Latest / Le Café du Sport Business / Stéphane Richard prend les rênes de l'OM pour franchir un cap stratégique
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- 0:03Le café du sport business. On parle pas des scores du
- 0:06weekend hein ? Non, on parle des enjeux
- 0:07financiers, du marketing, des médias.
- 0:11Toute l'arrière boutique économique du sport en fait.
- 0:18Bonjour, bienvenue au café du sport business.
- 0:21Aujourd'hui, l'analyse se concentre sur une
- 0:23restructuration majeure, un véritable séisme analytique.
- 0:28Dans la gouvernance de l'Olympique de Marseille.
- 0:30Absolument et c'est un dossier passionnant à décortiquer.
- 0:33Complètement. Le contexte de base est
- 0:35désormais bien établi. En fait, après le départ de
- 0:37Pablo Longoria à la fin du mois de mars, c'est une page purement
- 0:41sportive et très ancrée dans la gestion de terrain qui se
- 0:44tourne. Et de façon définitive.
- 0:46C'est ça, on sort du profil classique du directeur sportif
- 0:49pour aller vers autre chose. Voilà l'air qui s'annonce
- 0:52s'inscrit dans une logique résolument corporative, beaucoup
- 0:55plus institutionnelle et même politique.
- 0:57Franck Mccourt, le propriétaire du club, tient d'ailleurs une
- 1:00conférence de presse extrêmement attendue ce vendredi à 11h00 au
- 1:03Vélodrome. Le but, c'est d'acter
- 1:05officiellement ce tournant structurel.
- 1:07Tout à fait une conférence qui devait être le point d'orgue de
- 1:11sa stratégie de communication. Et pourtant, la dynamique
- 1:14médiatique de cette annonce a été spectaculairement court.
- 1:17Circuitée la nouvelle à fuité, elle s'est vue confirmée par le
- 1:20journal La Provence avant même que l'actionnaire américain ne
- 1:22puisse prendre la parole. C'est un classique du genre en
- 1:24fait. Exactement.
- 1:26L'objectif de cette discussion aujourd'hui, c'est de
- 1:28décortiquer les mécanismes de cette mutation profonde pour un
- 1:31grand club de sport, particulièrement quand on
- 1:33analyse ce passage d'un dirigeant en profil sportif à un
- 1:36profil de très haut niveau, issu des cercles de l'État et des
- 1:38multinationales. Cette transition, elle marque
- 1:41une rupture qui mérite vraiment d'être examinée sous le prisme
- 1:44de l'économie globale, le vide institutionnel qui a été laissé
- 1:48par le départ de la direction précédente à la fin du mois de
- 1:50mars. Et bien ça nécessitait une
- 1:52redéfinition totale du cahier des charges pour la présidence.
- 1:56C'est à dire qu'on ne cherche plus du tout le même type de
- 1:58compétence. Exactement.
- 2:00L'objectif principal de cette conférence de presse matinale ce
- 2:03vendredi au Vélodrome, ce n'est pas simplement D officialiser un
- 2:06nom, c'est surtout de rassurer, rassurer les marchés financiers,
- 2:10rassurer les partenaires locaux et poser les jalons d'une
- 2:13stratégie totalement inédite pour le club phocéen.
- 2:15C'est une évolution de la gouvernance qui est assez
- 2:18fascinante à observer. Complètement.
- 2:20On voit bien que les structures sportives adaptent aujourd'hui
- 2:23leur architecture de pouvoir aux exigences d'un marché
- 2:25mondialisé, un marché qui a des ramifications diplomatiques très
- 2:29complexes. Bon, décortiquons tout.
- 2:30Cela, si on se penche d'abord sur cette fameuse fuite
- 2:34médiatique, on peut vraiment l'analyser sous un angle
- 2:37spécifique de gestion de crise. Pour faire une analogie, c'est
- 2:40l'équivalent d'une démolition contrôlée d'un immense complexe
- 2:43immobilier où quelqu'un d'autre déclencherait le détonateur
- 2:46plusieurs heures avant le moment calculé par les ingénieurs.
- 2:49Ouais, l'image est très juste, le bâtiment s'effondre tout de
- 2:52même. Voilà, le paysage est
- 2:54transformé, exactement comme c'était prévu par les plans de
- 2:56base. Mais l'équipe de communication
- 2:58ne peut plus admirer la beuté de son annonce officielle.
- 3:00Du coup, elle doit gérer la poussière, le bruit, la frénésie
- 3:03ambiante qui s'installe. C'est la gestion de l'imprévu
- 3:06dans un cadre qui était pourtant hyper normé.
- 3:08On pourrait légitimement se dire que de voir un plan de
- 3:11communication aussi millimétré être court-circuité la veille
- 3:15d'une prise de parole au Vélodrome, Eh bien, ça fragilise
- 3:18considérablement la position du propriétaire avant même le début
- 3:21de son discours. Quelque part, l'institution
- 3:23semble subir l'événement au lieu de le créer.
- 3:25Alors cette perception d affaiblissement, elle relève
- 3:28davantage de l'optique médiatique de court terme que de
- 3:31la réalité stratégique, en fait. Il faut bien comprendre que la
- 3:33mécanique de recrutement dans les très hautes sphères du sport
- 3:36professionnel, ça obéit à des règles où la confidentialité
- 3:39absolue. C'est une véritable illusion.
- 3:41C'est. Systémique en somme.
- 3:42Absolument. La porosité de l'information, ce
- 3:45n'est pas un accident industriel.
- 3:47C'est une composante structurelle des fusions ou des
- 3:50nominations de cette ampleur. Lorsqu'une entité mène plusieurs
- 3:53semaines de recherches et de discussions hyper intenses pour
- 3:56valider un profil présidentiel, le cercle des acteurs impliqués
- 4:00s'élargit mécaniquement. Bien sûr, on fait intervenir des
- 4:04cabinets d'audit juridiques. Voilà des chasseurs de têtes
- 4:06internationaux, des conseillers financiers, sans oublier les
- 4:10relais d'influence politiques locaux.
- 4:12Tous ces gens se retrouvent interconnectés.
- 4:14Dans un tel écosystème, la fluidité de l'information vers
- 4:17la presse est presque inévitable.
- 4:19Ça finit toujours par fuiter quelque part.
- 4:21Exactement dès lors, le dispositif prévu pour la
- 4:25conférence de presse de Franck Mccourt pivote instantanément.
- 4:29Il ne s'agit plus de créer une onde de choc ou un effet de
- 4:31surprise. Le but maintenant, c'est de
- 4:34procéder à un exercice de consolidation de l'autorité,
- 4:37donc. On changer de posture ?
- 4:40C'est ça ? L'enjeu est de valider
- 4:42formellement la nouvelle architecture, de pouvoir, de
- 4:45mettre un terme définitif aux spéculations de ces dernières
- 4:48semaines. Et surtout, l'objectif est de
- 4:51démontrer que l'agenda stratégique du club dicte sa
- 4:54propre loi. Totalement indépendamment de
- 4:57l'emballement de l'espace public ou de la presse.
- 4:59C'est très clair. Et ce changement de cap prend
- 5:02justement toute sa dimension analytique quand on dit SEC le
- 5:05profil retenu par les instances dirigeantes, ce qui explique
- 5:08logiquement ces fameuses longues semaines de tractations
- 5:11préalables. Le profil est pour le moins
- 5:13atypique pour le milieu du ballon rond, c'est certain.
- 5:16Complètement, le choix s'est donc porté sur Stéphane Richard.
- 5:20C'est un homme de 64 ans dont la carrière navigue à des années
- 5:23lumières, des centres de formation ou des instances de
- 5:26régulation du football traditionnel.
- 5:28On est vraiment dans un autre monde là.
- 5:30En effet, il a été le président directeur général d'Orange, donc
- 5:33l'ancienne entité France Télécom de 2009 jusqu en janvier 2022,
- 5:38et avant même de prendre les rênes de cette immense
- 5:40multinationale du CAC 40, son parcours l'a positionné au
- 5:43sommet de l'appareil d'État français.
- 5:45Le plus haut niveau de l'administration oui, voilà.
- 5:47Il a exercé les fonctions de directeur de cabinet auprès des
- 5:50ministres de l'économie Jean Louis Borloo et Christine
- 5:53Lagarde. Face à un tel CV, on pourrait
- 5:55s'interroger profondément sur la pertinence opérationnelle d'un
- 5:58tel transfert de compétences. Je veux dire, piloter une
- 6:01entreprise du CAC 40 avec des dizaines de milliers de salariés
- 6:04et des infrastructures mondiales où gérer l'administration
- 6:06tentaculaire du ministère de l'économie.
- 6:09Ça exige une gymnastique intellectuelle vertigineuse.
- 6:12C'est indéniable. Néanmoins, la gestion du
- 6:15déploiement de la fibre optique ou la négociation des budgets
- 6:18étatiques, ça semble évoluer dans une galaxie totalement
- 6:21étrangère à la réalité brûlante d'un stade de football, sans
- 6:24parler de l'irrationalité absolue du marché des
- 6:25transferts. C'est le grand écart en
- 6:27apparence, oui, on. Pourrait donc postuler qu'un
- 6:29profil forgé dans les couloirs feutrés des ministères risque de
- 6:33se heurter violemment aux particularismes locaux et à la
- 6:36pression purement émotionnelle du monde sportif.
- 6:39Comment on gère cette transition ?
- 6:41Évelyne, ce qui est fascinant ici, c'est que cette hypothèse
- 6:43du grand écart, bien qu'elle soit très répandue, elle se
- 6:46heurte de plein fouet à la métamorphose de l'industrie du
- 6:49football. De très haut niveau en fait.
- 6:51L'industrie a changé. Totalement l'époque où la
- 6:53direction d'un club nécessitait principalement une connaissance
- 6:56intime du marché des joueurs et des subtilités tactiques du
- 6:59terrain, cette époque est révolue.
- 7:02L'industrie a opéré un glissement fondamental de ces
- 7:04paradigmes de gestion. Donc le profil de directeur de
- 7:07cabinet prend tout son sens. Exactement le rôle d'un
- 7:10directeur de cabinet au sein du ministère de l'économie.
- 7:13Ça offre un éclairage crucial sur les compétences qui sont
- 7:16désormais requises. C'est le poste le plus exposé de
- 7:20la machine étatique. C'est véritablement le
- 7:22mécanicien en chef de la politique publique.
- 7:25Il faut avoir les mains dans le cambouis administratif et
- 7:27financier. C'est ça ?
- 7:29Un tel profil doit arbitrer des dossiers industriels qui pèsent
- 7:32des milliards d'euros. Il doit négocier des réformes
- 7:35très dures avec les partenaires sociaux lors de crises
- 7:38systémiques et désamorcer des conflits commerciaux ou même
- 7:41diplomatiques majeurs. Il s'agit d'une expertise hyper
- 7:44pointue en diplomatie de l'ombre et en relations
- 7:46institutionnelles. Et si.
- 7:47On transpose ce bagage à la tête d'un club de l'envergure de
- 7:50Marseille. Les parallèles deviennent
- 7:51évidents. Complètement évidents,
- 7:53l'interaction ne porte plus sur la fiscalité nationale.
- 7:57Mais sur la négociation extrêmement âpre des droits de
- 8:00diffusion avec des conglomérats médiatiques internationaux, le
- 8:03dialogue social se mute en négociation complexe avec les
- 8:07instances de l'u F à la Ligue professionnelle ou encore les
- 8:10autorités préfectorales pour tout ce qui est sécurisation des
- 8:12infrastructures. C'est donc vraiment la dimension
- 8:15diplomatique et politique du sport professionnel qui
- 8:18supplante la gestion sportive directe.
- 8:20La gestion du terrain est sous traitée, on la laisse aux
- 8:23techniciens. Tandis que la présidence devient
- 8:25une véritable fonction de politique étrangère du club.
- 8:27Absolument, c'est une diplomatie d'affaires et l'apport de ces 13
- 8:31années à la présidence d'orange vient cimenter cette
- 8:34architecture de pouvoir. 13 ans à la tête d'un fleuron du CAC
- 8:3840, c'est considérable. Ou le déploiement d'une
- 8:40stratégie numérique à l'international.
- 8:42Ça constitue tout simplement les nouveaux prérequis pour gérer
- 8:45une entité sportive moderne. Aujourd'hui, un grand club,
- 8:48c'est un environnement de crise médiatique et de pressions
- 8:50financières. Permanente.
- 8:51Le rectangle vert n'est qu'une partie de l'équation.
- 8:54En fait, les décisions concernant le terrain sont
- 8:57déléguées à des directeurs sortatifs hyper spécialisés.
- 9:01Le Président de l'institution, quant à lui, opère sur des
- 9:04dossiers purement macroéconomiques.
- 9:06Sa mission, c'est de s'assurer que le club, en tant que filiale
- 9:09d'un projet d'investissement global, est protégé par des
- 9:12alliances politiques solides et des structures de revenus très
- 9:15diversifiées. L'argument de la compétence
- 9:18macroéconomique explique parfaitement cette rupture de
- 9:20profil. Cependant, la viabilité d'un
- 9:23club de sport est viscéralement rattachée à son territoire.
- 9:26C'est la base de l'économie sportive, l'ancrage territorial.
- 9:29Tout à fait diriger une entité de cette nature en s'appuyant
- 9:33uniquement sur des concepts d'affaires internationaux, sans
- 9:36une intégration locale exceptionnelle, ça conduit
- 9:39généralement à un échec opérationnel retentissant.
- 9:42Et la cité Phocéenne en particulier, c'est un écosystème
- 9:45complexe qui tolère très, très mal le manque d'ancrage.
- 9:48C'est une ville qui demande de la présence et du réseau.
- 9:51Voilà alors le dossier de Stéphane Richard indique qu'il
- 9:54possède de nombreuses attaches concrètes dans la région.
- 9:57Mais la donnée la plus marquante sur l'échiquier stratégique ?
- 9:59C'est sans aucun doute le fait qu'il siège actuellement au
- 10:02Conseil de surveillance du grand port maritime de Marseille.
- 10:05Et ça, c'est une clé de lecture fondamentale.
- 10:07On peut en effet aisément analyser qu aux yeux d'un
- 10:10propriétaire basé aux États-Unis, ce siège dépasse
- 10:13largement la simple mention honorifique sur un curriculum
- 10:15vitae, c'est un véritable outil d'influence.
- 10:18De pouvoir majeur, le grand port maritime de Marseille.
- 10:22Il faut bien réaliser que ce n'est pas une simple
- 10:24infrastructure. C'est le véritable cœur
- 10:27névralgique de l'économie et de la logistique de l'ensemble de
- 10:31la région méditerranéenne. C'est une plaque tournante
- 10:34incontournable. Exactement.
- 10:36C'est une institution autonome où se croisent les intérêts de
- 10:39l'État, des industriels mondiaux et des décideurs politiques
- 10:43locaux. Donc siéger à son conseil de
- 10:46surveillance, ça confère un poste d'observation et de
- 10:49décision absolument privilégié. Sur les dynamiques économiques
- 10:53métropolitaines. C'est du pain béni pour un
- 10:55propriétaire comme ma courte. Complètement pour un
- 10:58investisseur international dont les projets nécessitent des
- 11:01alliances territoriales solides, ce type de relais d'influence
- 11:04est d'une valeur inestimable, que ce soit pour faciliter des
- 11:08développements immobiliers qui sont liés aux clubs, pour
- 11:10sécuriser des partenariats commerciaux régionaux
- 11:12d'envergure ou simplement pour fluidifier les relations avec
- 11:16les pouvoirs publics. L'ancrage dans le tissu
- 11:18industriel local agit comme un véritable catalyseur.
- 11:22C'est un passe droit diplomatique.
- 11:23C'est ça ? Ce réseau permet de traduire les
- 11:26ambitions globales du propriétaire en réalité très
- 11:29concrète sur le terrain Marseille.
- 11:30Et ça permet surtout de contourner les obstacles
- 11:33bureaucratiques grâce à une légitimité institutionnelle qui
- 11:36est déjà établie et reconnue. Alors la puissance de cet
- 11:39ancrage géopolitique local nous amène inévitablement à examiner
- 11:43le volet le plus sensible de ce dossier.
- 11:46Un volet qui crée une tension analytique assez évidente.
- 11:48Le passif judiciaire. Exactement.
- 11:51L'historique professionnel de ce dirigeant comporte un passif
- 11:54judiciaire substantiel. Il faut rappeler les éléments
- 11:57factuels qui entourent la fin de son mandat à la tête d'orange.
- 12:01Les faits sont très clairs, oui. Il a annoncé sa démission du
- 12:04poste de PDG fin 2021, une décision qui était consécutive à
- 12:08sa condamnation dans l'épineux dossier de l'arbitrage du crédit
- 12:11Lyonneux. Et là chronologie s'est
- 12:13d'ailleurs prolongée très récemment.
- 12:15Puisqu en juin dernier, la Cour d'appel de Paris à statué en le
- 12:18condamnant à une peine de 6 mois de prison avec sursis.
- 12:21C'est un passif qui pèse lourd dans l'espace public.
- 12:23Forcément, si l'on rassemble toutes ces données, on fait face
- 12:26à une véritable équation de communication d'entreprise.
- 12:28On pourrait soutenir avec beaucoup de force qu embaucher
- 12:30un dirigeant qui porte une telle condamnation judiciaire
- 12:33publique, ça constitué un risque réputationnel inacceptable pour
- 12:36un groupe sportif dont l'image est scrutée, analysée et très
- 12:39souvent critiquée par des 1000000 de supporters.
- 12:41C'est la réaction instinctive qu'on pourrait avoir en effet.
- 12:44Comment justifier un tel choix dans un univers où les relations
- 12:46publiques semblent souvent primées sur toute autre
- 12:48considération ? On a l'impression que c'est un
- 12:50pari extrêmement risqué de la part de l'actionnaire, si ?
- 12:52On relie cela à la situation globale.
- 12:55Cette interrogation soulève le décalage fondamental entre la
- 12:58perception du grand public et là rationalité décisionnelle des
- 13:01hautes sphères de l'investissement.
- 13:02En fait. C'est à dire qu'ils ne lisent
- 13:03pas la situation avec les mêmes grilles d'analyse.
- 13:06Pas du tout. Les propriétaires et les
- 13:08conseils d'administration n évaluent pas un profil de cette
- 13:11envergure sous un prisme strictement moral.
- 13:14Ils le font à travers une évaluation froide, très
- 13:17mathématique des risques et des bénéfices réputationnels.
- 13:20On pèse le pour et le contre de manière très clinique.
- 13:23Voilà, lors de ces semaines de discussions préparatoires, les
- 13:27faits concernant la démission de la fin 2021 et là condamnation
- 13:30en juin par la Cour d'appel de Paris.
- 13:32Ont été intégralement disséqués et ils ont été mis en balance
- 13:36avec les impératifs de développement du club.
- 13:39Le cœur de cette équation repose en fait sur une segmentation
- 13:42très stricte des audiences. On.
- 13:43Sépare les publics cibles. C'est ça ?
- 13:45Il y a d'un côté la communication qui est destinée
- 13:48aux consommateurs et aux supporteurs.
- 13:50C'est ce que l'on nomme le marché business to Consumer.
- 13:53Et de l'autre côté, on a les relations de très haut niveau
- 13:57avec les partenaires étatiques, les diffuseurs et les grandes
- 14:00entreprises. Le fameux business to business.
- 14:02Donc le calcul stratégique consiste à parier que l'impact
- 14:07négatif sur le grand public. Le BC est un phénomène volatil,
- 14:11un phénomène capable d'être lissé avec le temps, surtout si
- 14:14les résultats sportifs suivent. Tendu que l'avantage obtenu
- 14:18auprès des décideurs. Le B to B est structurel et
- 14:21permanent. L'analyse de cette nomination
- 14:23révèle très précisément cela, le risque réputationnel vis-à-vis
- 14:27des tribunes est perçu comme totalement absorbable.
- 14:30Comme on le disait, il est souvent dilué par là temporalité
- 14:32des résultats sportifs. Une bonne série de victoires et
- 14:35là polémique s'éteint. Le fameux pragmatisme du
- 14:37terrain. En revanche, le levier
- 14:40d'influence qu apporte un ancien dirigeant du CAC 40, quelqu'un
- 14:43qui est rompu aux arcanes des ministères de l'économie et qui
- 14:46dispose d'un siège au Conseil de surveillance du port de
- 14:49Marseille, ça, ça représente un atout vital pour la viabilité
- 14:53économique du club à long terme. C'est une assurance vie
- 14:56institutionnelle. Tout à fait, ce réseau garantit
- 14:58un accès direct aux décideurs qui sont capables de débloquer
- 15:01des investissements massifs, d apaiser des relations qui
- 15:04peuvent être parfois tendues avec les préfectures et de
- 15:06structurer des accords financiers hyper complexes.
- 15:09Donc la réputation publique passe au 2nd plan.
- 15:12L'institution n investit peu dans une image publique
- 15:14inattaquable, elle sécurisé, un stratège rompu à la gestion de
- 15:17crise, quelqu'un capable de naviguer dans les turbulences
- 15:20judiciaires où médiatiques qu'il a lui même expérimenté au plus
- 15:23haut niveau. C'est une expertise du feu d'une
- 15:25certaine manière. Exactement.
- 15:27Le choix du propriétaire démontre factuellement que la
- 15:29force de l'ancrage institutionnel et la maîtrise
- 15:32des leviers de l'État surpassent très largement le passif lié à
- 15:36l'affaire de l'arbitrage dans ce milieu de l'investissement de
- 15:39haut niveau. Cette affaire est considérée
- 15:41simplement comme une variable qui est intégrée à la complexité
- 15:44de la vie des affaires politique et économique.
- 15:47Cette lecture purement analytique et dénuée de tout
- 15:50romantisme sportif. Permet de synthétiser avec une
- 15:53grande clarté la transformation en cours. l'Olympique de
- 15:56Marseille tourne formellement la page de la direction axée sur la
- 15:59gestion sportive du terrain. Qui était incarnée par Pablo
- 16:01Longoria jusqu'au mois de mars. La transition est actée, la page
- 16:05est tournée. Voilà, la transition propulse
- 16:08l'institution dans l'air hyper corporative de Stéphane Richard,
- 16:12le fait que cette bascule ait été éventée et confirmée
- 16:15médiatiquement par la Provence, avant même l'explication
- 16:18officielle du propriétaire. Ça n'altère en rien la
- 16:21profondeur de la manœuvre. Le cap stratégique reste
- 16:23exactement le même malgré le bruit médiatique.
- 16:26C'est ça ? Le club confie ses destinés à un
- 16:28profil hybride combinant la puissance de l'appareil d'État
- 16:31via ses passages au service de Jean Louis Borloo et Christine
- 16:34Lagarde. À cela s'ajoute la direction
- 16:36tentaculaire d'orange pendant plus d'une décennie, et enfin
- 16:39une influence régionale concrétisée par son rôle au sein
- 16:42du grand port maritime. Un.
- 16:43Triptyque de compétences très rare.
- 16:45Et un choix qui est assumé en pleine conscience d'un volet
- 16:47judiciaire clôturé récemment par une juridiction d'appel.
- 16:51Cette équation dépouille le rôle de président de club de son aura
- 16:54purement sportive pour l'élever au rang de véritable diplomate
- 16:57d'affaires. Et l'évolution de ce marché
- 17:00indique clairement que le sommet du sport professionnel fusionné
- 17:03de plus en plus avec les logiques de l'industrie lourde
- 17:05et de la géopolitique régionale. La gestion d'un effectif de
- 17:08joueur n'est plus là finalité. C'est devenu secondaire.
- 17:12Disons que c'est devenu l'une des filiales d'une
- 17:14infrastructure diplomatique et économique beaucoup plus vaste,
- 17:17une infrastructure qui nécessité désormais des compétences de
- 17:19gestion de crise à l'échelle étatique pour assurer sa
- 17:22pérennité et sa croissance. Ce glissement structurel laisser
- 17:25les observateurs de ce secteur face à une réflexion de fond
- 17:28particulièrement stimulante, qui s'étire bien au-delà du simple
- 17:31périmètre phocéen. Si la gestion des grands clubs
- 17:34nécessite aujourd'hui l'Alliance des compétences d'un ancien
- 17:36ministre de l'économie et d'un PDG capable de piloter des
- 17:39négociations d'infrastructures géopolitiques territoriales, il
- 17:42est tout à fait légitime de s'interroger sur leur véritable
- 17:45nature. La question de l'identité même
- 17:47de ces clubs se pose, oui. Ces entités devenues de
- 17:50gigantesques machines aux ramifications financières et
- 17:54médiatiques sans fin, ont elles définitivement cessé d'être de
- 17:58simples équipes sportives ? L'évolution de cette gouvernance
- 18:02indique plutôt qu'elle se transforme en de véritables
- 18:04agences de diplomatie économique souveraines.
- 18:07Elles utilisent la passion du rectangle vert comme un simple
- 18:11vecteur d'influence parmi d'autres pour solidifier des
- 18:14intérêts industriels mondiaux. La frontière entre la gestion
- 18:18d'un sport et la politique d'État semble désormais
- 18:21totalement abolie. À très vite pour un nouveau
- 18:23podcast du café du sport business.