Latest / ArtEcoVert La voix de la couleur végétale et des plantes tinctoriales / E104 Denise Lambert - Atelier Bleus Pastel d'Occitanie - La passion et l'ouverture sur la couleur végétale avec le bleu de pastel
Transcript
- 0:00Bonjour et bienvenue dans le podcast ArtEcoVert,
- 0:03le podcast qui vous parle d'art,
- 0:05d'écologie et de verdure.
- 0:07Je suis Pauline Leroux,
- 0:09ingénieure agronome passionnée de plantes et je vous emmène à la découverte de la couleur végétale et de toutes ses applications.
- 0:16Que ce soit dans le textile,
- 0:18l'ameublement,
- 0:19l'artisanat,
- 0:20la décoration et dans d'autres domaines,
- 0:23chaque jeudi et samedi à 7h30,
- 0:26je vous propose des épisodes riches avec des invités passionnants pour approfondir le sujet de la couleur végétale sur toute la chaîne de valeur.
- 0:35Mon but,
- 0:36fédérer et démocratiser la couleur végétale dans nos vies.
- 0:40Alors c'est parti,
- 0:41bonne écoute !
- 0:45Je suis ravie d'accueillir sur le podcast Aréco Vert,
- 0:47Denise Lambert de la société
- 0:49L'Atelier Bleu Pastel d'Occitanie.
- 0:52Bonjour Denise.
- 0:53Bonjour Pauline.
- 0:55Alors Denise,
- 0:56on m'a parlé de vous sur d'autres entreprises,
- 0:59mais toujours en lien avec le bleu du pastel.
- 1:04Je voulais que vous puissiez vous présenter pour les auditeurs,
- 1:06raconter un petit peu le parcours qui vous a mené à la couleur végétale et à ce que vous faites aujourd'hui si vous voulez bien.
- 1:13Alors c'est assez particulier parce que mon époux était belge,
- 1:17moi je suis américaine élevée dans le Berry,
- 1:19c'est un peu le pays des sorcières d'ailleurs,
- 1:21parce qu'il faut être un peu sorcier pour travailler le pastel,
- 1:25et on a commencé il y a à peu près en 1993 grâce à quatre volets qui dataient du
- 1:3214e.
- 1:33Ce qui est étonnant dans ces cuves de pastels à l'époque,
- 1:36c'est que quand elles étaient bleues,
- 1:37elles ne teignaient pas et on observait qu'il y avait très peu d'insectes et on avait dans ce bâtiment,
- 1:43dans le Gers,
- 1:44une ancienne chapelle qui avait quatre volets qui dataient du
- 1:47XIVe. Et c'est ce déclic de retrouver une couleur que personne ne connaissait depuis trois siècles et qu'on a fait le tour,
- 1:55évidemment,
- 1:57de l'âge d'or du pastel à Toulouse et qu'on n'a jamais vu de bleu,
- 2:01mais on a vu des bâtiments.
- 2:03Et puis,
- 2:03comme on aime bien les difficultés et on est curieux,
- 2:07on a passé à peu près cinq années de trouver des graines qui n'existaient plus au conservatoire de plantes à Milly-la-Forêt,
- 2:15de convaincre un agriculteur d'essayer de comprendre le travail qu'aurait pu faire un artisan à l'époque pour pouvoir comprendre pourquoi ça n'existait plus et l'améliorer au niveau récolte et l'améliorer au niveau extraction du pigment pur.
- 2:34Alors ces cinq années de correction erreur en travaillant avec quelques scientifiques de Toulouse,
- 2:42le CRIT agro-ressources,
- 2:43travailler avec une coopérative qui a permis d'agrandir et de comprendre,
- 2:48mais avec évidemment beaucoup de correction erreur d'humilité parce qu'on n'est ni scientifique,
- 2:56On n'a jamais travaillé dans les plantes tinctoriales ou les colorants végétaux et on était plutôt galerie d'art moderne en Belgique,
- 3:05mais c'est la passion qui a pris le dessus.
- 3:08D'accord,
- 3:09ok.
- 3:10Et alors,
- 3:10est-ce que vous,
- 3:11à ce moment-là,
- 3:12vous reprenez un sujet qui a été longtemps abandonné ?
- 3:18Où est-ce que vous trouvez les ressources ?
- 3:21Est-ce que vous lisez des bouquins ?
- 3:22Est-ce que vous allez vous renseigner auprès de personnes ?
- 3:25Est-ce que vous vous formez ?
- 3:26Est-ce que ça existe en 93,
- 3:28des gens qui sont compétents ?
- 3:29Comment vous faites ?
- 3:31C'est assez compliqué,
- 3:32parce que,
- 3:32un,
- 3:33il n'y a jamais eu d'écrit sur le travail.
- 3:36des maîtres teinturiers à l'époque,
- 3:38parce que c'est un savoir-faire assez étonnant et beaucoup plus diabolique parce qu'imaginez,
- 3:44vous êtes à la Renaissance et au Moyen-Âge,
- 3:47vous sortez un tissu d'une cuve qui sent mauvais,
- 3:49qui est jaune,
- 3:50qui passe de jaune au vert,
- 3:51de vert au bleu.
- 3:52Donc n'importe quelle population,
- 3:54à l'époque,
- 3:55en avait peur de ces teinturiers qui avaient un niveau presque aussi mal aimé que le bourreau,
- 4:01par exemple.
- 4:02Mais comme on faisait le bleu royal,
- 4:03c'était autre chose.
- 4:04Alors finalement,
- 4:05ça a été un peu de jugeote,
- 4:08un peu de curiosité,
- 4:10un peu de tomber sur des gens qui nous ont un peu raconté,
- 4:14mais l'histoire n'était pas tout à fait correcte,
- 4:16à notre avis,
- 4:17de faire le lien et de surtout persévérer.
- 4:21Parce qu'il y a beaucoup,
- 4:22ou il y a eu,
- 4:23et il y a encore,
- 4:25beaucoup,
- 4:25beaucoup de difficultés.
- 4:28beaucoup à comprendre quand vous n'êtes pas dans le milieu.
- 4:31On a trouvé des scientifiques qui étaient à l'écoute,
- 4:33parce que c'est compliqué aussi avec certains scientifiques qui veulent faire quelque chose,
- 4:37une formule,
- 4:38et ça c'est un savoir-faire.
- 4:40Et comme il y avait très peu ou quasiment personne qui pouvait nous renseigner sur vraiment les possibilités de le mettre un peu dans un monde plus moderne,
- 4:52on a tout fait nous-mêmes.
- 4:54Incroyable.
- 4:55Et alors,
- 4:55du coup,
- 4:56cette aventure,
- 4:57c'est ce qui a donné naissance à l'entreprise Bleu de Lectour,
- 4:59si je comprends bien.
- 5:00C'est ça,
- 5:01c'est ça.
- 5:02Et est-ce que vous pouvez nous raconter un petit peu,
- 5:05point de vue,
- 5:06vous avez trouvé des terres,
- 5:07quelle surface que vous avez essayé de nous raconter un petit peu,
- 5:11comment ça a été la culture,
- 5:12parce qu'il y a beaucoup de gens qui sont passionnés de ça,
- 5:14qui écoutent le podcast.
- 5:16Comment vous vous y êtes pris ?
- 5:17Qu'est-ce que vous avez tenté ?
- 5:19Est-ce que vous avez...
- 5:20noter vos essais pour qu'ils puissent être partagés ou pas ?
- 5:24Comment ça fonctionne ?
- 5:26On a commencé tout petit,
- 5:28un petit carré.
- 5:29On avait trouvé des graines dans ce musée de plantes territoriales à Mille et la Forêt et on a semé.
- 5:36Et puis,
- 5:36on a un petit peu...
- 5:38On a eu quelques...
- 5:40je dirais,
- 5:42suggestions,
- 5:43par exemple.
- 5:44On sait que ça doit être cultivé l'hiver,
- 5:46etc.,
- 5:47que la feuille n'a le colorant ou la rosette que la première année.
- 5:50Mais c'était beaucoup nous-mêmes qui avions,
- 5:53avec un peu d'intelligence,
- 5:55t'es rien à la limite,
- 5:57travaillé petit,
- 5:58agrandir.
- 5:59Mais à chaque moment où on agrandissait,
- 6:01il fallait compter une transition de six mois.
- 6:05pour réajuster sur le sol,
- 6:07pour réajuster la quantité d'eau pour l'extraction,
- 6:10pour comprendre comment on peut le faire à une échelle beaucoup plus grande de nos jours en agriculture.
- 6:17Maintenant,
- 6:17on travaille avec des semoires,
- 6:20on a des machines qui récoltent les feuilles,
- 6:22donc c'est beaucoup plus évolutif à l'époque.
- 6:25Quand mon époux a trouvé quelques feuilles et a fait un peu une extraction empirique à la maison,
- 6:31on avait donné les mêmes feuilles au CRIT agro-ressources.
- 6:34ils n'ont jamais réussi à extraire un tout petit peu,
- 6:37parce qu'ils nous ont téléphoné pour nous dire,
- 6:39expliquez-nous.
- 6:40On a compris après,
- 6:41le professeur Villareme nous a dit,
- 6:43c'est qu'on n'a utilisé que de l'eau distillée,
- 6:47et ça n'a pas marché pour l'extraction.
- 6:50Donc ça a continuellement été que des corrections,
- 6:53erreurs,
- 6:54et beaucoup d'intelligence visuelle,
- 6:57et de rémémoriser et d'améliorer.
- 7:30dans le GERS.
- 7:30Donc,
- 7:31je continue à donner un avis et je travaille avec,
- 7:35vous devez connaître Patrick Brunac de Greening.
- 7:38C'est un ami qui,
- 7:40on s'entraide,
- 7:41il me donne des conseils,
- 7:42etc.
- 7:44Génial.
- 7:45Et quand vous parlez du CRIT agro-ressources,
- 7:47vous parlez de quoi exactement ?
- 7:48C'est le département Toulouse qui était géré à l'époque par le professeur Villarema.
- 7:56De l'école de
- 7:57Rangueil. Voilà,
- 7:59c'était à Rangueil.
- 8:01Alors,
- 8:02sur le podcast,
- 8:03on a organisé une quinzaine de l'agriculture tanctorielle,
- 8:05justement,
- 8:06où on avait essayé d'avoir des gens qui pouvaient nous parler des ressources,
- 8:11des semences,
- 8:12où on les trouve,
- 8:15l'importance de les adapter,
- 8:16on va dire,
- 8:17aux terroirs,
- 8:18etc.,
- 8:18dans lesquels on se trouve.
- 8:19On voit que c'est quand même un point critique,
- 8:22que ce soit...
- 8:23Alors,
- 8:23un peu moins pour le pastel,
- 8:24mais pour les autres couleurs,
- 8:25c'est assez critique la ressource en semences.
- 8:30Je vous dirais honnêtement que maintenant,
- 8:32c'est très critique pour deux raisons.
- 8:35Alors,
- 8:35il faut savoir que le pastel poussait partout en Europe.
- 8:38Ça poussait en Finlande,
- 8:39aux Açores,
- 8:40etc.
- 8:41Donc,
- 8:41il y avait une importance politique en France,
- 8:43bien sûr,
- 8:44mais il y avait au départ aussi des graines un peu ailleurs,
- 8:48même en Turquie.
- 8:49La problématique,
- 8:50c'est que...
- 8:51On avait suffisamment de graines parce qu'avec les agriculteurs,
- 8:54on travaillait sur la deuxième année,
- 8:57sur la récolte des graines en divisant les terres.
- 9:00La problématique qu'il y a actuellement,
- 9:03c'est que tout le monde n'a pas écouté les conseils de mon époux en disant que le pastel est une plante.
- 9:08Comme toutes les plantes et toutes les récoltes,
- 9:10on peut avoir des bonnes et des mauvaises années.
- 9:13Et on a eu des mauvaises années,
- 9:15après les très bonnes,
- 9:16où les graines ont pourri dans le sol.
- 9:18Il y a eu de la pluie trop tôt.
- 9:20Mais comme c'est arrivé au même moment où l'avantage de raccourcir le cycle végétatif pour obtenir de la floraison et donner des graines,
- 9:30et les graines étaient vendues pour l'huile de pastel,
- 9:33tout le monde a vendu ses graines.
- 9:35Mais quand la position pour l'obtention du pigment est arrivée,
- 9:40il n'y avait plus de graines.
- 9:41Et quand on sème,
- 9:43ce n'est pas
- 9:43100 grammes de graines que nous travaillons,
- 9:46c'est des kilos de graines,
- 9:48des grandes quantités.
- 9:49Donc il y a eu,
- 9:50comme à l'époque du
- 9:5215ème, un arrêt.
- 9:54de l'extraction en France,
- 9:56dont moi,
- 9:57je n'ai pas de problème à le dire,
- 9:59comme d'autres ont acheté le pigment en Italie.
- 10:03L'histoire fait pareil.
- 10:04Il ne faut pas croire que toutes les années…
- 10:07Donc, il y a eu…
- 10:08Le problème avec l'Italie,
- 10:10c'est qu'ils ont eu des problèmes.
- 10:12Ils ont aussi certaines situations compliquées.
- 10:16Donc,
- 10:16pour l'instant,
- 10:17il y a très peu de pigments pour les professionnels.
- 10:20Et là,
- 10:20on est en train de retravailler sur…
- 10:23réaméliorer avec le changement climatique,
- 10:26de semer à des moments sans être obligé de faire monter les fleurs la première année.
- 10:32C'est une gestion intelligente,
- 10:34mais complexe,
- 10:35parce qu'il y a des gens qui vous écoutent et puis il y a des gens qui ne vous écoutent pas.
- 10:40D'accord,
- 10:40donc je rajoute ce que vous dites à cette histoire de problématique sur les graines,
- 10:45c'est attention,
- 10:47la culture du pastel n'est pas forcément régulière et on peut perdre des graines,
- 10:51ça je n'avais pas noté ça forcément.
- 10:55J'ai lu dans,
- 10:56donc je relis les traités anciens d'agronomie,
- 10:59j'essaye,
- 11:00ce n'est pas toujours évident,
- 11:02mais j'ai lu qu'il y avait un…
- 11:05un pastel de printemps,
- 11:06un pastel d'automne,
- 11:07en fonction de la période à laquelle on venait mettre les graines en terre.
- 11:12C'est un peu ce que vous dites,
- 11:13c'est-à-dire qu'il faut adapter la période à laquelle on le met en terre pour que son cycle soit un peu décalé.
- 11:18C'est ça que je comprends ?
- 11:19Voilà,
- 11:19il ne faut jamais,
- 11:21je veux dire,
- 11:22les écrits sur,
- 11:23et il y en a très peu sur la culture au pastel,
- 11:26préciser aussi qu'on ne pouvait pas remettre le pastel sur le même terrain.
- 11:29Ce n'est pas tout à fait vrai.
- 11:31Quand on travaille,
- 11:32ou quand on a travaillé avec le…
- 11:33coopérative agricole de la plaine de l'Ariège,
- 11:36ont travaillé sur le sol.
- 11:38Donc,
- 11:38on a une appréhension plus moderne et une connaissance meilleure qu'à l'époque qui permet de dire que de toute manière,
- 11:45si on a une rosette,
- 11:47par exemple,
- 11:47au mois d'avril,
- 11:49il y aura haut énormément de soleil et la récolte peut s'allonger jusqu'à à peu près décembre,
- 11:55octobre même,
- 11:56en Occitanie.
- 11:57L'Occitanie a beaucoup plus de soleil.
- 11:59On sait que c'est le soleil qui donne la quantité et la qualité du bleu.
- 12:03Donc,
- 12:03on peut arriver à 5,
- 12:046,
- 12:057 récoltes parfois ici.
- 12:07Par exemple,
- 12:08mes amis du Nord vont diminuer au niveau récolte parce qu'il y a moins d'ensoleillement.
- 12:13C'est ça que j'allais vous poser.
- 12:15Voilà.
- 12:15Ce qui est intéressant de comprendre,
- 12:17et j'ai du mal parfois à faire comprendre aux gens,
- 12:20c'est que le pastel a une logique.
- 12:22Il fait gris en Scandinavie,
- 12:24le bleu est gris,
- 12:26il y a moins de récoltes,
- 12:27mais ça correspond à la luminosité.
- 12:29Donc si le bleu occitan est beaucoup plus au roi de France que le bleu normand,
- 12:34c'est parce qu'il fallait que ce soit un bleu qui pète,
- 12:37comme en Italie,
- 12:38comme en nord de l'Espagne.
- 12:39Et moi je dirais honnêtement,
- 12:41et ça des gens vont certainement me critiquer,
- 12:45c'est que l'indigo pousse dans les pays tropicaux,
- 12:48il y a un soleil dur,
- 12:49c'est fait pour des fibres lisses comme le coton,
- 12:52c'est très beau,
- 12:53mais ayant ma fille qui est malienne,
- 12:56On a ramené parfois de l'indigo,
- 12:58du vrai teint là-bas,
- 13:00et c'est extrêmement dur en Europe parce que le soleil et la lumière n'est pas le même.
- 13:07Mais il y a une raison que l'appréciation de l'indigo a été longtemps privilégiée,
- 13:12c'est parce qu'on n'avait que ça.
- 13:14On n'avait pas le pastel.
- 13:16Donc il faut éduquer l'œil.
- 13:18Oui,
- 13:19c'est ça,
- 13:19il faut éduquer l'œil.
- 13:20C'est la question que j'allais vous poser.
- 13:22On a reçu sur le podcast Hélène et David Brunel du bleu d'Amiens.
- 13:27Et donc,
- 13:28il y a eu un lien avec effectivement la luminosité qui donnait le bleu.
- 13:33Et donc,
- 13:33vous venez de la résumer,
- 13:34donc parfait,
- 13:34vous devancez mes questions.
- 13:37On a parlé des graines à cette fameuse quinzaine de l'agriculture tinctoriale.
- 13:41On a parlé des machines,
- 13:43parce qu'en fait,
- 13:43on s'est rendu compte qu'au-delà d'une certaine surface de sol cultivée,
- 13:48ergonomiquement c'était compliqué etc et les personnes m'ont expliqué que comme en plus si c'est bon aussi pour vous on récolte que ce qu'on peut transformer
- 13:59dans la journée quasiment,
- 14:01il faut quand même avoir un outil qui aide à ça.
- 14:05Donc on avait reçu Terratec,
- 14:07qui est dans le nord à côté de chez moi,
- 14:09à l'étrême,
- 14:10qui travaillait une récolteuse jeune pousse.
- 14:13Et on a aussi d'autres touches,
- 14:14donc je pense que c'est l'atelier paysan qui retravaille aussi des engins pour les rendre,
- 14:21on va dire,
- 14:21adaptés à la culture des plantes tectorielles.
- 14:23Ce que je voulais voir avec vous,
- 14:24c'est que vous,
- 14:25vous parlez aussi de plantes,
- 14:26enfin de...
- 14:27de machines que vous avez qui vous aident,
- 14:31est-ce que,
- 14:32comment dire,
- 14:33ça donne quoi comme résultat selon vous ?
- 14:35Est-ce que vous avez fait de la culture ?
- 14:37Alors,
- 14:39ce qui est intéressant,
- 14:40c'est qu'avec la CAPA,
- 14:42donc la Comparative Agricole de la Plaine de l'Ariège,
- 14:46on a débuté là-dedans.
- 14:48Et c'est parfois hilarant parce qu'on a récolté,
- 14:51on a mis des draps pour prendre des feuilles,
- 14:53on est passé par des phases,
- 14:55mais...
- 14:55Il existe des machines,
- 14:57ce n'est pas une raison pour inventer des machines qui coupent très bien,
- 15:00qui sont les machines qu'on utilise en maraîchage pour couper les feuilles d'épinards.
- 15:05Et ça,
- 15:06les Italiens l'utilisent,
- 15:08il y a des gens qui l'utilisent en France.
- 15:10Les agriculteurs sont des gens extrêmement polyvalents.
- 15:15bricoleurs et ils trouvent ce qui est toujours un peu à tort parfois,
- 15:22c'est qu'il ne faut pas nécessairement dépenser de l'argent à inventer des machines parce qu'il y en a qui existent et les Italiens l'utilisent.
- 15:31Et d'ailleurs,
- 15:32j'ai sur mon PowerPoint des photos de la machine qui cisaille les feuilles,
- 15:36qui les transporte sur une palette,
- 15:38qui les met dans un conteneur.
- 15:40Le travail qu'on a fait avec Patrick et...
- 15:42qui était judicieux,
- 15:44c'était maintenant sur chaque parcelle,
- 15:46je dirais,
- 15:47privée,
- 15:48c'est ça,
- 15:48c'était une coopérative à la CAPA,
- 15:50on peut trouver une solution d'avoir une machine,
- 15:54comme par exemple les agriculteurs dans le Gers,
- 15:57et avoir une petite unité d'extraction dans la ferme,
- 16:01et faire des plus petites récoltes,
- 16:03ce qui est assez malin aussi,
- 16:05parce qu'en Angleterre,
- 16:06il y a
- 16:07Ian Howard,
- 16:08qui a trouvé une machine où on peut même extraire dans le champ.
- 16:12Il a inventé ça.
- 16:14à base de vapeur.
- 16:15Patrick Brunac a beaucoup travaillé avec.
- 16:18Et vous savez,
- 16:19quand on est comme moi,
- 16:21je dirais international et je parle l'anglais,
- 16:24on a des rapports avec d'autres pays qui ont déjà développé des choses intéressantes.
- 16:29C'est ça qui est intéressant,
- 16:30d'être aussi ouvert à des rencontres.
- 16:33Donc,
- 16:34c'est vrai que là,
- 16:35par exemple,
- 16:35au sud du Gers,
- 16:37c'est une petite ferme.
- 16:38Ils ont fait des feuilles,
- 16:40enfin,
- 16:40ils ont fait un champ sublime,
- 16:42vraiment.
- 16:43donc bio en plus et là ils ont préféré cette année-ci laisser monter en graines pour avoir pour l'année prochaine le développement et on a extrait chez eux,
- 16:54il suffit d'avoir vraiment les plus basiques machines comme les récupérateurs d'eau pour mettre de l'eau parfois c'était agaçant c'est que les gens veulent avoir des choses clinquantes,
- 17:06il faut ajouter ce n'est pas toujours nécessaire c'est le savoir-faire qui est nécessaire Oui,
- 17:12d'accord
- 17:13Donc,
- 17:14j'essaie de reprendre le fil.
- 17:15Donc,
- 17:15semences,
- 17:15on a vu.
- 17:16Les machines,
- 17:16on a vu.
- 17:18Donc,
- 17:18vous parlez de l'extraction.
- 17:20C'est quand même...
- 17:22Enfin oui,
- 17:23comme vous dites,
- 17:23c'est le savoir-faire.
- 17:24C'est le nerf de la guerre,
- 17:25entre guillemets.
- 17:26Pas besoin forcément de choses sophistiquées pour faire une extraction.
- 17:30Non.
- 17:30Par contre,
- 17:31il faut choisir les bonnes feuilles et...
- 17:33et au bon endroit,
- 17:34parce qu'on a vu que dans certains traités d'agronomie,
- 17:36ils ne parlaient pas des bonnes feuilles,
- 17:38et qu'il y a eu pendant quelques siècles,
- 17:40c'est Michel Garcia qui a expliqué ça,
- 17:42il y a eu des erreurs qui se sont réécrites de manuscrit en manuscrit.
- 17:46Ce que je voulais voir avec vous,
- 17:48une extraction de pastels,
- 17:52j'ai lu dans certains traités que des fois,
- 17:54ils faisaient sécher les feuilles avant pour les transporter,
- 17:57et ils étaient extraits sur le lieu,
- 18:00et qu'à un moment,
- 18:02Alors,
- 18:03j'ai lu ça et qu'à un moment,
- 18:04maintenant,
- 18:05on fait de l'extraction sur feuilles fraîches.
- 18:08Est-ce que vous pouvez préciser alors du coup ?
- 18:10Le problème de certains traités,
- 18:12dont les derniers étaient les traités de Napoléon,
- 18:14mais il n'a pas,
- 18:15par exemple,
- 18:15J.
- 18:16Aubert,
- 18:16quand j'ai le livre,
- 18:17il n'a pas mis beaucoup parce que c'était aussi un secret de savoir-faire.
- 18:21Par contre,
- 18:23avec les recherches que nous avons faites,
- 18:25et beaucoup de corrections et erreurs,
- 18:27nous,
- 18:27on extrait les feuilles après 15 jours minimum de soleil parce qu'on sait qu'il y aura...
- 18:32de l'indigotine dans les feuilles.
- 18:33Et plus il y a du soleil,
- 18:34plus il y a du bleu.
- 18:35Donc,
- 18:36c'est logique.
- 18:37Donc,
- 18:37quand on va récolter les feuilles par des machines,
- 18:40on récolte des grandes quantités.
- 18:41Donc,
- 18:42on va les traiter tout de suite parce qu'elles fermentent rapidement.
- 18:45Donc,
- 18:47il faut une unité à côté.
- 18:48Mais,
- 18:48vous savez,
- 18:49quand on les cueille,
- 18:50on lave les feuilles,
- 18:51on les met dans de l'eau avec parfois du lait de chaud pour servir à un péage.
- 18:56pour activer le dépôt,
- 18:58on oxyde et on a un pigment.
- 19:00Ce n'est pas si compliqué que ça avec des outils modernes.
- 19:04Le seul problème,
- 19:05c'est qu'il faut vérifier le pH parfois de l'eau.
- 19:08Il faut savoir monter avec beaucoup d'observation un bon lait de chaux parce que trop fort ou moins fort,
- 19:16on n'aura rien.
- 19:17Et ça,
- 19:18c'est des tests qu'on fait sur place et qu'on corrige sur place pour qu'on adapte à chaque terrain.
- 19:24à chaque terroir et à chaque eau.
- 19:27Il ne faut pas nécessairement de l'eau de pluie,
- 19:29parce que l'eau de pluie ou l'eau dans une source n'est pas toujours… Bon,
- 19:34et on ne peut pas exiger non plus que tout soit parfaitement,
- 19:37je dirais,
- 19:38libre de bactéries.
- 19:40Mais c'est les bactéries qui vont travailler,
- 19:41donc on vérifie tout.
- 19:43Une fois qu'on a établi ça,
- 19:45ça se passe très facilement.
- 19:48On les récolte,
- 19:49on extrait le piment,
- 19:50on le fait sécher.
- 19:52il faut trouver un endroit pour le broyer parce que c'est quand même assez dur.
- 19:56Donc,
- 19:56nous,
- 19:56on a utilisé avec une entreprise dans le Gers un concasseur à cailloux pour avoir un pigment à plusieurs microns de finesse.
- 20:03Mais nous,
- 20:04en tant que,
- 20:05je dirais,
- 20:05plouc,
- 20:06et j'adore dire que je suis plouc et mon époux aussi,
- 20:09c'est qu'on a joué avec ce qu'on trouvait sur place.
- 20:14Donc,
- 20:15et...
- 20:16Quand je travaille avec d'autres pays qui extraient comme l'Allemagne,
- 20:21l'Autriche ou même l'Angleterre,
- 20:23ils ont le même...
- 20:24ouverture d'esprit.
- 20:26Je vais être un peu direct,
- 20:29mais en France,
- 20:30c'est très compliqué parce qu'on pense que bien faire,
- 20:33il faut acheter.
- 20:35Et quand on réfléchit à les agriculteurs qui ont des systèmes extrêmement intéressants parce qu'ils trouvent toujours la solution,
- 20:43je trouve que la collaboration avec des gens qui sont simples et qui maîtrisent parce qu'ils ont passé des années à corriger et un agriculteur qui aussi,
- 20:52ça se passe toujours très bien.
- 20:55La problématique,
- 20:56c'est que quand on souhaite avoir des aides d'une région,
- 20:59il faut passer par la phase laboratoire,
- 21:01etc.
- 21:03Et là,
- 21:03parfois,
- 21:04et je travaille avec des scientifiques,
- 21:06parfois ça ne combine pas parce que les scientifiques ne sont pas assez souples de comprendre qu'il y a un énorme savoir-faire et que moi,
- 21:14parfois,
- 21:15je n'aime pas la façon dont ils veulent analyser pour arriver à une formule.
- 21:20Et le PASEL est un immense savoir-faire de correction erreur.
- 21:24Quand on pense historiquement,
- 21:27comment les gens l'ont découvert,
- 21:29comment ils ont trouvé l'idée de faire des cocaïnes,
- 21:31les déshydrater pour le transport,
- 21:33les réhydrater,
- 21:34les uriner les hommes,
- 21:35chapeau les mecs,
- 21:36on mettait des pommes pour la réduction.
- 21:39Chaque époque a évolué.
- 21:41Et quand les gens ne savaient pas nécessairement qu'à l'époque de Napoléon,
- 21:45il y a eu le pastel qui est ressorti,
- 21:48nous on l'a découvert,
- 21:49avec des sciences qui ont avancé,
- 21:51donc une meilleure compréhension.
- 21:53déjà,
- 21:53ils ont amélioré,
- 21:54mais très empiriquement aussi.
- 21:57Donc,
- 21:58on peut collaborer avec la science,
- 22:01mais il faut savoir arriver à mi-chemin.
- 22:03Donc,
- 22:04moi,
- 22:04je parle du pastel dans le monde entier.
- 22:07Ils sont scotchés,
- 22:08parce qu'ils adorent le French Blue comme on dit.
- 22:10Mais il y a un partage de savoir-faire intéressant entre les plantes qu'on peut trouver en Corée du Sud ou ailleurs et le pastel,
- 22:20et une collaboration.
- 22:22scientifique qui est vraiment très fascinante d'ailleurs.
- 22:26Même pour les propriétés répulsives d'insectes,
- 22:28traitements de bois et fongicides qu'on travaille en Autriche par exemple.
- 22:33D'accord,
- 22:34ça on en parlera,
- 22:34j'ai une question là-dessus à vous poser.
- 22:37Je voulais vous soumettre à une question.
- 22:41Lors de ces échanges autour de la culture du pastel ou d'autres plantes tectoriales,
- 22:46on a émis la réflexion de se dire,
- 22:48est-ce qu'une mise en place de logistique,
- 22:51par exemple chaque agriculteur récolte à son temps en fonction de son terroir,
- 22:55du soleil qu'il a eu,
- 22:56etc.,
- 22:56ses feuilles,
- 22:57est-ce qu'il est possible d'envisager une...
- 23:01une logistique qui récolterait l'ensemble des feuilles et viendrait faire le processus d'extraction dans des plus grosses unités ?
- 23:08Ou est-ce que ça,
- 23:09c'est complètement absurde,
- 23:11vu que,
- 23:12comme vous l'avez dit,
- 23:13chaque déclenchement de récolte est lié à beaucoup de critères qu'on a abordés ?
- 23:20Est-ce que cette histoire de logistique,
- 23:22si on veut augmenter les quantités pour répondre à des gros industriels,
- 23:27est-ce que ça,
- 23:27c'est envisageable ou ça n'est pas logique ?
- 23:30C'est envisageable si,
- 23:33comme l'ACAPA avait fait,
- 23:34il y a une coopérative avec des agriculteurs autour et on fait une plus grande unité.
- 23:39Sauf qu'il faut que ce soit rentable pour tout le monde,
- 23:42on va être honnête,
- 23:44et que s'il y a des années de mauvaise récolte,
- 23:45l'agriculteur ne va pas continuer.
- 23:47Donc parfois,
- 23:49les plus petits agriculteurs peuvent faire une très grande quantité.
- 23:54Le vendre,
- 23:55et mon but c'est aussi remplacer des colorants chimiques par des colorants naturels et notamment le bleu.
- 24:00Quand on travaillait avec des récoltes qui étaient vraiment des années parfaites,
- 24:04on en exportait.
- 24:06Bon,
- 24:06il faut déjà établir les exportations,
- 24:09les lois,
- 24:09les codifications,
- 24:10parce qu'en France,
- 24:13vendre un pigment végétal,
- 24:15il faut rentrer dans un casque,
- 24:16il n'existe plus là.
- 24:18Maintenant,
- 24:19on l'a fait nous.
- 24:20parce qu'on ne peut pas exporter des pigments sans les gna gna gna gna gna pour les importations.
- 24:24Donc,
- 24:24il faut être intelligent.
- 24:26Mais les petits agriculteurs peuvent faire,
- 24:30je ne sais pas,
- 24:31il faut donc une tonne de feuilles pour deux kilos,
- 24:33mais avec deux kilos,
- 24:34on va très loin.
- 24:35Et puis,
- 24:35ils peuvent faire plusieurs récoltes et le vendre très bien.
- 24:39Mais je vais vous dire une chose qui est extrêmement compliquée en France,
- 24:43c'est que personne ne sait travailler ensemble.
- 24:46J'ai essayé de fédérer des gens.
- 24:49Et à part donc
- 24:52Aurore au Nord,
- 24:55Ici,
- 24:56c'est extrêmement compliqué.
- 24:58Chacun prêche pour sa paroisse.
- 25:02Quand on a mis le pastel au Savoir-faire et matériel de France qui va aller à l'UNESCO,
- 25:08on a dû réunir tout le monde,
- 25:09ça n'a pas été simple.
- 25:11Donc,
- 25:11moi,
- 25:12je suis directe,
- 25:12parce que je vois qu'il y a une possibilité énorme.
- 25:16même dans d'autres pays,
- 25:16parce que je trouve que la collaboration doit être aussi internationale,
- 25:20parce qu'il nous apporte beaucoup de choses.
- 25:21Mais si on veut agrandir,
- 25:23ce qui est mon but,
- 25:24c'est un,
- 25:24on partage le savoir-faire,
- 25:26deux,
- 25:26on se met ensemble,
- 25:28et là,
- 25:29c'est plus compliqué.
- 25:31D'accord.
- 25:31Alors,
- 25:32juste pour rebondir sur ce que vous dites,
- 25:34quand j'ai commencé le podcast il y a un an,
- 25:36plus d'un an et quelques mois,
- 25:38c'est effectivement ce qui ressortait à chaque fois,
- 25:40c'est qu'en fait,
- 25:42il y a du mal à mutualiser,
- 25:43à fédérer,
- 25:44etc.
- 25:45Donc,
- 25:46voilà,
- 25:46via le podcast,
- 25:47moi,
- 25:47j'essaye de recevoir tout le monde.
- 25:50Donc,
- 25:50j'essaye de faire ça.
- 25:51Et bon,
- 25:51pour l'instant,
- 25:52ça marche bien.
- 25:52Chacun peut s'exprimer.
- 25:53On entend tout le monde et les auditeurs se font leur...
- 25:57voilà,
- 25:58leur propre avis,
- 26:00recherchant les livres,
- 26:02ça,
- 26:02ça appartient à chacun.
- 26:04Mais par contre,
- 26:04c'est vrai que je trouve qu'on serait largement plus,
- 26:09même performant,
- 26:10même écouté si on était plus nombreux et plus forts.
- 26:14Et on l'a vu lors de cette quinzaine,
- 26:15en fait,
- 26:16il y a maintenant une vraie demande de,
- 26:19voilà,
- 26:19il faut se mutualiser parce qu'en fait,
- 26:20que ce soit les teinturiers qui travaillent les pigments...
- 26:23et les colorants,
- 26:24ou que ce soit les agriculteurs juste l'étape d'avant,
- 26:28ça manque de mutualisation,
- 26:30ça manque de partage,
- 26:31et en fait on se rend compte qu'il y a plein de choses qui pourraient être mutualisées,
- 26:34et qu'économiquement ce serait intéressant,
- 26:36et qu'on pourrait aller s'adresser à des plus grands acteurs.
- 26:40Donc voilà,
- 26:41je rebondis là-dessus,
- 26:41c'est vraiment quelque chose que j'ai constaté aussi.
- 26:43Donc cette histoire de logistique,
- 26:45elle serait possible,
- 26:46mais on va dire par zone,
- 26:48vraiment proche,
- 26:49bien réfléchie,
- 26:50etc.
- 26:51donc ça j'entends et je suis contente d'avoir votre retour je voulais vous poser une autre question il y a eu dans le process du pastel pendant cette quinzaine un débat sur la qualité de l'indigo qui était contenu dans le pastel versus par
- 27:07exemple la persiquaire ou d'autres,
- 27:10j'aimerais entendre votre avis là-dessus qu'est-ce que vous,
- 27:13avec votre travail avec votre époux,
- 27:15qu'est-ce que vous en ressortez qu'est-ce que vous pouvez nous dire là-dessus alors
- 27:20À cause du fait que la popularité du persiquaire ou de l'indigo a été plus valorisée,
- 27:26j'ai souvent entendu que le pastel,
- 27:29c'est par exemple la mauvaise fille,
- 27:32la mauvaise couleur ou la petite sœur de l'indigo.
- 27:38Ça,
- 27:38ça m'a chaque fois gavé,
- 27:40je vais être honnête.
- 27:42Nous,
- 27:43les anglo-saxons,
- 27:44les belges,
- 27:44on est très ouverts,
- 27:46mais le pastel a une capacité 1 de tenue.
- 27:49une beauté qui est inégalable et pour être honnête,
- 27:54la vraie teinture au pastel.
- 27:56on ne peut le faire que sur certaines laines.
- 27:58Il faut savoir qu'à l'époque,
- 28:00on teignait la laine qui était lavée dans les rivières léniées,
- 28:03qui était avec des moutons,
- 28:05qui était de l'herbe fraîche non polluée,
- 28:07et la soie était écrue.
- 28:09Quand on teint,
- 28:10par exemple,
- 28:10professionnellement en dehors,
- 28:11qu'on peut faire plein de choses avec au niveau industriel,
- 28:15on doit d'abord être tisseur.
- 28:17On doit comprendre les fibres,
- 28:19on doit comprendre énormément les textures,
- 28:22parce que les tissus d'aujourd'hui ne sont pas les mêmes.
- 28:25Et si vous regardez un vieux drap en lin et un coton écru,
- 28:29vous verrez que tout est blanchi.
- 28:32Donc,
- 28:32il faut être logique dans la teinture.
- 28:34Ce qui m'agace énormément,
- 28:36c'est qu'on avait fait,
- 28:37et à l'époque,
- 28:38ils le faisaient,
- 28:39ce qu'on appelle la cuve
- 28:4195% pastel,
- 28:425% d'indigo.
- 28:44qui est plus logique de nos jours,
- 28:46parce que toutes les fibres modernes,
- 28:49le lin,
- 28:51le coton,
- 28:52le bambou,
- 28:53le tencel,
- 28:54l'ortie,
- 28:56tout est blanchi parce que le public veut toujours un blanc qui est symbolique de la propreté.
- 29:02Or,
- 29:03si c'est blanchi,
- 29:04c'est qu'il y a des produits pour le blanchir qui rentrent dans les fibres.
- 29:07Donc,
- 29:08il y a une compréhension d'abord du tissu.
- 29:11mais tous les bleus qu'on a travaillé pour la haute couture,
- 29:14pour le théâtre,
- 29:15pour le cinéma,
- 29:16pour les festivals de Cannes sur du lin français ont toujours été de qualité parce qu'on sait comment on va travailler sur telle et telle fibre.
- 29:27Chaque coton est différent,
- 29:29chaque soie est différent et chaque choix a ses complications.
- 29:33Le pastel pour moi est beaucoup plus beau,
- 29:35plus lumineux.
- 29:36Moi je travaille avec des Japonais dont au Japon il y a le fameux Aizom,
- 29:40qui est une institution impériale qui préfère le pastel.
- 29:44Parce qu'il est lumineux.
- 29:46L'indigo est très beau sur certains tissus,
- 29:49pas sur d'autres.
- 29:50parce qu'il n'est pas fait pour d'autres.
- 29:52Il faut être logique avec le pastel.
- 29:54Le pastel est lumineux.
- 29:55Quand vous teignez une soie pour la haute couture et que vous le sortez dehors et il brille,
- 30:00il accroche la lumière,
- 30:01il est sublime.
- 30:03Et c'est cette qualité-là que les gens apprécient.
- 30:06Moi,
- 30:06par exemple,
- 30:07j'ai prévu créer...
- 30:09une académie,
- 30:10une école,
- 30:11on va regrouper justement toutes les colorants naturels pour pouvoir les travailler en collaboration avec les pastels en surteinture,
- 30:19travailler avec des professionnels dans leur domaine,
- 30:21des scientifiques,
- 30:22des agriculteurs,
- 30:23mais dans un lieu où on va regrouper parce qu'il y a une demande au niveau étranger pour ça,
- 30:28que ça ne s'est jamais fait et il faut le faire avant que je rejoigne mon époux,
- 30:33malheureusement,
- 30:34là-haut,
- 30:34mais je transmets déjà et c'est mon but,
- 30:36c'est de faire ça.
- 30:37Oui.
- 30:38j'ai des japonais,
- 30:39j'ai des américains,
- 30:40j'ai des universités qui veulent envoyer pour faire des internship,
- 30:44j'ai tout là,
- 30:45et j'ai des gens avec lesquels je travaille depuis des années,
- 30:48des scientifiques au Japon,
- 30:49des scientifiques ici,
- 30:51en France ou ailleurs,
- 30:52qui vont venir pour transmettre.
- 30:55Là,
- 30:55c'est le but final.
- 30:57C'est un peu compliqué,
- 30:58mais bon,
- 30:58je vais y arriver.
- 31:00Non mais génial,
- 31:00c'est un super projet en tout cas,
- 31:02franchement c'est top parce que oui effectivement ça manque et de mutualiser tout au même endroit,
- 31:07ça se passerait à quel endroit du coup ?
- 31:10Ça va dépendre du lieu que je vais trouver,
- 31:12parce qu'il faut un lieu qui soit assez grand pour accueillir aussi les professeurs etc,
- 31:17ça peut être n'importe où parce que le pastel peut se cultiver et je peux continuer à travailler avec le bleu occitan,
- 31:23mais je vais bien rester en Occitanie.
- 31:25Donc,
- 31:26je visite,
- 31:27je vois des mairies,
- 31:28j'essaie de rencontrer des lieux qui pourraient servir à ça parce qu'après,
- 31:32il faut monter,
- 31:32comme vous savez,
- 31:33les dossiers,
- 31:34etc.,
- 31:34etc.
- 31:35Mais enfin,
- 31:35je suis optimiste.
- 31:37Ce qu'on a fait,
- 31:37nous,
- 31:37avec mon époux,
- 31:38c'est déjà compliqué au départ.
- 31:40On ne nous a jamais cru,
- 31:41on ne nous a jamais aidé et on n'a jamais demandé de l'aide.
- 31:44Donc,
- 31:45quand on veut,
- 31:45on peut.
- 31:46Et c'est ça qui est dynamique.
- 31:49Ma fille aussi et tous les gens à qui je donne des stages,
- 31:53ils sont ravis parce qu'ils partent avec un savoir-faire.
- 31:56Bon,
- 31:56génial.
- 31:57Alors,
- 31:58ce que je voulais aussi vous demander,
- 31:59c'est pourquoi aujourd'hui,
- 32:01si on est jeune agriculteur,
- 32:03pourquoi c'est intéressant de cultiver le pastel par rapport à la persiquaire ?
- 32:11Quels arguments on peut donner ?
- 32:14Dans la culture,
- 32:15est-ce qu'elle est plus facile ?
- 32:18On a dit qu'elle était peut-être des années capricieuses dans les récoltes.
- 32:21Qu'est-ce qu'on peut donner comme argument positif sur la culture du pastel chez nous en France ?
- 32:25Le pastel est une mauvaise herbe.
- 32:28Ça peut pousser n'importe où,
- 32:30dans les cailloux,
- 32:30tout ce qu'on veut.
- 32:31C'est une longue racine pivotante et la culture n'est pas si compliquée que ça.
- 32:37c'est mauvais de dire n'importe quoi quand nous on a travaillé des grandes échelles par exemple parce que c'est facile à récolter quand on sait structurer tout ça et elle a une qualité qui n'appauvrit pas le sol on peut,
- 32:50et si on est intelligent le travailler sur trois années en divisant les parcelles et c'est ce qui l'intéresse aussi parce que c'est aussi une culture de substitution on peut,
- 33:01on a eu à un moment un accès à des terres en jachère,
- 33:05donc c'est aussi intéressant
- 33:06dans le sens que ça demande très peu d'appoint et que sur la première année,
- 33:11si on a une hectare,
- 33:12on divise,
- 33:13on resserre et on garde l'autre moitié pour les graines.
- 33:17Et en troisième année,
- 33:18si on garde le pied,
- 33:19elle reforme une rosette qui n'a pas de colorant,
- 33:22mais qui a des propriétés répulsives d'insectes,
- 33:25traitement de bois et fongicides.
- 33:26C'est pour ça que je travaille avec les Autrichiens.
- 33:29Donc,
- 33:29on peut travailler sur trois années.
- 33:30C'est une plante qui peut être excessivement rentable parce que si on le gère bien,
- 33:35ça nécessite…
- 33:36Très peu.
- 33:37Le persiquaire,
- 33:38je connais moins,
- 33:39mais le persiquaire ne va pas donner le même bleu.
- 33:41Donc,
- 33:42le persiquaire aussi peut se cultiver dans des endroits peut-être un peu plus secs,
- 33:47mais au nord,
- 33:49ou partout,
- 33:49on peut travailler le pastel.
- 33:50Si ça se pousse,
- 33:51et ça se travaille en Finlande à petite échelle,
- 33:55c'est que ça peut pousser partout.
- 33:56Et comme je suis très curieuse,
- 33:59je travaille en collaboration avec les autres pays européens,
- 34:02parce qu'ils m'ont beaucoup apporté au niveau aussi culture.
- 34:06intérêts historiques et des choses qu'on ne trouvait pas en France.
- 34:09La France,
- 34:10au niveau histoire,
- 34:11a balayé tout par les différentes guerres,
- 34:13les révolutions,
- 34:14etc.
- 34:15C'est vrai qu'il y a des rapports en Angleterre avec les universités que je reste en contact,
- 34:20ou en Allemagne ou ailleurs,
- 34:21parce qu'eux m'ont apporté des connaissances qui pouvaient être similaires à ce que on pouvait se faire en France.
- 34:26C'est extrêmement intéressant d'être ouvert.
- 34:29Quand on est invité au symposium international comme moi pour représenter le pastel,
- 34:34on conjugue avec d'autres scientifiques,
- 34:37c'est fascinant.
- 34:38Je n'ai pas la même réponse en France,
- 34:40donc c'est un peu plus complexe et compliqué.
- 34:43D'accord,
- 34:43ok.
- 34:43Bon,
- 34:44alors,
- 34:45j'en arrive aussi à cette conclusion,
- 34:46c'est que c'est bien de mettre en avant les acteurs français,
- 34:50mais c'est intéressant d'aller voir ce qui se passe ailleurs.
- 34:53Donc,
- 34:54voilà,
- 34:54j'ouvre.
- 34:55C'est-à-dire que là,
- 34:55on est parti au Canada,
- 34:56on a eu des Mexicains,
- 34:57on va faire les premières interviews en anglais.
- 35:00J'ai des gens en Europe qui ont levé les mains en disant S'il te plaît,
- 35:03j'ai des choses à raconter Donc,
- 35:05voilà,
- 35:05ça commence à s'ouvrir et je trouve que c'est hyper intéressant ce que vous dites,
- 35:08c'est que...
- 35:09effectivement,
- 35:10on a eu un historien,
- 35:11un jeune historien,
- 35:12un jeune étudiant qui disait que c'est très compliqué de trouver des sources parce qu'avec toutes les guerres,
- 35:16on a beaucoup de trous dans la raquette et il dit qu'on est obligé de se tourner vers l'extérieur pour apprendre aussi ce qui se passait chez nous.
- 35:23Je trouve que c'est hyper cohérent ce que vous dites.
- 35:25J'ai juste une question,
- 35:26c'est hyper intéressant pour moi,
- 35:27cette histoire de troisième année de récolte,
- 35:30de troisième année de la rosette qui donne des propriétés,
- 35:34donc vous avez dit répulsive à insectes,
- 35:36traitement du bois,
- 35:37c'est-à-dire protection du bois.
- 35:38Voilà,
- 35:39c'est fongicide,
- 35:40voilà,
- 35:40voilà,
- 35:41un répulsif d'insectes.
- 35:43Et vous avez les parties non appréciées encore en France,
- 35:46qui est la partie médicinale,
- 35:48dont d'autres pays travaillent aussi.
- 35:50Donc,
- 35:51il y a une étendue extrêmement importante que nous,
- 35:55chez moi,
- 35:55j'ai toutes les recherches faites avec d'autres pays qui me le renvoient.
- 35:59Il y a un Japonais qui travaille sur l'huile de pastel.
- 36:02C'est extrêmement important d'être ouvert à tout.
- 36:04On a travaillé avec l'Amérique centrale pour faire le bleu maya et on a fait le bleu maya avec le pastel.
- 36:09Donc,
- 36:09on a des possibilités même sur la porcelaine.
- 36:12Et donc,
- 36:13il y a un potentiel énorme,
- 36:15mais il faut être curieux,
- 36:17il faut aussi s'ouvrir à d'autres pays qui permettent de connaître mieux le pastel dans son propre pays aussi.
- 36:25Alors,
- 36:25on a reçu pour le Bleu Maya,
- 36:27je pense que vous connaissez,
- 36:29Azéret Robles,
- 36:30qui est une Mexicaine qui a travaillé là-dessus.
- 36:32On a reçu des historiens sur le pastel et donc ça recoupe avec ce que vous dites,
- 36:36qu'il manque des infos,
- 36:37il faut aller chercher ailleurs.
- 36:39On a reçu aussi,
- 36:39on a parlé du Bleu Maya avec Azéret.
- 36:43Robles,
- 36:44on a reçu le bleu de l'Ectour,
- 36:46donc la nouvelle équipe,
- 36:47on va dire,
- 36:48le nouveau binôme qui nous a parlé aussi de la valorisation de l'huile dans les cosmétiques,
- 36:53etc.
- 36:54Là,
- 36:54j'ai vu récemment passer une bière au pastel,
- 36:58apparemment avec du miel de pastel.
- 37:01Non,
- 37:01là,
- 37:02je vais me censurer,
- 37:05mais parce que ça,
- 37:07c'est des trucs mercantiles qui ne sont pas tout à fait corrects.
- 37:10Donc,
- 37:10il faut éliminer des choses qui sont un peu rigolos,
- 37:14mais vous imaginez les hectares qu'il faudrait pour faire du miel de pastel.
- 37:18Donc,
- 37:18ce n'est pas…
- 37:19C'est compliqué.
- 37:21Le problème,
- 37:21c'est que nous,
- 37:22on est… Moi,
- 37:23mon époux et moi,
- 37:24on était les premiers.
- 37:26Et dans tous les gens qui sont venus après,
- 37:28je les connais toutes.
- 37:30avec les défauts,
- 37:31avec le côté un peu trop mercantile et moins passionné,
- 37:37parce qu'il faut une passion pour faire ce qu'on a fait nous et continuer.
- 37:40Donc,
- 37:40c'est vrai que c'est un peu particulier.
- 37:42Par contre,
- 37:44je travaille avec une jeune agricultrice qui s'appelle Sophie Thilaé,
- 37:48qui fait l'huile pure de pastel et que je conseille à tous les gens de prendre que l'huile pure de pastel parce que ses propriétés…
- 37:57C'est extraordinaire.
- 37:58Et elle,
- 37:59elle fait les plantes médicinales,
- 38:01elle cultive le pastel,
- 38:02elle n'est pas très loin de Toulouse.
- 38:03C'est une jeune agricultrice passionnante et passionnée que je cautionne parce qu'elle fait des choses pas pour les mercantilismes.
- 38:12C'est-à-dire,
- 38:12elle fait du pastel pur,
- 38:14pas mélangé à des mélanges parfois un peu trop,
- 38:17je dirais,
- 38:18synthétiques dans les laboratoires.
- 38:20Le pastel est une plante qui demande de...
- 38:23prendre du temps.
- 38:24Et que s'il y a un problème,
- 38:26il faut trouver la solution.
- 38:27On le trouve.
- 38:28Mais si on se bloque aux premières problématiques avec le pastel,
- 38:31on n'avancera jamais.
- 38:32Et ce qui a permis,
- 38:33nous,
- 38:33de monter au niveau de teinture et de faire plein de choses qui,
- 38:36au départ,
- 38:37étaient impossibles.
- 38:38Une peinture de carrosserie automobile,
- 38:40par exemple.
- 38:40Plein de choses comme ça.
- 38:42Ah oui,
- 38:42sur mon PowerPoint,
- 38:43on a fait ça en Allemagne.
- 38:45Donc,
- 38:45il y a plein de choses qu'on a faites qui étaient trop tôt,
- 38:47si vous voulez,
- 38:48pour les facteurs ou les gens d'ici.
- 38:51Mais...
- 38:51OK.
- 38:51c'est prometteur quand je fais des conférences et je montre tout ce qu'on peut faire.
- 38:56Ce n'est pas que la teinture,
- 38:58ce n'est pas rentable en teinture.
- 39:00Plus on multiplie,
- 39:01c'est meilleur.
- 39:02Donc,
- 39:02il y a cette ouverture d'esprit qu'il faut avoir.
- 39:05Et ça,
- 39:05c'est très important parce qu'on est bloqué parfois en France à vouloir faire trop.
- 39:12en pensant que oui,
- 39:14ça ne se limite qu'à ça.
- 39:15Et Michel,
- 39:17il a été mandaté pour faire une encre
- 39:20Garcia pour Hermès.
- 39:22Il est allé les voir,
- 39:23il a fait cette encre,
- 39:25et les scientifiques du labo l'ont gentiment remercié.
- 39:28Et quand eux,
- 39:29ils ont essayé de le faire,
- 39:30ils n'ont jamais réussi.
- 39:31Et Michel m'a souvent dit,
- 39:33s'il m'avait rappelé,
- 39:34j'aurais pu trouver la solution.
- 39:36C'est ça,
- 39:36la problématique.
- 39:37Il faut savoir que nous,
- 39:38on teint avec un teinturier sur fil en bobine.
- 39:41Donc on a tissé des tissus avec l'entreprise Plot,
- 39:44on a travaillé avec plein d'industriels parce qu'on sait...
- 39:49les possibilités et puis il faut être ouvert à tout et puis il faut être persévérant évidemment c'est ça,
- 39:54alors ça c'est super bien de le rappeler parce que quand j'ai lancé le podcast j'ai jamais voulu me mettre que sur la teinture,
- 40:01je garde l'histoire de couleur végétale au sens large parce que chaque
- 40:05Bon,
- 40:05pas chaque jour,
- 40:05je ne vais pas exagérer,
- 40:06mais j'en trouve vraiment beaucoup des applications.
- 40:09Là,
- 40:09je suis en train de creuser le domaine médical et je me dis,
- 40:11mais c'est incroyable,
- 40:12je n'aurais jamais cru retrouver de la couleur végétale à cet endroit-là.
- 40:16Donc,
- 40:17moi,
- 40:17j'essaye de rester vraiment ouverte sur l'alimentaire,
- 40:20la teinture,
- 40:20les encres,
- 40:22les plastiques,
- 40:22les bioplastiques,
- 40:23les biomatériaux.
- 40:24Là,
- 40:25vous avez suscité énormément de questions de ma part.
- 40:27La carrosserie automobile,
- 40:29vous avez parlé de carrosserie automobile et vous avez parlé de porcelaine.
- 40:32Est-ce que vous pouvez développer un petit peu ou est-ce que vous…
- 40:35Vous,
- 40:35dans vos recherches,
- 40:36vous avez trouvé d'autres applications et essayez de nous en citer quelques-unes.
- 40:41C'est un peu compliqué parce que c'est dans les écrits de mon époux,
- 40:44mais comme on a voulu faire ça,
- 40:47on a fait faire en Allemagne,
- 40:48parce qu'on peut faire des peintures de carrosserie à l'eau,
- 40:50mais il a fallu quand même un petit peu proposer.
- 40:53On a fait une peinture intérieure pour avion.
- 40:56Donc,
- 40:57on a fait des choses comme ça qui étaient trop tôt pour la France.
- 41:00Là,
- 41:00on a réalisé que,
- 41:02vous savez,
- 41:03quand…
- 41:04vous partez à l'étranger et que vous avez des…
- 41:08J'étais invitée en Corée du Sud avec Michel Garcia pour la Régérence.
- 41:12On a déliré avec des scientifiques sur place en disant que si…
- 41:161.
- 41:16L'implantation tectoriale et médicinale,
- 41:18on peut porter un vêtement comme un patch pour se guérir sur certains problèmes.
- 41:23C'est des choses que je n'aurais jamais pu faire en France.
- 41:26Parce qu'on n'a pas l'ouverture d'esprit pour comprendre un savoir-faire qui vaut parfois des années d'études et un savoir-faire médical ou scientifique qui peut se combiner les deux si on s'écoute.
- 41:41c'est pour ça que Michel aussi aime bien aller au Canada,
- 41:44c'est qu'il y a une plus grande ouverture d'esprit parce que c'est des choses comme ça qu'on peut faire.
- 41:50Nous,
- 41:50on n'a pas eu,
- 41:51c'est trop tôt,
- 41:52on n'a pas eu des comment dire,
- 41:55des ventes d'automobiles peintes au pastel mais on a peint,
- 41:59j'ai une photo de la voiture de mon époux,
- 42:01deux voitures qu'on a repeint parce qu'on est trop tôt et en plus,
- 42:05il faut être honnête,
- 42:06il faut les autres couleurs et les autres couleurs ça traîne c'est ça le problème
- 42:11D'accord,
- 42:11les autres couleurs à un niveau plus… Ah oui,
- 42:14beaucoup plus industriel.
- 42:14C'est une couleur territoriale.
- 42:15Voilà,
- 42:16c'est ça le problème.
- 42:18C'est que dans beaucoup de pays,
- 42:20et je vais encore le dire en France,
- 42:22il y a beaucoup de gens qui teignent partout en France,
- 42:25qui sont chacun dans leur coin.
- 42:28Ils font beaucoup de teintures.
- 42:29Mais à l'époque,
- 42:30par Édith Royal,
- 42:31on n'était obligé de faire qu'une seule couleur et le faire bien.
- 42:34Et déjà,
- 42:35je trouve qu'il faudrait revenir à ça.
- 42:38et il ne faudra pas se multiplier,
- 42:39mais il ne faut aussi pas s'arrêter à la teinture.
- 42:43Il faut aussi voir les autres possibilités.
- 42:45Et c'est compliqué,
- 42:47je vais être polie,
- 42:48c'est très compliqué d'inciter aux gens de réfléchir à ça et aller plus loin dans leur motivation.
- 42:54D'accord,
- 42:55ok.
- 42:57Donc,
- 42:58j'essaye de reprendre,
- 42:58c'est passionnant ce que vous me racontez.
- 43:01Donc voilà,
- 43:01là je voudrais arriver à votre entreprise,
- 43:05donc l'Atelier Bleu de Pastel d'Occitanie.
- 43:08Quand est-ce que vous l'avez créé ?
- 43:09Où ça se trouve ?
- 43:10Et qu'est-ce que vous proposez du coup pour que les auditeurs…
- 43:14sache ce que propose.
- 43:16Nous,
- 43:17j'ai dû quitter le Gers parce que mon époux était décédé,
- 43:19la maison était trop grande et puis à un moment,
- 43:22on a déposé le bilan parce qu'il n'y avait plus de pastels.
- 43:24On est venu dans un petit atelier à côté de Toulouse,
- 43:28dans un petit village qui s'appelle Roumins.
- 43:30Et là,
- 43:30on a recréé avec ma fille une petite atelier qui paraît très petit parce que les gens rentrent et ils se demandent comment vous teniez là.
- 43:38Mais on atteint 7000 pièces.
- 43:41pour
- 43:42Base Range,
- 43:42qui est un magasin suédois dont il y a un point à Toulouse,
- 43:47et on atteint,
- 43:47pour les plus grands stylistes du monde entier,
- 43:49dans un tout petit atelier avec des récupérateurs d'eau au niveau cuve de teinture,
- 43:54des poubelles,
- 43:55des barres accrochées.
- 43:57Donc,
- 43:57ce n'est pas le lieu,
- 43:58c'est le savoir-faire.
- 43:59Et on accueille le public les après-midi,
- 44:01parce que je suis ouverte
- 44:037 jours sur 7 pour le public,
- 44:05sur réservation.
- 44:06On ne ferme jamais parce qu'on ne sait jamais quand on va avoir des arrivées de tissus,
- 44:11des couturiers ou des stylistes français ou ailleurs.
- 44:13Et on partage avec un plus grand plaisir.
- 44:17Et c'est ça qui est important,
- 44:18c'est de rééduquer le public et aussi savoir transmettre un savoir-faire adaptable à tout âge.
- 44:26Pour les enfants,
- 44:27c'est des schtroumpfs.
- 44:27Pour les plus grands,
- 44:28c'est qu'ils deviennent souffleurs de bleu.
- 44:31Pour les adultes,
- 44:31on adapte selon scientifique,
- 44:33historien ou artiste.
- 44:36Donc...
- 44:36c'est un peu se mettre à la place des gens,
- 44:39comme nous on a été,
- 44:40mais on n'a jamais eu quelqu'un pour nous l'expliquer.
- 44:43Ah,
- 44:43top.
- 44:44Et donc d'accord,
- 44:45donc l'entreprise,
- 44:46comme ça les gens pourront aller regarder.
- 44:48Maintenant,
- 44:48je voudrais parler un peu de votre écosystème,
- 44:52de vos partenaires,
- 44:53des gens pour qui vous avez travaillé.
- 44:54que vous avez le droit de mentionner,
- 44:56bien sûr,
- 44:57mais nous donner un peu d'exemples,
- 44:59de collaborations,
- 45:00justement,
- 45:00pour cette ouverture d'esprit que vous apportez,
- 45:02de ne pas être que sur la teinture,
- 45:03mais ouvert à tout.
- 45:05Est-ce que vous pouvez nous citer des exemples de collaborations qui vous ont appris et qui ont été bénéfiques pour cette histoire de faire parler,
- 45:12faire connaître cette couleur végétale au sens large ?
- 45:14Le problème,
- 45:15c'est qu'il y en a beaucoup.
- 45:17C'est ça,
- 45:18le problème.
- 45:19On a travaillé avec le musée de Helsinki pour une robe d'une princesse viking.
- 45:23On a aidé le montage d'un musée de pastels aux Açores,
- 45:26parce que les Açores faisaient du pastel pour la France.
- 45:29J'ai appris plus tard aussi.
- 45:32À Bruges,
- 45:32ils ont trouvé un atelier de teinture avec des cocagnes.
- 45:36Donc,
- 45:36on a aidé à monter un musée là-bas.
- 45:38On a travaillé avec le Festival de Cannes grâce au directeur du GC,
- 45:45donc les cinématographies.
- 45:47On a fait les plumes.
- 45:49Du roi Arthur pour
- 45:50Walt Disney,
- 45:51on teint tout,
- 45:53les plumes,
- 45:53le corail,
- 45:53le nacre.
- 45:55On a travaillé avec des jeunes stylistes à Lyon,
- 45:57par exemple,
- 45:57arpenteurs.
- 45:58On a travaillé pour la haute couture,
- 46:00pour Lapidus.
- 46:01On a travaillé même pour des stylistes étrangers dont je ne peux pas citer le nom,
- 46:05mais on travaille.
- 46:07à une échelle de qualité,
- 46:10à une échelle avec des soies parfois à 3 000,
- 46:135 000 euros le mètre.
- 46:15Donc,
- 46:15oui,
- 46:15oui,
- 46:15et le passé ne le pardonne pas quand on fait une erreur.
- 46:18Donc,
- 46:18on est très connu pour la qualité de ce qu'on fait.
- 46:22pour aussi,
- 46:23parce qu'on n'est jamais satisfait comme tout bon artisan,
- 46:25on essaye de faire mieux,
- 46:27et parce qu'on a aussi la possibilité de toucher des tissus fabuleux.
- 46:30Et quand vous pouvez faire les plumes,
- 46:32des chapeaux,
- 46:33des d'Artagnan,
- 46:34ou même la cape que j'ai faite pour les mousquetaires à loupiacs où il est né,
- 46:38dans un bleu plus ou moins colbert,
- 46:40c'est parfait.
- 46:41Quand j'entends les gens me dire,
- 46:43oui,
- 46:43mais le pastel,
- 46:44ça donne des bleus clairs,
- 46:45non,
- 46:45il y a 13 nuances à l'époque,
- 46:47bleu blanc,
- 46:48bleu noir.
- 46:49Donc,
- 46:49il faut savoir les gérer.
- 46:51Et ça,
- 46:51c'est très important parce que nous,
- 46:54on a cette opportunité,
- 46:56parce qu'on fait des projets d'être intéressés par la presse,
- 46:59on a eu les animaux de la 8,
- 47:01parce qu'ils ont vu,
- 47:02parce qu'on a fait un défilé,
- 47:04parce qu'on fait un défilé avec les écoles de mode,
- 47:07on participe à beaucoup de choses,
- 47:09parfois gracieusement,
- 47:10parce que c'est passionnant,
- 47:12le résultat,
- 47:14la passion des gens,
- 47:15et on est ouvert à tout,
- 47:17on ne ferme jamais nos portes.
- 47:20C'est génial,
- 47:20je suis vraiment ravie d'échanger avec vous,
- 47:22je vous jure je bois vos paroles.
- 47:25C'est pourquoi d'ailleurs que moi je suis maître artisan en oblisseur,
- 47:29alors j'explique aux gens la différence entre teinture et en oblisseur,
- 47:32parce que ce n'est pas la même notion,
- 47:34le pastel va rendre beau,
- 47:36si je teins sur des motifs,
- 47:38les motifs vont changer,
- 47:40ça fixe les colorants chimiques,
- 47:42ça les rend anti-allergisants,
- 47:45c'est baby proof pour les enfants,
- 47:47pour les grenouillères.
- 47:48Les enfants adorent ce bleu très chaud.
- 47:50Il y a des choses extraordinaires.
- 47:51On peut inventer des bleus à l'infini.
- 47:54Parce que teindre sur du blanc,
- 47:56c'est lassant.
- 47:56Mais teindre sur des motifs rouges,
- 48:00verts ou bruns,
- 48:01vous avez le pastel qui couvre et qui donne un très beau bleu,
- 48:05mais on voit la couleur en dessous.
- 48:07Par la haute couture,
- 48:08on atteint des robes en garance.
- 48:11Et sur teint avec le pastel,
- 48:12on voyait la tussue devenir moirée,
- 48:14selon la lumière.
- 48:16Si on avait fait ça avec l'indigo,
- 48:17on n'aurait jamais vu le rouge en dessous.
- 48:19C'est ça la subtilité du pastel.
- 48:21C'est pour ça qu'elle montre ce qui est beau,
- 48:24mais ne cache pas les tâches.
- 48:26D'accord,
- 48:26ok.
- 48:29Je voudrais votre avis,
- 48:30Denise,
- 48:31sur la situation aujourd'hui de l'évolution de la couleur végétale au sens large.
- 48:38Qu'est-ce que vous en pensez ?
- 48:38Est-ce que ça revient ?
- 48:40Est-ce qu'il y a un regain d'intérêt des entreprises,
- 48:42quelles qu'elles soient alimentaires,
- 48:44textiles,
- 48:45cosmétiques,
- 48:45etc. ?
- 48:46Qu'est-ce que vous percevez,
- 48:47vous,
- 48:48parce que vous êtes là depuis un très long moment ?
- 48:51Qu'est-ce que vous voyez,
- 48:52vous,
- 48:52dans cette évolution ?
- 48:53La problématique de pas mal d'entreprises,
- 48:56c'est qu'ils ont peur de la manque de rentabilité ou les différentes choses.
- 49:04Je vous donne un exemple.
- 49:06On a fait un tissage d'onyme avec le dernier tisseur d'onyme.
- 49:10On était trop tôt parce que quand on a démarché un petit peu,
- 49:16les gens qui font du jeans,
- 49:18ils m'ont sorti.
- 49:19Je préfère acheter en Chine.
- 49:21a un coût beaucoup moins cher que de faire travailler en France.
- 49:25On a fait des chaussures,
- 49:27des espadrilles,
- 49:29ils nous ont envoyé les textiles,
- 49:31les cotons qu'on mettait sur place.
- 49:33Donc tout ça,
- 49:34je pense qu'on était trop tôt.
- 49:36Maintenant qu'on prouve qu'on peut tarnir dans une usine avec des machines industrielles,
- 49:42avec d'autres colorants,
- 49:43parce que Xavier Plot fait d'autres colorants,
- 49:45on a été en première vision.
- 49:47Ça démarre très lentement en France,
- 49:48parce qu'il y a toujours...
- 49:50Cette frein de couleur végétale,
- 49:53ça ne tient pas.
- 49:54Le pastel,
- 49:55moi je peux l'ébouillanter,
- 49:56ça ne part pas,
- 49:57donc il n'y a pas de souci.
- 49:58Mais je vois une évolution du public.
- 50:01qui va amener probablement le reste.
- 50:05Parce qu'on revient,
- 50:06quand on faisait faire des chemises en France avec une petite usine,
- 50:10ils nous envoyaient la chemise finie,
- 50:13on teignait,
- 50:14on avait des boutons en bois de corseau qu'on teignait aussi,
- 50:18une chemise agréable,
- 50:19ça s'est vendu à 60 euros,
- 50:21qui n'est pas cher.
- 50:22Eh bien,
- 50:23au départ,
- 50:23j'entendais,
- 50:24ah oui,
- 50:24c'est cher.
- 50:25Puis après,
- 50:25ah oui,
- 50:26non,
- 50:26c'est pas cher parce que ça dure longtemps.
- 50:28Et après,
- 50:29des gens qui me disent oui,
- 50:30j'ai gardé votre chemise 5 ans,
- 50:31mais le col est usé,
- 50:33vous les faites ?
- 50:33Je ne peux plus les refaire parce que les usines ont déposé de bilan,
- 50:36parce que tous les savoir-faire français,
- 50:39petit à petit…
- 50:41partent ou terminent,
- 50:43il manque deux.
- 50:44On était,
- 50:45et c'est malheureux de dire,
- 50:46trop tôt.
- 50:47On était trop développeurs trop tôt.
- 50:49Maintenant,
- 50:50on voit des gens qui m'amènent des choses à teindre,
- 50:52en disant,
- 50:53ouais,
- 50:53et qui gardent,
- 50:54et qui disent,
- 50:55c'est formidable,
- 50:56pour les mariages,
- 50:57pour ci,
- 50:57pour les vieux draps en lin,
- 50:58pour faire tout.
- 50:59Je vois un regain qui réalise,
- 51:01ben oui,
- 51:02c'est quand même pas mal.
- 51:03Mon bébé est allergique,
- 51:04mais avec la gruillonnaire que vous avez teinte,
- 51:07ah,
- 51:07c'est génial.
- 51:09C'est donc...
- 51:10je vois l'évolution qui est positive,
- 51:13beaucoup plus lent peut-être en France,
- 51:15mais c'est pour ça que je travaille à l'étranger,
- 51:16parce qu'ils sont en avance sur l'écologie aussi.
- 51:19Et parce que faire sur place...
- 51:22On atteint pour une petite entreprise de sous-vêtements hommes,
- 51:26avec une entreprise qui était à Bordeaux,
- 51:28qui faisait des choses parce qu'ils vendaient ça avec une couleur qu'ils faisaient en France,
- 51:32avec un coton qui est certes pas très loin mais qui arrive,
- 51:36et ils vendaient ce côté écologique.
- 51:37Nous,
- 51:38on a fait des écharpes avec des laines de Pyrénées,
- 51:40avec le pastel,
- 51:42tricotées en machine parce qu'il faut être moderne,
- 51:44et on les vendait à 60-70 euros.
- 51:47Je n'aime pas les gens qui additionnent.
- 51:51parce que c'est du pastel,
- 51:52on peut baisser les prix quand on fait beaucoup.
- 51:56Mais c'est compliqué parfois d'expliquer une logique pour nous qui paraît simple,
- 52:02parce que les autres personnes ne l'acceptent pas de la même manière.
- 52:06d'accord moi je suis convaincue que cette génération qui arrive c'est l'avenir je travaille avec la fédération des cultivateurs de lin en Normandie avec Aurore je travaille avec des jeunes artisans parce que les gens pensent que teinture mais on peut faire du bois avec on a fait un lac pour un violon on peut faire plein de choses pour ouvrir c'est
- 52:29fabuleux je travaille avec un plumassier donc on va faire et je vais organiser une exposition
- 52:35qui va voyager dans le monde,
- 52:36j'espère,
- 52:37parce qu'il n'y a jamais eu d'exposition.
- 52:40avec les choses au pastel,
- 52:42que ce soit du mobilier,
- 52:43que ce soit du papier,
- 52:45que ce soit une robe en plume,
- 52:47que ce soit pour montrer la qualité.
- 52:50Je travaille avec le centre de feutrage international à Montbrun.
- 52:55Là,
- 52:56ils sont scotchés avec le pastel.
- 52:58Elle va me faire une robe en pastel avec du soie incorporée dans le feutre.
- 53:02C'est quand vous êtes passionné et vous discutez avec des artisans,
- 53:07vous découvrez un monde qui…
- 53:09parfois se travaillent ensemble.
- 53:11Mais c'est ça,
- 53:12c'est un peu s'ouvrir,
- 53:14être humble et surtout rencontrer l'autre.
- 53:20C'est génial.
- 53:20En tout cas,
- 53:21vous me dites,
- 53:21si vous faites une expo,
- 53:23je relairai à fond parce que je trouve ça génial.
- 53:25C'est vrai qu'il n'y a pas beaucoup de preuves de tout ce qu'on peut faire avec la couleur végétale,
- 53:30donc c'est génial.
- 53:31J'ai beaucoup de questions à vous poser aussi sur ce retour.
- 53:36ce qui me...
- 53:37Je vais y arriver à faire ma phrase.
- 53:38Ce qui me touche,
- 53:39c'est que vous dites que ça vient aussi du public,
- 53:43l'intérêt du public.
- 53:44Et on sait que c'est les consommateurs qui changent les marques et les entreprises.
- 53:48Ça,
- 53:48on le sait.
- 53:48Donc,
- 53:49c'est un très bon signe.
- 53:50Ce que je voulais voir avec vous,
- 53:51c'est si cette couleur végétale revient davantage...
- 53:59et donc au devant de la scène,
- 54:01il va falloir quand même s'organiser,
- 54:04se mutualiser,
- 54:05travailler ensemble et faire avancer les couleurs en même temps.
- 54:08Parce que globalement,
- 54:09ce que je comprends,
- 54:09par exemple,
- 54:10si on prend la cosmétique et la coloration capillaire,
- 54:13ils ont besoin des trois couleurs aussi.
- 54:15Sauf qu'aujourd'hui,
- 54:17ils ne savent pas forcément qu'on cultive les plantes tinctoriales en France,
- 54:20qu'au lieu d'acheter en Inde,
- 54:21ils pourraient venir les chercher chez nous.
- 54:23mais on n'a pas forcément les volumes,
- 54:25on ne sait pas forcément faire la logistique pour rassembler les lots,
- 54:28etc.
- 54:29Bref,
- 54:30donc ma question,
- 54:31c'est,
- 54:32si ça repart,
- 54:34Selon vous,
- 54:35qu'est-ce qu'il faudrait mettre en place ?
- 54:36C'est une question compliquée,
- 54:38dans le sens que,
- 54:39comme une couleur touche à tout,
- 54:40moi j'ai fait une encre de tatouage que j'ai testée sur moi,
- 54:43qui marche très bien.
- 54:44Donc tous les domaines sont ouverts.
- 54:46La France est un pays de couleurs.
- 54:47Il y a les ocreries qui se sont ouvertes aussi,
- 54:50qui sont aussi miscibles dans les beaux-arts,
- 54:52etc.
- 54:53Il manque toujours le bleu,
- 54:54parce que le pastel n'est quand même pas soluble.
- 54:57Pour les cheveux,
- 54:58c'est l'indigo,
- 54:59parce que le pastel,
- 54:59il faut le travailler différemment.
- 55:02Jamais dire que rien n'est impossible.
- 55:05Il suffit de travailler.
- 55:07Parfois,
- 55:07on a travaillé jour et nuit.
- 55:08Je prends l'exemple de la teinture de cuir.
- 55:11La haute couture nous a envoyé un vison qu'on a descendu dans une cuve pour textile.
- 55:15C'est sorti comme un rat écrasé par un camion de 42 tonnes.
- 55:18Bon,
- 55:19ça a été un peu un choc.
- 55:20Mais on a travaillé jour et nuit en faisant des tests.
- 55:23Et on a aperçu que les produits chimiques de tannage altéraient le pH de l'eau.
- 55:30Après,
- 55:30il fallait trouver,
- 55:31mais il faut bosser pour ça.
- 55:33Donc là,
- 55:34à l'ère où on veut tout tout de suite,
- 55:37il y a une génération qu'il faut un peu recasser,
- 55:39dans le sens que les jeunes artisans qui veulent,
- 55:43ils ont voyagé déjà,
- 55:44ils ont compris,
- 55:45ils sont plus ouverts.
- 55:47Donc il y a des collaborations qui vont permettre que l'agriculture commence aussi à se dire,
- 55:52on peut vendre notre pigment et chouette,
- 55:55on peut gagner notre vie.
- 55:56Moi,
- 55:56si je n'ai pas importé,
- 55:58et à l'époque où je travaillais avec la France à la Capa,
- 56:01on importait.
- 56:02J'ai envoyé des kilos de pigments purs aux États-Unis pour des bougies,
- 56:06des savons.
- 56:07Si moi je n'ouvre pas plus que ça,
- 56:10c'est que je sais que le pigment ne peut pas suivre encore.
- 56:14Mais moi,
- 56:15je peux vous garantir en tant qu'Américaine qu'aux États-Unis,
- 56:18j'ai donné des stages là-bas.
- 56:19Alors,
- 56:20le pastel,
- 56:21parce qu'ils ont tellement vu l'indigo de l'Amérique centrale,
- 56:23ça,
- 56:24c'est quelque chose qui leur touche vraiment.
- 56:26Ça leur parle.
- 56:27Il y a des Américaines qui viennent en France et qui font des stages rien que pour le pastel.
- 56:33Donc,
- 56:33je sais que le public américain,
- 56:35quand ils aiment,
- 56:36alors là,
- 56:37il faut les grandes quantités.
- 56:38Et je travaille en collaboration avec l'indigo.
- 56:42du sud des États-Unis qu'on replante aussi et on refait le coton et on va faire une exposition entre le bleu du nouveau continent et le bleu de l'ancien continent.
- 56:52Donc,
- 56:52c'est fascinant comment on peut exporter,
- 56:54mais il faut être un ouvert,
- 56:56parler l'anglais et accepter qu'on puisse vous ou critiquer positivement,
- 57:04mais qu'on peut travailler ensemble.
- 57:06Ça,
- 57:06c'est un peu plus compliqué.
- 57:08en France.
- 57:09C'est bien de le dire,
- 57:10ça mettra un petit coup de pied aux fesses,
- 57:13c'est pas mal des fois ce...
- 57:15se bouger là-dessus.
- 57:16Donc ça,
- 57:17je ne savais pas que...
- 57:18Alors,
- 57:18vous avez dit plein de trucs que je ne savais pas.
- 57:20Je ne savais pas qu'on ne pouvait pas utiliser le pastel pour la coloration capillaire.
- 57:24Moi,
- 57:24je pensais que c'était l'indigo,
- 57:25peu importe l'indigo,
- 57:26mais non,
- 57:26apparemment,
- 57:26ça,
- 57:27c'est intéressant.
- 57:28L'encre de tatouage,
- 57:29ça me passionne parce que j'ai,
- 57:31vous ne savez même pas le nombre de questions que je reçois sur Instagram pour savoir,
- 57:35Pauline,
- 57:36est-ce qu'on fait des tatouages à l'encre végétale ?
- 57:38Alors,
- 57:38j'avais trouvé juste un fruit.
- 57:42d'Amérique du Sud,
- 57:43je n'ai perdu le nom,
- 57:44l'Iowa ou je ne sais plus.
- 57:45Bref,
- 57:45un fruit qui permet de faire une encre,
- 57:48machin.
- 57:48Je n'avais jamais eu d'info.
- 57:50Donc,
- 57:51encre de tatouage au pastel.
- 57:53Oui,
- 57:53oui.
- 57:54Mais j'ai dû signer une décharge,
- 57:56évidemment.
- 57:56Mais bon,
- 57:56ça,
- 57:56ce n'est pas grave.
- 57:57Mais bon.
- 57:58Mais tout est possible quand on sait comment le maîtriser.
- 58:02La raison pour laquelle ce n'est pas bien pour les cheveux,
- 58:05c'est que ce n'est pas aussi fort que l'indigo,
- 58:07dans le sens,
- 58:08ce n'est pas aussi miscible.
- 58:08Et que,
- 58:09je dois expliquer aux gens,
- 58:10que chaque cheveu n'est pas,
- 58:13je dirais,
- 58:15entièrement non toxique,
- 58:17dans le sens qu'on a des shampoings,
- 58:19on a la pollution,
- 58:21on prend des médicaments.
- 58:23Nous,
- 58:23mon époux avait une mèche grise,
- 58:26les cheveux gris sont des cheveux entre guillemets morts,
- 58:28ça prend très bien,
- 58:29donc il teignait sa mèche,
- 58:31voilà.
- 58:31Mais c'est vrai qu'il faut comprendre aussi ce que le pastel peut aller dessus,
- 58:37tellement il est...
- 58:39il est enoblissant,
- 58:40mais il est pointilleux et exigeant.
- 58:43Donc,
- 58:43on a ce côté simple et facile.
- 58:46Mais moi,
- 58:47j'adore,
- 58:47et mon époux aussi,
- 58:48tout ce qui est compliqué,
- 58:49parce que ça vous oblige à passer outre la première déception et de trouver la solution.
- 58:55Le passé,
- 58:55il faut toujours trouver.
- 58:57Rien n'est simple.
- 58:58Dans une cuve de teinture,
- 58:59pas celle comme nous le faisons,
- 59:00on change notre manière de teindre même pendant la journée,
- 59:04en regardant le tissu,
- 59:05en regardant les réactions,
- 59:06parce que c'est ça
- 59:08L'important d'être quelqu'un qui est un non-noblisseur,
- 59:11c'est d'abord comprendre sa cuve.
- 59:13Et on parle,
- 59:14comme à l'époque,
- 59:14on l'engueule,
- 59:15ça soulage,
- 59:16mais on observe,
- 59:17quand le temps ou la pression bouge,
- 59:19on voit tout de suite que la cuve…
- 59:21elle est fatiguée,
- 59:23elle est faible,
- 59:24mais tout ça permet de gérer des cuves qui sont au départ extrêmement difficiles.
- 59:30Vous pouvez avoir un tissu très cher,
- 59:33par exemple de la laine,
- 59:34qui rentre dans une cuve qui ne prend pas une seule goutte de bleu.
- 59:36Et si vous ne cherchez pas pourquoi,
- 59:38et ça peut remonter jusqu'à l'alimentation du mouton,
- 59:41ou dans quelle manière ça a été lavé,
- 59:43vous n'arriverez jamais à trouver la solution.
- 59:46Personne ne fait ça,
- 59:47sauf nous.
- 59:49c'est vraiment la cause racine ok d'accord je comprends alors ce que je voulais vous demander aujourd'hui c'est donc comme vous avez été les premiers en France j'entends bien quelles sont aujourd'hui vos sources d'inspiration vous
- 1:00:03allez donc les chercher souvent à l'étranger mais est-ce que vous pouvez nous en citer quelques-unes des gens qui vous donnent toujours envie de continuer à chercher ou d'explorer des nouvelles choses,
- 1:00:11vous trouvez qu'il y a quoi comme source d'inspiration aujourd'hui ?
- 1:00:15Je prendrai les carrelages portugaises.
- 1:00:19Au départ,
- 1:00:20c'était peinte avec du pastel.
- 1:00:22On a fait des essais.
- 1:00:23Oui,
- 1:00:23oui.
- 1:00:24Il faut savoir deux choses avec le pastel.
- 1:00:26C'est comme avec la tapulgite qui incorpore l'indigo,
- 1:00:29on l'a fait aussi avec le pastel.
- 1:00:31À l'époque,
- 1:00:32on faisait les carrelages,
- 1:00:33on les cuisait,
- 1:00:35et puis on repeignait,
- 1:00:36et on cuisait à basse température pour ne pas dépasser et brûler le pigment végétal.
- 1:00:41Donc,
- 1:00:41il y a des compréhensions à faire.
- 1:00:43On a fait des essais,
- 1:00:44mais vous imaginez,
- 1:00:44avec tout ce qu'on a fait comme essais,
- 1:00:46on ne pouvait pas s'orienter dans tout.
- 1:00:48Donc...
- 1:00:49Il n'y a pas un déclencheur,
- 1:00:52il y a une ouverture d'esprit qui est passionnante.
- 1:00:55Si on teint des plumes d'autruche,
- 1:00:56il fallait essayer.
- 1:00:57Il y a des plumes d'oie,
- 1:00:58par exemple,
- 1:00:59qu'on ne peut pas parce qu'il faut déjà les laver.
- 1:01:02C'est une plume d'eau.
- 1:01:03Donc,
- 1:01:04on faisait des plumes d'oie avec la technique,
- 1:01:06je dirais,
- 1:01:07hollandaise pour durcir la pointe.
- 1:01:09On met les plumes dans du sable,
- 1:01:11on laisse cuire à basse température pendant un certain temps et le gras descend et la pointe est très dure.
- 1:01:15Nous,
- 1:01:15on a découvert ça par passion.
- 1:01:17C'est cette passion de curiosité qui fait que quand on voit un truc,
- 1:01:22on pose la question.
- 1:01:23Quand on voit un monsieur qui fait un bol en bois,
- 1:01:27je dis tiens,
- 1:01:27ce serait bien en bleu.
- 1:01:28Les Japonais,
- 1:01:29il y a un sculpteur japonais qui m'a envoyé du bois du Japon pour teindre,
- 1:01:33pour colorer.
- 1:01:34Bon,
- 1:01:34ça flottait,
- 1:01:34c'était un peu compliqué,
- 1:01:36mais tous les bois ne se prennent pas parce qu'il y a le tannin.
- 1:01:39Et là,
- 1:01:39il a trouvé ça génial parce que le bois va donner des images différentes selon la texture du bois.
- 1:01:45C'est alimentaire,
- 1:01:46on peut manger avec,
- 1:01:47ce n'est pas un problème,
- 1:01:47mais on ne peut pas colorer avec le pastel en alimentaire.
- 1:01:51La couleur bleue n'est pas une couleur à part les bonbons,
- 1:01:53que c'est souvent les fruits et autres.
- 1:01:55Et manger les feuilles,
- 1:01:57ce n'est aucun apport nutritif.
- 1:01:59On a essayé,
- 1:02:00puis bon,
- 1:02:00on a fait étudier.
- 1:02:02Il faut savoir que chaque fois qu'on a découvert un truc,
- 1:02:04on vérifie l'authenticité.
- 1:02:08Parfois on ne nous croit jamais,
- 1:02:11mais on la vérifie toujours.
- 1:02:12Quand je fais des démonstrations de teinture,
- 1:02:15Je n'utilise pas les pisseurs.
- 1:02:16Il faut être complètement ridicule de pisser dans sa cuve quand on sait que ce qu'on buvait à l'époque était beaucoup plus fort et qu'avec les médicaments et tout ce qu'on mange,
- 1:02:24ce n'est pas pareil.
- 1:02:25Donc,
- 1:02:25c'est complètement débile.
- 1:02:26Je mets une petite capsule d'ammonia diluée qui s'évapore et je peux verser ma cuve.
- 1:02:31Quand je fais des démonstrations costumées dans l'herbe,
- 1:02:33l'herbe n'est pas bleue,
- 1:02:34les vers de terre non plus,
- 1:02:35il n'y a pas un rond jaune.
- 1:02:36Ça fait pousser mieux l'herbe.
- 1:02:37Donc,
- 1:02:37on a tout vérifié parce qu'on sait très bien qu'on est aussi respectueux.
- 1:02:43de la nature,
- 1:02:44mais on vérifie tout et quand ça ne marche pas,
- 1:02:46on le sait.
- 1:02:47Quand je dis aux gens,
- 1:02:48vous pouvez le mettre en machine à laver,
- 1:02:49c'est que pendant je ne sais pas combien d'années,
- 1:02:51on a martyrisé tout pour tester.
- 1:02:53Donc il y a des choses comme ça que je...
- 1:02:56que parfois on ne nous croit pas.
- 1:02:58C'est un peu ridicule parce qu'on est quand même là à dire ce qu'on pense mais qu'on a vérifié.
- 1:03:04Et c'est l'ouverture d'esprit qui fait qu'on attire des gens intéressants comme nous on rencontre des gens intéressants parce qu'on a une ouverture d'esprit,
- 1:03:13parce que je parle aux gens.
- 1:03:14Et quand on parle aux gens,
- 1:03:15à une personne lambda,
- 1:03:17on ne sait jamais d'où il vient.
- 1:03:19Vous connaissez
- 1:03:20Axel Kahn par exemple,
- 1:03:22c'était un philosophe.
- 1:03:24Il a fait le chemin d'un Saint-Jacques,
- 1:03:26il est passé chez nous,
- 1:03:27il a eu tellement aimé la visite qu'il a fait un billet d'honneur sur RTL et on a cinq pages dans son livre.
- 1:03:33On n'a rien demandé.
- 1:03:34Donc les gens sont jaloux parce qu'on a la presse,
- 1:03:36on a les...
- 1:03:37on a plein de choses.
- 1:03:38Mais ils viennent parce qu'on est curieux,
- 1:03:41parce qu'il y a une passion,
- 1:03:42parce qu'on a une ouverture d'esprit à aider les gens et parce que pour nous,
- 1:03:48c'est le pastel,
- 1:03:49c'est pas le magasin.
- 1:03:50Quand vous avez quelqu'un qui a un concert,
- 1:03:52qui a fait le Saint-Jacques,
- 1:03:53qui montre l'échappe que je lui ai donnée à l'arrivée,
- 1:03:56c'est des moments de grâce.
- 1:03:58quand je vends une écharpe à un monsieur qui revient en me disant ce bleu,
- 1:04:03ma femme,
- 1:04:03on la voit partout,
- 1:04:04elle est belle c'est pas parce qu'elle était moche avant mais parce qu'elle rayonne,
- 1:04:09on a tous pleuré c'est des détails comme ça quand il y a un bébé qui adore ce bleu et sa mère lui dit,
- 1:04:15écoute j'ai perdu ton doudou bleu,
- 1:04:16elle revient paniquée c'est des moments de grâce quand vous faites rêver un enfant qui est ici maintenant qui côtoie
- 1:04:24tout ce qu'on veut sur Internet,
- 1:04:26qui vient et qui vous dit,
- 1:04:27Madame,
- 1:04:27vous êtes un gentil sorcière.
- 1:04:29C'est des moments de grâce,
- 1:04:30parce qu'ils ont soufflé sur le tissu pour devenir des souffleurs de bleu.
- 1:04:34Tous ces petits détails font que ça nous permet d'être humbles,
- 1:04:40mais curieux.
- 1:04:41Et on va vers les gens.
- 1:04:42Et c'est comme ça qu'on a des choses fabuleuses à faire,
- 1:04:45parce qu'on a cette capacité de,
- 1:04:49je ne sais pas,
- 1:04:50mais c'est surtout une passion.
- 1:04:52Qu'est-ce qui,
- 1:04:53pour vous,
- 1:04:54fédère autour de la couleur végétale aujourd'hui dans le monde,
- 1:04:58vu que vous êtes à l'international ?
- 1:05:00Quelles sont les zones que vous avez repérées qui fédèrent et qui aident à ce regroupement,
- 1:05:05cette mutualisation dont on parlait ?
- 1:05:07Quasiment tous les pays européens commencent à… Ils sont beaucoup plus en avance.
- 1:05:11L'Angleterre,
- 1:05:12ils m'ont contactée parce qu'ils ont une région en Angleterre où ils ont eu le bleu charrette,
- 1:05:16le fameux bleu charrette.
- 1:05:18Ils travaillent sur les propriétés répulsives d'insectes.
- 1:05:20Donc,
- 1:05:21il y a…
- 1:05:21Quasiment tous les pays européens,
- 1:05:23même l'Italie,
- 1:05:25un peu plus lentement en France,
- 1:05:26malheureusement.
- 1:05:27Mais quand on sait que l'écologie,
- 1:05:29c'est beaucoup plus facilement en Suisse.
- 1:05:31J'ai été invitée pour la fête de l'ortie.
- 1:05:34J'ai trouvé d'ailleurs passionnant ce qu'ils ont fait sur l'ortie,
- 1:05:36parce qu'il faut être ouvert aussi sur tout.
- 1:05:37Mais ils sont déjà en avance sur les adaptations de ci,
- 1:05:41de ça.
- 1:05:42L'Autriche aussi.
- 1:05:43Mais ça,
- 1:05:45je galère pour qu'en France,
- 1:05:47on accepte ça.
- 1:05:48Et c'est difficile même en tant que femme.
- 1:05:51Maintenant,
- 1:05:51mon époux n'est plus là.
- 1:05:52Vous devez deux fois plus vous...
- 1:05:54je dirais vous battre pour qu'on vous écoute parce que là on ne prend pas au sérieux je n'ai pas mes entrées dans les laboratoires en France même pas au Louvre j'ai mes entrées dans tous les musées du monde entier dans tous les laboratoires mais sauf en France et
- 1:06:10je me bats pour y aller mais voilà c'est comme ça
- 1:06:14Est-ce que,
- 1:06:15je pense,
- 1:06:16je ne suis pas sûre,
- 1:06:17mais est-ce que c'est vous qui avez écrit un livre il n'y a pas longtemps ?
- 1:06:21C'est moi et Chantal Armaniac.
- 1:06:23On a écrit un livre sur notre parcours qui explique surtout ce qu'on a fait en Belgique,
- 1:06:27qui est assez étonnant aussi,
- 1:06:29et ce qu'on a fait en France avec les acteurs,
- 1:06:31avec les sciences scientifiques.
- 1:06:34Moi,
- 1:06:34je ne sais pas parler de moi.
- 1:06:35Je suis passionnée,
- 1:06:36mais je suis trop humble pour parler de ce qu'on a fait parce que pour nous,
- 1:06:39c'est notre vie quotidienne.
- 1:06:40Ma fille le dit souvent.
- 1:06:42elle,
- 1:06:42elle a pu décortiquer parce que j'ai des armoires de presse,
- 1:06:46de scie,
- 1:06:46de coupure,
- 1:06:47de trucs.
- 1:06:48J'ai appris qu'on avait travaillé avec une école inuit,
- 1:06:51j'avais complètement zappé ça,
- 1:06:53en Alaska.
- 1:06:54Donc,
- 1:06:54s'il y a des choses comme ça qui,
- 1:06:56pour nous,
- 1:06:56est au quotidien.
- 1:06:58Quand je vais aux fêtes de la Roi de l'Oiseau au Puy-en-Velay costumé,
- 1:07:03je suis la seule à avoir des foules autour parce que les gens sont passionnés.
- 1:07:07Ils m'amènent des choses à teindre,
- 1:07:09etc.
- 1:07:10Donc,
- 1:07:10il y a ce côté
- 1:07:11passion et adaptée à toute une population.
- 1:07:15Le problème avec certains visites,
- 1:07:17c'est trop catégorique,
- 1:07:19trop rigide.
- 1:07:20Les scientifiques sont parfois trop rigides.
- 1:07:22Et quand je vais à une conférence où je n'ai jamais peur,
- 1:07:25j'improvise parce que je mets de l'humour,
- 1:07:28je ne lis pas un PowerPoint,
- 1:07:31les gens apprécient.
- 1:07:33et à ce côté il y a le côté magique qu'il faut faire avec le pastel pour attirer les gens et c'est passionnant ça crée des jalousies mais je ne fais pas exprès,
- 1:07:43c'est ma passion,
- 1:07:44c'est ça
- 1:07:45et alors quand vous dites que vous n'avez enfin quand vous dites qu'on n'est pas cru j'ai cette même sensation parce qu'en fait ça fait plus d'un an que je suis sur le podcast j'ai essayé de déconstruire tous les préjugés qui collent à la peau des couleurs végétales en général la
- 1:08:02résistance au duvet au lavage,
- 1:08:04à la sueur,
- 1:08:04vous les connaissez tous je ne vais pas les refaire donc j'ai interviewé des chercheurs on a mis
- 1:08:10des tests,
- 1:08:10etc.
- 1:08:11Et en fait,
- 1:08:11je me dis,
- 1:08:12ce qui manque et ce qui nous aiderait globalement,
- 1:08:14c'est d'avoir des analyses de cycle de vie pour montrer que teindre avec les plantes ou colorer avec la couleur végétale,
- 1:08:23c'est mieux ou en tout cas moins polluant,
- 1:08:24moins impactant.
- 1:08:25En fait,
- 1:08:26j'ai l'impression que maintenant,
- 1:08:27il faut passer,
- 1:08:28s'adapter aux réticences,
- 1:08:30c'est-à-dire passer du dire,
- 1:08:32même si c'est des gens très importants qui le disent,
- 1:08:35aux preuves scientifiques,
- 1:08:37quasiment à montrer des preuves de labo
- 1:08:40plusieurs laboratoires qui...
- 1:08:41C'est très français ça,
- 1:08:43je suis désolée de le dire,
- 1:08:44mais c'est très français.
- 1:08:45Le problème avec les labos,
- 1:08:47c'est qu'ils vont vous sortir des trucs incompréhensibles à lire et que le public ou les industriels vont cautionner tout en ne laissant pas ce côté de savoir-faire.
- 1:08:58Quand on fait une cuisine ou quand on fait de la bière ou quand on fait du pain,
- 1:09:03ça bouge avec la pression.
- 1:09:06mes cuves de pastels buvent avec la pression.
- 1:09:08Mais quand vous avez une cuisinière,
- 1:09:10on lui demande scientifiquement,
- 1:09:12jamais scientifiquement,
- 1:09:14est-ce qu'on va analyser votre soupe,
- 1:09:15etc.
- 1:09:16Et le pastel est un savoir-faire.
- 1:09:18Et c'est très compliqué parce que moi,
- 1:09:20quand je discute avec le public,
- 1:09:22et parce que j'ai beaucoup de public,
- 1:09:23je vois qu'ils sont figés.
- 1:09:25Pour eux,
- 1:09:25vieux,
- 1:09:25c'est 1800,
- 1:09:26début de siècle.
- 1:09:27Et quand je leur dis,
- 1:09:28vous savez,
- 1:09:28les peintres...
- 1:09:29impressionnés,
- 1:09:30c'est des tubes de colorant chimique.
- 1:09:31Là,
- 1:09:32ils sont scotchés.
- 1:09:33Il y a toute une éducation.
- 1:09:34Moi,
- 1:09:34je vais dans les écoles éduquées.
- 1:09:37On me demande de faire des démonstrations,
- 1:09:38de discuter avec les élèves.
- 1:09:40Et les enfants sont extrêmement réceptifs à tout ce qui est écologique.
- 1:09:45Ils comprennent mieux que les adultes parfois.
- 1:09:48Mais c'est vrai que la France...
- 1:09:49va arriver avec une jeune génération de chefs d'entreprise,
- 1:09:53des gens qui vont...
- 1:09:54Mais ceux qui sont,
- 1:09:56personnellement,
- 1:09:57j'appelle ça des vieux croutons qui restent en haut,
- 1:10:00qui ne vous écoutent même pas parce qu'en plus vous êtes une nana et qui veulent des preuves scientifiques,
- 1:10:04le public,
- 1:10:05ce n'est pas ça qui va les intéresser.
- 1:10:06Les industries vont y arriver.
- 1:10:08Je suis convaincue que les industries vont y arriver.
- 1:10:10Parce que si les publics demandent,
- 1:10:12ça va venir de là.
- 1:10:14C'est comme le label bio.
- 1:10:15moi j'ai des gens qui me demandent vous êtes dans la belle bio ?
- 1:10:17non parce qu'il faut mettre une capsule sur l'eau rien n'est bio je suis d'une culture raisonnée c'est tout parce qu'on ne peut pas empêcher et c'est ça le problème
- 1:10:31Ok,
- 1:10:32j'entends bien.
- 1:10:33Alors,
- 1:10:34j'allais vous poser la question que je pose à tout le monde,
- 1:10:36si vous étiez une plante tinctoriale,
- 1:10:37laquelle vous serez ?
- 1:10:38Mais là,
- 1:10:38je pense qu'on n'a pas trop de doutes,
- 1:10:39donc on va passer.
- 1:10:41Est-ce que vous avez des livres,
- 1:10:42Denise,
- 1:10:43à recommander ?
- 1:10:43Donc le vôtre,
- 1:10:44j'aimerais bien avoir le titre du coup pour qu'on en parle.
- 1:10:46Ça s'appelle L'œuvre au bleu
- 1:10:48l'œuvre au bleu.
- 1:10:50comptez-vous au parcours avec Chantal Armaniacs si j'ai C'est ça,
- 1:10:53c'est elle qui a déjà écrit un premier livre sur le pastel et on a collaboré parce que elle est,
- 1:10:58moi je sais,
- 1:10:59moi je suis trop passionnée pour écrire,
- 1:11:01voilà,
- 1:11:02il y a trop de choses à dire.
- 1:11:04Donc,
- 1:11:04elle a cadré ça.
- 1:11:05C'est vendu sur
- 1:11:08Amazon, sur tous les grands trucs,
- 1:11:10voilà.
- 1:11:11Donc ça,
- 1:11:11ce n'est pas un souci.
- 1:11:13Il y a beaucoup plus de livres en anglais qu'en français.
- 1:11:16Il y a très peu de livres.
- 1:11:17Vous pouvez en citer en anglais,
- 1:11:19ce n'est pas grave,
- 1:11:19il y a des gens qui sont…
- 1:11:21Là, je suis en train de regarder,
- 1:11:23il y a des… par exemple,
- 1:11:24il y a un livre qui s'appelle Indigo,
- 1:11:26de Jenny Barfoot-Port,
- 1:11:27mais elle parle du pastel,
- 1:11:28parce que techniquement,
- 1:11:29le pastel est un indigo,
- 1:11:31comme beaucoup de gens le disent.
- 1:11:33Moi,
- 1:11:34j'aime bien séparer le nom parce que les gens confondent tout.
- 1:11:37Donc,
- 1:11:38ça s'appelle Indigo,
- 1:11:39je n'ai pas entendu.
- 1:11:40Il y a l'italien oro bleu,
- 1:11:43je ne sais pas,
- 1:11:43j'ai que ça très loin,
- 1:11:44donc je ne vois pas.
- 1:11:46Bon,
- 1:11:46il y a toujours…
- 1:11:49C'est vrai qu'en France,
- 1:11:50il n'y a pas grand-chose.
- 1:11:51à part Dominique Cardon qui est très scientifique sur les colorants naturels,
- 1:11:55mais il n'y a pas grand-chose qui soit intéressant.
- 1:11:58Michel m'a avoué qu'il faudrait qu'il réécrive tous ses livres aussi parce qu'il a beaucoup appris,
- 1:12:04c'était intéressant au début,
- 1:12:05mais il n'y a que très peu finalement,
- 1:12:08surtout sur ce qu'on va faire dans le futur.
- 1:12:11Donc j'incite les gens,
- 1:12:13voilà,
- 1:12:13il faut qu'ils écrivent.
- 1:12:16D'accord.
- 1:12:16Donc,
- 1:12:17c'est super.
- 1:12:18J'entends.
- 1:12:19Donc,
- 1:12:19je voulais juste,
- 1:12:20avant de vous demander à qui vous voulez passer le micro,
- 1:12:23votre prochain projet,
- 1:12:24si j'ai bien compris,
- 1:12:25c'est cette création d'école sur ce savoir-faire autour du pastel.
- 1:12:30Qui va amener le savoir-faire autour de tous les autres plantes tinctoriales,
- 1:12:33parce que pour faire du vert,
- 1:12:36il faut du jaune.
- 1:12:37Pour faire du violet,
- 1:12:38il faut du rouge.
- 1:12:39Donc,
- 1:12:39avoir un atelier de teinture végétale avec les sels d'Alain et un atelier de pastel où on va…
- 1:12:45Faire travailler les élèves pour surteindre.
- 1:12:47Parce que je travaille avec Ecological Colors en Hollande,
- 1:12:51où on atteint des voiles de laine sublimes et on a surteint sur du jaune pour avoir un vert,
- 1:12:56etc.
- 1:12:57Donc,
- 1:12:58je ne suis pas raciste pour avoir que le pastel.
- 1:13:01Le pastel est le plus compliqué,
- 1:13:02pour moi le plus passionnant.
- 1:13:03Je ne fais que ça.
- 1:13:04Mais c'est pour travailler en collaboration et trouver des techniques beaucoup plus,
- 1:13:07je dirais,
- 1:13:08moins artisanales pour ces colorants.
- 1:13:11de synthèse avec des colorants naturels comme fait Xavier parce qu'il tient aussi ses fils avec de la garance et travailler avec des extraits comme vend d'ailleurs
- 1:13:19Patrick Brenac pour valoriser les trois couleurs grand teint qui sont lavables en machine à laver même si on peut tarnir avec autre chose mais qui tiennent moins bien parce que le public veut aussi avoir des choses qu'on va mettre en machine à laver.
- 1:13:32C'est normal.
- 1:13:33On ne va pas refaire le lavage à la lavandière.
- 1:13:40j'aimerais aller à Toulouse en calèche mais c'est trop long est-ce que
- 1:13:46Denise vous pensez à quelqu'un pour continuer cette chaîne de podcast est-ce que vous pensez à des personnes sur la couleur végétale qui pour vous sont nécessaires à entendre des gens à qui vous voudriez passer ce micro vous les avez tous presque interviewés donc c'est vrai que c'est
- 1:14:05difficile,
- 1:14:05vous avez tous interviewés donc c'est compliqué moi j'ai des...
- 1:14:10plutôt des anglophones,
- 1:14:11mais en France,
- 1:14:13à part Anne Etatouin,
- 1:14:15qui est allemande,
- 1:14:15à Toulouse,
- 1:14:16qui fait aussi le pastel à qui j'ai enseigné,
- 1:14:20qui a une vision très internationale aussi,
- 1:14:24elle est comme moi,
- 1:14:26c'est difficile parce qu'il y a des gens passionnés,
- 1:14:30mais dans la couleur,
- 1:14:32c'est vraiment complexe en France,
- 1:14:35malheureusement.
- 1:14:36Et si vous pouviez citer des acteurs anglophones,
- 1:14:39moi je prends aussi,
- 1:14:41ça nous donnera un petit défi d'aller faire des interviews en anglais.
- 1:14:44Alors il y a Jenny Balfour Paul,
- 1:14:47donc
- 1:14:49Paul c'est son nom,
- 1:14:50B-A-L-F-O-R,
- 1:14:51Jenny Balfour Paul.
- 1:14:52Il y a...
- 1:14:55Maintenant que tu me demandes,
- 1:14:57il y a tellement de choses dans ma tête.
- 1:15:00C'est elle qui travaille,
- 1:15:03elle est professeure aussi,
- 1:15:04elle a fait beaucoup de choses sur le pastel,
- 1:15:06j'ai travaillé beaucoup avec elle.
- 1:15:08mais en tête comme ça c'est très compliqué je travaille avec beaucoup de gens que c'est compliqué parfois est-ce que Denise il y a quelque chose que je n'ai pas demandé que vous aviez envie d'aborder que vous vouliez dire
- 1:15:25c'est maintenant ou est-ce que vous trouvez qu'on a fait le tour qu'est-ce qui manquerait selon vous
- 1:15:29Je vais simplement dire pour tout savoir-faire,
- 1:15:32que ce soit en teinture pastel qui est le plus complexe,
- 1:15:34à mon avis,
- 1:15:35beaucoup plus complexe que l'indigo,
- 1:15:36il faut développer ses sens.
- 1:15:38C'est-à-dire que quand on commence à regarder les couleurs différemment,
- 1:15:42entraîner son œil,
- 1:15:43savoir toucher un tissu pour l'apprécier au niveau qualité,
- 1:15:46savoir observer la nature et combiner l'ensemble,
- 1:15:50on peut être des bons teinturiers quand on prend le temps et jamais,
- 1:15:54jamais dire qu'on ne peut pas le faire parce qu'il y a une solution à tout.
- 1:15:58il faut être passionné génial en tout cas Denise votre passion elle m'a mis la banane ce matin franchement j'ai la paix je suis ravie de vous avoir eu merci énormément d'être venue d'avoir partagé tout ça je vous remercie je vous dis à bientôt à bientôt et si vous descendez en Occitanie venez nous voir avec
- 1:16:17grand plaisir je vais faire un tour de France avec les acteurs parce que je trouve ça passionnant mais avec plaisir ok merci beaucoup alors
- 1:16:27Je vous invite à me rejoindre sur ma page Instagram
- 1:16:30ARTECOVERT pour y découvrir le nom des prochains invités.
- 1:16:37Je me permets de vous rappeler que la seule manière de soutenir ce podcast est de le noter et le commenter sur la plateforme d'écoute de votre choix.
- 1:16:45C'est ainsi qu'on arrivera à faire porter la voix de ces passionnés de la couleur végétale.
- 1:16:50Merci à tous !