de la musique ; • Vous revoyez vos priorités en réinterrogeant vos besoins ; • Les dernières années, vous vous mettez en situation, grâce à un mi-temps, puis une disponibilité pour qu’enfin la prise de conscience s’impose ; • Et vous vous affirmez au contact des autres musiciens auprès desquels vous gagnez en confiance. Au final, avec vos activités d’intermittente du spectacle et d’enseignement en musique, vous passez à un nouveau mode de vie moins balisé mais toujours adossé au réel. Ce sont vos clés ! Elles pourront peut-être ouvrir d'autres chemins, qui sait ! Vous exprimez votre bonheur des rencontres avec d’autres musiciens ! Belle continuation à vous, Clémence ! Clémence : Merci beaucoup Fin sur fond musical Lila : vous venez d'écouter un nouvel épisode de « Vie et Voix, les Interviews de Lila ». Merci de vos commentaires et de votre soutien. Si vous souhaitez proposer votre témoignage ou un témoignage, retrouvez-moi sur LinkedIn « Vies et voix, les interviews de Lila ». A très bientôt !