Latest / Africa Fashion Tour / Fatima Zahra Ba, la fondatrice de la marque de mode So'Fatoo
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- 0:03Elle est plurielle,
- 0:04la mode africaine.
- 0:06C'est vraiment beaucoup de réalités qui se regroupent sur ce terme.
- 0:11Et quand je dis qu'elle est plurielle,
- 0:12c'est que ce qu'on voit aujourd'hui avec les marques comme les nôtres,
- 0:17ce qu'on voit avec des maisons de couture qui datent de plus longtemps,
- 0:20comme les Tata Colesso Arbo qui sont bien établies,
- 0:23Pateo,
- 0:25voilà vraiment les grands,
- 0:27Alphadie,
- 0:27etc.
- 0:29Ce que ça désigne aussi comme...
- 0:32Les designers émergents et ce que ça désigne comme tous ces artisans également qui sont des couturiers,
- 0:40mais qui sont en même temps des créatifs et qui traitent depuis longtemps,
- 0:42qui coupent par main levée,
- 0:43qui ont un savoir extraordinaire,
- 0:46c'est autant d'écosystèmes différents.
- 0:47Je pense que c'est une mode vraiment plurielle,
- 0:49c'est une mode très riche,
- 0:51c'est une mode très créative,
- 0:52surtout en Afrique de l'Ouest.
- 0:53Malheureusement,
- 0:55on n'a pas le talent des gens de l'Afrique de l'Est et de l'Afrique australe.
- 1:01ni l'organisation,
- 1:02ni la même organisation pour porter en fait l'industrie là où elle devrait arriver.
- 1:08Mais c'est une industrie en plein essor,
- 1:10en laquelle j'ai énormément foi,
- 1:13qui a beaucoup à offrir au monde,
- 1:16qui commence à devenir également le centre de toutes les attentions,
- 1:20dans le milieu de la mode en général,
- 1:21parce que je pense que ça reste le dernier terreau fertile,
- 1:25le dernier endroit où il y a encore beaucoup de choses à faire,
- 1:28plus ou moins,
- 1:28parce que tout a été fait ailleurs.
- 1:31Donc oui,
- 1:31je pense que je dirais que c'est une mode plurielle et prometteuse.
- 1:42Bienvenue dans ce nouvel épisode du podcast Africa Fashion Tour.
- 1:45Je vous emmène avec moi à la rencontre de créateurs basés sur le continent africain.
- 1:50Je vous invite à voyager à Abidjan,
- 1:52Dakar ou Bamako pour découvrir les parcours de professionnels talentueux,
- 1:56responsables et ambitieux.
- 1:58Au fil des interviews,
- 2:00je me rends compte que chaque entrepreneur veut contribuer au rayonnement de la créativité africaine sur le continent et au-delà.
- 2:07Ce podcast est un moyen de sortir des clichés,
- 2:10du boubou et du wax,
- 2:12pour présenter un éventail de tissus,
- 2:14de savoir-faire et de créativité trop souvent sous-représentés.
- 2:19Je suis Ranata Diallo.
- 2:20Je suis professeure de marketing dans des écoles de mode parisiennes et je suis également consultante spécialisée dans l'accompagnement de porteurs de projets qui veulent lancer leur marque de mode.
- 2:30En 2017,
- 2:31j'ai assisté à ma première Fashion Week en Afrique et depuis,
- 2:34je voyage régulièrement sur le continent pour aller à la rencontre de ceux qui font la mode en Afrique.
- 2:41Le podcast est le moyen que j'ai trouvé pour partager au plus grand nombre une autre vision de la mode africaine.
- 2:51Aujourd'hui,
- 2:51je suis en compagnie de Fatima Zaraba.
- 2:54Fatima est la fondatrice de la marque Sofa2,
- 2:56qui fête ses 12 ans en mai 2024.
- 2:59Diplômée d'un master en relations internationales et droits publics,
- 3:02elle est technocrate auprès d'hommes et de femmes politiques au Maroc et au Sénégal.
- 3:06En 2018,
- 3:07elle décide de se consacrer à
- 3:08100% à la marque qu'elle avait créée à ses 18 ans et qu'elle gérait en parallèle de ses missions.
- 3:13Je l'ai invitée aujourd'hui pour qu'elle puisse nous raconter son parcours et nous parler du développement de sa marque.
- 3:18Bienvenue Fatima,
- 3:19comment vas-tu ?
- 3:21Très bien et toi Ramata,
- 3:22merci de m'avoir.
- 3:24Écoute,
- 3:25je vais très bien,
- 3:26c'est moi qui suis ravie de t'avoir.
- 3:27Moi j'avais eu l'occasion d'assister à l'un de tes défilés lors de la
- 3:32Dakar Fashion Week et je me rappelle que c'était un moment que j'avais adoré.
- 3:37Donc moi je suis vraiment extrêmement contente de t'avoir aujourd'hui pour le podcast Africa Fashion Tour.
- 3:45Je pense que tu as énormément de choses à nous raconter et on va commencer.
- 3:49Comme toujours,
- 3:50par la question qui démarre toutes mes interviews ici,
- 3:55je vais te demander de te présenter.
- 3:59J'ai l'impression que je réponds différemment à chaque fois,
- 4:01mais je vais essayer.
- 4:03Alors,
- 4:03comme tu as dit,
- 4:04je m'appelle Fatima Vajraba,
- 4:06je suis une jeune femme sénégalaise,
- 4:08ralpula,
- 4:10voilée,
- 4:11tout ça là,
- 4:12donc une maman de 30 ans,
- 4:15bientôt 31 ans.
- 4:17Et je suis la fondatrice de la marque Sofa2 qui existe depuis 2012.
- 4:23Ça fait quand même un petit bout de temps.
- 4:24Donc,
- 4:24j'ai souvent des jeunes femmes et vieilles entrepreneurs.
- 4:28Et aussi,
- 4:29je suis cofondatrice de Arca Concept Store.
- 4:31Donc,
- 4:31j'ai cofondé avec Hélène Dabat de Sisters of Africa également.
- 4:36Et de quelques autres petits business par-ci,
- 4:38par-là.
- 4:38Voilà.
- 4:39Ok,
- 4:39très bien.
- 4:40Je vois qu'on a affaire à une...
- 4:42multi-entrepreneuse,
- 4:43donc quand tu me dis quelques business par-ci par-là,
- 4:46c'est là qu'on a envie de savoir,
- 4:47mais quoi ?
- 4:48Qu'est-ce qu'il y a d'autre ?
- 4:51Qu'est-ce qu'il y a d'autre ?
- 4:52Il y a un autre concepteur islamique qui s'appelle Mayem,
- 4:55que j'ai cofondé avec mes soeurs,
- 4:58qui est en hommage à ma maman,
- 5:00qui est décidée malheureusement il y a deux ans maintenant,
- 5:03en 2022,
- 5:03du cancer.
- 5:05Donc c'est plus un wharf,
- 5:06je veux dire,
- 5:07un wharf c'est plus ou moins une
- 5:11Euh...
- 5:11on va dire une œuvre caritative,
- 5:14mais à but lucratif.
- 5:15Donc,
- 5:16il permet de générer de l'argent pour que cet argent-là,
- 5:19ensuite,
- 5:19soit utilisé pour faire de l'aumône,
- 5:21pour faire des œuvres caritatives.
- 5:22Mais c'est généralement une œuvre qui génère de l'argent,
- 5:25qui génère de l'argent pour redonner de l'argent.
- 5:27Donc,
- 5:28il y a ça.
- 5:29Il y a un autre petit projet qui est en cours,
- 5:31donc sur lequel je ne peux pas trop m'avancer.
- 5:34Et puis,
- 5:35quelques petits trucs immobiliers,
- 5:37potentiellement agricoles bientôt.
- 5:39Voilà.
- 5:40J'ai tout dit.
- 5:40Très bien.
- 5:41Écoute,
- 5:41on a affaire en fait à un entrepreneur qui est sur plusieurs secteurs d'activité différents.
- 5:47Donc,
- 5:48quand on se demande où sont les Bernard Arnault africains,
- 5:51eh bien écoutez,
- 5:52je pense que cette interview va nous permettre d'en rencontrer un.
- 5:55De Mike et de Jean.
- 5:57Exactement.
- 5:58Moi,
- 5:58j'aime bien faire des comparaisons vraiment qui nous permettent de voir grand.
- 6:01En fait,
- 6:02je pense que c'est important de se projeter loin,
- 6:06même si on n'est pas obligé d'apprécier.
- 6:08tout ce que fait en termes d'éthique Bernard Arnault,
- 6:10il y a quand même des choses en termes de construction d'un empire qui peuvent être inspirantes.
- 6:19Donc pour poursuivre,
- 6:20moi j'aime bien en fait commencer ces interviews en te posant des questions sur un peu ton parcours scolaire,
- 6:25comment tu as commencé et puis savoir à quel moment s'est fait le lien avec la mode.
- 6:30Donc comme tu l'expliquais,
- 6:33tu parles de jeunes et vieilles entrepreneurs puisque la marque elle a 12 ans aujourd'hui.
- 6:39Il me semble que tu l'as créé,
- 6:40tu avais 18 ans.
- 6:40Est-ce que tu peux,
- 6:41du coup,
- 6:42nous expliquer un peu ?
- 6:43Est-ce que tu as fait des études dans la mode ?
- 6:44Est-ce que c'est un secteur dans lequel tu as toujours évolué ?
- 6:46Comment ça s'est passé,
- 6:47en fait,
- 6:47la création de SofaTour ?
- 6:50Alors,
- 6:50des études,
- 6:50j'aurais aimé.
- 6:51C'est toujours un projet.
- 6:52C'est juste qu'il faut trouver le temps.
- 6:53Je vais y arriver,
- 6:54Inch'Allah.
- 6:56Non,
- 6:56j'ai fait des études en droit public et en relations internationales.
- 7:00Alors,
- 7:02je pense qu'après,
- 7:04mon lien,
- 7:05il est plus avec le textile qu'avec la mode en général.
- 7:09J'ai ma grand-mère,
- 7:10Fatou Sou,
- 7:11le monyme de la marque,
- 7:13qui évolue dans le panne-tissé depuis qu'elle a 17 ans.
- 7:18Ça veut dire que ça fait maintenant
- 7:2075 ans,
- 7:22je pense,
- 7:23à peu près.
- 7:24Parce qu'elle vient de fêter hier ses 87 ans,
- 7:28c'est ça ?
- 7:29Je ne sais plus,
- 7:30j'ai du mal avec le calcul,
- 7:31mais bref.
- 7:32Donc depuis 70 ans,
- 7:34voilà.
- 7:34Depuis 70 ans plutôt.
- 7:36Et donc,
- 7:36c'est parce que sa maman avait un business de pain de tisser.
- 7:38Donc,
- 7:39elle a fini,
- 7:39elle,
- 7:39par reprendre plus tard.
- 7:41Donc,
- 7:41elle a commencé à en vendre quand elle était au lycée avec ses amis.
- 7:45Et puis,
- 7:45elle n'a jamais arrêté.
- 7:46À un moment donné,
- 7:47elle a fait des vêtements avec,
- 7:48ça n'avait pas trop marché.
- 7:50Mais du coup,
- 7:50quand sa maman a vieilli,
- 7:52elle a pris des tisserands chez elle.
- 7:54Donc,
- 7:54moi,
- 7:54je suis née chez elle à Liberté 5,
- 7:56là où il y a mon atelier aujourd'hui.
- 7:58Et dans la cour,
- 7:59j'ai grandi avec des tisserands.
- 8:01Je jouais autour d'eux.
- 8:02On était tous sous le sapotier.
- 8:04Mouh !
- 8:06Donc je pense que j'ai grandi avec ce bruit-là,
- 8:08en voyant ce tissu-là se faire,
- 8:09en accompagnant ma grand-mère à acheter ses fils pour faire ses pannes,
- 8:12etc.
- 8:13Et quand j'allais en vacances au Futa,
- 8:16chez mon père,
- 8:16la même chose,
- 8:17avec mes tantes paternelles qui sont dans la teinture et dans la couture à la main.
- 8:21Donc je pense que j'ai toujours eu cet univers créatif autour de moi.
- 8:25Et je pense que je me suis beaucoup intéressée à ça.
- 8:30J'aimais en faire.
- 8:31Après,
- 8:31j'aimais prendre des tissus,
- 8:32faire des robes pour moi,
- 8:33pour mes poupées.
- 8:34Bon,
- 8:34bien sûr,
- 8:35des robes.
- 8:35cousu à la main,
- 8:36donc qui ne tenait jamais,
- 8:36et que ma soeur jetait à la poubelle.
- 8:39Je l'en veux toujours.
- 8:41Et après,
- 8:41ça a fini par des croquis.
- 8:43J'allais chez des couturiers avec des dessins de exactement ce que je voulais,
- 8:47et c'était exactement le contraire qu'ils faisaient,
- 8:49à quelques exceptions près.
- 8:51Et c'est quand je suis allée au Maroc pour mes études supérieures,
- 8:55en deuxième année,
- 8:56que j'ai trouvé une couturière qui s'appelait Maria Daoudi,
- 8:59qui habitait dans la même rue que moi,
- 9:00à Meknes,
- 9:01et qui arrivait à modifier mes vêtements.
- 9:03Parce qu'en fait,
- 9:03Merci.
- 9:03La raison pour laquelle j'ai commencé à aller me licher,
- 9:05c'est que je suis venue en deuxième année avec beaucoup de vêtements traditionnels parce qu'en première année,
- 9:09justement,
- 9:10je me suis retrouvée à ressembler à tout le monde en portant ce que tout le monde porte,
- 9:13un Zara Marwa.
- 9:15Donc,
- 9:15je voulais vraiment des vêtements qui me ressemblaient plus identitairement.
- 9:17Et du coup,
- 9:18je suis revenue avec plein de Yerewalov,
- 9:20comme on dit,
- 9:20tenues traditionnelles,
- 9:21sauf que c'était beaucoup trop folklorique un peu pour le paysage.
- 9:24Donc,
- 9:25elle a commencé à aller me licher.
- 9:26Donc,
- 9:27j'ai fait des vestes avec des pailles.
- 9:29Bref,
- 9:29j'ai changé beaucoup de choses.
- 9:31Et ça a donné un style vraiment particulier.
- 9:33que les gens appréciaient et c'est pour ça que j'ai décidé de commencer comme ça.
- 9:38Très bien,
- 9:38super belle histoire.
- 9:39On sent que du coup,
- 9:40il y a une tradition de savoir-faire typique du
- 9:45Sénégal avec le pain tissé et la couture dans lequel,
- 9:49en fait,
- 9:50tu as grandi.
- 9:51Et donc,
- 9:52c'est assez intéressant de voir comment,
- 9:53finalement,
- 9:55tu dis que tu n'as pas fait d'école de mode ou tu n'as pas fait des études dans ce secteur,
- 9:59mais quelque part,
- 10:00le fait d'avoir toujours Merci.
- 10:03évolué dans cet environnement,
- 10:04forcément tu as développé un certain talent et une certaine expertise,
- 10:10mais qui n'a pas été sanctionné par un diplôme en fait.
- 10:14Clairement,
- 10:14je pense que ça développe le goût plutôt.
- 10:16Ça développe aussi,
- 10:19je pense que par exemple,
- 10:20le point fort,
- 10:21en tout cas mon point fort en matière de design,
- 10:24c'était plus les coloris et les matières.
- 10:27Et ça,
- 10:28c'est clairement dû à cette formation entre guillemets,
- 10:33une formation sans volontaire,
- 10:36on va dire.
- 10:38dans le textile.
- 10:39Par exemple,
- 10:40je me souviens clairement de toutes les fois où j'accompagnais ma grand-mère acheter des fils et du fait qu'elle associait les différentes couleurs pour faire ses panes.
- 10:49Et c'est quelque chose qui nous a beaucoup,
- 10:51en tout cas qui a beaucoup marqué l'identité de Sofatou.
- 10:54C'est les mélanges de couleurs atypiques mais qui finalement donnaient bien,
- 11:00donnaient un bon rendu.
- 11:01Et je pense que ça,
- 11:02c'est d'elle que je le tiens,
- 11:03plus ou moins.
- 11:04Très bien.
- 11:05Ok,
- 11:06écoute,
- 11:06c'est super intéressant.
- 11:08Je trouve ça intéressant aussi que je pense que c'est important de pouvoir reconnaître des compétences que tu peux avoir dans le secteur de la mode,
- 11:19le fait de savoir associer des couleurs et de quelque part proposer une certaine harmonie.
- 11:24Et de toute façon,
- 11:26c'est une compétence réelle quand on dirige une marque de mode et que l'on peut certes apprendre dans des écoles,
- 11:34mais...
- 11:35que l'on peut aussi quelque part,
- 11:37toi tu l'as appris,
- 11:38pas dans une école officielle,
- 11:39mais auprès de ta grand-mère.
- 11:42Donc ce que tu expliques,
- 11:43c'est que d'abord,
- 11:43tu faisais des tenues pour toi en sollicitant une couturière au Maroc,
- 11:49et puis tes pièces ont commencé à plaire,
- 11:52et du coup tu as commencé à prendre des commandes pour d'autres personnes,
- 11:54ou directement tu t'es dit,
- 11:56je vais créer une marque,
- 11:57je vais créer des collections et je vais les vendre.
- 11:58Comment ça s'est passé,
- 12:00la professionnalisation en fait ?
- 12:02de tes créations pour vraiment te dire je vais faire une marque et je vais vendre des pièces ?
- 12:06Je pense que pendant quelques temps,
- 12:07je proposais plutôt des modèles à mes copines,
- 12:10mes collègues,
- 12:11mes amis de la fac et tout.
- 12:13Et puis,
- 12:14c'est vraiment sur un coup de tête,
- 12:16un 24 avril,
- 12:17je m'en souviendrai toujours,
- 12:18que j'ai dit je vais monter un business.
- 12:20Et j'ai fait un long mail que j'ai envoyé à ma maman,
- 12:23à mes meilleurs amis,
- 12:25où je disais que j'allais faire,
- 12:27c'était un tout gros projet,
- 12:28j'en ris encore,
- 12:29où je disais que je commençais par une marque de vêtements.
- 12:33mais qu'après je voulais un centre commercial et qu'il y aurait une émission télé de relooking.
- 12:40Il y avait tout un concept autour.
- 12:42C'était énormément de choses à la fois.
- 12:44Et je me souviens que la somme que je disais à ma maman,
- 12:46que c'est ça qu'il me fallait pour démarrer,
- 12:47elle me disait,
- 12:48mais c'est trop petit,
- 12:49il faut chercher 10 millions.
- 12:50Je lui disais,
- 12:51mais qui va me prêter 10 millions ?
- 12:52Elle me dit,
- 12:53non,
- 12:53t'inquiète,
- 12:53on va trouver.
- 12:54Bon,
- 12:55elle n'a jamais concrètement...
- 12:57Elle n'a jamais concrètement...
- 12:59mobiliser de l'argent pour ça.
- 13:01Même si c'était une très bonne clientèle,
- 13:03je me moquais toujours d'elle par rapport à ça.
- 13:04Mais je sais que cet enthousiasme-là m'a poussée à me dire que c'est possible.
- 13:10Du coup,
- 13:10le soir-là,
- 13:11j'ai décidé que pour l'anniversaire de ma grand-mère,
- 13:13pour ses 75 ans,
- 13:15qui tombait le 5 mai,
- 13:17j'allais sortir la première collection qui s'appellerait African Rainbow.
- 13:20C'était très très coloré et je dis aussi souvent très très moche aujourd'hui.
- 13:27Mais que j'aimais bien autant et j'étais bien fière de moi.
- 13:31Et très différent de notre identité actuelle,
- 13:33parce que c'est vraiment des choses décolletées,
- 13:35des vêtements courts,
- 13:36etc.
- 13:37C'est tout l'opposé de ce qu'on fait aujourd'hui.
- 13:39Donc ça a commencé comme ça.
- 13:42Et voilà.
- 13:42Et c'est toujours les copines qui achetaient,
- 13:44les copines de la fac,
- 13:45les copines du lycée qui étaient à l'étranger maintenant.
- 13:48Donc c'était vraiment une clientèle plus basée au Maroc et en France.
- 13:52Et après,
- 13:52la marque,
- 13:53elle a vraiment évolué en même temps que moi.
- 13:55Elle a grandi avec moi,
- 13:56comme je disais,
- 13:57ma couple.
- 13:59Très bien.
- 13:59Super intéressant d'avoir ce retour.
- 14:02Donc,
- 14:03du coup,
- 14:03au départ,
- 14:04effectivement,
- 14:05c'est ton réseau assez naturel,
- 14:07famille,
- 14:08amis qui sont tes premiers consommateurs.
- 14:11Et comment est-ce que tu structures le business ?
- 14:15En fait,
- 14:15on vient te voir assez naturellement.
- 14:17Et puis,
- 14:18c'est toi qui crée des pièces et qui crée des collections ?
- 14:20Ou alors...
- 14:21C'est,
- 14:22comment dire,
- 14:24les membres de ton réseau,
- 14:25tes amis qui passent des commandes.
- 14:28Alors,
- 14:28je viens de réaliser,
- 14:30en répondant à ta question,
- 14:31qu'on a toujours eu ce modèle hybride là,
- 14:33où moi,
- 14:34je propose une collection que je dessine et qu'on shoot et que je mets sur les réseaux sociaux et que les gens peuvent commander ensuite.
- 14:42Et à côté,
- 14:43je faisais également des commandes,
- 14:45enfin,
- 14:45du sur-mesure,
- 14:46pas du sur-commande.
- 14:47Et je me souviens que ma première grande commande,
- 14:49c'était ma grande soeur et ses copines qui étaient à l'époque à Grenoble,
- 14:52qui avaient une grande soirée qui s'appelait le Grand Sud.
- 14:55Et donc,
- 14:55ils m'avaient commandé des robes de soirée et on avait huit,
- 14:57je pense.
- 14:59Et pour moi,
- 14:59c'était une commande énorme en termes d'argent comme en termes de production.
- 15:05Et ouais,
- 15:06on a gardé ce modèle-là jusqu'à aujourd'hui,
- 15:08jusqu'à aujourd'hui.
- 15:08Sauf qu'aujourd'hui,
- 15:09on ne fait plus de la création à la demande.
- 15:12Aujourd'hui,
- 15:12on se contente de reproduire les collections qu'on fait.
- 15:17Après,
- 15:17on peut accepter quelques petites modifications,
- 15:19mais vraiment très peu,
- 15:21plus sur les coloris ou autre.
- 15:22Et ça,
- 15:23ça a été plus pour faciliter la production,
- 15:25parce qu'aujourd'hui,
- 15:26bien sûr,
- 15:26on produit à une beaucoup plus grande échelle qu'avant.
- 15:29Mais oui,
- 15:30ce modèle hybride-là a toujours été là.
- 15:31Ça a toujours été un peu des deux,
- 15:33du sur-mesure et du prêt-à-porter.
- 15:36Très bien.
- 15:37Donc,
- 15:37ce que tu expliques,
- 15:38c'est que toi,
- 15:39finalement,
- 15:39pendant très longtemps,
- 15:42Tu as géré la marque en même temps que tes études et en même temps qu'un job en fait,
- 15:47puisque après tes études tu as commencé à travailler et tu continuais l'activité de ta marque.
- 15:52Comment est-ce que tu es arrivé à trouver le bon équilibre entre les deux ?
- 15:57il m'est arrivé de le perdre il n'était pas toujours là je me souviens que bon après j'étais assez bonne élève femme de l'élève je me souviens que ma première année j'étais majeure de promo la
- 16:12deuxième année c'est l'année où j'ai commencé Sofa2 et du coup je me souviens que j'ai eu 11 de moyenne au premier semestre et ma grand-mère m'a dit écoute moi je t'aime bien c'est bien gentil d'avoir une marque
- 16:25qu'en mon honneur tout ça là,
- 16:27mais moi,
- 16:27je préfère les bonnes notes.
- 16:28Donc là,
- 16:29tu te ressaisis.
- 16:30Et donc,
- 16:31il a fallu que je diminue un peu.
- 16:32Parce que bon,
- 16:33après moi,
- 16:33je suis très passionnée.
- 16:35Je suis une passionnée de manière générale.
- 16:36Quand je fais quelque chose,
- 16:37je ne fais jamais les choses à moitié.
- 16:39Je passais les nuits carrément chez ma couturière.
- 16:42À un moment donné,
- 16:43elle m'avait prêté une machine à coudre pour que j'apprenne chez moi.
- 16:46Donc,
- 16:46je passais toutes mes nuits dessus.
- 16:48Et dès que je finissais à la fac,
- 16:49c'était directement à l'atelier.
- 16:51Et ça a été comme ça aussi quand j'ai commencé à travailler.
- 16:53Je finissais le travail,
- 16:54j'allais à l'atelier.
- 16:55À un moment donné,
- 16:55j'étais à Rabat,
- 16:56le tailleur était à Kenitra,
- 16:57donc c'était la ville d'à côté.
- 16:59Il m'est arrivé de dormir chez lui.
- 17:01J'ai vraiment fait des dingues pour ça.
- 17:02Et d'ailleurs,
- 17:03c'est pour ça que je ne suis pas allée faire un master en France et que je suis restée au Maroc.
- 17:05C'est que la marque avait déjà commencé à prendre et que j'étais vraiment prise et passionnée par ce que je faisais.
- 17:11Donc,
- 17:12ça n'a pas toujours été très équilibré.
- 17:15Et c'est quand je suis allée au ministère de la Femme,
- 17:17donc 2018,
- 17:18je suis rentrée au Sénégal en 2016.
- 17:19Donc,
- 17:19j'ai quitté le cabinet Warby.
- 17:22Je suis rentrée à Dakar,
- 17:22j'ai fait l'Assemblée nationale,
- 17:24c'était assez flexible,
- 17:24j'étais assistante parlementaire donc j'avais encore beaucoup de temps libre.
- 17:28Je travaillais plus avec ma mère qui était à l'époque députée,
- 17:31mais pendant les périodes de la vie de gros séminaires ou de gros projets de loi,
- 17:34etc.
- 17:34ou de propositions de loi.
- 17:36Mais quand je suis allée au ministère et que c'est devenu hyper prenant et que je finissais à 4h du matin,
- 17:42là il n'y avait plus d'équilibre du tout.
- 17:44Et là je n'avais plus le temps pour faire ça alors que ça me payait plus que le ministère.
- 17:47C'est là que j'ai fait un choix et que j'ai lâché l'un pour l'autre.
- 17:51et j'ai pas regretté
- 17:53Très bien,
- 17:54c'est une belle leçon en tout cas du coup c'est bien parce qu'en fait il y en a beaucoup qui ont envie de se lancer dans la mode et qui essayent de garder une activité en parallèle et du coup c'est bien que tu nous racontes un petit peu comment ça s'est passé pour toi et comment à un moment donné il
- 18:09a fallu que tu fasses un choix mais aussi que tu apprennes à équilibrer au maximum les choses
- 18:17Après c'est un choix que j'ai fait tard et que je recommande de faire le plus tard possible
- 18:20Parce qu'une fois que tu lâches ton day to day,
- 18:24la vie change aussi,
- 18:25la vie est moins équilibrée.
- 18:27Parce que tu es tributaire,
- 18:29tu dépends un peu de sources de revenus que tu ne maîtrises pas,
- 18:35qui sont des fois très aléatoires.
- 18:36Donc je pense que c'est important d'attendre que l'activité soit vraiment assez mature pour quitter son travail.
- 18:44Très bien.
- 18:45Donc,
- 18:46voilà,
- 18:46c'est important que tu précises ça parce qu'il ne faudrait pas encourager tout le monde à lâcher le day-to-day,
- 18:51comme tu dis.
- 18:51Et puis après,
- 18:52les gens se disent,
- 18:53mais parce que,
- 18:54en fait,
- 18:54toi,
- 18:55ce qui t'a permis de le faire,
- 18:56c'est à un moment donné,
- 18:56ce que tu dis bien,
- 18:57c'est que ça n'a pas été qu'une décision de passionné.
- 19:01Ça a été,
- 19:01à un moment donné,
- 19:03en termes de revenus,
- 19:04ce que rapportait la marque était supérieur à ton job day-to-day.
- 19:08Donc,
- 19:08il y avait une opportunité de développement qui était intéressante,
- 19:11qui était là.
- 19:11Exactement,
- 19:12nettement supérieure.
- 19:13Et je savais qu'il suffisait juste que je donne à la marque plus de temps pour qu'elle me fasse plus d'argent.
- 19:17Donc,
- 19:17c'est là que j'ai décidé de quitter,
- 19:18mais pas avant.
- 19:20OK.
- 19:20Donc,
- 19:21il y a une approche qui est créative,
- 19:22mais il y a aussi une approche de…
- 19:27Alors,
- 19:27est-ce que tu peux nous parler de ça,
- 19:29en fait ?
- 19:29Quels sont les indicateurs sur lesquels tu t'es appuyée pour te dire…
- 19:36J'ai envie de te poser un peu deux questions en une,
- 19:40ce que j'ai tendance à faire trop souvent.
- 19:42C'est...
- 19:43Sur la partie créative,
- 19:44tu sens que tu as du succès,
- 19:46c'est-à-dire que tu as des clients,
- 19:48j'imagine,
- 19:48qui viennent et qui reviennent.
- 19:49Donc,
- 19:50qu'est-ce qui,
- 19:52selon toi,
- 19:54il y a de particulier dans ta marque,
- 19:56sauf à tout,
- 19:57qui fait que les clients adhèrent ?
- 20:02Alors,
- 20:02déjà,
- 20:03je pense qu'à l'époque,
- 20:04on avait une approche…
- 20:06Moi,
- 20:06j'ai eu la chance d'être très réseau social très tôt parce que je suis une personne très sociale.
- 20:11J'ai beaucoup d'amis,
- 20:12donc j'étais très réseau social depuis le lancement de Facebook,
- 20:15très tôt sur Twitter,
- 20:16etc.
- 20:18Et c'est ça qui a vraiment fait notre force parce qu'on était sur les réseaux au moment où les réseaux ont commencé à faire marcher les business.
- 20:29J'étais toujours très bonne en storytelling parce que je pense que ça c'est naturellement moi.
- 20:34Et je t'en sors peut-être de mon papa un peu et de ma grand-mère,
- 20:37on aime raconter des histoires.
- 20:40Et du coup tout ça,
- 20:41ça a marché très bien sur les réseaux.
- 20:42Ça a permis de véhiculer des choses que les marques autant ne véhiculaient pas encore.
- 20:47C'était qu'on racontait des histoires,
- 20:50on partageait notre culture.
- 20:53On ne montrait pas que les choses roses aussi et pas que le glamour.
- 20:56On montrait vraiment un côté humain de ce qu'on faisait.
- 21:02Et ça,
- 21:03ça a vraiment très bien marché.
- 21:04Bien sûr,
- 21:04ce qu'on fait,
- 21:05notre marque,
- 21:05elle est d'inspiration de fabrication africaine,
- 21:08donc hautement culturelle aussi.
- 21:10Et les gens,
- 21:11c'était des gens comme moi qui étaient en quête d'identité,
- 21:14il y avait le retour vers le wax,
- 21:16il y avait tout ça en même temps.
- 21:18Donc je pense qu'on est arrivé sur la scène au bon moment.
- 21:20Ça,
- 21:20c'est une chose.
- 21:22Et encore une fois,
- 21:22les réseaux sociaux ont vraiment beaucoup boosté.
- 21:24Donc je pense que ce qui a fait que les gens ont très vite...
- 21:28Et aussi,
- 21:29ce qu'on proposait était différent.
- 21:30Parce que nous,
- 21:31c'est une marque sénégalaise.
- 21:32Et toi qui connais bien la mode sénégalaise,
- 21:34tu sais que la mode ici,
- 21:35elle est plutôt sexy.
- 21:37Elle est très...
- 21:40On est très au taquet,
- 21:41mais la mode est très découvrante,
- 21:44plus ou moins.
- 21:46Un peu à mi-chemin entre l'Occident et ici,
- 21:49mais les choses que les gens aiment d'habitude sont assez voyantes.
- 21:52C'est des matériaux qui sont voyants,
- 21:54c'est des coloris flashy,
- 21:56etc.
- 21:56Beaucoup de strass,
- 21:57beaucoup de brillants,
- 21:58etc.
- 21:59Et nous,
- 21:59ce qu'on proposait,
- 22:01en tout cas à partir de 2016,
- 22:02c'était très différent.
- 22:04C'était du pactissé,
- 22:07c'était élégant,
- 22:07c'était plus sobre,
- 22:08mais en même temps,
- 22:10ça avait beaucoup de classe.
- 22:11Donc ça a changé vraiment,
- 22:13je pense,
- 22:13de ce qu'on trouvait sur le marché.
- 22:15Et c'est peut-être la combinaison de tout ça,
- 22:16et encore une fois,
- 22:17le fait que j'avais vraiment un très bon réseau,
- 22:19beaucoup d'amis,
- 22:20et que j'ai commencé également à changer de stratégie en faisant des événements,
- 22:23etc.
- 22:23Je pense que c'est tout ça qui a fait marcher SofaTour.
- 22:30Et les ambassadeurs.
- 22:31On a utilisé,
- 22:31je pense qu'on a été les premiers,
- 22:33en tout cas une des premières marques sénégalaises à utiliser le marketing d'influence.
- 22:37À l'époque,
- 22:37on ne savait même pas que ça s'appelait comme ça.
- 22:39On ne savait même pas que c'était un concept.
- 22:41C'est juste que je suis allée voir un groupe
- 22:43de personnes célèbres que je connaissais.
- 22:45Je les ai réunies dans un photoshoot.
- 22:47Et après,
- 22:48je me souviens que la première fois qu'ensuite on a vu quelqu'un d'autre faire ça,
- 22:52mon ami qui était photographe m'a écrit pour me dire « Tout le monde commence à faire comme toi. »
- 22:56Ils ont commencé à copier ton concept.
- 22:57Je dis « Bon,
- 22:58ce n'est pas un concept,
- 22:58mais bon. »
- 22:59Et en fait,
- 23:01tu ne réalises pas que tu es plus ou moins pionnier dans quelque chose,
- 23:04en tout cas au Sénégal.
- 23:07qui va révolutionner le monde du business,
- 23:09c'est-à-dire le marketing d'influence.
- 23:11Donc après,
- 23:11on a beaucoup continué avec ça et ça nous a vraiment,
- 23:13vraiment réussi.
- 23:16Très bien.
- 23:16Écoute,
- 23:17merci.
- 23:17En tout cas,
- 23:17tu nous as donné plusieurs points qui sont explicatifs du succès d'une marque.
- 23:22Et ce qui est intéressant avec tes explications,
- 23:24c'est qu'on comprend qu'en fait,
- 23:25il y a plusieurs éléments dans la recette du succès de SofaTou.
- 23:30Alors,
- 23:30quand tu parles des réseaux sociaux et du storytelling,
- 23:32Est-ce que tu prenais la parole face caméra ou est-ce que c'était plutôt de l'écrit que tu partageais ?
- 23:38Les deux.
- 23:41Je pense que j'ai beaucoup associé ma tête à la marque,
- 23:43ce que j'ai commencé à faire cette année seulement.
- 23:47Donc,
- 23:47c'était vraiment un peu des deux.
- 23:48Je montrais les tailleurs,
- 23:52on faisait des blagues en ligne.
- 23:53Les gens voyaient la relation que nous avions.
- 23:56En même temps,
- 23:57derrière chaque poste,
- 23:58derrière chaque collection,
- 23:59il y avait toute une histoire qu'on racontait.
- 24:01Je me souviens que la collection L'Amour,
- 24:03qui a été celle vraiment avec laquelle on a plus ou moins explosé,
- 24:06si je peux dire ça comme ça,
- 24:07c'était sur le thème de la royauté en Afrique,
- 24:09c'était en 2016.
- 24:10Et c'est déjà cette collection-là qui utilisait des influenceurs,
- 24:14tu vois.
- 24:14Donc il y avait des gens comme Doudou qui faisaient des vidéos,
- 24:16Canabas,
- 24:17des chanteurs,
- 24:18photographes,
- 24:19etc.
- 24:19Il y avait vraiment beaucoup de monde dessus.
- 24:21Et c'était une trilogie.
- 24:23Donc d'abord c'était sur l'Antiquité,
- 24:26ensuite...
- 24:26sur les révolutionnaires et enfin je disais de ceux que j'appelle les rois et les reines modernes de notre vie d'aujourd'hui,
- 24:33c'est ces personnes qui m'inspirent aujourd'hui et ça se fait en 2016,
- 24:37donc j'ai toujours été très histoire il y a eu des collections sur la couture de l'ébou il y a eu des collections sur les origines foulani de mon père c'est vraiment chaque fois on essaie de raconter quelque chose par exemple notre collection du moment Merci.
- 24:54Celle de l'Aïd el-Chitre,
- 24:55donc de la curiosité,
- 24:57c'était autour de la Lune,
- 24:59donc même par les inspirations,
- 25:00les broderies,
- 25:00etc.
- 25:02Celle de la Tabaski,
- 25:03c'est sur le soleil.
- 25:04Donc il faut toujours un thème plus ou moins fil conducteur,
- 25:07des choses qu'on raconte,
- 25:08c'est quoi notre inspiration.
- 25:09Et c'est ce partage-là,
- 25:11en tout cas,
- 25:12que beaucoup de marques justement ne font pas.
- 25:15Ils se contentent de présenter des produits avec un aspect purement commercial.
- 25:20Et aujourd'hui,
- 25:20ce n'est pas ce que les gens achètent,
- 25:22les gens,
- 25:22ils achètent.
- 25:22Ils achètent l'humain,
- 25:23ils achètent des sentiments,
- 25:25ils achètent de l'attachement.
- 25:32Clairement,
- 25:32du coup,
- 25:34c'est un joli cours de marketing que tu nous fais là,
- 25:36donc moi je vais pouvoir l'utiliser dans mes cours.
- 25:41Je vais dire,
- 25:42c'est exactement comme ça qu'il faut envisager sa marque et c'est intéressant,
- 25:46ta manière de parler,
- 25:47tu expliques que ça a été très spontané.
- 25:49C'est vrai que de par tes études,
- 25:50c'était plutôt relations internationales et droits publics et le côté marketing.
- 25:54En tout cas,
- 25:55c'était peut-être pas forcément dans ton background,
- 25:59comment dire,
- 26:00académique,
- 26:00mais par contre,
- 26:01dans la manière dont tu l'exprimes,
- 26:03on sent vraiment une maîtrise de tous les,
- 26:07comment dire,
- 26:08facteurs clés de succès des marques et des leviers qu'on actionne pour pouvoir vraiment créer une marque qui va durer dans le temps et créer une relation avec un consommateur qui va aller vers de la loyauté,
- 26:20vers de la fidélité,
- 26:21vers des gens qui vont avoir plaisir à revenir parce qu'il y a un attachement authentique à la marque,
- 26:26en fait.
- 26:28Très réel.
- 26:28Et même,
- 26:30C'est vraiment quelque chose qu'il faut reproduire à tous les niveaux.
- 26:33Aujourd'hui,
- 26:34quand tu viens dans nos boutiques,
- 26:35tu trouves des gens joyeux en train de se chamailler,
- 26:38etc.
- 26:38Donc très vite,
- 26:39les gens sont très à l'aise.
- 26:40Ils reviennent facilement,
- 26:41ils retiennent les noms des gens.
- 26:43Je me souviens qu'il y a une de mes commerciales qui partait en janvier.
- 26:46Et ça m'a beaucoup touchée parce qu'il y a une cliente qui est venue juste pour lui dire au revoir,
- 26:50qui est partie en larmes,
- 26:51qui lui a ramené des talous.
- 26:52Tu vois ce que je veux dire ?
- 26:53Et donc c'est vraiment quelque chose,
- 26:55c'est au-delà de ma personne.
- 26:57C'est tout le groupe,
- 26:58c'est toute l'équipe plus ou moins qui adopte cette façon de faire.
- 27:03On partage de l'humain,
- 27:04on partage des bons moments,
- 27:05on crée des souvenirs.
- 27:06On ne veut pas que juste vous vendre des vêtements et vous décevoir ou vous faire plaisir.
- 27:13Très bien.
- 27:13Mais écoute,
- 27:14c'est très intéressant en fait,
- 27:18cette authenticité,
- 27:20cette réalité des rapports.
- 27:21Et je pense que c'est intéressant aussi que tu expliques comment ça se passe en boutique.
- 27:25puisque...
- 27:26J'imagine qu'aujourd'hui,
- 27:29la marque existe à la fois sur les réseaux sociaux,
- 27:31donc en ligne,
- 27:33et également à travers des boutiques.
- 27:35Comment ça se répartit aujourd'hui ton business ?
- 27:41Alors,
- 27:41jusqu'en 2019,
- 27:42on n'a rien vu de boutique,
- 27:44donc Brick & Mortar,
- 27:45on était juste en ligne,
- 27:46on vendait sur les réseaux sociaux et sur certaines plateformes de vente.
- 27:50On a fait le choix de ne pas avoir un site internet parce que jusqu'à présent c'était des problèmes de production énorme et surtout l'approvisionnement en matière première est très compliqué.
- 28:01D'un arrivage à l'autre,
- 28:02on a des coloris complètement différents de tissus et pourtant c'est le même l'infoniseur.
- 28:06Donc,
- 28:06c'est dire à quel point c'est galère.
- 28:08Parce que tant que tu ne travailles pas directement avec une usine,
- 28:10c'est vraiment très difficile de standardiser ton approvisionnement,
- 28:15en tout cas,
- 28:15au moins en matière première.
- 28:17Donc,
- 28:19en 2019,
- 28:19on a ouvert notre première boutique que j'ai construite chez mes parents.
- 28:22Donc,
- 28:23c'était le garage qu'on a transformé.
- 28:26Elle était toute mignonne.
- 28:27C'est ce qui est devenu le concept store en Bayeum aujourd'hui.
- 28:29Donc,
- 28:29c'est chez ma mère.
- 28:32ensuite on en a ouvert d'autres,
- 28:35on a ouvert un peu plus loin vers C4 Liberté et maintenant au point E donc là finalement on a fermé toutes les boutiques à Dakar,
- 28:42on a gardé que celle du point E parce qu'elle est énorme,
- 28:45c'est un très grand showroom sur 160 et quelques mètres carrés et donc à partir de boutiques là on a celle d'Abidjan,
- 28:51donc Abidjan aussi on était vraiment sur des représentations jusque là des concept stores,
- 28:56on a ouvert une boutique collaborative,
- 28:57donc un business qu'on a monté avec
- 29:0012 autres femmes entrepreneurs Voilà.
- 29:02On vient de s'en retirer parce que malheureusement,
- 29:04ça ne marchait pas très fort.
- 29:07Mais ça ne marchait pas fort pour nous parce que c'est peut-être la zone qui n'arrange pas notre clientèle.
- 29:12Mais les autres concept stores,
- 29:13ça allait plus ou moins.
- 29:14Donc,
- 29:15comme on a une très,
- 29:15très bonne clientèle à Abidjan,
- 29:16on a décidé d'ouvrir pour deux mois là-bas.
- 29:18Donc,
- 29:19on vient d'ouvrir il y a quelques mois.
- 29:22Deux ou trois ?
- 29:23Deux mois.
- 29:25Il y a deux mois,
- 29:26excuse-moi.
- 29:26Et ouais,
- 29:29donc à part ça,
- 29:30on est sur le point de...
- 29:31enfin à lancer notre site internet parce qu'on a plus ou moins réussi à traquer le problème de la production.
- 29:36Donc,
- 29:38ça fait deux boutiques qui sont à nous.
- 29:40Le site internet pour bientôt,
- 29:42en attendant,
- 29:42on va encore sur Anka,
- 29:43AfriCrea,
- 29:44tout ça.
- 29:45Et à part ça,
- 29:46beaucoup de représentations.
- 29:47Je pense qu'on est dans dix pays différents au total.
- 29:50Donc,
- 29:51tous les huit autres pays,
- 29:52à part le Sénégal et la Côte d'Ivoire,
- 29:53c'est des représentations.
- 29:54C'est des concept stores qui nous représentent.
- 29:56Il y en a qui font du dépôt-vente,
- 29:58il y en a qui font de l'achat en gros.
- 30:00Donc,
- 30:00on offre les deux solutions à nos partenaires.
- 30:03Et on est sur le point d'ailleurs d'avoir,
- 30:06si tout va bien,
- 30:07d'ici l'année prochaine,
- 30:07une représentation à Paris,
- 30:09un partenariat intéressant,
- 30:10Inch'Allah.
- 30:11Bon,
- 30:11pour le moment,
- 30:12c'est ça qu'on fait.
- 30:13À part ça,
- 30:14on fait beaucoup de tournées commerciales.
- 30:17Donc,
- 30:17c'est des pop-up dans plusieurs villes,
- 30:19successivement,
- 30:20généralement.
- 30:21Bon,
- 30:21cette année...
- 30:23Malheureusement,
- 30:24on fait beaucoup moins de villes que les autres.
- 30:26On pourrait faire beaucoup moins de villes que les autres pour des raisons qui me sont un peu personnelles.
- 30:32Mais l'année prochaine,
- 30:33on a espoir qu'on fera beaucoup plus de villes.
- 30:36À date,
- 30:36on a déjà fait Montréal,
- 30:38les États-Unis,
- 30:39la France plusieurs fois.
- 30:40D'ailleurs,
- 30:41on revient bientôt ce week-end.
- 30:43Il y a bien sûr plein de pays d'Afrique.
- 30:47Gabon,
- 30:48Côte d'Ivoire,
- 30:49Niger,
- 30:50Mali,
- 30:51Guinée.
- 30:54plein de pays,
- 30:54Burkina,
- 30:55etc.
- 30:58Merci d'avoir bien expliqué ta stratégie de distribution et d'avoir bien expliqué aussi pourquoi tu as fait le choix de ne pas avoir de site internet parce que parfois,
- 31:10quand on a un regard extérieur,
- 31:11on peut penser que c'est par manque de réussite ou c'est par manque,
- 31:16par difficulté.
- 31:17Là,
- 31:17c'est vraiment un choix stratégique qui est lié à la production.
- 31:21et qui est finalement les canaux de distribution que vous avez choisi de développer sont ceux qui correspondent en fait au développement de votre activité et qui sont pertinents pour vous.
- 31:32Et donc ça c'est assez intéressant de pouvoir visualiser ça.
- 31:37Aujourd'hui tu parles de pop-up régulier du coup en dehors du continent et tu parles aussi de concept store dans lequel la marque est implantée en dehors du Sénégal.
- 31:47En termes de répartition,
- 31:49est-ce que tu peux donner un pourcentage de ce qui est vendu en Afrique et de ce qui est vendu en dehors ?
- 31:56Je ne pourrais pas dire en Afrique,
- 31:59c'est ça le problème.
- 31:59Je peux dire par exemple que la France,
- 32:01c'est environ 20%
- 32:02de notre chiffre d'affaires,
- 32:04donc raison pour laquelle chaque année on y va,
- 32:06et on essaie d'ailleurs d'y aller désormais deux fois par année.
- 32:10Après la France,
- 32:11c'est la Côte d'Ivoire,
- 32:12le deuxième pays où on vend le plus.
- 32:14Donc je n'ai pas forcément fait une séparation Afrique et l'Ouest du monde.
- 32:18Après la Côte d'Ivoire,
- 32:18c'est le Canada.
- 32:21Après le Canada,
- 32:22je pense que c'est le
- 32:23Burkina puis le Mali.
- 32:25Donc,
- 32:26les États-Unis d'abord,
- 32:27puis le Burkina puis le Mali.
- 32:28Donc,
- 32:30c'est vraiment par pays,
- 32:31plus ou moins,
- 32:32que je peux savoir ici ça marche mieux et là-bas ça marche mieux.
- 32:35Après,
- 32:35bien sûr,
- 32:36tout ce qui est vente à l'étranger,
- 32:38c'est plus pendant les pop-ups et sinon à distance,
- 32:41donc sur les réseaux sociaux.
- 32:44Et tout ce qui est Dakar.
- 32:45Après,
- 32:46même nos appréciations de Dakar,
- 32:47elles sont...
- 32:49Plus ou moins mitigé,
- 32:51parce qu'on a beaucoup de gens qui achètent à Dakar,
- 32:53se le font envoyer à l'étranger,
- 32:56ou bien qui achètent à Dakar quand ils sont de passage à Dakar.
- 32:58Donc la destination finale de l'achat n'est pas à Dakar.
- 33:02Donc raison pour laquelle notre clientèle n'est principalement pas à Dakar.
- 33:07Mais c'est une clientèle qui passe beaucoup à Dakar.
- 33:09On peut dire ça comme ça,
- 33:10ou bien qu'il y a des liens avec Dakar.
- 33:13Très bien,
- 33:13super intéressant.
- 33:14En tout cas,
- 33:15merci pour ce point du compar.
- 33:16Ça permet de bien comprendre que c'est une marque internationale qui est achetée.
- 33:21Et toi,
- 33:21tu dirais qu'au niveau de la clientèle,
- 33:25ce sont des gens qui sont issus de la diaspora et c'est aussi des personnes qui ne sont pas forcément issues de la diaspora.
- 33:29Il y a les deux par rapport à la clientèle qui est en France,
- 33:32par exemple ?
- 33:33Oui,
- 33:33il y a les deux.
- 33:35Principalement,
- 33:36c'est des afro-descendants,
- 33:37ça faut le dire,
- 33:38et principalement francophones.
- 33:40on commence à timidement
- 33:42Avoir des clients anglophones,
- 33:44surtout en Amérique,
- 33:46des Noirs américains,
- 33:47des Afro-musulmans aussi surtout.
- 33:51Mais oui,
- 33:51je dirais que principalement,
- 33:52ce sont des Afro-descendants.
- 33:54Donc,
- 33:56on a aussi pas mal de clients dans les îles,
- 33:59donc anti tout ça.
- 34:00Et ça,
- 34:01c'était dû à des partenariats avec des séries comme Matrice d'un homme marié,
- 34:04etc.
- 34:05et qui font qu'une fois que tu as...
- 34:07Allez,
- 34:075-6 clientes dans ces pays-là,
- 34:09elles vont porter des tenues que d'autres vont voir et puis ça te ramène une autre clientèle.
- 34:14Mais sinon,
- 34:15dans les pays lointains,
- 34:16par exemple,
- 34:16où on vend généralement,
- 34:18c'est parce que c'est des gens de la diaspora qui sont allés.
- 34:22Par exemple,
- 34:23quand on en voit en Australie,
- 34:24ce n'est pas des Australiennes,
- 34:25c'est des Sénégalaises qui vivent là-bas.
- 34:28Donc,
- 34:29je pense que principalement,
- 34:31c'est plus des afrodescendants.
- 34:33Mais ça commence à changer petit à petit.
- 34:36Très bien.
- 34:37Et là,
- 34:38je vais revenir sur la question que je voulais te poser tout à l'heure et que j'ai décidé de poser en deux temps.
- 34:44Et finalement,
- 34:45je suis partie sur autre chose.
- 34:46C'est quand,
- 34:47à un moment donné,
- 34:49tu as bien identifié les critères qui font la spécificité de ta marque et qui font,
- 34:54quelque part,
- 34:54sa singularité,
- 34:55qui font que les clients vont venir et revenir.
- 35:00Donc,
- 35:00il y a cette partie créative.
- 35:01Après,
- 35:01il y a aussi une partie business qui est chiffre d'affaires,
- 35:05marge.
- 35:06Donc toi,
- 35:06comment est-ce que tu as déterminé en fait un peu les indicateurs de référence pour t'assurer que ça y est,
- 35:13là je peux y aller,
- 35:14je peux lâcher mon job day to day et comment tu as pu un peu identifier que non,
- 35:20là vraiment,
- 35:20quand je regarde ces chiffres-là,
- 35:22il y a du potentiel,
- 35:23donc je peux y aller en fait.
- 35:25Qu'est-ce qui t'a vraiment rassurée en termes de chiffres ?
- 35:29Franchement,
- 35:30je me souviens que le déclic que je l'ai eu,
- 35:33c'était à la Tabaski.
- 35:35que la campagne qu'on avait faite pour la tabaski en 2017.
- 35:40Donc,
- 35:40j'étais au ministère.
- 35:42Je pense que j'ai quitté le ministère en 2018.
- 35:45Et cette campagne-là,
- 35:46en fait,
- 35:46la première fois que j'ai tenu tout l'argent entre mes mains,
- 35:48j'ai dit « Quoi ? »
- 35:51Tout ça en un mois.
- 35:53Donc,
- 35:53c'était vraiment…
- 35:55Je n'avais jamais tenu de pareil somme entre mes mains.
- 35:58Ce n'était pas…
- 35:58Au regard de ce qu'on fait aujourd'hui,
- 36:00Alhamdoulilah,
- 36:00ce n'était pas énorme.
- 36:03C'est vraiment la première fois que je me suis dit qu'il y a du potentiel.
- 36:08Je dirais que l'indicateur qui m'a vraiment rassurée,
- 36:11c'est le fait qu'on a refusé plus de commandes que ce qu'on a pris.
- 36:15C'est-à-dire que je pouvais faire beaucoup plus d'argent,
- 36:17mais que je n'avais juste pas la capacité de production pour faire plus d'argent.
- 36:21À ce moment-là,
- 36:22j'ai su qu'il suffirait que je consacre plus de temps à ça.
- 36:26que j'ai une meilleure organisation,
- 36:28que j'ai un atelier qui m'est propre,
- 36:30parce que jusque-là,
- 36:30on faisait de la sous-traitance,
- 36:31et en 2019,
- 36:32on a ouvert notre atelier,
- 36:34histoire de pouvoir maîtriser la production et je peux faire beaucoup plus d'argent.
- 36:38Donc je pense que c'était des indicateurs quand même assez clairs.
- 36:41Quand tu sais que tu peux,
- 36:42que les gens étaient là après à acheter avec toi l'argent,
- 36:45et c'est juste que c'est toi qui ne pouvais pas prendre,
- 36:46et tu as dit non parce que tu sais que tu ne peux pas et que tu ne voulais pas décevoir des gens,
- 36:50ça,
- 36:50c'était quand même un indicateur assez fort.
- 36:52C'est à partir de là qu'on sait que je me suis dit,
- 36:54bon,
- 36:54ça n'a pas de sens de continuer.
- 36:57Très bien.
- 36:58Écoute,
- 36:59je suis ravie de ne pas avoir oublié cette question parce que ta réponse,
- 37:02elle est excellente d'un point de vue très sharp,
- 37:05en fait,
- 37:05très businesswoman et en même temps très créative.
- 37:08Donc,
- 37:08je pense que c'est important d'avoir…
- 37:09Ce n'est pas toujours évident pour des profils qui lancent des marques de mode d'avoir le côté business,
- 37:15indicateur,
- 37:18avec lequel on est à l'aise.
- 37:19Et en même temps,
- 37:20la partie créative ADN de marque,
- 37:22storytelling qu'on maîtrise aussi.
- 37:24Souvent,
- 37:24il y en a qui...
- 37:25maîtrise d'un côté et pas forcément l'autre.
- 37:28Je dis,
- 37:28il faut demander de l'aide.
- 37:29Moi,
- 37:29je pense que j'étais...
- 37:30Les chiffres,
- 37:31c'était vraiment mon point faible,
- 37:33plus ou moins.
- 37:35Je n'étais pas chiffre du tout,
- 37:36mais je me suis bien entourée.
- 37:38Bon,
- 37:38déjà,
- 37:38j'ai beaucoup d'amis qui sont dans la finance autour de moi et qui,
- 37:41vraiment,
- 37:42se sont beaucoup impliqués dans ce que je faisais,
- 37:44qui me donnaient des conseils tout le temps.
- 37:45J'en ai un jusqu'à présent.
- 37:47Je lui dis,
- 37:47toi,
- 37:47tu es notre financier sans être payé,
- 37:49ça peut être bizarre.
- 37:50Mais on le fatigue pour tout,
- 37:52mais vraiment pour tout.
- 37:54Et bien sûr,
- 37:54après,
- 37:55on a recruté les personnes qu'il fallait.
- 37:57Parce qu'il faut savoir aussi qu'on ne peut jamais être spécialiste en tout.
- 38:00Je pense que c'est toujours important de s'entourer de personnes qui savent mieux faire que toi ce dont tu as besoin.
- 38:06Aujourd'hui,
- 38:06clairement,
- 38:07je ne suis pas la meilleure financière,
- 38:08je ne suis pas la meilleure comptable,
- 38:09je ne suis pas la meilleure...
- 38:11Même en marketing,
- 38:12c'est juste qu'à Tram de Lille,
- 38:13sur ça,
- 38:14j'ai un peu,
- 38:16on va dire,
- 38:16de l'expérience acquise sur le taille,
- 38:19sur les années.
- 38:21Mais si aujourd'hui je trouve quelqu'un où j'avais recruté,
- 38:26quelqu'un en marketing,
- 38:27mais je n'étais pas très contente.
- 38:31On va dire que je faisais encore beaucoup de choses,
- 38:33donc ça ne me déchargeait pas assez.
- 38:35Mais là,
- 38:36par exemple,
- 38:36on a pris une stratégie,
- 38:37donc une consultante en marketing.
- 38:39Parce que je sais qu'il y a des gens qui savent mieux faire ces choses que moi.
- 38:41Donc c'est important aussi de reconnaître dans quoi est-ce que vous pouvez trouver quelqu'un qui sait mieux faire que vous et recruter.
- 38:48Par exemple,
- 38:48la collection de la Corité,
- 38:49c'est quelqu'un d'autre que moi qui l'a designée.
- 38:51C'était le gagnant du concours que Tata Koleso Ardo a organisé l'année dernière.
- 38:55J'ai adoré ses créations et du coup,
- 38:57on a travaillé avec lui comme directeur artistique et j'ai vraiment beaucoup aimé l'expérience.
- 39:01Donc,
- 39:01je pense que c'est aussi important de ne pas vouloir tout faire tout seul et de trouver de l'aide,
- 39:06en tout cas quand on peut se le payer,
- 39:08quand on peut se le permettre de trouver de l'aide pour certains aspects du business.
- 39:12Il y a trop de choses à faire,
- 39:14c'est trop.
- 39:16C'est ça !
- 39:17Les gens qui rêvent de faire de la mode,
- 39:18sachez-le,
- 39:19il y a trop de choses à faire.
- 39:21Non,
- 39:21c'est trop.
- 39:23Non,
- 39:23non,
- 39:23ça a l'air comme ça.
- 39:25En fait,
- 39:25ça n'a pas l'air d'être aussi compliqué,
- 39:27mais c'est l'un des business qui nécessite le plus de compétences différentes.
- 39:31Donc,
- 39:32évoquer un petit peu ton équipe.
- 39:35Est-ce que tu peux nous parler un petit peu d'aujourd'hui ?
- 39:38Comment est structurée ton activité ?
- 39:40Et quelles sont les différentes personnes qui travaillent avec toi ?
- 39:45Alors jusqu'en 2018,
- 39:46j'étais seule,
- 39:47je faisais de la sous-traitance,
- 39:48donc c'était moi et des tailleurs que sous-traitaient,
- 39:50mais qui étaient des entrepreneurs,
- 39:52qui travaillaient à leur propre compte.
- 39:53En 2018,
- 39:55j'ai eu ma première assistante.
- 39:57En 2019,
- 39:58j'ai recruté deux tailleurs,
- 40:00deux vendeuses,
- 40:01parce qu'on a ouvert.
- 40:02Les deux vendeuses,
- 40:02l'une étant ma soeur et l'autre ma cousine.
- 40:05Et en
- 40:062020, ça a explosé.
- 40:08Donc aujourd'hui,
- 40:09on est à 30 employés,
- 40:11les 17 sont dans la production.
- 40:14Donc,
- 40:14quand je dis dans la production,
- 40:15c'est tailleur,
- 40:17finition,
- 40:18qualité.
- 40:21Quand je dis tailleur,
- 40:21il y a coupe,
- 40:22il y a couture,
- 40:22bien sûr.
- 40:24Maître d'atelier,
- 40:26assistante de production,
- 40:27etc.,
- 40:29chargée d'approvisionnement.
- 40:31Et le reste,
- 40:33elles sont plus dans des fonctions support.
- 40:35Il y a les commerciaux,
- 40:36qui sont quatre,
- 40:36je pense,
- 40:37au total.
- 40:38Et puis,
- 40:38il y a les fonctions support.
- 40:39Donc,
- 40:40Abhi qui est maintenant manager.
- 40:42J'ai une manager depuis janvier.
- 40:43Je ne suis plus
- 40:45CEO de SofaTour parce que j'ai décidé de lever le pied un peu.
- 40:51Alors,
- 40:51directrice commerciale,
- 40:54directrice des opérations.
- 40:56Il y a quoi d'autre ?
- 40:57Comptable,
- 40:58bien sûr.
- 40:59Après,
- 40:59il y a un cabinet comptable en externe.
- 41:01Donc,
- 41:01la comptable,
- 41:02elle fait vraiment plus des opérations de caisse,
- 41:04etc.
- 41:05On a quoi d'autre ?
- 41:06Marketing,
- 41:06on a une personne qui est Abhi Jean.
- 41:08Je me suis vraiment beaucoup déchargée.
- 41:10Ça fait que c'est quand même une masse salariale assez conséquente,
- 41:13par contre.
- 41:15Et ça,
- 41:16c'est pas très plaisant à la fin du mois,
- 41:18j'avoue.
- 41:21Mais ça m'a beaucoup déchargée.
- 41:22Ça m'a permis d'avoir du temps pour moi,
- 41:24de me concentrer sur moi-même aussi et de consacrer plus de temps à ma famille et à quelque chose aussi qui me tenait beaucoup à cœur,
- 41:32c'était de reprendre mes études de Coran.
- 41:34Donc les matinées,
- 41:36c'est ce que je fais.
- 41:36Puis les soirées,
- 41:37je vais voir ce qui se passe un peu.
- 41:39Plus du côté de l'atelier par contre,
- 41:41je ne suis presque jamais en boutique maintenant.
- 41:44C'est à quoi je vais essayer de remédier un peu quand même.
- 41:48Mais oui,
- 41:48voilà.
- 41:49Aujourd'hui,
- 41:50c'est une très grande famille,
- 41:52hamdoulilah.
- 41:54Et pour moi,
- 41:54c'est ça ma plus grande fierté,
- 41:56c'est le fait de savoir que je contribue à l'économie,
- 41:58qu'on a pu créer des emplois,
- 42:00que tant bien que mal,
- 42:01on continue de payer,
- 42:02même quand il y a eu la crise récemment à cause de la situation politique.
- 42:08Et que oui,
- 42:09pour moi,
- 42:10c'est le plus grand achievement,
- 42:11plus ou moins de Sofatou,
- 42:12c'est qu'on est vraiment contribuables et contributeurs.
- 42:21Très bien,
- 42:22bravo,
- 42:23je n'ai pas d'autres mots.
- 42:26Réussir le développement d'une marque,
- 42:28c'est un challenge qui est énorme.
- 42:32Réussir à le faire,
- 42:33en plus,
- 42:34dans les conditions qu'on peut connaître au Sénégal sur ces dernières années,
- 42:37c'est un challenge encore plus difficile à relever.
- 42:41Et il y a des entrepreneurs qui,
- 42:43parfois,
- 42:43ont du mal à passer ce cap de la délégation et de vraiment à un moment donné se dire « Oh ! »
- 42:50le business va continuer à évoluer,
- 42:52va se développer.
- 42:53Et toi,
- 42:53tu vas avoir du temps pour aller réfléchir à comment le déployer davantage finalement.
- 42:59Et normalement,
- 43:00ça contribue à faire que tu peux aller encore plus loin en fait.
- 43:04Oui,
- 43:04et comment faire autre chose.
- 43:05Parce que c'est ça aussi le but,
- 43:07c'est qu'une fois qu'on a quelque chose qui marche et qui peut encore marcher mieux,
- 43:11c'est clair,
- 43:11c'est évident.
- 43:13Mais c'est aussi qu'il est important de diversifier ses sources de revenus.
- 43:17Aujourd'hui,
- 43:18que Dieu m'en préserve,
- 43:19si ce n'est pas tout ne marche plus du tout,
- 43:20il faudrait que j'ai autre chose qui puisse me permettre de continuer à vivre.
- 43:24Donc,
- 43:24je pense qu'à un certain stade,
- 43:26c'est important de lever un peu la tête,
- 43:29de la sortir un peu hors de l'eau et de regarder vers d'autres horizons.
- 43:35Très bien.
- 43:36Alors,
- 43:36je sais que tu travailles beaucoup avec
- 43:40Hélène Dabat.
- 43:41La fondatrice de la marque,
- 43:43enfin l'une,
- 43:44la cofondatrice de la marque Sisters of Africa,
- 43:46qu'elle a fondée avec sa sœur Josiane.
- 43:49Du coup,
- 43:49j'aurais aimé que tu nous parles un petit peu de ce côté collaboration avec une autre patronne de marque de mode.
- 43:58Parce que parfois,
- 43:59on peut se dire qu'on est en concurrence,
- 44:01donc on ne va pas forcément s'allier pour ouvrir des boutiques ou pour faire des pop-up stores ensemble.
- 44:07On pourrait avoir un peu un sentiment comme ça où...
- 44:11En tout cas,
- 44:11en stratégie,
- 44:13il n'y en a pas beaucoup qui travaillent comme ça.
- 44:15C'est vrai.
- 44:16Et je pense qu'on a plus ou moins changé l'industrie.
- 44:19Quand je dis on,
- 44:20c'est vraiment notre génération.
- 44:22Moi,
- 44:22j'ai toujours aimé travailler en groupe.
- 44:25Et ça,
- 44:25c'est depuis que je suis vraiment toute jeune.
- 44:27J'étais vraiment à l'école,
- 44:29la copine qui mettait plusieurs groupes d'amis ensemble,
- 44:32qui faisait des méga sorties avec 30 personnes,
- 44:34etc.
- 44:35Parce que j'aime avoir du monde autour de moi.
- 44:37Je trouve que,
- 44:38comme on dit,
- 44:38plus on est de fous,
- 44:39mieux on s'amuse.
- 44:41Et Hélène,
- 44:42je l'ai rencontrée parce qu'on était dans le même concept store à Dakar.
- 44:46C'est le premier concept store où j'ai été d'ailleurs,
- 44:48qui à l'époque était l'Olympic Club.
- 44:50Et du coup,
- 44:50quand elle faisait un événement,
- 44:51elle m'a invitée.
- 44:52Ensuite,
- 44:53je faisais un événement,
- 44:54je l'ai invitée.
- 44:54Ensuite,
- 44:55on a fait quelques fashion week ensemble.
- 44:56Et comme ça,
- 44:58à force de se revoir,
- 44:59on est vraiment devenues très bonnes copines.
- 45:01Pas que elle d'ailleurs,
- 45:02Alia Baré aussi,
- 45:03Bobo Weissag,
- 45:03etc.
- 45:05Et du coup,
- 45:08on a commencé à former un bon groupe,
- 45:10à travailler ensemble.
- 45:11Et voilà,
- 45:12Hélène,
- 45:13c'est celle qui me ressemble le plus de toutes ces personnes que j'ai rencontrées parce qu'elle est comme moi,
- 45:16elle ne dit jamais non.
- 45:17Chaque fois que tu as une idée folle,
- 45:19c'est la première qui va te dire « Ok,
- 45:20on y va » .
- 45:23Et donc comme ça,
- 45:24on était sur un projet où on voulait ouvrir une boutique ensemble avec beaucoup d'autres personnes.
- 45:31Mais malheureusement,
- 45:31ça tardait,
- 45:32ça tardait à chaque fois.
- 45:34Et donc,
- 45:35j'ai eu une opportunité d'une boutique que j'ai vue en premier lieu.
- 45:38C'est Anton Amadoujaou d'ailleurs de Saint-Louis,
- 45:41de ISM,
- 45:42qui m'avait dit qu'il avait une boutique à Saint-Louis,
- 45:44un espace,
- 45:45il voulait en faire un concept store et il voulait que ce soit moi qui gère ça.
- 45:48Et du coup,
- 45:49j'ai dit à Ellen,
- 45:49viens m'aider parce que moi,
- 45:50je n'ai pas encore de boutique,
- 45:51je ne sais pas comment ça marche.
- 45:53Donc,
- 45:53c'est le premier concept store qu'on a lancé qui s'appelait Arte,
- 45:56qui était à Saint-Louis.
- 45:56On allait régulièrement à Saint-Louis pour approvisionner,
- 45:59pour s'occuper de la boutique,
- 45:59etc.
- 46:01bon après malheureusement à cause de la distance du chemin chaotique,
- 46:04tout ça on a dû arrêter et donc après qu'on a vu une opportunité à Dakar je me suis dit écoute viens on recrée le concept store donc comme ça on a fondé Arca et voilà donc depuis on traîne partout on a roulé notre bus partout Arca c'était vraiment une aventure incroyable on
- 46:22a ouvert je pense en décembre 2020 c'était en plein Covid mais ça marchait de fou vraiment toutes les marques voulaient être chez nous Merci.
- 46:30Donc,
- 46:30ça a marché vraiment très bien parce qu'aussi,
- 46:33on a mis beaucoup dessus.
- 46:35On a vraiment misé sur l'endroit,
- 46:37sur le marketing et tout ça autour.
- 46:41Et comme ça a marché bien,
- 46:42six mois après,
- 46:43au mois de juillet,
- 46:44on nous a proposé le local du Novotel et on a dit oui,
- 46:47on y va.
- 46:49Et donc après,
- 46:50les charges ont explosé,
- 46:51comment on s'est cassé la figure.
- 46:55Et c'était chaud.
- 46:55Hélène n'aime même pas que j'en parle,
- 46:57mais moi,
- 46:58ça me fait rire.
- 46:59C'est important de dire qu'il n'y a pas que de bonnes expériences.
- 47:02Des fois,
- 47:03c'est des...
- 47:04Waouh,
- 47:04c'est des...
- 47:06C'est des erreurs monumentales qu'on fait en tant que business owner.
- 47:08Malheureusement,
- 47:10Artane n'est pas encore assez solide pour pouvoir gérer deux boutiques.
- 47:13Et bien sûr,
- 47:13à partir de là,
- 47:14on a commencé à devoir cotiser tous les mois.
- 47:17Il y a des mois où on mettait presque 1500 euros chacune pour la boutique chaîne.
- 47:22C'était énorme.
- 47:23C'était essoufflant et rien de temps.
- 47:25Et finalement,
- 47:26on a fini par fermer la deuxième boutique.
- 47:27Mais la boutique du Nouveau-Tel existe toujours.
- 47:29On a gardé celle qui avait le moins de charges.
- 47:31C'était celle du Nouveau-Tel.
- 47:33Et là,
- 47:34on réfléchit même à faire autre chose encore.
- 47:36Donc,
- 47:37c'est ma copine folle.
- 47:38Donc,
- 47:39chaque fois,
- 47:40c'est vraiment la minute qu'elle vient me dire.
- 47:43Fatima,
- 47:44je fais ça.
- 47:44Par exemple,
- 47:44tu vois,
- 47:44la vente de Paris,
- 47:45nous,
- 47:45on avait une autre date pour Paris.
- 47:46On devait faire le 1er juin à Paris,
- 47:49avec Imara.
- 47:50Mais c'est pas qu'avec Hélène que je suis comme ça.
- 47:52C'est avec Imara,
- 47:53les deux candidatrices de Imara Jewelry,
- 47:55qui est une marque de bijoux.
- 47:57Et donc,
- 47:57on devait faire le 1er juin.
- 47:58Après,
- 47:59Imara et moi,
- 47:59on dit,
- 47:59finalement,
- 48:00elles sont plus sûres de venir le 1er juin.
- 48:02Et moi,
- 48:02étant donné que là,
- 48:04j'étais pas sûre aussi de pouvoir être sur place,
- 48:06j'ai dit,
- 48:07bon,
- 48:07je suis avec Hélène,
- 48:07c'est plus sûr.
- 48:08Au moins,
- 48:08si on me voit pas,
- 48:09on voit Hélène,
- 48:09c'est la même chose.
- 48:10Donc,
- 48:11comme ça,
- 48:11on a décidé sur un coup de...
- 48:12de tête de partir pour le 11 et 12 mai avec elle.
- 48:15Et c'est tout le temps comme ça.
- 48:16Le neveu,
- 48:17elle se fait sur un coup de tête.
- 48:18Elle m'a dit,
- 48:18pourquoi tu as peur ?
- 48:19On n'a qu'à apprendre.
- 48:20Le loyer est abordable,
- 48:21peut-être que ça va marcher.
- 48:22On a appris.
- 48:23Donc c'est toujours des coups de tête avec elle.
- 48:25C'est beaucoup de moments de folie,
- 48:26c'est pas beaucoup de prises de tête.
- 48:27Vraiment,
- 48:28c'est quelqu'un de très simple,
- 48:29quelqu'un d'agréable,
- 48:31quelqu'un de généreux surtout.
- 48:33Et quelqu'un aussi de très spirituel.
- 48:35On n'est pas de la même religion.
- 48:38Elle est catholique,
- 48:38je suis musulmane,
- 48:39mais je pense que c'est un point qu'on a encore.
- 48:42commun aussi,
- 48:42c'est qu'elle est vraiment très très...
- 48:45Sa religion,
- 48:46en tout cas,
- 48:46a une grande importance dans sa vie.
- 48:48Et du coup,
- 48:48on est alignés vraiment,
- 48:49on a beaucoup de valeurs qu'on partage et ça,
- 48:52ça a vraiment facilité notre collaboration.
- 48:56Très bien,
- 48:57super.
- 48:57Ben écoute,
- 48:58je te remercie de partager ça parce que c'est vraiment très intéressant de parler de...
- 49:05collaboration qui fonctionne malgré la difficulté c'est à dire que le fait d'avoir eu un coup dur ça vous a pas empêché de continuer à travailler ensemble et vous restez des partenaires et c'est vrai que quand on voit Sofa2 quelque part on cherche Six Sorts of Africa,
- 49:20quand on voit Six Sorts of Africa on cherche Sofa2 on se dit bon d'une manière ou d'une autre elles doivent être à côté en fait donc
- 49:29C'est assez beau de voir ce genre de partenariat qui profite aux deux marques.
- 49:37C'est vrai.
- 49:38Et surtout,
- 49:40au-delà de la relation de partenariat,
- 49:43c'est une très belle relation humaine.
- 49:45Je connais toute sa famille,
- 49:46elle connaît toute ma famille.
- 49:49On a fait des voyages où ce n'était pas forcément juste pour chercher de l'argent.
- 49:53Après nos voyages,
- 49:53on prend toujours du temps pour rester,
- 49:55traîner,
- 49:56rigoler.
- 49:57Et puis voilà.
- 49:58C'est quelqu'un avec qui je peux parler pendant des heures et où on ne va pas parler que business et où chacune va remettre l'autre sur les rails.
- 50:04Et je pense que c'est important,
- 50:06quand tu es dans ce milieu,
- 50:07surtout en particulier,
- 50:08qui est un milieu vraiment très,
- 50:09très compliqué,
- 50:10qui peut être très complexe par moments,
- 50:11très toxique aussi des fois,
- 50:13d'avoir ces personnes-là qui peuvent te ground,
- 50:17qui peuvent plus ou moins te faire garder les pieds sur terre.
- 50:22et te rappeler l'essentiel.
- 50:23Des fois,
- 50:23c'est moi,
- 50:23des fois,
- 50:24c'est elle.
- 50:24Il y en a une toujours qui va divaguer et l'autre qui va dire,
- 50:27hey,
- 50:27ce n'est pas ça l'essentiel.
- 50:30Mais je pense que c'est important d'avoir quelqu'un avec qui on partage nos challenges et avec qui on a cette liberté vraiment de parler à bâton rempli de tout et de tout le monde.
- 50:40Bon,
- 50:40de tout le monde,
- 50:40pas des gens,
- 50:41pardon.
- 50:42Mais de tout et de...
- 50:44Voilà.
- 50:45À n'importe quel moment.
- 50:46Et qui,
- 50:47on sait,
- 50:48va nous donner un bon conseil,
- 50:50un conseil qui nous sera utile.
- 50:53Donc là,
- 50:53en fait,
- 50:55le pop-up parisien arrive à grands pas les 11 et 12 mai prochains.
- 51:00Qu'est-ce qu'on peut attendre de la marque Sofa2 ?
- 51:03Est-ce qu'il y a des nouveautés,
- 51:04nouvelles couleurs,
- 51:05nouveaux produits ?
- 51:06Est-ce que tu peux nous en dire un peu sur ce qu'on va pouvoir découvrir ?
- 51:11Alors je pense qu'on essaie de ramener vraiment beaucoup de nouvelles choses à chaque fois.
- 51:15Il y a toujours nos classiques parce qu'on nous demande toujours nos classiques.
- 51:20Moula,
- 51:20il m'a fait créer,
- 51:21il me dit mais il ne s'appelle pas best-seller pour rien.
- 51:23Mais à chaque fois je dis mais pourquoi c'est la juste que les gens achètent ?
- 51:26Il me dit mais parce que c'est des best-sellers donc ça il y en aurait encore mais dans d'autres coloris.
- 51:31Donc on a ramené des coloris très festifs un peu pour l'été.
- 51:35On a la nouvelle collection de Tabaski qui vient,
- 51:38on a la collection de la Corité,
- 51:39donc de l'Eidelfit repassée où on aura quelques pièces,
- 51:42juste une dizaine,
- 51:43parce qu'elle n'avait pas eu le temps de venir à Paris,
- 51:45mais c'est vraiment très peu de pièces.
- 51:47On a nos imprimés qu'on a faits sur du Tencel,
- 51:51donc c'est un matériau plus ou moins écologique,
- 51:56recyclé,
- 51:57donc vraiment mieux que du polyester,
- 51:59très léger,
- 51:59agréable sur la peau pour l'été.
- 52:01Donc c'est avec l'imprimé SofaTour.
- 52:03On a de nouvelles pièces en chanton.
- 52:06On a quelques nouvelles pièces pour hommes aussi.
- 52:11Très peu pour enfants,
- 52:12malheureusement.
- 52:13On n'a pas eu le temps d'assez produire.
- 52:16Mais principalement ça,
- 52:17des cartes cadeaux,
- 52:18des foulards,
- 52:19des carrés de soie,
- 52:20des choses comme ça.
- 52:21Donc,
- 52:22beaucoup de choses différentes,
- 52:23en tout cas,
- 52:23de ce qui était là-bas en décembre passé.
- 52:26Et on essaie vraiment aussi surtout de donner de différents coloris.
- 52:30Ah,
- 52:30il y a aussi une collection en collaboration avec Aïssa John.
- 52:33Donc c'est un tissu qui a été fait ici,
- 52:35c'est du panne toujours.
- 52:37C'est une réédition de la collection Khamar,
- 52:40donc de l'Aït,
- 52:41mais une réédition post-bureau,
- 52:43donc qu'on peut porter pour aller au travail.
- 52:47C'est des gilets sur une combinaison,
- 52:51un haut,
- 52:51un pantalon,
- 52:52avec un autre gilet par-dessus,
- 52:54etc.
- 52:55Des fièces qui sont adéquates pour le temps qu'il fait actuellement,
- 52:59mais qui seront un peu chaudes quand même pour l'été.
- 53:01pourrait reporter pour l'automne,
- 53:03l'hiver.
- 53:05Et ouais,
- 53:06je pense que c'est tout.
- 53:07Ok,
- 53:07très bien.
- 53:08Écoute,
- 53:08plein de nouveautés,
- 53:09plein de surprises.
- 53:10Donc,
- 53:11raison de plus en fait d'aller à ce pop-up puisqu'il va y avoir toute une partie où c'est les pièces iconiques de la marque et en même temps plein de nouveautés,
- 53:22de nouvelles couleurs,
- 53:22histoire que on puisse découvrir des nouvelles choses.
- 53:26Et surtout à manger,
- 53:26un très bon buffet de bibi gourmet.
- 53:29On a
- 53:30Ça,
- 53:30j'y tenais,
- 53:30en fait.
- 53:31J'ai dit,
- 53:31non,
- 53:31non,
- 53:31non,
- 53:32il faut qu'on gâte les gens,
- 53:32il faut qu'on mange bien.
- 53:33Bon,
- 53:34elle comme moi,
- 53:34on est de grosses mangeuses,
- 53:35donc on aime gâter les gens quand ils viennent.
- 53:37Il faut que les gens mangent bien.
- 53:40Donc,
- 53:40ça va être le plaisir de s'habiller et aussi le plaisir du bien manger.
- 53:46Exactement.
- 53:47Et c'est gratuit.
- 53:48Très bien.
- 53:49Ça fait vraiment bien.
- 53:51Écoute,
- 53:51je pense que c'est l'argument définitif pour aller au pop-up.
- 53:56Donc,
- 53:5611 et 12 mai prochain,
- 53:58c'est le showroom Romeo.
- 54:00En fait,
- 54:00à Paris,
- 54:01métro Saint-Paul,
- 54:02dans le quatrième arrondissement.
- 54:05On arrive en fait à la fin de cette interview,
- 54:07et moi,
- 54:07c'est vrai qu'il y a une question que j'aime bien poser à mes invités.
- 54:12C'est un petit peu une question de conclusion.
- 54:18Voilà,
- 54:18mon idée,
- 54:19c'est que j'aime bien demander aux invités un petit peu si tu devais définir la mode africaine.
- 54:24quelle serait ta définition ?
- 54:26Qu'est-ce que tu penses déjà à l'utilisation de ce terme « mode africaine »
- 54:29et comment est-ce que tu le définirais ?
- 54:34Je pense qu'elle est plurielle,
- 54:37la mode africaine.
- 54:39C'est vraiment beaucoup de réalités qui se regroupent sur ce terme.
- 54:44Et quand je dis qu'elle est plurielle,
- 54:45c'est que ce qu'on voit aujourd'hui avec les marques comme les nôtres...
- 54:50Ce qu'on voit avec des maisons de couture qui datent de plus longtemps,
- 54:53comme les Tata Colesso Ardo qui sont bien établies,
- 54:55Pateo,
- 54:58les grands,
- 55:00Alphadie,
- 55:00etc.
- 55:02Ce que ça désigne aussi comme designer émergent et ce que ça désigne comme tous ces artisans également qui sont des couturiers mais qui sont en même temps des créatifs et qui créent depuis longtemps,
- 55:16qui coupent par main levée,
- 55:17qui ont un savoir extraordinaire.
- 55:19c'est autant d'écosystèmes différents.
- 55:21Je pense que c'est une mode vraiment plurielle,
- 55:23c'est une mode très riche,
- 55:25c'est une mode très créative,
- 55:26surtout en Afrique de l'Ouest.
- 55:27Malheureusement,
- 55:29on n'a pas le talent des gens de l'Afrique de l'Est et de l'Afrique australe,
- 55:35ni l'organisation,
- 55:36ni la même organisation pour porter l'industrie là où elle devrait arriver.
- 55:42Mais c'est une industrie en plein essor,
- 55:44en laquelle j'ai énormément foi.
- 55:47qui a beaucoup à offrir au monde,
- 55:50qui commence à devenir également le centre de toutes les attentions dans le milieu de la mode en général.
- 55:55Parce que je pense que ça reste le dernier terreau fertile,
- 55:59le dernier endroit où il y a encore beaucoup de choses à faire,
- 56:01plus ou moins,
- 56:02parce que tout a été fait ailleurs.
- 56:04Donc oui,
- 56:05je pense que je dirais que c'est une mode plurielle et prometteuse.
- 56:12Très bien,
- 56:13je te remercie pour cette définition.
- 56:16Et puis,
- 56:18je te remercie aussi pour le temps que tu m'as accordé pour cette interview.
- 56:21Ça a été vraiment un plaisir d'échanger avec toi.
- 56:24C'est un plaisir pour moi,
- 56:25vraiment.
- 56:27Je te dis à très bientôt,
- 56:28en Afrique ou ailleurs.
- 56:30Merci d'avoir écouté cet épisode jusqu'au bout.
- 56:32J'espère que cette interview vous a plu.
- 56:34Pour soutenir mon initiative et donner de la portée au message des créateurs du continent,
- 56:38je vous propose trois actions.
- 56:41Abonnez-vous sur Spotify ou Apple.
- 56:44Partagez l'épisode à trois de vos amis.
- 56:46Prenez le temps d'évaluer le podcast et de mettre 5 étoiles.
- 56:51Merci encore et à très vite en Afrique ou ailleurs.