Latest / Québécois et Canadien / Justin Massie : La capacité du Canada à se défendre
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- 0:00Bonjour et bienvenue au podcast Québécois et
- 0:02Canadien où on discute des enjeux de notre pays.
- 0:04Aujourd 'hui, on reçoit Justin Massey, professeur
- 0:06au département de sciences politiques de l 'UQAM
- 0:08et directeur du réseau d 'analyse stratégique.
- 0:11On a discuté de la capacité du Canada à se défendre
- 0:14et de l 'importance d 'avoir une politique industrielle
- 0:16adaptée. Bon épisode. Monsieur Massey, bonjour.
- 0:27Bonjour. Alors, pour commencer, j 'aimerais vous
- 0:30poser une question qui peut paraître compliquée
- 0:32et simple en même temps. Est -ce que le Canada
- 0:35est capable de se défendre seul? Non. Et je vous
- 0:39dirais que c 'est plutôt simple. Voilà, on peut
- 0:40arrêter le podcast. C 'est ça, bonne journée.
- 0:42Mais on ne l 'a jamais fait non plus. Ça n 'a
- 0:44jamais, jamais été une préoccupation canadienne
- 0:47parce que quand il y a eu une transition de puissance,
- 0:49le Canada est bien sûr une colonie britannique
- 0:51à l 'époque, et un bandénie britannique était
- 0:54tanné de défendre le Canada, puis on dit, bien,
- 0:56occupez -vous de votre défense. Nous, on veut
- 0:58se retirer parce que, bon, l 'empire, disons,
- 1:01avait de la difficulté à soutenir partout sur
- 1:02la planète à la fin du 19e siècle. Ils disent
- 1:05aux Canadiens, bien, occupez -vous de votre défense
- 1:07davantage. Et la première politique de défense
- 1:10du Canada, c 'était de ne pas avoir une armée
- 1:13importante. Malgré le fait qu 'on craignait une
- 1:16invasion américaine à l 'époque parce que c 'était
- 1:18suite à la guerre de sécession. Et la réflexion
- 1:23c 'était de dire on peut pas défendre notre territoire
- 1:25de toute façon contre une armée de l 'Union mobilisée
- 1:27qui a vaincu les confédérés. Alors on va juste
- 1:30avoir une politique qui est amicale à la gare
- 1:32des États -Unis comme ça. Ils vont pas avoir
- 1:35de raisons. de vouloir nous attaquer plus tard
- 1:38et y revenir parce qu 'on se souvient qu 'il
- 1:39y avait eu une guerre en 1812 -1814 entre les
- 1:42Britanniques et les Américains au Canada. Et
- 1:44depuis, on a accru notre collaboration avec les
- 1:47États -Unis, notre coopération, surtout pendant
- 1:49la Seconde Guerre mondiale. On a vraiment intégré
- 1:51les deux armées pour le défendre contre l 'Allemagne
- 1:53à l 'époque. Et depuis, on a toujours défendu
- 1:56l 'Amérique du Nord ensemble avec les États -Unis.
- 1:59Et ce n 'est que depuis très, très, très récemment
- 2:01que le mot... autonomie stratégique est apparue
- 2:05dans le vocabulaire de la défense canadienne,
- 2:08du gouvernement canadien. Moi, j 'étudie la politique
- 2:09de défense depuis plus de 20 ans. Jamais ce mot
- 2:12-là a été dit dans aucun événement, publication,
- 2:16comité parlementaire, etc. C 'était juste pas
- 2:19ce qu 'on pensait faire. Et là, soudainement,
- 2:21vu l 'imprévisibilité, l 'incertitude, voire
- 2:24la coercition qui est faite par les États -Unis
- 2:26à l 'égard du Canada, là, on se dit, bien, est
- 2:28-ce qu 'il faudrait pas réduire notre dépendance
- 2:30sur les États -Unis et potentiellement se défendre
- 2:32seul? c 'est quelque chose qui serait complètement
- 2:34nouveau, puis que je ne pense pas qu 'on a les
- 2:36moyens de faire. Je pense que si on se remet
- 2:40avant la deuxième administration Trump, je pense
- 2:43que le Canada n 'avait même pas... On avait une
- 2:45politique étrangère, mais c 'était très, très...
- 2:48Notre volonté, par exemple, d 'intervenir sur
- 2:50la scène internationale, notre vision de l 'avenir
- 2:54du monde, tout ça était très, très calqué sur
- 2:56la vision américaine. Et là, on part d 'une situation
- 2:59où on... En tout cas, en mon sens, on n 'avait
- 3:01pratiquement pas de politique étrangère indépendante.
- 3:04Ah, là, on veut notre propre politique étrangère,
- 3:07notre propre armée, nos propres objectifs stratégiques.
- 3:10C 'est quand même, l 'anglicisme, un clash assez
- 3:12important. C 'est un clash en partie, mais je
- 3:15vais faire un peu de nuances. On avait une politique,
- 3:17effectivement... calquer sur nos alliés, mais
- 3:19je vais mettre un pluriel. C 'est ça, ce qu 'on
- 3:22appelle l 'Atlantisme. La politique canadienne,
- 3:24ça a toujours été de dire, on veut garder l 'Europe
- 3:26et les Américains ensemble, unis. On veut éviter
- 3:30les grandes divisions, le fait que, par exemple,
- 3:34pendant la Seconde Guerre mondiale, on a fait
- 3:35la guerre en Europe sans les États -Unis, jusqu
- 3:37'à Pearl Harbor. On voulait soutenir la... Si
- 3:39vous autres ne voulez pas s 'impliquer initialement.
- 3:41Non, il a fallu que les Japonais les attaquent
- 3:42et ils sont arrivés en 1942 en Europe. Et donc...
- 3:46Le Canada a toujours dit, bien, on ne veut pas
- 3:47avoir un double pilier, on ne veut pas être pris
- 3:49à défendre juste l 'Amérique du Nord avec les
- 3:51États -Unis, puis là, laisser l 'Europe seule,
- 3:52on veut les unir. Le Canada a créé vraiment un
- 3:55des pays fondateurs de l 'OTAN, cette alliance
- 3:57transatlantique pour les unir, et depuis la création
- 4:01de l 'OTAN, le Canada participe à toutes ses
- 4:03opérations. Donc, quelle que soit l 'initiative
- 4:06de l 'OTAN, le Canada répond présent, lève la
- 4:08main, on veut contribuer en Afghanistan, bien
- 4:10sûr, en Libye, contre Daesh, au Kosovo, on peut
- 4:13en nommer. Et présentement, il y a 2200 ou plus,
- 4:15maintenant, soldats canadiens en Létonie qui
- 4:17visent à défendre ce pays -là au sein de l 'OTAN.
- 4:20Donc, le Canada a toujours dit, bien, on va laisser
- 4:22les alliés de l 'OTAN définir... c 'est quoi
- 4:24les grandes priorités, c 'est quoi les grands
- 4:26besoins pour défendre l 'Alliance, puis nous,
- 4:28on va contribuer. Et beaucoup ont appelé ça du
- 4:30free riding, c 'est -à -dire, on dépense pas
- 4:32beaucoup parce que, dans le fond, ben, déjà,
- 4:33on ne réfléchit pas à notre politique étrangère,
- 4:35on dit, bon, entendez -vous entre vous, voilà,
- 4:38on va suivre. Et à la mesure de nos moyens. Et
- 4:41souvent, on commence une intervention militaire
- 4:43absolument pas préparée. On va en Afghanistan,
- 4:46par exemple, on va à Kandahar, qui est un des...
- 4:49des talibans à l 'époque. Donc évidemment, il
- 4:51y a beaucoup de résistance. Et les soldats canadiens
- 4:54là -bas n 'ont pas le bon uniforme. Ils sont
- 4:56pas en vache, donc ça perd un peu plus. Mais
- 4:59surtout beaucoup plus problématique. Ils n 'ont
- 5:01pas de véhicules blindés qui permettent de les
- 5:03protéger contre les IED, les Engins Explosifs
- 5:05Improvisés. Il n 'y a pas d 'hélicoptères pour
- 5:07se déplacer d 'un endroit à l 'autre sans se
- 5:09faire sauter sur les routes. On a très peu d
- 5:13'avions de transport. Donc on va tout acheter
- 5:15ça. À la dernière minute, on disait, bien là,
- 5:17il faut bien protéger nos soldats parce qu 'on
- 5:19commence une intervention par suivisme atlantique.
- 5:22Il n 'y a pas de planification. Exactement. Et
- 5:24là, par exemple, on a 2200 soldats canadiens
- 5:26en Létonie, comme je le disais. Les États -Unis
- 5:30disent à l 'Europe, bien, on n 'est pas sûr qu
- 5:31'on va vous défendre parce qu 'on a d 'autres
- 5:33priorités. Mais si la Russie décidait, par exemple,
- 5:36d 'attaquer ce pays balte -là, nous, on devrait
- 5:38défendre ce pays avec nos alliés européens, sans
- 5:42les États -Unis. et je crains que les soldats
- 5:44canadiens déployés n 'ont pas l 'équipement nécessaire
- 5:47pour faire face à la Russie, qui est maintenant
- 5:49une armée beaucoup plus... qui a monté en puissance
- 5:53depuis 2020. Parce que ils ont appris de leurs
- 5:56erreurs. Ils ont une industrie de guerre. Je
- 5:58veux dire, ils produisent des millions de drones,
- 6:00des milliers de missiles par année. Ils ont 700
- 6:03000 soldats en Ukraine. 700 000! C 'est quand
- 6:07même une force hyper immobilisée. toute l 'économie,
- 6:10toute la société russe est axée donc sur ce déploiement
- 6:13-là. Si la guerre en Ukraine se terminait, parce
- 6:16que toute guerre se conclut, beaucoup beaucoup
- 6:19craignent que la Russie ne pourra pas juste se
- 6:21démobiliser, ramener ses soldats à la maison,
- 6:24retourner payer leurs pensions parce que ça coûterait
- 6:26très cher. Donc il faudrait qu 'il y ait une
- 6:28espèce de guerre permanente contre l 'Occident
- 6:30et dans un contexte où les États -Unis ne vont
- 6:32peut -être pas défendre. L 'Europe, ce serait
- 6:34un contexte que certains craignent très, très,
- 6:36très dangereux pour qu 'il y ait des interventions
- 6:38américaines, notamment en mer Baltique ou dans
- 6:40les pays baltes. Et là, on pourrait se retrouver
- 6:42dans une situation où ce n 'est pas des talibans
- 6:44contre lesquels on se battrait les Canadiens.
- 6:47Ce serait des Russes qui auraient appris de plusieurs
- 6:49années de guerre, la plus grande guerre de haute
- 6:51intensité, plus la seconde guerre mondiale. Parce
- 6:53que c 'est ça. Je pense que ça fait tellement
- 6:56longtemps que ce n 'est pas arrivé au Canada
- 6:57que ce n 'est pas dans le... la mémoire collective.
- 7:00Mais quand tu passes d 'état de non -guerre à
- 7:03état de guerre, t 'as une montée en puissance
- 7:05qui se passe. Parce que là, tu réalises que finalement,
- 7:07t 'as besoin de plus de teintes, t 'as plus de
- 7:09toutes, parce que t 'as des équipements militaires
- 7:11qui se font détruire à tous les jours. Contrairement
- 7:13à, disons -nous, qui est en phase d 'entraînement,
- 7:15c 'est le teint qui brise parce qu 'on l 'envoie
- 7:18au garage puis on le répare, des affaires comme
- 7:20ça. Là, il y a des équipements militaires qui
- 7:21se font détruire à tous les jours. Il y a des
- 7:23soldats qui meurent à tous les jours. Il y a
- 7:25des bombes qui sont utilisées à tous les jours.
- 7:26C 'est -à -dire qu 'il faut... renflouer toute
- 7:28cette capacité militaire -là. Ça veut dire qu
- 7:30'on peut pas juste avoir une ou deux compagnies
- 7:32de défense qui fait ça, là. Ça veut dire qu 'il
- 7:33faut mobiliser toute la base industrielle du
- 7:36pays. Il faut qu 'il y ait des gens qui cessent
- 7:38de travailler dans d 'autres secteurs de l 'industrie
- 7:39pour soudainement aller travailler, faire des
- 7:41bombes dans les usines. Ça fait que ça fait en
- 7:43sorte que l 'économie devient super concentrée
- 7:46sur le secteur de la défense. Puis après ça,
- 7:49comme vous dites, bien là, si jamais du jour
- 7:50au lendemain on n 'est plus à la guerre, bien
- 7:52là, toutes ces gens -là n 'ont plus de jobs.
- 7:54Après ça, tous ces équipements, on sait pas quoi
- 7:55faire avec ça. Là, il n 'y a plus d 'argent dans
- 7:56le... Donc là, on se retrouve avec probablement
- 7:58des pics de chômage. On se retrouve avec plein
- 8:01de gens qui ne savent pas quoi faire. Puis là,
- 8:03t 'as un paquet de gens qui étaient au front,
- 8:04qui sont blessés, qui sont traumatisés, qui reviennent.
- 8:07Il faut que tu réintègres la société dans une
- 8:08vie normale. Donc, au niveau logistique et démographique,
- 8:13c 'est tout un défi. De ce que je comprends,
- 8:16c 'est un défi que la Russie n 'aura pas le choix
- 8:17de passer à travers un jour quand la guerre va
- 8:20finir. Mais ça pourrait être tentant de dire,
- 8:21je vais continuer à rester une couple d 'années
- 8:23dans ce mode -là tant qu 'à y être. C 'est quasiment
- 8:25plus facile pour moi de justifier une guerre
- 8:27contre les pays baltes que de ramener tout ce
- 8:29monde -là. Après ça, de devoir justifier à ma
- 8:31population pourquoi il y a autant de blessés,
- 8:34de traumatisés et que tout le monde n 'a pas
- 8:36de job. Absolument. Et parce qu 'elle voit une
- 8:39opportunité. la Russie de Vladimir Poutine à
- 8:41diviser l 'OTAN. Parce que c 'est ça l 'objectif
- 8:44des Russes, c 'est qu 'il n 'y a plus de menaces,
- 8:46disons, consolidées européennes ou américaines
- 8:48contre eux en Europe de l 'Est. Et s 'ils voient
- 8:51que le soutien américain et chambre en l 'en
- 8:53est incertain et qu 'à travers une opération,
- 8:57je dirais pas une attaque tous azimuts comme
- 8:59en Ukraine en février 2022, mais ça peut être
- 9:03venir aider une population en détresse, soi -disant
- 9:05dans un village ou faire du sabotage contre des
- 9:09installations électriques ou envoyer des drones
- 9:11qui ont dit... non, c 'est pas nous, c 'est pas
- 9:12les Russes, etc., pourraient commencer à diviser
- 9:15l 'Europe en disant, bien, est -ce qu 'il faut
- 9:17répondre par la force, est -ce qu 'il faut...
- 9:18Et là, il pourrait avoir des tensions au sein
- 9:20des pays, entre les pays qui pourraient créer
- 9:23cette division -là, cette fragmentation -là.
- 9:25On sait que la Russie, par exemple, soutient
- 9:27beaucoup les mouvements d 'extrême droite en
- 9:28Europe pour qu 'ils prennent un pouvoir, pour
- 9:29qu 'ils aient des politiques beaucoup plus favorables.
- 9:31Donc, on pourrait profiter de cette situation
- 9:33-là. Et donc, les conflits qu 'on appelle sous
- 9:37le seuil, du conflit armé, pas avec une pluie
- 9:39de missiles qui s 'abattent sur le territoire,
- 9:41sont beaucoup plus probables pour essayer de
- 9:43tester les eaux et voir quelle est la réaction
- 9:45américaine, quelle est la réaction européenne.
- 9:47Et c 'est ce qu 'ils ont fait en Pologne. Quand
- 9:48il y a une vingtaine de drones qui ont traversé
- 9:50ce territoire -là, la réponse a été, somme toute,
- 9:53mitigée. Les Américains ont dit, de toute façon,
- 9:55ce n 'est pas vraiment grave. Les Polonais n
- 9:57'ont pris beaucoup plus au sérieux, mais ils
- 9:58n 'ont pas eu le soutien aussi important que
- 10:01peut -être d 'autres l 'auraient espéré. Et donc,
- 10:04ça crée beaucoup de crainte. La plupart des services
- 10:06de renseignement européens pensent que la fin
- 10:09des années 2020, début 2030, c 'est vraiment
- 10:11une période les plus critiques, la plus dangereuse,
- 10:14parce que le processus de réarmement européen
- 10:16qui eux aussi ont réamorcé, comme le Canada,
- 10:19depuis la dernière année. va prendre du temps
- 10:21à se mettre en branle. On peut investir, mais
- 10:23le temps de développer cette capacité de cette
- 10:25industrie -là prend du temps. Et donc, il y a
- 10:26comme une fenêtre d 'opportunité que certains
- 10:28craignent que la Russie pourrait vouloir saisir,
- 10:30alors que le président Trump est au pouvoir.
- 10:33Oui, parce que c 'est ça, puis on ne pense pas
- 10:35tout le temps, mais comme une guerre, ça se déclenche
- 10:38pas toujours du jour au lendemain. Des fois,
- 10:39c 'est des petits empiétements. Là, est -ce que...
- 10:42le gouvernement Karni pourrait envoyer des soldats
- 10:45en Létonie ou un autre pays balde, si par exemple,
- 10:49bon, il y a un soldat balde qui est tué par un
- 10:51drone ou après ça, OK, bien là, ils sont embarqués
- 10:54sur le territoire, mais juste un petit peu, ou
- 10:55après ça, il y a une attaque terroriste qui a
- 10:58été faite dans tel état. À quel point est -ce
- 11:02que le gouvernement du Canada trouve que là,
- 11:04les obligations de l 'OTAN sont respectées, puis
- 11:06là, on doit s 'engager là -dedans. Je pense que,
- 11:09comme vous dites... Il va y avoir un conflit
- 11:11inévitablement, je pense, dans le temps, là -dedans,
- 11:13parce que... Puis on a tendance à pas y penser,
- 11:16mais... T'sais, c 'est facile de dire qu 'on
- 11:18va tous se défendre, mais après ça, qu 'on va
- 11:20envoyer des soldats canadiens, se faire tuer
- 11:22pour un pays en Europe qui se fait attaquer,
- 11:25bien là, c 'est là qu 'il y a des gens peut -être
- 11:26au pays qui vont dire comme, ah, OK, fait que
- 11:27là, on va prendre nos enfants puis les envoyer
- 11:29autrement pour une guerre qui, t'sais, au niveau
- 11:33stratégique, nous implique, mais au niveau territorial,
- 11:35nous implique pas. Fait que là, c 'est là que
- 11:37ça devient plus difficile. Et les types de guerres
- 11:39dans lesquelles on reste de se retrouver seront
- 11:42pas juste des guerres de masse de milliers de
- 11:44personnes, de militaires, mais beaucoup, beaucoup
- 11:46de robots. C 'est là que c 'est ce qu 'on voit.
- 11:48L 'évolution sur le conflit ukrainien, c 'est
- 11:50ce qu 'on voit et... Ils ont, par exemple, pris
- 11:53récemment une tranchée sans soldats, sans soldats
- 11:56d 'infanterie, vraiment avec des drones terrestres,
- 11:59essentiellement qui roulent, évidemment, des
- 12:01drones aériens. Et c 'est cette prolifération
- 12:04industrielle et technologique qui semble être
- 12:07la caractéristique des guerres modernes. On l
- 12:09'a vu avec les États -Unis qui, en 12 heures
- 12:11en Iran, ont mené 900 frappes. avec l 'IA qui
- 12:16est capable de détecter où sont les menaces,
- 12:17donner les ordres de frappe à des missiles, à
- 12:20des drones, à des avions de chasse, à des navires.
- 12:23Et ce qu 'il faut donc, c 'est une espèce de
- 12:24capacité de production vraiment considérable
- 12:27dans cette guerre de haut volume. Et c 'est le
- 12:31modèle, je pense, qu 'on devrait prendre en compte,
- 12:33c 'est le modèle sud -coréen. La Corée du Sud
- 12:35est évidemment en conflit avec la Corée du Nord,
- 12:37mais il y a une paix depuis 1953. Et elle craint
- 12:39par contre que le conflit recommence. Donc elle
- 12:42finance une industrie de défense de très haute
- 12:44technologie qui produit à chaque mois par exemple
- 12:46un certain nombre de missiles, d 'obus ou peu
- 12:48importe, mais finance plus pour qu 'elle soit
- 12:51capable du jour au lendemain d 'augmenter...
- 12:53considérablement la production, donc ce qu 'on
- 12:55appelle une capacité de latence. Et ça coûte
- 12:57de l 'argent, évidemment, mais que s 'il y avait
- 12:59un conflit qui devait surger entre la Corée du
- 13:01Nord et la Corée du Sud, il pourrait passer de
- 13:03produire, je ne sais pas moi, je vais inventer
- 13:043 000 obus à 20 000 obus par mois. Parce qu 'on
- 13:07a l 'infrastructure est là, les chaînes de production
- 13:11sont présentes. On paye pour la redondance. Exactement.
- 13:14Et ça, on a beaucoup de retard au Canada. Parce
- 13:17qu 'on a fait certains contrats comme ça, par
- 13:18exemple, en matière de but ou des choses comme
- 13:20ça, il y a des contrats qui sont donnés pour
- 13:22dire... Tu me gardes une capacité de x obus,
- 13:26mais on n 'en a pas beaucoup. Puis il y a une
- 13:27volonté de créer un stock aussi, donc une réserve
- 13:30stratégique, mais c 'est juste qu 'on parle de
- 13:32tellement loin au Canada que la stratégie industrielle
- 13:34de défense actuellement est la bonne, mais vise
- 13:37à corriger 30 ans de décennie sans prévoir les
- 13:3910 prochaines années. On tente plus de faire
- 13:42ce qu 'on aurait dû faire il y a plusieurs années
- 13:43sur les obus, par exemple. On en produisait en
- 13:462022, début de la guerre en Ukraine, on produisait
- 13:48au Canada, au Québec surtout, 3000 obus par mois.
- 13:51On l 'a augmenté rapidement à 5000 et c 'est
- 13:53tout. Et là, on prévoit l 'augmenter possiblement
- 13:56jusqu 'à 12 000 en 2029. Mais pour vous dire,
- 14:00pendant le sommet de l 'usage d 'obus dans la
- 14:03guerre en Ukraine, les Ukrainiens en utilisaient
- 14:055000 par jour. Quand même. Ce qu 'on fait en
- 14:08un mois, c 'est ce qu 'on passerait par jour.
- 14:10Exactement. Et on n 'a pas pris en compte cette
- 14:14évolution -là en disant, dès 2020, on va augmenter
- 14:17beaucoup notre production pour les Ukrainiens.
- 14:19Puis en même temps qu 'on finance ceci, on va
- 14:21commencer à investir tout de suite pour avoir
- 14:23la prochaine génération d 'obus. Parce que des
- 14:25obus qu 'on utilisait en 2022 ont une portée
- 14:28plus courte, par exemple, et il y en a d 'autres,
- 14:30il y a d 'autres modèles, il y a des développements
- 14:31technologiques pour que ça aille plus loin, puis
- 14:32ça fera plus fort, puis que ça soit moins détecté,
- 14:35moins intercepté. Et c 'est là -dedans qu 'il
- 14:36faudrait investir. Il faudrait être capable,
- 14:37à mon avis, de rattraper notre retard de production
- 14:41pour nos alliés européens, mais aussi d 'évoluer
- 14:43beaucoup plus l 'innovation, la recherche et
- 14:45le développement ici pour qu 'on ait la capacité
- 14:47suivante. La tendance, malheureusement, dans
- 14:49la politique des défenses canadiennes, c 'est
- 14:51qu 'on ne plénifie pas beaucoup l 'avenir et
- 14:54on ne réfléchit pas parce que justement, on fait
- 14:56une espèce de suivisme si on veut. On est en
- 14:58mode de rattrapage tout le temps. On est toujours
- 14:59en mode de rattrapage, toujours un peu en retard
- 15:01et ça nous fait que quand on vient pour acheter
- 15:03quelque chose, on regarde qui le produit, c 'est
- 15:06pas nous. Parce qu 'on n 'a pas investi dans
- 15:07la recherche et le développement il y a cinq
- 15:09ans avant. On ne fait pas de drôme. On a un plus
- 15:12grand espace aérien à défendre sur la planète
- 15:14à part la Russie. les drones qu 'on va utiliser
- 15:17dans l 'Arctique canadienne vont être des drones
- 15:18américains, donc des SkyGuardians qu 'on va avoir
- 15:21en 2028. Jusqu 'à présent, il n 'y en a pas.
- 15:23Et quand on a fait cette annonce -là il y a quelques
- 15:25années, on n 'a pas dit, OK, on achète ça parce
- 15:27qu 'on n 'a rien, il faut quelque chose pour
- 15:29sauver le territoire canadien. Mais en même temps,
- 15:31je vais investir dans les capacités canadiennes
- 15:34pour développer la prochaine génération de drones
- 15:36qui est capable de payer en zone arctique à haute
- 15:38altitude pour qu 'on en ait besoin de plus que
- 15:4111. Parce qu 'on en aura besoin de plus qu 'en
- 15:44Russie. Ça prend beaucoup de drones. Ils pourraient
- 15:46venir de chez nous. Puis que s 'il y en a qui
- 15:47se font tirer par les Russes ou par des Chinois,
- 15:49peu importe dans le conflit, ben on n 'est pas
- 15:50juste, ah ben là vous l 'avez épuisé de notre
- 15:52stock, on n 'a plus rien. Fait que vous pouvez
- 15:54opérer dans notre territoire sans qu 'on se sache.
- 15:56Puis discutons, parce que là je pense que vous
- 15:58arrivez sur un terrain que je trouve intéressant,
- 16:00la chaîne d 'approvisionnement. Parce que là
- 16:01on parle beaucoup de l 'ALENA, ben... ou je me
- 16:06souviens plus c 'est quoi? Laceum. Laceum, merci.
- 16:09Mais j 'imagine qu 'en ce moment, quand on regarde
- 16:12la situation telle qu 'elle est aujourd 'hui,
- 16:14la chaîne de provisionnement militaire doit être
- 16:16extrêmement intégrée avec les Américains. Absolument.
- 16:19En fait, il y a deux caractéristiques de notre
- 16:21base industrielle et technologique. Premièrement,
- 16:23elle est composée surtout de PME, 85%, qui sont
- 16:28des sous -contracteurs de plus grandes compagnies.
- 16:29Et la deuxième caractéristique, c 'est que la
- 16:31plupart de ces grandes compagnies établies -là
- 16:33sont américaines. On pense à John Dynamics, qui
- 16:36est bien établi, par exemple, au Québec, L3 Harris,
- 16:39enfin, Beltextron, il y a beaucoup de ce type
- 16:40d 'entreprises. Une TME qui fait une roue d 'un
- 16:42train d 'atterrissage pour Lockheed Martin. Voilà,
- 16:45le meilleur exemple, c 'est les roues d 'Evtech
- 16:46qui fait les trains d 'atterrissage pour le F
- 16:48-35, qui a été racheté par des intérêts américains
- 16:51il n 'y a pas longtemps. C 'est difficile quand
- 16:55on dit qu 'on va créer de l 'autonomie stratégique
- 16:58pour revenir à ce qu 'on disait tout à l 'heure.
- 16:59On va se défendre seul, oui, mais à qui on va
- 17:01donner les contrats pour produire au Canada?
- 17:04La stratégie industrielle que le gouvernement
- 17:06a lancée il y a quelques semaines dit qu 'on
- 17:08va déterminer qu 'est -ce qu 'une entreprise
- 17:11canadienne si elle emploie des Canadiens et paie
- 17:13des impôts au Canada. Ça, ça permet à General
- 17:15Dynamics, Land Systems ou... — Qui sont des compagnies
- 17:18américaines. — Qui sont des compagnies américaines.
- 17:19On est implanté au Québec, au Canada. On paye
- 17:22des impôts ici. On a des employés. Donc, on se
- 17:24qualifie comme entreprise canadienne. Et c 'est
- 17:26eux qui risquent d 'avoir la majorité des contrats
- 17:29dans lesquels on va investir dans les prochaines
- 17:31années parce que c 'est eux qui sont déjà implantés.
- 17:33et ça, c 'est parce qu 'on a du rattrapage à
- 17:36faire, mais on pourrait en même temps, il y a
- 17:37une certaine volonté de façon, le vu avec le
- 17:39contrat, je dirais, de Bombardier pour créer
- 17:41des futurs drones, de prendre une entreprise
- 17:43canadienne, évidemment Bombardier ici, et d 'investir
- 17:46dans la recherche et le développement pour qu
- 17:48'elle crée une capacité de drone, par exemple,
- 17:50qui répondra aux besoins canadiens, mais... quand
- 17:53on en aura besoin de les acheter, on va l 'avoir
- 17:54conçu et produit ici. Et ça, il faudrait faire
- 17:57ça à une plus grande échelle, à une plus grande
- 17:59ampleur pour aider les PME, qui ont vraiment
- 18:02une innovation, qui sont capables d 'être plus
- 18:05agiles, disons, que les grandes entreprises,
- 18:07de voir, bien, voici les secteurs dans lesquels
- 18:09on est vraiment forts. On va les aider à développer
- 18:10des modèles de A à Z, des plateformes, en faisant
- 18:13des consortiums, etc., seuls ou surtout avec
- 18:16des Européens. On va acheter ensemble aussi,
- 18:19parce qu 'un autre problème, c 'est une tangente,
- 18:21mais... Le Canada, même si on investit beaucoup
- 18:23en défense, on n 'achètera pas beaucoup. C 'est
- 18:26difficile de donner des contrats qui vont vraiment
- 18:28permettre à une entreprise de produire assez
- 18:31pour employer une grande capacité de production.
- 18:34Si c 'est juste, elle ne répond qu 'aux besoins
- 18:36des Canadiens. On a besoin d 'exporter ou sinon
- 18:39on a besoin d 'affaires des acquisitions communes
- 18:41avec les Européens, les Allemands qui investissent
- 18:42encore plus que nous ou d 'autres pays européens.
- 18:46On va acheter la même chose. On va le produire
- 18:48en partie chez nous, en consorcement avec vos
- 18:49entreprises. Donc, on devient moins dépendant
- 18:51des États -Unis. Et surtout, le carnet de commande
- 18:53après, c 'est pas juste le Canada qui l 'achète.
- 18:55C 'est les Allemands, c 'est les Italiens, c
- 18:57'est les Belges, etc. Est -ce que c 'est réaliste?
- 19:01Parce que je pense qu 'on a cette discussion
- 19:02-là sur l 'ensemble des approvisionnements canadiens
- 19:04en ce moment, en considérant des... les risques
- 19:07à l 'échange nord -américain. Est -ce que c 'est
- 19:10réaliste vraiment de tout faire ici ou est -ce
- 19:12qu 'on va faire certaines composantes puis on
- 19:14va avoir des... disons, on va faire comme les
- 19:16avions de chasse, là, on dit OK, on va faire
- 19:18une flotte mix, on va en avoir d 'un pays puis
- 19:20d 'un autre. Comment est -ce qu 'on fait? Parce
- 19:22que je vois pas comment la main -d 'oeuvre canadienne
- 19:25à 40 millions, on pourrait faire tous les équipements
- 19:27militaires qu 'on a besoin avec des Canadiens
- 19:31dans ces usines -là. Je sais pas où on les prendrait,
- 19:33ces gens -là. Ça prendrait un engagement politique.
- 19:36Il y a quelques billes qui ont réussi à le faire.
- 19:38Les pays les plus proches en Europe d 'autonomie
- 19:40stratégique, c 'est la France. Vraiment, elle
- 19:42a des capacités souveraines où c 'est des technologies
- 19:44françaises avec des employés français qui font
- 19:47des pièces de A à Z dans la recherche et le développement.
- 19:49Mais ça leur a pris des décennies à arriver là,
- 19:52pas du jour au lendemain. La Corée du Sud est
- 19:53un autre exemple aussi qui ont développé beaucoup
- 19:55leur industrie. Et les deux, surtout la France,
- 19:59c 'était parce qu 'elle n 'avait pas confiance
- 20:01en les États -Unis bien avant l 'heure, donc
- 20:02un peu précurseur du contexte dans lequel on
- 20:04est aujourd 'hui. Et la Corée du Sud, c 'est
- 20:06parce qu 'elle vivait un conflit existant. avec
- 20:07la Corée du Nord. On n 'est pas dans ce contexte
- 20:09-là. Donc, j 'ai de la misère à imaginer l 'économie
- 20:13canadienne et québécoise se constater vraiment
- 20:17considérablement dans le milieu de la défense,
- 20:19dans toutes les sphères. Cela dit, on a des forces.
- 20:24Et ce qu 'il faudrait, ce serait faire des choix,
- 20:25de dire, bien, dans certaines capacités, moi,
- 20:27je pense que, par exemple, les drones, les systèmes
- 20:29autonomes, c 'est l 'avenir. Les systèmes autonomes,
- 20:32c 'est des drones aériens, les drones sous -marins,
- 20:34les drones terrestres, tout ce qui est avec l
- 20:36'intelligence artificielle, les radars, les capteurs,
- 20:38etc., l 'aéronautique. On a cette capacité de
- 20:41les produire. On pourrait dire que dans ce secteur
- 20:42-là, nous, on veut devenir des champions mondiaux.
- 20:45On va financer donc beaucoup de PME, beaucoup
- 20:48d 'entreprises pour qu 'il y ait de la compétition,
- 20:49pour qu 'il y ait de la recherche et le développement.
- 20:50Et on va les aider à percer des marchés canadiens
- 20:53et européens ou internationaux. Mais on ne fera
- 20:56pas petit char d 'assaut. Ça, c 'est peut -être
- 20:59pas non plus nécessaire pour défendre le Canada.
- 21:01C 'est peut -être pas la priorité. On aura besoin
- 21:04peut -être de char d 'assaut pour nos soldats
- 21:05en Lettonie, mais on pourrait les acheter en
- 21:07Allemagne, les produire en Allemagne. C 'est
- 21:09déjà plus rapide aussi pour les amener en Lettonie
- 21:11que des frères au Canada. Délaisser certains
- 21:13secteurs, mais la difficulté avec ça, c 'est
- 21:16qu 'il faut faire des renonciations. Parce que
- 21:18quand on choisit quelque chose, on dit non à
- 21:20d 'autres. Et ça, les gouvernements n 'aiment
- 21:22pas ça. Quand on regarde, mettons, la stratégie
- 21:24industrielle canadienne, elle a parlé de 10 capacités
- 21:28souveraines. On se dit, voilà, il y a des choix
- 21:30qui ont été faits. 10, pas 20, pas 30, pas 40.
- 21:33Mais quand on regarde le nom de ces capacités
- 21:35-là et ce qui en découle... C 'est comme défense
- 21:37aérienne. C 'est IA. Je vais donner IA. Qu 'est
- 21:41-ce qui n 'est pas de l 'IA aujourd 'hui dans
- 21:43les chaînes de communication, etc., des détections
- 21:46de surveillance de commandement, par exemple?
- 21:48C 'est tellement vaste que moi, j 'ai de la difficulté
- 21:51à imaginer un secteur qui n 'est pas couvert
- 21:53dans nos capacités souveraines, à part un qui
- 21:55est le nucléaire. Là, on a dit, mais non, on
- 21:56ne fera pas de propulsion nucléaire, par exemple,
- 21:58pour nos sous -marins ou pour voir des armes
- 22:01nucléaires. On n 'est pas du tout là. Ça, c 'est
- 22:02une vraie renonciation. Mais pour le reste, c
- 22:04'est très difficile à les identifier parce que
- 22:07je pense que ça implique de faire des choix qu
- 22:09'on n 'est pas prêts à faire et qui impliqueraient...
- 22:13une plus grande capacité de priorisation de nos
- 22:16intérêts nationaux. Parce qu 'on revient au même
- 22:18problème qu 'on disait tantôt. Si on n 'a pas
- 22:20la réflexion stratégique de pourquoi on a une
- 22:22politique de défense, à quoi ça sert et contre
- 22:24qui on va l 'utiliser, c 'est difficile ensuite
- 22:26de faire les bons choix qui sont les plus éclairés.
- 22:29Notre débat sur le F -35, il est emblématique
- 22:31de cette incapacité de réfléchir sur nos intérêts
- 22:34nationaux. Ça fait depuis 2010 qu 'on tergivers
- 22:38là -dessus. On finance la production du F -35
- 22:40depuis les années 90. Et là, il y a des débats
- 22:43encore. Est -ce que c 'est un bon avion? Est
- 22:44-ce qu 'on devrait l 'acheter? On ne devrait
- 22:45pas l 'acheter. Et le gouvernement ne fait que
- 22:49reporter le réexamen qui devait se terminer à
- 22:51l 'été 2025. Là, il est toujours en cours parce
- 22:54qu 'il est lié avec la renégociation de l 'asséum
- 22:56avec les États -Unis. Au lieu de définir vraiment
- 22:58pourquoi on veut des affaires. C 'est pas pour
- 23:02créer des jobs. Je suis désolé, mais on ne fait
- 23:05pas une politique de défense pour créer de la
- 23:06croissance économique. Il y a d 'autres secteurs
- 23:09dans lesquels le civil, on pourrait investir
- 23:10là -dedans. On a une politique de défense pour
- 23:12se défendre contre des menaces, contre notre
- 23:14territoire. Puis si, incidemment, il faut faire
- 23:16ces dépenses -là, oui, on veut que ça aille à
- 23:18des emplois, puis que ça soit profitable pour
- 23:21les entreprises qui le font. Mais c 'est le second
- 23:24plan, pas le premier plan. Mais avec le F -35,
- 23:26on a le débat, pourquoi on veut ces avions -là?
- 23:29Il y en a qui disent qu 'on n 'a pas besoin,
- 23:31ça coûte super cher à opérer. parce que chaque
- 23:34heure d 'opération coûte beaucoup plus cher qu
- 23:35'un avion de moins technologique. C 'est comme
- 23:37conduire une Corolla ou une Ferrari. Ça coûte
- 23:39pas le même prix d 'entretien. On s 'entend.
- 23:41Mais il y en a une qui va plus vite que l 'autre.
- 23:43Il n 'y a pas de doute. Il n 'y a pas de mécanicien
- 23:45qui va vous dire que la Corolla va plus vite
- 23:47que la Ferrari. Il n 'y a pas de doute que le
- 23:49F -35 est la Ferrari. Qu 'elle fait des choses
- 23:52que d 'autres avions n 'est pas capable de faire.
- 23:55La question, c 'est, est -ce qu 'on prend la
- 23:56Ferrari pour aller au travail tous les jours?
- 23:58Est -ce que c 'est nécessaire ou on peut juste
- 24:00se balader le dimanche, mettons, pour se montrer
- 24:05à nos amis? Il faut définir pourquoi on veut
- 24:07cet avion -là. Et dans le contexte canadien,
- 24:11on veut l 'F -35 essentiellement parce qu 'il
- 24:13y a une intégration dans la défense de l 'Amérique
- 24:15du Nord avec les États -Unis qui l 'a plus intégrée
- 24:19qu 'aucun autre allié que les États -Unis ont
- 24:21sur la planète. Le NORAD fait en sorte que...
- 24:24On défend l 'espace aérien canadien de manière
- 24:27très, très, très intégrée avec les États -Unis
- 24:29avec des systèmes de radar de détection intégrée,
- 24:32des systèmes d 'interception aussi qui vont être
- 24:33intégrés, qui fait que c 'est difficile à imaginer
- 24:36que le Canada aurait un avion qui n 'est pas
- 24:38américain pour défendre le Canada. Parce que
- 24:40les États -Unis pourraient simplement dire, bien,
- 24:42on ne le prend pas. votre avion. Vous pouvez
- 24:44acheter des Gripen, mais on ne va pas les connecter
- 24:46au NORAD, alors vous n 'aurez plus notre système
- 24:48de détection par satellite, par radar, etc. On
- 24:51ne va pas vraiment vouloir collaborer avec vous
- 24:52parce que vous prenez un appel que nous on juge
- 24:54qui n 'est pas nécessaire. Mais ce n 'est pas
- 24:58la même chose pour notre contribution à la sécurité
- 25:00européenne parce que le F -35 pose vraiment des
- 25:04vulnérabilités majeures. Les États -Unis peuvent
- 25:08être dans une situation où ils ne veulent pas
- 25:10qu 'on utilise leur avion contre la Russie. Ce
- 25:13n 'est pas hypothétique, c 'est même plausible.
- 25:16On l 'a vu, les États -Unis, pendant les deux
- 25:17guerres mondiales, comme je le disais tout à
- 25:18l 'heure, n 'ont pas participé initialement au
- 25:20conflit. On peut tout à fait imaginer une situation
- 25:22où l 'Europe est en conflit avec la Russie. Les
- 25:24États -Unis se choisissent d 'être neuf, de Donald
- 25:26Trump ou de Jake Devons ou peu importe qui est
- 25:28président. Et ils disent, bien, vous n 'avez
- 25:30pas le droit d 'utiliser les F -35 contre les...
- 25:32Ce n 'est pas les équipements militaires pour
- 25:33frapper... Exactement, c 'est ce qu 'ils ont
- 25:34dit aux Ukrainiens. On vous donne des pièces
- 25:36d 'équipement, mais vous n 'avez pas le droit
- 25:37de frapper en Russie. On vous l 'a interdit,
- 25:39puis même nous, on peut l 'enlever. Parce que
- 25:41la capacité de Lockheed Martin, c 'est de vous
- 25:43empêcher d 'utiliser l 'appareil. Ils ne feront
- 25:44pas la mise à jour, puis même, bon, bloquer vos
- 25:46systèmes de communication si vous approchez trop.
- 25:49Mais qu 'est -ce qu 'on fait s 'il faut défendre
- 25:51nos soldats canadiens en Europe de l 'Est et
- 25:53qu 'on n 'a pas d 'avions de chasse qui fonctionnent?
- 25:55Parce que les Américains ont dit, ben non, vous
- 25:56ne pouvez pas. Qu 'on achète des Heimers, des
- 25:58missiles, pardon, des lances -roquettes multiples
- 26:01américaines, mais qu 'ils disent non, vous ne
- 26:03pouvez pas les utiliser pour frapper les Russes.
- 26:05Parce que nous, on considère qu 'ils n 'ont pas
- 26:06agressé l 'Europe de l 'Est. Ça crée des dépendances
- 26:10structurelles pour la défense européenne. Mais
- 26:13il faut la distinguer de la défense canadienne,
- 26:15parce qu 'au Canada, les Russes... pardon, les
- 26:17Américains ne diront jamais « Ah, ce n 'est pas
- 26:18grave que les Russes vous attaquent... » « Ce
- 26:20n 'est pas grave, ça ne me dérange pas s 'il
- 26:21y a un débarquement... » Voilà, c 'est leur coup
- 26:23arrière, c 'est chez eux, ils veulent nous défendre
- 26:25avec ou sans nous. C 'est -à -dire, la menace
- 26:27plus grande chez nous, c 'est que si on ne fait
- 26:29pas ce que les Américains souhaitent, ils vont
- 26:31faire à notre place. C 'est ce qu 'ils ont fait
- 26:32pendant le seconde guerre mondiale. Ils ont installé
- 26:34des bases militaires sur le territoire canadien
- 26:35sans le consentement du gouvernement. On l 'a
- 26:37appris après qu 'ils opéraient sur le territoire
- 26:39avec les lois américaines sur le territoire canadien.
- 26:41Ah oui, ok. Donc, à quel endroit, Père Christy?
- 26:43Ah, je ne me souviens plus, David, il faudrait
- 26:44que je remonte dans mes manuels d 'histoire,
- 26:46mais c 'est dans les années 40, 43 en particulier,
- 26:49où on avait découvert cette base -là. Ok. Je
- 26:52pense que je vous apporte un point intéressant,
- 26:53là aussi. Il faut faire un exercice d 'analyse
- 26:58de risque, là, essentiellement. Il faut se dire,
- 27:01et d 'un, avant tout achat militaire, c 'est
- 27:04quoi les objectifs que je veux défendre? Pourquoi
- 27:08est -ce que j 'ai une politique... de défense,
- 27:11pourquoi j 'achète cet équipement militaire -là,
- 27:14et probablement qu 'il y a deux facettes à cette
- 27:17politique militaire -là. Il y a une facette nord
- 27:19-américaine, norade, défense du territoire. qui
- 27:23pourrait probablement justifier qu 'on n 'a peut
- 27:24-être pas besoin de tanks ou de canons d 'artillerie
- 27:27ou d 'autres équipements de l 'armée de terre
- 27:29parce que nos attaques les plus plausibles en
- 27:31Amérique du Nord sont aériennes ou sinon de marines
- 27:35dans l 'Arctique, ça défense ce territoire à
- 27:37ce niveau -là. Peut -être une capacité anti -messile
- 27:39à ce niveau -là. Puis de l 'autre côté, on a
- 27:41une capacité, disons, européenne ou atlantiquienne.
- 27:47Atlantiste. Atlantiste. où on se dit, bien là,
- 27:50tu sais, on ne veut pas dépendre des États -Unis
- 27:52pour pouvoir soutenir nos alliés européens parce
- 27:54qu 'on a besoin de nos alliés européens au niveau
- 27:57stratégique, au niveau international. Les petites
- 27:59forces, on doit se mettre, les forces moyennes,
- 28:01on doit se mettre ensemble. Donc, on aurait probablement
- 28:03besoin d 'équipements différents. pour cette
- 28:05réalité -là. Puis les équipements qui vont nous
- 28:07servir pour défendre l 'Europe aux besoins probablement
- 28:10qu 'on voudrait pas les avoir aux États -Unis.
- 28:12Puis ça, ça veut dire qu 'il y a peut -être des
- 28:14contrats qu 'on donnera pas à des compagnies
- 28:16qui pourraient faire des véhicules blindés ici,
- 28:18mais qu 'on va plutôt donner ces contrats -là
- 28:20à des compagnies qui font des drones ou qui font
- 28:22d 'autres types d 'équipements qui peuvent être
- 28:24utilisés en Europe. Puis là, c 'est là qu 'on
- 28:26a des choix. Je pense à Saint -Jean, c 'est quoi,
- 28:28c 'est rain metal, on a des véhicules blindés.
- 28:30Est -ce qu 'on va dire, OK, ben j 'arrête de
- 28:31donner des contrats à rain metal, c 'est plus
- 28:32une priorité stratégique pour moi de faire des
- 28:34véhicules blindés. mais d 'un autre côté, je
- 28:36vais financer une PME pour faire des drones avec
- 28:39cet argent -là. Puis aussi, tu sais, c 'est une
- 28:41utilisation de la main -d 'oeuvre, tu sais. Disons
- 28:42qu 'il y a un certain nombre de personnes qui
- 28:43t 'aident dans l 'industrie de la défense, mais
- 28:45ça veut dire, compagnie A, toi, ce n 'est plus
- 28:47une priorité, fait que je m 'excuse, mais je
- 28:48te donnerai plus de contrats, tes employés vont
- 28:50perdre la job, puis je vais t 'aider à les relocaliser
- 28:53dans une industrie connexe qui, là, est prioritaire.
- 28:55Ça serait un peu ça, l 'exercice, là. Oui, mais
- 28:57je dirais qu 'il n 'y aura pas beaucoup de coupures
- 28:59d 'emploi dans la milieu de la défense pour les
- 29:00cinq à dix prochaines années. Je suis certain
- 29:02que ces employés -là, si le gouvernement canadien
- 29:04n 'hésitait pas à acheter leur équipement et
- 29:07que c 'est une entreprise quand même compétitive,
- 29:09qu 'elle aura des contrats en Europe ou ailleurs.
- 29:10Parce que le réarmement mondial, il est... partout.
- 29:13Partout où la Chine modernise ses capacités nucléaires,
- 29:16elle fait des exercices, augmente sa capacité
- 29:18de prendre Taiwan par la force dans les prochaines
- 29:22années. Les États -Unis vont annoncer un plan
- 29:24d 'investissement d 'augmentation de 45 % de
- 29:27leur budget de défense l 'année prochaine. Ils
- 29:30sont déjà le plus gros investisseurs en défense.
- 29:32Là, ils vont aller à 1500 milliards de dollars
- 29:35par année. Fait que si vous êtes une entreprise
- 29:37québécoise qui vendait comme sous -contractant
- 29:40les entreprises américaines puis que les tarifs
- 29:41vous n 'affectent pas trop, là, il y aura des
- 29:43contrats qui vont venir. C 'est des sommes faramineuses.
- 29:46Les Européens aussi augmentent beaucoup leur
- 29:48budget défense. Et le Canada, là -dedans, a augmenté
- 29:51sien, mais il ne faut pas penser que c 'est le
- 29:53Canada qui va être... nécessairement le principal
- 29:55client de ces entreprises -là. Et si on aide
- 29:59nos entreprises, qu 'elles répondent à des besoins
- 30:01des forces en mécanismes, c 'est très bien, mais
- 30:02si elles peuvent répondre à des besoins, disons,
- 30:05de d 'autres résaliers, c 'est encore mieux parce
- 30:06que sa production va être beaucoup plus importante
- 30:09et ça pourrait créer plus d 'interopérabilité,
- 30:11c 'est -à -dire d 'acheter des équipements communs
- 30:13et où ils fonctionnent. de manière conjointe
- 30:18avec des pays avec lesquels on va intervenir
- 30:20militairement à leur côté. Et le Canada, comme
- 30:24l 'avantage un peu pour les accords commerciaux,
- 30:26d 'avoir un accord commercial avec les Européens,
- 30:28avec les États -Unis, au niveau militaire, on
- 30:30a l 'avantage d 'avoir des entreprises qui sont
- 30:32bien intégrées dans le milieu américain, dans
- 30:34l 'industrie américaine, puis idéalement aussi
- 30:36avec les Européens. Et on pourrait être cette
- 30:38plaque tournante -là de développement de capacité,
- 30:40de connexion, de communication, par exemple,
- 30:42en des appareils différents. Ici, par exemple,
- 30:44les forces armées canadiennes, l 'aviation whale
- 30:46canadienne devait opérer deux avions de chasse,
- 30:48le F -35 américain, et là -dessus on ajoute un
- 30:51avion de sixième génération européen qu 'on ferait
- 30:52avec des Allemands, des Suédois, peu importe.
- 30:55Mais il faudrait que ces avions -là se parlent.
- 30:56Il faudrait qu 'il y ait des systèmes de communication
- 30:58qui fonctionnent entre les deux. Et nous, on
- 31:00pourrait être, vu qu 'on opère les deux, dans
- 31:01ces pays -là qui développent ces capacités -là,
- 31:04cette innovation technologique -là qui permettrait...
- 31:06si les États -Unis décidaient de collaborer avec
- 31:08des alliés européens et les Canadiens, bien,
- 31:10qu 'on puisse s 'opérer ensemble parce qu 'on
- 31:11aurait les mêmes types d 'appareils. Je pense
- 31:13qu 'il faut voir les synergies qu 'on peut créer,
- 31:15le Canada, avec nos alliés européens, nos alliés
- 31:17américains, puis je pourrais même ajouter des
- 31:19alliés... de l 'Asie de l 'Est, le Japon, la
- 31:21Corée du Sud également, on a quand même tout
- 31:23un camp en Pacifique avec la colonie britannique,
- 31:26en disant qu 'on est à ce carrefour -là et nous
- 31:28on peut devenir une plaque tournante de recherche
- 31:31et d 'innovation en défense. Parce que c 'est
- 31:33ça, quand on parle d 'interopérabilité, les équipements...
- 31:37Pour les gens qui ne sont pas dans l 'industrie,
- 31:39si on dit deux avions, ça va pouvoir se parler,
- 31:41mais pas nécessairement les systèmes de radar,
- 31:43les systèmes de missiles. Ce n 'est pas parce
- 31:46que c 'est développé sur une plateforme que c
- 31:48'est utilisable sur une autre plateforme. Puis
- 31:50il y a des ajustements dans certains cas qui
- 31:52peuvent être faits. pour que ces équipements
- 31:54-là puissent communiquer ou puissent être interchangeables.
- 31:57Fait que vu que nous, on a à la fois un pied
- 31:58en Asie, un pied en Europe, un pied aux États
- 32:00-Unis. On a fait trois pieds, mais juste une
- 32:03main aux États -Unis. Bien là, ça faisait qu
- 32:05'on pourrait peut -être avoir un rôle là -dessus.
- 32:06Mais est -ce qu 'on est rendu... Parce que là,
- 32:09disons qu 'on investit massivement là -dedans.
- 32:10Ça veut dire qu 'il faut réorienter une partie
- 32:12de notre économie. Inévitablement, on a déjà
- 32:14une pénurie de main -d 'oeuvre. Ça veut dire
- 32:16que le gouvernement va déplacer des ressources
- 32:19d 'un secteur de l 'économie à une autre, inévitablement.
- 32:23Plus que tu mets d 'argent, plus que des gens
- 32:24vont aller là -dedans. Ces entreprises -là vont
- 32:26vouloir offrir des salaires plus compétitifs
- 32:28pour attirer les meilleurs ingénieurs, attirer
- 32:29les meilleurs techniciens, etc. Ça fait que là,
- 32:32on va avoir une augmentation de la part de l
- 32:34'industrie de la défense au Canada. Est -ce qu
- 32:37'on est rendu à viser pour avoir une économie
- 32:41en voie de devenir une économie de guerre ou
- 32:43ça va quand même rester un secteur marginal dans
- 32:45l 'économie? Ça va rester marginal. Une économie
- 32:47de guerre, c 'est comme la Russie qui donne 40
- 32:49% de son budget aux forces armées. C 'est ça
- 32:52une économie de guerre. C 'est une économie qui
- 32:53produit à son maximum de capacité. On sera jamais
- 32:57là. Déjà, avoir une économie qui est un peu...
- 33:01verser dans le secteur de la défense serait un
- 33:03grand pas pour le Canada, parce qu 'on avait
- 33:06beaucoup négligé ce secteur -là. Il existe des
- 33:09PME, mais qui avaient plus de contrats avec les
- 33:12États -Unis. C 'était plus facile, on me dit,
- 33:14moi, dans les entrevues que j 'ai faites, d 'avoir
- 33:15des contrats avec le Pentagone qu 'avec la Défense
- 33:18nationale du Canada. Donc oui, on peut l 'augmenter.
- 33:22sans qu 'on soit dans une économie qui réoriente.
- 33:25Mais de toute façon, il y a toujours des réorientations
- 33:29économiques. On le voit avec le secteur automobile,
- 33:31qui est attaqué par les États -Unis, bien sûr.
- 33:33Ça, c 'est un secteur qui pourrait être réapplicé
- 33:35avec des applications militaires. Absolument.
- 33:36Voilà, c 'est ce que le gouvernement canadien
- 33:38souhaite faire. Dans la compétition pour choisir
- 33:41un prochain sous -marin, ce sera soit un sous
- 33:44-marin allemand, soit un sous -marin sud -coréen.
- 33:45Ils ont demandé aux deux compagnies, donc allemande
- 33:47et sud -coréenne. Mais qu 'est -ce que vous pouvez
- 33:49faire pour le secteur automobile? explicitement
- 33:53d 'offrir soit la production automobile au Canada
- 33:55en échange de contrats pour le sous -marin ou
- 33:58dans les véhicules blindés ou quelque chose qui
- 34:00est connexe, qui pourrait réorienter ou requalifier
- 34:02aussi des employés, les travailleurs dans ce
- 34:04secteur -là. Et ça, je pense que c 'est stratégique.
- 34:06Il faut voir, bien, il y a peut -être des secteurs
- 34:08où ça va être plus difficile dans notre relation
- 34:09commerciale avec les États -Unis, il faut les
- 34:11réorienter. Et l 'autre aussi élément, c 'est
- 34:13qu 'on vit une réorientation technologique. L
- 34:17'intelligence artificielle va remplacer beaucoup,
- 34:19beaucoup, beaucoup d 'emplois. à terme. Et donc,
- 34:23que ce soit le milieu de défense ou un autre,
- 34:25il y a toujours ces reconversions -là. Les emplois
- 34:27doivent évoluer en fonction de l 'évolution de
- 34:30l 'économie et la défense a l 'avantage de ne
- 34:34pas juste produire des choses... gérer exclusivement
- 34:38en militaire. Beaucoup, beaucoup de la technologie
- 34:40maintenant de défense, elle est duale, qu 'on
- 34:42appelle. Les drones, c 'est un exemple. Les drones,
- 34:45il y a des compagnies privées qui l 'utilisent,
- 34:47Amazon pour faire la livraison, d 'autres pour
- 34:49la surveillance du territoire, etc., pour surveiller
- 34:52les prisons contre, par exemple, l 'envoi de
- 34:56trafic dans ces prisons -là. Il y a plein de...
- 35:00d 'entreprises qui font des choses, qui ont aussi
- 35:03des applications militaires dans les capteurs
- 35:04maritimes, dans les satellites. Sector énergétique.
- 35:08Sector énergétique. On peut penser à plein d
- 35:10'éléments. L 'aéronautique s 'en est un. Le Bombardier
- 35:13ne faisait pas beaucoup de défense jusqu 'à présent.
- 35:14Et là, elle va devenir un pilier au Canada. Parce
- 35:18que les technologies qu 'ils ont développées
- 35:20dans le secteur civil ont des capacités d 'innovation
- 35:23pour le secteur militaire et vice versa. Ce qu
- 35:25'on va investir à développer des drones, disons,
- 35:29arctiques. canadiens auront ensuite des applications
- 35:32dans le monde privé, si on veut faire la surveillance
- 35:33scientifique ou si on veut aider les populations
- 35:35là -bas pour l 'acheminement de nourriture, etc.
- 35:39Donc, ça va découler. Ça peut percoler au -delà
- 35:43du secteur de la défense. Si on résume tout ça,
- 35:47il faut faire une politique. Parce que là, ce
- 35:49que je comprends, c 'est partiellement fait,
- 35:51mais il faudrait compléter. C 'est en cours.
- 35:52Donc, si je peux dire, il y a une volonté présentement
- 35:55à la Défense nationale de faire une nouvelle
- 35:57politique de défense. Maintenant, de ce que j
- 36:00'entends, c 'est qu 'on est un peu roché. On
- 36:01veut l 'affaire rapidement parce que le gouvernement
- 36:03Karné est pressé. Et ce que je crains dans l
- 36:06'empressement, c 'est qu 'on ait peut -être pas
- 36:08le volet stratégique de vraiment définir l 'intérêt
- 36:10national et même d 'oser dire, parce qu 'il faudrait
- 36:13le dire, que les États -Unis ne sont pas un allié
- 36:15fiable. Et que peut -être faut... Ou minimalement
- 36:17distinguer la relation nord -américaine de la
- 36:20relation européenne, mais sans nécessairement...
- 36:22Tu sais, faudrait qu 'on fasse une cassure en
- 36:25disant pour une partie de notre politique comme...
- 36:29Les États -Unis ne sont pas du même bord que
- 36:31nous là -dedans. Ils ne sont pas fiers. Je ne
- 36:32dirais pas qu 'ils sont des adversaires. Ils
- 36:34sont juste, on ne le sait pas. Il y a un point
- 36:37d 'interrogation, il y a de l 'incertitude. Quand
- 36:38on dit pas fiers, ça ne veut pas dire qu 'il
- 36:40va nous voler. Mais est -ce qu 'ils seront présents
- 36:42à nos côtés? On ne le sait pas. Puis pour même
- 36:44l 'Amérique du Nord, est -ce qu 'ils vont exiger
- 36:46qu 'on fasse des choses qu 'on ne veut pas? Par
- 36:49exemple, le Dôme Doré, si on prend cet exemple
- 36:51-là. Quel projet? qui va coûter une fortune aux
- 36:55États -Unis si les plans américains qui a été
- 36:58dit par Trump se mettent à exécution? Juste pour
- 37:02les gens qui ne connaissent pas, c 'est ça. C
- 37:03'est un système de défense anti -aérien, essentiellement,
- 37:06ou comme un gros bouclier, un peu comme l 'Iron
- 37:09Dome, je pense, en Israël. C 'est un système
- 37:11anti -messiles à travers l 'Amérique du Nord
- 37:14pour empêcher, par exemple, des forces étrangères
- 37:16de nous lancer des missiles dessus, peu importe
- 37:18que le missile arriverait où. bien là, ils se
- 37:20feraient tirer dans les airs. C 'est ça l 'objectif.
- 37:22C 'est multicouche. Donc, ça peut être qu 'on
- 37:25dédrone à plus faible altitude, ensuite qu 'on
- 37:28démissile balistique, qu 'on démissile de croisière
- 37:30contre des capacités de missiles hypersoniques
- 37:32et aussi. Et ça, on en a besoin. Il n 'y a pas
- 37:34de doute qu 'il faut protéger nos infrastructures
- 37:36militaires, nos villes, nos centrales électriques
- 37:39au Québec contre des drones et des missiles qui
- 37:41peuvent venir. Ça, je pense qu 'il faut investir.
- 37:43Ça, c 'était déjà en cours de réflexion. Le volet
- 37:46Trump, là, du dôme doré, c 'est qu 'on veut faire
- 37:48de l 'interception dans l 'espace. avec des lasers,
- 37:51des projets qui n 'existent pas vraiment encore
- 37:53et qui vont coûter une fortune à faire. Et donc,
- 37:58si les Américains, par exemple, dans ce domaine
- 37:59-là, disaient, bien, vous, vous devez investir
- 38:00dans tel et tel secteur, il faudra avoir la capacité
- 38:03de dire non. Ça, ce n 'est pas dans nos intérêts.
- 38:05Par contre, avoir des satellites canadiens, indépendants
- 38:08qui sont capables de surveiller notre espace
- 38:10puis de détecter ce qui vient chez nous. Et des
- 38:12intercepteurs qui ont des drones et des missiles
- 38:13balistiques russes qui s 'en viennent contre
- 38:15Montréal. Moi, je pense que ça, c 'est dans notre
- 38:17intérêt national de s 'assurer parce qu 'on sait
- 38:19que la production de missiles russes présentement,
- 38:22elle est juste astronomique. C 'est la même chose
- 38:24avec les Chinois. Si on se retrouvait malheureusement
- 38:27dans un conflit avec ces pays -là, c 'est pas
- 38:29vrai que notre territoire serait épargné. Si
- 38:32vous regardez un globe terrestre et pas la carte
- 38:34plate sur un papier, le Canada est au cœur de
- 38:38la rivalité géostratégique. Si vous êtes la Russie,
- 38:41vous voulez attaquer les États -Unis, vous passez
- 38:42par le Canada. Si vous êtes la Chine, vous voulez
- 38:44attaquer les États -Unis, vous passez par le
- 38:47Canada. C 'est pour ça qu 'un ballon chinois
- 38:48qui a circulé dans notre espace est rien il n
- 38:49'y a pas longtemps. Parce que... puis, revenons
- 38:52rapidement sur les capacités anti -messiles.
- 38:54De ma compréhension, puis ça fait un bout que
- 38:56je n 'ai pas checké ça, mais... les missiles
- 38:59hypersoniques passent par l 'espace, et essentiellement,
- 39:02contrairement à un missile qui reste dans l 'atmosphère
- 39:04tout le long, puis qu 'on peut voir venir à distance
- 39:07et donc tirer à distance, donc un missile qui
- 39:10reste en dessous de l 'atmosphère, on va le voir
- 39:12venir, on peut le détecter et tirer dessus. Le
- 39:14problème avec un missile hypersonique, c 'est
- 39:15qu 'il va sortir de l 'atmosphère, puis il va
- 39:17redescendre à un certain endroit à ce niveau
- 39:19-là, donc il faut soit que tu le tires... quand
- 39:21il est à l 'extérieur de l 'atmosphère, d 'où
- 39:23les fameux lasers, ou sinon, tu réussis à le
- 39:26poigner tout de suite quand il rentre. Mais là,
- 39:27c 'est plus difficile à détecter. Puis je pense
- 39:29qu 'ils ont fait de la recherche et développement
- 39:31sur cette capacité -là depuis des décennies.
- 39:33Puis je pense... Puis vous me corrigez si j 'ai
- 39:35tort, mais je pense qu 'il n 'y a aucun pays
- 39:36actuellement qui a la capacité à détruire un
- 39:39missile personnique dans l 'espace. C 'est pas...
- 39:41Dans l 'espace, non. Absolument pas. Et la grande
- 39:43menace aussi contre nous, c 'est des missiles
- 39:45personniques de croisière. Ça, c 'est ceux qui
- 39:47ne vont pas dans l 'espace. Ceux qui circulent
- 39:49à ras -le -sol, ça serait une grande expression,
- 39:51mais disons pas trop dans l 'espace, dans l 'espace
- 39:55aérien, et qui sont hyper manoeuvrables parce
- 39:57qu 'avec ça, on ajoute l 'intelligence artificielle
- 39:59qui est capable de détecter, voilà, qui ne suit
- 40:02pas des parcours linéaires, qui sont difficiles
- 40:04de détecter. Et la grande menace pour nous, c
- 40:06'est des sous -marins dans nos eaux. Parce que,
- 40:09disons, dans la stratégie chinoise, si vous êtes
- 40:11les Chinois, puis vous pensez à un conflit contre
- 40:13les États -Unis, et vous y pensez parce que vous
- 40:15voulez prendre Thaïwan. et que ce n 'est pas
- 40:16fort possible que les États -Unis s 'en mêlent,
- 40:19la stratégie chinoise, c 'est empêcher le ravitaillement
- 40:22américain à Taïwan. Donc, il faut interdire la
- 40:25zone d 'accès dans le Pacifique, si on veut,
- 40:27est, vers le Canada, le plus loin possible pour
- 40:30que les Américains ne puissent pas aller donner
- 40:31du renfort à Taïwan, au Japon, aux Philippines
- 40:33ou à Aya. Et pour ça, les sous -marins, c 'est
- 40:35une capacité importante. Et les sous -marins
- 40:39chinois, ça peut être les Russes également, munis
- 40:41de missiles de croisière... hypersonique, ça
- 40:46faisait très rapide, peuvent frapper bien avant
- 40:49que vous soyez la capacité de détection parce
- 40:50qu 'un, ils peuvent être très proches des côtes,
- 40:52on ne sait pas son où, et là, ils lancent le
- 40:53missile et tout de suite, il faut le détecter.
- 40:55Alors là, les États -Unis veulent être capables
- 40:57de le détecter en amont, donc ils investissent
- 41:00beaucoup d 'argent pour essayer de voir toutes
- 41:02les capacités avec des capteurs sous -marins,
- 41:05pour essayer de voir le plus rapidement possible
- 41:06et d 'être capables de l 'intercepter. Mais on
- 41:09arrive dans une espèce de course aux armements
- 41:12où si on veut être capable d 'intercepter la
- 41:14capacité de production chinoise, ça prendrait
- 41:16des investissements juste colossaux. Alors qu
- 41:18'auparavant, on était dans une situation pas
- 41:20par déni, c 'est -à -dire pas pour empêcher quelqu
- 41:22'un de nous attaquer, c 'était plus de dire,
- 41:24si vous nous attaquez, notre riposte, elle...
- 41:27va être furieuse. Et donc, ça ne vous intéressera
- 41:30pas. C 'est ça, la dissuasion qu 'on dit par
- 41:32représailles. C 'est ça que le Canada devrait
- 41:34davantage faire. On devrait avoir une capacité
- 41:35de représailles. Je ne pense pas qu 'on devrait
- 41:37être capable de détecter tout ce qui s 'en vient
- 41:38chez nous, intercepter tout. D 'empêcher toute
- 41:40personne de tirer toute cible. Les volumes sont
- 41:42juste trop astronomiques. Par contre, on devrait
- 41:44avoir une capacité de frappe en profondeur. Si
- 41:46vous attaquez Montréal, bien oui, nous, on a
- 41:49une capacité de riposte, puis il y aura des conséquences
- 41:51sur votre territoire, donc vous ne le ferez pas.
- 41:53Mais là, présentement, le Canada n 'a aucune
- 41:55capacité de frappe en profondeur. On ne peut
- 41:57pas frapper la Russie. Est -ce qu 'on a même
- 41:58des missiles, on a dit ça? On en a sur certains
- 42:02navires, on en a bien sûr sur nos avions de chasse,
- 42:04mais ils n 'ont pas la même profondeur, la même
- 42:06capacité de pénétration que l 'on pourrait souhaiter.
- 42:09Alors c 'est là -dedans, je pense, c 'est ce
- 42:10type de capacité -là qu 'ils font investir pour
- 42:12dissuader nos potentiels adversaires de s 'en
- 42:14prendre sur notre territoire. Avant de parler
- 42:17plus spécifiquement de la question américaine,
- 42:18juste résumer tout ce qu 'on a dit. Il faut une
- 42:21politique nationale où on fait l 'exercice de
- 42:23dire c 'est quoi nos objectifs stratégiques de
- 42:25défense? Dans ces objectifs stratégiques de défense
- 42:29-là, il y aurait vraisemblablement l 'aspect
- 42:31nord -américain, l 'aspect européen ou allié,
- 42:34disons, internationaux. Et donc, basé là -dessus,
- 42:37on pourrait déterminer au niveau de notre politique
- 42:39d 'industrialisation quels équipements. tant
- 42:41pour notre défense nord -américaine que pour
- 42:43notre défense européenne, disons, on doit produire
- 42:46ici, puis quels partenaires sont fiables pour
- 42:49la production des équipements qu 'on ne produit
- 42:50pas ici. Ce qui n 'est pas fait actuellement,
- 42:52mais on espère qu 'on va le faire. Et tout ça
- 42:54devrait être au -delà de juste créer des jobs
- 42:56dans une province ou une autre, parce qu 'ultimement,
- 42:58la défense du Canada est un objectif supérieur
- 43:00par rapport à ça. Là maintenant, parlons de l
- 43:03'éléphant dans la pièce, si on peut dire, les
- 43:05Américains. Vous avez écrit un article, je trouvais
- 43:08intéressant, vous parliez de... de défense, defense
- 43:13from help. Parce que là, c 'est sûr, puis le
- 43:15monde, ils disent toujours, on peut pas rien
- 43:17faire contre les Américains. Je pense qu 'il
- 43:18y a personne aujourd 'hui qui va dire que d 'avoir
- 43:21la capacité militaire de se battre en guerre
- 43:24conventionnelle contre les Américains... C 'est
- 43:26un objectif atteignable qu 'une population qui
- 43:29est quasiment huit, neuf fois plus grande que
- 43:31la nôtre, qui est un pays qui a investi massivement
- 43:33en défense depuis des décennies. Je pense pas
- 43:36que si demain matin ils décident qu 'ils roulent
- 43:38les teignes sur Montréal, on va être capable
- 43:39de les empêcher. Mais il y a des choses qu 'on
- 43:41peut faire dans notre relation avec les Américains
- 43:43au niveau de la défense. C 'est quoi la Defense
- 43:46From Out, la défense contre l 'aide, ils ont
- 43:48traduit? Mais juste avant, il faut pas le faire,
- 43:51se défendre contre une attaque américaine, parce
- 43:53qu 'il n 'y aura pas d 'attaque américaine. Les
- 43:54États -Unis ne se soucient pas de... qu 'ils
- 43:56veulent vraiment les centres de population. Ce
- 44:00qu 'ils veulent, c 'est des ressources naturelles,
- 44:02beaucoup plus, et un état vassal. Qu 'on fasse
- 44:04ce qu 'ils veulent, sinon ils vont nous punir.
- 44:07Et donc, il faut pas confondre, il faut une armée
- 44:09d 'insurgés contre Montréal qui est occupée par
- 44:13une brigade américaine. C 'est pas ça, la réelle
- 44:15menace. La réelle menace, et c 'est pour ça qu
- 44:17'il faut s 'en défendre contre, c 'est une aide
- 44:20non sollicitée des États -Unis. La principale
- 44:22menace contre le Canada de la part des États
- 44:24-Unis, c 'est qu 'on soit comme le Groenland.
- 44:27Ce que Trump a dit au Groenland, il a dit vous
- 44:30êtes un territoire stratégique pour nous parce
- 44:32que le Groenland est vraiment situé un peu comme
- 44:34le Canada entre la Russie et les États -Unis,
- 44:36donc on a besoin de votre territoire. Vous ne
- 44:40faites pas assez pour vous défendre contre la
- 44:42Russie et la Chine qui veulent s 'en prendre
- 44:44à vous. Troisièmement, il y a juste nous qui
- 44:47avons le capacité militaire de vous défendre.
- 44:50Alors, on a besoin de votre territoire, puis
- 44:51on va le prendre. Mais vous pouvez remplacer
- 44:55le mot Groenland par Canada, et ça fonctionne
- 44:57tout à fait. Notre territoire est stratégique
- 44:58pour les États -Unis. Ils peuvent juger qu 'on
- 45:00n 'en fait pas assez pour nous défendre contre
- 45:02la Russie et la Chine. Ils ont la capacité de
- 45:04le faire à notre place, et donc peuvent le faire
- 45:05à notre place. Et à mon avis, il faut se défendre
- 45:08contre cette aide non sollicitée -là. Quelqu
- 45:10'un qu 'on appelle en renfort face à une autre
- 45:13menace, mais qui décide de plus jamais partir,
- 45:15si vous voulez. Et pour ça... Il faut avoir un
- 45:18niveau de défense autonome suffisamment crédible
- 45:20pour que les États -Unis puissent nous croire
- 45:23quand on dit... On s 'en occupe. On n 'a pas
- 45:26besoin de votre aide, là. On est capable de savoir
- 45:28ce qui vient chez nous. On sait ce qui se passe
- 45:29dans nos eaux maritimes. On est capable de protéger
- 45:31nos infrastructures critiques. Et s 'il y avait
- 45:34une guerre ouverte contre la Chine, là, oui,
- 45:36on aurait besoin. Mais en cas, en situation actuelle,
- 45:39là, on n 'a pas besoin de F -22 américain dans
- 45:41notre espace canadien. On n 'a pas besoin des
- 45:44soldats ou des navires américains dans nos eaux
- 45:46maritimes. On est capable de le défendre. Et
- 45:49c 'est cette crédibilité -là qu 'on n 'a plus,
- 45:51parce qu 'on a priorisé... les opérations expéditionnaires
- 45:56en Europe, en Afghanistan, ailleurs, beaucoup
- 45:58plus que la défense du territoire dans les dernières
- 45:59années. Et on avait des budgets familiques, fait
- 46:01qu 'on ne pouvait pas faire les deux. Et aujourd
- 46:03'hui, bien, on se retrouve dans une situation
- 46:04où il y a... une grande partie du territoire
- 46:06canadien, qu 'on ne sait pas ce qui se passe
- 46:08dessus parce qu 'on n 'a pas les capacités de
- 46:09surveillance et détection modernes. Et si on
- 46:11sait ce qui se passe, on ne peut pas intervenir
- 46:13assez rapidement pour y aller. Alors c 'est là
- 46:16-dedans qu 'il faut investir, à mon avis, dans
- 46:17des capacités qui sont complémentaires aux États
- 46:19-Unis parce qu 'il faut être capable d 'intégrer
- 46:21ce renseignement -là, mais idéalement avec de
- 46:23la redondance et de l 'autonomie quand même canadienne
- 46:25dans la résilience, c 'est -à -dire des capacités
- 46:28où on n 'est pas entièrement vulnérable sur la
- 46:32volonté... chance lente des États -Unis de nous
- 46:36porter main forte. Essentiellement, autant qu
- 46:42'on veut dire qu 'on aime dire qu 'on voudrait
- 46:44totalement être dépendants des États -Unis, je
- 46:45pense que à cause du contexte nord -américain,
- 46:48minimalement au niveau de la défense, nos avenirs
- 46:50sont liés. Ils ont intérêt à ce qu 'on soit souverain
- 46:53et qu 'on soit capable de se défendre. On a intérêt
- 46:55à ce qu 'il soit souverain et qu 'on soit capable
- 46:57de se défendre. Fait que nous, il faut qu 'on
- 46:59travaille activement à les convaincre qu 'on
- 47:01est capable de se défendre pour pas que la tentation
- 47:04de juste débarquer sur notre territoire pour
- 47:05le faire à notre place soit là, puis après ça,
- 47:07on se voit près avec des Américains qui sont
- 47:08là. Mais c 'est sûr que ça va dominer... C 'est
- 47:12un risque existentiel pour la Canada qui va rester
- 47:14à tout jamais. Et que si, malheureusement, il
- 47:17devrait y avoir une confrontation, comme on a
- 47:19pu imaginer en 2019, je vais vous donner cet
- 47:21exemple -là. Donc, il y a un passage nord -ouest
- 47:24à l 'est... du Canada dans les eaux artes canadiennes,
- 47:29que le Canada dit, ben ça, c 'est des eaux intérieures,
- 47:32OK? C 'est un peu l 'espace entre le Canada puis
- 47:33le Groenland. On dit, ça, c 'est chez nous. Les
- 47:36Américains disent non, ça, c 'est un détroit
- 47:37international, comme le détroit d 'Hormuz, d
- 47:39'ailleurs, dans Kiko. Comme le passage entre
- 47:41Taïwan puis la Chine. Exactement. Le détroit
- 47:45de Taïwan, comme, enfin, plein d 'autres détroits
- 47:47internationaux. Ils disent, ben non, c 'est un
- 47:48détroit international, donc nous, on peut y opérer
- 47:50quand on veut. Et ce que les Amériens font dans
- 47:53ces détroits -là, c 'est qu 'ils envoient des
- 47:54navires de guerre régulièrement. Ils le font
- 47:56en Taïwan, il y a des navires de guerre qui passent
- 47:57près de la Chine, qui leur disent bonjour, qui
- 48:00vraiment... Sans autorisation pour dire... Sans
- 48:02autorisation, c 'est un détroit international,
- 48:04on a le droit de passer, alors voilà, on le fait.
- 48:07Et évidemment, ça hérite Pékin de manière considérable.
- 48:11Mais ils l 'ont déjà menacé en 2019 de le faire
- 48:14au Canada. C 'était le... le secrétaire Pompeo,
- 48:18à l 'époque, qui l 'avait menacé, il a dit, bien,
- 48:19on va mener une opération de liberté de navigation,
- 48:22qu 'il appelle, dans le passage Nord -Ouest,
- 48:24en disant, non, non, c 'est un détroit international.
- 48:26Finalement, il ne l 'a pas fait, mais la menace
- 48:28reste de dire que les États -Unis pourraient
- 48:30dire, nous, on a besoin, puis encore plus, s
- 48:32'ils décidaient de récupérer le Groenland, là,
- 48:34vraiment, ce passage -là serait névragique pour
- 48:36les États -Unis. On a besoin d 'opérer là, et
- 48:38donc, on va le faire sans votre consentement.
- 48:40Fait qu 'il faut avoir la capacité de dire...
- 48:42On est capable d 'assurer le contrôle souverain
- 48:44de ces eaux -là, de savoir ce qui se passe et
- 48:46d 'intervenir sans qu 'on soit pris dans une
- 48:48situation comme ça. Et pour ne pas être obligé
- 48:51d 'arriver au point où les Danois sont arrivés
- 48:53récemment, je ne sais pas si vous le savez, mais
- 48:56quand il y a eu la crise à son apogée, le Danemark
- 48:59a déployé 1000 soldats sur le territoire groenlandais.
- 49:01Il était aidé de sept autres pays européens et
- 49:04le Canada n 'en faisait pas partie, qui ont envoyé
- 49:06des soldats en Groenland en disant non, on veut
- 49:08dissuader les États -Unis d 'intervenir là. Mais
- 49:11le mandat qu 'on a donné aux soldats danois qui
- 49:13ont été dépêchés au Groenland, les forces spéciales,
- 49:16ils avaient des munitions pour tirer sur les
- 49:18soldats américains s 'ils débarquaient. Ils avaient
- 49:21ordre de détruire les pistes d 'atterrissage
- 49:23avec des explosifs si un avion de transport américain
- 49:26était pour s 'opposer sur les territoires. C
- 49:29'est la première fois, à ma connaissance, qu
- 49:31'il y a eu des ordres de donner une préparation,
- 49:35d 'utiliser la force contre les États -Unis par
- 49:37un allié de l 'OTAN. C 'est du jamais vu, là,
- 49:40vraiment. Mais là, c 'est pas juste qu 'on regarde
- 49:41et on tire sur l 'Américain, ici, des bacs sur
- 49:43le territoire. C 'était le mandat qu 'on leur
- 49:45avait confié. Alors, imaginez la situation où
- 49:47le Canada, on pourrait dire aux soldats, à la
- 49:50marine canadienne, bien, si un navire américain
- 49:52qui est en train de pénétrer, vous tentez de
- 49:54l 'intercepter idéalement, pacifiquement, mais
- 49:57si il décide de continuer à passer, il faut l
- 49:58'intercepter, il faut aborder son équipage. On
- 50:02serait dans des... vraiment dans une crise la
- 50:05plus importante des relations canadiennes américaines,
- 50:09on arrivait là. Il ne faut pas arriver là. Il
- 50:11ne faut pas donner ce prétexte -là. Faut être
- 50:13capable d 'être un pays souverain et rassurer
- 50:14notre protection sur notre propre territoire.
- 50:16Et ça, je pense que ça fait consensus. En fait,
- 50:18j 'ose espérer que ça fait consensus au Canada.
- 50:20Parce que c 'est le simple fait d 'avoir un navire
- 50:22qui dit arrête, sinon je te tire dessus. Même
- 50:26si on sait qu 'ultimement la marine américaine
- 50:28a beaucoup plus de capacité puis pourrait débarquer,
- 50:31il n 'y aura pas de « ah ben je l 'ai fait parce
- 50:32que j 'avais le droit ». C 'est clairement un
- 50:35empiètement sur la souveraineté canadienne, puis
- 50:37après ça au niveau international, j 'imagine
- 50:38aussi. C 'est perçu, tu sais, comme si tu rentres
- 50:40sur un territoire où tu n 'as pas le droit, tu
- 50:42te fais tirer dessus, tu répliques, tu es en
- 50:44conflit. Il n 'y a pas de, ah oui, j 'avais le
- 50:46droit de faire ça. Non, non, là, c 'était clair
- 50:47que tu n 'avais pas le droit de le faire, tu
- 50:48l 'as fait. Peut -être que tu as la capacité
- 50:50militaire de le faire et t 'imposer ta force.
- 50:52Mais il n 'y a pas d 'ambiguité là -dessus. Un
- 50:54peu comme j 'imagine si la Chine débarquait sur
- 50:56Taïwan. Taïwan, peu importe la capacité militaire,
- 50:59tirerait sur les Chinois pour... prouver clairement
- 51:02au monde que c 'est leur territoire puis ils
- 51:04le défendent. Après ça, la Chine va peut -être
- 51:06gagner le conflit militaire. Peut -être ou peut
- 51:08-être pas. Regardez l 'évolution des conflits
- 51:10récemment. On a des grandes puissances qui attaquent
- 51:12des pays beaucoup plus petits puis qui réussissent
- 51:14pas. Les États -Unis, ils ont quand même la plus
- 51:16grande puissance de l 'histoire de l 'humanité,
- 51:18ont été incapables de détruire l 'arsenal de
- 51:20missiles de drones iraniens, malgré la plus grosse
- 51:23concentration de maritime et aérienne des États
- 51:26-Unis depuis 20 ans maintenant, depuis la guerre
- 51:29d 'Irak de 2003. Ils ont été capables, et il
- 51:32y a des rapports du service d 'enseignement américain
- 51:34qui ont coulé dans le Washington Post cette semaine
- 51:35qui disent que l 'Iran aurait préservé 75 % de
- 51:39ses lanceurs de missiles, quand même, malgré
- 51:42des frappes généralisées, parce que les produits
- 51:44souterrains, elle l 'a caché, etc. La capacité
- 51:47de résistance ukrainienne contre la supériorité
- 51:49militaire russe, elle est indéniable. Tout le
- 51:51monde pensait que ça serait fini en quatre jours.
- 51:54Alors, il ne faut pas tout de suite dire que
- 51:55Taïwan serait dominé par la Chine, et voilà,
- 51:57c 'est réglé. la capacité d 'un peuple de vouloir
- 52:00résister à une occupation militaire étrangère
- 52:02qu 'elle juge hostile est toujours très, très
- 52:05forte. Cela dit, il ne faut pas penser que c
- 52:09'est ça le scénario pour le Canada, je le répète,
- 52:11pour notre territoire, et que même s 'il y avait
- 52:13des différends au passage du Nord -Ouest, un
- 52:15potentiel affrontement, il est plus probable
- 52:18qu 'il se passerait ce qui s 'est passé en 1988,
- 52:20la dernière fois que ça s 'est produit, où on
- 52:23s 'est entendu d 'être pas d 'accord. Donc, c
- 52:26'est l 'accord d 'être en désaccord, si on veut,
- 52:28que Brian Muloney avait négocié avec les États
- 52:30-Unis. Donc, les États -Unis ne reconnaissent
- 52:34pas que le passage en Ouest est canadien, mais
- 52:36nous, on dit qu 'ils nous demandent la permission
- 52:38avant de passer, et on leur donne toujours la
- 52:42permission de passer. Donc... Même s 'ils ne
- 52:45nous demandaient pas la permission, les chances
- 52:47que le gouvernement canadien... Oui, oui, ils
- 52:48nous ont demandé la permission avant de passer,
- 52:49puis on les a autorisés, ce serait beaucoup plus
- 52:51fort que vouloir faire l 'affrontement. Sauf
- 52:53si ça devient hostile en disant qu 'il y avait
- 52:55une volonté d 'occupation de ce territoire -là,
- 52:58d 'installation de bases militaires ou de capacité
- 53:01anti -missile, par exemple, parce qu 'on décide
- 53:02de ne pas vouloir participer à la défense anti
- 53:04-missile, puis ils décident de le mettre sur
- 53:06le territoire canadien. C 'est pas dans l 'intérêt
- 53:08canadien, mais je pense qu 'il faudrait même
- 53:10aller plus loin que ça. Le Canada aurait intérêt...
- 53:13aurait dû être beaucoup plus actif sur le conflit
- 53:16au Groenland ou l 'attention au Groenland, je
- 53:17devrais dire. En disant au Groenland, on comprend
- 53:20que vous êtes un territoire stratégique, on voudrait
- 53:22que vous fassiez partie du NORAD, on voudrait
- 53:24élargir notre alliance avec les États -Unis de
- 53:26la défense de l 'Amérique du Nord avec le Danemark,
- 53:28créer des capacités conjointes, mettre des défenses
- 53:31anti -missiles canadiens sur votre territoire
- 53:33puis qu 'on le fasse de manière harmonieuse,
- 53:34collaborative et non pas en tension. C 'est ça
- 53:37la priorité stratégique pour le Canada, c 'est
- 53:38de garder l 'OTAN unie parce qu 'elle voit vraiment
- 53:41mal. limiter la coercition militaire et économique
- 53:46des États -Unis en concertation avec nos alliés.
- 53:48Et pour ça, moi, j 'ai déploré publiquement le
- 53:51fait que le Canada a eu des bons mots pour le
- 53:53Groenland en disant «on défend votre souveraineté,
- 53:55on veut protéger votre intégrité éthérale», mais
- 53:57on n 'a rien fait. à cet écart -là. Puis on n
- 53:59'a pas été proactif depuis pour tenter de résoudre
- 54:02non plus le différent en disant, bien, il y a
- 54:03peut -être un compromis possible, faites -le
- 54:05avec nous, les Canadiens, dans l 'intégration
- 54:07avec le NORAD, et on va être capable d 'avoir
- 54:09des meilleures détections contre les missiles
- 54:10russes et chinois, et donc, tout le monde va
- 54:12en sortir gagnant. J 'aimerais qu 'on passe la
- 54:15fin de l 'entrevue à discuter de l 'OTAN. Parce
- 54:18que là, je pense que, bon, si le Canada est un
- 54:21membre fondateur, les États -Unis sont un pilier
- 54:22pour l 'OTAN de perdre leur capacité militaire,
- 54:26de perdre les types de capacités qu 'ils fournissent
- 54:28à l 'OTAN que d 'autres membres de l 'OTAN ne
- 54:30peuvent pas fournir. Mais c 'est sûr que, comme
- 54:34tout en tant que... comme tout accord, puis là,
- 54:36je me remets un peu à l 'époque médiévale ou
- 54:40coloniale où il y avait un traité entre deux
- 54:42pays, on ne s 'attaque pas, puis du jour au lendemain,
- 54:44il y a quelqu 'un qui décide qu 'il attaque l
- 54:46'autre, puis là, on part en guerre. Toutes ces
- 54:48ententes -là, je veux dire, il n 'y a pas de
- 54:50tribunal international qui va forcer Donald Trump
- 54:52à faire quelque chose. C 'est basé sur un modèle
- 54:56de confiance et c 'est consensuel. Il faut qu
- 54:58'on aille confiance que les autres partenaires
- 55:00dans notre entente vont respecter leurs obligations
- 55:04et que nous, on va respecter nos obligations.
- 55:07Est -ce que l 'OTAN est mort? J 'ai déjà affirmé
- 55:11plusieurs fois que oui. Alors, je vais maintenir
- 55:14ma position et je vais vous expliquer pourquoi.
- 55:16L 'OTAN fonctionne par l 'idée de un pour tous,
- 55:18tous pour un. Vous attaquez un de nos membres,
- 55:20tous vont se porter à sa défense pour le défendre.
- 55:24C 'est l 'idée des mousquetaires. L 'article
- 55:285, c 'est ça le cœur de l 'OTAN qui dit ceci,
- 55:31vous attaquez un, donc vous attaquez tout le
- 55:33monde. Il y a quand même une clause qui dit,
- 55:36on va répondre à cette attaque -là sur la façon
- 55:39que nous on juge nécessaire ou la plus appropriée.
- 55:42Ça ne dit pas, vous attaquez un pays, on vous
- 55:44déclare la guerre, puis on va envoyer nos forces
- 55:46armées contre vous. Ça ne dit pas ça. Ça veut
- 55:48dire, on va évaluer la situation et on va répondre
- 55:52de manière appropriée. Mais l 'idée sous -entendue
- 55:55de ça, ça a toujours été que si vous attaquez
- 55:57un pays de manière ouverte, un pays de l 'OTAN,
- 56:00les États -Unis, la plus grosse puissance. sur
- 56:03la planète, et le plus gros allié de l 'OTAN
- 56:05va vous défendre. C 'était ce que Biden disait
- 56:08quand il disait « Not one inch ». On ne vous
- 56:10aidera pas un pouce de territoire otanien. Vous
- 56:13mettez le doigt un peu en Létonie, un peu en
- 56:15Lituanie, dans la mer Baltique, les États -Unis
- 56:17vont se porter à leur défense. C 'est ce que
- 56:20Biden avait dit sur Taïwan aussi. C 'était échapper
- 56:22à quatre prises en disant que les États -Unis
- 56:24étaient pour défendre Taïwan si la Chine attaquait.
- 56:27C 'est ce genre de sentiment -là de confiance
- 56:29que, bien, ils vous êtes attaqués. Le plus gros
- 56:32allié va être là. Exactement. L 'idée que les
- 56:36Léthons ne pensent pas que c 'est le Portugal
- 56:38qui va se porter à leur défense. L 'idée de l
- 56:40'alliance, c 'est beaucoup, beaucoup le soutien
- 56:42des États -Unis. Et c 'est ça qu 'a rompu Donald
- 56:45Trump. C 'est cette confiance -là. Est -ce qu
- 56:47'ils vont être là? Est -ce qu 'ils vont être
- 56:49présents? Ce lien de confiance -là, c 'est le
- 56:53socle de la solidarité. C 'était l 'idée de dire
- 56:54qu 'on peut développer des plans de défense ensemble
- 56:56parce qu 'on sait que vous allez être présents.
- 56:58Le plan de défense canadien, présentement, si
- 57:00on se fait attaquer massivement en Létonie, c
- 57:03'est d 'appeler les Marines. Venez en renfort
- 57:06parce que c 'est vous, notre plan B, pour venir
- 57:09en renfort à nos troupes qui sont attaquées.
- 57:12Si les Marines ne viennent pas, à qui on appelle?
- 57:16On n 'a pas beaucoup de capacité de... On a de
- 57:18la misère à nous à avoir assez de soldats d 'envoyer
- 57:20en Létonie, puis il y en a juste plus de 2000.
- 57:21Imaginez s 'il fallait envoyer une division complète,
- 57:23on est loin de là. Alors, on n 'a pas cette capacité
- 57:26de redondance -là et de soutien -là. Et c 'est
- 57:29ça que les Résu -Européens commencent à prendre
- 57:30en compte, maintenant, en développant des capacités
- 57:32autonomes. Ils ne veulent plus être non plus
- 57:35dépendants de l 'industrie militaire américaine.
- 57:37Et c 'est tout ça, l 'erreur stratégique monumentale
- 57:39de Donald Trump. Quand on brise le lien de confiance...
- 57:41Ils sont en train de briser aussi des accords
- 57:44commerciaux majeurs, des contrats majeurs de
- 57:46Lockheed Martin qui vendra pas des F -35 aux
- 57:48Européens pour les années à venir ou d 'un avion
- 57:51de 6e génération. L 'avion de 6e génération que
- 57:53les Européens développent présentement, ils veulent
- 57:55le faire sans les États -Unis. Ils ne veulent
- 57:57plus cette dépendance -là parce qu 'ils ne savent
- 57:58pas où seront les États -Unis dans 5 -10 ans.
- 58:01Et c 'est ça la réalité d 'un carnet. Je n 'ai
- 58:02pas mon arme de quelqu 'un avec qui je ne fais
- 58:03pas confiance. Donc l 'alliance, l 'organisation
- 58:05existe encore. Il y a encore les sommets. Ils
- 58:07vont en avoir un au mois de juillet prochain.
- 58:09On va essayer de garder Trump heureux. pour pas
- 58:11que ça nuise à tout, que ça mette fin à tout.
- 58:15Mais, fondamentalement, cette alliance -là, ce
- 58:18sentiment que les États -Unis vont supporter
- 58:19au secours de l 'Europe est miné. Et dans la
- 58:23stratégie de défense nationale américaine, le
- 58:25document officiel qui déclare ce qu 'ils vont
- 58:27faire, ils disent qu 'ils souhaitent que les
- 58:28Européens assurent la responsabilité première
- 58:31de leur défense, que c 'est pas aux Américains
- 58:33de s 'en soucier. Mais ils le font pas de manière
- 58:36concertée, qu 'ils auraient pu préserver cette
- 58:38alliance -là, ils le font de manière... Vindicative,
- 58:42par exemple, la décision américaine de retirer
- 58:445 000 soldats américains de l 'Allemagne. Pourrie
- 58:47-elle s 'expliquer en disant, regarde, on a d
- 58:48'autres priorités, il y a l 'Iran, il y a la
- 58:51Chine, etc. On sait que vous, les Allemands,
- 58:53vous êtes capables. J 'ai eu un salarié qui était
- 58:53fâché et qui a décidé qu 'il enlevait 5 000.
- 58:55Mais voilà, c 'est juste parce qu 'il n 'était
- 58:57pas content que Mertz critiquait sa guerre en
- 58:59Iran. C 'est juste ça. Donc, dans ce contexte
- 59:02-là, si demain matin, il se lève et il n 'est
- 59:03pas content parce que quelque chose a hérité,
- 59:05une publicité de Doug Ford. Voilà, c 'est ça
- 59:09l 'incertitude dans laquelle on est. On n 'a
- 59:11plus confiance. Et ça, c 'est une préoccupation
- 59:13majeure pour le Canada. Le Canada a toujours
- 59:15voulu que le temps existe pour ne pas être pris
- 59:17juste avec les États -Unis chez nous, pour avoir
- 59:19un contrepoids européen dans nos alliances. Et
- 59:21là... Cette idée des altères, qu 'on ne voulait
- 59:24pas les altères, ça va deux fois chaque côté,
- 59:26on ne voulait pas être pris dans cette séparation
- 59:27-là. On voulait que ce soit une alliance unie
- 59:30et plus elle sera en train de se fragmenter,
- 59:32plus on va devoir être face à des choix difficiles.
- 59:36Est -ce qu 'on veut se défendre que en Amérique
- 59:38du Nord? où est -ce qu 'on veut aussi défendre
- 59:41l 'Europe sans les États -Unis, comme on l 'a
- 59:42fait en 1939, en 1914? Puis si on répond oui
- 59:45à la deuxième question, les conséquences pour
- 59:47la poste de défense canadienne est beaucoup plus
- 59:49importante dans un contexte où les États -Unis
- 59:52ne sont plus là et où l 'Alliance n 'a plus le...
- 59:55le réconfort que le leadership américain soit
- 59:58au rendez -vous, ça veut dire plus d 'européanisation
- 1:00:00des structures de commandement de l 'OTAN, ça
- 1:00:02veut dire plus de développement d 'acquisition
- 1:00:03militaire sans les États -Unis. Et ça, ça veut
- 1:00:06dire pour les entreprises canadiennes de s 'investir
- 1:00:08dans des systèmes qui ne sont pas les mêmes que
- 1:00:10ceux des États -Unis et à faire des choix. Et
- 1:00:12on sait qu 'au niveau économique, c 'est difficile
- 1:00:14pour les industries canadiennes de faire la renonciation
- 1:00:18du marché américain tant il est important. Alors
- 1:00:20ces choix -là stratégiques canadiens ont des
- 1:00:22instances vraiment très importantes. Ce qui est
- 1:00:24déplorable dans tout ça, c 'est que je pense
- 1:00:26qu 'on était sur une lancée de désarmement, démilitarisation
- 1:00:31à travers le monde. Mais là, c 'est bien beau
- 1:00:34de dire on réinvestit en défense, mais là, à
- 1:00:36chaque fois qu 'un pays qui a une arme nucléaire
- 1:00:38ou qui a une grosse armée... On est toujours
- 1:00:40à risque. Il y a un leader un peu croche qui
- 1:00:42se ramasse la tête de ça. Cela dit, ça, c 'est
- 1:00:45pas la faute de Trump. Non. L 'invasion de l
- 1:00:47'Ukraine par la Russie, c 'est la Russie qui
- 1:00:49décide de se réimpérialiser. Le fait que la Chine
- 1:00:52décide que la mer de Chine, ça doit être une
- 1:00:54mer de Chine chinoise seulement, une eau intérieure,
- 1:00:56puis qu 'on ne devrait pas prendre Taiwan, ça,
- 1:00:58c 'est indépendant de la volonté américaine.
- 1:01:01On est dans une situation où... On est de plus
- 1:01:04en plus multipolaire, il y a plus qu 'un pôle
- 1:01:05de puissance sur la planète, et que le recours
- 1:01:08à la force est décomplexé, on l 'utilise sans
- 1:01:10droits intentionnels, c 'est pas très grave,
- 1:01:11on s 'en fout, et qu 'on est dans une situation
- 1:01:13où il faut... malheureusement, se prémunir contre
- 1:01:18la guerre en investissant en défense parce que
- 1:01:19sinon, on peut être la prochaine victime. Ça,
- 1:01:22je pense qu 'il ne faut quand même pas mettre
- 1:01:23ça sur le dos des États -Unis. Le problème des
- 1:01:26États -Unis, c 'est qu 'ils ont miné leurs plus
- 1:01:27grandes forces qui étaient leurs alliés sur la
- 1:01:29planète. On aurait pu le faire ensemble à concerter
- 1:01:32et être beaucoup plus résistants face à ces assos
- 1:01:34-là, Russes, Chinois et autres. Et non, on est
- 1:01:37en train de se fragmenter à l 'intérieur parce
- 1:01:39que les États -Unis eux -mêmes sont en train
- 1:01:40de se fragmenter chez eux aussi. Une polarisation
- 1:01:44incroyable, une radicalisation... dans leur discours
- 1:01:46politique, des factions qui sont de moins en
- 1:01:50moins réconciliables dans des partis politiques,
- 1:01:52qui font en sorte que les États -Unis vont avoir
- 1:01:54de la difficulté à créer les mêmes consensus
- 1:01:57qui avaient amené la politique étrangère et américaine
- 1:02:00à créer cette influence globale -là depuis les
- 1:02:02années 40. Ils sont en train de le perdre et
- 1:02:04se miner à long terme. En tout cas, je pense
- 1:02:06que vous ne manquerez pas de job dans les prochaines
- 1:02:07années. Monsieur Massy, merci beaucoup pour votre
- 1:02:08temps. Ça m 'a fait plaisir. Merci. Merci d 'avoir
- 1:02:11été avec nous. Si vous avez aimé l 'épisode,
- 1:02:13abonnez -vous et laissez -nous vos commentaires
- 1:02:14pour qu 'on puisse s 'améliorer. À la semaine
- 1:02:15prochaine!