Latest / Les invités de Radio des Ballons / Parc de Wesserling, ouverture du grand circuit écomuséal vivant
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- François Tacquart, président de l'association de gestion du parc textile de Vaisserelin, à l'occasion de l'ouverture du grand circuit écomuséal vivant. En fait, c'est de raconter à nos visiteurs la formidable aventure textile, mais de façon vivante, à travers sept étapes où des acteurs jouent du théâtre et où les bâtiments sont remis dans l'état où ils étaient à une période donnée. On partira de 1760, puis en 1850, puis en 1900, puis en 1930, puis en 1960, puis en 1990, et puis à la fin en 2000. Mais chaque fois dans un bâtiment différent qui colle avec l'époque qu'on raconte et dans laquelle il s'est passé des vraies histoires qu'on raconte à cet endroit-là. C'est un concept anglais qu'on copie, on est les premiers en France à faire ça, c'est de dire qu'on doit immerger le visiteur dans l'histoire du lieu. Et pour l'immerger, il faut qu'il y ait le son, les odeurs, le bruit, l'ambiance, mais aussi des gens qui sont dans les costumes d'époque, qui jouent le jeu de l'époque et qui font que le visiteur découvre une époque parce qu'il est dedans, y compris des jeux qui ne sont pas toujours drôles, y compris des jeux dangereux, quand on monte sur les passerelles, ce n'est pas vraiment dangereux, mais on essaie de dire que tout n'était pas facile, etc. pour que les gens s'immergent dans une ambiance. Et chez nous, il y a sept ambiances différentes sur un parcours d'environ 1,5 km. Donc c'est une vraie aventure, mais c'est aussi un vrai loisir parce qu'à chaque ambiance, on s'est débrouillé pour que ça soit un peu drôle, que les enfants s'y retrouvent et que les adultes se cultivent. Chaque espace est reconstitué tel qu'à l'époque, et chaque espace, on peut le toucher, le sentir. C'est-à-dire que nous, ce n'est pas un musée sous vitrine. Tout peut être touché, senti. Deux, on costume nos animateurs pour qu'ils soient vraiment dans cette ambiance. Trois, quand il n'y a pas d'animateurs, parce qu'il n'y a pas d'animateurs partout, parce que c'est quand même énorme le site, on utilise d'autres médias, on a mis des sculptures, on a des hologrammes, on a des sons, des sons et lumières. On a cette petite salle de cinéma pour se poser dans des bons fauteuils et se reposer un peu et faire la synthèse qu'on a vue. Et puis, dans le parcours, il y a plein d'endroits simplement de repos, dans les jardins, dans les beaux jardins. Des espaces où on peut rencontrer des poules, des lapins, des canards, des vaches, etc. En fait, plein d'espaces où on n'est pas obligé de faire, mais simplement de contempler, de profiter. Puisqu'on a, non seulement le circuit écomuséal, qui est en place à partir du 1er mai de cette année, mais également les beaux jardins, qui ont leur festival à partir du 1er juin, et qui sont beaux toute l'année, si vous voulez. Cette année, s'ajoutent les 6 hectares de la ferme, on n'en a pas parlé avant. 6 hectares à la ferme avec un super beau parc que personne ne connaît. Voilà, qui était à gauche en entrant. Alors, il n'est pas encore beaucoup aménagé, mais on peut s'y promener, c'est là qu'il y aura les vaches et les ânes. Mais à terme aussi, dans ce parc rural, qui est le 5ème Grand Jardin de Vaissellant, on fera aussi des animations particulières. Alors, Vaissellant, c'était un grand site de l'impression textile. Au départ, ça s'appelait l'Indiennage, parce qu'on copiait des méthodes des Indes, où on imprimait des tissus de coton avec des tampons colorés, si vous voulez. Et donc, il a connu une grande évolution, comme toute la région musulmane. Mais Vaissellant, c'était la plus grande usine d'ur, avec 5000 emplois en 1850, je ne sais pas si vous voyez. Il démarre très rapidement, très vite. Au bout de 10 ans, ils sont à 700 emplois, au château, principalement au château, et dans des ateliers dans les villages. Et donc, c'est une usine qui va avoir une grande notoriété mondiale. Avec Mulhouse, toujours avec Mulhouse, parce que c'est le cluster mulhousien. Et qui va tout doucement décliner pour fermer en 2003, après que le groupe Boussac se soit cassé la figure en 86 et a vendu à Bernard Arnault. Le dernier propriétaire, c'est Bernard Arnault. Avant la dégringolade, on va dire ça comme ça, quoi. Donc on veut devenir un grand site touristique. Déjà aujourd'hui, le musée n'attire que 20.000 personnes, jusqu'à aujourd'hui. C'est des jardins qui font pratiquement 60.000 sur les 80.000 qu'on a. L'idée, c'est que l'écomusée doit devenir l'un des plus grands de France. Aujourd'hui, le seul musée industriel qui dépasse les 70.000, c'est le musée de la mine Leward, dans le Nord, un département du Nord. Tous les autres musées industriels, c'est 5.000, 10.000, 15.000 au mieux, 30.000, parfois même pas 30.000, plutôt 20.000 si vous voulez. Parce que le concept est trop statique. Nous, on copie les modèles anglais où les écomusées industrielles peuvent aller jusqu'à 300.000 visiteurs. Parce qu'ils sont vivants, parce qu'ils racontent aussi une histoire de cœur. Pas seulement une histoire technique, et pas seulement une histoire... intellectuelle, si vous voulez. Donc c'est un concept très... très scientifique, ce qu'on fait. Tout est scientifique, tout est juste ! Mais on engage plus la personne dans la découverte des choses, de la famille, etc. Les personnes âgées aussi, qui veulent venir rencontrer ces gens-ci tranquillement, parce qu'on a un très beau site. On a trois... trois forces à Bessarlins. Maintenant, le circuit écomusal, c'est le numéro 1. Les Beaux-Jardins avec le Festival Jardin Métissé, c'est le numéro 2. Et 3... plein d'ambiances, de tranquillité, de jeux, d'animations... sympas. En fait, on est un vrai parc de loisirs patrimonial. C'est une grosse étape que ce grand parcours a depuis la création ? 25 ans de travail pour arriver à ça. Pour moi, c'est une très très grosse étape. Et donc, si on arrive à monter à... l'objectif est de 130.000 visiteurs, mais je pense qu'on peut peut-être aller plus loin. On aurait un équilibre économique qui nous permettra, nous, les créateurs, de s'en aller. Parce qu'il faut assurer la suite des événements. Mais comme à Bessarlins, on ne s'arrête jamais, il y a encore des projets, c'est pas terminé. Il y en a beaucoup, mais à tout le bas de l'usine, il y a encore 10.000 m² en friche. Et donc là, il y a une bagarre sur deux projets, mais je ne suis bien pas... Et puis nous, au niveau de l'écomusée, on va encore faire au moins une ou deux salles de machines 20e siècle, qui nous manquent un peu dans la visite, pour que nos visiteurs aient toutes les ambiances industrielles qu'on a connues à Bessarlins, avec les grosses machines bruyantes, parce que... dès que les machines sont arrivées, le bruit est arrivé avec les machines, hein. Et c'était quand même assez épouvantable, on ne se rend pas compte. Moi j'ai vécu ça dans ma jeunesse, parce que ça a fermé en 2003, hein. On a le film, avec le bruit, hein. Mais il faut que nos visiteurs comprennent que l'industrie, c'est du bruit, c'est de la pollution. Alors on veut l'indu... Alors aujourd'hui, il y a des moins... Comme elle est très... automatisée, bien sûr, on a moins de problèmes, mais quand même... C'était ça, notre vie, y compris de la pollution. Ici, il y avait une pollution de la chaufferie à un kilomètre à la ronde, hein. Grosse pollution, pas petite, hein. Donc, tout ça doit être connu, compris, hein. De cette vie de nos parents et grands-parents, c'est pas vieux, hein, tout ça, puisque 2003, c'est pas... c'est 20 ans, hein. Et donc pour nous, c'est important que cette imprégnation existe, et qu'on aime notre industrie. Parce qu'en France, on dit « on veut de l'industrie, mais on veut rien ! » Pas de bruit, pas de pollution, pas de... pas de gosses, hein. Je veux dire, à un moment donné, la vie, c'est le bruit, c'est la pollution, c'est tout ça, hein. On dit aussi ça. La vie, nous, quand on vit, on crée de la pollution, bien sûr, hein. Nos déjections, hein, nous. Nos... nos déchets, tout ça, hein. La vie, c'est la pollution, donc la question, c'est pas la pollution, c'est le traitement cohérent de tout ça. Euh, le développement durable, ou... l'intelligence écologique, c'est... c'est de faire tout ça. Alors juste une remarque ici... Euh, on aurait démoli, on aurait mis des sommes énormes pour démolir, hein, 14 millions d'euros. Puis il fallait traiter ce qu'on avait démoli ailleurs ! Puis il fallait reconstruire derrière. Là, on a un gaz énorme. Euh, de... Euh... Le bilan carbone est absolument génial chez nous. Même si c'est mal isolé, tout n'est pas bien isolé, là par exemple, ce bâtiment, comme il ne fonctionne pas en hiver, on n'a pas beaucoup isolé, vous voyez. On est intelligents aussi, on n'isole pas pour isoler ! On utilise les bâtiments dans une logique donnée, hein. Tout cette zone n'est pas chauffée l'hiver, hein. Exprès. Donc elle est pas très bien isolée. Un petit peu ici, mais pas beaucoup, hein. — C'est comme ça que nous allons conclure, hein, c'est... Aves-Serlin, on est intelligents. — Voilà. Aves-Serlin, on fait travailler le crâne et le cœur, le bénévolat, hein. Mais, on est pas bêtes, on trouve de l'argent. Et puis on a beaucoup de salariés.