Latest / Vies et Voix | Les Interviews de Lila / JP : choisir la forme de son entreprise !
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- JP : choisir la forme de son entreprise ! Introduction sur fond musical : Lila : Se plaire dans son activité professionnelle, à la fois y trouver du plaisir et aussi se sentir valorisé par ce que l'on fait ! Une quête pour la plupart d’entre nous qui occasionne bien souvent des changements. Bienvenue dans ce podcast « Vies et Voix, les interviews de Lila » pour parler de ses choix pros. Je suis Lila. Pour chaque épisode, j’inviterai un témoin proche de vous, de moi pour nous raconter son parcours. Nos témoins ont un point commun. Ils se sont fait confiance pour se donner des chances. Ils ont choisi de penser que rien n’était joué ! Pour cet épisode, notre invité Jean-Pierre Mahé surnommé JP nous dit que son meilleur diplôme est d'être débrouillard. Très jeune, il est sur les chantiers de maçonnerie le weekend. Puis pendant 20 ans, il travaille dans plusieurs magasins de matériaux de bricolage en tant que responsable de secteur. Aujourd'hui, après avoir créé il y a 2 ans et demi une entreprise de débarrassage de maison et de recyclerie, il décide de repartir à zéro dans cette même activité. Comment en vient-il à cette décision ? Quels sont les chemins qu'il a pris ? Comment a-t-il fait ses choix ? Sur qui ? Sur quoi s'est-il appuyé ? JP voyage beaucoup pour son activité. Nous profitons de son passage dans ma ville pour nous rencontrer. Lila : Bonjour JP. JP : Bonjour. Lila : Je me permets d'utiliser votre surnom parce que vous m'avez dit ne pas aimer votre prénom. C'est bien ça ? JP : Exactement. Je ne supporte pas mon prénom. Moi, on m'a toujours appelé JP ou JPTO parce que je suis toujours en train de transformer les choses. Dans le dessin animé Pinocchio, le papa, il s'appelle Gepetto et donc en fait, c'est venu naturellement JPTO. Lila : Merci de prendre ce temps pour nous expliquer votre parcours. Je vous propose de commencer par nous dire qui vous êtes enfant et ce qui vous intéresse. JP : Moi, je suis né dans la Manche. Mon père est patron maçon, ma maman travaillait pour mon père. Une enfance, on ne manquait de rien. Assez dur pour moi puisque je ne sortais pas beaucoup, on va dire ça ! Je faisais du foot. Mais, le samedi, les mercredis après-midi, j'étais avec mon père sur les chantiers. Moi il fallait que j'aille aider, faire de la maçonnerie... Lila : Et au niveau de l'école comment est-ce que ça s'est passé ? JP : On va dire que l'école ne m'intéressait peut-être pas spécialement, sachant que ça soit en petite classe ou au collège, j'étais le petit gros de l'école. Donc moquerie, tabassage et comme je suis quelqu'un qui est une bonne pâte, vous vous mettez dans votre bulle quand vous y êtes. Sinon, au niveau étude, j'ai énormément de mal à rester sur une chaise, à apprendre des choses. Pour moi, c'était extrêmement difficile à ce niveau-là. J'ai été jusqu'en 3e insertion. Je suis parti juste après en apprentissage en pâtisserie. J'ai fait pendant 2 ans l'apprentissage. Je n'ai pas eu mon diplôme. J'ai eu une petite maladie. Donc j'ai retenté une 3è année. Mais au bout de quelques semaines, je me suis dit stop, j'arrête. Puisque d'être enfermé en fait dans un labo, dans un bureau, ce n'est pas moi. Ce n'est pas moi. Moi, faut que je bouge. Intermède musical Lila : Et donc après cette formation, quel est votre parcours ? JP : Je suis parti travailler sur les chantiers avec mon père pendant 6 mois, ce n'était pas ma voie. Donc je suis parti faire une formation de réinsertion en fait pour pouvoir retrouver un travail qui puisse me correspondre. Dès qu'il y a un métier où il faut forcer, ça me plaît en fait. Au moins ça me permet de me défouler et que le soir je rentre, ça y est, je suis un peu plus calmé puisque je suis un petit peu hyperactif. Et un des stages en fait se situait dans un magasin de bricolage sur Saint-Lô. Je suis parti dans le secteur des matériaux où qu'il fallait soulever des sacs de ciment, du placo, des choses comme ça. Et là, tout de suite comme un poisson dans l'eau. Mais ça s'est très bien passé. J'en ai refait un deuxième et à la fin de la formation tout simplement ils m'ont proposé un CDI. Je suis resté 4 ans et demi, sachant que dès la première année, à la fin de la première année, je passais responsable du secteur. Donc je gérais entre guillemets les personnes qui sont plus âgées que moi, service livraison, chiffrage et choses comme ça. Donc, même si je n'aimais pas l'école à l'origine, j'apprenais en fait comme ça. Et c'est pareil, c'est qu'à un moment donné, dans les magasins de matériaux, même si les matériaux changent, vous expliquez toujours la même chose aux gens. Et moi, je suis obligé d'arrêter à un moment donné, si je n'arrive plus à apprendre, je suis obligé de changer. Donc tous les 4 ans, 4 ans et demi, 5 ans, je trouvais d'autres emplois et je partais dans d'autres magasins de matériaux ou sinon des métiers annexes. Pourquoi partir dans d'autres magasins ? C'est parce que c'est par exemple pour les chiffrages, ce n'est pas les mêmes déboursés, ce n'est pas les mêmes fournisseurs, ce n'est pas les mêmes tarifs, ce n'est pas la même gestion. Donc au moins, je réapprenais des choses encore différentes même sur l'informatique. Et c'est pareil quand j'avais l'overdose entre guillemets de la clientèle, des personnes qui vont vous demander des renseignements mais qui vont savoir mieux que vous et à un moment donné vous êtes obligé de dire stop, il faut que je change. Donc je partais souvent quelques mois, soit dans des usines pour fabriquer des fenêtres, partir chez un ferronnier d'art pour monter des escaliers, plein de petites choses comme ça où après je revenais en fait avec un bagage supplémentaire qui me permettait d'avoir une ouverture d'esprit encore plus large, d'avoir des systèmes débrouilles encore mieux. Et donc, à chaque fois en fait, j'amenais des choses différentes où on est arrivé à un point où quasiment, le dernier en date, en fait les gens venaient avec leurs plans et je pouvais, à part l'électricité et la plomberie, je pouvais quantifier ce qu'il leur fallait comme besoins sur leur chantier respectif. Donc ça, c'est pour moi, c'est un diplôme pour moi entre guillemets. On venait toujours me débaucher en fait. Je n'ai jamais envoyé un CV. Ouais, c'est une petite satisfaction à ce niveau-là. Mais par contre, j'étais toujours obligé de partir à droite à gauche pour apprendre. Je n'apprenais pas à l'école mais j'apprenais sur le terrain qui est pour moi plus satisfaisant et surtout plus concret. Il fallait que j'emmagasine de l'expérience à ce niveau-là. Intermède musical Lila : Qu'est-ce qui vous amène à changer d'activité ? JP : Ben, j'avais fait le tour en fait. 20 ans de commerce de matériaux et j'ai eu une expérience pendant mon intermède entre deux magasins de matériaux. Je présentais en fait les objets à vendre dans les ventes aux enchères chez un commissaire-priseur. Et les personnes qui étaient avec moi en fait ont été super géniales. C'est-à-dire qu'en fait, chaque objet ils m'expliquaient en fait l'histoire de l'objet et j'ai été passionné par ça. Ça a été peu de temps mais ça a été très instructif. Voilà, c'est resté dans un côté de ma tête à ce niveau-là. Et je suis reparti dans un autre magasin toujours à faire mes chiffrages, des choses comme ça. Et puis, c'était un magasin où j'avais un peu plus d'une heure de route de distance, donc je mangeais le midi dans ma voiture et il y a une journée, il y a un de mes clients, un habitué qui me qui posait la question tout simplement si je ne pouvais pas venir lui filer un coup de main parce qu'il venait d'acheter une maison avec des objets, des meubles, pour savoir si je pouvais lui débarrasser, chose comme ça. Moi, par curiosité, j'y ai été. En fait, le midi, de toute façon, j'avais 2 heures à perdre. Donc moi ça m'a occupé et en fait j'ai adoré ça. C'est-à-dire que non seulement on peut sauver les meubles, on n'est pas obligé de les jeter bêtement. Et en fait débarrasser ça m'a procuré en fait déjà un épuisement physique. Donc je n'avais pas cherché à comprendre. Ça m'a fait du bien le soir quand je suis rentré. J'ai pu dormir correctement et en plus je ramène des choses chez moi. On peut les revendre et en plus après découvrir ce que c'est. Il y a des objets que je ne connaissais pas. Il a fallu que je découvre et ça franchement ça m'a éclaté. Et peu de temps après, avec ma famille, on avait un arrière-oncle et une arrière-tante qui étaient toujours avec nous, qui n’ont jamais eu d'enfant et l’âge se faisant, on est obligé de partir en maison de retraite. Et il s'avère que mon arrière-oncle avait le syndrome de Diogène, c'est-à-dire récupérateur compulsif et il s'avère qu'il avait plusieurs bâtiments mais remplis jusqu'au toit. Donc à moment donné, il n’y a pas le choix, ils n’ont pas d'enfant. Ben je me suis lancé. Le premier bâtiment, j'ai mis un peu plus d'un an à le vider, à le débarrasser entièrement en prenant mes journées de repos. On a sauvé tout ce qu'on a pu en fait et bien sûr jeté le reste. Et c'est ça qui m'a dit en fait il y a un truc à faire là-dedans. Je m'éclate à faire ça, à trier, à sauver, à transformer, à savoir les objets ce que c'est. Et là, le déclic en discutant avec ma femme, on a dit : Je vais lancer une auto-entreprise en complément de salaire en même temps que mon travail. Donc la première année, j'ai fait quatre maisons plus mon travail, plus la route et en plus de ça, je venais de faire construire ma maison et je restaurais tout l'intérieur moi-même. On va dire que je n'ai pas eu beaucoup plus de temps à faire plus de maisons que ça. La 2e année, on a poussé un petit peu plus. On était de mémoire à 17 maisons en même temps que mon travail nourricier donc le commerce. Et je me suis dit, ben oui mais qu'est-ce que je fais des objets ? Je dis c'est bien beau d'accord tu vides, tu payes la déchetterie parce que les déchetteries ça a un coût mais les objets tu en fais quoi ? Donc, on a créé une recyclerie où j'allais débarrasser le mardi matin où c'était ma journée de repos et l'après-midi en fait, on avait fait une demande au niveau de la mairie pour pouvoir ouvrir en vide-entrepôt. Les gens venaient acheter à petit prix tout ce qu'on pouvait sauver. À l'origine, on avait créé la recyclerie pour aider le plus de gens possible. Les prix qui sont faits à la recyclerie, c'est les prix, que si moi je suis en galère, quel prix je pourrais me permettre d'acheter l'objet. Au lieu que ça soit jeté bêtement, nous on est payé pour le débarrasser, on le met à la recyclerie, il est revendu pour aider d'autres personnes. Donc, c'est un cercle vertueux en fait, c'est génial. Au moins, vous vous dites que vous faites quelque chose de bien. Entre deux, en cours, j'ai rechangé d'enseigne matériaux. Toujours en tant que responsable, ça s'est super bien passé. La recyclerie tournait bien. Une association du secteur qui a passé mon numéro de téléphone à un journaliste de Ouest France. Il me fait une page complète dans l'Ouest France qu'on a gardée en souvenir et il s'avère qu’en fait, deux, trois jours après, j'ai une société de production qui travaille pour 66 minutes à M6 qui m'a contacté et ils sont venus nous faire un reportage à la maison. Après le reportage, ça nous a fait exploser en termes de visibilité, de publicité. Donc cette année-là, on a terminé à 34 maisons de vidées. Donc en fait là, quand on arrive à 34, comme moi systématiquement je trie tout, je fais attention à toutes les choses, je n'arrivais plus en fait à allier mon travail nourricier, donc dans les magasins de matériaux et mon travail « plaisir » à débarrasser la maison. Donc, il a fallu tout simplement que je fasse un choix et le choix s'est tout de suite fait entre guillemets de partir sur le travail plaisir. Donc après, on s'est lancé à créer l'entreprise pour lancer officiellement pour être un artisan juste dans le débarrassage. Intermède musical Lila : Et quelle est votre activité aujourd'hui ? JP : Je suis débarrasseur de maison professionnel. On va de Rouen jusqu'à Saint-Brieuc. On a quasiment le quart nord-ouest de France où moi et mon employé, on va vider les maisons. On estime ce qu’il y à enlever, ce qu'on peut sauver, on valorise. Mais ce que je dis toujours à mes clients en fait parce que moi je ne connais pas les prix des objets. Donc moi je dis toujours à mes clients, si vous savez que ça vaut de l'argent, si vous pensez que ça vaut de l'argent, gardez-le! Mon leitmotiv, c'est de débarrasser tout ce que vous avez plus besoin, déchets comme bonnes choses en fait qu'on puisse sauver et que ça se passe bien, en fait. Et en expliquant déjà ne serait-ce que ça, ça détend tout le monde. Voilà, on peut dire qu'on est des opportunistes parce qu'on est payé pour l'enlever mais on ne l'a pas acheté et puis après on revend, on gagne des deux côtés. Non, ce n'est pas vrai. Dans ce métier-là, vous avez des camions, vous avez le carburant, la déchetterie où ça c'est un énorme poste. Par exemple, les meubles récents, on ne peut pas les démonter. C'est-à-dire on les démonte, ils sont foutus ; les meubles anciens qui sont très beaux, moi je peux les sauver mais personne ne veut les acheter même si on donnait de l’argent, les gens ne les voudraient pas. Donc en fait on est obligé de trier et vous avez l'aspect recyclerie là le mercredi la journée, le samedi matin où tout ce qu'on trouve, on met en vente à la recyclerie. Les tarifs, moi, j'estime que si je suis un peu en galère quel prix je pourrais mettre. Lila : Et, votre entreprise s'appelle comment ? JP : Alors mon entreprise ça s'appelle les trésors de JPTO. Les trésors parce que je dis toujours les déchets des uns, c'est le trésor des autres. Lila : Vous vous faites connaître comment ? JP : Moi ma meilleure publicité c'est le bouche-à-oreille ou sinon, j'ai quand même mon petit Facebook. Je mets un peu toutes les semaines des objets sur une petite sélection à petit prix. En fait le premier qui me dit je réserve, je réserve pendant 15 jours. Lila : Vous aviez démarré en auto-entrepreneur et à un moment donné vous êtes passé en entreprise. Pour quelle raison ? JP : Je voulais embaucher des personnes en fait, faire ça très bien, en fait nickel vraiment une vraie entreprise. D’'entrée de jeu, en fait, on n’a pas été compris. Je parle « on » parce que ma femme m'a aidé, ma femme est comptable. En fait, on voulait dissocier les choses, on voulait débarrasser les maisons en tant qu'entreprise. Mais que la recyclerie passe en association, qu'on puisse avoir de l'aide. Enfin, à un moment donné tout seul, je ne peux pas y arriver parce que c'est quand même lourd pour avoir des aides, des subventions aussi, il ne faut pas se leurrer, faut être honnête. Moi la recyclerie, je ne gagne rien. Je le fais parce que je veux aider le plus de gens possible. Mais plusieurs fois, on m'a dit que ça soit des organismes de banque ou des choses comme ça, « mais pourquoi vous ne mettez pas ça directement à la déchetterie ? » Bah ouais, d'accord. Non seulement je mets ça à la déchetterie, donc je vais encore dépenser plus, mais en plus c'est des choses qui peuvent aider des gens. Donc non, pour moi, ce n'est pas ma conception des choses. Dans ces cas-là, j'arrête de travailler là-dedans, c'est plus possible. Lila : Donc aujourd'hui, vous voulez rester dans ce métier mais vous ne gagnez pas votre vie. Que comptez-vous faire ? JP : J'arrive à me verser un salaire tous les 3, 4 mois. On veut toujours continuer. Là, donc je suis artisan SARL. On va arrêter cette société-là on va revenir en auto-entreprise. En fait j'ai plus de frais fixes que de rentrées de factures en fait tout simplement. Donc ça ne peut pas continuer. Ça fait déjà plus de 2 ans que c'est comme ça. Voilà, il faut arrêter l'hémorragie quoi. Cette semaine je vais être à 65h. Je ne vais rien gagner. Donc je suis toujours obligé de remettre de ma poche et ça ne peut plus durer que ce soit pour moi pour travailler pour rien comme un fou ou la vie de famille, c'est plus possible. On a voulu monter une EURL, on s'est retrouvé avec une SARL. Sauf que pour fermer une entreprise maintenant c'est plus la même chose. Une EURL, on peut la fermer comme ça. Une SARL, c'est liquidation et c'est plus du tout la même note. Et pendant ce temps-là, je ne peux pas remonter une auto- entreprise. Donc c'est extrêmement compliqué et on n’est pas aidé à trouver des solutions. Donc peut-être que je n'ai pas vu les cases qui étaient sur la feuille, je ne dis pas le contraire mais voilà au niveau explication, il y a eu de grosses lacunes. Si un jour on en remonte une, on sait ce qu'il ne faut pas faire. Lila : Finalement, vous ne regrettez pas votre vie d'avant ? JP : Alors, au niveau métier ? Non, du tout. Je suis épanoui dans ce que je fais. Là où je peux regretter, c'est oui financièrement parlant où je mets ma famille en difficulté puisque je n'arrive pas à boucler les fins de mois à ce niveau-là. Mais en aucun cas, en termes de métier pur, non, je ne regrette rien. Et si un jour d'aventure, il faut que je fasse autre chose, en aucun cas je n'y retournerai. Je resterai toujours dans la voie que j'ai trouvée. Intermède musical Lila : Que retenez-vous de votre parcours ? JP : J’ai de la chance, c'est que j'ai une femme adorable qui m'aide énormément parce que sinon je ne pourrais jamais, en fait, m'en sortir. Elle m'épaule énormément que ça soit au niveau papier, informatique et puis soutien moral parce que des fois vous avez une baisse de moral automatiquement. Après, mon meilleur diplôme c'est démerdard. Avec rien, aucun diplôme, j'ai réussi à faire des choses. Moi la meilleure école, c'est l'école de la vie. Pourquoi ? C'est parce que si je veux quelque chose, de toute façon, tu n’as pas le choix, faut que tu ailles. Petite anecdote toute bête, c'est que voilà, j'avais une dizaine d'années, on m'a offert pour un anniversaire une petite voiture de collection. Mon père m'a toujours dit : Rêve pas, tu ne l'auras jamais. Donc j'ai eu jusqu'à trois métiers pour me l'offrir. Donc je l'ai eue en vrai, même si maintenant elle est partie, voilà, je me suis battu pour l'avoir. Donc ce que je dis quand on discute beaucoup au niveau de la recyclerie, au niveau des gens, mais tout simplement c'est que vous voulez quelque chose, allez le chercher. Si vous l'attendez, vous ne l'aurez pas. Il faut se démerder, vous n’avez pas le choix. Lila : Est-ce que vous pensez que si votre vie à l'école à l'époque avait été meilleure, les choses auraient été différentes pour vous ? JP : Oui et non. Mais on va dire que si j'avais été assez à l'écoute à l'école, oui, j'aurais peut-être fait un métier nourricier différent qui m'aurait plus aidé financièrement. Mais ce n'est pas pour ça que si ça se trouve, le métier plaisir, je ne l'aurais pas trouvé. Moi ce qui me fait être arrivé ici c'est justement la somme de galères avec l'école, la vie que j'ai créée après. C'est ça qui me permet d'être là. Lila : Les galères dans la vie après, il y en a eu beaucoup ? JP : Oui, par exemple pour la création de l'entreprise. S'il y a une embrouille à avoir que ça soit l'entreprise, ça peut être les véhicules ou choses comme ça, je vais tomber dedans. Lila : Qu'est-ce qui vous fait penser que demain ce sera différent ? JP : Si on part toujours défaitiste, au lieu d'un verre d'eau à moitié plein, on va le voir à moitié vide. Ben moi, je préfère le voir à moitié plein. Et ben mince pas de bol ! Là, mon camion est en panne par exemple. Il est en panne, je n'ai pas les moyens de le réparer. OK, d'accord, on va trouver une solution. Lila : Qu'est-ce que vous aimeriez qu'on retienne de votre changement de métier ? JP : Si vous vous en donnez les moyens et que vous avez trouvé en fait le métier qui vous plaît, faut foncer. Moi, j'ai mis 20 ans à trouver mon métier plaisir et surtout c'est que je suis suivi par plein de gens dans mon délire. Je dis toujours mon délire parce que comme c'est un métier atypique, il y a plein de gens qui ne comprennent pas en fait ce que c'est et encore ce n'est pas un métier où quand vous regardez dans les organismes, débarrasseur de maison, ce n'est pas un métier. J'aurais su que j'aurais pu faire ça plus vite, je l'aurais fait bien avant. Après la vie fait que, ça ne devait pas être tout de suite. Jamais de regret à ce niveau-là. Lila : Si vous aviez quelque chose à refaire, est-ce que vous referiez de façon identique ou différemment ? JP : Alors sur l'entreprise, je pense que la structure, je ferai différemment et déjà un peu plus là pour ma famille déjà ça serait énorme. Mais sinon dans ma vie en général non en fait, je ne changerai rien puisque sinon je ne serai pas la même personne. Lila : On a vu que votre activité vous prenait énormément de temps. Quelle serait l'organisation idéale ? JP : Si l'autoentreprise reprend comme on pense qu’elle va reprendre. Le but c'est de recréer une entreprise mais différente. Moi, j'ai toujours rêvé pour cette entreprise-là, d’avoir un vrai magasin, d'avoir une équipe qui s'occupe du magasin et moi deux équipes sur la route pour débarrasser des maisons avec des personnes valides et des personnes en situation de handicap. Alors, on dit beaucoup : Ah ben si, on aide les personnes dans la situation de handicap, on leur donne des aides, on leur donne ceci. Non. Moi, j'ai trouvé les personnes en situation de handicap plus motivées à travailler, même si c'est plus spécifique ce que je fais, que des personnes valides. Par contre, je modifie leur travail en fonction de leur handicap. Ça, c'est le rêve ! Et si un jour d’aventure, on recommence tout correctement. On remonte une structure. Maintenant, on sait ce qu’il ne faut pas faire et on sait ce qu’il faut faire Lila : Merci JP pour votre confiance. Vous nous montrez que l’on peut ne pas aimer l’école et pour autant aimer continuer à apprendre en permanence : cette fameuse école de la vie que vous fréquentez jeune et qui vous stimule pour mettre les bouchées doubles voire triples et aller au bout de vos rêves. A l’écoute des plus démunis, vous pratiquez la recyclerie de façon désintéressée et envisagez votre activité avec des personnes en situation de handicap pour participer à leur insertion. Ce sont vos clés ! Elles pourront peut-être ouvrir d'autres chemins, qui sait ! Vous avez trouvé l’activité qui vous correspond. Pour autant la forme actuelle ne vous convient pas. Vous vous préparez à revoir votre copie. Je vous souhaite JP de trouver, cette fois-ci, l’aide dont vous avez besoin pour que votre prochain projet soit pérenne ! JP : Merci beaucoup ! Fin sur fond musical Lila : vous venez d'écouter un nouvel épisode de « Vie et Voix, les Interviews de Lila ». Merci de vos commentaires et de votre soutien. Si vous souhaitez proposer votre témoignage ou un témoignage, retrouvez-moi sur LinkedIn « Vies et voix, les interviews de Lila ». A très bientôt !