Latest / Québécois et Canadien / Éric Poirier : Protéger le français au Québec
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- 0:00Bonjour et bienvenue au podcast Québécois et
- 0:02Canadien où on discute des enjeux de notre pays.
- 0:05Aujourd 'hui, on reçoit maître Éric Poirier,
- 0:07commissaire adjoint de la langue française. Il
- 0:09est essentiellement le vérificateur général du
- 0:12français pour l 'Assemblée nationale. On a une
- 0:14belle discussion sur l 'historique de la protection
- 0:16du français au Québec. Bon épisode. Éric Poirier,
- 0:26bonjour. Bonjour. Merci d 'avoir accepté l 'invitation.
- 0:28Tout le plaisir est pour moi. Fait que je vais
- 0:30commencer avec une question qui peut être simple
- 0:32et compliquée, dépendant de comment on la regarde.
- 0:34Est -ce que le français est en danger au Québec?
- 0:38Le danger est certainement fragilisé. Il est
- 0:40certainement en recul. Donc ça, c 'est assez
- 0:45clair. OK. Puis quand on évalue le niveau de
- 0:50français ou le recul, disons, du français, comment
- 0:53est -ce qu 'on fait pour faire ça concrètement?
- 0:55Ouais, c 'est assez compliqué. En fait, il y
- 0:58a un... il y a une série d 'indicateurs qu 'il
- 1:00faut prendre en considération. Souvent dans l
- 1:02'espace public, il y a un débat à savoir est
- 1:05-ce qu 'on doit regarder la langue maternelle
- 1:06ou est -ce qu 'on doit regarder la langue à la
- 1:07maison. Non, il faut regarder est -ce que les
- 1:09gens sont capables de tenir une conversation
- 1:11en français ou en anglais, les grands indicateurs
- 1:14du recensement canadien. Ça, c 'est un petit
- 1:16peu un piège. En fait... La question c 'est pas
- 1:19de savoir lequel est le bon indicateur et lequel
- 1:21est pas bon, puis il faut prendre en considération
- 1:23juste celui -là, puis rejeter tout le reste.
- 1:25Non, tous les indicateurs sont à prendre en considération.
- 1:28Chaque indicateur nous donne une fenêtre sur
- 1:31une partie de la réalité, mais aucun indicateur
- 1:35ne nous brosse le portrait complet. Donc, quelqu
- 1:39'un qui dit « Ah non, moi, la langue parle à
- 1:41la maison, je veux rien savoir », en fait, il
- 1:43faut lui dire « Là, t 'es en train de rejeter...
- 1:47» une donnée qui te permet d 'avoir une partie
- 1:50de la réalité. Tu ne devrais pas rejeter ça.
- 1:52Tu devrais plutôt dire, bon, on va regarder l
- 1:54'ensemble des indicateurs. Donc, comment on fait?
- 1:56Il y a les indicateurs classiques, langue maternelle,
- 1:59langue parlé à la maison, connaissance, connaissance
- 2:03de la langue française ou anglaise, donc la capacité
- 2:04de tenir une conversation, puis la langue de
- 2:06travail. Donc, ça, c 'est les quatre indicateurs
- 2:08de recensement. C 'est les principaux, les principaux
- 2:10parce qu 'on les suit à chaque cinq ans. Donc
- 2:12là, l 'an prochain, cette année, c 'est le recensement
- 2:152026. Donc, l 'été prochain, 2027, on va avoir
- 2:19des nouveaux chiffres sur la langue et on est
- 2:21capable de les suivre dans le temps. Donc, c
- 2:23'est les principaux indicateurs. Autrement aussi,
- 2:25il y a plusieurs études complémentaires, soit
- 2:28de l 'Office québécois de la langue française,
- 2:31soit de l 'Institut de la statistique du Québec.
- 2:32Souvent, c 'est un échantillon un peu plus petit.
- 2:34Des fois, on a de la difficulté à comparer dans
- 2:36le temps. Donc, ça aussi, c 'est des... des éléments
- 2:39qui nous permettent d 'avoir un portrait un peu
- 2:41plus nuancé, qui nous permet de saisir la situation
- 2:45dans toute sa complexité. Mais je vous dirais,
- 2:47votre question, c 'est comment on fait pour mesurer,
- 2:49comment on suit. Bien, on prend l 'ensemble de
- 2:51ces indicateurs, puis on les regarde un après
- 2:53l 'autre, puis on essaie de comprendre le portrait
- 2:56global. J 'imagine que les indicateurs, il y
- 3:00a des méthodes statistiques pour faire des sondages.
- 3:03Ça, je mène qu 'il doit y avoir moins de... Controverse,
- 3:06disons, sur, tu sais, est -ce que tu parles français
- 3:08à la maison, tu parles pas français à la maison,
- 3:09j 'imagine que ça peut sortir quand même, mais
- 3:11dans l 'évaluation ou l 'interprétation, puis
- 3:14le poids qu 'on donne à chacun de ces indicateurs
- 3:17-là, j 'imagine que c 'est peut -être là qu 'il
- 3:18peut commencer à y avoir des bouts ou pas. Bon,
- 3:22tu sais, c 'est sûr que, tu sais, la question
- 3:24à savoir est -ce que le français décline vraiment
- 3:27ou pas vraiment, c 'est sûr que ça dépend de
- 3:30l 'interprétation qu 'on fait des indicateurs.
- 3:33Généralement, les chercheurs, les personnes qui
- 3:37disent que le français n 'est pas en danger et
- 3:39que ça ne décline pas. Généralement, ce qu 'ils
- 3:43font, c 'est qu 'ils voient que l 'indicateur,
- 3:45disons, le français le plus souvent parlé à la
- 3:48maison est en déclin. Le français, langue maternelle,
- 3:50est en déclin. Le français, utilisé comme langue
- 3:54prédominante au travail, est en déclin. Donc,
- 3:55tous ces indicateurs sont en déclin. Mais la
- 3:57raison pour laquelle ils sont en mesure de dire
- 3:59que ça ne décline pas, c 'est parce qu 'ils disent,
- 4:00OK, mais le français décline, mais au profit
- 4:03d 'une utilisation de plusieurs langues en même
- 4:06temps. OK. Donc, par exemple... Si jamais ils
- 4:08parlent le mandarin, ce n 'est pas une menace
- 4:09pour le français, exactement. Oui, ou des fois,
- 4:12c 'est même le français et l 'anglais. Si le
- 4:14français est en déclin comme langue de travail
- 4:17prédominante, donc là, on est dans l 'espace
- 4:18public, donc là, on enlève l 'enjeu de savoir
- 4:21si c 'est intéressant de savoir ce qui se passe
- 4:23à la maison ou non. Donc, regardons juste l 'angle
- 4:25de travail. Est -ce que le français est utilisé
- 4:28comme langue prédominante au travail? Donc, il
- 4:31y a un déclin de 3 -4 % quand on regarde les
- 4:34derniers recensements. Donc, un léger déclin.
- 4:38Mais il y a une croissance du nombre de personnes
- 4:41qui disent utiliser à égalité le français et
- 4:43l 'anglais. Donc là, les chercheurs qui disent
- 4:46que le français n 'est pas en déclin disent,
- 4:48ben, il n 'est pas vraiment en déclin parce que
- 4:50le français ne disparaît pas. En fait, il y a
- 4:53un déclin de l 'usage prédominant du français
- 4:55au travail, mais il y a une croissance de l 'utilisation
- 4:58du français et de l 'anglais à égalité. Donc,
- 5:00le français n 'est pas en train de... de se tasser.
- 5:02Il n 'est pas en train de disparaître. En fait,
- 5:04il y a eu une augmentation du nombre de temps
- 5:07où, dans ma journée au travail, j 'utilise le
- 5:09français et l 'anglais, et donc le français.
- 5:12Les chercheurs qui vont dire non, il y a quand
- 5:14même un déclin, si on reste sur l 'indicateur,
- 5:17langue du travail. Là, ils vont dire, ah, mais
- 5:19là, vous ne regardez pas le portrait au complet,
- 5:20parce qu 'il faut aussi regarder ce qui se passe
- 5:22avec la langue anglaise. Et là, c 'est là que
- 5:25ça devient intéressant. Donc, le français comme
- 5:28langue prédominante au travail... Donc, quand
- 5:30on regarde les deux derniers recensements, même
- 5:33les trois derniers recensements, il y a un 3
- 5:35-4 points qui diminuent. Le français et l 'anglais
- 5:37utilisés à égalité au travail augmentent, mais
- 5:41l 'anglais comme langue prédominante utilisée
- 5:44au travail est en croissance. Ce qui fait que
- 5:47si le français est fragile, c 'est comme s 'il
- 5:51y a une croissance... assimétrique, si on veut,
- 5:56de l 'utilisation à égalité du français et de
- 5:59l 'anglais, ou, je vais le dire autrement, le
- 6:02pluralisme au travail augmente au détriment du
- 6:05français. Pourquoi? Parce que le français décline
- 6:09tranquillement, l 'utilisation à égalité du français
- 6:12et de l 'anglais augmente, mais l 'anglais prédominé
- 6:14au travail, lui, augmente aussi. Donc, pour tout,
- 6:18je dirais... Fait que juste pour résumer ça vite
- 6:20-vite avant que tu... Fait que si je comprends
- 6:22bien... Si tu prends les milieux de travail,
- 6:26les milieux de travail où on parle juste français,
- 6:29ça diminue. Les milieux de travail où on parle
- 6:32juste anglais, ça l 'augmente. Puis les milieux
- 6:34de travail où on parle anglais et français, ça
- 6:36l 'augmente. Fait que quelqu 'un qui veut argumenter
- 6:38que le français recule pas va dire, bien, si
- 6:40on considère les gens qui travaillent bilingue,
- 6:43de façon bilingue, il y a une augmentation. Donc,
- 6:46le français continue à être utilisé puis augmenté.
- 6:49parallèlement à l 'anglais, si on veut regarder
- 6:51et dire que le français est peut -être plus menacé
- 6:52dans les milieux de travail, on va dire, oui,
- 6:54bien là, le français seulement diminue, l 'anglais
- 6:56seulement augmente, et en plus, le bilinguisme
- 6:59augmente, donc le nombre total de milieux où
- 7:02il y a juste le français diminue. On pourrait
- 7:04dire ça comme ça. C 'est un résumé grossi acceptable.
- 7:10Exact, c 'est ça, de quelqu 'un qui n 'est pas
- 7:12un spécialiste là -dedans. OK, je vais te laisser
- 7:15continuer. Donc, c 'est ça. Donc, le chercheur
- 7:20qui dit, attention, le français est fragilisé,
- 7:24est en recul, il va dire, bien là, nous, on a
- 7:26pris en considération l 'ensemble du portrait.
- 7:29Puis, étant donné que l 'usage prédominant de
- 7:32l 'anglais au travail augmente, je vais le dire
- 7:36autrement. S 'il y avait un déclin du français
- 7:39dans l 'usage prédominant au travail, une croissance
- 7:43du français et de l 'anglais à égalité en augmentation,
- 7:47Et que l 'anglais, comme le français, était aussi
- 7:49en déclin. Là, on pourrait dire qu 'il y a comme
- 7:51un équilibre dans le déclin. Parce que les milieux
- 7:54deviennent bilingues. Les milieux deviennent
- 7:57bilingues. Donc, il n 'y a pas d 'espace où l
- 8:00'anglais prend la place du français. En fait,
- 8:02il y a une augmentation des espaces où on utilise
- 8:04les deux en même temps. C 'est la bilingusation
- 8:07de la société. Les jeunes sont de plus en plus
- 8:10bilingues par le français et l 'anglais. Donc,
- 8:11il y a comme un phénomène de société qui est
- 8:13en train de se produire. Est -ce que le français
- 8:15est vraiment en train de décliner? Ben là, il
- 8:17faudrait aller encore plus précis pour le savoir.
- 8:20Mais là, au moins, on aurait la... On pourrait
- 8:25évaluer qu 'étant donné que le français et l
- 8:28'anglais sont en déclin tous les deux en même
- 8:30temps, il n 'y a pas une des langues publiques
- 8:33qui prend dessus sur l 'autre. Parce que ultimement,
- 8:37est -ce que les langues tierces, les langues
- 8:39de l 'immigration, même les langues autochtones,
- 8:40sont une menace aux français? En théorie, non.
- 8:44Parce que dans l 'espace public, ça va être le
- 8:48français ou l 'anglais. Fait que c 'est vraiment
- 8:49ces deux langues -là qu 'il faut regarder. Puis
- 8:51quand on se retrouve avec un indicateur comme
- 8:52langue du travail, où là on voit que le français
- 8:55prédominant est en déclin, puis que l 'anglais
- 8:57prédominant, lui, est en croissance, c 'est là
- 8:59que la lumière orange allume. Oui, puis pour
- 9:02avoir... Puis c 'est un hic de cycle, mais pour
- 9:04l 'avoir fait, travailler avec des multinationales...
- 9:06Tu sais, je veux dire, ton siège social, le beau
- 9:08-d 'être à Montréal, quand t 'as un appel avec
- 9:12le bureau à Londres ou pour n 'importe où aux
- 9:14États -Unis, il y a une pression corporative
- 9:18pour que ça se passe en anglais, là. Tu sais,
- 9:20les gens, à l 'autre bout du fil, ne parlent
- 9:22pas français. Ça fait que c 'est un continuel
- 9:25combat de s 'assurer que les milieux de travail
- 9:27puissent être français, à un certain niveau.
- 9:28Ouais, tu sais, la charte de la langue française
- 9:30empêchera pas... empêchera pas ça, là, tu sais,
- 9:33dans une économie mondialisée. Quand t 'es locuteur
- 9:37d 'une langue minoritaire, faut... il faut nécessairement
- 9:40que tu fasses l 'interface entre la langue dominante
- 9:43puis la langue minoritaire. C 'est pour ça que
- 9:46dans nos travaux plus récents au Commissaire
- 9:48à la langue française, on suggère au gouvernement
- 9:50du Québec d 'ajouter un indicateur linguistique
- 9:53dans ces programmes d 'investissement économique.
- 9:56Donc présentement, c 'est comme pas pris en considération.
- 9:59Donc on aide le secteur bancaire, le secteur
- 10:01des hautes technologies, tel ou de secteur, un
- 10:03manufacturier X, Y, Z, sans se demander est -ce
- 10:06qu 'on est en train d 'aider des secteurs où
- 10:08on... travail en français ou on peut travailler
- 10:10en français ou non. Donc nous, ce qu 'on dit,
- 10:13c 'est que ce qu 'on devrait ajouter dans l 'évaluation
- 10:17que le gouvernement du Québec fait avant d 'aider
- 10:20tel milieu, telle entreprise, tel secteur, c
- 10:22'est juste pas de dire on va juste financer des
- 10:25endroits où on parle français, mais de dire à
- 10:29un retombé économique égal. s 'il y a un secteur
- 10:33où c 'est impossible de parler français parce
- 10:35que c 'est très mondialisé, t 'es en contact
- 10:37avec New York, avec Londres, Toronto, constamment,
- 10:40ben là, à retombée économique égale, il y a plein
- 10:43de secteurs où le français se porte bien, on
- 10:45devrait aider ces secteurs -là, comme ça, par
- 10:48la même occasion, ben on aide le français comme
- 10:52langue normale et habituelle de travail de ce
- 10:53moment -là. À retombée économique égale, tu favorises
- 10:56une entreprise française par exemple par rapport
- 10:58à une entreprise... Hongroise ou Britannique,
- 11:01t 'as plus de chances de pouvoir travailler en
- 11:02français. Ouais, mais là, c 'est de regarder
- 11:04des secteurs. Là, on voit qu 'il y a des grands
- 11:06secteurs où le français se porte. quand même
- 11:09bien. Bon, c 'est sûr, les services publics,
- 11:13la santé, les services sociaux, le français se
- 11:15porte bien. L 'hôtellerie, la restauration, même
- 11:18le secteur manufacturier, le français se porte
- 11:20bien. Il y a des secteurs où, là, c 'est plus
- 11:22difficile. Tout ce qui est comme vraiment le
- 11:25secteur bancaire, bien souvent, à Montréal, on
- 11:28offre des services bancaires de soutien à des
- 11:31institutions qui sont à New York ou à Londres.
- 11:35Comment est -ce possible de travailler en français
- 11:36dans cet environnement -là? Bien, peut -être
- 11:39avec des collègues, mais si l 'essentiel de ton
- 11:42travail, c 'est d 'être en communication, puis
- 11:44lire des courriels, puis parler au téléphone,
- 11:46puis faire des rencontres Teams avec des gens
- 11:47qui sont à Londres et à New York, je ne vois
- 11:50pas comment on va pouvoir parler en français.
- 11:53Donc, ce que je veux dire, c 'est que le gouvernement
- 11:55du Québec, avant d 'aider un secteur ou un autre,
- 11:58peut se demander... Bon. Est -ce que c 'est un
- 12:02secteur où on peut travailler en français? Est
- 12:04-ce que c 'est un secteur où les gens travaillent
- 12:05en français? On ne dit pas, quand on ne peut
- 12:08pas travailler en français, qu 'il ne faut pas
- 12:10mettre d 'argent. Peut -être qu 'il y a plein
- 12:12d 'autres raisons. Une décision politique, vous
- 12:14le savez, il y a comme 100 indices à regarder
- 12:18avant de prendre une bonne décision. Une bonne
- 12:19usine en Gaspésie, c 'est ça. Donc, tout ce qu
- 12:23'on dit, c 'est que présentement, le gouvernement
- 12:25du Québec n 'a pas du tout sur son tableau de
- 12:27bord l 'indicateur, l 'angle de travail. Nous,
- 12:31ce qu 'on a dit, c 'est, étant donné que le gouvernement
- 12:34du Québec a un levier, dans plusieurs secteurs
- 12:37pour favoriser le français comme langue de travail,
- 12:40pourquoi ne pas l 'utiliser? Moi, ce que je me
- 12:43demande, parce que c 'est une question... À chaque
- 12:46quelques années, il y a un débat sur le recul
- 12:48du français. Puis là, il y en a qui disent, ça
- 12:50arrive, ça arrive pas. Puis là, on a un débat
- 12:52là -dessus. Moi, je viens du milieu des affaires.
- 12:55J 'ai mon entreprise, je traite des clients américains.
- 12:58Ça se passe en anglais parce que si on est tous
- 12:59États -Unis, on ne parle pas français. Le frein
- 13:03que pourrait possiblement causer au niveau économique
- 13:06le français, comment est -ce qu 'on conjugue
- 13:09la volonté des entreprises québécoises de prendre
- 13:12de l 'ampleur, de croître, de contribuer à notre
- 13:16tissu économique et à la fois le droit des travailleurs
- 13:20et les droits québécois de travailler en français?
- 13:23Comment est -ce qu 'on fait pour... pas empêcher
- 13:25la croissance des entreprises ou en tout cas
- 13:27la limiter au maximum, mais en même temps assurer
- 13:30la protection du français. Ouais, tu sais, c
- 13:32'est distinguer les... Puis, en fait, tu sais,
- 13:36présentement, en fait, depuis 2025, l 'ensemble
- 13:39des entreprises qui ont 25 employés plus doivent
- 13:41s 'inscrire à l 'OQLF, suivre la procédure de
- 13:43francisation. Si le français est déjà dégenéralisé,
- 13:46ils ont leur certificat de francisation. s 'il
- 13:48n 'est pas généralisé, il doit adopter un programme
- 13:50et le généraliser. L 'Office québécois de langue
- 13:52française prend en considération cet élément
- 13:54-là. Donc, tous les postes, tous les endroits
- 13:59où tu es en interface directe avec l 'étranger,
- 14:02ça ne pourra pas réalistement être en français.
- 14:06Il y a une compréhension que ça peut être en
- 14:08anglais. La chambre de la langue française n
- 14:10'empêche pas... d 'exiger la connaissance de
- 14:13l 'anglais ou d 'une autre langue que le français
- 14:14à l 'embauche quand c 'est justifié, quand c
- 14:16'est nécessaire, puis il y a quelques critères
- 14:18à respecter. Mais la chape de la langue française,
- 14:20depuis 1977, elle déclare que le français est
- 14:23la langue normale et habituelle du travail au
- 14:25Québec et n 'a jamais interdit à un employeur
- 14:29d 'exiger la connaissance de l 'anglais à l 'embauche
- 14:32quand c 'est nécessaire, quand c 'est justifié.
- 14:34Par exemple, je suis un poste, je suis constamment
- 14:37en train de parler avec des fournisseurs, des
- 14:38clients à l 'étranger. C 'est justifié chaque
- 14:41jour. Mais ce n 'est pas parce que dans mes tâches
- 14:46principales, il y a cet élément -là, c 'est -à
- 14:48-dire être constamment ou presque constamment
- 14:50avec des clients qui sont à l 'étranger. Ce n
- 14:53'est pas parce que cet élément -là est justifié
- 14:55que c 'est justifié ensuite de ça dans l 'entreprise
- 14:57quand je me tourne auprès de mes collègues, mais
- 15:00que là, que les courriels soient en anglais.
- 15:01complètement en anglais, que les manuels d 'instruction
- 15:04soient en anglais, que les formations soient
- 15:06en anglais, que les rencontres de travail avec
- 15:08des collègues à l 'interne soient en anglais.
- 15:09Il y a comme un peu cette distinction -là qu
- 15:11'il faut faire. Donc, l 'achat de la langue française
- 15:14n 'est pas un frein au développement des entreprises.
- 15:19L 'achat de la langue française veut juste distinguer
- 15:20deux choses. Le moment où tu as besoin de parler
- 15:23anglais ou une autre langue que le français pour
- 15:25être avec des gens à l 'extérieur. puis les nombreux
- 15:30moments où t 'es avec tes collègues à l 'interne,
- 15:32où là le français devrait être la langue normale
- 15:34et habituelle du travail. On va revenir sur la
- 15:36loi 96 sur les PME tantôt. Avant peut -être,
- 15:40ce que j 'aimerais qu 'on fasse juste parce qu
- 15:42'on a plusieurs fois qu 'on en parle, puis ça
- 15:43va peut -être la peine de définir un peu l 'historique
- 15:45de ça. Comment on en est venu à implanter une
- 15:49loi sur le français au Québec? Ouais, bon, il
- 15:53y a plusieurs enjeux, mais l 'enjeu principal...
- 15:58Si on veut, le moteur politique de l 'achat de
- 16:02la langue française en 1977, c 'était vraiment
- 16:04la langue d 'enseignement. Donc, ça faisait plus
- 16:06d 'une dizaine d 'années que l 'enjeu devenait
- 16:11de plus en plus important. C 'est -à -dire qu
- 16:14'avant 1977... et encore plus avant 1974, la
- 16:19loi sur la langue officielle de Robert Bourassa.
- 16:21Mais, clairement, avant 1977, la chaire de la
- 16:23langue française, Renée Lévesque et Camille Lorrain,
- 16:27les parents avaient le libre choix de la langue
- 16:29d 'enseignement pour leurs enfants. Puis, à Montréal,
- 16:32où se concentrent les migrations, les statistiques
- 16:35du ministère de l 'Éducation indiquaient que
- 16:3791 % des immigrants allophones choisissaient
- 16:41l 'école anglaise pour leurs enfants. C 'est
- 16:44plus pratique, j 'imagine. On est en Amérique
- 16:48du Nord, c 'est la langue de l 'ascension sociale,
- 16:50la langue de la culture, la langue de l 'économie,
- 16:52la langue de l 'empire le plus puissant de l
- 16:56'histoire de l 'humanité qui est juste à côté
- 16:58de nous. Donc toutes les forces menaient ces
- 17:03parents -là à choisir pour leurs enfants. l 'école
- 17:07anglaise. Le 91%, ce n 'est pas un sondage avec
- 17:12une marge d 'erreur. C 'est les statistiques
- 17:14du ministère de l 'Éducation. L 'enregistrement
- 17:16dans les écoles. Exact. On sait précisément.
- 17:20Et ces chiffres -là étaient su, de plus en plus
- 17:24su, en fait, depuis la commission par an. Il
- 17:26y a Guy Rocher qui nous a quittés récemment à
- 17:29la fin des années 60, début des années 70. Donc
- 17:32c 'était connu. Il y avait un enjeu, puis on
- 17:34se disait, les gens de l 'époque se disaient,
- 17:36bien là, tu sais, si ça continue comme ça, le
- 17:40français va vraiment être fragile. Si presque
- 17:45tous les nouveaux arrivants... Envoient leurs
- 17:49enfants à l 'école anglaise, c 'est un enjeu.
- 17:53C 'est comme si on n 'avait plus besoin de faire
- 17:54de dessin et de graphique. Les gens comprenaient
- 17:56ça. Et donc, le gouvernement du Québec a essayé
- 18:00à plusieurs reprises de régler cet enjeu -là.
- 18:02Donc, l 'Union nationale, à la fin des années
- 18:0460, avec la loi pour promouvoir la langue française
- 18:07au Québec, finalement consacrait le libre choix
- 18:11pour les parents. mais disaient que les nouveaux
- 18:14arrivants devaient, à la fin de leur parcours,
- 18:17avoir une certaine connaissance du français,
- 18:18mais ils pouvaient faire leur parcours en anglais
- 18:20puis apprendre le français, langue seconde. Ensuite
- 18:24de ça, les libéraux de Robert Bourasson ont voulu
- 18:27aussi régler le problème en 1974 avec la loi
- 18:29sur la langue officielle qui déclarait le français
- 18:31langue officielle. Donc c 'est la première fois
- 18:33dans notre histoire que ça nous arrive. Parce
- 18:34qu 'avant, c 'était pas notre langue officielle.
- 18:35Ça avait jamais été déclaré comme tel. Donc c
- 18:38'est les libéraux de Robert Bourassa qui ont
- 18:40été les premiers à le faire. Puis pour régler
- 18:42le problème de l 'éducation, ils ont essayé de
- 18:45se raccrocher à un critère de langue maternelle.
- 18:48Donc ils disaient, l 'enfant qui maîtrise déjà
- 18:52l 'anglais à l 'entrée à l 'école, on présume
- 18:54d 'une certaine manière que l 'anglais, c 'est
- 18:55sa langue maternelle. Donc lui, il pourrait aller
- 18:57à l 'école anglaise. Mais tous les autres vont
- 18:59devoir aller à l 'école française. Puis si ça
- 19:02n 'a pas fonctionné, c 'est que là, il y a des
- 19:04parents motivés qui enseignaient l 'anglais à
- 19:07leurs enfants pour que quand ils arrivent à l
- 19:10'école primaire, la commission scolaire dise,
- 19:12ah, bien, ils parlent bien anglais, donc il y
- 19:14a la connaissance de l 'anglais, donc il peut
- 19:17s 'inscrire à l 'école anglaise. Donc ça a créé,
- 19:20ça a donné place à l 'arbitraire. Donc finalement,
- 19:24ça n 'a pas réglé le problème. C 'est vraiment
- 19:26avec l 'achat de la langue française. que le
- 19:28problème a été réglé, c 'est -à -dire avec le
- 19:31critère de la langue dans laquelle les parents
- 19:34ont étudié. Donc, ça, c 'est objectif. Je veux
- 19:37dire, tout le monde est capable de démontrer
- 19:40dans quelle langue ils ont reçu leur éducation
- 19:42primaire, soit qu 'on en rencontre au vieux bulletin,
- 19:45soit qu 'on contacte l 'école où on a été. En
- 19:48fait... Camé -Laurent, qui était le ministre
- 19:50responsable de la Chambre de langue française,
- 19:53avait testé cette idée -là. Donc, il avait téléphoné
- 19:56dans des écoles, dans des commissions scolaires.
- 19:57« Hey, est -ce que vous avez toujours les bulletins
- 20:00scolaires des parents, tu sais, 20 ans, 30 ans
- 20:04plus tard quand les parents décident d 'avoir
- 20:06des enfants? » Et la réponse, c 'est oui. Donc,
- 20:08là, ils se sont dit, bien, avec un critère objectif
- 20:10comme ça, est -ce que... Donc, vous pouvez envoyer
- 20:13votre enfant à l 'école anglaise si... l 'un
- 20:17des parents a lui -même reçu l 'école anglaise
- 20:19au Québec. Donc c 'était la règle en 1977. Donc,
- 20:22en résumé, s 'il fallait nommer un seul enjeu,
- 20:25parce qu 'il y en a plein d 'autres, je pourrais
- 20:26en parler pendant une heure, mais s 'il faut
- 20:28nommer un seul enjeu qui a mené le Québec à adopter
- 20:32une politique linguistique, c 'est vraiment l
- 20:34'enjeu de la langue d 'enseignement. Puis la
- 20:39raison pour laquelle... on peut présumer que
- 20:44c 'est resté dans l 'imaginaire collectif. La
- 20:46raison pour laquelle on retient l 'achat de la
- 20:48langue française de 1977, c 'est que c 'est vraiment
- 20:50la première fois en plus de dix ans qu 'on avait
- 20:55une loi qui venait régler l 'enjeu principal.
- 20:59Donc dorénavant, sauf si vous avez un lien...
- 21:07avec les institutions d 'enseignement. Donc vous
- 21:09avez, vous -même comme parents, fréquenté une
- 21:11école anglophone au Québec. Tous les autres vont
- 21:14envoyer leurs enfants à l 'école française, ce
- 21:16qui comprend l 'essentiel des francophones puis
- 21:19tous les nouveaux arrivants. Donc l 'école française
- 21:21devenait la nouvelle option obligatoire, disons.
- 21:24Oui, c 'est ça, le lieu de convergence de la
- 21:28population québécoise. Puis on venait quand même
- 21:31protéger, réserver les institutions anglophones.
- 21:35pour tout le monde qui avait un lien avec les
- 21:38institutions anglophones. Donc, finalement, c
- 21:40'est comme ça que... c 'est comme ça que ça s
- 21:42'est réglé. Pis si je me trompe pas, dans la
- 21:45Charte de langue française, il y avait un aspect
- 21:47sur l 'affichage en français aussi? Exact. Alors
- 21:50ça, c 'est bon que vous m 'amenez là -dessus.
- 21:52C 'est un autre gros élément. Donc ça, c 'est
- 21:54peut -être un... Peut -être l 'élément le plus
- 21:57emblématique de la charte de langue française
- 21:58de 1977. C 'est notre vocabulaire anglais sur
- 22:02les voitures, on le prête quelque part. Le windshield
- 22:07et les wipers. C 'était tout l 'affichage commercial.
- 22:11Avant 1974, avec la loi de Robert Bourassa, on
- 22:19pouvait afficher comme on voulait. Donc là, on
- 22:23retrouvait de l 'affichage unilingue anglophone
- 22:26au centre -ville de Montréal, au centre -ville
- 22:27de Sherbrooke, qui parle dans toutes les grandes
- 22:28villes. Même encore aujourd 'hui, il y a des
- 22:30reliquats un peu de ça quand on voit le Bank
- 22:33of Montreal, quand c 'est gravé dans la pierre.
- 22:37Donc on voit encore un reliquat de l 'époque
- 22:40où des entreprises pouvaient, en toute liberté,
- 22:44choisir la langue de leur choix pour afficher.
- 22:48Donc... En 1974, on est venu changer ça pour
- 22:52dire qu 'il faut que ça soit en français et en
- 22:53anglais. Ça pouvait être à égalité. L 'achat
- 22:56de la langue française a comme complètement changé
- 22:58la situation avec un très court délai de mise
- 23:01en œuvre en disant que dorénavant, l 'affichage
- 23:04commercial va être exclusivement en français.
- 23:06Sauf quelques exceptions, donc évidemment que
- 23:08ce n 'était pas complètement du mur à mur. Les
- 23:11petits commerces avec de mémoire le moins de
- 23:13cinq employés, donc des petits dépanneurs, ça
- 23:15pouvait être anglais, français. les petites entreprises
- 23:19épiceries qui s 'adressent à une communauté culturelle
- 23:21en particulier. Là, il y avait beaucoup de place
- 23:24pour la langue de la communauté culturelle en
- 23:26particulier, mais grosso modo, tout ce qui était
- 23:28les grandes chaînes, les grands magasins, les
- 23:33grandes entreprises, là, c 'était exclusivement
- 23:35français. Pendant quelques années, il y a des
- 23:39affiches qui ont dû être démontées, remplacées
- 23:41par des affiches uniquement français. Ça a dû
- 23:44être quand même déstabilisant à un certain niveau.
- 23:47De même matin, puis je comprends que c 'est la
- 23:48langue que tout le monde parle, si de même matin,
- 23:50tout l 'affichage au centre -ville, à Montréal,
- 23:54changeait de langue, ça va être quand même, puis
- 23:56les prix et tout ça. Je peux comprendre le principe,
- 23:59mais juste au niveau humain, passer à travers
- 24:01un changement de tout l 'affichage, ça va être
- 24:05quand même quelque chose. Ça a dû être quelque
- 24:07chose. Il faut dire que c 'était directement
- 24:09en lien avec l 'objectif. Grosso modo, l 'objectif
- 24:14de l 'achat de la langue française est double.
- 24:16Faire du français de la langue officielle, mais
- 24:18aussi faire du français de la langue commune.
- 24:20Donc, langue officielle, c 'est plus en lien
- 24:22avec les institutions publiques. Donc, la langue
- 24:24des tribunaux, la langue de l 'Assemblée nationale,
- 24:28la langue de l 'administration, les services
- 24:29publics, la langue de l 'enseignement. On pourrait
- 24:32faire un lien aussi avec l 'enseignement, avec
- 24:34la langue de l 'enseignement. Donc, c 'était
- 24:35vraiment langue officielle, langue commune. Donc
- 24:37ça, c 'est beaucoup plus large. L langue commune...
- 24:39Oui, il y a les institutions publiques, mais
- 24:41ça va beaucoup plus large, donc ça touche au
- 24:42commerce aussi, tu sais, tout ce qui est public,
- 24:44là. Donc, l 'idée de changer assez drastiquement
- 24:50la norme en 1977 pour mettre l 'affichage exclusivement
- 24:55en français, l 'affichage commercial, c 'était
- 24:57en lien avec l 'objectif de langue commune. Donc,
- 25:00c 'était l 'idée que si on veut faire du français
- 25:03à la langue commune, veut, veut pas. toutes les
- 25:07personnes qui sont ici doivent, dans leur journée,
- 25:11au courant de leur semaine, être confrontés à
- 25:13des moments où ils n 'auront pas le choix d 'utiliser
- 25:14le français. L 'affichage commercial, ça remplissait
- 25:17un de ces objectifs -là. Tu ne peux pas faire
- 25:19ton épicerie sur le lit. Exact, tu promènes en
- 25:21auto sur l 'autoroute, il y a des panneaux réclames,
- 25:24ils sont en français, tu rentres dans un centre
- 25:26-ville, l 'affichage est en français, tu arrives
- 25:28dans un magasin, l 'affichage est en français.
- 25:33je veux dire, jour après jour, après jour, après
- 25:36jour, après jour. C 'est cette idée, on va venir
- 25:38à bout de faire du français en langue commune
- 25:39parce qu 'il va y avoir des moments, jour après
- 25:41jour, où tout le monde va devoir utiliser le
- 25:44français. Ça va être un gros incitatif. On va
- 25:47dire aux francophones, votre langue est utile.
- 25:50Au Québec, votre langue est utile partout. On
- 25:52va dire aux anglophones, c 'est une bonne idée
- 25:53d 'apprendre le français parce que vous en avez
- 25:55besoin. Et on va dire aux nouveaux arrivants,
- 25:57là... vous allez envoyer vos enfants à l 'école
- 25:59française, mais ça serait vraiment bon que vous
- 26:01appreniez le français parce que vous allez en
- 26:03avoir besoin. Une petite nuance, l 'étiquetage
- 26:06sur les produits pouvait toujours être bilingue.
- 26:08En fait, il y a une distinction entre étiquetage
- 26:10et affichage. C 'est juste pour être rigoureux.
- 26:14Mais donc, c 'était vraiment l 'affichage. Avocat
- 26:16oblige. Exactement. Donc, affichage extérieur
- 26:19des commerces, mais aussi intérieur. Donc, c
- 26:21'était vraiment en lien avec le français et la
- 26:23langue commune. Il y avait plusieurs dispositions
- 26:25comme ça en 1977. Donc, on réserve l 'école française
- 26:30en principe. Ça va être pour tout le monde. L
- 26:35'affichage va être en français exclusivement
- 26:37en principe. Les lois vont être officielles juste
- 26:41en français. Les pièces de procédure devant les
- 26:44tribunaux vont devoir être en français. Évidemment,
- 26:45il y avait quelques exceptions, mais t'sais,
- 26:47c 'est cette idée que dans des institutions importantes,
- 26:50dans des lieux publics importants, tout le monde...
- 26:54que tu sois né ici ou pas, tout le monde va être
- 26:58confronté, semaine après semaine, à devoir utiliser
- 27:02le français. Puis là, tranquillement, ça va devenir
- 27:04naturel. Ça va devenir naturel, c 'est -à -dire
- 27:06que les gens vont se dire, ouais, au Québec,
- 27:10apprendre le français, maîtriser le français,
- 27:13c 'est comme ça que je vais pouvoir graver les
- 27:16échelons, c 'est comme ça que je vais pouvoir
- 27:17faire ma vie. Donc, le français va être la langue
- 27:19qu 'on partage. Donc, il y avait... quelques
- 27:22éléments comme ça dans la charte de langue française
- 27:24de 1977, qui était assez, on doit le dire, assez
- 27:29drastique avec la situation antérieure, mais
- 27:32on voyait une volonté politique très forte d
- 27:36'aller vers le français langue commune, puis
- 27:37il y avait des moyens assez clairs pour y arriver.
- 27:41Je dirais pas, si je me rappelle, parce que j
- 27:43'étais pas là, mais de ce que je comprends, il
- 27:45y a eu des petits accrochages avec la charte.
- 27:49au niveau des droits individuels. C 'est quoi
- 27:51les aspects? Parce qu 'il y a une utilisation
- 27:53de la clause non abstinence, je me trompe pas
- 27:54au début, puis après ça, voilà, ça a été régularisé.
- 27:57C 'est quoi les aspects qui ont accroché, puis
- 27:59comment est -ce qu 'on en est venu à régler ça?
- 28:01Oui, ben les principaux aspects, puis là on voit
- 28:04que vous avez de la suite dans les idées, parce
- 28:07que les principaux aspects qui ont accroché,
- 28:11c 'est les lieux, donc les espaces... indiqué
- 28:16dans la chaire de langue française où tout le
- 28:17monde devait utiliser le français. L 'école,
- 28:21l 'affichage, la langue des tribunaux et de l
- 28:24'assemblée, la langue des lois. Donc, les trois
- 28:28principales mesures où on disait en 1977, bon...
- 28:32Dans cet espace -là, tout le monde va devoir
- 28:34utiliser le français. Peu importe vous venez
- 28:36d 'où, peu importe si vous êtes né ici ou pas,
- 28:38peu importe que ça vous tente d 'utiliser une
- 28:40autre langue ou pas, là, il y a un choix de société
- 28:42qui est fait, tout le monde va devoir utiliser
- 28:44le français. Donc c 'est ces trois lieux -là,
- 28:46affichage, école et législation, justice. qui
- 28:51ont été contestés les premiers devant les tribunaux.
- 28:54En 1977, il n 'y avait pas de disposition de
- 28:57dérogation. Parce que la Charte québécoise existait,
- 29:01mais pas la Charte canadienne. Il y avait eu
- 29:07un débat à savoir si on mettait la Charte des
- 29:11droits et libertés de la personne du Québec et
- 29:13la Charte de la langue française sur le même
- 29:14pied, en indiquant qu 'on ne peut pas utiliser
- 29:16une loi pour attaquer l 'autre. Finalement, le
- 29:21gouvernement, donc dans le projet de loi 1, dans
- 29:24la première version de la charte de langue française,
- 29:26il y avait une disposition qui disait ça. Donc,
- 29:28les deux chartes sont à égalité, tu ne peux pas
- 29:29utiliser une loi pour attaquer l 'autre. Finalement,
- 29:31c 'est tombé dans le cadre des travaux parlementaires.
- 29:34C 'était contesté par l 'opposition. Mais aussi,
- 29:40il y a des juristes, des chercheurs, dont Henri
- 29:44Brun, qui avaient démontré que, finalement, l
- 29:46'état de la jurisprudence sur la Charte québécoise
- 29:49ne permet pas d 'attaquer la Charte de la langue
- 29:50française. Donc, les deux vont comme bien cohabiter
- 29:53et il n 'y a pas de problème. Donc, cette disposition,
- 29:57qui était peut -être plus une affirmation de
- 30:00force symbolique, là, si on veut, Camille Lorrain
- 30:03a été convaincu de finalement l 'enlever. C 'est
- 30:05vraiment quand est arrivé la Charte canadienne
- 30:07des droits et libertés en 1982, quelques années
- 30:10plus tard, que là l 'idée de venir mettre la
- 30:13clause dérogatoire ou la disposition de dérogation
- 30:16dans la Charte de la langue française s 'est
- 30:18posée. Puis là le gouvernement de René Lévesque
- 30:20l 'a mis. Donc immédiatement après l 'adoption
- 30:25de la Charte canadienne des droits et libertés,
- 30:29le gouvernement de René Lévesque a mis une...
- 30:31des clauses dérogatoires dans toutes les lois
- 30:33du Québec. Oui, parce qu 'il n 'avait pas signé
- 30:34la Constitution. C 'est ça. C 'est pas vrai que...
- 30:37Exact. Donc en réaction au fait que la Charte
- 30:40canadienne avait été rejetée par l 'Assemblée
- 30:42nationale, le gouvernement de René Lévesque a
- 30:44dit, on va remettre la clause dérogatoire partout,
- 30:46puis dans toutes nouvelles lois. Donc, en 1983,
- 30:51il y a eu des petits ajustements qui ont été
- 30:54apportés à la Charte de la langue française.
- 30:55Il y avait une disposition de dérogation dans
- 30:58cette loi modifiant la Charte de la langue française.
- 31:01Donc, s 'il y a eu le débat sur la clause dérogatoire,
- 31:06sur la disposition de dérogation, c 'est que
- 31:10par le temps que les litiges contestants, les
- 31:14dispositions sur l 'affichage commercial... montent
- 31:17les échelons. La Charte canadienne existait.
- 31:20La Charte canadienne existait. Puis là, il y
- 31:21avait une disposition d 'érogation dans la Charte
- 31:23de la langue française. Et c 'est pour ça qu
- 31:25'il y a eu le débat. Et c 'est pour ça qu 'on
- 31:26intervient avec le fameux Harry Ford, dont on
- 31:29entend beaucoup parler aujourd 'hui, où la Cour
- 31:30suprême du Canada dit en 1988 qu 'il n 'y a pas
- 31:35de conditions préalables à l 'utilisation de
- 31:37la disposition d 'érogation. Donc le gouvernement
- 31:39de René Lévesque pouvait mettre la clause d 'érogatoire
- 31:42partout. et dans la Charte de la langue française,
- 31:45puis ils n 'avaient pas à justifier. En autant
- 31:48que la forme était respectée, c 'est -à -dire
- 31:50un article bien clair, inscrit dans la loi, qui
- 31:54dit que cette loi s 'applique indépendamment
- 31:56de ces légales. Là, on en entend beaucoup parler
- 31:59aujourd 'hui de cette fameuse décision, mais
- 32:01ça vient de cette situation -là, c 'est -à -dire
- 32:04le moment où le gouvernement, l 'évêque... en
- 32:07réaction au rapatriement de 1982, décide qui
- 32:10met la clause dérogatoire, la disposition de
- 32:12dérogation partout. C 'est pour ça que la Cour
- 32:15suprême en 1988 a été amenée à juger de l 'égalité
- 32:21de cette façon de faire. Éventuellement, les
- 32:23clauses sont tombées parce qu 'actuellement,
- 32:24il n 'y en a pas dans la Charte canadienne. Pas
- 32:27dans la Charte canadienne, je reviens. Avant
- 32:30la loi 96, dans la loi 101, il n 'y avait pas
- 32:34de disposition. Ça veut dire que à un moment
- 32:35donné, ça a été testé par les tribunaux, puis
- 32:36les tribunaux ont déterminé que la loi était
- 32:39constitutionnelle. C 'est ça, mais après avoir
- 32:42démantelé les espaces... Parce que si on peut
- 32:45résumer l 'histoire de l 'achat de la langue
- 32:46française, on peut en parler longtemps, mais
- 32:49si on résume l 'histoire de l 'achat de la langue
- 32:51française en 45 secondes, peut -être même en
- 32:5430 secondes. Je vais essayer en 30 secondes.
- 32:55Donc, en 1977, on met des lieux... dans la charte
- 33:00où tout le monde est obligé de parler français,
- 33:02d 'utiliser le français, tout le monde est confronté
- 33:04à l 'obligation de devoir utiliser le français.
- 33:07C 'est ces dispositions -là qui sont les premières
- 33:09attaquées. C 'est ces dispositions -là qui sont
- 33:11les premières invalidées ou en très grande partie
- 33:14démangelées. Puis là, la charte de langue française
- 33:17est tranquillement transformée, c 'est -à -dire
- 33:18qu 'on enlève les lieux où t 'es obligé d 'utiliser
- 33:21le français par des lieux où tu peux utiliser
- 33:23le français et l 'anglais. Donc le français est
- 33:25toujours là. Mais il y a aussi une autre langue
- 33:27qui est ajoutée, évidemment, à la langue anglaise.
- 33:29Donc l 'affichage, on peut utiliser le français
- 33:31et l 'anglais. Il faut que le français soit honnêtement
- 33:32prédominant, mais l 'anglais peut toujours être
- 33:34là. La langue des lois, il y a des versions anglaise
- 33:39et française des lois. Il y a la même valeur
- 33:41juridique. Les pièces de procédure, tu peux déposer
- 33:44tes pièces de procédure en français ou en anglais
- 33:46à ton choix, même si tu poursuis une partie qui
- 33:48parle français et qui veut rien savoir de la
- 33:50langue anglaise ou qui la connaît pas, tu peux
- 33:52utiliser le français ou l 'anglais comme tu veux.
- 33:54Donc, vous voyez, on a remplacé les dispositions
- 33:58où on disait qu 'il faut obligatoirement que
- 34:00ça se passe en français, juste en français. Par
- 34:04des dispositions, on dit que le français va être
- 34:06là obligatoirement, mais on pourra aussi ajouter
- 34:08une autre langue. Ça, c 'est les tribunaux qui
- 34:10sont venus faire ça. Ça, c 'est les tribunaux
- 34:11qui sont venus invalider les dispositions et
- 34:14l 'Assemblée nationale est venue... changer la
- 34:17charte pour se conformer à ce que les jugements
- 34:19ont dit. Donc de 1977 à 2022, donc jusqu 'à la
- 34:23loi 96, c 'est ça l 'histoire de la charte en
- 34:25langue française. C 'est la déconstruction des
- 34:28endroits dans la charte où on disait t 'es obligé
- 34:30d 'utiliser le français puis juste le français
- 34:31par le français va être là, mais l 'anglais peut
- 34:34aussi être ajouté. Donc de 1977 à 2022, il y
- 34:39a eu un effritement de tous ces éléments -là.
- 34:43Puis en 2022, avec la loi 96, on est venu rajouter
- 34:47deux espaces où le français doit être utilisé
- 34:50obligatoirement à l 'exclusion de toutes les
- 34:52autres langues. C 'est la langue des services
- 34:55publics. En principe, les services publics sont
- 34:58uniquement français. Évidemment, il y a beaucoup,
- 35:00beaucoup d 'exceptions, mais le principe est
- 35:02revenu. Vous parlez beaucoup les médecins, le
- 35:03droit d 'être soigné en anglais. Ouais, ça, c
- 35:06'est une exception. qui se retrouve textuellement
- 35:10dans la Charte de langue française. C 'est textuellement,
- 35:11je pense, la première objection, c 'est que je
- 35:13ne pourrais plus voir de médecin en anglais.
- 35:14C 'est ça. Donc, il y a une disposition qui le
- 35:15dit très clairement dans la Charte de langue
- 35:17française. Mais en principe, sauf si tu trouves
- 35:19une exception, c 'est juste en français. Si l
- 35:22'envoi à la SAQ, c 'est en français que ça se
- 35:25passe. Exact. Si l 'administration ne se retrouve
- 35:28pas dans une situation où elle a la faculté d
- 35:30'utiliser une autre langue que le français, même
- 35:32si... l 'administré veut utiliser l 'anglais
- 35:35ou une autre langue, l 'administration a l 'obligation
- 35:37d 'utiliser juste le français. Donc ça, ça a
- 35:39été ajouté en 2022. Puis l 'autre espace où on
- 35:43doit obligatoirement utiliser le français, juste
- 35:46le français, c 'est les communications entre
- 35:48les autres professionnels et leurs membres. Donc
- 35:51encore une fois, il y a quelques exceptions,
- 35:54parce qu 'il y a des permis temporaires et exceptionnels.
- 35:57Donc pour ça, ça peut être en anglais ou en français.
- 35:59ou en français, dans une autre langue que le
- 36:01français. Mais pour les membres, en règle, le
- 36:04barreau avec ses membres, le collège des médecins
- 36:06avec ses membres, l 'ordre des ingénieurs, des
- 36:10architectes, etc. Donc, ça ne peut plus être
- 36:13en français et en anglais ou juste en anglais.
- 36:15Ça doit obligatoirement être en français. De
- 36:17toute façon, puis là, vous me corrigerez, mais
- 36:19les examens professionnels, des ordres professionnels,
- 36:22pour devenir, peu importe le métier... il faut
- 36:26que ce soit en français, pour devenir avocat,
- 36:27médecin, tout ça. Toutes ces tests -là sont unilingue
- 36:30francophone. Exact. Et la charte prévoit, il
- 36:34y a une disposition claire qui dit que pour pouvoir
- 36:37être membre d 'un autre professionnel au Québec,
- 36:39il faut avoir la connaissance appropriée de ce
- 36:43langue pour l 'exercice de sa profession. C 'est
- 36:47quoi une suite logique? C 'est quoi une suite
- 36:48logique? Parce que ça, c 'était déjà là même
- 36:50avant 2022. Avant 2022, c 'était comme ça depuis
- 36:531977, pour être membre d 'un autre professionnel
- 36:55au Québec, tu dois avoir la connaissance appropriée
- 36:58de la langue française pour exercer ta profession.
- 37:01En 2022, on est venu ajouter que c 'est comme
- 37:05ça. De toute façon, les autres professionnels
- 37:08exercent des compétences déléguées par l 'Assemblée
- 37:11nationale. Donc, il y a comme un lien aussi avec
- 37:14la langue de l 'administration, si on veut. Donc,
- 37:17le membre... Pour être membre, il faut connaître
- 37:20le français. Bien, l 'ordre professionnel doit
- 37:22aussi obligatoirement t 'écrire, te parler exclusivement
- 37:26en français. Donc, ça aussi, ça a été rajouté
- 37:27en 2022. Donc, on pourrait dire... Donc, 1977,
- 37:33lieu où le français doit être utilisé obligatoirement
- 37:35et exclusivement. Ces lieux -là sont déconstruits
- 37:39à travers le temps. après des jugements, et par
- 37:45le travail du législateur québécois qui est venu
- 37:47corriger la loi à la lumière de la jurisprudence.
- 37:49Puis en ce temps, en 2022, il y a deux nouveaux
- 37:51lieux d 'usage exclusif du français qui sont
- 37:53rajoutés dans l 'achat de langue française. Et
- 37:55c 'est pour ça qu 'on peut argumenter que, d
- 37:56'une certaine manière, en 2022, le législateur
- 38:01se reconnecte. d 'une certaine manière. Il n
- 38:05'a pas rétabli ce que les tribunaux ont invalidé
- 38:09dans la loi 101. Non, exact. Le législateur a
- 38:13pris acte de la jurisprudence. Il n 'a pas eu
- 38:16de coup d 'état juridique. Il y a -t -il une
- 38:19clause non abstante dans la loi 85? Oui, il y
- 38:21en a même quatre. Il y en a deux, Charte canadienne
- 38:26et Charte québécoise, dans la Charte de la langue
- 38:28française. Puis il y en a deux dans la... En
- 38:31tout cas, c 'est technique un peu, mais dans
- 38:33la loi 96. Parce que la loi 96 n 'est modifiée
- 38:35la Charte de la langue française, mais aussi
- 38:37le Code civil, le Code de procédure civil, la
- 38:40Charte des droits et libertés de la personne,
- 38:42la loi sur les... La grosse loi par appui a des
- 38:45clauses non abstantes, puis dans la portion Charte
- 38:47de la langue française. C 'est ça. Exact. C 'est
- 38:50pour ça que si vous allez voir dans la loi 96,
- 38:53la loi annuelle, il y a quatre dispositions de
- 38:56dérogation. Si vous allez voir dans la chaire
- 38:58de la langue française codifiée, là, il y en
- 39:01a deux. Donc, elles apparaissent à la fin de
- 39:03la loi. Donc, oui, le législateur a aussi ajouté
- 39:06ça dans la chaire de la langue française. On
- 39:08est venu rajouter des lieux supplémentaires.
- 39:10Avec les ordres professionnels, puis l 'autre
- 39:12c 'était... La langue des services publics. La
- 39:13langue des services publics. Mais on a décidé
- 39:15pour les tribunaux, pour la langue des lois,
- 39:18l 'Assemblée nationale, on touche pas à ça. Ben
- 39:20ça a été touché un petit peu. Un petit peu, OK.
- 39:22Ça a été touché un petit peu dans ce que le législateur
- 39:26québécois a compris comme étant l 'espace qui
- 39:30lui restait. Donc les tribunaux ont dit une série
- 39:33de choses sur ce que l 'Assemblée nationale peut
- 39:36faire sur la langue des lois, puis la langue
- 39:38des tribunaux. Le législateur en a pris acte.
- 39:41Il n 'est pas venu rétablir la loi de 1977, mais
- 39:45il est venu dire, OK, les tribunaux ont dit A,
- 39:47B, C. Ils n 'ont pas dit qu 'on ne pouvait pas
- 39:50faire D, E, F. Donc, on va venir dire D, E, F,
- 39:54par exemple. Mais l 'article a été suspendu.
- 39:58Donc, il n 'est pas invalidé, mais il est suspendu
- 39:59à l 'heure actuelle. Donc, la loi 96 est venue
- 40:03dire, vous pouvez utiliser, comme les tribunaux
- 40:05l 'ont dit, vous pouvez utiliser la langue de
- 40:06votre choix, français ou anglais, devant les
- 40:07tribunaux. comme parti dans vos pièces de procédure.
- 40:11Et là, la loi 96 est venue dire, utilisez la
- 40:13langue de votre choix, mais si vous utilisez
- 40:14l 'anglais, vous devez ajouter une traduction
- 40:17en français pour accompagner vos documents en
- 40:20anglais. Ça, la Cour supérieure a suspendu ça
- 40:22pour le moment. Malgré la clause non -obstant?
- 40:26Oui, parce que la clause non -obstant de la Charte
- 40:29canadienne permet de protéger la loi de certains
- 40:35articles. mais pas de tous les articles. Donc,
- 40:38la protection pour le français et l 'anglais
- 40:40devant les tribunaux, ça se retrouve dans la
- 40:42loi constitutionnelle de 1867. OK, c 'est pas
- 40:45une disposition 7 à 15 ou... Exact, 2 et 7 à
- 40:4915 de la Charte canadienne. Pour ne pas perdre
- 40:52le monde, la clause en upside -down, on peut
- 40:54pas l 'utiliser contre toutes. Il y a certaines
- 40:56dispositions qu 'on peut utiliser. Exact, qui
- 40:59sont nommées. Donc, il y a plusieurs dispositions
- 41:02qui... C 'est l 'administration des tribunaux,
- 41:06donc ça sort du cadre de droits individuels.
- 41:10Ça ne peut pas être... Exact. Et c 'était des
- 41:12protections, c 'était des droits linguistiques
- 41:15qui ont été ajoutés dans la Constitution en 1867
- 41:19et non pas en 1982. Fait que là, la disposition
- 41:22de dérogation de la Charte canadienne ne touche
- 41:24pas à ça. Donc là, les législateurs québécois
- 41:26ne pouvaient pas s 'en protéger ou s 'en protéger,
- 41:29je vais dire ça comme ça. Donc, ce qu 'a fait
- 41:32là -dessus le législateur en 2022, c 'est qu
- 41:35'il est venu dire, à la marge, sur les pièces
- 41:38de procédure, mais aussi sur la langue des jugements.
- 41:40Donc, le législateur a fait la même chose sur
- 41:41la langue des jugements. Il est venu dire, les
- 41:43juges, étant donné que la jurisprudence a indiqué
- 41:47que vous pouviez utiliser le français ou l 'anglais
- 41:49dans vos jugements, un ou l 'autre. Il a dit
- 41:52fou qu 'ils disent le français. En 2022, en 1977,
- 41:57le législateur avait dit... Vous pouvez utiliser
- 42:02le français ou l 'anglais, mais si vous utilisez
- 42:05l 'anglais, monsieur, madame, le juge, il va
- 42:08y avoir une traduction française et seule la
- 42:10traduction française va être officielle. Ok,
- 42:12fait que votre propre jugement ne comptera pas,
- 42:14c 'est la traduction française de votre jugement
- 42:16qui va compter. Exactement. Puis là, en 2022,
- 42:18le législateur est venu dire, ok, vous pouvez
- 42:21aussi rendre votre jugement en français ou en
- 42:24anglais. Mais si vous le rendez en anglais, il
- 42:27va y avoir une traduction automatique qui va
- 42:29se faire en français, qui n 'est pas nécessairement
- 42:31la version officielle. OK. Mais ça, ça n 'a pas
- 42:33été... Ça, ça n 'a pas été suspendu, puis ça
- 42:36n 'a pas été invalidé. Parce qu 'essentiellement,
- 42:37c 'est juste le droit d 'avoir un jugement dans
- 42:39les deux langues. C 'est ça. C 'est d 'avoir
- 42:40un... Ben, c 'est... Ben, d 'avoir dans l 'autre,
- 42:42dans le français, s 'il est rendu en anglais.
- 42:44Exact. Tu sais, encore, ça est rattaché au fait
- 42:46que le français est la langue commune ou la langue
- 42:47officielle. Tu sais, on est au Québec... Tu sais,
- 42:50je pensais avoir... tous les jugements de nos
- 42:52cours en français ou une traduction française
- 42:55de ces jugements -là, je pense que ça va -t -il?
- 42:56Moi, ça m 'est quand même arrivé, ben, ça m 'arrive
- 42:59pas chaque jour, moi je suis juriste, donc ça
- 43:03m 'arrive pas chaque jour, mais ça m 'arrive
- 43:05quand même fréquemment avant de tomber sur un
- 43:09jugement unilingue anglais d 'un tribunal québécois.
- 43:12puis de devoir le lire en anglais. Mais la première
- 43:15fois que ça arrive, tu te dis que c 'est possible,
- 43:18je vais chercher pour la version française, puis
- 43:19la version française, elle n 'existe pas. Je
- 43:21pense qu 'à partir de cours d 'appels, ils traduisent
- 43:23tout. Mais cours suprême, cours d 'appels, non,
- 43:27ils ne traduisent tout. Cours suprême du Canada,
- 43:28oui. Cours suprême du Canada, oui, mais ça, ce
- 43:30n 'est pas l 'achat de la langue française. C
- 43:33'est les pratiques de la cours suprême du Canada
- 43:35qui... rend son jugement en même temps en français
- 43:39ou en anglais en français et en anglais donc
- 43:41on peut voir dans le jugement on peut voir les
- 43:44deux puis on peut savoir dans quelle langue le
- 43:47jugement a été écrit donc mais il ya la version
- 43:50française ou anglaise tout de suite à côté, et
- 43:53en même temps. Donc, t 'as pas besoin d 'attendre,
- 43:55là, une semaine ou un mois avant d 'avoir...
- 43:57Et la Cour d 'appel du Québec, est -ce qu 'elle
- 43:59rend des décisions unilingue en anglais? Ben,
- 44:01là, je voudrais pas... C 'est pas grave, là.
- 44:05C 'est juste que... Mais aujourd 'hui... Il doit
- 44:08être traduit. Légalement, en vertu de la Charte
- 44:10de la langue française, l 'article 10... Si la
- 44:14Cour d 'appel décide de rendre un jugement en
- 44:16anglais ou si un de ses juges décide d 'écrire
- 44:19ses motifs en anglais, il doit y avoir au moment
- 44:22de la publication la version française. Sur papier,
- 44:27c 'est ce que la Charte de la langue française
- 44:28dit. Donc le juge peut décider d 'écrire en français
- 44:31ou en anglais à son choix, selon son choix à
- 44:35lui ou à elle, ou bien donc selon la langue des
- 44:39parties. prendre cette décision, mais il doit
- 44:42savoir que si l 'écran en anglais au moment de
- 44:46la publication va devoir y avoir une version
- 44:47française. Ça c 'était très intéressant. C 'est
- 44:49le petit parentage juridique. Ça m 'est arrivé
- 44:51avec Guillaume Rousseau l 'autre fois aussi.
- 44:53C 'est carrément quand des avocats parlent. J
- 44:58'espère que tout le monde a pu suivre. Là, j
- 45:00'aimerais juste aller parler un peu de l 'impact
- 45:02sur les PME. de la loi 96. Parce qu 'une des
- 45:06critiques qui a été mise de l 'avant, notamment
- 45:07par le Parti libéral du Québec, c 'est de dire
- 45:10que c 'est administrativement plus exigeant pour
- 45:15les PME. C 'est vrai que là on a réduit le seuil
- 45:19pour... les entreprises, en gros, il y a plus
- 45:21d 'entreprises aujourd 'hui qui sont assujetties
- 45:23aux mesures de francisation à cause que l 'on
- 45:26aurait dû, je pense que c 'était 50 avant, ou
- 45:2749, 50 puis là c 'est rendu 25. Exactement. C
- 45:32'est quoi le calcul un peu ou l 'impact de demander
- 45:35à toutes ces entreprises -là de faire des démarches
- 45:37de francisation? Et en même temps, est -ce que
- 45:41ces démarches -là sont adaptées considérant que
- 45:43c 'est des plus petites entreprises? Oui. Bon,
- 45:44c 'est sûr que quand t 'es une petite entreprise
- 45:48pis que t 'as pas... t 'as pas ton équipe de
- 45:52RH qui s 'occupe de toute ta presse administrative...
- 45:56Oui, parce que 25 t 'as peut -être même pas de
- 45:57personnes à RH à temps plein, là. C 'est ça.
- 46:00Donc, je suis capable de dire que d 'emblée...
- 46:04Ça peut créer un sentiment de... OK, bien là,
- 46:07comment je vais faire ça? Je vais téléphoner
- 46:08à l 'office, je ne sais pas trop comment m 'y
- 46:10prendre. Mais ce qu 'on doit dire, d 'abord et
- 46:15avant tout, c 'est que deux tiers des entreprises,
- 46:19au moment de leur inscription, puis là, il faudrait
- 46:21inviter quelqu 'un de l 'Office québécois de
- 46:22la langue française qui a toutes les données
- 46:24à jour. Les chiffres, oui, c 'est ça. Toutes
- 46:25les données à jour. Mais deux tiers des entreprises,
- 46:29au moment de leur inscription, le français est
- 46:32déjà généralisé. Donc, ils vont avoir un certificat
- 46:35de francisation sans démarche. Donc, la seule
- 46:37démarche qu 'ils vont devoir faire, bon, c 'est
- 46:39deux démarches, en fait. Tu dois t 'inscrire
- 46:41à l 'Office québécois de la langue française,
- 46:43puis tu dois faire l 'analyse de la situation
- 46:44linguistique de ton entreprise. Et là, dans deux
- 46:48tiers des cas, sur l 'analyse de la situation
- 46:51linguistique, l 'Office québécois de la langue
- 46:53française va dire, c 'est déjà généralisé, voici
- 46:55votre certificat de francisation. On se revoit
- 46:56dans trois ans. Ça fait que ils remplissent un
- 46:58formulaire et ils disent mes employés. Exact.
- 47:00Donc là, il va y avoir la langue des communications
- 47:03internes, l 'intranet, les modes d 'emploi, les
- 47:06formations, la langue des réunions, l 'affichage,
- 47:10la terminologie. Moi, je suis la petite entreprise
- 47:12manufacturière en base, donc j 'ai écrit français,
- 47:14français, français. Ça, c 'est peut -être un
- 47:15peu anglais, français, français. Exact, exact.
- 47:17Puis là, le Fisc Québécois de la langue française
- 47:18regarde ça. Si le français est déjà généralisé,
- 47:21le français n 'a pas besoin d 'être la langue
- 47:22exclusive. La chaire de la langue française n
- 47:25'empêche pas que votre entreprise fonctionne
- 47:27en français, en anglais, en espagnol, en arabe.
- 47:29Il faut juste tout le temps que le français soit
- 47:30là. Si le français est toujours là, même si vos
- 47:33courriels sont bilingues, même si votre internet
- 47:35est bilingue, même si vos modes d 'emploi sont
- 47:37en français puis dans trois, quatre autres langues,
- 47:39c 'est pas grave. Ce que l 'Office québécois
- 47:40de la langue française regarde, c 'est est -ce
- 47:43que à chaque étape, dans chacun de ces milieux,
- 47:50le français est là. Si le français est là...
- 47:52Le français est déjà généralisé, le Fisc Québécois
- 47:55de la langue française vous octroie votre certificat
- 47:58de francisation. Et là, ce que vous avez à faire,
- 48:00c 'est au 3 ans déposer un rapport triennal,
- 48:05dans le fond. Donc, au 3 ans, vous faites un
- 48:08processus un peu semblable. Le Fisc Québécois
- 48:10de la langue française regarde ça. Ah, le français
- 48:12est toujours généralisé. On se revoit dans 3
- 48:13ans. Donc, dans deux tiers des cas, c 'est comme
- 48:16ça. Maintenant, dans un tiers des cas, il va
- 48:18y avoir un ou deux éléments où le français n
- 48:21'est pas là. et c 'est là qu 'on passe à l 'étape
- 48:24du programme de francisation. Donc là, ça, pour
- 48:28une petite entreprise, c 'est sûr que c 'est
- 48:31du travail, mais si le français est déjà généralisé,
- 48:34il n 'y a pas d 'enjeux. C 'est toujours comme
- 48:35ça. En fait, ce qu 'on peut dire, c 'est quand
- 48:38les choses fonctionnent en français au Québec,
- 48:40c 'est pas compliqué, puis tout passe comme une
- 48:42lettre à la poste. Si ça ne fonctionne pas en
- 48:45français ou si le français est absent... Oups!
- 48:48Là, ça va prendre un programme de francisation,
- 48:50puis il va avoir des mesures bien ciblées. Donc,
- 48:53si c 'est la langue de vos sites Internet, de
- 48:55votre affichage, puis de vos modes d 'emploi,
- 48:59bien là, dans votre programme, ça va être indiqué.
- 49:01C 'est négocier avec l 'entreprise. Est -ce que
- 49:03t 'es capable de faire ça en six mois, en huit
- 49:05mois, en un an et demi, en deux ans? Puis là,
- 49:08il y a un engagement qui est pris par l 'entreprise.
- 49:11Puis ensuite de tout ça, il y a une vérification
- 49:12qui est faite pour s 'assurer que les transformations
- 49:14sont faites. Donc, une fois que hop, le site
- 49:16Web est rendu en français, il peut être en trois
- 49:18langues. Une fois qu 'il est en français, crochet.
- 49:22Les modes d 'emploi, ah, il y a une version française
- 49:23maintenant, crochet. L 'affichage, ça a été corrigé,
- 49:26parfait. Donc vous avez votre certificat de francisation.
- 49:28Puis ensuite de ça, c 'est aux trois ans que
- 49:30vous devez rendre compte du maintien et de la
- 49:33généralisation. Tout ça pour les entreprises
- 49:34de moins, parce que la majorité des PMO au Québec
- 49:36ont moins de 25 entreprises, là, je pense que
- 49:38c 'est... Ben moins de 25, là, il y a... Ouais,
- 49:40c 'est ça, il n 'y a pas de changement. Non,
- 49:41c 'est ça. Il y a quand même des obligations
- 49:44en termes... Avec le français, c 'est juste qu
- 49:46'il n 'y a pas un processus formel d 'audit.
- 49:47Exact. C 'est que dans la chambre de langue française,
- 49:49il y a deux chapitres qui touchent à la langue
- 49:52de travail. Il y a un chapitre qui vise toutes
- 49:54les entreprises, tous les employeurs, qu 'était
- 49:57un employé ou 5 000. Ce chapitre -là s 'adresse
- 50:01à toi. Puis, il y a un autre chapitre qui s 'adresse
- 50:04uniquement aux entreprises de 25 employés plus.
- 50:07Donc, comme vous l 'avez dit, ce que le législateur
- 50:10a fait en 2022, c 'est... il n 'a pas fait de
- 50:14grands changements sur la francisation des entreprises.
- 50:19En fait, sur le deuxième chapitre, comme je vous
- 50:21disais avec la démarche de francisation, etc.,
- 50:23il a fait quelques petits changements ici et
- 50:25là, mais il n 'a pas fait de grandes révolutions.
- 50:27Tout ce qu 'il a fait, c 'est qu 'il a abaissé
- 50:28le seuil de 50 à 25, puis là, en allant chercher
- 50:33beaucoup de plus petites entreprises qui sont,
- 50:36comme on disait, qui n 'ont pas de services RH,
- 50:38puis c 'est peut -être un peu... plus compliqué,
- 50:41mais l 'Office québécois de la langue française
- 50:44est là pour accompagner ces entreprises, puis
- 50:47pour les aider dans leur démarche. Puis encore
- 50:50une fois, dans deux tiers des cas, inscription,
- 50:53analyse de la situation linguistique, le français
- 50:55déjà généralisé, puis le certificat est donné
- 50:58là. Fait que là, c 'est ça. Parce que la loi
- 51:0196, oui, ça touche les PME, mais c 'était surtout
- 51:03une loi pour l 'espace public. les piliers dont
- 51:08tu parlais, on te parlait un peu avant, au niveau
- 51:12des services publics en français, puis l 'affaire
- 51:15avec les tribunaux aussi. Parallèlement à ça,
- 51:19il y avait un peu, mais ce n 'est pas principalement
- 51:21les entreprises que cette loi visite. Non. Sur
- 51:24le fond, je vous disais, il y a deux chapitres.
- 51:28Dans le premier chapitre qui s 'adresse à tout
- 51:30le monde, il y a aussi eu des petites corrections,
- 51:32mais c 'était plus des corrections pour répondre
- 51:34à la jurisprudence. Donc, c 'est le dialogue
- 51:36entre le législatif et le judiciaire. Par exemple,
- 51:40il y avait une disposition qui disait déjà, l
- 51:43'employeur peut exiger la connaissance de l 'anglais
- 51:45à l 'embauche si c 'est nécessaire. Puis là,
- 51:49il y a eu 40 ans de jurisprudence sur qu 'est
- 51:51-ce que veut dire le mot nécessaire. Donc là,
- 51:53il y a eu des grands débats de juristes à savoir,
- 51:56nécessaire, est -ce que c 'est quand j 'en ai
- 51:58besoin une fois par semaine ou de temps en temps,
- 52:00quand c 'est utile, quand c 'est plus facile.
- 52:02Non, le critère est un petit peu plus élevé.
- 52:04Donc, la jurisprudence a discuté de qu 'est -ce
- 52:06que veut dire nécessaire pendant 40 ans en 2022.
- 52:11le législateur est venu renforcer le principe.
- 52:14C 'est -à -dire, c 'est non seulement quand c
- 52:16'est nécessaire, mais il faut aussi que l 'employeur
- 52:19prenne tous les moyens raisonnables pour ne pas
- 52:21exiger l 'anglais à l 'embauche. Donc, il doit
- 52:22s 'assurer qu 'il n 'y a personne dans son entreprise
- 52:25qui peut faire ce travail -là. Il doit s 'assurer
- 52:29que j 'ai pas déjà quelqu 'un. dans mon personnel.
- 52:32Si j 'ai 10 acheteurs et un fournisseur en anglais,
- 52:35et là je dis que c 'est essentiel, mais qu 'il
- 52:37y a un des 10 qui peut faire la job. C 'est ça.
- 52:40Ouais, exact. Si j 'ai 10 téléphonistes, puis
- 52:42il y en a déjà 5 qui connaissent l 'anglais,
- 52:44puis là j 'en embauche un 11e. Est -ce que j
- 52:47'ai vraiment besoin d 'en avoir un 6e? J 'en
- 52:49ai déjà 5, j 'en embauche un 11e, j 'ai -t -il
- 52:51vraiment besoin d 'en avoir 6? Parce qu 'en flexibilité
- 52:53nécessité, ouais, c 'est ça. Ouais, ça a été
- 52:57quand même renforcé. Mais ça c 'était plus en...
- 53:01en réaction à la jurisprudence. Donc, il n 'y
- 53:03a pas eu de grande révolution pour les entreprises.
- 53:07Le chapitre qui s 'applique à tout le monde,
- 53:09c 'est ça, quelques petits éléments comme ça.
- 53:11Puis, pour la procédure de francisation applicable
- 53:13aux entreprises, oui, il y a eu quelques petits
- 53:16ajustements, mais grosso modo, tout ce que le
- 53:19législateur a fait, c 'est qu 'il est passé de
- 53:2150 à 25, puis de l 'appliquer mur à mur. Bon,
- 53:25tu sais, pour revenir à votre question du début,
- 53:27tu sais, est -ce que c 'est compliqué? Ben, tu
- 53:30sais, c 'est sûr que le législateur n 'est pas
- 53:34venu adapter la procédure de francisation. Il
- 53:36n 'a pas simplifié. Il n 'a pas dit, ah, pour
- 53:39les 25 -49, ça ne sera pas toute la procédure,
- 53:43ça va être une partie de la procédure de manière
- 53:44ciblée. Il s 'est dit, la procédure est en place
- 53:48depuis 1977. On voit qu 'il a présumé que ça
- 53:52fonctionnait bien. Et c 'est tout simplement
- 53:54dit, pourquoi changer une formule qui fonctionne?
- 53:57Je vais abaissez le seuil à 25, et c 'est tout.
- 54:00Aujourd 'hui, l 'état du français par rapport
- 54:04à la législation qui est là, est -ce que la législation
- 54:07qui est présentement en place va être suffisante
- 54:10pour protéger le français ou est -ce qu 'il y
- 54:13a encore des changements législatifs qui vont
- 54:16être acquis dans les prochaines années? Ça, c
- 54:18'est une bonne question. On peut argumenter que
- 54:23ce que la loi 96 est venue faire, c 'est un peu
- 54:26du rattrapage. Le législateur, il ne l 'avait
- 54:30pas touché depuis assez longtemps. En 2022, c
- 54:34'est dit, on va se raccrocher aux principes...
- 54:41fondamentaux de l 'achat de la langue française.
- 54:42On ramène des lieux où tout le monde doit utiliser
- 54:44le français. On va venir apporter quelques corrections
- 54:47sur la langue du travail, la francisation des
- 54:48entreprises. On va apporter quelques correctifs
- 54:50sur la langue d 'affichage. Donc maintenant,
- 54:52on va viser les marques de commerce. Quand il
- 54:53y a une marque de commerce dans l 'affichage,
- 54:55le français doit aussi être nettement prédominant.
- 54:57On va venir répondre aux tribunaux un peu sur
- 54:59la législation et la justice. Il y a la question
- 55:04des cégeps aussi. On va venir dire qu 'il y a
- 55:05un plafond. Le réseau anglophone ne pourra plus
- 55:08dépasser tel poids par rapport au réseau francophone.
- 55:13Le réseau francophone des collégiales va prendre
- 55:15de plus en plus de place, mais le réseau anglophone
- 55:20est quand même protégé. Donc, on comprend que
- 55:23le législateur, en 2022, est venu rattraper le
- 55:27temps perdu. Il n 'y avait pas touché depuis
- 55:28longtemps. on pourrait argumenter qu 'on aurait
- 55:33dû le faire 10 -20 ans avant. Bon, on ne l 'a
- 55:36pas fait 10 -20 ans avant. Donc, le législateur,
- 55:38en 2022, est venu rattraper le temps perdu. Le
- 55:41temps perdu, non pas le temps perdu, mais le
- 55:43temps durant lequel... Le temps durant lequel
- 55:46on ne l 'a pas touché. On aurait pu argumenter
- 55:48quand ça aurait été fait au début des années
- 55:502000. Donc, ça, c 'est la loi 96. Bien sûr, pour
- 55:53l 'avenir, c 'est sûr que là, la situation se
- 55:56complexifie, mais comme toujours de plus en plus.
- 55:59Donc, je vous dirais que ce qu 'il reste à faire...
- 56:04Bon, là, il y a la question de la découvrabilité
- 56:05des contenus culturels, donc tout ce qui est
- 56:07comme plateforme en ligne. Donc là, on va attendre
- 56:10la réglementation, puis etc. Mais, tu sais, c
- 56:13'est sûr que dans une société où t 'as le droit
- 56:15de vivre en français, si les grandes plateformes
- 56:17te poussent pas le contenu culturel... Mais pas
- 56:19juste du texte en anglais, ouais, c 'est ça.
- 56:20Ouais, tu sais. Donc, évidemment que le... le
- 56:25consommateur demeure libre d 'écouter du contenu
- 56:28dans la langue de son choix. La découvrabilité,
- 56:32c 'est l 'idée qu 'on te pousse du contenu, on
- 56:34te suggère du contenu original francophone, comme
- 56:39votre balado, par exemple. Donc, les grandes
- 56:41plateformes doivent pousser ce contenu. Donc,
- 56:43il y a la question de la découvrabilité. Il va
- 56:45falloir s 'y attarder. Le gouvernement a déjà
- 56:47fait un bon pas. Là, on attend la réglementation.
- 56:50Donc, on va voir comment ça va prendre forme.
- 56:52Il y a toute la question, comme je vous le disais
- 56:54un peu plus tôt, des investissements dans l 'économie.
- 56:59le gouvernement du Québec, c 'est notre recommandation,
- 57:04devrait prendre en considération un indicateur
- 57:06linguistique avant de mettre de l 'argent dans
- 57:08tel secteur ou dans tel autre. Pas pour ne pas
- 57:11financer des secteurs où le français est propredominant,
- 57:14mais au moins qu 'on le prenne en considération
- 57:16puis qu 'on se dise, mais là, à retomber l 'égal,
- 57:18on va encourager tel secteur. Là, on va pouvoir
- 57:20parler français. Donc, il y a ça qui doit être
- 57:23ajouté. Il y a tout évidemment à la question
- 57:26de l 'immigration qui est... qui est assez complexe,
- 57:29là, les permanents, les temporaires. Donc, au
- 57:32moment de la résidence permanente, tu sais, d
- 57:34'avoir les bons critères pour pousser le français.
- 57:38Donc, il y a toute cette question -là. Donc,
- 57:39tous ces éléments -là, là, c 'est à l 'extérieur
- 57:42de l 'achat de la langue française, mais c 'est
- 57:44comme tous les prochains chantiers qu 'il faut
- 57:48vraiment attaquer. Donc, moi, je vous dirais...
- 57:52Étant donné notre situation géopolitique, on
- 57:56n 'aura pas le choix de comme constamment se
- 57:58poser ces questions -là. Nos enfants, nos petits
- 58:01-enfants, chaque génération va devoir se dire
- 58:04ok, maintenant la situation elle ressemble à
- 58:08ça. qu 'est -ce qu 'on peut faire pour s 'assurer
- 58:11que la prochaine génération de Québécois puisse
- 58:14encore vivre en français, travailler en français,
- 58:16puis partager le français comme langue commune.
- 58:19Tu sais, on m 'a déjà dit que c 'est sans précédent
- 58:24dans l 'histoire de l 'humanité une nation de
- 58:278 -9 millions de personnes sur un continent qui
- 58:33parle... complètement une autre langue, de 350,
- 58:36400 millions de locuteurs anglophones. Regardez
- 58:40l 'histoire de l 'humanité, c 'est jamais arrivé.
- 58:44Le Québec est dans une situation exceptionnelle
- 58:46aujourd 'hui, mais à l 'échelle de l 'histoire
- 58:48humaine. Donc, pensez qu 'on va arriver à un
- 58:52moment donné, puis on va se dire, on a fait ce
- 58:55qu 'on avait à faire, puis on n 'a plus besoin
- 58:58de se poser cette question -là, ça n 'arrivera
- 58:59jamais. Pour toujours, les Québécois, chaque
- 59:03génération, vont devoir bâtir sur ce que la génération
- 59:06précédente a fait en se posant toujours la même
- 59:08question. Est -ce qu 'on veut continuer de vivre
- 59:10en français? Si la réponse est oui, qu 'est -ce
- 59:13qu 'on peut faire pour maintenir ça? À chaque
- 59:15génération, il va y avoir de nouveaux enjeux.
- 59:17C 'est la découvrabilité, l 'immigration, l 'économie.
- 59:20Il y a 50 ans, c 'était la langue d 'enseignement,
- 59:22la langue d 'affichage. À chaque génération,
- 59:25il va y avoir de nouveaux éléments qui vont se
- 59:26rajouter. des choses qu 'on n 'est peut -être
- 59:28même pas capable d 'imaginer encore aujourd 'hui,
- 59:30puis les prochains vont devoir se poser la question.
- 59:32Bon, donc là, on maintient la langue d 'enseignement,
- 59:34la langue d 'affichage, on a ajouté la langue
- 59:36des plateformes, la langue des investissements
- 59:39économiques, puis là, maintenant, c 'est autre
- 59:40chose. Mais là, il faut aussi ajouter ça pour
- 59:42s 'assurer qu 'avec l 'État québécois, qu 'on
- 59:46puisse peser en faveur du français. Donc, en
- 59:50tout cas, je sais pas si je... Je sais pas si
- 59:52je vous décourage ou si je... Non, mais non,
- 59:53mais c 'est bien. Il faut être pour ça là -dedans.
- 59:55Puis on espère tous que nos petits, puis nos
- 59:57arrière -arrière -petits... Tu sais, ça, nos
- 59:59petits petits enfants vont pouvoir parler français,
- 1:00:02mais m 'intérir pour rien. Merci beaucoup. De
- 1:00:04rien. Tout le plaisir est pour moi. Merci d 'avoir
- 1:00:06été avec nous. Si vous avez aimé l 'épisode,
- 1:00:08abonnez -vous et laissez -nous vos commentaires
- 1:00:09pour qu 'on puisse s 'améliorer. À la semaine
- 1:00:11prochaine.