Latest / ArtEcoVert La voix de la couleur végétale et des plantes tinctoriales / Le champ des couleurs - Laura et Amandine Roussier - La mécanisation de la culture de plantes tinctoriales
Transcript
- 0:00Bonjour et bienvenue dans le podcast ArtEcoVert,
- 0:02le podcast qui vous parle d'art,
- 0:05d'écologie et de verdure.
- 0:07Je suis Ponyne Leroux,
- 0:09ingénieure agronome passionnée de plantes,
- 0:11et je vous emmène à la découverte de la couleur végétale et de toutes ses applications.
- 0:16Que ce soit dans le textile,
- 0:18l'ameublement,
- 0:19l'artisanat,
- 0:20la décoration et dans d'autres domaines,
- 0:23chaque jeudi et samedi à 7h30,
- 0:26je vous propose des épisodes riches avec des invités passionnants
- 0:30pour approfondir le sujet de la couleur végétale sur toute la chaîne de Valo.
- 0:35Mon but,
- 0:36fédérer et démocratiser la couleur végétale dans le monde.
- 0:40Alors,
- 0:40c'est parti !
- 0:41Bonne écoute !
- 0:44Alors,
- 0:45bonjour à tous,
- 0:46je suis ravie d'accueillir sur le podcast Laura Roussier du Champ des couleurs.
- 0:50Amandine n'a pas pu être là,
- 0:52mais j'ai
- 0:53Laura au bout du micro.
- 0:54Bonjour Laura !
- 0:56Enchantée,
- 0:56je suis très contente d'être avec vous aujourd'hui.
- 0:59Alors Laura,
- 1:00première question,
- 1:01est-ce que tu peux vous présenter du coup,
- 1:05toi et ta sœur,
- 1:06votre parcours,
- 1:07votre formation et comment vous en êtes arrivée à ce que vous faites aujourd'hui ?
- 1:10Oui,
- 1:10bien sûr.
- 1:11Alors du coup,
- 1:12on est deux sœurs,
- 1:13donc Amandine et Laura Roussier.
- 1:15On est situées à la Roque d'Enterron,
- 1:18donc en Provence.
- 1:19Voilà.
- 1:21Toutes les deux,
- 1:21on venait de deux secteurs un peu différents.
- 1:24Ma sœur Amandine était maquilleuse professionnelle et moi,
- 1:26j'étais coiffeuse.
- 1:28Et en fait,
- 1:28on a eu un an de chômage toutes les deux où on a vraiment réfléchi quoi faire.
- 1:34Et en fait,
- 1:35ça fait six générations qu'on est sur la même exploitation,
- 1:38donc nos parents et nos grands-parents.
- 1:40était agriculteur.
- 1:42Et mon père avait arrêté parce qu'il n'arrivait plus à gagner sa vie dans l'agriculture dans les années 90,
- 1:48parce que c'était très compliqué.
- 1:50Et donc,
- 1:50nous,
- 1:51on avait ces terrains,
- 1:52ce champ qu'on aimait,
- 1:53qu'on adorait,
- 1:56et pas trop de perspectives de professionnels.
- 1:58Donc,
- 1:59moi,
- 1:59j'ai fait un BPREA.
- 2:01une école agricole.
- 2:03Avec ça,
- 2:04je cherchais quoi cultiver sur mes terres.
- 2:08J'adorais la vigne,
- 2:08parce que pour avoir le côté transformation,
- 2:10en fait,
- 2:11ça me plaisait beaucoup.
- 2:12Et en fait,
- 2:13nos terres ne sont pas du tout bonnes pour la vigne.
- 2:15Donc,
- 2:15je me suis tournée,
- 2:17j'ai réfléchi les plantes aromatiques,
- 2:18les plantes médicinales.
- 2:20Et en fait,
- 2:20je suis tombée sur l'orice,
- 2:22qui est à 5 km de chez nous,
- 2:24et couleur garance avec le jardin conservatoire.
- 2:27Et là,
- 2:27ça a été un véritable coup de cœur pour les plantes tanctoriales.
- 2:33J'ai décidé dans un premier temps de commencer avec
- 2:37Michel Garcia,
- 2:37qui avait fait déjà des essais de culture et d'extraction de la persiquière autour de l'Oris,
- 2:44qui avait ces projets-là,
- 2:45mais qui n'avaient jamais vraiment abouti.
- 2:47Nous,
- 2:47on a repris ces essais et on les a mis dans notre champ.
- 2:51Tout était là,
- 2:51les structures,
- 2:52nos modes d'irrigation,
- 2:53vraiment tout coïncidait.
- 2:56On a décidé de se lancer suite à ça.
- 3:00d'accord ok donc toutes les deux de formation différentes finalement qui ont quand même un lien avec la couleur le maquillage et la coiffure il y a quand même un lien si on cherche bien donc voilà et des racines dans l'agriculture donc c'est tout simplement enfin tout
- 3:14simplement mais il a fallu faire le chemin pour revenir à ses premières amours du coup est-ce que quand donc tu as parlé de ta formation que tu as fait sur l'agriculture en mode accéléré mais je pense qu'avec un papa agriculteur
- 3:28Il y a quand même une formation familiale,
- 3:31on va dire.
- 3:31En fait,
- 3:32la formation,
- 3:33j'ai lancé la première année,
- 3:35Amandine a fait le BPREA l'année suivante.
- 3:37Et donc,
- 3:38en 2017,
- 3:39il me semble,
- 3:40donc il y a cinq ans,
- 3:41c'est notre anniversaire bientôt,
- 3:42on a créé l'entreprise.
- 3:44Et donc,
- 3:44en fait,
- 3:45la partie BPREA nous a appris le côté chef d'exploitation,
- 3:49comptage,
- 3:49gestion,
- 3:50main-d'œuvre,
- 3:50etc.
- 3:51Ensuite,
- 3:52notre père nous a vraiment énormément formés sur l'agriculture,
- 3:56les machines,
- 3:57les tracteurs.
- 3:58et il continue à le faire tous les jours.
- 4:00Et ensuite,
- 4:00on a eu Michel sur la partie chimie et mise en place de tout ça,
- 4:06en fait.
- 4:06C'est lui qui nous a lancés,
- 4:07il nous a mis vraiment des protos déjà bien ficelés parce qu'il y avait énormément de travail.
- 4:12Et ensuite,
- 4:13nous,
- 4:13on a vraiment adapté ça,
- 4:14évidemment,
- 4:15à nos accès,
- 4:16notre entreprise,
- 4:17ce qu'on voulait,
- 4:18etc.
- 4:19Donc,
- 4:19on a eu ces trois pôles de formation qui ont créé l'entreprise au final,
- 4:24à la fin.
- 4:25d'accord et alors du coup si j'ai bien compris sur votre site internet je regardais le champ des couleurs il y a une partie produit oui que vous proposez est-ce que tu peux raconter un petit peu cette partie là
- 4:39Bien sûr,
- 4:40donc en fait nous on est vraiment une exploitation agricole,
- 4:43on fait à peu près entre 3 et 4 hectares de culture,
- 4:46et donc on fait plusieurs plantes tanctoriales,
- 4:49donc on fait
- 4:50Coréopsis,
- 4:51Rosin, Tannésie,
- 4:53Camomille,
- 4:54Rubécia,
- 4:56Garance en plus grand volume.
- 4:59un petit peu de réséda c'est un peu difficile dans la région donc c'est plus vraiment notre notre t'inquiète c'est pas grave notre prioritaire voilà on
- 5:13est plus parti sur l'artichaut qui demandait moins de qui était plus adapté en fait à notre région tout simplement sinon il fallait des quantités d'eau extrêmes pour la réséda donc on a un peu laissé tomber et la persiquière qui est vraiment notre cure d'activité
- 5:27Donc on vend des plantes séchées brutes,
- 5:30certaines broyées comme la garance pour faciliter son utilisation,
- 5:34et d'autres transformées complètement comme la persilière qu'on ne vend pas en feuilles mais vraiment en pigments.
- 5:41Et on produit également du bleu maillot.
- 5:44alors donc il y a beaucoup de choses j'ai beaucoup de questions du coup donc ça te fait on va dire une dizaine de plantes c'est ça si je comprends bien à peu près à peu près d'accord une dizaine de plantes j'aimerais bien qu'on parle de ta surface donc comme je te disais avant quand on préparait rapidement toutes les deux notre échange sur
- 6:02le podcast on a eu des toutes petites échelles de personnes qui se lançaient pour répondre à leurs besoins d'atelier ou répondre à leurs besoins de personnel donc
- 6:13de teinture,
- 6:14etc.
- 6:15On a eu,
- 6:16à l'échelle un tout petit peu plus au-dessus,
- 6:20l'épisode va sortir la semaine prochaine,
- 6:21c'est l'épisode de Cécilia Aguirre sur la micro-ferme des Lilas,
- 6:25où là,
- 6:25c'est une plus grande surface,
- 6:27mais qui n'est pas mécanisée.
- 6:29et
- 6:29Cécilia me livrait que l'étape d'après c'était la mécanisation et donc tout naturellement et on m'avait beaucoup parlé de vous dans les échanges que j'ai avec les invités on m'a dit le champ des couleurs c'est la marche du dessus et donc j'aimerais vraiment qu'on s'attarde sur la
- 6:46surface est-ce qu'elle est symbole d'une automatiquement d'une mécanisation ou est-ce que c'est par rapport juste à un volume le type de machine que vous utilisez
- 6:59pour vous simplifier le travail aussi et que tu nous expliques.
- 7:03Et ensuite,
- 7:04on reviendra sur la partie comment tu transformes vos outils,
- 7:07etc.
- 7:07pour voir un petit peu si tu es OK avec ça,
- 7:09pour qu'on fasse un vrai zoom sur votre spécificité parce que je pense que vous êtes les seuls ou presque.
- 7:15Et donc,
- 7:15ça m'intéresse beaucoup.
- 7:17Oui,
- 7:18bien sûr.
- 7:18Donc,
- 7:18en fait,
- 7:19nous,
- 7:19on a commencé la toute première année test avec 5000 m².
- 7:25puis ensuite,
- 7:26donc deux persiquaires uniquement.
- 7:28Ensuite,
- 7:28on a commencé à planter de la garance,
- 7:302-3 000 m²,
- 7:31puis petit à petit,
- 7:32on est monté un demi-hectare,
- 7:34un hectare.
- 7:35Et pareil sur la persiquaire,
- 7:36on est allé jusqu'à deux hectares cultivés.
- 7:38Et en fait,
- 7:38ce qui détermine finalement la surface des champs,
- 7:42c'est la capacité à traiter et à produire,
- 7:45par exemple dans le cadre de la persiquaire,
- 7:48l'indigo derrière,
- 7:49parce qu'en fait,
- 7:50l'indigo se fait sur feuilles fraîches,
- 7:52donc tous les jours,
- 7:53on doit…
- 7:54gérer une certaine quantité de feuilles,
- 7:56et on doit le faire avant qu'elle ait passé une certaine maturité.
- 7:59Donc on est extrêmement pressé,
- 8:01et on doit traiter chaque jour un volume de feuilles.
- 8:04Et donc comme on n'est que deux,
- 8:06et qu'au bout d'un moment on a beau être mécanisé on est limité dans ces gestes donc du coup petit à petit entre 1 et 2 hectares c'est ce qu'on arrive à traiter toutes les deux vraiment à fond avec un système d'extraction qui roule donc c'est comme ça qu'on se limite un peu pareil pour la garance,
- 8:24c'est les surfaces de nettoyage de séchage les périodes aussi de récolte qui se font de février à mars si on plante
- 8:34trop le temps de récolter,
- 8:36elle est repartie et dans ce cas-là,
- 8:37on est trop limite.
- 8:38Donc,
- 8:38en fait,
- 8:39c'est toujours finalement,
- 8:40on se limite à ce qu'on arrive à faire.
- 8:42Et pour savoir combien on peut faire,
- 8:44il faut aller dans l'extrême de planter beaucoup et d'avoir des années difficiles où on galère à gérer toute cette énorme masse de plantes.
- 8:55et ensuite donc c'est aussi lié à l'investissement des machines lesquelles on a pu acheter donc évidemment on aurait besoin d'énormément de machines pour se simplifier la vie et rester à deux dans des conditions de travail correctes sauf qu'aujourd'hui malheureusement les couleurs végétales il n'y a pas de machines qui existent que
- 9:13ce soit sur la partie agricole comme sur la partie transfo et donc en fait nous on a toujours essayé de trouver des choses d'avertissement
- 9:25des caractéristiques techniques de machines qui sont à peu près semblables à ce dont on a besoin.
- 9:33Et ensuite,
- 9:33on fait modifier ces machines-là par des artisans.
- 9:38qui font des choses un peu plus pointues ou alors on utilise des machines mais qui ne font pas vraiment le travail à 100% et derrière,
- 9:45on va venir réapporter une deuxième transformation,
- 9:49en fait,
- 9:49par exemple pour le broyage.
- 9:50Si le broyage n'est pas assez fin avec un broyeur,
- 9:52derrière,
- 9:53on reprend la matière,
- 9:54on va la broyer avec un autre broyeur qui va finir finalement le travail.
- 9:58Donc
- 9:59Donc ce que tu veux dire,
- 10:00c'est qu'aujourd'hui,
- 10:03il n'y a pas d'avancée dans ce domaine-là pour la culture de plantes teintoriales.
- 10:06en termes de machines,
- 10:07que tu dois t'inspirer d'autres machines qui existent et les adapter à cette culture particulière et qu'en gros,
- 10:15tu pourrais encore simplifier ton travail à toi et à ta sœur s'il y avait des machines plus adaptées.
- 10:22C'est ça.
- 10:22Donc,
- 10:22il y a encore une marge de progrès.
- 10:24Si c'est une activité qui se développe comme j'ai l'impression,
- 10:28on en parlera après,
- 10:29mais si ça se développe,
- 10:30il y a encore moyen d'avoir des gains de temps grâce à des machines plus adaptées.
- 10:35C'est ça ?
- 10:36Bien sûr,
- 10:37là,
- 10:37on est vraiment sur du...
- 10:38En fait,
- 10:40on crée un espèce de prototype pour un atelier un peu plus grand,
- 10:43un peu plus mécanisé,
- 10:44un peu moins dans la manipulation comme on l'est aujourd'hui.
- 10:48En fait,
- 10:49tous nos ateliers demandent vraiment,
- 10:51vraiment beaucoup de manipulation.
- 10:52C'est des journées qui durent de 15 à 17 heures pour fabriquer l'indigo durant du coup de juillet jusqu'à fin octobre.
- 10:59Donc,
- 11:00tout ça,
- 11:00en fait,
- 11:00on aimerait l'améliorer.
- 11:01Sauf que pour pouvoir faire l'investissement qu'il faut,
- 11:05pour ne pas se tromper dans l'achat de nos futures machines,
- 11:09on est obligé de tester.
- 11:11Et pour pouvoir tester,
- 11:12on est obligé de bricoler des prototypes qui nous disent qu'on est dans le bon,
- 11:17au contraire,
- 11:17on se trompe,
- 11:18ce n'est pas pratique,
- 11:18ce n'est pas utile.
- 11:20Il faut vraiment se concentrer sur telle ou telle activité qui pose problème.
- 11:25Donc,
- 11:25il n'y a aucune machine faite pour,
- 11:28et il n'y a aussi aucun itinéraire technique de culture.
- 11:31Donc,
- 11:32en fait,
- 11:32dans le secteur,
- 11:33rien n'existe.
- 11:34Il faut vraiment y rester.
- 11:36Et vous vous êtes rapprochée d'instituts agricoles,
- 11:40d'écoles d'ingénieurs agro,
- 11:42etc.
- 11:43pour voir s'il n'y avait pas des mémoires de fin d'études ou des trucs comme ça ou pas du tout ?
- 11:48Non,
- 11:48en fait,
- 11:51en général,
- 11:52soit c'est un peu trop...
- 11:54pointue par rapport au côté agricole.
- 11:56Donc,
- 11:56ça veut que c'est une machine derrière qui,
- 11:58si elle est faite pour un sur-mesure,
- 12:00par un ingénieur,
- 12:00etc.,
- 12:00c'est une machine qui va coûter 100 ou 200 000 euros.
- 12:03Je pense qu'on ne peut absolument pas amortir.
- 12:05Donc,
- 12:05il y a aussi ce truc-là,
- 12:07c'est qu'en fait,
- 12:08on est gros par rapport aux couleurs végétales,
- 12:10mais on est tout petit par rapport à une exploitation classique.
- 12:14Et on est vraiment des omnis en général quand on va à la chambre d'agriculture ou dans des secteurs comme ça.
- 12:21et qu'on parle de couleur végétale,
- 12:23en général,
- 12:23ils nous prennent pour des hippies illuminés.
- 12:25Ils ne comprennent pas qu'il y a un secteur d'activité et que la couleur ne sort pas de nulle part et qu'il faut bien la produire,
- 12:31que ce soit chimiquement ou végétalement.
- 12:35Du coup,
- 12:36on n'est soit pas pris au sérieux,
- 12:38soit pas très intéressante parce qu'on est les seuls à leur en avoir parlé,
- 12:41donc ils ne voyaient pas un besoin.
- 12:43Soit,
- 12:43après,
- 12:43les machines sont trop coûteuses.
- 12:46D'accord.
- 12:47Est-ce que tu peux nous parler de quelles sont les opérations que vous avez réussies en tant que défricheuse du terrain à mécaniser ?
- 12:56Quelles sont vos premières machines en gros et qu'est-ce qu'elles vous simplifient comme tâches ?
- 13:01Alors,
- 13:01on a une planteuse,
- 13:03déjà,
- 13:04qui on n'utilise qu'une seule fois par an,
- 13:06au moment de la plantation.
- 13:07Donc c'est un peu dommage comme investissement,
- 13:09parce que c'est vrai qu'on a une machine assez coûteuse qui n'est pas utilisée souvent,
- 13:13mais elle est vraiment indispensable dans le sens où le jour où on plante,
- 13:17on ne peut pas trop le prévoir à l'avance,
- 13:20et ce jour-là,
- 13:21il faut la machine.
- 13:22Donc elle nous permet quand même d'avoir une implantation propre,
- 13:25régulière.
- 13:27et carré.
- 13:29Et donc,
- 13:29une planteuse,
- 13:30c'est bien quand tu as fait tes semis et elle vient les mettre à bonne distance,
- 13:35c'est ça ?
- 13:35Exactement,
- 13:35elle vient en fait ouvrir un sillon,
- 13:38déposer le plant et le refermer derrière.
- 13:40Donc,
- 13:40pour vraiment avoir une densité de plantation qui est bien parce que nous,
- 13:44on prépare quand même des surfaces agricoles et un taux de plant et il faut que tout rentre bien,
- 13:49qu'il ne manque pas des raies ou au contraire que je n'en ai pas la moitié qui est vide.
- 13:54D'accord,
- 13:54et j'ai vu donc encore une fois sur vos réseaux sociaux que vous faisiez aussi de la,
- 13:58tu sais,
- 13:59de la...
- 14:00Du semain à la volée
- 14:02Ouais, que vous semiez à la volée,
- 14:03donc ça veut dire qu'en fonction du type de plante que vous mettez,
- 14:06il y a les deux techniques Soit semer à la volée directement en sol un peu,
- 14:09enfin réchauffé,
- 14:11ou soit cette machine de planteuse,
- 14:12c'est ça ?
- 14:13C'est ça,
- 14:13en fait toutes les plantes tectoriales on va les faire à la planteuse pour être sûr en fait,
- 14:17on fait nos plants,
- 14:18on fait nos semis,
- 14:19etc
- 14:20Alors,
- 14:20sur les grandes cultures garances et persiquaires,
- 14:23on les fait faire.
- 14:24C'est la seule chose qu'on délègue de l'entreprise parce qu'on veut être sûr d'avoir le beau taux de plant.
- 14:29Et surtout,
- 14:30si on n'arrive pas à les faire lever,
- 14:32déjà,
- 14:33ça veut dire pas de saison.
- 14:34Et deuxièmement,
- 14:35pas de graines pour l'année suivante.
- 14:36Parce que comme on récupère nos semences,
- 14:38il y a quand même cette pression de ne pas perdre l'espèce.
- 14:42Donc,
- 14:42c'est vraiment la seule chose qu'on délègue parce qu'il y en a beaucoup.
- 14:46Et ensuite,
- 14:46on sème à la volée nos couverts végétaux parce que nos grands-parents ont toujours fait ça,
- 14:52on l'a toujours fait avec eux et notre père nous l'a enseigné aussi.
- 14:56donc on se régale en fait c'est vraiment un truc de tradition on a l'impression d'être dans les pas de nos ancêtres on aime vraiment beaucoup faire ça mais on pourrait aussi le faire au semoir c'est pas un problème quand tu dis couverts végétaux c'est des plantes qui vont venir protéger
- 15:12ton sol en tout cas de l'érosion,
- 15:14de la sécheresse etc mais est-ce que tu plantes entre eux ce couvert végétal ou pas ?
- 15:21Est-ce que tu fais cohabiter des plantes tectoriales et du couvert végétal ou pas ?
- 15:26Non.
- 15:26La mécanisation fait que on ne peut pas venir...
- 15:30Quand je viens couper ma persiquaire,
- 15:32j'ai énormément d'herbes au pied,
- 15:34même si c'est un couvert que j'ai voulu.
- 15:36Je vais en avoir plein les bacs et dans ce cas-là,
- 15:38je vais utiliser trop d'eau par rapport aux besoins,
- 15:41etc.
- 15:41C'est vrai que sur les...
- 15:45Sur les endroits où on cultive,
- 15:46on reste quand même assez...
- 15:48On est obligé de quand même dans le...
- 15:50cette idée de mécanisation,
- 15:52de rester quand même sur des lignes plutôt propres.
- 15:54Mais par contre,
- 15:55tout l'extérieur de l'exploitation,
- 15:57tous les intérêts,
- 15:58tous les espaces,
- 15:59etc.,
- 15:59on sème énormément d'autres espèces azotées pour vraiment compenser ce manque de diversité sur les zones de culture.
- 16:08Mais vraiment,
- 16:09l'inter-rang,
- 16:11on fait des préfleuries,
- 16:13on garde toutes nos espèces locales sur les buttes.
- 16:17on sème là où on est obligé de travailler la terre mais qu'on ne va pas forcément faire nos cultures cette année dessus donc là on met du couvert végétal le but c'est que la terre ne soit jamais née qu'elle soit corrompue
- 16:31D'accord,
- 16:31et donc cette histoire de couvert végétal,
- 16:34moi ce que j'ai appris dans mes études,
- 16:36c'est que c'est pour renourrir,
- 16:39redonner des propriétés au sol,
- 16:41mais également maintenir l'eau,
- 16:42parce que vous êtes dans le sud et que les sécheresses,
- 16:47vous êtes bien concernés,
- 16:50et du coup je pense que ça doit contribuer à ce système de garder au maximum l'eau et la fraîcheur,
- 16:56je ne sais pas si on peut dire comme ça.
- 16:59En fait,
- 17:00par exemple,
- 17:00l'année dernière,
- 17:01grosse canicule,
- 17:03on a eu nos premières restrictions d'eau.
- 17:05Mon père ne l'avait jamais connue de sa vie.
- 17:08Et donc déjà,
- 17:09il y a des cultures comme par exemple l'artichaut.
- 17:14Les artichauts sont très beaux durant l'hiver,
- 17:16au printemps,
- 17:16à l'automne.
- 17:17Mais l'été dernier,
- 17:18on a décidé de ne pas les arroser,
- 17:20de les laisser quasiment mourir tout l'été parce que ce n'était pas indispensable.
- 17:25Pareil pour la garance,
- 17:26on a espacé un petit peu plus.
- 17:29les arrosages.
- 17:30On a vraiment essayé de garder plus d'herbes que d'habitude,
- 17:34même dans les rangs,
- 17:35pour garder cette humidité.
- 17:37Donc oui,
- 17:38il y a vraiment la notion d'eau,
- 17:39elle est super importante et elle l'a toujours été,
- 17:42je pense,
- 17:42en étant en Provence.
- 17:43Mais on a quand même la chance d'être...
- 17:45très bien approvisionnées comparé à d'autres régions qui n'ont pas l'habitude de la sécheresse et qui n'ont pas des systèmes mis en place.
- 17:53Nous,
- 17:53on a le canal de Marseille qui nous y règle super bien,
- 17:56mais il faut être raisonnable dans la ressource,
- 17:58il ne faut pas pomper à fond parce qu'on le peut.
- 18:01Il faut vraiment penser à l'avenir et essayer déjà de se restreindre au maximum et voir quelles techniques on peut avoir pour limiter cette eau et essayer de l'utiliser de moins en moins.
- 18:13Donc là,
- 18:13c'est ce qu'on voyait en photo sur vos réseaux sociaux.
- 18:17C'est les canaux que vous avez nettoyés pour amener l'eau et faire l'irrigation.
- 18:22Oui,
- 18:22donc on fait de l'irrigation gravitaire.
- 18:25Nos ancêtres ont fait des canaux tout le long des parcelles.
- 18:27Et en fait,
- 18:28les terrains sont nivelés avec un dévers.
- 18:31Donc,
- 18:31on met de l'eau en amont et ça irrigue jusqu'au bout.
- 18:36Et en fait,
- 18:36l'avantage de cette méthode-là,
- 18:38c'est qu'elle ne nécessite pas de pompe.
- 18:43Vraiment,
- 18:43c'est purement la gravité de l'eau qui fait le travail.
- 18:46Alors,
- 18:46ça a des contraintes.
- 18:47Ce n'est absolument pas automatique.
- 18:50Vraiment,
- 18:50on est avec des modes de terre et des cailloux pour régler l'eau dans chaque raie.
- 18:54C'est vraiment un art,
- 18:55l'irrigation gravitaire.
- 18:57Mais une fois qu'on sait le faire,
- 18:59c'est très adapté,
- 19:00notamment pour la persiquière qui adore avoir l'eau au pied.
- 19:04Donc là,
- 19:04c'est super.
- 19:05Donc voilà,
- 19:06on a décidé de garder ce que nos ancêtres nous avaient mis en place et surtout éviter d'avoir une consommation d'énergie avec une pompe ou un tracteur ou quoi,
- 19:17même si ça crée des contraintes.
- 19:22lié à l'herbe,
- 19:23lié à l'eau,
- 19:24lié au manque d'automatisme,
- 19:26etc.
- 19:28D'accord.
- 19:28Donc,
- 19:29on a un petit peu dévié,
- 19:29mais du coup,
- 19:30on parlait des machines.
- 19:32Donc,
- 19:32la première machine dont tu parlais,
- 19:33c'était la planteuse.
- 19:34on a bien compris son rôle.
- 19:36Qu'est-ce que tu peux nous...
- 19:37Quelle est la machine d'après,
- 19:38en fait,
- 19:38entre guillemets,
- 19:39que tu utilises dans la saison ?
- 19:41Donc en fait c'est la récolteuse,
- 19:42ni plus ni moins,
- 19:43j'ai vraiment deux machines pour le côté agricole.
- 19:48Donc là c'est une récolteuse en fait à teint.
- 19:51qui me servent pour récolter ma persicar.
- 19:55Après,
- 19:56sur la garance,
- 19:57par exemple,
- 19:57je ne suis pas équipée en récolteuse.
- 19:59Et sur les fleurs,
- 20:00je les récolte à la main aussi.
- 20:01Donc finalement,
- 20:02il y a vraiment la persicar que je fais en gros en deux hectares que j'ai cette récolteuse.
- 20:07Sinon,
- 20:08pour le reste,
- 20:08je suis à la main aussi.
- 20:10Et en fait,
- 20:11la mécanisation se fait plus dans l'atelier après sur la fabrication.
- 20:15D'accord,
- 20:16d'accord.
- 20:16Donc une planteuse,
- 20:17une récolteuse.
- 20:18Si je ne dis pas de bêtises,
- 20:19la garance,
- 20:21c'est une récolte de racines.
- 20:24Donc vous devez faire tout ça à la main.
- 20:27C'est un très dur et long travail.
- 20:32On n'a pas réussi à trouver aujourd'hui une machine.
- 20:34La problématique de la garance,
- 20:36c'est qu'elle est extrêmement cassante.
- 20:38Dès qu'on vient lui mettre un outil,
- 20:41soit qu'il creuse et qu'il déverse,
- 20:42soit qu'il prend et qu'il vibre comme une récolteuse à patates,
- 20:46elle se casse dans des millions de petits morceaux.
- 20:49Et alors là,
- 20:49on perd 90% de la récolte.
- 20:52donc on a essayé plein de techniques différentes et pour l'instant la seule qu'on a trouvé pour récolter l'agarance c'est de creuser une tranchée et de récupérer à la main d'abord le coeur qui est resté un peu intact et
- 21:06ensuite toutes les petites racines qui ont cassé dans le sol on vient les récupérer comme ça à la main au piocher et on fait des seaux et on les nettoie après et voilà c'est notre récolte c'est pour ça que l'agarance pour l'instant on est entre
- 21:19un demi hectare et 8000 m² on va pas plus loin parce qu'en fait on prend trop de temps à récolter et ça fait,
- 21:27excuse-moi pour nous figurer
- 21:298000 m² de garance ça te fait combien de pieds environ ?
- 21:33difficile ça doit faire 15000 pieds quelque chose comme ça c'est très très long
- 21:41D'accord,
- 21:42et tu dis garance,
- 21:42c'est sur deux mois la récolte,
- 21:44février-mars ?
- 21:45Ouais,
- 21:45février-mars jusqu'à mi-avril,
- 21:47ça dépend la surface.
- 21:48Selon,
- 21:49en fait,
- 21:49on a des terrains qui sont plus ou moins argileux et des fois,
- 21:52selon le terrain,
- 21:54il y a des raies qui vont super vite et d'autres,
- 21:56au contraire,
- 21:56qui sont très très longues.
- 21:58Donc,
- 21:58grosso modo,
- 21:59deux mois,
- 21:59deux mois et demi,
- 22:00à plein temps.
- 22:01d'accord et est-ce que tu fais un système de comment on appelle ça de ligne parce qu'en fait la garance si j'ai bien capté c'est
- 22:113 ans minimum de culture pour que la racine elle soit assez conséquente en fait il y a plusieurs options et ça c'est Michel qui nous l'a bien appris quand on a commencé la garance il y a
- 22:2718-24 mois ensuite il y a 3 ans
- 22:30et après il y a 5 et 10 ans,
- 22:32dans les bonnes années de récolte.
- 22:34Et en fait,
- 22:35selon quand on va la récolter,
- 22:37on va avoir plus ou moins de matière organique,
- 22:39entre parenthèses,
- 22:40et plus ou moins de matière colorante.
- 22:42C'est-à-dire qu'à 18 mois,
- 22:45la part de bois par rapport à la part de chair qui contient les colorants est minime.
- 22:50Donc en fait,
- 22:51à 18 mois,
- 22:51on a une garance très riche en couleurs.
- 22:53Mais par contre,
- 22:54comme le vin,
- 22:55les colorants sont assez jeunes.
- 22:58Par contre,
- 22:58quand on a une garance plus vieille,
- 23:00effectivement les colorants sont un peu plus développés,
- 23:03sont un peu plus intenses.
- 23:05Mais par contre,
- 23:05à rapport sur un kilo de garance sèche,
- 23:08on aura plus de bois qui ne colore pas que de matière.
- 23:11Donc c'est un peu délicat la garance.
- 23:14Dans tous les cas,
- 23:15que ce soit dans la culture,
- 23:16dans le travail,
- 23:17dans la récolte,
- 23:18dans l'utilisation,
- 23:19elle est tellement variable.
- 23:20que c'est selon ce qu'on en fait.
- 23:23Vraiment.
- 23:23Mais après,
- 23:24comme tu fais la filière complète,
- 23:26tu peux gérer tes extraits derrière.
- 23:29Oui.
- 23:31J'en ai une partie qui a trois ans.
- 23:33J'ai des vieilles garances qui ont six ans et demi que j'attends d'avoir dix ans.
- 23:36Pour les dix ans de l'entreprise,
- 23:37on les sortira.
- 23:40On essaie de trouver encore aussi qui veut quoi et pour quel secteur d'activité surtout.
- 23:47D'accord,
- 23:47ok donc très bien,
- 23:49on a parlé des deux machines côté agriculture enfin côté culture tu as parlé de récupérer les semences de tes plantes pour l'année d'après j'ai deux questions c'est quoi le ratio de,
- 24:04enfin je veux dire tu sais dire à peu près combien de graines tu dois conserver parce que tu dois pas tout garder de toutes tes lignes de plantes,
- 24:13tu gardes pas toutes les graines
- 24:15et est-ce qu'un brassage n'est pas intéressant tu sais de ramener du sang neuf est-ce que ça vous alors nous ce qu'on fait en fait c'est que chaque année donc par exemple on va prendre l'exemple de la persiquaire celle qu'on fait le plus en fait il y a deux raies qu'on ne coupe jamais de l'été pour avoir vraiment beaucoup de graines et
- 24:36ensuite en fait on vient les trier par couleur
- 24:40donc c'est très très long déjà on les frotte et on les ventile énormément et en fait les graines foncées sont très denses donc forcément à force de ventiler il ne reste que les meilleures et en fait on fait vraiment de la sélection comme ça mais on garde quand même toujours la
- 24:55même et la nôtre qui est en fait super acclimatée au terrain très basique qu'on a ici,
- 25:00au mistral très fort et aux grosses températures c'est vraiment ces trois problématiques environnementales
- 25:08qui font qu'on garde vraiment ces semences-là.
- 25:10Et ces semences viennent de Michel,
- 25:11du jardin de l'Oris,
- 25:13qui est à 5 km de chez nous,
- 25:15à vol d'oiseau.
- 25:15Donc,
- 25:16elles étaient vraiment déjà là,
- 25:18idéales,
- 25:18adaptées.
- 25:20Il n'y avait aucun souci là-dessus.
- 25:21Donc,
- 25:21on n'a pas cherché à avoir d'autres variétés.
- 25:25En fait,
- 25:26on s'est un peu appuyé aussi sur l'expérience de Michel en nous disant que par rapport au Mistral,
- 25:31il valait mieux la naine,
- 25:33un peu plus costaud,
- 25:34avec des feuilles un peu plus recroquevillées,
- 25:35qui va plus se protéger.
- 25:37Voilà.
- 25:38Oui.
- 25:38Donc,
- 25:39on a utilisé l'expérience de Michel,
- 25:41pour le coup.
- 25:42Et pour tes autres persiquaires et garances,
- 25:46tu fais ce système-là,
- 25:48et pour toutes les autres plantes un peu plus fleuries,
- 25:51on va dire,
- 25:52si tu es cohéré aux psis,
- 25:53etc.,
- 25:53ça,
- 25:53tu fais comment ?
- 25:55Tu changes d'année en année ou tu gardes ?
- 25:58Il y a une partie que je laisse monter en graines.
- 26:01Je récupère mes graines et je me les trie pour faire moi-même mes propres plants.
- 26:04Par contre,
- 26:04c'est vrai que comme je n'en ai pas des grandes cultures,
- 26:07des fleurs,
- 26:08là,
- 26:08on fait nous-mêmes nos propres plants.
- 26:11d'accord ok donc semi tous ces stades là semi stade 3 plante machin et après tu prends ta planteuse et tu fais comme ça c'est ça même sur vraiment sur les petites lignes selon en fait la physionomie de la plante soit je la plante carrément à la main avec
- 26:27un outil très simple soit je le mets dans la planteuse si le plant est pas trop grand parce que dès que c'est un peu grand ça coupe par la machine donc voilà d'accord donc vous avez une plante
- 26:37Si on arrive à faire quelque chose de calibré,
- 26:38on passe à la machine.
- 26:39Si c'est hors calibre,
- 26:40on passe à la main.
- 26:42D'accord,
- 26:42ok.
- 26:43Donc ça,
- 26:43c'est super clair.
- 26:44Donc la partie agriculture,
- 26:47c'est très clair.
- 26:48Et alors du coup,
- 26:49ce qui est génial,
- 26:50c'est que vous faites les deux,
- 26:51c'est-à-dire que vous faites la culture et la transformation.
- 26:54Est-ce que ça se passe d'ailleurs au même endroit ?
- 26:56bien sûr on fait vraiment tout donc il n'y a pas de transport génial et donc du coup sans transport tu passes à la partie transformation et donc les deux qui te nécessitent le plus de boulot c'est donc persiquaire et garance oui parce
- 27:10que du coup
- 27:13Alors du coup,
- 27:14sur l'indigo par exemple,
- 27:17on a nos champs de 1 ou 2 hectares selon les années.
- 27:22On vient récupérer à peu près 500,
- 27:25nous on arrive à traiter 500 kilos de feuilles par jour,
- 27:28aujourd'hui à 2.
- 27:29Donc c'est déjà pas mal,
- 27:30on aimerait arriver à faire plus avec moins de manip mais ça...
- 27:35ça nécessite un peu plus de mécanisation au niveau de l'atelier.
- 27:39Donc,
- 27:39en fait,
- 27:39on fait des bacs.
- 27:40Ensuite,
- 27:41on les divise en dix,
- 27:42ce qui nous permet,
- 27:43en fait,
- 27:43le fait de le diviser en dix,
- 27:45comme ça,
- 27:45et de ne pas faire une énorme extraction.
- 27:47Ça nous a permis,
- 27:48dès le début,
- 27:49d'avoir dix réactions par jour.
- 27:51Et en fait,
- 27:51c'est vraiment l'accumulation de l'expérience,
- 27:54de toutes les réactions possibles qu'il peut y avoir,
- 27:57qui a fait qu'on est arrivé à vraiment caler un process.
- 28:00Sans ça,
- 28:01impossible,
- 28:01même avec Michel,
- 28:02qui nous a montré,
- 28:03expliqué.
- 28:04il faut vraiment vraiment l'expérience il n'y a que ça de vrai en tout cas sur la persiquaire et la transformation en indigo donc on fait nos tisanes on récupère le jus on oxygène à fond donc là on a des pompes on a des filtres on a un clarque qui nous permet de lever manipuler tous ces bacs d'eau pas
- 28:22avoir à le faire à la main on oxygène ensuite on met notre chaux on récupère on filtre on broie on sèche et ensuite on a notre indigo
- 28:33Ensuite,
- 28:33sur la garance,
- 28:34ça va être un peu plus simple,
- 28:36mais quand même,
- 28:37pour arriver au produit en poudre,
- 28:39il y a quand même des étapes.
- 28:40Donc,
- 28:40il y a récolter la garance,
- 28:41la présécher pour enlever un maximum de terre et économiser l'eau.
- 28:45Ensuite,
- 28:45on nettoie à fond la garance,
- 28:47puis on la fait sécher et ensuite,
- 28:49on broie.
- 28:50Et en fait,
- 28:50aujourd'hui,
- 28:52on est en train de développer de nouveaux produits.
- 28:55On est en train de faire les lacs.
- 28:56Et donc,
- 28:57on aimerait arriver à faire du pigment fabriqué à partir de notre garance.
- 29:02et donc en ce moment on est vraiment en train de tester des process des recettes et là aussi dans
- 29:08toujours la question de combien je vais en produire pour permettre d'avoir un prix,
- 29:13un conditionnement,
- 29:14un pigment stable d'une année.
- 29:16Arriver à faire une production qui couvre nos besoins d'une année pour avoir au moins un pigment par an.
- 29:22Parce que forcément,
- 29:23avec le côté végétal,
- 29:24ça varie légèrement.
- 29:25Avec l'expérience,
- 29:26ça varie de moins en moins.
- 29:28Il y a quand même la notion terroir,
- 29:29climat,
- 29:30tout ça,
- 29:30qui fait qu'on a des petites nuances d'une année sur l'autre sur les pigments.
- 29:36On est arrivé à le faire pour l'indigo,
- 29:37très bien.
- 29:39Ça a été long,
- 29:39mais on y arrive maintenant.
- 29:41Le bleu maya,
- 29:42pareil,
- 29:42au début,
- 29:43il y avait vachement de variantes,
- 29:44puis maintenant,
- 29:44c'est stable.
- 29:45Et là,
- 29:45on attaque.
- 29:47Est-ce que sur le bleu maya,
- 29:48tu peux m'expliquer la différence avec le bleu d'indigo ?
- 29:51Alors en fait,
- 29:51le bleu maya est formé à partir de pigments d'indigo,
- 29:55donc vraiment l'indigo formulé,
- 29:56extrait,
- 29:57séché,
- 29:57broyé,
- 29:58etc.,
- 29:58vraiment le pigment,
- 29:59qu'on ajoute à de l'argile à canot.
- 30:02Les deux sont cuits ensemble et en fait,
- 30:03l'indigo devient gazeux.
- 30:05Il est sublimé.
- 30:06très beau terme,
- 30:07et il rentre dans ces canaux,
- 30:08et ensuite il est emprisonné,
- 30:10et en fait l'argile vient lui créer une espèce de capsule,
- 30:13donc ça le rend extrêmement solide,
- 30:15et il s'appelle bleu maya,
- 30:16parce qu'il a été retrouvé dans les fresques des temples mayas,
- 30:20et les scientifiques pensaient que c'était de la pilazulie au début,
- 30:22parce que c'était tellement solide,
- 30:25qu'ils ne soupçonnaient pas cette origine végétale,
- 30:29ils ont trouvé cette espèce d'hybride organique et minérale,
- 30:35le bleu maya.
- 30:35qui est très beau,
- 30:36très utile.
- 30:37D'accord,
- 30:38génial.
- 30:39Et donc,
- 30:40l'utilisation est la même que l'indigo ou il y a un procédé particulier sur le bleu maya ?
- 30:45Dans l'utilisation,
- 30:46c'est vraiment un pigment qui ne sera plus jamais soluble.
- 30:49Donc,
- 30:49par exemple,
- 30:50pour la teinture,
- 30:50c'est parfaitement proscrit.
- 30:52Mais par contre,
- 30:53pour les beaux-arts,
- 30:53la peinture bâtiment,
- 30:55les volets,
- 30:55les choses comme ça qui vont être ultra exposées,
- 30:57ça par contre,
- 30:58c'est super.
- 30:59Et les argiles sont très souples aussi.
- 31:01Donc,
- 31:01ça donne une texture au pigment qui est très voluptueuse.
- 31:05Et notamment pour les beaux-arts ou la savonnerie,
- 31:09c'est super.
- 31:11D'accord,
- 31:11et alors justement tu fais parfaitement la transition,
- 31:15la savonnerie,
- 31:16j'avais jamais entendu parler,
- 31:18enfin je savais pour le savon mais je n'avais pas fait le lien avec une coloration potentiellement végétale,
- 31:24est-ce que tu peux nous raconter ce qui se passe sur la savonnerie ?
- 31:27Alors,
- 31:28c'est Michel qui nous a quand même donné l'idée de l'utiliser comme ça.
- 31:33Donc,
- 31:33lui,
- 31:33c'est déjà pas mal.
- 31:35Et en fait,
- 31:35la savonnerie,
- 31:36aujourd'hui,
- 31:39c'est un très beau secteur,
- 31:40mais qui est très compliqué pour eux parce que,
- 31:43en fait,
- 31:44les trois quarts qui s'installent aujourd'hui sont des petits artisans,
- 31:47semblables à nous de la couleur végétale,
- 31:50en fait,
- 31:50avec un petit atelier de petite production,
- 31:52une vente sur les marchés,
- 31:53etc.
- 31:54Et qu'ils souhaitent aujourd'hui utiliser des produits…
- 31:56locaux,
- 31:57bio,
- 31:57bien fait.
- 31:58Et en fait,
- 31:59c'est un secteur qui est vraiment régi par l'industrie,
- 32:02c'est-à-dire que les toxicologues,
- 32:05qui sont là pour de bonnes raisons,
- 32:06il faut analyser les composantes des produits,
- 32:10ce qu'ils attendent d'un produit,
- 32:12c'est des batteries de tests,
- 32:15d'analyses,
- 32:15de labos,
- 32:16de...
- 32:17tout ça et en fait aujourd'hui si on n'est pas un industriel on ne peut pas prétendre à ces analyses là parce qu'elles sont souvent faites par des labos privés de justement la grosse entreprise et que nos
- 32:33produits sont artisanaux liés de plantes donc contenant plusieurs molécules chose qui n'est pas le cas sur les couleurs synthétiques où on est sur de la mono quelque chose de très simple de très classifié où tout est carré où il n'y a pas de surprise
- 32:47alors que les couleurs végétales,
- 32:49forcément,
- 32:49ils ne les connaissent pas.
- 32:51Donc au début ils étaient très réticents parce que c'est justement un produit artisanal et de base ils ne voulaient pas en entendre parler.
- 32:58Et grâce à des clientes qui se sont vraiment battues et nous aussi,
- 33:02on a vraiment fait du forcing pour leur demander quels sont les papiers indispensables qu'il vous faut pour la validation.
- 33:11Et ensuite nous on a vraiment travaillé très dur pendant 2-3 ans pour arriver à fournir ces papiers,
- 33:16les faire,
- 33:17qu'ils soient vraiment carrés,
- 33:18retrouver les numéros.
- 33:20de telle ou telle plante,
- 33:21molécule,
- 33:22ça a été assez complexe,
- 33:23mais on y est arrivé.
- 33:25Et aujourd'hui,
- 33:26on arrive à apporter une alternative de couleur végétale,
- 33:29chose qu'ils n'avaient absolument pas accès,
- 33:33à la savonnerie.
- 33:35et voilà donc on est très très très contente d'avoir fait ça c'est vraiment faire bouger les lignes voilà des choses comme ça malgré nous resteront et une fois qu'on a ouvert la porte ça restera quoi parce qu'aujourd'hui elles ont fait synthèse
- 33:49ou alors les minéraux pour colorer les savons et du coup ça veut dire que vous êtes vous vous avez l'accréditation le champ des couleurs ou ça veut dire que vous avez fait bouger les lignes pour toute la France
- 34:02Disons que nous,
- 34:03on a fait nos papiers pour nos pigments,
- 34:05mais aujourd'hui,
- 34:06les toxicoliennes connaissent l'indigo,
- 34:08le bleu maya,
- 34:09leur utilisation,
- 34:10à peu près comment c'est fait,
- 34:11etc.
- 34:11Ah,
- 34:11ça va.
- 34:12Donc demain,
- 34:13si notre indigo,
- 34:15avec les papiers adaptés,
- 34:18se propose,
- 34:18en tout cas,
- 34:19j'espère que ce sera plus facile que ce que ça a été pour nous,
- 34:22parce qu'ils ne découvrent pas le produit.
- 34:25Ils le connaissent,
- 34:26ils en ont entendu parler,
- 34:27les choses ont été amorcées.
- 34:29Mais après...
- 34:30Tous les toxicologues ne sont pas pareils.
- 34:32Il y en a qui sont vraiment très réfractaires et dans ce cas-là,
- 34:34c'est un calvaire de parler avec eux.
- 34:36Et en général,
- 34:37nos clientes les abandonnent et passent sur des gens un peu plus ouverts à l'artisanat,
- 34:41qui leur correspond souvent mieux.
- 34:43Mais je pense que c'est des choses qui ont été faites pour l'avenir et pas que pour nous.
- 34:50je l'espère encore un chemin que vous avez défriché toutes les deux pour tout le monde,
- 34:56c'est top c'est génial franchement on a parlé persiquaire on a parlé du travail sur la garance on a parlé de vos alors après tu avais les coréopsis et toutes les plantes qu'est-ce que tu fais de ces autres plantes,
- 35:13tu les sèches ?
- 35:14Oui,
- 35:14alors aujourd'hui,
- 35:15j'ai un séchoir solaire qui est dans un conteneur.
- 35:20J'en ai deux,
- 35:21en fait.
- 35:21J'en ai un qui est vraiment solaire,
- 35:23qui va être vraiment plus pour les pigments,
- 35:25parce que ça chauffe fort,
- 35:26en fait,
- 35:26pour vraiment aussi garder de l'hygiène.
- 35:29Parce que travailler en savonnerie aussi,
- 35:30ça veut dire avoir un produit hygiénique qui ne sent pas mauvais,
- 35:34chose qui n'est pas facile dans les couleurs végétales.
- 35:36Il faut vraiment être très rapide dans les utilisations.
- 35:38Enfin,
- 35:38vraiment avoir un produit carré aussi pour prétendre au domaine du cosmétique.
- 35:43Donc en fait on a ce séchoir solaire qui va très très vite sur le séchage des pigments et ensuite on a un conteneur dans lequel on fait sécher nos plantes où c'est un peu plus lent,
- 35:53c'est à l'abri de la lumière et donc en fait chaque jour on va récolter nos fleurs de
- 35:58Coréopsis, Cosmos,
- 36:00etc.
- 36:00et on les fait sécher là-dedans,
- 36:02ça nous prend à peu près 2-3 heures par jour à la récolte.
- 36:06et ensuite on les vend vraiment en plantes brutes séchées et là on aimerait évidemment comme la garance créer des lacs mais pour l'instant on tâtonne encore,
- 36:16on commande doucement on a commencé par la garance,
- 36:18l'artichaut on lance en parallèle et ensuite on fera le corepsis,
- 36:22le cosmos la camomille,
- 36:24tout ça
- 36:26et donc toutes ces plantes là vous les cueillez à la main
- 36:292 à 3 heures par jour vous allez les mettre dans un nouveau bac ou je ne sais pas comment on appelle ça une clé de séchage dans votre conteneur et c'est un séchoir donc tu as un séchoir solaire mais l'autre,
- 36:41le conteneur,
- 36:41ça sèche comment ?
- 36:43c'est vraiment la chaleur il est plein cagnard il est isolé c'est pas un frigorifique c'est vraiment un isolé et en fait ça chauffe extrêmement fort la journée mais sans UV
- 36:55et la nuit doucement ça enlève sa chaleur mais il fait tellement chaud qu'elle se sèche en 2-3 jours très rapidement d'accord super
- 37:0642°C de temps en temps l'été donc vraiment ça prend je ne suis pas sûre que ce soit faisable en région parisienne ou en altitude ou s'il faisait moins chaud il faudrait sûrement une autre machine pour compléter
- 37:20et du coup il y a des étapes supplémentaires une fois que tu as séché tes plantes il faut les ensacher
- 37:29Donc,
- 37:30c'est encore un job en plus d'ensachage,
- 37:32de peser.
- 37:34Vous les vendez sur la ferme ?
- 37:37Vous les vendez en ligne,
- 37:38en plus en ligne ?
- 37:39Alors,
- 37:40en fait,
- 37:40on vend tout en ligne parce qu'on n'a vraiment pas le temps d'avoir une boutique fixe.
- 37:44Donc,
- 37:44on n'a vraiment que la boutique numérique.
- 37:46Et tous nos pigments,
- 37:47toutes nos plantes,
- 37:48on fait vraiment étiquetage,
- 37:50conditionnement.
- 37:51On fait vraiment toute la chaîne de la graine jusqu'au mail,
- 37:55jusqu'à tout.
- 37:56C'est incroyable.
- 37:57Mais c'est beau,
- 37:58c'est vraiment la…
- 37:59Puis on avait une discussion l'autre jour avec ma sœur sur notre éco-anxiété,
- 38:04de se dire qu'il y a quand même un mur qui arrive climatique en face.
- 38:07On se disait qu'on a une chance extraordinaire d'avoir un métier où quoi qu'il arrive,
- 38:12on peut trouver des solutions,
- 38:14on peut continuer.
- 38:15Comme on gère tout de A à Z,
- 38:16il n'y a pas de problème de transport,
- 38:18on a la main mise sur absolument tout,
- 38:20on ne dépend de personne.
- 38:21Et ça,
- 38:21je crois que c'est vraiment quelque chose qui nous...
- 38:24qu'on lâchera jamais les couleurs végétales grâce à ça parce que on se dit que jamais on retrouvera finalement,
- 38:31c'est une insécurité au quotidien financière etc mais c'est une sécurité d'avenir disons qu'on est dans un monde qui peut s'en servir
- 38:40et puis vous êtes dans la tu parles beaucoup de calcul de taux de plan vous êtes vraiment dans la logistique au cordeau et je pense que vous essayez d'optimiser chaque étape chaque geste,
- 38:52chaque truc dans la manière dont tu parles ça se voit que vous réfléchissez vraiment tout au mieux donc non non c'est canon et comme tu dis c'est rare
- 39:03et c'est très rare d'avoir un acteur qui est sur toute la chaîne de valeur et qui maîtrise à la perfection et la culture et la transfo et la logistique et en plus la
- 39:18com,
- 39:18l'ensachage et non franchement vraiment chapeau j'imagine même pas le boulot que ça doit être notamment la récolte à la main pour les fleurs je parle et aussi pour la garance je...
- 39:32Je suis admirative de votre engagement,
- 39:36je trouve ça canon.
- 39:37Après,
- 39:37c'est le côté agriculteur,
- 39:39quand on désherbe des carottes ou quoi que ce soit,
- 39:41il faut avoir la motivation d'aller au bout de l'arrêt,
- 39:43même si c'est dur.
- 39:45Et on a quand même cette éducation-là de jamais lâcher l'affaire,
- 39:48en fait,
- 39:49c'est ça.
- 39:50Et si aujourd'hui,
- 39:51on n'a pas de solution pour ramasser la garance,
- 39:52on le fait comme ça.
- 39:53Et on espère et on réfléchit sans cesse pour essayer de se...
- 39:58de s'aider en fait au début on est parti de quelque chose de très brouillon,
- 40:02on galérait on y passait un temps fou et puis petit à petit on s'allège le travail on trouve des solutions et aujourd'hui c'est dur mais peut-être que demain ça le sera moins et c'est ça qui est passionnant aussi c'est que il y a vraiment sa version de la chose à créer et
- 40:18ça peut être vraiment or comme rien n'existe à côté c'est vraiment sa version du truc et c'est beau
- 40:25et puis vous êtes les défricheuses vous ouvrez le chemin,
- 40:27vous ouvrez la voie pour d'autres justement c'est une question que je voulais te poser je sais pas quel âge tu as Laura moi j'ai 28 ans et ma soeur elle a 32 ans tu te rends compte ?
- 40:41voilà je commençais à 21 ans à peu près au BPR-EA et Amandine à 4 ans de plus donc
- 40:4725, elle a attaqué mais c'est aussi pour ça que
- 40:52On est jeunes et on a aussi nos parents qui avaient la possibilité de nous héberger pour le démarrage.
- 40:59Il y a tout ça aussi,
- 41:00le fait que l'agriculture,
- 41:02ce n'est pas un métier pour gagner sa vie,
- 41:05que ce soit du maraîchage ou autre chose.
- 41:08Ce ne sont pas les métiers les plus rentables de l'univers,
- 41:10mais ce sont les métiers qui rendent heureux.
- 41:13Et ça,
- 41:14ça vaut de l'or.
- 41:17et justement j'allais te faire part d'un constat après on en échange mais donc vous vous êtes lancé tôt 21 25 ans c'est tôt et j'ai eu sur le podcast
- 41:32Morgane recoule dans l'Aveyron qui s'est aussi lancée
- 41:3528 ans,
- 41:37c'était un peu une reconversion etc.
- 41:39J'ai dans l'épisode qui sortira la semaine prochaine Cécilia Aguirre qui nous parle qu'elle accueille de plus en plus de stagiaires,
- 41:46qu'il y a de plus en plus de jeunes qui sortent des lycées horticoles ou des lycées agricoles et qui veulent se lancer dans les plantes tanctoriales
- 41:59j'entends aussi au niveau des écoles d'ingé qu'il y a des gens qui se posent des questions est-ce que vous vous constatez est-ce que vous êtes sollicité par des jeunes qui aimeraient s'installer est-ce que vous avez un
- 42:10recul sur ce qui se passe et un peu le frétillement est-ce qu'il se passe quelque chose de ce niveau-là oui bien sûr je pense que dans tous les cas
- 42:20Ça attire de plus en plus de monde,
- 42:21peut-être aussi parce qu'il y a de plus en plus d'acteurs.
- 42:25Il y a aussi...
- 42:25Alors,
- 42:26à l'époque de Michel,
- 42:27peut-être que ça faisait moins de bruit dans le sens où il n'y avait pas les réseaux sociaux.
- 42:30Nous,
- 42:31on a vraiment cet outil qui nous permet de diffuser,
- 42:33en fait,
- 42:33vachement nos métiers.
- 42:35Vous êtes présente...
- 42:36Ouais,
- 42:36c'est top.
- 42:37Franchement,
- 42:38vous êtes active sur vos comptes.
- 42:40C'est...
- 42:41Même,
- 42:41je trouve que c'est...
- 42:43comment dire,
- 42:44on voit votre quotidien en fait,
- 42:46c'est pas,
- 42:47on fait tout pour montrer que c'est génial,
- 42:49en fait vous nous montrez le quotidien et on arrive à percevoir la difficulté et le boulot que ça représente,
- 42:56je trouve ça vraiment bien de se servir des réseaux sociaux pour cette histoire de transmission et de partage en fait.
- 43:04Ben oui,
- 43:05c'est vrai que c'est pas génial sur tous les points les réseaux sociaux,
- 43:08mais en tout cas dans le côté professionnel,
- 43:10c'est vraiment chouette parce que ça crée de la proximité
- 43:13effectivement,
- 43:13on va un peu au-delà de l'image publicitaire parfaite et nette,
- 43:17sans aucune souffrance.
- 43:19Là,
- 43:19bon,
- 43:20on édule le corps pas mal quand même,
- 43:22mais pas quand on pleure.
- 43:25Mais,
- 43:26par exemple,
- 43:27après trois mois de garance,
- 43:28on est un peu,
- 43:29des fois,
- 43:29c'est un peu dur.
- 43:31Mais bon,
- 43:32voilà,
- 43:32on essaie quand même de partager nos histoires.
- 43:35Et donc,
- 43:35sur la transmission,
- 43:36effectivement,
- 43:37il y a quand même,
- 43:38il y a beaucoup de monde qui veulent se lancer.
- 43:41après ça reste quand même un gros défi ça dépend les échelles il y a beaucoup de gens qui veulent créer un jardin pour faire de la formation ça c'est ce qui en ressort quand même le plus se lancer dans une exploitation agricole ben
- 43:56en fait il y a des projets après est-ce qu'ils aboutissent est-ce que
- 44:05C'est tellement complexe.
- 44:06En fait,
- 44:06par exemple,
- 44:06quand on va avoir une banque pour faire un crédit,
- 44:09faire un prévisionnel sur des couleurs végétales où on n'a absolument aucune donnée,
- 44:15c'est très,
- 44:15très,
- 44:16très difficile.
- 44:16Et aller voir quelqu'un qui nous fait confiance,
- 44:18ça l'est encore plus.
- 44:19Donc,
- 44:20je pense que peut-être que ça va...
- 44:23déjà commencer par des jardins pédagogiques,
- 44:26des petites cultures,
- 44:27des choses comme
- 44:28Cécilia, où ça reste encore le max,
- 44:33mais quand même côté associatif,
- 44:35côté partage,
- 44:35etc.
- 44:36Je pense que c'est vraiment ça.
- 44:38Il n'y a pas que cultiver des plantes tectoriales,
- 44:40en fait,
- 44:40dans le projet qu'on perçoit des autres.
- 44:43C'est vraiment créer un espace de formation,
- 44:45de rencontres.
- 44:46À côté,
- 44:47souvent,
- 44:47ils font des plantes médicinales et aromatiques.
- 44:50Donc,
- 44:51ça va dans un ensemble.
- 44:52Après,
- 44:53nous,
- 44:53on prend surtout des stagiaires qui viennent.
- 44:57Alors,
- 44:58souvent,
- 44:58ce sont des artisans qui utilisent les produits et pas qui souhaitent forcément les cultiver.
- 45:08Voilà,
- 45:10en fait,
- 45:10on est tellement la tête dans le guidon en permanence que les stagiaires,
- 45:15si on a des demandes,
- 45:16on a vraiment des besoins importants,
- 45:20on les prend.
- 45:21Il n'y a aucun souci,
- 45:23on peut prendre jusqu'à 2,
- 45:243,
- 45:244 stagiaires sur place,
- 45:27par exemple pour la Garence ou pour la récolte de l'Indigo.
- 45:31Et après,
- 45:32dans les parties un peu plus administratives,
- 45:34tout ça,
- 45:34c'est vrai que...
- 45:35on essaye d'être focus sur l'activité qu'on a sur le moment.
- 45:40Je ne sais pas si je m'exprime très bien.
- 45:43Non,
- 45:44non,
- 45:44c'est clair.
- 45:45et alors du coup en tant que transmission vous êtes sollicité par des gens qui aimeraient soit s'installer jardin à plus ou moins grande échelle mais vous êtes sollicité vous avez des stages est-ce que tu as des bénévoles,
- 46:00des gens qui viennent
- 46:02Cécilia me parlait qu'elle avait des amapiens mais aussi des bénévoles qui venaient filer un coup de main est-ce que vous c'est quelque chose qui se pratique chez vous ?
- 46:12Vous êtes vraiment toutes les deux ?
- 46:14On est vraiment beaucoup toutes les deux.
- 46:16Vraiment beaucoup.
- 46:18Pourquoi ?
- 46:18Parce que déjà,
- 46:19en fait,
- 46:19on se rend compte que les stages,
- 46:21c'est certes un coup de main ou les bénévoles,
- 46:23mais c'est aussi beaucoup d'apprentissage.
- 46:26Beaucoup,
- 46:27beaucoup.
- 46:27Par exemple,
- 46:28quelqu'un qui ne reste qu'une semaine,
- 46:30finalement,
- 46:30le temps de faire le tour des plantes et de l'exploitation,
- 46:33la semaine est passée et au final,
- 46:35ça nous a bouffé du temps beaucoup plus que ça nous a aidé.
- 46:38Enfin,
- 46:38en tout cas...
- 46:39comme tout apprentissage,
- 46:41le ratio,
- 46:41il doit être équitable.
- 46:42Je veux dire,
- 46:43un stage,
- 46:43ce n'est pas je prends des mains,
- 46:45je ne donne rien et voilà.
- 46:47Je ne suis pas d'accord avec ça.
- 46:49Quand on était en coiffure ou en maquillage,
- 46:51toutes les deux,
- 46:51on a eu des stages comme ça et on trouvait ça vraiment inhumain et horrible.
- 46:54Pour moi,
- 46:54il y a un échange qui doit être équitable.
- 46:56Mais justement,
- 46:57pour moi,
- 46:57déjà,
- 46:59en dessous de 10-15 jours,
- 47:01ça ne sert pas à grand-chose parce que ce n'est pas équitable.
- 47:04Et tu as les stages ?
- 47:06t'as le stage de deux mois là enfin moins de huit semaines qui sont bien sûr il y a ça il y a les reconversions bah ouais c'est super 15 jours de pôle emploi ça c'est super mais nous on a vraiment pas de système associatif ou à map donc déjà par rapport à la MSA par rapport à tout ça le
- 47:23bénévolat il faut qu'il soit quand même encadré on peut pas avoir des bénévoles qui viennent travailler comme ça sur une exploitation il y a quand même des assurances de la déclaration sinon c'est du travail au nord en fait tout simplement
- 47:35après il existe le woofing en option sauf que le woofing ça demande quand même un accueil,
- 47:41un logement etc,
- 47:42nous sur l'exploitation il n'y a rien ni toilette,
- 47:44ni douche,
- 47:44ni cuisine rien du tout,
- 47:46donc on vit au village en famille,
- 47:49c'est difficile d'accueillir quelqu'un au milieu de ses parents,
- 47:51de ses grands-parents pendant une certaine période donc le woofing n'est pas vraiment adapté,
- 47:56donc ça va vraiment nous être du stage de
- 47:5810, 15 jours 3 semaines où on a eu aussi
- 48:02Une école qui faisait dans l'environnement,
- 48:05c'était un bac pro environnement,
- 48:07quelque chose comme ça.
- 48:08Et eux,
- 48:08du coup,
- 48:08c'était pendant le Covid.
- 48:09Donc,
- 48:10eux,
- 48:10ils cherchaient plutôt dans les parcs,
- 48:11normalement,
- 48:12de la gestion de forêt,
- 48:13etc.
- 48:14Et au final,
- 48:15comme ils ne trouvaient personne durant le Covid et qu'ils n'habitaient pas loin,
- 48:18ils sont venus nous aider pendant 2-3 mois à la garance,
- 48:20comme ça,
- 48:21à 6,
- 48:22parce qu'il leur manquait des maîtres de stage.
- 48:24Nous,
- 48:24ça nous a permis.
- 48:26d'avoir des bras à ce moment-là.
- 48:27Et à côté,
- 48:28on leur a appris la teinture,
- 48:29la savonnerie,
- 48:30on leur a fait faire du bricolage,
- 48:32ils se sont régalés.
- 48:33Donc c'était un bel échange,
- 48:34en fait.
- 48:36D'accord.
- 48:38Excuse-moi.
- 48:39Et j'avais une...
- 48:42J'ai perdu le fil,
- 48:42du coup.
- 48:43Tu vois,
- 48:43ça m'arrive aussi.
- 48:45Qu'est-ce que j'allais dire ?
- 48:46Je ne me souviens plus.
- 48:48Comment ?
- 48:49Sur la transmission,
- 48:50du coup,
- 48:51l'accueil de stagiaires,
- 48:52le woofing,
- 48:52le bénévolat.
- 48:54Ouais,
- 48:54tout ça t'a dit...
- 48:55Non,
- 48:55j'avais un truc...
- 48:56Ah oui,
- 48:56ça y est,
- 48:56j'ai ma question.
- 48:58j'ai échangé avec Marie Marquet sur la botanique sur l'agriculture sur des questions est-ce qu'il y aurait assez de surface agricole si on voulait reteindre
- 49:14j'ai parlé avec Marie Marquet sur l'agriculture les surfaces agricoles qui seraient nécessaires si on souhaitait teindre la quantité de vêtements qu'on fait aujourd'hui
- 49:26mais en couleur naturelle,
- 49:27est-ce que ce serait possible ou non ?
- 49:29Donc,
- 49:29il y a bien sûr une réduction à faire de la quantité de vêtements qu'on consomme,
- 49:33ça on est d'accord.
- 49:35On avait dans notre discussion dévié,
- 49:38c'est toujours ces moments-là qui sont intéressants,
- 49:41sur est-ce qu'il serait possible d'ajouter,
- 49:45par exemple,
- 49:45pour des agriculteurs,
- 49:46on va dire conventionnels sur de l'agriculture type polyculture,
- 49:50élevage,
- 49:51est-ce qu'il serait possible d'ajouter la culture de plantes teintoriales,
- 49:56en tout cas de certaines,
- 49:58ou est-ce que pour toi,
- 50:00ça rajoute du boulot à l'agriculteur démesuré ?
- 50:05Je ne sais pas si tu vois ce que je veux dire,
- 50:06mais en gros…
- 50:08Oui, voilà.
- 50:09Je sais ce que tu veux dire.
- 50:11Pour moi,
- 50:11vraiment,
- 50:12les couleurs végétales,
- 50:13c'est un métier à part entière et propre qui nécessite un plein temps absolu.
- 50:17C'est-à-dire que ce n'est pas la peine de produire de l'indigo si on ne fait pas de l'indigo de qualité,
- 50:21parce que ça va derrière,
- 50:22ça va…
- 50:24ça ne va pas tenir,
- 50:25il va y avoir des problèmes.
- 50:27Donc du coup,
- 50:27comme on en est au début de l'image de tout ça,
- 50:30c'est vraiment il faut je veux dire quelqu'un qui fait des carottes ne va pas produire un petit peu de vin à côté c'est pas possible au bout d'un moment il lui faut une cave il lui faut du matériel et s'il veut le vendre après et que ce soit bien propre il faut vraiment qu'on
- 50:48y dédie 100% de son temps et en tout cas nous alors c'est peut-être notre version parce qu'on fait tout de A à Z et on va vraiment jusqu'à la transformation jusqu'au pigment fini mais nous ça nous demande de
- 51:00on travaille 75 heures par semaine donc je vois pas comment en fait quelqu'un qui fait quelque chose à côté même pour moi l'aromatique et du médicinal comme fait Cécilia par exemple pour moi c'est impensable je ne me verrais pas faire autre chose que des couleurs végétales parce qu'elles prennent plus
- 51:16de 100% de notre temps et alors j'ai une autre question c'est c'est
- 51:23l'adjoindre avec une autre culture,
- 51:27pour toi,
- 51:27c'est un métier spécifique,
- 51:28donc ça nécessite de se focaliser sur un sujet,
- 51:31ça j'entends.
- 51:32Est-ce qu'il y a,
- 51:34comme il est fait dans d'autres cultures,
- 51:36un système de...
- 51:38Pas de coopérative,
- 51:39mais tu sais,
- 51:40où il pourrait être possible que chaque agriculteur travaille des plantes tanctoriales et se mutualise à un endroit spécifique pour la transformation ?
- 51:49Par exemple,
- 51:49est-ce que ce serait possible que des voisins à toi,
- 51:51agriculteurs,
- 51:52travaillent...
- 51:53je sais pas une plante et qui viennent te ramener ces quantités là pour toi enrichir comme t'as l'outil pour transformer et faire des extraits est-ce que ça c'est envisageable ou c'est pareil
- 52:05ça me semble bête c'est pas bête c'est une idée franchement on y a aussi pensé parce qu'on en vient au bout de 5 ans d'entreprise à se dire c'est quoi notre avenir c'est quoi qu'on veut faire c'est quoi notre vision c'est quoi l'objectif final et ça on n'arrive pas encore à le dire parce qu'on est encore au
- 52:22jour le jour à gérer les problématiques de culture de produit de tout ça et donc on y a pensé aussi à faire une espèce de coopérative ou de de
- 52:34comment on dit,
- 52:35comme les chaînes de coiffure ou quoi,
- 52:37enfin faire comme ça un prototype pour pas que chaque personne ait à gérer l'ensemble du problème de la chaîne
- 52:45mais ça pose des problèmes de qualité.
- 52:49Par exemple,
- 52:49dans une coopérative qui fait du vin,
- 52:52on connaît les différentes qualités de raisins qui sont répertoriées,
- 52:56et en fonction de la qualité arrivée,
- 52:58ça va être plus ou moins,
- 52:59ça va être accepté ou pas.
- 53:01Derrière,
- 53:02ça va être payé plus ou moins.
- 53:04Et comment normaliser ça sur toute une filière,
- 53:08sur chaque produit,
- 53:10en sachant qu'on a tous notre contrainte de...
- 53:12de climat,
- 53:14de plantes,
- 53:14etc.
- 53:15Donc déjà,
- 53:15il faudrait que ce soit très local pour avoir un approvisionnement sans transport,
- 53:21au moins enlever cette contrainte de...
- 53:23Par exemple,
- 53:24sur la persiquaire,
- 53:24il faut des feuilles fraîches.
- 53:26Comment on fait pour gérer des feuilles fraîches,
- 53:28pour se les faire livrer ?
- 53:29C'est compliqué.
- 53:30Après,
- 53:30sur les fleurs sèches,
- 53:31par exemple,
- 53:33est-ce que,
- 53:35je ne sais pas moi,
- 53:35quelqu'un qui est dans le Nord-Pas-de-Calais a autant d'ensoleillement que moi qui suis en Provence ?
- 53:39Derrière,
- 53:39quel est l'impact ?
- 53:40C'est sûr.
- 53:41c'est ça en fait c'est toutes les questions que ça emmène ouais mais je me dis en fait pareil je peux pas m'empêcher de me dire c'est quoi la suite de leur aventure mais en gros moi je vois là deux choses c'est
- 53:57la première c'est vous êtes en train de monter un modèle
- 54:00un modèle qui peut être dupliqué,
- 54:03mais il faudrait un soutien agronomique,
- 54:07tu vois ce que je veux dire,
- 54:08de comment on duplique un modèle qui est fait vous,
- 54:10chez vous,
- 54:11avec votre terroir,
- 54:12votre expérience,
- 54:12et comme tu dis,
- 54:13l'irrigation de tes grands-parents,
- 54:16toutes ces conditions.
- 54:17Donc,
- 54:17il faudrait vraiment qu'il y ait des recherches agronomiques.
- 54:20Donc,
- 54:20du coup,
- 54:20ça veut dire des financements d'un endroit.
- 54:23Donc,
- 54:24ça,
- 54:24c'est le premier truc auquel je pense.
- 54:25Le deuxième truc auquel je pense,
- 54:27c'est...
- 54:28C'est monter un genre de...
- 54:31comme pas une école,
- 54:32mais tu sais,
- 54:33un genre de formation.
- 54:35En fait,
- 54:35faire un centre de formation de votre établissement où tu pourrais accueillir des gens qui viennent de la France entière,
- 54:42par contre,
- 54:43qui viennent se mettre les mains dans le cambouis et d'apprendre vraiment la transformation.
- 54:49Ça pourrait être comme ça,
- 54:50un centre de formation,
- 54:51mais vraiment type agriculture,
- 54:54transformation.
- 54:55Mais pareil,
- 54:57encore une fois,
- 54:57comme tu l'as résumé hyper bien,
- 54:59c'est qu'il faut trouver un modèle rentable.
- 55:03C'est ça.
- 55:04Aujourd'hui,
- 55:04on est encore au très bon moment.
- 55:07Je ne suis pas sûre que notre entreprise… Enfin,
- 55:09on a super bien avancé et comparé au départ,
- 55:12il n'y a plus rien à voir.
- 55:13Mais est-ce qu'on est sur une entreprise suffisamment aboutie pour la déterminer en tant que modèle et la dupliquer ?
- 55:21Non,
- 55:21on n'y est pas encore.
- 55:24Et peut-être qu'en fait,
- 55:25il n'y a pas qu'un modèle et peut-être qu'on se trompe aussi.
- 55:27Parce que ça…
- 55:29les plantes teinturelles te rendent très...
- 55:31Comment dire ?
- 55:32Très humble.
- 55:33Très humble.
- 55:34C'est-à-dire que tu crois avoir tout compris,
- 55:35maîtriser ton sujet à
- 55:37100%, et puis il arrive un jour où quelqu'un arrive et te montre un truc qui ne fait absolument pas comme toi,
- 55:43et tu te rends compte qu'en fait,
- 55:44il y a d'autres options,
- 55:45ça marche différemment selon comment on le prend,
- 55:47etc.
- 55:47Donc,
- 55:48est-ce que c'est intéressant d'avoir un modèle où est-ce que chacun doit créer son propre modèle avec des bases un peu défraîchies ?
- 55:55je te parle d'un tronc commun vous incarnez un tronc commun qui après serait adaptable aux terroirs,
- 56:00aux conditions mais tu vois le premier qui a lancé l'agriculture bio,
- 56:04le premier qui a lancé les endives ou le premier qui a je pense que c'est la même chose que vous il y en a bien un qui a dû défricher,
- 56:10tester mais ça ça en amène à une question et ça c'est Michel Garcia qui le dit souvent c'est aujourd'hui
- 56:19personne,
- 56:20c'est horrible ce que je dis,
- 56:21mais il dit aujourd'hui,
- 56:22personne n'a besoin de la couleur végétale,
- 56:25parce qu'aujourd'hui il y a la couleur synthétique qui fait le boulot.
- 56:28Donc,
- 56:29en fait,
- 56:29nous,
- 56:29ce qu'on a comme mission,
- 56:31entre guillemets,
- 56:32c'est de montrer la vertu de ces plantes tectoriales,
- 56:37d'en parler pour les gens qui ne connaissent pas,
- 56:39d'où ce podcast,
- 56:40pour en parler,
- 56:43essayer de faire connaître.
- 56:46mais tu vois c'est intéressant parce qu'en fait je me dis que vous êtes sûrement les pionnières enfin même pas les pionnières parce qu'à l'époque où ils devaient cultiver les plantes ben voilà il y en avait donc ça veut dire que comment ?
- 57:01on fait que reprendre en fait ce qui plus ou moins on adapte à des choses plus modernes mais on reprend quand même la base de ce qui se faisait il y a 200 ans avant qu'ils arrêtent tout forcément ils avaient un métier
- 57:12Tu vois,
- 57:13je me dis,
- 57:13à cette époque-là,
- 57:14ils avaient des quantités et des espaces cultivés de folie.
- 57:18Et surtout de la main d'œil.
- 57:19la main d'oeuvre la garance par exemple je crois que j'avais lu il y avait 180 000 ouvriers agricoles dans la région du sud pour extraire la garance donc forcément il y avait les gros agriculteurs qui prenaient le plus gros et après les miséreux derrière qui allaient ratisser les petits bouts de garance sachant
- 57:42que
- 57:43Sachant qu'en plus on peine déjà que ce soit dans l'agriculture nourricière à trouver de la main d'oeuvre qu'on est obligé d'aller chercher en Pologne pareil dans l'horticulture on est obligé d'aller chercher ailleurs des gens qui souhaitent travailler j'imagine
- 57:57que oui pour un sujet qui n'est pas encore assez...
- 58:01C'est ça,
- 58:01parce qu'on a parlé beaucoup de production,
- 58:04mais il y a la partie commerce aujourd'hui.
- 58:07Nous qui produisons un peu gros,
- 58:08on n'écoule pas tous nos stocks parce qu'il n'y a pas un grand besoin.
- 58:13Comme dit Michel,
- 58:14ce n'est pas un besoin vital.
- 58:16En plus,
- 58:16on est en période de crise.
- 58:17Les petits artisans qui,
- 58:19eux,
- 58:20déjà ont du mal avec des produits...
- 58:23avec leur charge de production,
- 58:25la couleur,
- 58:26c'est un petit peu accessoire.
- 58:28Dans un savon,
- 58:28par exemple,
- 58:29elle est accessoire.
- 58:30Donc,
- 58:30elle pourrait être éliminée,
- 58:31on va dire.
- 58:33Et dans ce sens-là,
- 58:35on n'est pas à un besoin primaire.
- 58:37Ce n'est pas qu'il n'y a pas besoin de nous,
- 58:39mais il y a des choses...
- 58:42plus...
- 58:42Comment dire ?
- 58:44Le secteur est encore petit,
- 58:46vraiment.
- 58:47Et on ne pourrait pas être 200 000 producteurs en France parce que tout le monde coulerait.
- 58:51Comme un peu la spiruline.
- 58:53À un moment donné,
- 58:53il y avait de très petites personnes qui ont fait les pionniers.
- 58:56Il y a eu beaucoup de monde qui s'est mis sur le sujet.
- 58:59Et au final,
- 59:00la moitié ont arrêté parce qu'il y avait trop de monde et il ne reste plus de pionniers.
- 59:05Voilà,
- 59:05c'est ça.
- 59:06C'est que c'est un super produit,
- 59:07génial,
- 59:08mais il faut encore trouver le marché.
- 59:11Alors je partage avec toi l'avis sur les artisans je suis d'accord que c'est un choix à faire pour rester dans ses coûts et son équilibre économique mais tu vois côté entreprise par exemple l'entreprise textile à mi-route tu sais entre la grosse boîte et
- 59:29l'industrie enfin la petite entreprise textile avec la loi AGEC donc anti-gaspi économie circulaire,
- 59:34ils sont obligés maintenant de réduire à mort leur impact euh...
- 59:39carbone et leur impact écologique.
- 59:42Et en fait,
- 59:43je pense que cette loi qui est passée là en janvier incite beaucoup de boîtes du textile à quand même réfléchir.
- 59:51Et la couleur végétale,
- 59:53qu'on le veuille ou non,
- 59:55est quand même une alternative qui ressort quand même pas mal.
- 59:57Et donc,
- 59:57je me dis que vous,
- 59:58vous pourriez bénéficier aussi de cette nouvelle vague de...
- 1:00:04d'entreprises de textile qui se posent des questions et qui auraient des tests à faire et de la matière première à trouver.
- 1:00:10Après,
- 1:00:12c'est une idée comme ça dans notre conversation,
- 1:00:15mais quand tu dis que tu n'écoules pas tout ton stock,
- 1:00:18Est-ce que par exemple je vais peut-être poser une question complètement débile mais est-ce que par exemple ton stock pourrait être racheté ou pris chez Greening ou chez le Critorticole avec couleur de plante
- 1:00:30Est-ce que tu pourrais faire ça ?
- 1:00:32Je revends mon Indigo donc par exemple je suis déjà fournisseuse pour lui donc je suis très heureuse d'ailleurs parce que le produit ne vend que des produits de qualité donc je suis extrêmement fière de faire partie de ces fournisseurs donc oui on a
- 1:00:48Mais malgré tout,
- 1:00:49même Patrick,
- 1:00:51chez Greening,
- 1:00:52je pense qu'il n'a pas des volumes de dingue sur les couleurs végétales.
- 1:00:56Donc il y a vraiment en fait...
- 1:00:59après pour moi c'est pratique d'avoir un petit peu de stock parce que je suis aujourd'hui disponible à n'importe quelle demande c'est à dire que quelqu'un qui aujourd'hui me dit il me faut 20 kilos d'indigo je peux le sortir,
- 1:01:09il n'y a pas de problème et ça c'est agréable en tant que producteur c'est réconfortant mais après c'est sûr que je me dis si dans
- 1:01:194-5 ans je ne suis plus la seule à produire ça mais on est 5-6 et que cette personne a plus de moyens que moi
- 1:01:25Je ne sais pas.
- 1:01:26En fait,
- 1:01:28elle est tellement à construire,
- 1:01:29la filière,
- 1:01:29c'est tellement au jour le jour que je ne sais pas trop quelle est la perspective commerciale de tout ça.
- 1:01:35J'espère que les lois comme celles que tu citais de janvier vont vraiment pousser et vont augmenter les demandes.
- 1:01:42Et dans ce cas-là,
- 1:01:42il faudra qu'on soit tous une filière forte pour le faire ensemble.
- 1:01:47mais pour l'instant vraiment c'est tellement dur à dire voilà on essaye d'avoir le choix,
- 1:01:54d'avoir l'offre d'avoir le produit et après derrière le commerce on attend que que les boîtes fassent le pas,
- 1:02:02que ce soit les petits artisans qui des gens font beaucoup le pas mais aussi les grosses boîtes qui eux ont préférence à faire du greenwashing avant de passer directement aux vrais beaux produits
- 1:02:17Il y a vraiment un gros point d'interrogation sur la filière aujourd'hui.
- 1:02:20En tout cas,
- 1:02:21c'est facile de dire ce qu'il en est aujourd'hui.
- 1:02:23dire ce qu'il en sera dans 4-5 ans c'est très dur en tout cas pour nous,
- 1:02:28tête baissée dans le champ c'est difficile
- 1:02:31Oui,
- 1:02:31parce que tu vois,
- 1:02:32il y a aussi la notion de traçabilité,
- 1:02:35comme tu le disais,
- 1:02:36de mélanger des cultures de différents endroits,
- 1:02:38les extraits,
- 1:02:39la concentration,
- 1:02:40la qualité,
- 1:02:40etc.
- 1:02:41Est-ce qu'il faut créer des labels pour garantir que les extraits soient 100% de plantes et pas avec du...
- 1:02:48c'est coupé avec de la chimie ?
- 1:02:50Parce que c'est ce qu'il m'expliquait Patrick
- 1:02:52Brenac de Greening,
- 1:02:53que ça se produisait.
- 1:02:55vous avez râlé un colloque avec Michel ils étaient ensemble ils râlaient énormément il y avait une partie,
- 1:03:03pas tous des producteurs qui coupaient au chimique mais ça flingue la filière si on ne peut même plus avoir confiance en ces produits c'est terrible
- 1:03:12Ouais,
- 1:03:12donc tu vois,
- 1:03:12comme tu dis,
- 1:03:13il y a plein de sujets,
- 1:03:14en fait,
- 1:03:14et moi qui débarque comme ça,
- 1:03:18qui viens du monde alimentaire,
- 1:03:19donc pas du tout textile,
- 1:03:21pas du tout...
- 1:03:22Enfin,
- 1:03:22qui est...
- 1:03:23Voilà,
- 1:03:23j'ai agro,
- 1:03:24mais je veux dire,
- 1:03:25je me dis,
- 1:03:25tu vois,
- 1:03:25moi,
- 1:03:25il y a ces questions-là que je me pose,
- 1:03:28c'est la filière,
- 1:03:29de faire des rapprochements aussi avec la filière des fibres cellulosiques,
- 1:03:34enfin,
- 1:03:34tu vois,
- 1:03:34les fibres...
- 1:03:36le lin,
- 1:03:36le chanvre,
- 1:03:37la laine,
- 1:03:38la soie,
- 1:03:38en fait,
- 1:03:38de s'allier avec eux,
- 1:03:39parce que si eux tiennent la route,
- 1:03:43sont en croissance,
- 1:03:44ça peut profiter à la couleur végétale,
- 1:03:46parce que sans eux,
- 1:03:47il n'y a pas de couleur végétale appliquée au textile.
- 1:03:50Après,
- 1:03:50je pense notamment à les écoles,
- 1:03:52c'est ce que je te disais,
- 1:03:53les lycées horticoles,
- 1:03:55les lycées agricoles,
- 1:03:56les études d'ingé,
- 1:03:57etc.,
- 1:03:58qu'en fait,
- 1:04:00les gens aient conscience que ça existe et que ça puisse créer des vocations,
- 1:04:03parce que des gens,
- 1:04:04maintenant,
- 1:04:04qui prennent...
- 1:04:05qui arrêtent un boulot pour travailler dans un métier qui a du sens et pour lequel ils se sentent investis,
- 1:04:12c'est un peu ce que tu disais dans ton témoignage,
- 1:04:14c'est de plus en plus répandu,
- 1:04:15donc ça pourrait très bien créer des vocations,
- 1:04:17donc il faut en parler plus au niveau des écoles.
- 1:04:20Et après,
- 1:04:21je pense que oui,
- 1:04:23comme tu dis,
- 1:04:23c'est toute une filière à créer,
- 1:04:25mais j'ai bon espoir dans le sens où,
- 1:04:27comme on se disait tout à l'heure,
- 1:04:29le premier mec qui a lancé le blé,
- 1:04:30qui a fait ses recherches,
- 1:04:32le premier gars qui a lancé les endives,
- 1:04:34ça s'est bien fait.
- 1:04:35Et en plus,
- 1:04:36on a le...
- 1:04:37Comme tu le disais,
- 1:04:38c'est ce qui se faisait avant quand on ne faisait que de la teinture avec des plantes végétales.
- 1:04:43Ça se faisait avant.
- 1:04:44Alors,
- 1:04:44il y avait d'autres conditions.
- 1:04:45Il y avait certainement plus de main-d'œuvre et il y avait d'autres trucs qu'on ne maîtrise pas parce qu'il faudrait qu'on fasse une thèse là-dessus.
- 1:04:52Mais en tout cas,
- 1:04:53j'ai quand même espoir.
- 1:04:54Et en tout cas,
- 1:04:54ton témoignage,
- 1:04:56on l'entend,
- 1:04:57tu n'es pas dans le...
- 1:04:59dans le faux,
- 1:05:00c'est-à-dire que c'est dur,
- 1:05:02mais c'est un plaisir et vous y trouvez votre sens et vous apportez votre pierre.
- 1:05:08Et votre contribution,
- 1:05:09déjà deux,
- 1:05:10énorme,
- 1:05:11c'est de défricher notamment sur la partie des machines.
- 1:05:13Et ce que tu disais sur l'exemple de la savonnerie,
- 1:05:15je trouve ça juste génial.
- 1:05:16Quand tu peux dire que tu fais bouger les lignes comme ça,
- 1:05:19je trouve ça génial,
- 1:05:20surtout à ton âge.
- 1:05:23Je trouve ça juste génial.
- 1:05:26J'avais des questions sur...
- 1:05:29plutôt un peu tac au tac,
- 1:05:31mais...
- 1:05:32Est-ce que tu peux me citer pour toi des personnes qui ont été inspirantes ?
- 1:05:36Je pense que je connais un peu la réponse.
- 1:05:39Michel,
- 1:05:40voilà.
- 1:05:40Patrick,
- 1:05:41qui est vraiment super.
- 1:05:43Mais il y a aussi plein d'autres gens.
- 1:05:45Il y a vraiment...
- 1:05:48On a Fibre Bio,
- 1:05:49avec qui on s'est lancé sur la partie textile.
- 1:05:52Quand on a commencé,
- 1:05:53elle a été d'une grande aide.
- 1:05:54Et elle aussi,
- 1:05:54elle avait vraiment cette envie-là,
- 1:05:56en fait,
- 1:05:57de créer des produits prêts à teindre pour les teinturiers.
- 1:06:00Parce que c'est aussi...
- 1:06:01La teinture,
- 1:06:02c'est plein de contraintes également.
- 1:06:04Donc il y a Fibre Bio,
- 1:06:06il y a
- 1:06:06Ultramar, une teinturière qui est à côté de chez nous,
- 1:06:11qui elle a fait vraiment le tour des formations.
- 1:06:14Elle est allée voir Michel,
- 1:06:14elle est allée voir David Saint-Andreux,
- 1:06:16elle est allée à Couleur Garance,
- 1:06:17elle est allée à Colore Ton Monde.
- 1:06:19Elle a fait vraiment le tour un petit peu pour faire sa version de l'indigo.
- 1:06:23Et là-dessus,
- 1:06:24je l'admire beaucoup.
- 1:06:25Elle travaille souvent avec nous pour nous aider.
- 1:06:29et vraiment cette espèce de multifase comme ça de l'indigo nous finalement on a eu que la version un peu de Michel et la nôtre mais le fait d'avoir comme ça d'avoir vu plein de spécialistes c'est vraiment super ensuite
- 1:06:43on a Anne-Sylvie de l'UTA avec qui on coproduit en ce moment on fait une coproduction ensemble
- 1:06:51et qui est vraiment quand tu dis coproduction ça veut dire ?
- 1:06:55on travaille ensemble pour un client pour produire parce qu'elle produit aussi et en fait je l'admire beaucoup parce que franchement elle a fait une très belle gamme de beaux-arts ça fait quand même un petit moment qu'elle est dans la couleur végétale elle tient le coup et
- 1:07:13on voit qu'elle aussi je pense pas qu'elle ait gagné des milliers des cents par ce secteur dans sa vie mais elle est très heureuse
- 1:07:20et elle est très inspirante.
- 1:07:24et voilà ensuite on a Luma avec qui on travaille aussi qui est vraiment super Luma c'est une fondation qui a été créée à Arles en fait et là dedans en fait il y a donc c'est un espèce de laboratoire
- 1:07:40où ils essayent plein de nouvelles choses,
- 1:07:42et notamment on a fait un colloque ensemble avec eux,
- 1:07:44où en fait ils récupéraient des espèces invasives pour en faire du textile,
- 1:07:48donc en extrayant la cellulose,
- 1:07:50et ensuite derrière ils avaient le projet de faire des mini-manufactures où en fait on vient imprimer notre textile grâce à cette fibre cellulosique de plantes invasives,
- 1:08:03et en fait ça remettait un petit peu en jeu l'industrie.
- 1:08:07textiles en fait au lieu de créer d'énormes industries en France parce qu'il manque de l'industrie créer comme ça des mini manufactures où on peut venir en fait imprimer 15,
- 1:08:1620,
- 1:08:1730 t-shirts et en fait recréer comme ça du local et donc voilà c'est des beaux projets porteurs d'autres visions auxquelles nous jamais on n'y penserait mais voilà par des ingénieurs du temps de l'énergie des gens concernés ça fait vachement évoluer voilà
- 1:08:33dans d'autres secteurs que les couleurs végétales qu'on a
- 1:08:37qui font pas mal bouger les lignes.
- 1:08:40Après,
- 1:08:40on a la coopérative des couleurs à Okra,
- 1:08:43qui aussi font de très beaux produits beaux-arts,
- 1:08:47qui ont une belle renommée,
- 1:08:48qui se donnent pour vraiment expliquer les pigments,
- 1:08:51les colorants,
- 1:08:52la différence.
- 1:08:53Eux,
- 1:08:54ils ont le prisme de l'ocre,
- 1:08:55mais ils restent quand même hyper pédagogues,
- 1:08:58et ça,
- 1:08:58c'est chouette.
- 1:09:00d'accord ok et si t'étais une plante intangitoriale laquelle tu serais et un peu pourquoi la persiquière parce que déjà elle m'a amené la passion et puis elle est tellement elle
- 1:09:16est tellement variable et puis elle est rebelle et on croit la comprendre et en fait voilà et finit
- 1:09:26Est-ce que tu teins toi personnellement ?
- 1:09:29Là tu n'as pas le temps je pense Mais est-ce que tu as teint
- 1:09:31Est-ce que tu t'es essayé à la teinture végétale ?
- 1:09:35En plus de tout ça On s'amusait jusqu'à maintenant à faire une collection de Noël
- 1:09:38Qu'on faisait à l'automne C'est pas vrai
- 1:09:40C'est hyper actif
- 1:09:43Et du coup là on a décidé
- 1:09:45J'en ai encore pas mal
- 1:09:46Mais c'était la dernière année qu'on produisait de la teinture Parce qu'on a commencé par apprendre la teinture
- 1:09:51Pour donner des conseils
- 1:09:53parce qu'il est impossible de vendre ou une coloration végétale sans donner un paquet de conseils sur le secteur d'application donc on a commencé par la teinture ensuite on s'est mis à la savonnerie et là en faisant les lacs forcément on se met au beaux-arts donc
- 1:10:08voilà je pense qu'on va laisser petit à petit tomber la partie textile parce qu'on en a déjà pas mal d'expérience
- 1:10:14et on fera des formations d'initiation à la teinture végétale l'été sur l'exploitation.
- 1:10:21De temps en temps,
- 1:10:22là cette année on ne peut pas le faire parce qu'on a une grosse production,
- 1:10:24mais d'habitude on en fait au moins 4 ou 5 dans l'été.
- 1:10:27Et donc voilà,
- 1:10:29on continuera un peu la teinture par ce biais-là des stages,
- 1:10:32et donc savonnerie et beaux-arts.
- 1:10:35et alors du coup dans les fibres que tu aimes teindre c'est lesquelles que le lin ça brille,
- 1:10:42ça prend bien c'est vraiment un peu plus local quand même que le coton la laine il faut aimer la laine j'ai jamais aimé trop la porter même si ça prend super bien en teinture la soie c'est sympa aussi mais vraiment le lin,
- 1:10:58coup de coeur,
- 1:10:58y'a pas de problème
- 1:11:01du coup les prochains projets tu y as répondu tout au long clairement de notre échange est-ce que tu aurais des livres qui t'ont aidé toi à inspirer dans ta démarche ou toi en fait
- 1:11:15c'est vraiment,
- 1:11:16on est plus dans l'expérience que dans la lecture c'est parce que c'est aussi notre éducation,
- 1:11:22on fonce tête baissée et on réfléchit après et donc on a les livres,
- 1:11:26les trois livres de Michel qui sont une super base il y a un livre de Dominique Cardon aussi qui répertorie un peu comme ça par couleur toutes les plantes avec un peu surtout les matières
- 1:11:41colorantes identifiées
- 1:11:43parce que c'est souvent pas facile de savoir si c'est un flavonoïde ou un flavone parce que c'est pas la même chimie pour l'un ou pour l'autre donc ça c'est des livres un peu référence voilà et après Michel nous a toujours orienté vers les manuels de Roré
- 1:11:58qui sont en fait des manuels d'antan sur l'artisanat.
- 1:12:04Alors ça va des beaux-arts à fabriquer son boule à lèvres et ses cosmétiques.
- 1:12:08Alors c'est dans un vieux français avec des produits qui sont peut-être plus utilisables aujourd'hui,
- 1:12:12mais c'est une base et ça permet de comprendre.
- 1:12:15C'est des logiques très simples en fait,
- 1:12:17pas vraiment pompeuses ou scientifiques pures.
- 1:12:22C'est vraiment un peu notre méthode de travail,
- 1:12:24c'est-à-dire d'analyser ce qu'on observe.
- 1:12:27et donc c'est plutôt sympa comme lecture ok j'avais une avant-dernière question qu'est-ce qu'on peut vous souhaiter à toi et à ta soeur de vivre de notre passion ça serait bien quand même aujourd'hui vous n'en vivez pas non on n'en vit pas encore alors on a peu de besoin parce que on
- 1:12:45vit en famille etc donc ça va,
- 1:12:47on ne souffre pas mais on ne vit pas encore de notre passion
- 1:12:51on souhaite plein de nouvelles couleurs on aimerait beaucoup avoir une belle gamme avec 10-15 couleurs ce serait vraiment magnifique et puis que ça continue surtout qu'on ait de l'eau et
- 1:13:05que tout aille bien dans la partie agricole celle qui fait un peu peur aujourd'hui même si on a plein de solutions en tête pour pallier à ces problèmes là mais on espère que quand même ça reste gérable
- 1:13:20est-ce que tu peux nous indiquer quelqu'un à qui tu aimerais qu'on passe le micro
- 1:13:28pour la suite du podcast ?
- 1:13:31Je penserais à
- 1:13:32Valentina de Ultramar qui est teinturière,
- 1:13:36mais elle fait des vêtements conceptuels,
- 1:13:39modulables,
- 1:13:40qui s'adaptent.
- 1:13:41Je trouve ça très sympa comme concept.
- 1:13:44Elle a fait le tour de toutes les formations,
- 1:13:46donc elle a quand même un point de vue assez global.
- 1:13:50Elle a un super projet,
- 1:13:51c'est qu'elle est croate,
- 1:13:52italienne,
- 1:13:53et elle a vécu en Espagne.
- 1:13:56donc en fait elle aimerait créer selon où on est,
- 1:14:00on peut choisir où est fabriqué son vêtement c'est à dire si on est croate il est fabriqué en Croatie,
- 1:14:06si en France ou en Espagne etc donc c'est un beau projet qui lie pas mal quand même le secteur textile la fourniture,
- 1:14:14la manufacture tout ça tout ça donc je pense que c'est un beau c'est une belle personne avec une belle expérience
- 1:14:23ok je vais essayer de la contacter si tu as ses coordonnées je prends pour la contacter écoute
- 1:14:33Laura je voulais vraiment te remercier parce que
- 1:14:38parce que j'ai trouvé cet épisode hyper hyper instructif enrichissant et tu me mets une claque personnelle je te le dis parce que à votre âge je m'adresse aussi à Amandine qui n'est pas là parce qu'elle est en train de bosser mais franchement vraiment
- 1:14:53chapeau à toutes les deux pour ce que vous faites c'est vraiment génial vraiment je sais pas comment le dire j'ai pas les mots tu vois mais je vous félicite vraiment parce que je trouve que vous êtes deux nanas hyper courageuses et euh
- 1:15:05et ça me touche de voir qu'il y a des jeunes t'as 28 ans,
- 1:15:09j'en ai 35 mais je veux dire,
- 1:15:11ça me touche et tu vois ça me donne aussi une forme d'espoir parce qu'en ce moment tout n'est pas gai pour tout le monde mais tu vois ce que vous faites je trouve que c'est une belle leçon de vie et je vous remercie pour ça
- 1:15:24Merci beaucoup à toi de nous avoir invitées dans ce podcast,
- 1:15:27c'est vraiment beau je t'avoue j'ai pleuré à l'épisode de Michel tellement que c'était émouvant parce que c'est notre,
- 1:15:33on l'aime Michel c'est un père spirituel c'est une rencontre,
- 1:15:36on l'aime d'amour et l'entendre parler de sa vie comme ça c'est vraiment lui aussi qui nous a donné cette émotion ce truc avec des mots,
- 1:15:48des trucs je sais pas comment dire qui nous a vraiment lancé là-dedans
- 1:15:54j'en ai pas parlé mais cet épisode,
- 1:15:56cet enregistrement d'épisode,
- 1:15:58donc le premier,
- 1:15:58moi je n'ai jamais enregistré de podcast sauf avec Michel et il venait de faire une formation,
- 1:16:04il était éreinté,
- 1:16:06mais vraiment on était 8,
- 1:16:08ça avait été dans tous les sens il était ultra fatigué et quand je lui ai dit est-ce que Michel tu voudrais bien,
- 1:16:14et bien il a dit oui par générosité pure tu vois vraiment de pouvoir et c'était hyper euh...
- 1:16:22à vivre,
- 1:16:23c'était hyper incroyable parce qu'il te raconte tout ça,
- 1:16:27tu t'hallucines et c'est ce fameux épisode où j'ai moi oublié de brancher mon micro,
- 1:16:33du coup la qualité du son est pourrie et je me disais qu'est-ce que tu fais,
- 1:16:37est-ce que tu lances ton podcast avec un témoignage magnifique et poignant mais avec un son pourri ou est-ce que tu supprimes et tu réenregistres sans être sûre d'avoir cette authenticité et ce don,
- 1:16:49tu vois il a vraiment livré et donc du coup
- 1:16:52qui te tue en fait il a le Michel excité et énervé pendant les stages quand il ne maîtrise plus et qu'il panique son côté sanguin du sud il t'envoie chier et tout donc là il faut se cacher et le laisser faire il
- 1:17:07est sensible il est inspirant comme ça et je trouve que là pendant le podcast c'était vraiment c'était waouh mais tu sais qu'il y a beaucoup de gens qui m'ont fait ce retour là et donc je suis contente aussi que tu me donnes la merci
- 1:17:20la possibilité d'expliquer cet épisode et pourquoi j'ai choisi quand même de le mettre et tout ça
- 1:17:26tout ça moi je le rappelle c'est quand même grâce à lui qui a dit écoute ok faisons cet épisode,
- 1:17:32il savait pas ce que c'était moi non plus et franchement donc merci à lui parce que en fait je me rends compte qu'il inspire il a aidé beaucoup de gens et il continue non stop de donner,
- 1:17:42de donner,
- 1:17:43de donner de donner et que ça aussi c'est une belle leçon de vie
- 1:17:47et puis j'avais jamais eu son il m'avait déjà raconté un peu son histoire mais en décousu c'était la première fois que je l'écoutais vraiment le coup de son oncle et tout c'était vraiment tellement émouvant Michel
- 1:18:02avant on l'avait à côté puis quand on s'est rencontré il déménageait d'un côté ça nous a apporté de l'autonomie parce que quand tu es vraiment que tu ne comprends pas ce qui se passe tu as tendance si tu as Michel à côté d'aller le voir plutôt que de réfléchir donc
- 1:18:15pour ça c'était bien qu'on ait de la distance mais on se voit rarement et on s'aime beaucoup et c'est toujours dur d'être séparé longtemps donc ça me fait du bien de l'entendre un peu comme ça c'est pas tous les jours qu'on a l'occasion de se parler
- 1:18:30bon bah c'est chouette écoute encore un grand merci et puis je vais couper là l'épisode ça marche attends je regarde bon ça va ça marche
- 1:18:43alors du coup je voulais aussi passer la parole à
- 1:18:47Séverine Debrecker de l'atelier des couleurs dans le Gers elle a travaillé 20 ans pour le bleu de l'actour uniquement sur la couleur indigo donc elle a vraiment une grande expertise là dessus et là pour relancer aussi un peu la passion elle a commencé les
- 1:19:03couleurs à mordant donc voilà elle s'éclate et c'est quelqu'un de très intéressant avec qui échanger parce qu'elle a vu en fait l'évolution aussi sur toutes ces années
- 1:19:12et pour finir je voulais aussi faire un petit remerciement à toute ma famille qui nous aide vraiment beaucoup beaucoup tous les jours
- 1:19:21Parfait !
- 1:19:22C'est bon ?
- 1:19:24Je vous invite à me rejoindre sur ma page Instagram
- 1:19:28ARTECOVERT pour y découvrir le nom des prochains invités
- 1:19:35Je me permets de vous rappeler que la seule manière de soutenir ce podcast est de le noter et le commenter sur la plateforme d'écoute de votre choix c'est ainsi qu'on arrivera à faire porter la voix de ces passionnés de la couleur végétale.
- 1:19:48Merci à tous ! Savoir si vous allez aimer, les mots clés du podcast ArtEcoVert : teinture végétale plantes tinctoriales indigo garance encre végétale couleur végétale colorants végétaux pigments végétaux coloration capillaire végétale fibres naturelles colorants biosourcés tanins teinture naturelle plantes artecovert couleurs de plantes design végétal couleur jardin agriculture tinctoriale indigo tendance innovation nuances cosmétiques