Latest / Le Café du Sport Business / L'ascension fulgurante de CMA CGM dans l'économie du sport
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- 0:03Le café du sport business. On parle pas des scores du
- 0:06weekend hein ? Non, on parle des enjeux
- 0:07financiers, du marketing, des médias.
- 0:11Toute l'arrière boutique économique du sport en fait.
- 0:14Bonjour, bienvenue au café du sport business.
- 0:17Aujourd'hui, on se donne pour mission de comprendre une
- 0:19transformation vraiment majeure dans l'industrie mondiale du
- 0:22sponsoring. On va analyser comment et
- 0:25surtout pourquoi. Un immense mastodonte de la
- 0:28logistique internationale a décidé d'utiliser le sport de
- 0:31haut niveau et. On ne parle pas d'une simple
- 0:33campagne d'affichage, hein ? Exactement.
- 0:35Le sport devient pour eux un véritable outil de croissance
- 0:37opérationnelle et un levier d'influence B to B massif.
- 0:41Pour poser le décor factuel de cette discussion, il faut avoir
- 0:43les chiffres en tête. On parle du 3e transporteur
- 0:46maritime mondial. Les chiffres de 2024 sont assez
- 0:50vertigineux. C'est le mot, on est sur 47,3
- 0:54milliards d'euros de chiffre d'affaires.
- 0:56Ils ont une flotte titanesque de plus de 650 navires et une
- 1:00présence continue dans plus de 420 ports à travers le monde.
- 1:02C'est une force de frappe industrielle colossale, et cette
- 1:05entreprise s'insère aujourd'hui dans les plus hautes sphères du
- 1:08sport mondial avec une stratégie extrêmement agressive.
- 1:10Bon, décortiquons tout ça ? Oui, parce qu'il faut vraiment
- 1:15repartir des fondations pour comprendre cette mécanique.
- 1:17C'est ça ? À l'origine, l'entreprise naît
- 1:19en 1978 sur un modèle purement maritime.
- 1:20Mais le vrai changement de braquet, la vraie
- 1:23diversification. Elle s'opère il y a quelques
- 1:27années avec l'arrivée de Rodolphe Saadé à la direction
- 1:29générale. Est ce que tu peux nous
- 1:30expliquer comment ça s'est mis en place ?
- 1:32Bien sûr, cette bascule stratégique, c'est le point de
- 1:36départ incontournable. L'arrivée de Rodolphe Saadé en
- 1:39novembre 2017, ça marque vraiment la fin du modèle
- 1:42exclusivement centré sur les porte-conteneurs.
- 1:44La direction a très vite compris que pour dominer le commerce
- 1:48mondial de demain, amener une marchandise d'un port a à un
- 1:52port B. Ça ne se suffit plus.
- 1:54Il fallait maîtriser l'ensemble du flux.
- 1:57Totalement. Il fallait contrôler toute la
- 1:59chaîne d'approvisionnement de l'usine de production jusqu'à
- 2:02l'entrepôt final. Et le véritable accélérateur de
- 2:04cette stratégie intervient en 2019, c'est l'acquisition de
- 2:08Seva Logistics. C'est un mouvement fondamental
- 2:11pour le groupe. Parce qu'ils intègrent de
- 2:13nouvelles compétences à ce moment-là.
- 2:14Exactement du jour au lendemain, l'entreprise intègre toute
- 2:18l'expertise de l'acheminement terrestre, ferroviaire et
- 2:21aérien. Et sur le plan humain,
- 2:23l'évolution est frappante. Pour te donner une idée, on
- 2:25passe de 34000 collaborateurs en 2018 à plus de 160000
- 2:28aujourd'hui, répartis dans 177 pays.
- 2:32L'échelle a complètement changé. Voilà, aujourd'hui, cette seule
- 2:36branche logistique génère 1/3 des revenus totaux du groupe.
- 2:40C'est cette capacité à opérer sur terre, sur mer et dans les
- 2:43airs. Qui créent l'infrastructure
- 2:45nécessaire pour bah répondre aux exigences hors norme du monde
- 2:49sportif, professionnel et. C'est là que ça devient vraiment
- 2:52intéressant parce que dans l'univers du sport business, on
- 2:55a l'habitude des sponsors qui cherchent la visibilité grand
- 2:58public pour vendre des produits de consommation de masse.
- 3:01Ici, on a une entité B to B tentaculaire qui opère
- 3:05principalement dans l'ombre des projecteurs mondiaux.
- 3:08Comment est ce qu'ils ont pensé l'architecture de leur
- 3:10partenariat ? Pour allier cette logique
- 3:12industrielle à l'exposition médiatique du sport, ce.
- 3:15Qui est fascinant ici, c'est la répartition clinique des rôles
- 3:19au sein de chaque grand partenariat.
- 3:21On n'est pas du tout face à un sponsor monolithique.
- 3:24L'ingénierie contractuelle est pensée à 2 niveaux distincts.
- 3:27C'est à dire qu'il sépare l'image de l'opérationnel.
- 3:30C'est exactement ça. D'un côté, la marque mère CM à
- 3:33CGM occupé l'espace visuel. Elle s'affiche sur les maillots,
- 3:37sur les monoplaces, sur les bannières des stades.
- 3:39C'est la vitrine institutionnelle.
- 3:41Elle accumule le Prestige et assoit la notoriété globale de
- 3:44l'empire. D'accord, et de l'autre côté ?
- 3:46En arrière-plan, la véritable cheville ouvrière du contrat,
- 3:50c'est ceva Logistics. La filiale gère l'intégralité de
- 3:53la dimension opérationnelle. C'est elle qui déplace les
- 3:56infrastructures, qui sécurisé les approvisionnements, qui gère
- 3:59tous les flux douaniers très complexes des équipes sportives.
- 4:02C'est ce double dispositif qui fait leur force, en fait.
- 4:04Cette approche très opérationnelle nous éloigne
- 4:07radicalement de la notion classique de mécénat.
- 4:10Le sport n'est plus juste un centre de coup marketing, ça
- 4:14devient un vrai démonstrateur B to B à ciel ouvert.
- 4:18Le cas des Jeux de Paris 2024 illustré ça parfaitement.
- 4:21On sait très bien qu être partenaire officiel d'un tel
- 4:24événement, ça coûte des dizaines de 1000000 d'euros.
- 4:26Et pourtant, le but n'était pas de vendre des containers au
- 4:29grand public. Voilà d'ailleurs François Xavier
- 4:31bonnailly, l'ancien directeur commercial de Paris 2024,
- 4:35soulignait un point crucial là-dessus.
- 4:37Il expliquait qu assurer la logistique des jeux, c'est
- 4:39envoyer un message au monde entier, ça prouve qu'on est
- 4:41capable de gérer absolument n'importe quel type de business
- 4:44où d'activité commerciale. C'est l'essence même de leur
- 4:47stratégie. Les Jeux olympiques, il faut se
- 4:49le dire, c'est le cauchemar logistique absolu.
- 4:51En temps de paix, il faut coordonner l'arrivée des
- 4:53équipements sportifs de plus de 200 délégations.
- 4:55Il faut gérer le relais de la flamme à travers de multiples
- 4:58territoires, avec un niveau de sécurité maximal, et orchestrer
- 5:02le montage puis le démontage d'infrastructures éphémères
- 5:04massives. Et le groupe s'est positionné
- 5:07pour résoudre précisément ces équations là.
- 5:09Oui, et l'aspect le plus révélateur de toute cette
- 5:12opération, c'est la rentabilité direct.
- 5:15Ceva Logistics a terminé son implication dans les jeux de
- 5:17Paris avec une marge financière positive.
- 5:20Ce qui est quand même rare, hein, pour un sponsor.
- 5:22Comment ils ont fait ? En profitant de leur statut de
- 5:24partenaire exclusif, ils ont vendu des prestations
- 5:28logistiques extrêmement complexes aux autres sponsors de
- 5:31l'événement et aux divers comités olympiques nationaux.
- 5:34Donc le groupe ne s'est pas contenté de payer un ticket
- 5:37d'entrée, il a monétisé son expertise technique auprès d'un
- 5:41réseau d'acteurs économiques majeurs directement sur place.
- 5:45C'est un modèle d'activation particulièrement agressif et
- 5:48très efficace. Transformer un parrainage
- 5:50sportif en centre de profit immédiat, c'est la démonstration
- 5:53d'une maîtrise parfaite du modèle B to P et cette logique
- 5:57d'excellence opérationnelle. Elle trouve un autre terrain
- 6:00d'expression encore plus extrême, peut être avec les
- 6:02sports mécaniques. Absolument.
- 6:04Depuis 2022, le groupe est le partenaire officiel de la
- 6:06Scuderia Ferrari en formule une. Curie de parcourir.
- 6:10Environ 340000 km sur une seule saison et c'est concentré sur 24
- 6:14courses réparties sur les 5 continents.
- 6:16Le niveau de contrainte technique et temporelle est
- 6:18presque irréel. La formule un, c'est
- 6:21effectivement le test ultime pour un opérateur logistique.
- 6:25Un Grand Prix, ça ne tolère absolument aucun retard.
- 6:28Si une pièce manque le vendredi matin pour les essais libres,
- 6:31tout le weekend de course est compromis.
- 6:33La pression doit être énorme sur les équipes logistiques.
- 6:35Elle l'est. Pour gérer la Scuseria Ferrari,
- 6:38le groupe doit administrer la rotation de 6 kits de matériel
- 6:42strictement identique à travers le monde.
- 6:44Ces kits englobent une quantité astronomique de fret.
- 6:47On parle des monoplaces démontés, des moteurs hybrides
- 6:51qui sont ultra sensibles de toutes les pièces de rechange,
- 6:54calibrées au millimètre. Du matériel de télémétrie, des
- 6:57stands et de l'intégralité des immenses structures
- 7:00d'hospitalité utilisées pour recevoir les partenaires de
- 7:02Ferrari. C'est une vraie ville itinérante
- 7:04en fait. C'est ça ?
- 7:06Et chaque kit navigue en permanence d'un continent à
- 7:08l'autre, par bateau, par avion, par camion, dans une
- 7:12chorégraphie chronométrée à la minute près.
- 7:15Lorenzo Giorgietti, le directeur des revenus de course chez
- 7:17Ferrari, à témoigné à ce sujet. Il explique qu'un partenaire
- 7:21logistique qui réussit dans un environnement aussi exigeant
- 7:24crée des références d'excellence absolue.
- 7:26Et ces références, elles sont ensuite utilisées comme un
- 7:29argumentaire commercial implacable.
- 7:31Si une entreprise est capable de livrer un aileron en carbone de
- 7:35formule un à l'autre bout du monde en 48 h avec 0 marge
- 7:38d'erreur, elle est évidemment capable de sécuriser la chaîne
- 7:42d'approvisionnement globale d'un constructeur automobile
- 7:44classique ou d'un géant de l'électronique.
- 7:46C'est la validation par l'extrême.
- 7:49Tout à fait. Mais si l'on regarde la carte
- 7:51globale de leur partenariat, ces grandes démonstrations de force
- 7:54à l'international cohabitent avec une stratégie d'ancrage
- 7:57territoriale qui est, elle, extrêmement ciblée.
- 8:00Leur choix épouse systématiquement la carte de
- 8:03leur zone de frais prioritaires. Si.
- 8:04On relie ça à une vision plus globale.
- 8:06On observe qu'il n'y a pas la moindre place pour le hasard ou
- 8:09l'affectif dans cette sélection de partenariats.
- 8:12Chaque euro investi sert une route commerciale ou un marché
- 8:15stratégique. On.
- 8:16Le voit très bien avec la voile. Oui, prenons l'exemple de la
- 8:19Transat Transvabre qui est devenue aujourd'hui la Transat
- 8:22cafelor. L'entreprise s'est engagée
- 8:24auprès de cette course depuis l'édition 2021.
- 8:27Ce partenariat coïncide très exactement avec le moment où
- 8:30l'organisation a choisi Fort de France comme port d'arrivée
- 8:33exclusif. Et ce détail de la destination
- 8:36est fondamental. Antoine Robin, le codirecteur de
- 8:39la course, l'expliquait très clairement, ce choix d'arrivée
- 8:42s'alignait parfaitement avec les intérêts de l'armateur.
- 8:45Le groupe détient une part écrasante du marché du fret
- 8:48maritime à destination des Antilles françaises.
- 8:51Donc l'événement sportif devient un prétexte haut de gamme pour
- 8:54consolider les relations commerciales avec tous les
- 8:56décideurs économiques locaux en Martinique et.
- 8:58On retrouve la même logique du côté du port de départ au Havre.
- 9:02Exactement, Le Havre est une plate forme portuaire vitale
- 9:06pour le fret du groupe. Ce n'est d'ailleurs pas une
- 9:08coïncidence. Ils sont également devenus le
- 9:10sponsor principal du Havre Athletic Club, le h à C, en
- 9:14première division de football. Ce maillage stratégique
- 9:16territorial, il prend une dimension presque
- 9:19institutionnelle quand on observé ce qui se passe à
- 9:21Marseille, c'est le berceau de l'entreprise, c'est le centre
- 9:24névralgique de leurs opérations mondiales.
- 9:26Et là, l'investissement réalisé auprès de l'Olympique de
- 9:29Marseille dépasse largement le cadre d'un simple contrat de
- 9:31sponsoring traditionnel. On est sur des montants très
- 9:34importants. On parle d'un renouvellement
- 9:36signé jusqu'en 2028 avec un engagement financier évalué
- 9:38entre 70 et 75000000 d'euros sur 3 ans.
- 9:41Pour un club dont le budget annuel oscille autour des
- 9:44260000000 d'euros. Ça signifie que cet acteur
- 9:46logistique finance à lui seul près de 10% du budget de
- 9:49l'équipe de l'o M certains observateurs pourraient
- 9:51percevoir cela comme une simple démonstration de puissance
- 9:52locale. Mais derrière ces chiffres
- 9:55massifs, quelle est la véritable mécanique d'influence ?
- 10:02Il faut être lucide, un investissement de 75000000
- 10:05d'euros sur 3 ans dans un club de football, ce n'est jamais un
- 10:09acte de pure générosité patronale à ce niveau de
- 10:12financement, il s'agit de sceller une alliance
- 10:14structurelle entre la plus grande entreprise économique
- 10:16d'un territoire et son institution sportive, la plus
- 10:20puissante, la plus suivie. Ça crée une empreinte sociétale
- 10:23colossale sur la ville. Absolument, l'entreprise
- 10:26sécurise ainsi une adhésion locale très forte.
- 10:29Elle fidélise ces milliers de collaborateurs marseillais en
- 10:31s'associant à leur passion numéro une.
- 10:33Et surtout, elle dispose d'un outil de relation publique sans
- 10:36équivalent. Les loges du stade Vélodrome
- 10:38deviennent le lieu parfait pour inviter et négocier avec leurs
- 10:42clients internationaux. Et il faut ajouter à cette
- 10:44omniprésence sportive une expansion majeure dans le
- 10:47secteur des médias. C'est la 2e lame de leur ancrage
- 10:50territorial et national, les rachats successifs de titres de
- 10:53la presse quotidienne régionale comme la Provence et corps ce
- 10:56matin. De la presse économique avec la
- 10:58tribune, de l'audiovisuel national avec BFMTV et RMC ou
- 11:02encore du média Digital brut, ça forme un écosystème très dense.
- 11:06La direction de l'entreprise soutient que ces acquisitions
- 11:09médiatiques répondent à une logique de diversification pure,
- 11:12ils réfutent toute volonté de bâtir un réseau de pouvoir où
- 11:15d'influence. Bien sûr, néanmoins, d'un point
- 11:18de vue purement analytique. Il est indéniable que là
- 11:21combinaison d'une omniprésence sportive, économique et
- 11:25médiatique sur un même territoire produit mécaniquement
- 11:29un levier d'influence très puissant.
- 11:31Alors qu'est ce que tout ça veut dire ?
- 11:32Allô ? On comprend parfaitement la
- 11:34stratégie de domination, la logique B to B et l'utilisation
- 11:38de l'ancrage territorial. Mais l'industrie du marketing
- 11:40sportif exige une véritable expertise pointue.
- 11:42Organiser des hospitalités en formule un où activer un
- 11:45partenariat olympique, ça requiert des compétences très
- 11:48spécifiques. Ça ne s'improvise pas.
- 11:50Même quand on excelle dans le transport maritime de
- 11:52containers, comment un groupe industriel AT il pu intégrer et
- 11:55maîtriser les codes complexes de l'événementiel sportif de haut
- 11:57niveau en si peu de temps ? Cette courbe d'apprentissage,
- 12:00c'est un processus continu et elle n'a pas été immédiate.
- 12:04Il y a eu une anecdote très parlante qui circule au sujet de
- 12:06l'arrivée de la flamme olympique dans la rade de Marseille.
- 12:09On se souvient tous de l'utilisation de ce porte
- 12:12conteneur géant aux couleurs de l'entreprise pour escorter le
- 12:14grand voilier. L'image a fait le tour du monde,
- 12:16Eh. Bien cette idée d'intégration
- 12:18visuelle grandiose, elle n émanait pas directement des
- 12:21équipes marketing du groupe. C'est Thierry Reboul, la figure
- 12:24centrale de la conception Événementielle pour Paris 2024,
- 12:27qui a dû leur suggérer ce dispositif.
- 12:29Ah d'accord, donc ils n'y avaient pas pensé eux-mêmes au
- 12:32départ, non ? À ce moment précis, les
- 12:34observateurs du comité d'organisation ont remarqué que
- 12:37l'entreprise n'avait pas encore le réflexe instinctif de
- 12:39transformer ces immenses actifs industriels en outils de
- 12:42communication spectaculaires. Mais cette situation a servi de
- 12:45déclic foudroyant en interne. Le groupe a immédiatement pris
- 12:49la mesure de ce qui lui manquait en termes d'expertise
- 12:51événementielle. Et ce déclic s'est rapidement
- 12:53traduit par des investissements massifs dans la structuration de
- 12:56leurs propres équipes. Damien Denisot, le directeur de
- 12:59la communication du groupe, A d'ailleurs confirmé que les
- 13:01budgets alloués aux seules activations marketing ont
- 13:04littéralement explosé ces dernières années.
- 13:06On ne se contente plus d'acheter des droits, on investit
- 13:09lourdement pour faire vivre ses droits.
- 13:11C'est indispensable pour générer du retour sur investissement.
- 13:14D'ailleurs, l'unité commerciale dédiée au partenariat sportif.
- 13:18Qui avait été initialement montée par Seva Logistics pour
- 13:20les besoins exclusifs de Paris 2024.
- 13:23Elle a été pérennisée pour gérer l'ensemble du portefeuille
- 13:26global aujourd'hui. Et surtout, ils ont chassé des
- 13:28profils pointus. L'arrivée de Benjamin Bertois,
- 13:31qui pilotait les activations d'un géant du luxe comme LVMH
- 13:34pendant les jeux, illustré bien cette volonté d'importer les
- 13:37meilleurs standards du marché chez eux.
- 13:39Cette montée en gamme de leurs équipes, elle se ressent
- 13:41également du côté de la formule un chez Ferrari, les
- 13:44responsables des partenariats observent une évolution
- 13:46drastique. Ah oui, de quelle manière ?
- 13:48Au début de contrat en 2022, l'approche de l'entreprise
- 13:50restait assez basique. C'était la présence du logo sur
- 13:54la carrosserie et une utilisation classique des loges
- 13:56VIP pour récompenser les clients réguliers.
- 13:58Mais très rapidement, avec la structuration de leurs équipes
- 14:01marketing en interne, la démarche est devenue beaucoup
- 14:04plus chirurgicale. Ils ont affiné leur cible.
- 14:08Complètement. Ils déploient désormais des
- 14:10programmes d'engagement ultra ciblés.
- 14:12Ils utilisent l'attrait de la formule un pour prospecter de
- 14:14nouveaux grands comptes dans des secteurs industriels précis ou
- 14:18bien pour créer des séminaires de haute performance destinés à
- 14:20leurs propres collaborateurs. L'outil sportif est aujourd'hui
- 14:24exploité à son plein potentiel. Et cette structuration
- 14:26professionnelle de leur département logistique et
- 14:28marketing nous amène naturellement à la prochaine
- 14:31phase de leur expansion. Après avoir consolidé leur
- 14:33présence dans la voile, le football, l'olympisme et les
- 14:37sports mécaniques, le groupe à ciblé un terrain de jeu très
- 14:39différent mais tout aussi populaire.
- 14:41On parle du cyclisme professionnel.
- 14:44La décision de s'associer en tant que CO sponsor d'une équipe
- 14:46majeure aux côtés de la marque Decathlon ressemble à une
- 14:49nouvelle accélération de leur modèle.
- 14:51Le choix du cyclisme est d'une rationalité absolue pour eux.
- 14:54S associer avec Decathlon ? On n'a rien d'une exploration
- 14:57hasardeuse d'un coup de cœur. Derrière cette marque de sport
- 15:01se trouve la galaxie de la famille Mulliez, qui détient de
- 15:04très nombreuses enseignes de grandes distributions à
- 15:07l'échelle mondiale, comme Auchan ou Leroy Merlin par exemple.
- 15:11Et ça, c'est leur cœur de cible commercial.
- 15:13Exactement. Ces enseignes sont
- 15:15historiquement des clients monumentaux pour un transporteur
- 15:18maritime et logistique. Partager la devanture d'une
- 15:21équipe cycliste professionnelle avec l'un de ses plus gros
- 15:24clients, B to B c'est un acte de consolidation commerciale
- 15:27majeur. Et sur le plan purement sportif,
- 15:30les retombées sont très probantes.
- 15:32Oui, le cyclisme français bénéficie de cet afflux
- 15:34financier avec l'émergence de coureurs très prometteurs.
- 15:36On le voit bien avec les résultats récents de Paul Sexis
- 15:39qui s'est illustré sur la faune Ardèche classique ou lors d'une
- 15:42étape très exigeante du tour de l'Algarve.
- 15:44Le calendrier est très porteur, le World Tour, avec des
- 15:47monuments à venir comme les stratebian K Paris Nice ou la
- 15:51classique Milan Sandremo, offre à la marque une visibilité
- 15:54continue. C'est une présence quotidienne
- 15:57sur des routes européennes qui sont aussi, ne l'oublions pas,
- 16:00d'énormes artères logistiques pour leurs camions, ce qui rend.
- 16:03Cet investissement dans le cyclisme particulièrement
- 16:06stratégique, c'est que l'équipe se déplace en permanence.
- 16:09Un grand tour cycliste, c'est essentiellement une énorme
- 16:12opération logistique qui déménage d'une ville à l'autre
- 16:14tous les soirs, et ça pendant 3 semaines.
- 16:17C'est l'environnement idéal pour activer un partenariat centré
- 16:20sur la gestion de flux. Mais on constaté que le groupe
- 16:23maîtrise désormais parfaitement ce type d'activation.
- 16:26Ils ont les budgets, les talents en interne et les retours sur
- 16:29investissement prouvés, ce qui pose inévitablement la question
- 16:32de la suite, quel est l'état ultérieur quand on a déjà
- 16:35optimisé toutes les formes de sponsoring possible ?
- 16:37Cela soulève une question importante, quelle est la
- 16:40trajectoire finale de ce modèle ?
- 16:43Eh bien, l'information majeure qui se profile, c'est que
- 16:45l'entreprise s'apprête à franchir le Rubicon en 2026.
- 16:49Ils vont aller encore plus loin. Largement.
- 16:51L'objectif n'est plus simplement d apposer son nom sur le maillot
- 16:54d'une structure appartenant à quelqu'un d'autre.
- 16:57L'entreprise prévoit de prendre la gouvernance totale et le
- 17:00contrôle direct d'une équipe cycliste de l'élite mondiale.
- 17:02On. Parle d'un projet dont le budget
- 17:04de fonctionnement annuel dépasserait les 40000000
- 17:06d'euros. Le groupe logistique s'apprête
- 17:08donc à devenir un propriétaire opérationnel direct dans le
- 17:11sport professionnel. C'est la phase ultime,
- 17:14l'ambition fixée par le PDG Rodolphe saade ne s encombre
- 17:18d'aucune fausse modestie. L'objectif est de structurer une
- 17:21équipe capable de remporter un prochain Tour de France.
- 17:23Cette prise de contrôle à 100% d'une écurie sportive par un
- 17:26géant du B to B représente vraiment l aboutissement de leur
- 17:28stratégie. Ils ne sont plus clients du
- 17:30sport, ils en deviennent les producteurs et les
- 17:32gestionnaires. Pour résumer l'ampleur de cette
- 17:35analyse, on vient de disséquer la mutation intégrale d'un
- 17:38acteur économique de premier plan.
- 17:40Nous avons commencé avec un transporteur de container qui
- 17:43cherchait simplement à développer sa notoriété de
- 17:45marque. Pour aboutir aujourd'hui à un
- 17:47géant logistique mondial qui absorbe l'expertise
- 17:50événementielle, infiltre l'économie de multiples
- 17:52disciplines, monétise ses propres compétences logistiques
- 17:55aux Jeux olympiques, utilise la formule un comme un argument de
- 17:58vente B to B imparable et finit par carrément s'acheter sa
- 18:01propre équipe cycliste de classe mondiale.
- 18:03Ils utilisent littéralement les compétitions sportives les plus
- 18:07exigeantes de la planète comme des laboratoires industriels
- 18:09grandeur nature. Cette démonstration de force
- 18:11systémique nous amène d'ailleurs à formuler une réflexion
- 18:14essentielle. Pour ceux qui s'intéressent à
- 18:16l'avenir du sport business, avec cette transition très assumée
- 18:19d'un sponsor passif vers le rôle de propriétaire actif à la tête
- 18:23d'un budget de plus de 40000000 d'euros, est ce qu'on assiste à
- 18:25la refonte totale du modèle de propriété dans le sport
- 18:28professionnel ? doit-on s'attendre à ce que les
- 18:31futurs grands propriétaires des franchises sportives mondiales
- 18:33ne soient plus de simples milliardaires passionnés ou des
- 18:36marques de consommation grand public, mais plutôt d'immenses
- 18:38empires industriels du B to B ? Qui seraient prêts à transformer
- 18:41des équipes sportives en d'implacables vitrines
- 18:43technologiques au service de leur propre chaîne
- 18:45d'approvisionnement mondial ? La question est posée à très
- 18:48vite pour un nouveau podcast du café du sport business.