Latest / À propos / Invasion russe en Ukraine : le Verdun de notre époque ? - « À propos », le podcast du Soir
Transcript
- 0:00Cet épisode d'À propos
- 0:01est diffusé avec le soutien de Ferbel qui
- 0:03met les produits équitables au cœur de l'actualité.
- 0:09Le soir,
- 0:10repensons notre quotidien.
- 0:15Bonjour, vous écoutez À propos le podcast d'actualité du journal Le Soir.
- 0:19Tous les jours,
- 0:20c'est l'expertise de notre rédaction dans vos oreilles.
- 0:30Des chars russes qui traversent la frontière ukrainienne,
- 0:32l'image avait sidéré toute l'Europe.
- 0:34C'était il y a 4 ans,
- 0:36le 24 février 2022.
- 0:38Depuis, la ligne de
- 0:39front a un peu bougé,
- 0:40mais pas tant que ça.
- 0:41Des négociations de
- 0:42paix ont débuté,
- 0:43sans grande issue.
- 0:44On fait le point dans
- 0:46un instant
- 0:46et je m'appelle Pierre Fagnard.
- 0:48À propos,
- 0:49voici l'actualité comme vous l'entendez.
- 0:544 ans depuis l'offensive russe en Ukraine,
- 0:564 ans depuis ce 24
- 0:58février 2022,
- 0:59quand le fracas des bombes a réveillé un
- 1:01continent qui pensait que la guerre d'invasion appartenait
- 1:04au passé.
- 1:05Depuis, des villes détruites,
- 1:06des millions de vies bouleversées,
- 1:08des équilibres géopolitiques redessinés
- 1:11et une guerre qui s'est installée dans la durée.
- 1:13Le conflit russo-ukrainien est au cœur du podcast du jour,
- 1:16avec différentes questions.
- 1:17Où en sont les négociations de paix ?
- 1:19Où en est la ligne de front ?
- 1:21Le champ de bataille
- 1:22ukrainien est-il le Verdun du XXIe siècle ?
- 1:24On va poser toutes ces questions à Philippe Renier,
- 1:27journaliste Au pôle international,
- 1:29Bonjour Philippe,
- 1:30bonjour Pierre.
- 1:31Ce mardi,
- 1:31on célèbre donc les 4 ans de l'invasion russe en Ukraine.
- 1:34Est Ce qu'on peut commencer avec un petit point factuel
- 1:37sur cette dernière année ?
- 1:37On a vu notamment des tentatives de pourparlers autour de la fin de la guerre,
- 1:41autour d'un cessez le feu.
- 1:42On en est où ?
- 1:43C'est des discussions qui avancent ou
- 1:45c'est de la poudre aux yeux ?
- 1:46Ce sont des discussions qui tournent en rond,
- 1:48on va dire.
- 1:49Célébrer, évidemment,
- 1:50c'est un mot un peu
- 1:51positif par une
- 1:53guerre qui dure depuis
- 1:54aussi longtemps que
- 1:56la 2e Guerre mondiale.
- 1:58Et puis,
- 1:59il faut rappeler aussi que
- 2:00la guerre a même commencé
- 2:02avant le 24 février 2022,
- 2:04puisque les forces russes étaient déjà
- 2:07implantées dans l'est de l'Ukraine.
- 2:08Alors effectivement,
- 2:10des tentatives de discussions ont lieu sous
- 2:13l'égide des États-Unis.
- 2:15On se rappellera que le président
- 2:17Trump avait fait campagne en disant que lui,
- 2:20en 24h00,
- 2:20il mettrait un terme à
- 2:21cette guerre.
- 2:22On est un peu plus de
- 2:2324h00 plus tard et il y a toujours la guerre
- 2:25exactement. Néanmoins,
- 2:27effectivement, il y a quelques.
- 2:28Discussions qui sont en cours ces derniers temps.
- 2:30Elles se
- 2:31déroulent sous un format
- 2:32trilatéral, c'est à dire
- 2:34sous l'égide des États-Unis.
- 2:35On rassemble une délégation russe et une délégation
- 2:38ukrainienne. Aux toutes dernières négociations qui se sont déroulées récemment à Genève,
- 2:44des conseillers à la sécurité
- 2:45de quelques
- 2:46pays de l'Union européenne étaient également
- 2:49dans les coulisses,
- 2:49donc se rapprochant un peu de la discussion,
- 2:51mais n'y prenant pas part,
- 2:53ne sont pas vraiment autour de
- 2:54autour de la table.
- 2:55Alors je disais qu'elle tourne en rond parce que
- 2:57clairement. Les délégations
- 3:01russes et ukrainiennes ne sont évidemment pas du tout sur la même longueur d'onde.
- 3:05Avant le dernier rang de pourparlers,
- 3:08Zelensky, le président
- 3:09ukrainien, tentait de dire que bon,
- 3:10si on arrivait à avoir au moins
- 3:12une petite avancée sur le front humanitaire.
- 3:15Et en général,
- 3:15quand il dit ça,
- 3:16il désigne
- 3:17les échanges de
- 3:19prisonniers de guerre,
- 3:20voire même de
- 3:20cadavres. Manifestement,
- 3:22de l'autre côté,
- 3:23la délégation russe n'a
- 3:25jamais abandonné ses prétentions maximalistes.
- 3:28Qui ont,
- 3:29de leur côté et de leur point de vue,
- 3:31justifié le
- 3:32l'invasion totale de la.
- 3:34Enfin, la tentative d'invasion totale,
- 3:36en tout cas
- 3:37de l'Ukraine en février 2022,
- 3:40à savoir
- 3:41en fait la submission totale
- 3:43de l'Ukraine
- 3:44et le retour de l'Ukraine qui a des aspirations
- 3:47démocratiques. et
- 3:49de. S'ancrer dans le
- 3:51dans l'Europe,
- 3:52dans l'Union européenne,
- 3:54et bien donc
- 3:55de la ramener dans le giron de Moscou.
- 4:00Et donc,
- 4:00on a vu d'ailleurs,
- 4:02après le
- 4:03les pourparlers,
- 4:04que Zelenki s'est même un peu excité sur
- 4:07le réseau social X
- 4:08en postant un commentaire en disant qu'il en avait
- 4:10marre de ces conneries de leçons d'histoire que
- 4:13lui assène le patron,
- 4:15le chef de la délégation russe
- 4:18dans ce
- 4:18dans ces derniers pourparlers.
- 4:20Qui était
- 4:20effectivement un un historien et qui
- 4:22ne n'est nourri que par
- 4:25le désir de retrouver la grandeur impériale
- 4:28de l'Union soviétique,
- 4:29voire de la Russie tsariste
- 4:32auparavant. Ça vaut pour les négociations qui tournent en rond.
- 4:35Comme vous le disiez,
- 4:35sur le front,
- 4:36c'est figé ou
- 4:37les 2 armées continuent à se
- 4:39livrer bataille.
- 4:40Alors, les 2 armées continuent à se livrer bataille
- 4:42et l'armée russe continue à livrer bataille contre
- 4:45la population civile
- 4:47et les villes
- 4:48de d'Ukraine.
- 4:49Villes et villages d'ailleurs,
- 4:51certainement, mais cependant
- 4:54le front,
- 4:54en fait,
- 4:54il est relativement figé.
- 4:56Alors c'est beaucoup plus subtil que ça parce que il y a bien
- 4:58des évolutions
- 5:01sur le terrain,
- 5:01ça bouge,
- 5:03mais c'est vraiment quand on commence à regarder la carte
- 5:06avec une avec une loupe.
- 5:07Parce que si on prend la l'évolution de
- 5:10l'occupation russe
- 5:13en Ukraine depuis
- 5:14l'offensive lancée le 24 février 2022,
- 5:17on voit que une fois que les cette.
- 5:19Offensive éclair lancée
- 5:22sur Kiev
- 5:24que Poutine pensait
- 5:25victorieuse en 3 jours.
- 5:26Lui a été repoussé donc vers les confins
- 5:30orientaux, donc l'est
- 5:32de l'Ukraine et le sud-est
- 5:35de l'Ukraine.
- 5:36Bon, que ce
- 5:36cette espèce de banane comme ça d'occupation russe
- 5:39change, bouge,
- 5:41mais c'est vraiment à la marge.
- 5:42Alors c'est
- 5:42ça, bouge un tout petit peu,
- 5:44quelques kilomètres carrés qui sont perdus et puis
- 5:46qui sont repris et puis qui sont perdus.
- 5:47Mais dans l'ensemble,
- 5:48si on regarde avec une.
- 5:49Une échelle relativement large.
- 5:50Il y a pas grand chose qui bouge si on prend vraiment la vue d'ensemble.
- 5:54Je me
- 5:54souviens que
- 5:55dès la fin de l'année 2022,
- 5:56on estimait que le taux d'occupation
- 5:59de la Russie
- 6:01par la Russie de l'Ukraine était d'environ 20% et
- 6:02on est à peu près au même chiffre maintenant.
- 6:05Alors, il y a quand même des évolutions importantes,
- 6:06certaines villes,
- 6:07et cetera.
- 6:08Mais fondamentalement,
- 6:09ça n'a pas,
- 6:10ça n'a pas
- 6:11vraiment changé quoi au mois de janvier,
- 6:12dans un article par ailleurs volontairement provocateur dans lequel
- 6:15vous demandiez si l'Ukraine allait capituler en 2026.
- 6:18Vous expliquiez que pour les 2 camps,
- 6:20c'était une guerre existentielle.
- 6:21Pour l'Ukraine,
- 6:22évidemment, c'est
- 6:23se battre pour sa survie tout court.
- 6:25Pour la Russie,
- 6:26comme vous l'expliquiez,
- 6:26là, c'est se battre pour une survie idéologique,
- 6:29pour ce la survie d'un d'un principe,
- 6:31celui d'une Russie impérialiste.
- 6:34Ça n'a pas changé non plus et ça ne va pas changer avec l'avenir.
- 6:37Ben, il y a peu de chances que ça change.
- 6:39Comment dire spontanément,
- 6:40puisque clairement,
- 6:42pour l'Ukraine,
- 6:43bon, c'est
- 6:44sa survie,
- 6:45mais c'est
- 6:45évidemment aussi
- 6:47111 projet politique.
- 6:48De bon,
- 6:49y avait le projet politique de
- 6:51l'Ukraine face
- 6:53déjà depuis 2014,
- 6:54l'annexion de
- 6:55la Crimée face au
- 6:57soutien d'abord à des séparatistes dans l'Est,
- 6:59des séparatistes pro russes dans l'Est,
- 7:01et puis carrément des interventions déjà militaires
- 7:03russes dans l'Est,
- 7:04de se rapprocher de l'OTAN.
- 7:06Ça d'ailleurs,
- 7:07ça précède même
- 7:082014, puis que
- 7:09déjà dans les au
- 7:11début des années 2000,
- 7:12c'est un
- 7:13un projet
- 7:14qui a évolué aussi dans le temps en fonction
- 7:17des gouvernements.
- 7:18Place à Kiev,
- 7:19mais enfin de se rapprocher de
- 7:21l'Alliance de l'OTAN pour
- 7:23obtenir une davantage
- 7:24de défense.
- 7:25Bon, ce projet-là
- 7:27n'a jamais
- 7:28été concrétisé,
- 7:29ne serait-ce que parce que,
- 7:30enfin pas ne serait-ce que
- 7:31parce que
- 7:32fondamentalement, il y avait
- 7:33pas de consensus au sein de
- 7:35des pays de l'Alliance pour avancer dans ce
- 7:38projet-là, voyant bien que ça
- 7:40énervait au plus haut point
- 7:42la Russie pour dire le moins,
- 7:44et que donc l'objectif n'était pas non plus d'aller au clash.
- 7:46Et donc
- 7:48le projet.
- 7:48Politique actuel depuis au moins
- 7:51ces dernières années,
- 7:52c'est même
- 7:53depuis, on va dire,
- 7:55ces 15 dernières années,
- 7:55et de
- 7:56se rapprocher de l'Union européenne
- 7:58et tout simplement de se rapprocher d'un d'un projet
- 8:01de société
- 8:02basé sur bon globalement la démocratie,
- 8:05le respect des droits
- 8:06humains, des libertés individuelles,
- 8:08et cetera.
- 8:09Donc ce projet politique,
- 8:10forcément, il est
- 8:11complètement à l'opposé de celui
- 8:14nourri par le Kremlin aujourd'hui,
- 8:16qui est donc de ramener
- 8:17l'Ukraine. dans.
- 8:18Son giron,
- 8:20notamment parce que
- 8:21la démocratie n'est pas
- 8:22ce qui est
- 8:23en place en Russie.
- 8:24Et cet exemple
- 8:26ukrainien à leur porte Ben
- 8:27pourrait finalement par
- 8:28finir par
- 8:29inspirer la population russe,
- 8:31ce que
- 8:32le pouvoir
- 8:33en place depuis longtemps et encore pour longtemps en Russie,
- 8:36exercé par le président
- 8:37Poutine, ne veut évidemment
- 8:39pas. Vous allez me dire que c'est
- 8:41une vision
- 8:42vue de Belgique,
- 8:43mais en même temps c'est la mienne,
- 8:44donc c'est logique
- 8:46sur le l'aspect du front,
- 8:47comme on vient de le dire.
- 8:48y. y a pas grand chose qui a qui a changé
- 8:50sur l'aspect symbolique.
- 8:51Quand on
- 8:53voit le la prise de conscience peut être de l'Union européenne,
- 8:56la prise
- 8:57de conscience de l'Europe occidentale,
- 8:59du danger de la Russie,
- 9:00et donc on voit aujourd'hui
- 9:02un phénomène de réarmement dans plusieurs gouvernements,
- 9:04et cetera.
- 9:05Ça veut dire que
- 9:06Vladimir Poutine il a perdu sur ce terrain là.
- 9:08En tout cas,
- 9:09il a
- 9:09il a réveillé le danger qu'il pouvait inspirer pour d'autres pays.
- 9:13Alors clairement,
- 9:14les signaux d'alarme sont
- 9:15lancés en permanence.
- 9:20À tort ou à raison,
- 9:21l'avenir le dira,
- 9:23c'est clair.
- 9:24Mais disons que
- 9:25tous les services de renseignement tirent cette sonnette d'alarme.
- 9:27On peut toujours les soupçonner de le faire un peu pour
- 9:31faire tourner la machine
- 9:32militariste. Mais
- 9:33néanmoins, il
- 9:34y a quand même des raisons de croire que
- 9:36si l'Ukraine
- 9:38est dans le viseur du Kremlin pour son ambition
- 9:42démocratique et que quand
- 9:45les Russes se remènent à la table de.
- 9:48Ce de négociations en disant qu'il faut absolument
- 9:52régler les causes profondes
- 9:53de ce conflit qui,
- 9:54pour eux,
- 9:55constitue justement le
- 9:57l'expansion du
- 9:59bloc, disons
- 10:01euro-atlantique à leur porte.
- 10:05Et donc ça,
- 10:05il faut
- 10:06que la partie adverse
- 10:09accepte ce démantèlement.
- 10:09On voit bien qu'il y a effectivement des menaces qui peuvent peser,
- 10:13par exemple,
- 10:14sur les pays.
- 10:15Malte, éventuellement même sur la Pologne.
- 10:18Et il
- 10:19n'est peut-être pas nécessairement question d'une invasion avec des chars comme
- 10:23justement en 14 ou en 40,
- 10:25mais déjà,
- 10:26ou comme en février 22 ou en février 22 exactement.
- 10:29Mais déjà
- 10:30aujourd'hui, les
- 10:31actes de
- 10:31sabotage, de cyberattaques,
- 10:33de désinformation,
- 10:36et cetera.
- 10:36Enfin, il y a toute une.
- 10:39Une ambiance de préparation à une
- 10:41un affrontement ou en tout cas une
- 10:43un bras de fer qui
- 10:46suscite beaucoup d'inquiétudes
- 10:48et qui,
- 10:50surtout dans
- 10:50un contexte qui est celui
- 10:52fondamentalement de celui
- 10:53enfin de celui de 2025
- 10:55et des années à venir,
- 10:57et que
- 10:58le l'administration américaine
- 11:00actuelle a clairement décidé de confier à l'Union européenne et aux
- 11:05Européens plus largement,
- 11:07le soin de.
- 11:09défense conventionnelle,
- 11:10ça veut dire la défense
- 11:12hormis les armes nucléaires.
- 11:15Et donc les Européens sont très en retard
- 11:18sur le sujet puisqu'ils ont quand même beaucoup compté depuis
- 11:21la fin de la Deuxième Guerre mondiale
- 11:23sur le
- 11:24parapluie sécuritaire américain.
- 11:26Et donc il
- 11:27y a une
- 11:28volonté de rattraper parce que le désengagement américain n'est plus
- 11:31seulement des promesses et des mots,
- 11:33il est
- 11:33en cours
- 11:34et il va
- 11:35se poursuivre.
- 11:37Et donc
- 11:38à ce stade-ci,
- 11:38pour maintenir
- 11:40une défense crédible et une dissuasion,
- 11:42il y a une course à l'armement qui est engagée
- 11:45du côté européen.
- 11:46Il y a
- 11:47encore une petite chose qui me travaille autour de ce conflit.
- 11:50Depuis le début,
- 11:50on a dit que d'abord que la Russie allait s'écrouler économiquement
- 11:54et puis que l'Ukraine n'allait plus de munitions et donc qu'elle
- 11:56allait encore tenir 2 semaines et puis que c'était fini.
- 11:58Puis après que la Russie n'avait plus de combattants,
- 12:00qui devait aller chercher des conscrits dans le fin fond des prisons
- 12:03et puis que l'Ukraine n'avait plus de combattants non plus.
- 12:05Et pourtant ça reste très figé.
- 12:06Est-ce que c'est un phénomène tout
- 12:09à Et courant avec des guerres comme ça où
- 12:11en fait il y a des commentateurs qui sont pas tout à fait sûrs
- 12:14et donc qui avancent des théories et ces théories ne se matérialisent pas.
- 12:17Ou est ce qu'il y a quelque chose de
- 12:18spécifique à ce conflit entre la Russie et l'Ukraine ?
- 12:21Je suis pas un historien de la guerre,
- 12:23mais j'ai quand même constaté que tout le monde
- 12:25constate aussi
- 12:26que cette guerre ci est complètement
- 12:28neuve. En fait,
- 12:29les comparaisons,
- 12:30les comparaisons sont extrêmement
- 12:31complexes. On peut dire que il y a une comparaison avec un
- 12:35une espèce de Verdun du 21e siècle,
- 12:37parce que le front justement reste
- 12:38figé malgré
- 12:39des pertes,
- 12:40mais phénoménales.
- 12:42Faut savoir qu'on
- 12:43en est
- 12:43probablement quelque chose
- 12:45en termes de victimes,
- 12:47surtout essentiellement les des soldats,
- 12:49mais quand même
- 12:50de victimes.
- 12:51Estiment soit
- 12:52mortes, soit disparues,
- 12:53soit tellement blessées qu'elles ne reviendront pas
- 12:56au front,
- 12:56qui frôlent les 2000000
- 12:58de victimes sur les 2 camps,
- 13:00dans les 2 camps.
- 13:01D'après les sources
- 13:03occidentales, c'est surtout dans le camp
- 13:05russe que les pertes sont élevées.
- 13:06On les estime
- 13:08maintenant à 1300000
- 13:10morts ou
- 13:11blessés très sérieusement au point d'être mis hors
- 13:15hors de combat.
- 13:16C'est énorme et les chiffres ne
- 13:17cessent de
- 13:18d'augmenter. On dit 30.
- 13:213030 1000 en janvier,
- 13:2335000 en décembre.
- 13:26Parce que
- 13:27Poutine a
- 13:28effectivement des réservoirs
- 13:31de chair humaine à envoyer dans cette boucherie.
- 13:34D'ailleurs, il fait
- 13:35grand soin
- 13:36d'aller les chercher dans des zones qui ne
- 13:38sont pas les grandes villes style Moscou ou
- 13:40Saint-Pétersbourg, mais plutôt dans les campagnes.
- 13:43Je lisais récemment d'ailleurs que
- 13:44il y a un procès qui
- 13:46est en cours en Russie
- 13:47d'un commandant qui.
- 13:50Aurait suggéré à ses à ses comment
- 13:51on appelle ça à ses subordonnés,
- 13:54voilà, de
- 13:55se tirer une balle dans le pied eux-mêmes pour revendiquer des
- 13:59indemnisations qui sont quand même prévues.
- 14:01Donc, vous avez y a une motivation économique
- 14:03dans un pays
- 14:04où le
- 14:04la le niveau de vie est très faible,
- 14:06c'est à dire en Russie,
- 14:08hormis quelques
- 14:09oligarques bien sûr
- 14:10moscovites, une motivation aller
- 14:13se se faire tuer ou se faire
- 14:15trucider sur le front ukrainien
- 14:17parce que y
- 14:18a des incitants.
- 14:20Donc effectivement,
- 14:21il y a ces problèmes
- 14:23de recrutement de
- 14:24troupes. Ça c'est un problème d'ailleurs aussi pour
- 14:27l'Ukraine. Mais
- 14:28la comparaison avec d'autres guerres est extrêmement complexe puisque je disais celle-ci,
- 14:32elle est
- 14:34tout à fait nouvelle.
- 14:36Bien sûr,
- 14:37il y a ce
- 14:37cette comparaison avec des
- 14:39presque la Première Guerre mondiale et c'est cette guerre où
- 14:42des positions figées dans des dans des tranchées.
- 14:45Mais en même temps,
- 14:45c'est une guerre qui est devenue extrêmement technologique,
- 14:48où on se bat surtout depuis les dernières,
- 14:51les 2 dernières années,
- 14:52à coup de
- 14:53drones essentiellement.
- 14:55Cependant, que les
- 14:57frappes aériennes,
- 14:58parfois avec des missiles hypersoniques
- 15:01que la Russie
- 15:02possède, sont lancées à très grande distance jusque sur les villes.
- 15:06Ukrainienne et les Ukrainiens aussi ont commencé à
- 15:10cibler des
- 15:12infrastructures militaires
- 15:14ou qui soutiennent
- 15:16l'effort de guerre
- 15:17russe en Russie directement.
- 15:19Donc c'est aussi quelque chose
- 15:22de d'assez
- 15:23important à noter,
- 15:24mais c'est surtout cette guerre
- 15:26des drones.
- 15:27On estime par exemple que le
- 15:29l'Ukraine tire 9000 drones
- 15:32par jour.
- 15:33par exemple.
- 15:33Donc ça donne une idée
- 15:35de la
- 15:36le caractère totalement inédit
- 15:38de ce type de
- 15:39guerre qui repose
- 15:40forcément aussi sur des industries de défense
- 15:43et des aides
- 15:44des soutiens militaires extérieurs pour ce qui est
- 15:47de ce qui est de l'Ukraine,
- 15:48qui sont partis dans des
- 15:50dans des rythmes de production complètement effrénés.
- 15:52Alors, qu'est ce comment est ce que ça va évoluer?
- 15:55? Bon,
- 15:56toujours difficile bien sûr.
- 15:58de prévoir.
- 15:59Ce qu'on voit du côté ukrainien,
- 16:00puisque là c'est quand même
- 16:02plus connu et plus transparent,
- 16:03c'est que
- 16:04l'aide militaire directe américaine
- 16:06depuis l'arrivée de Trump
- 16:08a à peu près complètement stoppé.
- 16:11C'est pas qu'elle a diminué,
- 16:12c'est qu'elle est stoppée.
- 16:12Oui, absolument.
- 16:14Donc en fait,
- 16:14il n'y a plus de dotation,
- 16:16de donation,
- 16:17de transfert gratuit
- 16:19d'armement. Étasunien vers
- 16:23l'Ukraine, mais
- 16:25Trump a quand même réussi
- 16:27un tour de
- 16:27passe-passe, et c'est pas seulement lui qui l'a créé,
- 16:29parce que
- 16:30le secrétaire général de
- 16:31l'OTAN, le Néerlandais Mark Rutte,
- 16:33est à la manœuvre,
- 16:34a quand même réussi de
- 16:35imaginer un
- 16:36système qui fait que les
- 16:38Européens achètent des armes
- 16:39aux États-Unis
- 16:40pour les livrer
- 16:42à l'Ukraine.
- 16:43Alors tout ça fait partie d'un grand jeu d'essayer de
- 16:46garder quand même quand
- 16:47encore quelques liens avec ce Trump
- 16:49particulièrement girouette d'ailleurs.
- 16:51sur. Ce qu'il cherche à faire en
- 16:54avec l'Ukraine et la Russie,
- 16:56de le garder donc à bord.
- 16:57Mais aussi,
- 16:58le fait est que l'Ukraine a surtout besoin de moyens de défense
- 17:02aériens puisqu'ils sont les villes,
- 17:04sont les civils
- 17:05et les
- 17:05infrastructures de production d'électricité,
- 17:07de chauffage et d'eau,
- 17:08et cetera,
- 17:09sont ciblés tous les jours,
- 17:11a besoin de
- 17:11ces moyens de défense qui aujourd'hui sont effectivement
- 17:15produits essentiellement par les États-Unis.
- 17:16Donc il est assez logique d'aller les chercher
- 17:18sur place.
- 17:20donc. Arrêt de l'aide
- 17:23directe américaine
- 17:24et ce sont les Européens qui
- 17:26ont pris le relais.
- 17:27Donc ce n'est pas évidemment sans difficulté aussi,
- 17:30puisque à la fois
- 17:31les Européens tentent de se réarmer pour faire face
- 17:34au désengagement américain.
- 17:36mais il.
- 17:37Veulent aussi
- 17:38continuer à soutenir l'Ukraine
- 17:40en comblant le vide laissé par Washington.
- 17:43Donc tout ça est très compliqué.
- 17:45Et surtout,
- 17:46le phénomène actuel est nouveau,
- 17:48c'est que l'industrie de la défense
- 17:50ukrainienne elle même
- 17:52est à
- 17:52tourne à plein régime
- 17:53et tente donc de
- 17:54suivre le rythme
- 17:55de la production
- 17:56russe. Où là de nouveau.
- 18:00Bon, il y a forcément une
- 18:02force de travail
- 18:04beaucoup plus importante puisque le
- 18:06la population
- 18:07russe est
- 18:083 ou 4 fois supérieure à celle de
- 18:10des Ukrainiens,
- 18:11surtout quand on tient compte de tous ceux
- 18:13qui ont
- 18:14qui se sont réfugiés
- 18:16ailleurs qu'en Ukraine.
- 18:17Et donc bon,
- 18:18on est dans une espèce de course
- 18:21aussi à l'épuisement économique.
- 18:23L'un comme l'autre camp
- 18:26ne. Peut par exemple
- 18:27espérer qu'un jour
- 18:29Ben l'adversaire s'écroulera d'un point de vue économique,
- 18:32l'Ukraine tient,
- 18:34avec ses soutiens européens,
- 18:35de façon
- 18:36assez remarquable,
- 18:38la Russie.
- 18:40Sous la
- 18:40Sous la coupe
- 18:41d'un d'un dictateur
- 18:43à vie ou presque,
- 18:44évidemment, peut encore
- 18:46ordonner que
- 18:47toute son d'économie tourne autour du militaire.
- 18:50C'est ce qui a plus ou moins soutenu
- 18:52la même une forme de croissance,
- 18:55en tout cas une surchauffe économique
- 18:57russe. Mais les prédictions font que quand même,
- 19:00à moyen terme,
- 19:01ça va être un problème.
- 19:03Le cout de la vie augmente,
- 19:05les taux d'intérêt aussi.
- 19:07Et puis
- 19:07effectivement, une économie qui ne repose que sur.
- 19:10Sur qui n'est qu'une économie de guerre,
- 19:13n'est pas vraiment une économie moderne,
- 19:14prospère et d'avenir.
- 19:17De là à voir que la population russe dans son ensemble
- 19:21se soulèvera pour
- 19:23pousser hors du pouvoir
- 19:25son président,
- 19:26et ben ça
- 19:27reste à voir.
- 19:27On n'est pas encore là.
- 19:29Dans tous les cas,
- 19:29on restera très attentif
- 19:31à cette situation à travers les papiers de nos correspondants en Ukraine,
- 19:34mais également les vôtres.
- 19:35Philippe, merci beaucoup.
- 19:36Malheureusement, je dirais effectivement
- 19:38ce n'est pas terminé.
- 19:40Avec plaisir et à bientôt
- 19:45à propos,
- 19:45c'est fini pour aujourd'hui,
- 19:46mais on revient demain matin.
- 19:48Merci de votre écoute.
- 19:49Si vous
- 19:50en voulez encore,
- 19:51tous nos podcasts sont disponibles dans l'application du soir.
- 19:54Rendez-vous dans le store de votre smartphone
- 19:56ou de votre tablette pour la télécharger.
- 19:59À demain.
- 20:04Nous, agricultrices Faire Belle,
- 20:06on aime prendre les choses en
- 20:07main pour travailler,
- 20:08mais encore plus pour faire bouger les choses.
- 20:10Notre lait équitable rémunère décemment les 550
- 20:13agriculteurs de notre coopérative
- 20:15et respecte nos valeurs de qualité,
- 20:16de goût
- 20:17et de proximité.
- 20:18Alors, vous aussi,
- 20:19en magasin,
- 20:20prenez les choses en main,
- 20:21choisissez Faire Belle.