Latest / Africa Fashion Tour / Gombo, un artiste visuel qui réinvente le wax et questionne l'héritage africain
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- 0:01L'exposition Wax au Musée de l'Homme,
- 0:05c'est une exposition qui a un double volet,
- 0:08parce que c'est un muséum d'histoire naturelle,
- 0:10donc il y a tout un pan de l'exposition qui est sur l'histoire de ce textile.
- 0:17Et puis il y a une autre partie qui est dédiée à l'art contemporain,
- 0:22à ce que les artistes en art contemporain font de ce textile.
- 0:27Et puis on retrouve principalement les médiums de la photographie,
- 0:34de la mode,
- 0:35du design textile,
- 0:36puis de la peinture.
- 0:40Donc pour le coup,
- 0:42j'ai la chance d'être aux deux étages parce que j'ai des œuvres qui traitent de l'histoire de ce textile même.
- 0:49Et puis des œuvres qui sont à la fois textiles et à la fois...
- 0:58en peinture.
- 0:59Il ne me manquait plus que la photographie,
- 1:00mais je n'y suis pas encore.
- 1:05Bienvenue dans ce nouvel épisode du podcast Africa Fashion Tour.
- 1:08Je vous emmène avec moi à la rencontre de créateurs basés sur le continent africain.
- 1:13Je vous invite à voyager à Abidjan,
- 1:15Dakar ou Bamako pour découvrir les parcours de professionnels talentueux,
- 1:19responsables et ambitieux.
- 1:21Au fil des interviews,
- 1:22je me rends compte que chaque entrepreneur veut contribuer au rayonnement de la créativité africaine
- 1:27sur le continent et au-delà.
- 1:29Ce podcast est un moyen de sortir des clichés du boubou et du wax pour représenter un éventail de tissus,
- 1:36de savoir-faire et de créativité trop souvent sous-représentés.
- 1:40Je suis Ramata Diallo,
- 1:41je suis professeure de marketing dans des écoles de mode parisiennes et je suis également consultante spécialisée dans l'accompagnement de porteurs de projets qui veulent lancer leur marque de mode.
- 1:50En 2017,
- 1:51j'ai accepté ma première Fashion Week en Afrique et depuis,
- 1:55je voyage régulièrement sur le continent
- 1:57pour aller à la rencontre de ceux et celles qui font la mode en Afrique.
- 2:01Le podcast est le moyen que j'ai trouvé pour partager au plus grand nombre une autre vision de la mode africaine.
- 2:09Aujourd'hui,
- 2:09je suis en compagnie de Gongo Wax.
- 2:11Gongo est un artiste visuel et un dessinateur.
- 2:14Une sélection de ses œuvres est actuellement visible au Musée de l'Homme dans le cadre de l'exposition Wax.
- 2:20Expert en sérigraphie,
- 2:21il crée des œuvres inspirées du Wax comme prétexte pour raconter des histoires.
- 2:26Je l'ai invité aujourd'hui pour qu'il puisse nous parler de son parcours et de ses ambitions.
- 2:31Je vais commencer cette interview comme je le fais toujours avec tous mes invités.
- 2:35Gombo,
- 2:35je vais te demander de te présenter.
- 2:37Alors,
- 2:38je m'appelle Gombo.
- 2:40Effectivement,
- 2:40avant,
- 2:42on m'appelait Gombo Wax,
- 2:43mais au fil du temps,
- 2:44on a réduit à Gombo.
- 2:46Et je suis artiste visuel,
- 2:52afro-descendant,
- 2:53afro-européen.
- 2:55métis,
- 2:58d'origine française,
- 2:59congolaise de Kine,
- 3:02angolaise et brésilienne.
- 3:05Ok,
- 3:05écoute là,
- 3:07avec cette petite introduction,
- 3:09j'ai plein de questions à te poser tout de suite.
- 3:14J'aimerais bien que tu me dises déjà,
- 3:16tu dis que tu te définis comme étant un artiste visuel.
- 3:19Qu'est-ce que ça veut dire exactement,
- 3:21artiste visuel ?
- 3:22C'est quoi ta définition ?
- 3:24Alors,
- 3:24artiste visuel,
- 3:25c'est un terme qu'on emploie beaucoup en art contemporain pour parler d'un artiste qui travaille sur toute technique visuelle.
- 3:35Ça peut être la peinture,
- 3:36le dessin,
- 3:38la vidéo,
- 3:39la sérigraphie,
- 3:41etc.
- 3:42Moi,
- 3:43j'ai eu et j'ai toujours une carrière dans le dessin animé,
- 3:49puisque j'ai commencé...
- 3:51par une école d'art appliqué qui m'a amené au métier du film d'animation et du storyboard en particulier.
- 3:58Donc je suis quelqu'un qui aime beaucoup dessiner,
- 4:00qui aime raconter des histoires.
- 4:03Et il y a maintenant cinq ans de ça,
- 4:06j'ai entamé une carrière dans l'art contemporain à travers les médiums de la sérigraphie,
- 4:14du textile et plus récemment de la réalité virtuelle.
- 4:18Très bien,
- 4:19donc tu dis que toi tu as un parcours d'abord de vraiment une expertise dans le dessin.
- 4:23Est-ce que tu peux nous dire quelles sont en fait les études que tu as faites pour arriver là ?
- 4:27J'imagine que tu as toujours une passion pour le dessin.
- 4:30Oui absolument,
- 4:31le dessin c'est quelque chose que je me rappelle avoir commencé quand j'habitais en Angola,
- 4:36à Luanda.
- 4:37À l'époque avec mon père et ma mère,
- 4:42le pays était en guerre et on était loisonnés à la capitale.
- 4:49qui appartenait au
- 4:51MPLA, le mouvement politique dominant.
- 4:55Et mes grands-parents français m'avaient donné des cassettes vidéo.
- 5:00À l'époque,
- 5:01on utilisait ce qu'on appelle un magnétoscope pour regarder des films,
- 5:06des dessins animés,
- 5:07etc.
- 5:07Ils m'ont enregistré des dessins animés en France.
- 5:11Et je me rappelle que je les reproduisais dans ma chambre quand j'étais à Luanda.
- 5:20C'est comme ça,
- 5:20je crois,
- 5:21que j'ai vraiment abordé le dessin.
- 5:22J'étais un gamin assez...
- 5:24Il y avait des solitaires,
- 5:25il y avait l'école,
- 5:27mais pas tous les jours.
- 5:30Évidemment,
- 5:30le contexte de la vie à Luanda était compliqué à cause de la guerre.
- 5:35On sortait peu,
- 5:36donc ça a été ma première approche.
- 5:41Suite à ça,
- 5:43c'est une appétence que j'ai nourrie.
- 5:45J'ai fait avec ma famille plusieurs allers-retours entre l'Afrique,
- 5:51entre l'Angola et la France.
- 5:54On est allé un petit peu aux États-Unis et j'ai continué à dessiner.
- 5:59J'ai continué à dessiner.
- 6:02J'ai eu l'opportunité de gagner un prix quand j'étais gamin pour aller au festival de la BD d'Angoulême,
- 6:07parce que c'est ce qui m'intéressait au début,
- 6:09de faire de la BD,
- 6:09de raconter des histoires,
- 6:11d'être un auteur à part entière.
- 6:15Et en grandissant,
- 6:19j'ai entamé des études d'art appliqué à l'école Pivot de Nantes à l'époque.
- 6:23Et je me rappelle que c'était la deuxième promo à proposer du dessin animé.
- 6:32Et ça me paraissait super,
- 6:34ça me paraissait être une industrie florissante dans laquelle on pouvait gagner sa vie rapidement comparé au statut d'auteur en bande dessinée qui peut être beaucoup plus long.
- 6:48Et puis,
- 6:50je crois que je ne savais pas trop ce que je voulais raconter à ce moment-là.
- 6:54Donc,
- 6:55plutôt que de raconter mes histoires,
- 6:57je me suis dit pourquoi pas raconter celles des autres.
- 6:59Et j'ai entamé ma carrière de storyboarder dans le dessin animé à Paris à l'époque.
- 7:04Est-ce que tu peux définir ce qu'est un storyboarder et le travail que tu fais dans le milieu du dessin animé ?
- 7:09Parce que je pense qu'il y a une partie de l'audience qui doit un peu prévoir de quoi il s'agit.
- 7:15Mais moi,
- 7:16j'aime bien prendre le temps de réexpliquer certains concepts qui ne sont pas toujours familiers tous.
- 7:20Et on n'a pas toujours...
- 7:22l'opportunité de connaître ces univers-là.
- 7:26Donc,
- 7:27ça m'intéresse que tu puisses prendre un petit moment pour nous décrire ce que tu fais au niveau du dessin animé.
- 7:32OK.
- 7:33Alors,
- 7:33le storyboard,
- 7:34c'est un métier...
- 7:36En tout cas,
- 7:37le storyboard de dessin animé,
- 7:38c'est assez spécifique.
- 7:39C'est-à-dire qu'il faut imaginer qu'on fait une grande bande dessinée de tout le dessin animé avant qu'il passe dans les mains des équipes techniques et des autres...
- 7:52postes.
- 7:53Le dessin animé,
- 7:54c'est un travail collectif,
- 7:55c'est un travail fastidieux et long qui nécessite beaucoup de petites mains et des gens hyper spécialisés à différents postes.
- 8:03Donc il y a des personnes qui ne font que du décor,
- 8:06d'autres que des personnages,
- 8:08d'autres que de la couleur.
- 8:10Le storyboarder,
- 8:11lui,
- 8:11ne fait que une forme de dessin assez rapide mais avec les informations nécessaires et justes.
- 8:22pour raconter l'histoire.
- 8:24Vraiment comme une espèce de bande dessinée qui serait moins bien léchée,
- 8:31moins bien soignée,
- 8:32mais avec beaucoup plus de dessins.
- 8:36Un dessin animé de 11 minutes,
- 8:37ça nécessite entre
- 8:39800 et 1 200 dessins.
- 8:45C'est un dessin rapide,
- 8:46c'est un dessin prolifique,
- 8:49c'est un dessin...
- 8:52j'ai envie de dire technique aussi,
- 8:57dans lequel on dessine les angles de caméra,
- 9:00le déroulement de l'action,
- 9:01etc.
- 9:02Très bien.
- 9:03Donc,
- 9:03du coup,
- 9:04toi,
- 9:04tu as cette carrière-là d'un côté,
- 9:06dans le dessin,
- 9:09et en parallèle,
- 9:10en tout cas depuis quelques années,
- 9:15tu en viens à développer une carrière d'artiste visuel.
- 9:20Comment est-ce que ça se fait ?
- 9:22À partir de quel moment est-ce que cette trajectoire-là se dessine ?
- 9:30J'ai toujours eu un goût,
- 9:32une curiosité pour les arts et diverses pratiques artistiques.
- 9:37Dans le dessin animé,
- 9:38on est plutôt sur des gens qui sont dans l'excellence technique,
- 9:42en tout cas des techniciens,
- 9:45et je suis toujours technicien dans ce milieu.
- 9:49On est sur une culture geek aussi,
- 9:51sur une culture pop.
- 9:54Et moi,
- 9:54j'avais aussi un goût pour d'autres types d'espaces artistiques comme la galerie,
- 9:59le musée,
- 10:01l'art conceptuel,
- 10:02l'histoire de l'art.
- 10:05Et ça m'intéressait aussi.
- 10:06Après,
- 10:07je crois qu'au moment où,
- 10:10en 2015-2016,
- 10:11j'habitais dans le quartier de Châteaurouge à Paris et j'avais déjà depuis quelques années une envie de faire un travail un peu plus personnel.
- 10:19Parce que dans le dessin animé,
- 10:20on est...
- 10:22une grosse équipe au service souvent d'une œuvre de divertissement.
- 10:26J'avais envie de produire un travail d'auteur,
- 10:28mais je ne savais pas trop comment.
- 10:30Et j'étais sur une démarche assez introspective.
- 10:33Je me rappelle avoir fait une formation en film documentaire,
- 10:37parce que ça m'intéressait.
- 10:41Et j'ai abordé ça de façon assez relaxe,
- 10:47j'ai envie de dire.
- 10:48Et en fait,
- 10:48on m'a demandé un travail assez...
- 10:50assez dense,
- 10:51auxquelles je n'étais pas préparé,
- 10:52assez intime.
- 10:53On m'a demandé d'aller chercher en moi mes problématiques,
- 10:57ce qui me travaillait,
- 10:59des choses assez personnelles.
- 11:01Et j'en suis venu à essayer de faire un film,
- 11:05notamment sur les taxiphones dans le quartier de Châteaurouge.
- 11:08Alors pour ceux qui sont plus jeunes et qui ne connaissent pas le taxophone,
- 11:12avant l'invention du téléphone portable,
- 11:17on utilisait souvent le taxophone.
- 11:19pour passer des appels téléphoniques à l'étranger.
- 11:24Et donc voilà,
- 11:25il faut imaginer un magasin avec des cabines téléphoniques à la file et puis des codes postaux de différents pays avec combien coûte à la minute de les appeler.
- 11:38Et j'y voyais un espace où des liens de famille se recréaient entre eux.
- 11:47des pères sénégalais,
- 11:49maliens,
- 11:50qui travaillaient à Paris,
- 11:53et leurs femmes et leurs enfants restaient au pays.
- 11:55Et j'y voyais une analogie avec ma propre histoire familiale,
- 11:58en tout cas avec des relations de famille à distance,
- 12:03puisque mon père,
- 12:04mon pan africain,
- 12:06plusieurs de mes sœurs,
- 12:08toute ma famille africaine vit,
- 12:10elle,
- 12:11en Angola,
- 12:12et que je les...
- 12:14Je les fréquente,
- 12:15je les connais,
- 12:16j'entretiens les relations de famille que j'ai avec eux à 90%
- 12:21par téléphone.
- 12:22Donc c'était un espace qui me touchait énormément et qui était à la fois assez sordide,
- 12:31assez glauque,
- 12:33ça ressemble à n'importe quelle épicerie bas de gamme,
- 12:36avec n'importe quel shop assez pauvre.
- 12:42C'est laid comme espace en fait.
- 12:44Mais les histoires et les récits qui s'y jouent,
- 12:46je les trouvais beaux et poétiques.
- 12:49Et puis,
- 12:50évidemment,
- 12:51c'est aussi un lieu de blanchiment d'argent,
- 12:54de corruption.
- 12:55Donc,
- 12:56il m'était difficile d'arriver à tourner là-dedans.
- 13:01J'avais que trois semaines pour faire le docu.
- 13:02Et finalement,
- 13:03j'en viens à devoir moi-même me mettre en scène dans un call avec ma famille,
- 13:09que pour le coup,
- 13:10j'ai réalisé par
- 13:12Skype à l'époque.
- 13:14Et puis,
- 13:15ce film est une espèce d'échec cuisant.
- 13:18Je n'arrive pas à prendre du recul sur moi-même.
- 13:20C'est assez dur de se mettre en scène en étant sincère,
- 13:22etc.
- 13:23Le film est un espèce d'échec assez dur à encaisser.
- 13:29Mais je me rends compte que,
- 13:31en fin de compte,
- 13:31les relations que j'ai avec tout un point de ma famille africaine sont assez superficielles et que j'ai beaucoup de choses à explorer.
- 13:44qu'il y a peut-être une transmission qui ne m'a pas été faite,
- 13:50ou du moins qui est assez pauvre.
- 13:53Et c'est de là,
- 13:53je crois,
- 13:56que je me suis dit « Oui,
- 13:57en fait,
- 13:58par le prisme d'une activité artistique,
- 14:00j'ai envie de faire ce travail de réappropriation.
- 14:04J'ai envie de me rapprocher de mes origines,
- 14:06j'ai envie de les comprendre,
- 14:08j'ai envie d'explorer pourquoi je suis ici. »
- 14:13là-bas,
- 14:15pourquoi je connais peu ou pas mon héritage,
- 14:22etc.
- 14:22Il y a toute une somme de questions qui me sont apparues et que j'ai eu envie d'exprimer d'un coup.
- 14:28J'avais d'un coup des histoires à raconter.
- 14:31Super intéressant.
- 14:32Toi,
- 14:34tu parles d'échec cuisant par rapport à ce film,
- 14:37mais au départ,
- 14:38c'était plus une forme d'initiation.
- 14:40Ce n'était pas quelque chose qui devait être un succès.
- 14:43Alors,
- 14:45oui,
- 14:45sans doute.
- 14:46Sans doute,
- 14:47c'était une initiation,
- 14:48effectivement.
- 14:49Mais il y avait quand même à la fin ce petit projet de faire un film de cinq minutes qui soit...
- 14:55qui illustre une démarche,
- 14:58un propos intellectuel qu'on avait développé,
- 15:01etc.
- 15:01Et je n'avais pas réussi personnellement à illustrer en images,
- 15:07à illustrer avec un film ma problématique,
- 15:11mon propos,
- 15:13le thème de mon film.
- 15:15En l'occurrence,
- 15:19l'idée de loin des yeux,
- 15:20loin du cœur,
- 15:21l'idée de comment entretenir une...
- 15:24des relations familiales à distance.
- 15:26Ok.
- 15:27Et donc là,
- 15:27c'est un peu ta...
- 15:28C'est pour ça qu'effectivement,
- 15:29je voyais ça,
- 15:30je voulais essayer qu'on a des chèques.
- 15:32D'accord.
- 15:33Mais ok,
- 15:35intéressant.
- 15:36Et du coup,
- 15:37en tout cas,
- 15:40cette première initiative,
- 15:42elle t'invite à aller finalement un peu questionner ton rapport à ta famille,
- 15:48à tes origines.
- 15:49Et du coup,
- 15:51c'est à travers ça que tout...
- 15:55une partie de ta créativité en tant qu'artiste elle va vraiment s'illustrer c'est vraiment ça qui définit un peu je ne sais pas si on dit ligne éditoriale chez un artiste mais en tout cas le type de visuel que tu vas chercher à proposer alors
- 16:10à ce moment là je n'ai pas une démarche artistique j'ai des thèmes j'ai un starter émotionnel je dirais j'ai quelque chose qui m'anime
- 16:23Et suite à ça,
- 16:24je me rappelle que mon père et mes soeurs sont venus à Paris,
- 16:33comme ils avaient l'habitude de le faire.
- 16:35Tous les étés,
- 16:35on essayait de se retrouver dans différentes destinations.
- 16:41Déjà,
- 16:43on a la chance d'en avoir les moyens.
- 16:46Voilà,
- 16:46les vacances.
- 16:47Et puis là,
- 16:49je me rappelle avoir une violente dispute avec mon père.
- 16:52que j'évitais en général parce qu'on se voyait peu et que les moments étaient rares et qu'on était plutôt là dans un esprit de célébration.
- 17:01Mais cette fois-ci,
- 17:02ça m'avait été insupportable parce qu'effectivement,
- 17:05j'avais déconstruit la relation que j'avais avec lui,
- 17:09avec ce qu'il incarne,
- 17:10c'est-à-dire mon africanité,
- 17:12avec l'idée que c'était un de mes seuls accès
- 17:22à ma culture angolaise,
- 17:24congolaise et brésilienne,
- 17:25dans le sens où c'est ma mère qui est blanche,
- 17:29française,
- 17:30et que j'ai eu beaucoup plus de transmission par elle.
- 17:34Donc je me rappelle,
- 17:35on se fâche fort,
- 17:36on ne se parle plus pendant deux ans.
- 17:38Et à ce moment-là,
- 17:42effectivement,
- 17:43je vis à Châteauroux,
- 17:47je commence à voir tous ces textiles africains.
- 17:51Ça me remémore des choses par rapport à mes jeunes années en Angola,
- 17:58etc.
- 17:59Mais je n'ai pas développé la démarche artistique à ce moment-là.
- 18:01Elle est venue un petit peu plus tard.
- 18:04Mais j'avais effectivement quelque chose qui m'animait.
- 18:08Et donc,
- 18:08il fallait que j'étudie ça,
- 18:11que je vois quelle forme plastique ça pouvait prendre.
- 18:15Parce que ça aurait pu être de la bande dessinée,
- 18:17ça aurait pu être du film,
- 18:18ça aurait pu être...
- 18:22plein de choses.
- 18:23Et du coup,
- 18:23c'est à partir de quel moment que tu définis en fait le canal par lequel tu vas exprimer cette...
- 18:32Enfin,
- 18:32c'est...
- 18:35Comment dire ?
- 18:36Ton courant artistique,
- 18:37en fait.
- 18:37À partir de quel moment est ce que ça se fait ?
- 18:39Alors,
- 18:40je commence à chercher des inspirations autres que celles que j'avais l'habitude de voir,
- 18:46parce que comme j'ai majoritairement grandi en Europe,
- 18:51J'avais une culture artistique très européenne.
- 18:56Les peintres,
- 18:57les sculpteurs,
- 18:58etc.
- 18:58Et puis comme on est à Paris,
- 19:00il y a cette mexité.
- 19:01Je découvre des peintres comme Sherry Samba,
- 19:06JP Mika.
- 19:07Je me rappelle aussi que j'allais un peu traîner à Bruxelles à l'époque,
- 19:11où il y a le quartier de Matongué.
- 19:14On a cette grande fresque effectivement de Sherry Samba.
- 19:17Je commence à m'intéresser à d'autres...
- 19:23d'autres chemins,
- 19:26d'autres cultures de la peinture.
- 19:29Et je me rappelle que j'ai fait mon premier motif,
- 19:34je crois,
- 19:36quand j'habitais à La Rochelle,
- 19:38après avoir quitté Paris,
- 19:40pendant le Covid.
- 19:42Et pendant le Covid,
- 19:44ou juste avant,
- 19:45je m'étais dit j'ai bien envie d'apprendre la scénographie,
- 19:47il y a un super atelier de scénographie à La Rochelle.
- 19:50Parce que j'ai envie de faire des motifs en wax et parce que ça me paraît être la technique la plus...
- 19:57juste pour reproduire des motifs en wax.
- 20:04Et je me rappelle avoir à l'époque,
- 20:07quand on fait de la scénographie,
- 20:09il faut des écrans,
- 20:11des écrans qu'on va utiliser pour faire des pochoirs.
- 20:14Et une fois que ces pochoirs sont faits,
- 20:17qu'on les a utilisés,
- 20:17il faut nettoyer les écrans,
- 20:19les dégraver,
- 20:21pour pouvoir refaire des pochoirs dessus.
- 20:23Il faut un karcher,
- 20:24et je n'avais pas de karcher.
- 20:26terrasses.
- 20:28Comme c'était le Covid,
- 20:30on était assignés à résidence,
- 20:31mais je prenais quand même ma bagnole et j'allais au car wash.
- 20:34Il y a une période où les gens avaient l'autorisation de sortir un peu et je me rappelle que les gens allaient au car wash.
- 20:39Moi aussi,
- 20:40j'allais au car wash et je sortais les écrans de mon coffre.
- 20:43Je les nettoyais au car share et je foutais de la peinture partout,
- 20:46du vert,
- 20:46du bleu,
- 20:47du rouge.
- 20:49Les gens regardaient bizarrement.
- 20:51Mais c'est vraiment là que ça a commencé.
- 20:532016.
- 20:56Premières interrogations et en fait,
- 20:582020,
- 21:012019-2020,
- 21:02passage à l'action,
- 21:04en vrai.
- 21:05Il y a eu un process,
- 21:05il y a eu toute une maturation assez lente entre les deux.
- 21:11Du jour où tu te dis que ça va être la sérigraphie,
- 21:16c'est sûr et c'est par là que tu...
- 21:21que tu décides de développer ton art ?
- 21:24Ou est-ce qu'il y a des moments de
- 21:25« tiens, j'ai peut-être testé la peinture »
- 21:27ou « testé autre chose » ?
- 21:29Ou c'est vraiment,
- 21:30une fois que ce choix est fait,
- 21:32il va venir vraiment définir de manière,
- 21:35je ne vais pas dire définitive,
- 21:37mais en tout cas,
- 21:38ça a été,
- 21:40comment dire,
- 21:40quelque chose de décidé,
- 21:42de mûri,
- 21:43et une voie qui est restée la même depuis cette décision ?
- 21:48C'est là que...
- 21:50au lieu d'être simplement sérigraphe ou peintre.
- 21:57Quand on commence à cumuler,
- 21:58on devient artiste visuel,
- 21:59je pense.
- 22:00C'est-à-dire que j'ai commencé avec la sérigraphie,
- 22:03effectivement.
- 22:07Et puis,
- 22:08il y a quelques années,
- 22:10j'ai eu une opportunité de faire de la réalité virtuelle.
- 22:14Et donc,
- 22:15ça faisait appel à des compétences que j'avais dans le dessin animé.
- 22:19en peinture digitale,
- 22:21sur photoshop,
- 22:22etc.
- 22:22Et là je me suis dit en fait,
- 22:25il y a un élargissement et je séparais bien avant ce que je faisais dans le dessin animé pour gagner ma vie,
- 22:34pour payer mon loyer,
- 22:34etc.
- 22:35Ce que je faisais dans l'art contemporain sans grandes aspirations personnelles au début,
- 22:44mais juste par envie profonde.
- 22:46Et les deux sont liés grâce à la réalité virtuelle.
- 22:50Alors je me suis dit qu'en fait,
- 22:54je pouvais utiliser tout médium et que ça marcherait à partir du moment où je garde une exigence de technique et puis de pertinence par rapport aux propos intellectuels que j'essaie de développer,
- 23:12que j'essaie de partager aux gens.
- 23:18Le regard à travers lequel j'ai envie que les gens voient le monde,
- 23:22c'est-à-dire à travers mon regard,
- 23:25et que j'arrive à essayer de développer quelque chose de singulier,
- 23:28quelque chose qui m'est personnel et que j'arrive à le partager.
- 23:33Je pense que l'objectif,
- 23:34c'est toujours ça.
- 23:35Et du coup,
- 23:36la réalité virtuelle,
- 23:38quand tu l'utilises,
- 23:39est-ce que tu peux nous expliquer,
- 23:40en fait,
- 23:40dans ton processus créatif,
- 23:42comment est-ce que ça s'intègre et quel genre d'œuvres,
- 23:45en fait,
- 23:45est-ce que tu crées en intégrant la réalité virtuelle ?
- 23:50En fait,
- 23:53j'avais fait une exposition de sérigraphie à Marseille,
- 23:56ma première expo,
- 23:58et suite à ça,
- 23:59il y a un appel,
- 24:00il y a quelqu'un qui était passé à l'expo,
- 24:02qui me montre un appel pour participer à...
- 24:05trois résidences de création en Europe,
- 24:08et en profiter de ce temps pour réfléchir à des œuvres qui se sont produites en réalité virtuelle pour une exposition à Nantes avec l'idée de créer une nouvelle forme de mémoire autour de la traite transatlantique et
- 24:27du colonialisme.
- 24:29Il y avait
- 24:3022 artistes afrodescendants de toute l'Europe.
- 24:35sélectionné.
- 24:35Donc voilà,
- 24:36j'avais candidaté,
- 24:38j'ai été retenu,
- 24:38donc super.
- 24:39Et puis là,
- 24:40on part comme ça sur une journée,
- 24:45sur trois résidences.
- 24:46D'abord en Hongrie,
- 24:49ensuite à Copenhague et après à Lisbonne.
- 24:53Où voilà,
- 24:54on nous apprend ce que c'est que la réalité virtuelle.
- 24:59en quoi ça peut être différent du cinéma.
- 25:03Évidemment,
- 25:05moi,
- 25:05je m'en suis tiré.
- 25:08En tout cas,
- 25:12je me suis attaché à ce que j'aimais faire et à ma sensibilité,
- 25:14c'est-à-dire le dessin animé.
- 25:15Donc,
- 25:15j'ai dit,
- 25:16moi,
- 25:16je veux faire un dessin animé à 360 degrés.
- 25:19Je sais faire des personnages,
- 25:20je sais faire des décors,
- 25:21des illustrations.
- 25:23Je sais écrire,
- 25:24je sais faire le storyboard.
- 25:27Je vais faire du film,
- 25:29je vais faire du dessin animé.
- 25:30Et puis,
- 25:32on va mettre tout ça à
- 25:34360 degrés.
- 25:36Le spectateur sera au milieu du film.
- 25:39Et ça va être génial.
- 25:41Donc,
- 25:43on a eu des bons partenaires avec qui développer ce projet-là.
- 25:48Et puis,
- 25:48ça aboutit à cette exposition manifeste Nouvelle Mémoire.
- 25:54Nouvelle forme de mémoire sur la traite esclavagiste à Nantes en septembre 2024.
- 25:59Du coup,
- 26:01j'imagine que cette œuvre que tu as créée pour cet événement-là,
- 26:05c'est encore possible d'y accéder.
- 26:08Est-ce que si mes auditeurs veulent voir ce dessin-lumé que tu viens de nous décrire,
- 26:13est-ce qu'on peut y accéder et comment ?
- 26:16Bonne question.
- 26:17Depuis l'exposition,
- 26:19euh...
- 26:23Je ne sais pas trop.
- 26:26Ce n'est pas une histoire de droit,
- 26:27évidemment,
- 26:28que j'ai envie de la partager au public le plus large.
- 26:31Mais si je la mets sur YouTube ou quoi,
- 26:34ça va être flat.
- 26:36Alors que ce qui est intéressant,
- 26:37c'est d'avoir le casque des réalités virtuelles et puis d'être au milieu du film.
- 26:42Donc,
- 26:42je ne sais pas trop.
- 26:43Là,
- 26:44on m'a proposé et je pense aller présenter cette œuvre à nouveau dans le cadre d'une exposition.
- 26:51en Guadeloupe pendant une semaine.
- 26:54Donc évidemment,
- 26:57c'est hyper pertinent parce que cette œuvre,
- 27:00c'est trois dessins animés de cinq minutes qui présentent trois personnages historiques noirs qui ont joué un rôle dans la Révolution française,
- 27:11ou pas qui ont joué un rôle dans la Révolution française,
- 27:14mais qui sont contemporains de la Révolution française.
- 27:16Donc tout ça en ouverture.
- 27:20Thomas Alexandre Dumas,
- 27:21le père de l'écrivain
- 27:22Alexandre Dumas et Ourika une Sénégalaise qui avait été adoptée par l'aristocratie française à l'époque donc évidemment elle est sur le territoire de la Guadeloupe pour montrer ces oeuvres cette oeuvre là dont
- 27:38deux personnages viennent des Antilles c'est super,
- 27:42mais je sais pas je sais pas la diffuser plus largement pour l'instant il faudrait que je la mette sur un store je sais pas trop voilà
- 27:50Ce qui est bien aussi,
- 27:51c'est l'installation en équipe.
- 27:52Non,
- 27:52mais ce que je comprends,
- 27:53c'est...
- 27:53Voilà.
- 27:54Donc,
- 27:55du coup,
- 27:55il faut arriver à trouver un espace avec des casques.
- 27:59Et là,
- 27:59on peut avoir accès à l'œuvre.
- 28:01Ouais,
- 28:02c'est ça que je souhaite.
- 28:03Mais il faut organiser une expo.
- 28:04Ouais.
- 28:06OK,
- 28:07c'est entendu.
- 28:08Je vais essayer de m'en occuper.
- 28:10Maintenant que j'ai compris quelle était la problématique.
- 28:13Parce que bon,
- 28:13on ne va pas...
- 28:14Et effectivement,
- 28:15je suis assez d'accord avec toi.
- 28:16On ne va pas mettre ça sur...
- 28:19sur Instagram,
- 28:19sur YouTube ou sur TikTok.
- 28:23Si le but,
- 28:23c'est d'avoir une expérience de réalité virtuelle,
- 28:28ça n'a pas de sens de le mettre sans pouvoir avoir cette expérience-là.
- 28:37Donc,
- 28:37chers auditeurs,
- 28:38attendez-vous à avoir de plus amples informations sur la possibilité de,
- 28:44en tout cas à Paris,
- 28:45pouvoir voir le film.
- 28:48On en discutera après l'interview.
- 28:53La fille qui fait du business en même temps qu'elle fait de l'interview.
- 28:56C'est du business,
- 28:57mais du coup,
- 28:58une fois qu'on a parlé de l'oeuvre,
- 28:59moi j'ai envie de la voir et je me dis,
- 29:01ça se passe comment ?
- 29:03Et donc,
- 29:03on trouve des moyens.
- 29:05Il y a plusieurs artistes comme ça qui font des œuvres de réalité virtuelle,
- 29:09mais qui vont de pair avec une installation,
- 29:12avec un cadre,
- 29:13avec une ambiance,
- 29:15avec une ambiance de terre.
- 29:17Moi,
- 29:17pour cette œuvre-là qui s'appelle The Private Portrait,
- 29:20l'idée,
- 29:21c'est d'avoir une atmosphère cosy,
- 29:25intime.
- 29:27Donc,
- 29:27on a trois cabines qui sont faites de trois grands paravents qui sont recouverts de wax.
- 29:37C'est ma marque de fabrique.
- 29:38Elles correspondent à trois couleurs qu'on peut retrouver dans les trois films,
- 29:42etc.
- 29:44Donc c'est tout un truc qui fait que l'expérience est un peu plus unique que si on te mettait un casque sur la tête au milieu d'une salle.
- 29:55Mais on l'a fait tester à des enfants d'abord.
- 29:59Bonsoir.
- 30:00Dans le cadre de l'exposition à Nantes,
- 30:02tous les artistes sont restés une semaine.
- 30:05Et donc,
- 30:05il y avait des ateliers avec des gamins.
- 30:07Et je crois que c'était mon meilleur public.
- 30:11C'était top.
- 30:11Et puis,
- 30:11ils l'ont vu avant même,
- 30:13je me rappelle,
- 30:14l'atelier,
- 30:14on l'a fait avant même le vernissage de l'expo.
- 30:19C'était des 10-12 ans,
- 30:19ils étaient comme des fous et tout.
- 30:22Moi,
- 30:22j'ai adoré ce moment d'échange avec eux.
- 30:24Et puis,
- 30:25c'était une classe,
- 30:26j'appelle ça les classes Benetton.
- 30:28Il y avait toutes les nationalités dedans.
- 30:31Donc,
- 30:32c'est super.
- 30:33Non,
- 30:34mais écoute,
- 30:35on en parlera.
- 30:35Mais je vois où ça peut s'organiser.
- 30:37Maintenant que tu m'as expliqué qu'il y avait des paravents,
- 30:40des tissus,
- 30:40wax et tout,
- 30:41on en parle.
- 30:42On en parle.
- 30:44Et donc,
- 30:44probablement,
- 30:45alors je ne pense pas que quand je vais sortir l'épisode,
- 30:47on aura déjà verrouillé quelque chose.
- 30:49Mais en tout cas,
- 30:51quelque part en 2025,
- 30:52je pense que ce sera possible.
- 30:56Allez,
- 30:56tu as l'air déter.
- 30:59En tout cas,
- 31:00vu que je l'ai déclaré dans un podcast,
- 31:02je ne peux pas revenir en arrière.
- 31:05Ça ne prendra pas compte du montage.
- 31:08OK.
- 31:08Donc,
- 31:09il faudra attraper ma veste.
- 31:11Si ça ne se fait pas,
- 31:11il faudra attraper mon bon bord sur Wax.
- 31:13Ah,
- 31:14d'accord.
- 31:15OK.
- 31:16Donc,
- 31:18là,
- 31:18en fait,
- 31:18tu nous as parlé de ce côté réalité virtuelle.
- 31:21Et aujourd'hui,
- 31:22ton actualité,
- 31:23c'est notamment l'exposition
- 31:25Wax avec le Musée de l'Homme.
- 31:28qui vient juste de démarrer là,
- 31:31début février.
- 31:32Est-ce que tu peux nous parler du tout de cette expérience-là et de toi,
- 31:37en fait,
- 31:39que tu présentes dans le cadre de cette exposition ?
- 31:43Alors,
- 31:43l'exposition Wax au Musée de l'Homme,
- 31:47c'est une exposition qui a un double volet parce que c'est un muséum d'histoire naturelle,
- 31:52donc il y a tout un pan de l'exposition qui est sur...
- 31:56l'histoire de ce textile.
- 31:59Et puis,
- 31:59il y a une autre partie qui est dédiée à l'art contemporain,
- 32:03à ce que les artistes en art contemporain font de ce textile.
- 32:09Et puis,
- 32:11on retrouve principalement les médiums de la photographie,
- 32:16de la mode,
- 32:16du design textile,
- 32:17et puis de la peinture.
- 32:22Donc,
- 32:22pour le coup,
- 32:23j'ai la chance d'être aux deux étages parce que j'ai des œuvres qui traitent de l'histoire de ce textile même et puis des œuvres qui sont à la fois textiles et à la fois en
- 32:39peinture.
- 32:40Donc voilà,
- 32:41il ne me manquait plus que la photographie,
- 32:42mais je n'y suis pas encore.
- 32:44Et toi,
- 32:45en termes de...
- 32:47Comment tu fais pour avoir cette opportunité d'être exposée au Musée de l'Âme ?
- 32:52Parce que,
- 32:53du coup,
- 32:53je ne t'ai pas demandé si avant,
- 32:54tu avais été exposée dans d'autres musées,
- 32:57tu avais eu d'autres opportunités,
- 33:01après,
- 33:01en tout cas,
- 33:02l'exposition virtuelle dont tu parlais tout à l'heure.
- 33:05Est-ce que tu avais eu d'autres opportunités et comment,
- 33:08en fait,
- 33:08ça s'est fait,
- 33:10la collaboration avec le Musée de l'Âme ?
- 33:13Comment s'est faite la collaboration avec le Musée de l'Homme ?
- 33:15Oui,
- 33:15c'est ça.
- 33:16Et est-ce que tu avais exposé avant dans d'autres musées ?
- 33:20Alors,
- 33:21je n'avais jamais exposé dans un musée avant.
- 33:24Enfin,
- 33:24si,
- 33:25j'avais exposé illégalement au Musème,
- 33:28parce que j'avais été accroché à une de mes œuvres au Musème dans une exposition.
- 33:35Donc,
- 33:35je ne sais pas si ça compte,
- 33:36mais pour moi,
- 33:36ça compte.
- 33:37C'est à toi de nous dire,
- 33:38c'est toi l'artiste.
- 33:40Je ne sais pas comment ça se passe.
- 33:41Je te demande.
- 33:42Mais du coup,
- 33:43alors le playbook,
- 33:44pour être exposé en tant qu'artiste par Bongo,
- 33:48tu rentres dans le musée et puis tu poses ta pièce.
- 33:51Voilà.
- 33:52Après tout.
- 33:54Et ça compte.
- 33:55Voilà.
- 33:55Je fais moi-même la curation et je m'intègre dans l'environnement.
- 33:59Je pense que dans la vie,
- 34:00des fois,
- 34:00il faut faire simple.
- 34:02Alors du coup,
- 34:05explique-nous cette curation.
- 34:09Spontanée.
- 34:10Il y avait une exposition au Mucem qui s'appelait
- 34:14Europa Ausha,
- 34:16qui était une exposition dédiée à l'art diasporique,
- 34:19afro-descendant et tout.
- 34:21Et à l'époque,
- 34:22j'étais dans une grande réflexion sur le musée,
- 34:24l'espace muséal.
- 34:26Et je venais donc de faire cette exposition dans une galerie à Marseille qui s'appelle Solarium,
- 34:32une exposition qui s'appelait Muséum Regards Afropéens.
- 34:36où j'imaginais un musée dédié aux figures afro-européennes.
- 34:43Et donc,
- 34:43il y avait toute une réflexion sur la représentation du corps noir dans l'espace muséal,
- 34:48l'espace muséal qui est l'incarnation d'un lieu où on entrepose des trésors pillés dans les colonies,
- 34:54etc.
- 34:56Donc un espace assez violent d'un certain point de vue.
- 35:00Et cette expo m'a à la fois fasciné parce que je trouvais ça génial.
- 35:05En fait,
- 35:06je venais de faire une exposition dédiée à un public diasporique,
- 35:11mais dédiée à des artistes qui met en valeur des artistes diasporiques,
- 35:18d'origine noire,
- 35:19etc.
- 35:20Mais en même temps,
- 35:21c'était un espace que je réfutais,
- 35:25que je refusais d'une certaine manière.
- 35:29D'autant plus qu'à l'époque,
- 35:31je me rappelais,
- 35:32je venais de faire une œuvre sur un artiste qui s'appelle
- 35:38Osman So,
- 35:38qui était un sculpteur sénégalais et qui a toujours refusé d'exposer dans les musées,
- 35:44et donc qui adorait exposer en espace public,
- 35:46etc.
- 35:46Et donc je me disais,
- 35:51il faudrait commettre un acte de violation comme eux,
- 35:55comme eux,
- 35:55ils ont fait en pillant des œuvres dans les...
- 35:59dans les colonies,
- 36:00dans les territoires africains.
- 36:01Il faudrait faire quelque chose de...
- 36:03Il faudrait profaner l'espace,
- 36:04en fait.
- 36:06Mais je ne voulais pas piquer une œuvre,
- 36:07ça ne m'intéressait pas.
- 36:09Et je cherchais sans doute un peu plus de visibilité aussi.
- 36:13Il y avait tout un truc,
- 36:16tout un tas d'émotions et de réflexions qui s'entremêlaient à l'époque dans ma petite tête.
- 36:23Et je me dis,
- 36:23bon,
- 36:24je vais...
- 36:25je vais faire une œuvre et je vais l'accrocher légalement dans le musée.
- 36:28Et c'est Passport afropéen qui est sorti.
- 36:30Et à l'époque,
- 36:31je n'avais même pas conscientisé pourquoi j'avais eu envie de faire un passeport.
- 36:38C'est venu après.
- 36:39Très bien,
- 36:39super intéressant en tout cas que tu partages ça.
- 36:42J'aime bien comment tu dis,
- 36:43en fait,
- 36:43je ne l'ai pas conscientisé.
- 36:45C'est un peu quelque chose que tu as fait de manière spontanée,
- 36:47mais qui a une valeur symbolique extrêmement forte.
- 36:53Maintenant,
- 36:53du coup,
- 36:55Ta seconde exposition dans un musée,
- 36:57celle que toi tu as provoquée et celle avec laquelle,
- 37:00a priori,
- 37:00tu t'es organisé avec le musée de l'Homme,
- 37:02vous étiez d'accord ensemble pour que tu puisses exposer.
- 37:06C'était pas...
- 37:07Tu peux nous raconter comment ça s'est fait.
- 37:10Voilà,
- 37:11c'est à dire qu'a priori,
- 37:12il n'y a pas un moment où quelqu'un a fait le tour du musée et a dit mais ça,
- 37:16ça ne fait pas partie de notre curation,
- 37:19il faut qu'on enlève.
- 37:20Ils ont quand même beaucoup d'oeuvres à moi,
- 37:22donc ça aurait été dur de...
- 37:24de gruger,
- 37:25j'ai envie de dire.
- 37:26Du coup,
- 37:26comment ça s'est fait,
- 37:27la curation ?
- 37:29C'est quoi les étapes,
- 37:30en fait,
- 37:30pour toi,
- 37:31pour pouvoir comprendre le sujet et l'ambition de cette exposition wax et ensuite proposer les œuvres ?
- 37:41Écoute,
- 37:42comme je le disais,
- 37:43il y avait deux pans.
- 37:46Une partie réservée à l'histoire de ce textile et puis une autre partie réservée à ce qu'en font les artistes contemporains.
- 37:50Alors après...
- 37:52Le wax,
- 37:52on peut l'aborder de différentes façons.
- 37:54On peut rejeter complètement ce textile qui est né dans un contexte colonial hyper violent.
- 38:03On peut aussi le voir comme un métissage,
- 38:11un métissage aussi,
- 38:13et peut être violent.
- 38:16On peut...
- 38:18On peut considérer qu'il fait partie maintenant d'une forme qu'il incarne,
- 38:22une forme d'identité dans certains pays d'Afrique subsaharienne.
- 38:29Il y a plein de façons d'aborder le textile.
- 38:32Et puis,
- 38:32je crois que les curateurs de l'exposition,
- 38:36les commissaires d'exposition,
- 38:37avaient une bonne vision d'ensemble de toutes les problématiques que ça brassait.
- 38:47Je fais des motifs en wax,
- 38:49à un moment ils m'ont repéré,
- 38:51et puis j'étais le candidat idéal,
- 38:53j'ai envie de dire,
- 38:54pour cette exposition,
- 38:55donc ça s'est fait,
- 38:57et puis je pense qu'à l'époque je m'intéressais,
- 39:00et je m'intéresse toujours aux gens,
- 39:03aussi bien aux artistes qu'aux curateurs,
- 39:05qu'aux galeristes qui travaillent autour de l'identité,
- 39:12pas de l'identité,
- 39:13je dirais de la présence noire.
- 39:15à travers les arts.
- 39:18Et voilà,
- 39:18ça s'est fait comme ça.
- 39:21Je n'ai pas été amené à porter une grande réflexion à l'exposition,
- 39:26si vous voulez.
- 39:28J'avais un portfolio,
- 39:29ils ont choisi des œuvres qui étaient pertinentes pour eux,
- 39:32et puis ça s'est fait comme ça.
- 39:35Du coup,
- 39:35c'est,
- 39:36comment dire,
- 39:37on va dire que ça tombait bien pour toi,
- 39:39que ce soit pile à ce moment-là,
- 39:40puisque finalement...
- 39:42Ta carrière est assez jeune en tant qu'artiste visuel,
- 39:46et du coup avoir l'opportunité d'exposer dans un musée parisien,
- 39:49pour toi,
- 39:49est-ce que c'est une forme de consécration ?
- 39:52Est-ce que toi,
- 39:54dans ton vision board,
- 39:55mais tu vas me dire que toi tu ne fais pas de vision board,
- 39:57tu fais des storyboards,
- 39:58je ne sais pas,
- 39:58mais est-ce que ça faisait partie de tes objectifs d'être exposée dans un musée de façon légale ?
- 40:05Ou est-ce que ce n'était pas du tout forcément une ambition que tu avais et tu as profité de cette opportunité,
- 40:13mais ce n'était pas forcément quelque chose que tu ambitionnais ?
- 40:18Je ne pense pas que ça ne m'intéressait pas plus que ça le musée au début.
- 40:28Moi,
- 40:28ce qui m'intéressait,
- 40:29c'est la galerie.
- 40:31Et finalement,
- 40:32la galerie,
- 40:32je n'y suis toujours pas.
- 40:35Parce qu'en fin de compte,
- 40:37j'enchaîne un peu les résidences.
- 40:41L'année dernière,
- 40:44en deux ans,
- 40:45j'ai fait plusieurs pays.
- 40:47Et cette année,
- 40:49je vais faire
- 40:51Venise pour la réalité virtuelle,
- 40:54après la Guadeloupe,
- 40:56le Brésil deux fois.
- 40:59Ça me ramène à ma première idée,
- 41:01ma première envie vraiment dans l'art contemporain,
- 41:03c'était,
- 41:04je me dis,
- 41:04moi,
- 41:04je veux voyager,
- 41:06je veux qu'on me paye pour aller faire des œuvres avec les gens dans des pays que j'aime bien ou que j'ai envie de découvrir.
- 41:17Et puis,
- 41:19on verra ce que je trouve sur le chemin,
- 41:21mais j'ai envie d'avoir quelque chose de proactif,
- 41:24de ne pas rester...
- 41:26chez moi tout le temps,
- 41:28dans mon petit coin,
- 41:29à peindre des trucs.
- 41:32J'ai envie que ça soit vivant.
- 41:34Je pense que c'est un contre-coup de ma vie de storyboarder qui,
- 41:37pour le coup,
- 41:37était de rester...
- 41:40Ma routine était de rester assise sur une chaise à dessiner 8,
- 41:4510,
- 41:4612 heures par jour.
- 41:48OK,
- 41:48super intéressant.
- 41:49Alors,
- 41:49j'aime bien comment t'as dit « Moi,
- 41:51j'ai envie qu'on me paye,
- 41:52j'ai envie de voyager. »
- 41:55Donc...
- 41:56Du coup,
- 41:56ça fait une belle vocation.
- 41:57Je ne me cache pas.
- 42:00Non,
- 42:01mais parce que parfois,
- 42:02l'image de l'artiste,
- 42:03c'est vraiment ce côté,
- 42:04l'artiste torturé,
- 42:06qui est incompris pendant toute sa vie.
- 42:09Et en fait,
- 42:09il gagne le succès après.
- 42:12Non,
- 42:12non,
- 42:13moi,
- 42:13je veux être artiste pour qu'on me paye.
- 42:16Oui,
- 42:17on ne me paye pas encore très cher,
- 42:18mais on me paye déjà le billet d'avion,
- 42:21l'hôtel,
- 42:21et puis deux,
- 42:22trois trucs.
- 42:23Ma prestation,
- 42:26c'est pas mal.
- 42:26Je viens des arts appliqués,
- 42:29de la technique,
- 42:29donc voilà,
- 42:30il y a service,
- 42:32il y a prestation,
- 42:33il y a rémunération,
- 42:34et puis j'essaie de faire des trucs qui m'amusent dans la vie.
- 42:40passionnant.
- 42:41Non,
- 42:41mais c'est intéressant en tout cas parce que vraiment souvent les profils créatifs ils vont toujours dire mais moi la partie business c'est compliqué,
- 42:48moi j'ai un petit peu du mal à comment dire avec ces histoires d'argent,
- 42:52mais j'ai l'impression que toi ah non c'est très clair pour moi il y a prestation.
- 42:59Mais non mais tant mieux,
- 43:00tant mieux peut-être qu'il faut que tu fasses des masterclass à certains artistes que j'ai pas rencontrés,
- 43:04je pense qu'il y a peut-être un sinon.
- 43:07parce que...
- 43:08C'est pas ça.
- 43:09Si tu veux,
- 43:09je pense qu'il y a une conception française,
- 43:11très française de l'artiste bohème.
- 43:14Et puis,
- 43:15il y a deux écoles majeures en France.
- 43:17En tout cas,
- 43:17il y en avait deux.
- 43:18C'est les Beaux-Arts d'un côté.
- 43:20Donc,
- 43:20le mec torturé,
- 43:23mal dans sa peau,
- 43:24qui peint,
- 43:25qui mange un jour sur deux.
- 43:28Voilà,
- 43:28Aznavour,
- 43:29la bohème.
- 43:30Et puis,
- 43:30il y a les arts appliqués.
- 43:33Ardisson,
- 43:34la pub.
- 43:37l'argent,
- 43:40la thune,
- 43:41effectivement,
- 43:42la coke,
- 43:42la fête,
- 43:43les prostituées,
- 43:44j'en sais rien.
- 43:45Tout le délire du publicitaire.
- 43:47Comment il s'appelait ce film ?
- 43:53Je vois tout à fait,
- 43:53mais je ne me souviens plus du titre.
- 43:57Il a fait un bouquin d'abord et ensuite un film.
- 44:00Bon,
- 44:00si tu veux,
- 44:02d'un extrême à l'autre,
- 44:04il y a des gens qui ont envie de gagner leur vie décemment en pratiquant les arts.
- 44:09Et je pense que quand tu viens des arts appliqués,
- 44:12tu te destines à des métiers,
- 44:15et puis tu essaies d'en vivre,
- 44:18tu as envie d'être payé pour ce que tu fais,
- 44:20etc.
- 44:21Parce que ce n'était pas du tout aussi gros au début.
- 44:26Il y a...
- 44:29J'ai une volonté dans ma démarche de retourner d'abord en Indonésie pour retourner aux racines du wax hollandais et aller faire un travail là-bas de recherche sur
- 44:46le batik indonésien qui a inspiré le wax,
- 44:48etc.
- 44:49Donc j'écris longuement un dossier là-dessus.
- 44:53Et puis ça ne passe pas.
- 44:57On me le refuse,
- 44:59j'essaie de bosser avec l'institut français et puis on me dit non.
- 45:04Je me rappelle,
- 45:04je suis vraiment déçu,
- 45:07je suis cassé en deux parce que j'ai passé beaucoup de temps sur ce dossier.
- 45:12Et pour moi,
- 45:12c'était la suite logique dans ma démarche.
- 45:14J'avais conscientisé le truc à fond.
- 45:17Et puis,
- 45:18quelques mois après,
- 45:19il y a cet appel sur le Brésil qui sort.
- 45:23Et il est très court.
- 45:24On a peu de temps pour y répondre.
- 45:26Et en fait,
- 45:27moi,
- 45:27à ce moment-là,
- 45:27j'ai déjà un dossier énorme fait pour l'Indonésie.
- 45:30Donc en fait,
- 45:32je vois Jakarta.
- 45:33Je règle Jakarta et puis à la place,
- 45:36j'écris Saint-Germain-d'Ardénia,
- 45:37basiquement.
- 45:40Je recandidate.
- 45:43Et là,
- 45:44elle répondit oui.
- 45:45Mais ça ne devait pas être un défilé de mode,
- 45:47ça devait être juste une création de motifs,
- 45:51un travail avec des artisans locaux pour travailler sur des techniques.
- 45:59de dessins artisanal,
- 46:02local et puis il y a un échange un dialogue dans la production de ces motifs mais par rapport au projet du Brésil le Brésil ça m'intéressait à fond je me suis dit voilà je vais pouvoir explorer
- 46:19un peu plus un pan de mes origines travailler sur cette partie plus afro que je n'aurais pas faite en Indonésie
- 46:28Très peu.
- 46:32Et en fait,
- 46:34le projet a grossi parce qu'il y a des partenaires qui ont commencé à vouloir s'ajouter.
- 46:41Ah,
- 46:41ça serait bien si tu faisais ceci,
- 46:42si tu faisais cela.
- 46:43Est-ce que tu es chaud et tout ?
- 46:44Et puis à chaque fois,
- 46:45je trouvais les idées géniales.
- 46:46Et puis j'ai dit oui.
- 46:48Et puis du coup,
- 46:48maintenant,
- 46:51ça va être le plus gros projet de ma jeune carrière.
- 46:55Il y a beaucoup de défis,
- 46:56beaucoup de challenges,
- 46:57mais je crois que j'adore ça.
- 46:58Je suis,
- 47:01de par la carrière que j'ai eue dans le storyboard,
- 47:04aussi un compétiteur.
- 47:05Parce qu'il faut savoir que dans le dessin animé ou dans les arts appliqués,
- 47:09souvent,
- 47:11on passe des tests,
- 47:12on est en compétition avec d'autres personnes,
- 47:15etc.
- 47:16J'essaie juste d'être dans une compétition qui soit plus saine,
- 47:21qui soit...
- 47:25qui m'enchante en fait,
- 47:26je le vois différemment.
- 47:30Et puis du coup,
- 47:32voilà,
- 47:32ce projet va se faire,
- 47:33j'y vais deux fois,
- 47:35j'ai un premier voyage de recherche de trois semaines dans les quartiers populaires,
- 47:40dans la favela,
- 47:42à rencontre des travailleurs sociaux,
- 47:44des créateurs de mode,
- 47:45d'artistes,
- 47:49pour échanger avec eux,
- 47:50et puis on y retourne.
- 47:51tourne une deuxième fois pour la production vraiment du défilé de mode,
- 47:57des heures,
- 47:58etc.
- 47:59C'est intéressant parce qu'il y a la biennale d'art contemporain de Sao Paulo dans la foulée après.
- 48:07Salvador de Bahia à Sao Paulo,
- 48:08ce n'est pas à côté.
- 48:09Il faut faire sacrément d'heures de bus pour y aller mais je vais essayer je crois dans la foulée d'aller voir là-bas et je suis sûr que je verrai plein de choses absolument fantastiques et les...
- 48:22Les afro-brésiliens ont tellement de choses à dire là.
- 48:25Je pense que ça va être une grande claque.
- 48:27Écoute,
- 48:27tu as déjà les dates,
- 48:29en fait.
- 48:31Donc,
- 48:31tu as ton premier voyage,
- 48:32en fait,
- 48:32un peu d'exploration,
- 48:33de recherche.
- 48:35Et après,
- 48:35les dates durant lesquelles aura lieu le défilé et les différentes...
- 48:41Je ne sais pas si c'est un festival,
- 48:43je ne sais pas comment tu l'appelles,
- 48:44mais ça va être sur plusieurs jours,
- 48:45en fait.
- 48:46Alors,
- 48:47oui,
- 48:47c'est un peu flou parce que...
- 48:50On ne sait pas.
- 48:51Au mois de novembre,
- 48:52au Brésil,
- 48:53c'est le mois de la conscience noire.
- 48:55Donc il se passe beaucoup de choses.
- 48:58Et on ne sait pas encore si on va vraiment prendre le pendant rue et faire un défilé de mode dans la rue avec l'habitant,
- 49:08ou si ça va être un peu plus cadré dans le cadre d'un festival,
- 49:12notamment qui s'appelle Afro Futurismo.
- 49:16qui est un grand festival un peu plus business,
- 49:19qui mixe art,
- 49:20entrepreneuriat,
- 49:21avec des gens qui viennent investir dans la mode,
- 49:27monter des business.
- 49:28Je pense que les deux sont intéressants d'un point de vue.
- 49:35J'ai envie de dire que ça ne dépend pas que de ce que j'ai envie de faire,
- 49:38ça va dépendre de ce que j'arrive à faire avec les gens.
- 49:41Parce que là,
- 49:44ça va être... ...
- 49:45une production très collective.
- 49:50Il n'y a qu'après mon voyage de recherche que j'aurai une idée un peu plus claire de ce qui va m'être facilement réalisable ou pas,
- 50:01avec qui,
- 50:02comment,
- 50:02quoi.
- 50:03C'est vraiment l'aventure,
- 50:04là.
- 50:06Mais j'ai l'impression que c'est ce qui te plaît dans cette initiative,
- 50:11dans ce projet.
- 50:12Là,
- 50:12je suis aux anges.
- 50:13Là,
- 50:14c'est bon.
- 50:15Là,
- 50:15j'ai tout.
- 50:17Je vais faire de la scénographie,
- 50:19des fringues,
- 50:21voyager.
- 50:22On va me payer pour ça.
- 50:26Et puis non,
- 50:26j'ai vraiment l'opportunité de faire un gros travail de recherche.
- 50:33l'héritage africain au Brésil,
- 50:37d'aller voir des lieux historiques,
- 50:41des lieux vraiment imprégnés de quelque chose de fort.
- 50:44Je me rappelle que quand on a été à Lisbonne,
- 50:46dans le cadre des résidences manifestes,
- 50:49on a été avec les 22 artistes et un guide noir.
- 50:52Je dis ça parce qu'à Lisbonne,
- 50:54c'est très,
- 50:54très...
- 50:57Si tu veux,
- 51:00toute l'histoire...
- 51:02coloniale des conquistadors,
- 51:04etc.
- 51:05Lisbonne est hyper valorisée parce qu'elle est attrée au tourisme.
- 51:08Donc les gens viennent en fait voir des monuments qui représentent des gros salopards en fait.
- 51:17Et des gens qui...
- 51:21Et donc si tu veux,
- 51:23ce guide noir là,
- 51:24il a une autre approche et il nous a emmenés dans une rue qui était...
- 51:31un lien direct entre la mer et la maison d'un armateur.
- 51:36Et donc,
- 51:38le bateau négrier arrivait en bas et il les faisait remonter jusqu'à la maison où ils étaient entreposés,
- 51:44parqués comme des bœufs avant la vente.
- 51:47Et cette rue-là était,
- 51:49je te jure,
- 51:50quand on y est passé,
- 51:52c'était un peu au soleil couchant.
- 51:54Elle était lourde,
- 51:55elle était imprégnée de tout un truc qui nous a fait hérisser les poils et le lieu était...
- 52:01chargé quoi.
- 52:02Il y avait une trace,
- 52:05une empreinte qui était forte.
- 52:07Et je pense qu'à Salvador de Bahia,
- 52:09je vais pouvoir retrouver aussi ce genre de de lieux,
- 52:14alors pas que des choses macabres,
- 52:17j'espère,
- 52:19mais si tu veux,
- 52:19des lieux chargés d'histoire.
- 52:22Et il n'y a qu'en y allant,
- 52:23il n'y a qu'en les traversant,
- 52:27on peut trouver certaines inspirations.
- 52:32qui frôlent l'inconscient,
- 52:35qui sont d'un ordre spirituel,
- 52:37qui donnent une énergie aussi,
- 52:39une envie de produire de belles œuvres,
- 52:43des œuvres qui ont un sens pour moi par rapport à la démarche que j'ai.
- 52:49Très bien,
- 52:51donc ce sera la principale actualité de 2025.
- 52:53Ah pour moi ?
- 52:54Ouais,
- 52:55clairement.
- 52:57Et puis,
- 52:57c'est dans le cadre de la saison France-Brésil.
- 52:59Donc,
- 52:59il y a le projet là-bas.
- 53:01Et puis après,
- 53:02il y a le rapatriement de tout ça en France,
- 53:05avec la volonté de refaire l'expo qui sera présentée au musée du Brésil,
- 53:12de Salvador,
- 53:13en France.
- 53:13Et puis,
- 53:14ces œuvres textiles qui ont été réalisées,
- 53:16il faut...
- 53:18Il y a un truc avant,
- 53:19c'est qu'avant,
- 53:19je produisais,
- 53:20je produisais.
- 53:21Je ne me souciais pas de la vie de ces œuvres.
- 53:25Mais si tu...
- 53:27Mais en fait,
- 53:27c'est un travail aussi.
- 53:28Et les œuvres qui sont exposées en ce moment au Musée de l'Homme jusqu'au mois de septembre,
- 53:33il y a des pièces,
- 53:34je les ai réalisées il y a deux ans.
- 53:37Donc en fait,
- 53:39ça vit et puis ça change l'espace et puis ça rencontre un public.
- 53:44Donc quand on passe beaucoup de temps,
- 53:47quand on met beaucoup de passion et d'énergie à produire une matière,
- 53:51il ne faut pas oublier aussi derrière qu'il y a un travail pour la partager.
- 53:57sur plusieurs années parce qu'elles sont là et que ce serait dommage.
- 54:04Et parce que toi,
- 54:05aujourd'hui,
- 54:05tu ne travailles pas avec un agent ou tu travailles seul,
- 54:09en fait,
- 54:10dans les opportunités qui arrivent à toi au niveau de galerie et tout ce que tu nous as raconté jusqu'ici.
- 54:16En tout cas,
- 54:18il me semble que tu as l'air de travailler seul.
- 54:21Moi,
- 54:21je n'ai rien du tout.
- 54:23Moi,
- 54:24si,
- 54:24maintenant,
- 54:24j'ai un atelier correct.
- 54:28Donc,
- 54:29voilà,
- 54:29si tu veux,
- 54:29je suis passé de la sérigraphie dans ma salle de bain à la sérigraphie dans une pièce dédiée avec toute la chaîne de prod,
- 54:37etc.
- 54:38Et puis,
- 54:39des conseils et des conseils pour un niveau de rendu et d'excellence technique.
- 54:48Élevé.
- 54:49Voilà,
- 54:49que j'estime élevé.
- 54:54qui l'est,
- 54:54je pense,
- 54:55n'importe quel sérigraphe pourra le dire.
- 55:00Mais je ne suis pas dans le milieu de la galerie.
- 55:04Je suis assez solo.
- 55:06Pour l'instant,
- 55:06je suis...
- 55:08Je suis assez solo,
- 55:08alors voilà,
- 55:09il y a des gens qui me suivent,
- 55:10il y a des gens qui peuvent m'aider à gauche,
- 55:12à droite.
- 55:13Là,
- 55:13le projet au Brésil,
- 55:14il est porté par une institution française.
- 55:16Il n'est pas porté...
- 55:18Donc là,
- 55:18pour le coup,
- 55:19cette année,
- 55:20avec ce projet-là,
- 55:20j'ai vraiment une team qui bosse pour moi.
- 55:25Et puis le projet Manifest,
- 55:26il y avait une team qui bossait pour moi et pour les 22 artistes aussi.
- 55:29Donc ça,
- 55:30voilà,
- 55:30ça progresse et puis effectivement,
- 55:34ça décharge.
- 55:37Parce que des fois,
- 55:37on passe tellement de temps à écrire des dossiers,
- 55:40à chercher des appels,
- 55:42etc.
- 55:43qu'en fait,
- 55:43on ne produit plus.
- 55:44Mais moi,
- 55:46mon but,
- 55:46initialement,
- 55:47c'est de...
- 55:49J'aime tout,
- 55:50si tu veux,
- 55:50j'aime tout l'aspect du truc.
- 55:51Mais à un moment,
- 55:53il faut faire des œuvres,
- 55:53en fait.
- 55:54Ça serait bien d'en faire,
- 55:55quoi.
- 55:57D'avoir le temps,
- 55:58un temps dédié.
- 55:59Et il faut bien le mesurer parce que...
- 56:02Ok !
- 56:04Moi,
- 56:04je pense que je t'ai posé toutes les questions que je voulais poser par rapport à ton parcours et à ton actualité.
- 56:13Et puis,
- 56:14tu nous as partagé pas mal d'infos,
- 56:16donc je te remercie pour ta générosité,
- 56:18ta transparence sur ton parcours et sur la manière dont toi,
- 56:23tu appréhendes ta carrière d'artiste visuelle.
- 56:27Je m'appelle
- 56:27Après,
- 56:28en note,
- 56:28je débattais de l'épisode,
- 56:30le lien vers ton compte Instagram.
- 56:32Je ne sais pas si tu as un site internet.
- 56:36Le site,
- 56:37là,
- 56:38j'y travaille.
- 56:39Je me dis que cette année,
- 56:39ça peut être intéressant.
- 56:41C'est aussi l'année où je vais essayer de mettre un peu plus le nez dans la galerie.
- 56:46Honnêtement,
- 56:46ça me plairait de trouver ce type de relation,
- 56:49d'avoir un galeriste avec qui ça se passe bien,
- 56:53qui produise un travail.
- 56:56et puis que ce soit une belle expérience humaine aussi.
- 57:01Donc voilà.
- 57:02Mais pour l'instant,
- 57:03Insta,
- 57:04ça marche bien,
- 57:04c'est puissant aussi.
- 57:07Très bien,
- 57:07tu mettrais le lien de l'Insta.
- 57:09Et puis voilà,
- 57:11l'appel est ouvert pour les galeristes qui veulent te donner de la force.
- 57:16Donc,
- 57:17écoute,
- 57:18moi,
- 57:18je vais te dire à très vite en Afrique ou ailleurs.
- 57:22Merci.
- 57:24Merci à toi,
- 57:25Ramatha.
- 57:26Et puis,
- 57:27j'espère à très vite aussi en Afrique.
- 57:31Merci d'avoir écouté l'épisode jusqu'au bout.
- 57:33Je vous invite à pratiquer quelques petits gestes à impact fort pour m'aider à gagner de la visibilité sur ce podcast.
- 57:40Vous pouvez partager l'épisode à trois de vos amis.
- 57:42Vous pouvez laisser un commentaire sur Apple Podcast ou Spotify.
- 57:46Je vous invite également à cliquer sur les cinq étoiles pour donner de la force.
- 57:51Je vous dis à très vite,
- 57:52en Afrique ou ailleurs.