Latest / 7H40 Martin Buxant / Bruno Colmant, économiste
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- 0:01Speaker 2: Vous êtes
- 0:01Speaker 3: donc économiste, faut-il le rappeler, et vous êtes face à
- 0:03Speaker 3: Buxan ce matin. L'invité de LRTL, face à Buxan. Bruno Colmois,
- 0:10Speaker 3: on continue avec notre série Budget qui va payer. Hier,
- 0:13Speaker 3: le président des engagés, Yvan Verhoogstrand, s'est dit prêt à
- 0:16Speaker 3: reporter la baisse des droits de succession en Wallonie pour
- 0:19Speaker 3: protéger les plus fragiles. Dit-il, est-ce que
- 0:21Speaker 4: c'est un bon choix budgétaire? Oui, je crois que c'est
- 0:23Speaker 4: un bon choix. La réalité, c'est que les projections budgétaires
- 0:26Speaker 4: d'il y a deux ans étaient largement trop optimistes. et
- 0:29Speaker 4: que la réforme des droits de mutation, d'enregistrement, est une
- 0:33Speaker 4: erreur complète, ça a coûté un milliard et demi qu'on
- 0:34Speaker 4: essaie de retrouver maintenant. En fait, finalement, je pense qu'il
- 0:37Speaker 4: faut aujourd'hui privilégier le travail plutôt que le capital. Et donc,
- 0:41Speaker 4: ça veut dire que la succession qu'il porte sur le capital,
- 0:43Speaker 4: c'est une réforme qui peut être postposée légitimement.
- 0:48Speaker 3: d'un point de vue un peu plus macroéconomique. C'est vrai
- 0:49Speaker 3: qu'on nous annonce des économies depuis des années. Pourquoi est-ce qu'aujourd'hui,
- 0:53Speaker 3: l'État doit encore trouver des milliards alors que les familles, finalement,
- 0:55Speaker 3: elles surveillent chaque dépense depuis des années? Oui, c'est vrai.
- 0:58Speaker 3: On a l'impression d'être dans un...
- 1:00Speaker 4: C'est le cercle
- 1:00Speaker 3: quoi
- 1:01Speaker 4: Oui. Alors, les dépenses publiques augmentent mécaniquement par l'inflation. Elles
- 1:04Speaker 4: augmentent aussi fortement parce que ce qui coûte cher en Belgique,
- 1:07Speaker 4: c'est le vieillissement de la population. Ce sont les retraites,
- 1:09Speaker 4: bien entendu, mais aussi les soins de santé. Et donc,
- 1:11Speaker 4: c'est la course à l'échalote pour essayer de retrouver des
- 1:14Speaker 4: recettes budgétaires pour couvrir ces frais qui augmentent. Et en fait,
- 1:17Speaker 4: le problème qu'on vit maintenant, c'est que la croissance n'est
- 1:20Speaker 4: pas suffisante pour assurer le financement des soins de santé,
- 1:23Speaker 4: et donc on est en permanence en train d'économiser. Mais,
- 1:26Speaker 4: on parle tout le temps des 10 milliards, et c'est
- 1:27Speaker 4: une réduction du débat. Quel est le projet de société
- 1:30Speaker 4: derrière ces 10 milliards? Comment allons-nous vivre ensemble dans 5
- 1:34Speaker 4: à 10 ans? Et en fait, Bardo Hever parle sans
- 1:37Speaker 4: arrêt du fait qu'il veut restaurer l'État-providence, mais il le
- 1:39Speaker 4: fait en diminuant l'État-providence
- 1:41Speaker 4: c'est-à-dire le cassement familial menacé, retraite aussi. Justement, Bruno Coleman,
- 1:45Speaker 4: la solution. Alors,
- 1:46Speaker 3: miracle, entre guillemets, de Yvan Wronkstra, c'est le taux d'emploi.
- 1:48Speaker 3: Il dit qu'en amenant un taux d'emploi à 80%, ça
- 1:51Speaker 3: rapporterait entre 10 et 15 milliards d'euros par an aux
- 1:54Speaker 3: finances publiques. Est-ce que ce calcul, il est crédible
- 1:57Speaker 4: Il est crédible en théorie, mais comme tout le monde
- 2:00Speaker 4: le sait, on aimerait bien vivre en théorie parce que
- 2:02Speaker 4: tout se passe bien en théorie. Donc, ce n'est pas
- 2:05Speaker 4: le cas, quoi. Ce n'est pas du tout le cas. Alors,
- 2:07Speaker 4: en Flandre, c'est 80%, mais à Bruxelles et en Wallonie,
- 2:08Speaker 4: ce n'est pas possible. Organiquement, il n'y a pas assez
- 2:10Speaker 4: de croissance, ni à Bruxelles, ni en Royaume-Uni, pour atteindre 80%.
- 2:13Speaker 4: Et donc
- 2:14Speaker 3: comment est-ce qu'on doit remettre davantage de gens au travail?
- 2:16Speaker 3: Ce gouvernement fédéral a essayé, via la baisse des allocations
- 2:18Speaker 3: de chômage, etc., pour les chômeurs de longue durée. Comment
- 2:21Speaker 3: est-ce qu'on a plus de gens au travail? Comment on
- 2:23Speaker 3: atteint ce fameux taux de 80%
- 2:25Speaker 4: d'emploi? On ne met pas les gens au travail par
- 2:27Speaker 4: des mesures punitives. On met les gens au travail par
- 2:30Speaker 4: des mesures positives. Quand on exclut les personnes du chômage,
- 2:33Speaker 4: on a l'impression qu'on va les forcer à travailler. Le problème,
- 2:37Speaker 4: c'est que le chômage n'est pas un problème d'emploi. C'est
- 2:39Speaker 4: un problème de décrochage, généralement social, familial, même parfois alimentaire.
- 2:44Speaker 4: Il n'y a aucune mesure positive qui a été prise
- 2:46Speaker 4: pour favoriser les entreprises et les inciter à remettre au
- 2:49Speaker 4: travail des chômeurs de longue durée. C'est ça qu'on aurait
- 2:52Speaker 4: dû faire en même temps Que la fin du chômage
- 2:54Speaker 4: après deux
- 2:54Speaker 3: ans. Et alors les engagés veulent réduire les charges fiscales
- 2:57Speaker 3: et sociales sur le travail avant que ça crée des
- 3:00Speaker 3: emplois et des recettes. Comment est-ce qu'on finance cette baisse alors?
- 3:03Speaker 3: Puisque ça va coûter de l'argent fatalement. Je
- 3:04Speaker 4: pense qu'il n'y a pas beaucoup de solutions. On n'arrivera
- 3:06Speaker 4: pas à baisser certaines dépenses sociales ou d'investissement parce qu'organiquement
- 3:11Speaker 4: elles augmentent, mécaniquement. Et donc finalement, et je le dis
- 3:14Speaker 4: depuis deux ans, je sais qu'on m'a beaucoup moqué il
- 3:15Speaker 4: y a deux ans, mais j'aurais finalement raison, on va
- 3:17Speaker 4: devoir augmenter les impôts pour rétablir les finances publiques. Et
- 3:19Speaker 4: on voit très bien d'ailleurs que tant en Flandre qu'à
- 3:21Speaker 4: Bruxelles et en Wallonie, et au niveau de l'État fédéral,
- 3:23Speaker 4: on va devoir augmenter les impôts. D'ailleurs, ils ont augmenté
- 3:26Speaker 4: depuis deux ans de manière un peu rusée, de manière
- 3:28Speaker 4: un peu sournoise
- 3:29Speaker 3: Donc les impôts, quand vous dites fiscalité accrue, vous voulez
- 3:32Speaker 3: dire fiscalité sur le patrimoine aussi
- 3:34Speaker 4: puisque là on va y venir? En fait, on devrait
- 3:36Speaker 4: faire quelque chose d'assez important et d'ambitieux. C'est-à-dire qu'aujourd'hui, toute
- 3:39Speaker 4: la fiscalité repose sur le travail. Et aussi la sécurité sociale. Or,
- 3:42Speaker 4: on sait très bien qu'avec l'intelligence artificielle, avec le gisement
- 3:45Speaker 4: de travail qui baisse, il vaut mieux aujourd'hui être rentier,
- 3:48Speaker 4: être capitaliste que travailleur. Et donc, ce qu'on devrait faire,
- 3:51Speaker 4: c'est déplacer lentement, mais positivement, avec des incitatifs, bien sûr,
- 3:55Speaker 4: la fiscalité vers les revenus du capital. Et un jour,
- 3:58Speaker 4: on va devoir aussi prélever des cotisations sociales. sur les
- 4:01Speaker 4: revenus du capital, pour compenser le manque de cotisations sociales
- 4:05Speaker 4: sur le travail
- 4:05Speaker 3: Donc, vers un impôt sur le patrimoine, dites-vous Bruno Collement. Alors,
- 4:09Speaker 3: les allocations familiales, gros dossier. Hier, ici même, Étienne de
- 4:12Speaker 3: Calata et votre collègue économiste estimaient qu'il fallait envisager des
- 4:14Speaker 3: économies sur les allocations familiales en Wallonie. Vous êtes d'accord
- 4:17Speaker 3: avec lui
- 4:18Speaker 4: Écoutez, moi je suis un peu scandalisé par ce débat,
- 4:21Speaker 4: je trouve que c'est d'une violence sociale absolument totale. D'abord,
- 4:23Speaker 4: les gens qui parlent de les supprimer ou de les diminuer,
- 4:26Speaker 4: sont des personnes qui ou bien ont déjà éduqué leurs enfants,
- 4:28Speaker 4: ou bien n'ont pas eu d'allocation familiale pour les étudier
- 4:30Speaker 4: dans de bonnes conditions. Vous savez, on parle beaucoup des
- 4:33Speaker 4: familles monoparentales, moi il se fait qu'à l'âge de 9 ans,
- 4:35Speaker 4: j'ai commencé à vivre dans une famille monoparentale, avec une
- 4:38Speaker 4: mère qui était ensignante à une humanité et qui avait
- 4:39Speaker 4: 3 enfants, un père un peu défaillant. sans les allocations familiales,
- 4:43Speaker 4: on ne s'en serait pas sorti du tout. Donc vous
- 4:44Speaker 4: ne dites pas touche aux allocations
- 4:46Speaker 3: familiales? Absolument
- 4:46Speaker 4: Et en plus, ça veut dire que si on y touche,
- 4:48Speaker 4: et par exemple on les désindexe, on les enlève pour
- 4:51Speaker 4: le deuxième ou le troisième enfant, c'est que l'État commence
- 4:53Speaker 4: à jouer un rôle dans la composition des familles. C'est
- 4:55Speaker 4: absolument intolérable. Bruno Collomb, est-ce que
- 4:57Speaker 3: ça vous interpelle quand je demande le prix de produits
- 4:59Speaker 3: de la vie quotidienne à des présidents de partis, le
- 5:01Speaker 3: steak haché pour la coprésidente Écolo, ou les œufs pour
- 5:04Speaker 3: le président des engagés hier soir? Et ils donnent des
- 5:06Speaker 3: prix complètement loufoques. Est-ce que ça vous interpelle ou pas
- 5:08Speaker 3: du tout, vous
- 5:09Speaker 4: dites? Ça m'interpelle parce que moi, je fais mes courses moi-même. Donc,
- 5:12Speaker 4: je vais dans un grand magasin qui est à 500
- 5:14Speaker 4: mètres d'ici. Et ce que j'ai vu depuis maintenant 3-4 ans,
- 5:17Speaker 4: c'est que les prix ont quasiment doublé pour simplement des
- 5:20Speaker 4: produits de première nécessité. Alors, je ne dis pas qu'il
- 5:22Speaker 4: faut connaître
- 5:23Speaker 3: le prix des objets, évidemment.
- 5:25Speaker 4: Mais globalement, quand on passe à la caisse, on voit
- 5:27Speaker 4: que les 25 euros... Il y a 3-4 ans, ils
- 5:31Speaker 4: sont devenus maintenant 45 euros. Donc
- 5:32Speaker 3: il y aurait
- 5:32Speaker 4: une forme de déconnexion de
- 5:34Speaker 3: leur part? Je pense qu'il faut
- 5:35Speaker 4: garder un pied dans le réel. C'est-à-dire qu'on doit garder
- 5:38Speaker 4: un contact avec les personnes qui vivent à côté de nous.
- 5:41Speaker 4: Il faut parler aux facteurs, il faut parler à l'épicier,
- 5:43Speaker 4: il faut parler à toutes ces personnes qu'on ne voit pas.
- 5:45Speaker 4: Il faut être
- 5:45Speaker 3: connecté. Moi, j'ai
- 5:46Speaker 4: quelqu'un qui nettoie la rue devant chez moi. Quand je
- 5:48Speaker 4: le vois, je le salue, je discute avec lui. Ce
- 5:49Speaker 4: sont des personnes à qui il faut rester en contact.
- 5:51Speaker 3: Hier, votre collègue économiste de Calatay, encore une fois, jugeait
- 5:53Speaker 3: qu'une TVA à 22% serait une manière rapide de trouver
- 5:55Speaker 3: des recettes. Vous le suivez là-dessus? Écoutez
- 5:58Speaker 4: c'est un mauvais impôt, c'est un impôt antisocial, c'est un
- 6:00Speaker 4: impôt régressif et ce n'est pas un impôt qui est
- 6:02Speaker 4: adapté à des conditions d'inflation. Je pense qu'inévitablement, le gouvernement
- 6:08Speaker 4: va y penser parce que c'est un impôt qu'on peut
- 6:10Speaker 4: activer rapidement, mais on peut faire passer la TVA de
- 6:12Speaker 4: 21 à 22%. pour autant qu'on la réduise sur certains biens,
- 6:16Speaker 4: de manière telle qu'on puisse rééquilibrer...
- 6:18Speaker 3: Plutôt pour, mais de manière encadrée et contrôlée. Georges-Louis Boucher,
- 6:21Speaker 3: le président du MR, qui parle des syndicats et des
- 6:23Speaker 3: mutuelles comme des vampires de l'argent public
- 6:25Speaker 4: je le cite. Des vampires, d'abord, c'est l'État social qui
- 6:28Speaker 4: a été construit après la Seconde Guerre mondiale, puis n'oublions
- 6:30Speaker 4: quand même pas que les présidents de partis sont eux-mêmes
- 6:32Speaker 4: payés par des dotations publiques que tous les Belges payent. Donc,
- 6:35Speaker 4: il faut un peu se détendre dans ce débat et
- 6:36Speaker 4: ne pas ostraciser des personnes qui jouent un rôle, qui
- 6:39Speaker 4: sont le mur mitoyen de
- 6:40Speaker 3: la
- 6:40Speaker 4: sécurité sociale en Belgique.
- 6:42Speaker 3: Ce soir, je recevrai Raoul Hedebou dans son bureau. On
- 6:44Speaker 3: sera dans son bureau, le président du PTB. Quelle question
- 6:47Speaker 3: précise voudriez-vous que je
- 6:48Speaker 4: lui
- 6:48Speaker 3: pose
- 6:49Speaker 4: Écoutez, moi j'ai envie de lui poser la question de
- 6:50Speaker 4: savoir quelle promesse il serait prêt à abandonner pour diriger,
- 6:55Speaker 4: pour accéder aux responsabilités, en disant que la réponse ne
- 6:58Speaker 4: peut pas être aucune.
- 7:00Speaker 3: Une vraie concession de sa part alors? Une
- 7:02Speaker 4: vraie concession pour diriger au niveau régional ou un jour
- 7:05Speaker 4: peut-être au niveau fédéral. Je pense que les Belges ont
- 7:07Speaker 4: besoin de cette réponse. pour comprendre qu'il peut être un
- 7:10Speaker 4: jour peut-être plus qu'un simple parti d'opposition. Il en
- 7:12Speaker 2: parle
- 7:12Speaker 4: lui-même, mais dans le flou. Et donc, je pense que
- 7:14Speaker 4: cette réponse va intéresser beaucoup de personnes. On le posera,
- 7:16Speaker 4: ce sera dans le RTL Info, 19h, Benjamin.
- 7:17Speaker 2: Je retiens un uppercut habilement glissé. N'oubliez pas que les
- 7:21Speaker 2: présidents de partis sont payés par des dotations publiques. Sur
- 7:24Speaker 2: le taux d'emploi à 80%, impossible en Wallonie, et le
- 7:27Speaker 2: tacle à la réforme du chômage, on ne met pas
- 7:28Speaker 2: des gens trahis par des mesures punitives. Le débat sur
- 7:31Speaker 2: les allocations familiales vous a scandalisé. Attention à ce que
- 7:33Speaker 2: l'État ne joue pas avec la composition familiale à l'avenir.
- 7:37Speaker 2: Quelques éléments à retenir ce matin. Bruno Collement, je vous
- 7:40Speaker 2: fixe rendez-vous demain à 8h15 pour commenter l'actu économique de
- 7:43Speaker 2: la semaine. Ça marche? Faudra qu'on demande Martin un parking
- 7:45Speaker 2: absolument pour Bruno Collement. Comme il vient régulièrement, il y
- 7:48Speaker 2: a un badge d'accès. Merci Bruno d'être là et à
- 7:50Speaker 2: demain matin.