Latest / L'état d'esprit / L'état d'esprit : Jean Hiquet, médecin légiste, chef de service de l’Unité médico-judiciaire & Maison des Femmes à Pau
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- 0:03Bonjour et bienvenue dans ce nouvel épisode de l'état d'esprit.
- 0:07Aujourd'hui je reçois le docteur Jean Hickey,
- 0:10médecin légiste,
- 0:11chef de service de l'unité médico-judiciaire et maison des femmes du centre hospitalier de Pau,
- 0:17expert judiciaire près de la cour d'appel de Pau.
- 0:20Bonjour docteur Hickey,
- 0:21je voulais savoir qu'avez-vous ressenti quand vous avez réalisé votre première autopsie en tant qu'étudiant ?
- 0:28Ma première autopsie en tant qu'étudiant,
- 0:30ça remonte.
- 0:32J'étais en quatrième année de médecine,
- 0:34c'était mon premier stage de découverte de la médecine légale.
- 0:37Je me rappelle très très bien de cette première autopsie qui était celle d'un enfant d'une dizaine d'années.
- 0:42Donc un dossier assez singulier pour débuter.
- 0:46Et je me rappelle avant de rentrer dans la salle d'autopsie,
- 0:51je n'avais qu'une idée en tête,
- 0:53c'était de ne pas faire de malaise,
- 0:54de ne pas faire de malaise.
- 0:57j'avais peur de ça parce que pour ne rien vous cacher quelques...
- 1:00Quelques mois auparavant,
- 1:02j'avais expérimenté un malaise vagal dans la librairie Vigo Malouane à Paris,
- 1:10rue de l'école de médecine,
- 1:11en feuilletant un traité de médecine légale.
- 1:13J'avais eu un petit coup de chaud et je m'étais retrouvé au sol,
- 1:17les jambes en l'air.
- 1:18Et donc j'avais un petit peu de pression sur cette première autopsie.
- 1:22Et rapidement,
- 1:23ce qui a pris le dessus,
- 1:25c'est la fascination de la démarche intellectuelle,
- 1:28de l'analyse du...
- 1:30corps qui était devenu un objet d'étude.
- 1:32Et grâce à un accompagnement très pédagogique du médecin légiste à l'époque,
- 1:38je suis sorti de là en me disant,
- 1:40je crois que c'est vraiment ce métier que je veux faire.
- 1:42Alors en tant que médecin,
- 1:44quand j'ai eu mon nom sur la blouse,
- 1:47c'était novembre 2011.
- 1:48Alors étrangement,
- 1:49je garde peu de souvenirs de ces premiers dossiers.
- 1:54Certains m'ont marqué plus que d'autres,
- 1:55mais en tout cas les premiers seuls,
- 1:58je garde peu de souvenirs.
- 1:59J'ai essayé de chercher il n'y a pas longtemps de ça,
- 2:04mais j'ai le souvenir d'avoir débuté avec l'impression d'avoir une responsabilité importante dans le cadre de ce travail.
- 2:16Mais j'avais l'assurance d'avoir une équipe plus expérimentée autour de moi et d'avoir des collègues plus âgés qui étaient un filet de sécurité.
- 2:26Donc j'ai le souvenir d'avoir commencé dans des très bonnes conditions d'encadrement,
- 2:30ce qui,
- 2:30je pense,
- 2:31a permis peut-être de diminuer la charge de stress et de pression,
- 2:35ce qui fait que je m'en rappelle un peu moins probablement.
- 2:37Comment on gère ces émotions,
- 2:39ce contact finalement avec la mort ?
- 2:42Ou la violence d'ailleurs ?
- 2:44Alors les émotions,
- 2:45elles sont là.
- 2:46Elles sont différentes en fonction des personnes,
- 2:49des individus,
- 2:50de leur histoire personnelle,
- 2:51de leur sensibilité.
- 2:53C'est un apprentissage,
- 2:54ça fait partie de la formation.
- 2:57On fait quelque chose qui est loin d'être anodin.
- 2:59Donc forcément,
- 3:00ça fait écho,
- 3:01ça renvoie des choses parfois positives,
- 3:04parfois négatives et douloureuses.
- 3:08Il faut savoir être à l'écoute de ces émotions-là.
- 3:11Il faut savoir.
- 3:13les canaliser et puis leur laisser une place,
- 3:18mais pas une place envahissante en tout cas.
- 3:22Donc la confrontation à la violence,
- 3:25à la mort,
- 3:27elle est là,
- 3:28c'est notre quotidien.
- 3:31Ça permet parfois,
- 3:33au fur et à mesure de son exercice,
- 3:35d'avoir un regard qui va changer sur certaines choses.
- 3:39Les rapports entre les individus,
- 3:41sur la nature humaine,
- 3:43le rapport à la mort aussi.
- 3:46Personnellement,
- 3:46je n'ai pas le même rapport à la mort aujourd'hui que j'ai pu l'avoir il y a 15 ans quand j'ai débuté.
- 3:53Donc voilà,
- 3:54tout ça se façonne,
- 3:54tout ça se travaille et la spécialité se charge de nous faire avancer sur ces sujets-là.
- 4:01Et ça,
- 4:02vous l'apprenez ou ça se construit au fur et à mesure des années ?
- 4:06Je pense que c'est un cheminement,
- 4:09en ce qui me concerne en tout cas,
- 4:10qui s'est construit progressivement.
- 4:12Après,
- 4:13il y a certaines étapes plus marquantes que d'autres,
- 4:17des dossiers plus marquants que d'autres,
- 4:20qui débouchent sur des échanges,
- 4:22sur des partages d'émotions,
- 4:25de ressentis avec des collègues,
- 4:27avec des pairs aussi,
- 4:32qui donnent des conseils,
- 4:33qui...
- 4:34Voilà,
- 4:34chaque individu est unique et on se fait sa propre idée de tout ça au fur et à mesure,
- 4:40je crois.
- 4:41Pourquoi avoir choisi la médecine légale ?
- 4:43La médecine légale,
- 4:44c'est une science à part entière qui consiste à mettre au service de la justice,
- 4:52la justice au sens large,
- 4:54des connaissances et des compétences médicales.
- 4:58C'est un univers qui a la frontière entre le monde du droit et le monde de la santé.
- 5:04Chez moi,
- 5:06j'ai découvert ce métier en lisant...
- 5:10À l'époque,
- 5:11j'étais lycéen et j'avais découvert des ouvrages de Patricia Cornwell,
- 5:16qui est une autrice américaine qui décrit les enquêtes d'une médecin légiste qui s'appelle le docteur
- 5:22Kei Scarpetta.
- 5:24Et j'avais trouvé...
- 5:25j'avais trouvé ce métier fascinant tel qu'il était en tout cas raconté dans ses ouvrages et puis les hasards de la vie ont fait que j'ai croisé aussi le parcours d'une professeure de médecine légale qui est devenue plus tard mon
- 5:42professeur de médecine légale à Bordeaux et qui était une femme extrêmement passionnée par son métier qui en parlait avec des étoiles dans les yeux et qui a su,
- 5:52je pense,
- 5:54me défendre.
- 5:54donner l'envie de le découvrir et de l'apprendre et puis de l'exercer donc je lui dois ça effectivement le déclic il est survenu tôt au lycée donc j'ai passé mon bac j'ai je suis parti faire mes études de médecine dans l'idée d'être médecin légiste après voilà
- 6:15je suis d'un naturel assez curieux assez ouvert aussi donc je ne me suis pas fermé la porte sur d'autres spécialités d'autres disciplines.
- 6:22J'ai été très attiré pendant longtemps par
- 6:24par la psychiatrie.
- 6:26J'y ai fait des stages,
- 6:28je m'y suis beaucoup intéressé.
- 6:31La psychiatrie,
- 6:33c'est une discipline qui est aussi très liée à la justice.
- 6:36La psychiatrie médico-légale est une discipline à part entière que l'on côtoie aussi assez fréquemment dans les dossiers.
- 6:44J'ai pu faire quand même deux stages en médecine légale qui m'ont conforté dans l'idée que c'était médecin légiste que je voulais être et non pas psychiatre.
- 6:53Comment vous découvrez-vous ?
- 6:54Vous décrivriez votre rôle ?
- 6:57Vous êtes un médecin,
- 6:57vous êtes un expert,
- 7:00vous êtes un enquêteur ou vous êtes les trois ?
- 7:02Moi,
- 7:02je suis médecin avant tout.
- 7:05J'ai prêté un serment.
- 7:08Je n'ai pas fait d'autres études que des études de médecine.
- 7:12Je suis pour que chacun reste dans son rôle.
- 7:16On travaille en complémentarité,
- 7:17mais à aucun moment,
- 7:18je me considère comme un enquêteur.
- 7:20Je n'ai aucun pouvoir d'enquête et je n'en veux aucun.
- 7:24Aux États-Unis,
- 7:26les médecins légistes ont plus de pouvoir d'investigation que nous n'avons pas du tout.
- 7:30Ici,
- 7:31nous travaillons sous l'autorité du procureur de la République et les officiers de police judiciaire par délégation.
- 7:37Mais moi,
- 7:38je suis médecin avant tout.
- 7:39Donc mon travail,
- 7:40c'est de faire des constatations à charge,
- 7:45à décharge.
- 7:46En tout cas,
- 7:46des constatations qui soient utiles à l'enquête et in fine à la manifestation de la vérité.
- 7:51Quels sont les enjeux quand vous...
- 7:54examinez un corps de personnes décédées ou une personne qui ne l'est pas ?
- 7:59Bien évidemment le premier c'est l'enjeu judiciaire.
- 8:01Notre travail c'est de faire des photographies à l'instant T de l'état traumatique d'un individu qu'il soit décédé ou qu'il soit vivant.
- 8:11Donc notre travail c'est avec nos yeux de décrire des éléments objectifs,
- 8:15des blessures et d'apporter ces éléments à la connaissance de la justice à travers d'or.
- 8:24des rapports,
- 8:24des rapports médico-légaux,
- 8:26qui vont venir apporter des éléments de preuve qui permettront après,
- 8:30dans le cadre de l'enquête,
- 8:31de faire avancer les choses,
- 8:33de fermer des portes,
- 8:38d'en ouvrir d'autres,
- 8:40de confronter des hypothèses,
- 8:42d'infirmer d'autres hypothèses.
- 8:44Donc l'enjeu premier,
- 8:45il est judiciaire.
- 8:46Derrière cet enjeu judiciaire,
- 8:48il y a des enjeux aussi éthiques,
- 8:52des enjeux humains,
- 8:54En étant médecin,
- 8:55on se doit de pratiquer la médecine légale selon des règles de déontologie,
- 9:03la question de l'information des victimes que l'on reçoit.
- 9:07On doit les informer de qui on est,
- 9:09de comment on intervient,
- 9:11de quel est notre travail.
- 9:12On se doit de recueillir leur consentement.
- 9:15pour être examiné et on se doit aussi de mener nos investigations avec le plus d'humanité possible notamment dans le cadre d'examens particuliers comme des examens de victimes de violences sexuelles qui sont des examens assez délicat très souvent très intrusif et
- 9:38donc on se doit
- 9:39de faire preuve d'empathie.
- 9:43Donc ça,
- 9:43c'est pour moi des enjeux aujourd'hui éthiques qui sont absolument indissociables de l'enjeu premier qui est,
- 9:50lui,
- 9:50judiciaire.
- 9:51Tout ce qui est empathie,
- 9:51tout ce qui est accompagnement des victimes,
- 9:54comment vous le vivez ?
- 9:55Comment vous perfectionnez,
- 9:57si je puis dire,
- 9:58ou en tout cas,
- 9:59vous y travaillez ?
- 10:01Effectivement ça fait partie de la formation maintenant pour être médecin légiste c'est une spécialité qui dure quatre ans après après le concours de l'internat donc les jeunes médecins légistes apprennent justement à recevoir une victime à l'écouter à lui poser des questions à la préparer à un examen à l'examiner et puis aussi apprennent
- 10:21à l'accompagner une fois l'examen terminé donc ça c'est un vrai apprentissage
- 10:26Et puis après,
- 10:27il y a le socle théorique et puis après,
- 10:29il y a la pratique.
- 10:30Donc probablement qu'aujourd'hui,
- 10:32je prends en charge des victimes de façon peut-être un peu plus étayée et un peu plus enveloppante qu'à mes débuts où on est souvent un petit peu maladroit,
- 10:44stressé.
- 10:45Voilà,
- 10:45donc c'est aussi un apprentissage sur le terrain.
- 10:48Vous dirigez l'unité médico-judiciaire et la maison des femmes du centre hospitalier de Pau.
- 10:54À quoi elle sert ?
- 10:55Et comment elle est organisée ?
- 10:57Alors l'unité médico-judiciaire c'est un service auxiliaire de justice qui est financé par le ministère de la justice.
- 11:03Donc tous les ans on a une enveloppe financière qui permet de faire fonctionner dans une même unité de temps et de lieu un ensemble de professionnels.
- 11:14à savoir des médecins légistes,
- 11:16des infirmières,
- 11:16des psychologues,
- 11:18secrétaires,
- 11:19un cadre de santé qui donc ont pour finalité de recevoir des personnes qui sont impliquées soit en tant que victime,
- 11:32soit en tant que mise en cause dans des affaires judiciaires qui sont sous l'autorité du procureur de la République du tribunal judiciaire de Pau.
- 11:43On a un critère de compétence géographique.
- 11:47Et donc notre travail,
- 11:48c'est de recevoir tous les jours.
- 11:49Alors statistiquement,
- 11:51c'est plus souvent des personnes qui se plaignent d'avoir subi des violences.
- 11:57Par abus de langage,
- 11:58souvent on parle de victimes,
- 11:59mais pour l'instant,
- 12:02la justice n'est pas encore rendue.
- 12:04Donc on devrait parler plutôt de plaignante ou de plaignant et de mise en cause.
- 12:09En tout cas,
- 12:09on est là pour faire des constatations utiles.
- 12:13à charge et à décharge.
- 12:14Donc on va décrire des blessures,
- 12:15on va faire des prélèvements.
- 12:17de toxicologie,
- 12:18des prélèvements d'ADN dans des affaires criminelles,
- 12:21dans des viols notamment.
- 12:23On va faire des rapports dans lesquels on va évaluer ce que l'on appelle aussi l'incapacité totale de travail,
- 12:29cette notion de droit et de médecine qui va permettre au procureur de qualifier son infraction et puis après qui aura une importance aussi sur les peines au moment du jugement.
- 12:40On est amené aussi ici à recevoir des mineurs non accompagnés pour lesquels il manque des documents.
- 12:47officiel d'identité permettant d'attester leur âge.
- 12:50Et donc,
- 12:52ces personnes vont passer par notre service en dernier recours pour que l'on tente d'estimer leur âge biologique.
- 13:01Vous êtes confronté,
- 13:02donc,
- 13:02vous le décrivez au quotidien à de la violence.
- 13:07Comment vous arrivez à garder une distance ?
- 13:09C'est important de bien se connaître.
- 13:11Alors,
- 13:12on ne se connaît pas de la même manière à 20 ans,
- 13:14à 30 et à 40.
- 13:16moins à 50 et plus tard.
- 13:18Donc je pense que c'est important de toujours se questionner,
- 13:22de rechercher,
- 13:22d'identifier en tout cas qui on est,
- 13:25quels sont nos points forts,
- 13:26quels sont nos points faibles,
- 13:28parce que c'est une spécialité qui peut être parfois très intrusive,
- 13:32qui peut renvoyer à sa propre existence,
- 13:34son propre vécu,
- 13:35ses propres peurs,
- 13:38frustrations.
- 13:39Donc c'est important de bien se connaître.
- 13:41Après c'est un apprentissage là aussi,
- 13:45on avance,
- 13:46parfois on se prend des claques,
- 13:49parfois moins,
- 13:50il y a des dossiers qui font progresser sur des sujets très personnels.
- 13:55En tout cas ce que je conseille à tous les gens qui franchissent la porte de ce service pour y travailler,
- 14:00que ce soit des secrétaires,
- 14:02que ce soit des médecins,
- 14:04c'est qu'il faut avoir une vie à côté riche
- 14:09Alors,
- 14:10une vie riche,
- 14:10on peut avoir une vie riche de plein de façons.
- 14:13En tout cas,
- 14:13il faut avoir des sources de...
- 14:16plaisir de bonheur de satisfaction parce que c'est ici un univers très noir très sombre nous on annonce jamais de bonnes nouvelles on voit défiler toute la journée des gens qui sont abîmés des gens qui sont en souffrance des gens qui pleurent du
- 14:32matin jusqu'au soir donc c'est important quand on se franchit la porte dans l'eau
- 14:38sens de pouvoir avoir une vie sociale une vie familiale des loisirs que ce soit du sport du théâtre voilà deux mais en tout cas des sources de plaisir qui viennent vraiment
- 14:53regonfler les batteries le week-end et le soir.
- 14:57Justement,
- 14:57est-ce qu'il y a des moments où vous êtes en colère,
- 14:59vous êtes sous le choc,
- 15:01vous êtes révolté quelque part par rapport aux situations que vous rencontrez et comment vous le gérez ?
- 15:07Alors je ne pense pas qu'on soit dans ce registre d'émotions là en ce qui me concerne.
- 15:12Je pense que d'ailleurs ça serait peut-être un signal d'alarme que d'éprouver ce genre de choses qui pourraient témoigner d'un certain ras-le-bol ou d'une une certaine usure.
- 15:25Si je devais retenir une émotion ou un ressenti,
- 15:27ce serait parfois du découragement face à des situations de violence intrafamiliale,
- 15:34notamment de violence au sein du couple,
- 15:36où on a l'impression que malgré la mobilisation de tous les acteurs,
- 15:40des services de l'État,
- 15:41des associations,
- 15:42malheureusement,
- 15:44on voit des femmes qui reviennent plusieurs fois pour des faits qui se reproduisent,
- 15:51bien qu'il y ait eu une sanction judiciaire.
- 15:54que la justice soit passée.
- 15:56Alors on sait que la justice,
- 15:57ce n'est pas forcément la réponse à tout,
- 15:59c'est une réponse parmi d'autres,
- 16:01mais en tout cas un sentiment parfois d'échec et de lassitude en se disant que beaucoup d'énergie pour au final pas de résultat.
- 16:12Donc à côté de ça,
- 16:13on a quand même des dossiers qui nous permettent d'avoir une certaine satisfaction,
- 16:18mais des émotions qu'on essaie en tout cas de garder à distance.
- 16:23dans le quotidien professionnel.
- 16:24Qu'est-ce qui vous aide à continuer justement avec sérénité ?
- 16:28La passion du métier,
- 16:29je crois qu'elle est toujours là.
- 16:30Quand je me gare sur le parking de l'hôpital,
- 16:32je ne sais pas quelle va être la journée.
- 16:36Et je me dis qu'il y a toujours une petite pointe d'excitation qui est là.
- 16:44Et j'espère que ça va durer,
- 16:46parce que c'est un joli moteur pour venir tous les matins ici.
- 16:51Vous intervenez à l'université ?
- 16:53auprès des étudiants,
- 16:56qui est l'objet de ces interventions.
- 16:58Moi j'y enseigne les grands principes de la médecine légale,
- 17:02clinique et thanatologique.
- 17:04Moi l'objectif premier c'est que les étudiants puissent acquérir un socle de connaissances en lien avec ma discipline,
- 17:11mais c'est aussi l'occasion de leur transmettre pour ces jeunes qui se destinent à des carrières dans les métiers du droit,
- 17:19que ce soit la magistrature,
- 17:21avocat.
- 17:22commissaires au PJ j'essaie de leur véhiculer des messages en termes d'humilité en termes de prudence et aussi
- 17:40en termes de culture du doute je pense que dans nos métiers c'est extrêmement dangereux d'avoir des certitudes d'être très sûr de soi plus j'avance dans ma carrière plus je suis prudent.
- 17:52prudent.
- 17:53Et parfois,
- 17:54quand je vois des rapports que j'ai rédigés à mes débuts,
- 17:58aujourd'hui,
- 17:59je me dis,
- 17:59oh là là,
- 18:00j'aurais jamais rédigé ça comme ça aujourd'hui.
- 18:02Et ça m'est arrivé deux,
- 18:03trois fois de trembler en allant aux assises parce que on a tendance à vouloir en dire beaucoup,
- 18:12à s'avancer beaucoup.
- 18:13Et en fait,
- 18:14je pense qu'aujourd'hui,
- 18:15les bons professionnels sont ceux qui ont ces valeurs-là en tête,
- 18:19je pense.
- 18:19Merci Dr Ike à la fois pour votre témoignage.
- 18:22témoignages pour votre sincérité,
- 18:24votre engagement et la justesse de vos mots.
- 18:27A très bientôt pour un nouvel épisode de l'état d'esprit.