Latest / Vies et Voix | Les Interviews de Lila / Françoise : après les obstacles, réaliser son rêve à 56 ans !
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- Françoise : après les obstacles, réaliser son rêve à 56 ans ! Introduction sur fond musical : Lila : Se plaire dans son activité professionnelle, à la fois y trouver du plaisir et aussi se sentir valorisé par ce que l'on fait ! Une quête pour la plupart d’entre nous qui occasionne bien souvent des changements. Bienvenue dans ce podcast « Vies et Voix, les interviews de Lila » pour parler de ses choix pros. Je suis Lila. Pour chaque épisode, j’invite un témoin proche de vous, de moi pour nous raconter son parcours. Nos témoins ont un point commun. Ils se sont fait confiance pour se donner des chances. Ils ont choisi de penser que rien n’était joué ! Pour cet épisode, notre invitée Françoise Debeaux nous raconte comment son orientation a été contrariée dès le début. Après un CAP d'employé de bureau, elle voulait poursuivre en secrétariat et ou en comptabilité. Dirigée vers un BEP agricole qu'elle ne termine pas, elle met du temps à trouver un emploi. Elle va être hôtesse de caisse polyvalente, assistante maternelle, femme de chambre et femme de ménage. Puis enfin, à 56 ans, se réaliser dans un poste de secrétaire gestionnaire. Comment Françoise a-t-elle procédé ? Comment a-t-elle fait ses choix ? Sur qui ? Sur quoi s'est-elle appuyée ? Nous nous rencontrons quelques semaines après les Trophées de la reconversion 2025 organisés par Transitions Pro. Françoise est très heureuse que son dossier ait été distingué dans la catégorie Rebond. Lila : Bonjour Françoise. Françoise : Bonjour Lila. Lila : Merci d'avoir accepté de nous livrer votre témoignage. Je vous propose de commencer par nous dire qui vous êtes enfant et ce qui vous intéresse. Françoise : Enfant donc, maman autoritaire sur un fond de peur que je fasse des bêtises parce que mes frères aînés en ont fait. Je devais rendre des comptes. Puis elle m'a inculqué des valeurs, le respect. Et avec le respect, on fait ce qu'on veut en fait. Lila : Au niveau de l'école, comment est-ce que ça se passe ? Françoise : J'aimais bien l'école mais j'aimais surtout mes copines. Je crois que je n'ai jamais utilisé mes capacités parce que sur mes bulletins, il était toujours noté « Françoise peut mieux faire ». La 5ème, je l'ai redoublée parce que ça le faisait plus. Je m'intéressais plus au cours et je trouvais ça nul. Donc de là, j'ai fait donc un CAP d'employé de bureau. Lila : Ça, ça vous plaisait ? Françoise : Ah oui, très. En plus petite, j'ai toujours aimé être dans les papiers à ma maman. J'ai eu mon CAP en 1987 et ensuite je voulais suivre mes études en secrétaire comptable, sauf que j'étais nulle en maths et une conseillère d'orientation m'a dit "Françoise n’y arrivera jamais, faut la mettre dans autre chose." Et de là, je me suis retrouvée scolarisée pour un BEP agricole. Donc ministère de l'agriculture dans la section accueil et tourisme. Mais ça ne l'a pas fait. J'ai passé 1 an et demi sur les 2 ans, assise au fond d'une classe à écouter ce qui se faisait parce que je connaissais déjà via mon CAP. Maman, je n’ai pas arrêté de lui dire « enlève-moi de là, ce n'est pas ça ». « Mais non, tu vas y rester, ça va aller. Je ne veux pas que tu restes sans rien faire ». Maman, elle n’a jamais voulu abdiquer là-dessus. Donc je suis restée. 3 mois avant les examens, je suis partie parce que j'en ai eu marre. Je supportais plus ça. Et le jour que j'ai reçu ma convocation, je suis allée me présenter à l'examen et j'ai été tête de linotte. J'ai oublié mon nécessaire de cuisine et ma blouse. Et là, quand vous oubliez ça, c'est un zéro pointé. Donc retour à la maison et pas de diplôme. Intermède musical Lila : Et après cette formation, quel est votre parcours ? Françoise : Je me suis retrouvée sans rien. Je suis restée à la charge de maman à la maison. Donc pour m'occuper, j’entretenais la maison. Je me suis occupé des petites grand-mères de mon quartier. Je leur faisais leurs courses, un petit peu de ménage, les sortir. Je ne pouvais pas rester comme ça, sans rien faire. Donc je suis allée voir l’ANPE et à l'époque, ils m'ont proposé de rentrer dans une formation secrétaire comptable. Donc en 93, j'ai commencé à faire cette formation qui me plaisait énormément et puis il fallait qu'on trouve un stage. Sur ce temps de travail, j'ai rencontré un monsieur et ce monsieur sera plus tard mon futur mari. Et c'est en 94, à la fin de la formation que j'ai passé mon premier degré de comptabilité que j'ai eu. Lila : Vous venez très vite vous installer dans la ville de votre futur mari. Comment cela se passe-t-il ? Françoise : Arrivée à Bayeux, nouvelle ville, nouvel environnement, ça a été très difficile. Je ne connaissais personne et puis là, je suis retombée dans une période de galère à essayer de m'en sortir. Heureusement que j'avais ma maman, elle me donnait de l'argent derrière pour pouvoir vivre. Donc j'ai commencé à écumer un petit peu toutes les agences intérim qu'il y avait sur Bayeux. Donc là, j'ai trouvé sur deux ou trois agences, des petites missions. Fin 96, l’ANPE m'a contacté pour me dire que le centre Leclerc de Bayeux cherchait des caissières et j'ai commencé à travailler au centre Leclerc à Bayeux. Donc ça a duré 7 ans en tout. Donc ça a été très riche. J'ai eu une vie sociale extérieure. Je me suis fait des collègues de travail, un environnement très bien. Après, j'ai été obligée d'arrêter parce que quand mon fils eut 3 ans, ma nounou ne prenait plus d'extrascolaires et de là ça a commencé à être compliqué. Mes horaires ne convenaient plus avec les horaires d'école de mon fils. Donc j'ai fait la petite formation qu'il fallait et je suis devenue assistante maternelle agréée et j'ai exercé pendant 10 ans. Entre deux, j'ai eu mon deuxième enfant. Donc ça m'a permis de l'élever tranquillement en m'occupant des autres enfants. Ensuite malheureusement sont arrivées des difficultés au sein du couple. Après 2013, on s'est séparé. Je me suis retrouvée dans un appartement dans le centre-ville de Bayeux. Donc un très vieil immeuble, 2è étage, sans ascenseur avec énormément de difficultés de stationner tout autour. Donc au fur et à mesure mes contrats se sont terminés. J'ai grignoté mes droits aux ASSEDIC pour compenser ma perte de salaire. Et une fois que tous mes contrats se sont arrêtés et bien en fait pour moi ça a été la descente aux enfers. Parce que quand vous avez plus de revenus… Ma maman m'a payé mes loyers parce que je pouvais plus les payer. En plus, est arrivé à un jugement de tribunal qui a été pour moi très difficile. Il fallait absolument qu'il y ait quelque chose qui sorte de là et ça a été le sport qui a été mon exutoire. Mes copines de sport, grâce à l'énergie qu'elles m'ont donnée, elles m'ont redonné goût à me battre. Une de mes amies qui vient faire du sport avec moi me fait "tiens, je connais quelqu'un qui a un hôtel et il cherche une femme de chambre." Donc me voilà en femme de chambre dans un hôtel deux étoiles, sept chambres sur Bayeux. Tout se passe très bien. Il faut que je quitte mon logement parce que ça le fait plus. Donc ma patronne me propose le logement qu'il y a derrière l'hôtel ; et au fur et à mesure du temps, ma patronne est de moins en moins là et puis je me retrouve toute seule dans l'hôtel du matin jusqu'au soir. Ce qui fait que d'un contrat en pleine saison à 30h, je suis passée à 66h parce que je travaillais de 5h jusqu'à 23h, non-stop. Du fait d'avoir pris le logement derrière et cetera, c'était bon, j'étais vouée corps et âme à cet hôtel et il en était hors de question. Ma famille, mes amis, quand je leur racontais ce qui se passait, il me disait "Mais tu ne peux pas rester comme ça ?" Et avec cette bienveillance autour de moi, j'ai pu aller voir les bonnes personnes, en fait ! J'avais eu un contact avec le CCAS de la ville de Bayeux. Grâce à eux, j'ai pu avoir un logement en urgence pour me sauver d'un patron pour lequel j'ai été une esclave moderne. Forcément, comme vous pouvez l'imaginer, je n'ai pas laissé ça là. Donc, j'ai emmené ma patronne au tribunal. Ça a mis 2 ans mais j'ai gagné en fait. Donc au moment où j'étais à l'hôtel, j'étais aussi en période de burnout et puis faut s'en remettre. Je suis partie de l'hôtel, c'était en août 2017 et je n'ai retrouvé du travail qu'en mars 2019. Donc j'ai mis tout ce temps à me reconstruire en fait. Et heureusement que j'avais mes enfants, surtout mon petit dernier qui était là, je m'en occupais. Ça me permettait de sortir de la maison. Donc là en mars 2019, je trouve un travail grâce à une de mes amies, encore. J'ai commencé à l'IME, comme agent d'entretien. Donc au début, j'ai commencé qu'à 23h. Donc c'est super. Collègues de travail. Et en avril 2020, je me suis retrouvée à être embauchée à 35h. L'entité de l'IME, c'est une très grande entreprise qui a aussi une maison de retraite. Donc pendant le Covid, j'étais avec l'animatrice, donc on s'occupait des patients, on leur faisait les visites avec les familles dans un contexte assez exceptionnel. Et puis après une fois le Covid terminé, je suis retournée à mon poste de travail 35 heures de ménage. C'était très bien. Intermède musical Lila : Et qu'est-ce qui vous amène à changer d'activité ? Françoise : Après l'hôtel, pendant mon burnout, j'ai commencé à avoir des petites douleurs et en 2018, on m'a diagnostiqué une tendinopathie calcifiante de l'épaule droite. Donc de là, arrive un protocole santé. En mai 2021, j'avais mal un peu à un talon. Bon, on a mal à un talon mais bon, j'avais mal à l'épaule donc on continue quand même. Et puis une chute en allant au boulot, je commence à boîter et à ne plus pouvoir mettre le pied par terre et cetera. Mon médecin me met 3 jours en arrêt, au bout de 3 jours, je reprends et je ne peux toujours pas poser le pied par terre. Premier arrêt 15 jours et puis je commence à sentir des tiraillements dans l'épaule. Premier arrêt d'un mois et encore un mois. De là est arrivé 3 ans de maladie. Mon épaule resterait comme ça maintenant parce que je suis devenue inopérable. J'ai une reconnaissance RQTH maintenant. Donc je vis à l'heure actuelle avec une douleur H24 sur une épaule mais ça ne sert à rien de combattre. Combattre c'est se stresser, c'est être toujours sur la défensive ; on est crispé et ça, ça n’aide pas. Donc maintenant ma devise c'est « faut accepter d’avoir mal ». Le fait de pouvoir accepter, moi ça me permet de vivre avec tous les jours. Continuer à vivre et c'est ça qui est important. Lila : Durant votre arrêt maladie, une assistante sociale de la CARSAT vous a beaucoup aidé avec des ateliers notamment. Françoise : Donc on était une dizaine de personnes et tous avec des problèmes de mobilité. Ce groupe de soutien nous a permis de ne pas se sentir tout seul. Puis on a continué à se voir aussi en individuel avec elle. Elle voulait nous suivre. Donc de là, elle m'a dit un essai encadré, ça permettrait de voir… Elle savait que j'aimais le secrétariat, la comptabilité. Donc elle a dit "Ce qui serait bien c'est qu'aussi on fasse un bilan de compétence », que mon directeur me l'a accordé. Donc je fais un bilan de compétences, les métiers qui sont ressortis, secrétaire, secrétaire comptable, tout ce qui était lié au papier, à l'écriture, aux chiffres et tout ça. Je fais mes essais encadrés et de là on cherche la possibilité de faire une formation. Donc cette formation, je l'ai passée à Caen. Il fallait qu'on trouve un stage aussi. Donc j'ai fait ce stage de 6 semaines à la DSEL, c'est la direction des services économiques et logistiques de l'hôpital. Donc on a passé le titre le 19 et le 20 septembre. Le 23 septembre, on retournait en formation pour signer les papiers de fin de formation et moi, j'ai eu le bonheur d'être prise au centre hospitalier de Bayeux, donc là où j'ai fait mon stage et donc le 23 septembre, on a su qu'on était toutes reçues en fait. Et donc, moi, le Graal, la félicitation du jury en plus. Lila : Donc quelle est votre activité aujourd'hui ? Françoise : Donc aujourd'hui, je suis gestionnaire fournitures médicales hors stock, sous-traitance médicale et location médicale. C'est-à-dire que j'ai un portefeuille d'infirmières, le SSIAD, donc c'est la gériatrie. C'est-à-dire que des patients qui sont venus à l'hôpital, qui sont rentrés chez eux et qui ont besoin de soins infirmiers, ce sont des infirmières libérales qui vont chez le patient et les factures de soins sont envoyées à l'hôpital. Et moi, je traite ces factures. Je traite également des factures sur des besoins pour prévenir des escarres pour des personnes alitées depuis des semaines à l'hôpital. J'ai aussi la gestion de divers matériaux et je commande aussi plein de choses pour l'hôpital. Donc tout ce qui est hors stock et non stérile. Lila : Et le SSIAD, ça veut dire quoi ? Françoise : Le SSIAD, c'est des services des soins d'infirmières, à domicile. Intermède musical Lila : Que retenez-vous de votre parcours, Françoise ? Françoise : Malgré les problèmes, malgré la galère, il ne faut jamais baisser les bras en fait. Faut toujours aller de l'avant et faut savoir sortir de sa zone de confort. La zone de confort, elle vous permet de manger, de dormir. OK, mais ça ne fait pas tout. Faut savoir oser en sortir pour justement aller de l'avant pour pas se miner aussi pour pouvoir s'en sortir. Je me dis aussi que toutes mes défaites parce qu'il y a eu quand même des défaites, tout ce qui est arrivé de négatif pour moi, je le retransforme en expérience, c'est que je devais passer par là pour peut-être apprendre certaines choses. Lila : Vous avez toujours trouvé de l'intérêt dans vos activités professionnelles, quelles qu'elles soient. Françoise : quelles qu'elles soient ! Lila : Bon, puis aujourd'hui, vous arrivez à faire quelque chose qui vous plaît vraiment beaucoup. Françoise : Et là, c'est vrai que pour moi là, ça concrétise. À 54 ans, être retournée sur le banc de l'école entre guillemets, réapprendre, continuer un diplôme. Oui, c'est un parcours. C'est, c'est « waouh ». Lila : C'est de la fierté. Françoise : Oui. Ah oui, je suis fière de moi. Oui. Ah oui, ça et puis on sait me le dire, faut que tu sois fière parce que avec tout ce que tu as traversé. Le plus fier, je crois que c'est ce diplôme à 54 ans. Comme quoi, il n’y a pas d'âge pour retourner à l'école. Il n’y a pas d'âge pour réaliser ses rêves. Moi, c'était un rêve de petite fille d'être secrétaire. A 56 ans maintenant, je suis secrétaire comptable, je suis secrétaire gestionnaire. C'est trop bien en fait. Moi, je me lève le matin, j'ai déjà la patate, je sais déjà que ça va être bien. Lila : Qu'est-ce que vous auriez envie qu'on retienne de votre itinéraire ? Françoise : Même mon itinéraire a été semé d'embûches, un parcours très chaotique, difficile, c'est que faut jamais lâcher et puis malgré les problèmes, on peut toujours y arriver. En fait, je m'en suis toujours sortie. Lila : Tout à l'heure, vous parliez de la zone de confort et qu'il fallait aller au-delà de cette zone de confort. Qu'est-ce que vous vouliez dire exactement ? Parce que à la limite, on pourrait penser que quand on reste dans sa zone de confort, bah la vie est belle. Françoise : Ah mais oui, mais la vie n’est pas belle partout. En fait, faut sortir de sa zone de confort au moment où, par exemple, quand j'étais à l'hôtel, il a fallu que je sorte de cette zone de confort pour oser m'en aller. Parce que même si c'était difficile et que je commençais à un travail, j'étais devenue une esclave. Mais la zone de confort que j'avais à l'époque, c'est un logement . J'avais de quoi me nourrir. Donc la zone de confort, c'est ça. Mais faut pas s'arrêter à ça parce que bon, j'ai vécu des choses difficiles dans ce travail et sortir de cette zone de confort, c'était oser dire stop, je peux plus continuer comme ça et je me retrouve dans l'inconnu. Déménager, c'est repartir encore à zéro dans un nouvel univers. Alors que ma zone de confort, c'était certes liée à un travail complètement difficile, mais j'avais un « chez moi » à côté. C'est dans les zones de confort, faut oser en sortir. C'est même à l'époque où j'étais nounou, où j'étais avec mon mari, j'avais une maison, j'avais un jardin, mes enfants, un chien, des vacances, ça c'est une zone de confort. Mais quand ça va plus, faut dire stop, faut oser sortir de là et se dire que ça, ça ne va pas passer. Ce n'est pas vrai. Quand il y a des problèmes, ça ne s'en va pas comme ça. Donc sortir de cette zone de confort, ça a été oser faire le pas. Oser s'en aller, dire non, le NON. Faut arrêter de dire oui. On dit oui pour pas culpabiliser ou par frustration. On va dire oui pour pas blesser l'autre personne. Mais le oui, il est terrible. Et on n'apprend pas à dire non. Non, ça suffit. Moi, j'existe. Je suis un être humain, j'ai droit aussi à être bien. Donc non, je ne veux plus subir. Non, non, non. Faut savoir dire non. Lila : Si vous aviez à refaire quelque chose, qu'est-ce que vous referiez ou est-ce que vous laisseriez les choses en l'état ? Françoise : Si j'avais à refaire, je referai pareil, je pense. Je pense que je ferai pareil. Bon, certainement certaines choses différemment, mais si j'avais à refaire ce que j'ai fait, ne serait-ce qu’une formation et tout ça, ah oui, j'y retournerai encore et encore. Faut foncer, faut sortir, faut oser. Lila : Oser, ça veut dire aller vers l'inconnu, Françoise : oser sortir, oser demander de l'aide aussi. C'est oser aller au-devant des gens, même si vous êtes timide, ce n'est pas grave. On a qu'une vie, faut en profiter. Et regardez-moi maintenant que je viens d'avoir 56 ans , mais je suis épanouie totalement et je fais je ne regrette pas et si je devais le refaire je leur referais et je refonceraiS certainement de la même façon. Lila : Vous n'enlèveriez pas certaines parties de votre expérience ? Françoise : les plus terribles, si. Je pense qu’on a tous un chemin de vie et je me dis que je devais passer par là pour apprendre certaines choses et comment générer les choses après. Lila : Qu'est-ce que vous avez appris dans votre parcours qui vous est utile aujourd'hui ? Françoise : Faut apprendre à faire confiance. Moi, j'étais quelqu'un très réservé depuis très longtemps, depuis toute petite, réservée, timide et je me suis ouverte un peu au monde et faut apprendre à faire confiance aux gens, mais faut faire attention aussi parce qu'il y a des gens qui sont malveillants quand même. Faut ne pas hésiter aussi à frapper aux bonnes portes. Moi, j'ai rencontré les bonnes personnes au bon moment et ces bonnes personnes, elles m'ont emmené dans une vague complètement positive. Et justement, cette vague faut la prendre en fait. Il ne faut pas avoir peur de l'inconnu. Faut vraiment y aller, se dire "Mais il y a quelque chose de bien au fond à la fin, on va y arriver, il y a un tunnel. Au bout du tunnel, il y a la vie, il y a le jour et même si c'est semé d'embûches, ce n'est pas grave." Lila : Où est-ce que vous avez trouvé la force de vous battre alors même qu’à certains moments vous avez dit "Ben, la seule issue c'était de se sauver." Donc là, pour le coup, quand on sauve, on ne se bat pas, on fuit. Françoise : Ben en fin de compte, la force, moi je l'ai trouvée dans les mots de ma maman, dans son réconfort. Elle a su m'apporter ce que j'avais besoin d'entendre. Elle a su aussi me booster. Mes amis ont su me booster aussi, pas toujours gentiment parce que faut arrêter d'être aussi "Ah mais oui, ah mais non, mais je te comprends. Oh mais oui, c'est dur." Non, pas ça. En fait, il faut savoir entendre les choses qu'on n'aime pas entendre. C'est "Mais tu ne peux pas rester comme ça, mais fais quelque chose." Faut entendre aussi ce qu'ils nous disent. Faut pas se dire "Oui, bah c'est vrai, elle a raison mais est-ce que je le fais ou je ne le fais pas ?" Ça m'a juste donné la force de m'en sortir et de continuer de se dire "Bah oui, en fin de compte, ils ont raison et moi j'ai tort et il faut absolument que je fasse le nécessaire pour m'en sortir." Donc la force on l'a dans les paroles pas forcément gentilles de vos amis mais la force on la trouve au plus profond de soi-même, en fait ! La petite voix intérieure, faut écouter aussi son corps et faut écouter sa petite voix intérieure. Celle qui dit "Hein, ça, tu aurais pu le faire, pourquoi tu ne l'as pas fait ! Voilà ! Il faut surtout aussi écouter son corps. Le corps, c'est une magnifique machine et le corps, sait vous dire que vous ne pouvez plus en fait. Et il vous donnera la possibilité aussi de trouver cette force parce que la force on l'a en nous. Les autres c'est juste comme un tremplin. Tout le monde a la force de faire quelque chose mais beaucoup de personnes ne l'utilisent pas Lila : parce qu'ils n’en ont pas conscience ? Françoise : Parce qu'ils n’en ont pas conscience. Lila : Et ce sont les autres qui permettent de révéler cette force. Françoise : Oui, à force d'entendre des choses qui vous chamboulent, qui ne vous font pas plaisir, qui vous font même à la limite pleurer, mais ils vous disent ça, c'est pour vous réveiller en fait ! Lila : Merci beaucoup Françoise. Françoise : Mais de rien, avec plaisir ! Lila : Merci beaucoup pour votre confiance et votre enthousiasme. Françoise : C'est gentil. Lila : Après avoir connu des difficultés affectives, financières et des problèmes de santé, vous décidez que toutes les expériences sont riches d'enseignement, y compris les échecs. Françoise : Hum, hum ! Ila : Vous relativisez ce qui a été et vous nous montrez qu'avec l'aide des bonnes personnes, votre mère, vos amis, certains professionnels rencontrés, vous avez retrouvé la force de vous battre et l'envie de réaliser votre rêve d'enfant. Françoise : C'est ça ! Lila : Ce sont vos clés. Elles pourront ouvrir d'autres chemins, qui sait ? Françoise : Bah, peut-être ! Lila : Je vous souhaite Françoise de poursuivre votre vie sur cette lancée positive pour continuer d'être épanouie dans ce que vous faites ! Françoise : C'est gentil. Je vous remercie beaucoup Lila. Fin sur fond musical Lila : vous venez d'écouter un nouvel épisode de « Vie et Voix, les Interviews de Lila ». Merci de vos commentaires et de votre soutien. Si vous souhaitez proposer votre témoignage ou un témoignage, retrouvez-moi sur LinkedIn « Vies et voix, les interviews de Lila ». A très bientôt !