Latest / Les invités de Radio des Ballons / La nuit de la chauve souris aux hautes mynes du Thillot
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- Sébastien Agenge, Directeur de la Régie des Hautes Mines du Thion, c'est parti pour une nouvelle nuit de la Chauve-Souris ? Oui, oui, voilà, nouvelle édition cette année. C'est vrai que ça fait... Tu me demandais, on en est à quelle édition ? Je ne saurais plus dire aujourd'hui, mais je pense qu'on a passé les dix éditions, facilement. Et voilà, donc là, c'est la petite nouveauté, c'est qu'on l'organise au cœur de l'été. C'est vrai qu'on a eu toute une période où on l'organisait en septembre. On a essayé un petit peu au début de l'été. Puis cette fois-ci, voilà, cœur de l'été. Et c'est un beau succès parce que les gens répondent au rendez-vous. Oui, en plus, de la chance avec la météo. Ah ben la météo, oui, on a eu droit à un petit orage cet après-midi. Mais là, ça y est, ça se remet au beau, il ne fait pas froid. Donc oui, on a de la chance, on peut en profiter. Et ce soir, pour cette édition 2025, il y a du monde ? Il y a du monde, alors on a été surpris. Là, on va accueillir 150 personnes sur la soirée. La jauge est pleine. On a six ateliers qui sont organisés, 25 personnes par atelier. Donc oui, une belle fréquentation. Je pense qu'elle a le même record. On n'a jamais dû atteindre les 150 personnes sur cette soirée. Alors, tu nous parles de six ateliers, mais quel atelier ? Alors, on en a plusieurs. On a la visite de la mine qui permet justement de découvrir la mine sous le prisme des chauves-souris, savoir pourquoi elles hibernent. Laquelle, la mine ? Alors, la mine de la Rouge-Montagne, la mine où on équipe les gens avec casque et éclairage frontal, celle généralement pour laquelle nos visiteurs se déplacent. On a Jean-Philippe Simon qui accompagne les visiteurs sur la boucle. Là, on va plus parler des techniques de chasse et pourquoi il est important de conserver les forêts et les lisières pour l'équilibre et la présence des chauves-souris. On a l'ASPEPESC qui est présente comme tous les ans. Là, on rentre dans le détail avec des spécialistes, des chiroptérologues. On a un compte souterrain également par notre compteur local, Fabien. On a un film également qu'on propose, alors un film d'une quinzaine de minutes sur la vie d'un rhinolophe qui permet de comprendre comment vit un rhinolophe de sa naissance et malheureusement à sa mort. Et puis, un atelier également, un jeu de pistes. Alors là, on part à la découverte des chauves-souris à travers le monde et on terminera à 22h15 par une écoute des chauves-souris si elles veulent bien voler avec un appareil qu'on appelle les Badbox. Tu as parlé d'un rhinolophe, c'est quoi ? Alors, le rhinolophe, c'est l'une des espèces de chauves-souris qu'on trouve ici sous terre. On a même une évolution des populations. Alors, ma collègue Fanny, qui suit les comptages, pourrait en parler mieux. Peut-être qu'elle va venir nous en toucher un petit mot. Puisqu'on a vu, alors là, je vais parler sous son contrôle, mais une augmentation de la population de rhinolophe cette année dans les comptages effectués cet hiver dans la mine. Mais elle va peut-être pouvoir nous en parler un petit peu. Tu as cité tous les ateliers ? Non, non, non. Oui, je pense avoir cité tous les ateliers, les six. Parce que le dernier est quand même un petit peu spécial, oui, avec une... Ce n'est pas Batman, mais c'est Badbox. C'est la Badbox. Ça, c'est un appareil un petit peu magique qu'on sort et qui permet d'écouter les chauves-souris en chasse, du moins les ultrasons qu'elles produisent. Et justement, on parlait du rhinolophe. Le rhinolophe a une anatomie tout à fait particulière qui permet d'avoir justement une technique de chasse qu'on appelle l'écholocalisation. Intéressante. Non, l'écholocalisation, c'est pour se repérer. Mais on va laisser parler notre spécialiste des rhinolophes. Enfin, directrice adjointe de la régie des Hautemines, des rhinolophes, il vient de nous dire, c'est pas ça, que c'est des chauves-souris spéciales. Pourquoi ? Alors, c'est des chauves-souris spéciales parce que, justement, il parlait des ultrasons. La plupart des chauves-souris envoient les ultrasons par la bouche. Le rhinolophe, lui, il envoie les ultrasons par le nez. C'est pour ça aussi qu'il a un nez un peu particulier, un peu en feuille de laitue. Et c'est donc avec son nez qu'il envoie les ultrasons. Le surnom de rhinolophe. Voilà, absolument. Le nez en forme de fer à cheval inversé. Et ce sont, justement, des chauves-souris assez rares. Que nous, dans les mines, on avait un ou deux individus. Cette année, on en a une petite dizaine. Donc, on a une belle population cette année. Pourquoi elles arrivent s'il n'y en avait pas avant ? Alors, ça, c'est une bonne question, mais on n'a pas la réponse. Le phénomène des chauves-souris, on a des chiffres qui augmentent tous les ans depuis ces dernières années. Mais on voit qu'on a plusieurs secteurs de comptage et on voit que les chiffres bougent dans les différents secteurs. Donc, pourquoi est-ce qu'une année, un secteur, on en a plein et l'année d'après, on n'en a pas ? Ça, ce sont des phénomènes qu'on ne connaît pas. Donc, je n'ai pas la réponse. Si je ne me trompe pas, sur les veaux, c'est plutôt la pipistrelle, non ? Alors, la pipistrelle, c'est même dans toute la France, c'est la chauve-souris qu'on voit le plus facilement parce que c'est celle qui habite dans nos maisons, en fait, derrière les volets ou sous les toitures. Et c'est celle qu'on voit le plus facilement chassée à l'extérieur. Nous, dans la mine, la chauve-souris qu'on a le plus, c'est le grand murin. On n'a pas de pipistrelle qui hiberne dans les mines du Thiau. Le grand ? Le grand murin. Donc, le grand murin, c'est la plus grande chauve-souris qu'on a ici dans les mines. Elle fait 8 centimètres et 45 centimètres d'envergure quand on l'écarte les ailes. Et plus de 70% des chauves-souris qui hibernent dans les mines du Thiau, ce sont des grands murins. Il est peut-être utile de rappeler que les chauves-souris ne sont pas dangereuses. Elles ne sont pas dangereuses. Elles sont toutes protégées. Ce sont des espèces protégées, pardon. Et elles ne sont pas du tout dangereuses. Au contraire, elles sont extrêmement importantes pour la biodiversité et pour l'environnement. Et si quelqu'un en trouve chez lui, un petit conseil ? Alors, s'il en trouve chez lui accrochée ou qu'elles sont en train de voler parce qu'elles sont rentrées dans une pièce, ça veut dire qu'elles n'ont aucun problème. Donc, il faut les laisser tranquilles. Si elles sont dans la pièce, on éteint la lumière, on ouvre les fenêtres. À un moment ou un autre, elles vont sortir. Par contre, si on trouve une chauve-souris au sol, c'est qu'elle a un souci. Donc, on la touche surtout pas à main nue parce que ça reste un animal sauvage. Donc, elle peut transmettre la rage, elle peut nous mordre. Par contre, on va mettre des gants. Et puis, très délicatement, on va voir si elle est blessée ou pas. Et si elle est blessée, soit on appelle un vétérinaire, soit on va appeler des spécialistes des chauves-souris. On trouve assez facilement des adresses et des téléphones sur Internet. Et ils vont nous dire quoi faire pour essayer de sauver la chauve-souris. Et ici, vous en trouvez beaucoup des blessées ou vous trouvez beaucoup de nids ? Ça prolifère comment ? Par nids ? Solitaires ? Alors, c'est pas par nids. Elles ne font pas de nids, les chauves-souris. Les chauves-souris, elles font à peu près un bébé par an. Et alors, nous, on ne trouve pas ici, en tout cas pas sur le site, de chauves-souris qui sont blessées. On nous a déjà ramené au musée. On en a à peu près à une fois par an, des gens qui nous ramènent une chauve-souris au musée qui sont blessées. Et après, en fait, les chauves-souris, les mâles sont solitaires. Les femelles, elles vivent en colonie parce qu'elles s'entraident pour élever les petits, justement. Oui, donc, en fait, lors des visites des mines tout le long de l'année, les visiteurs ont peu de chances d'en trouver, quoi. Alors, ils ne vont pas en trouver, ils vont pouvoir en observer en hiver. Comme elles sont en hibernation dans les mines de novembre à mai, quand il y a des visites, là, elles peuvent avoir la chance d'en voir, sachant que nous, on adapte après les visites pour ne pas rester trop longtemps à côté des chauves-souris pour les laisser dormir et les laisser hiberner. Et c'est à ce moment-là qu'on peut avoir une chance d'en voir. Nous, on fait des visites thématiques en été sur les chauves-souris et on les voit tomber de la nuit quand elles sortent chasser, du coup. Et en espérant qu'elles auront ce soir ? C'est ce qu'on espère. Alors là, on entend un peu de tonnerre et un orage qui arrive, mais on espère qu'on va passer à côté et qu'on va pouvoir, en effet, les écouter et les observer. En cas d'orage, en cas de météo moussade, elles viennent de quoi ? Elles se dirigent directement dans les mines ou elles ont d'autres abris extérieurs ? Alors, elles ont d'autres abris, là. Elles sont plutôt, justement, dans les arbres en ce moment, vu qu'on est en plein été. Et alors, c'est plus compliqué de les observer sans les espèces, en fait, quand il y a des orages, mais il y en a qui sortent quand même, malgré les orages.