Latest / Africa Fashion Tour / Eric Raisina, designer textile ambassadeur des savoir faire de Madagascar
Transcript
- 0:00On est dans un monde,
- 0:01en tout cas pour ma marque,
- 0:03ce qu'on appelle aujourd'hui le slow fashion.
- 0:06Donc cette mode un peu lente,
- 0:08mais je trouve que c'est ainsi qu'on arrive vraiment à voir des merveilles.
- 0:12Et je veux absolument garder en fait finalement ce mode de fonctionnement avec l'équipe,
- 0:18puisque quelque part les tendances vont tellement vite,
- 0:22on ne peut pas vraiment les suivre.
- 0:25Et avec mon équipe,
- 0:26quelque part,
- 0:26on se dit mais en fait,
- 0:28c'est super parce qu'on a l'impression qu'on crée nous-mêmes nos tendances,
- 0:31voilà,
- 0:32quelque part.
- 0:35Bienvenue dans ce nouvel épisode du podcast Africa Fashion Tour.
- 0:38Je vous emmène avec moi à la rencontre de créateurs basés sur le continent africain et d'experts qui contribuent au développement d'une économie africaine solide.
- 0:46Je vous invite à voyager à Abidjan,
- 0:48Dakar ou Bamako pour découvrir les parcours de professionnels talentueux,
- 0:52responsables
- 0:53et ambitieux.
- 0:54Au fil des interviews,
- 0:56je me rends compte que chaque entrepreneur veut contribuer au rayonnement des industries culturelles et créatives sur le continent et au-delà.
- 1:03Ce podcast est un moyen de sortir des clichés du boubou et du wax pour promouvoir un éventail de tissus,
- 1:09de savoir-faire et de créativité trop souvent sous-représentés.
- 1:14C'est aussi une opportunité de découvrir des business models made in Africa,
- 1:18éthiques et performants.
- 1:20Je suis Ramata Dialo.
- 1:21Je suis professeure de marketing dans les écoles de mode parisiennes.
- 1:24Je suis également consultante en marketing et communication.
- 1:28J'accompagne des dirigeants dans leur personal branding sur LinkedIn.
- 1:32En 2017,
- 1:33j'ai assisté à ma première Fashion Week en Afrique.
- 1:35Et depuis,
- 1:36je voyage régulièrement sur le continent pour aller à la rencontre de ceux et celles qui font la mode en Afrique.
- 1:43Au-delà de la mode,
- 1:43je m'intéresse aussi à tout l'écosystème de l'entrepreneuriat africain.
- 1:48Le podcast est le moyen que j'ai trouvé pour partager au plus grand nombre une autre vision du business en Afrique.
- 1:56Aujourd'hui,
- 1:57je suis en compagnie d'Eric Fesina.
- 1:59Il est le fondateur de la marque Ecloline,
- 2:01Eric Fesina.
- 2:02À travers ses collections,
- 2:03il valorise le travail fait à la main et il développe ses propres tissus.
- 2:08Je l'ai invité aujourd'hui pour qu'il puisse nous parler de son parcours et de sa marque.
- 2:12Bienvenue Eric,
- 2:13comment vas-tu ?
- 2:14Bonjour
- 2:15Rabata, je vais très bien et toi ?
- 2:18Je vais très bien,
- 2:19je suis ravie d'organiser enfin avec toi cette interview.
- 2:23Moi,
- 2:23ça fait un moment que je te suis et du coup,
- 2:25je m'étais toujours mis,
- 2:26moi j'ai ma liste des créateurs que j'ai envie de rencontrer,
- 2:30avec lesquels j'ai envie de faire une interview et toi,
- 2:33tu en fais partie.
- 2:33Donc,
- 2:34je suis vraiment ravie qu'on se retrouve ici aujourd'hui.
- 2:37Donc,
- 2:37on va commencer cette interview comme je le fais toujours,
- 2:40je vais te demander de te présenter.
- 2:42Écoute,
- 2:43avant tout,
- 2:43je te remercie aussi pour...
- 2:45Cette séance que j'attendais avec impatience,
- 2:48parce que c'est toujours intéressant de développer un peu les histoires autour de notre marque.
- 2:55Je suis Eric Rezina,
- 2:56je suis de Madagascar,
- 2:59je suis créateur pour ma propre marque.
- 3:03Eric Rezina,
- 3:08je suis avec mes histoires,
- 3:11mes matières.
- 3:13Donc,
- 3:14je pense qu'on aura un peu plus de temps pour développer un peu tout ça ensemble.
- 3:18Avec plaisir,
- 3:19c'est tout le but de cet échange.
- 3:21Alors,
- 3:22pour commencer,
- 3:22moi,
- 3:22j'aime bien un peu savoir comment tu as démarré dans la mode.
- 3:27Donc,
- 3:28j'aimerais bien que tu nous expliques un petit peu quel a été ton parcours au niveau scolaire et comment est-ce que ta carrière a commencé avant la création de la marque Eponyme ?
- 3:38Écoute,
- 3:38alors,
- 3:39c'est une longue histoire.
- 3:40déjà il faut savoir
- 3:42C'est que je viens de Madagascar,
- 3:43cette grande île qui fait partie intégrante du continent africain.
- 3:48J'ai grandi là-bas et j'avais une enfance effectivement touche-à-tout.
- 3:53Je pense que j'étais très curieux de pas mal de choses depuis que j'étais enfant.
- 3:59Et en fait,
- 4:00je pense que de très petit,
- 4:04je me suis intéressé un peu tout de suite à l'habillement.
- 4:07Mais c'est arrivé comment ?
- 4:08C'est que je voulais surtout avoir un peu mes...
- 4:12propres vêtements par rapport aux autres.
- 4:15Et effectivement,
- 4:16j'ai commencé à faire des vêtements.
- 4:19Pour moi,
- 4:20après,
- 4:21la famille,
- 4:22les amis,
- 4:23ont vu ce que je faisais.
- 4:25Ils étaient un peu intéressés aussi d'en avoir...
- 4:29Et c'est vrai que pour être honnête,
- 4:33je n'avais pas forcément compris que j'allais faire la mode et je n'avais pas non plus une obsession par rapport à la mode.
- 4:40Mais j'avais cette enfance où j'aimais bien dessiner,
- 4:43j'aimais bien faire des trucs avec mes mains,
- 4:46mais sans trop savoir vers où ça va aller.
- 4:49Et c'est vrai que ces vêtements m'ont permis de comprendre un petit peu comment ça a été construit,
- 4:55les vêtements qu'on porte.
- 4:57Donc c'était une curiosité.
- 4:59Et en fait,
- 5:00moi j'avais plutôt une passion vraiment pour l'art culinaire.
- 5:05Je tiens à l'expliquer parce que quand on est enfant,
- 5:07on n'est pas très très sûr de ce qu'on veut faire.
- 5:10Mais je savais que c'était un peu ce que je voulais vraiment faire.
- 5:13Et puis en fait,
- 5:14au fil de temps...
- 5:16Il y a de plus en plus de gens autour de moi,
- 5:17surtout la famille,
- 5:18mes soeurs,
- 5:19mes frères,
- 5:20les amis qui me demandent en fait tout le temps « mais où est-ce que tu as trouvé ces vêtements que je fais moi-même pendant le week-end ? »
- 5:27Et donc finalement,
- 5:29on m'a poussé ainsi et on m'avait présenté en fait un festival qui a eu lieu dans la capitale de Madagascar,
- 5:38Talanarive,
- 5:39et donc c'était un festival en fait de la mode et du textile.
- 5:43Et bon,
- 5:46j'avais pas forcément comme ça une idée de ce que j'allais faire,
- 5:50mais on m'avait vraiment poussé,
- 5:52on m'avait aidé,
- 5:54même financièrement.
- 5:55Et j'ai réussi en fait à monter une collection.
- 5:57Donc là,
- 5:59ça c'était après le bac déjà.
- 6:01Et en fait,
- 6:03quand j'ai présenté cette collection,
- 6:05pour la première fois de mon existence,
- 6:07et à ma grande surprise,
- 6:09j'ai eu en fait le prix des jeunes talents de cette année-là.
- 6:13Et la grosse surprise que j'ai eue,
- 6:14c'est qu'effectivement,
- 6:16ce prix était l'équivalent d'une bourse d'études pour partir à Paris.
- 6:21Voilà,
- 6:21donc je suis parti,
- 6:22j'ai dû laisser tomber ma première passion qui était l'art culinaire,
- 6:26où j'étais même d'ailleurs admis dans l'école hôtelière dans la capitale de Madagascar la même année.
- 6:34Et donc je suis parti à Paris,
- 6:35voilà,
- 6:36et c'est comme ça que tout a commencé finalement.
- 6:38Super intéressant d'avoir ce retour sur tes débuts et le fait que,
- 6:43effectivement,
- 6:43comme tu le dis,
- 6:44tu avais un intérêt pour tout ce qui était lié à la cuisine,
- 6:47un intérêt également à un côté créatif.
- 6:49Tu as été poussé par ton entourage.
- 6:52Donc,
- 6:52qu'est-ce qui se passe après être arrivé à Paris ?
- 6:55J'imagine que tu intègres peut-être une école,
- 6:57une formation.
- 6:58Et quelles sont les compétences que tu acquiers à Paris ?
- 7:01Et comment est-ce que tu décides de créer ta marque ?
- 7:04Est-ce que d'abord,
- 7:05tu travailles pour d'autres ?
- 7:06Ou est-ce que dès le départ,
- 7:07tu as cette envie de créer ta propre marque ?
- 7:12Et en fait,
- 7:13c'est vrai que Paris,
- 7:14c'était vraiment une plaque tournante absolument incroyable pour moi.
- 7:19J'arrive là,
- 7:20je connaissais déjà la France avant,
- 7:23mais là,
- 7:24pour venir à Paris pour les études,
- 7:25c'était autre chose.
- 7:26Donc,
- 7:27j'ai eu la chance vraiment d'intégrer cette école absolument incroyable qui est du Perret.
- 7:33Donc en plein centre de Paris où j'ai fait quasiment 5 ans d'études.
- 7:38Et en fait c'était assez drôle parce que je crois que mon enfance avec le fait d'aimer toucher à tout et vraiment aussi j'avais la famille qui nous a permis de faire ce qu'on a envie de faire.
- 7:53Et c'est vrai que j'arrive dans cette école,
- 7:55alors maintenant je dis je viens ici pour la mode,
- 7:58donc c'est ce que je voulais faire.
- 8:00Mais bon,
- 8:00comme dans cette école,
- 8:02il faut que...
- 8:02Il faut absolument faire la remise à niveau.
- 8:04Donc,
- 8:05c'est ce que j'ai fait.
- 8:06Et en fait,
- 8:07pendant ces neuf mois,
- 8:08les premiers neuf mois d'études à Paris,
- 8:11on m'a plutôt soufflé à l'horaire,
- 8:13en disant,
- 8:14mais en fait,
- 8:15toi,
- 8:16on ne comprend pas très bien pourquoi tu veux faire la mode,
- 8:18parce que tu es vraiment excellent avec toutes les matières,
- 8:22les couleurs,
- 8:24des choses comme ça,
- 8:25en fait,
- 8:25touche à tout.
- 8:26En fait,
- 8:26mon enfance revient.
- 8:28Et c'est vrai que j'étais un peu perturbé parce que je me dis ça y est je suis venu ici pour la mode et puis on me dit que j'étais plutôt excellent dans d'autres choses et en fait il s'agissait du secteur du textile et que je ne connaissais pas très bien et effectivement
- 8:43après la première année donc j'intègre cette fois-ci le BTS une spécialisation pour soit la mode pour autre chose et après les vacances de l'été je me dis mais je suis peut-être le seul à...
- 8:55pas trop comprendre vraiment où je vais.
- 8:58Et je vais donc alors suivre tout le monde et je me dis,
- 9:01bon,
- 9:01je vais commencer par le textile parce qu'on m'avait permis d'être dans les deux sections et je me dis,
- 9:08je vais commencer par le textile et comme ça,
- 9:10au bout d'une semaine,
- 9:11je vais dire au revoir à tout le monde pour rejoindre finalement le stylisme là où je pensais vraiment faire une langue étude.
- 9:21Et en fait,
- 9:22j'ai commencé au textile et puis au bout d'une semaine,
- 9:24effectivement,
- 9:25j'ai dit Merci.
- 9:26Par contre,
- 9:26j'ai dit au revoir à la sélection stylisme.
- 9:30Parce que tout d'un coup,
- 9:31j'ai compris pourquoi on m'avait dit ça pendant toutes ces années,
- 9:35enfin,
- 9:35tous ces mois de la remise à niveau.
- 9:39Donc,
- 9:40je pense que là,
- 9:41à partir de ce moment-là,
- 9:42je commençais à comprendre que finalement,
- 9:44j'avais plus d'ouverture dans ce secteur que juste dessiner les robes ou les concevoir.
- 9:51Et donc,
- 9:52pour résumer...
- 9:54j'ai excédé vraiment dans ces études de création textile jusqu'au master européen,
- 10:01en passant par l'IFM,
- 10:02voire même une école en Belgique qui est la Cambre.
- 10:07Parce que pour faire à l'époque un master européen,
- 10:10il fallait sortir la France.
- 10:11Donc on m'avait proposé la Cambre,
- 10:13je suis parti quelques mois.
- 10:15Je suis revenu à l'IFM à Paris pour terminer mes études.
- 10:19Et donc voilà,
- 10:20je...
- 10:21Donc finalement,
- 10:22je me retrouve avec le diplôme de création textile.
- 10:27Et j'étais vraiment très bien avec ça,
- 10:30puisque ce qui m'a permis effectivement de travailler d'abord pour les grandes maisons de couture,
- 10:35comme La Croix,
- 10:36comme Saint-Laurent,
- 10:37à proposer mes maquettes textiles,
- 10:39à vendre même mes tissus qui sont conçus aussi bien à Madagascar qu'au Cambodge où je vis aujourd'hui.
- 10:45Et donc je pense que c'est comme ça que je commençais à réaliser que finalement,
- 10:49Être styliste,
- 10:50quand on a la capacité de créer ses propres matières,
- 10:53c'est un atout vraiment.
- 10:54Donc je vois qu'aujourd'hui,
- 10:56pour moi,
- 10:57ma marque,
- 10:58c'est vraiment tout est autour du textile finalement.
- 11:01Je les crée d'abord et c'est ensuite que je vais vraiment vers la forme.
- 11:06On voit que du coup,
- 11:08tu as un profil très complet en termes d'expertise textile et que tu as appris dans les plus grandes écoles françaises.
- 11:15Du Péreille FM,
- 11:17c'est le...
- 11:18le duo gagnant,
- 11:18plus en plus l'école que tu mentionnes en Belgique.
- 11:21Donc,
- 11:22tu as vraiment un profil extrêmement qualifié.
- 11:27Donc,
- 11:27toi,
- 11:27dès le départ,
- 11:28est-ce que tu sais quel tissu tu vas créer,
- 11:31utiliser pour ta marque quand tu obtiens ce diplôme ?
- 11:34Tu as déjà une idée de ce que tu as envie de faire ou c'est quelque chose qui se fait au fur et à mesure ?
- 11:40Et est-ce que dans ta tête,
- 11:41en étant en Europe,
- 11:43donc loin de ton île natale,
- 11:46Tu es déjà en train de te dire,
- 11:48j'ai envie d'intégrer les savoir-faire de Madagascar.
- 11:53Écoute,
- 11:53là,
- 11:54je dois dire que c'est une excellente question parce que ça va déterminer vraiment le cœur d'une marque.
- 12:00Et en fait,
- 12:01moi,
- 12:01j'ai toujours été fasciné par toutes les matières naturelles de mon pays.
- 12:07Pendant le parcours que j'ai eu avec Dupéré et voir les FEM pour mon dernier diplôme de ma sœur européenne en textile,
- 12:15Et j'ai toujours en fait privilégié d'utiliser les matières naturelles de mon pays parce qu'au fond,
- 12:21je ne savais pas tout de suite à cette époque-là,
- 12:24mais moi je pensais être vraiment fidèle avec mon origine.
- 12:27On a toujours du mal un peu à comprendre pourquoi je suis au Cambodge,
- 12:30mais enfin bon,
- 12:31pour moi le côté géographique n'a pas vraiment de sens parce qu'on peut être partout dans le monde et on peut créer.
- 12:38Mais tout ce que je sais,
- 12:40c'est que je ne savais pas,
- 12:42mais j'ai toujours été...
- 12:43très fidèle avec mon origine,
- 12:44Madagascar,
- 12:45mes inspirations qui ont commencé depuis mon île natale.
- 12:48Et en fait,
- 12:49pendant mes études,
- 12:50j'ai toujours valorisé inconsciemment parce qu'il faut savoir que Madagascar,
- 12:54c'est un pays vraiment où on a des mains talentueuses avec des matières absolument extraordinaires et dans la soie.
- 13:02Donc moi,
- 13:02j'ai toujours affectionné,
- 13:04en fait,
- 13:04j'ai toujours aimé la soie,
- 13:06mais à Madagascar,
- 13:07je n'avais pas forcément accès à cette matière et c'est
- 13:10C'est pendant mes études à Paris que je commençais à comprendre.
- 13:13Puisqu'en textile,
- 13:15on apprit aussi énormément les différentes techniques.
- 13:18Le tissage,
- 13:19la maille,
- 13:20toutes sortes de la broderie.
- 13:22C'est comme un atelier à sel ouvert.
- 13:24Ce qui nous a permis d'être à l'aise avec toutes les différentes techniques.
- 13:28Moi,
- 13:29c'est ce que j'ai aimé finalement.
- 13:31J'ai toujours intégré mes matières de Madagascar.
- 13:34Le cisa,
- 13:35les matières naturelles,
- 13:36le coton et la soie.
- 13:38Et en fait...
- 13:40Oui,
- 13:41donc du coup,
- 13:42c'était évident que j'étais déjà très proche du secteur artisanal.
- 13:49Mais c'est les études et aussi les expériences que j'ai eues avec les grandes maisons de couture,
- 13:54surtout dans le studio de Saint-Laurent-Haute-Couture,
- 13:57avec ces dames qui m'ont demandé plein de choses à faire.
- 14:00Et c'est comme ça que j'ai vraiment compris que vraiment,
- 14:06en fait le secteur de l'artisanat ne s'arrête pas
- 14:09pas jusqu'à une petite division des choses à faire,
- 14:12mais ça peut vraiment aller très très loin et voir dans le luxe.
- 14:15Et c'est ce qui se passe aujourd'hui.
- 14:17Donc quelque part,
- 14:18je ne le savais pas,
- 14:19mais je pense que j'étais déjà,
- 14:21dans ces années-là,
- 14:23j'étais déjà au cœur de quelque chose qu'elle est devenue aujourd'hui,
- 14:27qui est vraiment cette valorisation de l'artisanat,
- 14:31du fait main,
- 14:32des choses qui sont rares,
- 14:34qui ne sont pas forcément comprises.
- 14:36Mais c'est ce que le monde,
- 14:38finalement,
- 14:39cherche aujourd'hui.
- 14:40Donc je suis assez fier de mon parcours,
- 14:45quelque part,
- 14:45parce que j'avais contribué,
- 14:47vraiment,
- 14:50j'ai permis à Madagascar d'être connu dans le secteur du luxe à Paris,
- 14:55puisque quand j'ai proposé,
- 14:56en fait,
- 14:56le raffia crocheté à Monsieur Lacroix,
- 15:00à cette époque-là,
- 15:00pour faire un bussier pour la haute couture,
- 15:02moi,
- 15:03je n'étais pas très,
- 15:03très conscient,
- 15:04mais enfin j'avais...
- 15:06J'étais là en train de valoriser ce secteur artisanal de mon pays.
- 15:14C'est super intéressant de t'entendre raconter ça avec beaucoup de simplicité et de voir qu'aujourd'hui,
- 15:22il y a énormément de revendications liées au fait de...
- 15:26mettre en avant les savoir-faire locaux,
- 15:29le made in Africa,
- 15:30et ça devient presque une mode du moment.
- 15:33Et toi,
- 15:33c'est intéressant de voir que ça a toujours fait partie de l'ADN de ta marque et de la manière dont tu as envisagé ton travail.
- 15:42Si tu devais décrire justement la marque Eric Rezina,
- 15:45quels sont les éléments clés ?
- 15:47Tu as parlé de soi,
- 15:48tu as parlé de Travesséma,
- 15:49tu as parlé de Raffia.
- 15:51Quels sont les éléments clés dont tu peux nous parler pour décrire ta marque ?
- 15:58Ma marque aujourd'hui,
- 15:59et ça a toujours été,
- 16:01c'est vraiment,
- 16:02je pense que l'ADN et la signature de ma marque,
- 16:04c'est vraiment les matières.
- 16:07Avec mon équipe que j'ai formée moi-même,
- 16:09nous sommes très à l'aise pour créer toutes sortes de matières dans cette maison.
- 16:14Et je crois qu'à travers ces années,
- 16:17je suis assez content quand les gens ne me rencontrent pas.
- 16:24mais
- 16:24ils voient porter les pièces quelque part dans le monde et disent,
- 16:27ah oui,
- 16:27on reconnaît ça,
- 16:29c'est du Eric Résilat.
- 16:30Donc,
- 16:30je crois que la définition de ma marque,
- 16:32c'est vraiment les matières avant tout,
- 16:34les couleurs,
- 16:35parce que ma grande île natale,
- 16:38en fait,
- 16:39nous avons la chance de voir cette île absolument incroyable avec les couleurs,
- 16:43les matières.
- 16:44Et donc,
- 16:45c'est vraiment,
- 16:46on crée les matières en amont et moi,
- 16:48je dessine évidemment comme tous les stylistes,
- 16:50mais ça m'ennuie quelque part parce que je suis...
- 16:53très,
- 16:54en fait,
- 16:55le fait main depuis que je suis né,
- 16:57ça n'a jamais changé et j'ai de la chance d'être ainsi.
- 17:02Donc moi,
- 17:02je suis plutôt dans les ateliers,
- 17:04c'est les matières qui me donnent envie d'aborder le dessin.
- 17:07Et quelque part,
- 17:08quand j'ai travaillé pour le Louvre-la-Falaise à distance,
- 17:11j'étais en freelance pour Saint-Laurent,
- 17:13surtout,
- 17:14et j'ai vu que finalement dans ces maisons,
- 17:17la naissance des volumes,
- 17:19c'était à peu près comme ça.
- 17:21C'est qu'ils travaillent,
- 17:22surtout ils vont.
- 17:23aller modeler les matières,
- 17:24ils vont aller chercher les couleurs et c'est ainsi qu'ils vont prédéfinir quelque part le volume.
- 17:30Et moi,
- 17:31je me sens bien dans ce cadre-là parce que je trouve que c'est magique de voir naître les robes à travers vraiment les matières,
- 17:44mais pas dans l'autre sens.
- 17:46Comme on dessine pendant des heures et après on va chercher les matières.
- 17:49Donc nous,
- 17:49la chance qu'on a ici,
- 17:51c'est que
- 17:53On a les matières,
- 17:54on se dit on va faire quoi avec celles-ci et ainsi on va aborder le volume et ainsi on va vraiment aborder le vêtement.
- 18:02Mais c'est vraiment,
- 18:04les matières sont très très importantes chez nous.
- 18:06Je comprends bien ce point de la matière et effectivement c'est intéressant la manière dont tu décris ton processus créatif.
- 18:14Ça part de la matière et ce qui est intéressant de constater c'est que ça part d'une matière que tu vas créer toi-même dans ton atelier.
- 18:21Oui absolument et en fait alors il faut savoir que moi j'ai pris le temps vraiment de mettre en place ma marque contrairement à d'autres personnes où c'est possible vite.
- 18:31Moi j'ai pris le temps et de former mon équipe vraiment de long en large parce que je pense que c'était important en tout cas pour moi d'avoir vraiment des gens qui sont compétents et qui soient à l'aise avec ce qu'ils font.
- 18:46Et donc nous,
- 18:47nous avons ici...
- 18:48des ateliers de tissage,
- 18:50on fait nous-mêmes nos tissages,
- 18:51on fait nous-mêmes nos couleurs.
- 18:53Alors,
- 18:53il y a une équipe qui brode,
- 18:55il y a une équipe qui fait du crochet.
- 18:59Et ça paraît,
- 19:00en fait,
- 19:00quelque part,
- 19:01des fois,
- 19:01je me dis,
- 19:02mais mon Dieu,
- 19:03on est dans un monde,
- 19:05en tout cas pour ma marque,
- 19:07ce qu'on appelle aujourd'hui le slow fashion.
- 19:10Donc,
- 19:11cette mode un peu lente,
- 19:12mais je trouve que c'est ainsi qu'on arrive vraiment à voir des merveilles.
- 19:16Et je veux absolument garder,
- 19:17en fait,
- 19:18finalement,
- 19:20ce mode de fonctionnement avec l'équipe,
- 19:22puisque,
- 19:23quelque part,
- 19:24les tendances vont tellement vite,
- 19:26on ne peut pas vraiment les suivre.
- 19:28Et avec mon équipe,
- 19:30quelque part,
- 19:30on se dit,
- 19:30mais en fait,
- 19:32c'est super,
- 19:32parce qu'on a l'impression qu'on crée nous-mêmes nos tendances,
- 19:35voilà,
- 19:36quelque part.
- 19:37Encore une fois,
- 19:38on revient sur ce principe de,
- 19:40dès le départ,
- 19:41le savoir-faire le fait main,
- 19:43ça faisait partie.
- 19:44de l'ADN de ta marque,
- 19:45ce n'est pas quelque chose de tendance que tu as intégré récemment.
- 19:49Et pareil,
- 19:49cette notion de slow fashion aussi,
- 19:52c'est un terme qu'on utilise beaucoup,
- 19:54dont les médias parlent beaucoup et on associe souvent la mode africaine ou certains savoir-faire,
- 20:00certaines matières issues du continent au slow fashion.
- 20:03Mais en réalité,
- 20:04c'est des choses qui existent depuis toujours dans la manière de faire et qui ne sont pas forcément liées à une tendance récente.
- 20:123.
- 20:12par rapport à ce processus créatif ?
- 20:14Qui sont les clients ?
- 20:16Qui sont les personnes qui,
- 20:17du coup,
- 20:18adhèrent à ton univers,
- 20:19adhèrent à tes marques ?
- 20:20C'est quoi le profil,
- 20:21en fait,
- 20:22des consommateurs de la marque Eric Faisina ?
- 20:25Écoute,
- 20:25alors,
- 20:26ça,
- 20:26c'est une superbe question dans ce monde,
- 20:30avec cette mode qui va tellement vite avec les tendances.
- 20:35Eh bien,
- 20:35moi,
- 20:36comme je venais de dire tout à l'heure,
- 20:38j'ai pris vraiment énormément de temps,
- 20:39en fait,
- 20:40à mettre en place ma marque.
- 20:41Et j'ai accepté de faire pas mal de défilés dans différents coins du monde.
- 20:46À chaque fois qu'il y avait une proposition,
- 20:47je suis parti.
- 20:49Et ce qui m'a permis réellement de comprendre les histoires de différentes femmes dans le monde et aussi qu'est-ce qu'elles veulent vraiment avoir.
- 20:56Et j'avais compris une chose,
- 20:58c'est que finalement,
- 20:59en étant dans cette tendance de la mode un peu lente,
- 21:04comme on fait,
- 21:05et finalement,
- 21:06les gens recherchent vraiment des pièces assez emblématiques.
- 21:11et avec une vraie histoire.
- 21:13Et donc du coup,
- 21:16au départ,
- 21:17c'était un peu une crainte.
- 21:18Je me suis dit,
- 21:18mais on n'arrive pas à fournir au bout de deux semaines,
- 21:21un mois.
- 21:22Des fois,
- 21:22on demande à nos clientes d'attendre deux mois pour avoir une robe crochetée.
- 21:28Et finalement,
- 21:28je me suis rendu compte que ça fait plaisir aux gens de savoir que ces pièces ont été réellement confectionnées pour elles.
- 21:39Ces pièces ont été vraiment confectionnées avec un vrai savoir-faire et avec une vraie exigence.
- 21:46Et donc du coup,
- 21:47ce sont des pièces qui deviennent un peu intemporelles.
- 21:51C'est-à-dire que les femmes qui achètent aujourd'hui une pièce,
- 21:53même si elles ont attendu quelques semaines,
- 21:56voire un mois ou voire deux mois avant d'avoir les pièces,
- 22:00elles sont contentes parce qu'elles se disent « je suis la seule à l'avoir et je peux porter cette robe pour quelques temps » .
- 22:07Du coup,
- 22:08aujourd'hui,
- 22:08ça devient une évidence.
- 22:09Entre-temps,
- 22:10évidemment,
- 22:11on a tout de même renforcé l'équipe.
- 22:13On peut aussi travailler un peu plus vite qu'il y a quelques années.
- 22:16Du coup,
- 22:18on n'a pas du tout ce gap.
- 22:20On ne sent pas vraiment comment la vitesse de la mode va parce qu'on arrive à suivre tout ce qui se passe.
- 22:30Moi,
- 22:31je suis un grand voyageur et je n'ai pas besoin d'aller dans les salons
- 22:36pour essayer de comprendre quelles sont les tendances.
- 22:38Mais pendant un voyage comme moi,
- 22:40j'observe beaucoup les gens,
- 22:41je regarde ce qu'il y a autour,
- 22:42je vais aller voir les expos,
- 22:44les salons,
- 22:46les musées,
- 22:46tout ça.
- 22:47Donc quelque part,
- 22:48c'est comme ça qu'on arrive finalement à capter,
- 22:51d'une certaine manière,
- 22:53qu'est-ce qui se passe dans la mode et qu'est-ce que les gens auront envie de nous-mêmes.
- 22:58Et donc voilà,
- 22:59je me positionne comme ça.
- 23:01Et c'est vrai que c'est une chance de parcours,
- 23:05mais euh
- 23:06Franchement,
- 23:06on arrive vraiment à cerner les couleurs du moment,
- 23:11les envies des clientes du moment.
- 23:16Donc j'espère que ça va nous permettre toujours d'avancer cette façon de travailler.
- 23:23C'est un concept intéressant que tu évoques ici sur le côté.
- 23:26Quelque part,
- 23:27tu vas chercher à créer tes propres tendances plutôt que d'essayer de suivre les tendances qui sont un peu imposées,
- 23:34dictées.
- 23:35par les grandes marques de luxe à la suite des défilés,
- 23:38toi,
- 23:39tu as un vrai poste de directeur artistique qui va impulser les tendances à sa marque.
- 23:46Ce que tu évoquais,
- 23:47c'est que tu es basé au Cambodge et que tu as un atelier au Cambodge et que tu vas travailler avec des matières qui viennent de Madagascar.
- 23:52Est-ce que tu peux nous expliquer aussi ça,
- 23:54ton processus de fabrication et ta sélection des matières et ton choix d'être installé au Cambodge ?
- 23:59Oui,
- 24:00c'est vrai que oui.
- 24:01Souvent,
- 24:01on me pose la question quand je parle.
- 24:03parce que
- 24:04Je suis souvent en fait en Afrique et je suis à Madagascar quasiment tous les ans puisque j'ai besoin vraiment d'être dans mon pays,
- 24:10de voir ma famille,
- 24:12d'être inspiré de tout ce qui se passe là-bas,
- 24:14revoir un peu les paysages.
- 24:15Et c'est vrai que le Cambodge,
- 24:17je vis maintenant depuis 25 ans,
- 24:19ben c'était pas vraiment un choix,
- 24:21j'étais encore une fois la soie que j'ai toujours adoré depuis en fait mon enfance à Madagascar,
- 24:27mais comme j'avais pas accès,
- 24:29c'était pas encore le moment.
- 24:30Et en fait...
- 24:32Pendant mon parcours d'études à Paris,
- 24:33j'avais entendu parler de l'Asie du Sud-Est,
- 24:36de la soie du Cambodge.
- 24:37Et en fait,
- 24:39j'ai eu une opportunité pour venir ici il y a 30 ans de cela.
- 24:42C'était en 1996,
- 24:45alors que j'étais encore étudiant.
- 24:47Et je découvre ce pays,
- 24:49la culture ici,
- 24:51la ville où je vis maintenant depuis 25 ans à Siem Reap.
- 24:55Et franchement,
- 24:56ce n'était vraiment pas un choix,
- 24:57mais c'était un coup de foudre.
- 24:59Donc,
- 24:59comme j'avais visité les villages où en fait on tissait de la soie,
- 25:04je devenais fou de voir tout ça.
- 25:06Et comme si j'étais quelque part à Madagascar,
- 25:10dans ces villages,
- 25:11on tisse aussi de la soie.
- 25:13Et en fait,
- 25:14je visite un centre de la soie ici.
- 25:17Et puis j'avais demandé,
- 25:18je dis,
- 25:19est-ce que vous êtes intéressé d'avoir un stagiaire ?
- 25:21Donc voilà,
- 25:22je suis revenu au Cambodge en 98 pour ce stage.
- 25:26et de vivre en aiguille finalement
- 25:28Avec mes études,
- 25:29j'ai réussi à avoir les commandes chez Saint-Laurent.
- 25:31Et si tu veux,
- 25:34quelque part,
- 25:34ce n'était pas du tout planifié,
- 25:36mais c'était un coup de cœur qui s'est transformé en une espèce d'envie de revenir ici tout le temps.
- 25:43Parce que quelque part,
- 25:44j'avais aussi,
- 25:45ça c'est très important,
- 25:47j'avais aussi un peu les résonances de Madagascar dans ce pays que je ne connaissais pas.
- 25:52Je me sentais bien,
- 25:53j'avais l'impression que...
- 25:55que j'étais finalement un peu à Madagascar,
- 25:57mais tout en étant dans un autre pays.
- 25:59Et donc c'est comme ça qu'après mes études,
- 26:01comme il y a eu les commandes de Saint-Laurent qui ont quand même duré presque 4 ans à chaque saison,
- 26:08surtout de l'été.
- 26:11Et donc je me suis dit,
- 26:12je vais faire simple,
- 26:14je vais m'installer ici.
- 26:16Alors on m'avait proposé un travail,
- 26:19je travaillais pour une marque ici pendant quelques temps et quand j'ai terminé,
- 26:23mais en même temps...
- 26:24Au même moment,
- 26:26je formais aussi mon équipe.
- 26:27Et quand j'ai terminé,
- 26:29j'ai repris tout en main,
- 26:32j'ai installé mes ateliers.
- 26:33Mais ce qu'il y a,
- 26:34c'est que je suis très à l'aise à utiliser des matières de différents horizons.
- 26:39Ça peut être de la soie de la Chine,
- 26:40ça peut être de la soie de Madagascar,
- 26:42la soie d'ici.
- 26:43Donc moi,
- 26:44ce qui m'intéresse,
- 26:45c'est d'avoir le maximum de matières.
- 26:47Et c'est comme ça qu'à chaque voyage au Madagascar,
- 26:51Je me ruine en fait à acheter toutes les matières de mon pays,
- 26:54que je ramène dans mon atelier ici,
- 26:55notamment le raffia,
- 26:56parce que je n'ai pas forcément la possibilité d'être à Madagascar et de faire des choses.
- 27:02Donc je ramène ces matières et dans mes ateliers ici,
- 27:06alors on fabrique des choses absolument inuites.
- 27:08Malheureusement,
- 27:09des fois,
- 27:09on ne peut pas vraiment voir ça tout le temps sur mes pages,
- 27:14tout ça sur les réseaux sociaux,
- 27:16puisqu'il y a des commandes qui se font et ça part directement.
- 27:20On n'a même pas le temps des fois de photographier.
- 27:23Mais je tiens absolument à utiliser les matières de mon pays natal.
- 27:30Et surtout le raffia avec lequel on arrive à faire des robes du soie.
- 27:35Des choses absolument incroyables que je mélange avec d'autres fibres.
- 27:39Avec la soie d'ici,
- 27:40avec le coton qui vient de l'Afrique,
- 27:42surtout du Mali.
- 27:44Et voilà,
- 27:45c'est comme ça que je travaille.
- 27:47Quelque part,
- 27:48j'étais...
- 27:48assez malheureux à l'époque de me dire,
- 27:51ah,
- 27:51j'ai laissé tomber l'art culinaire.
- 27:53Au fond,
- 27:54j'ai trouvé finalement mon atelier de l'art de textile,
- 27:58si je puis dire.
- 28:00Dans ces ateliers,
- 28:01on a l'impression de faire une sorte de cuisine,
- 28:04des recettes pour le textile.
- 28:06Oui,
- 28:07c'est ce que j'allais dire,
- 28:07c'est que tu gardes quand même un rôle de chef d'orchestre,
- 28:12de chef en fait,
- 28:13qui va mélanger différents ingrédients pour pouvoir ensuite à comment dire
- 28:18présenter une création.
- 28:20Donc,
- 28:20ça garde un côté créatif.
- 28:25Donc,
- 28:25tu évoques vraiment ton lien qui est resté très fort avec Madagascar et le fait que ce soit installé au Cambodge.
- 28:30Et tu parles notamment de commandes du Saint-Laurent.
- 28:33Donc,
- 28:33toi,
- 28:33dans ton travail,
- 28:34il y a une partie qui est une forme de sous-traitance,
- 28:37c'est-à-dire que tu allais fournir du tissu à un certain nombre de marques et en parallèle,
- 28:41tu allais proposer tes propres collections.
- 28:43En fait,
- 28:44oui,
- 28:44je fais ça il y a quelques années.
- 28:46Alors,
- 28:47j'ai dû arrêter à un moment donné,
- 28:49même s'il y avait encore des demandes,
- 28:51puisqu'en fait,
- 28:52on n'arrivait plus trop à produire pour nous-mêmes et à produire pour d'autres.
- 28:56Et comme moi,
- 28:57je suis tellement exigeant et je trouve qu'on n'a pas le droit de faire des erreurs quand il s'agit des commandes.
- 29:04Et donc,
- 29:05du coup,
- 29:05j'ai un peu arrêté de fournir pour les autres.
- 29:11j'avais gardé pour me...
- 29:13pour ma marque,
- 29:14les matières qu'on crée.
- 29:15Mais bon,
- 29:16ça fait des années maintenant que j'ai arrêté à fournir pour les autres.
- 29:19Mais aujourd'hui,
- 29:20s'il y a de nouveau des gens qui veulent faire une collaboration avec nous,
- 29:26ce sera une très bonne chose à faire.
- 29:30Mais ça fait quelques années que je n'ai fait plus des matières pour les autres.
- 29:36On a tout gardé pour nous,
- 29:37pour qu'on puisse vraiment les travailler à notre façon.
- 29:43Je comprends le point et ce qui serait intéressant là,
- 29:44ce n'est pas forcément d'être en mode sous-traitant,
- 29:47mais c'est plutôt,
- 29:47comme tu le dis,
- 29:48d'être dans le cadre d'une collaboration où on va avoir vraiment ton nom qui sera au même niveau que celui d'une autre marque et que ce soit une opportunité de mettre en avant tout ton savoir-faire,
- 29:59mais aussi la marque en elle-même.
- 30:01Que ce ne soit pas finalement qu'on sache qui est derrière un certain nombre de tissus,
- 30:07parce que comme c'est souvent le cas,
- 30:08il y a énormément de...
- 30:09marques de luxe qui vont défiler,
- 30:11qui utilisent des matières qui peuvent venir du continent,
- 30:14et notamment de Madagascar,
- 30:17et en fait on ne le sait pas.
- 30:19Oui,
- 30:20en fait,
- 30:20quand moi je l'avais arrêté,
- 30:22je pense que c'était vraiment un bon moment.
- 30:24Tu sais à l'époque,
- 30:25tout ça,
- 30:26qu'on veuille ou pas,
- 30:27mais c'était vraiment une époque extraordinaire,
- 30:30quand on pouvait comme ça fournir des matières,
- 30:33des étoiles,
- 30:34des écharpes pour
- 30:36Yves Saint Laurent.
- 30:37haute couture,
- 30:385 avenues Marceau qui est devenu maintenant le musée c'était franchement,
- 30:41moi en fait je mesurais pas à l'époque mais c'était tout de même quelque chose d'assez incroyable et c'est vrai que j'avais arrêté à temps mais aujourd'hui oui je vois toutes les collaborations que les grandes marques de luxe ont avec des créateurs de différents horizons et je crois que oui,
- 30:58je pense que ça c'est plutôt une bonne chose parce qu'effectivement aujourd'hui ça permet Oui.
- 31:04d'authentifier les matières,
- 31:07leurs origines,
- 31:09et puis les gens qui font ça derrière.
- 31:12Parce que c'est vrai que dans ma démarche,
- 31:16j'ai un respect vraiment incroyable,
- 31:18je pense,
- 31:18envers mon équipe.
- 31:19Parce que ma marque ne pourrait pas exister comme ça si je n'ai pas ces équipes que j'ai formées,
- 31:26évidemment,
- 31:26mais qui sont vraiment loyaux,
- 31:28qui sont vraiment aujourd'hui devenues des professionnels.
- 31:32Et en fait...
- 31:33Et moi,
- 31:33j'aime bien cette idée,
- 31:34c'est que souvent on dit,
- 31:35mais oui,
- 31:36mais il faut être à Paris,
- 31:37à Londres,
- 31:37à New York pour faire la mode.
- 31:38Mais non,
- 31:39je ne suis pas d'accord avec ça.
- 31:40C'est qu'on peut être,
- 31:42en tout cas pour ma part,
- 31:43c'est que je peux être partout à partir du moment où on forme les gens qui deviennent professionnels et on sait exactement qu'est-ce qu'on a envie de faire.
- 31:53On n'a pas,
- 31:54voilà,
- 31:54le côté géographique ne compte plus en fait,
- 31:57quelque part.
- 31:58Et j'aime bien aussi cette,
- 32:00je ne dis pas que j'aime bien la mode nomade,
- 32:02et
- 32:02Je trouve que quand on est créatif,
- 32:04alors on peut être vraiment n'importe où et alors on peut créer.
- 32:09Disons que j'entends ton point,
- 32:11son côté géographique.
- 32:12Le point,
- 32:13c'est qu'il y a des systèmes installés de la mode.
- 32:18Les capitales de la mode,
- 32:19c'est Londres,
- 32:19Milan,
- 32:20Miami,
- 32:21Paris.
- 32:22Et la haute couture,
- 32:23c'est Paris.
- 32:24Et donc,
- 32:24il y a quand même eu...
- 32:27Comme si il y avait une propagande d'effectivement,
- 32:29on associe...
- 32:31La mode et une certaine idée de luxe a un certain nombre de capitales européennes et toi quelque part ce que tu dis c'est finalement le talent,
- 32:38on peut le créer,
- 32:39le trouver,
- 32:39le développer partout.
- 32:41Et ce que j'ai envie d'ajouter,
- 32:43c'est que c'est à nous aussi,
- 32:45quand on veut valoriser la créativité et le savoir-faire africain,
- 32:48de pousser et mettre en avant d'autres capitales,
- 32:51d'autres lieux,
- 32:53et d'aller créer,
- 32:54d'aller bousculer un petit peu ces codes qui,
- 32:56quelque part,
- 32:57ont besoin aussi d'être mis à jour.
- 33:00Oui,
- 33:00parce qu'en fait,
- 33:02les mœurs changent,
- 33:04les façons de faire changent.
- 33:06Et moi,
- 33:06c'est que les...
- 33:08Les cinq dernières années où j'ai eu la chance vraiment d'être invité,
- 33:13par exemple dans des villes en Afrique,
- 33:16à Abidjan,
- 33:18j'ai beaucoup fait de défilés au Sénégal,
- 33:20à Dakar.
- 33:22J'étais l'année dernière au Nigeria,
- 33:25au Lagos.
- 33:27Et franchement,
- 33:28moi je suis trop fier d'être africain parce qu'il se passe vraiment plein de choses en ce moment et je crois qu'enfin le monde entier admet que bon ben...
- 33:38on est capable de faire des choses.
- 33:40Et c'est dans ce sens que je me dis finalement,
- 33:42cette idée d'être dans une grande capitale pour faire valoir une marque,
- 33:49je ne suis pas forcément d'accord avec ça.
- 33:51Et je crois que même quelque part,
- 33:53c'est que quand on voit des pièces qui arrivent de quelque part,
- 33:58par exemple,
- 33:59on imagine,
- 34:00je ne sais pas,
- 34:01un tissage extraordinaire qui vient du pays d'Ogon.
- 34:05et qui arrivent comme ça en plein fashion week de Paris,
- 34:09je trouve que c'est beaucoup plus valorisant ainsi que vouloir absolument...
- 34:17En fait,
- 34:17parce que quelque part,
- 34:19quand on est dans une capitale comme ça où il y a
- 34:22300 personnes qui présentent leur collection pendant une semaine,
- 34:27je ne suis pas vraiment très très sûr d'être vraiment ainsi vu par tout le monde.
- 34:33Alors que par contre,
- 34:34aujourd'hui,
- 34:35on a quand même des outils,
- 34:36on a les réseaux sociaux qui nous permettent aussi de se démarquer autrement.
- 34:43Et moi,
- 34:43je crois que c'est aussi ça la force d'aujourd'hui,
- 34:46c'est qu'il y a toutes sortes de techniques qu'on peut utiliser pour,
- 34:51comme là,
- 34:52notre conversation aujourd'hui.
- 34:56Je trouve ça incroyable parce que tu es à Paris,
- 34:59moi je suis au Cambodge,
- 35:00mais en fait,
- 35:00on parle de...
- 35:02On parle de la mode,
- 35:03on parle du continent,
- 35:04on parle de savoir-faire.
- 35:06Et je crois que c'est important aussi de se mettre dans l'époque où nous vivons,
- 35:13finalement.
- 35:14Complètement aligné avec ce point,
- 35:17à un moment donné,
- 35:18de créer des nouveaux standards,
- 35:20de se les approprier et de se dire,
- 35:22on peut aller créer de nouvelles choses.
- 35:24Tu as beaucoup insisté sur le fait que tu voyages énormément et que chaque fois que...
- 35:28On a pu t'inviter à aller participer à différents défilés dans différents endroits du monde.
- 35:33Tu as toujours accepté de le faire.
- 35:36Est-ce que tu peux raconter,
- 35:38justement,
- 35:38on va peut-être nous raconter certaines villes dans lesquelles tu as pu défiler.
- 35:42Et aussi,
- 35:42comment tu prépares un défilé ?
- 35:44Est-ce qu'à chaque fois,
- 35:44c'est une collection spécifique que tu vas travailler pour un défilé ?
- 35:49Comment est-ce que tu abordes ces participations à des événements et ces présentations de collections ?
- 35:57Oui,
- 35:57c'est que moi,
- 35:59j'ai toujours vraiment aimé voyager parce que je pense que ça construit vraiment un créatif.
- 36:06Puisque surtout quand on est vraiment curieux,
- 36:10comme moi je suis,
- 36:12j'aime les voyages parce que c'est très inspirant.
- 36:15Ça permet aussi un peu d'oublier nos galères dans les ateliers parce que ce n'est pas toujours facile tous les jours de faire ce travail.
- 36:25Et aussi pour nourrir ses ateliers.
- 36:26Parce que quand on revient,
- 36:27en fait,
- 36:28après ses voyages,
- 36:29eh bien,
- 36:30alors,
- 36:30voilà,
- 36:32il y a comme ça des idées qui arrivent,
- 36:35des aspirations qui émergent.
- 36:38Et donc,
- 36:39du coup,
- 36:40pour répondre à ta question,
- 36:42c'est que moi,
- 36:43évidemment,
- 36:44je n'accepte pas toutes les invitations,
- 36:46mais quand je sens que c'est vraiment un bon moment pour représenter ma marque et aussi un moment qui va me permettre
- 36:53d'échanger avec d'autres,
- 36:55de connaître d'autres personnes,
- 36:58de voir aussi ce que les autres font.
- 37:01Et pour ça,
- 37:02je suis prêt à partir.
- 37:04Et en fait,
- 37:06s'il s'agit d'une Fashion Week,
- 37:08évidemment,
- 37:09il faut arriver avec des choses vraiment...
- 37:12C'est une exigence d'ailleurs de la part des gens,
- 37:14de ceux qui nous invitent,
- 37:16c'est d'arriver avec notre dernière collection.
- 37:19Donc ça,
- 37:19c'est stimulant.
- 37:20Parce que ça permet de buster les ateliers,
- 37:23de faire des choses qu'on n'a pas pensé vraiment à faire.
- 37:26Et après,
- 37:26il y a aussi ce côté des invitations où on représente tout simplement notre univers.
- 37:32Et ça,
- 37:33j'aime bien.
- 37:33Parce que ce qui me permet quelque part de...
- 37:39de refaire surface comme ça,
- 37:41des pièces emblématiques de la marque qu'on a créées il y a quelques années,
- 37:44qu'on a mis un peu dans un coin.
- 37:48Et j'aime assez ce genre de défilé parce que du coup,
- 37:53ça montre vraiment un peu le parcours,
- 37:55mais pas forcément les idées qui sont arrêtées à la dernière minute pour faire une collection.
- 38:02Et donc,
- 38:03j'aime bien,
- 38:03j'aime bien.
- 38:04Et je trouve que...
- 38:06Je pense que cette année,
- 38:08si tout se passe bien,
- 38:09on va avoir quelques propositions pour revenir en Afrique.
- 38:14Je suis déjà très excité à l'idée de revenir sur ce continent parce que je trouve qu'il y a vraiment des trucs incroyables de plus en plus.
- 38:22Je suis trop content d'en faire partie de ce mouvement créatif du continent africain,
- 38:30bien que je sois loin de mon pays.
- 38:35Pour toi,
- 38:35en tout cas,
- 38:36la présentation de collection d'enquête de défilé,
- 38:38ça fait clairement partie de ta stratégie de communication,
- 38:42de comment tu te fais connaître vis-à-vis de professionnels du secteur et également vis-à-vis de clients potentiels.
- 38:52Et il y a aussi les pop-up,
- 38:54parce qu'il y a la partie je défile,
- 38:56il y a aussi la partie je fais du commerce,
- 38:57je distribue ma marque.
- 38:59Est-ce que ça aussi,
- 39:01tu essaies d'intégrer les deux ensemble ?
- 39:03C'est-à-dire quand tu as l'opportunité de faire un défilé,
- 39:05tu essaies de voir s'il y a un pop-up avant ou après.
- 39:08Comment est-ce que tu organises la partie distribution de la marque aujourd'hui ?
- 39:13Comme je suis basé au Cambodge,
- 39:14c'est vraiment ici où je vends.
- 39:17C'est là où j'ai mes ateliers qui sont accessibles sur invitation pour que les gens puissent voir.
- 39:25J'ai une boutique ici.
- 39:26ici.
- 39:27Donc en fait...
- 39:28On a la chance d'avoir le monde entier qui visite ce site d'Encore,
- 39:34mais effectivement à chaque fois que j'ai une proposition de défilé,
- 39:39je veux surtout un peu savoir si j'ai la possibilité de rencontrer des clients potentiels,
- 39:47si on peut faire du pop-up,
- 39:50parce que je trouve que quand on regarde,
- 39:53on donne ce beau spectacle aux gens,
- 39:56de voir un défilé qui dure 15 minutes.
- 39:59Des fois,
- 40:00ça ne permet pas forcément de tout voir.
- 40:02Alors qu'un pop-up,
- 40:03les gens viennent,
- 40:04ils prennent leur temps,
- 40:06ils peuvent vraiment découvrir les matières,
- 40:09regarder de près les choses,
- 40:11et ainsi aussi comprendre un peu plus les techniques et la magie qu'il y a derrière tout ça.
- 40:19C'est vraiment les ateliers et les gens qui font ces pièces-là.
- 40:23Et je trouve que c'est important vraiment de pouvoir montrer,
- 40:26même si ça dure une après-midi,
- 40:28une journée,
- 40:29deux jours,
- 40:29trois jours,
- 40:30c'est encore mieux.
- 40:31Et donc j'essaie toujours de m'organiser dans ce sens parce que quand j'avais une boutique,
- 40:37alors je vends dans les 5 étoiles,
- 40:40les hôtels 5 étoiles en fait en Asie du Sud-Est.
- 40:43J'avais une boutique à Paris avant le Covid,
- 40:45bon malheureusement on a dû fermer parce qu'on sait ce qui s'est passé dans le monde.
- 40:50Et donc,
- 40:51moi,
- 40:52je...
- 40:52Je trouve intéressant aussi le pop-up dans le monde parce que non seulement ça me permet de voyager,
- 40:58j'adore ça,
- 40:59et ça me permet de comprendre réellement les envies des uns,
- 41:03des autres dans chaque ville où je vais.
- 41:07Et c'est toujours très nourrissant,
- 41:10c'est toujours très inspirant de voir aussi l'effervescence qu'il y a autour d'un pop-up.
- 41:18Là,
- 41:18je reviens de Paris,
- 41:19j'étais au Gare Lafayette pendant trois semaines.
- 41:22Avec d'autres créateurs du continent,
- 41:24je crois qu'on était neuf marques.
- 41:27Et franchement,
- 41:27c'était intéressant de voir.
- 41:30Et je crois que les gens étaient vraiment assez émerveillés de voir neuf créateurs au milieu de ce temple de luxe.
- 41:40Et je pense que c'est important quand on n'a pas la possibilité d'avoir des boutiques partout dans le monde.
- 41:45Et je crois que quelque part même,
- 41:47je ne sais pas si c'est toujours une idée pour des marques comme ça émergentes.
- 41:52d'investir autant,
- 41:53avoir des boutiques par-ci,
- 41:54par-là.
- 41:55Je vois que les gens cherchent vraiment une histoire authentique.
- 41:58Et finalement,
- 42:00un instant d'un pop-up permet aux gens de mieux comprendre vraiment les histoires derrière chaque marque.
- 42:07Et je privilégie vraiment aujourd'hui de pouvoir faire le pop-up dès que je peux,
- 42:12quand j'ai des nouvelles choses à présenter.
- 42:15Alors,
- 42:15il faut préciser que nous,
- 42:16on s'est croisés en fait au pop-up derrière Villa Fayette.
- 42:19Et ce qu'il faut préciser,
- 42:20c'est que quand tu sers un pop-up,
- 42:21tu es présent pendant le pop-up.
- 42:22Donc,
- 42:23on peut échanger avec toi,
- 42:24tu nous parles des collections,
- 42:26tu les présentes.
- 42:26Quand on fait un essayage,
- 42:28tu es présent là aussi pour guider sur comment le bien aller en fait du produit.
- 42:34Donc,
- 42:35c'est aussi ça,
- 42:36je trouve,
- 42:36qui est intéressant dans la manière dont tu abordes en fait l'expérience pop-up et tu vas maintenir cette proximité.
- 42:45avec les personnes qui viennent découvrir ta marque.
- 42:48Oui,
- 42:48c'est important parce qu'en fait,
- 42:51quand on n'a pas la possibilité d'avoir des points de vente,
- 42:55de toute façon,
- 42:56quand on a des boutiques quelque part partout dans le monde,
- 42:59les créateurs n'est jamais dans ces boutiques.
- 43:01Donc quelque part,
- 43:03avec ce slow fashion,
- 43:06quelque part,
- 43:07je crois qu'il y a vraiment,
- 43:10quelque part dans le monde comme ça,
- 43:12je crois qu'il y a...
- 43:14Il y a une autre façon maintenant vraiment d'aborder la mode et je crois que quelque part les gens cherchent vraiment à quelque chose de très personnalisé.
- 43:22Et ça c'est du luxe alors parce que quand on va dans ces grandes boutiques de luxe,
- 43:29tout est personnalisé.
- 43:30Et quelque part quand on a la possibilité de faire du pop-up,
- 43:34moi quand je décide de faire du pop-up,
- 43:37c'est que je suis là.
- 43:38Je n'ai jamais fait un pop-up sans moi.
- 43:41Ça,
- 43:41c'est sûr,
- 43:42parce que je trouve que c'est important.
- 43:44tant que je puisse échanger avec les gens qui viennent,
- 43:47leur vraiment expliquer,
- 43:49pour ceux qui ne connaissent pas la marque.
- 43:52Et c'est toujours un moment en fait très précieux,
- 43:56très convivial.
- 43:58Et c'est là aussi,
- 43:59quelque part,
- 43:59après avoir travaillé durement avant d'aller à ces lieux,
- 44:03on se sent un peu plus léger de voir que tout le monde est super content de découvrir,
- 44:09d'acheter.
- 44:10d'essayer.
- 44:13Je trouve que toutes ces expériences font partie intégrante d'une vie,
- 44:18d'une marque de vêtements.
- 44:20Si on en vient à la stratégie de communication,
- 44:24aujourd'hui,
- 44:24est-ce que dans la manière dont tu fais la promotion de ta marque,
- 44:28tu vas travailler avec des influenceurs,
- 44:30des créateurs de contenu ou des célébrités ?
- 44:32Est-ce que ça,
- 44:33c'est quelque chose qui fait partie de ta stratégie pour pouvoir faire connaître ta marque ?
- 44:40Pour ce qui est stratégie pour ma marque,
- 44:43c'est vrai que j'ai appris depuis quelques temps d'être en relation avec les influenceurs,
- 44:51de voir comment les gens font pour promouvoir leur marque.
- 44:59mais je crois que moi avant tout j'aimais bien aussi l'idée d'avoir des relations très fidèles
- 45:07et très privilégiée avec mes clientes.
- 45:11Parce qu'au fond,
- 45:12quand on a des clientes qui sont heureuses,
- 45:15elles en parlent à leurs copines,
- 45:17elles en parlent à leur entourage en disant
- 45:19« j'ai acheté ça là-bas,
- 45:22allez-y si vous voulez » .
- 45:24Et quelque part,
- 45:26les Américains disent « word of mouth » .
- 45:28Et je pense que c'est vraiment vrai.
- 45:30C'est vrai que pour des gens qui sont heureux d'avoir acquéré des pièces quelque part,
- 45:36Ils vont évidemment en parler.
- 45:37Et moi,
- 45:38j'ai beaucoup joué sur ça,
- 45:39évidemment parce qu'on a eu cette possibilité dans cette ville où je vis,
- 45:44d'avoir le monde entier qui vienne dans cette ville.
- 45:47Et les gens qui sont super contents de découvrir les ateliers,
- 45:51d'avoir vu les gens travailler,
- 45:53ils ont compris que finalement la robe qu'elles achètent dans la boutique à certains prix,
- 45:59elles ont vu comment elle a été fabriquée.
- 46:02et bien je crois que toutes ces histoires
- 46:05font qu'elles en parlent vraiment.
- 46:07Ils vont en parler quand elles rentrent chez elles.
- 46:10Donc du coup,
- 46:11on a toujours ce fil conducteur quelque part avec les réseaux sociaux,
- 46:16l'Instagram,
- 46:17le Facebook.
- 46:18Les gens,
- 46:18en fait,
- 46:18on est quelque part bombardés de messages parce qu'il y a des gens qui ont vu sur une amie,
- 46:27quelqu'un qui a porté quelque chose.
- 46:29Et ça,
- 46:30c'est aussi un peu un outil que je trouve super intéressant.
- 46:34est super efficace,
- 46:36quelque part.
- 46:37Effectivement,
- 46:38les réseaux sociaux,
- 46:39ça associe de magique,
- 46:42c'est de manière instantanée,
- 46:43c'est aussi,
- 46:44pour reprendre l'expression que tu as employée et que disent les Américains,
- 46:47c'est le word of mouth,
- 46:48mais qui va encore plus rapidement avec les réseaux sociaux,
- 46:51puisque une photo,
- 46:54un clic sur Instagram,
- 46:55et on arrive à toucher des personnes à travers le monde entier.
- 47:00Toi,
- 47:00aujourd'hui,
- 47:00dans la gestion des réseaux sociaux,
- 47:02Tu as évoqué le fait d'avoir une équipe,
- 47:04un atelier que tu as formé.
- 47:06Est-ce que sur la partie réseau social,
- 47:07tu as aussi une équipe,
- 47:08quelqu'un qui gère toi ou est-ce que tu le gères toi-même ?
- 47:11Écoute,
- 47:12pour faire simple,
- 47:13moi,
- 47:14je gère vraiment moi un peu tout seul.
- 47:19En fait,
- 47:21mes plateformes de communication,
- 47:26évidemment,
- 47:26j'ai tout de même une équipe.
- 47:30solide qui m'aide sur le catalogue,
- 47:35sur les textes,
- 47:36la biographie,
- 47:37les choses.
- 47:39Les jeunes,
- 47:39en fait,
- 47:40ils sont beaucoup plus efficaces et plus rapides que moi.
- 47:44Et à partir du moment où j'ai ces outils,
- 47:46les photos qui sont superbes,
- 47:48alors là,
- 47:49je peux diffuser moi très vite.
- 47:54Et d'ailleurs,
- 47:55souvent,
- 47:56les gens sont étonnés parce qu'ils demandent souvent,
- 47:58genre,
- 47:59ils ne savent pas que c'est moi qui réponde derrière.
- 48:02Donc,
- 48:03du coup,
- 48:04ils ont cette surprise quand ils comprennent que finalement,
- 48:08c'est moi.
- 48:09Pour l'instant,
- 48:09c'est moi.
- 48:10On va voir dans les années à venir comment les choses avancent.
- 48:16Mais j'essaie vraiment de faire ça un peu simplement.
- 48:21Évidemment,
- 48:21si j'ai l'occasion de rencontrer des influenceurs qui sont vraiment superbes,
- 48:24comme là au Gare Lafayette,
- 48:26où on a eu la chance de rencontrer vraiment des superbes influenceurs,
- 48:31je suis ravi de collaborer avec eux aussi.
- 48:34Mais je trouve que...
- 48:36ces outils simples,
- 48:38efficaces et authentiques,
- 48:39les gens finalement aiment aussi quelque part.
- 48:43Et donc,
- 48:44si ça peut durer un moment,
- 48:45écoute,
- 48:46je reste comme ça.
- 48:50C'est ça que j'apprécie avec beaucoup de créateurs que j'ai pu interviewer,
- 48:54qui sont issus du continent,
- 48:55c'est qu'il y a une forme d'accessibilité que vous avez où effectivement,
- 49:01on va envoyer un message sur le compte Instagram en se disant ça va être quoi ?
- 49:05un assistant qui va nous répondre.
- 49:06Et en fait,
- 49:07c'est Eric Rezina qui nous répond.
- 49:09Et il y a toujours un moment de « non,
- 49:10mais ce n'est pas possible » .
- 49:12Et donc,
- 49:13c'est assez surprenant parce qu'en général,
- 49:15quand on va parler à des marques occidentales,
- 49:17on sait que soit c'est un robot ou une intelligence artificielle qui nous répond,
- 49:21mais on ne s'attend pas forcément à avoir un humain qui répond.
- 49:24Donc ça,
- 49:24je trouve que c'est plutôt à valoriser.
- 49:26Après,
- 49:26bien sûr,
- 49:28à un moment donné,
- 49:29si le flot d'activité devient trop important,
- 49:32Il faut aussi savoir,
- 49:33c'est-à-dire qu'à un moment donné,
- 49:35il faut pouvoir déléguer.
- 49:36Mais c'est vrai que ce que me confie Brian Fernandez,
- 49:39par exemple,
- 49:40c'est qu'il a divisé ses comptes.
- 49:41Et il y en a certains,
- 49:42ce n'est pas forcément lui qui répond,
- 49:44mais il y en a où c'est vraiment lui qui garde la main parce que c'est vraiment quelque chose aussi qu'il a pris l'habitude de faire,
- 49:49qu'il aime faire et ça crée un lien avec son audience et sa communauté,
- 49:53qu'il apprécie.
- 49:54Donc,
- 49:55comme il a toujours pris l'habitude de le faire,
- 49:56il aime bien continuer à le faire,
- 49:58en fait.
- 49:59Oui,
- 49:59oui,
- 50:00ça,
- 50:00c'est tout à fait vrai.
- 50:01Parce qu'au même titre que quand je suis dans les pop-up,
- 50:05c'est vrai que là,
- 50:06au Gare Lafayette,
- 50:07pendant les trois semaines,
- 50:08quand j'étais,
- 50:09moi,
- 50:10en fait,
- 50:10là,
- 50:11c'est vrai que les gens,
- 50:12ils regardent,
- 50:12ils admirent ce qu'ils voient.
- 50:14Ils tournent,
- 50:15tournent.
- 50:15Et puis,
- 50:15à un moment donné,
- 50:16ils demandent,
- 50:17mais il est où le créateur ?
- 50:18Je dis,
- 50:19je suis là.
- 50:20Et c'est vrai que ça crée une espèce de...
- 50:25Ben oui,
- 50:26finalement,
- 50:27c'est aussi simple que ça.
- 50:28Et moi,
- 50:29j'aime bien,
- 50:30quelque part,
- 50:30en fait,
- 50:31quand je suis venu au Cambodge,
- 50:33je m'installe ici,
- 50:34je ne me suis pas vraiment rendu compte,
- 50:36mais quelque part,
- 50:37je me dis,
- 50:37mais waouh,
- 50:39cette liberté que j'ai de ne pas être dans ces espèces d'emprises ou prises de tête,
- 50:45en fait,
- 50:46parce qu'au fond,
- 50:47quand on aime ce qu'on fait,
- 50:48on a envie de le faire tranquillement et en fait,
- 50:51dans un environnement où on est bien.
- 50:53Et je trouve que c'est très,
- 50:54très important de...
- 50:57Et c'est un luxe même,
- 50:58mais pas être bousculé par des...
- 51:00codes,
- 51:01pas être bousculé par des manières de faire.
- 51:05Je trouve que une marque,
- 51:08en fait,
- 51:09doit être dans cette philosophie de bien-être.
- 51:14Et c'est comme ça qu'on arrive vraiment à mieux créer,
- 51:17à être bien avec nous-mêmes et pas sentir trop la vieillesse.
- 51:24Le fait d'être bien dans son activité au quotidien,
- 51:28ça a un impact sur son bien-être.
- 51:30Je suis d'accord avec toi.
- 51:32Je réalise qu'il y a une question que je ne t'ai pas posée.
- 51:34Aujourd'hui,
- 51:34la marque Eric Rezina,
- 51:35c'est du prêt-à-porter phare.
- 51:39Est-ce que tu fais du prêt-à-porter et du sur-mesure ?
- 51:41Et est-ce que tu fais également du prêt-à-porter,
- 51:43des accessoires,
- 51:44des chaussures ?
- 51:44Est-ce que tu peux nous parler des différents périmètres de la marque ?
- 51:48Écoute,
- 51:48ma marque,
- 51:50finalement,
- 51:52j'ai un peu de tout.
- 51:55Je dois dire qu'il y a certainement 80,
- 51:59on va dire 98%
- 52:02pour la femme,
- 52:04inclus les accessoires parce qu'on fait beaucoup d'étoiles,
- 52:07les écharpes en soi.
- 52:09En fait,
- 52:10j'aime bien...
- 52:12Je pense que je suis toujours avec mon pays natal parce qu'à Madagascar,
- 52:17on porte énormément d'écharpes et ça fait partie intégrante de notre culture.
- 52:21Et je trouve que les étoiles,
- 52:23les écharpes embellissent très facilement une silhouette sur une femme.
- 52:29Et donc,
- 52:30oui,
- 52:30ma marque offre quand même pas mal de choses.
- 52:32Alors,
- 52:32on fait du sur-mesure pour des clientes vraiment du monde entier.
- 52:37et en fait des pièces on va dire presque couture parce que
- 52:43Elles sont les seules à avoir ces pièces-là,
- 52:44ça prend du temps,
- 52:45comme j'ai évoqué précédemment.
- 52:48Mais elles sont vraiment patientes d'attendre leurs pièces.
- 52:54On a aussi des sacs,
- 52:56des pochettes.
- 52:59Alors moi,
- 52:59je ne suis pas un grand spécialiste d'accessoires,
- 53:04tout ce qui est sacs.
- 53:05On a quand même une petite ligne,
- 53:08le minimum nécessaire pour une femme,
- 53:10les petites pochettes,
- 53:11les sacs.
- 53:12les petites bourses.
- 53:14Et évidemment,
- 53:15j'ai une ligne de prêt-à-porter,
- 53:17mais toujours avec la soie,
- 53:19ou alors des petits mélanges avec d'autres matières.
- 53:23Et j'ai également,
- 53:24en fait,
- 53:24une ligne homme,
- 53:26et qui marche très bien d'ailleurs.
- 53:28Et où on fait aussi,
- 53:30quelque part,
- 53:31certaines surmesures pour certains hommes,
- 53:34parce qu'ils veulent vraiment avoir des choses uniques.
- 53:39Et voilà.
- 53:40et c'est vrai que
- 53:41Moi,
- 53:42je n'ai pas trop de frontières.
- 53:45J'aime bien habiller tout le monde.
- 53:46J'aime bien...
- 53:47Je trouve que les différentes femmes inspirent.
- 53:52Et en fait,
- 53:53comme je suis dans ce monde très coloré,
- 53:58je n'ai pas non plus ce côté genre il ne faut que faire du noir.
- 54:03Et je trouve que finalement,
- 54:05on est là aussi quelque part pour,
- 54:07si je puis dire,
- 54:08éduquer un peu les gens.
- 54:10à...
- 54:11à porter des couleurs qu'ils n'osent pas porter.
- 54:13Parce que,
- 54:14en fait,
- 54:15souvent,
- 54:16j'entends les gens « Ah oui,
- 54:17non,
- 54:17non,
- 54:17je ne porte pas le rouge ou l'orange,
- 54:19je n'ai jamais porté. »
- 54:20Mais je dis « Mais regardez la nature ! »
- 54:23La nature nous offre toutes les couleurs.
- 54:25Vous allez dans une forêt,
- 54:27vous allez vous promener dans un parc,
- 54:29vous allez avoir les différentes couleurs.
- 54:33Donc,
- 54:33j'estime que cette mode où on a un peu de tout,
- 54:38je pense que c'est pas mal.
- 54:40Au lieu d'être spécialisé vraiment dans quelque chose de spécifique que j'aime bien.
- 54:46Et je reviens un peu à mon enfance.
- 54:47C'est que j'ai toujours aimé un peu mélanger les choses,
- 54:50faire pas mal de choses.
- 54:51Et ma marque aujourd'hui est comme ça.
- 54:53C'est que je fais les robes du soir,
- 54:55je fais du prêt-à-porter,
- 54:57je fais du sur-mesure.
- 54:58On fait des robes de mariée.
- 55:00Là,
- 55:00je suis en train de dessiner une silhouette pour une cliente à Paris.
- 55:04Et on fait du sur-mesure pour homme.
- 55:07On fait même...
- 55:09Je pense que c'est le seul domaine,
- 55:10mais on ne peut jamais dire non,
- 55:12que je n'ai pas vraiment abordé.
- 55:13J'ai fait du sur-mesure pour les enfants,
- 55:15mais je n'ai pas encore vraiment intégré l'enfant dans ma ligne.
- 55:19Mais bon,
- 55:20voilà,
- 55:20je suis à l'aise avec tout ça.
- 55:24Je trouve que pour notre garde-robe,
- 55:29on a besoin de tout ça,
- 55:30en fait.
- 55:32Surtout pour une femme que j'aime vraiment habiller avant tout.
- 55:35Bien que maligne homme
- 55:37plaisent énormément aussi.
- 55:40Donc aujourd'hui,
- 55:40ce que tu es noqué,
- 55:41c'est que tu as donc un atelier,
- 55:44c'est un atelier boutique,
- 55:45il me semble,
- 55:46au Cambodge,
- 55:47dans lequel on peut retrouver,
- 55:48j'imagine,
- 55:49l'univers homme,
- 55:50l'univers femme,
- 55:51les accessoires,
- 55:52le prêt à porter,
- 55:53et venir passer des commandes coutures.
- 55:56Et après,
- 55:57si on n'est pas au Cambodge,
- 55:59via Internet,
- 56:00en fait,
- 56:00on peut avoir accès aux informations de tes différentes escales à travers le monde.
- 56:05pouvoir vraiment savoir où est-ce qu'on peut aller apprécier des collections,
- 56:10aller les voir,
- 56:10aller les regarder.
- 56:11Sinon,
- 56:11on peut bien sûr passer une commande à distance.
- 56:16On enregistre cet épisode,
- 56:17on est à plein été.
- 56:20Est-ce que,
- 56:20quelles sont les prochaines,
- 56:23comment on dit,
- 56:23c'est quoi la prochaine actualité ?
- 56:24C'est quoi le prochain événement ?
- 56:26Où est-ce qu'on va pouvoir te retrouver ?
- 56:30Alors,
- 56:30si l'information n'est pas encore officielle,
- 56:32je ne t'oblige pas à parler.
- 56:33Mais s'il y a des choses que tu peux partager avec mon audience,
- 56:36ce sera avec plaisir.
- 56:39En tout cas,
- 56:39oui,
- 56:40je pense que là,
- 56:42les mois à venir s'annoncent assez bien.
- 56:44Moi,
- 56:44je suis assez content,
- 56:45surtout pour mon équipe qui travaille vraiment durement chaque jour.
- 56:49Et je crois qu'on a une proposition pour revenir au Nigeria.
- 56:54J'ai une proposition pour en fait être dans ce salon Tranoï en octobre à Paris.
- 56:59Je suis très content.
- 57:02Il y a certainement là aussi,
- 57:04je pense,
- 57:05peut-être revenir encore une fois.
- 57:07sur le continent et certainement à Dakar cette année.
- 57:11Ça fait des années que je ne suis pas revenu à Dakar,
- 57:14alors que c'est la ville que j'ai vraiment beaucoup aimée,
- 57:18où j'ai fait presque dix défilés dans les années passées.
- 57:24Et donc oui,
- 57:25il y a quelques bonnes idées qui vont venir.
- 57:28Donc il ne faut surtout pas rater de s'informer sur nos plateformes,
- 57:35Instagram surtout.
- 57:36et le Facebook.
- 57:38Et aussi,
- 57:39on essaie d'avoir,
- 57:40parce qu'il y a beaucoup de demandes,
- 57:41de plus en plus de demandes,
- 57:43et on essaie vraiment de finaliser ce projet d'avoir un site de vente en ligne,
- 57:51certainement au début de l'année prochaine.
- 57:55Très bien,
- 57:55c'est super.
- 57:56Entre Dakar,
- 57:57le Nigeria et
- 57:58Paris, sur les mois qui arrivent,
- 58:01il va y avoir plein d'opportunités.
- 58:03de découvrir ou de redécouvrir ta marque.
- 58:06Écoute,
- 58:07on arrive à la fin de cette interview.
- 58:08J'ai été ravie d'avoir l'opportunité de découvrir ton profil.
- 58:14Il y avait un certain nombre de choses que je savais,
- 58:16mais d'autres que je ne connaissais pas.
- 58:18Donc,
- 58:18ça a été vraiment un plaisir pour moi d'en apprendre davantage sur la marque.
- 58:23Et je suis sûre que ce sera un plaisir qui sera partagé avec mon audience.
- 58:26Donc,
- 58:27merci beaucoup.
- 58:28Et je te dis à très vite en un truc loyer.
- 58:31Merci beaucoup à toi pour ton temps.
- 58:34Vraiment,
- 58:35j'apprécie beaucoup que tu m'aies proposé cette interview aujourd'hui.
- 58:39Et j'espère que ça va inspirer aussi les autres.
- 58:42Et franchement,
- 58:43merci infiniment.
- 58:44À très bientôt,
- 58:45au revoir.
- 58:46Au revoir,
- 58:46à matin.
- 58:51Merci d'avoir écouté l'épisode jusqu'au bout.
- 58:53Je vous invite à pratiquer quelques petits gestes à impact fort pour m'aider à gagner de la visibilité sur ce podcast.
- 58:59Vous pouvez partager l'épisode à trois de vos amis.
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- 59:10Je vous dis à très vite en Afrique ou ailleurs.