Latest / 7H40 Martin Buxant / Mathieu Hovine, responsable du Collectif Mars Attack
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- 0:00Speaker 2: Et au chapitre enseignement, Mathieu Ovin, bonjour. Bonjour. Vous êtes
- 0:03Speaker 2: responsable du collectif Mars Attaque face à Buxan.
- 0:11Speaker 3: Il y a combien de personnes, combien d'écoles qui ont
- 0:13Speaker 3: rejoint le collectif Mars Attac, Mathieu Ovin?
- 0:16Speaker 4: Nous sommes à 390 écoles qui nous ont rejointes, nous
- 0:20Speaker 4: avons des académies également
- 0:22Speaker 3: Quasiment 400 écoles. Alors si vous êtes avec nous ce matin,
- 0:24Speaker 3: c'est parce que Mars Attac, votre collectif, tient sa grande
- 0:27Speaker 3: assemblée générale. Ce soir, à Liège, question, qu'est-ce qui peut
- 0:30Speaker 3: en sortir? De nouvelles grèves, des boycotts, un durcissement du
- 0:33Speaker 3: mouvement contre la ministre
- 0:35Speaker 4: L'objectif, c'est déjà de faire le bilan de l'année qui
- 0:37Speaker 4: s'est écoulée, premièrement, de revoir notre organisation interne, parce qu'on
- 0:40Speaker 4: s'est organisé vraiment dans l'urgence l'année dernière, donc de revoir
- 0:43Speaker 4: un peu qui fait quoi, de tourner les rôles, et
- 0:45Speaker 4: également de voir des actions à court, moyen et long terme,
- 0:49Speaker 4: voir qu'est-ce qu'on peut faire. On se dirige également vers
- 0:51Speaker 4: une convergence des luttes, puisqu'on voit que le gouvernement va
- 0:54Speaker 4: attaquer de tous les côtés, que ce soit le secteur
- 0:55Speaker 4: de la petite enfance, la santé
- 0:58Speaker 4: Oui, ça pourrait déboucher sur des grèves. On attend également
- 1:02Speaker 4: beaucoup du 27 septembre
- 1:05Speaker 3: Vous, vous êtes professeur depuis 20 ans, professeur de sciences.
- 1:08Speaker 3: Qu'est-ce que vous avez proposé ce soir
- 1:10Speaker 4: Moi
- 1:10Speaker 3: je suis
- 1:11Speaker 4: professeur de science depuis 20 ans. Il faut qu'on propose
- 1:15Speaker 4: une petite action. L'année dernière, on avait toutes des petites
- 1:17Speaker 4: actions qui
- 1:17Speaker 2: se
- 1:17Speaker 4: faisaient quand on était Marsatax. Je rappelle que l'objectif qu'on
- 1:20Speaker 4: a créé le groupe n'était justement d'essayer d'impacter les élèves
- 1:22Speaker 4: le moins possible. Malheureusement, pour pouvoir se faire entendre de
- 1:25Speaker 4: temps en
- 1:25Speaker 3: temps, il faut prendre. Une semaine après la rentrée des classes,
- 1:30Speaker 3: Ça dysfonctionne déjà, Mathieu Ovin, dans les écoles
- 1:33Speaker 4: Alors, dès le premier jour, il y a des choses
- 1:34Speaker 4: qui dysfonctionnent déjà. J'ai entendu beaucoup que la rentrée était sereine,
- 1:37Speaker 4: ça dépend pour qui. Elle l'a dit ici à la ministre.
- 1:39Speaker 4: Elle
- 1:39Speaker 3: l'a dit ici, ça ne
- 1:40Speaker 4: m'étonne pas. Il faudrait demander aux enfants qui n'ont pas
- 1:43Speaker 4: mangé à midi, il faudrait demander à ceux qui ont
- 1:45Speaker 4: moins de matériel scolaire en primaire. Il faudrait demander à
- 1:48Speaker 4: mes nombreux collègues qui ont perdu leurs heures, demander également
- 1:52Speaker 4: à ceux qui donnent cours à deux ou à trois
- 1:54Speaker 4: en même
- 1:55Speaker 3: temps
- 1:55Speaker 4: Donc voilà, il y a beaucoup de choses qui ne
- 1:57Speaker 3: font rien. Alors justement, sur les pertes d'horaire, les pertes d'emploi,
- 2:00Speaker 3: ça c'est un grand sujet puisque la ministre, le gouvernement
- 2:02Speaker 3: dit qu'il n'y en aura pas, des pertes d'emploi. Vous
- 2:05Speaker 3: dites le contraire. Qui ment
- 2:07Speaker 4: Les personnes qui tiennent ce genre de discours, soit elles
- 2:09Speaker 4: sont incompétentes, soit elles ne connaissent
- 2:11Speaker 3: rien à la situation. C'est la ministre, elle est compétente,
- 2:13Speaker 3: elle connaît
- 2:14Speaker 4: son job. Ici, pour ne pas voir le nombre de
- 2:17Speaker 4: personnes qui vont dans les médias pour se plaindre de
- 2:19Speaker 4: ce qui se passe, je n'ai jamais vu autant de
- 2:21Speaker 4: CV circuler sur les réseaux sociaux des profs. des témoignages
- 2:24Speaker 4: sur les réseaux sociaux également. Et puis, il suffit de
- 2:26Speaker 4: faire un calcul, on garde le même nombre de profs,
- 2:28Speaker 4: mais on demande 10% de travail supplémentaire, des places vont sauter,
- 2:32Speaker 4: c'est logique.
- 2:32Speaker 3: Il y a des profs qui sont prêts à lâcher
- 2:36Speaker 3: le métier? Vous-même, vous vous êtes posé la question, Mathieu
- 2:38Speaker 3: Ovin
- 2:39Speaker 4: Moi, je me suis posé la question l'année dernière, en octobre,
- 2:41Speaker 4: parce que j'ai l'impression qu'on nous crache dessus, ça m'a dégoûté. Moi,
- 2:44Speaker 4: j'ai une collègue, ça fait 30 ans qu'elle est là,
- 2:46Speaker 4: elle vient d'arrêter. Il y a des profs qui commencent
- 2:48Speaker 4: à se reconvertir, à changer autre part. Ils disent
- 2:50Speaker 3: voilà, j'en peux
- 2:51Speaker 4: plus. Tout à fait, et ce n'était pas ces profs-là
- 2:54Speaker 4: qui quittaient le métier. Donc, on dit souvent que 40%
- 2:57Speaker 4: des profs quittent dans les 5 ans. Eh bien là,
- 2:59Speaker 4: ce sont des profs qui sont là depuis 10, 15,
- 3:00Speaker 4: 20 ans. Ce n'est
- 3:02Speaker 3: pas que des jeunes qui viennent d'entrer dans la carrière
- 3:03Speaker 3: de profs. Ce n'est pas que des jeunes,
- 3:04Speaker 4: c'est des gens qui sont dégoûtés.
- 3:05Speaker 3: Mathieu Hovigny, quand même, je suis obligé de vous le dire,
- 3:07Speaker 3: la dette de la Fédération Wallonie-Bruxelles, elle va exploser, elle
- 3:10Speaker 3: menace de doubler d'ici 2030, ça va devenir intenable. Si
- 3:14Speaker 3: on ne touche pas à l'enseignement, on va le chercher
- 3:18Speaker 3: où cet argent? Vous coupez où, vous, par exemple? Vous
- 3:20Speaker 3: couperiez où
- 3:21Speaker 4: D'abord, je vais répondre à votre question sur la dette.
- 3:23Speaker 4: On a rencontré les experts qui nous ont dit qu'il
- 3:28Speaker 4: n'y a pas cette urgence. Et donc le gouvernement nous
- 3:30Speaker 4: fait croire qu'il y a cette urgence pour imposer des mesures.
- 3:32Speaker 4: Beaucoup des mesures dont ils sont inspirés, des fameuses deux
- 3:35Speaker 4: heures supplémentaires. ont été effectivement proposés par les experts, mais
- 3:38Speaker 4: ils ont dit qu'il faut que ce soit étudié. Ça
- 3:41Speaker 4: n'a pas été étudié. Et où on peut trouver? L'autre problème,
- 3:44Speaker 4: c'est que le budget, en fait, on travaille en enveloppe fermée.
- 3:46Speaker 4: Et ça, c'est le gros problème. La Fédération Wallonie-Bruxelles n'est
- 3:49Speaker 4: pas capable de lever ses propres impôts. Il faut revoir
- 3:51Speaker 4: son financement. Ça
- 3:52Speaker 3: c'est la meilleure manière. Il y a des taxes supplémentaires,
- 3:54Speaker 3: c'est ça
- 3:54Speaker 4: Alors, pas des taxes supplémentaires, mais à l'heure actuelle, la
- 3:57Speaker 4: Fédération Wallonie-Bruxelles donne 500 millions d'euros, par exemple, à la
- 3:59Speaker 4: région Wallonne. On pourrait faire le transfert
- 4:02Speaker 3: dans l'autre sens. Si on prend un benchmarking, comme on dit, européen,
- 4:05Speaker 3: on voit que l'enseignement francophone, il est fort financé par
- 4:08Speaker 3: rapport à l'enseignement, même l'enseignement finlandais, qu'on cite beaucoup en exemple.
- 4:12Speaker 3: Il a de l'argent, l'enseignement. Il est mal utilisé, alors,
- 4:14Speaker 3: par les
- 4:15Speaker 4: professeurs? Moi, je ne vais pas aller voir jusque-ci loin. Moi,
- 4:17Speaker 4: je peux regarder en Belgique. L'enseignement flamand est nettement mieux
- 4:20Speaker 4: financé que l'enseignement francophone. Donc ici, on est dans le
- 4:23Speaker 4: même pays. Ça veut dire qu'à l'heure actuelle, si on
- 4:25Speaker 4: met un enfant en enseignement flamand, il va avoir des
- 4:27Speaker 4: meilleurs bâtiments, avoir plus d'argent pour pouvoir justement son instruction.
- 4:31Speaker 4: Il a plus de chances de réussir. Donc à Bruxelles, malheureusement,
- 4:33Speaker 4: lorsqu'on a le choix d'école, c'est peut-être plus intéressant de
- 4:35Speaker 4: le mettre chez les Flamands.
- 4:36Speaker 3: Et en même temps, ils ont des meilleurs résultats scolaires
- 4:37Speaker 3: puisque les fameux tests PISA montrent une baisse du niveau
- 4:41Speaker 3: scolaire en mathématiques, des inégalités énormes. Quoi? Le système, il
- 4:45Speaker 3: fonctionne mal. Il faut le réformer. Vous n'êtes pas contre
- 4:48Speaker 3: la réforme
- 4:49Speaker 4: Le système fonctionne mal. Les tests PISA ne sont pas
- 4:51Speaker 4: bons en Fédération Unie Bruxelles. C'est
- 4:54Speaker 3: la faute des enseignants francophones
- 4:55Speaker 4: Alors, pas du tout. Maintenant, lorsqu'on regarde, un des problèmes, justement,
- 4:59Speaker 4: c'est qu'on a le plus grand écart. Quand on prend
- 5:01Speaker 4: les 10% des enfants, ici, des familles les plus aisées,
- 5:04Speaker 4: par rapport aux 10% des familles les plus défavorisées, eh bien,
- 5:08Speaker 4: on a un des plus grands écarts qui existent. Et donc,
- 5:10Speaker 4: notre enseignement, il est inégalitaire, il est très inégalitaire. Et
- 5:14Speaker 4: ça a été prouvé que les pays, vous me suivez,
- 5:16Speaker 4: par exemple, la Norvège, l'Islande, ce sont les pays les
- 5:18Speaker 4: moins inégalitaires au niveau d'école
- 5:21Speaker 3: Une ou deux mesures concrètes que vous prendriez-vous directement pour
- 5:24Speaker 3: relever le niveau scolaire
- 5:25Speaker 4: Pour revenir au niveau scolaire, la première, ce serait de
- 5:27Speaker 4: mettre dans les petites classes, en maternelle et en primaire,
- 5:30Speaker 4: maximum 15 élèves. Il y a des études scientifiques qui
- 5:32Speaker 4: ont été faites qui prouvent que quand on met 15
- 5:34Speaker 4: élèves par classe, ils peuvent avoir jusqu'à un an d'avance,
- 5:36Speaker 4: même dans les classes supérieures, quand on les remet dans
- 5:38Speaker 4: les groupes de 25. Ça, c'est une mesure. On pourrait
- 5:40Speaker 4: profiter de la dénatalité pour pouvoir l'appliquer, par exemple.
- 5:42Speaker 3: Il y a un nouveau test en quatrième primaire qui
- 5:44Speaker 3: va être imposé dès cette année. Il n'est pas certificatif.
- 5:47Speaker 3: Vous êtes contre ça
- 5:48Speaker 4: Alors, c'est une énorme insulte aux professeurs de quatrième primaire.
- 5:51Speaker 4: Ils sont tout à fait capables... Ils sont tout à
- 5:54Speaker 4: fait capables de détecter les lacunes de leurs élèves. Ce
- 5:57Speaker 4: n'est pas là-dedans qu'il faut mettre l'argent. L'argent, le million
- 6:00Speaker 4: d'euros qu'ils vont mettre pour faire ce test, ça aurait
- 6:02Speaker 4: été plus intéressant d'utiliser pour justement faire du renforcement par
- 6:06Speaker 4: la
- 6:06Speaker 3: suite. Et les seuils de réussite dans les épreuves certificatives CEB, CE1D,
- 6:10Speaker 3: CESS qui passent à 60%, ça c'est bon ou c'est
- 6:13Speaker 3: pas bon
- 6:15Speaker 4: Ça pourrait être bon si on met quelque chose en
- 6:16Speaker 4: place pour que ça aille mieux, mais juste dire on
- 6:18Speaker 4: va mettre la barre plus haute sans mesure d'accompagnement, il
- 6:21Speaker 4: n'y a pas d'intérêt. Donc
- 6:22Speaker 3: il n'y a rien de bon dans ce que propose
- 6:23Speaker 3: le gouvernement? Ah non, c'est ce qu'on dit
- 6:24Speaker 4: En fait, ce sont des mesures essentiellement économiques. Il y
- 6:26Speaker 4: a très très peu de pédagogiques ou alors éventuellement... Voilà,
- 6:30Speaker 4: faire sauter la nomination, c'est ce qu'il croit, c'est pas
- 6:32Speaker 3: économique. Justement sur cette question de la nomination, la fin
- 6:35Speaker 3: des nominations dans l'enseignement, remplacée par un CDIE, un CDIE enseignement, bien,
- 6:41Speaker 3: pas bien
- 6:42Speaker 4: Alors, je voulais rappeler pourquoi il existe une nomination. La
- 6:45Speaker 4: nomination a été créée pour protéger les professeurs, assurer un SADER,
- 6:48Speaker 4: mais également pour les protéger du changement de pouvoir politique.
- 6:51Speaker 4: notamment pour les protéger d'extrême droite. Donc moi, ça me
- 6:53Speaker 4: fait assez
- 6:54Speaker 3: peur. Expliquez, parce que les gens ne comprennent pas. En
- 6:55Speaker 3: quoi la nomination protège les profs de l'extrême droite? Parce
- 6:58Speaker 4: que lorsqu'il y a des nouvelles personnes au pouvoir, si
- 7:00Speaker 4: les professeurs ne sont pas assurés de garder leur métier,
- 7:03Speaker 4: on pourrait les changer à chaque fois qu'il y a
- 7:04Speaker 4: un changement de pouvoir politique. Quand ça a été créé,
- 7:08Speaker 4: quand ça a été créé, eh bien, en... C'est-à-dire, quand
- 7:12Speaker 4: ça a été créé, il y avait des changements de
- 7:14Speaker 4: pouvoir politique, il y avait une montée d'extrême droite à l'époque,
- 7:15Speaker 4: et le fait d'assurer aux professeurs de pouvoir dire ce
- 7:19Speaker 4: qu'ils pensent, eh bien, ça les protégeait. Est-ce que vous
- 7:21Speaker 4: faites pas quand même un peu de politique? Pas du tout.
- 7:23Speaker 3: Pas du tout. Vous êtes un politique chez Marsatex? On
- 7:25Speaker 4: est à partisans, ça veut
- 7:26Speaker 3: dire. A partisans. Parce qu'il y a des critiques qui
- 7:28Speaker 3: disent que vous êtes très proche des écolos. C'est vrai
- 7:29Speaker 3: ça ou pas
- 7:30Speaker 4: vrai? Non, maintenant, moi je ne sais pas la position
- 7:33Speaker 4: de chacun. Il y en a certains, effectivement, qui ont
- 7:34Speaker 4: été chez Colo. Il y en a certains qui ont
- 7:37Speaker 4: été au PTB
- 7:38Speaker 3: ou sur
- 7:38Speaker 4: des listes
- 7:39Speaker 4: Il y en a certains qui sont libérales, effectivement.
- 7:43Speaker 3: Il y a des libéraux chez Marcel Taxe? Il y
- 7:44Speaker 3: a des
- 7:44Speaker 4: libéraux, mais je vous avoue qu'on ne parle pas de
- 7:46Speaker 4: sa croyance politique, chacun.
- 7:47Speaker 3: Si, dernière question, si Valérie Glatini entrait dans ce studio maintenant,
- 7:49Speaker 3: quelle mesure lui demanderiez-vous d'annuler immédiatement? Ce serait quoi
- 7:52Speaker 4: Je lui demanderais de refinancer la Fédération Unie Bruxelles, de
- 7:54Speaker 4: trouver des moyens. Oui
- 7:57Speaker 4: c'est facile, mais elle veut bien aller voir le fédéral
- 7:59Speaker 4: pour négocier, justement, pour essayer de supprimer la nomination, mais
- 8:02Speaker 4: elle ne veut pas le faire pour autre chose
- 8:03Speaker 2: Merci d'être passé dans notre studio. Donc il y a
- 8:04Speaker 2: de fortes chances que si elle rentrait maintenant, si vous
- 8:06Speaker 2: posez la question, elle ressortira direct. Oui, j'ai déjà la réponse.
- 8:09Speaker 2: Donc je retiens ce matin que vous êtes à Partizan,
- 8:11Speaker 2: dans les suggestions, maximum 15 élèves en maternelle et en primaire.
- 8:15Speaker 2: Et à Bruxelles, vous comprenez que certains fassent le choix
- 8:17Speaker 2: de l'enseignement néerlandophone.