Latest / ArtEcoVert La voix de la couleur végétale et des plantes tinctoriales / E132 Philippe DeBraklaer - Extractis - L’expertise de l’extraction de végétale, place de la couleur végétale
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- 0:00Bonjour et bienvenue dans le podcast Artecovert,
- 0:03le podcast qui vous parle d'art,
- 0:05d'écologie et de verdure.
- 0:07Je suis Pauline Leroux,
- 0:09ingénieure agronome passionnée de plantes,
- 0:11et je vous emmène à la découverte de la couleur végétale et de toutes ses applications.
- 0:16Que ce soit dans le textile,
- 0:18l'ameublement,
- 0:19l'artisanat,
- 0:20la décoration et dans d'autres domaines,
- 0:23chaque jeudi et samedi à 7h30,
- 0:26je vous propose des épisodes riches avec des invités passionnants.
- 0:30pour approfondir le sujet de la couleur végétale sur toute la chaîne de valeur.
- 0:35Mon but,
- 0:36fédérer et démocratiser la couleur végétale dans le monde.
- 0:39Alors c'est parti,
- 0:41bonne écoute !
- 0:44Donc bonjour à tous,
- 0:45je suis ravie d'accueillir sur le podcast Aréco Vert Philippe De Braeckelaer.
- 0:50Bonjour Philippe.
- 0:51Bonjour Pauline.
- 0:53Merci d'avoir répondu présent pour cet échange.
- 0:58Juste pour réintroduire un petit peu à nos auditeurs pourquoi j'avais très envie de parler avec vous et avec Extractis,
- 1:04c'est que je me suis rendu compte que dans la filière tinctoriale,
- 1:08j'avais zappé les acteurs de l'extraction.
- 1:11Et c'est quand même très important,
- 1:13donc j'étais ravie de pouvoir préparer et échanger avec vous.
- 1:17Avant de commencer,
- 1:18j'aimerais bien que vous puissiez vous présenter votre parcours,
- 1:21nous expliquer un petit peu comment vous êtes arrivés au végétal.
- 1:25votre formation et ensuite on échangera sur Extractis et la proposition de l'entreprise.
- 1:34Ok,
- 1:35mon parcours est relativement simple.
- 1:39J'ai 59 ans.
- 1:41Comment je suis arrivé au végétal ?
- 1:43J'ai toujours été élevé à la campagne profonde
- 1:47Picardie.
- 1:49J'ai fait un début d'études universitaires à Amiens.
- 1:54l'Université des Sciences d'Amiens.
- 1:56J'ai poursuivi ce parcours universitaire à Paris,
- 2:02à Jussieu,
- 2:03Paris 6,
- 2:04dans une spécialisation botanique,
- 2:08physiologie végétale,
- 2:10et à l'époque ça s'appelait biologie et utilisation des plantes cultivées.
- 2:17J'ai terminé ce parcours à Paris,
- 2:22Et ne sachant pas trop quoi faire à l'époque,
- 2:27sauf une chose,
- 2:28je ne souhaitais pas me diriger dans l'enseignement.
- 2:33J'ai commencé,
- 2:34comme tout le monde,
- 2:35une recherche d'emploi.
- 2:38Et je suis tombé sur une structure qui venait de se créer à Amiens,
- 2:43qui s'appelait à l'époque le Centre de Valorisation des Glucides et Produits Naturels.
- 2:50j'y suis entré en en
- 2:511987,
- 2:54c'était au siècle dernier,
- 2:57comme chargé de mission et quelques années plus tard,
- 3:02j'en suis devenu le directeur général poste que j'occupe actuellement.
- 3:09J'ai eu un seul employeur dans toute ma carrière et donc mon dossier de retraite sera éminemment simple à constituer.
- 3:15Voilà.
- 3:16C'est clair.
- 3:18Donc génial.
- 3:19Philippe,
- 3:20est-ce que vous pouvez nous expliquer ce que propose Extractis,
- 3:24le nouveau nom de l'entreprise ?
- 3:27Nous expliquez vraiment tout ce que vous faites,
- 3:29votre mission,
- 3:30ce que vous proposez.
- 3:31C'est créé depuis longtemps,
- 3:32j'entends,
- 3:33mais nous expliquez un peu qui travaille chez vous,
- 3:36quel type de profil et ce que vous proposez et ce que vous faites.
- 3:41Alors Extractis,
- 3:42c'est une structure qui a quatre décennies d'existence.
- 3:50Petite structure,
- 3:5132 personnes,
- 3:53très peu de turnover chez nos collègues,
- 3:56l'ancienneté moyenne est aux alentours de 20 ans maintenant.
- 4:02Nous travaillons exclusivement sur les biomasses végétales,
- 4:07j'insiste sur le pluriel,
- 4:10parce que le monde du végétal est divers et varié,
- 4:15avec deux métiers.
- 4:16Notre métier historique,
- 4:18c'est la recherche et développement pour le compte de tiers industriels,
- 4:24création de nouveaux produits,
- 4:26nouveaux procédés,
- 4:28tout secteur d'application du végétal,
- 4:32de l'alimentation humaine jusqu'aux produits techniques,
- 4:35en passant par la pharmacie,
- 4:40les produits cosmétiques,
- 4:43les compléments alimentaires.
- 4:44Ça,
- 4:44c'est le premier métier d'extractice.
- 4:47Le deuxième métier,
- 4:48qui est un métier qui s'inscrit dans la continuité de nos opérations de recherche et développement sous contrat,
- 4:56c'est pour le compte.
- 4:58bien souvent de ces mêmes clients industriels français et étrangers,
- 5:03la production à façon de leurs extraits,
- 5:09là encore divers et variés,
- 5:11plus ou moins purifiés,
- 5:13plus ou moins fonctionnalisés.
- 5:17Ça génère un chiffre d'affaires qui devrait approcher cette année les 5 millions d'euros pour une centaine de clients en France et à l'étranger.
- 5:27On a maintenant un chiffre d'affaires à l'export de 25%
- 5:34pour l'instant.
- 5:34Ok,
- 5:34super.
- 5:35Est-ce que pour les auditeurs qui nous écoutent,
- 5:37vous pourriez déterminer ou illustrer les biomasse végétales que vous pouvez travailler pour que les gens se rendent bien compte de la variété de produits que vous pouvez accueillir dans votre entreprise ?
- 5:48Alors,
- 5:48les biomasse végétales classiques et standards,
- 5:52je dirais que tout le monde connaît.
- 5:55les céréales,
- 5:56les fruits,
- 5:59les légumes,
- 6:00donc des plantes cultivées métropolitaines ou européennes.
- 6:04Ça,
- 6:05c'est,
- 6:05je dirais,
- 6:06le premier niveau d'accès.
- 6:11Tout ça,
- 6:11ce sont des végétaux terrestres.
- 6:13On travaille également,
- 6:15pour plus d'un tiers maintenant de nos activités,
- 6:18sur des végétaux marins et en particulier les macro-algues.
- 6:24énormément de travaux autour de cette ressource qui présente plein d'avantages.
- 6:30Et puis également des végétaux un peu plus exotiques qui peuvent aller jusqu'à des plantes dites de collecte.
- 6:42Donc,
- 6:42ce ne sont pas des plantes complètement domestiquées qui peuvent être récoltées dans le cadre bien souvent de fondations ou de partenariats.
- 6:53Et ça peut aller des plantes d'Amérique du Sud jusqu'à des lichens qui ne sont pas vraiment des végétaux,
- 7:01mais on ne va pas chipoter,
- 7:04qui peuvent provenir du Nord-Canada avec l'implication des peuples autochtones et de fondations de développement,
- 7:16créent de l'emploi sur place.
- 7:18Donc voilà,
- 7:19tout type de biomasse végétale.
- 7:22Sous toutes leurs formes,
- 7:25des farines,
- 7:26des écorces,
- 7:27des racines,
- 7:28du bois,
- 7:29des fleurs,
- 7:30des graines,
- 7:31tout ce que vous pouvez imaginer passe chez nous pour être étudié,
- 7:40décortiqué et éventuellement extrait.
- 7:44Ok,
- 7:45top.
- 7:45Donc il y a deux grands métiers,
- 7:47l'AR&D et tout le reste,
- 7:49la production à façon.
- 7:51vous allez nous expliquer ce que c'est que purifier,
- 7:54fractionner,
- 7:55c'est des nouveaux mots de vocabulaire pour nous,
- 7:57mais j'aimerais vraiment qu'on s'attarde là-dessus.
- 8:01Alors,
- 8:01vous me voyez venir,
- 8:02je voudrais savoir si vous pouvez nous parler des moments où vous avez pu rencontrer,
- 8:07où vous avez eu l'occasion de travailler en lien avec la couleur végétale,
- 8:10même si c'est des brides de projets,
- 8:12un peu nous faire un 360 de quand est-ce qu'on vous a demandé ou quand est-ce que vous avez été confronté à la couleur végétale.
- 8:19nous donner quelques illustrations.
- 8:22Alors,
- 8:22on est confronté aux couleurs végétales depuis quasiment la création d'extractis du CVG.
- 8:35Assez souvent,
- 8:36au début,
- 8:37dans des domaines d'application purement alimentaire,
- 8:41des colorants alimentaires,
- 8:45petits pots solubles.
- 8:48hydrosolubles,
- 8:49tout ce qu'on peut trouver de façon classique et qui sont étiquetés,
- 8:55entre guillemets,
- 8:56« eux »
- 8:57quelque chose,
- 8:59avec pour la plupart des colorants végétaux aucun souci de toxicité.
- 9:07Ensuite,
- 9:07on a également travaillé sur les plantes tinctoriales classiques,
- 9:14la garance,
- 9:16la web
- 9:18des tas de choses connues,
- 9:21mais avec une volonté de revisiter les procédés d'extraction.
- 9:26Je pense qu'on pourra en parler.
- 9:27Il y a beaucoup de ces procédés d'extraction de couleurs naturelles,
- 9:32végétales,
- 9:33que vous pouvez trouver dans des très vieux livres,
- 9:38presque des grimoires,
- 9:40avec des recettes de cuisine absolument infernales.
- 9:45Et c'est très...
- 9:47intéressant de relire ces vieux textes,
- 9:51parce qu'en fait,
- 9:52on s'aperçoit que tout ça,
- 9:54bien sûr,
- 9:55ça peut être revisité,
- 9:56mais les fondamentaux.
- 9:58de l'extraction et des propriétés de l'extraction restent les mêmes.
- 10:03Et puis ensuite,
- 10:04on a été questionnés,
- 10:08interrogés sur d'autres types de matières premières et d'autres types d'utilisation.
- 10:14On en reparlera peut-être avec des bois exotiques,
- 10:18comme le bois de campèche ou d'autres choses qui produisent des colorants,
- 10:25pigments.
- 10:26très spécifiques,
- 10:29parce que d'abord,
- 10:29ils sont issus de végétaux ligneux,
- 10:32et on a une grande différence entre les familles de molécules issues des végétaux ligneux et des plantes herbacées,
- 10:42avec des utilisations assez rigolotes.
- 10:46Moi,
- 10:47j'aime bien avoir des choses qui sortent un peu de l'ordinaire.
- 10:51Et puis,
- 10:52depuis quelques temps,
- 10:54je vous disais qu'on travaillait beaucoup
- 10:56beaucoup sur des végétaux d'origine marine.
- 11:01On a beaucoup travaillé sur les tannins issus d'algues brunes,
- 11:05ce qu'on appelle les florotannins.
- 11:08Pas vraiment pour leur pouvoir potentiel de coloration,
- 11:13mais pour d'autres applications.
- 11:16Et on travaille beaucoup en ce moment sur...
- 11:22Pour le grand public,
- 11:23ça s'appelle des micro-algues.
- 11:25botaniquement parlant,
- 11:26ce n'est pas très juste,
- 11:28mais c'est ce qu'on appelle des cyanobactéries.
- 11:32La spiruline,
- 11:33par exemple,
- 11:34c'est connu et reconnu.
- 11:37Dans les compléments alimentaires,
- 11:38nous,
- 11:39on a été questionnés et continuent à travailler en ce moment sur des procédés d'extraction de ce qui s'appelle la phycocyanine,
- 11:48donc le pigment bleu des cyanobactéries,
- 11:52qui est un pigment bizarre parce que c'est un pigment de...
- 11:55type protéique,
- 11:56c'est très rare dans la nature et en tout cas chez les plantes et je ne peux pas dévoiler pour qui ni pourquoi,
- 12:04mais ce pigment est utilisé pour colorer de façon totalement naturelle des soft drinks,
- 12:15des boissons gazeuses qui font en même temps valoir un effet nutritionnel dû à Au revoir.
- 12:23l'extrait provenant de la spiruline.
- 12:26Dans tout ça,
- 12:27il y a un peu de marketing.
- 12:28Mais ça veut dire qu'on a balayé,
- 12:30qu'on continue à balayer,
- 12:32je dirais à peu près l'intégralité des grandes familles de molécules colorantes issues des végétaux,
- 12:40et pas toujours forcément pour leur pouvoir colorant.
- 12:43C'est ça qui est intéressant,
- 12:43parce que vous connaissez l'immense famille des polyphénols végétaux.
- 12:49Oui,
- 12:50on peut colorer des choses avec les polyphénols.
- 12:52mais on peut aussi faire valoir leurs propriétés antioxydantes.
- 12:56Et c'est ça qui est fabuleux chez les plantes.
- 13:00C'est que c'est quand même,
- 13:02globalement,
- 13:04le monde végétal est une usine magnifique pour produire des molécules qui n'existent que chez certaines espèces ou certaines familles.
- 13:18Après,
- 13:20tout le truc.
- 13:21et tout le métier chez Extractis,
- 13:24les métiers chez Extractis,
- 13:25c'est l'extraction.
- 13:28La plante est un laboratoire fabuleux.
- 13:32Elle a une fâcheuse tendance à produire des molécules intéressantes qui sont nichées,
- 13:40cachées au cœur de toute une soupe d'autres molécules qui peuvent être super intéressantes également.
- 13:48Mais quand on veut aller chercher du principe actif colorant,
- 13:52il faut réussir à se débarrasser du reste tout en concentrant la substance colorante souhaitée.
- 14:06Quand je dis se débarrasser,
- 14:07ce n'est pas totalement innocent.
- 14:10Il y a presque bientôt 40 ans,
- 14:13quand j'ai commencé à travailler,
- 14:15Le terme « se débarrasser » ,
- 14:17c'était le terme commun utilisé.
- 14:21Quand on cherchait à extraire quelque chose d'une plante,
- 14:25j'en sais rien,
- 14:25un principe actif pharmaceutique,
- 14:28des colorants,
- 14:29de l'amidon,
- 14:31tout ce que vous pouvez imaginer,
- 14:34on ne portait pas une très grande attention au reste du végétal qui entrait dans le processus.
- 14:43on ne portait pas une grande attention aux solvants utilisés,
- 14:46à leur toxicité pour l'environnement ou pour les êtres humains.
- 14:51Tout ça,
- 14:52très clairement,
- 14:53pour faire court,
- 14:53ça a changé.
- 14:55C'est-à-dire que l'extraction,
- 14:56maintenant,
- 14:57c'est devenu...
- 15:00Quelque chose qui nécessite de porter une immense attention à ce qui va rester après l'extraction.
- 15:10Comment on va pouvoir l'utiliser pour une autre filière ?
- 15:14Et pour faire simple,
- 15:15il ne faut pas « matraquer »
- 15:20le coproduit de l'extraction,
- 15:22parce que si on le matraque chimiquement,
- 15:26enzymatiquement,
- 15:27thermiquement,
- 15:28tout ce que vous...
- 15:29pouvez imaginer,
- 15:31on ne pourra plus l'utiliser pour une autre filière.
- 15:34Et ça,
- 15:36dans tout ce qui s'appelle maintenant l'économie circulaire,
- 15:39l'économie de carbone,
- 15:42les préoccupations globales environnementales,
- 15:46c'est extrêmement important.
- 15:48Et franchement,
- 15:48ce n'était pas le cas il y a 30 ans.
- 15:51Et puis,
- 15:52à l'autre bout de la chaîne,
- 15:55les plantes produisent des choses fabuleuses,
- 15:57mais ce n'est pas toujours soluble dans l'eau.
- 16:00il faut aller chercher un autre type de solvant,
- 16:04plus ou moins polaire ou apolaire,
- 16:06pour aller extraire.
- 16:08Si vous mettez des carottes dans l'eau,
- 16:13même si vous les faites cuire,
- 16:14le pigment orange des carottes va rester dans la carotte.
- 16:19Vous n'allez pas le retrouver dans la casserole d'eau qui boue.
- 16:24Par contre,
- 16:25si vous y mettez un peu d'huile ou un peu de beurre,
- 16:28et éventuellement un peu de bœuf pour faire du bœuf carotte,
- 16:32vous allez voir que ce pigment orange a plutôt tendance à se libérer.
- 16:36Ça veut dire que les caroténoïdes présents dans la carotte sont plutôt liposolubles.
- 16:42Bref,
- 16:43il y a
- 16:4430 ou 40 ans,
- 16:46les solvants utilisés par les extracteurs n'étaient pas regardants sur la fiche de données de sécurité et leur toxicité.
- 16:55Tout ça,
- 16:55c'est terminé.
- 16:56Il faut pouvoir se débrouiller en utilisant soit des solvants alternatifs,
- 17:01soit des procédés alternatifs,
- 17:07à refaire la même typologie d'extraction sans utiliser des solvants ou des co-solvants qui soient nocifs et toxiques.
- 17:17Et vous avez vu à travers tout ça éclore des choses comme le CO2 supercritique,
- 17:24des technos un peu...
- 17:25un peu pointu,
- 17:28des solvants alternatifs comme le THF.
- 17:37Il y a maintenant des solutions technologiques pour pouvoir contourner ce qui ne se faisait pas il y a 30 ans.
- 17:47Donc voilà,
- 17:48le métier de l'extraction,
- 17:49c'est aller chercher ce dont on souhaite
- 17:54posséder la substantifique moelle sans mettre de côté ce qui va rester de la plante pour qu'on puisse le réutiliser dans d'autres filières.
- 18:11Donc en fait,
- 18:12l'extraction n'a pas été...
- 18:14suit les tendances du moment,
- 18:16c'est-à-dire pas de gaspillage,
- 18:17on fait de l'éco-extraction,
- 18:18on fait attention à bien traiter les coproduits qui restent.
- 18:23et à mettre des produits qui sont non nocifs comme solvants.
- 18:30Pardon,
- 18:30je vais y arriver.
- 18:32C'est ce qui regroupe ce terme d'éco-extraction qu'on entend maintenant beaucoup.
- 18:36Ça regroupe tout ça,
- 18:37des pratiques plus vertueuses.
- 18:38Oui,
- 18:39on a collaboré il y a
- 18:428 ou 10 ans à un bouquin français qui s'appelle « Techniques et principes d'éco-extraction »
- 18:49qui avait été édité à la
- 18:53par un prof regretté de Montpellier.
- 18:58C'est ça,
- 18:58l'éco-extraction,
- 18:59c'est extraire de façon plus propre,
- 19:03plus saine,
- 19:04plus durable.
- 19:08Et ce n'est pas toujours très simple,
- 19:11parce que les molécules chimiques ont leurs propriétés,
- 19:14et parfois c'est extrêmement compliqué.
- 19:17Et là,
- 19:17il faut faire appel à...
- 19:19à des technologies de pointe,
- 19:21qui existent depuis longtemps,
- 19:23mais dont les applications ne cessent de se diversifier,
- 19:27comme le CO2 supercritique.
- 19:30Maintenant,
- 19:30vous voyez éclore ce qu'on appelle les solvants ioniques,
- 19:35ou des choses comme ça,
- 19:36alors qu'ils restent à l'échelle un petit peu expérimentale.
- 19:40Mais je suis persuadé que des applications concrètes et réelles vont voir le jour incessamment sous peu.
- 19:48La chimie,
- 19:49ça reste de la chimie.
- 19:50Il faut contourner,
- 19:52mais les principes de solubilité d'une molécule sont immuables.
- 19:57Donc il faut trouver des parades.
- 20:02Alors,
- 20:03il y a,
- 20:04alors là,
- 20:04il faut que vous m'éclairiez,
- 20:05mais pour moi,
- 20:05il y a donc les solvants dans lesquels on va extraire les molécules d'intérêt.
- 20:10Il y a aussi les méthodes.
- 20:13Il y a différentes méthodes.
- 20:14Qu'est-ce qui différencie de l'extraction qu'on pourrait faire dans un laboratoire à petite échelle de l'extraction industrielle ?
- 20:22Bien sûr,
- 20:22il y a les volumes,
- 20:23mais est-ce qu'il y a d'autres ?
- 20:25C'est tout en plus grande pression,
- 20:27plus élevé,
- 20:28volume plus important ?
- 20:30Ou est-ce qu'il y a des choses qui sont ?
- 20:32similaire dans un labo,
- 20:33et en fait,
- 20:34c'est à plus grande échelle niveau industriel,
- 20:36c'est quoi vraiment la grosse différence ?
- 20:39C'est une grosse partie de notre métier.
- 20:41Ça s'appelle en anglais le scaling up,
- 20:44et en bon français la mise à l'échelle.
- 20:47La montée en échelle.
- 20:48La montée en échelle d'un procédé.
- 20:50Pour faire simple,
- 20:51au labo,
- 20:52vous pouvez réussir à peu près tout ce que vous voulez faire.
- 20:57Vous pouvez aller gratter un ballon avec une petite cuillère.
- 21:00tout récupérer,
- 21:01même si ça colle,
- 21:04même si ça gratine,
- 21:05enfin bon,
- 21:06je caricature,
- 21:07et vous aurez toujours à peu près des super rendements quantitatifs et qualitatifs,
- 21:15vous aurez une super pureté et un très bon ratio d'extraction.
- 21:20Et vous avez les principes de base de votre extraction.
- 21:23Ensuite,
- 21:23il faut la mettre à l'échelle.
- 21:25Il faut que votre
- 21:28dilution de base,
- 21:30que votre macérat de base soit pompable.
- 21:33Il faut que vous puissiez le passer dans des séparateurs sans que ça bloque au bout de 10 minutes.
- 21:40Il ne faut pas que votre produit mousse...
- 21:43Je prends des exemples très concrets.
- 21:45Pendant son évaporation et sa concentration,
- 21:49parce que la formation de mousse,
- 21:52ça perturbe le fonctionnement de l'évaporateur.
- 21:55Je ne vous fais pas...
- 21:57tout le champ des impossibles auxquels on est confronté.
- 22:02Mais ça se passe toujours comme ça.
- 22:04De la même façon que quand vous faites un essai agronomique,
- 22:08vous faites pousser une nouvelle plante,
- 22:10vous la chouchoutez dans une serre,
- 22:13vous éloignez les insectes à la main,
- 22:17et vous avez quelque chose de fabuleux.
- 22:19Puis après,
- 22:20vous en faites 10 hectares et vous rentrez dedans à la moissonneuse bateuse.
- 22:23Vous allez voir que vos rendements...
- 22:25et votre qualité de produit va s'écrouler.
- 22:28Et notre boulot,
- 22:29quand on parle de développement de procédés,
- 22:31c'est ça.
- 22:32C'est,
- 22:33attention,
- 22:34telle étape,
- 22:35telle étape,
- 22:35telle étape,
- 22:36et au final,
- 22:38qu'est-ce qu'on va avoir de réaliste par rapport à ce qui aurait pu être une publication scientifique ?
- 22:45Qu'est-ce qu'on va être en mesure de produire,
- 22:49à quelle quantité,
- 22:51à quel coût et avec quelle qualité ?
- 22:54Et c'est tout notre travail depuis 40 ans.
- 22:58Alors,
- 22:58c'est ça que vous m'expliquez quand on préparait.
- 23:00J'ai trouvé ça vraiment bien et j'aimerais bien qu'on revienne dessus.
- 23:02C'est en gros,
- 23:03j'ai appelé ça les règles à respecter,
- 23:04mais ce n'est pas ça le terme.
- 23:05En gros,
- 23:06c'est comment vous,
- 23:06vous savez identifier une extraction qui sera intéressante et quels sont vos critères pour dire que le travail va être intéressant pour qu'une extraction ne soit pas juste une envie d'essayer quelque chose,
- 23:20mais vraiment intéressante pour tous les acteurs.
- 23:23Ce dont on avait parlé,
- 23:25et je pense qu'il faut le résumer comme ça,
- 23:28une extraction de plantes pour faire quelque chose pour un marché déterminé,
- 23:34il faut que tous les acteurs de la filière impliquée s'y retrouvent.
- 23:39Et ça commence par les producteurs.
- 23:44Et moi,
- 23:44j'insiste sur cette chose.
- 23:48Pour travailler de la biomasse,
- 23:49il faut de la biomasse.
- 23:51Ça a l'air stupide.
- 23:52comme affirmation.
- 23:54Mais il faut de la biomasse,
- 23:55il faut que cette biomasse soit disponible,
- 23:58il faut qu'elle soit rémunératrice pour le producteur de biomasse,
- 24:02parce que sinon,
- 24:03elle ne sera pas disponible parce qu'il ne va pas vouloir la planter,
- 24:06puisqu'il ne va pas gagner sa vie en la plantant.
- 24:10Il faut que l'extracteur,
- 24:13si c'est le même que le vendeur,
- 24:16il trouve son compte,
- 24:17c'est-à-dire qu'il faut que son procédé d'extraction Merci.
- 24:20soit suffisamment
- 24:22« sioux » pour ne pas faire de la surqualité.
- 24:27On n'a pas toujours les jours besoin de faire un extrait pur à 99%,
- 24:34sauf dans certains secteurs de la pharmacie.
- 24:39Il faut que les coproduits soient pris en compte,
- 24:42ce dont on parlait juste avant,
- 24:44parce que si vous allez extraire quelque chose qui représente 2%
- 24:49d'une...
- 24:49tonnes de feuilles,
- 24:50je ne sais pas ce que c'est,
- 24:53vous allez vous retrouver avec
- 24:57quasiment la tonne de feuilles en sortie.
- 25:01Elle a été humidifiée par de l'eau,
- 25:03donc ce n'est plus une tonne,
- 25:04mais c'est 10 tonnes.
- 25:05Vous n'allez vous retrouver qu'une masse de 10 tonnes de coproduits.
- 25:09Si vous ne savez pas quoi en faire et si vous n'avez pas de filière d'élimination,
- 25:13vous commencez à être pas bien.
- 25:18Il faut que ça corresponde à un prix d'acceptation sur le marché.
- 25:22Et chaque marché a son prix d'acceptation,
- 25:26sauf...
- 25:27dans des cas extrêmement rares.
- 25:30Je reparlais de la pharma,
- 25:36quand vous produisez des anticancéreux comme des vincamines ou des choses comme ça,
- 25:42je dirais que le prix sur le marché n'a pas énormément d'importance.
- 25:49Ce qui compte,
- 25:49c'est l'activité de la molécule et le fait que vous puissiez traiter
- 25:55soigner et faire que les gens qui aient à subir ce traitement soient en rémission après la cure.
- 26:06Mais tout ça,
- 26:07ça reste tout à fait exceptionnel.
- 26:09Donc le sourcing,
- 26:13une méthode d'extraction réfléchie,
- 26:18pas de surqualité et évidemment un prix qui correspond au prix d'acceptation sur le marché.
- 26:24Je dirais que la base,
- 26:26ça reste quand même le sourcing.
- 26:29Si,
- 26:30et ça nous arrive,
- 26:31si vous venez nous voir chez l'extractiste en disant « Voilà,
- 26:34j'ai une plante de collecte sur l'altiplano,
- 26:39dans les Andes,
- 26:42et je ne sais pas trop comment gérer les résidus de pesticides de la culture du quinoa à côté. »
- 26:49Moi,
- 26:49je vais tout de suite lever la main en disant « On se calme. »
- 26:53déjà,
- 26:54est-ce que vous respectez le principe de non-pillage des ressources ethnobotaniques du pays considéré ?
- 27:03C'est quoi votre filière d'approvisionnement ?
- 27:06Est-ce que vous pouvez garantir une traçabilité ?
- 27:09Si à l'ensemble de ces questions,
- 27:11il y a trop de non,
- 27:12ce n'est même pas la peine de se pencher sur un draft,
- 27:16sur un bout de papier de procédé d'extraction.
- 27:18Il faut arrêter tout de suite.
- 27:22Malheureusement…
- 27:23trop souvent,
- 27:25ça continue à apparaître ce genre de questions.
- 27:29Est-ce que vous avez un volume minimum pour faire fonctionner tout un système d'extraction ?
- 27:37Parce que vous l'avez dit,
- 27:38en labo,
- 27:38tout est possible,
- 27:39mais après,
- 27:39quand vous voulez essayer d'industrialiser,
- 27:41est-ce qu'il y a un volume minimum ?
- 27:43Et en gros,
- 27:43déjà,
- 27:44c'est rédhibitoire de se dire s'il n'y a pas assez de ressources,
- 27:46ce n'est pas possible.
- 27:48On a eu le cas,
- 27:50alors on a trois tailles d'atelier chez Extractis,
- 27:53un labo,
- 27:54alors le labo,
- 27:56tout est beau et tout est permis,
- 27:59le micro-pilote c'est quelques centaines de litres,
- 28:02ça met en œuvre quelques kilos de matière première,
- 28:06et puis ensuite on passe à l'extrapolation industrielle et au test de robustesse de procédés,
- 28:12ça s'appelle comme ça dans le jargon,
- 28:14où là il faut mettre en œuvre plusieurs tonnes de matière première.
- 28:20Et ça nous est arrivé,
- 28:22travaillé il y a quelques années,
- 28:25sur une huile essentielle.
- 28:29C'était une huile essentielle,
- 28:30la composition elle-même,
- 28:32il n'y avait pas de poids à se relever la nuit,
- 28:34c'était une huile essentielle.
- 28:36Par contre,
- 28:36elle était bleue,
- 28:38avec un composé qui s'appelle le chamazulène,
- 28:41et ça accordait à cette huile essentielle,
- 28:44en tout cas sur le marché.
- 28:46des vertus marketing extrêmement intéressantes.
- 28:50Elle était naturellement colorée en bleu,
- 28:52le pigment bleu n'est pas très répandu dans la nature.
- 29:00Par contre,
- 29:00c'était une plante de collecte.
- 29:03Il en fallait 200 grammes pour faire les essais au labo,
- 29:07c'était déjà compliqué.
- 29:08Et puis après les débuts de l'extrapolation,
- 29:11il en fallait une dizaine de kilos.
- 29:13Et à partir de là,
- 29:14ça a coincé.
- 29:17si vous voulez lancer la domestication entre guillemets de cette plante il va vous falloir 5 ans au minimum pour faire 2-3 champs d'essai ça veut dire que votre filière je reviens à ce mot de filière elle
- 29:31n'existe pas et elle ne sera pas créable vous voyez c'est ça et moi j'insiste toujours sur la plante,
- 29:39la plante,
- 29:39la plante on a un tel panel de technologies maintenant à disposition Merci.
- 29:45qu'on va toujours y arriver,
- 29:47à extraire,
- 29:48à purifier,
- 29:48à faire ce qu'on veut.
- 29:50Si on n'a pas la ressource,
- 29:51ou si c'est une ressource fluctuante,
- 29:53dont on ne peut pas tracer la qualité.
- 29:57Alors justement,
- 29:58j'ai une question à vous poser par rapport,
- 30:00donc deux secondes,
- 30:01on revient à la couleur végétale,
- 30:02mais par exemple,
- 30:03la persiquaire indigo,
- 30:04qui est une des plantes qui donne le bleu,
- 30:06qui est cultivée par pas mal d'agriculteurs,
- 30:08enfin ça revient,
- 30:09c'est vraiment très peu d'agriculteurs,
- 30:11on est moins que les pâmes,
- 30:13plantes à parfum et médicinales,
- 30:14qui sont à 1%
- 30:15sur le territoire,
- 30:15on est encore moins,
- 30:17mais ce que je veux dire,
- 30:17c'est que la persiquaire indigo,
- 30:20elle est collectée fraîche et transformée tout de suite pour extraire le bleu.
- 30:26Est-ce que vous avez des cas comme ça,
- 30:27où en gros,
- 30:27il y a même une logistique à penser,
- 30:30c'est-à-dire au moment où les agriculteurs déclenchent une récolte,
- 30:34il faut récolter et rassembler tout au même endroit pour une extraction ?
- 30:39Est-ce que ça s'est déjà arrivé ?
- 30:41Parce que j'ai un peu l'impression que c'est un peu notre problème,
- 30:44la filière tinctoriale,
- 30:45cette histoire de travailler la feuille fraîche.
- 30:49C'est le problème,
- 30:50pas uniquement sur les plantes tinctoriales.
- 30:53dès que vous travaillez du végétal frais,
- 30:57qui est produit de façon dispersée,
- 31:02atomisée,
- 31:03par plusieurs petits bioproducteurs,
- 31:06et quand je dis petits,
- 31:07ce n'est pas péjoratif,
- 31:08mais ça peut être des cultures de diversification à côté,
- 31:12donc ils ont,
- 31:13je n'en sais rien,
- 31:14un demi-hectare,
- 31:15un hectare,
- 31:15par-ci,
- 31:16par-là,
- 31:18que vous avez des soucis de stabilisation,
- 31:20parce que...
- 31:22les bactéries lactiques,
- 31:24elles aiment bien les feuilles,
- 31:25et donc ça va se mettre à fermenter extrêmement rapidement.
- 31:29Vous êtes confronté à ce problème,
- 31:31je reviens toujours à la même chose,
- 31:32de sourcing,
- 31:34de collecte et de mobilisation de la matière première végétale.
- 31:38C'est le cas dans d'autres filières.
- 31:41Je ne sais pas si vous consommez des épinards surgelés ou en conserve,
- 31:48grande marque française qui fait des tas de boîtes de conserve.
- 31:53il faut qu'entre la coupe et l'arrivée à l'usine pour le blanchiment et la surgélation ou la mise en conserve il y a deux filières il faut qu'il y ait moins de deux heures il faut que ça droppe parce que sinon la
- 32:09fermentation démarre et le goût consommateur ne mangera plus vos produits le problème de la plante euh
- 32:21Vous ne l'avez pas sur les graines,
- 32:23vous ne l'avez pas sur les plantes séchées,
- 32:26des choses comme ça.
- 32:26Dès que vous travaillez de la matière première fraîche,
- 32:29vous êtes confronté à ce problème.
- 32:31Nous,
- 32:31quand on travaille certaines macro-algues ou cyanobactéries,
- 32:39on est obligé de les recevoir en congelé,
- 32:43d'avoir des cycles de décongélation optimisés.
- 32:48Et c'est jouable,
- 32:48pourquoi ?
- 32:49Parce que le marché de sortie,
- 32:51qui est dans ce cas le complément alimentaire,
- 32:54la marge générée par ce marché de sortie permet de payer ces coûts de stabilisation,
- 33:01de congélation.
- 33:02Si vous êtes sur des produits à faible valeur ajoutée,
- 33:07ça ne fonctionne pas.
- 33:09Donc la logistique,
- 33:11sourcing,
- 33:12la collecte et la mobilisation de la ressource,
- 33:15c'est une des problématiques dès qu'on travaille sur le frais.
- 33:18Oui.
- 33:18Ok.
- 33:19Alors,
- 33:20je voulais vous poser une autre question.
- 33:22J'ai reçu un acteur de la chimie,
- 33:26le groupe Berkham.
- 33:27Oui.
- 33:28Et en fait,
- 33:28ils m'ont expliqué,
- 33:29alors rapidement,
- 33:30je vous la fais hyper courte,
- 33:31mais qu'en gros,
- 33:33pour eux,
- 33:34la couleur pouvait être gênante.
- 33:36Et qu'en gros,
- 33:37eux,
- 33:37enlever la couleur dans certains procédés.
- 33:39C'est ce que je vous ai livré quand on a préparé cet épisode.
- 33:42En gros,
- 33:42moi,
- 33:43j'aimerais comprendre pourquoi on enlève du coup la couleur.
- 33:48Est-ce que ça rajoute une étape supplémentaire ?
- 33:53Est-ce que ça ne peut pas être intégré dès le début dans le cahier des charges en se disant,
- 33:56voilà,
- 33:56on veut telle couleur ?
- 33:58Donc,
- 33:58s'il y a présence dans les molécules et dans l'extraction,
- 34:02cette couleur qui apparaît,
- 34:03on la laisse.
- 34:04En fait,
- 34:04pourquoi on enlèverait cette couleur ?
- 34:09Vaste question à laquelle je vais essayer de répondre.
- 34:13Quand vous travaillez dans certains secteurs d'application,
- 34:16et en particulier...
- 34:18mais pas que.
- 34:19Dans le secteur de la cosmétique,
- 34:24ou dans certains secteurs ou sous-secteurs des ingrédients alimentaires,
- 34:30vous voulez avoir un produit qui ait par exemple des propriétés fonctionnelles,
- 34:36je ne sais pas,
- 34:36il est texturant,
- 34:37il est foisonnant,
- 34:42et vous souhaitez,
- 34:43si vous travaillez dans l'alimentaire par exemple,
- 34:47ou dans la cosmétique,
- 34:49vous souhaitez gérer vous-même,
- 34:52comme vous le voulez,
- 34:53le goût.
- 34:54la couleur,
- 34:56l'odeur éventuelle.
- 34:58Et donc,
- 34:58vous ne souhaitez pas être perturbé par des composés présents et résiduels après extraction qui vont venir perturber votre système de vente.
- 35:13Vous fabriquez un rouge à lèvres,
- 35:15vous souhaitez vous-même gérer le rouge directement avec tout un tas de choses,
- 35:22des pigments minéraux ou autre.
- 35:24ou végétaux,
- 35:25mais vous souhaitez partir d'une base neutre,
- 35:28la plus neutre possible.
- 35:31Idem,
- 35:31par exemple,
- 35:32sur les protéines végétales,
- 35:34alors ça n'a rien à voir,
- 35:35il y a de la couleur,
- 35:36il y a des off-flavors,
- 35:37il y a des arrière-goûts,
- 35:42comme disons bon français,
- 35:44et vous souhaitez vendre,
- 35:46j'en sais rien,
- 35:47un équivalent chair de crabe ou surimi végétal,
- 35:51et vous souhaitez l'aromatiser vous-même.
- 35:53ne pas être perturbé.
- 35:54Donc,
- 35:54il faut se débarrasser.
- 35:56Alors là,
- 35:56pour le coup,
- 35:57c'est de l'élimination de composés indésirables.
- 36:01Pour certains secteurs,
- 36:02c'est des composés désirables et pour d'autres secteurs,
- 36:05ils deviennent indésirables.
- 36:06Et le principe de base,
- 36:11c'est la cosmétique.
- 36:12Il faut que ça soit blanc ou off-white,
- 36:15comme c'est indiqué dans les fiches techniques,
- 36:19colorless,
- 36:20odorless,
- 36:22point.
- 36:23D'accord.
- 36:24Et du coup,
- 36:25est-ce qu'on a déjà essayé d'évaluer dans tout ce process ?
- 36:30Par exemple,
- 36:30on extrait,
- 36:31on enlève la couleur pour que le produit soit neutre et derrière,
- 36:36les marques rajoutent une couleur ou des choses.
- 36:39Est-ce qu'on a évalué ?
- 36:41Est-ce que des fois,
- 36:42les couleurs sont les mêmes ?
- 36:43On va enlever,
- 36:43par exemple,
- 36:43je ne sais pas,
- 36:44un pigment orange et rouge,
- 36:46finalement,
- 36:47pour que les industriels remettent du orange et rouge.
- 36:49Est-ce que là,
- 36:50il n'y a pas une histoire de bon sens et de se dire,
- 36:52est-ce qu'on ne l'intégrerait pas au début ?
- 36:56Oui,
- 36:57il pourrait y avoir du bon sens,
- 36:58mais le consommateur final veut une stabilité parfaite de son produit lors des opérations d'achat et de réachat.
- 37:11Si vous laissez du orange...
- 37:14qui vient de je ne sais quoi et qui en a un peu trop et que vous n'arrivez pas à compenser avec la formule et puis il faudrait adapter votre formule de post-coloration sans arrêt ça n'intéresse personne et si vous avez un
- 37:30produit je ne suis pas obsédé par les rouges à lèvres mais dont le rouge fluctue tous les 6 mois au final la consommatrice
- 37:44ou consommateur,
- 37:45je ne sais rien,
- 37:45au final,
- 37:47va dire « Non,
- 37:47mais j'achète plus ce produit-là,
- 37:48ça ne va pas du tout.
- 37:50Moi,
- 37:51je veux tel rouge dans la gamme. »
- 37:54Et le seul moyen de s'en sortir,
- 37:55c'est de recolorer toujours de la même façon.
- 37:58D'accord,
- 37:58ok.
- 37:59Donc,
- 38:00soit c'est un changement des mentalités et l'acceptation que les « lots »
- 38:04ne soient pas toujours les mêmes,
- 38:05mais il y a encore un chemin important à faire qui a l'air très long et peut-être jamais ça n'arrivera.
- 38:14Ou sinon,
- 38:15comme vous l'avez dit,
- 38:15on repart de zéro et cette couleur,
- 38:17on l'élimine.
- 38:18Alors,
- 38:18ma question aussi,
- 38:19c'est est-ce que cette couleur qui est éliminée,
- 38:23elle pourrait être récupérée ?
- 38:24C'est-à-dire,
- 38:24est-ce que vous,
- 38:25vous pourriez avoir des big tanks avec du orange,
- 38:29du vert que vous avez viré,
- 38:31du brun ?
- 38:32Est-ce que ça,
- 38:32c'est envisageable ou je suis complètement perché,
- 38:35bisounours ?
- 38:38C'est technologiquement envisageable,
- 38:41sauf que ça va être...
- 38:42tellement diluée que c'est économiquement pas envisageable.
- 38:46Vous voyez ?
- 38:50On en revient toujours à des basses réalités matérielles.
- 38:56Combien ça coûte et combien je peux le valoriser.
- 39:01Parce que tout ça,
- 39:02ça vient aussi de quelque chose d'extrêmement important à mentionner.
- 39:09Toutes ces molécules dont on parle,
- 39:11les molécules colorantes,
- 39:12sont ce qu'on appelle en physio végétal des métabolites secondaires.
- 39:18Ils sont présents en très petite quantité.
- 39:21Alors,
- 39:21ils peuvent avoir un pouvoir colorant extrêmement puissant,
- 39:24mais ils ne représentent qu'une fraction minime du reste de la matrice végétale.
- 39:30Et pour les extraire,
- 39:33il faut les diluer.
- 39:35Tout ça,
- 39:36ça se termine par un calcul de kilowatts nécessaires pour la concentration et une possibilité de marcher.
- 39:48ou pas,
- 39:49face à des pigments minéraux,
- 39:51à des pigments de synthèse,
- 39:53à des colorants de synthèse,
- 39:57qui sont là depuis longtemps.
- 39:59Je crois que la première synthèse chimique industrielle,
- 40:03l'une des premières,
- 40:04c'est l'aniline.
- 40:06C'est un colorant violet.
- 40:08Je crois que c'est carrément fin
- 40:1019e. C'est très,
- 40:11très vieux.
- 40:13Et c'est là qu'on a arrêté de...
- 40:17de tremper des fragments d'étoffes dans des bacs avec des résultats fluctuants et qu'on a commencé à standardiser et la standardisation allait dans un rayon de fruits et légumes les tomates elles sont toutes magnifiques bien temperées alors
- 40:36maintenant il y a les légumes moches mais ça n'a qu'un succès d'estime oui c'est marketing mais pas loin ouais
- 40:47D'accord.
- 40:49Alors,
- 40:49j'avais une question.
- 40:50J'ai lu,
- 40:50alors,
- 40:51moi,
- 40:51je suis des Hauts-de-France,
- 40:52j'ai lu,
- 40:53en remontant dans la région de France,
- 40:55le fait qu'on avait un avantage en France,
- 40:58justement,
- 40:59sur tout ce qui était chimie verte,
- 41:01extraction,
- 41:01etc.
- 41:02Il y a beaucoup d'acteurs extracteurs en France,
- 41:05où c'est des métiers assez rares,
- 41:08et ça se passe plutôt à l'étranger,
- 41:09ou il y a quand même...
- 41:11Alors,
- 41:12il y a une activité historique d'extraction.
- 41:16parfums et de plantes à parfum,
- 41:19on va dire plutôt au sud de la Loire.
- 41:23On va faire simple et couper la France en deux.
- 41:28Il y a des extracteurs qui travaillent depuis très très longtemps sur des principes pharmaceutiques issus des plantes.
- 41:40Il y a des boîtes
- 41:42importantes et performantes comme Pierre Fabre,
- 41:46qui font ça depuis des années avec des technologies éprouvées.
- 41:50Il y a des extracteurs qui,
- 41:55depuis 20 ans maintenant,
- 41:58ont commencé à surfer et à étendre leur gamme sur des produits cosmétiques dérivés du vin et de la vigne.
- 42:08Je ne citerai pas de marque.
- 42:11mais qui sont là encore,
- 42:13tout ça c'est basé sur le sourcing on est passé deuxième on est le deuxième pays européen producteur de vin ah bon ?
- 42:23on est passé deuxième ?
- 42:24on est passé derrière l'Italie en PIB par tête d'habitant aussi on est passé derrière l'Italie mais c'est parce qu'ils ont des natalités encore plus connues j'en reviens toujours à la même chose le sourcing
- 42:39les plantes aromatiques et médicinales.
- 42:42Il y a une tradition séculaire,
- 42:47d'Angers jusqu'à Grasse,
- 42:49sur ces productions-là.
- 42:51Et donc,
- 42:52évidemment,
- 42:53il y a des sociétés qui se sont créées,
- 42:55qui se sont spécialisées et qui ont développé un vrai savoir-faire autour de ces filières.
- 43:02Malheureusement,
- 43:05j'en reviens aussi à la biomasse,
- 43:07la collecte.
- 43:09Il y a la belle lurette que l'ensemble des distillats de pétales de rose ne se fait plus vraiment en France métropolitaine,
- 43:17parce que le SMIC horaire n'est pas génial,
- 43:21mais il est encore moins élevé dans certains pays.
- 43:27On en revient toujours au champ.
- 43:29En fait,
- 43:29je m'aperçois que je dis toujours la même chose.
- 43:31Non,
- 43:32non,
- 43:32mais c'est hyper éclairant.
- 43:36D'accord,
- 43:36donc est-ce que...
- 43:37Par rapport aux autres pays,
- 43:39la France a un avantage sur la partie extraction.
- 43:42C'est-à-dire,
- 43:43comme vous le disiez,
- 43:44c'est un peu une tradition,
- 43:46les plantes à parfum aromatiques et médicinales.
- 43:48Est-ce que vous diriez que c'est un avantage un peu compétitif qu'à la France,
- 43:53ou pas,
- 43:53où je m'emballe ?
- 43:55Plus maintenant,
- 43:59parce que la collecte qui implique de la main-d'œuvre,
- 44:05pas toutes les collectes,
- 44:07va évidemment se déplacer dans des pays où,
- 44:13socialement,
- 44:15l'accès à la manœuvre est facilité.
- 44:18Je ne dis pas que je cautionne ça,
- 44:20mais c'est un constat.
- 44:21Les technologies,
- 44:22elles sont largement diffusées partout.
- 44:25Les plus grandes unités de CO2 supercritiques dans le monde,
- 44:31sauf erreur de ma part,
- 44:32elles sont en Inde.
- 44:34un parce que
- 44:36L'Inde est un pays de contraste avec une pauvreté immense d'un côté et des ingénieurs extrêmement bien formés de l'autre côté.
- 44:45Un pays traduit...
- 44:48traditionnellement producteurs d'épices,
- 44:51la route des Indes,
- 44:53ils ont été les premiers à intégrer une technologie pointue qui a une trentaine d'années,
- 44:58simplement c'est jeune pour une techno,
- 45:01qui s'appelle l'extraction par CO2 supercritique,
- 45:04donc au dioxyde de carbone.
- 45:07Si vous pouvez l'expliquer pour les auditeurs,
- 45:10expliquer un petit peu le principe général,
- 45:12pour que tout le monde suive.
- 45:15Le CO2,
- 45:15c'est le gaz carbonique,
- 45:16Merci.
- 45:18on en expire quand on respire,
- 45:21en tant qu'animal vivant,
- 45:25les plantes l'absorbent,
- 45:29c'est aussi un des principaux gaz à effet de serre,
- 45:32mais enfin c'est un gaz commun,
- 45:35et ce gaz,
- 45:36comme si vous le comprimez,
- 45:40comme dans des bouteilles de butane,
- 45:42que vous avez peut-être encore chez vous,
- 45:43ou certains auditeurs ruraux.
- 45:46peut-être encore des bouteilles bleues ou des bouteilles vertes,
- 45:49propane,
- 45:49butane,
- 45:50ce gaz devient liquide,
- 45:53vous pouvez l'utiliser comme solvant,
- 45:55il a des propriétés de solvant extrêmement intéressantes,
- 46:00et ça vous permet d'extraire tout un tas d'huiles essentielles,
- 46:07de pigments,
- 46:12de poivre,
- 46:14de houblon pour faire de la bière.
- 46:16Les extraits de houblon,
- 46:17maintenant,
- 46:18ils sont faits au CO2 supercritique.
- 46:22Et ça vous permet,
- 46:24éventuellement,
- 46:25si vous souhaitez,
- 46:26de décaféiner du café.
- 46:29Il y a 50 ou 60 ans,
- 46:30c'était fait au trichloroéthylène.
- 46:34Oui,
- 46:34j'avais appris ça.
- 46:35C'était sympa comme relevant.
- 46:38Donc voilà.
- 46:40Et quand ça se détend,
- 46:41ça devient du gaz,
- 46:43c'est du CO2 absolument pas toxique aux quantités normales présentes dans l'atmosphère.
- 46:50C'est du CO2 que vous aviez capté dans l'atmosphère,
- 46:52vous l'avez comprimé,
- 46:53vous l'avez utilisé comme solvant,
- 46:55et vous le relâchez,
- 46:57donc c'est en bilan,
- 47:00en économie carbone,
- 47:01c'est pas mal.
- 47:02Et surtout,
- 47:02c'est zéro résidu,
- 47:04zéro tox.
- 47:05Donc ça a plein d'avantages.
- 47:07C'est une technologie claire.
- 47:09et qui s'applique donc à des produits,
- 47:13ça n'a rien,
- 47:13si vous prenez de l'huile essentielle de clous de girofle ou de poivre,
- 47:17ça coûtait extrêmement cher,
- 47:19et donc vous pouvez utiliser une technologie un peu up-to-date,
- 47:25un peu Rolls-Royce,
- 47:26mais qui a plein d'avantages.
- 47:29D'accord,
- 47:29ok.
- 47:32Ça s'est déplacé en Inde,
- 47:33par exemple,
- 47:34parce que c'est un grand pays de tradition de production d'épices.
- 47:39Ils ont des super universités,
- 47:43centres de recherche,
- 47:44et ils ont implanté ce type de technologie.
- 47:48Donc voilà,
- 47:49il n'y a plus vraiment,
- 47:50je dirais,
- 47:50d'avantages concurrentiels sur le territoire métropolitain.
- 47:57Tout le monde est au même niveau technologique.
- 47:59Et nous,
- 47:59en plus,
- 48:00on a un souci,
- 48:02et c'est dû à notre excellent système social,
- 48:05on a un souci de coup de main-d'œuvre pour récolter des trucs à la main.
- 48:11C'est ça,
- 48:11on l'a bien illustré.
- 48:12En fait,
- 48:13on a relu des traités agronomiques où on voyait qu'il y avait énormément de personnes dans les champs qui venaient récolter la garance ou qui venaient récolter toutes les plantes panctoriales avant.
- 48:23Les plantes qu'on disait industrielles,
- 48:24mais il y avait une quantité de main-d'œuvre incroyable.
- 48:27Aujourd'hui,
- 48:27ce n'est plus possible.
- 48:28Il faut se réinventer,
- 48:29il faut revoir une réalité.
- 48:32C'est plus envisageable.
- 48:34Oui,
- 48:34c'est plus envisageable.
- 48:35Alors,
- 48:37ça se mécanise,
- 48:38ça se structure,
- 48:39mais il y a encore du boulot.
- 48:40Mais c'est hyper intéressant ce que vous m'avez abordé sur le sourcing,
- 48:45la collecte et la mobilisation de la ressource.
- 48:48Et je me dis même,
- 48:50peut-être que par exemple,
- 48:51pour reparler de la persiquaire à indigo qui donne le bleu,
- 48:54peut-être même qu'il faut l'envisager de la travailler autrement que fraîche pour peut-être limiter ces contraintes de logistique.
- 49:01Mais bon,
- 49:01bref,
- 49:01il y a encore plein de choses à creuser.
- 49:05J'avais des questions d'illustration,
- 49:07parce que vous m'aviez parlé de bleuillir les armes des canons.
- 49:14Vous êtes le premier à avoir raconté ça,
- 49:16et je pense que ça va intéresser certains auditeurs.
- 49:19Est-ce que vous pouvez nous raconter cette…
- 49:22C'est une très,
- 49:23très vieille recette,
- 49:25et je pense qu'en fin de podcast,
- 49:30vous m'avez éventuellement…
- 49:34tendu la perche pour qui d'autre a interviewé sur le sujet je pense que je citerais pour une fois le nom d'une société française c'est une illustration d'une utilisation
- 49:51quasi ancestrales et traditionnelles sur les armes de prestige.
- 49:57Alors,
- 49:57ce n'est pas,
- 49:58je suppose,
- 49:58pour les fusils militaires et pour les canons du roi soleil,
- 50:06mais pour les armes de duel,
- 50:08certainement.
- 50:09Et donc,
- 50:09ça ne remonte pas à avant-hier.
- 50:12Il y a tout un processus de pré-oxydation des canons,
- 50:17des choses comme ça.
- 50:19de ponçage,
- 50:20de lissage,
- 50:20et si vous voulez avoir un rendu à l'œil qui se termine par un bleu-violet extrêmement profond,
- 50:29qui fasse riche,
- 50:31je suppose,
- 50:31avec des ornementations en argent ou en acre sur la crosse de votre pistolet de duel,
- 50:36que vous allez utiliser le lendemain en espérant ne pas être le dernier à tirer.
- 50:45il y a des vieilles recettes avec de l'extrait de bois de campèche qui est un bois exotique qui va vous donner un fini absolument bleuté,
- 50:59profond,
- 50:59brillant.
- 51:02Ça devait très certainement être réservé à des armes de luxe mais je sais que c'est toujours utilisé par les collectionneurs dans des...
- 51:13des trucs et astuces de bleuissement.
- 51:17Et il paraît,
- 51:19j'ai lu à l'époque,
- 51:19que c'était la seule façon d'avoir ce bleu profond qui attirait.
- 51:24C'est génial.
- 51:27Je pense que ça va passionner pas mal d'historiens,
- 51:29parce qu'on a beaucoup d'historiens aussi dans les auditeurs,
- 51:31et je pense que vous êtes le premier à m'en avoir parlé.
- 51:35Vous êtes aussi le premier,
- 51:36enfin l'un des premiers,
- 51:37à m'avoir un peu ouvert les yeux sur les tannins et leur emploi actuel.
- 51:44Alors j'aimerais qu'on en parle un petit peu.
- 51:48On avait en préparant parlé de plusieurs bois qui étaient utilisés,
- 51:52des avantages de ces tannins.
- 51:54Est-ce que vous pouvez nous raconter un petit peu sur les tannins,
- 51:59comment c'est utilisé aujourd'hui,
- 52:00le gain de temps que ça fait,
- 52:02etc.
- 52:03Alors là,
- 52:04on va sortir un peu du simple pouvoir de coloration pour...
- 52:10couplé un pouvoir de coloration avec un profil organoleptique gustatif.
- 52:19Les alcools vins et spiritueux,
- 52:22depuis des siècles et des siècles,
- 52:26sont plus conservés dans des amphores,
- 52:29mais dans des tonneaux.
- 52:30Parce que,
- 52:32je ne sais pas pourquoi,
- 52:33c'est peut-être plus simple à fabriquer et les contenances sont plus importantes.
- 52:40Je suppose également que les premiers viticulteurs,
- 52:46fabricants d'alcool et spiritueux,
- 52:48ont découvert qu'il y avait de la migration de composer des bois,
- 52:53des tonneaux dans leurs produits et qu'en travaillant correctement dans des conditions contrôlées,
- 53:02en gérant la provenance des bois,
- 53:04leur stockage,
- 53:05tout ça,
- 53:05ça s'est mis en place.
- 53:06On s'est rendu compte que...
- 53:09C'est pas...
- 53:09je ne suis pas très expert en vin ou en whisky,
- 53:14telle chaîne stockée dans telle condition va conférer au whisky un goût,
- 53:21une couleur,
- 53:23une rondeur qui fait que c'est quand même beaucoup mieux que de le laisser dans des bonbonnes en verre,
- 53:31par exemple.
- 53:34Idem pour le vin,
- 53:36les tonneaux de vin peuvent servir aussi après...
- 53:39plusieurs années pour stocker du single malt ou du bourbon et serre.
- 53:46Tout ça,
- 53:47je suppose que ça a été découvert de façon très empirique,
- 53:51comme beaucoup de choses.
- 53:55C'est passé depuis quelques dizaines d'années dans la moulinette des machines de laboratoire qui analysent et décryptent toutes les molécules et qui peuvent,
- 54:08je dirais,
- 54:10rendre ça très tangible en termes de quantité,
- 54:16qualité,
- 54:17durée et autres.
- 54:19Et depuis,
- 54:20je pense que ça dure depuis quand même,
- 54:22là aussi,
- 54:23plusieurs décennies,
- 54:25les tannins issus de certains bois,
- 54:31en oenologie ou dans certains secteurs des boissons spiritueuses,
- 54:37on préfère
- 54:39Au lieu de confier tout ça à la nature dans une cave et dans un tonneau,
- 54:43en ne gérant pas forcément tous les paramètres qui fait que d'une année sur l'autre,
- 54:47vous allez voir des crues qui sont bonnes,
- 54:49d'autres moins bonnes,
- 54:51on préfère extraire les tannins de ces bois.
- 54:57en mettre une quantité judicieusement mesurée et avoir un effet qui soit stable.
- 55:03Alors,
- 55:04ce n'est pas autorisé dans les appellations d'origine contrôlée,
- 55:10c'est largement utilisé dans tout un tas de continents qui font du vin encore plus industriel que le nôtre.
- 55:19Le vin,
- 55:19c'est très technologique aussi.
- 55:23Vous choisissez votre bois,
- 55:25vous choisissez la taille de vos copeaux pour avoir un coefficient de diffusion différent.
- 55:32Vous choisissez votre solvant d'extraction avec de l'eau et plus ou moins d'éthanol.
- 55:37Vous avez aussi torréfié plus ou moins votre bois au début,
- 55:41parce que ça confère d'autres goûts,
- 55:44plus vanillés,
- 55:45plus brûlés.
- 55:46Vous faites votre extrait,
- 55:48vous le concentrez,
- 55:49vous le séchez,
- 55:50vous en mettez quelques grammes par hectolite.
- 55:53Et vous avez un vin rouge absolument standardisé et magnifique.
- 55:58On y revient.
- 55:59Est-ce que tout ça est très moral ?
- 56:02Je n'en sais rien.
- 56:03En tout cas,
- 56:04tout ça,
- 56:05j'en reviens à ce que je disais tout à l'heure,
- 56:07tout ça vous produit un produit sans surprise.
- 56:13Vous savez qu'il est stable et l'année suivante,
- 56:15ce sera le même produit.
- 56:20Est-ce bien ?
- 56:22Est-ce bien raisonnable ?
- 56:23J'en sais rien.
- 56:23En tout cas,
- 56:24c'est une industrie qui est très importante et ça travaille avec trois bois essentiellement,
- 56:30enfin trois essences,
- 56:34le chêne.
- 56:35Certains chênes issus de certaines régions,
- 56:38il y a aussi un effet terroir,
- 56:41du châtaignier,
- 56:43donc des bois plutôt nobles,
- 56:46et un bois d'Amérique du Sud qui s'appelle le quebracho.
- 56:50qui est un bois extrêmement tannique,
- 56:54extrêmement dur.
- 56:56C'est vraiment totalement indestructible comme matrice végétale.
- 57:02Quebracho,
- 57:03en espagnol,
- 57:03ça veut dire brise hache.
- 57:06Donc,
- 57:07le bois sur lequel votre hache se brise.
- 57:11Et ça,
- 57:11c'est,
- 57:13je dirais,
- 57:13un exemple de l'application des technologies et surtout
- 57:19des technologies analytiques modernes à un savoir-faire ancestral empirique.
- 57:27Et ça,
- 57:27moi,
- 57:28je trouve ça super intéressant.
- 57:29C'est bien maîtrisé,
- 57:31ça peut être quelque chose de vraiment bien.
- 57:34Il faut que ça reste maîtrisé,
- 57:36que ça soit autorisé dans tel et tel secteur ou pas.
- 57:41En tout cas,
- 57:42je trouve,
- 57:42j'aime beaucoup cette idée de...
- 57:45C'est presque de l'ethno-botanique.
- 57:47Tiens,
- 57:47on a découvert ça.
- 57:49Pourquoi ?
- 57:49C'est quoi les composés chimiques qui sont impliqués dans ce processus ?
- 57:55Comment on peut les extraire ?
- 57:57Comment on peut les marier ensemble pour faire ce qu'on souhaite obtenir ?
- 58:03Et on le fait.
- 58:05Et ça,
- 58:05ce n'est pas possible jusqu'avant les années 50,
- 58:10l'invention de l'HPLC,
- 58:13des chromatogaz divers et variés.
- 58:16Après,
- 58:17le truc le plus important,
- 58:18selon moi,
- 58:18c'est que ce soit bien indiqué aux consommateurs et qu'ils ne se sentent pas lésés de découvrir qu'en fait,
- 58:23c'est comme si on épissait son vin.
- 58:26Vraiment de la transparence.
- 58:28Bien sûr,
- 58:28bien sûr.
- 58:29Mais il faudrait reprendre,
- 58:33je ne sais pas si c'est une réglementation ou un code des usages.
- 58:38Je sais que ce n'est pas autorisé partout.
- 58:39Alors en France,
- 58:40évidemment,
- 58:41ce n'est pas autorisé partout.
- 58:43dans des tas d'autres pays du monde.
- 58:46Ne vous inquiétez pas,
- 58:47c'est autorisé.
- 58:49Mais moi,
- 58:54ce que j'aime bien,
- 58:55j'aime bien ce transfert de connaissances,
- 58:58de savoir-faire ancestral à quelque chose de plus moderne.
- 59:04Est-ce que la modernité,
- 59:05c'est bien ou pas ?
- 59:06C'est un autre débat.
- 59:07Mais j'aime beaucoup cette explication.
- 59:12Après l'utilisation qui en est faite,
- 59:15c'est un autre débat.
- 59:16Mais je trouve ça absolument génial et c'est un impact remarquable de l'évolution des technologies.
- 59:31Top.
- 59:31Moi,
- 59:31ça m'avait passionné quand vous m'avez raconté ça,
- 59:33donc je voulais vraiment qu'on puisse en reparler.
- 59:35Bon,
- 59:35j'ai plusieurs sujets encore à voir avec vous.
- 59:38Je voudrais d'abord qu'on revoie un peu les termes qu'on avait employés au début,
- 59:42qui sont typiques de l'extraction.
- 59:44Vous m'avez parlé plusieurs fois de fractionner,
- 59:47de purifier.
- 59:48Est-ce que vous pourriez nous décrire en mots compréhensibles,
- 59:52en gros,
- 59:52quand on fractionne ?
- 59:53Bon,
- 59:53ça va aller.
- 59:54En mots simples.
- 59:55pour les auditeurs,
- 59:56pour que l'extraction soit beaucoup plus claire pour eux,
- 59:59parce que j'avoue,
- 59:59depuis le début,
- 1:00:00je ne l'ai pas beaucoup abordé sur le podcast,
- 1:00:02et je me rends compte que c'est quand même le nerf de la guerre qui va quand même nous aider à retravailler notre sourcing,
- 1:00:08nos matières premières,
- 1:00:09envisager une logistique.
- 1:00:11Donc voilà,
- 1:00:11sur ces mots de vocabulaire-là,
- 1:00:13fractionner,
- 1:00:14purifier,
- 1:00:16des mots simples,
- 1:00:18en quoi ça consiste ?
- 1:00:21Fractionner une matrice végétale,
- 1:00:27Allez,
- 1:00:28le matin,
- 1:00:29je verse du café moulu dans un filtre,
- 1:00:36je mets de l'eau chaude sur ce filtre,
- 1:00:39et j'obtiens ce que moi j'appelle du café.
- 1:00:44C'est une première étape de fractionnement,
- 1:00:46c'est-à-dire que je suis allé chercher dans une matrice végétale une famille de composés.
- 1:00:55une grande famille de composés qui sont solubles dans l'eau chaude.
- 1:01:02Et mon café,
- 1:01:03c'est une grande famille,
- 1:01:05il y a tout un tas de trucs dedans.
- 1:01:06Pardon,
- 1:01:07si je veux aller récupérer la caféine présente dans ma tasse de café,
- 1:01:14je vais devoir la purifier.
- 1:01:16C'est-à-dire que dans ma grande famille qui compose ma tasse de café,
- 1:01:22il y a des tanins,
- 1:01:23il y a...
- 1:01:25des acides chlorogéniques,
- 1:01:26plus ou moins polymophates.
- 1:01:27Bref,
- 1:01:28il y a des centaines de composés là-dedans.
- 1:01:31Ce qui m'intéresse,
- 1:01:32parce que je veux en faire une molécule plus ou moins pure pour l'introduire dans des médicaments ou des boissons énergisantes,
- 1:01:45je vais aller récupérer la caféine.
- 1:01:47Ce n'est pas fait comme ça industriellement,
- 1:01:49je prends la caféine,
- 1:01:50du café,
- 1:01:51des caféines,
- 1:01:52c'est plus sûr que ça.
- 1:01:55et je la purifie.
- 1:01:56Mais si je veux aller purifier la caféine dans mon café,
- 1:02:00ça s'appelle une étape de purification.
- 1:02:02En fait,
- 1:02:03c'est une étape de post-traitement qui va vous permettre d'affiner votre recherche.
- 1:02:12Je ne sais pas,
- 1:02:13vous tapez une requête sur Google,
- 1:02:17la première grosse requête sur Google ou ailleurs,
- 1:02:19je ne suis pas marié avec eux,
- 1:02:21la première grosse requête,
- 1:02:22c'est vous fractionner.
- 1:02:24Vous faites à gros bords quelque chose.
- 1:02:26Et puis ensuite,
- 1:02:27vous allez essayer de travailler en entonnoir de plus en plus près de ce que vous souhaitez faire.
- 1:02:35Alors,
- 1:02:35si vous êtes dans les couleurs végétales,
- 1:02:38vous n'avez pas forcément besoin de molécules pures à
- 1:02:4399%. Si vous êtes dans la pharma,
- 1:02:47là,
- 1:02:47vous voulez du 99,9%.
- 1:02:50sans traces de métaux lourds,
- 1:02:51sans quoi que ce soit,
- 1:02:52parce que l'utilisation,
- 1:02:54c'est de l'injectable dans le corps humain,
- 1:02:56par exemple,
- 1:02:57et là,
- 1:02:58on ne rigole pas.
- 1:03:00Si vous voulez faire des extraits de carottes pour l'alimentation,
- 1:03:07vous êtes peut-être pur à 30 ou 40 %.
- 1:03:10Vous avez une famille de composés plus ou moins pourpre et rouge.
- 1:03:15Point.
- 1:03:15D'accord.
- 1:03:16Mais surtout...
- 1:03:17Il ne faut pas aller se casser la tête à purifier ça à 90%.
- 1:03:21Parce que votre fabricant de steak végétaux,
- 1:03:26il ne va pas vous l'acheter au prix auquel vous aurez pu le produire.
- 1:03:30C'est toujours la même chose.
- 1:03:30D'accord.
- 1:03:32Donc,
- 1:03:32ne pas faire de la surqualité,
- 1:03:33on en parlait au début.
- 1:03:34C'est ça,
- 1:03:34c'est extraire que ce dont on a besoin,
- 1:03:37enfin purifier au niveau où on a besoin et selon l'application.
- 1:03:40Ok.
- 1:03:40Tout à fait.
- 1:03:41Donc,
- 1:03:41fractionner,
- 1:03:43c'est...
- 1:03:45Moi,
- 1:03:45j'aurais cru bêtement...
- 1:03:47couper,
- 1:03:47enfin,
- 1:03:48venir...
- 1:03:50Mais avec l'exemple du café,
- 1:03:51j'avoue que là,
- 1:03:51je suis un peu perdue.
- 1:03:52Fractionner,
- 1:03:53dans ce cadre-là,
- 1:03:55c'est enlever une partie,
- 1:03:56en fait.
- 1:03:57Oui,
- 1:03:57c'est ça,
- 1:03:58enlever une partie.
- 1:03:59Commencer à découper,
- 1:04:01à déconstruire.
- 1:04:03Au lieu de fractionner,
- 1:04:04on pourrait dire déconstruire la matrice végétale.
- 1:04:11Si vous voulez extraire des caroténoïdes d'une carotte,
- 1:04:17Voilà,
- 1:04:19vous allez devoir la blanchir déjà pour la stabiliser,
- 1:04:22pas que les systèmes enzymatiques commencent à dégrader votre matrice et ce que vous souhaitez en retirer.
- 1:04:30Vous allez ensuite la découper en morceaux.
- 1:04:34d'un certain rapport surface,
- 1:04:37longueur,
- 1:04:37largeur,
- 1:04:38parce que tout ça,
- 1:04:38ça compte.
- 1:04:39Et ça,
- 1:04:40c'est des maths.
- 1:04:41C'est juste un coefficient de diffusion.
- 1:04:44C'est des maths pures et dures.
- 1:04:51Ensuite,
- 1:04:51vous allez mettre le solvant adéquat.
- 1:04:56Tout ça,
- 1:04:56c'est du fractionnement.
- 1:04:57Et vous allez avoir une soupe de bêta-carotène avec tout un tas d'autres caroténoïdes.
- 1:05:04Si vous voulez du bêta carotène pur,
- 1:05:06il va falloir aller le purifier.
- 1:05:08Et là,
- 1:05:08c'est une autre paire de manches.
- 1:05:11Et vous avez intérêt à ce que votre marché soit prêt à payer.
- 1:05:14Ok,
- 1:05:15donc on comprend la différence entre fractionner et purifier.
- 1:05:19C'est beaucoup plus clair,
- 1:05:20c'est top.
- 1:05:22J'avais une question que je voulais aborder aussi avec vous.
- 1:05:24C'est sur les biotechnologies,
- 1:05:28sur cellules végétales.
- 1:05:29En fait,
- 1:05:30il y a peu de temps,
- 1:05:31on nous a un peu...
- 1:05:33Comment dire ?
- 1:05:34On a un peu voulu opposer les biotechnologies végétales avec la couleur végétale,
- 1:05:40en disant que l'un était mieux que l'autre ou pas.
- 1:05:42Pour moi,
- 1:05:43on répond tous les deux à la même chose,
- 1:05:45c'est-à-dire proposer une couleur plutôt durable avec chacun ses problèmes.
- 1:05:50On va dire que la couleur végétale,
- 1:05:52on en a parlé,
- 1:05:53l'histoire de la stabilité,
- 1:05:54le sourcing,
- 1:05:56on a notre lot de défis à relever,
- 1:05:58mais voilà.
- 1:06:01Est-ce que vous pouvez nous expliquer un petit peu ce que vous savez,
- 1:06:04ce que vous percevez sur les biotechnologies,
- 1:06:07sur cellules végétales,
- 1:06:08un peu ce qui se passe ?
- 1:06:10Et bien sûr,
- 1:06:11si vous avez des idées sur les liens avec la couleur,
- 1:06:13je prends bien sûr.
- 1:06:15Alors,
- 1:06:17quand j'étais dans mon labo à Paris 6,
- 1:06:20il y a très très longtemps,
- 1:06:22on passait notre temps à faire de la culture in vitro et donc de la biotech,
- 1:06:26et donc de la culture de cellules végétales indifférenciées.
- 1:06:30pour tester tout un tas de modèles.
- 1:06:33Et j'ose le dire,
- 1:06:34à l'époque,
- 1:06:34on faisait des OGM et des machins,
- 1:06:36des trucs comme ça.
- 1:06:37Bon,
- 1:06:38à titre de recherche,
- 1:06:39et puis c'était le début,
- 1:06:41en Europe,
- 1:06:42de cette technologie.
- 1:06:44Donc on sait faire,
- 1:06:46et on pourrait le faire à échelle tout à fait industrielle,
- 1:06:50on sait cultiver des cellules végétales,
- 1:06:53indifférenciées,
- 1:06:54faire ce qu'on appelle du cal,
- 1:06:57du cal végétal.
- 1:06:59Ah ouais,
- 1:07:00je me souviens.
- 1:07:00Voilà,
- 1:07:01on pourrait imaginer produire tout un tas de trucs avec ça,
- 1:07:08soit sans y introduire de gènes étrangers,
- 1:07:11soit en cultivant des cellules ou du chevelu racinaire.
- 1:07:17J'avais vu ça à l'époque chez une grande marque de boissons anisées qui cultivait du chevelu racinaire de gentillane pour faire de l'anéthole.
- 1:07:26Et avec l'anéthole,
- 1:07:27on fait du...
- 1:07:28Pastis.
- 1:07:30Donc,
- 1:07:31c'est vieux.
- 1:07:32La techno existe.
- 1:07:34La techno existe.
- 1:07:36Là encore,
- 1:07:36est-ce que le jeu en vaut la chandelle ?
- 1:07:39Dans quel cas le jeu en vaut la chandelle ?
- 1:07:42Peut-être,
- 1:07:44je suppose,
- 1:07:45pour produire,
- 1:07:47j'en sais rien,
- 1:07:48des antioxydants ou des anticancéreux spécifiques ou des choses comme ça.
- 1:07:53À mon humble avis,
- 1:07:55ça va rester cantonné à...
- 1:07:58des produits extrêmement spécifiques,
- 1:08:01à très haute valeur ajoutée,
- 1:08:03où on a besoin de cultures en milieu contrôlé pour vraiment tout bloquer et serrer les boulons dans tous les sens.
- 1:08:12Je n'ai pas d'exemple à vous citer de choses comme ça sur des échelles importantes.
- 1:08:21Je sais qu'aux États-Unis,
- 1:08:23il y a de la culture de...
- 1:08:26de chevelure racinaire,
- 1:08:28de plantes transgéniques pour produire des molécules pharmaceutiques.
- 1:08:33Mais là encore,
- 1:08:34c'est une techno chère.
- 1:08:38Et il faut que le jeu envahit la chandelle,
- 1:08:40c'est-à-dire que ça soit dédié à des choses de très haute valeur ajoutée.
- 1:08:45Si vous me dites qu'il me faut du...
- 1:08:49Je n'en sais rien,
- 1:08:49moi.
- 1:08:50La couleur orange pour renforcer la couleur du beurre ou des préparations d'origine végétale.
- 1:08:56à tartiner,
- 1:08:59vous prenez de la tagette.
- 1:09:00Oui,
- 1:09:01voilà.
- 1:09:02Voilà.
- 1:09:02Et parce qu'il vous en faut
- 1:09:0612 wagons-citernes par an pour votre usine.
- 1:09:08Vous voyez,
- 1:09:09ça n'a rien à voir.
- 1:09:10Et sur,
- 1:09:11par exemple,
- 1:09:12la garance qui est donc issue de racines et qui est quand même coûteuse,
- 1:09:17est-ce que ce serait envisageable de faire ça du chevelu,
- 1:09:21mais du chevelu qui doit avoir minimum 3 ans ?
- 1:09:24Enfin,
- 1:09:24en tout cas,
- 1:09:24en terre,
- 1:09:25c'est comme ça,
- 1:09:25on attend 3 ans.
- 1:09:26Est-ce que ce serait...
- 1:09:28Alors nous,
- 1:09:28on a travaillé en partenariat il y a...
- 1:09:314-5 ans avec l'ITEP-MAI,
- 1:09:33sur des cultures en aéroponie.
- 1:09:37Il n'y a plus de substrats,
- 1:09:39il n'y a plus de terre,
- 1:09:41il y a de la racine nue,
- 1:09:44à l'ombre,
- 1:09:44à l'abri des rayons UV,
- 1:09:48et des pulvérisations espacées de solutions nutritives.
- 1:09:53Et vous pouvez récolter,
- 1:09:56faire 3 ou 4 coupes,
- 1:09:59de racines,
- 1:10:01vous ne tuez pas la plante.
- 1:10:03C'est les plantes à traire,
- 1:10:04c'était pas ça ?
- 1:10:05Les plantes à traire,
- 1:10:06c'est en hydroponie.
- 1:10:09Le PAT,
- 1:10:10ça baigne dans une préparation.
- 1:10:15Là,
- 1:10:15avec le TEPMAI,
- 1:10:16on a été jusqu'au bout des essais,
- 1:10:19on avait pris un modèle expérimental,
- 1:10:21on avait pris la GIMOV comme plante.
- 1:10:26Ça semblait présenter,
- 1:10:27en tout cas,
- 1:10:28ça poussait
- 1:10:29tout aussi bien qu'une plante en terre,
- 1:10:31sauf qu'on pouvait faire trois coupes racinaires par an,
- 1:10:34et la plante continuait à se développer sans montrer aucun signe de faiblesse.
- 1:10:41Donc pour certains types de molécules,
- 1:10:45peut-être que oui,
- 1:10:46alors on n'a pas poursuivi l'expérimentation,
- 1:10:49c'était une collaboration entre eux et nous.
- 1:10:54Technologiquement,
- 1:10:55je pense qu'il y a tout un tas de choses qui sont faisables,
- 1:10:57là encore.
- 1:10:58Pourquoi faire ?
- 1:11:00Et pour quel type de marché ?
- 1:11:03Si vous mettez en place un champ en aéroponie,
- 1:11:07enfin une serre,
- 1:11:08pardon,
- 1:11:09en aéroponie pour faire de la garance,
- 1:11:12je ne suis pas sûr que le prix de vente de votre extrait de garance va payer les amortissements de vos serres et du chauffage et de la pulvée.
- 1:11:22C'est malheureux,
- 1:11:24mais il n'y a qu'une chose qui compte pour un producteur,
- 1:11:26c'est le compte de résultat.
- 1:11:28Le reste,
- 1:11:29c'est de la thérapie.
- 1:11:30Si demain,
- 1:11:32moi j'en ai vu quand je bossais en alimentaire,
- 1:11:33les scandales sanitaires où d'un coup,
- 1:11:35on fait une braquée radicale en se disant,
- 1:11:39j'en sais rien,
- 1:11:39mais moi je me dis si demain,
- 1:11:42malgré tous les invités qu'on a eus qui alertent,
- 1:11:45notamment sur les colorants synthétiques,
- 1:11:47les maladies que ça crée,
- 1:11:48les allergies,
- 1:11:49etc.
- 1:11:49Si demain,
- 1:11:50il y a un vrai scandale sur la couleur et que du jour au lendemain,
- 1:11:54il faut se bouger et que,
- 1:11:55en gros,
- 1:11:55je ne sais pas...
- 1:11:56on est pénalisé par la loi,
- 1:11:58on a des sanctions,
- 1:11:58on a des trucs.
- 1:11:59Là,
- 1:11:59je sais que nous,
- 1:12:00les Français très créatifs,
- 1:12:01on trouvera des idées.
- 1:12:03Là,
- 1:12:03je comprends que dans notre contexte aujourd'hui,
- 1:12:05et vous avez raison de le rappeler,
- 1:12:06c'est quand même,
- 1:12:07la finalité,
- 1:12:08c'est le portefeuille,
- 1:12:08surtout qu'on n'est pas en super posture en ce moment.
- 1:12:11Mais je me dis,
- 1:12:12en fait,
- 1:12:13j'aimerais quand même envisager...
- 1:12:15Oui,
- 1:12:15c'est le moins qu'on puisse dire.
- 1:12:16J'essaye d'être nuancée,
- 1:12:18mais l'idée,
- 1:12:20c'est de se dire est-ce que si demain,
- 1:12:21il y avait vraiment un changement radical,
- 1:12:23est-ce que ce genre de situation,
- 1:12:24ce soul...
- 1:12:25Ce genre de solution serait envisageable ?
- 1:12:28Encore une fois,
- 1:12:29il faut pouvoir le payer,
- 1:12:30il faut pouvoir le tester,
- 1:12:31etc.
- 1:12:33Ce dont je suis sûr,
- 1:12:35en vous répondant ça,
- 1:12:36c'est que les technologies existent.
- 1:12:39Les technologies existent,
- 1:12:40elles sont connues,
- 1:12:41que ce soit en technologie de production,
- 1:12:44de fractionnement,
- 1:12:45de purification.
- 1:12:46La caisse à outils,
- 1:12:48elle est pleine d'outils.
- 1:12:49Elle est là.
- 1:12:50Ah,
- 1:12:50c'est génial.
- 1:12:52il y a
- 1:12:53plus grand chose à développer.
- 1:12:55Franchement,
- 1:12:57je pense pour le moment,
- 1:12:59et moi ça va faire 40 ans que je fais ce boulot-là,
- 1:13:03on a globalement fait le tour.
- 1:13:04On peaufine,
- 1:13:05il y a des nouvelles choses qui arrivent comme les liquides ioniques et autres ou les deep tactic solvents et des tas de choses comme ça qui arrivent sur le marché.
- 1:13:16Il faut que ça trouve sa place,
- 1:13:17ça trouvera un complément dans certains marchés de sortie.
- 1:13:23La caisse à outils,
- 1:13:23elle est vraiment pleine.
- 1:13:26Et vous avez raison.
- 1:13:27Donc,
- 1:13:27on vous...
- 1:13:30On ne pourra réagir rapidement qu'en cas de contraintes réglementaires.
- 1:13:37Pour le moment,
- 1:13:38malheureusement,
- 1:13:39et surtout,
- 1:13:41je rebondis sur ce que vous venez de dire,
- 1:13:44dans l'état global économique de la nation et d'Europe,
- 1:13:49du monde en général...
- 1:13:51Au final,
- 1:13:53la maille du tamis,
- 1:13:55ça reste les euros,
- 1:13:56les dollars,
- 1:13:57les francs suisses.
- 1:13:59Oui,
- 1:13:59oui.
- 1:14:00Je ne sais pas quoi.
- 1:14:01Mais la caisse à outils,
- 1:14:04franchement,
- 1:14:06quand vous faites le tour des technologies disponibles et de leurs agencements avec un S possible,
- 1:14:14c'est énorme.
- 1:14:15Vous pouvez faire tout un tas de choses.
- 1:14:19C'est pour ça qu'on continue dans notre métier chez Extractis à s'amuser.
- 1:14:25Alors on ne s'amuse pas,
- 1:14:26on a toujours,
- 1:14:27en l'occurrence,
- 1:14:29la satisfaction du client et le procédé qui tient la route techniquement et économiquement parlant.
- 1:14:36Mais en même temps,
- 1:14:37la caisse à outils,
- 1:14:38il y a un tel Lego à monter dans tous les sens,
- 1:14:41tous les jours,
- 1:14:42toutes les semaines,
- 1:14:42que c'est super intéressant.
- 1:14:45Top.
- 1:14:46Est-ce que sur les biotechnologies cellules végétales,
- 1:14:49on a fait le tour de dire qu'en gros,
- 1:14:52en France,
- 1:14:53c'est interdit de travailler avec les OGM,
- 1:14:54donc du coup,
- 1:14:55on se prive d'un champ des possibles ?
- 1:14:58Ce n'est pas le marteau qui est dangereux,
- 1:15:03c'est celui qui tient le marteau.
- 1:15:05Voilà,
- 1:15:06c'est très bien de le rappeler.
- 1:15:08Comme on ne peut pas faire d'OGM,
- 1:15:10enfin,
- 1:15:11c'est pas entre guillemets,
- 1:15:11mais c'est réglementaire,
- 1:15:13la biotechnologie sur cellules végétales,
- 1:15:16c'est un peu moins envisagé.
- 1:15:18Et encore une fois,
- 1:15:19c'est une question de rendement et de produits finales et du prix.
- 1:15:23Donc,
- 1:15:24en gros,
- 1:15:24pour vous,
- 1:15:24les biotechnologies sur cellules végétales,
- 1:15:27même sur la couleur végétale,
- 1:15:28aucun intérêt.
- 1:15:29Enfin,
- 1:15:29aucun...
- 1:15:30Je ne sais pas comment dire.
- 1:15:32aucun...
- 1:15:33Un intérêt extrêmement
- 1:15:34extrêmement restreint et à mon humble avis,
- 1:15:37limité à des secteurs d'application très pointus à très haute valeur ajoutée.
- 1:15:43D'accord,
- 1:15:45et sur les biotechnologies en général,
- 1:15:49là,
- 1:15:49sur le podcast,
- 1:15:49on traite couleur végétale plutôt terrestre,
- 1:15:52mais on ouvre aux algues,
- 1:15:54et cet été,
- 1:15:54il y aura une série sur les biotechnologies un peu différentes.
- 1:16:00Pour vous,
- 1:16:00sur le sujet spécifique de la couleur ?
- 1:16:03vous parieriez sur quelles sources ?
- 1:16:08Sur les biomasses en général ?
- 1:16:15Alors,
- 1:16:15les algues,
- 1:16:16il n'y a pas une grande diversité de couleurs et de pigments.
- 1:16:21Chez les algues,
- 1:16:24chez les rhodophycées,
- 1:16:25il y a un peu de rouge.
- 1:16:27Le reste,
- 1:16:28c'est des tannins plus ou moins valants.
- 1:16:31jaune à marron très foncé,
- 1:16:36bleu chez les cyanobactéries,
- 1:16:38mais waouh,
- 1:16:41il faut pouvoir trouver des secteurs d'application spécifiques.
- 1:16:45Non,
- 1:16:45moi je parierais sur de la plante terrestre tout à fait classique,
- 1:16:49il y a des tas de choses qui sont,
- 1:16:51à mon avis,
- 1:16:52sous-exploitées,
- 1:16:54il y a une variabilité génétique naturelle chez les sorghos,
- 1:16:58les maïs,
- 1:17:00où il y a tout
- 1:17:01un tas de...
- 1:17:01Il faut aller voir chez nos amis sud-américains.
- 1:17:08J'ai travaillé un peu là-bas il y a des années.
- 1:17:13Il y a des cultivars maïs incroyables avec des couleurs absolument géniales.
- 1:17:24C'est polyphénolique et ça peut s'extraire.
- 1:17:28Il y a du maïs bleu absolument magnifique.
- 1:17:31Et vous avez vu cet épi de maïs de toutes les couleurs,
- 1:17:34où chaque grain est d'une couleur différente ?
- 1:17:37C'est une variété de maïs qui pousse aussi en France.
- 1:17:39J'ai des auditrices qui m'ont envoyé des photos.
- 1:17:41C'est un maïs où,
- 1:17:43voilà,
- 1:17:43sur certains...
- 1:17:44Ah,
- 1:17:44c'est fou,
- 1:17:45ça,
- 1:17:45je me suis dit.
- 1:17:46J'ai cru que c'était une intelligence artificielle.
- 1:17:48Je me suis dit,
- 1:17:48non,
- 1:17:48c'est pas un délire.
- 1:17:50Si vous voulez extraire,
- 1:17:51il vaut mieux avoir qu'une seule couleur dans un seul épi,
- 1:17:54parce que sinon,
- 1:17:55s'il faut faire le trick des grains de maïs sur l'épi,
- 1:17:58on n'est pas sortis.
- 1:18:00Mais,
- 1:18:01Non,
- 1:18:02je pense qu'il reste suffisamment à exploiter sur les plans terrestres,
- 1:18:07sans bidouiller avec les OGM,
- 1:18:09de toute façon on n'a pas le droit.
- 1:18:11Je ne vais pas dire ça dans le podcast,
- 1:18:14c'est privé d'un outil qui,
- 1:18:16bien utilisé,
- 1:18:17aurait pu avoir des retombées positives.
- 1:18:24Mais bon,
- 1:18:25c'est comme ça et ce n'est pas moi le législateur,
- 1:18:26donc je ne m'exprimerai plus sur le sujet.
- 1:18:30Mais non,
- 1:18:31il y a suffisamment de variabilité naturelle pour qu'on aille taper dedans,
- 1:18:37à côté des plantes tectorielles classiques qui sont connues et reprises.
- 1:18:41Ah,
- 1:18:42à côté des plantes tectorielles classiques.
- 1:18:44Donc là,
- 1:18:44on entre dans plutôt tout ce que moi,
- 1:18:46je classe dans bioéconomie,
- 1:18:47c'est-à-dire les coproduits agricoles,
- 1:18:51les déchets industriels.
- 1:18:52Vous n'aimez pas le mot déchets ?
- 1:18:53Non,
- 1:18:53les coproduits industriels.
- 1:18:55Les déchets,
- 1:18:57c'est péjoratif.
- 1:19:00C'est plutôt aussi ces sources-là.
- 1:19:02Entretien des forêts aussi ?
- 1:19:04Oui,
- 1:19:05il y a tout un tas de choses qui restent à valoriser avec je pense des filières je redis ce que je disais au début de notre entretien,
- 1:19:17des filières qui pourraient être profitables pour chacun des acteurs qu'on ne soit pas besoin.
- 1:19:24qu'on ne soit pas obligé de subventionner telle ou telle partie de la filière pour qu'elle tienne debout.
- 1:19:30Parce que sinon,
- 1:19:32l'aventure commence mal.
- 1:19:34Donc voilà,
- 1:19:34moi je pense qu'il faut être pragmatique.
- 1:19:39il y a à côté des plantes de grande culture et des plantes ancestrales locales,
- 1:19:46métropolitaines il y a tout un tas de choses qui existent je sais qu'on avait bossé il y a des années sur des sorbots rouges avec des procédés de percolation hyper simples ça sortait un
- 1:20:01pigment absolument rouge profond 1
- 1:20:07super stable à la chaleur.
- 1:20:11Mais le sorgho n'est pas une plante traditionnellement cultivée.
- 1:20:15Un petit peu pour du sorgho fourragé.
- 1:20:18Mais là,
- 1:20:18ils en mettent.
- 1:20:19Mais voilà,
- 1:20:22c'est africain et puis on n'est pas habitué à cultiver ça.
- 1:20:27Mais la variabilité chez les plantes,
- 1:20:29il y a ce qu'il faut.
- 1:20:31Et en technologie,
- 1:20:33il y a ce qu'il faut.
- 1:20:33Il y a ce qu'il faut aussi.
- 1:20:35mon top
- 1:20:36Alors,
- 1:20:36les questions rapides,
- 1:20:37c'est plutôt savoir,
- 1:20:39pour vous,
- 1:20:39est-ce que vous avez un ou deux projets inspirants qui,
- 1:20:44vous,
- 1:20:44personnellement,
- 1:20:46vous stimulent dans tout ce qui est chimie verte,
- 1:20:49extraction des choses que vous suivez avec passion parce que ça ouvrirait des nouvelles portes ?
- 1:20:53Est-ce que vous pourriez nous citer un ou deux projets là-dessus ?
- 1:20:56Alors,
- 1:20:56je ne pourrais pas citer de projet confidentiel.
- 1:20:59Moi,
- 1:20:59je crois énormément.
- 1:21:01Alors,
- 1:21:01moi,
- 1:21:02j'approche doucement de ma fin de carrière.
- 1:21:05je crois énormément pour beaucoup de secteurs d'application je crois énormément au secteur des macro-algues et à ce qu'on peut tirer des macro-algues avec un souci majeur et on en revient toujours à la même chose c'est
- 1:21:22que on a un super littoral en France je sais pas combien ça fait de dizaines ou de milliers de kilomètres il y a une tradition de collecte
- 1:21:34d'algues ancestrales de Goémon ou d'autres choses il n'y a quasiment aucune tradition de culture d'algues contrairement
- 1:21:50à bon nombre de pays asiatiques
- 1:21:53Japon, Chine,
- 1:21:55Vietnam qui cultivent ça depuis des millénaires parce que chez eux ça fait partie des productions
- 1:22:02Ouuuuh !
- 1:22:03agricole,
- 1:22:03enfin aquacole en tout cas,
- 1:22:06local,
- 1:22:06connu.
- 1:22:08L'algue a énormément d'avantages par rapport aux plantes terrestres.
- 1:22:13Le premier,
- 1:22:14qui a l'air stupide,
- 1:22:15c'est que vous n'avez pas besoin d'irriguer,
- 1:22:17forcément,
- 1:22:17ça pousse dans l'eau.
- 1:22:18L'eau est une ressource qui va commencer à être scrutée de très près et il serait temps.
- 1:22:26Ça,
- 1:22:27c'est une première chose.
- 1:22:29Deuxièmement,
- 1:22:30oui,
- 1:22:30il y a un cycle de...
- 1:22:32croissance,
- 1:22:34ça pousse moins vite en hiver,
- 1:22:35mais en gros,
- 1:22:36vous pouvez en récolter à peu près toute l'année.
- 1:22:40Et troisièmement,
- 1:22:42vous n'êtes pas limité en apport en carbone,
- 1:22:46parce que,
- 1:22:46contrairement aux plantes terrestres qui absorbent du gaz carbonique qui est dans l'air,
- 1:22:52là,
- 1:22:53les algues absorbent du gaz carbonique qui est dissous dans l'eau.
- 1:22:56Et vous pouvez dissoudre beaucoup plus de gaz carbonique dans l'eau que dans l'air.
- 1:23:03Vous avez des rendements qui sont extrêmement importants.
- 1:23:09Je ne vous citerai ni l'algue ni l'application,
- 1:23:11mais on a travaillé pendant des années pour un partenaire industriel qui va produire et utiliser de l'amidon algal.
- 1:23:24Vous stressez les algues en azote,
- 1:23:26elles se mettent à croire.
- 1:23:28que les conditions sont dures et se mettent à produire de l'amidon pour se défendre et préparer des jours meilleurs.
- 1:23:36Sur un hectare de bassin de cette algue spécifique,
- 1:23:39qui est une algue tout à fait commune,
- 1:23:43vous pouvez produire
- 1:23:4612 fois plus d'amidon qu'avec un hectare de maïs.
- 1:23:51Donc ça résoudrait en plus notre histoire de terres disponibles pour l'agriculture.
- 1:23:57Ça a plein d'avantages.
- 1:23:59Après,
- 1:24:01il y a un autre problème qui peut se poser et qui ne manquera pas,
- 1:24:05à mon avis,
- 1:24:05de se poser.
- 1:24:07C'est le littoral,
- 1:24:10les côtes,
- 1:24:11ne sont pas utilisées que par d'éventuels producteurs d'elques.
- 1:24:15Il y a des touristes,
- 1:24:16il y a des plaisanciers,
- 1:24:18il y a des pêcheurs.
- 1:24:19Le milieu maritime,
- 1:24:20il est déjà,
- 1:24:22très largement et depuis très longtemps...
- 1:24:25utilisé de façon traditionnelle.
- 1:24:28Regarder les combats,
- 1:24:31pas contre les moulins à vent,
- 1:24:32mais contre les éoliennes marines.
- 1:24:37et les soucis de partage de territoire alors si en plus vous allez commencer à dire ouais
- 1:24:49mais là moi je vais créer un parc je ne sais rien,
- 1:24:5212 hectares pour produire des laminaires les pêcheurs vont vous dire moi je vais commenter la pêche bref,
- 1:25:01je caricature et je t'implique
- 1:25:03Mets.
- 1:25:05L'algue a énormément,
- 1:25:07énormément d'avantages.
- 1:25:09La production de biomasse est énorme.
- 1:25:12C'est un puits à CO2 génial.
- 1:25:18Par définition,
- 1:25:19vous ne pouvez pas,
- 1:25:20si vous cultivez en pleine mer,
- 1:25:22il n'y a pas d'intrant.
- 1:25:23Vous voyez,
- 1:25:26ça ne va pas tout résoudre,
- 1:25:28mais ça pourrait apporter un bout de petite pierre à l'édifice du comment produire.
- 1:25:33Mieux,
- 1:25:34plus propre,
- 1:25:34plus durable.
- 1:25:37Ok,
- 1:25:37donc les macro-algues.
- 1:25:38Je vais essayer d'avoir des gens cet été là-dessus.
- 1:25:41J'ai des gens,
- 1:25:41enfin,
- 1:25:42j'essaye de couvrir un peu les autres sources que végétales pures terrestres.
- 1:25:46Ce serait intéressant d'y avoir.
- 1:25:47Nos collègues du CEVA,
- 1:25:49Centre d'études et de valorisation des algues à pleubian.
- 1:25:54Ok,
- 1:25:55super.
- 1:25:56Pour qu'eux qui maîtrisent nous racontent tout ça.
- 1:26:01Est-ce qu'il y a un événement à ne pas louper dans le monde de l'extraction ?
- 1:26:05Est-ce que vous avez une rencontre annuelle où on vient parler des technologies,
- 1:26:09où les gens ouvrent un peu leurs portes,
- 1:26:11où il n'y a pas de grand amphore ?
- 1:26:15Non,
- 1:26:15il n'y a pas de salon spécifique.
- 1:26:17Il y a des salons pour les marchés de sortie.
- 1:26:23On avait un stand à Vita Foods à Barcelone.
- 1:26:28On avait un stand à Incosmetics à Amsterdam récemment.
- 1:26:33Il n'y a pas de salon techno.
- 1:26:36Il y a le CFIA à Rennes,
- 1:26:38qui est un salon de grande renommée depuis des années,
- 1:26:42mais c'est tout secteur d'applications confondues.
- 1:26:44Donc,
- 1:26:46c'est un salon sur les technologies des industries agroalimentaires.
- 1:26:50Alors,
- 1:26:51ça recoupe une partie de nos activités,
- 1:26:53mais non,
- 1:26:55pas de salon spécifique.
- 1:26:57Ok.
- 1:26:58Est-ce qu'il y a un livre ?
- 1:26:59Alors,
- 1:26:59vous avez parlé tout à l'heure de techniques et principes d'éco-extraction,
- 1:27:03ce livre-là.
- 1:27:03Mais est-ce qu'il y a un livre que vous recommanderiez aux auditeurs qui ont envie de se renseigner ou de comprendre un peu l'extraction,
- 1:27:09les enjeux ?
- 1:27:12Alors,
- 1:27:12pas spécifique.
- 1:27:14Il y a ce bouquin sur les techniques d'éco-extraction,
- 1:27:18mais comment dire ?
- 1:27:21C'est un peu touffu.
- 1:27:23C'est un peu technique et technologique et compliqué.
- 1:27:30Moi,
- 1:27:30dans ma bibliothèque,
- 1:27:31j'ai un livre de quelqu'un qui a failli être témoin orateur aux 30 ans d'Extractis,
- 1:27:40il y a 10 ans,
- 1:27:41mais ça ne s'est pas fait pour des raisons diverses et variées.
- 1:27:44Et puis ensuite,
- 1:27:46il a quitté ce bas monde.
- 1:27:48C'est un bouquin qui s'appelle « La plus belle histoire des plantes » ,
- 1:27:53sous-titre
- 1:27:54« Les racines de notre vie » .
- 1:27:57du regretté Jean-Marie Pelt.
- 1:28:00Je ne sais pas si ça vous dit quelque chose.
- 1:28:02Non.
- 1:28:04Il faut aller faire un tour sur Wikipédia,
- 1:28:07vous verrez.
- 1:28:09C'était quelqu'un vraiment éminemment respectable,
- 1:28:15avec quelques prises de position un peu extrémistes par moment.
- 1:28:22Et puis,
- 1:28:25un lien direct
- 1:28:27avec mon parcours et l'industrie traditionnelle dont on parlait à Grasse et ailleurs.
- 1:28:39J'étais en fac avec eux,
- 1:28:41et ça fait quand même 20 ans qu'on ne s'est pas revus,
- 1:28:46un livre qui s'appelle « Le parfum des roses » .
- 1:28:50qui reprend de façon très documentée toute l'historique de la rose,
- 1:28:59des roses,
- 1:29:00des parfums,
- 1:29:01des roses à parfum,
- 1:29:02et de la différenciation qui s'est faite entre les roses ornementales d'un côté et les roses à parfum d'autre côté.
- 1:29:12Tout ça,
- 1:29:12c'est de la sélection variétale de la génétique et de la technologie.
- 1:29:16Et ces deux anciens copains de fac,
- 1:29:19Merci.
- 1:29:20on était dans le même labo à Jussieu donc le parfum des roses de Jean-Claude Kessar
- 1:29:28CAI 2S ARD et Sylvie Baudino
- 1:29:32B A U D I
- 1:29:33N O si un jour ils écoutent ce podcast je leur fais je vais les taguer sur LinkedIn en disant qu'ils sont mentionnés ouais
- 1:29:47On était ensemble dans ce labo de physio-végétal,
- 1:29:52de culture in vitro,
- 1:29:54et où on travaillait essentiellement sur une chose,
- 1:29:58on boucle la boucle avec les couleurs des plantes,
- 1:30:02sur les grandes familles des métabolites secondaires.
- 1:30:07Des petits machins qui traînent dans la plante,
- 1:30:09qui ne sont pas des protéines de réserve,
- 1:30:12qui ne sont pas de l'amidon,
- 1:30:14qui ne sont pas de la chlorophylle,
- 1:30:15ou des trucs comme ça.
- 1:30:17les petites molécules qui servent à autre chose.
- 1:30:19Et le labo,
- 1:30:21où on était,
- 1:30:22travaillait essentiellement là-dessus pour tout un tas d'utilisations.
- 1:30:31Moi,
- 1:30:31ce que je dirais simplement,
- 1:30:32c'est qu'il faut se rappeler d'une chose,
- 1:30:37c'est qu'il faut de la plante.
- 1:30:40Il faut que la plante soit disponible.
- 1:30:42Et toute l'histoire derrière,
- 1:30:44toutes les technologies derrière,
- 1:30:47c'est que de la caisse à outils.
- 1:30:48C'est globalement,
- 1:30:50c'est pas très compliqué,
- 1:30:52compte tenu de la grande diversité des outils dont on dispose maintenant,
- 1:30:59d'aboutir à quelque chose.
- 1:31:00Ensuite,
- 1:31:01il faut regarder si le jeu en vaut la chandelle ou pas.
- 1:31:06Mais voilà,
- 1:31:07moi je pense que c'est un bonheur de travailler sur les plantes,
- 1:31:11parce qu'on finira jamais de faire le listing.
- 1:31:16de ce qu'il y a à l'intérieur.
- 1:31:18Et donc,
- 1:31:18ça peut laisser de la place à toute la jeune génération qui doit pouvoir s'intéresser à ça.
- 1:31:26Je pense que la jeune génération,
- 1:31:27elle s'intéresse surtout à l'IA et à la finance.
- 1:31:31Mais ça,
- 1:31:31c'est d'autres problèmes.
- 1:31:33Pas tout le monde,
- 1:31:34pas tout le monde.
- 1:31:35J'espère,
- 1:31:36j'espère également.
- 1:31:37Et si l'IA était un outil,
- 1:31:39moi,
- 1:31:40je le vois de plus en plus en me disant,
- 1:31:43l'IA qui pourrait prédire un peu les...
- 1:31:46Les nombreux protocoles et les résultats et nous aider dans certains trucs,
- 1:31:50moi,
- 1:31:50je ne le vois pas comme un problème.
- 1:31:52Je le vois comme un outil.
- 1:31:53C'est comme on disait tout à l'heure.
- 1:31:55C'est un outil.
- 1:31:55Il faut savoir bien l'utiliser.
- 1:31:56Il faut continuer à réfléchir par soi-même.
- 1:32:00Mais c'est comme si on avait dit,
- 1:32:01bon,
- 1:32:02internet,
- 1:32:03on est contre internet.
- 1:32:06En fait,
- 1:32:07ça arrive fort.
- 1:32:09Ce n'est pas le marteau qui est dangereux,
- 1:32:11c'est le forgeron.
- 1:32:13C'est ça.
- 1:32:16Philippe,
- 1:32:16j'ai une dernière question pour vous,
- 1:32:18c'est à qui vous aimeriez passer le relais pour que le podcast continue ?
- 1:32:24Vous nous avez donné quelques indications tout à l'heure,
- 1:32:27mais à qui vous aimeriez qu'on...
- 1:32:29Alors,
- 1:32:30il faudrait pouvoir contacter,
- 1:32:31je m'engage à les contacter avant pour que ce soit éventuellement facilité.
- 1:32:40Alors,
- 1:32:41accessoirement,
- 1:32:42ils sont adhérents et partenaires
- 1:32:44d'Extractis,
- 1:32:46mais peu importe.
- 1:32:48Je pense qu'ils sont très représentatifs de ce continuum sourcing,
- 1:32:53technologie,
- 1:32:54marché de sortie.
- 1:32:56C'est une société qui s'appelle
- 1:33:01SCRD, qui,
- 1:33:04si je ne dis pas de bêtises,
- 1:33:07est sur un grand port français,
- 1:33:09parce que depuis le
- 1:33:13XIXe siècle...
- 1:33:15ils importent de façon très spécifique des bois exotiques en toute transparence et avec toute précaution de biodiversité pour faire des extraits principalement
- 1:33:33colorants pour une variété d'applications.
- 1:33:36Allez faire un tour sur leur site,
- 1:33:38vous n'en croirez pas vos yeux.
- 1:33:40Génial.
- 1:33:43des applications alimentaires classiques jusqu'aux applications de coloration.
- 1:33:50dans des kits de diagnostics,
- 1:33:54des fils de sutures chirurgicaux pour qu'on puisse les opérer.
- 1:33:59C'est une société qui a été créée sur des bases de sourcing,
- 1:34:08un savoir-faire spécifique,
- 1:34:09une grande technicité et une multiplication d'applications incroyables,
- 1:34:16du petit jusqu'à des trucs plus grands.
- 1:34:21Alors,
- 1:34:21je n'ai pas d'action chez eux,
- 1:34:23je ne fais pas de pub et je ne fais pas de placement de produits,
- 1:34:27mais je pense que si vous avez un témoin industriel,
- 1:34:33alors il faut qu'ils acceptent de s'exprimer,
- 1:34:37mais je pense qu'ils seront OK.
- 1:34:40c'est vraiment pour moi une société exemplaire dans le domaine de votre podcast.
- 1:34:51et des gens qui sont abonnés et qui découvriront d'autres choses.
- 1:34:56Génial.
- 1:34:59Là,
- 1:34:59c'est du bois,
- 1:35:01des bois,
- 1:35:04des feuilles lues,
- 1:35:05essentiellement,
- 1:35:06des technologies d'extraction spécifiques,
- 1:35:09et des marchés de sortie dingues.
- 1:35:12Génial.
- 1:35:13Trop bien.
- 1:35:14Bon,
- 1:35:15super.
- 1:35:16Je vous laisse les contacter d'abord,
- 1:35:17que j'arrive pas en mode cheveux sur la soupe.
- 1:35:20Est-ce que,
- 1:35:21Philippe,
- 1:35:21vous avez un sujet qu'on n'a pas abordé ou quelque chose que vous voulez préciser avant qu'on ne se quitte ?
- 1:35:30J'ai été suffisamment bavard comme ça et j'espère ne pas avoir été trop indigeste.
- 1:35:41Le monde des plantes est absolument fabuleux.
- 1:35:43C'est pour ça que quand je citais le bouquin de Jean-Marie Pelt,
- 1:35:48C'est un peu plus profond,
- 1:35:50ce n'est pas simplement de la technologie,
- 1:35:52son bouquin est loin de là.
- 1:35:54C'est d'où on vient,
- 1:35:56les plantes étaient là avant nous,
- 1:35:58qu'est-ce qu'elles ont contribué à faire de la planète.
- 1:36:02S'il n'y avait pas eu les plantes,
- 1:36:03on ne serait pas là.
- 1:36:04Il fallait de l'oxygène.
- 1:36:06Il y a tout un tas de choses à faire et ça permet de prendre un peu de recul sur...
- 1:36:18les problèmes actuels de pollution,
- 1:36:22de mal-être généralisé mondial,
- 1:36:27et de respirer un peu,
- 1:36:28si j'ose m'exprimer ainsi.
- 1:36:32J'ai insisté lourdement pendant tout notre entretien sur des soucis économiques,
- 1:36:41des choses comme ça.
- 1:36:43Je m'en excuse,
- 1:36:44il n'y a pas que l'économie dans la vie.
- 1:36:47Même s'il faut nourrir tout le monde tous les jours et se déplacer,
- 1:36:54on peut de temps en temps prendre un peu de recul.
- 1:36:56Et ce bouquin-là,
- 1:36:57c'est un bon bouquin pour prendre du recul.
- 1:37:00Voilà.
- 1:37:00Génial.
- 1:37:01La plus belle histoire des plantes Jean-Marie Pelt.
- 1:37:05Bon,
- 1:37:05super.
- 1:37:06Philippe,
- 1:37:07moi,
- 1:37:07je voudrais vous remercier parce que j'ai appris énormément de choses avec vous.
- 1:37:11Déjà quand on avait eu notre échange téléphonique.
- 1:37:14Et là,
- 1:37:14encore plus.
- 1:37:15donc franchement je vous remercie et d'avoir rendu
- 1:37:17facile,
- 1:37:18concret votre métier qui pouvait pour moi ou pour d'autres être un peu flou,
- 1:37:23on voit ce que vous faites,
- 1:37:24on voit l'intérêt et moi je voulais vraiment vous remercier pour même le bon sens que vous avez mis avant de se lancer,
- 1:37:32réfléchissons si ça a vraiment un intérêt et ça je trouve que c'est bien de remettre tout ça dans la tête de tout le monde.
- 1:37:37Donc Philippe,
- 1:37:38un grand merci j'arrête ici l'enregistrement.
- 1:37:41Et merci pour votre invitation surtout et longue vie à votre podcast.
- 1:37:46podcast,
- 1:37:46merci.
- 1:37:48Je vous invite à me rejoindre sur ma page Instagram ARTECOVERT pour y découvrir le nom des prochains invités.
- 1:37:59Je me permets de vous rappeler que la seule manière de soutenir ce podcast est de le noter et le commenter sur la plateforme d'écoute de votre choix.
- 1:38:06C'est ainsi qu'on arrivera à faire porter la voix de ces passionnés de la couleur végétale.
- 1:38:11Merci à tous.