Latest / MÉMO DUO : Santé au Travail & décisions RH / Travailler sans se brûler : prévenir les RPS et protéger la santé mentale
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- 0:02Bienvenue dans MemoDuo,
- 0:03le podcast bienveillant qui s'intéresse à la qualité de vie au travail et à ceux et celles qui la fabriquent.
- 0:11Moi,
- 0:12c'est Clémence,
- 0:13la petite voix de Previa.
- 0:15Tous les mois,
- 0:16je tends mon micro à un ou une experte Previa et à un ou une invitée pour échanger autour de problématiques rencontrées en entreprise.
- 0:25Ensemble,
- 0:26ils et elles nous partagent leurs conseils,
- 0:28leurs expériences et leurs solutions.
- 0:30pour apprendre à gérer des situations complexes,
- 0:33tout en améliorant la santé des équipes au travail.
- 0:36Vous êtes prêts ?
- 0:37Alors partons à leur rencontre.
- 0:40La santé mentale,
- 0:41ce grand mot,
- 0:42omniprésent.
- 0:43Dans les médias,
- 0:44dans les entreprises,
- 0:45entre amis,
- 0:46dans nos familles,
- 0:47un salarié sur deux a déjà connu une souffrance psychique liée au travail dans les 12 derniers mois.
- 0:54Ces chiffres font la une des rapports officiels,
- 0:56mais derrière eux,
- 0:57il y a des visages,
- 0:58des histoires.
- 0:59Des vies parfois bouleversées par l'intensité,
- 1:02l'isolement ou la perte de sens.
- 1:05Vous le savez,
- 1:06la santé mentale est la grande cause nationale.
- 1:09Mais au-delà de l'actualité,
- 1:10ce sont des questions presque philosophiques qui s'invitent.
- 1:13Qu'est-ce que travailler ?
- 1:15Est-ce que le travail doit nous construire,
- 1:16nous protéger ou est-il condamné à nous fragiliser ?
- 1:20Alors comment trouver l'équilibre ?
- 1:22Est-ce qu'on peut vraiment prévenir les risques psychosociaux avant qu'ils nous attrapent ?
- 1:26Et c'est autour de ces questions que nous allons discuter aujourd'hui.
- 1:29Et pas n'importe où.
- 1:30Nous sommes installés au Zoo,
- 1:31un café-restaurant nantais,
- 1:33où l'on aime refaire le monde autour de tasses bien chaudes.
- 1:36Pour ça,
- 1:37j'ai la chance d'être entourée de deux expertes,
- 1:39Louise Durand,
- 1:40psychologue du travail chez Prévia.
- 1:42Bonjour Louise.
- 1:43Bonjour Clémence.
- 1:45Et Anita Guibert,
- 1:46consultante et formatrice en santé et qualité de vie au travail.
- 1:49Bonjour Anita.
- 1:50Bonjour Clémence.
- 1:51Alors pour commencer,
- 1:53quand on parle de santé mentale au travail,
- 1:54on pense souvent au burn-out.
- 1:56Mais derrière ce mot,
- 1:57il y a quand même une réalité beaucoup plus grave.
- 1:59Selon vous,
- 2:00pourquoi la santé mentale est devenue un enjeu majeur en entreprise aujourd'hui ?
- 2:05Alors moi je dirais qu'il y a plusieurs choses.
- 2:07Je ne sais pas si Anita tu seras d'accord,
- 2:09mais il y a le Covid qui est passé par là.
- 2:11Et on va dire que ça a un peu instauré une transition.
- 2:14Aujourd'hui le sujet est un petit peu détabouisé.
- 2:16Et on a peut-être pris un peu plus conscience des enjeux de santé mentale aussi avec cette crise sanitaire.
- 2:21En effet,
- 2:22je pense que c'est quelque chose qui était présent bien avant la crise Covid.
- 2:26Putain !
- 2:26parce que quand on parle notamment de chiffres sur la santé mentale et les risques psychosociaux,
- 2:30on les retrouve dès que l'organisation du travail a commencé à changer,
- 2:35à évoluer,
- 2:35alors en bien ou en mal,
- 2:36peu importe.
- 2:37Mais en tout cas cette évolution fait que forcément ça va générer un certain nombre de changements et donc qui dit changement dit mouvance et donc effectivement stress et on pourra faire le lien.
- 2:47Et je suis d'accord avec toi,
- 2:48la crise Covid a été un peu un accélérateur de ces prises de conscience en fait.
- 2:53Merci pour ces premiers éclairages.
- 2:54On va entrer un peu plus dans le concret.
- 2:57On parle beaucoup de RPS,
- 2:58mais ce terme reste un peu parfois flou,
- 3:02même moi la première.
- 3:04Louise,
- 3:04concrètement,
- 3:05qu'est-ce que tu entends par risques psychosociaux ?
- 3:08Déjà,
- 3:08il faut avoir en tête qu'il y a une confusion qui est faite entre les facteurs de risques psychosociaux et les conséquences qui sont là,
- 3:16les risques psychosociaux.
- 3:17Ce qu'on entend,
- 3:18ça va être le stress,
- 3:19les violences internes,
- 3:20le burn-out.
- 3:21etc.
- 3:21finalement toute souffrance qui a lieu au travail.
- 3:24Mais ces conséquences-là,
- 3:26elles sont influencées par des facteurs de risque qui eux ont été très bien définis par un collège d'expertise qui a été mandaté,
- 3:33je crois que c'est en 2011,
- 3:35par le ministère du Travail.
- 3:36Et donc aujourd'hui on a six grandes familles qui sont des familles avec des facteurs qui vont influencer le travail.
- 3:44Donc dedans par exemple on a l'intensité et le temps de travail,
- 3:48on va avoir aussi les exigences émotionnelles.
- 3:50Le fait par exemple de devoir cacher ses émotions au travail.
- 3:54On a également le manque d'autonomie,
- 3:56qui est un facteur aussi important.
- 3:58Les relations conflictuelles.
- 4:01Et puis on a également le conflit de valeurs.
- 4:03Donc là c'est vraiment l'idée d'être empêchée de faire un travail de qualité ou un travail qui n'est pas forcément en résonance avec nos valeurs.
- 4:11Et puis la dernière grande famille qui existe aussi,
- 4:14c'est l'insécurité.
- 4:15La situation de travail,
- 4:16donc là ça peut être par exemple des contrats assez précaires.
- 4:19Voilà,
- 4:19aller de CDD en CDD ou les contrats d'intérim,
- 4:22etc.
- 4:23Et Anita,
- 4:24dans tes interventions,
- 4:24quels sont les premiers signes d'alerte qui te font dire qu'on est face à des RPS ?
- 4:28Enfin,
- 4:29plus ou moins mal gérés.
- 4:30Oui,
- 4:31c'est là où c'est intéressant le lien entre RPS et santé mentale.
- 4:34Et pour le coup,
- 4:35si on détaille un petit peu ce sujet,
- 4:37en effet,
- 4:37la santé mentale,
- 4:39c'est une conséquence des risques que vient de citer Louise,
- 4:43qui va générer soit de l'épuisement,
- 4:45chez les personnes,
- 4:46soit de l'anxiété et parfois un petit peu plus grave,
- 4:48ça peut aller jusqu'à la dépression et conduire après à un arrêt,
- 4:52par exemple,
- 4:53de travail ou des choses comme ça.
- 4:54Et ce qui est identifié en premier,
- 4:56c'est un petit peu souvent cette souffrance qui est exprimée.
- 4:58Alors,
- 4:59pas forcément souffrant.
- 5:00de souffrance évidente parce que c'est aussi comme ça qu'on va s'intéresser au sujet et de voir qu'il y a des choses qui se passent au sein d'une structure.
- 5:09Ces signes ne sont pas forcément évidents mais dès qu'on s'y intéresse un petit peu ou qu'on relie ces signes entre eux,
- 5:15on va s'apercevoir qu'il y a des risques qui sont là,
- 5:18parce que c'est vrai pour tout le monde,
- 5:19mais qui sont un petit peu source de troubles et qui peuvent porter atteinte à la santé mentale des collaborateurs.
- 5:26Est-ce que tu as un exemple par exemple qui te viendrait en tête,
- 5:29qui t'a marqué au premier abord ?
- 5:32Par exemple,
- 5:32quelqu'un qui va dire « je suis fatiguée quand je rentre chez moi le soir,
- 5:35mais c'est une fatigue au-delà d'une fatigue classique parce que j'ai eu une densité ou que le travail m'a demandé beaucoup d'attention dans ma journée,
- 5:41mais c'est plutôt « je me sens vidée,
- 5:43je n'ai plus d'énergie pour rien faire,
- 5:45ce que je fais ça n'a plus de sens,
- 5:47je me questionne sur le sens de mon travail,
- 5:50voire même le sens de ma vie,
- 5:52des conflits. »
- 5:53au sein d'une équipe qui peuvent commencer à surgir.
- 5:55Je ne m'entends plus avec mes collègues,
- 5:56du coup c'est un climat plutôt pesant qui ne favorise pas l'envie de travail.
- 6:01Et là,
- 6:01on questionne à nouveau la question de sens au travail qu'expliquait Louise tout à l'heure.
- 6:05Donc vous voyez comment on passe du facteur de risque,
- 6:08donc le risque psychosocial comme tu l'évoquais,
- 6:12à conséquences et qui peuvent porter atteinte à l'individu en fait.
- 6:17Oui,
- 6:17donc on voit bien au final que les RPS recouvrent de multiples réalités.
- 6:21De multiples facteurs,
- 6:22comme vous l'avez expliqué,
- 6:23notamment dans les exemples que tu as donnés.
- 6:24Mais vous l'avez dit aussi,
- 6:26le travail ce n'est pas qu'un risque,
- 6:29il peut être aussi facteur de protection.
- 6:31Louise,
- 6:32tu parles souvent du coup de sens et d'autonomie comme facteur protecteur.
- 6:36Est-ce que tu peux nous en dire plus ?
- 6:37Oui,
- 6:38tout à fait.
- 6:38Il y a une théorie qu'on aime bien mentionner chez Previa,
- 6:42c'est la théorie de l'autodétermination.
- 6:44Je ne sais pas si elle parle à nos auditeurs,
- 6:46mais en fait c'est une théorie où globalement on met en avant plusieurs choses.
- 6:50Pour être motivé,
- 6:52pour avoir une bonne santé mentale,
- 6:53un travailleur a besoin de relations sociales,
- 6:56il a besoin de se sentir compétent et il a besoin aussi d'autonomie.
- 7:01Et cette autonomie-là,
- 7:02elle est vraiment importante.
- 7:03Alors,
- 7:04bien sûr,
- 7:04dans autonomie,
- 7:05ça ne veut pas dire complètement laisser faire,
- 7:07il faut une autonomie cadrée parce que ne pas avoir de contour clair,
- 7:10ça peut aussi être problématique.
- 7:11Et de cadre !
- 7:12Voilà,
- 7:12c'est ça,
- 7:12c'est une autonomie vraiment encadrée,
- 7:15mais c'est vraiment un facteur prépondérant pour la santé mentale des travailleurs.
- 7:19Et puis,
- 7:20tu l'as dit Clémence et également Anita,
- 7:22la question du sens aujourd'hui est prépondérante.
- 7:25On le retrouve aussi dans les histoires,
- 7:26dans les vécus des personnes qu'on peut accompagner.
- 7:28Mais souvent,
- 7:29cette question revient quand on introspecte un petit peu les situations de travail qui ont été vécues et qui n'étaient pas forcément simples.
- 7:36Et aujourd'hui,
- 7:37il y a plein d'études qui montrent que le sens,
- 7:40c'est un facteur protecteur pour la santé mentale.
- 7:42Et ça permet vraiment d'éviter l'apparition de troubles psychiques.
- 7:46Donc,
- 7:46c'est aussi intéressant pour les entreprises.
- 7:48de s'emparer de cette question du sens.
- 7:50Et Anita,
- 7:51on entend de plus en plus parler du fameux spillover effect,
- 7:57mot bien anglais,
- 7:58mais en gros qui veut dire plus précisément le débordement entre la vie pro et la vie perso.
- 8:05Toi,
- 8:05tu l'observes comment sur le terrain ?
- 8:07Et qu'est-ce que ça dit notre rapport au travail aujourd'hui ?
- 8:10Alors c'est intéressant comme question.
- 8:11Alors en effet,
- 8:12tu citais le terme anglais,
- 8:13moi ce n'est pas beaucoup un terme que j'utilise.
- 8:16en entreprise parce que même si on aborde des sujets parfois techniques,
- 8:20les gens ont besoin de concret et de choses qui leur parlent.
- 8:23Donc on parle plus de porosité entre vie pro et perso.
- 8:26Et en effet,
- 8:27on se doute bien que c'est extrêmement difficile de cloisonner,
- 8:30que ce soit d'ailleurs l'aspect personnel que professionnel.
- 8:33Et si par exemple,
- 8:34on a eu une journée difficile parce que ça nous a demandé beaucoup d'attention.
- 8:38on parlait de conflit tout à l'heure ou de perte de sens par rapport à ce que tu expliquais Louise,
- 8:43ça va donner une certaine fatigue,
- 8:44de l'irritabilité.
- 8:45Et quand on rentre chez soi le soir,
- 8:48comment ça va ressortir ?
- 8:49Peut-être qu'on ne va pas être très réceptif aux discussions avec sa famille ou son entourage.
- 8:54On risque aussi cette irritation qu'on a emmagasinée dans la journée.
- 8:57Elle risque peut-être de ressurgir.
- 9:01Je vais être moins patient,
- 9:02je ne vais pas répondre forcément de la faction la plus adaptée qui soit.
- 9:06Alors que mes proches,
- 9:07ils n'ont rien demandé par rapport à tout ça.
- 9:09Mais à l'inverse,
- 9:11et c'est ce que tu disais aussi,
- 9:12donc là,
- 9:12on parle sur le côté un petit peu porosité dans le sens négatif où ma vie professionnelle vient impacter de façon plus négative,
- 9:20entre guillemets,
- 9:21ma vie personnelle.
- 9:22Mais l'inverse est vrai aussi.
- 9:23Si j'ai passé une excellente journée au travail et qu'il y a une bonne ambiance au sein de la structure et de l'organisation,
- 9:29je rentre et je suis plutôt joyeux.
- 9:31Et c'est ce qui va aussi refléter sur mon entourage.
- 9:34Sur les facteurs de protection,
- 9:35ce qui est intéressant aussi est de cette porosité entre vie pro et vie perso.
- 9:39Quelqu'un qui a de lourds soucis aussi dans sa vie personnelle,
- 9:41on entend aussi souvent dire que les gens ça les tient debout dans leur travail parce que s'ils n'avaient pas ça,
- 9:46effectivement tout s'écroulerait.
- 9:47Et c'est là où on revient un petit peu sur ce qu'on disait sur le burn-out.
- 9:51C'est souvent forcément lié au contexte professionnel parce que ça vient d'une lassitude ou d'une grande fatigue sur le plus bon professionnel.
- 10:00mais dans le burn-out c'est quand même l'écroulement de toute la structure psychique et lié à plein de facteurs y compris du contexte personnel.
- 10:07On a vraiment un échange entre vie pro,
- 10:10vie perso et effectivement c'est important de prendre tout ça en compte parce que comme on le disait tout à l'heure,
- 10:16moi je ne connais pas de gens ou extrêmement peu de gens qui sont capables de vraiment fermer la porte en quittant le bureau le soir pour rentrer chez eux et de se dire ce qui s'est passé aujourd'hui ça ne m'impacte pas.
- 10:25Ou je le mets au défi de me dire comment il fait.
- 10:28Du coup,
- 10:29quand on préparait ce podcast,
- 10:30tu m'as expliqué que ça faisait 15 ans que toi,
- 10:32tu faisais ce métier.
- 10:33Tu accompagnais les entreprises.
- 10:35Est-ce que tu as remarqué aussi un changement sur l'équilibre vie pro-vie perso ?
- 10:39Ou finalement,
- 10:39c'est quelque chose qui a toujours été installé entre les entreprises et les salariés ?
- 10:44Il n'y a pas de frontière,
- 10:45finalement,
- 10:46vraiment,
- 10:46entre notre vie privée et notre vie perso.
- 10:48Alors,
- 10:49c'est intéressant comme question.
- 10:50Et je rebondis un petit peu sur ce que t'expliquais,
- 10:52Louise,
- 10:53au tout début.
- 10:54Donc,
- 10:54forcément,
- 10:54c'est extrêmement difficile de cloisonner.
- 10:56et c'est pour ça qu'une...
- 10:57Une entreprise a tout intérêt,
- 10:59une structure,
- 11:00à tout intérêt à prendre en compte tous ces risques pour limiter l'impact que ça peut avoir sur la personne.
- 11:08L'individu va travailler sur ce qui l'affecte,
- 11:10mais c'est très lié à ses conditions de vie et notamment à ses conditions au sein de l'organisation,
- 11:15et qui vont permettre qu'à un moment,
- 11:16c'est ce qui va permettre de retrouver un minimum d'équilibre,
- 11:19au moins dans sa vie professionnelle,
- 11:20et pour devenir un facteur protecteur peut-être.
- 11:23S'il y a quelque chose qui a évolué depuis 15 ans,
- 11:25je dirais que c'est ça.
- 11:26Et la prise de conscience qu'à un moment,
- 11:28l'entreprise a aussi une carte à jouer par rapport à ça.
- 11:31Parce que si on regarde en termes de chiffres,
- 11:34on voit très bien,
- 11:35tu me demandais tout à l'heure,
- 11:37comment je peux voir au sein d'une structure l'évolution ou qu'est-ce qui va être marquant sur les risques psychosociaux.
- 11:42On a parlé de l'individu,
- 11:43mais au sein de la structure,
- 11:43ça va être les chiffres qui vont parler.
- 11:45Plus il y a d'arrêts,
- 11:47plus on va se dire qu'est-ce qui se passe,
- 11:49ou de démission,
- 11:50qu'est-ce qui se passe au niveau de la structure,
- 11:52qui fait qu'à un moment,
- 11:53je n'arrive pas à garder mes collaborateurs en place.
- 11:56Donc là on a parlé des constats,
- 11:58des risques,
- 11:59mais on va passer quand même à l'essentiel,
- 12:01comment on agit sur ces RPS.
- 12:04Louise,
- 12:04côté salarié,
- 12:05quels sont les premiers signaux d'alerte qu'il faudrait apprendre à reconnaître pour prendre soin de sa santé mentale ?
- 12:11Moi ce que j'aime bien faire,
- 12:12c'est les catégoriser.
- 12:14Moi j'aime bien les catégoriser de manière générale,
- 12:17mais on va retrouver plusieurs types de signaux,
- 12:19notamment les signaux physiologiques.
- 12:21Donc Anita en a déjà un petit peu parlé,
- 12:23mais c'est tout ce qui va être...
- 12:24troubles du sommeil,
- 12:26perte d'appétit,
- 12:28tout ce qui va toucher au fonctionnement physiologique de la personne.
- 12:31On va également retrouver des signaux émotionnels,
- 12:33et là je rejoins Anita aussi,
- 12:35une irritabilité,
- 12:36une tristesse.
- 12:38Ce sont des signaux qui doivent alerter,
- 12:39pour soi-même ou pour les autres.
- 12:40On peut aussi être dans une démarche de vigilance collective et partagée,
- 12:45et essayer de porter attention à ce qui se passe aussi autour de nous.
- 12:49On va avoir aussi des signaux,
- 12:51parfois qu'on oublie un petit peu,
- 12:52c'est les signaux cognitifs.
- 12:54Des erreurs répétées ou une baisse de la performance,
- 12:57ça peut aussi être des indicateurs finalement qu'il y a quelque chose qui se trame et qu'il faut aller peut-être regarder comment on va au niveau de sa santé mentale.
- 13:04Et puis on a également des signaux comportementaux.
- 13:06Alors là souvent c'est de l'isolement,
- 13:09l'isolement vis-à-vis des collègues ou une perte vraiment d'intérêt même pour les activités dans sa vie personnelle.
- 13:15Donc on va voir finalement que ça va avoir un impact global et c'est pour ça que ce spillover effect ou cet effet de débordement,
- 13:21il est intéressant à relier à toutes ces questions.
- 13:23Parce que les signaux,
- 13:24finalement,
- 13:24ils ne vont pas être que sur le lieu de travail,
- 13:26ils vont aussi être dans la vie personnelle.
- 13:27Et Anita,
- 13:28de votre côté organisation,
- 13:29par où une entreprise doit-elle commencer si elle veut vraiment prévenir les RPDS ?
- 13:34Donc là,
- 13:34avec Louise,
- 13:34on a vu le côté très individuel.
- 13:36Avec toi,
- 13:36on va voir de façon plus globale.
- 13:39Oui,
- 13:39et en même temps,
- 13:41c'est très juste ce que disait Louise par rapport au fait de s'intéresser sur le côté individuel.
- 13:46Parce que déjà,
- 13:47ce qui est important d'accepter,
- 13:49c'est que ça existe.
- 13:50Voilà,
- 13:51ça a été démontré,
- 13:53scientifiquement il y a pas mal d'outils qui sont éprouvés par rapport à ça.
- 13:57Et donc si l'entreprise nie ce qui se passe au sein de sa structure,
- 14:01c'est pas une manière de commencer.
- 14:02Donc avant d'arriver à l'aspect préventif,
- 14:05on va souvent s'intéresser aux risques psychosociaux parce qu'une crise éclate,
- 14:09parce qu'un salarié,
- 14:10on parlait de l'absentéisme tout à l'heure,
- 14:12n'est plus présent à son poste de travail ou parce qu'il y a eu des signaux que tu citais et qu'on a abordés précédemment qui viennent nous montrer que quelque chose ne va pas. ...
- 14:20Et donc cette prise de conscience,
- 14:21elle permet de se dire,
- 14:22tiens,
- 14:22peut-être qu'on a quelques ajustements à faire.
- 14:25Et c'est là qu'on va s'intéresser aux différentes catégories.
- 14:27Donc moi,
- 14:28je recommande souvent à ce moment-là de passer sur l'aspect plutôt préventif et puis de faire un diagnostic de là où en est la structure pour évaluer ces risques,
- 14:36où est-ce qu'elle en est par rapport à ça.
- 14:37Et puis après,
- 14:38on va pouvoir passer concrètement à l'action,
- 14:40comment je peux faire d'un point de vue managérial,
- 14:42d'un point de vue organisationnel,
- 14:44d'un point de vue répartition de la charge de travail,
- 14:45enfin un petit peu toutes les catégories que c'est Louise.
- 14:48Voilà après concrètement comment ça va se mettre en œuvre dans une structure.
- 14:53Justement,
- 14:53tu abordes le côté managériel.
- 14:56De votre point de vue à toutes les deux,
- 14:58pour moi,
- 14:58les managers de proximité,
- 15:00Ils sont les premiers en ligne avec leurs équipes.
- 15:04Eux,
- 15:04quel rôle ils peuvent jouer justement concrètement ?
- 15:07Et quelles erreurs commettent-ils malgré eux dans leur quotidien ?
- 15:11Je dirais qu'effectivement,
- 15:13comme tu l'as dit Clément,
- 15:13c'est des détecteurs précoces en fait.
- 15:16Ils sont les relais entre la direction,
- 15:19ou en tout cas la hiérarchie,
- 15:21et les équipes.
- 15:22Et c'est aussi intéressant de se dire que les managers,
- 15:26ils ont aussi...
- 15:27finalement une position à risque dans le sens où eux-mêmes,
- 15:30ils peuvent s'exposer à des risques psychosociaux,
- 15:34à une santé mentale dégradée.
- 15:35Et donc moi je dirais,
- 15:37ce qui est intéressant c'est d'avoir une vigilance évidemment pour les équipes,
- 15:39de savoir repérer les signaux en essayant d'avoir aussi cet aspect macro et micro à la fois.
- 15:46Pas oublier une des deux sphères,
- 15:48dans le sens où,
- 15:48je ne sais pas si tu seras d'accord Anita,
- 15:50mais on peut avoir parfois l'écueil d'aller...
- 15:53nier un petit peu ce qui se passe au niveau de l'individu ou à l'inverse,
- 15:56de nier ce qui se passe au niveau de l'organisation.
- 15:58L'idée,
- 15:59c'est de trouver aussi un équilibre tout en rappelant aux managers qu'eux-mêmes,
- 16:02ils peuvent être exposés,
- 16:03donc qu'ils soient aussi vigilants vis-à-vis d'eux.
- 16:05Et c'est ça,
- 16:06tu parlais tout à l'heure,
- 16:07Clémence,
- 16:08quelles erreurs ils peuvent commettre.
- 16:09C'est ça,
- 16:10c'est soit de vouloir tout gérer eux-mêmes,
- 16:13parce qu'il ne faut pas déranger la hiérarchie,
- 16:15parce que je n'ai pas le temps,
- 16:16parce que sinon,
- 16:17ça va créer peut-être des conflits.
- 16:19et effectivement le fait de reconnaître dans un premier temps.
- 16:22c'est aussi accepter qu'on a moyen de faire peut-être les choses différemment et puis de se protéger aussi,
- 16:29eux,
- 16:29par rapport à ça,
- 16:30parce qu'ils ne peuvent pas tout absorber.
- 16:31Et en même temps,
- 16:32ils sont quand même là à la base,
- 16:34en premier rôle,
- 16:34pour détecter parce que c'est eux qui vont être en lien avec les équipes.
- 16:37Mais ce serait une erreur de tout vouloir gérer seul,
- 16:41parce que plus de personnes sont engagées au sein de l'organisation dans ce rôle plutôt préventif dont on parlait tout à seul,
- 16:47que ce soit le RH ou le dirigeant.
- 16:48plus ça a des chances d'aboutir à quelque chose de constructif pour la suite.
- 16:52Et qu'est-ce que vous leur conseilleriez du coup ?
- 16:54Déjà je dirais que c'est important qu'ils aient justement conscience de tous les relais en interne,
- 16:58comme en externe,
- 16:59il y a des acteurs comme la médecine du travail,
- 17:01effectivement tu as parlé des RH aussi,
- 17:03donc déjà c'est important qu'ils aient connaissance de cet écosystème aussi sur lequel ils peuvent s'appuyer de manière opérationnelle.
- 17:09Je ne sais pas si tu es d'accord avec ça ?
- 17:11Tout à fait,
- 17:12oui c'est ça.
- 17:12Et puis en plus de ça,
- 17:14peut-être dans cette démarche de prévention,
- 17:15de ne pas négliger le rôle que peuvent jouer ces managers de proximité et de les former,
- 17:19de leur donner aussi les moyens d'accompagner les gens,
- 17:22d'être à l'écoute.
- 17:23Et effectivement,
- 17:24quand ils ne sont pas sur cette disposition par manque de temps ou par manque de connaissances ou compétences,
- 17:29c'est aussi pour ça que c'est important d'en parler,
- 17:31de les écouter et puis peut-être de pallier par de la formation à leur montée en compétence justement.
- 17:35Donc là,
- 17:36vous nous avez partagé des pistes concrètes,
- 17:38mais j'aimerais qu'on prenne un peu de hauteur pour finir.
- 17:41Donc si vous deviez convaincre un dirigeant encore sceptique,
- 17:44Quel serait votre argument fort pour lui montrer que la prévention des RPS n'est pas une contrainte,
- 17:50mais un véritable investissement stratégique ?
- 17:53Il y a plusieurs arguments.
- 17:54Moi,
- 17:54je vais commencer peut-être avec un scientifique,
- 17:56c'est parce que c'est ma casquette aussi,
- 17:57et parfois les études sortent des chiffres qui peuvent parler,
- 18:00je pense.
- 18:01Il y a une étude qui est sortie maintenant,
- 18:02il y a quelques années,
- 18:03qui montrait que finalement,
- 18:05un salarié qui est en bonne santé mentale,
- 18:08il a trois fois plus de chances d'être créatif et il est...
- 18:12on va dire à hauteur de 30%
- 18:13plus productif.
- 18:15Donc en fait c'est important aussi de se dire qu'est-ce que ça peut m'apporter une équipe finalement qui va bien,
- 18:20au-delà de plutôt avoir cette approche pathologisante,
- 18:22mais aussi de se dire finalement qu'est-ce que je vais tirer moi en tant qu'organisation si je tire mes équipes vers le haut et que j'essaye vraiment d'instaurer une culture d'une bonne santé mentale.
- 18:32Je t'en rejoins complètement par rapport à ce que tu disais,
- 18:35notamment par rapport à l'épanouissement et la créativité,
- 18:38et moi je résumerais ça de façon...
- 18:41Concrète en disant que,
- 18:42en réfléchissant pour le dirigeant,
- 18:44non pas en termes de coûts,
- 18:45mais en termes de stratégie pour la suite et pour l'évolution de la société.
- 18:50Donc c'est plutôt un investissement stratégique qu'un investissement de coûts.
- 18:53Et puis aussi pour l'image de la structure.
- 18:55On voit aujourd'hui,
- 18:56et ça va avec ce qu'on disait,
- 18:58la mouvance dans le style managérial et dans la façon dont les générations s'impliquent ou non par rapport au sens et ce qu'ils donnent donc au travail,
- 19:08dans leur travail,
- 19:09et c'est de se dire d'Irbain.
- 19:11les dirigeants ont déjà du mal à recruter des collaborateurs,
- 19:15peut-être de faire attention à l'image aussi de l'entreprise et de travailler sur la prévention,
- 19:20ça peut effectivement être une attractivité supplémentaire pour le dirigeant recruteur.
- 19:24Et si on a encore des réfractaires,
- 19:25il y a toujours l'argument quand même économique,
- 19:27même si ce n'est pas celui qu'on a mis en avant,
- 19:29quand même investir dans la santé mentale,
- 19:31ça augmente de 6%
- 19:33la productivité selon certaines études et ça réduit de 20%.
- 19:36l'absentéisme.
- 19:37Donc bon,
- 19:37si ces chiffres aussi peuvent parler,
- 19:39on peut les donner.
- 19:41Merci Anita,
- 19:42merci Louise pour vos partages.
- 19:44Ce qu'on retient de notre échange,
- 19:46c'est que les risques psychosociaux ne sont pas seulement des indicateurs abstraits,
- 19:50ils sont au cœur de la santé mentale au travail.
- 19:53Les prévenir,
- 19:53c'est non seulement réduire l'absentéisme et le stress,
- 19:56mais aussi créer un environnement où chacun peut trouver du sens,
- 20:00de l'équilibre et de la reconnaissance.
- 20:02La santé mentale au travail n'est pas un tabou,
- 20:04c'est un pilier essentiel du bien-être individuel,
- 20:07mais aussi de la performance collective.
- 20:10Merci à vous de nous avoir écoutés depuis ZOO à Nantes.
- 20:12On se retrouve très bientôt pour un nouvel épisode de MemoDuo.
- 20:17C'est la fin de cet épisode.
- 20:19Merci à nos invités du jour pour leur regard bienveillant et à notre équipe qui rend cette émission possible.
- 20:26Mais surtout,
- 20:26merci à vous de nous avoir écoutés.
- 20:29N'hésitez pas à nous partager des sujets qui vous tiennent à cœur et sur lesquels vous cherchez des réponses.
- 20:34N'oubliez pas,
- 20:35si cela vous intéresse,
- 20:37vous piquerez à coup sûr la curiosité d'autres personnes.
- 20:41Retrouvez l'adresse à laquelle nous écrire dans notre description.
- 20:45Et si vous aimez MemoDuo,
- 20:46Mettez des étoiles sur les plateformes d'écoute.
- 20:49Je vous donne rendez-vous le mois prochain pour un nouvel épisode.
- 20:53Notre mission,
- 20:53apporter des solutions aux entreprises et aux salariés pour améliorer la santé et la qualité de vie au travail.
- 21:00A bientôt dans MemoDuo !