Latest / Le Café du Sport Business / Le football féminin français face au spectre de la déprofessionnalisation
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- 0:03Le café du sport business on parle pas des scores du weekend
- 0:06hein ? Non, on parle des enjeux
- 0:07financiers, du marketing, des médias.
- 0:11Toute l'arrière boutique économique du sport en fait.
- 0:17Bonjour, bienvenue au café du sport business.
- 0:19Prenons une situation assez concrète, une équipe fait une
- 0:22saison exceptionnelle, elle monte dans le top 5 de la
- 0:25Première League. Et là, du jour au lendemain, on
- 0:28dit aux joueuses de se chercher un autre projet.
- 0:30Ouais, juste comme ça du jour au lendemain.
- 0:32C'est ça, et pas du tout pour des raisons sportives, hein,
- 0:35mais simplement parce que l'équipe masculine du même club
- 0:38galère avec ses propres droits télévisés.
- 0:40C'est une réalité assez brutale en fait aujourd'hui.
- 0:43Absolument, donc aujourd'hui, on se penche sur cette tribune
- 0:46urgente qui a été publiée par les capitaines de première et
- 0:482nde Ligue féminine. Le but, c'est de comprendre
- 0:50pourquoi, en 2026, ces athlètes réclament encore et toujours une
- 0:54convention collective. Et c'est là qu'on parle de cette
- 0:57fameuse précarité structurelle, en fait.
- 1:00Voilà donc comment on explique ce vide juridique dans lequel
- 1:03elles sont coincées. Bah le fond du problème, c'est
- 1:06que la professionnalisation a été lancée sans le cadre légal
- 1:09indispensable pour protéger les joueurs, la Ligue féminine de
- 1:12football professionnel la LFFP. Elle a été créée en juillet
- 1:162024. Oui, on s'en souvient très.
- 1:18Bien, mais le statut de la joueuse, lui, il a pas bougé
- 1:20d'un pouce et pour le coup, il faut le dire, c'est vraiment un
- 1:23échec cuisant de la part de Jean Michel Aulas et de la LFFP qu'il
- 1:26préside depuis sa fondation. C'est clair, surtout que les
- 1:29négociations patinent depuis plus de 3 ans maintenant.
- 1:31C'est ça et le pire, c'est le contraste avec le foot masculin.
- 1:34Pour la Ligue 3 masculine, ils ont trouvé un accord en à peine
- 1:376 mois. 6 mois, c'est fou cette différence de traitement.
- 1:41En fait, créer une Ligue pro sans convention collective,
- 1:43c'est c'est un peu comme construire un stade ultra
- 1:46moderne sans couler de fondation.
- 1:49Exactement, c'est très beau pour les caméras de télé.
- 1:51Mais au premier coup de vent, la structure s'effondre.
- 1:54Voilà, c'est tout à fait ça. Mais du coup, qu'est ce qui
- 1:57bloque concrètement ces négociations aujourd'hui ?
- 1:59Alors ça coince surtout entre Foutunie donc le syndicat des
- 2:03clubs et l'u. NFP pour les joueurs, le grand
- 2:07champ de bataille, ce sont les droits à l'image.
- 2:10Ah oui, les droits à images, le nerf de la guerre.
- 2:12Toujours concrètement, foutuini refuse catégoriquement que l'u
- 2:16NFP commercialise l'image des joueuses en y associant les
- 2:20logos officiels des clubs. Parce que pour un club, le logo
- 2:24c'est sa propriété intellectuelle suprême, c'est
- 2:26ça ? Voilà, c'est la marque qui
- 2:28génère l'essentiel de leur revenu annexe.
- 2:30Les clubs refusent qu'un syndicat externe monétise cette
- 2:33marque, même si c'est pour financer les activités
- 2:35syndicales des filles. D'accord, et l'u NFP en face, il
- 2:39lâche rien non plus sur leurs exigences, non.
- 2:41Parce que le syndicat exige avant tout un socle de droits
- 2:44fondamentaux, ce qu'ils appellent un effet miroir des
- 2:47accords masculins. C'est à dire qu'ils veulent
- 2:49prendre les protections des joueurs masculins et les
- 2:52appliquer à l'identique. Pour les joueuses, c'est.
- 2:54Exactement ça, l'exigence la plus stricte, c'est la
- 2:57protection salariale. Notamment le maintien du salaire
- 3:00lors de blessures de 90 jours. Ah oui, parce qu'aujourd'hui,
- 3:03une grave blessure au genou par exemple, ça plongé une joueuse
- 3:07dans la précarité financière direct.
- 3:09Absolument mais les clubs de leur côté bah ils freinent face
- 3:12au coût d'assurance que ces garanties représentent.
- 3:14Et pendant que les instances se renvoient la balle sur enlogo et
- 3:17les assurances, bah le stade sans fondations dont on parlait.
- 3:21Commence vraiment à s affaisser sur le terrain.
- 3:23Ah oui, le club de Dijon illustré parfaitement ses
- 3:26failles en fait. Oui, la section féminine est 5e
- 3:28de première Ligue pourtant. 5e, oui, avec un bilan sportif
- 3:32vraiment irréprochable. Pourtant, leur statut
- 3:34professionnel est en péril immédiat.
- 3:37Face à la crise des droits télévisés qui frappe l'économie
- 3:39du club masculin, la section féminine devient la variable
- 3:42d'ajustement. On.
- 3:43Ampute le budget des femmes pour colmater les déficits des hommes
- 3:46du. Coup voilà, c'est une logique
- 3:48économique implacable. Purement et simplement, et c'est
- 3:50pas leur coup d'essai hein. Non, le foot français a déjà
- 3:53connu ça, tout. À fait les disparitions récentes
- 3:55de clubs historiques comme Soyaux ou les féminines de
- 3:59Bordeaux qui ont été reléguées au niveau amateur.
- 4:01Bah ça découle directement de ces gestions financières
- 4:04catastrophiques. C'est tragique, donc y a
- 4:07vraiment une urgence absolue là. Une urgence vitale.
- 4:10Une signature de la Convention est espérée avant le début de la
- 4:13prochaine saison pour enfin structurer la LFFFP, même si la
- 4:18date reste hyper incertaine, ce. Qui amène une réflexion beaucoup
- 4:21plus large. En fait, si le football féminin
- 4:24reste systématiquement la variable d'ajustement financier
- 4:27des clubs masculins, est ce que le modèle même des clubs mixtes
- 4:30ne devrait pas être entièrement repensé pour garantir une vraie
- 4:34indépendance sportive ? À très vite pour un nouveau
- 4:36podcast du café du sport business.