Latest / PAC ou pas CAP / Episode 3 – Pourquoi des zones non productives dans nos champs wallons ? [ARCHITECTURE VERTE]
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- 0:03Bonjour et bienvenue dans le podcast PAC ou pas CAP,
- 0:06un podcast réalisé pour vous,
- 0:08mais surtout avec vous,
- 0:09agricultrices et agriculteurs.
- 0:11Que vous soyez sur votre tracteur,
- 0:13dans votre étable,
- 0:14en voiture ou même dans les champs,
- 0:16tendez l'oreille pour découvrir des expériences,
- 0:19des partages d'idées et d'approches sur l'architecture verte de la PAC.
- 0:26Le contexte géopolitique instable et les changements climatiques nous rappellent constamment l'importance de re-réfléchir nos modes de production et l'importance de renforcer notre souveraineté alimentaire,
- 0:36du moins au niveau européen.
- 0:38Mais quelle définition donneriez-vous à la production agricole wallonne ?
- 0:42Quelle part de ce que produisent les agriculteurs sert vraiment à nourrir les citoyens ?
- 0:47Pensez-vous que les productions agricoles ne suffisent pas à nourrir la population ?
- 0:51Afin de déconstruire rapidement quelques mythes liés à nos productions,
- 0:55nous avons décidé d'aborder aujourd'hui la question souvent posée.
- 0:58Alors qu'on parle de faim dans le monde,
- 1:00pourquoi certains agriculteurs font le choix de laisser des parcelle non productives sur leurs fermes plutôt qu'y produire ?
- 1:07Nous avons donc posé la question à trois agricultrices et agriculteurs et nous allons ensemble essayer d'y voir plus clair,
- 1:13au moins au niveau wallon.
- 1:15Je m'appelle Louise Verhaege et je travaille à la ferme familiale,
- 1:18donc avec mes parents et ma sœur.
- 1:20Et nous avons des vaches laitières,
- 1:23on a aussi toutes les cultures et prairies pour principalement nourrir le bétail.
- 1:28On produit des céréales que ma sœur transforme et avec lesquelles elle fait de la farine et puis des pâtes.
- 1:35Et on a aussi fait un pédagogique parce qu'on s'ennuie de temps en temps.
- 1:42Ok,
- 1:43chouette.
- 1:43Et combien d'hectares ?
- 1:45200 hectares.
- 1:47Je suis aussi enseignante au CFA des Fagnes parce que je m'ennuie aussi en agronomie.
- 1:53Et combien de bêtes du coup ?
- 1:56On trait une bonne centaine de vaches.
- 1:59Et en Holstein ?
- 2:01Holstein et Jersey.
- 2:04Bonjour,
- 2:05je m'appelle Xavier Misonne,
- 2:08je viens de la région de Thuin,
- 2:10on occupe une exploitation agricole avec mon frère,
- 2:13une superficie de 180 hectares.
- 2:16Nous autres on a repris en 2002,
- 2:18mais c'était déjà la ferme de mes parents
- 2:20qui,
- 2:20eux,
- 2:20l'avaient repris de mon grand-père.
- 2:23Donc,
- 2:23c'est vraiment ce qu'on appelle une ferme familiale.
- 2:26Donc,
- 2:26on est en agriculture de conservation des sols,
- 2:28en TCS depuis plus de 30 ans.
- 2:3130 hectares sont consacrés à tout ce qui est parcelle aménagée,
- 2:36une vingtaine d'hectares sont en bio,
- 2:38pour le reste c'est majoritairement des cultures céréales.
- 2:43Benoît Istas,
- 2:44ici à Gerpine,
- 2:45nous sommes dans une agriculture de conservation sur une ferme familiale,
- 2:49je suis la troisième génération,
- 2:51mon grand-père et mes parents avaient des bêtes,
- 2:54moi j'ai arrêté en
- 2:562008 les bêtes pour être 100%
- 2:59céréalier.
- 3:00Louise Verhaege, Xavier Misonne et Benoit Istas
- 3:02sont donc tous les trois
- 3:03productrices et producteurs.
- 3:05Mais où partent vraiment leurs productions ?
- 3:07Mon lin est travaillé,
- 3:10donc il s'en va en Flandre.
- 3:13Les pommes de terre,
- 3:14c'est un grossiste qui les reprend.
- 3:18La sucrerie,
- 3:19elle se charge de reprendre mes betteraves,
- 3:21mes céréales,
- 3:22c'est bio-wanze.
- 3:23Tout ce qui concerne nos cultures issues de l'agriculture dite conventionnelle,
- 3:28elles ont un peu le même parcours.
- 3:29Par contre,
- 3:29en ce qui concerne le bio,
- 3:31comme justement le marché est un peu saturé,
- 3:35et donc on est parvenu à pas tout écouler de cette manière-là pour l'instant,
- 3:39mais une petite partie est directement fournie chez des éleveurs bio qui transforment nos céréales ou nos mélanges de céréales pour faire de l'alimentation pour leurs bétails.
- 3:50Et donc nos productions partent principalement pour nourrir le bétail,
- 3:54tout ce qui est prairies,
- 3:56maïs,
- 3:56betteraves foragères.
- 3:58Une partie des céréales servent à alimenter le bétail,
- 4:02donc elles nous le rendent en lait qui part au lait de chimay,
- 4:06au fromage de chimay,
- 4:07au lait de coferme.
- 4:09Et en fait,
- 4:11on récupère aussi,
- 4:13il ne faut pas oublier,
- 4:13la matière organique,
- 4:14le fumier,
- 4:15le lisier,
- 4:15qui reviennent dans nos champs,
- 4:17donc ça c'est un bon paiement.
- 4:19Ensuite,
- 4:20on a une partie des céréales qui partent aussi dans la filière Césares,
- 4:23donc on a vraiment choisi le circuit court.
- 4:25Que ce soit pour sans résidus de pesticides commercialisés dans la région de Thuin par là.
- 4:32Et on a notre propre production aussi de blé dur et blé tendre pour en faire à la maison avec notre moulin de la farine et de la semoule fine pour produire les pâtes une fois de plus à la maison et commercialiser un
- 4:49peu partout en Wallonie.
- 4:50Et on a vraiment choisi le côté circuit court,
- 4:54comme ça on peut choisir,
- 4:55on peut décider où partent nos productions et avoir un peu...
- 5:00plus la main mise sur les prix.
- 5:03Ces propos illustrent parfaitement les chiffres fournis par la FAO dans son baromètre des agricultures familiales de 2018.
- 5:09Seuls 43%
- 5:11de ce qui est produit à l'échelle mondiale profite directement à l'alimentation humaine.
- 5:15Par exemple,
- 5:16en Wallonie,
- 5:16moins de 10%
- 5:17de nos céréales servent directement à l'alimentation humaine,
- 5:20selon les derniers chiffres qui datent de 2017.
- 5:23Cela nous permet dès lors de mettre fin au mythe comme quoi il n'y aurait pas assez de nourriture pour nourrir tout le monde.
- 5:28De la quantité.
- 5:29Il y en a assez.
- 5:31L'enjeu est par contre de savoir ce que l'on mange,
- 5:33c'est-à-dire notre régime alimentaire,
- 5:35ainsi que de savoir ce que le marché fait réellement de nos productions.
- 5:39Et cela semble parfois s'opposer aux valeurs des agriculteurs,
- 5:42qui ont à cœur de nourrir leurs concitoyens.
- 5:45Mais ils subissent en réalité la loi du plus offrant ou les cahiers des charges des industriels.
- 5:49Dans le cas de la production d'énergie...
- 5:51On se rend aussi mieux compte que production agricole ne rime pas toujours avec alimentation.
- 5:56Ce qui met peut-être fin à une autre idée reçue qui voudrait que les productions wallonnes ne servent qu'à nourrir les citoyens.
- 6:02Mais qu'en pensent nos agricultrices et agriculteurs ?
- 6:04Alors tout à l'heure quand on parle de production,
- 6:06il faut faire un choix.
- 6:08Soit on produit des céréales pourbio-wanze
- 6:11soit on produit du maïs pour la biométhanisation,
- 6:16soit on produit des fleurs pour la biodiversité.
- 6:18Ce n'est pas moi qui fais que mes céréales partent à biowanze,
- 6:22c'est mon acheteur,
- 6:23que ce soit Brichard ou la Scam.
- 6:24On aurait plutôt intérêt à produire de la qualité en moins grande quantité,
- 6:29on serait gagnant.
- 6:30Malheureusement,
- 6:31notre projet en bio,
- 6:32il a un peu freiné,
- 6:34ralenti par le côté économique actuel.
- 6:37Et donc on a freiné parce qu'on ne sait plus les commercialiser ou alors à perte.
- 6:42Donc on est vraiment en train de se poser la question.
- 6:45Sur le fait d'arrêter le bio,
- 6:47et si je pouvais produire certes moins en bio,
- 6:50mais arriver à valoriser les produits,
- 6:53on le ferait.
- 6:54Malheureusement,
- 6:55on est en train sérieusement de se poser la question aujourd'hui.
- 6:59Je vends mes céréales bio presque moins cher aujourd'hui qu'il y a 15 ans quand j'étais en reconversion.
- 7:05Comment voulez-vous qu'on continue à vivre de notre production ?
- 7:08de cette manière-là.
- 7:09Mes parents,
- 7:10ils vendaient les blés à 8 francs belges.
- 7:13Donc,
- 7:13c'était 200 euros il y a
- 7:1535 ans.
- 7:16Et nous,
- 7:17on les vend aujourd'hui moins cher.
- 7:18Regardez,
- 7:19la vie coûte plus cher.
- 7:21Vous achetez un pain aujourd'hui et regardez
- 7:23vous regardez le prix du pain il y a 35 ans.
- 7:27C'est impossible de continuer à travailler.
- 7:28Il n'y a aucune entreprise,
- 7:29il n'y a aucun terrain économique où le prix a diminué il y a 35 ans.
- 7:37Nous,
- 7:37c'est ce qui est en train de se passer.
- 7:39Ce qui me pose problème,
- 7:40c'est plutôt la considération que le politique porte justement dans nos produits.
- 7:49Il n'est pas raisonnable aujourd'hui d'avoir des céréales qui
- 7:53soit payé moins cher que dans les années 80.
- 7:57Donc moi aujourd'hui,
- 7:57si c'est pour produire quelque chose à bas prix,
- 8:02pollué,
- 8:03je préfère mettre des fleurs comme les petits oiseaux.
- 8:06Ça c'est la première chose.
- 8:07La deuxième,
- 8:08c'est évidemment les poids spécifiques.
- 8:12Les protéines sont des normes qui aussi dépendent du climat.
- 8:15Et quand vous avez un froment comme l'année passée,
- 8:18ou vous avez des poids spécifiques qui sont en dessous de 70,
- 8:23les moulins nous disent non,
- 8:25avec ça on ne sait pas faire du pain.
- 8:28je me permets de quand même me poser la question,
- 8:30il y a toujours du pain qui a été fourni,
- 8:31donc est-ce qu'il n'arrive quand même pas à faire du panifiable avec nos farines qui ne le sont pas ?
- 8:37Ça c'est une question que je me pose,
- 8:39mais parfois d'une année à l'autre,
- 8:41on accepte des protéines à 10,5,
- 8:43puis on dira non,
- 8:44il faut 11,
- 8:44et puis l'année suivante on nous dira non,
- 8:46il faut 12.
- 8:46Donc là,
- 8:47c'est un gros souci,
- 8:48et donc c'est vrai que prendre le risque de se mettre une céréale spécifique panifiable pour après de toute façon être déclassée et être payée au prix du conventionnel,
- 8:57On fait un peu la facilité et peut-être changer le système pour valoriser un peu plus les céréales panifiables par rapport à des céréales pour les poulets ou pour bio-wanze.
- 9:07Quelles que soient les spéculations aujourd'hui,
- 9:10il n'y en a plus une qui est bien valorisée.
- 9:12Le lait est trop bon marché,
- 9:13les viandes sont trop bon marché,
- 9:15les céréales sont trop bon marché.
- 9:16Tous les produits qui sont produits chez nous,
- 9:19prenez le cas d'un éleveur,
- 9:22comptez les heures qui passent,
- 9:24nourrir ses vaches.
- 9:25les faire vêler,
- 9:26soignez ses veaux.
- 9:28Le lait n'est jamais cher assez.
- 9:29Mais effectivement,
- 9:31on pourrait dire,
- 9:33plus ou moins pour tout,
- 9:34on n'est jamais assez payé,
- 9:35vu le nombre d'heures qu'on passe,
- 9:37vu l'inconfort de faire des journées sans arrêt.
- 9:42Après,
- 9:42quand on voit la biodiversité,
- 9:45quand on voit les vaches bien tranquilles dans leurs prés,
- 9:48quand on entend les oiseaux tous les matins,
- 9:50ou dans la salle de traite,
- 9:50on a une population d'oiseaux,
- 9:52c'est incroyable.
- 9:54Quand on voit ça,
- 9:54c'est une manière d'être payé,
- 9:57mais il faut l'accepter.
- 9:58On en avait un peu marre de voir que tout partait chez le négoce et puis point d'interrogation,
- 10:03on n'avait pas de retour client,
- 10:05est-ce qu'on fait du bon boulot ?
- 10:06Et ici on a nos clients des pâtes qui ont vraiment un retour très positif.
- 10:14Vous l'entendez,
- 10:15il n'est pas toujours simple pour les agriculteurs de vendre à un prix juste,
- 10:18ce qui les empêche parfois de produire comme ils le souhaiteraient.
- 10:22Chacun s'adapte et trouve des solutions pour valoriser au mieux ses productions.
- 10:26Mais vu que les prix ne sont pas rémunérateurs,
- 10:28pourquoi faire ce choix de laisser des zones non productives ?
- 10:31Un avantage également lié aux mesures environnementales,
- 10:36c'est que tous ces parcelle sont des hectares rentables sans avoir recours à l'utilisation des produits chimiques.
- 10:44Donc que ce soit pour l'homme comme pour la nature,
- 10:47pouvoir se préserver,
- 10:48je pense que c'est la meilleure chose.
- 10:49Pour celui qui peut se le permettre,
- 10:51parce que,
- 10:51encore une fois,
- 10:52toutes les exploitations sont différentes.
- 10:54Et pour celui qui peut se le permettre,
- 10:59avoir la chance de pouvoir rentrer dans les mesures agro-environnementales,
- 11:06c'est s'assurer un revenu,
- 11:10comme je le disais tout à l'heure,
- 11:12sans s'exposer à des variations de prix très importantes sur une même saison.
- 11:20C'est éviter de s'exposer à l'utilisation de produits chimiques qu'on n'a pas besoin.
- 11:27C'est se préserver de vouloir investir dans un matériel trop lourd.
- 11:32Je ne serais pas aussi caricatural.
- 11:34Je dirais peut-être que sans faire attention à la biodiversité.
- 11:39On risque d'avoir un retour de flamme assez rapidement,
- 11:42dans le sens où s'il n'y a plus de zones pour accueillir les insectes qui vont permettre la pollinisation de nos céréales,
- 11:48s'il n'y a plus de pollinisation,
- 11:49il n'y aura plus de production.
- 11:51Et donc les rendements vont s'effondrer.
- 11:53Et donc peut-être est-ce qu'il vaut mieux privilégier un équilibre avec une production de meilleure qualité,
- 12:00moins grande.
- 12:02Et en maintenant cette biodiversité pour recréer l'équilibre,
- 12:07que ce soit en pollisation,
- 12:08que ce soit,
- 12:09on parlait tantôt de symbiose,
- 12:11de mutualisme.
- 12:11Si je peux compléter,
- 12:13quand il parle de symbiose,
- 12:15si je prends le cas avec mes bandes aménagées,
- 12:19aujourd'hui j'ai deux apiculteurs qui évoluent sur la ferme,
- 12:24donc je pense que ça aussi c'est...
- 12:27Une belle association,
- 12:28agriculteurs,
- 12:28agriculteurs.
- 12:30La première chose qui me vient à l'idée,
- 12:31c'est le regard des gens.
- 12:33C'est beaucoup plus agréable pour les voisins d'avoir des champs fleuris que d'avoir des tas de boue,
- 12:41de fumier,
- 12:42qu'on n'explique pas aux gens.
- 12:43Pour nous,
- 12:44le côté non productif,
- 12:46en fait,
- 12:46comme on s'arrange pour que les parcelle,
- 12:50les bancs de faune,
- 12:51etc.,
- 12:51soient dans...
- 12:51Enfin,
- 12:52il se trouve qu'elles sont dans des zones les moins productives :
- 12:55en bord de séries d'arbres qui font beaucoup d'ombre,
- 13:00ou alors près des maisons des fois,
- 13:02pour éviter un éventuel conflit.
- 13:05Finalement,
- 13:06ce ne sont quand même pas des endroits où on saurait produire énormément.
- 13:10En plus,
- 13:10on n'a pas les plus belles terres,
- 13:11on a beaucoup de cailloux,
- 13:13il y a des endroits où finalement c'est tout aussi avantageux.
- 13:16Et l'avantage d'avoir des insectes auxiliaires,
- 13:19diminuer l'utilisation des insecticides,
- 13:24C'est...
- 13:25Non,
- 13:25il n'y a que du positif et de toute manière on ne saurait quand même pas produire plus que ça sur cet terrain-là.
- 13:30Comme vous venez de l'entendre,
- 13:31l'agriculture est bien plus qu'une activité de production de denrées,
- 13:34et ce depuis la nuit des temps.
- 13:36Elle est multifonctionnelle,
- 13:37façonne nos paysages et rend de nombreux services à tous.
- 13:40Et surtout,
- 13:42elle prend soin.
- 13:43Petit rappel en vrac,
- 13:44des services rendus selon Benoît Istas,
- 13:47Xavier Misonne et Louise Verhaege.
- 13:49Entre autres,
- 13:49elle permet ce qu'on appelle la pollinisation.
- 13:51Ça permet de lutter contre tout ce qui est érosion,
- 13:54ruissellement.
- 13:56L'élément principal,
- 13:57évidemment,
- 13:58c'est qu'elle participe à la photosynthèse.
- 14:00Ça favorise des équilibres.
- 14:03Ça permet,
- 14:04on le voit bien à la ferme,
- 14:06de diminuer tout ce qui est ravageurs et maladies.
- 14:10Ça crée quand même pas mal de corridors migratoires.
- 14:15On a de la chance chez nous d'accueillir des busards de roseaux.
- 14:19On a des espèces qui sont protégées,
- 14:21menacées,
- 14:21elles ont fini par s'installer.
- 14:24La biodiversité,
- 14:25on peut la voir également au niveau,
- 14:29si on prend la partie culture,
- 14:32conserver toutes nos mycorhizes,
- 14:34toutes nos parties champignons,
- 14:37faire attention à préserver nos abeilles,
- 14:40faire attention à préserver nos vers de terre.
- 14:46Deux petites bébêtes nous aideront dans une agriculture durable.
- 14:49On a remarqué qu'en fait,
- 14:51on suppose,
- 14:52notre théorie,
- 14:53c'est que tous les oiseaux présents dans l'exploitation ont diminué la population des insectes qui ont transmis...
- 14:58La langue bleue,
- 14:59et on a eu très très peu d'impact sur notre bétail cette année sur la langue bleue.
- 15:03Donc on se dit,
- 15:04peut-être que,
- 15:06voilà,
- 15:06en fait,
- 15:07ça marche très bien.
- 15:08La première chose,
- 15:09c'est de voir que mes sols se portent mieux.
- 15:11On peut diminuer parce que je trouve qu'avec les bandes en bordure de parcelle,
- 15:18on a l'effet de...
- 15:21des insectes qui nous soulagent.
- 15:26Chez nous,
- 15:26on a la vitesse de travail aussi.
- 15:28On déchaume à du 20 à l'heure parce que les vers de terre font déjà le pré-travail d'ameublissement du sol.
- 15:36On évite tout ce qui est ruissellement.
- 15:41Le sol absorbe beaucoup mieux l'eau et retient aussi mieux l'eau.
- 15:43Quand le champ du voisin est sec,
- 15:45le nôtre bénéficie encore d'une semaine ou deux en plus d'humidité.
- 15:50Plein d'avantages partout en fait.
- 15:52On parlait tantôt de biodiversité,
- 15:53et un des rôles que la biodiversité rend et on oublie souvent,
- 15:57c'est justement une zone,
- 15:59un paysage apaisant,
- 16:01dans lequel on a le plaisir à se promener.
- 16:04Et donc on parlait tantôt des gens qui acceptent ce qu'on fait,
- 16:07ben oui,
- 16:07parce que quand ils reviennent le soir ou le week-end,
- 16:10c'est quand même plus agréable pour eux de se promener dans une campagne qui est diversifiée,
- 16:14dans une campagne qui est monoculture,
- 16:1550 hectares de pommes de terre d'un seul tenant.
- 16:18Ou bien,
- 16:18une diversité avec différents types de cultures qui alternent,
- 16:22c'est clair que ce côté-là,
- 16:25oui,
- 16:25il ne nous rapporte pas en monnaie sonante et trébuchante,
- 16:28mais il nous rapporte en bien-être,
- 16:32ça nous permet de nous apaiser,
- 16:33c'est un moment de calme,
- 16:34de sérénité,
- 16:36et donc voilà,
- 16:36ça,
- 16:36ce côté-là,
- 16:37en tout cas,
- 16:38moi j'y suis particulièrement attentif et ça me fait du bien aussi.
- 16:42Pas mal ces avantages,
- 16:43mais quels sont les inconvénients ?
- 16:45Maintenant,
- 16:45il ne faut pas oublier non plus une chose,
- 16:47il y a quand même...
- 16:49Un revers à ça,
- 16:51nous on a quand même plus de 30 hectares en parcelle parcelles aménagées et malgré tout il y a une dissémination des graines des adventices qu'on retrouve dans les bandes des parcelles aménagées et donc il faut quand même être correct aussi par rapport à ça et
- 17:06dire que ça ressalit.
- 17:08Les terres avoisinantes,
- 17:09et donc il faut quand même en tenir compte dans notre cahier de charge des cultures qui sont à côté.
- 17:18Alors on essaie évidemment de le contrôler au maximum par des fauchage dans les parcelles aménagées.
- 17:24Et nous comme on est en bio aussi sur une partie de la ferme,
- 17:26c'est vrai qu'on...
- 17:28On essaie aussi d'appliquer ces techniques-là,
- 17:31et en bio,
- 17:31et sur les parcelles aménagées.
- 17:33Il ne faut pas partir dans les mesures environnementales par facilité,
- 17:38ou juste pour l'attrait pécunier.
- 17:41Il faut avoir une autre motivation derrière.
- 17:44Personnellement,
- 17:44je suis chasseur à mes heures perdues,
- 17:49et c'est les bandes aménagées qui ont permis que j'ai une belle chasse aujourd'hui chez moi.
- 17:58Moi,
- 17:58il y avait une contrainte que j'avais relevée qui me paraît quand même...
- 18:03qui pourrait poser problème à certains agriculteurs de se lancer dans le projet,
- 18:07c'est qu'en fait,
- 18:07on est payé presque 15 mois après.
- 18:11Et donc,
- 18:12je trouve que ça,
- 18:12c'est quand même pas très sympa,
- 18:14quoi.
- 18:14Et alors,
- 18:15puisqu'on parle de ce côté-là aussi,
- 18:18c'est très compliqué de repérer sur les extraits de banque.
- 18:25Les montants qu'on reçoit,
- 18:27à quelle mesure ça correspond ?
- 18:33On reçoit en plusieurs fois,
- 18:34il y a des accomptes qui sont faits,
- 18:36et donc ça demande quand même,
- 18:38parce qu'on parlait de contraintes tout à l'heure,
- 18:40une petite gestion administrative,
- 18:43un petit cahier,
- 18:44alors j'ai reçu ça,
- 18:45telle mesure,
- 18:46c'est quand même complexe de vérifier que les montants qu'on reçoit correspondent bien à ce qu'on a engagé.
- 18:53Et alors parfois quand il manque des paiements,
- 18:58c'est pas toujours facile de faire valoir ce montant-là et faire remonter ça à l'administration.
- 19:05Pour preuve,
- 19:05on a introduit des recours en mars 2024 et j'ai toujours pas eu de réponse.
- 19:09Donc ce côté-là,
- 19:10il est vraiment pesant.
- 19:11Encore une fois,
- 19:12il ne faut pas choisir les mesures environnementales pour une simplicité et toucher de l'argent facilement.
- 19:19Non,
- 19:19ce n'est pas vrai parce que c'est évident qu'on...
- 19:21On ne travaille plus beaucoup en campagne,
- 19:24mais au niveau du bureau,
- 19:26on y passe encore un peu de temps quand même.
- 19:29Rien n'est donc tout blanc ou tout noir.
- 19:31Chacun doit poser ses choix en fonction de ses réalités et de ses priorités.
- 19:35Cela dit,
- 19:36les témoignages de Louise,
- 19:37Xavier et Benoît nous aident à réfléchir sur les fonctions de l'agriculture et de la production agricole.
- 19:42Cette notion est donc à revoir à la lumière des enjeux d'aujourd'hui,
- 19:46où la sauvegarde de toutes les espèces est essentielle.
- 19:48Et donc,
- 19:49prendre soin de nos sols,
- 19:50de nos paysages et du vivant d'une manière générale,
- 19:53en dédiant des zones à la biodiversité,
- 19:55est peut-être tout simplement une approche plus globale pour envisager la production.
- 20:00Alors,
- 20:01est-ce que ce n'est pas magnifique de prendre soin de la vie ?
- 20:03PAC ou pas CAP,
- 20:04c'est le podcast pour vous et avec vous,
- 20:07agricultrices et agriculteurs,
- 20:08qui ramène directement à vos oreilles les pratiques de vos pères pour y voir encore plus clair.
- 20:13Parce que pour demain,
- 20:15tout est possible.
- 20:16Pour plus de contenu,
- 20:17et de témoignages sur l'architecture verte de la PAC.
- 20:20N'hésitez pas à vous abonner sur votre plateforme d'écoute préférée.
- 20:23Ce podcast est produit par le réseau Wallon PAC et financé par la Région wallonne et l'Union européenne.