Latest / Des voix et des droits, le podcast de la LDH / Episode 32 « Des Voix et des droits », le podcast de la LDH, avec Arié Alimi, vice-président de la LDH
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- Aujourd'hui, 20 janvier, c'est le lancement de la campagne HelloKittX. Arie Halimi, vice-président de la Ligue des Droits de l'Homme, nous présente ce grand appel national lancé par la Ligue des Droits de l'Homme et d'autres associations pour quitter la plateforme Twitter X. Effectivement, HelloKittX, c'est un collectif qui est composé de pas mal d'organisations. La Ligue des Droits de l'Homme en est une des co-fondatrices. Elle est même au tout début du projet. Elle en a l'idée, pour tout dire, avec d'autres qui ont la même idée, et notamment David Chevalarias, qui est directeur de recherche au CNRS. Et pour expliquer encore plus l'origine, il y a deux collectifs qui ont des noms différents qui se créent au départ. Nous créons le collectif EscapeX, et David Chevalarias imagine le nom HelloKittX. On voit qu'on a exactement les mêmes objectifs, les mêmes modalités, les mêmes ambitions, et donc on va fusionner les deux collectifs et on a choisi le nom HelloKittX. Quel est l'objectif de ce collectif HelloKittX ? C'est de favoriser David, au départ du plus grand nombre, de la plateforme X, anciennement Twitter, vers d'autres plateformes numériques, comme BlueSky ou Mastodon. Je rappelle aussi qu'au début, il y a d'autres organisations qui sont avec nous, notamment la Quadrature du Net, des activistes. On a également le média Opost de David Dufresne. On a, si certains s'en souviennent, pas mal des collectifs ou organisations syndicales comme SNJ, CGT, qui étaient déjà à l'initiative de la mobilisation contre la loi de sécurité globale. Là, ça correspond à une date bien précise, le fait qu'on propose ça le 20 janvier. Le 20 janvier, c'est cette date où nous proposons le départ. Pourquoi ? C'est une date symbolique, une date d'échéance, qui correspond à la date d'investiture de Donald Trump. Rappelons qu'Elon Musk, qui est également le propriétaire, et qui se comporte comme tel d'ailleurs, de la plateforme X, anciennement Twitter, va être également dans le gouvernement de Donald Trump, qu'il va avoir des responsabilités d'État, qu'il va donc conjuguer un pouvoir médiatique avec un pouvoir capitalistique et désormais un pouvoir politique. C'est l'homme le plus riche au monde. Et donc, on se rend compte que quand il achète la plateforme X Twitter, qui était une rue numérique, où le pluralisme était encore favorisé, ce n'était pas parfait, évidemment, il y avait plein de choses à faire, et depuis que Musk est arrivé, il y a eu une succession de transformations dans la plateforme X Twitter, qui est la première plateforme numérique au monde. Et ces transformations, c'est une volonté d'instaurer une idéologie réactionnaire, homophobe, raciste, une idéologie qui met en exergue des comptes d'extrême droite, principalement, des comptes masculinistes, des comptes qui diffusent des discours de haine, et on se rend compte que finalement, lorsqu'on a une plateforme numérique comme ça, qui est détenue par un homme qui exprime pleinement son idéologie, il va l'utiliser pour favoriser cette idéologie, et par quel biais ? Par le biais tout simplement de ce qu'on appelle les algorithmes. Les algorithmes, ce sont ces outils informatiques qui font vivre les plateformes numériques, les sites internet. Le problème, c'est que normalement, les algorithmes sont à peu près neutres. Sauf qu'ils peuvent être manipulés, notamment par celui qui est propriétaire de l'application et du logiciel, c'est le cas de Elon Musk, et on se rend compte que de manière certaine, Elon Musk a manipulé les algorithmes pour mettre en exergue tous ces comptes d'extrême droite, racistes, antisémites, antiféministes, et au contraire, pour invisibiliser tous les comptes progressistes, et qu'ils disparaissent progressivement de la visibilité des autres abonnés Twitter. Voilà ce qui se passe, voilà le danger, le danger il est important parce qu'il faut rappeler que X-Twitter, c'est une plateforme mondiale, c'est une plateforme sur laquelle l'opinion se construit, y compris les sujets sont repris par les médias, par les journalistes, c'est ce qui fait l'opinion aujourd'hui à une plateforme numérique comme X-Twitter. Et évidemment, lorsqu'elle s'oriente vers l'extrême droite, lorsqu'elle intervient aussi pendant les élections, il y a eu des interventions de Elon Musk sur des élections présidentielles ou gouvernementales, sur des élections législatives, là en Allemagne, il a favorisé l'AFD, ce groupe politique d'extrême droite proche des néonazis, il a favorisé également l'extrême droite anglaise, il favorise les comptes des informations et des fake news de Poutine de la Russie. On voit donc que c'est une idéologie mortifère des actionnaires d'extrême droite qui a pris le pouvoir sur X et qui en a fait un outil de diffusion de l'idéologie d'extrême droite. Mais de toute façon, si ma mémoire est bonne, il avait eu l'ambition de racheter Twitter après l'exclusion de Donald Trump par l'ancienne équipe de Twitter. Oui, c'est ce qu'on appelle initialement tout au moins, parce que ça a beaucoup évolué, un libertarien au sens américain du terme, c'est-à-dire quelqu'un qui est pour une liberté d'expression absolue sans limite aucune et qui ne comprenne pas que toutes les diffusions des idées, y compris les idées de haine pure, ne puissent pas s'exprimer ou puissent être sanctionnées par la loi. C'est d'ailleurs l'une des premières choses qu'il a faites lorsqu'il a racheté la plateforme X Twitter, c'est qu'il a restauré les comptes qui avaient été interdits par la plateforme auparavant, notamment le compte de Donald Trump, mais également le compte de néo-nazis américains et de diffuseurs de haine à travers le monde. Et par contre, il a baissé la modération. Il a même pratiquement fait disparaître la modération, alors même qu'il y a des dispositions impératives au niveau de l'Union Européenne, notamment, mais dans tous les pays, s'agissant de la modération. Il a réduit énormément la masse salariale, qui justement avait pour objectif de modérer la plateforme et d'empêcher autant que faire ce que les discours de haine, les discours pédopornographiques, les discours violents, les discours criminels, de se diffuser. Et donc aujourd'hui, on voit ce qu'on appelle des fermes à trolls, c'est-à-dire une succession de faux comptes créés par des serveurs à travers le monde qui diffusent des idées massivement afin de soit harceler, cyber harceler certains comptes, c'est souvent le cas maintenant, soit d'instaurer des tendances avec des termes, des éléments de langage, des hashtags. Et donc on a un homme qui a le pouvoir de faire l'opinion mondiale. Et évidemment, on a un homme qui a dirigé toute l'activité de cette plateforme pour instaurer le pouvoir pour l'extrême droite à travers le monde. Donc évidemment, c'est compliqué parce que c'est une plateforme qui permet aussi de diffuser des idées au plus grand nombre quand on est un média, quand on est un journal, quand on est une organisation comme l'idée droits de l'homme. On avait pratiquement 100 000 abonnés, adhérents, c'est beaucoup. Donc ça permet d'avoir une visibilité, ça permet aussi de faire des campagnes de dons. Et donc c'est un coût important pour ceux qui décident de partir. Mais on se rend compte que peut-être le coût est plus élevé en restant sur X Twitter. Et donc on propose de migrer vers d'autres plateformes ? Alors oui, on propose et le Quixix propose d'abord à développer un certain nombre d'outils de migration, c'est-à-dire des outils informatiques qui permettent en appuyant sur un bouton de conserver tous ses followers, ses adhérents ou les comptes auxquels on suivait et de faire une image de son compte Twitter pour créer la symétrie de cette image, de cette image compte Twitter sur un compte que chacun choisira. Il n'y a personne qui oblige qui que ce soit à faire quoi que ce soit. Soit d'aller sur Mastodon qui est quand même plus protecteur mais avec beaucoup moins d'adhérents, d'abonnés. Il y a 10 millions de personnes à travers le monde. Ou bien BlueSky qui est un peu complexe mais pas tant que ça. On a favorisé également une facilité d'accès à Mastodon. Ou bien BlueSky ou bien les deux. Ça peut être les deux qui sont beaucoup plus protecteurs. Il y a quand même des problèmes. Il ne faut pas oublier que BlueSky a été créé par l'un des anciens fondateurs de XTwitter mais qui présente aujourd'hui des garanties de pluralisme qui sont beaucoup plus importantes que XTwitter et en tout cas qui ne diffusent pas les discours de haine, qui instaurent une modération. Et puis aujourd'hui c'est un petit peu la destination d'arrivée de beaucoup de monde. Il faut donc aller sur Hello Critics pour bien comprendre comment ça fonctionne. Effectivement c'est assez simple puisqu'il suffit de suivre une marche qui est vraiment prémâchée si j'ose dire. Mais globalement ce qui aurait pu être quelque chose d'assez anecdotique, du micro-blogging, est devenu quelque chose de tentaculaire et notre monde a évolué avec ça. Et on peut se demander si demain la même question ne va pas se poser par exemple avec Facebook suite aux dernières déclarations de Mark Zuckerberg. La question se pose déjà pour toutes les plateformes propriétaires. Et effectivement à partir du moment où un seul homme ou une entreprise capitalistique détient une plateforme numérique de discussion, un réseau social, et on sait à quel point les réseaux sociaux sont devenus importants dans nos vies, ils prennent pour certains la moitié de la journée, pour les enfants encore plus, c'est un problème. Mais oui, à partir du moment où c'est une seule personne ou une entreprise qui détient les rênes, le problème peut se poser à partir du moment où il y a une orientation idéologique qui doit être donnée. Et là on a vu que Zuckerberg, probablement pour donner des gages et des garanties à Donald Trump qu'il n'arrive et qu'il ne soit investi, a décidé de donner une orientation masculine au groupe méta. Ce qui est évidemment extrêmement dangereux et problématique. Est-ce qu'on doit partir de tous les réseaux tout de suite ? Ça me semble compliqué, je pense qu'on doit faire step by step, pas à part, et qu'on doit d'abord cibler les priorités. La priorité aujourd'hui c'est évidemment X Twitter, qui est le danger premier. Et nous sommes en train, avec le collectif HelloKitX, qui a un site, vous pouvez aller sur le site hellokitx.com, et c'est là qu'il y a les outils de migration, c'est là qu'il y a tout l'argumentaire, c'est là qu'il y a le plaisoyer, c'est là qu'il y a aussi le matériel de communication, parce que ne pas oublier que ce ne sont pas que des outils informatiques dont il s'agit. C'est une mobilisation politique qui commence avant une envergure importante. On a eu une conférence de presse aujourd'hui, internationale, avec la presse internationale qui nous regarde, et qui est assez même impressionnée par le travail qui a été fait. Et aujourd'hui on a évidemment beaucoup de comptes Twitter à l'étranger qui utilisent les outils de migration HelloKitX. On a vu des institutions, notamment des institutions allemandes, partir. On a vu en France de plus en plus d'institutions quitter la plateforme HelloKitX avec les outils de migration HelloKitX. On a vu par exemple la ville de Paris, à titre d'exemple, qui a décidé de partir le 20 janvier. Beaucoup de villes, de plus en plus de villes, des régions, la région de Bretagne qui est partie. On est rejoint par des grands médias comme Mediapart, qui a décidé aussi de franchir le pas. On a également un certain nombre de médias comme Ouest-France, comme Sud-Ouest. On a Le Guardian qui est parti, et à ma connaissance puisqu'on a pas mal d'infos, aujourd'hui, 20 janvier, un grand nombre de médias et d'institutions vont décider de partir HelloKitX et de quitter Twitter. Nous sommes à l'origine, je le pense, d'un très très grand mouvement qui ne semblait pas pensable et dissable il y a quelques semaines, parce que ça a commencé il y a quelques semaines HelloKitX, et qui a été rendu possible parce qu'il y avait une attente, parce qu'il y avait une inquiétude, parce qu'il y avait un besoin. Ce besoin, la Ligue des Droits de l'Homme a encore été présente et a anticipé ce besoin avec d'autres. Nous sommes très très heureux d'avoir été initiateurs du collectif HelloKitX. Avec nos exus pour la mauvaise qualité du son exceptionnellement, c'était Arie Halimi, vice-président de la Ligue des Droits de l'Homme.