Latest / Québécois et Canadien / Loi 101 et intégration linguistique — Ralph Mastromonaco
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- 0:00Bonjour et bienvenue au podcast. Québécois et
- 0:01Canadiens, on discute des enjeux de notre pays.
- 0:04Aujourd 'hui, on reçoit Ralph Mastromanaco et
- 0:05on a discuté de pourquoi la communauté italienne
- 0:08s 'est anglicisée au Québec. On discute également
- 0:10de pourquoi la loi 101 a éventuellement été nécessaire.
- 0:13Je suis Alexandre Trenly -Michaud. Bon épisode.
- 0:29Alors Ralph, merci d 'avoir accepté l 'invitation.
- 0:32Mais merci de m 'avoir invité. Alexandre, c 'est
- 0:34un plaisir d 'être avec vous. On va se situer,
- 0:38si tu permets. Je trouvais ça intéressant parce
- 0:40que je sais que tu as fait beaucoup de recherches
- 0:41là -dessus. Le débat sur la protection du français
- 0:44revient à l 'avant -plan dans le cas de la campagne
- 0:45électorale. Oui. Et il y a historiquement toujours
- 0:50un certain blinde qui a été fait sur certaines
- 0:52communautés en disant, bon, la raison pourquoi
- 0:54il faut protéger le français, c 'est qu 'il y
- 0:56a certaines communautés migrantes qui s 'englicisent
- 0:59à ce niveau -là. Alors, j 'aimerais commencer
- 1:02par te demander la question. Disons qu 'on se
- 1:03remet dans le contexte pré -loi 101. Oui. Pourquoi
- 1:07certaines communautés, dont la communauté italienne,
- 1:11ont pris la décision, si on peut appeler ça comme
- 1:13ça, de s 'angliciser plutôt que d 'aller vers
- 1:15une langue latine comme le français? OK. Alors,
- 1:19je suis très heureux d 'être à mesure de répondre
- 1:21à cette question parce que, selon moi, il y a
- 1:25depuis des décennies un faux récit à l 'effet
- 1:28que vous savez, les immigrants italiens ont favorisé
- 1:32la langue française et implicitement ou explicitement
- 1:37tiré la conclusion que la communauté italienne
- 1:40a rejeté. la langue française. C 'est faux et
- 1:46je pense que c 'est important à cause du fait
- 1:51que la question de la langue est toujours pertinente
- 1:54ici au Québec. Mais si nous allons à l 'origine
- 1:57de, mettons, ce problème qui a commencé dans
- 2:05les années 1960, on doit vraiment admettre que
- 2:09c 'était beaucoup plus... est compliqué que ce
- 2:13que les politiciens et les chroniques jusqu 'à
- 2:17aujourd 'hui relatent au public. Cette année,
- 2:21pendant cette époque, il faut savoir qu 'il y
- 2:24a eu une vague massive d 'immigrations qui ont
- 2:28venu au Québec. Et lorsque ces immigrants ont
- 2:31venu au Québec, il y avait un système d 'éducation
- 2:36confessionnel. Alors, d 'abord, il faut souligner
- 2:40que l 'institution la plus importante pour garantir
- 2:45la transmission de noms communs d 'une génération
- 2:49à l 'autre, c 'est le système d 'éducation d
- 2:52'une société. Et à cette époque -là, il y avait
- 2:55ce système confessionnel et très peu. de temps
- 3:00et attention a été dédié à analyser l 'impact
- 3:05de le système d 'éducation en place à cette époque
- 3:09-là sur la vitalité de la langue française. Et
- 3:13je peux vous dire que j 'ai vécu ces années -là.
- 3:16Et pendant ces années -là, si un parent immigrant
- 3:20arrivait à une école française qui pratiquait
- 3:25le judaïsme, la réponse était aller ailleurs.
- 3:28Et alors, parce que cet système d 'éducation,
- 3:35le critère d 'inscription d 'élèves, c 'était
- 3:39la religion, pas la langue. Et la religion était
- 3:45pendant des années et des années plus importante
- 3:48que la langue. Parce qu 'il n 'y avait pas de
- 3:50menace perçue vis -à -vis la langue française
- 3:52jusque cette vague d 'immigration. Alors... Institutionnellement,
- 3:59il y a eu une anglicisation d 'enfants, de parents,
- 4:05d 'immigrants, à cause de notre système d 'éducation
- 4:10confessionnel. Alors, dans un premier temps,
- 4:12il y avait une groupe d 'étudiants que, si cette
- 4:16groupe -là ne pratiquait pas le cathodylisme...
- 4:20Ils ont été dirigés vers les écoles anglaises.
- 4:23L 'école protestante. L 'école protestante. Et
- 4:27il faut aussi ajouter une autre chose, c 'est
- 4:30que lorsque les Italiens ont arrivés ici... Ils
- 4:34sont catholiques. Ils sont catholiques. Et on
- 4:36se présente à des écoles et on se fait quand
- 4:39même diriger vers les écoles anglaises. Alors
- 4:42moi, j 'ai beaucoup de difficultés d 'accepter
- 4:45qu 'encore aujourd 'hui... on fait cette affirmation
- 4:52que les Italiens ont... préféré d 'aller à l
- 4:55'école française. À ce moment -là, il faut admettre
- 4:59que la société francophone du Québec était moins
- 5:04qu 'accueillante. C 'était pas vraiment une société
- 5:06accueillante. Et je ne dis pas ça pour engager
- 5:09du Québec bashing. C 'était comme ça. La notion
- 5:16de la race canadienne française, de l 'abbé Lionel
- 5:20Groulx, était quand même... encore enracinés
- 5:24dans nos valeurs, dans les valeurs. Et puis,
- 5:29l 'idée, c 'était pas qu 'on avait quelque chose
- 5:31contre les immigrants, mais c 'était un genre
- 5:34de ségrégation qui durait encore et que c 'est
- 5:37mieux que ce monde -là soit à part de nous et,
- 5:41mettons, de garder la homogénéité des classes
- 5:45de nos écoles francophones. Alors, quand les
- 5:49Italiens ont arrivé, on avait des noms différents,
- 5:54très peu de connaissances de la langue française.
- 5:56Donc, on a été dirigé vers les écoles anglophones.
- 6:00Et ça m 'est arrivé. Alors, quand j 'entends
- 6:04encore aujourd 'hui que vous savez, on ne peut
- 6:06pas blâmer les parents d 'enfants immigrants.
- 6:09Ils ont fait ce choix -là pour promouvoir leur
- 6:13mobilité... Oui, c 'est leur mobilité sociale
- 6:19ascendante. Mais moi, je peux vous dire que que
- 6:21ma mère... Oui, exactement. Quand j 'entends
- 6:25ça jusqu 'en 2020, ça me fait rire parce que
- 6:30ma mère a fait une calcul de la distance de l
- 6:35'école... à notre maison, puis c 'était plus
- 6:37près de chez nous, l 'école française était plus
- 6:40près de chez nous que l 'école anglaise. Et l
- 6:43'école anglaise nécessitait que je traversais
- 6:46une intersection très échalant avec du trafic,
- 6:50alors ma mère était plus intéressée que je fais
- 6:52là. Et à ce moment -là, le directeur disait,
- 6:55mais vous êtes des immigrants, vous devrez aller
- 6:57à l 'école anglaise. Et ma trajectoire éducative
- 7:01a été complètement changée dans une journée.
- 7:04Parce que le directeur a dit que vous étiez mieux
- 7:05d 'aller à l 'école anglaise parce que vous étiez
- 7:07libre. On a fait ce que le directeur nous a dit.
- 7:10Et puis, j 'ai commencé mes études en anglais.
- 7:15École primaire, secondaire, cégep, université,
- 7:18McGill, ainsi de suite. Mais pendant ce temps
- 7:21-là, il n 'y avait aucun doute que c 'était nécessaire
- 7:25pour moi d 'apprendre le français. Et malgré
- 7:27le fait que c 'était comme ma troisième langue,
- 7:30parce que j 'avais la langue maternelle italienne,
- 7:32ma langue d 'instruction était l 'anglais, et
- 7:36finalement, la langue que j 'avais besoin pour
- 7:38gagner ma vie était la langue française. Et comme
- 7:41vous voyez, on a appris la langue française.
- 7:44Alors je trouve, dans un premier temps, injuste
- 7:46de deux façons. C 'était vraiment une injustice
- 7:49à l 'époque. de refuser tous ces étudiants -là.
- 7:53des écoles françaises catholiques, OK? Mais il
- 7:57y a une deuxième injustice, c 'est que 20 ans
- 8:00plus tard, mais on est blindé d 'avoir fréquenté
- 8:02les écoles anglaises. Alors, je trouve ça pas
- 8:07juste. Et puis ça donne l 'impression comme quoi
- 8:11qu 'on a fait un choix. Et c 'était pas vraiment
- 8:17un faux choix. Alors, il y avait d 'abord une
- 8:21quantité de d 'élèves qui ont été anglicisés,
- 8:26pas par choix, mais par le fonctionnement institutionnel
- 8:30d 'un système d 'éducation qui sélectionnait
- 8:33les enfants par leur religion et pas par leur
- 8:37langue. Éventuellement, avec la chute du taux
- 8:43de natalité, je pense que les Québécois... ils
- 8:47se sont réveillés pour dire, écoute, qu 'est
- 8:50-ce qui se passe? Et surtout, les enseignants
- 8:52et enseignantes qui travaillaient dans les écoles
- 8:54françaises ont remarqué, écoutez, nos inscriptions
- 8:58tombent. Qu 'est -ce qui se passe? Ah, tous les
- 9:02immigrants envoient leurs enfants là, mais OK,
- 9:04c 'est vous autres qui nous ont dit d 'y aller.
- 9:06Alors, c 'est parfaitement légitime de se réveiller,
- 9:11de dire, écoute, mais il y a un risque, là, avec
- 9:14le taux de natalité qui... est en baisse. Et
- 9:19le fait que nous sommes dans une Amérique du
- 9:23Nord, d 'expression anglaise, mais il faut faire
- 9:27de quoi? Alors, moi, Alexandre... Le problème
- 9:32que j 'ai, c 'est que toutes ces questions -là
- 9:34sont légitimes. La préoccupation de la langue
- 9:38française est complètement légitime, mais il
- 9:40y a une façon d 'aborder ce défi -là. Et je trouve
- 9:44pétoyable la manière qu 'on aborde ce défi. Très
- 9:49intéressant. Puis j 'aimerais ça qu 'on fasse
- 9:50un peu de retour sur ce que tu as dit, parce
- 9:51que je trouve ça intéressant. Ça fait que là,
- 9:54essentiellement, une vague d 'immigration italienne,
- 9:57quand même une bonne natalité chez les Québécois,
- 9:59bien, canadiens, français, ça fait que les écoles
- 10:01ont dit, bien, tu sais, j 'aime autant mieux
- 10:02que vous ayez dans le réseau anglophone. Ça fait
- 10:04que là, de façon institutionnelle... les Italiens
- 10:07qui sont des catholiques, qui parlent une langue
- 10:10latine, se font orienter vers des institutions
- 10:12en anglais et donc font comme toi l 'ensemble
- 10:15de la réducation en anglais. Et là, on se réveille
- 10:18et on se dit que tout le monde est en train de
- 10:19devenir anglophone à ce niveau -là. J 'aimerais
- 10:22que tu parles un peu des tensions que ça a causé,
- 10:25parce que j 'imagine, c 'est ça, toi, tu vis
- 10:27ça, tu te fais envoyer des forces à l 'école
- 10:29anglaise, puis après ça, 10, 15 ans après, on
- 10:32te dit que ça n 'a pas d 'allure, que tu ne parles
- 10:33pas français. Je me souviens qu 'on parle un
- 10:35peu des tensions. et je pense que ça s 'appelle
- 10:38la crise de Saint -Léonard. C 'est quoi qui arrive
- 10:40dans les années 60 à ce niveau -là? et pas tranquillement,
- 10:48il y a eu des préoccupations sur l 'avenir de
- 10:52la langue française et c 'était légitime. Il
- 10:55y avait certaines personnes, par exemple, comme
- 10:57le FLQ, pensaient que la façon de régler ce problème,
- 11:00c 'est d 'engager dans la violence et de créer
- 11:05une société unilingue française par la violence.
- 11:09Mais ce n 'est pas acceptable et heureusement,
- 11:14on a trouvé une solution. d 'aborder le problème.
- 11:16Alors, oui, il y a eu des tensions et il y a
- 11:21eu des craintes bien fondées pendant les années
- 11:241960. Qu 'est -ce qui arrive avec notre société?
- 11:27Qu 'est -ce qui arrive avec notre langue? Et
- 11:30moi, ce que je vois là -dedans, par exemple,
- 11:32c 'est une préoccupation dans la classe politique
- 11:34qui était partagée par tout le monde. Il n 'y
- 11:37avait pas des pour et contre. Après un peu de
- 11:40recul, mettons 50 ans de recul, je remarque que...
- 11:45Tout le monde savait qu 'on devrait faire quelque
- 11:48chose, mais personne ne savait quoi faire. Et
- 11:51c 'est là le problème et c 'est devenu... Ce
- 11:54qui arrive pendant cette période -là, c 'est
- 11:56le début de ce que j 'appelle l 'approche conflictuelle
- 12:01vis -à -vis l 'élaboration de politiques linguistiques.
- 12:06Et n 'oubliez pas une chose, c 'est la première
- 12:07fois dans l 'histoire du Québec où... On doit
- 12:12agir légalement. On doit adopter une loi pour
- 12:20faire quelque chose. Et heureusement, on est
- 12:22une démocratie assez mature de savoir que, écoutez,
- 12:25si on veut changer des choses, il faut passer
- 12:28des lois et il faut changer des choses légalement.
- 12:31Et ce qui arrive à cette époque -là, qui c 'est
- 12:35fort intéressant, c 'est que tout le monde savait
- 12:38qu 'il fallait faire de quoi, mais on ne savait
- 12:40pas quoi. Et c 'est pendant le gouvernement de
- 12:47Daniel Johnson -Peer... ça a éclaté. Et puis...
- 12:52Ça fait que cette tension entre protéger le français
- 12:53et le fait qu 'on a forcé des immigrants à sanglisser.
- 12:57Oui. Mais on fait quoi? Alors, il y a eu un mouvement
- 13:00en sérénard qui pensait la façon de faire ça,
- 13:03c 'est d 'interdire l 'instruction d 'anglais,
- 13:05d 'interdire l 'instruction bilingue et d 'établir
- 13:13une raison d 'école unilingue -français. Et...
- 13:18Je peux dire qu 'il n 'y a pas vraiment eu d
- 13:24'appui. de l 'apport de la classe politique à
- 13:27cette idée -là. Et il y a un politicien qui a
- 13:31dit, moi, je suis contre l 'imposition de français
- 13:37unilingue à Saint -Léonard. Et le politicien
- 13:42portait le nom René Levesque. Le monsieur Levesque
- 13:45n 'était pas d 'accord avec ce que monsieur Raymond
- 13:47Lemieux tentait de faire à Saint -Léonard. Et
- 13:51le premier ministre... Daniel Johnson a même
- 13:56dit qu 'une partie du problème, c 'est que la
- 14:01Commission scolaire à l 'époque a refusé tout
- 14:05ce qui n 'était pas... qu 'il avait reconnu ça.
- 14:15Alors, M. Johnson est décédé subitement et M.
- 14:20Bertrand a pris la relève. Il fallait faire quelque
- 14:23chose et il a fait quelque chose de très intelligent.
- 14:26Il a nommé la... la Commission Gendron. La Commission
- 14:30Gendron était une commission multidisciplinaire.
- 14:34Gendron, je pense qu 'il était linguiste, il
- 14:36y avait des démographes, il y avait des avocats,
- 14:39il y avait des historiens. Vraiment un comité
- 14:43très crédible d 'académiques qui ont étudié ce
- 14:48problème -là. Et Alexandre, ça a pris au -delà
- 14:51quatre ans pour cette commission de générer un
- 14:54rapport d 'au -delà 1 400 pages qui contenait
- 14:58une centaine de pages, une centaine de recommandations,
- 15:03mais... L 'ironie, c 'est qu 'il y avait très
- 15:06peu de recommandations sur ce qu 'est -ce qu
- 15:08'on fait avec nos écoles. Et pourtant, tout le
- 15:11problème était ciblé sur notre système d 'éducation.
- 15:16Et je vous invite d 'élire le rapport Gendron.
- 15:21Même Gendron n 'avait pas recommandé de forcer
- 15:25les immigrants d 'aller aux écoles. françaises.
- 15:29Il fallait les encourager, il fallait peut -être...
- 15:32il fallait absolument passer une loi disant que
- 15:34la langue officielle du Québec était le français.
- 15:37Mais même Gendron, après quatre ans d 'études,
- 15:41avait la réticence de faire ça. Et finalement,
- 15:45c 'est pour ça que la loi 63 de Bertrand ne cherchait
- 15:49pas d 'être le mot final sur la question de la
- 15:52langue et tout le monde oublie ça ou ne traite
- 15:56pas le vrai problème. Bertrand... chercher de
- 15:58faire la paix immédiate en attendant Gendron.
- 16:03Et ce qu 'il voulait dire immédiatement, c 'est
- 16:05que c 'est la liberté de choix. Et sur ce point,
- 16:11Alexandre, c 'est très important que la classe
- 16:13politique de cette époque -là avait beaucoup
- 16:16de difficultés d 'enlever ce pouvoir des parents.
- 16:20francophones, anglophones, mais des parents.
- 16:23Et philosophiquement, il y a eu beaucoup de problèmes.
- 16:27Et le gouvernement, l 'Union nationale, était
- 16:30un gouvernement nationaliste. Mais quand même...
- 16:33L 'idée de retirer le choix des parents. Exact.
- 16:36C 'était très inconfortable. Et ça explique pourquoi
- 16:40Robert Bourassa, après avoir reçu le rapport
- 16:44Gendron, a décidé de passer la loi 22 qui...
- 16:49pour la première fois, affirme que le français
- 16:52est la langue officielle du Québec, mais qui
- 16:56n 'était pas prêt, mettons, d 'enlever le droit
- 17:01du choix. Et puis, il a adopté la loi 21, et
- 17:07la loi 21 n 'a pas satisfait qui que ce soit.
- 17:10Et puis finalement, ça a pris le gouvernement
- 17:13du PQ pour... la première fois à procéder de
- 17:21façon drastique, là, il a dit, mais non, écoute,
- 17:24on ne peut pas blâmer cette... Parce que si on
- 17:28veut changer des choses, il faut agir de façon
- 17:31très proactive. Et puis, une partie de la solution,
- 17:36pas toute la solution, était d 'or en avant,
- 17:41d 'établir le principe que tout le monde doit
- 17:44fréquenter les écoles françaises, sauf... une
- 17:48catégorie d 'un endroit, à l 'article 73, si
- 17:52je ne me trompe pas, qui dit, bien, écoutez,
- 17:54on va protéger le status quo, il y aura quelques
- 17:57exceptions, mais grosso modo, tout le monde doit
- 18:01fréquenter les écoles françaises. Et je dois
- 18:03ouvrir une parenthèse. Le simple fait que le
- 18:07gouvernement Levesque a cru bon de créer cette
- 18:11exception ou de créer cette classe de personnes
- 18:15qui gardaient leurs droits, de montrer quelque
- 18:18chose qui est profond, selon moi, et c 'est que
- 18:21M. Lavec voulait établir un pays indépendant.
- 18:27a quand même cru bon d 'affirmer que la communauté
- 18:33anglophone était légitime et que la communauté
- 18:36anglophone faisait partie de l 'avenir de Québec.
- 18:39Et ça, c 'est très important et beaucoup de monde
- 18:43ignore ça et ils sont concentrés sur le message
- 18:46majeur, mais pas l 'autre message. Alors, je
- 18:51trouve que c 'est fascinant de voir l 'évolution...
- 18:57de nos lois linguistiques. Et puis, c 'était
- 19:03pas facile. Et oublie pas une autre chose, c
- 19:06'est qu 'en 1977, il n 'y avait pas de charte
- 19:09fédérale qui est venue juste en 1982. Alors,
- 19:14techniquement, M. Lavec avait le droit de passer
- 19:17une loi qui dit, mais on a bully simplement les
- 19:20écoles anglaises. On va faire ce que M. Raymond
- 19:24le mieux voulait faire, mais il ne l 'a pas fait.
- 19:27Et ça, pour moi, c 'est significatif. J 'aimerais
- 19:30revenir à ce que tu expliquais. La communauté
- 19:36est anglicisée à cause de l 'église. Tension
- 19:40avec la population francophone qui a peur de...
- 19:45qui est essentiellement disparaître parce qu
- 19:46'on fait moins d 'enfants, puis le monde est
- 19:47de plus en plus anglicisé à cause des gens qui
- 19:50se tournent vers les écoles anglaises. La loi
- 19:52du gouvernement Bertrand, elle fait juste affirmer
- 19:56le droit de choix, ça ne prend pas vraiment de
- 19:58décision là -dessus. Attends le rapport Gendron.
- 20:02Monsieur Bourassa déclare le français comme étant
- 20:05langue officielle du Québec en réponse au rapport
- 20:08Gendron. Est -ce que la loi 101 était vraiment
- 20:11nécessaire dans du long? Je pense que oui. Alors,
- 20:14il faut vraiment faire une distinction qui échappe
- 20:18la plupart des politiciens séparatistes et nationalistes,
- 20:24nativistes jusque ce jour -là. Il y a une distinction
- 20:28entre le pourquoi de nos lois linguistiques et
- 20:33le comment, comment on implémente nos lois. Je
- 20:39pense qu 'en 2026, il n 'y a personne qui questionne
- 20:43le pourquoi. C 'est nécessaire, c 'est important,
- 20:47ça fait partie de nos valeurs communes. Je vais
- 20:51toucher sur ce point tout à l 'heure, mais on
- 20:55peut sûrement avoir un débat sur le comment.
- 20:59Et je trouve que... Si nous regardons ayant vécu
- 21:02les années 60, là je dévoile mon âge, mais ayant
- 21:07vécu ces années -là et... et ce qui était avant
- 21:12et après, on voit facilement qu 'il y avait un
- 21:15besoin de faire quelque chose. C 'était pas facile,
- 21:18c 'était ardu de décider qu 'est -ce qu 'on doit
- 21:21faire, parce qu 'on est quand même une société
- 21:23qui valorise les droits individuels, la liberté
- 21:27des choix, ainsi de suite. Mais finalement, je
- 21:30trouve que la loi 101 a été bien conçue et on
- 21:37ne rappelle pas qu 'il y avait trois objectifs
- 21:40très... majeure de la loi 101, c 'était numéro
- 21:441, la langue du travail. Et on n 'en parle pas,
- 21:47mais c 'était numéro 1, la langue du travail,
- 21:50parce qu 'il y avait des disparités dans les
- 21:53revenus gagnés par les francophones et les anglophones,
- 21:56et Gendron a touché sur ce point -là. Donc la
- 21:59langue du travail, la langue d 'éducation. primaire
- 22:04et secondaire. On n 'a jamais parlé post -secondaire,
- 22:07mais la préoccupation était sur notre système
- 22:10d 'éducation primaire et secondaire et je vais
- 22:12toucher sur ça dans une autre minute. Et troisièmement,
- 22:15l 'affichage public. Et sur ça, moi, je me rappelle
- 22:20la rue Saint -Catherine des années 60 et ça paraît
- 22:24comme Times Square à New York. Tous les enseignants
- 22:28étaient en anglais et il n 'y avait pas de bon
- 22:31sens. Et sur ces trois points -là, sur ces trois
- 22:35objectifs -là, je dois dire que la loi a réussi.
- 22:40Il n 'y a aucun doute qu 'aujourd 'hui et au
- 22:42fil des ans, ça a pris un peu de temps, la langue
- 22:46française est... incontestablement la langue
- 22:49prédominante du Québec. Moi, je n 'ai aucune
- 22:55préoccupation de l 'avenir du Québec et je vais
- 22:58vous le dire pourquoi. Mais s 'il y a une loi
- 23:02qui a transformé le Québec, c 'est la loi 101.
- 23:06L 'effet de la loi 101, c 'était transformationnel
- 23:09et ça vraiment, vraiment... à apporter la paix
- 23:15sociale. Alors moi, j 'ai écrit un article il
- 23:18y a un an, publié dans Le Devoir et la Gazette.
- 23:24Le titre de l 'article, c 'est qu 'au Québec,
- 23:27la langue n 'est pas un problème à régler. Et
- 23:30par ça... Je veux dire que la langue est une
- 23:34réalité dynamique qui existe depuis des siècles
- 23:38sur le territoire que nous appelons aujourd 'hui
- 23:40la nation québécoise. Et la réalité, c 'est que
- 23:44la langue française et la langue anglaise ont
- 23:47cohabité ici depuis des siècles, paisiblement.
- 23:52Et nous avons créé une des plus intéressantes
- 23:54démocraties dans le monde. parce qu 'on se comprend
- 23:58et on est guidé par la tolérance et l 'accommodation.
- 24:03Et puis, lorsque nous parlons de la spécificité
- 24:08du Québec, la langue anglaise fait partie de
- 24:12cette spécificité. linguistique. On est ici pendant
- 24:18des siècles où cette langue est ici depuis des
- 24:22siècles et a partagé l 'espace commun et public.
- 24:25Et ce que je dis dans l 'article, c 'est que
- 24:27pendant 250 ans, il y a ce que j 'appelle les
- 24:30équilibres linguistiques qui s 'établit du jour
- 24:35au jour en travaillant ensemble et de temps en
- 24:38temps, il faut ajuster. OK, il faut ajuster à
- 24:42cause des changements sociétal. Alors, lorsqu
- 24:45'une vague d 'immigration vient après la Deuxième
- 24:48Guerre mondiale et perturbe, au -delà de 100
- 24:52000 personnes dans une période d 'à peu près
- 24:545 -10 ans ont venu à Montréal. Mais écoutez,
- 24:57ça va faire bouger des choses. Alors, il faut
- 25:00ajuster, mais nous avons une démocratie très
- 25:04mature. Et les francophones, la majorité francophone
- 25:08a toujours contrôlé son avenir. Moi, je pense
- 25:12que Robert Burrasson, il n 'a pas dit rien de
- 25:15spectaculaire dans les années 90, ce qu 'il a
- 25:18dit. Mais le Québec a toujours le droit de déterminer
- 25:23son avenir. Mais oui, depuis 1867, c 'est le
- 25:26cas. Alors, je trouve pas ça et je respecte beaucoup
- 25:29M. Burrasson. Mais honnêtement, c 'est ça qui
- 25:32est arrivé. Et puis, Il y a une chose qui est
- 25:37fondamentale aussi, et on oublie ça, c 'est que
- 25:41quand j 'ai dit que l 'institution la plus importante,
- 25:45c 'est l 'éducation, j 'ai déjà travaillé dans
- 25:47le domaine d 'éducation, et je l 'affirme, c
- 25:51'est complètement important. Et quand je dis
- 25:54que je n 'ai pas peur de l 'avenir du Québec,
- 25:59c 'est parce que selon moi, il y a un truisme.
- 26:04que personne n 'en parle. Et c 'est que tant
- 26:07et aussi longtemps que l 'enseignement français
- 26:12demeure obligatoire et gratuit. Nous allons jamais
- 26:16perdre la langue française au Québec. Je ris
- 26:21quand les politiciens et les chroniqueurs parlent
- 26:27de la possibilité d 'un avenir comme la Louisiane
- 26:30au Québec. Alors, c 'est une rhétorique qui est
- 26:34très effective et qui fait appel et exploite
- 26:41les peurs et les insécurités linguistiques. Mais
- 26:45il y a un aspect qui est très important qui n
- 26:48'est jamais mentionné par ces politiciens chroniqueurs
- 26:52et c 'est le fait que la Louisiane a passé une
- 26:56loi qui a interdit l 'instruction de la langue
- 27:00française. Alors évidemment, la langue va disparaître
- 27:04si les jeunes n 'ont pas l 'opportunité d 'apprendre
- 27:08une langue si compliquée, si difficile à apprendre
- 27:12comme le français à l 'école. Parce que c 'est
- 27:15limité qu 'est -ce que les parents peuvent faire
- 27:16à la maison si après les enfants vont aller à
- 27:21une école anglaise et n 'ont pas la chance d
- 27:24'apprendre leur propre langue. Alors il y a...
- 27:27il n 'y a pas le moindrement de possibilités
- 27:31que nous allons ici au Québec interdire le français.
- 27:37Et pour continuer un peu dans cette vague -là,
- 27:41il y a eu la loi 96 qui a été adoptée. Est -ce
- 27:45que c 'est une loi qui était nécessaire? Écoutez,
- 27:48moi je pense que... Pour être cohérent avec ma
- 27:55thèse que la langue est dynamique et qu 'il faut
- 28:00s 'attendre... D 'abord, on ne va jamais avoir,
- 28:03quand je dis qu 'on ne peut pas régler la question
- 28:05de la langue, on ne va jamais avoir le point
- 28:08où on passe telle loi, on fait telle chose, puis
- 28:10c 'est fini. Le français est 100 % garanti, tout
- 28:13le monde est content. Non, le monde est dynamique.
- 28:16Tout va changer avec l 'Internet, avec AI et
- 28:23IA. Mais est -ce que c 'est nécessaire? Écoutez,
- 28:28je pense que peut -être il y a eu un besoin de
- 28:31modifier certaines choses. Je ne dis pas que
- 28:34la loi 96 est totalement... pas nécessaire, mais
- 28:39je dis qu 'il y a plusieurs choses dans cette
- 28:41loi qui ne sont pas nécessaires et qui ne sont
- 28:45pas là pour promouvoir la vitalité de la langue
- 28:49française. Et vraiment, ce que nous avons dans
- 28:52la loi 96, c 'est un très bel exemple de l 'approche
- 28:55conflictuelle à la politique. linguistique. Alors,
- 29:04et là, Alexandre, je suis très, très content
- 29:06que vous m 'avez posé cette question. Il faut
- 29:09bien comprendre que moi, j 'ai aucun problème
- 29:13avec le pourquoi et je pense que la communauté
- 29:15anglophone n 'a pas... Pas de problème du tout
- 29:18avec le pourquoi des lois linguistiques. On veut
- 29:22pas que la charte de la langue française soit
- 29:24abolie. C 'est ridicule de proposer ça. Mais
- 29:28on a le droit de dire, par exemple, je suis pas
- 29:31d 'accord avec le comment. On est d 'accord de
- 29:34promouvoir la vitalité du français. Mais ça,
- 29:38là, ce n 'est pas la façon de le faire. Et c
- 29:41'est gratuit ce que vous faites. Et mon approche
- 29:44à la loi, aux lois linguistiques, c 'est comme
- 29:48n 'importe quelle autre loi. Évidemment, je suis
- 29:51avocat. Je crois que la mission d 'un gouvernement,
- 29:58selon moi, c 'est de prendre des actions qui
- 30:02vont promouvoir... une meilleure vie pour les
- 30:06citoyens. Un gouvernement ne peut jamais garantir
- 30:11une vie heureuse, mais c 'est important pour
- 30:13un gouvernement de faire en sorte que le monde
- 30:16a la possibilité de faire ce qu 'ils veulent
- 30:19et de vivre égalité et liberté. Mais comme dans
- 30:26n 'importe quel domaine, oui, je respecte le
- 30:29droit dans une démocratie d 'un gouvernement
- 30:32de passer une loi. Mais nous conservons le droit
- 30:37de contester ces lois -là. Et mon test, c 'est
- 30:41toujours écouter. Peut -être que je suis en désaccord
- 30:44avec des choses dans 1996, mais mon approche,
- 30:47c 'est que si nos tribunaux me disent non, c
- 30:51'est valable, un recours est pris en vertu de
- 30:55la charte et... D 'abord, votre public doit savoir
- 30:59que ce n 'est pas à la légère qu 'un juge va
- 31:02invalider un loi. C 'est toute une pente à monter
- 31:05pour convaincre un juge inférieur, un juge de
- 31:10première instance, et après ça, de part ou d
- 31:13'autre, en appel et finalement à la Cour suprême.
- 31:17parce que ces gens de litige se rend à la course.
- 31:20C 'est pas la légère qu 'un tribunal va dire
- 31:23non. Le gouvernement a violé des droits, surtout
- 31:28avec l 'article 1. Il faut passer aussi cette
- 31:32barrière -là de l 'article 1 de la charte. Alors,
- 31:36j 'ai toujours pris la position que moi, j 'accepterais
- 31:40n 'importe quelle loi linguistique qui passe.
- 31:44le test de la charte. Et malheureusement, nous
- 31:50avons un gouvernement aujourd 'hui qui dit non,
- 31:52si vous êtes en désaccord avec le comment, mais
- 31:54vous êtes contre la langue française, et encore
- 31:58plus, vous êtes contre la nation québécoise,
- 32:01je trouve ça détestable, je trouve ça pitoyable.
- 32:04J 'ai le droit depuis quand un citoyen ne peut
- 32:07pas contester le comment de n 'importe quelle
- 32:12politique. Et ce n 'est pas parce que c 'est
- 32:15la langue qu 'on a moins le droit de contester.
- 32:17tester un loi, que d 'autres lois, soit les lois
- 32:20de travail, les lois de consommateurs ou whatever.
- 32:24Alors, je trouve que c 'est vraiment, vraiment
- 32:29dommage. qu 'on comprend cette approche conflictuelle,
- 32:32qu 'il y a un problème qui s 'appelle un défi
- 32:36à la langue française, qui est normal, qui ne
- 32:38va jamais disparaître vu la réalité géographique
- 32:42de ce qu 'on appelle la mer anglophone. Mais
- 32:48récemment, j 'ai posté que cette réalité de la
- 32:53mer anglophone changera jamais. Mais il est clair
- 32:56à moi que les francophones québécois sont les...
- 32:59meilleur nageur au monde. C 'est bien dit. Mais
- 33:03oui, mais oui. Alors, écoutez, on peut continuellement
- 33:06parler du négatif, mais moi, je vois vraiment
- 33:09une histoire positive ici au Québec et c 'est
- 33:13vraiment différent et vous n 'allez jamais trouver
- 33:17ça nulle part dans le monde. Alors, je trouve
- 33:21ça dommage qu 'en 2026, nous continuons cette
- 33:25approche conflictuelle où la large anglaise menace
- 33:30la langue française, où la communauté anglophone
- 33:35est perçue comme un adversaire plutôt qu 'un
- 33:38allié. Et je pense qu 'on est rendu à un point
- 33:41dans notre histoire qu 'il faut changer la page,
- 33:43il faut tourner la page à cette approche -là,
- 33:48qui me lance dans un autre ordre d 'idées, et
- 33:52cette idée que les immigrants rejettent la langue
- 33:55française. La communauté anglophone a la réticence
- 34:00d 'apprendre la langue française. Autrement dit,
- 34:06ce vision binaire de la vie au Québec que je
- 34:09rejette à 100 %. En 1962, quatre maires qui demeuraient
- 34:16sur la Rive -Sud ont milité pour un programme
- 34:19d 'émission française. Quatre maires. La Rive
- 34:24-Sud, 1962. Le Parti québécois n 'existait pas.
- 34:29Le Parti québécois n 'avait pas gagné d 'élections.
- 34:32Il n 'y avait pas eu de référendum. Dans les
- 34:35années 1960, il y a déjà eu la reconnaissance
- 34:38que, écoutez, il faut vraiment que nos enfants
- 34:41anglophones apprennent le français. Moi, quand
- 34:44j 'ai fréquenté les écoles anglophones dans les
- 34:47années 1960, l 'instruction de français langue...
- 34:53seconde était pétoyable. Pétoyable, OK? Et puis,
- 34:58j 'ai pas appris mon français à l 'école. Alors,
- 35:03notre génération, on dit, mais écoutez, ça passera
- 35:07pas comme ça avec nos enfants, impossible. Nous
- 35:10allons changer des choses. Les programmes émergions
- 35:13ont explosé au Québec et malgré la loi 101 avec
- 35:19le certificat d 'éligibilité, il y a... beaucoup
- 35:22de parents anglophones avec le droit d 'envoyer
- 35:24leurs enfants aux écoles dites anglophones, anglaises,
- 35:29mais sont effectivement des écoles bilingues
- 35:32aujourd 'hui, choisissent d 'envoyer leurs enfants
- 35:34aux écoles françaises. J 'ai été commissaire
- 35:40scolaire pendant neuf ans. dans les dernières
- 35:449 ans de le régime religieux, confessionnel.
- 35:51Et je peux dire que quand mes enfants ont fréquenté
- 35:55l 'école et quand j 'étais commissaire, la préoccupation
- 35:58pédagogique numéro un de tous les parents, c
- 36:01'était la maîtrise de la langue française. J
- 36:05'ai reçu de joueur de tonneau et c 'est encore
- 36:06le cas aujourd 'hui. Et ça fait des décennies
- 36:11que ça dure. On augmente, on augmente continuellement
- 36:17le contenu français dans le cursus des écoles
- 36:21anglophones. Le but, c 'est de diplômer des enfants
- 36:25qui sont capables soit de commencer un emploi
- 36:29ou s 'ils veulent. suivre des cours postsecondaires,
- 36:35leur éducation dans des institutions francophones
- 36:38postsecondaires. Alors, quelle est la pertinence
- 36:42encore de parler de ces deux solitudes -là? J
- 36:46'en reviens pas. Je pense que, et mon ami Joe
- 36:52Ortona a parlé beaucoup dans votre dernière émission
- 36:55de cet phénomène -là. La loi 101... à transformer
- 37:02le Québec à 180 degrés, surtout la communauté
- 37:06anglophone. Et puis, pensez -vous pas que c 'est
- 37:09le temps de peut -être changer notre approche
- 37:12et de finalement arriver au point où la majorité
- 37:16francophone commence à penser à la communauté
- 37:20anglophone plutôt comme alliée, à cet objectif
- 37:25-là. Et quand est -ce que nous allons... remplacer
- 37:29la méfiance avec la confiance. Et quand est -ce
- 37:33qu 'on ne va pas commencer d 'avoir des gouvernements
- 37:37qui adoptent une approche collaborative dans
- 37:43l 'élaboration de nos politiques linguistiques
- 37:47et qu 'on arrive finalement à un point où nous
- 37:53considérons que la promotion de la langue la
- 37:57protection de la langue française et la vitalité
- 38:00de la langue française demeure un valeur commun,
- 38:05partagée par la communauté anglophone et la communauté
- 38:10francophone. Est -ce que, avant qu 'on parle
- 38:12de la transition entre le système religieux et
- 38:13le système linguistique, est -ce que vous pensez
- 38:16qu 'aujourd 'hui on devrait permettre aux parents
- 38:18francophones d 'envoyer leurs enfants aux écoles
- 38:20anglaises ou est -ce qu 'on devrait laisser ça
- 38:22tel que c 'est? C 'est une très excellente question.
- 38:26Et d 'abord, je ne veux pas faire de la déflection,
- 38:29mais évidemment, c 'est d 'abord et avant tout
- 38:31une question pour la majorité francophone de
- 38:34dire écoutez, est -ce qu 'on est arrivé à ce
- 38:36point -là? Regardez ce que les anglophones font.
- 38:41Pourquoi qu 'on ne fait pas la même chose? Et
- 38:43c 'est drôle parce que quand j 'étais commissaire
- 38:45dans les années 90, vu que c 'était le système
- 38:51confessionnel, évidemment, je côtoyais avec des
- 38:54francophones tous les jours parce que c 'était
- 38:57une commission scolaire catholique fréquentée
- 39:02par des catholiques anglophones et catholiques
- 39:04francophones. Et c 'était comme un tiers, deux
- 39:07tiers, deux tiers francophones. Donc, on côtoyait.
- 39:10au West Island. Alors, imaginez -vous, on côtoyait
- 39:14à tous les jours les francophones, les enseignants,
- 39:16les francophones, les directeurs personnels de
- 39:19la commission scolaire et les parents. Et je
- 39:21siégeais beaucoup sur les comités composés de
- 39:24francophones et anglophones. C 'était merveilleux
- 39:27comme expérience, c 'était merveilleux parce
- 39:29qu 'au bout de la ligne, lorsqu 'on nous sommes
- 39:32autour de cette table, il y a juste une préoccupation
- 39:35qui unit tout le monde. La meilleure éducation
- 39:38possible pour nos enfants. l 'avenir de nos enfants.
- 39:41Et si vous voulez avoir une discussion honnête,
- 39:44parlez avec un francophone ou anglophone de l
- 39:48'avenir de leurs enfants. Tout le monde veut
- 39:50la même chose. Et beaucoup de francophones venaient
- 39:54me voir. Vous savez, je suis très impressionné
- 39:57par votre programme d 'immersion française. Pourquoi
- 40:01qu 'on ne peut pas faire la même chose? À ce
- 40:03moment -là, il y a un autre palier de gouvernement
- 40:07que vous devrez en parler. Mais honnêtement,
- 40:12Alexandre, je ne comprends pas la réticence ou
- 40:18la peur encore de la langue française. Pendant
- 40:22mon époque, on ne pouvait même pas introduire
- 40:25la langue anglaise dans le coursus francophone
- 40:28avant la quatrième année. Et aujourd 'hui, peut
- 40:33-être, il y a quelques écoles qui font comme
- 40:36un genre d 'immersion rendu au sixième année.
- 40:41Mais à ma connaissance, on n 'est pas là du tout.
- 40:46Et la peur demeure. Et c 'est pas à moi d 'exprimer
- 40:51un jugement sur cette peur, si c 'est bien fondé
- 40:54ou mal fondé. Mais je peux vous dire que... Il
- 40:59y a des études qui... C 'était, mettons, une
- 41:03crainte de la communauté anglophone. C 'était,
- 41:05mais écoutez, si on passe tellement de temps
- 41:07sur le français, l 'anglais va souffrir. Mais
- 41:11les études démontrent le contraire pour une raison
- 41:15qu 'on peut pas expliquer. Les enfants qui sont
- 41:19exposés à une deuxième langue... C 'est une transférence
- 41:26d 'habilité. Et puis voilà. Mais il n 'y a pas
- 41:31d 'enjeux pour moi d 'une façon ou d 'une autre.
- 41:34L 'enjeu est énorme pour les francophones, mais
- 41:37c 'est un débat. Mais c 'est drôle, mais je n
- 41:40'ai jamais rencontré un parent francophone qui
- 41:43était contre l 'idée que son enfant apprend l
- 41:45'anglais. Jamais. Alors... Tout ça pour revenir
- 41:50à mon premier point, c 'est que la question de
- 41:53la langue n 'est pas un problème à régler et
- 41:56c 'est une dynamique, c 'est vraiment une réalité
- 41:59dynamique. Et la tradition québécoise, quant
- 42:05à moi, c 'est une tradition de tolerance, d 'accommodation
- 42:10et cette méfiance et ces phrases comme le français
- 42:14est en déclin et tout ça. Je ne pense pas que
- 42:17ça aide pas. Je ne pense pas que ce genre de
- 42:21rhétorique aide nos enfants, aide l 'avenir du
- 42:25Québec. Je pense que c 'est important qu 'on
- 42:29approche cette problématique avec intelligence.
- 42:35avec franchise, avec honnêteté, mais avec confiance
- 42:39que tout le monde est sur la même page. Et on
- 42:44va bâtir une société merveilleuse si on commence
- 42:49à parler moins et changer le ton de la façon
- 42:54d 'aborder cette question qui est très, très
- 42:59importante. Et parlons un peu de la transition
- 43:03entre le système religieux puis le système linguistique,
- 43:07disons, le passé des commissions scolaires catholiques,
- 43:09protestantes anglaises, françaises. Qu 'est -ce
- 43:12qui génère ce changement -là? Comment ça se produit?
- 43:15C 'est intéressant parce que j 'ai vécu le système,
- 43:19je suis un produit de l 'ancien système et puis
- 43:22je dois dire que c 'est drôle que si vous y pensez
- 43:27historiquement. Le Parti québécois arrive en
- 43:291977, passe cette loi -là, mais garde encore
- 43:34le système confessionnel. Ça a pris 20 ans. Pensez
- 43:38-y comme il faut. Ça a pris 20 ans pour abolir
- 43:41finalement le système confessionnel. On se pose
- 43:47la question pourquoi? Et la question m 'a été
- 43:50posée dans une entrevue anglaise. Et puis j 'ai
- 43:56dit... Ce que je me rappelle et ce que je pense
- 43:59s 'est passé, c 'est qu 'on vivait une contradiction
- 44:02et c 'était carrément hypocrite de continuer
- 44:06un système d 'éducation où peut -être 80 ou 90
- 44:11% de la population ne vivait plus leur foi. On
- 44:17avait un genre d 'attache à cette notion, la
- 44:22religion, mais ce n 'était pas comme les années
- 44:241940 -1950. tout a changé. Et je pense que pendant
- 44:30plusieurs années, le sujet a toujours été apporté
- 44:34au ministère de l 'Éducation. Mais pourquoi qu
- 44:36'on ne change pas ça? Mais non, vous savez, l
- 44:38'Église ne veut pas, puis il y a toujours encore
- 44:41l 'appui de la part du monde qui sont croyants,
- 44:45et ainsi de suite. Mais rendu dans les années
- 44:4690, je pense que la contradiction s 'était flagrant.
- 44:53Le temps était... plus qu 'arriver, de changer
- 44:56des choses et d 'aligner nos écoles sur la base
- 45:01linguistique et pas de la religion. Il faut aussi
- 45:04ajouter une autre chose, Alexandre, c 'est que
- 45:06dès que nous avons passé la loi 101 en 1977,
- 45:12ça a eu un effet sur la communauté francophone
- 45:15aussi. Et je vais vous expliquer pourquoi. Tout
- 45:18d 'un coup, après, mettons, l 'ère de l 'abbé
- 45:23Lionel -Groux où on tentait de garder tout le
- 45:26monde, sauf les catholiques. On va garder juste
- 45:30l 'école française pour les catholiques. Là,
- 45:33on tourne le bord, puis c 'est tout le monde
- 45:36qui va venir. Et je dois le dire que... À ce
- 45:40moment -là, vous avez besoin d 'un autre genre
- 45:42d 'enseignante ou enseignante, un autre genre
- 45:45de directeur d 'école. La diversité, exactement.
- 45:51Moi, je le dis toujours que c 'est vraiment pendant
- 45:54les années 1980, 1990, que les attitudes des
- 45:59francophones vis -à -vis des immigrants et ainsi
- 46:01de suite ont changé, nécessairement, parce que
- 46:05tout d 'un coup, du jour au lendemain, Comme
- 46:08enseignante, vous avez une classe qui n 'est
- 46:10plus homogène. Tu es rendu avec des étudiants
- 46:13juifs, des étudiants italiens... Toutes religions,
- 46:16toutes les races, tout ça. Et vos enfants francophones,
- 46:22leurs pères ne sont plus les gendrons, les côtés,
- 46:26les... comprenez -vous? Alors, c 'est une expérience
- 46:28merveilleuse et je pense que ça a eu un effet
- 46:31de complètement changer les attitudes. des francophones
- 46:35vis -à -vis la diversité. Et fondamentalement,
- 46:39je crois que les enseignants veulent enseigner
- 46:41et ils ont une passion pédagogique et ils veulent
- 46:46la réussite de leurs élèves, peu importe leur
- 46:48race, peu importe leur culture. Et je pense qu
- 46:54'à ce moment -là, imaginez -vous, là, ça fait
- 46:56les années 80, là, vous êtes rendu dans les années
- 46:5990. Puis là, il faut ajuster aussi le cursus
- 47:03parce que ces élèves -là, les parents de ces
- 47:07élèves -là... Ne veulent pas avoir X nombre d
- 47:09'heures de religion catholique. Oui, ne veulent
- 47:11pas fréquenter la messe le premier vendredi de
- 47:14chaque mois, comme dans mon époque. Et puis là,
- 47:16il faut changer. Et alors, rendu dans les années
- 47:1990, mais je sais que dans le monde d 'éducation,
- 47:23on disait carrément... pourquoi qu 'on fait ça
- 47:25encore, il faut changer ça. Oui, c 'est un point
- 47:28intéressant. Ce que t 'expliques, que je trouve
- 47:31intéressant, c 'est de dire, là, c 'est bien
- 47:33beau, envoyer tous ces gens -là que les guides,
- 47:35ils avaient rejetés pour rester uniformes. Mais
- 47:38là, on les envoie de force un peu dans le système
- 47:40scolaire français. Fait que là, toute la culture
- 47:43scolaire qui est entièrement axée sur l 'Église
- 47:47catholique, essentiellement, elle doit être réformée.
- 47:49Et pendant 20 ans, on a des commissions scolaires
- 47:52catholiques qui gèrent les écoles en français
- 47:56et les français qui sont vraiment... C 'était
- 47:59devenu anachronistique, OK? Alors, il y avait
- 48:02un mismatch entre la société... et l 'école.
- 48:07Et finalement, on a compris ça. Ça a pris le
- 48:10Parti québécois de le faire. J 'ai été très actif
- 48:15d 'abord. pendant ce processus -là, on a fait
- 48:19affaire avec Mme Marois dans la transition. Elle
- 48:22était... Elle était la ministre de l 'Éducation.
- 48:23Oui, elle était une ministre d 'Éducation excellente.
- 48:29Elle était une femme qui s 'occupait des choses.
- 48:34Il y avait beaucoup de monde qui doutait qu 'elle
- 48:37s 'est donnée un an. pour réformer un système
- 48:40de 150 ans, à peu près. Et elle a réussi. Elle
- 48:44a réussi avec Brio. Et puis, nous avons bâti.
- 48:49Et vraiment, je remercie Mme Marois parce qu
- 48:51'elle a créé, pour moi, la plus importante institution
- 48:56anglophone, la Commission scolaire. Et puis...
- 49:01Parce qu 'avant ça, les anglophones n 'avaient
- 49:03pas d 'institution, mais il y avait les protestants.
- 49:06Oui, le PSBGM, oui. Mais dans le secteur catholique,
- 49:11on était présents, on était actifs. Mais vraiment,
- 49:15de mettre tous les anglophones sous le même toit
- 49:19était très important. Et je dois dire qu 'il
- 49:24y a un autre petit détail qui est souvent pas
- 49:27mentionné, c 'est que... Pour faire ça, ça fallait
- 49:30un amendement constitutionnel. Et ça a été fait
- 49:35comme du beurre, zéro. En 95, on a eu cet référendum
- 49:40qui a déchiré la population, le fédéralisme ne
- 49:44fonctionne pas, il y a ci, il y a ça, OK. Deux
- 49:47ans plus tard, M. Bouchard a demandé qu 'on change
- 49:50la constitution pour permettre les commissions
- 49:53linguistiques. Ça a été fait comme... Est -ce
- 49:55que c 'est en entente bilatérale ou il y a...
- 49:57Bilatérale, oui, oui, effectivement, effectivement.
- 50:00Alors, et quant à moi, on a réussi à changer
- 50:02un des... plus important institution du Québec,
- 50:05notre système d 'éducation. Et puis, c 'est vraiment
- 50:10intéressant de voir cette dynamique -là. Et ça
- 50:13a pris du temps. Et je pense que dans le monde
- 50:16qu 'on vit aujourd 'hui, on est dans une vie
- 50:18où on s 'attend à des changements rapidement.
- 50:22Tu sais, c 'est du fast -food, on a un problème,
- 50:25on veut que ça soit réglé hier. Et des fois...
- 50:29Pour des questions compliquées, c 'est pas comme
- 50:31ça. C 'est graduel, il faut penser des choses,
- 50:35il faut essayer des choses, ça ne fonctionne
- 50:37pas et on essaie d 'autres choses. Ça m 'amène
- 50:41à un autre point qui est très important et que
- 50:44je trouve lamentable dans la politique, le discours
- 50:47politique aujourd 'hui. Je trouve qu 'on a perdu
- 50:50notre sens d 'empathie. et il faut qu 'on retrouve
- 50:55notre capacité d 'introspection et de réflexion.
- 51:00Alors, lorsque nous parlons de ce qui s 'est
- 51:02passé dans les années 50, 60, 70, quand je parle
- 51:08du Québec des années 1950, 1960, c 'est pas une
- 51:13blombe que je lance et c 'est pas une critique.
- 51:17et je ne cherche pas à rectifier quelque chose,
- 51:21mais c 'est juste d 'inviter le monde de dire,
- 51:24écoutez, on doit être capable de regarder notre
- 51:27histoire et, oui, célébrer nos accomplissements,
- 51:30oui, mais aussi réfléchir sur nos échecs et avoir
- 51:34la maturité de dire, écoutez, on a fait des erreurs
- 51:38avec la communauté italienne. on n 'aurait pas
- 51:41dû les envoyer aux écoles anglophones, OK? Et
- 51:46à ce moment -là, on enseigne nos enfants de faire
- 51:49justement ça, de reconnaître que nos actions
- 51:52ont les conséquences. Et des fois, lorsque nos
- 51:55actions... fait des conséquences qui nuit du
- 52:00monde, mais on s 'excuse. On dit, écoutez, je
- 52:03vais tenter de faire de mieux. Et c 'est dans
- 52:06cette approche que j 'aimerais qu 'on commence
- 52:09un débat linguistique pour dire, écoutez, il
- 52:11y a des choses qu 'on a bien fait. C 'était vraiment
- 52:13une bonne idée de passer la loi 101, mais on
- 52:16n 'avait pas besoin de blâmer du monde pour réussir
- 52:20et pour passer cette loi -là. Et on a fait du
- 52:23progrès, mais on n 'a pas besoin de blâmer des...
- 52:27pour nos défis, pour le défi à la langue française.
- 52:35Et il y a un autre mythe que j 'aimerais aborder.
- 52:39Je vais commencer avec une affirmation, c 'est
- 52:42que les immigrants ne viennent pas au Québec
- 52:44pour se mêler dans une controverse linguistique.
- 52:48Les immigrants dans les années 1950 et dans les
- 52:52années... 20 -20, OK, viennent ici pour une motif.
- 52:57C 'est pour améliorer leur vie et la vie de leurs
- 52:59enfants. Ils vont apprendre la langue qu 'il
- 53:01faut. pour trouver un emploi et ils vont respecter
- 53:06les lois et ils sont concentrés sur une chose
- 53:09seulement et c 'est améliorer leur vie. Il n
- 53:12'y a pas une personne qui valorise plus notre
- 53:15société que les immigrants et ils sont reconnaissants
- 53:19et moi je me compte parmi ce monde -là de la
- 53:22richesse de ce pays. Et qu 'est -ce que ce pays
- 53:26fait? pour eux et leurs enfants. Alors, aujourd
- 53:30'hui, c 'est incontestable que la langue française
- 53:33est prédominante et que vous n 'allez pas trouver
- 53:36un emploi qui est bien payé si vous ne parlez
- 53:40pas le français. Alors, malgré ce que les politiciens
- 53:44disent, je regrette, je ne les crois pas. Ce
- 53:47n 'est pas été mon expérience d 'abord, tous
- 53:49les politiciens. et les chroniqueurs qui critiquent
- 53:53les immigrants n 'ont jamais vécu l 'expérience
- 53:56immigrant. Alors c 'est très facile de critiquer,
- 54:00mais vous n 'avez pas vu, vous n 'avez pas vécu
- 54:03cette vie -là. Et je peux vous dire que on vient
- 54:06ici pour, mes parents ont venu ici pour me donner
- 54:10une meilleure vie et ils ont réussi. Et il y
- 54:13a très peu de sociétés dans le monde où une personne
- 54:17comme moi, enfants, de parents, immigrants, peut
- 54:21dans une génération devenir avocat. Et l 'année
- 54:24passée, j 'ai plaidé devant la Cour suprême du
- 54:26Canada. Alors, il y a très peu de pays où on
- 54:30peut faire ça. Alors, les immigrants... Et fréquemment,
- 54:36j 'ai même ce remarque d 'immigrants ou de fils
- 54:39d 'immigrants. Vous savez, Ralph, les immigrants
- 54:40d 'aujourd 'hui ne sont pas comme les immigrants
- 54:42de nos parents. Je regrette, je ne suis pas d
- 54:44'accord. Je fais affaire avec les immigrants
- 54:47d 'aujourd 'hui, je les représente devant nos
- 54:49tribunaux et ils sont exactement comme mes parents.
- 54:52Ils parlent une autre langue, peut -être ils
- 54:54ne sont pas de race blanche, mais ils voulaient
- 54:58avoir la même chose que mes parents et ils veulent...
- 55:01L 'intégration, vous pouvez parler d 'interculturisme
- 55:06ou multiculturisme. Bottom line, ils veulent
- 55:09être acceptés par la société dans laquelle ils
- 55:13ont immigré. En terminant, rapidement, est -ce
- 55:17que tu te considères Québécois? Oui, oui, 100
- 55:19%. Merci de m 'avoir demandé cette question parce
- 55:24que je trouve ça encore pénible que nous restons
- 55:29toujours dans cette discussion binaire. Je viens
- 55:32de vous dire que je suis tellement fier d 'être
- 55:35Canadien, mais comment est -ce que je pourrais
- 55:37être fier d 'être Canadien sans être... fiers
- 55:39d 'être Québécois. Ne pensez -vous que je trouve
- 55:42que le Québec est la meilleure société au monde.
- 55:47Je ne veux pas vivre autrement, autre place que
- 55:51le Québec et j 'ai tout vu. J 'ai vu la crise
- 55:54d 'octobre, j 'ai vu le référendum numéro un,
- 55:57numéro deux. Je n 'ai jamais pensé de quitter
- 56:00et je pense que c 'est un point que trop de francophones
- 56:03ne croient pas. Alors, comment est -ce que je
- 56:06peux m 'asseoir dans une entrevue et déclarer
- 56:09que je suis tellement fier d 'être Canadien quand
- 56:13toute mon expérience Canadienne a eu lieu au
- 56:16Québec? Alors, je remercie qui? Je remercie nécessairement
- 56:21les francophones aussi qui m 'ont côtoyé et qui
- 56:25m 'ont aidé, je dois le mentionner, à apprendre
- 56:28le français parce que mon prof au cégep savait
- 56:33que... Je voulais être avocat et il fallait absolument
- 56:38que j 'apprenne le français. Et un jour, il m
- 56:41'a gardé après la classe et il a dit Ralph, j
- 56:45'ai un conseil pour vous. Je vois que vous voulez
- 56:48vraiment apprendre le français, mais j 'ai un
- 56:50conseil pour vous. Arrêtez de prendre des cours
- 56:52de français. C 'est évident que c 'est un grand
- 56:57échec. Et la seule façon d 'apprendre le français,
- 57:00c 'est l 'immersion. Et il avait raison, parce
- 57:04que j 'ai obtenu un emploi et le patron qui m
- 57:10'a engagé m 'a demandé, parlez -vous le français.
- 57:13J 'ai dit, well, a bit, you know. Il disait,
- 57:16OK, vous allez apprendre avec nous autres. Et
- 57:19il avait raison. J 'ai passé huit ans, j 'ai
- 57:21fait mes études, ça finançait mes études universitaires.
- 57:25Et quand j 'ai sorti, j 'étais bilingue. J 'étais
- 57:29plus bilingue que quand j 'ai commencé l 'emploi.
- 57:33Mais je parlais le bilingue, le français des
- 57:36bouchers, parce que je travaillais avec des bouchers.
- 57:39Et tranquillement, quand j 'ai abordé la profession
- 57:44d 'avocat, Je n 'étais pas aussi bilingue qu
- 57:47'aujourd 'hui. Et j 'ai reçu ce que j 'appelle
- 57:50la courtoisie linguistique. Et plusieurs juges,
- 57:54plusieurs confrères m 'aidaient quand je cherchais
- 57:57mes mots. Et je trouve que ça, c 'est le Québécois
- 58:00que j 'ai connu. Alors, est -ce que je suis Québécois?
- 58:04Oui, fièrement. Honnêtement, je me considère
- 58:07un peu chauviniste quand je... voyages aux États
- 58:11-Unis ou en Ontario, je trouve les villes magnifiques,
- 58:15mais il me manque quelque chose quand je ne vois
- 58:17pas le français, quand je n 'entends pas le français.
- 58:20Il y a des francophones qui peut -être ne me
- 58:22croient pas, mais je trouve que la vie à Montréal
- 58:27est très intéressante. Et oui, je suis Québécois.
- 58:31Merci beaucoup, Ralph, pour ton temps. Merci
- 58:34d 'avoir été avec nous. Si vous avez aimé l 'épisode,
- 58:36abonnez -vous, laissez un nouveau commentaire
- 58:37pour qu 'on puisse s 'améliorer. Également, vous
- 58:38pouvez vous joindre à la chaîne YouTube pour
- 58:40avoir les épisodes en avance. À la semaine prochaine!