Latest / Africa Fashion Tour / Nawal Rmili, créatrice de la marque Yza
Transcript
- 0:00Et donc l'idée c'était de me dire comment prendre des choses qui sont très traditionnelles,
- 0:05très locales,
- 0:06très représentatives de l'artisanat marocain à la main quoi et en faire en même temps un produit hyper contemporain,
- 0:16hyper cool que les Hit Girls de Paris qui étaient mes copines à l'époque pouvaient s'arracher.
- 0:22Et donc le premier projet sur lequel j'ai décidé de travailler ça a été le panier en paille.
- 0:28Surtout parce que je voyais en réalité qu'il y avait des marques comme Jacquemus,
- 0:31Céline,
- 0:31etc.
- 0:32qui achetaient des paniers en paille du soupe de marrakech à côté de chez moi et qui mettaient un peu de cuir dessus et qui disaient « Ah bah super,
- 0:39on vous vend ça à je sais pas combien,
- 0:41200 euros. »
- 0:43Je trouvais ça particulièrement ridicule et donc en fait je me suis dit je vais faire moi le panier en paille moderne de marrakech.
- 0:53Bienvenue dans ce nouvel épisode du podcast Africa Fashion Tour.
- 0:56Je vous emmène avec moi à la rencontre de créateurs basés sur le continent africain et d'experts qui contribuent au développement d'une économie africaine solide.
- 1:04Je vous invite à voyager à Abidjan,
- 1:06Dakar ou Bamako pour découvrir les parcours de professionnels talentueux,
- 1:10responsables et ambitieux.
- 1:12Au fil des interviews,
- 1:13je me rends compte que chaque entrepreneur veut contribuer au rayonnement des industries culturelles et créatives sur le continent et au-delà.
- 1:21Ce podcast est un moyen de sortir des clichés du boubou et du wax
- 1:24pour promouvoir un éventail de tissus,
- 1:27de savoir-faire et de créativité trop souvent sous-représentés.
- 1:31C'est aussi une opportunité de découvrir des business models made in Africa,
- 1:36éthiques et performants.
- 1:38Je suis Amata Diallo,
- 1:39je suis professeure de marketing dans les écoles de mode parisiennes.
- 1:42Je suis également consultante en marketing et communication.
- 1:45J'accompagne des dirigeants dans leur personal branding sur LinkedIn.
- 1:49En 2017,
- 1:50j'ai assisté à ma première Fashion Week en Afrique.
- 1:53Et depuis,
- 1:53je voyage régulièrement sur le continent pour aller à la rencontre de ceux et celles qui font la mode en Afrique.
- 2:00Au-delà de la mode,
- 2:01je m'intéresse aussi à tout l'écosystème de l'entrepreneuriat africain.
- 2:05Le podcast est le moyen que j'ai trouvé pour partager au plus grand nombre une autre vision du business en Afrique.
- 2:14Aujourd'hui,
- 2:14je suis en compagnie de Nawal Mili,
- 2:16la fondatrice de la marque ISA.
- 2:18Alors qu'elle prépare sa participation au salon Tranoï à Paris dans quelques semaines,
- 2:22je l'ai invitée pour qu'elle puisse nous parler de son parcours et de sa marque Made in Maroc.
- 2:27Bienvenue,
- 2:27Lawal,
- 2:28comment vas-tu ?
- 2:29Bonjour,
- 2:30Ramata.
- 2:30Écoute,
- 2:31très bien.
- 2:31Ravie d'être là.
- 2:32Un peu stressée par rapport aux événements qui arrivent,
- 2:35mais aussi super contente.
- 2:36Bon,
- 2:36écoute,
- 2:37c'est moi qui suis ravie de te recevoir pour le podcast.
- 2:39On a un petit peu échangé sur
- 2:41Instagram et très vite,
- 2:43moi,
- 2:43je t'ai proposé une interview pour le podcast Africa Fanchine Tour.
- 2:47Donc,
- 2:48il me semble que toi,
- 2:49c'est ta première participation au salon Tranoï,
- 2:51ou tu avais déjà eu l'occasion de participer avant ?
- 2:54Non,
- 2:54c'est bien la première participation au salon Tranoï.
- 2:57J'avais eu l'occasion de participer à d'autres salons B2B,
- 3:01des grands noms comme Who's Next à Paris ou Coterie à New York.
- 3:05Mais c'est vrai qu'aujourd'hui,
- 3:06ça prend une autre envergure,
- 3:08puisque ça place vraiment ma marque où elle est censée être,
- 3:11c'est-à-dire avec des acheteurs un peu plus premium,
- 3:15qui sont à la recherche de marques
- 3:17à la fois artisanales,
- 3:18mais enfin pas des marques qui sortent d'usines,
- 3:22entre guillemets.
- 3:23Donc j'ai vraiment hâte de cet événement,
- 3:25parce qu'il est vraiment très ciblé pour le genre de marque que je suis,
- 3:29et que beaucoup de marques africaines sont.
- 3:31Très bien.
- 3:32Écoute,
- 3:32on va quand même démarrer cette interview comme je le fais habituellement.
- 3:36C'est vrai que j'ai fait une petite question sur Zizia,
- 3:38je te demandais par rapport au Tranoï,
- 3:40mais je vais te demander de te présenter et puis ensuite,
- 3:42on ira parler plus en détail des différentes stratégies que tu as mises en place pour promouvoir ta marque,
- 3:48notamment ta participation à différents salons.
- 3:50Mais d'abord,
- 3:51on va s'intéresser un peu plus à toi.
- 3:53Est-ce que tu peux te présenter,
- 3:54s'il te plaît ?
- 3:55Bien sûr,
- 3:56avec plaisir.
- 3:57Alors,
- 3:58moi,
- 3:59je suis née,
- 3:59j'ai grandi à Marrakech.
- 4:01Je suis ensuite allée à Paris où j'ai vécu pendant 15 ans.
- 4:05J'ai travaillé dans le milieu de la mode,
- 4:08notamment en tant que rédactrice et assistante styliste dans pas mal de publications assez renommées.
- 4:15J'ai ensuite un peu travaillé dans la pub en tant que directrice conseil.
- 4:18Et j'ai ensuite décidé de rentrer à Marrakech et de pouvoir retrouver,
- 4:25si vous voulez,
- 4:26un peu moins de sens à mon travail qu'au tout début.
- 4:29et j'ai eu de...
- 4:30envie de rentrer,
- 4:31retrouver mes racines et pouvoir créer un projet qui soit le mien,
- 4:35de manière locale,
- 4:36là où je suis née,
- 4:37où j'ai grandi,
- 4:37où réside ma famille.
- 4:39Très bien.
- 4:39Donc toi,
- 4:40tu as plutôt un profil où tu as toujours évolué dans le secteur de la mode.
- 4:43Oui,
- 4:43exactement.
- 4:44Alors,
- 4:45dès mon enfance,
- 4:46c'est quelque chose qui m'a toujours beaucoup intéressée.
- 4:48Et ensuite,
- 4:49tout de suite,
- 4:50quand je suis allée à Paris,
- 4:51ça a été l'un de mes objectifs.
- 4:54Donc c'est vrai que ça a été assez difficile pour quelqu'un qui vient du Maroc,
- 4:59qui a
- 4:59pas du tout de réseau à Paris,
- 5:01qui n'a pas forcément les codes aussi.
- 5:03Mais j'ai,
- 5:04dès le début,
- 5:06beaucoup insisté,
- 5:07j'avais beaucoup de détermination et j'ai réussi à intégrer ce monde que j'aimais beaucoup pendant comme je disais,
- 5:14quasiment 15 ans avant de vouloir trouver quelque chose avec plus de concret,
- 5:21plus de concret et plus de sens pour moi à ce moment-là.
- 5:27Très bien.
- 5:27Cette notion,
- 5:28en tout cas,
- 5:29de sens,
- 5:30de quelque chose de concret,
- 5:31quelque chose où véritablement c'est ton projet de croire et c'est ton projet à toi,
- 5:35c'est quelque chose que j'ai beaucoup entendu à travers ce podcast.
- 5:39Si on vous montre un peu plus tôt dans ton parcours,
- 5:42est-ce que tu peux nous parler de tes études ?
- 5:44Dans quel domaine est-ce que tu as étudié ?
- 5:47Alors,
- 5:48j'ai étudié en fait dans une école à Paris qui s'appelle l'EFAP,
- 5:52qui est donc l'École française des attachés de presse,
- 5:54qui était vraiment très spécifiquement ciblée.
- 5:58sur la presse et devenir soit attachée de presse,
- 6:01soit éditeur dans un magazine.
- 6:03Donc j'ai fait ça pendant quatre ans.
- 6:05Ça a été vraiment très intéressant puisque à l'image des écoles aujourd'hui,
- 6:11c'était très professionnalisant.
- 6:13C'est-à-dire que chaque année,
- 6:14on avait l'occasion de faire un stage au début de deux mois.
- 6:18Et puis au fil des années,
- 6:20la durée du stage s'étendait.
- 6:22Donc j'ai commencé moi par faire un stage Bonjour.
- 6:25au service photo du Marie-France.
- 6:28Je ne sais même pas si ce magazine existe encore,
- 6:32mais c'était vraiment mes premiers pas dans la mode.
- 6:34C'était super intéressant,
- 6:36mais je passais beaucoup de temps derrière mon ordinateur parce que mine de rien,
- 6:41mon job,
- 6:41c'est d'aller chercher et d'acheter des photos avec lesquelles on devait illustrer les articles du magazine.
- 6:49Pour moi,
- 6:50c'était vraiment super intéressant,
- 6:51mais j'avais envie de bouger un peu plus.
- 6:53Donc l'année suivante,
- 6:55j'ai fait un stage chez
- 6:57Giambattista Valli,
- 6:59qui est une grande marque franco-italienne de haute couture,
- 7:03où je suis restée quasi un an en stage.
- 7:07J'étais dans le service presse,
- 7:10mais comme c'était une petite maison,
- 7:11j'ai eu l'occasion de voir vraiment tout ce qui s'est passé,
- 7:14c'est-à-dire également le design,
- 7:16la production,
- 7:18les défilés,
- 7:19les shootings photos,
- 7:20le commercial ensuite.
- 7:21Et c'est vrai que ça,
- 7:22ce stage en particulier,
- 7:24ça a vraiment été un tremplin ensuite pour moi dans ma carrière parisienne.
- 7:28Très bien.
- 7:29Et après avoir connu du coup un peu le tumulte de la vie parisienne et le secteur de la mode,
- 7:35c'est vrai que c'est assez intense.
- 7:38Il y a un moment où toi,
- 7:39tu as souhaité retourner aux sources un peu ?
- 7:43Oui,
- 7:43c'est ça.
- 7:43En fait,
- 7:44après ce stage-là,
- 7:45j'ai enchaîné évidemment.
- 7:47J'ai été ensuite,
- 7:47comme je disais,
- 7:49assistante styliste pour le Gradia,
- 7:50le Glamour,
- 7:51le Marie-Claire.
- 7:52J'ai fait ça quand même pendant 7 ou 8 ans.
- 7:54Ensuite,
- 7:55j'ai été directrice conseil dans des agences de publicité pour des clients comme Dior,
- 8:03Chanel,
- 8:04Netflix.
- 8:06Et de plus en plus,
- 8:08je trouvais une espèce de dissonance entre ce que je faisais à Paris et la réalité du quotidien.
- 8:16c'est-à-dire que
- 8:17Je trouvais ça chouette de travailler pour des grandes marques.
- 8:20Et en même temps,
- 8:21je ne pouvais plus prétendre que ce pourquoi je leur faisais de la publicité n'était pas forcément quelque chose de très vrai.
- 8:29Je parle par exemple notamment de tout ce qui est éthique,
- 8:32qui sont des choses qui,
- 8:33moi,
- 8:34me touchent beaucoup et m'importent beaucoup.
- 8:37Voilà,
- 8:37je me rendais rapidement compte que quand on faisait une grande campagne sur...
- 8:42Le côté éthique de X ou X marque,
- 8:45en réalité,
- 8:45c'était plus de la publicité qu'une réelle démarche ou une réelle volonté de leur part.
- 8:51Et donc,
- 8:53plus je m'en rendais compte,
- 8:54moins finalement je trouvais de passion à ce travail.
- 8:57Et j'avais envie de faire quelque chose que je pouvais moins contrôler et auquel trouver un véritable sens.
- 9:04Très bien,
- 9:04intéressant.
- 9:05Est-ce que tu dirais que,
- 9:06sans citer de marque,
- 9:07mais que tu avais un sentiment un petit peu qu'en termes de promotion,
- 9:11il y avait une espèce de greenwashing ?
- 9:13Oui,
- 9:13totalement,
- 9:13c'est totalement ça,
- 9:14puisqu'en fait,
- 9:15on se rendait rapidement compte que c'était plus des concepts publicitaires qu'une réelle démarche.
- 9:22Et je pense que ce qui m'a fait vraiment,
- 9:25il y a vraiment une campagne qui m'a fait un petit quai,
- 9:28où c'était justement,
- 9:29en fait,
- 9:29ça se passait au Maroc.
- 9:30et donc la marque
- 9:32disait qu'elle travaillait avec des femmes artisanes du Haut-Atlas.
- 9:36Ils avaient fait toute une vidéo dessus,
- 9:38etc.
- 9:39Et quand moi,
- 9:39je viens en vacances à Marrakech,
- 9:41parce que c'est à côté de chez moi,
- 9:42je demande.
- 9:43Puis en fait,
- 9:43je me rends rapidement compte qu'ils n'ont pas directement travaillé avec ces femmes-là,
- 9:47qu'en fait,
- 9:47ils sont passés par une société.
- 9:49Quand je me suis renseignée sur la société,
- 9:50en fait,
- 9:51elle avait été créée six mois avant le défilé.
- 9:53Donc,
- 9:54quelque part,
- 9:54un petit peu bizarre.
- 9:55Donc,
- 9:56tout ça m'a fait dire,
- 9:56en fait,
- 9:59tout ça est complètement ridicule.
- 10:00se croire aux gens confus.
- 10:02qu'on aide les autres,
- 10:03qu'on est solidaires,
- 10:04qu'on est éthiques.
- 10:05Et en réalité,
- 10:06c'est vraiment plus de l'image qu'autre chose.
- 10:08Et voilà,
- 10:09j'en avais marre de montrer cette image et de ne pas la vivre au concret.
- 10:13Très bien.
- 10:13En tout cas,
- 10:14c'est assez clair.
- 10:14Effectivement,
- 10:15c'est parfois cette déconnexion entre une forme d'authenticité et puis ce que tu viens vivre au quotidien dans ton boulot qui peut faire que tu vas décider de monter ta voie.
- 10:27Donc,
- 10:27toi,
- 10:28quand tu travaillais...
- 10:30Après,
- 10:30tu as différentes missions.
- 10:31Tu avais déjà une activité d'entrepreneur à côté ou c'est vraiment quand tu as décidé de lancer ta marque que vraiment tu t'es mise à ton compte ?
- 10:40Alors,
- 10:41en fait,
- 10:41j'ai toujours été...
- 10:43Au début de ma carrière,
- 10:43j'étais beaucoup à mon compte puisque déjà quand on est journaliste ou quand on est styliste pour des magazines,
- 10:52on travaille souvent en freelance.
- 10:54C'est aussi la réalité du monde de la mode.
- 10:56C'est assez précaire,
- 10:57en fait.
- 10:58Donc,
- 10:59j'étais déjà à mon compte,
- 11:00entre guillemets.
- 11:02Et puis,
- 11:02en parallèle,
- 11:03toujours en parallèle de mes études ou de mon travail,
- 11:07j'ai toujours eu des side projects qui étaient plus souvent autour de l'édition,
- 11:12autour de l'écriture.
- 11:14Mais la première fois que j'ai créé une entreprise ou ensuite une entreprise commerciale avec des employés où j'étais
- 11:21100% à mon compte,
- 11:22c'est avec Isaoui.
- 11:23Très bien.
- 11:24Intéressant.
- 11:25Effectivement,
- 11:25je fais bien le souligner,
- 11:27dans le milieu du journalisme,
- 11:29de l'édition,
- 11:30c'est souvent des contrats freelance.
- 11:32Donc,
- 11:32tu savais ce que c'était,
- 11:33mais comme tu le dis,
- 11:35pas dans une dynamique de vente de produits.
- 11:40Alors,
- 11:41cette idée de créer ta marque,
- 11:42est-ce que c'est quelque chose que tu avais toujours en tête et qui s'est concrétisé à un moment donné ?
- 11:48Ou est-ce que vraiment c'est...
- 11:50Après un retour aux sources,
- 11:52au Maroc,
- 11:53que tu as commencé peut-être à faire en forme d'introspection,
- 11:57d'études de marché.
- 11:58Est-ce que tu peux nous raconter un petit peu la genèse d'Isa ?
- 12:03Oui,
- 12:03bien sûr.
- 12:04Alors en fait,
- 12:04j'ai toujours eu en tête,
- 12:06je viens d'une famille d'entrepreneurs,
- 12:08donc j'ai toujours eu en tête de créer ma propre entreprise et de vivre mon propre projet.
- 12:16Trois ans avant déjà le commencement de la marque,
- 12:20j'avais déjà commencé à y réfléchir de manière sérieuse.
- 12:24En fait,
- 12:24je faisais déjà à l'époque des PowerPoints interminables sur l'histoire de la marque,
- 12:29ce que ça serait,
- 12:30ce que ça devrait être,
- 12:32comment je travaillerais.
- 12:33Donc,
- 12:33ça me prenait des heures et des heures.
- 12:35Je trouvais ça passionnant.
- 12:37Et en même temps,
- 12:37je ne le concrétisais jamais.
- 12:41Et c'est seulement en réalité...
- 12:43Je sais que c'est une période qui a été...
- 12:45charnière pour beaucoup de gens.
- 12:46Mais au moment du Covid,
- 12:49vers la fin du Covid,
- 12:51mon papa est décédé et j'ai dû revenir au Maroc de manière un petit peu obligatoire pour m'occuper de beaucoup de choses,
- 12:57de papiers,
- 12:58etc.
- 12:59Et du coup,
- 12:59je me suis dit que c'est l'occasion de mettre à profit tous ces PowerPoints que j'avais pris toutes ces années à écrire.
- 13:05Et quand j'ai commencé à travailler concrètement sur le terrain,
- 13:09j'ai dû mettre à la poubelle tous ces PowerPoints parce que j'ai vu la réalité du terrain.
- 13:13VS,
- 13:14ce qu'on pouvait imaginer.
- 13:16Mais oui,
- 13:16ça a commencé bien avant.
- 13:17Mais ça a toujours été un apprentissage et des changements constants,
- 13:21en fait.
- 13:22Très bien,
- 13:22c'est intéressant.
- 13:23Effectivement,
- 13:23cette période du Covid,
- 13:25elle a généré beaucoup de vocations.
- 13:28Moi,
- 13:28ça a été effectivement aussi une période pendant laquelle j'ai lancé le podcast Africa Fashion Talk.
- 13:35Je sais que c'est des périodes assez charnières pour beaucoup de profils de créatifs.
- 13:45Donc,
- 13:45ton idée de départ,
- 13:46tes premières...
- 13:48Ce que tu dis,
- 13:48c'est intéressant aussi,
- 13:49c'est que tu avais des PowerPoints et puis finalement,
- 13:51tu as tout jeté.
- 13:52Sur le terrain,
- 13:52tu t'es rendu compte des réalités.
- 13:54Quelles ont été justement les premières réalités que tu as rencontrées et qui t'ont fait te remettre en question ?
- 14:01Ou que tu t'es dit,
- 14:01ah oui,
- 14:01là,
- 14:02je n'avais pas du tout imaginé ça comme ça.
- 14:05Alors,
- 14:05il y en a plein.
- 14:06Mais je veux dire que la plus grande partie réside quand même dans le travail avec les autres,
- 14:13avec l'humain.
- 14:14Je dis par exemple quelque chose où...
- 14:17je pensais que je rentrerais à Marrakech et que je construirais mon propre atelier.
- 14:22Et puis,
- 14:22j'aurais tout de suite 10 femmes qui allaient venir travailler avec moi toute la journée.
- 14:28Des femmes artisanes,
- 14:29etc.
- 14:30Et en fait,
- 14:30je me suis rapidement rendue compte que ces femmes-là,
- 14:32elles ne veulent pas aller travailler dans un bureau à des horaires normaux parce qu'en fait,
- 14:37elles ont des choses à faire chez elles.
- 14:39Souvent,
- 14:40elles s'occupent de membres de leur famille,
- 14:42elles s'occupent de la maison.
- 14:43Donc voilà,
- 14:44ce ne sont pas des gens qui...
- 14:46pour un salaire,
- 14:47vont venir passer toute la journée chez vous,
- 14:49etc.
- 14:50Et j'ai dû m'adapter à ça en me disant comment je fais pour que ces femmes puissent travailler au moment où elles ont le temps de travailler.
- 14:57Donc,
- 14:57c'est souvent le soir chez elles.
- 14:59Et donc,
- 15:00ça passe par acheter leur matériel,
- 15:03leur délivrer,
- 15:05faire des contrôles qualité en passant chez elles ou qu'elles n'aient pas chez moi.
- 15:08Donc,
- 15:08ça a été aussi juste pour l'organisation de la production.
- 15:12Déjà,
- 15:13ça a été une grande remise en question et surtout,
- 15:16il fallait absolument que je m'adapte,
- 15:17sinon je ne pouvais pas avoir mes produits.
- 15:19Et en termes d'ADN,
- 15:21de storytelling,
- 15:22quand tu as commencé à réfléchir à cette idée de marque,
- 15:27quelles ont été tes premières inspirations,
- 15:31ta première idée,
- 15:32du point de vue produit ?
- 15:34Alors,
- 15:35Isa,
- 15:35pour moi,
- 15:36c'est une marque artisanale,
- 15:38c'est une marque locale,
- 15:39Mais j'ai toujours dit que...
- 15:43qu'en fait,
- 15:48l'héritage qu'on a de par notre artisanat local et traditionnel ne doit pas rester figé.
- 15:56Ça veut dire que pour moi,
- 15:57c'est un vocabulaire qu'il faut utiliser.
- 16:01Et donc l'idée,
- 16:01c'était de me dire comment prendre des choses qui sont très traditionnelles,
- 16:06très locales,
- 16:07très représentatives.
- 16:09de l'archisana marocain à la main,
- 16:14et en faire en même temps un produit hyper contemporain,
- 16:17hyper cool,
- 16:18que les Hit Girls de Paris,
- 16:19qui étaient mes copines à l'époque,
- 16:22pouvaient s'arracher.
- 16:23Et donc le premier projet sur lequel j'ai décidé de travailler,
- 16:27ça a été le panier en paille.
- 16:29Surtout parce que je voyais en réalité qu'il y avait des marques comme Jacquemus,
- 16:32Céline,
- 16:32etc.,
- 16:33qui achetaient des paniers en paille du soupe de marrakech,
- 16:36à côté de chez moi.
- 16:37et qui mettait un peu de cuir dessus,
- 16:39et qui disait « Ah bah super,
- 16:40on vous vend ça à je ne sais pas combien,
- 16:42200 euros. »
- 16:44Je trouvais ça particulièrement ridicule,
- 16:47et donc en fait je me suis dit « Je vais faire moi le panier en paille moderne de Marrakech. »
- 16:52Donc ça a été tout un travail de recherche,
- 16:54puisqu'en fait j'ai dû retourner à la source du matériau,
- 16:58à la source du produit,
- 16:59comprendre comment il est fabriqué,
- 17:01parce qu'en fait ce n'est pas comme de la maroquinerie,
- 17:04la vannerie c'est vraiment quelque chose de différent.
- 17:06En fait,
- 17:07on va tresser des longues bandes en feuilles de palmier.
- 17:13Et une fois qu'on a tressé la bande entièrement,
- 17:16on va créer la forme du sac en enroulant la bande et en roulant vers le haut jusqu'à créer la forme du sac.
- 17:24Et ensuite,
- 17:24en haut,
- 17:25on va fermer le sac et ça crée une espèce de petite vague.
- 17:28Parce qu'il y a la bande et il faut refermer.
- 17:30Et cette espèce de petite vague,
- 17:32tout le monde considère,
- 17:33enfin,
- 17:34les gens considèrent que c'est un défaut.
- 17:36Alors que moi,
- 17:37je trouve que c'est la trace de la main et la trace de la manière dont a été fait l'objet.
- 17:41Et j'avais toujours trouvé ça beau et je me suis dit comment faire pour le magnifier et pour montrer aux gens que non,
- 17:46non,
- 17:46c'est pas un défaut.
- 17:48C'est quelque chose de beau,
- 17:49de graphique,
- 17:49avec cette jolie courbe,
- 17:51la trace de la main qui l'a faite,
- 17:53le matériau,
- 17:54etc.
- 17:55Et donc,
- 17:55on a fait mon premier produit qui s'est appelé La Vague.
- 17:58Donc,
- 17:59La Vague,
- 17:59c'est un panier...
- 18:02avec lequel j'ai dû travailler,
- 18:04et avec des femmes artisanes qui ont créé la surface du sac,
- 18:08et à Maroc Inier,
- 18:09qui ensuite travaillait avec nous et a appris aux femmes quelques techniques à la main de cuir,
- 18:14notamment le tressage des hans,
- 18:16etc.,
- 18:18pour créer le reste du sac.
- 18:20C'est un sac qui est entièrement entouré de cuir,
- 18:23bordé de cuir,
- 18:25et ensuite qui est tressé et sur les côtés.
- 18:28Les hans aussi sont tressés,
- 18:29et ce qu'on a fait dès le début.
- 18:31et qui a vachement bien marché si on s'est dit que nos produits,
- 18:35c'était des icônes.
- 18:36Et ce sac,
- 18:37on l'a iconisé de manière,
- 18:39on va dire,
- 18:40commerciale très vite en faisant en sorte que ça soit le même sac,
- 18:43mais de quatre tailles différentes.
- 18:45Donc,
- 18:45on a le L,
- 18:46qui est vraiment un très grand sac,
- 18:48le
- 18:48M, le
- 18:50S et le XS,
- 18:52et avec plein de couleurs différentes.
- 18:55Ce qui est bien,
- 18:56c'est que tout le monde pouvait y trouver son compte et de manière d'usage du sac.
- 19:01et aussi côté prix.
- 19:04avec un sac qui est petit,
- 19:06entrée de gamme,
- 19:07et un très grand qui est un peu plus cher.
- 19:10On a aussi joué sur le côté icône,
- 19:12avec toutes ces tailles et toutes ces couleurs différentes.
- 19:16Et on travaille aussi,
- 19:17bien sûr,
- 19:19par exemple,
- 19:20en ce qui concerne les couleurs,
- 19:22on a des couleurs exclusives en édition limitée.
- 19:26Donc ça,
- 19:26c'est aussi quelque chose qu'on a mis en place.
- 19:29Finalement,
- 19:30on n'avait pas vraiment le choix,
- 19:31parce qu'en fait,
- 19:32On prend en Médina du stock de cuir qui n'est pas infini,
- 19:37qui se finit.
- 19:38Mais donc,
- 19:38ça nous permet de faire des éditions limitées pour nos clients.
- 19:42C'est intéressant la manière dont tu décris vraiment cette idée de hitbag,
- 19:45de sac iconique.
- 19:47Donc,
- 19:47on sent que tu avais peut-être une expérience,
- 19:49enfin pas peut-être,
- 19:50que tu avais une expérience métal.
- 19:51Parce que pour le coup,
- 19:52souvent dans les retenues de mode,
- 19:54il y a les 10 sacs à avoir en septembre ou les new,
- 19:58les hitbags.
- 19:59Et on sait que le sac...
- 20:00Pour beaucoup de marques,
- 20:01c'est une part conséquente du chiffre d'affaires avant même que de créer une collection prête à porter.
- 20:06C'est vrai que les accessoires,
- 20:08c'est vraiment les familles de produits qui permettent à une marque d'arriver sur le devant de la scène.
- 20:14Toi,
- 20:15est-ce que tu avais en tête ce côté de stratégie ?
- 20:17J'ai envie de créer un hit-back parce que je sais que c'est un facteur clé de succès quand on crée une marque.
- 20:23Ou il y avait vraiment ce côté un peu spontané,
- 20:27comme tu m'as dit au départ,
- 20:28de...
- 20:29Je regarde un peu ce que les autres font et je me dis,
- 20:32je vais m'inscrire dans le même sillon,
- 20:33mais en revendiquant un vrai artisanat et un savoir-faire ou un aucun.
- 20:39Alors,
- 20:40comment dire ?
- 20:41En fait,
- 20:41je n'avais pas forcément cette stratégie en me disant,
- 20:44le sac,
- 20:45c'est ce qui fait vendre le plus,
- 20:46donc je vais commencer par là.
- 20:49Et je n'avais pas non plus une stratégie de me dire,
- 20:52regarde ce qui se fait en ce moment et puis tu,
- 20:55entre guillemets,
- 20:56fais la même chose en mieux.
- 20:58En fait,
- 20:58ça partait vraiment d'une réflexion de quels sont les objets un peu iconiques,
- 21:02qu'est-ce qui m'inspire à Marrakech,
- 21:05et avec lequel je peux faire un objet de design apporté qui soit super beau.
- 21:10Par exemple,
- 21:11là,
- 21:11j'ai été inspirée par le panier en paille,
- 21:13parce qu'effectivement,
- 21:15peut-être qu'à ce moment-là,
- 21:16j'en voyais partout,
- 21:17et que c'est aussi un classique de ma garde-robe à moi,
- 21:20que je mets tout le temps.
- 21:22Mais la collection d'après,
- 21:24on a fait des charms,
- 21:27qui sont en forme de fruits,
- 21:30dans plein de couleurs différentes,
- 21:31enfin des fruits,
- 21:32donc en raffia.
- 21:33Et ça,
- 21:34c'est inspiré par les étals de fruits de la ville de Marrakech.
- 21:38On a aussi fait une collection de sacs avec des hanses sculptées très jolies qu'on a appelées la sculpture,
- 21:44qui,
- 21:45eux,
- 21:45sont inspirées par les portes qu'on voit à Marrakech,
- 21:48qui sont toujours très belles,
- 21:50sculptées,
- 21:51etc.
- 21:51Donc,
- 21:51en fait,
- 21:53si vous voulez,
- 21:53notre façon de créer,
- 21:55de designer,
- 21:56Ça vient de quelque chose du quotidien local à la ville,
- 22:00qu'on transforme,
- 22:01qu'on magnifie,
- 22:02dans lequel on rajoute nous-mêmes nos propres références,
- 22:05nos propres inspirations.
- 22:07Et en fait,
- 22:08on veut juste montrer un Marrakech moderne,
- 22:12un Marrakech d'aujourd'hui.
- 22:14Très bien,
- 22:14toi,
- 22:14ça te tenait à cœur,
- 22:15en tout cas,
- 22:15de travailler du made in,
- 22:18de travailler des produits faits par des artisans de Marrakech.
- 22:23alors j'imagine parce que t'es
- 22:25Tu es d'origine marocaine,
- 22:26mais est-ce qu'il y avait autre chose derrière cette volonté ?
- 22:30Parce que c'est vrai qu'aujourd'hui,
- 22:31on peut produire partout.
- 22:34Et puis,
- 22:35parfois,
- 22:35c'est plus facile de produire dans certains pays qui ont des usines en quantité.
- 22:39Tu en parlais un petit peu au début de cette interview.
- 22:41Toi,
- 22:41cette volonté de travailler avec des artisans,
- 22:44ça faisait aussi sens et c'était quelque chose d'important d'intégrer dans l'ADN de ta marque ?
- 22:50Oui,
- 22:50alors non seulement c'était important,
- 22:52mais en fait c'était primordial et même ça allait exactement de là.
- 22:57Pourquoi je dis ça ?
- 22:58Parce qu'effectivement pendant mes recherches,
- 23:00au moment où je voulais créer la marque,
- 23:02où je réfléchissais,
- 23:03je faisais mes summons PowerPoint,
- 23:05j'allais quand même me promener dans la Médina de Marrakech et je commençais à poser des questions.
- 23:09Et en réalité la Médina de Marrakech s'est beaucoup transformée.
- 23:12Pourquoi ?
- 23:12Parce que nous aussi au Maroc,
- 23:14on importe des produits,
- 23:15des produits pas très chers,
- 23:17de l'étranger.
- 23:19qui,
- 23:19de plus en plus,
- 23:20tendent à remplacer le travail à la main.
- 23:22Parce qu'au Maroc,
- 23:22en fait,
- 23:23les gens,
- 23:23ils travaillent,
- 23:23j'imagine comme beaucoup en Afrique,
- 23:25partout en Afrique,
- 23:26ils travaillent beaucoup à la main.
- 23:27Pourquoi ?
- 23:28Parce qu'ils fabriquent leurs objets du quotidien.
- 23:30Ils font des choses utilitaires avec leurs mains.
- 23:33Or,
- 23:33par exemple,
- 23:34quand j'allais demander « Ah bah tiens,
- 23:35pourquoi vous n'utilisez plus des grands sacs en panier pour transporter,
- 23:40je ne sais pas,
- 23:40vos courses du marché ? »
- 23:41Ils me disaient « Ah bah parce que je viens d'acheter ce panier-là en Chine et qu'en fait,
- 23:45il est en plastique et peut-être qu'il va durer plus longtemps. »
- 23:48et il a coûté moins cher,
- 23:49etc.
- 23:50Donc ça a aussi été une réalisation de voir de plus en plus,
- 23:55ici localement,
- 23:57les marchands de la Médina,
- 23:59qui étaient historiquement aussi des artisans,
- 24:01se transformer aujourd'hui uniquement en marchands,
- 24:03parce qu'ils importent.
- 24:04directement des produits,
- 24:06au lieu soit de les faire faire,
- 24:07soit de les faire localement,
- 24:08parce que ça coûte moins cher.
- 24:10Et donc ça a été une réalisation qui a été assez triste en fait,
- 24:14assez coûteuse aussi pour moi.
- 24:16Et c'est là où je me suis dit effectivement,
- 24:19il va falloir qu'on commence à travailler de plus en plus,
- 24:22enfin qu'on mette en avant l'artisanat,
- 24:23c'est pas quelque chose qu'il faut qu'on mette de côté,
- 24:25parce que c'est une richesse pour moi qui est phénoménale,
- 24:28et au contraire il faut absolument la mettre en avant.
- 24:31Je vous donne un autre exemple.
- 24:34Je pensais que les broderies qui étaient faites sur certains cafetans ou sur certaines gelabas étaient toutes faites à la main.
- 24:43Je ne sais pas pourquoi j'avais cette impression que tout était fait à la main.
- 24:46Sûrement parce que moi,
- 24:47quand je suis née et quand j'ai grandi dans les années 70,
- 24:49tout était fait à la main.
- 24:51Et en fait,
- 24:51non.
- 24:51Aujourd'hui,
- 24:52ils font aussi des broderies à la machine,
- 24:53avec des machines chinoises,
- 24:55puisque enfin,
- 24:56ils peuvent les acheter parce qu'elles sont moins chères et qu'ils peuvent les importer.
- 24:59Et donc,
- 24:59bon.
- 25:00Donc voilà,
- 25:01ils travaillent quand même avec la machine.
- 25:02Mais du coup,
- 25:04on a perdu vraiment tout ce travail à la main et on le perd de plus en plus.
- 25:08Et un de mes claims,
- 25:10c'est plus de mains,
- 25:11moins de machines,
- 25:13parce que je trouve que c'est quelque chose qu'il faut continuer à faire.
- 25:18Oui,
- 25:18c'est intéressant ce point d'aller vers une industrialisation,
- 25:23vers l'intégration de machines.
- 25:25mais finalement ça fait perdre
- 25:28un savoir-faire artisanal féminin.
- 25:31Et du coup,
- 25:33on y perd presque une forme de patrimoine local parce qu'à partir du moment où une machine peut le faire,
- 25:38une broderie traditionnelle marocaine,
- 25:41elle peut être faite en Chine,
- 25:42elle peut être faite par n'importe qui qui a cette machine et ça perd de son...
- 25:47Ouais,
- 25:47quelque part,
- 25:47de son ADN.
- 25:48Oui,
- 25:49tout à fait.
- 25:50Tout à fait.
- 25:50Je suis tout à fait d'accord avec ça et ça perd de son ADN et puis...
- 25:55Et puis,
- 25:55il y a aussi tout ce côté que je trouve assez dommage,
- 25:59où,
- 25:59comme dans beaucoup de pays qui s'industrialisent,
- 26:03ici,
- 26:03les jeunes s'intéressent de moins en moins au travail à la main.
- 26:07Et je pense que c'est aussi quelque chose qu'il faut essayer de valoriser.
- 26:11Parce que,
- 26:11bon,
- 26:12par exemple,
- 26:12moi,
- 26:12quand je travaille avec mes artisanes,
- 26:14souvent,
- 26:16les savoirs qu'elles connaissent,
- 26:18elles les ont appris depuis qu'elles sont petites.
- 26:20Donc,
- 26:20c'est des savoirs,
- 26:21en plus,
- 26:21qui se transmettent de génération en génération.
- 26:24Donc c'est effectivement des choses qui sont très locales et qu'il faut essayer de conserver.
- 26:28Et ça porte la main aussi,
- 26:30qui est très intéressant,
- 26:31au-delà de l'ADN local,
- 26:34et que j'ai pu voir avec mes artisans,
- 26:36et que j'essaye d'expliquer désespérément à certains clients,
- 26:40c'est qu'en fait,
- 26:41faire quelque chose à la main,
- 26:42ça implique un certain niveau d'aléatoire et un certain niveau d'improvisation et de créativité.
- 26:49Ça veut dire que des fois,
- 26:50mon artisane,
- 26:51je ne sais pas,
- 26:51elle ne va plus avoir...
- 26:53un bout de tissu vert,
- 26:56mais elle va en trouver un d'une autre collection,
- 26:57et elle va se dire,
- 26:58tiens,
- 26:58je vais le mettre ici,
- 26:59parce qu'il me manque le bout de tissu.
- 27:00Elle ne va pas se dire,
- 27:02ah tiens,
- 27:03il y a une fiche technique ultra précise,
- 27:05il faut absolument ça,
- 27:06il faut absolument ça.
- 27:07Non,
- 27:07elle va se dire,
- 27:09voilà ce qu'il y a devant moi,
- 27:10je vais l'utiliser.
- 27:11Et ça,
- 27:12ça participe.
- 27:12En fait,
- 27:12il y a des gens qui,
- 27:13pour eux,
- 27:14se disent,
- 27:14ah,
- 27:14mais c'est fou de faire ça,
- 27:15c'est complètement dingue.
- 27:17Mais en fait,
- 27:17j'essaie d'expliquer à la fois à mes clients et à mes acheteurs qu'en fait,
- 27:20non.
- 27:21Ça fait partie du travail à la main,
- 27:23ça fait partie de la créativité.
- 27:25C'est pour moi laisser une fenêtre de créativité à mon artisan,
- 27:29qui d'ailleurs souvent a d'excellentes idées,
- 27:31des fois mieux que les miennes.
- 27:33Et c'est aussi,
- 27:35en fait,
- 27:35l'artisanat,
- 27:35ce n'est pas seulement que je fais des choses à la main.
- 27:38C'est tout un principe qui est très vertueux pour la planète,
- 27:42puisqu'en fait,
- 27:42elle se dit,
- 27:43au lieu d'aller acheter du nouveau matériel,
- 27:44je vais utiliser ce que j'ai déjà.
- 27:46Donc ça inclut une part aussi de,
- 27:48entre guillemets,
- 27:48recyclage.
- 27:50Donc,
- 27:50il y a énormément de choses qui sont très,
- 27:51très positives en réalité à ce travail artisanal traditionnel.
- 27:56Donc là,
- 27:56c'est intéressant que tu parles justement des clients,
- 27:59parce que ça va faire une transition parfaite pour développer cette marque qui s'appuie sur un savoir-faire traditionnel de Marrakech.
- 28:09Quelles ont été les premières étapes de sa stratégie,
- 28:13qu'il s'agisse de digital,
- 28:14qu'il s'agisse de participer à des salons ?
- 28:16Comment toi,
- 28:17une fois que tu as eu l'idée de ce...
- 28:19produit ce premier panier.
- 28:21Comment est-ce que tu as envisagé le développement de ta marque et sa promotion ?
- 28:27Alors en fait,
- 28:27ce qui est bien pour le fait d'avoir travaillé sur la marque pendant plusieurs années,
- 28:30c'est que j'avais une vision assez claire en fait.
- 28:33Ayant travaillé dans la mode,
- 28:35évidemment pour moi la priorité c'était l'image de la marque et notamment le compte Instagram.
- 28:42Donc c'est vrai que j'ai beaucoup investi sur Instagram,
- 28:46donc investi et
- 28:48avec les moyens que j'avais à l'époque.
- 28:51Et j'ai tout de suite décidé d'avoir une présence digitale très forte,
- 28:56comme je disais avec Instagram,
- 28:57mais aussi avec un site web qui allait être bien fait,
- 29:00qui vraiment racontait l'histoire de la marque.
- 29:02Et en parallèle,
- 29:04je n'avais pas de boutique ni rien,
- 29:05donc je vendais aux clients finales en ligne.
- 29:09Mais j'avais tout de suite l'idée de pouvoir faire du B2B et donc de pouvoir vendre mes collections à des boutiques qui allaient les vendre à leurs clients finaux.
- 29:17Donc là,
- 29:17c'est quelque chose que j'avais en tête dans ma stratégie de distribution commerciale dès le début.
- 29:21Donc très bien,
- 29:22effectivement,
- 29:22pour beaucoup de marques,
- 29:23Instagram,
- 29:24c'est une des plateformes,
- 29:27des choix pour pouvoir être découvert,
- 29:29identifié.
- 29:31Donc toi,
- 29:31l'idée,
- 29:32quand tu dis voilà,
- 29:33tu as investi fort sur Instagram,
- 29:35est-ce que tu as fait de l'influence ?
- 29:38porter des sacs,
- 29:38tu as fait du gifting et donc il y a certaines célébrités ou influenceurs qui ont porté le sac,
- 29:43ou tu as fait des shootings éditos avec certains photographes.
- 29:46Quel type de contenu est-ce que tu as proposé pour pouvoir présenter tes collections ?
- 29:51Alors j'ai effectivement travaillé en priorité sur des contenus éditoriaux.
- 29:58Pour moi c'était vraiment l'essentiel parce que comme c'était une marque nouvelle,
- 30:02je voulais pouvoir montrer le produit mais aussi pouvoir montrer l'univers du produit.
- 30:07Donc c'était très important de pouvoir travailler surtout avec un photographe qui allait vraiment comprendre la direction artistique que je voulais donner à la marque.
- 30:15Donc ça c'est super.
- 30:16Bien sûr je ne travaillais qu'avec des locaux à Marrakech.
- 30:19Donc j'ai pu trouver une super photographe qui m'a aidée à développer tout ce côté imagerie finalement de la marque.
- 30:30Et j'ai également travaillé avec quelques influenceurs,
- 30:33donc pas énormément,
- 30:35mais j'ai vraiment essayé surtout au début,
- 30:37au lancement,
- 30:38de choisir des gens qui étaient vraiment en adaptation avec le type de clientèle que je voulais viser,
- 30:43avec ma cliente idéale.
- 30:45Donc j'ai démarré lentement,
- 30:47entre guillemets,
- 30:47mais prudemment.
- 30:49et ça a donné ces résultats.
- 30:51Très bien.
- 30:52Et du coup,
- 30:54tu évoquais en début d'interview le fait d'avoir participé à le salon Coterie,
- 31:01avoir participé au Who's Next et là,
- 31:03tu participes au salon Pranoï.
- 31:04Donc,
- 31:05l'idée d'avoir des acheteurs B2B qui vont référencer ta marque,
- 31:09ça fait partie de ta stratégie dès le départ.
- 31:12Comment est-ce que se sont organisés ces premiers salons ?
- 31:17Alors oui,
- 31:17effectivement,
- 31:18ça faisait partie de ma stratégie dès le départ.
- 31:20Après,
- 31:20je savais que c'était des salons qui étaient très coûteux.
- 31:23Et avant d'y entrer même,
- 31:26c'est aussi des salons qui sont sur sélection.
- 31:28Donc,
- 31:28pas n'importe quelle nouvelle marque pouvait y entrer.
- 31:31Donc,
- 31:32c'est vrai que j'ai cherché plein de moyens différents.
- 31:34Et la toute première fois que j'ai participé,
- 31:37j'ai participé avec ce qu'on appelle un showroom B2B.
- 31:40Donc,
- 31:41c'est en fait une entreprise,
- 31:44c'est un type d'agence.
- 31:46qui présentent vos produits à des acheteurs.
- 31:49Donc,
- 31:49je suis passée par eux.
- 31:52J'ai signé un contrat avec eux.
- 31:53Donc,
- 31:54ils allaient me représenter pendant un an.
- 31:56Et donc,
- 31:57par de cette représentation,
- 31:59il y avait le fait de me donner un stand de
- 32:032 mètres carrés,
- 32:04il me semblait,
- 32:05à Who's Next.
- 32:06Donc,
- 32:06ça a été vraiment ma première participation au salon.
- 32:09Là où j'ai quand même...
- 32:13J'ai finalement eu de la chance dans le fait de travailler avec ce showroom B2B,
- 32:17c'est qu'il n'était pas avare de conseils.
- 32:19Et effectivement,
- 32:20des conseils,
- 32:21j'en avais bien besoin.
- 32:22C'est-à-dire qu'on a travaillé ensemble.
- 32:24Je savais globalement que je voulais faire du B2B,
- 32:28mais finalement,
- 32:28je n'avais pas de connaissances du marché ou de ce qui retournait réellement de cette partie-là du business.
- 32:36Donc,
- 32:36il a fallu qu'on revoie ensemble mes produits,
- 32:40les fiches techniques.
- 32:42Il a fallu qu'on réfléchisse à nouveau à comment arranger la production pour qu'elle soit en capacité de prendre plus de commandes,
- 32:55mais aussi revoir le contrôle qualité avant l'envoi au client.
- 32:59Et on a aussi vu,
- 33:00parce qu'il est très important,
- 33:01le pricing des produits.
- 33:03Donc,
- 33:04quelle était ma marge sur le produit ?
- 33:05Quelle était la marge du retailer ou de l'acheteur sur le produit ?
- 33:10parce qu'il ne faut pas que je fasse concurrence à mon retailer,
- 33:13mais il faut quand même que moi je me fasse une marge sur ce que je lui vends à lui.
- 33:18Donc ça,
- 33:18ça a été aussi toute une réflexion.
- 33:20Je baisse le prix où ?
- 33:22Je l'augmente où ?
- 33:23Etc.
- 33:24Comment je fais en sorte d'avoir un prix pour le Maroc,
- 33:26un prix pour l'international ?
- 33:28Parce que ça,
- 33:28c'est aussi une grande réflexion,
- 33:30parce que le consommateur marocain,
- 33:32ce n'est pas le même que le consommateur international,
- 33:35et même en ajoutant le transport,
- 33:37les taxes,
- 33:38etc.
- 33:38Bon voilà.
- 33:39Et ça a été aussi tout un travail sur tout ce qui est document,
- 33:43en fait,
- 33:43documentation à produire,
- 33:46c'est-à-dire les lookbooks,
- 33:48les line sheets,
- 33:49les bons de commande,
- 33:50voilà.
- 33:50Ça a été vraiment énormément de choses nouvelles.
- 33:54Mais ce qui est super quand on crée une marque comme ça,
- 33:57c'est que la courbe d'apprentissage,
- 33:58elle est exponentielle.
- 34:00Très bien,
- 34:00c'est intéressant aussi que tu parles,
- 34:01à première ligne,
- 34:02du pricing,
- 34:04avec cette notion de...
- 34:06à combien je vends au Maroc,
- 34:08à combien je vends aussi en B2B quand je vends à des retailers,
- 34:14à des boutiques.
- 34:15Et la comparaison aussi avec le fait de vendre directement via ton site Internet,
- 34:19c'est des vraies problématiques que rencontrent les créateurs aujourd'hui.
- 34:22Toi,
- 34:23pour pouvoir répondre à ces problématiques-là,
- 34:24je sais que certains ne proposent pas forcément la même offre partout.
- 34:29Ils font des produits différents de manière à ce qu'il n'y ait pas de concurrence.
- 34:32Toi,
- 34:32finalement,
- 34:32comment est-ce que tu as réussi à...
- 34:34à répondre à ces problématiques de pricing.
- 34:38Alors,
- 34:38moi,
- 34:38je n'ai pas voulu faire de produits différents.
- 34:44Pourquoi je n'ai pas voulu faire de produits différents ?
- 34:47Tout simplement parce que j'estime que mes produits,
- 34:49c'est ma marque,
- 34:50c'est mon ADN,
- 34:51c'est mon essence.
- 34:52Et surtout,
- 34:52je veux qu'ils soient disponibles à tous.
- 34:54C'est-à-dire que ceux qui sont disponibles à l'étranger le soient au Maroc.
- 34:58Et inversement,
- 34:58je n'avais pas de raison de priver l'un ou l'autre de mes marchés d'un de mes produits.
- 35:05Par contre,
- 35:05ce que je fais,
- 35:06c'est que mes produits auront un prix différent en fonction du marché sur lequel ils se trouvent.
- 35:12Et ça correspond notamment à leur disponibilité et à là où je me trouve.
- 35:17C'est-à-dire que,
- 35:18par exemple,
- 35:18j'ai un prix marocain.
- 35:20C'est un prix pour mes clientes finales au Maroc.
- 35:22Parce qu'au Maroc,
- 35:23il y a très peu de B2B.
- 35:25Il y a très peu d'acheteurs,
- 35:27finalement,
- 35:27qui vont acheter vos produits et les revendre.
- 35:29Souvent,
- 35:30ça passe par dépôt-vente,
- 35:31dans des petites boutiques,
- 35:32etc.
- 35:33Donc j'ai un prix marocain pour mes clientes marocaines parce que je sais qu'elles ont,
- 35:39oui,
- 35:39certes,
- 35:40un super niveau de vie,
- 35:41mais ce n'est pas non plus des Parisiennes,
- 35:44ce n'est pas non plus des gens en vacances à Saint-Barthes.
- 35:48Donc il faut un prix quand même qui correspond à la réalité de ma cliente ici.
- 35:53Et j'ai ensuite un prix international.
- 35:56Sur mon site internet,
- 35:57j'ai donc un prix qui prend en compte ensuite tout ce qui est...
- 36:01Déjà,
- 36:01exclusivité du produit,
- 36:03mais aussi tout ce qui va être taxes,
- 36:05coût supplémentaire du packaging,
- 36:08coût supplémentaire d'envoyer le produit à l'étranger,
- 36:11la douane éventuelle,
- 36:13le prix du transport,
- 36:14etc.
- 36:15Donc,
- 36:15ça fait que le produit est plus cher,
- 36:17mais en même temps,
- 36:18ce n'est pas comme si elle pouvait venir directement en boutique à Marrakech se le procurer et le prendre moins cher.
- 36:23Voilà,
- 36:23il faut voir aussi le niveau de frais qu'une clientèle internationale peut éventuellement engendrer.
- 36:30Ensuite,
- 36:31il a fallu aussi voir que le prix du client final international sur le site internet corresponde bien au prix des retailers B2B qui font dans leur boutique pour ne pas être en concurrence.
- 36:44A moins que ce soit un secteur vers lequel je n'envoie pas de colis.
- 36:50Je donne un exemple.
- 36:51Par exemple,
- 36:51actuellement,
- 36:53je n'ai pas trouvé encore le bon système pour envoyer à des clientes directes finales.
- 36:59dans toute la partie Middle East.
- 37:01Donc aujourd'hui,
- 37:02je passe par des retailers et ces retailers-là,
- 37:04ils peuvent appliquer le prix du produit qu'ils souhaitent puisqu'ils jouent aussi sur la rareté,
- 37:10sur le fait que le produit n'est pas disponible facilement ou n'est pas disponible ailleurs que chez eux.
- 37:15Très bien,
- 37:16super intéressant en tout cas d'être finalement conscient des réalités locales et de se dire que la concurrence en termes de prix,
- 37:22elle se joue quand effectivement dans deux boutiques qui sont côte à côte,
- 37:26on met un produit.
- 37:27identique à des prix différents.
- 37:29Mais quand finalement,
- 37:30il y en a un qui est vendu au Maroc et qui s'adresse à une cliente spécifique qui est au Maroc,
- 37:34il y a un autre qui est pour une cliente qui,
- 37:36effectivement,
- 37:37est en vacances à Saint-Barthes,
- 37:39elle ne va pas aller venir comparer et dire « Non,
- 37:41je suis pas d'accord » .
- 37:42Donc,
- 37:43c'est important d'avoir ça en tête pour se tranquilliser sur ces écarts de prix sur des produits identiques.
- 37:49Après,
- 37:49je comprends ton point sur le Middle East où,
- 37:51effectivement,
- 37:51on a vraiment un travail à faire.
- 37:54en termes de logistique,
- 37:55d'avoir accès à des infrastructures,
- 37:58à des structures qui nous permettent véritablement,
- 38:01depuis l'Afrique,
- 38:02d'envoyer notre marchandise,
- 38:04nos collections,
- 38:04nos produits,
- 38:05aux quatre coins du monde.
- 38:07Oui,
- 38:07tout à fait.
- 38:08D'ailleurs,
- 38:08moi,
- 38:08je dirais que c'est même un des grands problèmes que j'ai rencontrés au moment où j'ai voulu internationaliser la marque.
- 38:15C'est vraiment tout ce qui était transport,
- 38:19dédouanement.
- 38:20En tout cas,
- 38:20nous,
- 38:21ici au Maroc,
- 38:22c'est vraiment très compliqué.
- 38:23accoutumée.
- 38:24très très très cher de passer par
- 38:26DHL ou FedEx,
- 38:27vraiment c'est des prix qui ont fait que j'ai eu des clients qui ont annulé des commandes,
- 38:32des grosses commandes,
- 38:33parce qu'il fallait qu'ils payent presque autant pour la livraison.
- 38:38Et je vous donne un exemple aussi,
- 38:40même inter-africain,
- 38:41c'est très compliqué.
- 38:43J'ai eu un client en Afrique du Sud,
- 38:46j'étais super contente,
- 38:47et je m'étais dit,
- 38:48bon voilà,
- 38:48comment on va faire pour envoyer du Maroc à l'Afrique du Sud,
- 38:51je ne pensais pas que c'était aussi compliqué.
- 38:53Et en fait,
- 38:53C'est tout.
- 38:53très compliqué et on passe par l'Europe.
- 38:55Ça veut dire que Mokoji est parti du Maroc,
- 38:57en Europe,
- 38:58pour ensuite repartir en Afrique du Sud.
- 39:01Et ça m'a coûté,
- 39:02ça a coûté au client presque la moitié de sa commande en termes de transport.
- 39:08Donc lui,
- 39:08ça ne l'a entre guillemets pas dérangé,
- 39:10en tout cas il a accepté parce qu'il a un concept où il met en avant des marques du continent dans sa boutique,
- 39:16donc ça passe aussi par le côté exclusivité,
- 39:18sélection,
- 39:19etc.
- 39:20Mais c'est vrai qu'un autre client aurait refusé.
- 39:22Et ça a été aussi très compliqué,
- 39:24parce que quand je l'ai envoyé,
- 39:26je n'avais pas de possibilité de faire du suivi du colis.
- 39:29Donc,
- 39:29ce n'est pas comme en France,
- 39:30où tu peux voir quand ils passent du tri au dédouanement.
- 39:35Là,
- 39:35j'étais dans le noir pendant quatre semaines.
- 39:37Où étaient mes produits ?
- 39:38Est-ce qu'ils étaient perdus ou pas ?
- 39:41Aucune façon de le savoir.
- 39:42Et c'est vrai que ça ne tranquillise ni nous,
- 39:45ni le client final.
- 39:47Et des fois,
- 39:47ça peut être compliqué.
- 39:50C'est vraiment important de souligner ces problématiques terrain que rencontrent le Maroc,
- 39:55mais énormément de pays d'Afrique,
- 39:56sur vraiment la partie,
- 39:57les frais de déplacement,
- 40:00les frais de logistique sont vraiment parfois complètement indécents et ça a un impact véritablement sur le développement de ta marque puisqu'il y a certaines zones,
- 40:10il y a certaines situations où tu vas te dire,
- 40:13bon,
- 40:13cette zone-là,
- 40:14je ne peux pas la développer puisqu'en termes de coûts,
- 40:16ce n'est pas rentable.
- 40:17En tout cas,
- 40:18c'est très compliqué.
- 40:19Oui,
- 40:19tout à fait.
- 40:20D'ailleurs,
- 40:20c'est dommage.
- 40:21C'est vraiment dommage parce qu'effectivement,
- 40:24ça bloque l'expansion,
- 40:26la croissance de ta marque.
- 40:27Et surtout,
- 40:28particulièrement,
- 40:30quand vous n'êtes pas une grosse entreprise.
- 40:34Parce qu'à la regarde,
- 40:34les grosses entreprises,
- 40:36elles bénéficient d'économies d'échelle.
- 40:38Elles envoient leurs marchandises par des palettes entières.
- 40:43Moi,
- 40:43j'envoie produit par produit ou à leur maximum.
- 40:46il va y avoir...
- 40:4820 pièces dans quelques cartons.
- 40:50Et donc c'est vrai que c'est extrêmement difficile,
- 40:52et moi je le vois aussi parce que j'ai...
- 40:54Ici ce qui est bien c'est qu'en fait on discute beaucoup entre créateurs,
- 40:58on a un espèce de collectif,
- 40:59en tout cas un groupe WhatsApp,
- 41:01où on parle,
- 41:02on échange beaucoup sur ces problématiques-là,
- 41:04et tout le monde effectivement rencontre ces problématiques-là,
- 41:07au point où l'idée qui a émergé de notre dernière réunion,
- 41:12et on souhaite vraiment la faire,
- 41:14c'était justement de se mettre en véritable collectif,
- 41:17afin de pouvoir négocier des prix auprès des transporteurs,
- 41:21ou en tout cas de trouver un moyen de mettre nos forces en commun pour pouvoir enfin bénéficier de prix
- 41:28« normaux » ou de prix « acceptables »
- 41:30et de pouvoir croître sans risque,
- 41:35ou en tout cas sans décevoir des clients qui attendent nos produits avec des tarifs de transport normaux et des délais normaux.
- 41:42En tout cas,
- 41:43la démarche du collectif,
- 41:45elle est très intéressante parce que c'est elle qui va vous donner du poids vis-à-vis des experts en logistique.
- 41:51Si vous arrivez à plusieurs créateurs en disant,
- 41:54voilà,
- 41:54notre volume global annuel,
- 41:56nous tous réunis,
- 41:57ça fait tant.
- 41:58Là,
- 41:58vous pouvez entrer en négociation et réussir à obtenir des tarifs préférentiels qui vont vous permettre de développer votre business,
- 42:07votre activité.
- 42:08Et ça va aussi être pour eux une opportunité de chiffre d'affaires.
- 42:11Je pense qu'à partir de là,
- 42:13ils seront d'autant plus intéressés.
- 42:17Ce que je voulais évoquer maintenant avec toi,
- 42:19c'est en termes de collection.
- 42:21Tu as parlé de ce fameux hitbag panier avec lequel tu as démarré.
- 42:26Aujourd'hui,
- 42:27ta collection,
- 42:29on peut dire,
- 42:29c'est comment tu la renouvelais déjà sur une année ?
- 42:31Est-ce que tu as une collection printemps-été,
- 42:33une collection automne-hiver ?
- 42:34Est-ce que tu suis ces rythmes-là ?
- 42:36Et combien de produits,
- 42:38en fait,
- 42:38est-ce que tu proposes dans une collection ?
- 42:41Alors,
- 42:42en fait,
- 42:42je ne suis pas du tout le calendrier de la Fashion Week.
- 42:47Déjà parce que je considère que je...
- 42:50En tout cas,
- 42:50vivant à Marrakech,
- 42:51naturellement,
- 42:52ma marque s'est dirigée vers une marque très estivale.
- 42:55Donc,
- 42:56ce qu'on appelle du resort wear.
- 42:58Donc,
- 42:58c'est uniquement ce que je fais.
- 43:00Donc,
- 43:00effectivement,
- 43:00je vais avoir des principes où en hiver,
- 43:02je vais avoir des manches plus longues qu'en été ou ce genre de choses.
- 43:07Mais je...
- 43:08C'est pas du tout ma manière de créer.
- 43:11Notre manière de créer,
- 43:11parce que je travaille beaucoup avec mes artisanes,
- 43:13elles participent beaucoup à la création des produits.
- 43:16Notre manière de créer,
- 43:17elle passe pas par l'établissement d'une collection.
- 43:21En fait,
- 43:21on a une inspiration,
- 43:24on décide de quelques produits,
- 43:26on les prend,
- 43:27on les développe,
- 43:28on regarde ce que ça donne.
- 43:29Si on les aime bien,
- 43:30ce qui est super,
- 43:31c'est qu'en fait,
- 43:31moi j'ai mon atelier boutique qui me sert d'espace d'expérimentation.
- 43:36ça veut dire que
- 43:37Dès qu'un produit me plaît,
- 43:38je peux le mettre dans la boutique,
- 43:39voir quelle est la réaction des clients.
- 43:41Si c'est quelque chose que les gens aiment,
- 43:44ou quelque chose qui m'intéresse ou l'intéresse l'un de mes artisanes,
- 43:48par exemple le fait de faire des petits charms en forme de fruits,
- 43:52etc.,
- 43:53qu'on adore,
- 43:55on teste,
- 43:56on regarde si ça fonctionne.
- 43:57Si ça fonctionne,
- 43:58on va continuer sur ce principe-là.
- 44:00Et en fait,
- 44:00on a des collections qui sont soit des collections permanentes,
- 44:04soit des collections en édition limitée.
- 44:06Donc,
- 44:06par exemple,
- 44:06notre collection permanente,
- 44:08c'est les petits...
- 44:09Aujourd'hui,
- 44:09c'est devenu des petits fruits,
- 44:11là,
- 44:11les petits charms,
- 44:12soit en raffia,
- 44:13soit en laine.
- 44:14Donc ça,
- 44:15on les fabrique toute l'année.
- 44:16Après,
- 44:16de temps en temps,
- 44:17on rajoute un nouveau fruit,
- 44:19un nouveau légume.
- 44:20Mais c'est quelque chose qu'on a décidé de faire tout le temps.
- 44:23Et après,
- 44:23par exemple,
- 44:23pour les sacs,
- 44:24on va,
- 44:25comme je disais tout à l'heure,
- 44:26je ne sais pas,
- 44:26je vais avoir une inspiration.
- 44:28J'ai vu une belle porte avec une super jolie forme.
- 44:32Je décide de la dessiner.
- 44:34Je trouve que ça fait des hances de sac jolies.
- 44:36J'en parle à mes artisanes,
- 44:38on décide de faire une collection et on va faire
- 44:4025 pièces de chaque couleur,
- 44:43par exemple,
- 44:44que je vais vendre dans ma boutique.
- 44:45Ensuite,
- 44:46je peux éventuellement les proposer à mes acheteurs B2B.
- 44:49Mais voilà,
- 44:50disons qu'en plus,
- 44:51comme on est une marque de slow fashion,
- 44:54finalement,
- 44:55on ne veut surtout pas se donner un calendrier qui va nous presser à faire ses collections par an.
- 45:01au contraire,
- 45:02nous on veut proposer des produits
- 45:04qui ont une âme et qui ont des belles finitions et qui sont bien faits et qui s'inspirent aussi beaucoup du local,
- 45:13qui sont des petites représentations hyper contemporaines de Marrakech.
- 45:18Donc c'est vrai qu'on focus plus sur ça que sur autre chose.
- 45:21Très bien,
- 45:21c'est important en tout cas de ne pas se forcer ce contrat à suivre un calendrier parce qu'il existe et que tout le monde a l'air de considérer que c'est le calendrier à suivre.
- 45:31C'est bien aussi d'être finalement,
- 45:34de créer son propre calendrier avec ses propres rythmes et son propre style.
- 45:40Et on sent que toi,
- 45:41c'est quelque chose qui est important pour toi.
- 45:43En termes de perspective,
- 45:44toi aujourd'hui,
- 45:45avec l'expérience que tu as acquise depuis le début du lancement de cette marque,
- 45:49Et puis,
- 45:50la perspective du salon Tranoï,
- 45:52quelles sont tes ambitions ?
- 45:53Où est-ce que tu imagines la marque d'ici quelques années ?
- 45:57Alors,
- 45:57en fait,
- 45:58mes ambitions...
- 45:59Alors moi,
- 45:59je suis évidemment super contente d'aller à Tranoï.
- 46:03En fait,
- 46:03il faut savoir que je travaille avec quelques magasins un petit peu partout dans le monde.
- 46:08Mais comme je n'ai pas une production qui est illimitée,
- 46:11au contraire,
- 46:11une production qui est très petite,
- 46:13et c'est choisi,
- 46:14parce que je n'ai pas beaucoup d'artisanes et je fais tout in-house.
- 46:19Je souhaite travailler avec des retailers,
- 46:22avec des acheteurs,
- 46:23avec des boutiques qui savent mettre en avant le genre de marque que je suis,
- 46:28c'est-à-dire tout un univers,
- 46:29mais aussi plein de techniques différentes.
- 46:33Donc,
- 46:34la perspective que je vois,
- 46:36si je devais me donner un plan sur trois ans,
- 46:39ça serait
- 46:40Tranoï, rencontrer des boutiques de qualité qui...
- 46:46peuvent super bien représenter la marque sur les marchés où je suis déjà,
- 46:49c'est-à-dire l'Europe et les Etats-Unis.
- 46:51J'aimerais aussi énormément pouvoir développer mon activité en Afrique.
- 46:56J'ai notamment,
- 46:57effectivement,
- 46:59j'étais donc à Cape Town et j'aimerais bien pouvoir retravailler avec cette boutique ou avec d'autres dans ce pays-là.
- 47:06J'ai aussi entendu parler d'une très belle scène de mode à Lagos,
- 47:11qui est une ville aussi qui m'intéresse beaucoup,
- 47:13mais aussi pouvoir peut-être m'exporter et...
- 47:16vers l'Egypte,
- 47:17ou le Middle East,
- 47:18comme je disais tout à l'heure.
- 47:20C'est le genre de marché aujourd'hui qui m'intéresse énormément dans les trois prochaines années.
- 47:27Très bien,
- 47:27tu parles donc d'expansion à l'international en ayant identifié différentes scènes.
- 47:33Toi,
- 47:33aujourd'hui,
- 47:33tu t'es concentrée sur les accessoires.
- 47:35Est-ce qu'aussi,
- 47:35en termes de produits,
- 47:37est-ce qu'il y a d'autres,
- 47:38je ne sais pas,
- 47:39peut-être,
- 47:39peut-être d'autres types de produits,
- 47:41de la chaussure,
- 47:42qui t'appondressent et que tu aurais envie de développer ?
- 47:45Oui,
- 47:45totalement.
- 47:46Alors,
- 47:46pas encore de la chaussure,
- 47:47mais des vêtements.
- 47:49Depuis peu,
- 47:50depuis quelques mois,
- 47:51on a développé une collection de vêtements.
- 47:54Donc,
- 47:55c'est toujours,
- 47:56en fait,
- 47:57ce que j'aime dans nos créations,
- 47:59c'est que c'est toujours très local.
- 48:00En fait,
- 48:01on s'est inspiré d'un tissu.
- 48:03En fait,
- 48:03on a trouvé un super beau tissu dans une boutique,
- 48:06très inspiré d'un tissu local,
- 48:09traditionnel,
- 48:10très chic.
- 48:11qu'on utilise normalement pour des cafetantes ou des tenues de mariage,
- 48:14qui s'appelle le tissu Jauhara,
- 48:16qui est un tissu en fait en soie rayée à l'horizontale,
- 48:21qui existe depuis très longtemps,
- 48:22très représentatif du Maroc.
- 48:25Et en fait,
- 48:25on a trouvé un tissu qui lui ressemble énormément,
- 48:29quasi à l'identique,
- 48:30et qui lui,
- 48:31étant avec de la viscose et un peu de soie,
- 48:33donc moins cher,
- 48:34donc plus accessible,
- 48:35mais aussi avec des intérêts comme le fait qu'il ne se froisse pas.
- 48:39pas,
- 48:40qui se lavent très facilement.
- 48:41Et ça,
- 48:42ça nous a fait beaucoup penser à Marrakech,
- 48:44parce que Marrakech,
- 48:45c'est effectivement être très chic avec des choses,
- 48:48avec des beaux tissus,
- 48:49mais aussi une ville où on marche,
- 48:51où il y a de la poussière,
- 48:55où des fois,
- 48:56on va passer d'un environnement à l'autre,
- 49:00il ne faut pas froisser ses habits,
- 49:01etc.
- 49:02Et on a aussi,
- 49:04en plus de ces tissus-là,
- 49:06on a aussi réfléchi la marque autour de sept
- 49:10Donc il y a toujours le haut qui est coordonné avec le bas et vous pouvez mix match avec d'autres pièces.
- 49:15Et on a fait aussi beaucoup de pièces en bas qui sont one size ou no size.
- 49:22Parce que le fait d'être des femmes,
- 49:27ce que j'ai oublié de dire depuis le début,
- 49:28qu'on est une entreprise 100%
- 49:30féminine.
- 49:32Au début c'était juste par hasard et puis c'est devenu par vocation.
- 49:36Donc on travaille qu'avec des vêtements qui sont ajustables à la taille.
- 49:40Donc que ce soit des jupes,
- 49:41des pantalons,
- 49:42etc.
- 49:43Donc on a imaginé tout un vestiaire,
- 49:45qu'on a appelé le vestiaire du Marrakech moderne.
- 49:49Qui pour l'instant est principalement vendu en boutique à Marrakech,
- 49:53mais qu'on souhaite exporter aussi à l'avenir.
- 49:56Mais voilà,
- 49:56on souhaite y aller aussi étape par étape.
- 49:58Comme la marque étape par étape est partie du sac aux accessoires,
- 50:02aux vêtements,
- 50:03aujourd'hui on exporte les sacs et les accessoires.
- 50:06Et on espère bientôt les rétours.
- 50:07Très bien,
- 50:08c'est intéressant de voir qu'effectivement,
- 50:10dans ton concept,
- 50:11il y a vraiment une volonté d'avoir quelque chose de très pointu,
- 50:16très qualitatif et très imprégné de la culture marocaine.
- 50:19Et en même temps,
- 50:20ce côté,
- 50:20on a envie vraiment d'être inclusif et ça va être présent dans tous les détails,
- 50:28dans la manière de créer.
- 50:30Donc l'idée,
- 50:30ce serait vraiment de garder ce côté sac en développement et de développer du prêt-à-porter.
- 50:35Oui,
- 50:36exactement.
- 50:36Ça serait vraiment l'idée.
- 50:38Et en fait,
- 50:40le prêt-à-porter,
- 50:41là où ce qui est sympa,
- 50:42c'est qu'on a créé des modèles.
- 50:44En fait,
- 50:44on passe toujours,
- 50:45comme on disait tout à l'heure,
- 50:47beaucoup de temps de développement sur chacune de nos pièces.
- 50:50Et en fait,
- 50:50on a vraiment fait en sorte d'avoir toutes ces pièces-là qui conviennent donc à toutes les tailles,
- 50:56du XS au XL.
- 50:57J'ai fait plein d'essayages,
- 50:59soit sur moi,
- 50:59sur mes cousines,
- 51:00sur vraiment toutes les perçages que je pouvais trouver.
- 51:03Et en fait,
- 51:04ce qui est bien pour les acheteurs chinois,
- 51:06enfin pour les acheteurs qui vont ensuite vendre en boutique,
- 51:09c'est que du coup,
- 51:10ça leur enlève quand même énormément le problème de la taille.
- 51:15Quand on fait du prêt-à-porter,
- 51:17souvent la plus grande chose qu'on rencontre en termes de production et de stockage,
- 51:23c'est combien je fais de pièces par taille.
- 51:25Et bien,
- 51:26on a entre guillemets résolu ce problème.
- 51:28Est-ce que dans ton ambition,
- 51:32est-ce que tu as envie d'avoir un atelier boutique,
- 51:35un concept store à toi ?
- 51:37Est-ce que ça fait aussi partie de tes projets d'avoir ton propre espace de distribution et de pouvoir rencontrer tes consommatrices ?
- 51:45En fait,
- 51:46c'est déjà le cas,
- 51:50où à Marrakech,
- 51:52j'ai un grand espace qui appartient à ma famille,
- 51:57dans lequel j'ai décidé d'installer la marque Iza.
- 52:02En fait,
- 52:02j'ai du mal à définir quel est cet espace,
- 52:05mais je trouve que c'est là où est son intérêt.
- 52:08C'est-à-dire qu'au début,
- 52:08c'était mes bureaux,
- 52:09puis c'est devenu mon showroom B2B.
- 52:11Ensuite,
- 52:12c'est devenu mon atelier,
- 52:14showroom.
- 52:15et donc atelier,
- 52:17puisque les femmes artisanes ont commencé à venir travailler avec moi sur place.
- 52:22Et depuis peu,
- 52:23c'est aussi devenu ma boutique en même temps,
- 52:25puisque c'est ouvert au public.
- 52:27En fait,
- 52:27les gens peuvent venir.
- 52:29Il y a une petite partie boutique où il y a les produits qui sont finis,
- 52:31qui sont exposés.
- 52:33Et ils peuvent surtout me voir travailler sur le design de mes produits,
- 52:38voir les artisanes travailler sur la production des produits,
- 52:41etc.
- 52:42Donc,
- 52:42c'est assez sympa.
- 52:43Très bien,
- 52:43super.
- 52:44Écoute,
- 52:45j'espère avoir l'opportunité de venir te voir pour découvrir cet appui.
- 52:50Mais je pense qu'on se verra avant de toute façon.
- 52:52Tout à fait.
- 52:53Et j'ai hâte de pouvoir te montrer ma collection.
- 52:55Avec plaisir.
- 52:56Écoute,
- 52:56on arrive à l'encontre de cette interview.
- 52:58Moi,
- 52:58j'étais ravie de cet échange,
- 53:00d'en découvrir davantage sur ta marque et sur tout ton processus créatif et tous les éléments qui font ce qu'est la marque Isa aujourd'hui.
- 53:11et hâte de te découvrir en direct au Salon Tranoï.
- 53:15Merci beaucoup,
- 53:16Ramatha.
- 53:16Merci,
- 53:17je te dis à très vite en Afrique ou ailleurs.
- 53:19Merci beaucoup,
- 53:20à très vite.
- 53:25Merci d'avoir écouté l'épisode jusqu'au bout.
- 53:27Je vous invite à pratiquer quelques petits gestes à impact fort pour m'aider à gagner de la visibilité sur ce podcast.
- 53:33Vous pouvez partager l'épisode à trois de vos amis,
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- 53:44Je vous dis à très vite en Afrique ou ailleurs.